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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tepito : c&#339;ur palpitant de Mexico</title>
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		<dc:creator>Ernesto Ar&#233;chiga C&#243;rdoba</dc:creator>


		<dc:subject>Ernesto Ar&#233;chiga C&#243;rdoba</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Se promener dans le march&#233; de rue de Tepito est une exp&#233;rience unique. Au sein de l'immense ville, en plein XXIe si&#232;cle, se d&#233;ploie une sorte de caverne d'Ali Baba peupl&#233;e de mille et un m&#233;tiers, mille et une marchandises. Ici, les murs disent que &#171; tout est &#224; vendre, sauf la dignit&#233; &#187;. &#192; Tepito, tous les jours de la semaine, des dizaines de milliers de chalands fur&#232;tent &#224; la recherche de bonnes affaires, pour leur propre consommation ou pour garnir leur magasin. C'est un lieu haut en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no169-octobre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;169 (octobre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ernesto-Arechiga-Cordoba-291" rel="tag"&gt;Ernesto Ar&#233;chiga C&#243;rdoba&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Se promener dans le march&#233; de rue de Tepito est une exp&#233;rience unique. Au sein de l'immense ville, en plein XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, se d&#233;ploie une sorte de caverne d'Ali Baba peupl&#233;e de mille et un m&#233;tiers, mille et une marchandises. Ici, les murs disent que &#171; &lt;i&gt;tout est &#224; vendre, sauf la dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-976-8e112.jpg?1779939934' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ernesto Ar&#233;chiga C&#243;rdoba
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Tepito, tous les jours de la semaine&lt;/strong&gt;, des dizaines de milliers de chalands fur&#232;tent &#224; la recherche de bonnes affaires, pour leur propre consommation ou pour garnir leur magasin. C'est un lieu haut en couleur, avec des rues satur&#233;es de gens et de marchandises. Les v&#233;hicules &#224; deux ou quatre roues circulent difficilement parmi les stands m&#233;talliques qui s'&#233;talent de trottoir &#224; trottoir, voire d'une fa&#231;ade &#224; l'autre. Pour se prot&#233;ger de la pluie et du soleil, les marchands d&#233;ploient des auvents en toile ou en plastique. La lumi&#232;re les traverse et teinte l'air de rouge, de jaune, de rose ou de bleu. M&#234;me au rythme de la progression du pi&#233;ton, les yeux ont du mal &#224; s'habituer &#224; ces d&#233;grad&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette atmosph&#232;re bariol&#233;e&lt;/strong&gt;, le regard saute de produit en produit, assailli par leur vari&#233;t&#233; : v&#234;tements, outils, mixeurs, sac &#224; dos, jeux vid&#233;o, ballons, patins, klaxons, ordinateurs, disques, parfums, fripes, piles, montres, gros &#233;lectrom&#233;nager. Tout &#224; tr&#232;s bas prix, gr&#226;ce au grand volume de ventes &#8211; m&#234;me si les esprits chagrins sp&#233;culent souvent sur l'origine douteuse des marchandises. Il n'y a rien qu'on ne puisse trouver sur le march&#233; de Tepito, y compris des armes et de la drogue, si on cherche bien et en restant discret. L'offre est in&#233;puisable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une panoplie de sensations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'oreille des clients est constamment sollicit&#233;e&lt;/strong&gt; ; c'est &#224; qui vante le plus fort la qualit&#233; des produits offerts : &#171; &lt;i&gt; Venez, venez !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Regardez par ici, jeune homme !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Prenez-le pour dix, emportez-le chez vous !&lt;/i&gt; &#187; En fond sonore, la musique, omnipr&#233;sente. &#192; mesure que l'on avance, une nouvelle chanson &#233;merge de la pr&#233;c&#233;dente. Puis c'est un nouvel appel, la projection de films ou de jeux sur des &#233;crans de toutes les tailles, le son toujours &#224; fond. Une arm&#233;e d'ambulants, poussant leurs carrioles ou charriant des paniers &#224; bout de bras, veut &#224; tout prix nourrir et d&#233;salt&#233;rer la Terre enti&#232;re, clients comme forains. Les odeurs qui s'entrem&#234;lent vont du Chanel &#224; prix cass&#233; au foie grill&#233; &#224; l'oignon, en passant par la puanteur des caniveaux : un d&#233;fi &#224; l'odorat, soumis &#224; toute une panoplie de sensations. Peu importe si tu manges debout ou en marchant : dans cette atmosph&#232;re qui attire et d&#233;go&#251;te, la faim et la soif sont les plus fortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe des centaines de march&#233;s