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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Guadeloupe, &#171; m&#233; &#187; 1967</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;D&#233;but janvier 2017, les gwoup &#224; p&#244; (groupes &#224; peaux &#8211; en r&#233;f&#233;rence &#224; celles qui couvrent leurs tambours) ont d&#233;cid&#233; de &#171; d&#233;bouler &#187; dans le carnaval de Guadeloupe pour comm&#233;morer la sanglante r&#233;pression ayant frapp&#233; l'&#238;le cinquante ans plus t&#244;t... ... D'un c&#244;t&#233;, visages peints en blanc, ceintures tricolores et k&#233;pis rouges de gardes mobiles, de l'autre, visages grim&#233;s en t&#234;te de mort. &#192; l'issue de la p&#233;riode carnavalesque de deux mois, ces groupes ont transmis &#224; leurs coll&#232;gues parisiens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ceintures-tricolores" rel="tag"&gt;ceintures tricolores&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but janvier 2017, les &lt;i&gt;gwoup &#224; p&#244;&lt;/i&gt; (groupes &#224; peaux &#8211; en r&#233;f&#233;rence &#224; celles qui couvrent leurs tambours) ont d&#233;cid&#233; de &#171; d&#233;bouler &#187; dans le carnaval de Guadeloupe pour comm&#233;morer la sanglante r&#233;pression ayant frapp&#233; l'&#238;le cinquante ans plus t&#244;t...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH398/-873-6c6b2.jpg?1782637869' width='280' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;155 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;... D'un c&#244;t&#233;, visages peints en blanc, ceintures tricolores et k&#233;pis rouges de gardes mobiles, de l'autre, visages grim&#233;s en t&#234;te de mort. &#192; l'issue de la p&#233;riode carnavalesque de deux mois, ces groupes ont transmis &#224; leurs coll&#232;gues parisiens la banderole de comm&#233;moration de mai 1967 et un livre de p&#233;titions pour demander l'ouverture des archives. Une revendication qui s'est retrouv&#233;e au centre de la marche &lt;i&gt;Limy&#232; pou l&#233;zansyen&lt;/i&gt; (Lumi&#232;res pour les Anc&#234;tres), &#224; Paris comme &#224; Pointe-&#224;-Pitre, le 27 mai dernier. La question de savoir ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233; &#224; l'&#233;poque est toujours d'une actualit&#233; br&#251;lante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s avoir acc&#233;d&#233;, en 1946, au statut de d&#233;partement&lt;/strong&gt; et, formellement, aux m&#234;mes droits qu'en m&#233;tropole, la Guadeloupe restait un territoire en marge de la R&#233;publique au d&#233;but des ann&#233;es 1960 : sous-emploi chronique, salaires nettement inf&#233;rieurs &#224; ceux pratiqu&#233;s dans l'Hexagone alors que le co&#251;t de la vie y est beaucoup plus &#233;lev&#233;, omnipr&#233;sence des bidonvilles, d&#233;sastres sanitaires &#224; r&#233;p&#233;tition et mainmise des grands propri&#233;taires blancs sur l'agriculture et la repr&#233;sentation politique. &#171; &lt;i&gt;La situation sociale correspond &#224; la pigmentation&lt;/i&gt; &#187;, concluait un rapport command&#233; par le pouvoir gaulliste aux Renseignements g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par ailleurs, le mouvement de d&#233;colonisation&lt;/strong&gt; &#224; l'&#339;uvre dans le monde entier trouvait dans le Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe (Gong) l'une de ses expressions carib&#233;ennes. De l'autre c&#244;t&#233; de la barricade, Jacques Foccart, conseiller &#233;lys&#233;en et principal artisan de la cr&#233;ation des r&#233;seaux fran&#231;africains, &#233;tait tr&#232;s li&#233; (de par sa m&#232;re Elmire de Courtemanche de La Cl&#233;mandi&#232;re) aux puissantes familles b&#233;k&#233; de l'&#238;le (h&#233;riti&#232;res des premiers colons). Il allait fort logiquement appuyer la nomination comme pr&#233;fet de Pierre Bolotte, un sp&#233;cialiste des m&#233;thodes de pacification coloniale puis n&#233;ocoloniale pass&#233; par l'Indochine, l'Alg&#233;rie et La R&#233;union &#8211; avant d'atterrir en Seine-Saint-Denis, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, o&#249; il mettra en place une police de quartier anc&#234;tre des brigades anticriminalit&#233; (BAC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les ingr&#233;dients &#233;taient donc r&#233;unis&lt;/strong&gt;, en ajoutant le cyclone qui avait d&#233;vast&#233; la r&#233;gion en 1966, pour provoquer une explosion sociale. La m&#232;che fut allum&#233;e, le 20 mars 1967, par Vladimir Srnsky, riche commer&#231;ant d'origine tch&#232;que, quand il l&#226;cha son chien sur un cordonnier ambulant au cri de &#171; &lt;i&gt;Va dire bonjour au N&#232;gre !