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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hymne-officieux" rel="tag"&gt;Hymne officieux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maraichers-industriels" rel="tag"&gt;mara&#238;chers industriels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1820.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1820-aa41f.jpg?1782663228' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Foule qui pioche et pioche qui rompt / Y a de la terre sous le b&#233;ton&lt;/i&gt; &#187; (Hymne officieux des Soul&#232;vements de la Terre)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;5 heures du mat, jet des frissons : la douzaine de tracteurs qui patientaient dans la cour d'une ferme des environs de Saint-Colomban s'&#233;lancent en cahotant. Ils forment la majeure partie de la &#171; colonne Sud &#187;, qui ne tardera pas &#224; se renforcer de quelques retardataires en cours de route et retrouvera ceux de la &#171; colonne Nord &#187; aux abords de la cible. En tout, ils sont quarante &#224; avaler en grondant le bitume et les chemins de Loire-Atlantique, certains massifs et modernes aux faux airs de dinosaures de m&#233;tal, d'autres ch&#233;tifs et d&#233;pouill&#233;s, &#224; l'ancienne. De bric et de broc, certes, mais cette arm&#233;e verte est clairement d&#233;ter'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait encore nuit et, dans l'engin qui m&#232;ne la marche de l'arm&#233;e du Sud, garni de trois escogriffes r&#234;vant de caf&#233;s et viennoiseries, on scrute l'obscurit&#233; trou&#233;e par les phares avec une l&#233;g&#232;re angoisse : les pandores sont-ils au courant pour l'action ? Apr&#232;s quelques minutes, &lt;i&gt;bim&lt;/i&gt;, on pile : des gendarmes nous font face. La consigne tourne vite : &#171; &lt;i&gt;Y a les flics, plan B&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ballet des gros engins qui font demi-tour puis s'esquivent &#224; l'anglaise vers un petit chemin de traverse serpentant dans le bocage. &#171; &lt;i&gt;Tu penses, depuis Notre-Dame-des-Landes on conna&#238;t tous les d&#233;tours pour les leurrer&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard en se marrant Beno&#238;t *, historique des luttes du coin et ma&#238;tre-strat&#232;ge en mati&#232;re de convois agricoles &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al, c'est de rouler &#224; 16 ou 17 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;km/h, comme &#231;a tu ne perds pas ceux qui plafonnent &#224; 20 et n'ont aucune reprise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite heure de route, des reins en miettes, et voil&#224; le b&#226;timent cibl&#233; par les boutefeux des Soul&#232;vements de la Terre, en banlieue nantaise : la coop&#233;rative Oc&#233;ane, plateforme de fruits &amp; l&#233;gumes produits par des mara&#238;chers industriels et desservant notamment les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion. Quelques bottes de paille d&#233;pos&#233;es, une banderole dress&#233;e &#8211; &#187; Stop &#224; l'extension de l'industrie mara&#238;ch&#232;re &#187; &#8211; et le si&#232;ge peut commencer, avec, au menu, brioche offerte par un camarade boulanger, jus de pomme bio et accord&#233;on. Sont pr&#233;sents une centaine de motiv&#233;s &#8211; des paysans, des militants sans &#233;tiquettes, mais aussi des syndicalistes de la CGT et de Solidaires, rameut&#233;s en minibus. L'objectif : bloquer quelques heures ce n&#339;ud commercial au service de l'agriculture dans ce qu'elle a de plus destructrice. Car les produits dispatch&#233;s ici sont pour la plupart issus d'une agriculture li&#233;e &#224; l'exploitation de tr&#232;s polluantes carri&#232;res g&#233;antes de sable &#8211; mati&#232;re dont les mara&#238;chers font massivement usage pour optimiser leurs r&#233;coltes. Deux d'entre elles sont d'ailleurs situ&#233;es &#224; Saint-Colomban, lieu de d&#233;part de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magie d'une organisation aff&#251;t&#233;e : l&#224;-bas aussi, &#231;a cr&#233;pite. &#192; l'heure o&#249; les tracteurs et la centaine de personnes qui les accompagnent commencent &#224; bloquer la coop&#233;rative Oc&#233;ane, un groupe d'environ 150 manifestants s'approche des grilles de ces carri&#232;res, exploit&#233;es par les monstres GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Certains portent des chambres &#224; air de tracteur, d'autres des crocodiles et cygnes gonflables, qu'ils comptent utiliser pour barboter dans les plans d'eau n&#233;cessaires &#224; cette industrie particuli&#232;re et ainsi bloquer les lieux. Ils n'y parviendront pas, faute de pouvoir blouser les flics rappliqu&#233;s en nombre avec l'appui d'un h&#233;licopt&#232;re, mais l'ensemble du site sera bien ferm&#233; tout ce lundi, victoire notable. Les messages sur les banderoles font r&#233;f&#233;rence au projet d'extension des carri&#232;res au profit de ces deux groupes qui ont fini d'essorer &#224; sec les 115 hectares qu'ils se partageaient et visent &#224; satisfaire leur morbide fringale, &#224; rebours des recommandations environnementales&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. On peut notamment lire : &#171; Les carri&#232;res touchent le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux actions rondement men&#233;es, donc, dans l'enthousiasme et la d&#233;termination. Et qui, malgr&#233; des cibles diff&#233;rentes, d&#233;noncent une m&#234;me fuite en avant, balafrant aussi bien les terres agricoles que les humains vivant dans leurs environs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haut foutage de gueule environnemental&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille de ces deux actions, je me balade en Logan moribonde sur la D 178, le long des champs de m&#226;che et de radis cultiv&#233;s par les mara&#238;chers industriels, pour constater l'&#233;tendue du d&#233;sastre. Un d&#233;tail attire mon attention, &#224; la fois d&#233;risoire et tellement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un petit panneau sans pr&#233;tention, dress&#233; en bordure d'un immense champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait un proc&#232;s des massacreurs de la nature, nul doute que son cynique message pourrait &#234;tre convoqu&#233; comme pi&#232;ce &#224; conviction, le procureur Triton haussant la voix : &#171; &lt;i&gt;Pollueurs de la terre, qu'avez-vous &#224; dire pour votre d&#233;fense&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#201;tait-ce une blague ou bien le comble du cynisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las : on n'en est pas encore l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il est pos&#233; au-dessus de deux autres messages, l'un grognant que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e r&#232;gne en ma&#238;tre ici, l'autre que des cam&#233;ras filment tout individu susceptible de s'aventurer par l&#224; &#8211; la bonne ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce panneau s'&#233;tale un dessin de couleur rouge, sympa, presque champ&#234;tre, repr&#233;sentant une petite ferme &#233;panouie au soleil, chouette, avec des arbres fruitiers opulents et un mignon papillon qui vol&#232;te. Et cette mention officielle, d&#233;cern&#233;e par l'Association nationale pour le d&#233;veloppement : &#171; Haute valeur environnementale &#187; (HVE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux se l&#232;vent et si le corps op&#232;re un 360 &#176; de type &lt;i&gt;tour d'horizon&lt;/i&gt;, il est facile de r&#233;sumer la gueule des environs : un grand d&#233;sert de terre ingrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu sauras quand tu seras au bon endroit : &#231;a ressemble &#224; tout sauf &#224; des champs cultiv&#233;s, plut&#244;t &#224; une autre plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, m'assurait un riverain impliqu&#233; dans l'association La T&#234;te dans le sable, Xavier*&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d&#233;sol&#233; par la progression de ce vide que d'aucuns appellent la &#171; &lt;i&gt;mer de plastique&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter qu'il y a peu se trouvait autour de l'endroit d'o&#249; j'observe l'horizon macram&#233; une ferme d'&#233;levage &#224; taille plus &lt;i&gt;humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a d&#233;vor&#233; cette ferme ? Une agro-industrie devenue folle, pratiquant un mara&#238;chage industriel pr&#233;dateur sans que les autorit&#233;s &#8211; locales ou nationales &#8211; ne s'en &#233;meuvent. Au contraire, les accapareurs destructeurs qui la g&#232;rent ont m&#234;me droit &#224; leurs m&#233;dailles, le label HVE permettant (notamment) de toucher des subventions &#233;tant tellement ais&#233; &#224; obtenir que le Mordor du &lt;i&gt;Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; le d&#233;crocherait ais&#233;ment&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les papillons, par contre, c'est mort : pas un camarade h&#233;liophile voletant &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour du &#171; temps des seigneurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des champs comme celui-ci, il y en a beaucoup dans les environs des deux voraces carri&#232;res. Logique, en un sens, puisque ceux qui les cultivent utiliseraient &#224; eux seuls 30 % du sable extrait sur place par GSM et Lafarge. &#171; &lt;i&gt;L'implantation des carri&#232;res attire les mara&#238;chers industriels : les uns s'appuient sur les autres pour d&#233;vaster les environs de concert&lt;/i&gt; &#187;, explique Basile*, l'un des initiateurs des Soul&#232;vements de la Terre. Immenses et secs, ces champs d&#233;natur&#233;s ont envahi le dit &#171; pays de Retz &#187; et sont pour certains couverts d'un hideux plastique noir. D'autres sont saupoudr&#233;s de g&#233;n&#233;reuses couches de sable&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer &#187;, explique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Cela d&#233;pend de l'&#233;poque et des cultures pratiqu&#233;es &#8211; avec une pr&#233;dominance de m&#226;che et de muguet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une constante : ces terres appartiennent &#224; des agriculteurs usant d'une forme d'accaparement rendue possible par le biais de montages soci&#233;taires alambiqu&#233;s&lt;i&gt; [voir l'encadr&#233;]&lt;/i&gt;. Disposant de moyens financiers cons&#233;quents, ils rach&#232;tent les terres &#224; des prix plus &#233;lev&#233;s que celui du march&#233;, rognant ensuite sur les salaires de leurs ouvriers, qui bossent dans des conditions infernales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand j'ai atterri dans le coin, je cherchais un travail et j'ai pris le premier qui se pr&#233;sentait&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Hugo*, longs cheveux blonds, bobine de surfeur sympa et clopiaux &#224; la cha&#238;ne. &#171; &lt;i&gt;C'est comme &#231;a que je me suis retrouv&#233; &#224; bosser sur un champ immense, au beau milieu de la mer de plastique. J'ai tenu deux jours et demi avant de me casser.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait quasiment que des ouvriers agricoles &#233;trangers, amen&#233;s sp&#233;cialement de Roumanie ou du Maroc, et ils trimaient comme des beaux diables sous les invectives de petits chefs bourr&#233;s d&#232;s midi qui leur hurlaient dessus &#224; chaque fois qu'ils ralentissaient la cadence. Et interdiction de parler aux autres employ&#233;s. Un genre d'esclavage moderne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo n'est pas le seul &#224; parler d'esclavage pour d&#233;crire ces conditions de travail, rappelant les immenses exploitations d'Andalousie, avec des ouvriers agricoles ramen&#233;s de pays pauvres, ne parlant pas fran&#231;ais et log&#233;s dans de grands b&#226;timents tristes appartenant &#224; leur employeur. &#171; &lt;i&gt;C'est un monde extr&#234;mement opaque, mais on sait que les patrons paient ces travailleurs d&#233;tach&#233;s au salaire le plus bas possible, avec retenue d'argent pour le logement et des contrats d&#233;rogatoires qui peuvent atteindre les 70 heures par semaine au moment de la r&#233;colte du muguet pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Ronan, de la CGT Sud-Loire, pr&#233;sent &#224; l'action de blocage de la plateforme Oc&#233;ane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin de ces terres toxiques, Xavier r&#233;sume la situation en convoquant le souvenir de feu son p&#232;re agriculteur : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens de ce jour o&#249; il &#233;tait proche de la fin et o&#249; il m'a dit &#8220;Tu sais, j'aurais jamais cru vivre &#231;a, mais avec ces usines &#224; m&#226;che et &#224; muguet on revient &#224; ce qui subsistait encore ici dans l'entre-deux-guerres, le temps des seigneurs et des serfs.