de rue au Mexique&lt;/strong&gt;, mais il n'y en a pas beaucoup, ou peut-&#234;tre aucun, semblable &#224; celui de Tepito. Ici, depuis des si&#232;cles, une symbiose inextricable unit quartier et march&#233;. La plupart des vendeurs&#8200;habitent dans des logements construits au-dessus ou&#8200;derri&#232;re le lieu o&#249; ils gagnent leur vie. Nombre d'objets sont fabriqu&#233;s sur place par des mains &lt;i&gt;tepite&#241;as&lt;/i&gt;. Les affaires se n&#233;gocient et se concluent au plus pr&#232;s du trottoir, m&#234;me si ces tractations locales ont aussi une port&#233;e globale, comme, par exemple, l'importation de produits chinois par voie directe, sous la houlette de regroupements de commer&#231;ants associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tradition rebelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surtout, les habitants du quartier sont fiers de leur histoire&lt;/strong&gt;. Ils se consid&#232;rent comme les h&#233;ritiers du grand &lt;i&gt;tianguis&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;tianquiztli&lt;/i&gt; signifie &#171; march&#233; &#224; ciel ouvert &#187; en nahuatl) de Tlatelolco, ville jumelle de Tenochtitl&#225;n, &#233;picentre de l'empire conquis par Hernan Cort&#233;s en 1521. Les &lt;i&gt;conquistadores&lt;/i&gt; furent estomaqu&#233;s par ce grand march&#233;, sa taille et la vari&#233;t&#233; de ses marchandises, ses couleurs et le rituel des &#233;changes. C'&#233;tait de loin le plus grand de tous ceux qu'ils avaient jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cependant, l'h&#233;ritage azt&#232;que&lt;/strong&gt;, pour ceux de Tepito, n'est pas uniquement le commerce de rue. C'est aussi une tradition rebelle : les derni&#232;res batailles entre guerriers &lt;i&gt;mexicas&lt;/i&gt; et troupes espagnoles ont eu lieu ici. Cuauht&#233;moc, le dernier &lt;i&gt;tlatoani &lt;/i&gt;(empereur) fut arr&#234;t&#233; non loin de ces rues. Depuis, les domin&#233;s y exercent l'art t&#234;tu de la r&#233;sistance. Entre le quartier des indig&#232;nes en p&#233;riph&#233;rie de la ville coloniale et le quartier populaire du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, se d&#233;roule un encha&#238;nement de r&#233;voltes pour la d&#233;fense du territoire. Ce qui a permis la survie d'une fa&#231;on d'&#234;tre, d'une culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proximit&#233; du centre historique oblige&lt;/strong&gt;, les 57 rues de Tepito excitent les convoitises immobili&#232;res. Les autorit&#233;s consid&#232;rent que le prix du foncier est d&#233;valoris&#233; &#224; cause de la mauvaise r&#233;putation du march&#233;. Mais une solide organisation locale, la connaissance de leur propre histoire et la revendication d'une identit&#233; de quartier, ont pu jusqu'&#224; pr&#233;sent freiner les diff&#233;rentes tentatives d'&#233;radication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement culturel aux multiples expressions&lt;/strong&gt; (peinture murale, litt&#233;rature, communication sociale et th&#233;&#226;tre), appel&#233; &lt;i&gt;Tepito Arte Ac&#225;&lt;/i&gt;, a impuls&#233; la r&#233;sistance d&#232;s les ann&#233;es 1970. Il perdure jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que le tremblement de terre du 19 septembre 1985&lt;/strong&gt; avait provoqu&#233; l'effondrement de dizaines d'habitations collectives traditionnelles (&lt;i&gt;vecindades&lt;/i&gt;), les habitants lanc&#232;rent un cri de ralliement : &#171; &lt;i&gt;Changer de maison, mais pas de quartier !&lt;/i&gt; &#187; Le gouvernement a recul&#233; face &#224; la pression populaire et n'a pas put exproprier. Gr&#226;ce &#224; ce coup de force et &#224; la reconstruction qui suivit, les voisins sont devenus propri&#233;taires des logements collectifs qu'ils louaient auparavant. Une belle victoire, mais qui n'a pas autant mis fin aux menaces qui p&#232;sent sur le quartier et son march&#233; de rue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mal vu et violent(&#233;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tepito a toujours &#233;t&#233; mal vu par les autorit&#233;s&lt;/strong&gt;. Dans ses rues, on vend des marchandises d'origine douteuse : articles d'occasion probablement vol&#233;s, &lt;i&gt;fayuca&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrebande de produits manufactur&#233;s en provenance des &#201;tats-Unis.