<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=581&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/To-do-list-desarmer-le-beton</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/To-do-list-desarmer-le-beton</guid>
		<dc:date>2021-07-16T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>20100</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>Hymne officieux</dc:subject>
		<dc:subject>terres agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>Soul&#232;vements</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Colomban</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>mara&#238;chers industriels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/-20100-" rel="tag"&gt;20100&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hymne-officieux" rel="tag"&gt;Hymne officieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soulevements" rel="tag"&gt;Soul&#232;vements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saint-Colomban" rel="tag"&gt;Saint-Colomban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricoles" rel="tag"&gt;agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maraichers-industriels" rel="tag"&gt;mara&#238;chers industriels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1820.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1820-aa41f.jpg?1768700631' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Foule qui pioche et pioche qui rompt / Y a de la terre sous le b&#233;ton&lt;/i&gt; &#187; (Hymne officieux des Soul&#232;vements de la Terre)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;5 heures du mat, jet des frissons : la douzaine de tracteurs qui patientaient dans la cour d'une ferme des environs de Saint-Colomban s'&#233;lancent en cahotant. Ils forment la majeure partie de la &#171; colonne Sud &#187;, qui ne tardera pas &#224; se renforcer de quelques retardataires en cours de route et retrouvera ceux de la &#171; colonne Nord &#187; aux abords de la cible. En tout, ils sont quarante &#224; avaler en grondant le bitume et les chemins de Loire-Atlantique, certains massifs et modernes aux faux airs de dinosaures de m&#233;tal, d'autres ch&#233;tifs et d&#233;pouill&#233;s, &#224; l'ancienne. De bric et de broc, certes, mais cette arm&#233;e verte est clairement d&#233;ter'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait encore nuit et, dans l'engin qui m&#232;ne la marche de l'arm&#233;e du Sud, garni de trois escogriffes r&#234;vant de caf&#233;s et viennoiseries, on scrute l'obscurit&#233; trou&#233;e par les phares avec une l&#233;g&#232;re angoisse : les pandores sont-ils au courant pour l'action ? Apr&#232;s quelques minutes, &lt;i&gt;bim&lt;/i&gt;, on pile : des gendarmes nous font face. La consigne tourne vite : &#171; &lt;i&gt;Y a les flics, plan B&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ballet des gros engins qui font demi-tour puis s'esquivent &#224; l'anglaise vers un petit chemin de traverse serpentant dans le bocage. &#171; &lt;i&gt;Tu penses, depuis Notre-Dame-des-Landes on conna&#238;t tous les d&#233;tours pour les leurrer&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard en se marrant Beno&#238;t *, historique des luttes du coin et ma&#238;tre-strat&#232;ge en mati&#232;re de convois agricoles &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al, c'est de rouler &#224; 16 ou 17 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;km/h, comme &#231;a tu ne perds pas ceux qui plafonnent &#224; 20 et n'ont aucune reprise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite heure de route, des reins en miettes, et voil&#224; le b&#226;timent cibl&#233; par les boutefeux des Soul&#232;vements de la Terre, en banlieue nantaise : la coop&#233;rative Oc&#233;ane, plateforme de fruits &amp; l&#233;gumes produits par des mara&#238;chers industriels et desservant notamment les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion. Quelques bottes de paille d&#233;pos&#233;es, une banderole dress&#233;e &#8211; &#187; Stop &#224; l'extension de l'industrie mara&#238;ch&#232;re &#187; &#8211; et le si&#232;ge peut commencer, avec, au menu, brioche offerte par un camarade boulanger, jus de pomme bio et accord&#233;on. Sont pr&#233;sents une centaine de motiv&#233;s &#8211; des paysans, des militants sans &#233;tiquettes, mais aussi des syndicalistes de la CGT et de Solidaires, rameut&#233;s en minibus. L'objectif : bloquer quelques heures ce n&#339;ud commercial au service de l'agriculture dans ce qu'elle a de plus destructrice. Car les produits dispatch&#233;s ici sont