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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Fronti&#232;re franco-anglaise : enqu&#234;te sur la mort d'une enfant kurde</title>
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		<dc:creator>Ma&#235;l Galisson</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 5 septembre 2020, le b&#233;b&#233; de Rupak Sharif et Hazhar Ibrahim, exil&#233;&#183;es kurdes d'Irak, mourait &#224; l'h&#244;pital quelques jours apr&#232;s une intervention de gendarmerie sur une plage proche de Calais. Traumatis&#233; par cet &#233;v&#233;nement, le couple a d&#233;pos&#233; plainte en f&#233;vrier 2021 et se bat pour &#233;tablir la responsabilit&#233; des forces de l'ordre dans le d&#233;c&#232;s de sa nouvelle-n&#233;e. Une enqu&#234;te de l'IGGN est en cours. Rencontr&#233; par CQFD, un exil&#233; t&#233;moin des faits confirme la version de la famille et contredit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 septembre 2020, le b&#233;b&#233; de Rupak Sharif et Hazhar Ibrahim, exil&#233;&#183;es kurdes d'Irak, mourait &#224; l'h&#244;pital quelques jours apr&#232;s une intervention de gendarmerie sur une plage proche de Calais. Traumatis&#233; par cet &#233;v&#233;nement, le couple a d&#233;pos&#233; plainte en f&#233;vrier 2021 et se bat pour &#233;tablir la responsabilit&#233; des forces de l'ordre dans le d&#233;c&#232;s de sa nouvelle-n&#233;e. Une enqu&#234;te de l'IGGN est en cours. Rencontr&#233; par CQFD, un exil&#233; t&#233;moin des faits confirme la version de la famille et contredit celle de la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Plusieurs fois, nous avons dit aux gendarmes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : retenez-nous sur la plage si vous voulez, mais emmenez cette femme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; La m&#233;moire de Falah&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ne flanche pas. Attabl&#233; dans un McDonald's de l'Est londonien, le jeune Kurde se rappelle tr&#232;s bien cette nuit de septembre 2020, durant laquelle le groupe d'exil&#233;&#183;es dont il faisait partie a &#233;t&#233; retenu par une patrouille de gendarmerie sur une plage du Calaisis pendant plusieurs heures. Parmi les autres candidat&#183;es au passage du Channel cette nuit-l&#224;, Rupak Sharif, enceinte de 35 semaines et qui, faute d'une prise en charge m&#233;dicale rapide, a vu sa nouvelle-n&#233;e, Aleksandra, mourir trois jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; exactement dans la nuit du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; au 2 septembre 2020, sur le littoral de la commune d'Oye-Plage, &#224; quelques kilom&#232;tres de Calais ? Rupak, qui avait perdu les eaux peu de temps apr&#232;s le d&#233;but de l'intervention des forces de l'ordre, assure avoir pr&#233;venu les gendarmes de son &#233;tat de d&#233;tresse. Ces derniers auraient refus&#233; de pr&#233;venir les secours. une plainte pour &#171; violences volontaires &#187; et &#171; non-assistance &#224; personne en danger &#187; a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e il y a un peu plus d'un an, en f&#233;vrier 2021. La pr&#233;fecture du Pas-de-Calais, dans un communiqu&#233; diffus&#233; dans la foul&#233;e, d&#233;but mars 2021, avance quant &#224; elle qu' &#187; &lt;i&gt;aucun des migrants n'a fait part de difficult&#233;s particuli&#232;res&lt;/i&gt; &#187; au cours de l'op&#233;ration&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;l&#233;ments de contexte sur une tentative de travers&#233;e clandestine de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Falah, pr&#233;sent cette nuit-l&#224; sur la plage, a accept&#233; de t&#233;moigner de mani&#232;re anonyme dans le cadre de la pr&#233;sente enqu&#234;te journalistique. Son r&#233;cit contredit la version des autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un Zodiac sous le sable et les branchages&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Assise sur le bord du canap&#233; dans son logement de Greenwich, o&#249; elle vit d&#233;sormais apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; rejoindre l'Angleterre, Rupak parle d'une voix basse et retisse le fil de cette nuit-l&#224;. Le groupe d'exil&#233;&#183;es d'abord, &#171; &lt;i&gt;entre 18 et 22 personnes&lt;/i&gt; &#187;, dont elle et son mari, Hazhar, et leurs deux enfants, Anas et Elaria, 10 et 2 ans au moment des faits. Puis la longue marche pour atteindre la plage, les murs et barri&#232;res &#224; contourner, la nuit, le froid. Quand le groupe arrive au point de rendez-vous, il est aux environs de 1 ou 2 heures du matin. L'embarcation pneumatique de type Zodiac, dissimul&#233;e sous le sable et les branchages dans les dunes, est r&#233;cup&#233;r&#233;e puis gonfl&#233;e. On se partage les gilets de sauvetage. Soudain, des lumi&#232;res de lampes torches apparaissent &#224; quelques centaines de m&#232;tres et se rapprochent rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Deux hommes ont alors quitt&#233; imm&#233;diatement le groupe et ont fui dans les dunes&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Falah. La patrouille de gendarmerie, &#171; &lt;i&gt;au moins six personnes, peut-&#234;tre huit&lt;/i&gt; &#187;, selon Rupak, interpelle le reste des exil&#233;&#183;es. Les gendarmes saisissent les gilets de sauvetage, parfois brusquement d'apr&#232;s Falah, puis donnent des coups de couteau dans le Zodiac pour le rendre inutilisable. Rupak : &#171; &lt;i&gt;Ils &#233;taient tr&#232;s virulents dans leurs paroles, ils cherchaient &#224; nous intimider. J'avais si peur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Le groupe est alors maintenu sur la plage pendant 40 minutes, peut-&#234;tre plus, nous dit Falah. &#171; &lt;i&gt;Il faisait extr&#234;mement froid et tr&#232;s humide&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'ambulance n'est jamais venue &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les exil&#233;&#183;es sont ensuite conduit&#183;es vers l'une des entr&#233;es de la plage, &#224; proximit&#233; de la route, o&#249; &#171; &lt;i&gt;se trouvaient une seconde patrouille et deux camionnettes&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Rupak. C'est &#224; ce moment-l&#224; que la jeune femme kurde, 30 ans au moment des faits, sent ses v&#234;tements tremp&#233;s : elle vient de perdre les eaux. &#171; &lt;i&gt;J'ai compris que ce n'&#233;tait pas un bon signal pour le b&#233;b&#233;&lt;/i&gt; &#187;, se rappelle-t-elle. &#171; &lt;i&gt;C'est une autre femme qui a averti le reste du groupe de l'&#233;tat de Rupak&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more pour sa part Falah. &#171; &lt;i&gt;Je me suis alors signal&#233;e aux gendarmes, &lt;/i&gt;reprend Rupak, &lt;i&gt;et je le leur ai dit en anglais : &#8220;&#199;a ne va pas, &#231;a ne va pas, appelez une ambulance&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Hazhar (le mari), Anas (le fils a&#238;n&#233;) et d'autres personnes interpellent &#233;galement les gendarmes et leur demandent d'appeler les secours. En anglais, mais aussi en fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Il y avait un homme parmi nous qui parlait fran&#231;ais et il s'est exprim&#233; dans cette langue avec les gendarmes&lt;/i&gt; &#187;, assure Falah. Rupak se souvient que l'un des militaires communique par talkie-walkie. Mais rien ne