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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mirage gay en Isra&#235;l</title>
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		<dc:creator>Martin Barzilai</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; aux &#233;ditions Libertalia, le livre Mirage gay &#224; Tel Aviv, de Jean Stern, est une enqu&#234;te in&#233;dite qui d&#233;cortique la strat&#233;gie marketing de l'&#201;tat isra&#233;lien draguant la communaut&#233; gay occidentale. Rencontre avec l'auteur, cofondateur du Gai Pied, puis journaliste &#224; Lib&#233;ration et actuel r&#233;dacteur en chef de La Chronique d'Amnesty International. *** CQFD : Mirage gay &#224; Tel Aviv est une enqu&#234;te sur ce que l'on appelle le pinkwashing. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s'agit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-image" rel="tag"&gt;l'image&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; aux &#233;ditions Libertalia, le livre &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/i&gt;, de Jean Stern, est une enqu&#234;te in&#233;dite qui d&#233;cortique la strat&#233;gie marketing de l'&#201;tat isra&#233;lien draguant la communaut&#233; gay occidentale. Rencontre avec l'auteur, cofondateur du &lt;i&gt;Gai Pied&lt;/i&gt;, puis journaliste &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et actuel r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;La Chronique&lt;/i&gt; d'Amnesty International.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH295/-1003-d1ea5.jpg?1768721399' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean Stern (photo de Martin Barzilai).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2017.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;est une enqu&#234;te sur ce que l'on appelle le &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt;. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s'agit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Stern : &lt;/strong&gt;Je vais prendre un exemple simple avec le &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; qui consiste pour les entreprises &#224; repeindre en vert leurs actions, &#224; mettre par exemple des plantes vertes dans les si&#232;ges sociaux. Le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;appara&#238;t en 2008 avec l'id&#233;e d'attirer la communaut&#233; gay occidentale &#224; Tel Aviv pour tenter d'&#171; adoucir &#187; l'image d'Isra&#235;l et de d&#233;velopper un nouveau tourisme. &#192; partir de 2009-2010, une vraie strat&#233;gie marketing est pens&#233;e, &#233;labor&#233;e, construite par la mairie de Tel Aviv, les h&#244;teliers et le minist&#232;re du Tourisme pour tenter de changer l'image d'Isra&#235;l. Il faut rappeler qu'Isra&#235;l &#233;tait en dehors des grands circuits touristiques mondiaux jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 2000. Et le gouvernement isra&#233;lien s'est dit : il va falloir mettre en avant nos atouts. Tel Aviv, baln&#233;aire, dot&#233;e de nouveaux lieux de sociabilit&#233; et dont l'image &#233;tait en train de changer, offrait un vrai potentiel. Ils ont trouv&#233; le slogan : &#171; Tel Aviv, la ville qui ne dort jamais &#187;. Un slogan festif adapt&#233; aux h&#233;t&#233;ros, mais qui marche aussi bien pour les gays. Isra&#235;l a alors cibl&#233; les m&#233;dias gays, invit&#233; des dizaines de journalistes LGBT &#224; Tel Aviv, fait des op&#233;rations de promo dans les clubs gay, etc. Mais le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;a aussi et surtout permis un discours id&#233;ologique, avec cette id&#233;e sous-jacente : il y a des droits pour les gays en Isra&#235;l, et ils n'en ont pas dans le monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton livre, on entre dans le d&#233;tail puisqu'on d&#233;couvre qu'une bo&#238;te de com' bas&#233;e aux Pays-Bas a &#233;t&#233; embauch&#233;e pour faire ce travail de marketing...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Oui, il s'agit d'Outnow, une entreprise habitu&#233;e &#224; travailler avec des marques comme Orange, IBM, mais aussi avec des villes comme Berlin, Vienne ou Copenhague. &#192; partir de 2008, le gouvernement isra&#233;lien a mis en place la structure &#171; Brand Isra&#235;l &#187; directement reli&#233;e au cabinet de la ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'&#233;poque, Tzipi Livni. Cette ancienne agente du Mossad, le service secret isra&#233;lien, n'ignorait rien de l'image d&#233;sastreuse de son pays. L'&#233;quipe de Livni a utilis&#233; toutes les ressources du marketing pour l'am&#233;liorer. Des dizaines de millions de dollars ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s sur plusieurs ann&#233;es. Entre autres choses, le congr&#232;s de l'association mondiale du tourisme LGBT a &#233;t&#233; accueilli l&#224;-bas. D&#232;s 2009-2010, un flux touristique s'est instaur&#233;. Aujourd'hui, des dizaines de milliers de touristes gays occidentaux se rendent chaque