pour la plupart issus d'une agriculture li&#233;e &#224; l'exploitation de tr&#232;s polluantes carri&#232;res g&#233;antes de sable &#8211; mati&#232;re dont les mara&#238;chers font massivement usage pour optimiser leurs r&#233;coltes. Deux d'entre elles sont d'ailleurs situ&#233;es &#224; Saint-Colomban, lieu de d&#233;part de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magie d'une organisation aff&#251;t&#233;e : l&#224;-bas aussi, &#231;a cr&#233;pite. &#192; l'heure o&#249; les tracteurs et la centaine de personnes qui les accompagnent commencent &#224; bloquer la coop&#233;rative Oc&#233;ane, un groupe d'environ 150 manifestants s'approche des grilles de ces carri&#232;res, exploit&#233;es par les monstres GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Certains portent des chambres &#224; air de tracteur, d'autres des crocodiles et cygnes gonflables, qu'ils comptent utiliser pour barboter dans les plans d'eau n&#233;cessaires &#224; cette industrie particuli&#232;re et ainsi bloquer les lieux. Ils n'y parviendront pas, faute de pouvoir blouser les flics rappliqu&#233;s en nombre avec l'appui d'un h&#233;licopt&#232;re, mais l'ensemble du site sera bien ferm&#233; tout ce lundi, victoire notable. Les messages sur les banderoles font r&#233;f&#233;rence au projet d'extension des carri&#232;res au profit de ces deux groupes qui ont fini d'essorer &#224; sec les 115 hectares qu'ils se partageaient et visent &#224; satisfaire leur morbide fringale, &#224; rebours des recommandations environnementales&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. On peut notamment lire : &#171; Les carri&#232;res touchent le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux actions rondement men&#233;es, donc, dans l'enthousiasme et la d&#233;termination. Et qui, malgr&#233; des cibles diff&#233;rentes, d&#233;noncent une m&#234;me fuite en avant, balafrant aussi bien les terres agricoles que les humains vivant dans leurs environs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haut foutage de gueule environnemental&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille de ces deux actions, je me balade en Logan moribonde sur la D 178, le long des champs de m&#226;che et de radis cultiv&#233;s par les mara&#238;chers industriels, pour constater l'&#233;tendue du d&#233;sastre. Un d&#233;tail attire mon attention, &#224; la fois d&#233;risoire et tellement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un petit panneau sans pr&#233;tention, dress&#233; en bordure d'un immense champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait un proc&#232;s des massacreurs de la nature, nul doute que son cynique message pourrait &#234;tre convoqu&#233; comme pi&#232;ce &#224; conviction, le procureur Triton haussant la voix : &#171; &lt;i&gt;Pollueurs de la terre, qu'avez-vous &#224; dire pour votre d&#233;fense&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#201;tait-ce une blague ou bien le comble du cynisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las : on n'en est pas encore l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il est pos&#233; au-dessus de deux autres messages, l'un grognant que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e r&#232;gne en ma&#238;tre ici, l'autre que des cam&#233;ras filment tout individu susceptible de s'aventurer par l&#224; &#8211; la bonne ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce panneau s'&#233;tale un dessin de couleur rouge, sympa, presque champ&#234;tre, repr&#233;sentant une petite ferme &#233;panouie au soleil, chouette, avec des arbres fruitiers opulents et un mignon papillon qui vol&#232;te. Et cette mention officielle, d&#233;cern&#233;e par l'Association nationale pour le d&#233;veloppement : &#171; Haute valeur environnementale &#187; (HVE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux se l&#232;vent et si le corps op&#232;re un 360 &#176; de type &lt;i&gt;tour d'horizon&lt;/i&gt;, il est facile de r&#233;sumer la gueule des environs : un grand d&#233;sert de terre ingrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu sauras quand tu seras au bon endroit : &#231;a ressemble &#224; tout sauf &#224; des champs cultiv&#233;s, plut&#244;t &#224; une autre plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, m'assurait un riverain impliqu&#233; dans l'association La T&#234;te dans le sable, Xavier*&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d&#233;sol&#233; par la progression de ce vide que d'aucuns appellent la &#171; &lt;i&gt;mer de