se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pouvez nous maintenir sur la plage si vous voulez, mais prenez en charge cette femme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; s'emporte alors Falah. Le temps passe et, malgr&#233; l'insistance de Rupak, Hazhar, Falah et d'autres, les secours ne sont pas contact&#233;s. Pour Falah, ce moment semble durer une &#233;ternit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais plus combien de temps on est rest&#233;s l&#224;. Ce que je sais, c'est qu'il faisait nuit sombre quand les gendarmes nous ont emmen&#233;s pr&#232;s de la route et que le soleil se levait quand ils sont partis en nous laissant l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'aube, un peu avant 7 h, les patrouilles embarquent deux jeunes hommes du groupe, probablement consid&#233;r&#233;s comme des passeurs, puis quittent subitement les lieux, abandonnant Rupak et le reste du groupe d'exil&#233;&#183;es &#224; leur sort. Dans l'appartement de Greenwich, les yeux cern&#233;s de fatigue de Rupak s'humidifient : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont dit : &#8220;L'ambulance va venir, l'ambulance va venir.&#8221; Mais elle n'est jamais venue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Vous pouvez nous maintenir sur la plage si vous voulez, mais prenez en charge cette femme ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le groupe se scinde : Rupak, Hazhar et plusieurs personnes tentent de s'&#233;loigner du littoral pour trouver de l'aide ; d'autres, dont Falah, essaient de rebrousser chemin et de revenir au campement. La d&#233;tresse de la jeune femme grandit : &#171; &lt;i&gt;Mes v&#234;tements &#233;taient tremp&#233;s et il faisait froid. J'&#233;tais gel&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Ils marchent et rencontrent alors une nouvelle patrouille de gendarmes, se d&#233;pla&#231;ant pour sa part en voiture, dont l'&#233;quipage est compos&#233; d'un homme et d'une femme. Le petit groupe d'exil&#233;&#183;es alerte imm&#233;diatement les deux militaires, qui &#8211; cette fois &#8211; contactent aussit&#244;t les secours, tandis que Rupak est install&#233;e &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule &#224; l'arr&#234;t. Peu de temps apr&#232;s, les pompiers arrivent et prennent en charge la jeune femme. Hazhar, Anas et Elaria sont quant &#224; eux r&#233;cup&#233;r&#233;s quelques dizaines de minutes plus tard par une &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles de l'association Utopia 56, au niveau de la rue Merlier, &#224; Oye-Plage. &#171; &lt;i&gt;L'un de nous est parti chercher des v&#234;tements de rechange pendant que les autres ramenaient Hazhar, Anas et Elaria, ainsi qu'une femme avec un enfant, au local avec notre minibus&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Marguerite Combes, d'Utopia 56. Elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Hazhar nous a directement racont&#233; ce qu'il s'&#233;tait pass&#233; : la marche, les gendarmes sur la plage, Rupak. Puis il a ajout&#233; : &#8220;Je ne sais pas si mon enfant et ma femme vont survivre.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rupak est prise en charge &#224; l'h&#244;pital de Calais. Les soignant&#183;es d&#233;clenchent l'accouchement via une c&#233;sarienne en urgence, apr&#232;s avoir constat&#233; par &#233;chographie que le b&#233;b&#233; souffre d' &#187; &lt;i&gt;anomalies du rythme cardiaque, avec bradycardie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rythme anormalement lent du c&#339;ur.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;permanente&lt;/i&gt; &#187;, comme l'indique le rapport m&#233;dical. Aleksandra na&#238;t le 2 septembre dans l'apr&#232;s-midi. La nouvelle-n&#233;e pr&#233;sente alors &#171; &lt;i&gt;des difficult&#233;s d'adaptation &#224; la vie extra-ut&#233;rine&lt;/i&gt; &#187; et les m&#233;decins identifient &#171; &lt;i&gt;une anoxie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diminution de la quantit&#233; d'oxyg&#232;ne que le sang distribue aux tissus.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;i&gt;p&#233;rinatale s&#233;v&#232;re&lt;/i&gt; &#187; : elle est intub&#233;e puis plac&#233;e sous respiration artificielle quelques minutes apr&#232;s sa naissance. &#171; &lt;i&gt;Son &#233;tat &#233;tait critique&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Frances Timberlake, qui a accompagn&#233; de pr&#232;s la famille en tant que coordinatrice du Refugee Women's Center, association qui soutient les femmes exil&#233;es et leurs familles pr&#233;sentes dans les campements de Grande-Synthe, &#224; une quarantaine de kilom&#232;tres de Calais. &#171; &lt;i&gt;Les deux jours suivants, les m&#233;decins ont multipli&#233; les tests, mais ils ne d&#233;tectaient toujours pas d'activit&#233; c&#233;r&#233;brale&lt;/i&gt; &#187;, poursuit la militante associative. Le 5 septembre &#224; 14 h, avec l'accord de Rupak et Hazhar, les m&#233;decins d&#233;cident d'arr&#234;ter la respiration artificielle. Quelques heures plus tard, &#171; &lt;i&gt;Aleksandra d&#233;c&#232;de dans les bras de son p&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, commente le rapport m&#233;dical. &#171; &lt;i&gt;Hazhar, les soignants, tout le monde pleurait dans la salle de r&#233;animation&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more Frances Timberlake.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une enqu&#234;te bloqu&#233;e &#224; la fronti&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 8 septembre, Aleksandra est inhum&#233;e au cimeti&#232;re Nord de Calais. Quelques jours plus tard, la famille tente de nouveau le passage et parvient &#224; rallier l'Angleterre. Mais Rupak et Hazhar n'oublient pas cette nuit tragique et veulent demander justice. &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;decins m'ont dit que si nous &#233;tions arriv&#233;s plus t&#244;t, ils auraient certainement pu sauver le b&#233;b&#233;&lt;/i&gt; &#187;, rappelle r&#233;guli&#232;rement Rupak. une plainte est constitu&#233;e courant octobre puis d&#233;pos&#233;e le 25 f&#233;vrier 2021. Le procureur de la R&#233;publique de Boulogne-sur-Mer saisit alors l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la gendarmerie nationale (IGGN) pour que ses services lancent une enqu&#234;te. Quatre responsables associatifs, parmi lesquel&#183;les Frances Timberlake, sont auditionn&#233;&#183;es le 20 mai 2021. Marguerite Combes, d'Utopia 56, a &#233;t&#233; entendue fin novembre dernier. Falah, quant &#224; lui, accepte de r&#233;pondre aux sollicitations des journalistes mais ne souhaite pas &#234;tre auditionn&#233; par la police, de crainte que cela interf&#232;re dans sa proc&#233;dure de demande de titre de s&#233;jour au Royaume-Uni. un an apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de la plainte, et un an et demi apr&#232;s les faits, Rupak et Hazhar n'ont toujours pas &#233;t&#233; rencontr&#233;&#183;es par l'IGGN.