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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. &#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187; est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis. *** Nadia : &#171; J'ai int&#233;gr&#233; FPP en 1985, via les &#233;missions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. &lt;a href=&#034;http://actualitedesluttes.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187;&lt;/a&gt; est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1012-22a44.jpg?1780009144' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; J'ai int&#233;gr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt; en 1985, via les &#233;missions anti-carc&#233;rales &#8220;Parloir Libre&#8221; puis &#8220;L'Envol&#233;e&#8221;. &#192; la base, je ne connaissais pas du tout l'univers de la radio. Il m'a d'ailleurs fallu un certain temps avant de me sentir &#224; l'aise &#8212; parler dans un micro me faisait flipper&#8230; Je n'avais pas le choix : la radio &#233;tait indispensable &#224; notre boulot autour de la prison. C'est un outil qui permet de relayer les courriers et appels &#224; mobilisation. Et d'entretenir un dialogue permanent avec les prisonniers en lutte. Je me suis donc familiaris&#233;e avec cet outil. Et pendant vingt ans, j'ai r&#233;alis&#233; des &#233;missions anti-carc&#233;rales hebdomadaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi v&#233;cu une exp&#233;rience radio particuli&#232;re lors du mouvement de 1995 contre le plan Jupp&#233;. Beaucoup d'animateurs &#233;taient absents &#224; cause de la gr&#232;ve des transports. Et il y avait des plages libres &#224; remplir. J'ai donc commenc&#233; &#224; me rendre sur les lieux de luttes et d'occupations, pour prendre du son. &#199;a me semblait essentiel de r&#233;aliser des &#233;missions quotidiennes sur l'&#233;tat du mouvement. Notamment pour contrer les mensonges des m&#233;dias dominants. Tous les midis, pendant un mois, on a ainsi effectu&#233; &#224; la radio un &#233;tat des lieux - on demandait aux gens combien ils &#233;taient, comment &#231;a se passait, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette exp&#233;rience qui m'a donn&#233; envie de lancer en 2009 une &#233;mission quotidienne sur FPP, le midi. Soit une heure (enfin, une heure et demie &#224; l'&#233;poque) sur les luttes sociales en cours. Je tenais &#224; cette id&#233;e d'un rendez-vous permettant aux gens de s'exprimer librement. De se rendre compte qu'ils sont moteur et sujet de la lutte. Et de combattre la d&#233;sinformation &#8212; si on critique les m&#233;dias classiques, il faut se mettre en capacit&#233; de cr&#233;er d'autres outils. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai d&#233;couvert FPP comme auditeur dans les ann&#233;es 2000 &#8212; je farfouillais sur la bande FM et je suis tomb&#233; sur cette radio ne ressemblant &#224; aucune autre. J'en suis devenu un auditeur r&#233;gulier, avant de sauter le pas en passant un coup de fil pour intervenir &#224; l'antenne, dans le cadre d'une &#233;mission sur les m&#233;dias libres. L'engrenage... J'ai appel&#233; de plus en plus souvent, et on m'a propos&#233; de participer. J'&#233;tais r&#233;ticent, arguant que je n'avais jamais fait de radio, mais j'ai finalement int&#233;gr&#233; l'&#233;mission. J'ai ensuite rejoint celle de &#8220;L'Actu des luttes'' en 2010. Je venais de me retrouver au ch&#244;mage, j'avais le temps de m'investir. Et de me former peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que je partais de loin. Pendant 23 ans, j'avais &#233;t&#233; ouvrier dans la m&#233;tallurgie. Et boum, voil&#224; que je me retrouvais devant un micro ! Heureusement, les radios libres restent un espace o&#249; s'op&#232;re une vraie transmission des savoirs. J'&#233;tais d'autant plus heureux de me perfectionner que je me reconnaissais dans l'absence de sp&#233;cialisation de l'&#233;mission. On y aborde plein de domaines, de mondes diff&#233;rents, sans se restreindre &#224; un th&#232;me pr&#233;cis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est une mani&#232;re de montrer que tout est li&#233;. Nous sommes convaincus que la question de la recomposition de la classe exploit&#233;e est multiforme : il faut aborder &#224; la fois les questions de racisme, de sexisme, d'exploitation du travail, de mal-logement, de r&#233;pression&#8230; Autant de sujets r&#233;sultants d'un m&#234;me syst&#232;me politique et &#233;conomique. &#8220;L'int&#233;r&#234;t de L'Actu des luttes'' est justement de trouver des liens entre toutes ces r&#233;sistances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai rejoint l'&#233;mission il y a quatre ans. Je fais partie de la g&#233;n&#233;ration venue &#224; la politique en 2005, avec les r&#233;voltes de banlieue puis le mouvement contre le CPE. Je m'y suis investie, j'ai particip&#233; &#224; des collectifs. Et j'ai pris conscience que j'avais des choses &#224; dire - les combats sociaux am&#232;nent souvent &#224; prendre la parole. &#192; 18 ans, j'ai ainsi rejoint la bande de &#8220;Au fond pr&#232;s du Radiateur&#8221;, une &#233;mission hebdomadaire de jeunesse diffus&#233;e sur FPP. Pendant cinq ans, j'y ai appris &#224; faire du reportage, du montage, &#224; traiter de sujets de mani&#232;re rigoureuse tout en assumant ma subjectivit&#233;. J'y ai pris go&#251;t &#8212; aussi &#8212; &#224; la rencontre