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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Travail, famille, KGB</title>
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		<dc:date>2019-01-16T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Previously dans Ciquiou&#232;fdy</dc:subject>
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&lt;p&gt;*** Previously dans Ciquiou&#233;fdi *** La s&#233;rie The Americans est rest&#233;e longtemps assez confidentielle des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique. Elle se conseillait entre amis partageant le go&#251;t des s&#233;ries innovantes et palpitantes. Jusqu'&#224; la tr&#232;s r&#233;cente diffusion du tout dernier &#233;pisode, que la presse a d'un seul coup couvert d'&#233;loges &#8230; Apr&#232;s une longue absence dans nos pages, cette histoire d'agents du KGB infiltr&#233;s aux USA a r&#233;veill&#233; notre chroniqueur t&#233;l&#233; ciquiou&#233;fdien. *** Pr&#233;-g&#233;n&#233;rique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Previously-dans-Ciquiouefdy" rel="tag"&gt;Previously dans Ciquiou&#232;fdy&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/The-Americans" rel="tag"&gt;The Americans&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;*** Previously dans Ciquiou&#233;fdi ***&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; est rest&#233;e longtemps assez confidentielle des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique. Elle se conseillait entre amis partageant le go&#251;t des s&#233;ries innovantes et palpitantes. Jusqu'&#224; la tr&#232;s r&#233;cente diffusion du tout dernier &#233;pisode, que la presse a d'un seul coup couvert d'&#233;loges&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mais que je n'ai pas encore vu. Pour tout dire, votre serviteur est, encore, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8230; Apr&#232;s une longue absence dans nos pages, cette histoire d'agents du KGB infiltr&#233;s aux USA a r&#233;veill&#233; notre chroniqueur t&#233;l&#233; &lt;i&gt;ciquiou&#233;fdien&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;-g&#233;n&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne de mariage : 1983, Clark passe la bague au doigt de Martha devant ses parents &#224; elle. Si sa &#171; m&#232;re &#187; est l&#224;, c'est vers sa &#171; s&#339;ur &#187; que vont ses regards en coin et lourds de sens. Le plus beau jour de la vie de Martha&#8230; O&#249; tout est faux. Clark, portant un postiche, s'appelle en r&#233;alit&#233; Misha, il est russe. Sous l'identit&#233; de Philippe Jenkins, il est mari&#233; &#224; Elizabeth, qui se fait ici passer pour sa s&#339;ur. Depuis 20 ans, tous deux espionnent pour le compte du KGB en jouant la famille am&#233;ricaine mod&#232;le, deux enfants compris. Et Martha, alors ? Secr&#233;taire au FBI, service du contre-espionnage, amoureuse &#233;perdue, agent double malgr&#233; elle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;G&#233;n&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt;, s&#233;rie am&#233;ricaine en six saisons (75 &#233;pisodes) cr&#233;&#233;e en 2013 par Joe Weisberg. Le dernier &#233;pisode a &#233;t&#233; diffus&#233; le 30 mai 2018 par la cha&#238;ne FX (Canal+ S&#233;ries en France). Avec Matthew Rhys, Keri Russell, Noah Emmerich&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;pisode&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Agents doubles, manipulations, d&#233;guisements, trahisons, conflits hi&#233;rarchiques, frictions entre la vie sentimentale, familiale, et le boulot d'agent secret&#8230; On retrouve dans &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; tous les ingr&#233;dients attendus d'une s&#233;rie d'espionnage, &#224; l'image de l'am&#233;ricaine &lt;i&gt;Homeland &lt;/i&gt; ou de la fran&#231;aise &lt;i&gt;Le Bureau des l&#233;gendes&lt;/i&gt;. Mais celle de Weisberg prend un point de d&#233;part qui lui permet d'aller plus loin, et m&#234;me ailleurs, que ces plus ou moins r&#233;ussies cons&#339;urs. Ici, les h&#233;ros sont du KGB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin ? L'avantage avec les &#171; rouges &#187;, c'est que les sc&#233;naristes n'ont pas &#224; s'emmerder avec ces conflits de morale chr&#233;tienne et/ ou bourgeoise qui impr&#232;gnent si souvent les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es : mentir, c'est mal ; l'adult&#232;re, c'est mal ; le