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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hymne-officieux" rel="tag"&gt;Hymne officieux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maraichers-industriels" rel="tag"&gt;mara&#238;chers industriels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1820.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1820-aa41f.jpg?1782663228' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Foule qui pioche et pioche qui rompt / Y a de la terre sous le b&#233;ton&lt;/i&gt; &#187; (Hymne officieux des Soul&#232;vements de la Terre)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;5 heures du mat, jet des frissons : la douzaine de tracteurs qui patientaient dans la cour d'une ferme des environs de Saint-Colomban s'&#233;lancent en cahotant. Ils forment la majeure partie de la &#171; colonne Sud &#187;, qui ne tardera pas &#224; se renforcer de quelques retardataires en cours de route et retrouvera ceux de la &#171; colonne Nord &#187; aux abords de la cible. En tout, ils sont quarante &#224; avaler en grondant le bitume et les chemins de Loire-Atlantique, certains massifs et modernes aux faux airs de dinosaures de m&#233;tal, d'autres ch&#233;tifs et d&#233;pouill&#233;s, &#224; l'ancienne. De bric et de broc, certes, mais cette arm&#233;e verte est clairement d&#233;ter'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait encore nuit et, dans l'engin qui m&#232;ne la marche de l'arm&#233;e du Sud, garni de trois escogriffes r&#234;vant de caf&#233;s et viennoiseries, on scrute l'obscurit&#233; trou&#233;e par les phares avec une l&#233;g&#232;re angoisse : les pandores sont-ils au courant pour l'action ? Apr&#232;s quelques minutes, &lt;i&gt;bim&lt;/i&gt;, on pile : des gendarmes nous font face. La consigne tourne vite : &#171; &lt;i&gt;Y a les flics, plan B&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ballet des gros engins qui font demi-tour puis s'esquivent &#224; l'anglaise vers un petit chemin de traverse serpentant dans le bocage. &#171; &lt;i&gt;Tu penses, depuis Notre-Dame-des-Landes on conna&#238;t tous les d&#233;tours pour les leurrer&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard en se marrant Beno&#238;t *, historique des luttes du coin et ma&#238;tre-strat&#232;ge en mati&#232;re de convois agricoles &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al, c'est de rouler &#224; 16 ou 17 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;km/h, comme &#231;a tu ne perds pas ceux qui plafonnent &#224; 20 et n'ont aucune reprise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite heure de route, des reins en miettes, et voil&#224; le b&#226;timent cibl&#233; par les boutefeux des Soul&#232;vements de la Terre, en banlieue nantaise : la coop&#233;rative Oc&#233;ane, plateforme de fruits &amp; l&#233;gumes produits par des mara&#238;chers industriels et desservant notamment les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion. Quelques bottes de paille d&#233;pos&#233;es, une banderole dress&#233;e &#8211; &#187; Stop &#224; l'extension de l'industrie mara&#238;ch&#232;re &#187; &#8211; et le si&#232;ge peut commencer, avec, au menu, brioche offerte par un camarade boulanger, jus de pomme bio et accord&#233;on. Sont pr&#233;sents une centaine de motiv&#233;s &#8211; des paysans, des militants sans &#233;tiquettes, mais aussi des syndicalistes de la CGT et de Solidaires, rameut&#233;s en minibus. L'objectif : bloquer quelques heures ce n&#339;ud commercial au service de l'agriculture dans ce qu'elle a de plus destructrice. Car les produits dispatch&#233;s ici sont pour la plupart issus d'une agriculture li&#233;e &#224; l'exploitation de tr&#232;s polluantes carri&#232;res g&#233;antes de sable &#8211; mati&#232;re dont les mara&#238;chers font massivement usage pour optimiser leurs r&#233;coltes. Deux d'entre elles sont d'ailleurs situ&#233;es &#224; Saint-Colomban, lieu de d&#233;part de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magie d'une organisation aff&#251;t&#233;e : l&#224;-bas aussi, &#231;a cr&#233;pite. &#192; l'heure o&#249; les tracteurs et la centaine de personnes qui les accompagnent commencent &#224; bloquer la coop&#233;rative Oc&#233;ane, un groupe d'environ 150 manifestants s'approche des grilles de ces carri&#232;res, exploit&#233;es par les monstres GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Certains portent des chambres &#224; air de tracteur, d'autres des crocodiles et cygnes gonflables, qu'ils comptent utiliser pour barboter dans les plans d'eau n&#233;cessaires &#224; cette industrie particuli&#232;re et ainsi bloquer les lieux. Ils n'y parviendront pas, faute de pouvoir blouser les flics rappliqu&#233;s en nombre avec l'appui d'un h&#233;licopt&#232;re, mais l'ensemble du site sera bien ferm&#233; tout ce lundi, victoire notable. Les messages sur les banderoles font r&#233;f&#233;rence au projet d'extension des carri&#232;res au profit de ces deux groupes qui ont fini d'essorer &#224; sec les 115 hectares qu'ils se partageaient et visent &#224; satisfaire leur morbide fringale, &#224; rebours des recommandations environnementales&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. On peut notamment lire : &#171; Les carri&#232;res touchent le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux actions rondement men&#233;es, donc, dans l'enthousiasme et la d&#233;termination. Et qui, malgr&#233; des cibles diff&#233;rentes, d&#233;noncent une m&#234;me fuite en avant, balafrant aussi bien les terres agricoles que les humains vivant dans leurs environs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haut foutage de gueule environnemental&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille de ces deux actions, je me balade en Logan moribonde sur la D 178, le long des champs de m&#226;che et de radis cultiv&#233;s par les mara&#238;chers industriels, pour constater l'&#233;tendue du d&#233;sastre. Un d&#233;tail attire mon attention, &#224; la fois d&#233;risoire et tellement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un petit panneau sans pr&#233;tention, dress&#233; en bordure d'un immense champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait un proc&#232;s des massacreurs de la nature, nul doute que son cynique message pourrait &#234;tre convoqu&#233; comme pi&#232;ce &#224; conviction, le procureur Triton haussant la voix : &#171; &lt;i&gt;Pollueurs de la terre, qu'avez-vous &#224; dire pour votre d&#233;fense&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#201;tait-ce une blague ou bien le comble du cynisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las : on n'en est pas encore l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il est pos&#233; au-dessus de deux autres messages, l'un grognant que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e r&#232;gne en ma&#238;tre ici, l'autre que des cam&#233;ras filment tout individu susceptible de s'aventurer par l&#224; &#8211; la bonne ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce panneau s'&#233;tale un dessin de couleur rouge, sympa, presque champ&#234;tre, repr&#233;sentant une petite ferme &#233;panouie au soleil, chouette, avec des arbres fruitiers opulents et un mignon papillon qui vol&#232;te. Et cette mention officielle, d&#233;cern&#233;e par l'Association nationale pour le d&#233;veloppement : &#171; Haute valeur environnementale &#187; (HVE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux se l&#232;vent et si le corps op&#232;re un 360 &#176; de type &lt;i&gt;tour d'horizon&lt;/i&gt;, il est facile de r&#233;sumer la gueule des environs : un grand d&#233;sert de terre ingrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu sauras quand tu seras au bon endroit : &#231;a ressemble &#224; tout sauf &#224; des champs cultiv&#233;s, plut&#244;t &#224; une autre plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, m'assurait un riverain impliqu&#233; dans l'association La T&#234;te dans le sable, Xavier*&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d&#233;sol&#233; par la progression de ce vide que d'aucuns appellent la &#171; &lt;i&gt;mer de plastique&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter qu'il y a peu se trouvait autour de l'endroit d'o&#249; j'observe l'horizon macram&#233; une ferme d'&#233;levage &#224; taille plus &lt;i&gt;humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a d&#233;vor&#233; cette ferme ? Une agro-industrie devenue folle, pratiquant un mara&#238;chage industriel pr&#233;dateur sans que les autorit&#233;s &#8211; locales ou nationales &#8211; ne s'en &#233;meuvent. Au contraire, les accapareurs destructeurs qui la g&#232;rent ont m&#234;me droit &#224; leurs m&#233;dailles, le label HVE permettant (notamment) de toucher des subventions &#233;tant tellement ais&#233; &#224; obtenir que le Mordor du &lt;i&gt;Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; le d&#233;crocherait ais&#233;ment&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les papillons, par contre, c'est mort : pas un camarade h&#233;liophile voletant &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour du &#171; temps des seigneurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des champs comme celui-ci, il y en a beaucoup dans les environs des deux voraces carri&#232;res. Logique, en un sens, puisque ceux qui les cultivent utiliseraient &#224; eux seuls 30 % du sable extrait sur place par GSM et Lafarge. &#171; &lt;i&gt;L'implantation des carri&#232;res attire les mara&#238;chers industriels : les uns s'appuient sur les autres pour d&#233;vaster les environs de concert&lt;/i&gt; &#187;, explique Basile*, l'un des initiateurs des Soul&#232;vements de la Terre. Immenses et secs, ces champs d&#233;natur&#233;s ont envahi le dit &#171; pays de Retz &#187; et sont pour certains couverts d'un hideux plastique noir. D'autres sont saupoudr&#233;s de g&#233;n&#233;reuses couches de sable&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer &#187;, explique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Cela d&#233;pend de l'&#233;poque et des cultures pratiqu&#233;es &#8211; avec une pr&#233;dominance de m&#226;che et de muguet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une constante : ces terres appartiennent &#224; des agriculteurs usant d'une forme d'accaparement rendue possible par le biais de montages soci&#233;taires alambiqu&#233;s&lt;i&gt; [voir l'encadr&#233;]&lt;/i&gt;. Disposant de moyens financiers cons&#233;quents, ils rach&#232;tent les terres &#224; des prix plus &#233;lev&#233;s que celui du march&#233;, rognant ensuite sur les salaires de leurs ouvriers, qui bossent dans des conditions infernales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand j'ai atterri dans le coin, je cherchais un travail et j'ai pris le premier qui se pr&#233;sentait&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Hugo*, longs cheveux blonds, bobine de surfeur sympa et clopiaux &#224; la cha&#238;ne. &#171; &lt;i&gt;C'est comme &#231;a que je me suis retrouv&#233; &#224; bosser sur un champ immense, au beau milieu de la mer de plastique. J'ai tenu deux jours et demi avant de me casser.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait quasiment que des ouvriers agricoles &#233;trangers, amen&#233;s sp&#233;cialement de Roumanie ou du Maroc, et ils trimaient comme des beaux diables sous les invectives de petits chefs bourr&#233;s d&#232;s midi qui leur hurlaient dessus &#224; chaque fois qu'ils ralentissaient la cadence. Et interdiction de parler aux autres employ&#233;s. Un genre d'esclavage moderne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo n'est pas le seul &#224; parler d'esclavage pour d&#233;crire ces conditions de travail, rappelant les immenses exploitations d'Andalousie, avec des ouvriers agricoles ramen&#233;s de pays pauvres, ne parlant pas fran&#231;ais et log&#233;s dans de grands b&#226;timents tristes appartenant &#224; leur employeur. &#171; &lt;i&gt;C'est un monde extr&#234;mement opaque, mais on sait que les patrons paient ces travailleurs d&#233;tach&#233;s au salaire le plus bas possible, avec retenue d'argent pour le logement et des contrats d&#233;rogatoires qui peuvent atteindre les 70 heures par semaine au moment de la r&#233;colte du muguet pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Ronan, de la CGT Sud-Loire, pr&#233;sent &#224; l'action de blocage de la plateforme Oc&#233;ane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin de ces terres toxiques, Xavier r&#233;sume la situation en convoquant le souvenir de feu son p&#232;re agriculteur : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens de ce jour o&#249; il &#233;tait proche de la fin et o&#249; il m'a dit &#8220;Tu sais, j'aurais jamais cru vivre &#231;a, mais avec ces usines &#224; m&#226;che et &#224; muguet on revient &#224; ce qui subsistait encore ici dans l'entre-deux-guerres, le temps des seigneurs et des serfs.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Un terrible constat, partag&#233; par la femme de Xavier, Caroline* : &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que tout &#231;a provoque un gaspillage &#233;norme et a un impact consid&#233;rable sur l'environnement. L'association La T&#234;te dans le sable a bien montr&#233; &#224; quel point ce type de culture est n&#233;faste pour les nappes phr&#233;atiques. On est dans une agriculture de saccage de la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau dantesque, grignotant aussi bien le bocage que les petites exploitations agricoles, c'est peu dire que les autorit&#233;s m&#233;nagent ceux qui m&#232;nent le bal agro-industriel. &#192; l'image d'un certain Jean-Fran&#231;ois Vimet, qui poss&#232;de moult soci&#233;t&#233;s et se pose en &lt;i&gt;tycoon&lt;/i&gt; du muguet, type qui selon des t&#233;moignages unanimes et remont&#233;s ne fait pas franchement figure de symbole d'une agriculture raisonnable. Et pourtant : quand le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux Petites et moyennes entreprises, Alain Griset, se d&#233;placent en avril dernier dans le coin, c'est bien &#224; l'exploitation de ce Vimet qu'ils rendent visite. &#171; &lt;i&gt;Le &#8220;savoir-faire fran&#231;ais&#8221; a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Alain Griset, qualifiant &#8220;d'impressionnante la capacit&#233; des professionnels &#224; pr&#233;parer le muguet pour le jour J&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait pour l'occasion &lt;i&gt;Le Courrier du pays de Retz&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cocorico : le &#171; savoir-faire &#187; des &lt;i&gt;seigneurs&lt;/i&gt; de la terre saccag&#233;e est ici reconnu &#224; sa juste valeur. Parfait symbole d'un microcosme local mazout&#233; par une agro-industrie aux airs de mar&#233;e noire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au carrefour des b&#233;tonneurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, Saint-Colomban ne paye pas de mine &#8211; m&#234;me pas question d&#233;bine. Une petite bourgade de Loire-Atlantique un peu moche, de type pavillonnaire-rural, ne se poussant pas du col. Trois gros milliers d'habitants, une mairie hideuse, des fa&#231;ades proprettes, l'ennui qui plane dans l'air, une vie associative municipale largement financ&#233;e par GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, voil&#224; trac&#233;e la banale esquisse, aux gros pinceaux. Rien de bien notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit pourtant y avoir quelque chose dans l'eau du robinet du coin ou dans le potentiel magouilleur des &#233;lus locaux qui attire les projets inutiles et saccageurs. Comme si les carri&#232;res de sable et l'invasion du mara&#238;chage industriel ne suffisaient pas, deux autres monstruosit&#233;s sont en effet dans les cartons. &#192; quelques kilom&#232;tres au nord-est, &#224; Montbert, c'est Amazon qui a des vues sur un gigantesque terrain. Impliqu&#233;e dans le collectif Anina (Amazon ni ici ni ailleurs), Dominique explique que l'entreprise am&#233;ricaine tentaculaire souhaite construire un espace de stockage de 185 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; et que cela impacterait fortement une r&#233;gion d&#233;j&#224; abonn&#233;e &#224; l'essor de zones d'activit&#233; aussi sordides que polluantes. Et de rappeler que &#171; &lt;i&gt;la Loire-Atlantique est une championne en mati&#232;re de projets inutiles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre candidat au podium de la d&#233;vastation vise, lui, &#224; s'implanter au sud de Saint-Colomban, &#224; Corcou&#233;-sur-Logne. Sa sp&#233;cialit&#233; : le m&#233;thane, soit l'exploitation des d&#233;jections des b&#234;tes d'&#233;levage. Le &#171; &lt;i&gt;m&#233;thaniseur XXL&lt;/i&gt; &#187; et ses trois chemin&#233;es de 50 m&#232;tres de haut, cens&#233;s &#234;tre construits par une multinationale danoise, Nature Energy, pr&#233;sentent en effet un bilan &#233;cologique projet&#233; des plus d&#233;plorables, avec, selon les opposants un risque majeur de pollution des nappes phr&#233;atiques. Il est pr&#233;vu de transformer chaque ann&#233;e 700 000 tonnes de lisier et de fumier en biogaz&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; Pol&#233;mique autour du projet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, n'en jetez plus, la coupe d&#233;gueule, tant il appara&#238;t que sont condens&#233;s dans les environs de Saint-Colomban nombre de calamit&#233;s frappant aussi bien les tenants d'une agriculture paysanne ma&#238;tris&#233;e que les pourfendeurs de la b&#233;tonisation du monde. Une exception ? Pas forc&#233;ment. Plut&#244;t : un condens&#233; de ce d&#233;sert avide que les amoureux du b&#233;ton concoctent dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de ceux qui disent non, la mayonnaise n'a pas pris imm&#233;diatement. