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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si</title>
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		<dc:date>2018-11-26T15:34:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches. Avant la stupeur, il y a la grimpette. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Narbonne" rel="tag"&gt;Narbonne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-installation-nucleaire" rel="tag"&gt;l'installation nucl&#233;aire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/-571-27d73.jpg?1779603095' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la stupeur, il y a la grimpette&lt;/strong&gt;. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la mont&#233;e, Lilian rappelle que le site accueillait jadis un oppidum romain. Le domaine du peuple &#233;lisyque. Lilian est membre d'un collectif de riverains, Col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Tout le mobilier arch&#233;ologique a &#233;t&#233; pill&#233; et d&#233;pos&#233; au mus&#233;e de Narbonne. Il n'y a plus de fouilles. Avant, c'&#233;tait magnifique ; depuis qu'Areva&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;est arriv&#233;e, c'est une autre affaire... On n'a m&#234;me plus le droit de s'y promener, parce qu'il s'agit d'une zone rouge.&lt;/i&gt; &#187; Zone rouge : niveau d'al&#233;a toxique tr&#232;s fort. On cherche d'&#233;ventuels panneaux mettant en garde le promeneur. Rien. &#171; &lt;i&gt;Nous, les riverains, on a r&#226;l&#233;. Pas question de se faire confisquer notre coin de balade. Et les politiques sont mal &#224; cause du tourisme&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Lilian. &#192; nos c&#244;t&#233;s crapahutent Andr&#233;, directeur de recherche &#224; l'Inra et membre de l'association de protection de l'environnement Rebresus, Herv&#233; du r&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, Josette de Rebresus et Annie du collectif Familles papillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La stupeur donc quand on arrive au fa&#238;te&lt;/strong&gt;. Vue sur La Plaine, la cath&#233;drale de Narbonne &#224; deux kilom&#232;tres et son aire urbaine de quelque 90 000 habitants. Au pied de Montlaur&#232;s, l'usine Areva Malv&#233;si. Sur la gauche, six esp&#232;ces de piscines b&#226;ch&#233;es. &#192; droite, une sorte de terril &#224; l'air libre. Plus loin, des b&#226;timents, des chemin&#233;es. Un quart de l'uranium mondial arrive ici en train pour &#234;tre &#233;pur&#233; et transform&#233; en combustible nucl&#233;aire. Andr&#233; explique : &#171; &lt;i&gt;Ce sont six bassins d'&#233;vaporation. Ils contiennent 350 000 m&#232;tres cubes de saumures radioactives.&lt;/i&gt; &#187; On hoquette. Tout cela est &#224; l'air libre ? Avec des vignes juste &#224; c&#244;t&#233; et la ville un peu plus loin ? &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est un stock historique qui date de 1959. Le gros massif terreux au centre correspond &#224; l'installation nucl&#233;aire de base : 500 000 tonnes de d&#233;chets et de boues radioactives. Depuis, aucun d&#233;chet n'est sorti du site &#8211; sauf lors de fuites accidentelles, bien s&#251;r.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; la faveur d'un de ces petits incidents&lt;/strong&gt; que les habitants des environs apprennent l'existence de l'installation nucl&#233;aire. En mars 2004, suite &#224; de grosses pluies, les digues d'un bassin de lagunage s'effondrent. 30 000 m&#232;tres cubes de boues s'&#233;pandent dans la nature. Les riverains font faire des pr&#233;l&#232;vements. Le pot aux roses s'appelle radium, plutonium, americium. Lilian montre une petite maison, maintenant propri&#233;t&#233; d'Areva : &#171; &lt;i&gt;Quand l'accident est arriv&#233;, la propri&#233;taire f&#234;tait son anniversaire. Des enfants s'amusaient dans la rivi&#232;re alors que la digue, &#224; c&#244;t&#233;, s'&#233;tait compl&#232;tement effondr&#233;e...