plastique&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter qu'il y a peu se trouvait autour de l'endroit d'o&#249; j'observe l'horizon macram&#233; une ferme d'&#233;levage &#224; taille plus &lt;i&gt;humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a d&#233;vor&#233; cette ferme ? Une agro-industrie devenue folle, pratiquant un mara&#238;chage industriel pr&#233;dateur sans que les autorit&#233;s &#8211; locales ou nationales &#8211; ne s'en &#233;meuvent. Au contraire, les accapareurs destructeurs qui la g&#232;rent ont m&#234;me droit &#224; leurs m&#233;dailles, le label HVE permettant (notamment) de toucher des subventions &#233;tant tellement ais&#233; &#224; obtenir que le Mordor du &lt;i&gt;Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; le d&#233;crocherait ais&#233;ment&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les papillons, par contre, c'est mort : pas un camarade h&#233;liophile voletant &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour du &#171; temps des seigneurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des champs comme celui-ci, il y en a beaucoup dans les environs des deux voraces carri&#232;res. Logique, en un sens, puisque ceux qui les cultivent utiliseraient &#224; eux seuls 30 % du sable extrait sur place par GSM et Lafarge. &#171; &lt;i&gt;L'implantation des carri&#232;res attire les mara&#238;chers industriels : les uns s'appuient sur les autres pour d&#233;vaster les environs de concert&lt;/i&gt; &#187;, explique Basile*, l'un des initiateurs des Soul&#232;vements de la Terre. Immenses et secs, ces champs d&#233;natur&#233;s ont envahi le dit &#171; pays de Retz &#187; et sont pour certains couverts d'un hideux plastique noir. D'autres sont saupoudr&#233;s de g&#233;n&#233;reuses couches de sable&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer &#187;, explique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Cela d&#233;pend de l'&#233;poque et des cultures pratiqu&#233;es &#8211; avec une pr&#233;dominance de m&#226;che et de muguet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une constante : ces terres appartiennent &#224; des agriculteurs usant d'une forme d'accaparement rendue possible par le biais de montages soci&#233;taires alambiqu&#233;s&lt;i&gt; [voir l'encadr&#233;]&lt;/i&gt;. Disposant de moyens financiers cons&#233;quents, ils rach&#232;tent les terres &#224; des prix plus &#233;lev&#233;s que celui du march&#233;, rognant ensuite sur les salaires de leurs ouvriers, qui bossent dans des conditions infernales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand j'ai atterri dans le coin, je cherchais un travail et j'ai pris le premier qui se pr&#233;sentait&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Hugo*, longs cheveux blonds, bobine de surfeur sympa et clopiaux &#224; la cha&#238;ne. &#171; &lt;i&gt;C'est comme &#231;a que je me suis retrouv&#233; &#224; bosser sur un champ immense, au beau milieu de la mer de plastique. J'ai tenu deux jours et demi avant de me casser.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait quasiment que des ouvriers agricoles &#233;trangers, amen&#233;s sp&#233;cialement de Roumanie ou du Maroc, et ils trimaient comme des beaux diables sous les invectives de petits chefs bourr&#233;s d&#232;s midi qui leur hurlaient dessus &#224; chaque fois qu'ils ralentissaient la cadence. Et interdiction de parler aux autres employ&#233;s. Un genre d'esclavage moderne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo n'est pas le seul &#224; parler d'esclavage pour d&#233;crire ces conditions de travail, rappelant les immenses exploitations d'Andalousie, avec des ouvriers agricoles ramen&#233;s de pays pauvres, ne parlant pas fran&#231;ais et log&#233;s dans de grands b&#226;timents tristes appartenant &#224; leur employeur. &#171; &lt;i&gt;C'est un monde extr&#234;mement opaque, mais on sait que les patrons paient ces travailleurs d&#233;tach&#233;s au salaire le plus bas possible, avec retenue d'argent pour le logement et des contrats d&#233;rogatoires qui peuvent atteindre les 70 heures par semaine au moment de la r&#233;colte du muguet pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Ronan, de la CGT Sud-Loire, pr&#233;sent &#224; l'action de blocage de la plateforme Oc&#233;ane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin de ces terres toxiques, Xavier r&#233;sume la situation en convoquant le souvenir de feu son p&#232;re agriculteur : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens de ce jour o&#249; il &#233;tait proche de la fin et o&#249; il m'a dit &#8220;Tu sais, j'aurais jamais cru vivre &#231;a, mais avec ces usines &#224; m&#226;che et &#224; muguet on revient &#224; ce qui subsistait encore ici dans l'entre-deux-guerres, le temps des seigneurs et des serfs.