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on avait clairement l'impression que tout le monde s'en foutait, que pour les gens des environs c'&#233;tait normal de voir notre environnement d&#233;vast&#233; en mode acc&#233;l&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Hector *, un militant du coin. Il rappelle aussi que les pressions n'ont pas tard&#233;, venues aussi bien des flics que des mara&#238;chers ou des exploitants de la carri&#232;re. Quant au maire de Saint-Colomban, il les accuse d'encourager les zadistes &#224; venir sur place. Nul doute qu'il a appr&#233;ci&#233; ce week-end militant et sa dynamique, que r&#233;sume bien Hector : &#171; &lt;i&gt;Comme on ne ne nous &#233;coutait pas, on a voulu monter d'un cran. C'est pour &#231;a qu'on est all&#233;s &#224; la rencontre des camarades des Soul&#232;vements de la Terre, pour leur proposer d'organiser ensemble ce temps de r&#233;sistance. Il fallait donner plus de r&#233;sonance &#224; nos luttes locales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; si je soul&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante ce week-end de luttes : celui de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Pour rappel : apr&#232;s des ann&#233;es de combat acharn&#233; et de rassemblements pyrotechniques, et malgr&#233; une r&#233;pression relevant parfois de l'occupation militaire, le projet d'a&#233;roport est d&#233;finitivement enterr&#233; en janvier 2018. Une victoire porteuse d'horizons r&#233;jouissants, mais qui ne se passe alors pas sans prises de t&#234;te et de bec, entre ceux qui optent pour la r&#233;gularisation des terres agricoles (360 hectares au total) et d'autres se consid&#233;rant comme les dindons de la farce. Une p&#233;riode complexe, parfois moche, avec des plaies toujours pas referm&#233;es. Quoi qu'il en soit, le lieu reste depuis un territoire d'exp&#233;rimentation et un symbole fort, brassant initiatives et militants. Et c'est sur place qu'&#224; l'&#233;t&#233; 2020 est lanc&#233; un premier rassemblement visant &#224; organiser ces &#171; Soul&#232;vements de la Terre &#187;. Le principe : mettre en branle une campagne de lutte visant &#224; f&#233;d&#233;rer le plus largement possible, incluant, outre les franges les plus autonomes, des acteurs moins &lt;i&gt;attendus&lt;/i&gt;, comme la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou Youth For Climate. En janvier, un appel est r&#233;dig&#233;, qui donne le ton : &#171; &lt;i&gt;Nous ne nous r&#233;soudrons pas &#224; contempler la fin du monde, impuissant.es, isol&#233;.es et enferm&#233;.es chez nous. Nous avons besoin d'air, d'eau, de terre et d'espaces lib&#233;r&#233;s pour explorer de nouvelles relations entre humains comme avec le reste du vivant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean*, historique de la lutte anti-a&#233;roport, tout cela est n&#233; d'un constat concret : &#171; &lt;i&gt;Dans les moments forts du combat, des gens d&#233;barquaient sur la Zad par milliers. Et on se disait toujours qu'il faudrait r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer ces gens au-del&#224; de NDDL une fois la victoire ent&#233;rin&#233;e. C'est l'un des objectifs des Soul&#232;vements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les rassemblements organis&#233;s sont pour l'instant moins &#171; massifs &#187; que ceux de l'embl&#233;matique Zad, ils ont par contre vite suscit&#233; un &#233;lan de propositions concr&#232;tes, qui a pouss&#233; les personnes aux manettes &#224; faire feu de tout bois, ambition au taquet. Sont d&#233;sormais pr&#233;vues trois &#171; saisons &#187;, chacune compos&#233;e de plusieurs &#171; actes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consacr&#233;e &#224; la d&#233;nonciation de l'artificialisation des terres, la premi&#232;re est en cours et a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jalonn&#233;e d'&#233;tapes importantes : en mars &#224; Besan&#231;on, aux Va&#238;tes, pour d&#233;fendre 34 hectares de terres menac&#233;es par un &#233;coquartier ; en avril vers Rennes contre l'extension des installations du club de foot local ; en mai au &#171; Pays de Suc &#187; (Haute-Loire) contre la d&#233;viation de la RN 88 voulue par un certain Laurent &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; Wauquiez ; et en juin, donc, autour de Saint-Colomban (&#233;pisode faisant office de transition avec la saison 2, davantage consacr&#233;e &#224; une th&#233;matique plus sp&#233;cifiquement agricole &#8211; l'accaparement des terres). Quant &#224; la saison 3, il se murmure qu'elle pourrait &#234;tre consacr&#233;e &#224; l'invasion du champ agricole par d'ali&#233;nantes technologies high-tech &#8211; l'agriculture sans humains ? &lt;i&gt;No pasar&#225;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1819.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1214/-1819-3eede.jpg?1782663228' width='500' height='1214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tectonique des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De tout ce joyeux chambard militant, on peut retenir quelques pans particuli&#232;rement encourageants. La volont&#233; de f&#233;d&#233;rer largement, donc, mais aussi le fait de m&#234;ler luttes urbaines et rurales. Et cette impression largement partag&#233;e que, face &#224; l'infinie sinistrose politique du moment, les luttes &#233;colos locales sont l'un des rares horizons porteurs d'espoir. &#171; &lt;i&gt;Ces combats sont souvent vus comme l&#233;gitimes, avec, en face, des gens qui ont de plus en plus de mal &#224; justifier le saccage de l'environnement, &lt;/i&gt;rappelle Jean*. &lt;i&gt;Et c'est en partie pour cela qu'ont &#233;t&#233; obtenues plusieurs victoires importantes&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Outre celle de Notre-Dame-des-Landes, il y a eu par exemple l'abandon du projet d'&#233;coquartier mena&#231;ant le &#8220;Quartier libre des Lentill&#232;res&#8221;, &#224; Dijon. Ou bien celui du Center Parcs de Roybon, dans la for&#234;t de Chambaran, en Is&#232;re, &#224; l'&#233;t&#233; 2020. Et aussi la d&#233;confiture du projet EuropaCity, dans le Triangle de Gonesse, pr&#232;s de Paris, fin 2019. Des luttes ayant mobilis&#233; beaucoup de monde et qui ont &#233;t&#233; influenc&#233;es par l'exemple de la Zad, qui a montr&#233; qu'&#224; condition d'&#234;tre ancr&#233; et d&#233;termin&#233; tu peux faire reculer les bulldozers, ouvrir des br&#232;ches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son de cloche chez les agriculteurs venus participer en tracteurs &#224; l'action contre la coop&#233;rative Oc&#233;ane, &#224; l'image de Dominique, la cinquantaine joviale : &#171; &lt;i&gt;La lutte de Notre-Dame-des-Landes nous a profond&#233;ment chang&#233;s.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Tous ces gens que tu vois d&#233;bouler en tracteur, il y a eu pour eux un avant et un apr&#232;s. Et je suis vraiment heureux d'avoir v&#233;cu &#231;a, parce que &#231;a m'a ouvert &#224; d'autres horizons, malgr&#233; les difficult&#233;s et les engueulades. Je n'aurais par exemple jamais compris les jeunes qui brisent des vitrines en manif sans cette exp&#233;rience. Et on n'attend qu'une chose : relancer un mouvement de masse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Christian, qui ne boude pas son plaisir au moment de d&#233;filer dans Saint-Colomban tous klaxons hurlant apr&#232;s l'action de blocage, avec pause prolong&#233;e devant la mairie si timide face &#224; l'agro-industrie, il estime avoir v&#233;cu &#171; &lt;i&gt;quelque chose d'exceptionnel avec la lutte de Notre-Dame-des-Landes&lt;/i&gt; &#187;, victorieuse selon lui gr&#226;ce &#224; &#171; &lt;i&gt;l'alliance entre agriculteurs locaux, qui avaient besoin d'autres horizons pour donner plus de consistance &#224; la lutte, et militants ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'autres horizons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de plier bagage apr&#232;s trois jours d'actions, manifs, ateliers et rencontres, le sourire est donc de mise. Comme si chacun avait en t&#234;te que, malgr&#233; des forces vives encore limit&#233;es, quelque chose se tisse peu &#224; peu, de bric et de broc, grondant dans l'ombre des saccageurs, se pr&#233;parant &#224; bondir. Sans doute en raison d'un foisonnement difficilement descriptible, lumineux et foutraque, dont certains &#233;l&#233;ments m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La manif du samedi en bordure de carri&#232;res, derri&#232;re un char &#224; la sono taquine, oscillant entre &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; version sovi&#233;tique et tube punk bramant &#171; &lt;i&gt;Si c'est vous le futur nous serons la gu&#233;rilla&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La participation impromptue d'un collectif grenoblois nomm&#233; Les Rallumeurs d'&#233;toiles, sp&#233;cialis&#233; dans la confection de ballons g&#233;ants, envoyant haut dans le ciel de Loire-Atlantique des banderoles antifascistes (&#171; &lt;i&gt;Le fascisme c'est comme la gangr&#232;ne, on l'&#233;limine ou on en cr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;) et des jeux de mots pourraves (&#171; &lt;i&gt;On m&#226;che sur la t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le p&#233;tage de durite d'un mara&#238;cher industriel, d&#233;barqu&#233; vrombissant en Audi grand luxe, alpaguant les bloqueurs de la plateforme logistique d'un furieux &#171; &lt;i&gt;Mais vous m'emp&#234;chez de travailler&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; puis remball&#233; par un vieux de la vieille coutur&#233; de cicatrices : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est bien pour &#231;a qu'on est l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; une &#171; danse de l'ours &#187; collective improvis&#233;e sur la route passant devant la plateforme, bloquant voitures et camions dans un grand n'importe quoi chor&#233;graphique et suscitant pourtant l'enthousiasme klaxonneur de certains routiers &#8211; &lt;i&gt;p&#244;&#244;&#244;&#244;&#244;nnnn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle respiration, donc. Et l'impression sans doute un chou&#239;a na&#239;ve mais tellement bienvenue que ces Soul&#232;vements, &#224; Saint-Colomban comme ailleurs, ne sont que le d&#233;but d'une longue longue lutte. Qui finira, c'est &#233;crit, par renverser la table des zombies saccageurs et ouvrir un nouveau chapitre. Son titre : &#171; Adieu les cons, adieu b&#233;ton &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question fonci&#232;re, nerf de la guerre agricole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est une question centrale des Soul&#232;vements de la Terre &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt;, mais moins connue que celle de l'artificialisation des territoires : l'accaparement des terres agricoles par une petite frange d'agriculteurs, davantage branch&#233;s FNSEA&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; productiviste que paysannerie ma&#238;tris&#233;e &#8211; &#224; l'image des mara&#238;chers industriels de Saint-Colomban. Il est pourtant fondamental de la creuser, d'autant plus au regard de ces chiffres que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne (Conf') s'&#233;chine &#224; r&#233;p&#233;ter : dans dix ans, la moiti&#233; des paysans en activit&#233; seront partis en retraite. Il faut donc tout faire pour que ceux qui les remplacent n'appartiennent pas au camp des grosses exploitations au bilan &#233;cologique et social d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, cette &#233;volution s'inscrit dans un paysage &#233;minemment complexe. Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai discut&#233; avec Morgane, sp&#233;cialiste des questions fonci&#232;res &#224; la Conf'. Elle m'a cont&#233; une histoire peu connue. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des outils visant &#224; assurer une juste r&#233;partition des terres ont &#233;t&#233; mis en place, avec protection des agriculteurs et loyers des terres encadr&#233;s. Dans les ann&#233;es 1960, deux autres outils sont venus appuyer cette base : le contr&#244;le &#233;tatique des structures agricoles, visant &#224; favoriser l'installation de jeunes agriculteurs et &#233;viter l'agrandissement disproportionn&#233; ; et la cr&#233;ation des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer), charg&#233;es de contr&#244;ler la vente du foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la France est donc rest&#233;e plut&#244;t &#171; progressiste &#187; en la mati&#232;re, posant quelques barri&#232;res &#224; la logique capitaliste d'accaparement effr&#233;n&#233;. Mais progressivement ces outils ont perdu leur sens. De m&#234;me que les labels de type &#171; Haute valeur environnementale &#187; ne signifient plus grand-chose, que les aides de la PAC (Politique agricole commune) pleuvent sur l'agriculture industrielle, que les Safer sont sous influence FNSEA, la r&#233;gulation &#233;tatique de la r&#233;partition des terres est devenue une vaste blague. &#171; &lt;i&gt;Ils ont rendu impuissants des outils qui avaient fait leurs preuves&lt;/i&gt; &#187;, explique Morgane. S'il est impossible d'entrer ici dans tous les d&#233;tails techniques, il convient de mentionner la g&#233;n&#233;ralisation des &#171; montages soci&#233;taires &#187; chez les agriculteurs visant &#224; s'&#233;tendre, soit la mat&#233;rialisation d'une financiarisation du secteur, permettant de d&#233;jouer les cadres r&#233;gulateurs. Et Morgane de mentionner le cas d'un agriculteur de Loire-Atlantique poss&#233;dant une soixantaine de soci&#233;t&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le contr&#244;le des structures ne s'applique plus et cela se fait au b&#233;n&#233;fice des grands propri&#233;taires et de l'agriculture financiaris&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-elle. Avant de nuancer le constat : &#171; &lt;i&gt;Cela concerne aussi les exploitants de taille normale, pouss&#233;s &#224; s'&#233;tendre toujours plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est immense. Ce que rappelle Manon*, paysanne du coin impliqu&#233;e dans un groupe de jeunes agriculteurs cherchant des solutions &#224; cette tendance de fond : &#171; &lt;i&gt;Il y a plein de mani&#232;res de faire ce m&#233;tier en &#233;vitant l'agrandissement. Mais les investisseurs sont aux aguets, pr&#234;ts &#224; sauter sur tout agriculteur partant &#224; la retraite. Nous ce qu'on voudrait c'est trouver des mani&#232;res de convaincre ces derniers qu'il vaut mieux transmettre &#224; des jeunes souhaitant s'installer, qu'on sera l&#224; pour les accompagner dans ce moment difficile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est compliqu&#233; de combattre l'accaparement, car c'est moins spectaculaire que l'artificialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique Thomas, jeune paysan affili&#233; &#224; la Conf' de Haute-Vienne, d&#233;cid&#233; &#224; ruer dans les brancards ruraux. Et Ben, son camarade, de compl&#233;ter le propos : &#171; &lt;i&gt;Tout pousse les agriculteurs &#224; s'agrandir, des subventions de la PAC au discours ambiant. On ne veut pas pointer du doigt ceux qui tombent dedans, mais simplement rappeler que, comme l'usage des pesticides, c'est une question syst&#233;mique. Qui appelle une r&#233;ponse de fond.&lt;/i&gt; &#187; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, le second 49 hectares pour 350 000 tonnes. Depuis leur ouverture il y a vingt ans, 10 millions de tonnes de sable ont &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait notamment au Sch&#233;ma de coh&#233;rence territorial (SCOT).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en usant de quelques artifices de type replantage d'arbres en bord de terrains. Voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-ministre-de-l-Agriculture-fait-une-PAC-pour-les-gros-et-pas-pour-le-bio&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ministre de l'Agriculture fait une PAC pour les gros et pas pour le bio&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer&lt;/i&gt; &#187;, explique Christian, agriculteur, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est une technique qui gaspille beaucoup, parce qu'il faut toujours en remettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://actu.fr/pays-de-la-loire/saint-philbert-de-grand-lieu_44188/loire-atlantique-en-visite-chez-un-producteur-de-muguet-deux-ministres-confirment-les-mesures-pour-le-1er-mai_41410289.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les mesures pour le 1er mai&lt;/a&gt; &#187; (28/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; &lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/loire-atlantique-polemique-autour-du-projet-methaniseur-xxl-corcoue-logne-1897932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pol&#233;mique autour du projet de m&#233;thaniseur XXL &#224; Corcou&#233;-sur-Logne&lt;/a&gt; &#187; (23/11/20). Notons que ce projet pose de nombreux probl&#232;mes &#233;cologiques, notamment de par sa production de &#171; digestat &#187;, ensuite massivement &#233;pandu dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; tenant &#224; rectifier la formulation de ses propos, et donc (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement) diff&#233;rente de celle figurant dans la version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en faveur d'une vision ultra-productiviste de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les damn&#233;es de la terre</title>