ann&#233;e &#224; la semaine de la Fiert&#233; gay, d&#233;but juin. Un tourisme tr&#232;s rentable puisqu'il contribue &#224; faire tourner les nombreux bars, clubs et h&#244;tels de Tel Aviv. M&#234;me si Isra&#235;l a investi beaucoup d'argent, le retour sur investissement est flatteur puisque cela a non seulement amen&#233; des gens &#224; Tel Aviv, mais a surtout contribu&#233; &#224; changer l'image du pays chez les gays avec cette id&#233;e assez simplette, mais qui h&#233;las marche : &#171; Un pays aussi sympa avec nous ne peut pas &#234;tre aussi horrible qu'on le dit avec les Palestiniens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par ailleurs, on comprend dans ton livre qu'&#224; travers ce plan marketing, Isra&#235;l utilise le d&#233;sir des gays occidentaux pour l'homme oriental...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Isra&#235;l a r&#233;cup&#233;r&#233; ce que l'on a appel&#233; l'orientalisme sexuel dont on trouve les traces chez des &#233;crivains du XIXe si&#232;cle comme Flaubert ou G&#233;rard de Nerval. Dans son livre &lt;i&gt;L'Orientalisme&lt;/i&gt;, Edward Sa&#239;d explique comment l'image du monde arabo-musulman &#233;tait tr&#232;s li&#233;e au d&#233;sir sexuel des hommes occidentaux pour &#171; l'homme arabe &#187;. Cet orientalisme sexuel a connu son &#226;ge d'or dans les ann&#233;es 1950-60 avec pas mal d'&#233;crivains embl&#233;matiques qui s'installaient au Maroc, en Tunisie, mais aussi s'engageaient au c&#244;t&#233; des Palestiniens. Jusque dans les ann&#233;es 1970, nombre de gays occidentaux sont all&#233;s ainsi au Maroc, en &#201;gypte ou en Tunisie, rencontrer des hommes arabes. Et de fait, &#231;a marchait assez bien parce qu'on &#233;tait dans une sorte de &#171; pas vu pas pris &#187; r&#233;ciproque. Mais le durcissement des pays arabo-musulmans, comme le Maroc et l'&#201;gypte, &#224; l'&#233;gard des homosexuels, a rendu de plus en plus compliqu&#233; ce tourisme sexuel. Et puis le contexte post 11-Septembre 2001 a fait qu'une partie des homosexuels sont devenus hostiles &#224; l'islam, et aux Arabes en g&#233;n&#233;ral. Cela a &#233;t&#233; la naissance de l'homonationalisme, et il faut aujourd'hui d&#233;plorer qu'une partie des homosexuels occidentaux soutiennent la droite et l'extr&#234;me droite dans la croisade mondiale contre l'islam. Isra&#235;l leur propose un genre de placebo d'Orient qui leur convient assez bien, et je raconte comment de ludique le s&#233;jour &#224; Tel Aviv devient de plus en plus politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; est un paravent de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne, homophobe, in&#233;galitaire et de plus en plus raciste. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte particulier, comment vivent les homosexuels en Palestine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; plut&#244;t conservatrice et homophobe, les homosexuels sont harcel&#233;s, parfois arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s par la police palestinienne. Une situation qu'exploite Isra&#235;l gr&#226;ce &#224; une unit&#233; de surveillance &#233;lectronique (l'unit&#233; 8200). Il y a trois ans, 43 r&#233;servistes de cette unit&#233; ont publi&#233; un texte o&#249; ils d&#233;noncent le travail qu'on leur demande. C'est-&#224;-dire non pas la pr&#233;vention du terrorisme, mais la d&#233;tection des homosexuels et des lesbiennes, des hommes adult&#232;res, des alcooliques, etc., afin de les soumettre &#224; un chantage. Ceux qui acceptent de s'y soumettre deviennent des collabos et risquent la mort s'ils sont d&#233;couverts. S'ils refusent, Isra&#235;l peut les d&#233;noncer &#224; la police palestinienne, et c'est &#233;galement un p&#233;ril mortel pour eux. Derri&#232;re le sirupeux discours &lt;i&gt;gay-friendly &lt;/i&gt;d'Isra&#235;l que mon livre essaye de d&#233;crypter, il y a une r&#233;alit&#233; bien plus sombre. Mais en Isra&#235;l, en dehors de Tel Aviv, la soci&#233;t&#233; reste majoritairement homophobe. Les jeunes LGBT sont harcel&#233;s, violent&#233;s. Au-del&#224; de son objectif de faire oublier l'occupation de la Palestine, le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;est aussi un paravent qui cache la r&#233;alit&#233; peu reluisante de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne, homophobe, in&#233;galitaire, de plus en plus raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi un chapitre sur l'utilisation de m&#232;res porteuses en Tha&#239;lande, en Inde et ailleurs par les couples gays isra&#233;liens qui laisse sans voix&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En commen&#231;ant cette enqu&#234;te il y a trois ans, j'&#233;tais surpris de croiser dans les rues de Tel Aviv des couples de gar&#231;ons poussant des landaus avec des b&#233;b&#233;s. Je me suis aper&#231;u qu'il y avait un &lt;i&gt;baby-boom &lt;/i&gt;gay en Isra&#235;l d'une ampleur consid&#233;rable, unique au monde. On parle de plus de 10 000 naissances dans les couples