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Un terrible constat, partag&#233; par la femme de Xavier, Caroline* : &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que tout &#231;a provoque un gaspillage &#233;norme et a un impact consid&#233;rable sur l'environnement. L'association La T&#234;te dans le sable a bien montr&#233; &#224; quel point ce type de culture est n&#233;faste pour les nappes phr&#233;atiques. On est dans une agriculture de saccage de la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau dantesque, grignotant aussi bien le bocage que les petites exploitations agricoles, c'est peu dire que les autorit&#233;s m&#233;nagent ceux qui m&#232;nent le bal agro-industriel. &#192; l'image d'un certain Jean-Fran&#231;ois Vimet, qui poss&#232;de moult soci&#233;t&#233;s et se pose en &lt;i&gt;tycoon&lt;/i&gt; du muguet, type qui selon des t&#233;moignages unanimes et remont&#233;s ne fait pas franchement figure de symbole d'une agriculture raisonnable. Et pourtant : quand le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux Petites et moyennes entreprises, Alain Griset, se d&#233;placent en avril dernier dans le coin, c'est bien &#224; l'exploitation de ce Vimet qu'ils rendent visite. &#171; &lt;i&gt;Le &#8220;savoir-faire fran&#231;ais&#8221; a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Alain Griset, qualifiant &#8220;d'impressionnante la capacit&#233; des professionnels &#224; pr&#233;parer le muguet pour le jour J&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait pour l'occasion &lt;i&gt;Le Courrier du pays de Retz&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cocorico : le &#171; savoir-faire &#187; des &lt;i&gt;seigneurs&lt;/i&gt; de la terre saccag&#233;e est ici reconnu &#224; sa juste valeur. Parfait symbole d'un microcosme local mazout&#233; par une agro-industrie aux airs de mar&#233;e noire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au carrefour des b&#233;tonneurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, Saint-Colomban ne paye pas de mine &#8211; m&#234;me pas question d&#233;bine. Une petite bourgade de Loire-Atlantique un peu moche, de type pavillonnaire-rural, ne se poussant pas du col. Trois gros milliers d'habitants, une mairie hideuse, des fa&#231;ades proprettes, l'ennui qui plane dans l'air, une vie associative municipale largement financ&#233;e par GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, voil&#224; trac&#233;e la banale esquisse, aux gros pinceaux. Rien de bien notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit pourtant y avoir quelque chose dans l'eau du robinet du coin ou dans le potentiel magouilleur des &#233;lus locaux qui attire les projets inutiles et saccageurs. Comme si les carri&#232;res de sable et l'invasion du mara&#238;chage industriel ne suffisaient pas, deux autres monstruosit&#233;s sont en effet dans les cartons. &#192; quelques kilom&#232;tres au nord-est, &#224; Montbert, c'est Amazon qui a des vues sur un gigantesque terrain. Impliqu&#233;e dans le collectif Anina (Amazon ni ici ni ailleurs), Dominique explique que l'entreprise am&#233;ricaine tentaculaire souhaite construire un espace de stockage de 185 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; et que cela impacterait fortement une r&#233;gion d&#233;j&#224; abonn&#233;e &#224; l'essor de zones d'activit&#233; aussi sordides que polluantes. Et de rappeler que &#171; &lt;i&gt;la Loire-Atlantique est une championne en mati&#232;re de projets inutiles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre candidat au podium de la d&#233;vastation vise, lui, &#224; s'implanter au sud de Saint-Colomban, &#224; Corcou&#233;-sur-Logne. Sa sp&#233;cialit&#233; : le m&#233;thane, soit l'exploitation des d&#233;jections des b&#234;tes d'&#233;levage. Le &#171; &lt;i&gt;m&#233;thaniseur XXL&lt;/i&gt; &#187; et ses trois chemin&#233;es de 50 m&#232;tres de haut, cens&#233;s &#234;tre construits par une multinationale danoise, Nature Energy, pr&#233;sentent en effet un bilan &#233;cologique projet&#233; des plus d&#233;plorables, avec, selon les opposants un risque majeur de pollution des nappes phr&#233;atiques. Il est pr&#233;vu de transformer chaque ann&#233;e 700 000 tonnes de lisier et de fumier en biogaz&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; Pol&#233;mique autour du projet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, n'en jetez plus, la coupe d&#233;gueule, tant il appara&#238;t que sont condens&#233;s dans les environs de Saint-Colomban nombre de calamit&#233;s frappant aussi bien les tenants d'une agriculture paysanne ma&#238;tris&#233;e que les pourfendeurs de la b&#233;tonisation du monde. Une exception ? Pas forc&#233;ment. Plut&#244;t : un condens&#233; de ce d&#233;sert avide que les amoureux du b&#233;ton concoctent dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de ceux qui disent non, la mayonnaise n'a pas pris imm&#233;diatement. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on avait clairement l'impression que tout le monde s'en foutait, que pour les gens des environs c'&#233;tait normal de voir notre environnement d&#233;vast&#233; en mode acc&#233;l&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Hector *, un militant du coin. Il rappelle aussi que les pressions n'ont pas tard&#233;, venues aussi bien des flics que des mara&#238;chers ou des exploitants de la carri&#232;re. Quant au maire de Saint-Colomban, il les accuse d'encourager les zadistes &#224; venir sur place. Nul doute qu'il a appr&#233;ci&#233; ce week-end militant et sa dynamique, que r&#233;sume bien Hector : &#171; &lt;i&gt;Comme on ne ne nous &#233;coutait pas, on a voulu monter d'un cran. C'est pour &#231;a qu'on est all&#233;s &#224; la rencontre des camarades des Soul&#232;vements de la Terre, pour leur proposer d'organiser ensemble ce temps de r&#233;sistance. Il fallait donner plus de r&#233;sonance &#224; nos luttes locales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; si je soul&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante ce week-end de luttes : celui de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Pour rappel : apr&#232;s des ann&#233;es de combat acharn&#233; et de rassemblements pyrotechniques, et malgr&#233; une r&#233;pression relevant parfois de l'occupation militaire, le projet d'a&#233;roport est d&#233;finitivement enterr&#233; en janvier 2018. Une victoire porteuse d'horizons r&#233;jouissants, mais qui ne se passe alors pas sans prises de t&#234;te et de bec, entre ceux qui optent pour la r&#233;gularisation des terres agricoles (360 hectares au total) et d'autres se consid&#233;rant comme les dindons de la farce. Une p&#233;riode complexe, parfois moche, avec des plaies toujours pas referm&#233;es. Quoi qu'il en soit, le lieu reste depuis un territoire d'exp&#233;rimentation et un symbole fort, brassant initiatives et militants. Et c'est sur place qu'&#224; l'&#233;t&#233; 2020 est lanc&#233; un premier rassemblement visant &#224; organiser ces &#171; Soul&#232;vements de la Terre &#187;. Le principe : mettre en branle une campagne de lutte visant &#224; f&#233;d&#233;rer le plus largement possible, incluant, outre les franges les plus autonomes, des acteurs moins &lt;i&gt;attendus&lt;/i&gt;, comme la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou Youth For Climate. En janvier, un appel est r&#233;dig&#233;, qui donne le ton : &#171; &lt;i&gt;Nous ne nous r&#233;soudrons pas &#224; contempler la fin du monde, impuissant.es, isol&#233;.es et enferm&#233;.es chez nous. Nous avons besoin d'air, d'eau, de terre et d'espaces lib&#233;r&#233;s pour explorer de nouvelles relations entre humains comme avec le reste du vivant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean*, historique de la lutte anti-a&#233;roport, tout cela est n&#233; d'un constat concret : &#171; &lt;i&gt;Dans les moments forts du combat, des gens d&#233;barquaient sur la Zad par milliers. Et on se disait toujours qu'il faudrait r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer ces gens au-del&#224; de NDDL une fois la victoire ent&#233;rin&#233;e. C'est l'un des objectifs des Soul&#232;vements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les rassemblements organis&#233;s sont pour l'instant moins &#171; massifs &#187; que ceux de l'embl&#233;matique Zad, ils ont par contre vite suscit&#233; un &#233;lan de propositions concr&#232;tes, qui a pouss&#233; les personnes aux manettes &#224; faire feu de tout bois, ambition au taquet. Sont d&#233;sormais pr&#233;vues trois &#171; saisons &#187;, chacune compos&#233;e de plusieurs &#171; actes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consacr&#233;e &#224; la d&#233;nonciation de l'artificialisation des terres, la premi&#232;re est en cours et a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jalonn&#233;e d'&#233;tapes importantes : en mars &#224; Besan&#231;on, aux Va&#238;tes, pour d&#233;fendre 34 hectares de terres menac&#233;es par un &#233;coquartier ; en avril vers Rennes contre l'extension des installations du club de foot local ; en mai au &#171; Pays de Suc &#187; (Haute-Loire) contre la d&#233;viation de la RN 88 voulue par un certain Laurent &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; Wauquiez ; et en juin, donc, autour de Saint-Colomban (&#233;pisode faisant office de transition avec la saison 2, davantage consacr&#233;e &#224; une th&#233;matique plus sp&#233;cifiquement agricole &#8211; l'accaparement des terres). Quant &#224; la saison 3, il se murmure qu'elle pourrait &#234;tre consacr&#233;e &#224; l'invasion du champ agricole par d'ali&#233;nantes technologies high-tech &#8211; l'agriculture sans humains ? &lt;i&gt;No pasar&#225;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1819.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1214/-1819-3eede.jpg?1768700632' width='500' height='1214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tectonique des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De tout ce joyeux chambard militant, on peut retenir quelques pans particuli&#232;rement encourageants. La volont&#233; de f&#233;d&#233;rer largement, donc, mais aussi le fait de m&#234;ler luttes urbaines et rurales. Et cette impression largement partag&#233;e que, face &#224; l'infinie sinistrose politique du moment, les luttes &#233;colos locales sont l'un des rares horizons porteurs d'espoir. &#171; &lt;i&gt;Ces combats sont souvent vus comme l&#233;gitimes, avec, en face, des gens qui ont de plus en plus de mal &#224; justifier le saccage de l'environnement, &lt;/i&gt;rappelle Jean*. &lt;i&gt;Et c'est en partie pour cela qu'ont &#233;t&#233; obtenues plusieurs victoires importantes&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Outre celle de Notre-Dame-des-Landes, il y a eu par exemple l'abandon du projet d'&#233;coquartier mena&#231;ant le &#8220;Quartier libre des Lentill&#232;res&#8221;, &#224; Dijon. Ou bien celui du Center Parcs de Roybon, dans la for&#234;t de Chambaran, en Is&#232;re, &#224; l'&#233;t&#233; 2020. Et aussi la d&#233;confiture du projet EuropaCity, dans le Triangle de Gonesse, pr&#232;s de Paris, fin 2019. Des luttes ayant mobilis&#233; beaucoup de monde et qui ont &#233;t&#233; influenc&#233;es par l'exemple de la Zad, qui a montr&#233; qu'&#224; condition d'&#234;tre ancr&#233; et d&#233;termin&#233; tu peux faire reculer les bulldozers, ouvrir des br&#232;ches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son de cloche chez les agriculteurs venus participer en tracteurs &#224; l'action contre la coop&#233;rative Oc&#233;ane, &#224; l'image de Dominique, la cinquantaine joviale : &#171; &lt;i&gt;La lutte de Notre-Dame-des-Landes nous a profond&#233;ment chang&#233;s.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Tous ces gens que tu vois d&#233;bouler en tracteur, il y a eu pour eux un avant et un apr&#232;s. Et je suis vraiment heureux d'avoir v&#233;cu &#231;a, parce que &#231;a m'a ouvert &#224; d'autres horizons, malgr&#233; les difficult&#233;s et les engueulades. Je n'aurais par exemple jamais compris les jeunes qui brisent des vitrines en manif sans cette exp&#233;rience. Et on n'attend qu'une chose : relancer un mouvement de masse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Christian, qui ne boude pas son plaisir au moment de d&#233;filer dans Saint-Colomban tous klaxons hurlant apr&#232;s l'action de blocage, avec pause prolong&#233;e devant la mairie si timide face &#224; l'agro-industrie, il estime avoir v&#233;cu &#171; &lt;i&gt;quelque chose d'exceptionnel avec la lutte de Notre-Dame-des-Landes&lt;/i&gt; &#187;, victorieuse selon lui gr&#226;ce &#224; &#171; &lt;i&gt;l'alliance entre agriculteurs locaux, qui avaient besoin d'autres horizons pour donner plus de consistance &#224; la lutte, et militants ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'autres horizons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de plier bagage apr&#232;s trois jours d'actions, manifs, ateliers et rencontres, le sourire est donc de mise. Comme si chacun avait en t&#234;te que, malgr&#233; des forces vives encore limit&#233;es, quelque chose se tisse peu &#224; peu, de bric et de broc, grondant dans l'ombre des saccageurs, se pr&#233;parant &#224; bondir. Sans doute en raison d'un foisonnement difficilement descriptible, lumineux et foutraque, dont certains &#233;l&#233;ments m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La manif