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		<dc:date>2021-05-27T14:27:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Chastagner</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis cinq mois, l'Inde est secou&#233;e par un soul&#232;vement sans pr&#233;c&#233;dent de paysans r&#233;clamant l'annulation d'un projet de r&#233;forme agraire. Invisibilis&#233;es par la surrepr&#233;sentation des hommes dans ces r&#233;voltes, les femmes, qui constituent une large part de la main-d'&#339;uvre du secteur agricole, s'organisent et luttent pour leurs droits. De v&#233;ritables villes-campements s'&#233;tendent sur des kilom&#232;tres autour de New Delhi. Les remorques des tracteurs sont am&#233;nag&#233;es pour y dormir et de grandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Narendra-Modi" rel="tag"&gt;Narendra Modi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis cinq mois, l'Inde est secou&#233;e par un soul&#232;vement sans pr&#233;c&#233;dent de paysans r&#233;clamant l'annulation d'un projet de r&#233;forme agraire. Invisibilis&#233;es par la surrepr&#233;sentation des hommes dans ces r&#233;voltes, les femmes, qui constituent une large part de la main-d'&#339;uvre du secteur agricole, s'organisent et luttent pour leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1782.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH726/-1782-e2c89.jpg?1782772338' width='500' height='726' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De v&#233;ritables villes-campements s'&#233;tendent sur des kilom&#232;tres autour de New Delhi. Les remorques des tracteurs sont am&#233;nag&#233;es pour y dormir et de grandes cuisines communautaires distribuent de la nourriture en continu. Depuis fin novembre, des milliers de personnes vivant du travail de la terre se sont install&#233;es autour de la capitale indienne pour protester contre le projet d'une nouvelle r&#233;forme de lib&#233;ralisation du secteur agricole. Si le texte agite autant, c'est parce qu'il pr&#233;voit l'ouverture, aux entreprises de l'agroalimentaire, de nouveaux march&#233;s jusqu'alors contr&#244;l&#233;s par l'&#201;tat et la suppression des prix minimum fix&#233;s pour l'achat de certaines denr&#233;es. En d'autres termes, le gouvernement sort le tapis rouge aux grands groupes de l'agroalimentaire et de la distribution qui pourront n&#233;gocier directement avec les exploitant&#183;es et imposer,&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt;, leurs conditions et prix d'achat &#224; la paysannerie. Compos&#233;e essentiellement de petit&#183;es propri&#233;taires&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Inde, 86 % des paysan&#183;nes poss&#232;dent moins de deux hectares. &#171; Rakesh (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, cette derni&#232;re n'aurait alors que peu de poids dans les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au soul&#232;vement massif, la Cour supr&#234;me d&#233;cide, en janvier, de suspendre de mani&#232;re temporaire cette r&#233;forme, impos&#233;e sans concertation par le gouvernement autoritaire du nationaliste hindou Narendra Modi. Mais le mouvement ne s'essouffle pas. La paysannerie indienne reste intransigeante : elle exige l'abrogation pure et simple du projet de loi. Parmi la population mobilis&#233;e, de nombreuses femmes s'organisent et tiennent le si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venue s'installer pour un temps au campement de Singhu, situ&#233; au nord de la capitale, Gurleen, 22 ans, est l'une d'entre elles : &#171; &lt;i&gt;Mon &#233;ducation a &#233;t&#233; rendue possible gr&#226;ce &#224; l'agriculture. Ma famille en d&#233;pend, mon avenir aussi, &lt;/i&gt;explique la jeune femme. &lt;i&gt;Et c'est justement l'&#233;ducation qui m'a permis de comprendre comment ces politiques gouvernementales allaient nous affecter. Et comment nous les femmes sommes en premi&#232;re ligne&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233;e dans l'article &#171; Women at Farm Stir : &#8220;We Are Recreating History&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, en 2018, 80 %&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Move over &#8220;Sons of the soil&#8221; : Why You Need to Know the Female Farmers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; des femmes actives travaillaient de pr&#232;s ou de loin dans l'agriculture. Elles repr&#233;sentent alors un tiers de la main-d'&#339;uvre agricole et la moiti&#233; d'entre elles sont des agricultrices ind&#233;pendantes qui travaillent sur la propri&#233;t&#233; familiale. Une &#233;tude men&#233;e par le minist&#232;re des Finances entre 2017 et 2018 souligne m&#234;me une tendance &#224; la &#171; &lt;i&gt;f&#233;minisation du secteur agricole&lt;/i&gt; &#187;. En cause : l'exode rural et le nombre croissant d'hommes &#233;voluant vers des emplois ruraux non agricoles mieux r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manque de reconnaissance &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, seuls 13 %&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; des agricultrices poss&#232;dent des terres &#224; leur nom. Or, en Inde, tout passe par le titre de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Un probl&#232;me de taille, comme le souligne Rukmini Rao, membre fondatrice du Forum pour les droits des agricultrices (Makaam), un r&#233;seau de soutien national et informel : &#171; &lt;i&gt;Sans terre, les femmes ne sont pas reconnues comme agricultrices malgr&#233; leur importante contribution au secteur. Cette pr&#233;carisation les rend vuln&#233;rables.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de la loi, la majorit&#233; des paysannes sont seulement consid&#233;r&#233;es comme des cultivatrices ou des ouvri&#232;res agricoles. Elles ne peuvent donc b&#233;n&#233;ficier des aides publiques ou des programmes gouvernementaux. Cons&#233;quence : de nombreuses femmes ont recours &#224; des r&#233;seaux informels de cr&#233;dits, &#224; des taux &#233;lev&#233;s, pour financer les semences, les engrais ou simplement amortir de mauvaises r&#233;coltes. Alimentant de fait une situation d&#233;j&#224; pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, un projet de loi&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Attaining Entitlement : Women Farmers and Land Rights &#187;, &#224; lire sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a pourtant tent&#233; de faire avancer les choses en proposant de consid&#233;rer comme agricultrice toute femme qui travaille la terre. Ceci dans le but de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier pleinement des droits et des aides allou&#233;s. Mais ce projet a d&#233;finitivement &#233;t&#233; abandonn&#233; en 2013, faute de volont&#233; politique. Depuis cet &#233;chec, aucune modification l&#233;gislative n'a r&#233;pondu &#224; la f&#233;minisation grandissante du monde paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les concern&#233;es, la seule esquisse de protection est alors &#224; chercher du c&#244;t&#233; des lois personnelles : en Inde, chaque individu est rattach&#233; au droit de sa religion, chacune ayant ses propres lois. Le droit personnel encadre notamment les questions de succession, de mariage ou encore d'adoption. &#171; &lt;i&gt;Certaines lois r&#233;gissent la question de l'h&#233;ritage, comme la loi hindoue sur la succession qui a &#233;t&#233; modifi&#233;e en 2005 pour &#234;tre plus &#233;galitaire, &lt;/i&gt;explique Rukmini Rao. &lt;i&gt;Mais elles sont peu prises en compte. Le probl&#232;me, c'est la norme sociale, les coutumes, la tradition. Le patriarcat traverse les classes et les castes.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, Rukmini Rao l'assure : &#171; &lt;i&gt;Si les agricultrices ne sont pas en mesure de les r&#233;clamer, elles sont tr&#232;s conscientes de leurs droits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce tableau, les moins prot&#233;g&#233;es sont celles qui se trouvent tout en bas de la paysannerie indienne : les femmes issues des communaut&#233;s &lt;i&gt;dalits&lt;/i&gt; (encore appel&#233;es &#171; intouchables &#187;) ou de basses castes. Journali&#232;res ou saisonni&#232;res, elles travaillent de mani&#232;re contractuelle sur les exploitations de propri&#233;taires terriens qui imposent leurs conditions. Un prol&#233;tariat souvent pay&#233; &#224; la journ&#233;e, sans r&#233;elle marge de man&#339;uvre pour faire valoir ses droits. Pour ces ouvri&#232;res agricoles sans terre, le combat contre cette r&#233;forme se fait donc une question de s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Faire entendre sa voix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Critiqu&#233;e par certains, la pr&#233;sence des femmes dans les campements qui bordent New Delhi n'est pourtant plus &#224; questionner. Brossant une esquisse de portrait sociologique de ces paysannes en lutte, Sangeet Toor, une activiste qui documente le mouvement paysan, estime que &#171; &lt;i&gt;la plupart des femmes pr&#233;sentes sont issues de familles qui poss&#232;dent de petites parcelles. Les ouvri&#232;res agricoles &lt;/i&gt;dalits&lt;i&gt; participent, elles, occasionnellement car, en tant que journali&#232;res, elles n'ont pas le privil&#232;ge de perdre des journ&#233;es de travail. Quant aux femmes urbaines, &#224; l'exception des militantes et des &#233;tudiantes, elles ne sont pas pr&#233;sentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire entendre d'autres voix et mettre en avant de nouveaux regards, Sangeet Toor anime avec une petite &#233;quipe la gazette &lt;i&gt;Karti &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Dharti &lt;/i&gt;(&#171; Celles qui travaillent la terre &#187;). Une publication de quatre pages enti&#232;rement coordonn&#233;e par une &#233;quipe f&#233;minine. Imprim&#233;e en langue penjabi, elle est notamment diffus&#233;e sur les lieux des protestations paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Karti Dharti &lt;i&gt;est pens&#233;e pour que les femmes racontent leurs histoires personnelles, qu'elles puissent exprimer comment ce mouvement les affecte et de quelle mani&#232;re il est fa&#231;onn&#233; par leur pr&#233;sence&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sangeet Toor. Pour autant, la parution s'adresse &#224; tout le monde : &#171; &lt;i&gt;&#192; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;terme, nous souhaitons l&#233;gitimer la parole d'expertes. Montrer que les femmes ma&#238;trisent des sujets techniques autant que les hommes, notamment sur des th&#233;matiques li&#233;es &#224; l'agriculture&lt;/i&gt; &#187;, conclut-elle, en se r&#233;jouissant du fait que &#171; &lt;i&gt;ce mouvement normalise la pr&#233;sence des femmes dans les manifestations&lt;/i&gt; &#187;. Un mouvement qui ne semble d'ailleurs pas pr&#234;t de s'&#233;teindre : semaine apr&#232;s semaine, il emporte dans son sillage une part grandissante de la population, &#233;cras&#233;e par les multiples coups de force politiques du gouvernement autoritaire du sulfureux Narendra Modi et son supr&#233;macisme hindou.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Chastagner&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Inde, 86 % des paysan&#183;nes poss&#232;dent moins de deux hectares. &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/16/rakesh-tikait-le-paysan-qui-defie-le-pouvoir-indien_6070074_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rakesh Tikait, le paysan qui d&#233;fie le pouvoir indien&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(16/02/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233;e dans l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://ruralindiaonline.org/en/articles/women-at-farm-stir-we-are-recreating-history/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Women at Farm Stir : &#8220;We Are Recreating History&#8221; &lt;/a&gt; &#187;, ruralindiaonline.org (16/01/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.oxfamindia.org/women-empowerment-india-farmers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Move over &#8220;Sons of the soil&#8221; : Why You Need to Know the Female Farmers that Are Revolutionizing Agriculture in India&lt;/a&gt; &#187;, article &#224; lire sur le site de la branche indienne de l'ONG Oxfam (14/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.isas.nus.edu.sg/wp-content/uploads/2019/03/ISAS-Insights-No.-551.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Attaining Entitlement : Women Farmers and Land Rights&lt;/a&gt; &#187;, &#224; lire sur le site de l'Institute of South Asian Studies (19/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guerre des terres &#224; la Zad</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin. C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2430-f8400.jpg?1783032629' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la redistribution des terres anciennement promises &#224; la b&#233;tonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, ces derni&#232;res appartiennent encore &#224; l'&#201;tat qui les avait pr&#233;empt&#233;es pour Vinci en vue de la construction de l'a&#233;roport. Mais depuis que le projet a &#233;t&#233; enterr&#233;, le gouvernement a charg&#233; un comit&#233; de pilotage&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de trancher la question suivante : &#224; qui doit revenir l'usage des terres agricoles ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas tout perdre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La poign&#233;e de paysans r&#233;sistants qui avaient refus&#233; de c&#233;der aux sir&#232;nes financi&#232;res des am&#233;nageurs &#8211; 370 hectares de terres au total &#8211; devraient a priori se voir r&#233;-attribuer l&#233;galement leurs parcelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine phase d'expulsion et d'invasion militaire de la Zad, des occupants ont pour leur part sign&#233; en juin une quinzaine de conventions d'occupation pr&#233;caire (COP) pour un ensemble de terres repr&#233;sentant 170 hectares. &#171; &lt;i&gt;Certains paysans occupants avait d&#233;j&#224; envie d'obtenir un bail rural pour s&#233;curiser leur avenir en cas d'abandon du projet,&lt;/i&gt; explique Camille, un occupant qui a sign&#233; une COP. &lt;i&gt;Mais pour beaucoup d'entre nous, le choix de formes collectives de p&#233;rennisation, incluant une l&#233;galisation partielle, est venu s'ajouter &#224; la r&#233;sistance sur le terrain pour contrer l'attaque frontale de l'&#201;tat au printemps dernier. Il fallait contenir la destruction des lieux de vie pour ne pas tout perdre. Et nous nous battons depuis pour des cadres stables qui permettent de garder des marges de libert&#233; et d'autonomie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie de l&#233;galisation des terres qui a suscit&#233; des d&#233;bats houleux et de vives tensions entre les occupants. Le collectif Radis-Co a ainsi fustig&#233; cette tentative de n&#233;gociation avec l'&#201;tat qui, selon lui, &#171; &lt;i&gt;vide de contenu politique notre pr&#233;sence ici&lt;/i&gt; &#187; et ouvre les portes &#224; la normalisation de la Zad&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zadresist.antirep.net&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH651/-933-58ad9.jpg?1782751931' width='400' height='651' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les revenants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, au-del&#224; du danger inh&#233;rent au fait de discuter avec les autorit&#233;s &#233;tatiques, une autre menace plane sur les terres : la convoitise des anciens cultivateurs du coin. Nombre d'agriculteurs, dont les champs &#233;taient concern&#233;s par le futur a&#233;roport, ont &#233;t&#233; grassement indemnis&#233;s pour avoir accept&#233; de l&#226;cher leurs parcelles aux b&#233;tonneurs. Ils ont par ailleurs &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement prioritaires sur l'octroi de terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad. Certains ont m&#234;me continu&#233; &#224; percevoir des aides agricoles publiques sur les champs qu'ils exploitaient avant le mouvement d'occupation. &#171; &lt;i&gt;Mais aujourd'hui, ces &#8220; cumulards &#8221;, comme on les surnomme par ici, veulent r&#233;cup&#233;rer ces terres, &lt;/i&gt;s'indigne une occupante de la Zad. &lt;i&gt;En quelque sorte, ils veulent le beurre et l'argent du beurre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unis dans une association baptis&#233;e Amelaza, ces agriculteurs, proche de la Chambre d'agriculture et de la FNSEA &#8211; le syndicat agricole majoritaire &#8211;, revendiquent le droit de revenir cultiver plus de 500 hectares de terres arables sur la Zad. Une fa&#231;on pour eux d'agrandir leur exploitation afin de d&#233;clarer plus de surface agricole et&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; toucher plus d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu politique est de taille quand on sait qu'en France, l'installation pour les jeunes est un vrai chemin de croix et que la moiti&#233; des terres agricoles sont concentr&#233;es aux mains de 10 % des exploitants. Pour les habitants de la Zad, &#171; &lt;i&gt;les terres lib&#233;r&#233;es par l'abandon du projet d'a&#233;roport doivent aller en priorit&#233; &#224; de nouvelles installations de jeunes paysans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; &#171; R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Aux antipodes de l'imaginaire paysan port&#233; par les occupants, l'accaparement des terres par les &#171; cumulards &#187; laisse entrevoir le retour sur la Zad du productivisme agricole. Une vision industrielle de l'agriculture dont les pratiques intensives sont n&#233;fastes &#224; la biodiversit&#233; et qui conduit chaque semaine 200 fermes du pays &#224; mettre la cl&#233; sous porte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;nager la ch&#232;vre et le chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 12 octobre dernier, se tenait &#224; Nantes la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; de pilotage apr&#232;s la signature des quinze COP par les occupants. En soutien &#224; la Zad, une soixantaine de tracteurs stationnait sous les fen&#234;tres de la pr&#233;fecture avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Oui &#224; l'installation, non &#224; l'agrandissement&lt;/i&gt; &#187;. Au sortir du comit&#233;, Nicole Klein, la pr&#233;f&#232;te de R&#233;gion, se targuait par communiqu&#233; de presse : &#171; &lt;i&gt; Nous travaillons pour arriver &#224; une r&#233;partition &#233;quilibr&#233;e des terres qui permette &#224; tous d'envisager le plus sereinement possible leur avenir ensemble sur ce territoire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a d&#233;cid&#233; de couper la poire en deux pour tenter de satisfaire tout le monde&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che quant &#224; lui Camille. La pr&#233;fecture s'est en effet engag&#233;e &#224; transformer les quinze COP en baux ruraux. 30 &#224; 40 hectares de champs d&#233;j&#224; occup&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es mais toujours revendiqu&#233;s par les &#171; cumulards &#187; devraient finalement revenir au mouvement&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Enfin, &#224; la suite de d&#233;parts en retraite d'agriculteurs d'ici fin 2019, des nouvelles installations &#8211; &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; d'occupants &#8211; seront privil&#233;gi&#233;es sur 152 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui indigne l'ensemble du mouvement, ce sont plus de 300 hectares de terres agricoles qui reviendraient &#224; l'Amelaza. Les habitants de la Zad r&#233;clament en amont un diagnostic foncier clair pour chacun des &#171; cumulards &#187;, afin de savoir dans quelle mesure ils se sont agrandis et gav&#233;s de primes agricoles. Le consultant qui a r&#233;alis&#233; l'&#233;tat des lieux agricoles pour le comit&#233; de pilotage est en effet salari&#233; par la Chambre d'agriculture &#8211; qui s'est toujours positionn&#233;e contre l'occupation de la Zad &#8211; et a m&#234;me conseill&#233; les &#171; cumulards &#187; lors de la cr&#233;ation de leur association Amelaza !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il reste aussi 188 hectares &#224; voir au cas par cas et sur une partie desquels des projets li&#233;s au mouvement pourraient s'installer&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Camille. Quant &#224; la for&#234;t de Rohanne, en plein c&#339;ur de la Zad, la pr&#233;fecture a annonc&#233; de mani&#232;re floue que sa gestion serait partag&#233;e entre l'Office national des for&#234;ts (ONF) et Abracadabois, un collectif d'occupants et artisans qui a pris soin de ce bois avec une vision de l'arbre &#224; la charpente. L'objectif est que les usagers de la for&#234;t gardent le plus d'autonomie possible sur la gestion et qu'Abracadabois ne devienne pas un simple prestataire de service pour l'ONF.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre racine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s les premiers rendus de ce comit&#233; de pilotage, des habitants de la Zad ont resem&#233; un m&#233;lange c&#233;r&#233;alier &#224; la No&#235; Verte, sur une parcelle de 6 hectares revendiqu&#233;e par un &#171; cumulard &#187;. Et une cinquantaine de trous ont &#233;t&#233; creus&#233;s pour accueillir les nouveaux arbres fruitiers d'un verger mis en place l'an dernier avec un r&#233;seau d'&#233;piceries autog&#233;r&#233;es du pays nantais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous continuons de nous projeter vers l'avenir. Nous r&#233;fl&#233;chissons d&#233;j&#224; &#224; comment reconstruire sur les sites des anciens habitats d&#233;truits dans le cadre du projet d'a&#233;roport,&lt;/i&gt; souligne Camille. &lt;i&gt;L'&#201;tat a cherch&#233; &#224; nous isoler, en nous faisant signer des conventions individuelles. Mais nous persistons dans notre volont&#233; d'avoir une gestion collective des terres par l'ensemble du mouvement, avec un bail, voire m&#234;me un rachat des parcelles. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de pilotage se r&#233;unira &#224; nouveau mi-f&#233;vrier, entre autres pour prendre position de nouveau sur la r&#233;partition de l'usage des terres. D'ici l&#224; les arbres du verger de la No&#235; Verte auront d&#233;j&#224; pris racine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre d'agriculture, les syndicats agricoles, les associations des agriculteurs historiques, la communaut&#233; de communes, le D&#233;partement et les services de l'&#201;tat. Les occupants, Copain 44, l'Acipa et les Naturalistes en luttes ont refus&#233; d'y si&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://zadresist.antirep.net/HomePage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zadresist.antirep.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il faut un vrai diagnostic foncier !&lt;/i&gt; &#187;, 12 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face aux normes, &#171; reconstruire une culture de lutte commune &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-aux-normes-reconstruire-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Face-aux-normes-reconstruire-une</guid>
		<dc:date>2018-04-30T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>agricole</dc:subject>
		<dc:subject>paysans</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Laronze</dc:subject>
		<dc:subject>contr&#244;les agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>normes</dc:subject>
		<dc:subject>contr&#244;le agricole</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;glementation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricole" rel="tag"&gt;agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysans" rel="tag"&gt;paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricoles" rel="tag"&gt;agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome-Laronze" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Laronze&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/controles-agricoles" rel="tag"&gt;contr&#244;les agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/normes" rel="tag"&gt;normes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/controle-agricole" rel="tag"&gt;contr&#244;le agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reglementation" rel="tag"&gt;r&#233;glementation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans combattant la mise au pas administrative et industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH362/-650-94846.jpg?1782640460' width='500' height='362' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quand et pourquoi s'est form&#233; votre collectif ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En mai 2017, l'&#233;leveur J&#233;r&#244;me Laronze est abattu par des gendarmes apr&#232;s avoir &#233;t&#233; harcel&#233; par l'administration. Il refusait de se plier aux normes de tra&#231;abilit&#233; et en a pay&#233; le prix fort. Soit une lourde pression gendarmesque : d&#232;s 2016, les uniformes se d&#233;placent en nombre lors des contr&#244;les agricoles men&#233;s sur son exploitation. C'est &#224; la suite d'une &#233;ni&#232;me visite surprise des contr&#244;leurs et des pandores que J&#233;r&#244;me part en cavale. Quelques jours plus tard, les forces de l'ordre lui mettent la main dessus &#8211; il est en train de dormir dans sa voiture. Et elles l'abattent de trois balles dans le dos alors qu'il tente de s'enfuir [lire l&#034;Un paysan est mort&#034; dans le dossier du n&#176;163 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa mort, la famille de J&#233;r&#244;me organise chaque 20 du mois une veill&#233;e &#224; M&#226;con. Traumatis&#233;s par ce drame, nombres d'agriculteurs y assistent r&#233;guli&#232;rement. Au fil des discussions, certains d'entre eux se sont rendus compte qu'ils partagent la m&#234;me r&#233;alit&#233; que J&#233;r&#244;me : ils subissent une intense pression administrative visant &#224; les &#8220; mettre aux normes &#8221;. La diff&#233;rence, c'est que lui n'a rien l&#226;ch&#233;. Et que, trop seul face &#224; ces violences institutionnelles, il en est mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif est ainsi n&#233; de ce constat que nous sommes de plus en plus nombreux dans les fermes &#224; endurer un v&#233;ritable harc&#232;lement r&#233;glementaire et judiciaire. Avec &#224; la cl&#233; des contr&#244;les &#224; r&#233;p&#233;tition, des saisies de troupeaux, des interdictions de vente sur les march&#233;s, des sanctions financi&#232;res, voire des internements. Face &#224; cette mise au pas bureaucratique, nous avons donc commenc&#233; &#224; organiser des rencontres publiques pour comprendre o&#249; cette vie administr&#233;e nous menait et, in fine, comment refuser les contr&#244;les agricoles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette emprise normative est-elle si forte dans le monde agricole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1992, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) incite l'Europe &#224; abandonner toute forme de protectionnisme. Il s'agit notamment de satisfaire les empires agroalimentaires, qui se sont constitu&#233;s depuis l'apr&#232;s-guerre gr&#226;ce au soutien public et qui r&#233;clament d&#233;sormais la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole international. Ils obtiennent gain de cause. Et cela s'accompagne de l'institution de strictes normes sanitaires et environnementales, lesquelles constituent le seul biais de r&#233;gulation et d'orientation de l'&#201;tat sur l'agriculture qui soit valable aux yeux de l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de sant&#233; publique et de protection de l'environnement, les services &#233;tatiques, de concert avec les industriels, imposent alors &#224; tous les agriculteurs une r&#233;glementation tr&#232;s stricte. Le probl&#232;me, c'est que celle-ci sert les int&#233;r&#234;ts de l'agro-industrie, et non ceux des paysans. Les industriels ont beau jeu de pr&#233;tendre que toutes ces normes permettent une tra&#231;abilit&#233; des denr&#233;es alimentaires, de leur production jusqu'&#224; la vente au consommateur. Mais en r&#233;alit&#233;, chaque nouvelle r&#233;glementation sert avant tout &#224; pousser &#224; la modernisation des exploitations, et &#224; mettre de c&#244;t&#233; ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas suivre. On assiste ainsi &#224; une concentration capitaliste des fermes et &#224; une diminution effarante du nombre d'agriculteurs. Quant aux paysans, ils se retrouvent de plus en plus d&#233;poss&#233;d&#233;s d'un m&#233;tier se r&#233;sumant d&#233;sormais &#224; un ensemble de proc&#233;dures standardis&#233;es. &#192; terme, l'objectif des industriels est la mise en place de fermes robotis&#233;es, bio ou pas, grosses ou petites, o&#249; les agriculteurs ne seraient que de simples intendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les normes sanitaires et environnementales en vigueur ne sont que le miroir aux alouettes d'une pr&#233;tendue qualit&#233; des aliments permettant de faire passer la pilule de l'industrialisation &#224; marche forc&#233;e de l'agriculture. Le plus dingue, c'est que cet arsenal de r&#233;glementations et de proc&#233;dures industrielles n'a nullement permis d'&#233;viter le scandale de la vache folle, des lasagnes de cheval ou du lait pour b&#233;b&#233; contamin&#233; &#224; la salmonelle. Quelque vingt ans de r&#233;glementations visant &#224; &#8220; ma&#238;triser &#8221; les pollutions d'origine agricole n'ont pas non plus emp&#234;ch&#233; que la prolif&#233;ration d'algues vertes sur les plages bretonnes atteigne un nouveau record en 2017. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette normalisation industrielle se traduit-elle au quotidien dans votre travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a tout d'abord les normes concernant la tra&#231;abilit&#233; &#8211; elles sont innombrables et s'immiscent partout dans notre travail. Nos animaux doivent &#234;tre enregistr&#233;s, munis de papiers d'identit&#233;, boucl&#233;s et vaccin&#233;s. Chaque naissance, d&#233;placement ou mort d'animal doit &#234;tre d&#233;clar&#233; &#224; l'administration sous sept jours. De m&#234;me, toutes nos semences doivent &#234;tre certifi&#233;es et nos cultures r&#233;pertori&#233;es. Nos parcelles agricoles sont photographi&#233;es par satellite, sans exception. Et le moindre m&#232;tre de haie, arbre isol&#233; ou ruisseau se trouve mesur&#233; et notifi&#233;. Nos ateliers, conserveries et v&#233;hicules doivent &#234;tre agr&#233;&#233;s, et nos fromages, l&#233;gumes ou viandes ont obligation d'&#234;tre analys&#233;s, trac&#233;s, &#233;tiquet&#233;s. Enfin, notre comptabilit&#233;, nos revenus ou d&#233;ficits sont scrupuleusement contr&#244;l&#233;s. Et si on ne se plie pas &#224; cette r&#233;glementation, les sanctions tombent &#8211; pour certains, cela va jusqu'&#224; la suppression des primes et subventions (ce qui signifie ne presque plus percevoir de revenus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle des paysans est tellement d&#233;sesp&#233;r&#233;e que la MSA [Mutualit&#233; sociale agricole, la S&#233;cu du secteur agricole] a mis en place un &#8220; protocole suicide &#8221;. C'est un sujet tabou, mais il faut savoir que les agriculteurs fran&#231;ais se suicident trois fois plus que les autres professions... Tout un dispositif de suivi avec les gendarmes et les diff&#233;rents services a donc &#233;t&#233; mis en place : &#224; la moindre fragilit&#233; &#233;conomique ou familiale, au moindre &#233;nervement t&#233;l&#233;phonique avec une administration ou petite r&#233;volte face &#224; un contr&#244;le agricole, des signalements et &#233;valuations sont effectu&#233;s. Ils peuvent amener &#224; l'ouverture d'un dossier ou &#224; un internement de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette normalisation industrielle va de pair avec un incroyable m&#233;pris institutionnel. R&#233;cemment, l'administration a ainsi interdit &#224; la vente l'ensemble des brebis d'un &#233;leveur membre du collectif. Simplement parce que ce dernier n'&#233;tait pas au courant qu'il devait remplir la seconde colonne d'un tableau de concordance entre divers types de boucles &#8211; ses b&#234;tes sont pourtant identifi&#233;es dans les r&#232;gles. Autre exemple, un petit mara&#238;cher de la Loire travaillant sur les march&#233;s a, il y a peu, &#233;cop&#233; de 340 &#8364; d'amende car ses &#233;tiquettes indiquaient &#8220; Origine Loire &#8221;, et non &#8220; Origine France &#8221; comme le veut la r&#233;glementation... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux d&#233;rives inh&#233;rentes au capitalisme industriel, n'existe-t-il quand m&#234;me pas des r&#233;glementations qui permettent des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement et des animaux d'&#233;levage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour &#234;tre labellis&#233; &#8220; Agriculture biologique &#8221;, le paysan est oblig&#233; de se soumettre &#224; un cahier des charges tr&#232;s contraignant, lui aussi aux mains de quelques businessmen : pr&#232;s de la moiti&#233; du march&#233; bio fran&#231;ais appartient d&#233;j&#224; &#224; des groupes industriels. Le label est de toute fa&#231;on mensonger par essence : l'id&#233;e m&#234;me de suivre un cahier des charges rel&#232;ve d&#233;j&#224; d'une pens&#233;e industrielle qui norme la production. Sans compter qu'il produit l'illusion chez le &#8220; consomm'acteur &#8221; d'avoir prise sur son alimentation, alors m&#234;me que les producteurs se sont fait d&#233;poss&#233;der de toute forme d'autonomie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maltraitance animale ayant tout particuli&#232;rement l'attention du grand public, la question du bien-&#234;tre des b&#234;tes est pour sa part largement utilis&#233; par l'agro-industrie. L&#224; encore, elle s'en sert comme pr&#233;texte pour imposer de nouvelles normes. C'est tr&#232;s commode, puisque que la r&#233;glementation en termes de bien-&#234;tre animal n'interdit en rien la logique concentrationnaire propre aux pratiques agricoles industrielles. Un exemple parmi mille autres. &#192; partir de 2020, les &#233;leveurs ont obligation de pr&#233;voir un petit parcours en plein air pour les poules de batterie. Elles seront toujours entass&#233;es par milliers les unes sur les autres, mais l'emballage sera un peu plus aguichant. Par contre, le surinvestissement impos&#233; laissera les plus petits sur le carreau, concentrant toujours plus la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, ne pas utiliser d'antibiotiques, et pr&#233;f&#233;rer soigner ses animaux par la phytoth&#233;rapie, ou refuser le bouclage &#233;lectronique sont des pratiques d&#233;sormais consid&#233;r&#233; comme de la maltraitance lors des contr&#244;les&#8230; Au final, ce concept de bien-&#234;tre animal, qui n'a rien &#224; voir avec l'attention que les &#233;leveurs portent &#224; leurs b&#234;tes dans une relation d'int&#233;r&#234;ts communs, est une image publicitaire qui sert avant tout &#224; l&#233;gitimer le syst&#232;me agricole industriel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;sistances collectives d&#233;ployer face &#224; cet acharnement r&#233;glementaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s des rencontres publiques en octobre, puis janvier dernier, nous avons cr&#233;&#233; des groupes locaux dans le Morbihan, en Sa&#244;ne-et-Loire, Anjou, Ari&#232;ge, Auvergne et dans la Dr&#244;me. En nous inspirant du groupe &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer &lt;/a&gt;, tr&#232;s actif dans le Tarn, l'objectif est de mettre en place un r&#233;seau de soutien et d'intervention collective en cas de contr&#244;le agricole. Le contr&#244;le, c'est un moment symbolique fort, o&#249; les injonctions sont r&#233;elles et o&#249; les sanctions tombent r&#233;guli&#232;rement. Accueillir &#224; plusieurs les services v&#233;t&#233;rinaires, l'Agence de services et de paiement (qui verse les aides et les primes), l'&#201;tablissement de l'&#233;levage (qui g&#232;re l'identification des animaux) ou encore la r&#233;pression des fraudes permet de rompre l'isolement de tout un chacun face &#224; l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contr&#244;les culpabilisent les paysans et sont per&#231;us comme une honte dans le milieu agricole : ils te stigmatisent en tant qu'agriculteur qui travaille mal. Et les paysans ne se soutiennent pas beaucoup les uns les autres car ils ont peur d'&#234;tre &#224; leur tour contr&#244;l&#233;s&#8230;Nous voulons lib&#233;rer la parole et affirmer que ce n'est pas &#224; nous, mais bien &#224; l'&#201;tat, d'avoir honte. Il utilise la tra&#231;abilit&#233; pour s'affirmer comme garant de la s&#233;curit&#233; alimentaire, alors que c'est lui-m&#234;me qui est &#224; l'origine de l'industrialisation de l'agriculture et de ses d&#233;rives sanitaires et &#233;cologiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous sommes en train de mettre au point un guide d'autod&#233;fense agricole, qui devrait para&#238;tre prochainement. En partant de nos exp&#233;riences de vie paysannes, nous tentons de reconstruire une culture de lutte commune et de renouer avec une certaine conflictualit&#233; que le syndicalisme agricole a abandonn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;l&#233;gation de votre collectif est partie le 10 f&#233;vrier rencontrer celles et ceux qui cultivent les terres et &#233;l&#232;vent des animaux sur la Zad de Notre-Dame-Des-Landes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous sommes en effet rendus sur la Zad pour &#233;changer entre paysans. Et notamment pour discuter, sur la base de ce que nous vivons dans nos fermes, du n&#233;cessaire maintien d'un rapport de force permettant d'&#233;viter la normalisation envisag&#233;e des habitats, des activit&#233;s agricoles et des rapports sociaux de la future zone. Le risque est de laisser s'instaurer une logique qui verrait ces &#8220; exp&#233;rimentations &#8221; se faire normaliser une par une, et ce sans expulsions spectaculaires. Pour l'emp&#234;cher, le mouvement contre l'a&#233;roport doit se saisir de la lutte contre l'administration des vies agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat sur place et les comit&#233;s de soutien r&#233;activ&#233;s apr&#232;s cette bataille gagn&#233;e peuvent &#233;viter que les services des minist&#232;res ne mettent leur nez dans les diff&#233;rentes activit&#233;s en cours sur la Zad. On l'a vu avec l'exp&#233;rience du Larzac : une entit&#233; juridique collective ne suffit pas &#224; se prot&#233;ger de la r&#233;glementation &#233;tatique et de la normalisation industrielle. En allant sur place, nous voulions donc dire aux zadistes : '' &lt;i&gt;Nous avons besoin les uns des autres pour amplifier le rapport de force.&lt;/i&gt; '' La confiance et les solidarit&#233;s doivent se construire au ras de nos r&#233;alit&#233;s, autant entre agriculteurs qu'avec celles et ceux qui mangent ce que nous produisons. La vie agricole autonome &#224; toujours d&#251; lutter collectivement, c'est l'une de ses conditions. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Agricultrices en lutte : Face au sexisme, inverser la vapeur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascale Guirimand</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Discrimination via le statut professionnel, orientation professionnelle genr&#233;e, remarques machistes : la condition des femmes en agriculture n'est gu&#232;re reluisante. Depuis les ann&#233;es 1960, nombre de paysannes s'organisent pour lutter contre ce sexisme bien pr&#233;sent. Aujourd'hui, certaines d'entre elles le font en recourant aux pratiques de l'&#233;ducation populaire. &#171; Pendant six jours, nous avons partag&#233; nos exp&#233;riences, difficult&#233;s, r&#233;ussites et petites victoires, s'enthousiasme Marie. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2127-661df.jpg?1782808754' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Discrimination via le statut professionnel, orientation professionnelle genr&#233;e, remarques machistes : la condition des femmes en agriculture n'est gu&#232;re reluisante. Depuis les ann&#233;es 1960, nombre de paysannes s'organisent pour lutter contre ce sexisme bien pr&#233;sent. Aujourd'hui, certaines d'entre elles le font en recourant aux pratiques de l'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pendant six jours, nous avons partag&#233; nos exp&#233;riences, difficult&#233;s, r&#233;ussites et petites victoires&lt;/i&gt;, s'enthousiasme Marie. &lt;i&gt;Et nous nous sommes trouv&#233;es un paquet de points communs ! Nous n'avons donc pas eu &#224; chercher tr&#232;s loin pour cr&#233;er une petite sayn&#232;te illustrant les difficult&#233;s rencontr&#233;es en tant que femmes dans le monde agricole. Avec pour objectif d'identifier les m&#233;canismes et situations traduisant et perp&#233;tuant l'oppression sexiste.&lt;/i&gt; &#187; Depuis janvier 2016, &#224; l'initiative de &lt;a href=&#034;http://www.asso-ebullition.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#201;bullition&lt;/a&gt;, association dr&#244;moise d'&#233;ducation populaire qui lutte contre les discriminations, sept femmes agricultrices (ou &#233;voluant dans le secteur) se retrouvent ainsi r&#233;guli&#232;rement pour pr&#233;senter un th&#233;&#226;tre-forum autour de la place des femmes en milieu paysan. &#171; &lt;i&gt;Notre pratique s'inscrit dans la lign&#233;e du th&#233;&#226;tre de l'opprim&#233; d'Augusto Boal,&lt;/i&gt; explique une participante. &lt;i&gt;On joue une premi&#232;re fois la sayn&#232;te, puis le public est invit&#233; &#224; prendre la place d'un personnage et &#224; agir face &#224; l'oppression. C'est une proposition tr&#232;s sinc&#232;re : nous n'avons pas de solutions toutes pr&#234;tes, on cherche ensemble !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sexisme enracin&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exercice salutaire. Qui montre bien que les ressorts machistes &#224; l'&#339;uvre dans le monde agricole sont les m&#234;mes que dans le reste de la soci&#233;t&#233;. Et qu'ils s'ancrent solidement dans le pass&#233;. Le long combat des agricultrices pour se voir reconna&#238;tre un statut l'illustre parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la confusion entre les statuts professionnel et matrimonial ent&#233;rinait la subordination des femmes : le code rural juxtaposait la fonction de chef de famille &#224; celle de chef d'exploitation. Tr&#232;s actives et pr&#233;sentes sur les fermes, les femmes &#233;taient pourtant consid&#233;r&#233;es comme &#171; sans profession &#187;, ne b&#233;n&#233;ficiant ni de la protection sociale ni d'une retraite propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, la modernisation agricole pr&#244;n&#233;e par l'&#201;tat transforme le statut du paysan vivrier : il est promu agriculteur, puis chef d'entreprise. Mais lui seul : la femme reste &#233;vinc&#233;e de ce processus (en 1970, seulement 8 % des fermes sont dirig&#233;es ou codirig&#233;es par des femmes). Le monde paysan rationalise son syst&#232;me de production, et l'homme se voit charg&#233; de mettre en application le nouveau savoir techno-scientifique, acqu&#233;rant ainsi une forme de reconnaissance sociale et symbolique. Les femmes, elles, se retrouvent assign&#233;es aux t&#226;ches vivri&#232;res et &#233;loign&#233;es des dynamiques de modernisation. D&#233;classement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paysannes en lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH599/-541-bc1b3.jpg?1782666050' width='400' height='599' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais les agricultrices, s'appuyant sur l'essor du f&#233;minisme, s'organisent pour obtenir un statut et une &#233;galit&#233; de droits. Le mouvement Jeunesse agricole catholique f&#233;minine (JACF), regroupant des jeunes femmes rurales voulant am&#233;liorer leur situation, marque les ann&#233;es 1960 de ses combats, sur le plan professionnel comme priv&#233;. Ses membres revendiquent entre autres une nouvelle organisation de la ferme et de meilleures conditions d'habitat. Ces femmes vont parfois se servir de nouvelles structures pour se faire entendre. &#192; l'exemple des Groupements de vulgarisation agricole (GVA), mis en place &#224; partir de 1961 pour diffuser la bonne parole du progr&#232;s technique. La plupart sont mixtes, mais les agricultrices d&#233;cident quand m&#234;me de se r&#233;unir en GVA exclusivement f&#233;minins. Une premi&#232;re lib&#233;ration, pr&#233;cise la chercheuse Mich&#232;le Salmona : &#171; &lt;i&gt;Ces lieux de parole, hors de la pr&#233;sence des maris, permettaient &#224; ces agricultrices d'&#233;changer d'une part sur des th&#233;matiques qui leur &#233;taient propres en tant que femmes et, d'autre part, sur les th&#232;mes professionnels qui &#233;taient ensuite trait&#233;s dans les GVA mixtes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mich&#232;le Salmona, &#171; Des paysannes en France : violences, ruses et r&#233;sistances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Rayon professionnel toujours, il faut aussi mentionner l'ouverture aux femmes, en 1977, de la formation &#224; la comptabilit&#233;-gestion agricole, &#224; travers le programme national des &#171; 200 heures &#187;. Une formation qui leur permet d'acqu&#233;rir un certain pouvoir au sein de la famille, m&#234;me si elles doivent parfois se retenir de pointer les erreurs de gestion de leur mari pour pr&#233;server leur couple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir de l'ombre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a pris du temps, mais la loi finit par reconna&#238;tre la place des femmes dans les fermes. Avec la cr&#233;ation du statut de coexploitant.e, en 1980. Et avec celle d'un nouveau statut d'entreprise permettant &#224; un couple de s'associer, en 1985. Pas encore la panac&#233;e : il faut attendre 2010 pour que les deux membres d'un couple puissent &#234;tre reconnus juridiquement comme deux chefs d'exploitation &#224; part enti&#232;re au sein d'un Gaec&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupement agricole d'exploitation en commun.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y voil&#224; ? M&#234;me pas. Car si les textes de loi mettent fin &#224; l'in&#233;galit&#233;, la situation sur le terrain n'&#233;volue que lentement. En 2010, seul un quart des fermes est dirig&#233; ou codirig&#233; par des femmes (dans 80 % des cas, elles ont pris la succession de leur mari retrait&#233;). Notamment parce que leur parcours vers l'installation reste sem&#233; d'emb&#251;ches : elles ont moins facilement acc&#232;s &#224; l'h&#233;ritage de la ferme familiale que les fr&#232;res et subissent encore le poids d'une &#233;ducation genr&#233;e dans leurs choix d'orientation. Certes, les filles constituent aujourd'hui la moiti&#233; des &#233;l&#232;ves des &#233;tablissements agricoles, mais elles sont orient&#233;es vers les fili&#232;res de services et non de production agricole. &#171; &lt;i&gt;Lors des stages de formation, les filles se voient aussi interdire l'acc&#232;s &#224; un certain nombre d'outils agricoles&lt;/i&gt;, souligne la sociologue Sabrina Dahache. &lt;i&gt;Et il arrive qu'on leur refuse l'entr&#233;e dans les enclos &#224; bovins.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire : m&#234;me en cas d'installation, les in&#233;galit&#233;s persistent. Les femmes se retrouvent ainsi plus facilement &#224; la t&#234;te d'&#233;levages de moutons ou de ch&#232;vres, ainsi que d'exploitations horticoles ou mara&#238;ch&#232;res ; les grandes cultures et l'&#233;levage bovin restent des domaines &#224; 85 % masculins. Et, dans tous les cas, les agricultrices ont droit &#224; un traitement de d&#233;faveur qui dure bien apr&#232;s leur installation : doutes sur leur capacit&#233; &#224; conduire un tracteur, propos sexistes, r&#233;flexions de commerciaux de passage (&#171; &lt;i&gt;Je voudrais voir le patron...&lt;/i&gt; &#187;), commentaires sur leurs v&#234;tements (toujours trop sales ou trop sexy) ou m&#233;pris affich&#233; d'un vendeur de machines agricoles. Au quotidien, le partage des t&#226;ches ne change gu&#232;re quand l'exploitation est men&#233;e en couple h&#233;t&#233;rosexuel. &#192; l'homme les activit&#233;s visibles de production (travail m&#233;canis&#233; au champ) ; &#224; la femme les espaces moins valoris&#233;s, jug&#233;s d'une moindre importance : transformation, accueil &#224; la ferme, paperasse, commercialisation, labeur domestique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autod&#233;fense&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour au th&#233;&#226;tre-forum de l'&#201;bullition. Depuis 2016, il a &#233;t&#233; jou&#233; plus d'une trentaine de fois, dans des caf&#233;s-installations (qui r&#233;unissent des jeunes voulant devenir agriculteurs), des &#233;tablissements scolaires agricoles, des fermes, des salles des f&#234;tes en milieu rural.... Avec l'id&#233;e de le jouer en non-mixit&#233; comme en mixit&#233;, et toujours devant le public le plus large possible. &#171; &lt;i&gt;Ces difficult&#233;s sont partag&#233;es par nombre de femmes, qu'elles appartiennent ou non au milieu agricole&lt;/i&gt;, explique Marie. &lt;i&gt;C'est un point essentiel, parce qu'on fait souvent reposer les d&#233;faites sur nos faiblesses individuelles. Comprendre qu'elles sont en r&#233;alit&#233; chroniques permet de ne pas s'en rendre responsable. Il est alors temps de chercher des solutions pour inverser la vapeur.&lt;/i&gt; &#187; Des solutions qui sont multiples : autod&#233;fense verbale, &#233;nonciation de l'oppression, humour, affrontement direct, recherche de soutien et de solidarit&#233;, posture... &#192; chaque fois, une fa&#231;on de lancer la machine. &#171; &lt;i&gt;Il ne suffit &#233;videmment pas de sortir la bonne r&#233;plique pour venir &#224; bout du patriarcat&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Florie, une participante. &lt;i&gt;Mais nous pensons que ce travail d'identification de l'oppression et de partage des v&#233;cus est indispensable pour prendre conscience d'une r&#233;alit&#233; sociale, puis la combattre. Et ce bien au-del&#224; des fronti&#232;res du monde agricole !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mich&#232;le Salmona, &#171; Des paysannes en France : violences, ruses et r&#233;sistances &#187;, &lt;i&gt;Les Cahiers du genre&lt;/i&gt; n&#176; 35, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupement agricole d'exploitation en commun.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dossier &#034;Reprendre la cl&#233; des champs&#034; : le sommaire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dossier-Reprendre-la-cle-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dossier-Reprendre-la-cle-des</guid>