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ou contrefa&#231;ons, articles pirat&#233;s ou copies ill&#233;gales de films, ainsi que drogues et armes &#224; feu. Connu comme un quartier chaud, berceau de c&#233;l&#232;bres boxeurs, catcheurs, truands et voyous, de prostitu&#233;es et de trafiquants, Tepito a des rues qui peuvent &#234;tre dangereuses. Les interventions polici&#232;res y sont fr&#233;quentes et le gouvernement y a d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233; l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces &lt;i&gt;operativos&lt;/i&gt; sont men&#233;s avec brutalit&#233;&lt;/strong&gt;, sans aucun respect pour les gens. Ils ne visent pas &#224; faire respecter la loi, mais d&#233;coulent d'arrangements entre les pouvoirs politique et &#233;conomique, afin d'ouvrir la voie aux sp&#233;culateurs immobiliers. La r&#233;ponse des commer&#231;ants et des habitants &#224; cet arbitraire est souvent vive, parfois violente. Sporadique et impulsive au premier abord, elle se r&#233;v&#232;le &#224; plus long terme organis&#233;e et m&#233;thodique, gr&#226;ce au tissu associatif et populaire. Elle se nourrit de patience et de strat&#233;gies longuement m&#251;ries, de m&#233;moire et de culture locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, le quartier de Tepito est un kal&#233;idoscope&lt;/strong&gt; d'expressions &#233;clat&#233;es mais pas toujours convergentes. Aux antipodes d'une solidarit&#233; profond&#233;ment ancr&#233;e dans le paysage, les r&#232;glements de comptes de bandes ennemies se disputant le march&#233; de la drogue se sont multipli&#233;s depuis quelques ann&#233;es. Ce trafic est l'une des plus lourdes menaces pesant sur Tepito. La rumeur parle de l'existence d'un cartel local, l'&lt;i&gt;Uni&#243;n Tepito&lt;/i&gt;, et m&#234;me d'un groupe rival, l'&lt;i&gt;Anti-Uni&#243;n&lt;/i&gt;&#8230; Effet le plus r&#233;cent de cette guerre sourde, un commando de tueurs d&#233;guis&#233;s en mariachis a d&#233;fouraill&#233; des fusils d'assaut hors d'&#233;tuis &#224; guitare avant de mitrailler la client&#232;le d'un bar &lt;i&gt;pulquer&#237;a&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y sert du &#171; pulque &#187;, un alcool d'agave.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sur la c&#233;l&#232;bre place Garibaldi. Seul le cin&#233;aste Robert Rodriguez aurait pu imaginer pareille sc&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#224; pour durer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais l'esprit de Tepito a la vie dure&lt;/strong&gt;. D&#232;s l'aube, un artisan fabrique une paire de chaussures qu'il vendra sur le pas de porte de son atelier. Son voisin d&#233;balle des stocks de v&#234;tements d'occasion venus du Nord. Le suivant des produits import&#233;s de Chine. En face, ce sont des CD et DVD pirat&#233;s&#8230; Toutes ces activit&#233;s cohabitent et se m&#234;lent &#224; une &#233;conomie officielle incapable de donner du travail ou un salaire digne &#224; des millions de Mexicains. Les gens se d&#233;brouillent avec leurs propres moyens, vendent et ach&#232;tent, se logent et font la f&#234;te, c&#233;l&#232;brent leurs morts et montrent collectivement les muscles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout cela se d&#233;ploie largement en dehors des rouages de la soci&#233;t&#233; l&#233;gitime&lt;/strong&gt;. Et puisque peu de signaux annoncent des changements de fond, il n'y a aucune raison pour que ces dynamiques sociales disparaissent. Tepito est encore l&#224; pour longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contrebande de produits manufactur&#233;s en provenance des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On y sert du &#171; &lt;i&gt;pulque&lt;/i&gt; &#187;, un alcool d'agave.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tentative de putsch &#224; la place du Puig *</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tentative-de-putsch-a-la-place-du</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierre Parrat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'affaire a d&#233;fray&#233; la chronique jusqu'aux colonnes du New York Times. Perpignan abrite dans son centre ancien une importante communaut&#233; gitane. Pour d&#233;loger ces ind&#233;sirables, la ville envoie r&#233;guli&#232;rement les pelleteuses d&#233;truire des &#238;lots d'immeubles. *** Quartier Saint-Jacques, centre ancien de Perpignan. Son exotisme de favela : ses rues m&#233;di&#233;vales en pente jonch&#233;es de d&#233;tritus, son linge aux fen&#234;tres, ses gosses qui jouent dans les eaux du caniveau. Par endroits, des immeubles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Parrat" rel="tag"&gt;Pierre Parrat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'affaire a d&#233;fray&#233; la chronique jusqu'aux colonnes du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Perpignan abrite dans son centre ancien une importante communaut&#233; gitane. Pour d&#233;loger ces ind&#233;sirables, la ville envoie r&#233;guli&#232;rement les pelleteuses d&#233;truire des &#238;lots