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200calais_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH667/1200calais_resultat-9de21.jpg?1783234882' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contact&#233;e, l'IGGN n'a pas souhait&#233; s'exprimer et &#171; &lt;i&gt;invite &#224; prendre attache directement avec Monsieur le Procureur de la R&#233;publique qui est seul responsable de la communication&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me chose du c&#244;t&#233; de la pr&#233;fecture du Pas-de-Calais qui, consid&#233;rant qu'une enqu&#234;te est en cours, redirige vers le procureur. Ce dernier n'a quant &#224; lui pas souhait&#233; s'exprimer, estimant &#171; &lt;i&gt;ne pas ma&#238;triser suffisamment le dossier&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, l'avocate de la famille, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Pauline Pell&#233;-Grandfils, annonce &#171; &lt;i&gt;vouloir saisir tr&#232;s prochainement la D&#233;fenseure des droits dans cette affaire&lt;/i&gt; &#187;. Elle pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Cette institution aurait la possibilit&#233; de mener une enqu&#234;te de mani&#232;re ind&#233;pendante, en parall&#232;le de l'IGGN.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un exil dans une Europe hostile&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur arriv&#233;e en Angleterre d&#233;but octobre 2020, Rupak et Hazhar ont entam&#233; une d&#233;marche de demande d'asile, dont ils n'ont jusqu'&#224; pr&#233;sent pas de nouvelles. Tous les deux, avec leur fils a&#238;n&#233; Anas, ont fui le Kurdistan irakien via la Turquie &#224; l'&#233;t&#233; 2017. La famille est ensuite rest&#233;e bloqu&#233;e pendant pr&#232;s de deux ans dans un camp sur le continent en Gr&#232;ce. &#171; &lt;i&gt;C'est l&#224; qu'Elaria, notre deuxi&#232;me enfant, est n&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Rupak. Mais les parents ne consid&#232;rent pas la Gr&#232;ce comme un lieu assez s&#251;r. En juillet 2019, la famille tente de rejoindre l'ouest de l'Europe et traverse l'Albanie, le Kosovo, puis la Bosnie-Herz&#233;govine. Refoul&#233;e par la police croate &#224; la fronti&#232;re avec la Bosnie, elle se retrouve confin&#233;e en Roumanie du fait de la pand&#233;mie de Covid-19, apr&#232;s plusieurs semaines d'errance dans les Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2020, Rupak, Hazhar, Anas et Elaria reprennent la route et arrivent &#224; Grande-Synthe au d&#233;but du mois d'ao&#251;t. Les c&#244;tes anglaises ne sont &#224; ce moment plus tr&#232;s loin. Mais une membre de la famille restera sur la rive sud du d&#233;troit : Aleksandra ne foulera jamais le sol britannique. Son pr&#233;nom, comme l'identit&#233; des 27 personnes mortes noy&#233;es au cours du terrible naufrage du 24 novembre dernier, est venu allonger la longue liste des personnes exil&#233;es d&#233;c&#233;d&#233;es &#224; cette fronti&#232;re&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La liste des personnes exil&#233;es d&#233;c&#233;d&#233;es dans la zone frontali&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Depuis 1999, elles sont des centaines.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo Ma&#235;l Galisson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#201;l&#233;ments de contexte sur une tentative de travers&#233;e clandestine de la Manche survenue en septembre dernier &#187;, communiqu&#233; de presse de la pr&#233;fecture du Pas-de-Calais (03/03/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rythme anormalement lent du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diminution de la quantit&#233; d'oxyg&#232;ne que le sang distribue aux tissus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La liste des personnes exil&#233;es d&#233;c&#233;d&#233;es dans la zone frontali&#232;re France/Belgique/Royaume-Uni est consultable &lt;a href=&#034;https://www.tiki-toki.com/timeline/entry/1519092/Deaths-at-border-FranceBelgiumUK/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Toscana Soude Syst&#232;me</title>
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		<dc:date>2018-12-29T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


		<dc:subject>Alberto Prunetti</dc:subject>
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&lt;p&gt;Sur la c&#244;te toscane, d'&#233;tonnantes plages aux allures de Cara&#239;bes attirent chaque ann&#233;e des centaines d'estivants. Elles n'ont rien de naturel et sont le r&#233;sultat des rejets d'une usine chimique toute proche. Enqu&#234;te sur l'envers de la carte postale. *** C'est une longue plage blanche qui d&#233;tonne sur un littoral o&#249; le sable est gris. L'eau est d'un bleu azur, presque fluorescent : on dirait de l'encre de surligneur. Un petit paradis artificiel que l'on surnomme parfois &#171; la Miami des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la c&#244;te toscane, d'&#233;tonnantes plages aux allures de Cara&#239;bes attirent chaque ann&#233;e des centaines d'estivants. Elles n'ont rien de naturel et sont le r&#233;sultat des rejets d'une usine chimique toute proche. Enqu&#234;te sur l'envers de la carte postale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-972-c7a3e.jpg?1782766236' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une longue plage blanche&lt;/strong&gt; qui d&#233;tonne sur un littoral o&#249; le sable est gris. L'eau est d'un bleu azur, presque fluorescent : on dirait de l'encre de surligneur. Un petit paradis artificiel que l'on surnomme parfois &#171; la Miami des pauvres &#187;. Quelques locaux dorent au soleil encore chaud de septembre, tandis que des touristes barbotent sans le savoir dans une eau souill&#233;e de cadmium, de plomb, de mercure et d'arsenic. &#192; l'arri&#232;re-plan, une usine de produits chimiques d&#233;verse ses rejets dans la mer via un canal d'&#233;vacuation, recouvrant la gr&#232;ve de carbonate de calcium d'un blanc &#233;clatant. Bienvenue &#224; Rosignano Solvay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis plus d'un si&#232;cle&lt;/strong&gt;, la Toscane vit de l'industrie. Et en meurt, lentement. La population paysanne est devenue ouvri&#232;re en quelques g&#233;n&#233;rations. Aujourd'hui, l'emploi s'y r&#233;partit &#224; parts &#233;gales entre agriculture, industrie et tourisme. Souvent, les trois sont profond&#233;ment imbriqu&#233;s. Mais peut-&#234;tre nulle part autant qu'&#224; Rosignano Solvay. &#192; 30 km de Livourne, la ville porte le nom de l'usine qui s'y est implant&#233;e au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, marquant durablement le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce d&#233;but septembre&lt;/strong&gt;, il fait encore assez chaud pour se baigner. Malgr&#233; les panneaux d'interdiction plant&#233;s pr&#232;s du &lt;i&gt;fosso bianco&lt;/i&gt;, le canal d'&#233;vacuation qui s&#233;pare la plage en deux, certains s'y risquent, d'ailleurs : des touristes que la pr&#233;sence de l'usine ne rebute pas. Un p&#232;re de famille hollandais, dont les enfants en bas &#226;ge pataugent dans le liquide blanch&#226;tre, affirme s'&#234;tre renseign&#233; avant de venir : l'usine produit du bicarbonate de soude, et le bicarbonate, ce n'est pas dangereux &#8211; il en met m&#234;me dans ses g&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est peut-&#234;tre pas un hasard&lt;/strong&gt; si les services de communication de l'industriel belge, leader mondial de la chimie dont le chiffre d'affaires global s'&#233;l&#232;ve &#224; 12 milliards d'euros, mettent en avant ce produit et l'image inoffensive qui y est g&#233;n&#233;ralement associ&#233;e. Et puis, tout ce blanc qui recouvre la plage, ce n'est que du carbonate de calcium &#8211; de la craie en somme. Mais la fabrication du bicarbonate, comme de tout d&#233;riv&#233; de la