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Un terrible constat, partag&#233; par la femme de Xavier, Caroline* : &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que tout &#231;a provoque un gaspillage &#233;norme et a un impact consid&#233;rable sur l'environnement. L'association La T&#234;te dans le sable a bien montr&#233; &#224; quel point ce type de culture est n&#233;faste pour les nappes phr&#233;atiques. On est dans une agriculture de saccage de la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau dantesque, grignotant aussi bien le bocage que les petites exploitations agricoles, c'est peu dire que les autorit&#233;s m&#233;nagent ceux qui m&#232;nent le bal agro-industriel. &#192; l'image d'un certain Jean-Fran&#231;ois Vimet, qui poss&#232;de moult soci&#233;t&#233;s et se pose en &lt;i&gt;tycoon&lt;/i&gt; du muguet, type qui selon des t&#233;moignages unanimes et remont&#233;s ne fait pas franchement figure de symbole d'une agriculture raisonnable. Et pourtant : quand le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux Petites et moyennes entreprises, Alain Griset, se d&#233;placent en avril dernier dans le coin, c'est bien &#224; l'exploitation de ce Vimet qu'ils rendent visite. &#171; &lt;i&gt;Le &#8220;savoir-faire fran&#231;ais&#8221; a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Alain Griset, qualifiant &#8220;d'impressionnante la capacit&#233; des professionnels &#224; pr&#233;parer le muguet pour le jour J&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait pour l'occasion &lt;i&gt;Le Courrier du pays de Retz&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cocorico : le &#171; savoir-faire &#187; des &lt;i&gt;seigneurs&lt;/i&gt; de la terre saccag&#233;e est ici reconnu &#224; sa juste valeur. Parfait symbole d'un microcosme local mazout&#233; par une agro-industrie aux airs de mar&#233;e noire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au carrefour des b&#233;tonneurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, Saint-Colomban ne paye pas de mine &#8211; m&#234;me pas question d&#233;bine. Une petite bourgade de Loire-Atlantique un peu moche, de type pavillonnaire-rural, ne se poussant pas du col. Trois gros milliers d'habitants, une mairie hideuse, des fa&#231;ades proprettes, l'ennui qui plane dans l'air, une vie associative municipale largement financ&#233;e par GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, voil&#224; trac&#233;e la banale esquisse, aux gros pinceaux. Rien de bien notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit pourtant y avoir quelque chose dans l'eau du robinet du coin ou dans le potentiel magouilleur des &#233;lus locaux qui attire les projets inutiles et saccageurs. Comme si les carri&#232;res de sable et l'invasion du mara&#238;chage industriel ne suffisaient pas, deux autres monstruosit&#233;s sont en effet dans les cartons. &#192; quelques kilom&#232;tres au nord-est, &#224; Montbert, c'est Amazon qui a des vues sur un gigantesque terrain. Impliqu&#233;e dans le collectif Anina (Amazon ni ici ni ailleurs), Dominique explique que l'entreprise am&#233;ricaine tentaculaire souhaite construire un espace de stockage de 185 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; et que cela impacterait fortement une r&#233;gion d&#233;j&#224; abonn&#233;e &#224; l'essor de zones d'activit&#233; aussi sordides que polluantes. Et de rappeler que &#171; &lt;i&gt;la Loire-Atlantique est une championne en mati&#232;re de projets inutiles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre candidat au podium de la d&#233;vastation vise, lui, &#224; s'implanter au sud de Saint-Colomban, &#224; Corcou&#233;-sur-Logne. Sa sp&#233;cialit&#233; : le m&#233;thane, soit l'exploitation des d&#233;jections des b&#234;tes d'&#233;levage. Le &#171; &lt;i&gt;m&#233;thaniseur XXL&lt;/i&gt; &#187; et ses trois chemin&#233;es de 50 m&#232;tres de haut, cens&#233;s &#234;tre construits par une multinationale danoise, Nature Energy, pr&#233;sentent en effet un bilan &#233;cologique projet&#233; des plus d&#233;plorables, avec, selon les opposants un risque majeur de pollution des nappes phr&#233;atiques. Il est pr&#233;vu de transformer chaque ann&#233;e 700 000 tonnes de lisier et de fumier en biogaz&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; Pol&#233;mique autour du projet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, n'en jetez plus, la coupe d&#233;gueule, tant il appara&#238;t que sont condens&#233;s dans les environs de Saint-Colomban nombre de calamit&#233;s frappant aussi bien les tenants d'une agriculture paysanne ma&#238;tris&#233;e que les pourfendeurs de la b&#233;tonisation du monde. Une exception ? Pas forc&#233;ment. Plut&#244;t : un condens&#233; de ce d&#233;sert avide que les amoureux du b&#233;ton concoctent dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de ceux qui disent non, la mayonnaise n'a pas pris imm&#233;diatement. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on avait clairement l'impression que tout le monde s'en foutait, que pour les gens des environs c'&#233;tait normal de voir notre environnement d&#233;vast&#233; en mode acc&#233;l&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Hector *, un militant du coin. Il rappelle aussi que les pressions n'ont pas tard&#233;, venues aussi bien des flics que des mara&#238;chers ou des exploitants de la carri&#232;re. Quant au maire de Saint-Colomban, il les accuse d'encourager les zadistes &#224; venir sur place. Nul doute qu'il a appr&#233;ci&#233; ce week-end militant et sa dynamique, que r&#233;sume bien Hector : &#171; &lt;i&gt;Comme on ne ne nous &#233;coutait pas, on a voulu monter d'un cran. C'est pour &#231;a qu'on est all&#233;s &#224; la rencontre des camarades des Soul&#232;vements de la Terre, pour leur proposer d'organiser ensemble ce temps de r&#233;sistance. Il fallait donner plus de r&#233;sonance &#224; nos luttes locales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; si je soul&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante ce week-end de luttes : celui de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Pour rappel : apr&#232;s des ann&#233;es de combat acharn&#233; et de rassemblements pyrotechniques, et malgr&#233; une r&#233;pression relevant parfois de l'occupation militaire, le projet d'a&#233;roport est d&#233;finitivement enterr&#233; en janvier 2018. Une victoire porteuse d'horizons r&#233;jouissants, mais qui ne se passe alors pas sans prises de t&#234;te et de bec, entre ceux qui optent pour la r&#233;gularisation des terres agricoles (360 hectares au total) et d'autres se consid&#233;rant comme les dindons de la farce. Une p&#233;riode complexe, parfois moche, avec des plaies toujours pas referm&#233;es. Quoi qu'il en soit, le lieu reste depuis un territoire d'exp&#233;rimentation et un symbole fort, brassant initiatives et militants. Et c'est sur place qu'&#224; l'&#233;t&#233; 2020 est lanc&#233; un premier rassemblement visant &#224; organiser ces &#171; Soul&#232;vements de la Terre &#187;. Le principe : mettre en branle une campagne de lutte visant &#224; f&#233;d&#233;rer le plus largement possible, incluant, outre les franges les plus autonomes, des acteurs moins &lt;i&gt;attendus&lt;/i&gt;, comme la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou Youth For Climate. En janvier, un appel est r&#233;dig&#233;, qui donne le ton : &#171; &lt;i&gt;Nous ne nous r&#233;soudrons pas &#224; contempler la fin du monde, impuissant.es, isol&#233;.es et enferm&#233;.es chez nous. Nous avons besoin d'air, d'eau, de terre et d'espaces lib&#233;r&#233;s pour explorer de nouvelles relations entre humains comme avec le reste du vivant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean*, historique de la lutte anti-a&#233;roport, tout cela est n&#233; d'un constat concret : &#171; &lt;i&gt;Dans les moments forts du combat, des gens d&#233;barquaient sur la Zad par milliers. Et on se disait toujours qu'il faudrait r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer ces gens au-del&#224; de NDDL une fois la victoire ent&#233;rin&#233;e. C'est l'un des objectifs des Soul&#232;vements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les rassemblements organis&#233;s sont pour l'instant moins &#171; massifs &#187; que ceux de l'embl&#233;matique Zad, ils ont par contre vite suscit&#233; un &#233;lan de propositions concr&#232;tes, qui a pouss&#233; les personnes aux manettes &#224; faire feu de tout bois, ambition au taquet. Sont d&#233;sormais pr&#233;vues trois &#171; saisons &#187;, chacune compos&#233;e de plusieurs &#171; actes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consacr&#233;e &#224; la d&#233;nonciation de l'artificialisation des terres, la premi&#232;re est en cours et a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jalonn&#233;e d'&#233;tapes importantes : en mars &#224; Besan&#231;on, aux Va&#238;tes, pour d&#233;fendre 34 hectares de terres menac&#233;es par un &#233;coquartier ; en avril vers Rennes contre l'extension des installations du club de foot local ; en mai au &#171; Pays de Suc &#187; (Haute-Loire) contre la d&#233;viation de la RN 88 voulue par un certain Laurent &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; Wauquiez ; et en juin, donc, autour de Saint-Colomban (&#233;pisode faisant office de transition avec la saison 2, davantage consacr&#233;e &#224; une th&#233;matique plus sp&#233;cifiquement agricole &#8211; l'accaparement des terres). Quant &#224; la saison 3, il se murmure qu'elle pourrait &#234;tre consacr&#233;e &#224; l'invasion du champ agricole par d'ali&#233;nantes technologies high-tech &#8211; l'agriculture sans humains ? &lt;i&gt;No pasar&#225;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1819.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1214/-1819-3eede.jpg?1782663228' width='500' height='1214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tectonique des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De tout ce joyeux chambard militant, on peut retenir quelques pans particuli&#232;rement encourageants. La volont&#233; de f&#233;d&#233;rer largement, donc, mais aussi le fait de m&#234;ler luttes urbaines et rurales. Et cette impression largement partag&#233;e que, face &#224; l'infinie sinistrose politique du moment, les luttes &#233;colos locales sont l'un des rares horizons porteurs d'espoir. &#171; &lt;i&gt;Ces combats sont souvent vus comme l&#233;gitimes, avec, en face, des gens qui ont de plus en plus de mal &#224; justifier le saccage de l'environnement, &lt;/i&gt;rappelle Jean*. &lt;i&gt;Et c'est en partie pour cela qu'ont &#233;t&#233; obtenues plusieurs victoires importantes&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Outre celle de Notre-Dame-des-Landes, il y a eu par exemple l'abandon du projet d'&#233;coquartier mena&#231;ant le &#8220;Quartier libre des Lentill&#232;res&#8221;, &#224; Dijon. Ou bien celui du Center Parcs de Roybon, dans la for&#234;t de Chambaran, en Is&#232;re, &#224; l'&#233;t&#233; 2020. Et aussi la d&#233;confiture du projet EuropaCity, dans le Triangle de Gonesse, pr&#232;s de Paris, fin 2019. Des luttes ayant mobilis&#233; beaucoup de monde et qui ont &#233;t&#233; influenc&#233;es par l'exemple de la Zad, qui a montr&#233; qu'&#224; condition d'&#234;tre ancr&#233; et d&#233;termin&#233; tu peux faire reculer les bulldozers, ouvrir des br&#232;ches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son de cloche chez les agriculteurs venus participer en tracteurs &#224; l'action contre la coop&#233;rative Oc&#233;ane, &#224; l'image de Dominique, la cinquantaine joviale : &#171; &lt;i&gt;La lutte de Notre-Dame-des-Landes nous a profond&#233;ment chang&#233;s.