		<dc:date>2018-03-04T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
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		<dc:subject>l'agriculture</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Laronze</dc:subject>
		<dc:subject>Aude Vidal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'agriculture, une aventure collective &#187;. Tel &#233;tait le th&#232;me du Salon de l'agriculture 2018, qui s'ach&#232;ve en ce d&#233;but de mois de mars. Celles et ceux qui ont d&#233;cid&#233; de faire de l'agriculture leur m&#233;tier n'ont pourtant jamais &#233;t&#233; aussi seuls. Et de moins en moins nombreux. En cinquante ans, la France a perdu plus de trois millions de paysans. Et chaque semaine, deux cents fermes mettent la cl&#233; sous la porte. Depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole plan&#233;taire lanc&#233;e dans les ann&#233;es 1990, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2075-9fbd1.jpg?1783450541' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'agriculture, une aventure collective &#187;. Tel &#233;tait le th&#232;me du Salon de l'agriculture 2018, qui s'ach&#232;ve en ce d&#233;but de mois de mars. Celles et ceux qui ont d&#233;cid&#233; de faire de l'agriculture leur m&#233;tier n'ont pourtant jamais &#233;t&#233; aussi seuls. Et de moins en moins nombreux. En cinquante ans, la France a perdu plus de trois millions de paysans. Et chaque semaine, deux cents fermes mettent la cl&#233; sous la porte. Depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole plan&#233;taire lanc&#233;e dans les ann&#233;es 1990, la course &#224; la productivit&#233; fait des ravages, &#233;liminant brutalement ceux qui ne parviennent (ou ne veulent) pas s'adapter aux injonctions du syst&#232;me agro-industriel. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne de concentration massif, qui voit les riches agro-businessmen, nouveaux seigneurs des campagnes, accaparer les terres agricoles et les fermes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture r&#233;pond &#224; notre besoin primaire le plus &#233;l&#233;mentaire : se nourrir. En ce sens, elle est la t&#234;te de pont d'un capitalisme toujours plus empress&#233; &#224; nous d&#233;poss&#233;der de nos moyens de subsistance. Apr&#232;s la privatisation des terres &#224; partir du XVIIIe si&#232;cle&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;nomm&#233; en Angleterre &#171; mouvement des enclosures &#187;, ce vaste ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, l'exode rural et la m&#233;canisation des campagnes, puis le culte du progr&#232;s technique et de la productivit&#233; &#224; outrance durant les Trente Glorieuses, l'agriculture est entr&#233;e dans une nouvelle phase d'industrialisation. Macron ne s'y trompait gu&#232;re quand, lors de la traditionnelle visite pr&#233;sidentielle au Salon de l'agriculture le 24 f&#233;vrier, il d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;L'agriculture fran&#231;aise est une terre de conqu&#234;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De &#171; conqu&#234;te &#187; et d'argent, surtout : pour les acteurs de l'agro-industrie, il y a un sacr&#233; paquet de bl&#233; &#224; la cl&#233;. Avec la privatisation du vivant via la certification des semences ou gr&#226;ce aux OGM. Avec la normalisation des pratiques agricoles en proc&#233;dures industrielles. Et avec la robotisation. Pour les agriculteurs, par contre, ces &#171; conqu&#234;tes &#187; sont d'abord synonymes de pr&#233;carisation des conditions de travail : en 2017, 30 % des agriculteurs fran&#231;ais gagnaient moins de 354 &#8364; par mois&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude de la MSA, relay&#233;e dans plusieurs articles du Monde en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ils n'&#233;taient que 18 % dans cette situation en 2014&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Faucheuse est dans le pr&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette industrialisation &#224; marche forc&#233;e se traduit dans nos campagnes par un d&#233;sastre social sans pr&#233;c&#233;dent. Les agriculteurs se retrouvent englu&#233;s dans des logiques d'endettement, provoqu&#233;es par la n&#233;cessit&#233; d'investir en permanence pour rester comp&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont aussi soumis &#224; des contr&#244;les administratifs de plus en plus intrusifs. Et stigmatis&#233;s comme des &#171; ploucs &#187; maltraitant leurs animaux. Bref, les paysans fran&#231;ais vont mal : deux d'entre eux se suicident chaque jour (soit trois fois plus que pour les autres professions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'environnement, le tableau n'est gu&#232;re plus reluisant : malgr&#233; les incantations &#233;tatiques louant l'agro-&#233;cologie, la consommation de pesticides ne cesse de cro&#238;tre&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'usage de pesticides a augment&#233; de 25 % entre 2009 et 2014 ! La France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. L'&#233;t&#233; 2017 a ainsi connu un nouveau record de prolif&#233;ration des algues vertes, &#224; cause de l'agriculture intensive bretonne. Et les empires agroalimentaires n'h&#233;sitent pas &#224; mettre en danger la sant&#233; des consommateurs pour sauvegarder leurs marges b&#233;n&#233;ficiaires &#8211; la r&#233;cente contamination &#224; la salmonelle de produits infantiles de Lactalis en est une parfaite illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terreau de luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; ce rouleau compresseur, &#224; l'aseptisation de nos campagnes comme de nos assiettes, des paysans et paysannes s'organisent et luttent : r&#233;sistance collective face aux services de l'&#201;tat, occupations de terres, entraide mutuelle &#224; rebours des discours syndicalistes dominants, exp&#233;rimentations sociales et agricoles en marge du syst&#232;me industriel. Des bergers r&#233;tifs au pu&#231;age &#233;lectronique de leurs moutons jusqu'aux squatteurs de terres &#224; Notre-Dame-des-Landes, le paysan s'affirme de plus en plus comme une figure subversive face au lib&#233;ralisme mortif&#232;re. &#192; l'heure de la mobilit&#233; permanente, des start-up de l'e-business et de l'ub&#233;risation du travail, &#171; travailler la terre &#187; est en passe de devenir un geste singulier dans le paysage capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nourrissant un imaginaire politique empreint d'autonomie alimentaire, en posant les bases de nouvelles solidarit&#233;s entre rebelles des champs et contestataires des villes, les paysans invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs. Bien loin des trav&#233;es du Salon de l'agriculture, voil&#224; o&#249; r&#233;side la vraie &#171; aventure collective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH599/-465-fff51.jpg?1782647034' width='500' height='599' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discussion avec Aude Vidal : &#171; La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. &lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs&lt;/i&gt; est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Rencontre avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Racines de lutte : Dans les ann&#233;es 1970, &#171; le mariage des LIP et du Larzac &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Ils s'allient aux dockers. Attaquent les grands propri&#233;taires. Et s'inspirent de la th&#233;ologie de la Lib&#233;ration. Dans les ann&#233;es 1970, des paysans montent au front, affirmant que la lutte des classes traverse le monde agricole. Leur h&#233;ritage reste vivace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reportage &#224; Notre-Dame-des-Landes : La Zad joue &#224; qui terre gagne &gt;&lt;/strong&gt; Il y a eu les bons mill&#233;simes &#224; oignons, l'ann&#233;e des patates bouff&#233;es par le taupin, les &#233;t&#233;s &#224; mildiou, trop mouill&#233;s pour faire de belles tomates, la s&#233;cheresse l'an pass&#233;... De semailles en r&#233;coltes, l'agriculture d'occupation s'est enracin&#233;e dans le cycle des saisons, se fichant pas mal de l'ill&#233;galit&#233;, regardant plus loin que l'urgence des menaces et mobilisations. L'abandon du projet d'a&#233;roport sauve le bocage tout en ouvrant une nouvelle s&#233;quence. Celle du maintien des acquis agricoles de la lutte et de l'apport &#233;ventuel de nouveaux projets. Mais aussi celle de la composition avec les services de l'&#201;tat et la chambre d'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agricultrices en lutte : Face au sexisme, inverser la vapeur &gt;&lt;/strong&gt; Discrimination via le statut professionnel, orientation professionnelle genr&#233;e, remarques machistes : la condition des femmes en agriculture n'est gu&#232;re reluisante. Depuis les ann&#233;es 1960, nombre de paysannes s'organisent pour lutter contre ce sexisme bien pr&#233;sent. Aujourd'hui, certaines d'entre elles le font en recourant aux pratiques de l'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de pays sans paysans : Portrait &#224; la barbe fleurie &gt;&lt;/strong&gt; J&#233;r&#244;me est &lt;i&gt;parpagnas&lt;/i&gt;. Install&#233; &#171; &lt;i&gt;pour voir&lt;/i&gt; &#187;, en 1991, sur une petite surface l&#233;gu&#233;e par son p&#232;re, il y a pris go&#251;t. Produisant des l&#233;gumes de qualit&#233;. &#201;cumant dans un premier temps les march&#233;s. Puis participant au lancement des premi&#232;res Amap locales. Entre n&#233;cessit&#233; de gagner sa vie et envie d'exp&#233;rimenter, rencontre avec un paysan pas fatigu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emprise administrative et industrielle : Face aux normes, &#171; reconstruire une culture de lutte commune &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans combattant la mise au pas administrative et industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justice et v&#233;rit&#233; pour J&#233;r&#244;me Laronze : Un paysan est mort &gt;&lt;/strong&gt; En mai 2017, J&#233;r&#244;me Laronze, &#233;leveur en Sa&#244;ne-et-Loire, &#233;tait assassin&#233; de trois balles tir&#233;es par un gendarme. Son tort ? S'&#234;tre oppos&#233; aux contr&#244;les agricoles. Bref retour sur ce drame en milieu paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robots agricoles : Comme un champ de bataille &gt;&lt;/strong&gt; Comment faire rimer gains de productivit&#233; agricole et environnement ? En mettant des robots dans les champs, pardi ! Telle est la nouvelle pilule que tentent de faire gober les agro-industriels. Au d&#233;triment des paysans, &#231;a va de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graines de r&#233;sistance : Gare aux semences g&#233;n&#233;tiquement bricol&#233;es &gt;&lt;/strong&gt; O&#249; en est la lutte contre les OGM ? On se rappelle de la moustache de Jos&#233; Bov&#233; et d'images d'arrestations dans les champs de dizaines de faucheurs volontaires. Mais depuis, l'agro-industrie a d&#233;gain&#233; d'autres plantes g&#233;n&#233;tiquement bricol&#233;es, aussi v&#233;n&#233;neuses pour l'environnement qu'insidieuses pour les paysans&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;nomm&#233; en Angleterre &#171; mouvement des enclosures &#187;, ce vaste ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement du foncier est consid&#233;r&#233; comme l'une des &#233;tapes fondatrices du capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude de la MSA, relay&#233;e dans plusieurs articles du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; en octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'usage de pesticides a augment&#233; de 25 % entre 2009 et 2014 ! La France en est la plus grosse consommatrice en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un</guid>
		<dc:date>2015-08-25T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>terres agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
		<dc:subject>Sud</dc:subject>
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		<dc:subject>l'accaparement</dc:subject>
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		<dc:subject>gouvernements</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud" rel="tag"&gt;Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-arables" rel="tag"&gt;terres arables&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-accaparement" rel="tag"&gt;l'accaparement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/alimentaire" rel="tag"&gt;alimentaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernements" rel="tag"&gt;gouvernements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, &lt;i&gt;Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme&lt;/i&gt;, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue de l'&#201;chiquier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/troubandeau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH179/troubandeau-80595.jpg?1782791790' width='500' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; &#233;crire un livre sur l'acquisition des terres arables dans les pays du Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stefano Liberti :&lt;/strong&gt; Lors de la crise alimentaire de 2008, j'ai &#233;t&#233; envoy&#233; aux &#201;tats-Unis et au Br&#233;sil par la t&#233;l&#233; italienne pour r&#233;aliser un documentaire sur la flamb&#233;e des prix des produits alimentaires de base (soja, bl&#233;, sucre...). &#192; la Bourse de Chicago, o&#249; l'on fixe leurs valeurs financi&#232;res, des &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; m'ont confi&#233; que le futur des placements boursiers &#233;tait dans l'achat de terres agricoles et, &#224; terme, le contr&#244;le total de la cha&#238;ne de production alimentaire. Entre 2008 et 2009, les transactions fonci&#232;res avaient d&#233;j&#224; tripl&#233; et, trois ans plus tard, plus de 200 millions d'hectares &#233;taient accapar&#233;s dans le monde (quatre fois la surface de la France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut ensuite l'affaire Daewoo en 2009 : l'entreprise priv&#233;e cor&#233;enne avait alors obtenu un bail pour l'exploitation de plus d'un million d'hectares de surfaces agricoles &#224; Madagascar, soit la moiti&#233; des terres arables du pays. Face &#224; ce scandale qui a donn&#233; le premier coup de projecteur sur ce ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement, le gouvernement malgache a recul&#233;. Entre-temps, ma maison d'&#233;dition m'a pouss&#233; &#224; mener une enqu&#234;te de terrain sur l'accaparement des terres &#224; travers quatre continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les principaux acteurs de cet accaparement g&#233;n&#233;ralis&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux types d'acteurs dans ce processus. Premi&#232;rement, les &#201;tats, notamment ceux du Golfe persique (Arabie Saoudite, Qatar, Duba&#239;...), qui s'accaparent des terres, directement ou via des entrepreneurs locaux dans des pays africains proches, tels l'&#201;thiopie ou le Soudan du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays poss&#233;dant peu de terres arables, leur strat&#233;gie est de contr&#244;ler directement des terres &#233;trang&#232;res pour assurer leur propre s&#233;curit&#233; alimentaire : les productions cultiv&#233;es en Afrique sont ainsi ensuite import&#233;es directement au pays accapareur. Mais c'est une strat&#233;gie qui a montr&#233; ses limites, car fluctuante selon le bon gr&#233; des gouvernements africains en place. Elle fait aussi face &#224; des r&#233;sistances au sein m&#234;me des pays du Golfe persique o&#249; de nombreux acteurs &#233;conomiques jugent qu'il s'agit l&#224; de mauvais investissements &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les fonds d'investissement (fonds de pension, &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;) sont pr&#233;pond&#233;rants dans l'accaparement des terres. Apr&#232;s la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, ces fonds sp&#233;culatifs ont transf&#233;r&#233; leurs placements de l'immobilier vers les terres agricoles, jug&#233;es plus