soude, n'est pas sans danger [&lt;i&gt;lire l'encadr&#233;&lt;/i&gt;]. Une usine comme celle de Rosignano a un impact &#224; deux niveaux : ce qu'elle prend au territoire et ce qu'elle y rejette, structurellement et accidentellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Main basse sur les ressources&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solvay jette son d&#233;volu&lt;/strong&gt; sur la Toscane au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, parce que s'y trouve un r&#233;seau de chemins de fer et de routes, mais surtout des mati&#232;res premi&#232;res en abondance : carri&#232;res de calcaire et mines de sel. Pour extraire ce sel, il faut de l'eau, beaucoup d'eau. Ce qui d&#233;clenche une forte mobilisation &#224; Cecina, o&#249; l'industriel pr&#233;voyait initialement de s'implanter : les agriculteurs font bloc pour emp&#234;cher l'arriv&#233;e de l'usine par crainte de la voir ass&#233;cher leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La commune de Rosignano&lt;/strong&gt;, elle, se montre dispos&#233;e &#224; l'accueillir, offrant m&#234;me une exon&#233;ration de taxe contre la promesse d'embaucher au moins 30 personnes. En 1913, les travaux commencent, par la cr&#233;ation d'un haut fourneau pour fabriquer les briques n&#233;cessaires &#224; la construction de l'usine et de la petite ville qui accueillera ses employ&#233;s. Ici, tout est Solvay. La rue principale mais aussi le th&#233;&#226;tre, les deux &#233;coles, le stade, la gare et, ironie am&#232;re, l'ancien h&#244;pital. Autrefois appel&#233;e &#171; &lt;i&gt;Paese Nuovo&lt;/i&gt; &#187;, cette&lt;i&gt; frazione&lt;/i&gt; de Rosignano Marittimo prend en 1917 le nom de l'usine. Il y a des petits logements pour les ouvriers, des immeubles plus grands pour les employ&#233;s, plus spacieux encore pour les cadres et, surtout, le &#171; manoir &#187; du directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'usine passe avant tout&lt;/strong&gt; et la r&#233;gion p&#226;tit de sa gourmandise en eau. La demande est all&#233;e croissant : d'apr&#232;s les d&#233;clarations de Solvay, on passe d'une consommation annuelle de 28 000 m&#179; dans les ann&#233;es 1920 &#224; plus de 14 millions en 1996. L'eau douce est pr&#233;lev&#233;e aux fleuves Cecina et Fine pour l'extraction du sel gemme &#224; Volterra. Cette saumure satur&#233;e est achemin&#233;e vers l'usine de Rosignano via des canalisations longues de plusieurs kilom&#232;tres, puis rejet&#233;e dans la mer. Le proc&#233;d&#233; Solvay requiert &#171; &lt;i&gt;une concentration d'environ 350 grammes de sel par litre&lt;/i&gt; &#187;, explique Giacomo Luppichini, ex-conseiller municipal de la ville (Rifondazione communista) et militant &#233;cologiste &#8211; une concentration bien sup&#233;rieure &#224; celle de l'eau de mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des mouvements citoyens&lt;/strong&gt; ont sugg&#233;r&#233; &#224; Solvay la cr&#233;ation d'un dessalinisateur, qui permettrait d'utiliser l'eau de mer. Mais l'industriel a fait savoir que le projet ne verrait pas le jour : trop cher. Pour Maurizio Marchi, membre de Medicina Democratica&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de lutte pour la sant&#233; n&#233;e dans les ann&#233;es 1970.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le probl&#232;me n'est pas le prix du dessalinisateur, mais le co&#251;t d&#233;risoire de l'eau : environ 7 centimes du m&#232;tre cube. Un beau cadeau &#224; l'industrie de la part de la collectivit&#233;, qui brade aussi ses mines de sel. La concession de Solvay pour leur exploitation est encore valable trente ans, mais d'ici l&#224; que restera-t-il &#224; en tirer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-973-34869.jpg?1782766236' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Carbonate de calcium et m&#233;taux lourds&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis il y a ce que l'usine rejette&lt;/strong&gt;, &#224; commencer par le plus voyant : le carbonate de calcium d&#233;class&#233;. D'apr&#232;s l'Arpat&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agenzia regionale per la protezione ambientale della Toscana : agence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'usine &#233;vacue 120 000 tonnes par an de mati&#232;res solides en suspension&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : rapport Arpat 2014.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, soit 13 millions de tonnes depuis sa cr&#233;ation. C'est ce qui a cr&#233;&#233; les fameuses &#171; plages blanches &#187;. Le sable n'a pas &#233;t&#233; blanchi par des produits chimiques, mais recouvert par ce s&#233;diment, &#233;touffant compl&#232;tement le littoral et causant la disparition d'un herbier de posidonies de M&#233;diterran&#233;e. Ces plantes marines constituent la base d'un &#233;cosyst&#232;me tr&#232;s riche o&#249; vit une importante faune aquatique. Elles sont aussi un formidable pi&#232;ge &#224; carbone et, enfin, leurs racines entrem&#234;l&#233;es luttent efficacement contre l'&#233;rosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2003, un accord&lt;/strong&gt; pass&#233; entre Solvay et l'administration italienne pr&#233;voyait de limiter les &#233;missions de mati&#232;res solides en suspension &#224; 60 000 tonnes par an &#224; partir de 2008. Dix ans plus tard, la limite est largement d&#233;pass&#233;e : chaque ann&#233;e, les &#233;missions sont deux &#224; trois fois sup&#233;rieures &#224; ce qui &#233;tait pr&#233;vu par l'accord. En 2009, la soci&#233;t&#233; Solvay a fait savoir qu'elle &#233;tait dans l'impossibilit&#233; technique et &#233;conomique de le respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le carbonate de calcium&lt;/strong&gt; sert aussi de mat&#233;riau d'absorption de produits dangereux, dont les m&#233;taux lourds, que l'usine rejette en grande quantit&#233; dans la mer. Outre des d&#233;riv&#233;s de la soude, le complexe industriel produit du chlorure de calcium, du chlore, de l'acide chlorhydrique, du chlorom&#233;thane, des mati&#232;res plastiques, de l'eau oxyg&#233;n&#233;e et de l'&#233;lectricit&#233;. Tout cela implique l'utilisation et le rejet de divers produits polluants. Les chiffres communiqu&#233;s par Solvay donnent le vertige. En 2014, l'usine a recrach&#233; 52 kilos de mercure, 248 kilos de cadmium, 900 kilos de zinc, 2,67 tonnes d'arsenic, 2,4 tonnes de cuivre, 1,82 tonne de nickel, 8,96 tonnes de plomb&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : The European Pollutant Release and Transfer Register.