&lt;/i&gt; &#187;. Le bruit de cette provocation se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre et le magasin de Srnsky fut pill&#233;, tandis que sa voiture finissait dans le port. Un calme pr&#233;caire &#233;tait ensuite r&#233;tabli entre condamnation des propos racistes, exfiltration de leur auteur vers les &#201;tats-Unis et d&#233;ploiement en nombre des forces de l'ordre. Deux mois plus tard, une grande gr&#232;ve des ouvriers du b&#226;timent prit le relais, obligeant patronat et pouvoirs publics &#224; ouvrir des n&#233;gociations. Le 27 mai, sur la grande place de Pointe-&#224;-Pitre, o&#249; une foule immense s'&#233;tait rassembl&#233;e, filtra une d&#233;claration des repr&#233;sentants patronaux : &#171; &lt;i&gt;Quand les N&#232;gres auront faim, ils reprendront le travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devant un tel d&#233;ferlement de m&#233;pris&lt;/strong&gt;, les conques (lourds coquillages h&#233;riss&#233;s de pointes) commenc&#232;rent &#224; fuser en direction des gardes mobiles. Qui r&#233;pliqu&#232;rent en tirant dans le tas, mais pas tout &#224; fait au hasard puisque l'un des premiers &#224; tomber sous les balles fut un leader du Gong, Jacques Nestor, 24 ans. S'en suivirent un jour et une nuit de carnage pendant lesquels les moblots eurent toute latitude pour rafaler les passants dans les rues et rafler les militants chez eux. Le bilan de la r&#233;pression, une partie des archives demeurant classifi&#233;e, une autre ayant sans doute &#233;t&#233; escamot&#233;e, fluctue entre 8 morts (chiffre officiel de l'&#233;poque) et 87 morts (chiffre semi-officiel livr&#233; en 1985 par le ministre des Dom-Tom). &#192; ce jour, les responsabilit&#233;s entre les diff&#233;rents niveaux du pouvoir gaulliste finissant restent &#224; &#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du proc&#232;s des rescap&#233;s du Gong&lt;/strong&gt; devant la Cour de s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat en avril 1968, Aim&#233; C&#233;saire eut ces mots d&#233;finitifs : &#171; &lt;i&gt;Si ces gens-l&#224; sont ici, c'est que contrairement &#224; ce qu'on veut nous faire croire, nous ne sommes pas des Fran&#231;ais &#224; part enti&#232;re, mais des Fran&#231;ais enti&#232;rement &#224; part. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En finir avec la com&#233;die du dialogue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-finir-avec-la-comedie-du</link>
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		<dc:date>2013-07-18T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>Bure</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets radioactifs</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;j&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;bat</dc:subject>
		<dc:subject>gardes mobiles</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmes investissaient</dc:subject>