et au micro. Puis j'ai int&#233;gr&#233; &#8220;L'Actu des luttes''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission me parle parce qu'il s'agit de produire des reportages refl&#233;tant la r&#233;alit&#233;, qu'elle nous plaise ou non. Indispensable pour que des gens tr&#232;s diff&#233;rents puissent se r&#233;approprier son contenu : il faut dire la complexit&#233; du r&#233;el. Et faire preuve de curiosit&#233;, se questionner. C'est d'ailleurs dans l'ADN des radios libres, qui constituent des espaces o&#249; tu peux tirer le fil de tes interrogations sur le processus de production auquel tu participes. Certes, tu t'y casses parfois les dents. Mais tu essayes &#8212; que &#231;a marche ou non n'est pas essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il s'agit d'un espace de construction de la pens&#233;e, qui part d'une base tr&#232;s pragmatique : tout le monde a quelque chose &#224; dire sur sa vie, ses espoirs, ses r&#234;ves. C'est moins &#233;vident par &#233;crit, il faut ma&#238;triser les codes. Au micro de FPP, on peut se permettre de prendre le temps. D'h&#233;siter, de bafouiller. L'&#233;motion et la subjectivit&#233; ne sont jamais loin. &#199;a r&#233;sonne chez l'auditeur, qui peut se reconna&#238;tre et donc se questionner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Pour nous, c'est aussi l'occasion de belles rencontres. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;mission, j'ai crois&#233; le chemin de gens &#224; qui je n'aurais sans doute jamais parl&#233; autrement. Les femmes de chambre en lutte, par exemple. Ou les salari&#233;s en gr&#232;ve d'Air France. Ou encore les gens investis &#224; Notre-Dame-des-Landes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est pour &#231;a que r&#233;aliser cette &#233;mission nous fait du bien. Litt&#233;ralement. Gr&#226;ce aux rencontres, comme le souligne Jo&#235;l : dans ce monde fait pour qu'on ne se croise pas, la radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233;. Mais aussi parce qu'on se sent force de proposition, qu'on a une petite influence sur le cours des choses. &#199;a nous permet de nous sentir plus libres &#8212; une condition indispensable pour s'investir autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; L'autre condition, c'est de partager au quotidien le m&#234;me d&#233;sir de transformation du monde. Il traverse nos vies. D'o&#249; une double casquette pas toujours facile &#224; g&#233;rer : nous sommes &#224; la fois investis dans les luttes et charg&#233;s de produire de l'info sur celles-ci. Il y a un &#233;quilibre &#224; trouver. Reste que le socle de notre d&#233;marche ne change pas : donner &#224; entendre des discours qui nous touchent et nous passionnent. Les faire partager. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#192; l'inverse, quand ils viennent en studio, ils ont le temps de camper la situation. Parce qu'on leur accorde une heure, pas juste cinq minutes. Ce sont deux aspects compl&#233;mentaires. D'un c&#244;t&#233;, l'urgence de la parole dans une lutte. De l'autre, le temps qu'on se donne pour en parler pos&#233;ment en studio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est d'autant plus important que nos invit&#233;s n'ont pas forc&#233;ment l'habitude de prendre la parole en public. S'ils franchissent le pas, c'est parce qu'ils sont entour&#233;s et qu'on les met &#224; l'aise. C'est ainsi que la radio libre r&#233;alise sa promesse de porter des voix diff&#233;rentes qui r&#233;fl&#233;chissent ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; En fait, on a de la chance. Le principe de notre &#233;mission, c'est d'aller rencontrer des gens qui se battent, qui sont en mouvement. &#199;a file la p&#234;che. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; Pour autant, ce n'est pas toujours simple. R&#233;aliser pendant des ann&#233;es une quotidienne, dans des conditions aussi pr&#233;caires, &#231;a fatigue. C'est un taf de fou. Une bataille permanente, qui demande de la force. Et cette force, c'est la radio qui nous la fournit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui lisent et th&#233;orisent. Mais qui sont aussi un peu coup&#233;s de la r&#233;alit&#233;. Nous, on s'appuie sur le postulat inverse : pour transformer l'ordre des choses, il faut partir de la r&#233;alit&#233;. Faire le point sur l'&#233;tat des forces. Quels sont les moyens de lutte ? Comment l'emporter ? Ce sont les gens &#224; qui on tend le micro qui en parlent. En toute libert&#233;, sans qu'on leur fasse la le&#231;on. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; &#199;a fonctionne aussi parce que nous ne sommes pas d&#233;connect&#233;s de la soci&#233;t&#233;. On n'a pas fait d'&#233;cole de journalisme, on est issus de quartiers populaires, on y vit. Et on sait ce qui se passe &#224; c&#244;t&#233; de chez nous. On est acteurs de ce quotidien, m&#234;me si on ne vient pas des m&#234;mes horizons &#8212; Nadia a par exemple arr&#234;t&#233; les cours en terminale, tandis que Madeleine est &#233;tudiante en philo. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est l'une des forces des radios libres que de r&#233;unir des gens tr&#232;s diff&#233;rents. Et c'est pour cette raison qu'elles constituent des espaces d'expression indispensables, &#224; pr&#233;server et &#224; d&#233;fendre. Surtout en ce moment, alors que les coups de boutoir &#224; leur encontre se multiplient. FPP se retrouve ici en premi&#232;re ligne : l'existence de la radio est menac&#233;e, &#224; cause de la fin des contrats aid&#233;s et de la baisse des financements publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois, la radio fonctionnait encore avec cinq emplois aid&#233;s, charg&#233;s notamment de l'administratif, de l'agenda, du suivi de la programmation. Il n'y en a d&#233;sormais plus que deux. Et il n'en restera qu'un en d&#233;cembre. Table rase. Ce qui d&#233;sorganise forc&#233;ment la radio. D'autant que l'oukase est tomb&#233; sans pr&#233;avis. Pas moyen de s'y pr&#233;parer. Et de trouver les moyens d'une autre autonomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; On porte certainement une responsabilit&#233; sur ce point &#8212; comme tous les participants de la radio. Nous aurions d&#251; nous demander plus t&#244;t comment ne pas trop d&#233;pendre d'un &#201;tat qui ne veut pas de nous. On subirait moins la situation actuelle si on n'&#233;tait pas totalement financ&#233;s par des subsides &#233;tatiques, ceux du Fonds du soutien &#224; l'expression radiophonique et ceux, indirects, des emplois aid&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; FPP se trouve ainsi &#224; la crois&#233;e des chemins. Une r&#233;organisation s'impose, qui ne pourra pas faire l'impasse d'une r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie interne. C'est que la radio est tenue par un Conseil d'administration, dont les membres sont nomm&#233;s &#224; vie et coopt&#233;s. Pour une raison &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; tout &#224; fait d&#233;fendable : pr&#233;server l'outil d'&#233;ventuels risques d'entrisme, de manipulation politique. R&#233;sultat : les animateurs ne sont pas impliqu&#233;s dans son fonctionnement. Ils se contentent souvent de faire leur &#233;mission sans s'investir dans la vie de FPP. L'existence des contrats aid&#233;s a contribu&#233; &#224; empirer cet &#233;tat de fait, puisqu'il y avait des salari&#233;s pour se fader les t&#226;ches chiantes mais essentielles &#224; l'existence de la radio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Alors que sont les 300 animateurs et animatrices de FPP qui font r&#233;ellement vivre la radio. Cette force n'est pas assez prise en compte. Elle devrait avoir davantage son mot &#224; dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Cela prouve aussi qu'autog&#233;rer des structures collectives reste un d&#233;fi permanent. C'est parfois un peu d&#233;primant. &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a parfois pas le choix. Par exemple, pour le loyer du local : impossible de louer &#224; Paris un endroit vaste et chaleureux, o&#249; les animateurs auraient envie de squatter. On n'en a pas les moyens. Pareil pour les emplois : on ne peut pas r&#233;gler de vrais salaires. C'est ainsi que le champ des possibles se restreint peu &#224; peu. D'o&#249; une tendance au repli sur soi, quand il faudrait au contraire faire preuve de plus d'ouverture dans le fonctionnement pour surmonter la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre survie passe aussi par davantage de liens entre toutes les radios qui produisent autre chose que du commercial, refusent la publicit&#233; et partagent une affinit&#233; associative, voire politique. Pour mettre en commun nos pratiques. Et pour nous battre ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les radios de la m&#233;duse</title>
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		<dc:subject>radios associatives</dc:subject>

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&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis. C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de FPP. Une amie investie au sein de cette radio libre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt;. Une amie investie au sein de cette radio libre parisienne m'avait propos&#233; d'effectuer des chroniques hebdomadaires, sur le sujet de mon choix. L'affaire de cinq petites minutes, chaque vendredi midi. J'avais accept&#233;. Sans me douter que les quelques minutes pass&#233;es devant le micro m'appara&#238;traient si longues. Impossible de surmonter le trac. Je buttais sur certains mots, en mangeais d'autres, parlais trop vite, pas assez fort, ne parvenais pas &#224; me d&#233;tacher de mon texte, le d&#233;bitais comme un cadavre sans &#226;me. Pour moi, un calvaire. Et sans doute aussi pour l'auditeur, oblig&#233; de se fader chaque semaine une triste r&#233;citation sans rythme. &#199;a a dur&#233; un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-729-0ba07.jpg?1779785473' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai finalement mis fin &#224; l'exercice, convaincu que je n'am&#233;liorerais jamais. Un avis certainement partag&#233; par ceux des b&#233;n&#233;voles et salari&#233;s de FPP qui avaient eu l'occasion de constater l'&#233;tendue de mon incomp&#233;tence. Ils n'en disaient pourtant mot. Pas seulement par gentillesse, je l'ai compris plus tard. Mais aussi parce qu'ils &#233;taient si visc&#233;ralement attach&#233;s &#224; cette radio et &#224; ce qu'elle portait qu'ils consid&#233;raient que mes chroniques mal r&#233;cit&#233;es y avaient leur place. Mes h&#233;sitations, ma voix chevrotante et ma scansion maladroite n'&#233;taient rien d'autre que le pendant logique de leur vision ouverte des ondes : pour que le micro soit vraiment