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On descend aux abords du grillage&lt;/strong&gt;. De l'autre c&#244;t&#233;, dor&#233;navant inaccessibles, une rivi&#232;re et la source de l'&#338;illade, r&#233;surgence de la nappe phr&#233;atique qui alimente six communes du Narbonnais. Il n'y a pas si longtemps, il y avait une guinguette ici. Termin&#233;. Andr&#233; &#233;voque ces pesticides qui se frayent un chemin &#224; travers la terre et que l'on retrouve dans les nappes phr&#233;atiques : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que les &#233;l&#233;ments radioactifs dans les sols ne risquent pas de migrer ? Les bassins qui stockent les d&#233;chets ont &#233;t&#233; construits dans les terrils d'une ancienne mine de soufre. Sans &#233;tanch&#233;it&#233;. C'est Areva qui le dit. &#192; chaque pluie, l'eau traverse le sol. Elle va o&#249; ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Effet papillon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En septembre 2016&lt;/strong&gt;, une enqu&#234;te publique informait le populo que la d&#233;charge de Malv&#233;si &#233;tait &#224; saturation. Areva avait trouv&#233; une solution pour d&#233;stocker et une nouvelle poubelle : l'atmosph&#232;re. Le proc&#233;d&#233; : un four &#224; combustion de charbon &#224; 850&#176; C cens&#233; br&#251;ler les d&#233;chets nucl&#233;aires et les vaporiser dans l'air. Nom du b&#233;b&#233; : TDN-Thor &#8211; traitement des nitrates. On l&#232;ve la t&#234;te vers les futures fum&#233;es potentiellement radioactives, lorsque Andr&#233; rappelle dans quelle direction souffle le cers. Retour de stupeur. Vers la cath&#233;drale ! Malgr&#233; la protestation populaire, malgr&#233; les aberrations &#233;cologiques et sanitaires, le pr&#233;fet de l'Aude a donn&#233; son aval au TDN, en novembre 2017. Andr&#233; s'est paluch&#233; les 90 pages de l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral dont moins de 8 % portent sur l'installation TDN. &#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu noyer le poisson&#8230; dans l'air. En parlant de d&#233;chets nitrat&#233;s, l'enqu&#234;te publique a, d&#232;s le d&#233;part, minimis&#233; les enjeux car l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral porte bien sur des d&#233;chets radioactifs. Ces deux documents sont pleins de contradictions.&lt;/i&gt; &#187; Puis il souligne en s'&#233;tranglant : &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet a &#233;crit : &#8220; Nous allons faire des campagnes de mesures les premi&#232;res ann&#233;es afin de v&#233;rifier si les hypoth&#232;ses du traitement au niveau des &#233;missions radioactives sont confirm&#233;es. &#8221; Hypoth&#232;ses ! On part sur des hypoth&#232;ses !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; donne quelques billes pour d&#233;crypter l'affaire&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Le TDN &#233;vite l'extension du site avec de nouveaux bassins, tout en augmentant la production de l'usine.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, Areva traite sur le site entre 10 000 et 15 000 tonnes d'uranium par an. Mais l'autorisation pr&#233;fectorale lui permet de monter jusqu'&#224; 21 000 tonnes. &#171; &lt;i&gt;Ce TDN, c'est l'arbre qui cache la for&#234;t. L'usine veut se d&#233;velopper. Derri&#232;re, il y a toute une logique de croissance de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise, avec la construction de nouveaux EPR.&lt;/i&gt; &#187; Herv&#233; en conna&#238;t un rayon sur la fili&#232;re, ces trains d'uranium qui arrivent d'Espagne ou bien d'Allemagne. Au port de Hambourg, des militants surveillent les d&#233;chargements puis tracent les trains jusqu'&#224; Metz. Le trajet Metz-Narbonne est plus flou, car l'hexagone manque d'activistes pour suivre les convois. N'emp&#234;che, l'an pass&#233;, Herv&#233; et une poign&#233;e de motiv&#233;s ont bloqu&#233; un tortillard plein de t&#233;trafluorure d'uranium qui quittait Malv&#233;si : &#171; &lt;i&gt;Un samedi matin, on s'est mis sur la voie face &#224; un train de 300 tonnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annie, elle, &#233;voque le collectif Familles papillons&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;On a r&#233;alis&#233; plusieurs fresques humaines en forme de papillon sur la place de la mairie. Lors de la premi&#232;re, on &#233;tait 1 200, puis 1 900 &#224; la deuxi&#232;me et 2 500 &#224; la derni&#232;re &#8211; petit &#224; petit, on fait boule de neige. Ce qu'on r&#233;clame ? De la transparence. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils ont fait ce qu'ils voulaient. Et on sait que les caisses sont vides et qu'ils vont faire des travaux &#224; l'&#233;conomie. C'est l&#224; o&#249; &#231;a devient dangereux.&lt;/i&gt; &#187; L'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral a eu un petit effet coup de massue ; en ce d&#233;but d'ann&#233;e, l'enjeu est d'abord de secouer les r&#233;sign&#233;s.