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Tous ces gens que tu vois d&#233;bouler en tracteur, il y a eu pour eux un avant et un apr&#232;s. Et je suis vraiment heureux d'avoir v&#233;cu &#231;a, parce que &#231;a m'a ouvert &#224; d'autres horizons, malgr&#233; les difficult&#233;s et les engueulades. Je n'aurais par exemple jamais compris les jeunes qui brisent des vitrines en manif sans cette exp&#233;rience. Et on n'attend qu'une chose : relancer un mouvement de masse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Christian, qui ne boude pas son plaisir au moment de d&#233;filer dans Saint-Colomban tous klaxons hurlant apr&#232;s l'action de blocage, avec pause prolong&#233;e devant la mairie si timide face &#224; l'agro-industrie, il estime avoir v&#233;cu &#171; &lt;i&gt;quelque chose d'exceptionnel avec la lutte de Notre-Dame-des-Landes&lt;/i&gt; &#187;, victorieuse selon lui gr&#226;ce &#224; &#171; &lt;i&gt;l'alliance entre agriculteurs locaux, qui avaient besoin d'autres horizons pour donner plus de consistance &#224; la lutte, et militants ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'autres horizons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de plier bagage apr&#232;s trois jours d'actions, manifs, ateliers et rencontres, le sourire est donc de mise. Comme si chacun avait en t&#234;te que, malgr&#233; des forces vives encore limit&#233;es, quelque chose se tisse peu &#224; peu, de bric et de broc, grondant dans l'ombre des saccageurs, se pr&#233;parant &#224; bondir. Sans doute en raison d'un foisonnement difficilement descriptible, lumineux et foutraque, dont certains &#233;l&#233;ments m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La manif du samedi en bordure de carri&#232;res, derri&#232;re un char &#224; la sono taquine, oscillant entre &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; version sovi&#233;tique et tube punk bramant &#171; &lt;i&gt;Si c'est vous le futur nous serons la gu&#233;rilla&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La participation impromptue d'un collectif grenoblois nomm&#233; Les Rallumeurs d'&#233;toiles, sp&#233;cialis&#233; dans la confection de ballons g&#233;ants, envoyant haut dans le ciel de Loire-Atlantique des banderoles antifascistes (&#171; &lt;i&gt;Le fascisme c'est comme la gangr&#232;ne, on l'&#233;limine ou on en cr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;) et des jeux de mots pourraves (&#171; &lt;i&gt;On m&#226;che sur la t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le p&#233;tage de durite d'un mara&#238;cher industriel, d&#233;barqu&#233; vrombissant en Audi grand luxe, alpaguant les bloqueurs de la plateforme logistique d'un furieux &#171; &lt;i&gt;Mais vous m'emp&#234;chez de travailler&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; puis remball&#233; par un vieux de la vieille coutur&#233; de cicatrices : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est bien pour &#231;a qu'on est l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; une &#171; danse de l'ours &#187; collective improvis&#233;e sur la route passant devant la plateforme, bloquant voitures et camions dans un grand n'importe quoi chor&#233;graphique et suscitant pourtant l'enthousiasme klaxonneur de certains routiers &#8211; &lt;i&gt;p&#244;&#244;&#244;&#244;&#244;nnnn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle respiration, donc. Et l'impression sans doute un chou&#239;a na&#239;ve mais tellement bienvenue que ces Soul&#232;vements, &#224; Saint-Colomban comme ailleurs, ne sont que le d&#233;but d'une longue longue lutte. Qui finira, c'est &#233;crit, par renverser la table des zombies saccageurs et ouvrir un nouveau chapitre. Son titre : &#171; Adieu les cons, adieu b&#233;ton &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question fonci&#232;re, nerf de la guerre agricole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est une question centrale des Soul&#232;vements de la Terre &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt;, mais moins connue que celle de l'artificialisation des territoires : l'accaparement des terres agricoles par une petite frange d'agriculteurs, davantage branch&#233;s FNSEA&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; productiviste que paysannerie ma&#238;tris&#233;e &#8211; &#224; l'image des mara&#238;chers industriels de Saint-Colomban. Il est pourtant fondamental de la creuser, d'autant plus au regard de ces chiffres que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne (Conf') s'&#233;chine &#224; r&#233;p&#233;ter : dans dix ans, la moiti&#233; des paysans en activit&#233; seront partis en retraite. Il faut donc tout faire pour que ceux qui les remplacent n'appartiennent pas au camp des grosses exploitations au bilan &#233;cologique et social d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, cette &#233;volution s'inscrit dans un paysage &#233;minemment complexe. Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai discut&#233; avec Morgane, sp&#233;cialiste des questions fonci&#232;res &#224; la Conf'. Elle m'a cont&#233; une histoire peu connue. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des outils visant &#224; assurer une juste r&#233;partition des terres ont &#233;t&#233; mis en place, avec protection des agriculteurs et loyers des terres encadr&#233;s. Dans les ann&#233;es 1960, deux autres outils sont venus appuyer cette base : le contr&#244;le &#233;tatique des structures agricoles, visant &#224; favoriser l'installation de jeunes agriculteurs et &#233;viter l'agrandissement disproportionn&#233; ; et la cr&#233;ation des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer), charg&#233;es de contr&#244;ler la vente du foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la France est donc rest&#233;e plut&#244;t &#171; progressiste &#187; en la mati&#232;re, posant quelques barri&#232;res &#224; la logique capitaliste d'accaparement effr&#233;n&#233;. Mais progressivement ces outils ont perdu leur sens. De m&#234;me que les labels de type &#171; Haute valeur environnementale &#187; ne signifient plus grand-chose, que les aides de la PAC (Politique agricole commune) pleuvent sur l'agriculture industrielle, que les Safer sont sous influence FNSEA, la r&#233;gulation &#233;tatique de la r&#233;partition des terres est devenue une vaste blague. &#171; &lt;i&gt;Ils ont rendu impuissants des outils qui avaient fait leurs preuves&lt;/i&gt; &#187;, explique Morgane. S'il est impossible d'entrer ici dans tous les d&#233;tails techniques, il convient de mentionner la g&#233;n&#233;ralisation des &#171; montages soci&#233;taires &#187; chez les agriculteurs visant &#224; s'&#233;tendre, soit la mat&#233;rialisation d'une financiarisation du secteur, permettant de d&#233;jouer les cadres r&#233;gulateurs. Et Morgane de mentionner le cas d'un agriculteur de Loire-Atlantique poss&#233;dant une soixantaine de soci&#233;t&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le contr&#244;le des structures ne s'applique plus et cela se fait au b&#233;n&#233;fice des grands propri&#233;taires et de l'agriculture financiaris&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-elle. Avant de nuancer le constat : &#171; &lt;i&gt;Cela concerne aussi les exploitants de taille normale, pouss&#233;s &#224; s'&#233;tendre toujours plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est immense. Ce que rappelle Manon*, paysanne du coin impliqu&#233;e dans un groupe de jeunes agriculteurs cherchant des solutions &#224; cette tendance de fond : &#171; &lt;i&gt;Il y a plein de mani&#232;res de faire ce m&#233;tier en &#233;vitant l'agrandissement. Mais les investisseurs sont aux aguets, pr&#234;ts &#224; sauter sur tout agriculteur partant &#224; la retraite. Nous ce qu'on voudrait c'est trouver des mani&#232;res de convaincre ces derniers qu'il vaut mieux transmettre &#224; des jeunes souhaitant s'installer, qu'on sera l&#224; pour les accompagner dans ce moment difficile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est compliqu&#233; de combattre l'accaparement, car c'est moins spectaculaire que l'artificialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique Thomas, jeune paysan affili&#233; &#224; la Conf' de Haute-Vienne, d&#233;cid&#233; &#224; ruer dans les brancards ruraux. Et Ben, son camarade, de compl&#233;ter le propos : &#171; &lt;i&gt;Tout pousse les agriculteurs &#224; s'agrandir, des subventions de la PAC au discours ambiant. On ne veut pas pointer du doigt ceux qui tombent dedans, mais simplement rappeler que, comme l'usage des pesticides, c'est une question syst&#233;mique. Qui appelle une r&#233;ponse de fond.&lt;/i&gt; &#187; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, le second 49 hectares pour 350 000 tonnes. Depuis leur ouverture il y a vingt ans, 10 millions de tonnes de sable ont &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait notamment au Sch&#233;ma de coh&#233;rence territorial (SCOT).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en usant de quelques artifices de type replantage d'arbres en bord de terrains. Voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-ministre-de-l-Agriculture-fait-une-PAC-pour-les-gros-et-pas-pour-le-bio&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ministre de l'Agriculture fait une PAC pour les gros et pas pour le bio&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer&lt;/i&gt; &#187;, explique Christian, agriculteur, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est une technique qui gaspille beaucoup, parce qu'il faut toujours en remettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://actu.fr/pays-de-la-loire/saint-philbert-de-grand-lieu_44188/loire-atlantique-en-visite-chez-un-producteur-de-muguet-deux-ministres-confirment-les-mesures-pour-le-1er-mai_41410289.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les mesures pour le 1er mai&lt;/a&gt; &#187; (28/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; &lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/loire-atlantique-polemique-autour-du-projet-methaniseur-xxl-corcoue-logne-1897932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pol&#233;mique autour du projet de m&#233;thaniseur XXL &#224; Corcou&#233;-sur-Logne&lt;/a&gt; &#187; (23/11/20). Notons que ce projet pose de nombreux probl&#232;mes &#233;cologiques, notamment de par sa production de &#171; digestat &#187;, ensuite massivement &#233;pandu dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; tenant &#224; rectifier la formulation de ses propos, et donc (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement) diff&#233;rente de celle figurant dans la version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en faveur d'une vision ultra-productiviste de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guerre des terres &#224; la Zad</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin. C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cumulards" rel="tag"&gt;cumulards&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2430-f8400.jpg?1783032629' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la redistribution des terres anciennement promises &#224; la b&#233;tonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, ces derni&#232;res appartiennent encore &#224; l'&#201;tat qui les avait pr&#233;empt&#233;es pour Vinci en vue de la construction de l'a&#233;roport. Mais depuis que le projet a &#233;t&#233; enterr&#233;, le gouvernement a charg&#233; un comit&#233; de pilotage&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de trancher la question suivante : &#224; qui doit revenir l'usage des terres agricoles ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas tout perdre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La poign&#233;e de paysans r&#233;sistants qui avaient refus&#233; de c&#233;der aux sir&#232;nes financi&#232;res des am&#233;nageurs &#8211; 370 hectares de terres au total &#8211; devraient a priori se voir r&#233;-attribuer l&#233;galement leurs parcelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine phase d'expulsion et d'invasion militaire de la Zad, des occupants ont pour leur part sign&#233; en juin une quinzaine de conventions d'occupation pr&#233;caire (COP) pour un ensemble de terres repr&#233;sentant 170 hectares. &#171; &lt;i&gt;Certains paysans occupants avait d&#233;j&#224; envie d'obtenir un bail rural pour s&#233;curiser leur avenir en cas d'abandon du projet,&lt;/i&gt; explique Camille, un occupant qui a sign&#233; une COP. &lt;i&gt;Mais pour beaucoup d'entre nous, le choix de formes collectives de p&#233;rennisation, incluant une l&#233;galisation partielle, est venu s'ajouter &#224; la r&#233;sistance sur le terrain pour contrer l'attaque frontale de l'&#201;tat au printemps dernier. Il fallait contenir la destruction des lieux de vie pour ne pas tout perdre. Et nous nous battons depuis pour des cadres stables qui permettent de garder des marges de libert&#233; et d'autonomie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie de l&#233;galisation des terres qui a suscit&#233; des d&#233;bats houleux et de vives tensions entre les occupants. Le collectif Radis-Co a ainsi fustig&#233; cette tentative de n&#233;gociation avec l'&#201;tat