de lesbiennes et de 5 000 dans les couples homosexuels &#224; Tel Aviv depuis 2010. Pour les lesbiennes, c'est relativement simple puisqu'Isra&#235;l est un des pays pionniers de la f&#233;condation &lt;i&gt;in vitro&lt;/i&gt;. Pour les gays c'est plus compliqu&#233;. Au d&#233;but, ils ont eu recours &#224; la coparentalit&#233;, avec des amies souvent lesbiennes. Et on se partage le temps de garde, une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre. Mais petit &#224; petit, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; la gestation pour autrui (GPA), baptis&#233;e en Isra&#235;l &#171; maternit&#233; de substitution &#187;. La GPA est devenue un vrai march&#233; avec ses cours : c'est plus cher de louer une m&#232;re porteuse juive aux &#201;tats-Unis qu'une femme non juive au N&#233;pal ou en Tha&#239;lande. Pour donner une &#233;chelle des prix, cela va de 45 000 &#224; plus de 150 000 dollars. Dans ce nouveau march&#233; de l'enfant, fait d'hypercapitalisme m&#234;l&#233; de nationalisme &#8211; il faut des fils pour peupler Isra&#235;l &#8211; il y a quelque chose qui provoque le malaise. Il y a aussi une s&#233;rieuse bagarre avec les religieux, dont le poids politique est important en Isra&#235;l, sur la question de la juda&#239;t&#233; de ces enfants. Pour la loi juive, on est juif par la m&#232;re. &#192; l'exception de certaines m&#232;res porteuses aux &#201;tats-Unis, la plupart ne sont pas juives. Ces questions &#233;thiques sont en fait tr&#232;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-1002-41089.jpg?1768656691' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;154 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; est donc l'espoir ? Peut-&#234;tre du c&#244;t&#233; du Black Laundry qui a marqu&#233; l'histoire de la d&#233;fense des droits LGBT en Palestine et Isra&#235;l dans les ann&#233;es 2000 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Il y a eu effectivement au d&#233;but des ann&#233;es 2000 un mouvement LGBT tr&#232;s novateur, Black Laundry, qu'on peut traduire par &#171; lessiveuse noire &#187; et qui pr&#244;nait l'exact inverse du &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt;. Il y avait l&#224; aussi bien des filles, des gar&#231;ons ou des trans palestiniens et isra&#233;liens. Ce mouvement mixte dans tous les sens du terme a su mener une lutte &#224; la fois contre le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;alors naissant, mais aussi et surtout contre l'occupation, qui est la question centrale en Isra&#235;l. Ce mouvement a fini par se d&#233;liter et beaucoup de ses militants ont d'ailleurs quitt&#233; le pays pour Berlin. Mais apr&#232;s plus de dix ans d'atonie, et pendant que les homos r&#233;acs jouissent de leur bonne fortune dans leurs luxueux &lt;i&gt;penthouses&lt;/i&gt; de Tel Aviv, on assiste depuis quelque temps &#224; une petite renaissance de l'expression de la radicalit&#233; LGBT, notamment avec des groupes palestiniens qui tentent de se r&#233;approprier la culture queer arabo-musulmane et de se d&#233;velopper &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des Territoires occup&#233;s. C'est difficile, car il leur faut combattre sur tous les fronts, d&#233;noncer ce &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; qui les pr&#233;sente comme des victimes de l'homophobie de leur soci&#233;t&#233;, alors qu'Isra&#235;l contribue largement &#224; leur oppression. Il ne faut pas se leurrer, le combat est tr&#232;s dur, contre la famille, la police, l'arm&#233;e et un discours qui nie leur identit&#233; pour les LGBT palestiniens, contre une soci&#233;t&#233; parfois hyst&#233;riquement homophobe et une extr&#234;me droite de plus en plus violente en Isra&#235;l pour les LGBT isra&#233;liens. C'est d'ailleurs en Palestine et en Isra&#235;l que les mirages du &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; sont souvent le plus violemment critiqu&#233;s, et cela a quelque chose de r&#233;confortant, surtout vu de France, o&#249; il est si difficile de critiquer Isra&#235;l. Toutes les arnaques ont cependant une fin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Martin Barzilai&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les perdants magnifiques du cin&#233;ma am&#233;ricain</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;gis Dubois</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<dc:subject>cin&#233;ma am&#233;ricain</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Cage</dc:subject>