du samedi en bordure de carri&#232;res, derri&#232;re un char &#224; la sono taquine, oscillant entre &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; version sovi&#233;tique et tube punk bramant &#171; &lt;i&gt;Si c'est vous le futur nous serons la gu&#233;rilla&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La participation impromptue d'un collectif grenoblois nomm&#233; Les Rallumeurs d'&#233;toiles, sp&#233;cialis&#233; dans la confection de ballons g&#233;ants, envoyant haut dans le ciel de Loire-Atlantique des banderoles antifascistes (&#171; &lt;i&gt;Le fascisme c'est comme la gangr&#232;ne, on l'&#233;limine ou on en cr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;) et des jeux de mots pourraves (&#171; &lt;i&gt;On m&#226;che sur la t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le p&#233;tage de durite d'un mara&#238;cher industriel, d&#233;barqu&#233; vrombissant en Audi grand luxe, alpaguant les bloqueurs de la plateforme logistique d'un furieux &#171; &lt;i&gt;Mais vous m'emp&#234;chez de travailler&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; puis remball&#233; par un vieux de la vieille coutur&#233; de cicatrices : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est bien pour &#231;a qu'on est l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; une &#171; danse de l'ours &#187; collective improvis&#233;e sur la route passant devant la plateforme, bloquant voitures et camions dans un grand n'importe quoi chor&#233;graphique et suscitant pourtant l'enthousiasme klaxonneur de certains routiers &#8211; &lt;i&gt;p&#244;&#244;&#244;&#244;&#244;nnnn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle respiration, donc. Et l'impression sans doute un chou&#239;a na&#239;ve mais tellement bienvenue que ces Soul&#232;vements, &#224; Saint-Colomban comme ailleurs, ne sont que le d&#233;but d'une longue longue lutte. Qui finira, c'est &#233;crit, par renverser la table des zombies saccageurs et ouvrir un nouveau chapitre. Son titre : &#171; Adieu les cons, adieu b&#233;ton &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question fonci&#232;re, nerf de la guerre agricole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est une question centrale des Soul&#232;vements de la Terre &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt;, mais moins connue que celle de l'artificialisation des territoires : l'accaparement des terres agricoles par une petite frange d'agriculteurs, davantage branch&#233;s FNSEA&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; productiviste que paysannerie ma&#238;tris&#233;e &#8211; &#224; l'image des mara&#238;chers industriels de Saint-Colomban. Il est pourtant fondamental de la creuser, d'autant plus au regard de ces chiffres que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne (Conf') s'&#233;chine &#224; r&#233;p&#233;ter : dans dix ans, la moiti&#233; des paysans en activit&#233; seront partis en retraite. Il faut donc tout faire pour que ceux qui les remplacent n'appartiennent pas au camp des grosses exploitations au bilan &#233;cologique et social d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, cette &#233;volution s'inscrit dans un paysage &#233;minemment complexe. Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai discut&#233; avec Morgane, sp&#233;cialiste des questions fonci&#232;res &#224; la Conf'. Elle m'a cont&#233; une histoire peu connue. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des outils visant &#224; assurer une juste r&#233;partition des terres ont &#233;t&#233; mis en place, avec protection des agriculteurs et loyers des terres encadr&#233;s. Dans les ann&#233;es 1960, deux autres outils sont venus appuyer cette base : le contr&#244;le &#233;tatique des structures agricoles, visant &#224; favoriser l'installation de jeunes agriculteurs et &#233;viter l'agrandissement disproportionn&#233; ; et la cr&#233;ation des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer), charg&#233;es de contr&#244;ler la vente du foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la France est donc rest&#233;e plut&#244;t &#171; progressiste &#187; en la mati&#232;re, posant quelques barri&#232;res &#224; la logique capitaliste d'accaparement effr&#233;n&#233;. Mais progressivement ces outils ont perdu leur sens. De m&#234;me que les labels de type &#171; Haute valeur environnementale &#187; ne signifient plus grand-chose, que les aides de la PAC (Politique agricole commune) pleuvent sur l'agriculture industrielle, que les Safer sont sous influence FNSEA, la