qui, selon lui, &#171; &lt;i&gt;vide de contenu politique notre pr&#233;sence ici&lt;/i&gt; &#187; et ouvre les portes &#224; la normalisation de la Zad&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zadresist.antirep.net&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH651/-933-58ad9.jpg?1782751931' width='400' height='651' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les revenants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, au-del&#224; du danger inh&#233;rent au fait de discuter avec les autorit&#233;s &#233;tatiques, une autre menace plane sur les terres : la convoitise des anciens cultivateurs du coin. Nombre d'agriculteurs, dont les champs &#233;taient concern&#233;s par le futur a&#233;roport, ont &#233;t&#233; grassement indemnis&#233;s pour avoir accept&#233; de l&#226;cher leurs parcelles aux b&#233;tonneurs. Ils ont par ailleurs &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement prioritaires sur l'octroi de terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad. Certains ont m&#234;me continu&#233; &#224; percevoir des aides agricoles publiques sur les champs qu'ils exploitaient avant le mouvement d'occupation. &#171; &lt;i&gt;Mais aujourd'hui, ces &#8220; cumulards &#8221;, comme on les surnomme par ici, veulent r&#233;cup&#233;rer ces terres, &lt;/i&gt;s'indigne une occupante de la Zad. &lt;i&gt;En quelque sorte, ils veulent le beurre et l'argent du beurre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unis dans une association baptis&#233;e Amelaza, ces agriculteurs, proche de la Chambre d'agriculture et de la FNSEA &#8211; le syndicat agricole majoritaire &#8211;, revendiquent le droit de revenir cultiver plus de 500 hectares de terres arables sur la Zad. Une fa&#231;on pour eux d'agrandir leur exploitation afin de d&#233;clarer plus de surface agricole et&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; toucher plus d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu politique est de taille quand on sait qu'en France, l'installation pour les jeunes est un vrai chemin de croix et que la moiti&#233; des terres agricoles sont concentr&#233;es aux mains de 10 % des exploitants. Pour les habitants de la Zad, &#171; &lt;i&gt;les terres lib&#233;r&#233;es par l'abandon du projet d'a&#233;roport doivent aller en priorit&#233; &#224; de nouvelles installations de jeunes paysans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; &#171; R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Aux antipodes de l'imaginaire paysan port&#233; par les occupants, l'accaparement des terres par les &#171; cumulards &#187; laisse entrevoir le retour sur la Zad du productivisme agricole. Une vision industrielle de l'agriculture dont les pratiques intensives sont n&#233;fastes &#224; la biodiversit&#233; et qui conduit chaque semaine 200 fermes du pays &#224; mettre la cl&#233; sous porte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;nager la ch&#232;vre et le chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 12 octobre dernier, se tenait &#224; Nantes la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; de pilotage apr&#232;s la signature des quinze COP par les occupants. En soutien &#224; la Zad, une soixantaine de tracteurs stationnait sous les fen&#234;tres de la pr&#233;fecture avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Oui &#224; l'installation, non &#224; l'agrandissement&lt;/i&gt; &#187;. Au sortir du comit&#233;, Nicole Klein, la pr&#233;f&#232;te de R&#233;gion, se targuait par communiqu&#233; de presse : &#171; &lt;i&gt; Nous travaillons pour arriver &#224; une r&#233;partition &#233;quilibr&#233;e des terres qui permette &#224; tous d'envisager le plus sereinement possible leur avenir ensemble sur ce territoire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a d&#233;cid&#233; de couper la poire en deux pour tenter de satisfaire tout le monde&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che quant &#224; lui Camille. La pr&#233;fecture s'est en effet engag&#233;e &#224; transformer les quinze COP en baux ruraux. 30 &#224; 40 hectares de champs d&#233;j&#224; occup&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es mais toujours revendiqu&#233;s par les &#171; cumulards &#187; devraient finalement revenir au mouvement&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Enfin, &#224; la suite de d&#233;parts en retraite d'agriculteurs d'ici fin 2019, des nouvelles installations &#8211; &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; d'occupants &#8211; seront privil&#233;gi&#233;es sur 152 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui indigne l'ensemble du mouvement, ce sont plus de 300 hectares de terres agricoles qui reviendraient &#224; l'Amelaza. Les habitants de la Zad r&#233;clament en amont un diagnostic foncier clair pour chacun des &#171; cumulards &#187;, afin de savoir dans quelle mesure ils se sont agrandis et gav&#233;s de primes agricoles. Le consultant qui a r&#233;alis&#233; l'&#233;tat des lieux agricoles pour le comit&#233; de pilotage est en effet salari&#233; par la Chambre d'agriculture &#8211; qui s'est toujours positionn&#233;e contre l'occupation de la Zad &#8211; et a m&#234;me conseill&#233; les &#171; cumulards &#187; lors de la cr&#233;ation de leur association Amelaza !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il reste aussi 188 hectares &#224; voir au cas par cas et sur une partie desquels des projets li&#233;s au mouvement pourraient s'installer&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Camille. Quant &#224; la for&#234;t de Rohanne, en plein c&#339;ur de la Zad, la pr&#233;fecture a annonc&#233; de mani&#232;re floue que sa gestion serait partag&#233;e entre l'Office national des for&#234;ts (ONF) et Abracadabois, un collectif d'occupants et artisans qui a pris soin de ce bois avec une vision de l'arbre &#224; la charpente. L'objectif est que les usagers de la for&#234;t gardent le plus d'autonomie possible sur la gestion et qu'Abracadabois ne devienne pas un simple prestataire de service pour l'ONF.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre racine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s les premiers rendus de ce comit&#233; de pilotage, des habitants de la Zad ont resem&#233; un m&#233;lange c&#233;r&#233;alier &#224; la No&#235; Verte, sur une parcelle de 6 hectares revendiqu&#233;e par un &#171; cumulard &#187;. Et une cinquantaine de trous ont &#233;t&#233; creus&#233;s pour accueillir les nouveaux arbres fruitiers d'un verger mis en place l'an dernier avec un r&#233;seau d'&#233;piceries autog&#233;r&#233;es du pays nantais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous continuons de nous projeter vers l'avenir. Nous r&#233;fl&#233;chissons d&#233;j&#224; &#224; comment reconstruire sur les sites des anciens habitats d&#233;truits dans le cadre du projet d'a&#233;roport,&lt;/i&gt; souligne Camille. &lt;i&gt;L'&#201;tat a cherch&#233; &#224; nous isoler, en nous faisant signer des conventions individuelles. Mais nous persistons dans notre volont&#233; d'avoir une gestion collective des terres par l'ensemble du mouvement, avec un bail, voire m&#234;me un rachat des parcelles. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de pilotage se r&#233;unira &#224; nouveau mi-f&#233;vrier, entre autres pour prendre position de nouveau sur la r&#233;partition de l'usage des terres. D'ici l&#224; les arbres du verger de la No&#235; Verte auront d&#233;j&#224; pris racine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre d'agriculture, les syndicats agricoles, les associations des agriculteurs historiques, la communaut&#233; de communes, le D&#233;partement et les services de l'&#201;tat. Les occupants, Copain 44, l'Acipa et les Naturalistes en luttes ont refus&#233; d'y si&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://zadresist.antirep.net/HomePage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zadresist.antirep.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il faut un vrai diagnostic foncier !&lt;/i&gt; &#187;, 12 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme</title>
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		<dc:date>2015-08-25T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>terres agricoles</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-arables" rel="tag"&gt;terres arables&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernements" rel="tag"&gt;gouvernements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, &lt;i&gt;Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme&lt;/i&gt;, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue de l'&#201;chiquier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/troubandeau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH179/troubandeau-80595.jpg?1782791790' width='500' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; &#233;crire un livre sur l'acquisition des terres arables dans les pays du Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stefano Liberti :&lt;/strong&gt; Lors de la crise alimentaire de 2008, j'ai &#233;t&#233; envoy&#233; aux &#201;tats-Unis et au Br&#233;sil par la t&#233;l&#233; italienne pour r&#233;aliser un documentaire sur la flamb&#233;e des prix des produits alimentaires de base (soja, bl&#233;, sucre...). &#192; la Bourse de Chicago, o&#249; l'on fixe leurs valeurs financi&#232;res, des &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; m'ont confi&#233; que le futur des placements boursiers &#233;tait dans l'achat de terres agricoles et, &#224; terme, le contr&#244;le total de la cha&#238;ne de production alimentaire. Entre 2008 et 2009, les transactions fonci&#232;res avaient d&#233;j&#224; tripl&#233; et, trois ans plus tard, plus de 200 millions d'hectares &#233;taient accapar&#233;s dans le monde (quatre fois la surface de la France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut ensuite l'affaire Daewoo en 2009 : l'entreprise priv&#233;e cor&#233;enne avait alors obtenu un bail pour l'exploitation de plus d'un million d'hectares de surfaces agricoles &#224; Madagascar, soit la moiti&#233; des terres arables du pays. Face &#224; ce scandale qui a donn&#233; le premier coup de projecteur sur ce ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement, le gouvernement malgache a recul&#233;. Entre-temps, ma maison d'&#233;dition m'a pouss&#233; &#224; mener une enqu&#234;te de terrain sur l'accaparement des terres &#224; travers quatre continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les principaux acteurs de cet accaparement g&#233;n&#233;ralis&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux types d'acteurs dans ce processus. Premi&#232;rement, les &#201;tats, notamment ceux du Golfe persique (Arabie Saoudite, Qatar, Duba&#239;...), qui s'accaparent des terres, directement ou via des entrepreneurs locaux dans des pays africains proches, tels l'&#201;thiopie ou le Soudan du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays poss&#233;dant peu de terres arables, leur strat&#233;gie est de contr&#244;ler directement des terres &#233;trang&#232;res pour assurer leur propre s&#233;curit&#233; alimentaire : les productions cultiv&#233;es en Afrique sont ainsi ensuite import&#233;es directement au pays accapareur. Mais c'est une strat&#233;gie qui a montr&#233; ses limites, car fluctuante selon le bon gr&#233; des gouvernements africains en place. Elle fait aussi face &#224; des r&#233;sistances au sein m&#234;me des pays du Golfe persique o&#249; de nombreux acteurs &#233;conomiques jugent qu'il s'agit l&#224; de mauvais investissements &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les fonds d'investissement (fonds de pension, &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;) sont pr&#233;pond&#233;rants dans l'accaparement des terres. Apr&#232;s la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, ces fonds sp&#233;culatifs ont transf&#233;r&#233; leurs placements de l'immobilier vers les terres agricoles, jug&#233;es plus rentables, et o&#249; l'on esp&#232;re jusqu'&#224; 25% de retour sur investissement. Ce sont autant des fonds d'investissements europ&#233;ens qui font produire des agrocarburants au S&#233;n&#233;gal que des entreprises br&#233;siliennes qui cultivent du soja sur des centaines de milliers d'hectares au Mozambique, pour l'exporter sur les march&#233;s asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ainsi se mettre en place toute une financiarisation de la cha&#238;ne de production alimentaire &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ces fonds &#233;laborent des contrats de fermage pour 25 &#224; 100 ans, mais