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, une enqu&#234;te&lt;/strong&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; que des canaux de rejet ill&#233;gaux avaient &#233;t&#233; ouverts par Solvay : afin de rester dans les normes autoris&#233;es, qui s'int&#233;ressent au taux de produits polluants dans l'eau, l'entreprise les avait simplement dilu&#233;s davantage. Solvay a choisi de passer un accord pour obtenir une condamnation plus l&#233;g&#232;re, ce qui en droit italien revient &#224; reconna&#238;tre sa faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans son dernier rapport&lt;/strong&gt;, l'Arpat rel&#232;ve surtout la trop grande pr&#233;sence de mercure dans les s&#233;diments, et pas seulement au niveau du canal d'&#233;vacuation. Les courants entra&#238;nent les mati&#232;res en suspension, si bien que la plage de Castiglioncello, &#224; 5 km de la plage blanche, est plus pollu&#233;e au mercure que celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et la sant&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers &#224; s'inqui&#233;ter&lt;/strong&gt; de l'impact de ces rejets sur la sant&#233; ont &#233;t&#233; les ouvriers de l'usine. Avant 1947 existait une indemnit&#233; de nocivit&#233;. Gr&#226;ce au travail syndical, on passera d'une mon&#233;tisation des risques &#224; leur r&#233;duction. &#192; partir de 1955, l'entreprise prend en charge la sant&#233; des employ&#233;s et leur impose leur m&#233;decin de famille. La situation est inacceptable pour les syndicats, qui vont mener des enqu&#234;tes internes. En 1967, &#224; la suite des travaux du professeur Viola, m&#233;decin de l'usine, un groupe de surveillance de la sant&#233; des travailleurs est cr&#233;&#233;, mais toujours avec Solvay &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le docteur alerte&lt;/strong&gt; sur les dommages li&#233;s au mercure : les fortes concentrations causent des malformations osseuses et des tumeurs de la peau, des poumons et des os. Depuis que Solvay n'utilise plus l'&#233;lectrolyse dans la fabrication du chlore (2008), le mercure rejet&#233; est &#171; inactif &#187;, mais il reste sur la plage 500 tonnes de mercure des d&#233;versements pr&#233;c&#233;dents. La plage blanche d&#233;gage 164 nanogrammes de mercure par m&#232;tre carr&#233; aux heures les plus chaudes&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : CNR (Consiglio nazionale delle ricerche) de Pise.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs ont &#233;t&#233; expos&#233;s&lt;/strong&gt; &#224; d'autres produits dangereux, dont le chlorure de vinyle monom&#232;re (CVM), si meurtrier qu'il a provoqu&#233; la fermeture d'une partie du site en 1978. Le CVM d&#233;clenche l'angiosarcome du foie, cancer tr&#232;s rare qui a emport&#233; la plupart des trente employ&#233;s de ce secteur de l'usine. Triste anecdote : le CVM reste &#224; l'&#233;tat liquide &#224; basse temp&#233;rature et les ouvriers, ignorant son pouvoir canc&#233;rig&#232;ne, y conservaient leurs past&#232;ques pour les garder au frais. Quand, en 1988, Solvay a voulu rouvrir cette partie du site, l'industriel s'est heurt&#233; au refus de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Medicina Democratica&lt;/strong&gt; a lanc&#233; un r&#233;f&#233;rendum dont tout le monde pensait qu'il ne servirait &#224; rien. Maurizio Marchi se souvient : &#171; &lt;i&gt;L'institution communale ne pr&#233;voyait pas de r&#233;f&#233;rendum, m&#234;me pas consultatif, alors abrogatif, n'en parlons pas ! Le maire l'a permis parce qu'il &#233;tait convaincu de le remporter. Il y avait &#224; l'&#233;poque deux pouvoirs &#224; Rosignano : Solvay et le Parti communiste. Les opposants &#233;taient vus comme une petite minorit&#233;. Contre toute attente, leur victoire fut &#233;crasante : 55,5 % contre l'usine de CVM.&lt;/i&gt; &#187; Pour Marchi, le r&#233;f&#233;rendum a chang&#233; la donne : Solvay n'est plus vu comme la m&#232;re nourrici&#232;re de la ville, mais comme une mar&#226;tre. On ose s'y opposer, y r&#233;sister ; le chantage &#224; l'emploi ne marche plus vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-974-f58f8.jpg?1782766236' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cachez cette pollution que je ne saurais voir&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec seulement 800 employ&#233;s&lt;/strong&gt; dans la r&#233;gion &#8211; bien peu compar&#233; aux 4 000 des ann&#233;es 1970 &#8211;, Solvay n'est plus le premier pourvoyeur d'emplois. M&#234;me si tout est encore au nom de Solvay, Rosignano est devenue une ville p&#233;riurbaine, dont la population va travailler &#224; Livourne. Le tourisme remplace progressivement l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais cela ne simplifie pas le probl&#232;me&lt;/strong&gt; : que faire de la pollution ? La cacher sous le tapis, pour ne pas effrayer les touristes ? C'est ce que d&#233;plore Claudio Marabotti, cardiologue lanceur d'alerte qui a men&#233; une premi&#232;re &#233;tude &#233;pid&#233;miologique. Il a &#233;tudi&#233; les maladies potentiellement li&#233;es &#224; la pollution : les tumeurs, les maladies cardiovasculaires de type infarctus ou AVC et les maladies neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives, comme Parkinson ou Alzheimer. Les r&#233;sultats mettent en avant sur la commune de Rosignano une mortalit&#233; importante de 2001 &#224; 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tude a suscit&#233; un certain int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt; dans la population, mais on a eu tendance &#224; la minimiser. Apr&#232;s sa publication dans une revue scientifique internationale, la municipalit&#233; de Rosignano a organis&#233; des rencontres o&#249; le docteur Marabotti n'a &#233;t&#233; invit&#233; qu'en tant qu'auditeur, sans qu'on le laisse exposer ses donn&#233;es. Il a propos&#233; un approfondissement de ce travail, en vain. Faute de moyens, le lien entre mortalit&#233; et pollution reste &#224; d&#233;montrer formellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les maladies &#233;voqu&#233;es&lt;/strong&gt; ne se rencontrent pas que chez les travailleurs, mais dans l'ensemble de la population. Pour Claudio Marabotti, les trois causes possibles sont : les m&#233;taux lourds pr&#233;sents dans la mer, l'a&#233;rosol marin (ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique) qui ram&#232;ne ces m&#234;mes m&#233;taux lourds &#224; terre, ainsi que l'ozone et les particules fines &#233;mises par l'usine. Il ajoute qu'on ne peut pas compter sur la bonne volont&#233; d'un industriel : &#171; &lt;i&gt;Une entreprise, m&#234;me si elle suit une ligne de conduite &#233;thique, fait tout pour maximiser le profit et tend &#224; ne pas prot&#233;ger l'environnement dans lequel elle travaille. Mais on peut avoir une influence l&#224;-dessus. Il faut la contraindre &#224; s'am&#233;liorer et &#224; nettoyer ce qu'elle a pollu&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; cela s'ajoutent les rejets accidentels&lt;/strong&gt;. Comme &#224; l'&#233;t&#233; 2017, quand une fuite d'ammoniaque a provoqu&#233; une h&#233;catombe de poissons. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois&#8230; Officiellement, on ne sait pas ce qui s'est pass&#233; : les sp&#233;cimens pr&#233;lev&#233;s pour analyse n'ont pas &#233;t&#233; conserv&#233;s dans des conditions satisfaisantes, et l'autopsie n'a pas pu avoir lieu. Ce qui d&#233;montre, au mieux, un certain manque de professionnalisme de la part des agences de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impossible fermeture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De son c&#244;t&#233;, Solvay&lt;/strong&gt; affirme se tourner r&#233;solument vers le d&#233;veloppement durable, un secteur plein de nouveaux march&#233;s &#224; conqu&#233;rir. L'industriel ne manque jamais de r&#233;p&#233;ter que la qualit&#233; de l'eau mesur&#233;e sur la plage blanche est la m&#234;me que sur toute la c&#244;te toscane. Il oublie d'ajouter que ce littoral est largement souill&#233; par l'industrie depuis un si&#232;cle. Car Solvay n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, peut-&#234;tre seulement le plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la plage obtient chaque ann&#233;e le drapeau bleu&lt;/strong&gt;, c'est parce que les tests n'y recherchent que la pr&#233;sence de mati&#232;res f&#233;cales. Et le lien qui unit l'usine au territoire n'est pas pr&#232;s de se rompre : un d&#233;part signifierait une obligation d'assainissement au co&#251;t faramineux. Alors on continue &#224; exploiter la nature, tant qu'il y a du sel &#224; creuser, de l'eau &#224; puiser et des touristes heureux de profiter d'une belle plage immacul&#233;e. Et morte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La soude et ses d&#233;riv&#233;s : des produits &#233;colos ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cuisine, au potager&lt;/strong&gt;, en dentifrice, pour faire le m&#233;nage&#8230; Le bicarbonate de soude est souvent pr&#233;sent&#233; comme un produit &#224; tout faire &#171; 100 % &#233;colo &#187;. Mais comment le fabrique-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soude v&#233;g&#233;tale s'obtient &#224; partir de la combustion de la salicorne, m&#233;thode traditionnelle aujourd'hui encore utilis&#233;e pour la fabrication du savon d'Alep. Mais la cendre de salicorne ne contient que 15 % de soude, ce qui, &#224; partir du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, est devenu bien insuffisant face &#224; la demande industrielle grandissante. On a alors utilis&#233; principalement la tr&#232;s polluante m&#233;thode Leblanc, qui g&#233;n&#232;re de l'acide chlorhydrique, responsable de pluies acides. Pour contrer ces effets d&#233;vastateurs, l'Angleterre vote en 1863 une des premi&#232;res lois de protection de l'environnement, l'Alkali Act.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me p&#233;riode, le chimiste belge Ernest Solvay invente un autre proc&#233;d&#233;. Moins polluant et surtout plus &#233;conomique, il d&#233;tr&#244;ne rapidement la m&#233;thode Leblanc. Mais pour fabriquer de la soude selon la m&#233;thode Solvay, il faut du sel et du calcaire en grande quantit&#233;, de l'eau, et des m&#233;taux lourds, tel le mercure. Une usine produisant des d&#233;riv&#233;s de la soude a donc n&#233;cessairement un impact sur son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette enqu&#234;te a &#233;galement fait l'objet d'un documentaire radiophonique de 54 minutes. &#171; &lt;a href=&#034;https://radiocanut.org/la-radio/news-de-la-radio/article/on-dirait-la-soude&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On dirait la soude&lt;/a&gt; &#187; (de Marie Causse &amp; Matthieu Adam) est disponible &#224; l'&#233;coute sur le site de Radio Canut.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de lutte pour la sant&#233; n&#233;e dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Agenzia regionale per la protezione ambientale della Toscana&lt;/i&gt; : agence publique de surveillance de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : rapport Arpat 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : The European Pollutant Release and Transfer Register.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : CNR (&lt;i&gt;Consiglio nazionale delle ricerche&lt;/i&gt;) de Pise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : Sous le m&#233;pris, la plage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-Sous-le-mepris-la-plage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Marseille-Sous-le-mepris-la-plage</guid>
		<dc:date>2015-01-28T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Isabelle Carcelli</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ? Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mer" rel="tag"&gt;mer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gaudin" rel="tag"&gt;Gaudin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plage" rel="tag"&gt;plage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cercle" rel="tag"&gt;Cercle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Didier-Reault" rel="tag"&gt;Didier R&#233;ault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-delegue" rel="tag"&gt;Marseille d&#233;l&#233;gu&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/p16-catalans-a9bfa.jpg?1782653887' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h 30 et jusqu'&#224; 20 h en &#233;t&#233;, avec ses joueurs de beach-volley, ses fausses blondes, ses vieux dragueurs aux chairs tremblantes mais bronz&#233;es, ses bandes d'ados chambreurs, ses m&#232;res de famille entour&#233;es d'une marmaille qui piaille et barbote entre serviettes-&#233;ponge et ligne de bou&#233;es balisant la baignade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ce joyeux brouhaha ensoleill&#233; ne pla&#238;t pas &#224; tout le monde. Surplombant la plage, le fort hupp&#233; Cercle des nageurs de Marseille (CNM), avec sa piscine olympique, ses cabines priv&#233;es et son restaurant, se bouche le nez en regardant ailleurs, vers le large, les &#238;les du Frioul et le ch&#226;teau d'If. Dans ce club tr&#232;s s&#233;lect, o&#249; l'on entre par parrainage en payant, outre un droit d'admission de 1 600&#8200;euros, une cotisation annuelle de 1 250&#8200;euros, la cr&#232;me des politiciens locaux&#8200;&#8211;&#8200;des fr&#232;res Gu&#233;rini &#224; Gaudin, en passant par Muselier&#8200;&#8211;&#8200;y fraie avec des m&#233;daill&#233;s olympiques de natation, des avocats en vue, des banquiers, des promoteurs, des patrons hospitaliers&#8230;&#8200;&#8211;&#8200;combien d'arrangements, combien de bonnes affaires, combien d'enveloppes auront chang&#233; de main sous les tables du restaurant r&#233;serv&#233; aux membres ? Ce qui n'emp&#234;che pas le budget annuel de cinq millions d'euros d'&#234;tre couvert &#224; 20 % par des subventions publiques, puisque une institution aussi prestigieuse contribue &#224; faire briller la marque &#171; Marseille &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que le 2 juillet 2013, la plage est ferm&#233;e pour cause de pollution des eaux : on y a d&#233;tect&#233; la pr&#233;sence de bact&#233;ries de type Escherichia coli&#8200;&#8211; des germes f&#233;caux, de la merde&#8200;&#8211; dans des proportions quinze fois sup&#233;rieures au niveau autoris&#233;. La mairie&#8200;&#8211; et son annexe m&#233;diatique &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;&#8200;&#8211;, qui montre du doigt cette plage devenue trop populeuse pour esp&#233;rer y attirer le tourisme argent&#233; qu'on attend ici comme le messie, se jette sur l'occasion pour vitup&#233;rer l'endroit. Quelques heures seulement&#8230; Jusqu'&#224; ce que les services d'hygi&#232;ne pointent le responsable : le CNM, dont les toilettes d&#233;fectueuses d&#233;versaient leurs &#233;trons dans la mer. Contact&#233; par un journaliste du site d'infos &lt;a href=&#034;http://www.marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marsactu&lt;/a&gt;, le cercle nie d'abord &#234;tre &#224; l'origine de cet emmerdement : &#171; &lt;i&gt;On ne souhaite pas r&#233;pondre, parce qu'on n'a pas que &#231;a &#224; faire, on a les championnats du monde qui arrivent !&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, qui ne craindra pas l'outrance quand, quelques jours plus tard, un SDF psychotique sera (faussement) accus&#233; d'avoir &#233;gorg&#233; un &#233;tudiant, en titrant &#171; &lt;i&gt;4 000 schizophr&#232;nes dans les rues de Marseille&lt;/i&gt; &#187;, est beaucoup plus prudente sur ce coup-l&#224;. Elle aurait pourtant pu oser cette manchette : &#171; &lt;i&gt;Cercle des nageurs : les riches chient sur les pauvres.