d'immeubles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH689/-936-68a62.jpg?1779603298' width='400' height='689' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quartier Saint-Jacques&lt;/strong&gt;, centre ancien de Perpignan. Son exotisme de favela : ses rues m&#233;di&#233;vales en pente jonch&#233;es de d&#233;tritus, son linge aux fen&#234;tres, ses gosses qui jouent dans les eaux du caniveau. Par endroits, des immeubles menacent de s'effondrer, alors on a mis des &#233;tais. Comme dans la rue Joseph-Denis ou dans celle des Quinze-Degr&#233;s, o&#249; des poutres en bois cors&#232;tent les fa&#231;ades. Le bas de la rue des Farines est condamn&#233; par un mikado en acier. La rumeur publique, nourrie d'un racisme anti-gitan d&#233;complex&#233;, accuse ces derniers de laisser s'&#233;crouler leurs baraques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Place du Puig&lt;/strong&gt;, centre n&#233;vralgique du quartier. C'est ici que chaque soir, les Gitans tissent et retissent leur liant communautaire. On dirait que l'immeuble jouxtant la rue de l'Anguille s'est pris un obus sur la tronche. Un morceau d'escalier colima&#231;onne dans le vide. Des murs de fa&#239;ence saillent &#224; travers les &#233;ventrations. Des grilles de protection portant l'inscription &#171; Risque d'effondrement &#187; interdisent tout acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 27 juillet&lt;/strong&gt;, les pelleteuses stipendi&#233;es par la mairie entament la destruction de cet &#233;ni&#232;me &#238;lot jug&#233; insalubre. La goutte d'eau. Exc&#233;d&#233;s de voir leur quartier partir en poussi&#232;re, une soixante d'habitants du quartier bloquent le chantier. Quelques jours plus tard, une d&#233;l&#233;gation est re&#231;ue par le pr&#233;fet. Furax, Pierre Parrat, premier adjoint en charge de l'urbanisme, exige la reprise des travaux. &#171; &lt;i&gt;On a dit : pas question,&lt;/i&gt; r&#233;sume Jean-Jean-Bernard Mathon, pr&#233;sident de l'ASPAHR &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Les &#233;changes &#233;taient houleux. La semaine suivante, le pr&#233;fet organise une seconde r&#233;union, sans les &#233;lus cette fois. La mairie est hors jeu ; le pr&#233;fet plaide &#224; son tour pour la d&#233;molition. On lui r&#233;p&#232;te : pas question. Notre position est simple : pour cet &#238;lot, il faut r&#233;habiliter ce qui n'a pas &#233;t&#233; d&#233;truit et reconstruire la partie d&#233;molie.&lt;/i&gt; &#187; Face au risque de trouble &#224; l'ordre public, le pr&#233;fet maintient la suspension des travaux en attendant un &#233;ni&#232;me round de pseudo-concertations pr&#233;vu en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haussmann revient&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 20 juin d&#233;j&#224;&lt;/strong&gt;, la mairie catalane ordonnait la mise &#224; bas d'un &#238;lot de 13 immeubles. &#192; la place : un carr&#233; de goudron born&#233; de plots. Les autorit&#233;s d&#233;truisent en promettant de reconstruire. Mais comme les autorit&#233;s mentent, elles ne reconstruisent que dalle. Saint-Jacques ressemble &#224; un gruy&#232;re. Les ravages d'une guerre sociale dont le but affich&#233; est de chasser d&#233;finitivement ce morceau de pl&#232;be bigarr&#233;e de son c&#339;ur historique. Gentrifier enfin ce quartier au parcellaire m&#233;di&#233;val dont sont friands les touristes. &#171; &lt;i&gt;On a fait le compte,&lt;/i&gt; explique Jean-Bernard. &lt;i&gt;Depuis 2015, 82 immeubles ont &#233;t&#233; d&#233;molis dans le centre ancien, dont 59 rien que sur Saint-Jacques. Sur ces 59, 18 auraient absolument d&#251; &#234;tre conserv&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Le quartier a beau avoir &#233;t&#233; class&#233; en secteur sauvegard&#233;, les bulldozers de la mairie ne font pas dans les d&#233;tails. On parle bien ici de reconqu&#234;te. &#171; &lt;i&gt;La mairie contourne la loi en prenant des arr&#234;t&#233;s d'insalubrit&#233; qui ne sont pas justifi&#233;s. Elle fait appel &#224; des experts totalement incomp&#233;tents.