r&#233;gulation &#233;tatique de la r&#233;partition des terres est devenue une vaste blague. &#171; &lt;i&gt;Ils ont rendu impuissants des outils qui avaient fait leurs preuves&lt;/i&gt; &#187;, explique Morgane. S'il est impossible d'entrer ici dans tous les d&#233;tails techniques, il convient de mentionner la g&#233;n&#233;ralisation des &#171; montages soci&#233;taires &#187; chez les agriculteurs visant &#224; s'&#233;tendre, soit la mat&#233;rialisation d'une financiarisation du secteur, permettant de d&#233;jouer les cadres r&#233;gulateurs. Et Morgane de mentionner le cas d'un agriculteur de Loire-Atlantique poss&#233;dant une soixantaine de soci&#233;t&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le contr&#244;le des structures ne s'applique plus et cela se fait au b&#233;n&#233;fice des grands propri&#233;taires et de l'agriculture financiaris&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-elle. Avant de nuancer le constat : &#171; &lt;i&gt;Cela concerne aussi les exploitants de taille normale, pouss&#233;s &#224; s'&#233;tendre toujours plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est immense. Ce que rappelle Manon*, paysanne du coin impliqu&#233;e dans un groupe de jeunes agriculteurs cherchant des solutions &#224; cette tendance de fond : &#171; &lt;i&gt;Il y a plein de mani&#232;res de faire ce m&#233;tier en &#233;vitant l'agrandissement. Mais les investisseurs sont aux aguets, pr&#234;ts &#224; sauter sur tout agriculteur partant &#224; la retraite. Nous ce qu'on voudrait c'est trouver des mani&#232;res de convaincre ces derniers qu'il vaut mieux transmettre &#224; des jeunes souhaitant s'installer, qu'on sera l&#224; pour les accompagner dans ce moment difficile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est compliqu&#233; de combattre l'accaparement, car c'est moins spectaculaire que l'artificialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique Thomas, jeune paysan affili&#233; &#224; la Conf' de Haute-Vienne, d&#233;cid&#233; &#224; ruer dans les brancards ruraux. Et Ben, son camarade, de compl&#233;ter le propos : &#171; &lt;i&gt;Tout pousse les agriculteurs &#224; s'agrandir, des subventions de la PAC au discours ambiant. On ne veut pas pointer du doigt ceux qui tombent dedans, mais simplement rappeler que, comme l'usage des pesticides, c'est une question syst&#233;mique. Qui appelle une r&#233;ponse de fond.&lt;/i&gt; &#187; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, le second 49 hectares pour 350 000 tonnes. Depuis leur ouverture il y a vingt ans, 10 millions de tonnes de sable ont &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait notamment au Sch&#233;ma de coh&#233;rence territorial (SCOT).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en usant de quelques artifices de type replantage d'arbres en bord de terrains. Voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-ministre-de-l-Agriculture-fait-une-PAC-pour-les-gros-et-pas-pour-le-bio&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ministre de l'Agriculture fait une PAC pour les gros et pas pour le bio&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer&lt;/i&gt; &#187;, explique Christian, agriculteur, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est une technique qui gaspille beaucoup, parce qu'il faut toujours en remettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://actu.fr/pays-de-la-loire/saint-philbert-de-grand-lieu_44188/loire-atlantique-en-visite-chez-un-producteur-de-muguet-deux-ministres-confirment-les-mesures-pour-le-1er-mai_41410289.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les mesures pour le 1er mai&lt;/a&gt; &#187; (28/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; &lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/loire-atlantique-polemique-autour-du-projet-methaniseur-xxl-corcoue-logne-1897932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pol&#233;mique autour du projet de m&#233;thaniseur XXL &#224; Corcou&#233;-sur-Logne&lt;/a&gt; &#187; (23/11/20). Notons que ce projet pose de nombreux probl&#232;mes &#233;cologiques, notamment de par sa production de &#171; digestat &#187;, ensuite massivement &#233;pandu dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; tenant &#224; rectifier la formulation de ses propos, et donc (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement) diff&#233;rente de celle figurant dans la version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en faveur d'une vision ultra-productiviste de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