Le projet TDN est pr&#233;vu pour fonctionner une quarantaine d'ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Une p&#233;riode pendant laquelle des g&#233;n&#233;rations de Narbonnais vont en respirer les &#233;manations,&lt;/i&gt; pr&#233;dit Andr&#233;. &lt;i&gt;Un million de m&#232;tres cubes de fum&#233;es par jour. Sachant que toute cette industrie &#233;met d&#233;j&#224;, actuellement, des quantit&#233;s d'oxyde d'azote ph&#233;nom&#233;nales. Un gaz dangereux qui attaque les poumons, les voies respiratoires et provoque les pluies acides.&lt;/i&gt; &#187; Une fatalit&#233; ? &#171; &lt;i&gt;Non, il existe d'autres pistes moins polluantes pour r&#233;duire les d&#233;chets. Par exemple, extraire le nitrate au lieu de le br&#251;ler. Mais Areva ne l'utilise pas car elle veut vendre le proc&#233;d&#233; TDN-Thor.&lt;/i&gt; &#187; En janvier 2018, Macron d&#233;croche ainsi un contrat de 10 milliards d'euros avec la Chine pour le traitement des combustibles nucl&#233;aires. Andr&#233; conclut : &#171; &lt;i&gt; Comme l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'&#201;tat prime, on va servir de cobayes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'atome au fil des pages&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L441xH667/-572-0261b.jpg?1779608141' width='441' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Irradiez-les tous !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 140 premi&#232;res pages du livre &lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde comme projet Manhattan, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; diss&#232;quent ce moment o&#249; les &#201;tats-Unis mettent au point, exp&#233;rimentent et larguent la premi&#232;re bombe atomique. Pens&#233;e pour vaincre le nazisme, utilis&#233;e officiellement pour terrasser le Japon, elle est exp&#233;riment&#233;e &lt;i&gt;in vivo&lt;/i&gt; pour sid&#233;rer les Sovi&#233;tiques. La guerre froide commence avec les bombardements de Hiroshima et Nagasaki. La bombe &#171; &lt;i&gt;devait &#234;tre utilis&#233;e dans une zone suffisamment peupl&#233;e pour que les survivants puissent t&#233;moigner de ses terribles effets. En cons&#233;quence, aucune alerte ne serait donn&#233;e aux Japonais avant le bombardement&lt;/i&gt; &#187;. Puis l'auteur fait un bond dans le temps jusqu' en 2011, l'accident de Fukushima. Jean-Marc Royer d&#233;cortique le rapport de la commission d'enqu&#234;te japonaise. Ses conclusions : l'accident nucl&#233;aire &#171; &lt;i&gt;est clairement d'origine humaine&lt;/i&gt; &#187;. Collusions, n&#233;gligences, conflits d'int&#233;r&#234;ts : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire est devenue une force &#233;chappant au contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Royer essaie de cerner cette omerta entretenue par le village nucl&#233;aire mondial. Utilisant les outils de la psychanalyse, il fouille &#224; rebours cette r&#233;volution industrielle vendue comme un grand bond en avant. Une bascule civilisationnelle o&#249; la mort a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt; &#233;rotis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; jusqu'&#224; la rendre d&#233;sirable. Repolitiser la camarde permettrait de rendre au nucl&#233;aire son vrai visage, celui de &#171; &lt;i&gt;figure de proue d'une civilisation fondamentalement morbide, mortif&#232;re et autodestructrice qui s'est violemment impos&#233;e en Occident depuis deux si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187;. Nous n'avons pas d'autre choix que d'en sortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, l'ancien nom a &#233;t&#233; conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Arevafrique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-Arevafrique</link>
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		<dc:date>2012-05-07T07:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonathan Ludd</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
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		<dc:subject>fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Areva</dc:subject>
		<dc:subject>Niger</dc:subject>