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fa&#231;on de proc&#233;der&lt;/strong&gt; est souvent la m&#234;me : des &#233;quipes municipales estiment que tel immeuble pr&#233;sente un risque d'effondrement &#224; cause, par exemple, d'infiltrations ou d'une poutre trop faible. Comme les familles sont pauvres, elles s'endettent pour faire les r&#233;parations. Mais fr&#233;quemment, les experts repassent et estiment que les travaux ne sont pas suffisants. Les propri&#233;taires sont alors oblig&#233;s de vendre. Une aubaine pour la mairie, qui acquiert le bien immobilier &#224; prix cass&#233;. Et le laisse d&#233;p&#233;rir. Le maire prononce alors un arr&#234;t&#233; de p&#233;ril, pr&#233;misse &#224; la d&#233;molition. Jean-Bernard d&#233;crypte : &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral, la mairie se d&#233;brouille pour acheter des &#238;lots entiers. Il s'agit de trac&#233;s m&#233;di&#233;vaux des XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. &#201;videmment, les b&#226;timents ne datent pas de cette &#233;poque, il y a eu des reconstructions depuis. Mais souvent, les soubassements sont m&#233;di&#233;vaux. D&#233;molir pour faire des places, relier les rues entre elles : c'est une perception de l'urbanisme qui ne respecte pas l'histoire et chasse la population locale. Au fond, Pierre Parrat se prend pour le baron Haussmann. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soir&#233;e du 23 ao&#251;t&lt;/strong&gt;, on grimpe place du Puig. Les familles occupent les trottoirs et d&#233;ambulent dans les rues. Les Gitans sont &#224; la fra&#238;che. Dehors. Ensemble. Nick revient sur ces articles accusant les Gitans d'&#234;tre le jouet d'ambitions politicardes &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article paru sur Mediapart le 20/08/18, &#171; &#192; Perpignan, un d&#233;put&#233; LREM (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Aucun politique ne nous a manipul&#233;s, on n'a besoin de personne pour s'organiser. Mais aujourd'hui, on a peur. &lt;/i&gt; &#187; Peur d'&#234;tre chass&#233;s et &#233;parpill&#233;s. Les familles relog&#233;es le sont souvent &#224; l'ext&#233;rieur du quartier. Coup dur pour une culture qui tient surtout par sa coh&#233;sion communautaire. &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas &#234;tre s&#233;par&#233;s,&lt;/i&gt; explique Nick.&lt;i&gt; Ils cherchent &#224; nous diviser parce qu'ils savent qu'unis, on est fort. On veut rester ici. C'est le quartier de nos grand-parents, de nos parents. M&#234;me si c'est un ghetto compl&#232;tement laiss&#233; &#224; l'abandon. Nous sommes un patrimoine vivant...&lt;/i&gt; &#187; Patrimoine vivant : l'expression suinte le sursis anxiog&#232;ne. Le danger en maraude. Nick le r&#233;p&#232;te : la confiance est rompue. Le bla-bla des politiques, leurs brass&#233;es de promesses &#8211; des logements dignes, un gymnase, un stade de foot, des vraies places &#8211;, tout &#231;a ne vaut plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouille toute en douceur&lt;/strong&gt;, Jonathan est pasteur. Il montre les d&#233;combres qui bordent la place : &#171; &lt;i&gt; Ils cassent, et apr&#232;s ils veulent discuter ! On est des poissons, eux des requins. Pour moi, c'est une mafia. Les maisons sur le point de s'&#233;crouler leur appartiennent. On a &#233;t&#233; oblig&#233;s de leur vendre, parce qu'on ne pouvait pas faire les travaux. Certaines b&#226;tisses valaient 60 000 &#8364;, mais on a d&#251; les l&#226;cher &#224; 30 000. Et une fois achet&#233;es, ils les laissent pourrir... C'est un cercle vicieux.&lt;/i&gt; &#187; Jonathan plaide le d&#233;senclavement. Il &#233;voque la fac de droit r&#233;implant&#233;e en p&#233;riph&#233;rie du quartier. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas uniquement notre quartier, c'est celui de tout le monde. Ils pourraient construire des logements &#233;tudiants, mais ils ne font rien sinon d&#233;truire. Comme on ne sait pas ce qu'ils ont derri&#232;re la t&#234;te, on n'est pas rassur&#233;s. Le doute nous fait p&#233;ter les plombs. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Bern, &#171; my hero &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'&#233;tait l'hiver dernier.&lt;/strong&gt; Un restaurant aux abords du quartier. Une table r&#233;serv&#233;e en fond de salle. Face &#224; une demi-douzaine de p&#232;res de famille gitans, Olivier Amiel, adjoint en charge de la politique de la ville. Le brouhaha ambiant ne permet pas &#224; l'auteur de ces lignes de comprendre l'enti&#232;ret&#233; des &#233;changes, mais quelques bribes donnent un aper&#231;u de la tractation en cours. Un homme l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;C'est termin&#233;, l'&#233;poque o&#249; un patriarche d&#233;cidait pour toute la communaut&#233;. &lt;/i&gt; &#187; En face, l'&#233;lu tente de d&#233;miner le terrain, admet des &#171; &lt;i&gt;conneries pass&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. La paix sociale se n&#233;gocie au prix de quelques engagements de relogements, sur un coin de table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las, quelques mois plus tard&lt;/strong&gt;, le p&#233;tard explose avec une force impr&#233;vue dans les doigts de l'ambitieux adjoint. Fin juin, les d&#233;molitions du quartier Saint-Jacques &#233;lectrisent jusqu'&#224; la permanente du royaliste St&#233;phane Bern, en charge d'une mission de sauvegarde du patrimoine. &#171; &lt;i&gt;Quel scandale, monsieur le maire !