		<dc:subject>Charlot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; And the winner is&#8230; &#187; Comme le rappelle tous les ans la c&#233;r&#233;monie des Oscars, Hollywood est affaire de gagnants, de cartons au box-office et de success-stories &#8211; &#224; l'&#233;cran comme dans la vie. Pourtant, les vainqueurs n'ont pas toujours eu la cote &#224; Hollywood, qui a connu des perdants au grand c&#339;ur, des marginaux hors-la-loi et autres rebelles sans cause. Petit tour d'horizon de ces losers magnifiques qui ont fait l'histoire du 7e art US. Au commencement &#233;tait Charlot Il est une figure (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hollywood" rel="tag"&gt;Hollywood&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cinema-americain" rel="tag"&gt;cin&#233;ma am&#233;ricain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Cage" rel="tag"&gt;Nicolas Cage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlot" rel="tag"&gt;Charlot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; And the winner is&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Comme le rappelle tous les ans la c&#233;r&#233;monie des Oscars, Hollywood est affaire de gagnants, de cartons au box-office et de success-stories &#8211; &#224; l'&#233;cran comme dans la vie. Pourtant, les vainqueurs n'ont pas toujours eu la cote &#224; Hollywood, qui a connu des perdants au grand c&#339;ur, des marginaux hors-la-loi et autres rebelles sans cause. Petit tour d'horizon de ces losers magnifiques qui ont fait l'histoire du 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art US.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH366/-865-c160d.jpg?1768712122' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au commencement &#233;tait Charlot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une figure incontournable du &lt;i&gt;loser&lt;/i&gt; au cin&#233;ma, c'est bien Charlot, le vagabond rebelle &#224; toute forme d'autorit&#233; et &#224; tout travail. Pauvre, maladroit et malchanceux, il le restera toute sa vie &#8211; de 1914 &#224; 1940 &#8211; par choix semble-t-il autant que par d&#233;pit. Il faut dire qu'avant les ann&#233;es 1920, l'image du &lt;i&gt;winner &lt;/i&gt;ne fait pas encore recette &#224; Hollywood et nombreux sont les m&#233;lodrames qui c&#233;l&#232;brent des protagonistes pauvres qui acceptent leur condition parce qu'elle est synonyme de vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les h&#233;ros du cin&#233;ma classique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, avec la disparition du muet, l'embourgeoisement du cin&#233;ma et l'instauration d'un langage classique, &#171; &lt;i&gt;la valorisation des pauvres et le discr&#233;dit jet&#233; sur les riches vont dispara&#238;tre au profit d'un alignement sur les valeurs de la &lt;/i&gt;middle-class&lt;i&gt;. La prosp&#233;rit&#233;, le d&#233;veloppement des industries de la consommation, vont permettre de l&#233;gitimer le r&#234;ve de bonheur par la r&#233;ussite et lui donner des formes concr&#232;tes&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-Marie Bidaud, Hollywood et le r&#234;ve am&#233;ricain, cin&#233;ma et id&#233;ologie aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. D&#232;s lors, le mod&#232;le narratif classique reposera exclusivement sur un h&#233;ros positif r&#233;compens&#233; au terme de moult p&#233;rip&#233;ties par le fameux et ind&#233;fectible &lt;i&gt;happy-end&lt;/i&gt;, v&#233;ritable cr&#233;do du &#171; r&#234;ve am&#233;ricain &#187; qui r&#233;compense les individus entreprenants via le mod&#232;le de la &lt;i&gt;success-story&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule, appliqu&#233;e indiff&#233;remment aux westerns, aux com&#233;dies musicales ou aux films de guerre, tournera en boucle durant plusieurs d&#233;cennies entre 1930 et 1950 et ne commencera &#224; montrer des signes de fatigue qu'&#224; l'aube des ann&#233;es 1960. Et ils furent rares les personnages qui d&#233;rog&#232;rent &#224; la r&#232;gle : citons ces quelques antih&#233;ros d&#233;sabus&#233;s des films de braquages rat&#233;s (&lt;i&gt;Quand la ville dort&lt;/i&gt; de John Huston en 1950 ou &lt;i&gt;L'Ultime Razzia&lt;/i&gt; de Stanley Kubrick en 1956) et ceux, bien entendu, des films noirs, comme le m&#233;morable tueur innocent de &lt;i&gt;D&#233;tour&lt;/i&gt; d'Edgar G. Ulmer (1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-culture &amp; antih&#233;ros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au carrefour de 1968, plusieurs films annoncent un changement radical, &#224; la fois des mentalit&#233;s et du mod&#232;le hollywoodien. &lt;i&gt;Le Laur&#233;at&lt;/i&gt; de M. Nichols (1967), &lt;i&gt;Bonnie &amp; Clyde&lt;/i&gt; d'A. Penn (1967) et &lt;i&gt;Easy Rider&lt;/i&gt; de D. Hopper (1969) inaugurent une nouvelle &#232;re. D&#232;s lors, les &#171; h&#233;ros &#187; de ce qu'on appellera dor&#233;navant le Nouvel Hollywood, ne joueront plus les VRP du r&#234;ve &#171; am&#233;rikkkain &#187; mais puiseront leurs mod&#232;les dans la contre-culture de ces ann&#233;es de crise et de r&#233;volution des m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de &lt;i&gt;hippies&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;junkies&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;hobos &lt;/i&gt;&#224; refuser le jeu de la performance et de la r&#233;ussite, &#224; l'image du &#171; laur&#233;at &#187; (Dustin Hoffman) dont l'avenir petit-bourgeois &#233;tait pourtant tout trac&#233; mais qui