n'exploitent la terre que 5 ans durant : c'est une strat&#233;gie &#224; tr&#232;s court terme, avec pour objectif de tirer le plus de b&#233;n&#233;fices possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les cons&#233;quences locales de cette confiscation des terres ? Les pays du Sud ne sont-ils pas d'une certaine mani&#232;re complices ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des pays du Sud qui louent ces terres consid&#232;rent qu'ils ont besoin d'investissements &#233;trangers pour d&#233;velopper leur agriculture et mettre en &#339;uvre une r&#233;volution agricole dans leur pays. Au Liberia par exemple, un tiers du territoire national a fait l'objet de transactions fonci&#232;res en moins de cinq ans. Or les retomb&#233;es des flux financiers sont nulles, voire catastrophiques pour la population ; d'abord en raison de la corruption inh&#233;rente &#224; ce type de transactions, mais aussi &#224; cause de la nature des contrats de bail. Certains gouvernements sont revenus sur les contrats &#233;tablis entre 2008 et 2010, car ils louaient la terre pour une bouch&#233;e de pain (un dollar par hectare et par an), et ce, sans aucune contre-partie. L'accaparement a surtout lieu en Afrique, plus particuli&#232;rement en &#201;thiopie, au Soudan du Sud, en Tanzanie ou au Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que la question du droit de propri&#233;t&#233; de la terre agricole n'est pas encore r&#233;solu sur le continent. La terre est consid&#233;r&#233;e comme appartenant &#224; l'&#201;tat qui y laisse appliquer le droit coutumier local, mais qui peut intervenir &#224; tout moment pour expulser les paysans afin d'y laisser s'installer les tenanciers de l'agro-business. C'est un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s violent, puisque les paysans, alors chass&#233;s de leurs terres, sont ensuite souvent employ&#233;s comme ouvriers agricoles au sein de l'entreprise qui poss&#232;de leurs anciennes terres. Ils se font ainsi spolier leurs propres moyens de subsistance, amenant certains &#224; fuir leur r&#233;gion pour venir trouver du travail dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l'&#233;volution de l'accaparement des terres ? Quelles sont les r&#233;sistances mises en place ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la tendance &#224; l'accaparement des terres continue&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet qui cartographie les transactions financi&#232;res mondiales li&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, mais il se fait plus discret, avec des cas moins spectaculaires, moins violents. Il existe aussi certains pays, telle la Chine, qui se refusent &#224; avoir une strat&#233;gie d'accaparement des terres en Afrique : elle estime que c'est un secteur trop sensible, qui lui donnerait une image n&#233;ocoloniale. Mais il y a une autre raison : le continent africain est trop loin de l'Asie pour importer avantageusement les productions agricoles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, &#224; force de travail d'information, notamment via certaines ONG internationales, les gouvernements et les paysans sont plus attentifs &#224; cette probl&#233;matique. Des mouvements paysans li&#233;s &#224; la Via Campesina&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement international qui rassemble paysan-nes, travailleur-ses agricoles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ou encore le Roppa, le r&#233;seau des organisations paysannes et des producteurs de l'Afrique de l'Ouest, ont r&#233;ussi &#224; d&#233;passer les revendications et les luttes uniquement centr&#233;es sur la d&#233;fense des droits des populations rurales. Certaines de ces organisations appellent &#224; r&#233;occuper collectivement les terres accapar&#233;es, et elles tiennent un discours plus large sur la souverainet&#233; alimentaire, l'exode rural, affirmant d&#233;sormais que l'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme. Mais cette lutte reste difficile pour certains pays o&#249; il n'existe quasiment aucune soci&#233;t&#233; civile : en &#201;thiopie, l'accaparement des terres reste un sujet tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est ici dans un conflit mondial entre deux mod&#232;les de production, deux cultures diff&#233;rentes. Encourag&#233;s par les recommandations de la Banque mondiale et de la FAO, les gouvernements pensent que seul le mod&#232;le agro-industriel fonctionne ; ils promeuvent donc la monoculture intensive et la course au productivisme &#8211; au lieu de soutenir l'agriculture paysanne et le d&#233;veloppement rural local. &#192; l'heure actuelle, ces deux mod&#232;les sont en confrontation, une bataille qui, dans les vingt ann&#233;es &#224; venir, va totalement reconfigurer les &#233;quilibres agricoles de la plan&#232;te...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;France : Le sel de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/France-Le-sel-de-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terre accapar&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Projet qui &lt;a href=&#034;http://www.landmatrix.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cartographie&lt;/a&gt; les transactions financi&#232;res mondiales li&#233;es &#224; l'accaparement des terres agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://viacampesina.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvement international&lt;/a&gt; qui rassemble paysan-nes, travailleur-ses agricoles, indig&#232;nes et migrant-es pour d&#233;fendre l'agriculture paysanne face &#224; l'agro-industrie et la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France : Le sel de la terre accapar&#233;e</title>
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		<dc:date>2015-08-23T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>agricole</dc:subject>
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		<dc:subject>terres agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD sort</dc:subject>
		<dc:subject>Bollor&#233; sortent</dc:subject>
		<dc:subject>sortent d'une</dc:subject>
		<dc:subject>paysans sortent</dc:subject>
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		<dc:subject>sinistres actionnaires</dc:subject>
		<dc:subject>assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure m&#234;me o&#249; ce clinquant num&#233;ro de CQFD sort des presses (juin 2015), les sinistres actionnaires du groupe Bollor&#233; sortent de leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle et des milliers de paysans sortent d'une s&#233;rie d'occupations de plantations en Afrique de l'Ouest. C'est que le fleuron entrepreneurial fran&#231;ais poss&#232;de plus de 100 000 hectares de plantations industrielles sur le continent. Rien qu'au Cameroun, 6 000 paysans ont vu 40 000 hectares de leurs terres accapar&#233;es par les app&#233;tits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH380/motocu-65d15.jpg?1782640159' width='500' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure m&#234;me o&#249; ce clinquant num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sort des presses (juin 2015), les sinistres actionnaires du groupe Bollor&#233; sortent de leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle et des milliers de paysans sortent d'une s&#233;rie d'occupations de plantations en Afrique de l'Ouest. C'est que le fleuron entrepreneurial fran&#231;ais poss&#232;de plus de 100 000 hectares de plantations industrielles sur le continent. Rien qu'au Cameroun, 6 000 paysans ont vu 40 000 hectares de leurs terres accapar&#233;es par les app&#233;tits fonciers de Bollor&#233;. R&#233;voltes villageoises, blocages des plantations, et aujourd'hui occupations, jalonnent depuis deux ans un rude combat men&#233; par ces paysans expropri&#233;s. Mais cette lutte n'est que la face &#233;merg&#233;e d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008 : l'accaparement des terres agricoles des pays du Sud par des groupes financiers et certains pays (Qatar, &#201;mirats arabes) &#224; des fins sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Artificialisation des terres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus discret et plus complexe, en France, l'accaparement des terres se manifeste sous de multiples visages. En 30 ans, les surfaces urbaines ont augment&#233; de plus de 40 %, avalant des kilom&#232;tres de terres agricoles pour toujours plus de zones pavillonnaires sordides et autres &#171; zones d'activit&#233;s &#187;. Cette b&#233;tonisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e est partie pour s'amplifier dans les ann&#233;es &#224; venir. Dans leur projet de r&#233;forme territoriale, les socialistes ont vot&#233; l'an dernier la &#171; loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des m&#233;tropoles &#187;, dite loi Mapam. Il s'agit entre autres de cr&#233;er par d&#233;cret des m&#233;tropoles de plus de 400 000 habitants, futurs porte-avions de la croissance. Nos campagnes ne seront plus &#224; terme que des espaces r&#233;cr&#233;atifs pour urbains en mal de nature ou des zones de production industrielle au service de villes-monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;ga-fermes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation de l'agriculture a &#233;galement men&#233; &#224; la concentration des terres aux mains des plus gros exploitants. La lib&#233;ralisation du march&#233; conduit &#224; une terrible &#233;quation : face &#224; la comp&#233;titivit&#233; mondiale et &#224; la baisse des prix, il faut produire plus de volume. Les exploitations agricoles n&#233;cessitent donc de plus en plus de terres et de technologies, d&#233;truisant nombre de petites fermes. 60 % des exploitations fran&#231;aises de moins de 20 hectares ont ainsi disparu en trente ans, et d&#233;sormais, la moiti&#233; des terres cultiv&#233;es en France sont aux mains de 10 % des exploitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et visiblement, les politiques publiques n'y changeront rien. &#192; l'&#233;chelle europ&#233;enne, la Politique agricole commune (PAC), r&#233;form&#233;e l'an dernier, continue &#224; r&#233;mun&#233;rer les agriculteurs moins pour la qualit&#233; de leurs produits qu'en fonction du nombre d'hectares qu'ils poss&#232;dent, les poussant &#224; l'agrandissement permanent. La PAC a &#233;galement mis fin cette ann&#233;e aux quotas laitiers mis en place en 1984 pour diminuer les exc&#233;dents de production. Seul le march&#233; mondial r&#233;gulera d&#233;sormais le prix du lait, et seul celui qui produira en masse et &#224; bas prix s'en sortira gagnant. Dans l'Ouest, les gros &#233;leveurs ont d&#233;j&#224; investi dans des outils de traite plus performants, se sont procur&#233;s des races de vaches plus productrices et ont surtout &#233;tendu leur surface agricole pour remporter ce nouveau front de la guerre &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Foncier verrouill&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, si le minist&#232;re de l'Agriculture clame haut et fort vouloir hisser notre pays au titre de champion de l'agro-&#233;cologie, la loi pour l'avenir agricole vot&#233;e &#224; l'automne dernier ne bouscule en rien les verrous de l'acc&#232;s au foncier. Les Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer) continuent &#224; &#234;tre des organismes parapublics opaques qui participent &#224; la concentration des terres aux mains des plus gros propri&#233;taires. En 2013, la Cour des comptes accusait m&#234;me les Safer d'avoir &#171; &lt;i&gt;perdu de vue les missions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dont elles &#233;taient investies&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire l'installation de jeunes. En 2012, sur les 88 000 hectares r&#233;troc&#233;d&#233;s par la Safer, seulement 2 700 concernaient la premi&#232;re installation de jeunes agriculteurs... Alors qu'en dix ans, un quart des agriculteurs a disparu en France, les d&#233;marches pour l'installation demeurent un v&#233;ritable parcours du combattant pour tout jeune paysan. Les diff&#233;rentes &#233;tapes et structures (Chambre d'agriculture, commission d&#233;partementale d'orientation agricole, mutuelle sociale agricole...) li&#233;es &#224; l'installation agricole restent aux mains de la FNSEA, le syndicat productiviste majoritaire. Face &#224; ces emb&#251;ches, aujourd'hui, seul un tiers des installations arrive &#224; b&#233;n&#233;ficier d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accaparements en meute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re trouvaille dans l'arsenal