libre, il faut que chacun puisse s'en saisir. Des gens dou&#233;s et d'autres moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En qu&#234;te d'une vague d&#233;finition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, la belle &#233;pop&#233;e des radios libres est aussi (voire surtout) faite de t&#226;tonnements et d'imperfections. Comme une vivace d&#233;monstration, sans cesse recommenc&#233;e, du postulat ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la naissance de ces antennes associatives, &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Ce credo-l&#224;, donc : chacun peut trouver sa place derri&#232;re le micro. &#192; commencer par celles et ceux qui en sont d'ordinaire exclus. Parce qu'ils ne sont pas tr&#232;s dou&#233;s pour s'exprimer en public (comme moi). Que leurs centres d'int&#233;r&#234;t sont jug&#233;s trop marginaux, pas assez vendeurs. Ou encore, et c'est bien moins anecdotique, que la soci&#233;t&#233; ne leur accorde ni consid&#233;ration, ni droit &#224; la parole &#8211; ainsi des immigr&#233;s, qui se retrouvent autour d'&#233;missions communautaires, ou des prisonniers et leurs familles se donnant des nouvelles via les &#8220; Parloirs libres &#8221;. Uniques conditions pour parler sur les ondes : respecter une charte &#233;l&#233;mentaire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, faire preuve d'un minimum de constance et de motivation. Rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le radicalement oppos&#233; &#224; celui des radios commerciales et &#224; leur construction verticale, o&#249; l'animateur doit se comporter en professionnel et renvoyer une image consensuelle de sa station. Sur les radios libres, l'audience compte pour du beurre. Il n'y a rien &#224; vendre et la publicit&#233; n'a pas droit de cit&#233;. Le nombre de personnes tendant l'oreille devant le poste n'a donc que peu d'importance. &#171; &lt;i&gt;En naviguant sur la bande FM, on peut avoir tendance &#224; juger les radios sur le seul crit&#232;re de la &#8220; qualit&#233; sonore &#8221; (avec de gros guillemets) ou &#224; les &#233;tudier sous le seul prisme de l'audience&lt;/i&gt;, note &#201;tienne Noiseau, qui anime le site de r&#233;f&#233;rence Syntone. &lt;i&gt;Mais pour moi, les radios libres ne rel&#232;vent pas tant de la radiophonie (qui peut &#234;tre bonne ou mauvaise) que de la connexion sociale.&lt;/i&gt; &#187; Pas une question de contenu, donc, mais de pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de celles-ci, le lien. L'humain. La pr&#233;sence. Bien avant la radicalit&#233; politique parfois pr&#234;t&#233;e &#224; ces antennes. &#171; &lt;i&gt;La participation de gens tr&#232;s politis&#233;s n'est pas constitutive de l'ADN des radios libres&lt;/i&gt;, assure Rico, Toulousain investi &#224; &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; &lt;i&gt;depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. La vraie radicalit&#233; est ailleurs. Dans le fait de proposer un outil libre, que chacun peut s'approprier. Et dans la grande diversit&#233; des &#233;missions et participants.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'autre bout de la France, Jeanne&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ancien administratrice d'une radio libre, confirme : &#171; &lt;i&gt;Peu d'associations r&#233;unissent autant de gens diff&#233;rents autour d'un m&#234;me outil. Il suffit d'ailleurs de se pencher sur une grille de programme pour constater leur grande diversit&#233; &#8212; passionn&#233;s de reggae, membres de la communaut&#233; tamoul, militants anarchistes, reporters en herbe&#8230; Parfois, ils n'ont en commun que l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; la radio.&lt;/i&gt; &#187; Et le souci de sa survie. Lequel passe d'abord par le maintien d'un fragile &#233;quilibre financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une taxe sur la pub&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent, donc. Le nerf de la guerre des ondes. Et le fondement de ce qui ressemble &#224; un petit paradoxe. D'un c&#244;t&#233;, les radios libres tiennent farouchement &#224; leur ind&#233;pendance et s'affichent volontiers rebelles. Mais de l'autre, elles ne pourraient survivre sans les subsides de l'&#201;tat. Elles en sont m&#234;me largement d&#233;pendantes. C'est que ces structures associatives refusant la publicit&#233;, n'ayant rien &#224; vendre et tr&#232;s peu de recettes propres, doivent malgr&#233; tout s'acquitter chaque ann&#233;e de (plus ou moins) cons&#233;quents co&#251;ts de fonctionnement et de diffusion. Une &#233;quation impossible : aucune de ces radios n'aurait pu survivre sans la contribution revers&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que celle-ci n'a rien d'un cadeau. Tout le contraire : c'est un d&#251;. Qui trouve son origine au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980, quand l'&#201;tat, confront&#233; &#224; la multiplication des radios pirates et incapable de contenir leur folle effervescence, se r&#233;sout &#224; abandonner son monopole sur la radio. &#201;lu depuis peu, Mitterrand annonce ainsi l'ouverture de la bande FM. Ru&#233;e sur les ondes : en un an, pas moins de 2 000 radios associatives voient le jour (la plupart baisseront le rideau en quelques ann&#233;es). C&#244;t&#233; auditeurs, &#231;a se bouscule aussi au portillon : la France vibre alors au rythme des radios de la