pr&#233;f&#233;rera tout envoyer valdinguer. Mais, s'il est un acteur qui incarne peut-&#234;tre le mieux la figure du &lt;i&gt;loser&lt;/i&gt; &#224; cette &#233;poque, c'est bien Al Pacino qui encha&#238;ne durant la d&#233;cennie 70 les r&#244;les de marginaux en perdition, &#224; l'image du junkie de &lt;i&gt;Panique &#224; Needle Park&lt;/i&gt; (1971), du &lt;i&gt;homeless&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;L'&#201;pouvantail&lt;/i&gt; (1973) ou du braqueur amateur d'&lt;i&gt;Un apr&#232;s-midi de chien&lt;/i&gt; (1974). Mais cette &#171; philosophie de l'&#233;chec &#187; fera long feu &#224; Hollywood et prendra pr&#233;cis&#233;ment fin avec &lt;i&gt;Rocky&lt;/i&gt; (1976) qui met en sc&#232;ne un &lt;i&gt;loser&lt;/i&gt; vainqueur et fait ainsi entrer d'un seul coup le cin&#233;ma am&#233;ricain dans l'&#232;re reaganienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les losers magnifiques des ann&#233;es 1980-90&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, les ann&#233;es 1980 sont des ann&#233;es bling-bling, celle des &lt;i&gt;golden boys&lt;/i&gt; et de la performance physique. En t&#233;moignent tous ces films sportifs, des &lt;i&gt;Rocky&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Flashdance&lt;/i&gt; en passant par &lt;i&gt;Karat&#233; Kid&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Bloodsport&lt;/i&gt;, interpr&#233;t&#233;s par toute une g&#233;n&#233;ration d'acteurs bodybuild&#233;s (les Stallone, Schwarzenegger, Van Damme&#8230;) cens&#233;s illustrer &#224; la lettre le retour de cette Am&#233;rique triomphante, virile et WASP, tant vant&#233;e par Reagan. C'est l'&#233;poque des &lt;i&gt;blockbusters&lt;/i&gt; dop&#233;s aux hormones et aux effets sp&#233;ciaux, du &lt;i&gt;merchandising&lt;/i&gt; et des m&#233;gastars millionnaires. La r&#233;sistance, on s'en doute, viendra des marges et des films ind&#233;pendants qui, de &lt;i&gt;Sexe, mensonges et vid&#233;o&lt;/i&gt; (1989) &#224; &lt;i&gt;Leaving Las Vegas&lt;/i&gt; (1995) n'auront de cesse de montrer une autre r&#233;alit&#233;, moins glorieuse et peupl&#233;e de personnages refusant l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;ussite sociale voire de performance physique (dans les deux exemples cit&#233;s, les h&#233;ros sont sexuellement impuissants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, la d&#233;cennie 1980 et la suivante ont produit leurs &lt;i&gt;losers&lt;/i&gt; magnifiques : Mickey Rourke et Nicolas Cage. Le premier est exemplaire dans sa d&#233;marche autodestructrice : alors qu'il est le chouchou du tout Hollywood apr&#232;s le carton de &lt;i&gt;9 semaines et demie&lt;/i&gt;, il saborde sa carri&#232;re en encha&#238;nant les r&#244;les de &lt;i&gt;losers &lt;/i&gt;magnifiques (&lt;i&gt;Barfly&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Homeboy&lt;/i&gt; et, bien plus tard, &lt;i&gt;The Wrestler&lt;/i&gt;), puis en se lan&#231;ant carr&#233;ment dans une carri&#232;re de boxeur professionnel &#224; 39 ans qui le laissera d&#233;figur&#233; &#224; vie, malgr&#233; &#8211; ou &#224; cause de &#8211; ses nombreuses op&#233;rations de chirurgie esth&#233;tique. L'autre, c'est Nicolas Cage, avant qu'il ne se sp&#233;cialise dans les films d'action sans int&#233;r&#234;t, et qui encha&#238;na, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les emplois de &lt;i&gt;losers&lt;/i&gt; flamboyants, de &lt;i&gt;Sailor &amp; Lula&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Leaving Las Vegas &lt;/i&gt;&#8211; film dans lequel, &#224; l'image du Chinaski-Bukowski de &lt;i&gt;Barfly&lt;/i&gt;, son personnage n'a d'autre ambition dans la vie que de boire jusqu'&#224; en crever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;And the winner is&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous devions &#233;num&#233;rer tous les &lt;i&gt;losers&lt;/i&gt; du cin&#233;ma am&#233;ricain, la liste, on l'aura compris, serait longue, entre les maladroits cong&#233;nitaux (Jim Carey, Ben Stiller, Steve Carell&#8230;) et les anonymes sans gloire du cin&#233;ma ind&#233;pendant (au hasard, le Billy Brown de &lt;i&gt;Buffalo 66&lt;/i&gt;). Mais s'il fallait en d&#233;finitive n'en retenir qu'un seul, le ma&#238;tre &#232;s &lt;i&gt;lose&lt;/i&gt;, le roi des nihilistes, le perdant le plus cool qui soit, je crois qu'on serait tous d'accord pour sacrer le Dude de &lt;i&gt;The Big Lebowski&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt; sur ce m&#234;me th&#232;me du &#171; refus de parvenir &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no142-special-refus' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le sommaire du n&#176; 142&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Refus-de-parvenir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'introduction du dossier &#171; Refus de parvenir &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Chemins-de-traverse-ne-pas-revenir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Chemins de traverse : Ne