		<dc:subject>investissaient Bure</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;bat public</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Marc Fleury</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1999, le village de Bure dans la Meuse &#233;tait d&#233;sign&#233; pour accueillir un &#171; laboratoire de recherche &#187; destin&#233;, une fois le masque de l'investigation scientifique tomb&#233;, &#224; devenir un centre de stockage &#224; plus de cinq cents m&#232;tres de profondeur de d&#233;chets radioactifs. Les installations, galeries et tunnels, devraient tenir au moins cent mille ans&#8230; Alors que les autorit&#233;s organisent des d&#233;bats jou&#233;s d'avance, CQFD a recueilli les t&#233;moignages de trois opposants locaux. Le 23 mai, cent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1999, le village de Bure dans la Meuse &#233;tait d&#233;sign&#233; pour accueillir un &#171; laboratoire de recherche &#187; destin&#233;, une fois le masque de l'investigation scientifique tomb&#233;, &#224; devenir un centre de stockage &#224; plus de cinq cents m&#232;tres de profondeur de d&#233;chets radioactifs. Les installations, galeries et tunnels, devraient tenir au moins cent mille ans&#8230; Alors que les autorit&#233;s organisent des d&#233;bats jou&#233;s d'avance, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a recueilli les t&#233;moignages de trois opposants locaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 mai, cent trente gardes mobiles et gendarmes investissaient Bure, village de quatre-vingt-dix habitants, centre d'un territoire o&#249; sont d&#233;j&#224; engag&#233;s des travaux destin&#233;s &#224; l'installation d'un centre d'enfouissement de d&#233;chets radioactifs. Ce jour-l&#224; devait se tenir la premi&#232;re r&#233;union de la Commission nationale de d&#233;bat public, pr&#233;tendument vou&#233;e &#224; prendre en compte l'avis des populations. Tr&#232;s vite, les opposants bloquent la tenue de cette fausse concertation, contraignant les autorit&#233;s &#224; annuler les festivit&#233;s. Dans les jours suivants, cette CNDP annulera pr&#233;ventivement les r&#233;unions pr&#233;vues &#224; Saint-Dizier et &#224; Joinville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH394/p05-nucleaire02-da2ca.jpg?1782642217' width='400' height='394' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis le pr&#233;sident de l'association des &#233;lus opposants &#224; l'enfouissement des d&#233;chets radioactifs des r&#233;gions Champagne-Ardennes et Lorraine (EODRA) &#224; laquelle adh&#232;rent les &#233;lus de vingt communes dont ceux des villes de Verdun et Bar-le-Duc&lt;/i&gt;, d&#233;clare Jean-Marc Fleury, maire d&#233;l&#233;gu&#233; de Varney (Meuse). &lt;i&gt;Nous avons particip&#233; &#224; cette action du 23 mai &#224; Bure pour emp&#234;cher la tenue de cette pr&#233;tendue commission nationale du d&#233;bat public. Il est juste destin&#233; &#224; calmer les ardeurs en donnant l'illusion d'une discussion. En 2005 et 2006, il y avait d&#233;j&#224; eu un d&#233;bat : son seul effet avait &#233;t&#233; de confirmer le site d'enfouissement &#224; Bure. Dix ans auparavant, il y avait d&#233;j&#224; eu une p&#233;tition qui avait rassembl&#233; 60 000 signatures, dont 40 000 dans la Haute-Marne. Elle est rest&#233;e au fond des tiroirs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1991, la loi Bataille d&#233;cide d'organiser la gestion des d&#233;chets nucl&#233;aires. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; plusieurs hypoth&#232;ses, le choix se porte sur le stockage g&#233;ologique et l'entreposage de tr&#232;s longue dur&#233;e. En 1994, trois sites sont retenus par le gouvernement de l'&#233;poque : dans la Haute-Marne et la Meuse, le Gard et la Vienne. Les sous-sols de ce dernier d&#233;partement s'&#233;tant r&#233;v&#233;l&#233;s trop manifestement instables, ne restent plus en lice que les deux r&#233;gions de l'est et du sud-est. Le saccage du si&#232;ge de l'Andra de Bagnols-sur-C&#232;ze (Gard) men&#233; par des viticulteurs va conduire les autorit&#233;s &#224; choisir un territoire d&#233;j&#224; suffisamment sinistr&#233; o&#249; ils esp&#232;rent ne pas rencontrer d'opposition. C'est donc Bure qui devra faire figure de terre sacrificielle. Jean-Pierre Remmel&#233;, maire de Bonnet &#224; 8 kilom&#232;tres de Bure, dont le sous-sol de la commune devrait contenir 40 % du stockage de d&#233;chets radioactifs explique : &#171; &lt;i&gt; Dans la r&#233;gion, les citoyens ne s'expriment pas beaucoup. Il y a l'habitude du sacrifice, issue de la Premi&#232;re Guerre mondiale : on suit l'autorit&#233;. Moi-m&#234;me, je n'&#233;tais pas un opposant de la premi&#232;re heure.