des politiques publiques, la &#171; compensation collective agricole &#187;, inscrite dans la loi d'avenir agricole, prendra effet en 2016. Tous les projets d'am&#233;nagement &#171; &lt;i&gt; susceptibles d'avoir des cons&#233;quences n&#233;gatives importantes sur l'&#233;conomie agricole&lt;/i&gt; &#187; devront comprendre &#171; &lt;i&gt;des mesures de compensation collective visant &#224; consolider l'&#233;conomie agricole du territoire&lt;/i&gt; &#187;. Au vu des premi&#232;res exp&#233;rimentations en cours, la FNSEA, aux manettes de ce dispositif, a pour ambition d'en faire un nouvel outil de concentration des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le cadre du projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique a-t-elle d&#233;fini avec Vinci un futur &#171; fonds de compensation &#233;conomique agricole &#187; de 3 millions d'euros qui pourrait soutenir &#224; terme la culture d'agrocarburants et des acquisitions de terres. En &#206;le-de-France, une mesure de compensation collective agricole s'est entre autres traduite par un vaste engagement d'achats de produits ol&#233;agineux aupr&#232;s de Diester, filiale agrocarburants en mauvaise sant&#233; financi&#232;re de Sofiprot&#233;ol, groupe agro-industriel dirig&#233; par Xavier Beulin, pr&#233;sident de la FNSEA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petit lait chinois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements &#233;trangers dans le foncier agricole se multiplient &#233;galement. Ces trois derni&#232;res ann&#233;es, des investisseurs chinois ont mis la main sur une centaine de domaines bordelais. Un fonds de pension belge a d&#233;j&#224; rachet&#233; des centaines d'hectares dans le nord de la France. En Bretagne, Synutra, g&#233;ant de la nutrition infantile en Chine, fait actuellement construire &#224; Carhaix une &#233;norme usine de transformation de lait. &#192; partir de 2016, 700 &#233;leveurs livreront un million de litres &#224; Synutra qui l'exportera en poudre de lait pour les nourrissons de la classe moyenne chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette hydre de l'accaparement sp&#233;culatif, de nombreuses luttes paysannes, syndicales ou autonomes, souvent discr&#232;tes mais jamais d&#233;courag&#233;es, ambitionnent de remettre en question la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre ou de se r&#233;approprier la production alimentaire. Ces luttes sont de moins en moins cloisonn&#233;es &#224; la profession agricole et peut rassembler autant des jeunes paysans sans terre que des ruraux exc&#233;d&#233;s par la b&#233;tonisation de leur territoire. Un terreau de r&#233;sistances riches en imaginaires fertiles pour d&#233;fricher de nouveaux rapports collectifs &#224; la terre et s'&#233;manciper d'un mod&#232;le agricole productiviste d&#233;finitivement &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au sommaire du 133</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-133</link>
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		<dc:date>2015-06-05T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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		<dc:subject>Guillaume</dc:subject>
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		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;rons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin. Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. Et aussi sur Canal Sud ! En Une : &#034;Lib&#233;rons les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit" rel="tag"&gt;Beno&#238;t&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton1577-ef3c7.jpg?1783079204' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?Un-vent-de-contestation-souffle-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Lib&#233;rons les terres&#034; par &lt;a href=&#034;http://benoitguillaume.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier : Lib&#233;rons les terres !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure m&#234;me o&#249; ce clinquant num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sort des presses, les sinistres actionnaires du groupe Bollor&#233; sortent de leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle et des milliers de paysans sortent d'une s&#233;rie d'occupations de plantations en Afrique de l'Ouest. C'est que le fleuron entrepreneurial fran&#231;ais poss&#232;de plus de 100 000 hectares de plantations industrielles sur le continent. Rien qu'au Cameroun, 6 000 paysans ont vu 40 000 hectares de leurs terres accapar&#233;es par les app&#233;tits fonciers de Bollor&#233;. R&#233;voltes villageoises, blocages des plantations, et aujourd'hui occupations, jalonnent depuis deux ans un rude combat men&#233; par ces paysans expropri&#233;s. Mais cette lutte n'est que la face &#233;merg&#233;e d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008 : l'accaparement des terres agricoles des pays du Sud par des groupes financiers et certains pays (Qatar, &#201;mirats arabes) &#224; des fins sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus discret et plus complexe, en France, l'accaparement des terres se manifeste sous de multiples visages. En 30 ans, les surfaces urbaines ont augment&#233; de plus de 40 %, avalant des kilom&#232;tres de terres agricoles pour toujours plus de zones pavillonnaires sordides et autres &#171; zones d'activit&#233;s &#187;. Cette b&#233;tonisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e est partie pour s'amplifier dans les ann&#233;es &#224; venir. Dans leur projet de r&#233;forme territoriale, les socialistes ont vot&#233; l'an dernier la &#171; loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des m&#233;tropoles &#187;, dite loi Mapam. Il s'agit entre autres de cr&#233;er par d&#233;cret des m&#233;tropoles de plus de 400 000 habitants, futurs porte-avions de la croissance. Nos campagnes ne seront plus &#224; terme que des espaces r&#233;cr&#233;atifs pour urbains en mal de nature ou des zones de production industrielle au service de villes-monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, &lt;i&gt;Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme&lt;/i&gt;, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue de l'&#201;chiquier. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre le marteau de la m&#233;tropole et l'enclume de l'agro-industrie : Politiques de terres vol&#233;es &gt;&lt;/strong&gt; Depuis quelques ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a pris de l'ampleur, et avec lui ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment sur le continent africain et en Europe de l'Est. En France, on ne conna&#238;t pas pour l'instant d'investissements massifs visant les terres de la part des grandes entreprises multinationales. Pour autant, on peut bien parler de confiscation du foncier agricole, qui se d&#233;veloppe de diff&#233;rentes mani&#232;res, plus ou moins insidieuses. Petite typologie non exhaustive de ce qui prive les paysans et paysannes de leur outil de production. Analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;forme agraire contre la concentration des terres ? : Le nerf de l'agraire &gt; &lt;/strong&gt; Reprendre la terre aux grands propri&#233;taires pour la redistribuer aux sans-terre. Si l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;forme agraire est peu pr&#233;sente au sein du mouvement paysan, le collectif breton &#171; &#201;cole Paysanne 35 &#187; tente de remettre la collectivisation des terres agricoles au centre des d&#233;bats. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ZAP pour zapper la sp&#233;culation &gt; &lt;/strong&gt; En France, des propri&#233;taires terriens laissent en friche leurs parcelles &#224; des fins sp&#233;culatives &#8211; alors que les terres agricoles se rar&#233;fient. Michel Apostolo, responsable de la commission fonci&#232;re &#224; la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, a particip&#233; &#224; une action de remise en culture de terres dans le Vaucluse. Rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Renouer avec un imaginaire d'autonomie &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Clin d'&#339;il &#224; Reclaim the streets, mouvement anglais des ann&#233;es 1990, Reclaim the fields a men&#233; des actions d'occupations face &#224; divers projets d'am&#233;nagement. Retour avec une &#233;toile de cette &#171; constellation &#187; sur cinq ans de luttes et de rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/cq-bb5e9.jpg?1782655509' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le social : La chasse aux fraudeurs est ouverte &gt;&lt;/strong&gt; V&#233;ritable gimmick du quinquennat sarkozyste, la lutte contre la fraude sociale trouve un nouveau souffle sous le gouvernement hollandais. Avec pour objectif affich&#233; de sauver les derniers vestiges de l'&#201;tat social, elle reste l'un des nombreux avatars de la guerre aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mexique : Une guerre ? &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Que faut-il faire pour que vous parliez de nous ? Casser des vitrines ?&lt;/i&gt; &#187; Ainsi nous houspillait Omar Garc&#237;a lors d'une conf&#233;rence de presse tenue &#224; Marseille au d&#233;but du mois dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Social : Nouveaux th&#233;s chez les ex-Fralib &gt;&lt;/strong&gt; Le th&#233; et les infusions des ex-Fralib &#171; &lt;i&gt;&#233;veillent les consciences et r&#233;veillent les papilles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Royaume-Uni : Working class zero &gt;&lt;/strong&gt; Le must de l'&#233;conomie d&#233;r&#233;gul&#233;e ? Le &#171; &lt;i&gt;zero hour contract&lt;/i&gt; &#187; (contrat &#171; z&#233;ro heure &#187;) britannique, qui prive 700 000 salari&#233;s britanniques de la garantie d'une dur&#233;e minimale de travail. Le mythe de la flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi par les &#233;lites politiques, entretient une r&#233;gression sociale que le nouveau gouvernement Cameron soutient avec une poigne de fer. Z&#233;ro&#8230; point&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias libres : L'ordre r&#232;gne dans la ville rose ! &gt;&lt;/strong&gt; Le site &#171; Information anti autoritaire Toulouse et alentours &#187; (Iaata) est dans le viseur des autorit&#233;s depuis le d&#233;but du mois de mai. Surprise ! c'est par la presse que l'&#233;quipe apprend que la plateforme d'infos qu'elle anime est poursuivie en justice et que son pr&#233;tendu administrateur a &#233;t&#233; plac&#233; en garde &#224; vue&#8230; Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Litt&#233;rature : Twain, le Yankee et Camelot &gt;&lt;/strong&gt; Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Rentabiliser la mis&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Durant l'&#233;t&#233; 2014, le Samu social de Marseille a tent&#233; de mettre en place une carte de secours individuelle destin&#233;e aux sans-abri. Une carte pourvue d'un triangle jaune sur fond bleu d'un c&#244;t&#233; et d'informations relatives &#224; la vie priv&#233;e des personnes de l'autre. Cette nouvelle tentative de fichage des pauvres a &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233;, fin 2014, en partie gr&#226;ce &#224; la mobilisation des travailleurs sociaux. Pour combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230; Maud Fontenoy ? &gt;&lt;/strong&gt; &#192; deux jours du bouclage, l'&#233;ternel stagiaire de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; va encore ramer&#8230; &#171; &lt;i&gt;H&#233; ! Coco ! Fais-nous donc un papier bien senti sur la voileuse Maud Fontenoy, tout le monde en parle. Trouve un angle original et ponds-nous un article mordant. Hop, t'as deux heures.&lt;/i&gt; &#187; Merci bien les gars ! Sortez les avirons et souquez ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine : Pot de d&#233;part &gt;&lt;/strong&gt; St&#233;phane avait demand&#233;, la semaine pr&#233;c&#233;dente, s'il serait possible d'organiser son pot de d&#233;part dans les locaux du syndicat. C'est une demande rare, surtout de la part d'un non-militant, mais pourquoi pas ? Il est donc arriv&#233; le jour dit, avec ses bouteilles de whisky, pastis et champagne ainsi qu'avec force biscuits et autres cochonneries qu'on s'empiffre &#224; l'ap&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culture : R&#233;&#233;dition : Emmett Grogan : What a (mytho) man ! &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; Emmett Grogan n'existe pas, c'est un canular, terme g&#233;n&#233;rique d&#233;signant un h&#233;ros existentiel de notre temps&lt;/i&gt; &#187;, s'exclament les Diggers, cette bande d'activistes d&#233;termin&#233;s &#224; transformer&#8200;le th&#233;&#226;tre en art insurrectionnel dans le San&#8200;Francisco&#8200;de&#8200;1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : Nous voulons faire zig zig &gt;&lt;/strong&gt; M&#234;me s'il a &#233;t&#233; nomm&#233; ubuesquement chevalier de l'Ordre national du m&#233;rite, j'ai envie de faire des risettes &#224; Marcel Nuss, l'auteur de &lt;i&gt;En d&#233;pit du bon sens - Autobiographie d'un t&#234;tard &#224; tuba&lt;/i&gt; (&#201;ditions de L'&#201;veil), qui, atteint d'une amyotrophie spinale carabin&#233;e n&#233;cessitant une assistance non-stop, exige pour lui et ses pareils le droit &#224; l'utopie sexuelle imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : C'est une Maison Verte&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance &#224; Marseille depuis 29&#8200;ans, une Maison Verte est menac&#233;e de fermeture par le Centre communal d'action sociale (CCAS), de plus en plus avide question &#171; phynance &#187;. Petite visite de ce lieu &#8211;&#8200;dans l'espoir qu'il perdure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ZAD &#224; venir au pays des santons</title>