FM. Pas une image. Le 8 d&#233;cembre 1984, la station NRJ, qui se pr&#233;tend encore libre mais a d&#233;j&#224; largement vir&#233; commerciale, r&#233;ussit ainsi le tour de force de faire descendre dans les rues de Paris des dizaines de milliers d'auditeurs, mobilis&#233;s contre une sanction que vient de lui infliger la Haute Autorit&#233; de la communication audiovisuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les audiences sont consid&#233;rables. Et attisent bien des app&#233;tits. Ceux-ci obtiennent gain de cause en 1984, d&#233;crochant l'autorisation de la publicit&#233; sur la bande FM. Jackpot. Pour en profiter, une partie des radios quittent leur coquille associative, se muant en entreprises commerciales. Quant &#224; celles qui refusent de boulotter le Veau d'or, elles conservent le statut associatif. Mais auront d&#233;sormais droit &#224; un coup de pouce de l'&#201;tat, pour leur permettre de survivre et d'assurer leur mission dite de &#171; service social de proximit&#233; &#187;. Une subvention de fonctionnement, d'un montant variable, leur sera ainsi vers&#233;e chaque ann&#233;e par le Fonds de soutien &#224; l'expression radiophonique (FSER), cagnotte abond&#233;e par une taxe pr&#233;lev&#233;e sur les recettes publicitaires des radios et t&#233;l&#233;visions commerciales. Celles qui font de confortables profits participent ainsi &#224; financer celles qui ne touchent pas un rond. Pas con.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas &#224; la m&#234;me enseigne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pos&#233; l'un des pans essentiels du financement des radios libres &#8211; plus de trente ans apr&#232;s, il a toujours cours. Et continue de repr&#233;senter la plus grosse rentr&#233;e d'argent annuelle des antennes associatives. Celle qu'il n'est pas question de rater &#8211; une question de vie ou de mort. &#192; &lt;a href=&#034;http://www.radiolarzac.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Larzac&lt;/a&gt;, elle repr&#233;sente par exemple pr&#232;s de la moiti&#233; des 120 000 &#8364; de budget. Et un tiers des 140 000 &#8364; de sa voisine, &lt;a href=&#034;http://www.radiosaintaffrique.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Saint-Affrique&lt;/a&gt;. Chez FPP, le versement d&#233;passerait de peu 40 000 &#8364; (pour un budget de 150 000 &#8364;), tandis que la marseillaise &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt; d&#233;croche 62 000 &#8364; du FSER (pour un budget de 160 000 &#8364;). Bref, toutes les structures ne sont pas log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne : les financements diff&#232;rent d'une radio &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des variations qui s'expliquent &#8211; attention, &#231;a devient technique - par le fait que le FSER compte une part fixe et une autre variable. La premi&#232;re fluctue notamment en fonction de la masse salariale. Quant &#224; la part variable, elle repose en grande partie sur la capacit&#233; des radios libres &#224; faire rentrer certaines de leurs &#233;missions dans le cadre des crit&#232;res sp&#233;cifiques fix&#233;s par le FSER. Entre autres pour th&#232;mes de ces subventions de projet : le soutien au d&#233;veloppement local, la protection de l'environnement ou la lutte contre l'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce petit jeu, toutes les structures ne se valent pas. Certaines ont accumul&#233; de l'exp&#233;rience et connaissent parfaitement les ficelles permettant de faire grimper &#224; son maximum la part variable. D'autres ne s'y essayent m&#234;me pas. Ou chargent un salari&#233; de r&#233;aliser l'imposant dossier FSER. Certaines &#8211; encore &#8211; le confient &#224; des b&#233;n&#233;voles, qui y travaillent soirs et week-ends. En filigrane, des rapports diff&#233;rents au financement public et au fonctionnement de l'antenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour br&#232;ve illustration, cette comparaison entre deux radios libres &#171; historiques &#187;. &#192; ma droite, &lt;a href=&#034;https://www.radiocanut.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canut&lt;/a&gt;, &#224; Lyon. La structure, qui ne compte aucun salari&#233; et fonctionne gr&#226;ce aux seuls b&#233;n&#233;voles, se contente de la part fixe du FSER. Pas besoin de plus. &#192; ma gauche, Radio Gal&#232;re &#224; Marseille, quatre salari&#233;s. C'est l'un de ses fondateurs, Pierre Bastide, pilier de l'antenne depuis plus de trente ans, qui g&#232;re le financement public. Lui en conna&#238;t les arcanes, essaye d'en respecter les contraintes et sait l'optimiser au mieux. Bref, entre Canut et Gal&#232;re, pourtant toutes les deux libres, il y a d&#233;j&#224; comme un petit monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier de 500 pages !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une constante &#233;merge, quelle que soit la radio : les personnes charg&#233;es de boucler les dossier FSER en gardent souvent un souvenir mitig&#233;&#8230; Limite traumatique. &#171; &lt;i&gt;&#199;a devient de plus en monstrueux&lt;/i&gt;, constate Jeanne, qui fut administratrice d'une radio libre. &lt;i&gt;Il faut tout lister &#224; l'avance, les invit&#233;s et les th&#232;mes d'&#233;missions. Et ensuite, il faut aussi fournir des preuves a posteriori.