pas revenir... &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Bartleby-ou-la-lecon-de-volonte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Bartleby ou la le&#231;on de volont&#233; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Chemins-de-traverse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Chemins de traverse... cinq histoires &#187;&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Bartleby-ou-la-lecon-de-volonte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les &#034;anars&#034; &#187;&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Nouvelle-economie-rebondissez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La r&#233;cup&#233;ration &#8211; Nouvelle &#233;conomie : rebondissez ! &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anne-Marie Bidaud, &lt;i&gt;Hollywood et le r&#234;ve am&#233;ricain, cin&#233;ma et id&#233;ologie aux &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, Masson, 1994, p. 147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trapier et Ristorcelli : &#171; Retrouver ce n&#233;ant au c&#339;ur de l'image &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Trapier-et-Ristorcelli-Retrouver</link>
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		<dc:date>2015-03-04T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>St&#233;phane Trapier</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Ristorcelli</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>l'image</dc:subject>
		<dc:subject>Succession d'anachronismes</dc:subject>
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		<dc:subject>d'anachronismes d&#233;quillant</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;St&#233;phane Trapier et Jacques Ristorcelli viennent de sortir aux &#233;ditions Mati&#232;re, deux ovnis litt&#233;raires, respectivement Tarzan contre la vie ch&#232;re et Les &#233;crans. Des &#339;uvres bien diff&#233;rentes mais qui jouent sur un d&#233;calage entre image et histoire. Entretien crois&#233;. CQFD : Succession d'anachronismes d&#233;quillant les balises de nos temps modernes dans Tarzan contre la vie ch&#232;re, frise anarchique et catastrophique sur le tsunami nippon de 2011 dans Les &#201;crans, vos &#339;uvres proc&#232;dent par un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephane-Trapier" rel="tag"&gt;St&#233;phane Trapier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jacques-Ristorcelli-166" rel="tag"&gt;Jacques Ristorcelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jacques-Ristorcelli" rel="tag"&gt;Jacques Ristorcelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephane-Trapier-10102" rel="tag"&gt;St&#233;phane Trapier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frise-anarchique" rel="tag"&gt;frise anarchique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-anachronismes-dequillant" rel="tag"&gt;d'anachronismes d&#233;quillant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/oeuvres-procedent" rel="tag"&gt;&#339;uvres proc&#232;dent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;St&#233;phane Trapier et Jacques Ristorcelli viennent de sortir aux &#233;ditions Mati&#232;re, deux ovnis litt&#233;raires, respectivement &lt;i&gt;Tarzan contre la vie ch&#232;re&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les &#233;crans&lt;/i&gt;. Des &#339;uvres bien diff&#233;rentes mais qui jouent sur un d&#233;calage entre image et histoire. Entretien crois&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Succession d'anachronismes d&#233;quillant les balises de nos temps modernes dans &lt;i&gt;Tarzan contre la vie ch&#232;re&lt;/i&gt;, frise anarchique et catastrophique sur le tsunami nippon de 2011 dans &lt;i&gt;Les &#201;crans&lt;/i&gt;, vos &#339;uvres proc&#232;dent par un d&#233;couplage entre dessin et narration. En combinant plusieurs niveaux de lecture, vous obligez le lecteur, tour &#224; tour amus&#233; et d&#233;concert&#233;, &#224; une certaine vigilance. Quelques mots sur votre d&#233;marche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH565/p10-les-ecrans-ristorcelli-173b4.jpg?1768681188' width='400' height='565' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Ristorcelli : &lt;/strong&gt;Je ne suis pas un auteur de b&#233;d&#233; dans le sens classique du terme. Outre le collage, j'utilise l'image et le texte &#224; la mani&#232;re des peintres pop : c'est une mati&#232;re premi&#232;re que je vais travailler et articuler. Pour&lt;i&gt; Les &#201;crans&lt;/i&gt;, je m'&#233;tais fix&#233; pour point de d&#233;part un jeu d'improvisation bas&#233; sur deux pages contenant quatre cases sans trop savoir ce qui allait suivre. L'id&#233;e &#233;tait de revenir &#224; l'origine de la b&#233;d&#233;, une sorte d'hommage aux petites b&#233;d&#233;s &lt;i&gt;Pulp&lt;/i&gt; populaires. Le lecteur a le choix. Il peut &#171; lire &#187; les dessins d'une traite comme un flux, une sorte de s&#233;rie de catastrophes. Il faut accepter d'y &#234;tre plong&#233; et se laisser porter par le d&#233;roulement.