		<dc:subject>l'uranium</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire, c'est l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France, c'est une &#233;nergie propre ! Vraiment ? Et l'uranium des centrales fran&#231;aises, d'o&#249; vient-il ? Dans quelles conditions est-il exploit&#233; par Areva ? Qu'est-ce qui se cache tout au bout de nos prises &#233;lectriques ? CQFD a rencontr&#233; Rapha&#235;l Granvaud, auteur d'un bouquin tout juste sorti en librairie : Areva en Afrique &#8211; Une face cach&#233;e du nucl&#233;aire fran&#231;ais (&#233;ditions Agone, 2012). CQFD : En quoi l'Afrique int&#233;resse-t-elle Areva, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire, c'est l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France, c'est une &#233;nergie propre ! Vraiment ? Et l'uranium des centrales fran&#231;aises, d'o&#249; vient-il ? Dans quelles conditions est-il exploit&#233; par Areva ? Qu'est-ce qui se cache tout au bout de nos prises &#233;lectriques ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Rapha&#235;l Granvaud, auteur d'un bouquin tout juste sorti en librairie : &lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/dossiersnoirs/arevaenafrique/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Areva en Afrique &#8211; Une face cach&#233;e du nucl&#233;aire fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#233;ditions Agone, 2012).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : En quoi l'Afrique int&#233;resse-t-elle Areva, et dans quels pays ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l Granvaud :&lt;/strong&gt; L'Afrique est li&#233;e &#224; l'histoire du nucl&#233;aire depuis les origines. Le combustible des premi&#232;res bombes am&#233;ricaines provient du sous-sol de l'actuelle R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo. D&#232;s la fondation du Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA) en 1945, dont la v&#233;ritable fonction &#233;tait de pr&#233;parer dans la clandestinit&#233; la bombe atomique fran&#231;aise, toutes les colonies fran&#231;aises ont &#233;t&#233; sillonn&#233;es &#224; la recherche d'uranium. On a d'abord pens&#233; trouver l'eldorado &#224; Madagascar ou au Congo, mais c'est finalement au Gabon et surtout au Niger que l'exploitation a commenc&#233; dans les ann&#233;es 1960. Alors que la France s'est rapidement lanc&#233;e dans la construction d'un parc &#233;lectronucl&#233;aire d&#233;mesur&#233;, l'approvisionnement en uranium a constitu&#233; l'une des motivations importantes du maintien de ces pays sous tutelle fran&#231;aise. On le savait pour ce qui concerne le p&#233;trole, mais c'&#233;tait moins connu s'agissant de l'uranium. Progressivement, la Cog&#233;ma, devenue Areva en 2001, a diversifi&#233; ses approvisionnements (Canada, Australie, Kazakhstan&#8230;), mais une large part provient toujours du Niger et c'est sans doute la plus rentable. En 2007, en pleine euphorie nucl&#233;aire, et lorsque les cours mondiaux s'envolaient sous l'effet de la sp&#233;culation, Areva a souhait&#233; doubler le volume de sa production. Elle s'est &#224; nouveau tourn&#233;e vers l'Afrique, en faisant l'acquisition du plus grand gisement africain, &#224; Imouraren, toujours au Niger, mais aussi d'autres sites en Namibie, en Centrafrique, en Afrique du Sud, etc. Aujourd'hui que les cours sont retomb&#233;s, et que la valeur r&#233;elle de certains de ces gisements s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre grossi&#232;rement surestim&#233;e, tous ces projets ont &#233;t&#233; gel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ces conditions, peut-on parler d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France gr&#226;ce au nucl&#233;aire est un mensonge au croisement de la propagande nucl&#233;aire et de la rh&#233;torique n&#233;ocoloniale. L'uranium qui a &#233;t&#233; exploit&#233; en France n'aurait jamais suffi &#224; alimenter nos centrales, et depuis 2001, la totalit&#233; de l'uranium est import&#233;e puisque toutes les mines fran&#231;aises ont ferm&#233;. Dans ces conditions, parler d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, au motif que ces importations sont diversifi&#233;es, s&#233;curis&#233;es et peu on&#233;reuses, comme l'a fait encore r&#233;cemment le ministre de l'industrie &#201;ric Besson, c'est dissimuler les conditions politiques et environnementales de l'obtention de cet uranium &#224; bas prix, en particulier en Afrique, o&#249; l'on continue de faire comme si le sous-sol des anciennes colonies &#233;tait propri&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pouvez-vous revenir rapidement sur les conditions de l'exploitation de l'uranium ? On parle souvent du nucl&#233;aire comme d'une &#171; &#233;nergie propre &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; encore un mensonge. Pour obtenir les presque 150 000 tonnes d'uranate qui ont &#233;t&#233; extraites du sous-sol africain, il a fallu concasser et traiter chimiquement des millions de tonnes de roches. Ces d&#233;chets, qui contiennent la grande majorit&#233; de la radioactivit&#233; naturelle, sont laiss&#233;s &#224; l'air libre, ou jet&#233;s dans l'eau comme au Gabon. Au Niger, les sols, les nappes phr&#233;atiques et l'air sont pollu&#233;s autour des villes mini&#232;res, et les