&lt;/i&gt; &#187; Il faut aussi essayer de d&#233;gotter des subventions de projet suppl&#233;mentaires, pour ajouter un peu de beurre aux &#233;pinards. &#171; &lt;i&gt;C'est usant, tu cherches en permanence. Tu inventes des projets, tu montes des budgets pr&#233;visionnels, un peu au doigt mouill&#233;. Tu te mets &#224; r&#234;ver en te disant que &#231;a serait chouette. Et boum, &#231;a ne marche pas...&lt;/i&gt; &#187;, raconte Samantha. Et l'ancienne administratrice de FPP de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Psychologiquement aussi, c'est pesant. Tu portes une sacr&#233; responsabilit&#233; : si tu foires ton dossier, la radio se retrouve vraiment dans la merde. &#199;a n'arrive pas, heureusement. Mais tu as toujours le sentiment que tu aurais pu faire mieux. Trouver plus d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me ceux qui pratiquent depuis longtemps gal&#232;rent &#224; satisfaire toutes les exigences du FSER : &#171; &lt;i&gt;Notre dossier repr&#233;sente l'&#233;quivalent d'une ramette de papier de 500 pages&lt;/i&gt;, raconte &#201;tienne Bastide. &lt;i&gt;Parce que nous devons tout justifier, et prouver que nous avons rigoureusement respect&#233; le cadre des subventions de projets. Il faut donc collecter toute l'ann&#233;e des attestations aupr&#232;s des invit&#233;s des &#233;missions. Ce qui n&#233;cessite toute une organisation : on les pr&#233;vient avant, on les poursuit ensuite...&lt;/i&gt; &#187; Presque du flicage, en fait. &#171; &lt;i&gt;Oui, &#231;a nous met dans une position de contr&#244;le, assez d&#233;sagr&#233;able&lt;/i&gt;, approuve Jeanne. J&lt;i&gt;e pense que ce n'est pas anodin. C'est une fa&#231;on pour l'&#201;tat de pousser &#224; la professionnalisation des radios associatives&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah bon, &#171; innover &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a un que cette exigence croissante ne d&#233;range pas. Il s'appelle Sylvain Delfaux. Est charg&#233; de la communication du Syndicat national des radios libres (SNRL). Et se positionne clairement du c&#244;t&#233; des structures qui jouent le jeu de la professionnalisation. &#171; &lt;i&gt;Dans ma radio&lt;/i&gt; [Radio Laser], &lt;i&gt;on se professionnalise depuis une quinzaine d'ann&#233;es &#8211; c'est quelque chose qui doit se penser &#224; l'avance. C'est s&#251;r que &#231;a va &#234;tre compliqu&#233; pour les radios qui n'ont pas entam&#233; cette d&#233;marche...&lt;/i&gt; &#187; Malheur aux perdants, qui n'ont pas pris le train de la modernit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicaliste se pr&#233;tend &#171; &lt;i&gt;digne successeur des radios libres qui r&#233;clamaient de la fr&#233;quence au d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;/i&gt; &#187;. Mais il n'est pas s&#251;r qu'il ait beaucoup de points communs avec ses glorieux a&#238;n&#233;s. Il se coule par contre parfaitement dans l'air du temps : &#171; &lt;i&gt;La crise travers&#233;e par les radios libres peut aussi &#234;tre une opportunit&#233; pour elles de se r&#233;inventer, d'innover. Il faut arr&#234;ter de dire qu'elles sont fragiles ou menac&#233;es. Et insister sur le fait qu'elles se battent, qu'elles r&#233;pondent &#224; des appels &#224; projet, qu'elles nouent des partenariats, qu'elles innovent techniquement.&lt;/i&gt; &#187; Deux fois le verbe &#171; innover &#187; en trois phrases &#8212; un vrai discours de battant... Qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec le quotidien de ces radios libres qui se vivent d'abord comme un outil au service du collectif et de la libre parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;nicher les appels &#224; projets demande une veille consid&#233;rable pour une association&lt;/i&gt; &#187;, explique &#201;tienne Noiseau, pas vraiment sur la m&#234;me longueur d'ondes. &#171; &lt;i&gt;Pour y r&#233;pondre, il faut &#234;tre capable d'adapter son action afin de la faire rentrer dans le cadre. L'institution exige de produire quelque chose de nouveau et de diff&#233;rent : il faut &#234;tre &#8220; innovant ''. Cela demande une gymnastique incroyable et des ressources administratives que toutes les structures ne poss&#232;dent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RIP emplois aid&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps sont d&#233;cid&#233;ment durs pour les radios libres. Elles buttaient d&#233;j&#224; sur des financements de plus en plus difficiles &#224; d&#233;crocher, les voil&#224; d&#233;sormais confront&#233;es &#224; la disparition d'une partie de leurs forces vives : la suppression des contrats aid&#233;s a litt&#233;ralement d&#233;cim&#233; leurs rangs. 1 100 emplois (selon le SNRR) ont ainsi &#233;t&#233; balay&#233;s en quelques mois. Un vrai plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence logique : les appels au secours et les cris d'alerte se multiplient. Une p&#233;tition a ainsi &#233;t&#233; largement relay&#233;e, sign&#233;e par une quarantaine de radios, s'alarmant &#171; &lt;i&gt;de la situation catastrophique du secteur&lt;/i&gt; &#187;. Un constat ent&#233;rin&#233; par Pierre Barron, pr&#233;sident de FPP, qui d'ici quelques mois aura perdu les cinq emplois qui la faisaient fonctionner au quotidien : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois de notre histoire, la question d'une fermeture &#224; court terme se pose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et homophobie - le b.a.-ba.