Le sujet du tsunami japonais de 2011 est venu se greffer par la suite. J'avais l'id&#233;e de prendre trois sources de textes diff&#233;rentes : des mails, des t&#233;moignages donn&#233;s par les m&#233;dias et des extraits de webchat japonais qui ont cette facult&#233; de finir par cr&#233;er une sorte de po&#233;sie &#224; la Burroughs. Tout &#231;a devait s'articuler dans un montage altern&#233; faisant du chaos une sorte de nouvelle r&#233;alit&#233; du monde. Il s'agissait de restituer cette masse d'informations qui nous arrivent par les &#233;crans selon un nouvel agencement. Les infos tombent et circulent et puis apr&#232;s elles restent sous forme de d&#233;chet. Qu'est-ce qu'on fait de ces restes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Trapier :&lt;/strong&gt; L'id&#233;e de &lt;i&gt;Tarzan contre la vie ch&#232;re&lt;/i&gt; est d'abord n&#233;e du constat de mon &#233;chec &#224; faire du dessin de presse. Je cherchais une autre fa&#231;on de commenter le monde d'aujourd'hui. Pour ce livre, soit je trouvais des images et c'est ensuite que venaient des id&#233;es de dialogue, soit le dialogue surgissait en moi et je l'associais ensuite &#224; une illustration. Le fait de travailler &#224; partir de vieux films s'est impos&#233; naturellement car, quand on compare avec la photo des films r&#233;cents, il n'y a pas photo justement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour Jacques, la notion de surprise est fondamentale et je suis content quand l'image provoque chez moi une id&#233;e inattendue. C'est la raison pour laquelle je travaille avec des documents. J'&#233;chappe ainsi &#224; une id&#233;e de d&#233;part convenue : cherchant comment illustrer l'id&#233;e que j'ai en t&#234;te, je tombe sur une image qui m'am&#232;ne &#224; autre chose. Ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH665/p10-normal-23ee2.jpg?1768681188' width='500' height='665' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par St&#233;phane Trapier.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; une saturation d'images qui standardise les imaginaires, votre travail appara&#238;t assez subversif. En vous lisant, on devine une mise en garde du lecteur : il y a quelque chose &#224; voir derri&#232;re ce qu'on nous pr&#233;sente comme des images d'&#233;vidence.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH565/p10-tarzan-contre-la-vie-chere-3e5de.jpg?1768681188' width='400' height='565' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Trapier :&lt;/strong&gt; En marge de leur prolif&#233;ration, l'invasion du num&#233;rique a donn&#233; le coup de gr&#226;ce aux images en voulant &#171; d&#233;mocratiser &#187; leur fabrication. En banalisant l'ordinateur et en imposant des moyens techniques (capteurs photos et vid&#233;os, logiciels de montage et de retouche), on a donn&#233; l'impression que tout le monde poss&#233;dait l'image puisqu'il poss&#233;dait les outils pour la capturer. Dans mon m&#233;tier de graphiste, des clients se sont mis &#224; penser que leur expertise valait ou d&#233;passait la mienne. La multiplication des supports et outils de communication a entra&#238;n&#233; une d&#233;sacralisation de l'image. Tout le monde aujourd'hui pense qu'il est photographe, puisqu'il sait t&#233;l&#233;phoner. Quand tout le monde partage la m&#234;me expertise de l'image, celle-ci est compl&#232;tement banalis&#233;e. Or il est extr&#234;mement dangereux de d&#233;sacraliser les images, parce qu'en leur faisant perdre leur beaut&#233; &#233;trange, on leur fait perdre leur sens. Une image est toujours fascinante, sinon on ne pourrait pas passer huit heures par jour devant la t&#233;l&#233;. Il faut savoir ma&#238;triser cette fascination. Aujourd'hui, on ne fait que s'y vautrer. C'est ici que le dessinateur intervient, au sens o&#249; il n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233; de son savoir-faire par le num&#233;rique. Pour l'instant, le t&#233;l&#233;phone n'arrive pas &#224; dessiner &#224; notre place. Et c'est aussi, je pense, l'ironie de nos techniques de d&#233;tournement et r&#233;appropriation de l'image : m&#234;me en utilisant la table lumineuse, tu ne peux d&#233;calquer qu'en ayant une certaine technique. Donne une feuille de calque ou un &#233;piscope &#224; quelqu'un qui ne sait pas dessiner, il n'y arrivera pas. Pour le coup, dans le domaine du dessin, on a la paix pour quelques ann&#233;es encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Ristorcelli : &lt;/strong&gt;Le num&#233;rique non seulement change le monde mais brouille aussi notre vision du monde et notre rapport &#224; l'image. Les images num&#233;riques ont-elles encore besoin de nous, &#224; partir du moment o&#249; elles n'existent que pour &#234;tre &#233;chang&#233;es sur Internet ? 45&#8200;% des &#233;changes du r&#233;seau ne sont pas d'ordre humain.