sexe, c'est mal&#8230; Les enjeux moraux qui habitent les &#233;poux Jenkins et constituent les principaux ressorts de l'intrigue trouvent ainsi en nous des &#233;chos bien plus profonds et d&#233;rangeants. Par exemple, le probl&#232;me n'est plus de savoir si c'est &#171; moral &#187; de tromper pour la cause la femme qu'on aime. Mais de r&#233;ussir &#224; se d&#233;patouiller des sentiments suscit&#233;s. Ici, les questions &#171; morales &#187; sont &#224; hauteur humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, ailleurs ! Si l'histoire tient en haleine par ses rebondissements et sa tension dramatique (et c'est bien le minimum attendu d'une si longue s&#233;rie), l'Histoire, elle, nous est connue ! &#192; la fin, l'URSS perd la guerre froide. Ce qui donne &#224; la s&#233;rie tout son sens : il s'agit d'une trag&#233;die. Devant cette fiction, nous, spectateurs, savons pertinemment que tous les efforts, souffrances et sacrifices du couple Jenkins sont vains. Eux, &#233;videmment, l'ignorent. Ils croient &#224; la victoire finale d'un r&#233;gime pr&#233;tendument communiste et cens&#233;ment porteur de paix, d'&#233;galit&#233;, de lib&#233;ration mondiale. C'est pour cela qu'ils se battent, mentent, manipulent, prennent des risques, tuent et sacrifient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension tragique est redoubl&#233;e par les intrigues secondaires de la s&#233;rie, aussi bien du c&#244;t&#233; KGB que FBI. Avec par exemple l'&#171; amiti&#233; &#187; des Jenkins pour leur voisin Stan Beeman, qui se trouve &#234;tre agent du FBI charg&#233; de lutter contre les espions russes ! Le spectateur le sent bien : cette tragique co&#239;ncidence ne pourra avoir que de tragiques effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; un vrai sens du r&#233;el et de la complexit&#233;, rare dans les fictions populaires d'espionnage. Depuis longtemps, les films ou s&#233;ries traitant de la guerre avec un regard critique montrent que, malgr&#233; le courage et le sens du sacrifice des soldats, les guerres ne sont rien d'autre que de vastes entreprises de d&#233;shumanisation, de destructions vaines et absurdes&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les exemples abondent, d'Apocalypse Now &#224; La Ligne rouge, Rambo ou encore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Tandis que le monde de l'espionnage gardait jusqu'alors sur les &#233;crans une certaine respectabilit&#233;. Certes, il se montrait dur, exigeait des sacrifices immenses, des m&#233;thodes immorales. Mais au final, les objectifs affich&#233;s restaient nobles : sauver le monde, emp&#234;cher un attentat, lib&#233;rer un otage&#8230; Bref, l'espion comme dernier rempart contre la barbarie. &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; montre tout &#224; fait autre chose : l'espion est, lui aussi, un soldat envoy&#233; au front pour les vains espoirs de victoire de ses chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie, tr&#232;s bien &#233;crite, ne caricature pas ses personnages, russes ou am&#233;ricains. Ni gentils, ni m&#233;chants. Non plus qu'apparatchiks, fanatiques ou cyniques, comme on pourrait s'y attendre. Et &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; ne tombe pas non plus dans cette facilit&#233; de renvoyer dos &#224; dos KGB et FBI d'hier et d'aujourd'hui (ou CIA, o&#249; officiait Joe Weisberg), m&#234;me si des parall&#232;les apparaissent, comme les enlisements guerriers en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;G&#233;n&#233;rique de fin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces plans sur les visages presque immobiles des &#233;poux Jenkins qui terminent souvent, en silence, les &#233;pisodes, c'est toute la trag&#233;die de celles et ceux qui donnent leur vie pour une guerre, une cause, qui est donn&#233;e &#224; voir, &#224; comprendre. Et c'est assez vertigineux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mais que je n'ai pas encore vu. Pour tout dire, votre serviteur est, encore, en train de regarder la saison 4. Piti&#233;, ne me racontez pas la fin !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les exemples abondent, d'&lt;i&gt;Apocalypse Now&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;La Ligne rouge&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Rambo&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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