rentables, et o&#249; l'on esp&#232;re jusqu'&#224; 25% de retour sur investissement. Ce sont autant des fonds d'investissements europ&#233;ens qui font produire des agrocarburants au S&#233;n&#233;gal que des entreprises br&#233;siliennes qui cultivent du soja sur des centaines de milliers d'hectares au Mozambique, pour l'exporter sur les march&#233;s asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ainsi se mettre en place toute une financiarisation de la cha&#238;ne de production alimentaire &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ces fonds &#233;laborent des contrats de fermage pour 25 &#224; 100 ans, mais n'exploitent la terre que 5 ans durant : c'est une strat&#233;gie &#224; tr&#232;s court terme, avec pour objectif de tirer le plus de b&#233;n&#233;fices possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les cons&#233;quences locales de cette confiscation des terres ? Les pays du Sud ne sont-ils pas d'une certaine mani&#232;re complices ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des pays du Sud qui louent ces terres consid&#232;rent qu'ils ont besoin d'investissements &#233;trangers pour d&#233;velopper leur agriculture et mettre en &#339;uvre une r&#233;volution agricole dans leur pays. Au Liberia par exemple, un tiers du territoire national a fait l'objet de transactions fonci&#232;res en moins de cinq ans. Or les retomb&#233;es des flux financiers sont nulles, voire catastrophiques pour la population ; d'abord en raison de la corruption inh&#233;rente &#224; ce type de transactions, mais aussi &#224; cause de la nature des contrats de bail. Certains gouvernements sont revenus sur les contrats &#233;tablis entre 2008 et 2010, car ils louaient la terre pour une bouch&#233;e de pain (un dollar par hectare et par an), et ce, sans aucune contre-partie. L'accaparement a surtout lieu en Afrique, plus particuli&#232;rement en &#201;thiopie, au Soudan du Sud, en Tanzanie ou au Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que la question du droit de propri&#233;t&#233; de la terre agricole n'est pas encore r&#233;solu sur le continent. La terre est consid&#233;r&#233;e comme appartenant &#224; l'&#201;tat qui y laisse appliquer le droit coutumier local, mais qui peut intervenir &#224; tout moment pour expulser les paysans afin d'y laisser s'installer les tenanciers de l'agro-business. C'est un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s violent, puisque les paysans, alors chass&#233;s de leurs terres, sont ensuite souvent employ&#233;s comme ouvriers agricoles au sein de l'entreprise qui poss&#232;de leurs anciennes terres. Ils se font ainsi spolier leurs propres moyens de subsistance, amenant certains &#224; fuir leur r&#233;gion pour venir trouver du travail dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l'&#233;volution de l'accaparement des terres ? Quelles sont les r&#233;sistances mises en place ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la tendance &#224; l'accaparement des terres continue&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet qui cartographie les transactions financi&#232;res mondiales li&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, mais il se fait plus discret, avec des cas moins spectaculaires, moins violents. Il existe aussi certains pays, telle la Chine, qui se refusent &#224; avoir une strat&#233;gie d'accaparement des terres en Afrique : elle estime que c'est un secteur trop sensible, qui lui donnerait une image n&#233;ocoloniale. Mais il y a une autre raison : le continent africain est trop loin de l'Asie pour importer avantageusement les productions agricoles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, &#224; force de travail d'information, notamment via certaines ONG internationales, les gouvernements et les paysans sont plus attentifs &#224; cette probl&#233;matique. Des mouvements paysans li&#233;s &#224; la Via Campesina&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement international qui rassemble paysan-nes, travailleur-ses agricoles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ou encore le Roppa, le r&#233;seau des organisations paysannes et des producteurs de l'Afrique de l'Ouest, ont r&#233;ussi &#224; d&#233;passer les revendications et les luttes uniquement centr&#233;es sur la d&#233;fense des droits des populations rurales. Certaines de ces organisations appellent &#224; r&#233;occuper collectivement les terres accapar&#233;es, et elles tiennent un discours plus large sur la souverainet&#233; alimentaire, l'exode rural, affirmant d&#233;sormais que l'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme. Mais cette lutte reste difficile pour certains pays o&#249; il n'existe quasiment aucune soci&#233;t&#233; civile : en &#201;thiopie, l'accaparement des terres reste un sujet tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est ici dans un conflit mondial entre deux mod&#232;les de production, deux cultures diff&#233;rentes. Encourag&#233;s par les recommandations de la Banque mondiale et de la FAO, les gouvernements pensent que seul le mod&#232;le agro-industriel fonctionne ; ils promeuvent donc la monoculture intensive et la course au productivisme &#8211; au lieu de soutenir l'agriculture paysanne et le d&#233;veloppement rural local. &#192; l'heure actuelle, ces deux mod&#232;les sont en confrontation, une bataille qui, dans les vingt ann&#233;es &#224; venir, va totalement reconfigurer les &#233;quilibres agricoles de la plan&#232;te...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;France : Le sel de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/France-Le-sel-de-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terre accapar&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Projet qui &lt;a href=&#034;http://www.landmatrix.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cartographie&lt;/a&gt; les transactions financi&#232;res mondiales li&#233;es &#224; l'accaparement des terres agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://viacampesina.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvement international&lt;/a&gt; qui rassemble paysan-nes, travailleur-ses agricoles, indig&#232;nes et migrant-es pour d&#233;fendre l'agriculture paysanne face &#224; l'agro-industrie et la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du 133</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin. Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. Et aussi sur Canal Sud ! En Une : &#034;Lib&#233;rons les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton1577-ef3c7.jpg?1783079204' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?Un-vent-de-contestation-souffle-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Lib&#233;rons les terres&#034; par &lt;a href=&#034;http://benoitguillaume.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier : Lib&#233;rons les terres !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure m&#234;me o&#249; ce clinquant num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sort des presses, les sinistres actionnaires du groupe Bollor&#233; sortent de leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle et des milliers de paysans sortent d'une s&#233;rie d'occupations de plantations en Afrique de l'Ouest. C'est que le fleuron entrepreneurial fran&#231;ais poss&#232;de plus de 100 000 hectares de plantations industrielles sur le continent. Rien qu'au Cameroun, 6 000 paysans ont vu 40 000 hectares de leurs terres accapar&#233;es par les app&#233;tits fonciers de Bollor&#233;. R&#233;voltes villageoises, blocages des plantations, et aujourd'hui occupations, jalonnent depuis deux ans un rude combat men&#233; par ces paysans expropri&#233;s. Mais cette lutte n'est que la face &#233;merg&#233;e d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008 : l'accaparement des terres agricoles des pays du Sud par des groupes financiers et certains pays (Qatar, &#201;mirats arabes) &#224; des fins sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus discret et plus complexe, en France, l'accaparement des terres se manifeste sous de multiples visages. En 30 ans, les surfaces urbaines ont augment&#233; de plus de 40 %, avalant des kilom&#232;tres de terres agricoles pour toujours plus de zones pavillonnaires sordides et autres &#171; zones d'activit&#233;s &#187;. Cette b&#233;tonisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e est partie pour s'amplifier dans les ann&#233;es &#224; venir. Dans leur projet de r&#233;forme territoriale, les socialistes ont vot&#233; l'an dernier la &#171; loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des m&#233;tropoles &#187;, dite loi Mapam. Il s'agit entre autres de cr&#233;er par d&#233;cret des m&#233;tropoles de plus de 400 000 habitants, futurs porte-avions de la croissance. Nos campagnes ne seront plus &#224; terme que des espaces r&#233;cr&#233;atifs pour urbains en mal de nature ou des zones de production industrielle au service de villes-monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, &lt;i&gt;Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme&lt;/i&gt;, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue de l'&#201;chiquier. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre le marteau de la m&#233;tropole et l'enclume de l'agro-industrie : Politiques de terres vol&#233;es &gt;&lt;/strong&gt; Depuis quelques ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a pris de l'ampleur, et avec lui ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment sur le continent africain et en Europe de l'Est. En France, on ne conna&#238;t pas pour l'instant d'investissements massifs visant les terres de la part des grandes entreprises multinationales. Pour autant, on peut bien parler de confiscation du foncier agricole, qui se d&#233;veloppe de diff&#233;rentes mani&#232;res, plus ou moins insidieuses. Petite typologie non exhaustive de ce qui prive les paysans et paysannes de leur outil de production. Analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;forme agraire contre la concentration des terres ? : Le nerf de l'agraire &gt; &lt;/strong&gt; Reprendre la terre aux grands propri&#233;taires pour la redistribuer aux sans-terre. Si l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;forme agraire est peu pr&#233;sente au sein du mouvement paysan, le collectif breton &#171; &#201;cole Paysanne 35 &#187; tente de remettre la collectivisation des terres agricoles au centre des d&#233;bats. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ZAP pour zapper la sp&#233;culation &gt; &lt;/strong&gt; En France, des propri&#233;taires terriens laissent en friche leurs parcelles &#224; des fins sp&#233;culatives &#8211; alors que les terres agricoles se rar&#233;fient. Michel Apostolo, responsable de la commission fonci&#232;re &#224; la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, a particip&#233; &#224; une action de remise en culture de terres dans le Vaucluse. Rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Renouer avec un imaginaire d'autonomie &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Clin d'&#339;il &#224; Reclaim the streets, mouvement anglais des ann&#233;es 1990, Reclaim the fields a men&#233; des actions d'occupations face &#224; divers projets d'am&#233;nagement. Retour avec une &#233;toile de cette &#171; constellation &#187; sur cinq ans de luttes et de rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/cq-bb5e9.jpg?1782655509' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le social : La chasse aux fraudeurs est ouverte &gt;&lt;/strong&gt; V&#233;ritable gimmick du quinquennat sarkozyste, la lutte contre la fraude sociale trouve un nouveau souffle sous le gouvernement hollandais. Avec pour objectif affich&#233; de sauver les derniers vestiges de l'&#201;tat social, elle reste l'un des nombreux avatars de la guerre aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mexique : Une guerre ? &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Que faut-il faire pour que vous parliez de nous ? Casser des vitrines ?&lt;/i&gt; &#187; Ainsi nous houspillait Omar Garc&#237;a lors d'une conf&#233;rence de presse tenue &#224; Marseille au d&#233;but du mois dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Social : Nouveaux th&#233;s chez les ex-Fralib &gt;&lt;/strong&gt; Le th&#233; et les infusions des ex-Fralib &#171; &lt;i&gt;&#233;veillent les consciences et r&#233;veillent les papilles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Royaume-Uni : Working class zero &gt;&lt;/strong&gt; Le must de l'&#233;conomie d&#233;r&#233;gul&#233;e ? Le &#171; &lt;i&gt;zero hour contract&lt;/i&gt; &#187; (contrat &#171; z&#233;ro heure &#187;) britannique, qui prive 700 000 salari&#233;s britanniques de la garantie d'une dur&#233;e minimale de travail. Le mythe de la flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi par les &#233;lites politiques, entretient une r&#233;gression sociale que le nouveau gouvernement Cameron soutient avec une poigne de fer. Z&#233;ro&#8230; point&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias libres : L'ordre r&#232;gne dans la ville rose ! &gt;&lt;/strong&gt; Le site &#171; Information anti autoritaire Toulouse et alentours &#187; (Iaata) est dans le viseur des autorit&#233;s depuis le d&#233;but du mois de mai. Surprise ! c'est par la presse que l'&#233;quipe apprend que la plateforme d'infos qu'elle anime est poursuivie en justice et que son pr&#233;tendu administrateur a &#233;t&#233; plac&#233; en garde &#224; vue&#8230; Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Litt&#233;rature : Twain, le Yankee et Camelot &gt;&lt;/strong&gt; Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Rentabiliser la mis&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Durant l'&#233;t&#233; 2014, le Samu social de Marseille a tent&#233; de mettre en place une carte de secours individuelle destin&#233;e aux sans-abri. Une carte pourvue d'un triangle jaune sur fond bleu d'un c&#244;t&#233; et d'informations relatives &#224; la vie priv&#233;e des personnes de l'autre. Cette nouvelle tentative de fichage des pauvres a &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233;, fin 2014, en partie gr&#226;ce &#224; la mobilisation des travailleurs sociaux. Pour combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230; Maud Fontenoy ? &gt;&lt;/strong&gt; &#192; deux jours du bouclage, l'&#233;ternel stagiaire de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; va encore ramer&#8230; &#171; &lt;i&gt;H&#233; ! Coco ! Fais-nous donc un papier bien senti sur la voileuse Maud Fontenoy, tout le monde en parle. Trouve un angle original et ponds-nous un article mordant. Hop, t'as deux heures.&lt;/i&gt; &#187; Merci bien les gars ! Sortez les avirons et souquez ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine : Pot de d&#233;part &gt;&lt;/strong&gt; St&#233;phane avait demand&#233;, la semaine pr&#233;c&#233;dente, s'il serait possible d'organiser son pot de d&#233;part dans les locaux du syndicat. C'est une demande rare, surtout de la part d'un non-militant, mais pourquoi pas ? Il est donc arriv&#233; le jour dit, avec ses bouteilles de whisky, pastis et champagne ainsi qu'avec force biscuits et autres cochonneries qu'on s'empiffre &#224; l'ap&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culture : R&#233;&#233;dition : Emmett Grogan : What a (mytho) man ! &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; Emmett Grogan n'existe pas, c'est un canular, terme g&#233;n&#233;rique d&#233;signant un h&#233;ros existentiel de notre temps&lt;/i&gt; &#187;, s'exclament les Diggers, cette bande d'activistes d&#233;termin&#233;s &#224; transformer&#8200;le th&#233;&#226;tre en art insurrectionnel dans le San&#8200;Francisco&#8200;de&#8200;1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : Nous voulons faire zig zig &gt;&lt;/strong&gt; M&#234;me s'il a &#233;t&#233; nomm&#233; ubuesquement chevalier de l'Ordre national du m&#233;rite, j'ai envie de faire des risettes &#224; Marcel Nuss, l'auteur de &lt;i&gt;En d&#233;pit du bon sens - Autobiographie d'un t&#234;tard &#224; tuba&lt;/i&gt; (&#201;ditions de L'&#201;veil), qui, atteint d'une amyotrophie spinale carabin&#233;e n&#233;cessitant une assistance non-stop, exige pour lui et ses pareils le droit &#224; l'utopie sexuelle imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : C'est une Maison Verte&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance &#224; Marseille depuis 29&#8200;ans, une Maison Verte est menac&#233;e de fermeture par le Centre communal d'action sociale (CCAS), de plus en plus avide question &#171; phynance &#187;. Petite visite de ce lieu &#8211;&#8200;dans l'espoir qu'il perdure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du 117</title>