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;160</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;M&#234;me combat !&#034; par Julien Lo&#239;s. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... Pour fournir des croquettes au Chien rouge, c'est (aussi) sur Helloasso ! &#201;dito : Le paradis, c'est les autres &#171; Quand vous &#234;tes salari&#233; et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas gr&#226;ce &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no160-decembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;160 (d&#233;cembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Julien-Lois" rel="tag"&gt;Julien Lo&#239;s&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton1870-cf23e.jpg?1779756405' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;M&#234;me combat !&#034; par &lt;a href=&#034;http://www.ouikid.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julien Lo&#239;s&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no160-d&#233;cembre-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fournir des croquettes au Chien rouge, c'est (aussi) sur &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/cqfd/collectes/cqfd-vivra&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Helloasso&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;dito : Le paradis, c'est les autres&lt;/h3&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand vous &#234;tes salari&#233; et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas gr&#226;ce &#224; l'assurance ch&#244;mage, il est l&#233;gitime de se dire que ce syst&#232;me marche sur la t&#234;te !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Damien Adam, d&#233;put&#233; LREM, novembre 2017)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On a beau dire, ils sont quand m&#234;me bien atteints, ces nouveaux d&#233;put&#233;s En Marche. Tout lustr&#233;s, tout proprets, tout jeunes et cons. Ignobles, quoi. Oh, ils ne tranchent pas tant que &#231;a avec leurs pr&#233;d&#233;cesseurs. La came habituelle : m&#233;pris de classe et absolue m&#233;connaissance de la r&#233;alit&#233; sociale. Certes, ils m&#233;ritent le pal, mais ils font aussi de leur mieux, les mignons poussins technocrates. Pas leur faute &#8211; c'est juste qu'ils sortent tous de la m&#234;me imprimante 3D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc quand Damien Adam, tout jeune d&#233;put&#233; de la secte macroniste, s'emporte contre ces salauds de ch&#244;meurs qui se la coulent douce aux Bahamas (et encore, t'as pas vu nos jets priv&#233;s, nos homards quotidiens et nos valises Vuitton, eh banane), on se contente de hausser les &#233;paules. Parce que l'ind&#233;cence , ils la pratiquent depuis si longtemps &#8211; les nouveaux comme les anciens &#8211; qu'on s'y est presque habitu&#233;s. C'est le fumet d&#233;sormais normal de ce monde. D'une &#233;lite tellement d&#233;connect&#233;e qu'elle nous accusera bient&#244;t en toute bonne foi de sniffer du caviar au petit-d&#233;j et de faire chabrot avec du Mo&#235;t &amp; Chandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, t'as vu, les scandales de d&#233;tournement fiscal en provenance de cette m&#234;me &#233;lite pleuvent comme &#224; Gravelotte &#8211; nous c'est les Bahamas, eux c'est le paradis panam&#233;en. Et les in&#233;galit&#233;s sociales d&#233;j&#224; abyssales se creusent jour apr&#232;s jour, &#224; l'&#233;chelle de l'hexagone comme &#224; celle du monde (les 1 % de personnes les plus riches d&#233;tiennent d&#233;sormais plus de 50 % des richesses mondiales, normal). Eux croient sans doute que cette fuite en avant peut durer, du neuneu d&#233;put&#233; LREM &#224; son Jupiter, du patron de multinationale &#224; Trump-la-mort. Et nous ? Bah non. On n'y croit pas. Du tout. Le peuple d'en bas amasse (uh uh) sa col&#232;re, elle finira bien par exploser dans les grandes largeurs. Cette soir&#233;e-l&#224; approche, foi de Chien Rouge. &#171; Tic-tac tic-tac &#187; grince la Rolex chrom&#233;e &#224; son poignet...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : radios libres&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-214-335d4.jpg?1779756405' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les radios de la M&#233;duse &gt;&lt;/strong&gt; 1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tutelle du CSA : Droit de vie et de mort sur les fr&#233;quences &gt;&lt;/strong&gt; Au milieu des ann&#233;es 2000, la cr&#233;ation de radios num&#233;riques a permis une vraie bouff&#233;e d'air dans l'offre d'&#233;coute. Mais il n'en va pas de m&#234;me sur la bande FM, o&#249; les &#233;ventuels candidats &#224; une fr&#233;quence butent sur le contr&#244;le arbitraire et opaque du CSA, souvent exerc&#233; au profit des radios commerciales. Moustic, l'animateur du Groland, en sait quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontre avec l'&#233;quipe de &#171; L'Actu des luttes &#187; &gt;&lt;/strong&gt; C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP (qui f&#234;te ses 25 ans). &#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187; est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parcours d'ondes, de Radio Popolare &#224; Radio Bandita : &lt;i&gt;Avanti, Popolare&lt;/i&gt; ! &gt;&lt;/strong&gt; Une v&#233;ritable tranche d'histoire radiophonique italienne ! En 1998, Lorenzo Valera commence &#224; pr&#233;senter les infos sur Radio Popolare, &#224; Milan, une