&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;gosille l'animateur vedette sur les r&#233;seaux sociaux. Piqu&#233; au vif, Amiel d&#233;gaine un tweet bernicide, qualifiant ce dernier de &#171; &lt;i&gt;bouffon du roi Macron&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt; pitre cathodique&lt;/i&gt; &#187;. Et de d&#233;noncer &#171; &lt;i&gt; une attaque injuste et infond&#233;e contre Jean-Marc Pujol&lt;/i&gt; [maire LR de Perpignan] &lt;i&gt;et la municipalit&#233; du fait d'une m&#233;connaissance du projet co-construit avec les habitants depuis quatre ans &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concertation.&lt;/strong&gt; Le ma&#238;tre-mot qui fait marrer Jean-Bernard Mathon : &#171; &lt;i&gt;Nous avons particip&#233; aux r&#233;unions avec la municipalit&#233;. Mais contrairement &#224; ce que pr&#233;tend l'&#233;lu &#224; la ville, il n'y a jamais eu de concertation !&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Les familles gitanes n'ont jamais &#233;t&#233; inform&#233;es des projets en cours. Quand les gens ont bloqu&#233; le chantier la presse a parl&#233; de manipulation politique. Que dalle ! Ce sont vraiment les habitants qui se sont r&#233;volt&#233;s. Et pas que les Gitans. Des maghr&#233;bins, des riverains, des amoureux du quartier. C'&#233;tait spontan&#233;. L'expression d'un vrai ras-le-bol. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* En catalan, &#171; Puig &#187; (colline) se prononce &#171; poutch &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Picasso-a-Perpignan' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Picasso &#224; Perpignan&lt;/a&gt; &#187; &#8211; Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;156, juillet-ao&#251;t 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article paru sur &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; le 20/08/18, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/200818/perpignan-un-depute-lrem-pousse-des-gitans-troubler-l-ordre-public?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Perpignan, un d&#233;put&#233; LREM pousse des gitans &#224; troubler l'ordre public&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Turquie : &#171; Est-ce encore mon pays ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Turquie-Est-ce-encore-mon-pays</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Loez</dc:subject>
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		<dc:subject>l'appareil d'&#201;tat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; peine deux mois apr&#232;s le coup d'Etat manqu&#233;, on mesure l'onde de choc qui s'est propag&#233;e dans un pays pourtant d&#233;j&#224; en guerre contre les populations du sud-est &#224; majorit&#233; kurde. Une dramaturgie a &#233;t&#233; mise en place par le r&#233;gime. Utilisation du direct par le pr&#233;sident Erdogan via une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision pour appeler ses fid&#232;les &#224; descendre dans les rues, appel relay&#233; par les mosqu&#233;es, jusqu'aux &#171; purges &#187; m&#233;diatis&#233;es et chiffr&#233;es, l'instrumentalisation de la riposte, v&#233;ritable strat&#233;gie du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-appareil-d-Etat" rel="tag"&gt;l'appareil d'&#201;tat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; peine deux mois apr&#232;s le coup d'Etat manqu&#233;, on mesure l'onde de choc qui s'est propag&#233;e dans un pays pourtant d&#233;j&#224; en guerre contre les populations du sud-est &#224; majorit&#233; kurde. Une dramaturgie a &#233;t&#233; mise en place par le r&#233;gime. Utilisation du direct par le pr&#233;sident Erdogan via une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision pour appeler ses fid&#232;les &#224; descendre dans les rues, appel relay&#233; par les mosqu&#233;es, jusqu'aux &#171; &lt;i&gt;purges&lt;/i&gt; &#187; m&#233;diatis&#233;es et chiffr&#233;es, l'instrumentalisation de la riposte, v&#233;ritable strat&#233;gie du choc, est totale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La peur reste l&#224;, aliment&#233;e &#224; la fois par l'ampleur des purges dans l'appareil d'&#201;tat et les sph&#232;res priv&#233;es, les m&#233;dias, l'&#233;ducation et l'&#233;conomie, et la pr&#233;sence continue dans les rues de foules hyst&#233;riques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emre, stambouliote de 57 ans : &#171; &lt;i&gt;Le soir de la tentative du coup d'&#201;tat, nous &#233;tions traumatis&#233;s. Cela ne s'est peut &#234;tre pas ressenti partout de la m&#234;me fa&#231;on, mais &#224; Istanbul, &#224; Moda, &#224; une certaine heure, les