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		<dc:date>2013-12-14T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<dc:subject>You 're</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD n&#176;117, en kiosque &#224; partir du 14 d&#233;cembre 2013. Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... En Une : Plonk et Replonk Les dossiers Dette immonde : You're not a loan ! Racheter des cr&#233;ances au rabais pour les annuler, quelle dr&#244;le d'id&#233;e ! &#201;manation du mouvement Occupy Wall Street, les activistes du projet Strike Debt veulent lib&#233;rer des milliers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L117xH150/arton1119-3dff5.jpg?1783027131' class='spip_logo spip_logo_right' width='117' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;117, en kiosque &#224; partir du 14 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013'&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &lt;a href=&#034;http://www.plonkreplonk.ch/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/titre-c_a-va-pe_ter.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH100/titre-c_a-va-pe_ter-37d71.jpg?1783027131' width='500' height='100' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_850 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH377/une-plonk-manif-cqfd-117-dae12.jpg?1783027131' width='500' height='377' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dossiers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dette immonde : &lt;i&gt;You're not a loan !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Racheter des cr&#233;ances au rabais pour les annuler, quelle dr&#244;le d'id&#233;e ! &#201;manation du mouvement Occupy Wall Street, les activistes du projet Strike Debt veulent lib&#233;rer des milliers d'Am&#233;ricain-e-s du boulet de leurs cr&#233;ances et ont d&#233;j&#224; fait dispara&#238;tre l'&#233;quivalent de 14,7 millions de dettes presque comme par enchantement. Explication d'un proc&#233;d&#233; g&#233;n&#233;reux qui r&#233;v&#232;le l'absurdit&#233; du syst&#232;me de l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref aper&#231;u des activit&#233;s agricoles sur la ZAD : Cultiver pour r&#233;sister&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'au-del&#224; de la lutte contre un a&#233;roport, c'est toute la vision productiviste de l'agriculture qui est remise en cause &#224; Notre-Dame-des-Landes, il nous a sembl&#233; important de donner un aper&#231;u, m&#234;me partiel, des r&#233;alisations agricoles sur la ZAD et des conceptions de ceux qui les animent. Sur place, un constat s'est impos&#233; &#224; nous : m&#234;me si elles sont loin de repr&#233;senter tout ce qui est accompli et d&#233;battu sur la ZAD, les diff&#233;rentes pratiques agricoles y constituent le ferment de la r&#233;sistance &#224; Vinci et &#224; l'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;nalisation : Cachez ces putes que je ne saurais voir&lt;/strong&gt; &gt; Adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale le 4 d&#233;cembre, la proposition de loi visant &#224; p&#233;naliser les clients des prostitu&#233;es ach&#232;ve un processus revigor&#233; sous l'&#232;re sarkozyste. D&#233;cryptage d'un dispositif p&#233;nal et de ses quelques mesurettes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;ducation :Les dames en rose voient rouge&lt;/strong&gt; &gt; Tout de rose v&#234;tues, les &#171; Tatas &#187; des &#233;coles maternelles marseillaises s'occupent des minots et du m&#233;nage. Mais, au grand dam de toute la communaut&#233; scolaire, c'est dans une logique de tambouille locale forte de client&#233;lisme que la mairie de Jean-Claude Gaudin g&#232;re le maintien de leurs sous-effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Histoire atlantique : &#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons la prison comme le navire n&#233;grier moderne&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt; &gt; Selon Marcus Rediker, &#171; &lt;i&gt;l'histoire, pour &#234;tre int&#233;ressante, doit &#234;tre une histoire d'en bas&lt;/i&gt; &#187;. Sp&#233;cialiste de la piraterie, du prol&#233;tariat maritime et de la traite n&#233;gri&#232;re, l'historien am&#233;ricain avait jet&#233; l'ancre &#224; Paris pour une escale automnale. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; l'a rencontr&#233; le 21 octobre, dans l'ambiance chaleureuse du Lieu-dit, &#224; M&#233;nilmontant, &#224; l'occasion de la sortie de son dernier livre &lt;i&gt;&#192; bord du n&#233;grier &#8211; Une histoire atlantique de la traite&lt;/i&gt; (Le Seuil, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souvenirs : D'une r&#233;volution l'autre&lt;/strong&gt; &gt; Qu'y a-t-il de commun entre les souvenirs du communard Gustave Lefran&#231;ais et ceux du conseilliste Paul Mattick ? La conviction qu'il ne faut pas d&#233;l&#233;guer sa part de souverainet&#233;, que le chemin vers l'&#233;mancipation est sem&#233; d'emb&#251;ches et qu'il ne faut y renoncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma : L'image manquante&lt;/strong&gt; &gt; Presque tous les exploitants et autres professionnels de la profession le disent : le cin&#233;ma fran&#231;ais, dans sa diversit&#233; comme dans sa cr&#233;ativit&#233;, est en bonne sant&#233; et la France &#233;claire le monde gr&#226;ce &#224; son exception culturelle. Si l'affiche est tape-&#224;-l'&#339;il, qu'en est-il du film ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille 2013 n'a pas eu lieu : Un non-&#233;v&#233;nement pour une ville sans nom&lt;/strong&gt; &gt; D&#233;but d&#233;cembre, Marseille-Provence 2013, capitale europ&#233;enne de la culture, semble accord&#233;e &#224; la m&#233;t&#233;o ambiante : ciel bleu pour les promoteurs de l'op&#233;ration mais grand froid pour la ville et ses habitants noy&#233;s dans une soupe culturelle snob et globalisante. Bilan en deux rounds du glacis en carton-p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Media : La guerre de l'emploi : demandez le guide !&lt;/strong&gt; &gt; Chercher un boulot, c'est comme monter au champ de bataille. Un site de mise en lien de CV et d'annonces d'emploi publie tous les ans un guide du parfait petit soldat, pardon, ch&#244;meur. En rang tout seul, et en avant&#8230; marche ! Ou cr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saute Fronti&#232;re : Le proc&#232;s du feu&lt;/strong&gt; &gt; Mardi 26 novembre, au tribunal de grande instance de Marseille, se tenait le proc&#232;s de Mohamed Hamza et Djamel Benamar, deux sans-papiers tunisiens accus&#233;s d'avoir, le 9 mars 2011, tent&#233; d'incendier le Centre de r&#233;tention administrative (CRA) du Canet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Made In Bengladesh&lt;/strong&gt; par Olivier Cyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/strong&gt; Serge Tisseron ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique judiciaire&lt;/strong&gt; &gt; Jeu de massacre au TGI de Lyon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/strong&gt; &gt; Unite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Queen Kong&lt;/strong&gt; &gt; Honni soit qui m&#226;le y jouit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Viva la muerte !&lt;/strong&gt; &gt; Crozemarie, Jacques (1925-2006)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie&lt;/strong&gt; &gt; Pour faire rimer r&#233;volution avec les plus tartes r&#233;veillons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Semer et s'enraciner</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Semer-et-s-enraciner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Semer-et-s-enraciner</guid>
		<dc:date>2013-06-19T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Val K</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>ferme</dc:subject>
		<dc:subject>projets</dc:subject>
		<dc:subject>Zad</dc:subject>
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		<dc:subject>projets agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>Rapporte</dc:subject>
		<dc:subject>grand projet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 13 avril dernier, &#224; Notre-Dame-des-Landes, l'op&#233;ration &#171; S&#232;me ta ZAD &#187; inaugurait le printemps sous le signe de la mobilisation paysanne pour, dixit, &#171; rendre fertile ce qu'ils veulent rendre st&#233;rile &#187;. Travaux des champs, assembl&#233;es bucoliques et bal heavy metal &#233;taient au menu. &#171; Rapporte tes bottes ! &#187;, avaient pr&#233;venu les organisateurs. C'est sous une pluie battante et outils de jardinage en main que, ce matin du 13 avril, deux cort&#232;ges de plus de mille personnes zigzaguent au gr&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricoles" rel="tag"&gt;agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferme" rel="tag"&gt;ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projets-1562" rel="tag"&gt;projets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zad" rel="tag"&gt;Zad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bellevue" rel="tag"&gt;Bellevue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projets-agricoles" rel="tag"&gt;projets agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rapporte" rel="tag"&gt;Rapporte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-projet" rel="tag"&gt;grand projet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 13 avril dernier, &#224; Notre-Dame-des-Landes, l'op&#233;ration &#171; S&#232;me ta ZAD &#187; inaugurait le printemps sous le signe de la mobilisation paysanne pour, dixit, &#171; &lt;i&gt; rendre fertile ce qu'ils veulent rendre st&#233;rile&lt;/i&gt; &#187;. Travaux des champs, assembl&#233;es bucoliques et bal heavy metal &#233;taient au menu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Rapporte tes bottes !&lt;/i&gt; &#187;, avaient pr&#233;venu les organisateurs. C'est sous une pluie battante et outils de jardinage en main que, ce matin du 13 avril, deux cort&#232;ges de plus de mille personnes zigzaguent au gr&#233; des barricades et des chicanes install&#233;es le long des routes de la ZAD. Quelques jours auparavant, les trois commissions cr&#233;&#233;es le 30 novembre dernier&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une commission de dialogue &#171; destin&#233;e &#224; apaiser le climat &#187; mais d&#233;sert&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont remis leurs rapports au gouvernement. Des tracteurs aux bennes pleines de fumier d&#233;passent des voitures de journalistes t&#233;l&#233; aux pneus crev&#233;s, des familles du coin c&#244;toient des vieux paysans, une chorale aux poings lev&#233;s s'accommode de la sono d&#233;glingu&#233;e : l'ambiance est plut&#244;t bon enfant. Au programme de la journ&#233;e, chantiers de drainage, atelier ruche, plantation de pommes de terre, montage de serre ou encore atelier pain s'organisent en des lieux diss&#233;min&#233;s sur la zone, les pieds dans la boue. &#171; &#8220;S&#232;me ta ZAD&#8221;, &lt;i&gt;c'est une mani&#232;re de voir loin, d'imaginer ce que sera la zone apr&#232;s l'abandon d&#233;finitif de leur grand projet inutile et impos&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, entend-t-on lors d'une prise de parole &#224; la fin des cort&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p05-photo_zad.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p05-photo_zad-1fa77.png?1783486393' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Val K/Bon Pied Bon Oeil
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, des assembl&#233;es r&#233;unissent occupants, paysans en devenir et agriculteurs en activit&#233; avec la volont&#233; de remettre en culture plus de 250 hectares de terres expropri&#233;es. Une vingtaine de collectifs a ainsi mis en &#339;uvre des petits projets agricoles : mara&#238;chage, &#233;levage de poules pondeuses, verger, c&#233;r&#233;ales&#8230; Tous soutenus par cette assembl&#233;e paysanne qui s'est accord&#233;e sur &#171; l&lt;i&gt;a d&#233;nonciation des grandes concentrations agricoles, &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper et d&#233;multiplier des projets d'agriculture vivri&#232;re locale pour promouvoir l'autonomie alimentaire contre l'agro-industrie et contre l'artificialisation des terres,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ou la capacit&#233; de relier la question agricole &#224; des formes de vie, d'habitat et &#224; des luttes sociales&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prise de parole S&#232;me ta ZAD.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si seuls quelques paysans de la ZAD &#233;taient impliqu&#233;s,&lt;/i&gt; raconte un agriculteur de l'Association de d&#233;fense des exploitants concern&#233;s par l'a&#233;roport (Adeca), &lt;i&gt;aujourd'hui, sur tout le Grand Ouest, il y a une vraie mobilisation paysanne, notamment avec les collectifs des organisations professionnelles agricoles indign&#233;es par le projet d'a&#233;roport (Copain).&lt;/i&gt; &#187; Le r&#233;seau Copain&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Copain rassemble la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, le CIVAM, le Groupement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; occupe depuis d&#233;but f&#233;vrier la ferme de Bellevue, sur la ZAD, avec vaches, moutons, poules et cochon. Des &#171; tracteurs vigilants &#187; sont pr&#234;ts &#224; &#234;tre mobilis&#233;s si la ferme vient &#224; &#234;tre d&#233;truite. L'objectif pour le Copain n'est rien de moins que d'&#171; &lt;i&gt;exprimer&lt;/i&gt; [sa] &lt;i&gt;solidarit&#233; et&lt;/i&gt; [son] &lt;i&gt;soutien aux paysans en place sur la ZAD, aujourd'hui expropri&#233;s et potentiellement expulsables.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Faire vivre la ferme de Bellevue, c'est aussi en faire un p&#244;le de comp&#233;tences pour accompagner au mieux les projets agricoles ou vivriers qui sont initi&#233;s par des habitants de la ZAD&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; du 14 f&#233;vrier du Copain 44.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des zadistes cultivent main dans la main leurs parcelles, comme t&#233;moigne une occupante : &#171; &lt;i&gt;Les Civam&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupements d'agriculteurs bio.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt;bossent sur Afterres 2050, une projection sur l'agriculture d'ici 2050 qui prend en compte la lutte contre le r&#233;chauffement climatique. &#192; partir d'une r&#233;flexion sur les prot&#233;ines v&#233;g&#233;tales, on est venus &#224; une de leurs r&#233;unions pour cuisiner des repas &#224; base de l&#233;gumineuses. On a parl&#233; d'&#233;levage, de v&#233;g&#233;tarisme, d'agriculture. Depuis, avec un paysan du Civam, on a mis en culture une parcelle de la ZAD avec un m&#233;lange c&#233;r&#233;ales-l&#233;gumineuses, pr&#232;s de la ferme de Bellevue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain apr&#232;s-midi, le soleil inonde le bocage et un pique-nique est improvis&#233; sur le carrefour de la Saulce. Cette intersection de route &#233;tait occup&#233;e depuis plus de cent jours par les gendarmes mobiles, qui ont pris la poudre d'escampette la veille de la manif&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lendemain, la flicaille est venue reprendre le carrefour, donnant lieu &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Une assembl&#233;e d&#233;bat de l'opportunit&#233; d'&#233;riger des chicanes, ou au contraire de reboucher les trous creus&#233;s par des occupants obs&#233;d&#233;s de la pioche afin de laisser passer le collecteur de lait des agriculteurs du coin. Dans tous les cas, il s'agit de pr&#233;parer le possible retour des pandores. Alors que l'assembl&#233;e touche &#224; sa fin, un tracteur arm&#233; d'une sono d&#233;boule plein pot et balance &lt;i&gt;Highway to hell&lt;/i&gt;, un vieux tube d'AC/DC ! Tout le monde danse pour f&#234;ter la lib&#233;ration du carrefour, puisqu'une &#171; &lt;i&gt;autoroute vers l'enfer&lt;/i&gt; &#187;, c'est tout ce qu'on souhaite &#224; Vinci et aux promoteurs de l'a&#233;roport cet apr&#232;s-midi-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une commission de dialogue &#171; &lt;i&gt;destin&#233;e &#224; apaiser le climat&lt;/i&gt; &#187; mais d&#233;sert&#233;e par les principaux opposants, une commission scientifique sur &#171; &lt;i&gt;la compensation des incidences sur les zones humides du projet d'a&#233;roport&lt;/i&gt; &#187; et une commission sur la perte en terres agricoles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Prise de parole &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org/spip.php?article1529&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#232;me ta ZAD&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Copain rassemble la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, le CIVAM, le Groupement des agriculteurs biologiques, Manger bio, Terroirs, Accueil paysan et Terre de liens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; du 14 f&#233;vrier du Copain 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regroupements d'agriculteurs bio.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le lendemain, la flicaille est venue reprendre le carrefour, donnant lieu &#224; de violentes confrontations et de nombreux bless&#233;s. Quatre jours plus tard, le pr&#233;fet ordonnait aux gendarmes mobiles de se retirer de la Saulce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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