travailleurs comme les populations lentement mais s&#251;rement contamin&#233;s. Face &#224; cette situation, Areva se contente de nier tout lien entre la radioactivit&#233; et les pathologies nombreuses dont souffrent et d&#233;c&#232;dent les anciens mineurs, ou rejette simplement la responsabilit&#233; sur ses filiales. Mais l'apport sp&#233;cifique du livre et du travail de l'association Survie, c'est de montrer que l'uranium est &#233;galement une source de pollution de la vie politique. Pour s&#233;curiser ses approvisionnements au Gabon et au Niger, les autorit&#233;s fran&#231;aises n'ont eu de cesse de promouvoir les r&#233;gimes les plus autoritaires et les moins soucieux du bien-&#234;tre de leur population. C'&#233;tait L&#233;on M'Ba puis Omar Bongo au Gabon. Au Niger, &#231;a a commenc&#233; avec l'&#233;limination politique du leader ind&#233;pendantiste Bakary Djibo avant m&#234;me l'ind&#233;pendance, au profit de Hamani Diori, puis le renversement de ce dernier par une junte militaire en 1974, pr&#233;cis&#233;ment quand il a voulu ren&#233;gocier le prix de l'uranium... En 1996, alors que le peuple nig&#233;rien venait tout juste d'imposer la d&#233;mocratie, les r&#233;seaux Foccart ont sponsoris&#233; un nouveau coup d'&#233;tat militaire. Plus r&#233;cemment, on a vu des repr&#233;sentants officiels et officieux de l'&#201;tat fran&#231;ais voler au secours d'Areva quand le pr&#233;sident Tandja a voulu &#224; son tour r&#233;viser le prix pay&#233; par la firme fran&#231;aise. Nicolas Sarkozy s'est ensuite d&#233;plac&#233; personnellement au Niger pour tresser des lauriers &#224; Mamadou Tandja, alors que ce dernier s'appr&#234;tait ouvertement &#224; commettre son coup d'&#233;tat constitutionnel. En &#233;change, Areva a obtenu le gisement g&#233;ant d'Imouraren. Une fois ce gisement obtenu, la France a laiss&#233; Tandja se faire renverser par un nouveau coup d'&#233;tat dont ses services secrets avaient &#233;t&#233; avertis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le lien entre la fili&#232;re nucl&#233;aire et la Fran&#231;afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un lien ancien et &#233;troit : les protagonistes sont pour partie les m&#234;mes, &#224; commencer par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle, initiateur du programme nucl&#233;aire et fondateur avec Foccart du dispositif n&#233;ocolonial. Ou Pierre Guillaumat, v&#233;ritable p&#232;re du programme militaire fran&#231;ais en tant qu'administrateur g&#233;n&#233;ral du CEA de 1951 &#224; 1958, mais aussi premier pr&#233;sident d'Elf, et instigateur de ce syst&#232;me de caisse noire permettant de financer des coups d'&#233;tat ou des guerres civiles en Afrique. On a vu aussi certaines personnalit&#233;s passer de fonctions diplomatiques &#224; la direction des mines d'uranium au Gabon ou au Niger, et inversement, ou une autre figure du monde nucl&#233;aire, Robert Galley, devenir ministre de la Coop&#233;ration. Plus r&#233;cemment, quand Areva a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; la concurrence chinoise au Niger, aux nouvelles pr&#233;tentions du r&#233;gime nig&#233;rien, et &#224; une r&#233;bellion touar&#232;gue qui mena&#231;ait ses int&#233;r&#234;ts, elle a recrut&#233; un ancien colonel de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui avait &#233;t&#233; en poste au Niger &#224; une &#233;poque o&#249; les services secrets fran&#231;ais &#233;taient tr&#232;s impliqu&#233;s dans une pr&#233;c&#233;dente crise touar&#232;gue. Elle a &#233;galement plac&#233; &#224; la t&#234;te de ses activit&#233;s au Niger un diplomate, Dominique Pin, ancien de la cellule Afrique de l'&#201;lys&#233;e. Tous les deux ont &#233;t&#233; rapidement expuls&#233;s du pays en raison d'activit&#233;s diplomatiques parall&#232;les assez troubles. Au chapitre du recyclage des r&#233;seaux fran&#231;africains les moins rago&#251;tants, on peut &#233;galement citer l'utilisation comme &#171; facilitateurs &#187;, pour obtenir des permis en Centrafrique ou en RDC, du d&#233;put&#233; de Levallois-Perret et grand ami de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany, de l'homme d'affaires belge mais consul honoraire de France &#224; Lubumbashi, Georges Forrest, ou encore Fabien Singaye, cet ancien espion rwandais li&#233; au clan g&#233;nocidaire et &#224; Paul Barril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'affaire Uramin dont parlent de plus en plus les m&#233;dias ? S'agit-il d'une nouvelle affaire Elf ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, pour diversifier ses permis miniers, Areva a fait l'acquisition d'une junior canadienne, Uramin, immatricul&#233;e dans un paradis fiscal. Areva a accept&#233; toutes