bruits de tirs &#233;taient intenses et le passage des avions aussi. J'avoue qu'&#224; un moment, j'ai pr&#233;par&#233; un petit sac avec pi&#232;ces d'identit&#233;, m&#233;dicaments et autres, au cas o&#249; il faudrait partir. Je pense que le traumatisme est toujours l&#224;. Non seulement les opposants au r&#233;gime, mais les pro-AKP qui sont dans la rue ont peur aussi. L'AKP essaye de tenir les gens dans la rue, depuis des semaines. J'ai un peu de mal &#224; comprendre l'objectif, car il est impossible qu'une autre tentative de coup d'&#201;tat arrive. Malgr&#233; cela, machines et camions poubelles des mairies restent encore aujourd'hui devant les sorties des casernes, o&#249; ils s'&#233;taient mis pour emp&#234;cher la sortie des chars. Je comprends que ces gens veuillent garder la rue. C'est un &#233;tat d'&#226;me qui va de la crise d'adolescence et la crise de folie &#224; l'enthousiasme du lynchage. Ces gens n'ont jamais v&#233;cu une mobilisation de grande ampleur, comme Gezi par exemple. L&#224;, ils sont au c&#339;ur. Encourag&#233;s par le r&#233;gime, ils se sont sentis l&#233;gitimes, unis et forts. La gratuit&#233; des transports en commun a m&#234;me &#233;t&#233; proclam&#233;e, pour qu'ils se rendent &#224; Taksim&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-809-c7c59.jpg?1779828534' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Istanbul en particulier, ces foules donnent un sentiment total d'ins&#233;curit&#233; pour qui ne participe pas de ce soutien au r&#233;gime. &#171; &lt;i&gt;Chaque fois que j'y pense, je me remets &#224; pleurer, et les images des choses que j'ai vues ne me quittent pas&lt;/i&gt;, dit Firdevs, 50 ans, qui r&#233;side en France depuis 1980. &lt;i&gt;Je suis all&#233;e &#224; Istanbul pour quatre jours et ce s&#233;jour m'a rendue malade. Tu sors, tu fais deux pas dans la rue, et tu as l'impression de marcher sur des &#233;pines. Les choses que j'ai vues lors des soir&#233;es de &#8220;tours de garde pour la d&#233;mocratie&#8221; sont grav&#233;es dans ma t&#234;te. Des &#8220;Allahu akbar&#8221;, des manifestations, des barbus. Je suis rest&#233;e chez mes proches dans un quartier d'Istanbul, qui &#233;tait habit&#233; traditionnellement par les Arm&#233;niens. Vous verriez les rues, les petites rues, les avenues&#8230; Des voitures paradent en klaxonnant, toutes d&#233;cor&#233;es de drapeaux turcs, des foules passent en criant. M&#234;me le chat, &#224; la maison, &#233;tait traumatis&#233;. Dans cette foule, il y avait aussi des &#8220;&#233;lites&#8221;, enfin, des k&#233;malistes ultranationalistes qui se qualifient d'&#233;lites. Ils avaient rejoint la f&#234;te. Difficile de les diff&#233;rencier. &#192; c&#244;t&#233; des &#8220;mollahs&#8221;, vous voyez des gens qui ont d'autres apparences : par exemple un barbu portant un drapeau, et &#224; c&#244;t&#233; une femme en short&#8230; Je suis all&#233;e aussi voir des amis qui habitent le quartier Gazi. Au retour, j'ai voulu prendre le bus de Taksim. Nous &#233;tions nombreux &#224; attendre, mais aucun bus ne passait. Ils &#233;taient &#8220;confisqu&#233;s&#8221; pour emmener gratuitement les gens pour les &#8220;tours de garde&#8221;. Je suis mont&#233;e pourtant quelques arr&#234;ts plus loin. Le bus s'est rempli petit &#224; petit, et bient&#244;t il &#233;tait plein &#224; craquer. Des gens avec des drapeaux, des chapelets, des corans. Des centaines de drapeaux. Jeunes, vieux, toutes sortes de gens. Deux gar&#231;ons se sont assis face &#224; moi. L'un d'eux a sorti un couteau. Il jouait avec. Son copain lui a dit d'&#234;tre discret. J'&#233;tais en train de me demander si je ne devais pas descendre, quand une femme est arriv&#233;e et qu'un des jeunes assis en face de moi lui a laiss&#233; sa place. Elle a sorti un Coran, et ses l&#232;vres ont boug&#233; silencieusement&#8230; &#199;a ne se faisait pas, avant, de lire le Coran dans les lieux publics. En regardant tout cela, je me demandais &#8220;qu'est-ce que je fais ici, est-ce encore mon pays ?&#8221;. Quelques arr&#234;ts plus loin, une jeune femme est mont&#233;e. Voyant l'ambiance du bus, et m&#233;contente, elle a fait une r&#233;flexion en passant pr&#232;s du chauffeur. &#8220;On attend depuis des heures, c'est pour &#231;a ?&#8221;. Sa phrase &#224; peine finie, un homme portant un t-shirt rouge avec le drapeau turc imprim&#233; sur la poitrine est intervenu &#8220;Connasse de &#231;apulcu&lt;/i&gt; [&#171; racaille &#187;, mot utilis&#233; par Erdogan pour d&#233;signer les contestataires et les alli&#233;s des Kurdes &#8211; ndlr], &lt;i&gt;pute, ferme ta gueule. Ici, c'est la R&#233;publique turque, si &#231;a te pla&#238;t pas, casse-toi !&#8221;. La jeune femme a r&#233;pondu &#8220;De quoi tu te m&#234;les ?