&lt;/i&gt; &#187; S'il n'a pas l'intention d'emp&#234;cher les r&#233;unions de la commission du d&#233;bat public, parce que &#171; &lt;i&gt; c'est la seule fa&#231;on qu'il reste &#224; la population pour s'exprimer&lt;/i&gt; &#187; il dit respecter le choix de ceux qui les bloquent. Il constate que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;bat qui avait lieu en 2005 avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l'occasion d'exprimer un important refus du projet. Il a abouti &#224; une confirmation de la d&#233;cision ant&#233;rieure par les d&#233;put&#233;s qui n'&#233;taient que quinze dans l'h&#233;micycle &#224; 5 heures du matin&#8230; Et puis, on n'a pas oubli&#233; les propos de Marie-Claude Dupuis, directrice de l'Andra, qui avait dit :&lt;/i&gt; &#8220;La population n'est pas &#224; m&#234;me de s'approprier le projet&#8221;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Si des &#233;lus se soumettent&lt;/i&gt;, avertit Jean-Marc Fleury,&lt;i&gt; c'est uniquement en raison de l'argent propos&#233; par le groupement d'int&#233;r&#234;t public, courroie de transmission de l'Andra. Rien qu'en 2012, cette derni&#232;re a distribu&#233; 30 millions d'euros dans le d&#233;partement de la Meuse et dans la Haute-Marne. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me, participant &#224; la Maison de la r&#233;sistance, install&#233;e au c&#339;ur du village de Bure o&#249;, depuis 2004, se rencontrent et s'informent des voisins, des habitants de la r&#233;gion et d'autres personnes de passage, confirme ce m&#233;pris : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, il est question de faire &lt;/i&gt; &#8220;discuter le peuple&#8221; &lt;i&gt;alors que tout est d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; et en phase de construction. Hors de question de se soumettre &#224; ce simulacre. Nous sommes, appuy&#233;s par une quarantaine d'associations, pour le boycott actif de ce pseudo-d&#233;bat public. On bloque et on bloquera chaque r&#233;union, tout en sachant aussi que le d&#233;bat va &#234;tre d&#233;mat&#233;rialis&#233; notamment sur Internet. Pour nous, c'est l'occasion de se rassembler et r&#233;apprendre &#224; lutter ensemble. Ils ont d&#233;cid&#233; de faire de cette r&#233;gion une gigantesque poubelle nucl&#233;aire, en d&#233;versant des d&#233;bauches de pognon. Des paysans ont vendu leurs terres &#224; des prix dont ils n'auraient jamais os&#233; r&#234;ver, et cela gr&#226;ce &#224; des accords entre la Safer et l'Andra. Ils ont parl&#233; de la cr&#233;ation de 2 000 emplois. Ce seront &#233;videmment des emplois temporaires, destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre quand les installations seront achev&#233;es. Le caract&#232;re sinistr&#233; de cette r&#233;gion va encore s'aggraver : il n'y a d&#233;j&#224; plus de travail, plus d'argent et en plus il va y avoir ces d&#233;chets nucl&#233;aires. On assiste &#224; un v&#233;ritable massacre social. &lt;/i&gt; &#187; Selon les documents de l'Andra, &#224; partir de 2017, chaque ann&#233;e, 550 000 m&#232;tres cubes de mat&#233;riaux seront extraits du sous-sol puis 275 000 m&#232;tres cubes de b&#233;ton seront inject&#233;s, soit un chass&#233;-crois&#233; permanent de camions. D&#232;s 2025, l'acheminement des &#171; colis &#187; radioactifs repr&#233;sentera, par an, une centaine de trains compos&#233;s d'une dizaine de wagons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Concernant les tentatives&lt;/i&gt; [ant&#233;rieures] &lt;i&gt;de g&#233;rer les d&#233;chets radioactifs&lt;/i&gt;, explique Jean-Pierre Remmel&#233;, &lt;i&gt;chacune d'entre elles a &#233;t&#233; un &#233;chec. Sans parler des rejets catastrophiques en mer, le stockage &#224; la Hague a provoqu&#233; une importante pollution des nappes phr&#233;atiques. &#192; Soulaines, dans l'Aube, l'Andra ne fournit aucune explication pour une pollution similaire. Il y a un tr&#232;s grand risque que ce centre