Nous sommes du c&#244;t&#233; de l'imagination, dans le camp d'en face, celui qui s'inqui&#232;te devant chaque image comme diraient Georges Didi-Huberman&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Didi-Huberman, historien de l'art et philosophe.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ou Georges Bataille qui reconnaissaient aux images le pouvoir non pas de nous consoler mais, au contraire, de nous inqui&#233;ter, de nous &#171; ouvrir &#187; et faire &#171; saigner int&#233;rieurement &#187;. Pour qu'il y ait possibilit&#233; d'imagination, de regard, il faut recr&#233;er un espace de vide, une absence, retrouver ce n&#233;ant qui est au c&#339;ur de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En juin 2014, Alain Finkielkraut &#233;lectrisait le monde de la b&#233;d&#233; en renvoyant le genre &#224; sa position d'art mineur. Rien de neuf sous le soleil, si ce n'est cette question existentielle : le christianisme aurait-il fait un flop si la Bible avait juste &#233;t&#233; un vulgaire &#171; illustr&#233; &#187; et non pas un livre &#171; noble &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Ristorcelli : &lt;/strong&gt; C'est la question : la b&#233;d&#233; est-elle un art mineur ou majeur ? D&#232;s le d&#233;part du genre, on a quand m&#234;me eu des personnes qui ont mis la barre tr&#232;s haut, avec par exemple &lt;i&gt;Little Nemo in Slumberland&lt;/i&gt; (1905) de Winsor McCay, ou &lt;i&gt;Krazy Kat&lt;/i&gt; (1933) de George Herriman. C'&#233;tait des grands artistes au service d'un m&#233;dium bien particulier, les b&#233;d&#233;s journaux, avec leurs contingences techniques et &#233;conomiques. Il faut se m&#233;fier des gens qui veulent faire entrer la b&#233;d&#233; au mus&#233;e. Il n'y a pas &#224; cataloguer les genres, plut&#244;t &#224; les aimer tels quels. &#199;a renvoie &#224; cette appellation fran&#231;aise de &#171; roman graphique &#187;. L&#224;, je vois le mot &#171; roman &#187; en premier et &#231;a me g&#234;ne. Si tu feuillettes une b&#233;d&#233; d'Alex Barbier, tu ne vas pas parler d'&#171; aquarelle b&#233;d&#233; &#187;. En l'occurrence, on est face &#224; une op&#233;ration de marketing des &#233;diteurs dont l'id&#233;e est de hisser le genre vers quelque chose de plus chic. Or l'int&#233;r&#234;t de la b&#233;d&#233; r&#233;side dans cette forme mall&#233;able qui lui permet d'&#233;chapper &#224; toute classification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Trapier :&lt;/strong&gt; Pour que la Bible devienne un &#171; noble &#187; livre, il faudra attendre Gutenberg ! Mais passons. La b&#233;d&#233; et toutes les formes de narration illustr&#233;e sont un art modeste, terme que je pr&#233;f&#232;re &#224; art mineur. Ce qui a fait r&#233;agir mes coll&#232;gues avec leur grande cha&#238;ne de &lt;i&gt;selfies&lt;/i&gt; intitul&#233;e &#171; une b&#233;d&#233; pour Finkie &#187;, c'est plut&#244;t le ton sentencieux avec lequel le philosophe disait qu'il n'avait pas besoin qu'on lui illustre une histoire pour qu'il la comprenne. Le propos de Finkie n'&#233;tait pas de dire que la b&#233;d&#233; faisait partie des arts mineurs, mais que l'illustration d'un r&#233;cit la pla&#231;ait &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; dans le camp de la d&#233;faite de la pens&#233;e et de l'esprit, ce qui est totalement idiot. Ce que je trouve davantage suspect, ce sont les quelques coll&#232;gues qui ne supportent pas l'id&#233;e de voguer du c&#244;t&#233; des arts mineurs, et qui en con&#231;oivent d&#233;pit et frustration. Ceux-l&#224; peut-&#234;tre se vivent-ils comme des &#233;crivains rat&#233;s ? Je suis assez d'accord avec ce que Jacques dit du &#171; roman graphique &#187;. Depuis les ann&#233;es 60 et 70, la b&#233;d&#233; s'est arrach&#233;e &#224; son destin de litt&#233;rature jeunesse et a pris de nombreuses directions. Si le terme de &#171; roman graphique &#187; est un raccourci commode invent&#233; par des &#233;quipes marketing, il permet aussi de d&#233;culpabiliser le lecteur qui aura moins honte en passant &#224; la caisse, en m&#234;me temps qu'il flatte la vanit&#233; d'auteurs, qui se sentent l&#233;gitim&#233;s &#224; produire une bouillie narcissique. Mais apr&#232;s tout, pourquoi la m&#233;diocrit&#233; serait-elle r&#233;serv&#233;e &#224; la litt&#233;rature ? Nous aussi, auteurs de b&#233;d&#233; et de r&#233;cits graphiques, avons bien le droit de nous rouler dans le mauvais go&#251;t narcissique !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH525/p10-risto3-bbfa4.jpg?1768665993' width='400' height='525' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jacques Ristorcelli.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Didi-Huberman, historien de l'art et philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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