&#8221; et l'homme a continu&#233; de plus belle en l'insultant lourdement et a fait arr&#234;ter le bus. &#8220;Descends tout de suite, esp&#232;ce de salope&#8221;. Alors que la femme descendait du bus, il a dit &#224; deux jeunes pr&#232;s de lui, &#8220;Descendez, suivez cette pute et confiez-la &#224; la police&#8221;. J'ai vu par la fen&#234;tre qu'elle &#233;tait seule sur le trottoir, et les deux jeunes se tenaient face &#224; elle. Je ne sais pas ce qui est arriv&#233; &#224; cette femme&#8230; M&#234;me ne pas mettre un drapeau &#224; sa fen&#234;tre est un probl&#232;me. Comme la d&#233;lation fonctionne, la fen&#234;tre sans drapeau, sur un immeuble o&#249; chaque appartement a le sien, tape &#224; l'&#339;il. Le drapeau me sort par les yeux. Il y en a partout, autocollants sur des voitures, dans les rues, sur les immeubles&#8230; Et comme si cela ne suffisait pas, des casquettes, des porte-cl&#233;s, des t-shirts&#8230; Le chaos&#8230; Une autorit&#233; qui a r&#233;uni tous les pouvoirs sous sa main, c'est une sorte de Hitler. Ceux qui ne se coulent pas aveugl&#233;ment dans le sillon d'Erdogan savent cela. M&#234;me dans les regards, il y a une peur. Les gens se jaugent avec m&#233;fiance, ou avec m&#233;pris. Comme s'ils crachaient&#8230; M&#234;me dans le quartier Gazi, quartier rebelle, o&#249; les gens ont l'habitude de combattre les forces de s&#233;curit&#233; depuis des ann&#233;es, mes amis disaient en parlant de l'op&#233;ration de police effectu&#233;e juste apr&#232;s le coup d'&#233;tat : &#8220;Nous n'avions jamais v&#233;cu une telle violence. C'est la premi&#232;re fois que nous avons eu peur.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir AKP affirme maintenant avec aplomb qu'aucun &#171; k&#233;maliste &#187; n'a particip&#233; au coup d'&#201;tat. Il y aurait eu des partisans de G&#252;len partout, si on en croit les chiffres. 130 000 personnes &#171; suspendues &#187; de leurs fonction ou limog&#233;es, dans le secteur public en g&#233;n&#233;ral, dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, dans la justice, la gendarmerie, l'arm&#233;e, et dans le secteur priv&#233; &#233;ducatif, sportif, la presse&#8230; Jusqu'&#224; la garde pr&#233;sidentielle et des membres du parti AKP du Pr&#233;sident. Sur les 16 000 gardes &#224; vue, 6 000 &#233;taient en prison &#224; la mi-ao&#251;t. &#192; chaque &#233;chelon de la purge, les responsables ajoutent des noms sur les listes, suspect&#233;s de conna&#238;tre des g&#252;l&#233;nistes, ou d'avoir fr&#233;quent&#233; un temps les m&#234;mes &#233;coles, voire le m&#234;me parti&#8230; G&#252;len et Erdogan, rappelons-le, ont travaill&#233; main dans la main, jusqu'&#224; ce qu'un diff&#233;rend sur le partage des dividendes du pouvoir les s&#233;pare. Les institutions turques sont tr&#232;s fragilis&#233;es, dans l'attente d'une r&#233;organisation, comme le fut celle, totale, de l'&#233;tat-major d&#233;but ao&#251;t. Une structure resserr&#233;e autour d'Erdogan, appuy&#233;e sur des &#171; services &#187; de confiance, se charge de la continuit&#233; de la purge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan continue &#224; r&#233;duire son &#171; opposition &#187; et a contraint le camp k&#233;maliste au parlement &#224; une &#171; union nationale &#187; en obtenant pour ce faire le ralliement du CHP (gauche nationaliste), deuxi&#232;me parti de Turquie, lors du meeting &#171; pour la d&#233;mocratie et les martyrs &#187; du 7 ao&#251;t&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur kedistan.net, le dossier sp&#233;cial sur le meeting historique du 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est la poursuite de la pr&#233;sidentialisation et la concentration au pas de charge du pouvoir entre les m&#234;mes mains. Les forces de paix et la gauche d'opposition autour du HDP sont d&#233;sormais isol&#233;es. La crainte d'une r&#233;pression plus large d&#233;soriente jusqu'aux &#233;cologistes et aux associations de la soci&#233;t&#233; civile, somm&#233;s de donner des gages de fid&#233;lit&#233; envers les k&#233;malistes. Toute l'opposition se retrouve ainsi divis&#233;e.
Les conjectures autour des &#171; responsables &#187; du putsch sont secondaires, si l'on consid&#232;re qu'il y a bien eu r&#233;ussite du coup d'&#233;tat civil, engag&#233; par Erdogan bien avant la tentative avort&#233;e du 15 juillet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir sur &lt;a href=&#034;http://www.kedistan.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;kedistan.net&lt;/a&gt;, le dossier sp&#233;cial sur le meeting historique du 7 ao&#251;t qui consacre le triomphe d'Erdogan.&lt;/p&gt;
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