&lt;/i&gt; &#187; Mais ce n'est pas sur ce terrain que la mairie d&#233;sire attirer l'opinion publique. Deux jours plus tard, Didier R&#233;ault, adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer, au Littoral, au Nautisme et aux Plages, et Paul Leccia, le pr&#233;sident du cercle, convoquent une conf&#233;rence de presse conjointe pour d&#233;samorcer la bombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un motif de d&#233;nigrement bien plus sexy va finalement occuper les colonnes du quotidien de Bernard Tapie pendant tout le reste de l'&#233;t&#233;. De la d&#233;linquance juv&#233;nile, de l'ins&#233;curit&#233;, du pauvre, du bronz&#233; cong&#233;nital&#8200;&#8211; pas sous les UV d'un spa quatre &#233;toiles ! Lundi 8 juillet, un CRS ma&#238;tre-nageur est agress&#233; par une bande d'adolescents en provenance du centre-ville. Le lendemain, une d&#233;p&#234;che AFP annonce qu'un mandat de d&#233;p&#244;t a &#233;t&#233; requis contre un gar&#231;on de seize ans. Une jeune fille de quinze ans a &#233;galement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, accus&#233;e d'avoir maintenu la t&#234;te du CRS sous l'eau pendant que son copain &#233;tait juch&#233; sur ses &#233;paules. Une autre fille de douze ans, &#171; &lt;i&gt;qui a particip&#233; de fa&#231;on modeste aux faits&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;e... &#192; l'origine de l'incident, une altercation entre ces jeunes et un couple de touristes dont le b&#233;b&#233; avait re&#231;u du sable dans les yeux. Venu s'interposer, le policier s'est vite retrouv&#233; au c&#339;ur de l'embrouille, un coll&#232;gue le d&#233;gageant &#224; coup de gazeuse lacrymog&#232;ne, ce qui eut pour effet de vider la moiti&#233; de la plage. Les deux jeunes seront inculp&#233;s de &#171; &lt;i&gt;tentative d'homicide volontaire&lt;/i&gt; &#187;, l'un &#233;tant dirig&#233; sur un centre d'internement pour mineurs et l'autre aux Baumettes. Le procureur &#233;voquera la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; &lt;i&gt;message de fermet&#233; exemplaire&lt;/i&gt; &#187;. Certains habitu&#233;s murmurent cependant que l'attitude charmeuse du jeune CRS, qui aimait faire d&#233;filer les adolescentes dans sa gu&#233;rite, a pu nourrir quelque rancune&#8230; Mais l'affaire est une aubaine pour criminaliser le petit peuple de la plage et faire mousser le fameux &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; &#187;. Le feuilleton va &#234;tre aliment&#233; tout au long de l'&#233;t&#233;, avec force d&#233;tails sur les m&#339;urs barbares des sauvageons impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Sabine Bernasconi, maire UMP du 1er secteur arriv&#233;e aux affaires apr&#232;s les municipales de 2014, milite pour une reprivatisation partielle de la plage, ainsi que pour la r&#233;activation du projet d'h&#244;tel de luxe sur le site de l'ancienne usine Giraudon, entre plage et CNM. Sans doute pour une remise aux normes bourgeoises d'une anse qui poss&#233;dait, au XIXe si&#232;cle, deux escaliers d'acc&#232;s &#224; la mer : un pour les riches, l'autre pour les pauvres. Voil&#224; qui colle bien avec le destin azur&#233;en du n&#233;o-Marseille dont r&#234;vent Gaudin et consorts. Christian Pellicani, &#233;lu Front de gauche, d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt; marchandisation de l'espace public&lt;/i&gt; &#187;, et un collectif de riverains s'oppose au projet, contredisant le discours de Bernasconi, qui se targue de parler au nom des voisins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH316/p16-plage-des-catalans-17a0e.jpg?1782653887' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; d'&#233;vincer la populace des Catalans fait partie d'une op&#233;ration d'ensemble qui, sous pr&#233;texte de &#171; rendre le littoral aux Marseillais &#187;, fait tout le contraire. Le sympathique restaurant des Flots bleus a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; et remplac&#233; par un parking. La pizzeria Chez D&#233;d&#233;, sur la plage de la Verrerie, a &#233;t&#233; dynamit&#233;e. Par contre, le pr&#233;tentieux Petit-Nice Passedat, avec son assiette d'an&#233;mones de mer &#224; 60&#8200;euros, jouit toujours de son bout de c&#244;te annex&#233;e, les pieds dans l'eau de l'anse de la Fausse-Monnaie, tout comme les bains militaires accaparant quasiment un tiers des rochers de Malmousque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain pollu&#233; de l'ancienne usine Legr&#233;-Mante, &#224; la Madrague-Montredon, o&#249; un promoteur pr&#233;tend construire une r&#233;sidence ferm&#233;e &#171; de standing &#187; aux portes du parc national des Calanques, rappelle que pour l'&#233;quipe municipale, que ce soit l'industrie, la culture ou la nature, tout doit produire de la plus-value immobili&#232;re. Homme de paille des b&#233;tonneurs, Jean-Claude Gaudin a parfaitement assimil&#233; la mentalit&#233; de la bourgeoisie locale qui, depuis qu'elle s'est fait d&#233;poss&#233;der du port, sp&#233;cule tout b&#234;tement sur le foncier, souillant le paysage avec l'infernale trilogie de ses coquilles vides : centres commerciaux&#8200;&#8211; tours de bureaux&#8200;&#8211; h&#244;tels de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier R&#233;ault, conseiller g&#233;n&#233;ral des Bouches-du-Rh&#244;ne, adjoint au maire de Marseille d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer et pr&#233;sident du parc national des Calanques, a r&#233;cemment prolong&#233; pour trente ans la d&#233;rogation&#8200;&#8211; qui court depuis bient&#244;t un demi-si&#232;cle&#8200;&#8211; permettant &#224; l'usine d'alumine Alt&#233;o, bas&#233;e &#224; Gardanne, de rejeter ses boues rouges dans la calanque de Port-Miou. D&#233;cid&#233;ment, ce gar&#231;on se plait &#224; autoriser ses amis &#224; caguer dans les molaires du peuple. Pourtant, quand on voit les minots sauter en bombe du haut des rochers, on se dit qu'&#224; Marseille c'est encore et toujours la chourme qui est n&#233;e pour danser sur la t&#234;te des rois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Feu sur les Catalans !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Une plage de sable fin situ&#233;e au centre-ville et o&#249; se retrouve une population bigarr&#233;e venue des quatre coins de la cit&#233; ! Cela a le don d'agacer la mairie et quelques riverains aigris qui pr&#233;f&#233;reraient y voir un complexe h&#244;telier pour satisfaire leurs exigences hygi&#233;nistes et s&#233;curitaires. &#192; moins que des habitants ne s'y opposent&#8230; Le quartier et la plage situ&#233;s au bout du vii e arrondissement de Marseille doivent-ils leur nom aux Catalans qui, en 1423, d&#233;barqu&#232;rent en ce lieu avant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-doivent-ils" rel="tag"&gt;Marseille doivent-ils&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une plage de sable fin situ&#233;e au centre-ville et o&#249; se retrouve une population bigarr&#233;e venue des quatre coins de la cit&#233; ! Cela a le don d'agacer la mairie et quelques riverains aigris qui pr&#233;f&#233;reraient y voir un complexe h&#244;telier pour satisfaire leurs exigences hygi&#233;nistes et s&#233;curitaires. &#192; moins que des habitants ne s'y