les conditions impos&#233;es par le vendeur et s'est priv&#233;e des moyens de v&#233;rifier la valeur des gisements convoit&#233;s. Celui de Namibie particuli&#232;rement, o&#249; Areva a d&#233;j&#224; investi plus de 700 millions d'euros, semble avoir &#233;t&#233; une v&#233;ritable escroquerie. Areva a pourtant pay&#233; le prix fort : 1,8 milliard d'euros pour une entreprise qui n'en valait que 300 millions quelques mois plus t&#244;t, ce qui laisse soup&#231;onner un possible d&#233;lit d'initi&#233;. La question est de savoir s'il s'agit simplement d'une n&#233;gligence coupable ou si des complicit&#233;s internes &#224; Areva ont favoris&#233; cette op&#233;ration en toute connaissance de cause. Les actionnaires d'Uramin &#233;tant pour partie masqu&#233;s, on ne conna&#238;t pas tous les b&#233;n&#233;ficiaires de la vente&#8230; Luc Oursel, le nouveau dirigeant d'Areva, n'a pas manqu&#233; de rappeler que l'achat d'Uramin &#233;tait sous la responsabilit&#233; directe d'Anne Lauvergeon, mais semble maintenant jouer l'apaisement. Je pense que personne n'a envie d'un grand d&#233;ballage et d'une r&#233;&#233;dition de ce qui s'&#233;tait produit avec l'affaire Elf, lorsque Jaffr&#233; avait lev&#233; un coin du voile sur les activit&#233;s de son pr&#233;d&#233;cesseur, permettant &#224; la justice d'enqu&#234;ter plus qu'il ne l'aurait souhait&#233;. Comme pour l'affaire Elf, de toute fa&#231;on, le v&#233;ritable scandale est ailleurs que dans les questions d'enrichissement personnel : ce sont les conditions dans lesquelles les autorit&#233;s fran&#231;aises s&#233;curisent leurs approvisionnements et le prix pay&#233; par les populations africaines depuis cinquante ans au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les r&#233;sistances auxquelles se confronte Areva dans les pays o&#249; elle est implant&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont de diff&#233;rentes natures. Il y a bien s&#251;r les travailleurs nig&#233;riens qui se battent pour de meilleures conditions de travail, en particulier du point de vue de la s&#233;curit&#233;, pour eux comme pour les populations environnantes. Avec les anciens travailleurs gabonais, ils r&#233;clament &#233;galement la reconnaissance des pathologies d'origine professionnelle, une prise en charge m&#233;dicale et une indemnisation l&#233;gitime. Il y a &#233;galement des mouvements qui r&#233;clament davantage de transparence dans les revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par l'uranium, une revalorisation et une meilleure redistribution de ces revenus, qui n'ont pour l'instant gu&#232;re profit&#233; aux populations. M&#234;me s'il y a des pr&#233;occupations environnementales, il faut reconna&#238;tre que la majorit&#233; des mouvements et des revendications vont dans le sens d'une meilleure exploitation de l'uranium, plut&#244;t que de son abandon au profit d'autres moyens de d&#233;veloppement &#233;conomique et &#233;nerg&#233;tique. C'est une difficult&#233; pour des revendications communes avec les mouvements antinucl&#233;aires fran&#231;ais ou europ&#233;ens, pour lesquelles la sortie du nucl&#233;aire doit &#233;videmment s'accompagner d'un arr&#234;t de l'exploitation de l'uranium. &#192; titre personnel et au vu de l'histoire que je retrace dans le livre, je pense qu'une exploitation &#171; propre &#187; de l'uranium est un leurre. C'est bien &#233;videmment aux populations africaines de d&#233;cider ce qu'elles souhaitent faire de leur sous-sol. Mais encore faut-il qu'elles puissent le faire de mani&#232;re d&#233;mocratique. De ce point de vue, ce que nous pouvons r&#233;clamer en revanche, en tant que citoyens fran&#231;ais, c'est que les autorit&#233;s politiques ou les firmes fran&#231;aises comme Areva cessent de confisquer ce d&#233;bat par les moyens les plus cyniques et les plus criminels au nom d'une pr&#233;tendue &#171; ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#187; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; vos m&#233;thodes d'enqu&#234;te, vos sources, pour publier un tel ouvrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas &#224; proprement parler d'une enqu&#234;te, au sens journalistique du terme, et le livre ne contient aucun scoop, m&#234;me s'il a l'ambition de faire la lumi&#232;re sur des questions qui sont aujourd'hui tr&#232;s mal connues, hors d'un cercle restreint de militants ou de sp&#233;cialistes. Je me suis appuy&#233; sur des ouvrages universitaires, des t&#233;moignages d'acteurs de premier plan, de nombreux rapports d'ONG, des articles de presse, des reportages et bien s&#251;r sur le travail quotidien de d&#233;cryptage de l'actualit&#233; fran&#231;africaine que r&#233;alise l'association Survie depuis