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		<dc:date>2013-06-15T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malik Tournon, Roger Foulques</dc:creator>


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&lt;p&gt;Cinq jours durant, le FL&#233;O (Fabuleux laboratoire d'exp&#233;riences et d'occupations), rassemblant des collectifs proches et lointains du r&#233;seau Reclaim the Fields, s'est affair&#233; &#224; faire vivre une nouvelle zone &#224; d&#233;fendre (ZAD), menac&#233;e depuis 40 ans par un contournement routier. Depuis quelques mois couvait le projet d'une action concr&#232;te en ceinture verte d'Avignon pour d&#233;noncer un saccage &#224; venir : la construction d'une 2x2 voies devant relier, d'ici 15 ans, l'A9 &#224; l'A7 (ou LEO pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-d-habitations" rel="tag"&gt;place d'habitations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq jours durant, le FL&#233;O (Fabuleux laboratoire d'exp&#233;riences et d'occupations), rassemblant des collectifs proches et lointains du r&#233;seau Reclaim the Fields, s'est affair&#233; &#224; faire vivre une nouvelle zone &#224; d&#233;fendre (ZAD), menac&#233;e depuis 40 ans par un contournement routier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques mois couvait le projet d'une action concr&#232;te en ceinture verte d'Avignon pour d&#233;noncer un saccage &#224; venir : la construction d'une 2x2 voies devant relier, d'ici 15 ans, l'A9 &#224; l'A7 (ou LEO pour liaison est-ouest), en lieu et place d'habitations, de terres agricoles. &#201;chafaud&#233;e depuis un an, cette mont&#233;e en puissance d'une contestation locale fut le souhait de collectifs, r&#233;solus &#224; bousculer l'apparente indiff&#233;rence face au projet autoroutier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p03_carte_leo.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/p03_carte_leo-89761.png?1782766615' width='500' height='349' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ceinture verte d'Avignon, enserr&#233;e entre les digues du TGV, une poign&#233;e de lotissements, l'affairisme en Courtine, et la zone commerciale de Cap Sud, est un &#238;lot agricole d'ores et d&#233;j&#224; mus&#233;ifi&#233; par la pression fonci&#232;re et le d&#233;lire de croissance qui anime les &#233;lus. Largement m&#233;connue des gens du cr&#251;, dot&#233;s pour oublier de la plus grande surface d'hypermarch&#233;s par habitant &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, cette tache verte au milieu des infrastructures peut donc dispara&#238;tre, le d&#233;sir de nature &#233;tant toujours plus verdoyant ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants, eux, le per&#231;oivent de fa&#231;on plus aigu&#235;. Ils ont &#224; c&#339;ur de rappeler la qualit&#233; exceptionnelle de ces terres limoneuses mise en p&#233;ril par l'urbanisation galopante qui accompagnerait la rocade sit&#244;t construite. La plupart d'entre eux reconnaissent les m&#233;faits et le caract&#232;re ubuesque du projet LEO. Pour autant, les divergences d'approches et de pratiques contestataires &#233;tant manifestes, il n'existe pas de dynamique prompte &#224; rassembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issue de cette situation chaotique, le groupe LEOpart s'est constitu&#233; avec des priorit&#233;s : occuper des terres en vue de les cultiver, redonner vie aux multiples friches, susciter soutien et confiance envers les locaux, pour nombre d'entre eux d&#233;sabus&#233;s. Puis, le souhait d'associer plus largement des populations de la ville &#224; cette occupation-plantation a rendu n&#233;cessaire un appel &#224; rassemblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 27 avril. Place Pie, 9h. La pluie commence pour quatre jours. Entre le d&#233;ploiement d'un barnum et l'agitation des talkies-walkies de la police municipale, nous sommes bient&#244;t plus de deux cents &#224; nous r&#233;unir sous les platanes. Atmosph&#232;re flottante d'une manif sauvage, binettes, fourches, poucettes, banderoles et batucada. Une sono est d&#233;ball&#233;e, un texte lu &#224; plusieurs voix. Un petit groupe ass&#232;ne ses arguments &#224; la presse locale, &#171; &lt;i&gt;sortir de l'isolement face aux rouleaux compresseurs de l'am&#233;nagement du territoire&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;opposer &#224; la m&#233;tropolisation de la ville des pratiques collectives et cr&#233;atives&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge quitte la place, sous bonne escorte de motards. Il est vite rejoint par tracteurs, camions, et dizaines d'autres copains-copines. &#201;trange cort&#232;ge qui sort de la ville, traverse la rocade et s'enfonce dans cette campagne si proche. Une petite heure de marche en suivant le chemin de ceux qui allaient p&#234;cher en bord de Durance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camp a &#233;t&#233; plant&#233;, par la centaine de personnes arriv&#233;e la veille pour d&#233;fricher, d&#233;baller, transformer l'amas de palettes en sc&#232;ne, buvette et toilettes s&#232;ches. &#192; cent m&#232;tres de ce qui symbolise ici l'arrogant management du territoire : un pont-rail, cens&#233; permettre la travers&#233;es de la route express, et construit avant m&#234;me que l'enqu&#234;te publique ne soit ouverte. Face au monstre de b&#233;ton, une plantation collective de patates, premi&#232;re action de fin de cort&#232;ge. Les pieds dans la boue, un petit air de Notre-Dame-des-Landes. Sous le grand chapiteau, la fanfare r&#233;chauffe l'air. La cantine est aliment&#233;e par une cueillette sauvage, info-kiosque et coin-m&#244;mes se remplissent. Les tentes se montent, on s'abrite o&#249; on peut. Avant la soir&#233;e festive, une AG rassemble plus de cent personnes pour organiser le campement et discuter de la suite. Poulailler collectif ou anti-sp&#233;cisme ? Domination ? Chantiers non mixtes, point l&#233;gal, luttes locales ? Pourquoi on est l&#224; ? Le sens des actions ? Et des attentions singuli&#232;res sont rappel&#233;es : un &#171; groupe oreille &#187; se rendra disponible pour entendre ce qui se vit ou se dit difficilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 28 avril. Sous la pluie, un rucher collectif et un poulailler sortent de terre. Une maison abandonn&#233;e sur le trac&#233;, propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat, est retap&#233;e pour devenir &#171; maison de lutte(s) &#187;. On file la main &#224; une amie mara&#238;ch&#232;re, &#233;ject&#233;e par la route, qui se r&#233;installe non loin de l&#224;. Un jeu de piste historique et botanique propose de d&#233;couvrir les alentours et le trac&#233; suppos&#233; de la route. Chacun amende l'info-point de sa proposition d'atelier, de discussion, de covoiturage&#8230; Une assembl&#233;e rassemble large. Mises au pot de la journ&#233;e et esquisses du lendemain. Perspectives &#224; plus long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 29 et mardi 30 avril. Un peu moins de monde sur le camp (retour au turbin oblige), une bonne centaine quand m&#234;me. Un groupe part au march&#233; d'un quartier voisin pousser la chansonnette. Reclaim the Fields propose des rencontres autour du r&#233;seau, de ses actions, des rendez-vous &#224; venir. Discussions sur la m&#233;thode : produire quoi, pour qui, comment ? S'ensuit une rencontre entre collectifs de la r&#233;gion Paca qui bataillent pour la d&#233;fense des terres agricoles. Tandis que la bourse aux graines se met en place, une petite serre s'&#233;difie et le champ de patates s'agrandit. On regarde le plan des lieux alentours avec les voisins amis. On retrace les histoires, celles de familles locales, de personnalit&#233;s du coin, les liens existants, les strat&#233;gies et choses &#224; faire pour emp&#234;cher, &#224; terme, la construction d'avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 1er mai. 9 h le matin, un rideau de pluie s'abat sur le bourbier. Coup de semonce, qui c&#233;dera n&#233;anmoins la place au soleil et &#224; un ap&#233;ro revivifiant avec quelques figures locales, certes intimid&#233;es. La cl&#233;mence retrouv&#233;e et la digestion n'alt&#232;reront pas l'attention pr&#234;t&#233;e &#224; la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Z&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dernier num&#233;ro en date : gouverner par la dette dans la Gr&#232;ce d'aujourd'hui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Grand beau, presque trop chaud, et d&#233;j&#224; la pens&#233;e du d&#233;montage maill&#233;e aux pr&#233;paratifs de ceux bien d&#233;cid&#233;s &#224; rester. La soir&#233;e de cl&#244;ture du campement, festive, se transforme en un clin d'&#339;il &#224; une cantine locale qui f&#234;te six ans d'existence. &#199;a joue, &#231;a danse, &#231;a devise au &#171; LEObar &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 2 mai. R&#233;veil au chant du coq. Beaucoup de choses se d&#233;montent, c'est pourtant l&#224; que tout commence et s'amorce&#8230; Tentes et palettes restent en nombre et se remod&#232;lent pour les jours qui suivent. Un rendez-vous est pos&#233; pour une AG-chantier dix jours plus tard, sur le lieu du camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pilogue. La promiscuit&#233;, la multiplication des visites, des coups de main, faisaient dire r&#233;cemment &#224; un habitant enracin&#233;, &#171; &lt;i&gt;on a l'impression que la ceinture verte revit &lt;/i&gt; &#187;. Une vision qui vient bousculer la r&#233;signation, la repr&#233;sentation moribonde du &#171; m&#233;chant squatteur &#187;. Ici, qu'on soit paysan sans terre ou sans habitat fixe, on repose la question d'une propri&#233;t&#233; collective des terres agricoles, on exp&#233;rimente concr&#232;tement des formes d'entraide, on rejette la marchandisation du moindre arpent au b&#233;n&#233;fice de soci&#233;t&#233; priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LEO, un projet &#171; b&#233;ton &#187;, en passe de devenir un sac de n&#339;uds br&#251;lant pour les candidats &#224; la municipale de 2014 ? Ing&#233;nierie co&#251;teuse et inachev&#233;e, bluff institutionnel autour d'un budget pr&#233;tendument boucl&#233;, d&#233;claration d'utilit&#233; publique b&#226;cl&#233;e, troisi&#232;me tranche &#224; p&#233;age, autant de points litigieux qui laissent &#224; penser qu'une opposition bien men&#233;e peut porter ses fruits. &#192; quoi sert la LEO, se demande-t-on ? La r&#233;ponse d'un riverain r&#233;v&#232;le les enjeux sous-jacents qui ont anim&#233; la chambre de commerce et d'industrie &#224; vanter les bienfaits du projet : &#171; &lt;i&gt;Nous disons qu'il est urgent que les tomates d'Andalousie puissent voyager sans contraintes jusqu'en Sicile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lourde machine administrative poursuit sa marche forc&#233;e, les rachats pour expropriation sont en cours, des g&#233;om&#232;tres marquent le sol de leurs pr&#233;sences, sauf interposition comme ce vendredi 3 mai au petit matin. Vu d'en ville c'est le festival qu'on pr&#233;pare. Vu d'ici, une nouvelle mobilisation doit se mettre en place, les liens avec les locaux se renforcer, &#171; &lt;i&gt; ils peuvent encore refuser de vendre et freiner cette ultime &#233;tape avant que la d&#233;claration d'utilit&#233; publique ne s'ach&#232;ve fin octobre ; ce qui serait un co&#251;t s&#233;v&#232;re pour le projet&lt;/i&gt; &#187;, souligne un occupant. Inauguration de la maison LEOpart &#224; venir, dates &#224; suivre sur le blog.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infos : &lt;a href=&#034;http://leopart.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LEOpart&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dernier num&#233;ro en date : gouverner par la dette dans la Gr&#232;ce d'aujourd'hui, point de vue depuis Thessalonique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le dernier des paysans</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-dernier-des-paysans</link>