industriel de stockage g&#233;ologique de Bure impacte les nappes phr&#233;atiques et les ruisseaux des bassins Rhin-Meuse et Parisien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_695 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p05-nucleaire01-556c6.jpg?1782641287' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; ce stade, chacun sait que les moyens de contrecarrer le projet d'enfouissement sont limit&#233;s. Selon J&#233;r&#244;me, &#171; &lt;i&gt;ne compter que sur l'&#233;mergence d'un rapport de forces local est un peu compliqu&#233; dans cette r&#233;gion o&#249; il n'y a que cinq habitants au kilom&#232;tre carr&#233;. Si on veut r&#233;ussir, il faut que l'on ait des appuis de partout.&lt;/i&gt; &#187; Si l'esprit n'est, pour l'instant, pas le m&#234;me que celui de Notre-Dame-des-Landes, l'enjeu n'en reste pas moins de la plus haute urgence : &#171; &lt;i&gt;Avant tout cela, personnellement&lt;/i&gt;, d&#233;clare Jean-Marc Fleury,&lt;i&gt; je ne m'&#233;tais pas pos&#233; de questions &#224; propos du nucl&#233;aire. Aujourd'hui, je l'affirme : il faut sortir du nucl&#233;aire. Nous sommes &#224; un point charni&#232;re de l'industrie du nucl&#233;aire. Si Bure ne se fait pas, le nucl&#233;aire s'arr&#234;tera.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tourn&#233;e de la CNDP devrait s'achever le 10 octobre apr&#232;s avoir sillonn&#233; la France. Il y en aura donc pour tout le monde !&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au derni&#232;res nouvelles, la CNDP a annonc&#233; l'annulation des prochaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au derni&#232;res nouvelles, la &lt;a href=&#034;http://www.debatpublic.fr/communique-de-la-cndp-sur-le-debat-public-cigeo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CNDP a annonc&#233;&lt;/a&gt; l'annulation des prochaines r&#233;unions &#171; &lt;i&gt;en raison de perturbations orchestr&#233;es par des opposants au d&#233;bat public.&lt;/i&gt; &#187; (Note de la r&#233;daction informatique.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>1955 : La r&#233;volte des conscrits</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ils sont plus de six cents, ces r&#233;servistes de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui, le 11 septembre 1955, sont rassembl&#233;s gare de Lyon &#224; Paris, pour rejoindre le Maroc o&#249; la revendication d'ind&#233;pendance conna&#238;t, depuis deux ans, une brusque acc&#233;l&#233;ration. Sur les quais, rares sont les bidasses qui ignorent que des n&#233;gociations entre responsables marocains et fran&#231;ais sont en cours depuis la fin ao&#251;t. En effet, l'&#201;tat colonial, encombr&#233; par la situation marocaine &#8211; et dont il va se d&#233;barrasser en novembre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bidasses" rel="tag"&gt;bidasses&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont plus de six cents, ces r&#233;servistes de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui, le 11 septembre 1955, sont rassembl&#233;s gare de Lyon &#224; Paris, pour rejoindre le Maroc o&#249; la revendication d'ind&#233;pendance conna&#238;t, depuis deux ans, une brusque acc&#233;l&#233;ration. Sur les quais, rares sont les bidasses qui ignorent que des n&#233;gociations entre responsables marocains et fran&#231;ais sont en cours depuis la fin ao&#251;t. En effet, l'&#201;tat colonial, encombr&#233; par la situation marocaine &#8211; et dont il va se d&#233;barrasser en novembre en lui accordant l'ind&#233;pendance &#8211;, a d&#233;cid&#233; de tourner ses forces contre le soul&#232;vement alg&#233;rien qui a d&#233;but&#233; un an auparavant. Les troufions refusent de monter dans les trains. Ce sont des policiers et des gendarmes qui les contraignent &#224; rejoindre leurs casernements en vue de leur prochain acheminement par avion vers le protectorat ch&#233;rifien o&#249; la police militaire les attend avec gourmandise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces heures sombres, nombreux sont les conscrits qui ne peuvent