de nombreuses ann&#233;es. Il n'existait pas d'ouvrage de synth&#232;se rapportant &#224; la fois des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension historique et une analyse d&#233;taill&#233;e des &#233;v&#233;nements de ces derni&#232;res ann&#233;es concernant les enjeux politiques, &#233;conomiques et environnementaux du nucl&#233;aire fran&#231;ais en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-ressources-d-uranium-dans-le'&gt;&#171; Les ressources d'uranium dans le monde colonial &#187;&lt;/a&gt;, une carte du &lt;a href='https://cqfd-journal.org/le-CRESADT'&gt;Centre de recherches en sciences absconses du territoire (Cresadt)&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Areva co&#251;te que co&#251;te</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chute des cours, contrats annul&#233;s, pertes financi&#232;res, le tout dans un contexte de catastrophe nucl&#233;aire et de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ra-lis&#233;e... Areva, roi de l'atome fran&#231;ais, se fissure mais l'&#201;tat garde le cap : hors de question de remettre en cause la politique &#233;nerg&#233;tique du pays. On garde le nucl&#233;aire, quel qu'en soit le prix ! Pas une t&#234;te qui d&#233;passe ! Ministres, industriels, hommes de cour et autres laquais, les nucl&#233;ocrates tricolores sont au garde-&#224;-vous : la fili&#232;re nucl&#233;aire est un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Placid" rel="tag"&gt;Placid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/construction" rel="tag"&gt;construction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chute des cours, contrats annul&#233;s, pertes financi&#232;res, le tout dans un contexte de catastrophe nucl&#233;aire et de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ra-lis&#233;e... Areva, roi de l'atome fran&#231;ais, se fissure mais l'&#201;tat garde le cap : hors de question de remettre en cause la politique &#233;nerg&#233;tique du pays. On garde le nucl&#233;aire, quel qu'en soit le prix !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas une t&#234;te&lt;/strong&gt; qui d&#233;passe ! Ministres, industriels, hommes de cour et autres laquais, les nucl&#233;ocrates tricolores sont au garde-&#224;-vous : la fili&#232;re nucl&#233;aire est un atout industriel majeur pour la France, et doit le demeurer. Pourtant, le navire amiral du nucl&#233;aire international commence &#224; s&#233;rieusement prendre l'eau de toutes parts. Entre juillet 2010 et fin juin 2011, l'action d'Areva, le fleuron hexagonal de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, a chut&#233; de 13,50 %. Dans la courbe boursi&#232;re qui fait quotidiennement vibrer traders et actionnaires, Fukushima n'aura &#233;t&#233; qu'un creux parmi d'autres. Fin septembre, l'action s'&#233;tait d&#233;j&#224; effondr&#233;e de la m&#234;me mani&#232;re. Les experts boursiers annoncent d'ores et d&#233;j&#224; que le r&#233;sultat de l'exercice de 2011 &#8211; selon les crit&#232;res du &#171; Earnings before interest and taxes &#187; qui d&#233;finit le chiffre d'affaires d&#233;duit des charges d'exploitation &#8211; va marquer une perte de&#8230; 265 % ! Fukushima et ses cons&#233;quences sur des centaines de milliers de personnes ? Toujours pas. La r&#233;ponse est ailleurs, au c&#339;ur des contradictions du capitalisme dont la production d'&#233;nergie est un condens&#233; : centralisme et monopole subissant la pression &#224; la fois vitale et l&#233;tale du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L350xH440/placid_nucleaire-f1b54.png?1779604874' width='350' height='440' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Placid
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2009, Areva a vu s'envoler les 40 milliards de dollars promis par la signature d'un contrat avec les &#201;mirats Arabes Unis. De plus, les d&#233;ficiences techniques dans la construction d'un r&#233;acteur EPR&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Evolutionary power reactor, r&#233;acteur nucl&#233;aire de troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en Finlande, associ&#233;es aux augmentations des co&#251;ts de construction et aux indemnit&#233;s de retard, n'ont cess&#233; de grossir l'ardoise jusqu'&#224; atteindre une perte de 2,7 milliards d'euros. Quant &#224; l'usine Areva de stockage et de traitement de d&#233;chets radioactifs situ&#233;e &#224; proximit&#233; de la centrale de Tchernobyl, c'est un fiasco. Construite, elle ne peut &#234;tre utilis&#233;e pour raisons techniques. &lt;i&gt;&#171; Chaque retard d'un mois entra&#238;ne un surco&#251;t de 4 millions d'euros &#187;&lt;/i&gt;, expliquait, fin octobre 2009, Vince Novak, responsable des questions