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		<dc:date>2012-06-29T06:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>ferri</dc:subject>
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		<dc:subject>d'Avignon progresse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la ville pousse ses tentacules p&#233;ri-urbains, l'agriculture doit dispara&#238;tre ou se mouler dans des activit&#233;s d'entertainment pour citadins d&#233;racin&#233;s et nostalgiques en mal de &#171; nature &#187; mise en bo&#238;te. O&#249; sp&#233;culation immobili&#232;re, d&#233;veloppement durable et &#233;lectorat FN font bon m&#233;nage&#8230; La zone p&#233;ri-urbaine d'Avignon progresse rapidement. Les gens qui vivaient dans un rayon de dix kilom&#232;tres autour de la cit&#233; ont vu en quelques ann&#233;es leur lieu de vie se transformer en cit&#233;-dortoir. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no100-mai-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;100 (mai 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferri" rel="tag"&gt;ferri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferme" rel="tag"&gt;ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pascal" rel="tag"&gt;Pascal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/logements-sociaux" rel="tag"&gt;logements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/progresse-rapidement" rel="tag"&gt;progresse rapidement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone-peri-urbaine" rel="tag"&gt;zone p&#233;ri-urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peri-urbaine-d-Avignon" rel="tag"&gt;p&#233;ri-urbaine d'Avignon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Avignon-progresse" rel="tag"&gt;d'Avignon progresse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la ville pousse ses tentacules p&#233;ri-urbains, l'agriculture doit dispara&#238;tre ou se mouler dans des activit&#233;s d'entertainment pour citadins d&#233;racin&#233;s et nostalgiques en mal de &#171; nature &#187; mise en bo&#238;te. O&#249; sp&#233;culation immobili&#232;re, d&#233;veloppement durable et &#233;lectorat FN font bon m&#233;nage&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La zone p&#233;ri-urbaine d'Avignon progresse rapidement. Les gens qui vivaient dans un rayon de dix kilom&#232;tres autour de la cit&#233; ont vu en quelques ann&#233;es leur lieu de vie se transformer en cit&#233;-dortoir. Nombreux sont ceux qui sont all&#233;s habiter un peu plus loin, prolongeant le ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en moins de dix ans, le village de Ved&#232;ne est devenu une petite ville de dix mille habitants. Les nouveaux venus, comme les anciens, prenant brutalement conscience de la catastrophe en cours, n'ont rien trouv&#233; de mieux que de voter Marine Le Pen, la pla&#231;ant en t&#234;te (30 %) au premier tour de la pr&#233;sidentielle. Dans cette commune, le b&#233;tonnage s'est fait aux d&#233;pens des terres agricoles, au point qu'il ne reste gu&#232;re qu'une exploitation agricole cons&#233;quente, le Domaine de Flory. Et bien s&#251;r ce dernier &lt;i&gt;&#171; espace de respiration &#187; &lt;/i&gt; &#8211; comme disent les autorit&#233;s &#8211; est menac&#233; d'asphyxie : il y a six ans, l'ancienne municipalit&#233; a conclu un accord avec la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration du grand Avignon (la Coga) pour un projet d'&#233;co-quartier, &#171; d&#233;veloppement durable &#187; oblige, qui s'&#233;tendrait sur vingt-quatre hectares, avec &#224; la cl&#233; une premi&#232;re tranche de trois cent cinquante logements (neuf cents sont pr&#233;vus &#224; terme), dont une part de logements sociaux, une zone commerciale, un centre a&#233;r&#233; &#8211; pour ceux qui, d&#233;cid&#233;ment, manqueraient d'air &#8211;, et l'infrastructure routi&#232;re qui va avec. Pascal, jeune agriculteur qui a repris l'exploitation familiale, n'en veut pas, de ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau maire de droite l'a repris &#224; son compte &#8211; lui qui &#233;tait plut&#244;t contre lorsqu'il &#233;tait dans l'opposition &#8211;, et les quatre hectares de prairie qui enserrent la ferme de Pascal se retrouvent dans le p&#233;rim&#232;tre de pr&#233;emption. Cela signifie que l'&#201;tablissement public foncier (EPF), organisme qui ach&#232;te b&#226;timents et terres constructibles pour le compte des municipalit&#233;s, a la capacit&#233; d'acqu&#233;rir prioritairement un bien s'il est mis en vente, et d'en fixer le prix. Mais Pascal s'en fout, il n'est pas vendeur. Ce qu'il veut, ce qu'il exige, c'est que ses terres, irrigu&#233;es par un canal, o&#249; il peut faire trois coupes par an d'un fourrage excellent, soient sorties une bonne fois du p&#233;rim&#232;tre de construction. Sinon, il courra toujours le risque d'&#234;tre mis devant le fait accompli, forc&#233; de vendre, expropri&#233;, lui qui se dit &#171; non d&#233;localisable &#187;. Pascal fait aussi remarquer que &lt;i&gt;&#171; sa prairie &#233;cologique aurait bien sa place dans un &#233;co-quartier &#187;&lt;/i&gt;, que son exploitation est &lt;i&gt;&#171; une r&#233;serve fonci&#232;re irriguable qu'il sera possible de d&#233;velopper par des productions mara&#238;ch&#232;res de proximit&#233;, qu'il peut m&#234;me &#234;tre envisag&#233; de transformer les b&#226;timents en ferme p&#233;dagogique pour les &#233;coles et qu'il peut accueillir des animaux &#187;&lt;/i&gt; : bref, il est pr&#234;t &#224; tout pour rester.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH279/100ferri-e8c0e.png?1782719962' width='400' height='279' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#224; transformer son exploitation en parc d'attraction o&#249; les enfants viendront observer le dernier des paysans dans son cadre de vie &#171; authentique &#187;&#8230; Voil&#224; &#224; quoi en sont r&#233;duits les agriculteurs p&#233;ri-urbains s'ils veulent survivre entre tours HLM et pavillons.Le maire qui lui fait face d&#233;clare que&lt;i&gt; &#171; d'un point de vue affectif, je comprends l'agriculteur. Moi aussi, comme d'autres Ved&#233;nais, j'allais chercher mon lait dans cette ferme. Mais la commune n'est pas seule d&#233;cisionnaire, la direction de l'&#201;quipement a son mot &#224; dire et les services de la pr&#233;fecture aussi. On risque de nous reprocher l'entrave &#224; la greffe urbaine&#8230; Je veux arriver &#224; sauver cette ferme en d&#233;pla&#231;ant le p&#233;rim&#232;tre vers l'est. &#187;&lt;/i&gt; Il ne convainc personne puisque, quand il parle de sauver la ferme, il s'agit du b&#226;timent, et non des terres. Pendant qu'une bureaucratie diffuse &#8211; les services de l'&#201;tat &#224; travers l'&#201;quipement et la Pr&#233;fecture qui pr&#233;tendent faire respecter le quota de logements sociaux dans le cadre du d&#233;veloppement durable, et l'association des promoteurs sous l'&#233;gide de la mairie UMP d'Avignon qui pr&#233;side aux destin&#233;es de la Coga &#8211; organise la dilution des responsabilit&#233;s et l'invisibilit&#233; de son pouvoir, deux enfants du pays, le maire et l'agriculteur, s'affrontent dans l'ar&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soient les d&#233;fenseurs de l'agriculture paysanne et des terres agricoles (la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, les Amis de la terre, les Amap, Bio de Provence&#8230;), ou les habitants, souvent &#233;lecteurs de Le Pen, qui veulent garder leur dernier&lt;i&gt; &#171; espace de respiration &#187;&lt;/i&gt; et qui paniquent d&#232;s qu'on leur parle de logements sociaux accus&#233;s de drainer des individus louches et des estrangers, tous se retrouvent nombreux en mairie pour exprimer leur soutien &#224; l'agriculteur. Dr&#244;le d'&#233;poque, monsieur le maire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Clouer leur projet d'a&#233;roport au sol</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Clouer-leur-projet-d-aeroport-au</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Clouer-leur-projet-d-aeroport-au</guid>
		<dc:date>2011-09-12T07:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>terres agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>Zad</dc:subject>
		<dc:subject>Nantes</dc:subject>
		<dc:subject>Fin juin</dc:subject>
		<dc:subject>Zone d'am&#233;nagement</dc:subject>
		<dc:subject>d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>serruriers sillonnent</dc:subject>
		<dc:subject>construction d'un</dc:subject>
		<dc:subject>d'un a&#233;roport</dc:subject>
		<dc:subject>soci&#233;t&#233; A&#233;roport</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin juin, au nord de Nantes, trois convois de flics, huissiers et serruriers sillonnent la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; (ZAD), ces 1 225 hectares de terres agricoles o&#249; est planifi&#233;e la construction d'un a&#233;roport. Souhaitant faire le m&#233;nage, la soci&#233;t&#233; A&#233;roport du grand Ouest (AGO-Vinci) a envoy&#233; ses hommes de main sur les lieux occup&#233;s par les opposants au b&#233;tonnage. Les expulsions sont en marche... Occupation collective de terres, r&#233;sistance directe aux forages, menaces d'expulsion&#8230; Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zad" rel="tag"&gt;Zad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nantes" rel="tag"&gt;Nantes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fin-juin" rel="tag"&gt;Fin juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zone-d-amenagement" rel="tag"&gt;Zone d'am&#233;nagement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-amenagement-differe" rel="tag"&gt;d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/serruriers-sillonnent" rel="tag"&gt;serruriers sillonnent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/construction-d-un" rel="tag"&gt;construction d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-aeroport" rel="tag"&gt;d'un a&#233;roport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/societe-Aeroport" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233; A&#233;roport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin juin&lt;/strong&gt;, au nord de Nantes, trois convois de flics, huissiers et serruriers sillonnent la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; (ZAD), ces 1 225 hectares de terres agricoles o&#249; est planifi&#233;e la construction d'un a&#233;roport. Souhaitant faire le m&#233;nage, la soci&#233;t&#233; A&#233;roport du grand Ouest (AGO-Vinci) a envoy&#233; ses hommes de main sur les lieux occup&#233;s par les opposants au b&#233;tonnage. Les expulsions sont en marche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation collective de terres, r&#233;sistance directe aux forages, menaces d'expulsion&#8230; Les ZADistes semblent &#234;tre &#224; un tournant d&#233;cisif de leur lutte. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas un collectif d'occupants mais une cohabitation de groupes h&#233;t&#233;roclites. Garder une continuit&#233; est une de nos grandes difficult&#233;s, car nous formons un ensemble mouvant &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne l'un d'eux. Les d&#233;fis de cet &#233;t&#233; est de conserver la dynamique de lutte, de parvenir &#224; mieux travailler avec les paysans locaux et les assocs dites &#171; citoyennistes &#187;, et de rameuter du monde pour emp&#234;cher physiquement les travaux &#8211; sans pour autant se faire d&#233;border par l'afflux de coll&#232;gues.
En attendant, un occupant s'impatiente : &lt;i&gt;&#171; C'est minable, devant les gendarmes, lors des forages, on n'&#233;tait qu'une centaine ! Et quand les huissiers sont pass&#233;s, ils &#233;taient &#224; peine trois dans certaines maisons occup&#233;es. Ici, il y en a qui disent qu'en octobre, les bulldozers seront l&#224; ! &#187;&lt;/i&gt; Alors ? De belles vacances en perspective ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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