antenne n&#233;e dans les ann&#233;es 1970 dans le sillage de l'autonomie ouvri&#232;re. En 2001, il r&#233;alise un reportage remarqu&#233; sur les violences polici&#232;res lors du contre-sommet du G8 &#224; G&#234;nes. Il conna&#238;t ensuite le succ&#232;s avec son &#233;mission &#171; Onda anomala &#187;, avant d'opter pour l'anonymat d'une webradio pirate. Rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ondes, famille, patrie : Les zombies de Radio Courtoisie &gt;&lt;/strong&gt; &#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a&#8230; On causait du contenu du dossier &#171; Radios libres &#187; et j'ai lanc&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#199;a pourrait &#234;tre int&#233;ressant d'aller voir du c&#244;t&#233; des radios associatives de l'ennemi. Genre, se fader une journ&#233;e de Radio Courtoisie ?&lt;/i&gt; &#187; Personne ne me contredisant, j'ai fonc&#233;. Tu parles d'une id&#233;e &#224; la con...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aide aux exil&#233;s : Quand la solidarit&#233; passe au tribunal &gt;&lt;/strong&gt; Quatre retrait&#233;s viennent d'&#234;tre jug&#233;s pour avoir transport&#233; des migrants dans la vall&#233;e de la Roya. Dans cette zone frontali&#232;re, l'&#201;tat viole le droit d'asile au quotidien. Mais le plus souvent, ce sont les militants solidaires qui sont condamn&#233;s par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Longwy power ! : L'avocat des Black Panthers au pays du fer &gt;&lt;/strong&gt; 1978-1979, l'am&#233;ricain Steve Bingham filme Longwy en pleine effervescence : les mineurs et sid&#233;rurgistes luttent contre la suppression annonc&#233;e de leurs emplois. Une sacr&#233;e bataille, dont la cam&#233;ra de Steve ne perd pas une miette. Jusqu'&#224; donner un film, &lt;i&gt;Longwy&lt;/i&gt;, jamais diffus&#233; en France (l'ancien avocat &#233;tait en cavale quand il l'a tourn&#233;, accus&#233; d'avoir fourni une arme &#224; l'un de ses clients incarc&#233;r&#233;s, le Black Panther George Jackson). Quarante ans plus tard, Steve remet pour la premi&#232;re fois les pieds sur place.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catalogne : au-del&#224; de l'ind&#233;pendance ? &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance du 1er octobre, la situation en Catalogne bouscule les habituelles grilles de lecture. En marge des man&#339;uvres partisanes, des foules se rassemblent et s'organisent autour de quelques d&#233;nominateurs : lutter face &#224; la r&#233;pression et imaginer un autre avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mauvaise conscience d'Isra&#235;l : Dire non a Tsahal &gt;&lt;/strong&gt; &#192; travers une quarantaine de portraits et t&#233;moignages&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Barzilai, Refuzniks : refuser l'arm&#233;e en Isra&#235;l, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le photographe Martin Barzilai nous emm&#232;ne &#224; la rencontre des refuzniks, objecteurs, insoumis, d&#233;serteurs, filles et gar&#231;ons, qui pr&#233;f&#232;rent aller en taule plut&#244;t que de servir dans l'arm&#233;e isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mexique. Certaines catastrophes sont naturelles, d'autres moins : et tout le tremblement&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Une premi&#232;re fois le 7 septembre, puis le 19 du m&#234;me mois, deux s&#233;ismes de grande ampleur (8,2 et 7,1 sur l'&#233;chelle de Richter) ont frapp&#233; le sud et la capitale du Mexique. On a parl&#233; de centaines de morts et de dizaines de milliers de sans-abri. Mais en oubliant souvent d'&#233;voquer une autre onde de choc : celle qui oppose des autorit&#233;s corrompues et une population qui a appris &#224; ne compter que sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH565/-215-53673.jpg?1779603665' width='400' height='565' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures et cultures de partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Capitalisme et autophagie : Face &#224; l'ab&#238;me &gt;&lt;/strong&gt; Th&#233;oricien du courant de la critique de la valeur (&lt;i&gt;Wertkritik&lt;/i&gt; dans la langue de Karl), Anselm Jappe place son dernier essai, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; autophage&lt;/i&gt;, sous-titr&#233; &lt;i&gt;Capitalisme, d&#233;mesure et autodestruction&lt;/i&gt;, sous l'inqui&#233;tant patronage d'&#201;rysichton. Un roi qui, selon le mythe grec, aurait &#233;t&#233; ch&#226;ti&#233; pour son &lt;i&gt;hybris&lt;/i&gt; et condamn&#233; &#224; une faim inextinguible. Jusqu'&#224; se d&#233;vorer lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le blues f&#233;ministe de Ma Rainey et Bessie Smith : &#171; &lt;i&gt;Sweet mama&lt;/i&gt; &#187;, mon cul ! &gt;&lt;/strong&gt; En r&#233;&#233;ditant &lt;i&gt;Blues et f&#233;minisme noir&lt;/i&gt;, ouvrage de la grande Angela Davis publi&#233; en 1998 aux &#201;tats-Unis, les &#233;ditions Libertalia offrent une belle porte d''entr&#233;e aux &#339;uvres de deux grandes blueswomen, Bessie Smith et Gertrude &#171; Ma &#187; Rainey. Des battantes privil&#233;giant les rasoirs aux pincettes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Martin Barzilai, &lt;i&gt;Refuzniks : refuser l'arm&#233;e en Isra&#235;l&lt;/i&gt;, &#233;ditions Libertalia, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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