nucl&#233;aires &#224; la Banque europ&#233;enne pour la reconstruction et le d&#233;veloppement (BERD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2011, Areva a suspendu, selon ses dires, la construction d'une usine de composants pour centrale nucl&#233;aire &#224; Newport, dans l'Idaho (&#201;tats-Unis), et 363 millions de dollars lui ont ainsi fil&#233; entre les doigts. D&#233;j&#224;, en juin 2010, les agences de notation Standard and Poor's et Moody's avaient d&#233;grad&#233; la note de l'entreprise &#8211; comme s'il s'agissait d'une vulgaire Gr&#232;ce endett&#233;e &#8211;, plongeant dans l'expectative investisseurs et clients potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indicateurs financiers analysant le nucl&#233;aire et les questions environnementales ne parviennent plus &#224; masquer le co&#251;t de production d'un mis&#233;rable kilowattheure au regard de ceux de la recherche, de la construction des centrales et de leur entretien, des d&#233;mant&#232;lements, du traitement et du confinement des d&#233;chets pour des dur&#233;es inconcevables, des risques sanitaires, etc. En mars 2010, dans un rapport publi&#233; par la fondation Heinrich B&#246;ll&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fondation d'outre-Rhin politiquement ind&#233;pendante mais proche des Verts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Ralf F&#252;cks, son pr&#233;sident, pr&#233;cisait : &lt;i&gt;&#171; En fait, le nombre des centrales nucl&#233;aires dans le monde diminue constamment. Actuellement, 436 r&#233;acteurs sont encore en exploitation. Au cours des quinze &#224; vingt prochaines ann&#233;es, on assistera &#224; un plus grand nombre de d&#233;connexions de centrales vieillissantes que de nouvelles mises en service. [&#8230;] Plus les march&#233;s de l'&#233;lectricit&#233; sont ouverts &#224; la libre concurrence, plus les chances de l'&#233;nergie nucl&#233;aire s'amenuisent. En outre, les co&#251;ts des nouvelles installations explosent. [&#8230;] &#192; cela s'ajoutent les probl&#232;mes non r&#233;solus de l'&#233;limination des d&#233;chets et la forte probabilit&#233; d'une d&#233;faillance technologique. Aujourd'hui aucun conglom&#233;rat &#233;nerg&#233;tique priv&#233; ne prendrait le risque de construire une nouvelle centrale sans subventions publiques ni garanties.&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.gef.eu/fileadmin/user_upload/Th... [PDF]&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt; Peu avant l'accident nucl&#233;aire de Fukushima, John Rowe, pr&#233;sident de l'une des principales compagnies d'&#233;lectricit&#233; am&#233;ricaines, confirmait que &lt;i&gt;&#171; construire de nouveaux r&#233;acteurs nucl&#233;aires n'avait &#233;conomiquement aucun sens &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Depuis cinq ans, on ne trouve plus de projet nucl&#233;aire outre-atlantique &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit le consultant ind&#233;pendant en &#233;nergie Mycle Schneider (&lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt; du 25 mai 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, la nucl&#233;ocratie fran&#231;aise reste droite dans ses bottes. Depuis son bunker id&#233;ologique, Areva ne cesse de se vautrer dans le path&#233;tique spectacle de l'autosatisfaction, avec d'autant plus de v&#233;h&#233;mence que s'approche le naufrage, affirmant que &lt;i&gt;&#171; le groupe a d&#233;montr&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es sa capacit&#233; &#224; cro&#238;tre fortement et de mani&#232;re rentable&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le gouvernement allemand a d&#233;cid&#233; de renoncer progressivement &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire et les Italiens se sont prononc&#233;s par r&#233;f&#233;rendum contre la relance de l'atome dans leur pays. Mais ne s'agit-il pas d'un vernis d&#233;mocratique destin&#233; &#224; masquer un d&#233;clin irr&#233;versible d&#251; &#224; la nature m&#234;me des enjeux &#233;conomiques ? Jusqu'alors les &#201;tats n'avaient jamais eu autant de sollicitudes &#224; l'&#233;gard de leurs populations&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Evolutionary power reactor&lt;/i&gt;, r&#233;acteur nucl&#233;aire de troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fondation d'outre-Rhin politiquement ind&#233;pendante mais proche des Verts allemands et europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gef.eu/fileadmin/user_upload/Thomas_FR_Web_ok.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.gef.eu/fileadmin/user_upload/Th...&lt;/a&gt; [PDF]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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