opposent&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH288/plonk-Machenouille-de70a.png?1782642145' width='400' height='288' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quartier et la plage&lt;/strong&gt; situ&#233;s au bout du vii e arrondissement de Marseille doivent-ils leur nom aux Catalans qui, en 1423, d&#233;barqu&#232;rent en ce lieu avant de se livrer au pillage de la r&#233;gion pendant un demi-si&#232;cle ? Ou bien aux p&#234;cheurs de m&#234;me origine qui s'install&#232;rent ici apr&#232;s la grande peste de 1720 ? La question r&#244;de encore, m&#234;me si, depuis, d'autres sujets sont venus enflammer les d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le fait que, pendant plusieurs d&#233;cennies, cette plage des Catalans a &#233;t&#233; payante, mani&#232;re de s&#233;lectionner des amateurs de bain de mer argent&#233;s et d'&#233;carter la pl&#232;be. Sa r&#233;ouverture au public s'est faite &#224; partir de 2004 de mani&#232;re chaotique, pour finalement &#234;tre totale en 2007. Pour autant, la pol&#233;mique n'a jamais vraiment cess&#233;. Quelques riverains souhaitent la rendre de nouveau tarif&#233;e afin d'&#233;loigner &lt;i&gt;&#171; toutes ces racailles des quartiers nord qui n'apportent que nuisances et ins&#233;curit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. D'autres habitants d&#233;fendent la gratuit&#233; de cet acc&#232;s &#224; la mer et au sable fin &#8211; le plus proche du centre-ville &#8211; au nom de la sp&#233;cificit&#233; de la ville et de leurs souvenirs personnels. Or depuis 2008, le contentieux s'est &#224; la fois &#233;largi et d&#233;plac&#233;. L'association &#171; Mieux vivre ensemble dans notre ville &#187;, initialement cr&#233;&#233;e pour d&#233;fendre l'ouverture de la plage, a d&#233;cid&#233; de porter le fer contre le projet de construction d'un imposant ensemble h&#244;telier sur le site de l'usine Giraudon, situ&#233; entre la plage et le complexe nautique du centre des nageurs marseillais. D'o&#249; vient ce projet ? &lt;i&gt;&#171; Le promoteur nous a expliqu&#233; qu'un jour, en passant par ici avec des copains, il s'est dit qu'il pourrait y faire un h&#244;tel &#187;&lt;/i&gt;, raconte Paul Piccirillo, pr&#233;sident de l'association de quartier. Programme monumental, l'h&#244;tel couvrant une superficie de plus de 2 000 m&#232;tres carr&#233;s aura neuf &#233;tages et une hauteur de vingt-sept m&#232;tres. Install&#233; &#224; quelques m&#232;tres du rivage, en d&#233;pit de la loi Littoral, il sera &#233;quip&#233; d'installations de thalassoth&#233;rapie. De fait, le site sera d&#233;figur&#233; par la masse d'un tel &#233;difice et les habitants des immeubles environnants se verront priv&#233;s de la vue sur les &#238;les du Frioul et du Ch&#226;teau d'If. &lt;i&gt;&#171; Mais la question n'est pas uniquement l&#224;, insiste le pr&#233;sident de l'association. Il y a une symbolique forte. On chasse une usine pour installer un h&#244;tel quatre &#233;toiles. &#192; cinq cents m&#232;tres d'ici, le Petit Nice Passedat&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Menu de base &#224; 180 euros.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;vient d'en acqu&#233;rir cinq. Et dans un rayon de trois cents m&#232;tres, il y a trois h&#244;tels tr&#232;s haut de gamme. &#199;a suffit ! Quand les gens viennent &#224; Marseille, qu'est-ce qu'ils cherchent ? Le Panier, l'Estaque, Belsunce, les Catalans&#8230; Le reste, on peut le trouver dans toutes les autres villes ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'habitants du quartier rejoignent l'association, se rencontrent et d&#233;cident de mener des actions. Sur le portail de l'usine Giraudon, ferm&#233;e depuis 2008, on fixe une banderole. Aux balcons des immeubles apparaissent des calicots au mot d'ordre unificateur : &lt;i&gt;&#171; Non &#224; l'h&#244;tel. &#187;&lt;/i&gt; Et depuis trois ans que l'ancien b&#226;timent industriel a &#233;t&#233; achet&#233;, rien ne bouge. Aucun permis de construire n'a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; alors que la question devient un &#233;l&#233;ment de plus dans le conflit larv&#233; que se livrent la mairie UMP, favorable au projet, et la Communaut&#233; urbaine socialiste, qui s'y oppose. Paul Piccirillo poursuit : &lt;i&gt;&#171; L'opposition n'est pas g&#233;n&#233;rale dans le quartier, m&#234;me si elle rassemble beaucoup de monde. Mais on voit bien que ceux qui soutiennent ce projet d'h&#244;tel sont souvent les m&#234;mes que ceux qui veulent que la plage des Catalans soit de nouveau payante. Ils esp&#232;rent que cela va amener des gens riches et propres, et que le quartier va devenir un quartier de luxe. &#187;&lt;/i&gt; Tous les lundis en fin d'apr&#232;s-midi, une petite troupe se retrouve devant l'usine vou&#233;e &#224; c&#233;der la place &#224; un palace. Conversations, &#233;changes d'informations, c'est aussi le moment des rencontres avec d'autres associations qui, du nord &#224; l'ouest de la ville, luttent contre des projets de b&#233;tonnage. Ceux de la Belle de mai protestent contre la suppression du seul espace vert du quartier, tout comme les r&#233;sidents du boulevard de la Corderie. Dans le hameau de la Nerthe, sur les hauteurs de l'Estaque, on combat l'implantation d'un p&#244;le d'entreposage de containers et d'un &#233;changeur d'autoroute. &#192; Mourepiane, les habitants ont r&#233;ussi &#224; limiter la taille des projets de construction d'immeubles. Les riverains du stade Tasso protestent parce qu'un projet qu'ils avaient avalis&#233; s'est transform&#233; en catimini&#8230; en un parking, assorti de la cr&#233;ation de trois nouveaux immeubles et d'une grande surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassembl&#233;s dans le collectif &lt;a href=&#034;http://www.laissebeton.org/?page_id=16&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Laisse b&#233;ton &#187;&lt;/a&gt;, ces habitants &#233;taient venus clamer leur ressentiment, le 14 mai, devant la mairie de Marseille.
Apr&#232;s le rassemblement du lundi, dans la petite cour jouxtant le local de l'association, les opposants mettent au point leur strat&#233;gie : &lt;i&gt;&#171; On ne va pas rester que dans notre quartier. On va se d&#233;placer sur les autres lieux et faire des rassemblements comme on le fait ici &#187;&lt;/i&gt;, propose une dame. &lt;i&gt;&#171; L'espace public est &#224; nous, rench&#233;rit une autre. Tout est &#224; nous ! &#187; &lt;/i&gt; Paul Piccirillo approuve et lance en souriant &#224; l'intention de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Ici, on ne parle pas politique. Si on commen&#231;ait, il y aurait de sacr&#233;es divergences. &#187;&lt;/i&gt; Puis : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on, rien n'est perdu. On a gagn&#233; contre les horodateurs dans le quartier en 2005&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Relire CQFD n&#176;23.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Dans les rues o&#249; ils &#233;taient d&#233;j&#224; install&#233;s, ils ont d&#251; les d&#233;monter. &#187;&lt;/i&gt; Une victoire que personne n'a oubli&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Menu de base &#224; 180 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Relire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-zorrodateurs'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;23&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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