admettre d'avoir &#224; faire subir &#224; des populations ce qu'eux-m&#234;mes et leurs familles ont connu une dizaine d'ann&#233;es plus t&#244;t, pendant l'occupation allemande. D'autant que ceux-l&#224;, destin&#233;s &#224; mener &#171; des op&#233;rations de maintien de l'ordre et de pacification dans les zones rebelles &#187; ont d&#233;j&#224; effectu&#233; leurs obligations militaires. Ce sont des rappel&#233;s qui, apr&#232;s un retour &#224; la vie civile, renquillent pour un temps dont la dur&#233;e varie au gr&#233; des valses gouvernementales de la IVe R&#233;publique. Le 7 octobre, des milliers de Rouennais, dont un grand nombre de ces dockers qui avaient bloqu&#233; le chargement d'armes destin&#233;es &#224; la guerre d'Indochine, soutiennent les bidasses du 406e r&#233;giment qui refusent de quitter la caserne Richepanse. Les gardes mobiles interviennent. Les affrontements dureront trois jours avant que le b&#226;timent militaire ne soit mis &#224; sac. Les troufions seront embarqu&#233;s en direction du camp de Sissonne sous la menace des armes de la garde mobile. Quelques jours plus tard, une centaine d'appel&#233;s bloquent les rues de Valence et s'en prennent &#224; du mat&#233;riel ferroviaire. Le 23, ils sont plusieurs centaines, rev&#234;tus de leurs uniformes, &#224; manifester sur l'avenue des Champs-&#201;lys&#233;es &#224; Paris. Ces mouvements &#8211; soutiens de la population, manifestations, distributions de tracts, refus d'ob&#233;issance &#8211; porteront dans un premier temps leurs fruits : ces soldats retrouveront leurs foyers avant la fin de l'ann&#233;e. L'engagement du Front r&#233;publicain pour &#171; la paix en Alg&#233;rie &#187;, arriv&#233; au pouvoir en janvier 1956 &#224; l'occasion d'&#233;lections anticip&#233;es, ne tiendra pas trois mois. En mars, le gouvernement vote &#171; les pouvoirs sp&#233;ciaux &#187; qui allongent la dur&#233;e du service militaire, maintiennent sous les drapeaux les appel&#233;s et rappellent encore une fois les r&#233;servistes. Aussit&#244;t, les protestations reprennent. Le 5 mai, des habitants de la Rochelle bloquent le d&#233;part des bidasses. Le 18, des centaines de personnes bloquent les voies de la gare de Grenoble. Les gardes mobiles qui tentent de les d&#233;loger sont attaqu&#233;s par les manifestants dont le nombre grossit au fur et &#224; mesure que les ouvriers sortent de leurs ateliers et usines. Une grue est renvers&#233;e sur les voies et du b&#233;ton coul&#233; sur les aiguillages alors que l'&#233;meute gagne les quartiers populaires. Dans de nombreux trains, appel&#233;s et rappel&#233;s tirent les syst&#232;mes d'alarmes. Des rumeurs rapportent qu'une r&#233;volte a &#233;clat&#233; le 28 mai dans le camp de la Fontaine du Berger &#224; proximit&#233; de Clermont-Ferrand. Le 8 juillet, deux mille rappel&#233;s prennent le contr&#244;le du camp de Mourmelon, s'emparent du g&#233;n&#233;ral Zeller, futur chef de l'OAS, avant de le laisser filer &#224; poil, affr&#232;tent des cars et regagnent tranquillement leurs foyers. Entre avril et juillet plus de trois cents incidents, blocages, manifestations, r&#233;voltes et mutineries seront ainsi recens&#233;s. Mais face &#224; la r&#233;pression, les actes de r&#233;sistance vont lentement se d&#233;liter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rares sont ces bidasses qui conserveront outre-M&#233;diterran&#233;e la m&#233;moire de ces actes de refus. Quelques-uns rejoindront les rebelles, parfois avec des armes, d'autres pr&#233;f&#233;reront d&#233;serter ou contribuer en France &#224; la lutte des Alg&#233;riens. Quant au plus grand nombre, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment envoy&#233;s par leurs officiers dans des situations p&#233;rilleuses, ils retrouveront vite les gestes de la pire soldatesque et ram&#232;neront dans leurs valises fracass&#233;es, une puissante contribution &#224; ce racisme anti-arabe qui continue d'empester l'air aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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