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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Rapha&#235;l Kempf : &#171; Il y a eu de nombreux manquements au droit dans la r&#233;pression du mouvement &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Si la r&#233;pression polici&#232;re du mouvement des Gilets jaunes et son cort&#232;ge de mutilations a (un peu) perc&#233; le plafond m&#233;diatique, le volet judiciaire de cette envol&#233;e vers l'autoritarisme est peu discut&#233;. Il y a pourtant de quoi, tant le droit est instrumentalis&#233; en vue de saborder le mouvement. Parmi les rares qui &#233;l&#232;vent la voix, il y a Rapha&#235;l Kempf, avocat qui a d&#233;fendu nombre de Gilets jaunes interpell&#233;s. Lui estime qu'il faut d&#233;noncer le rapport &#224; la justice de ce gouvernement. Avec, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la r&#233;pression polici&#232;re du mouvement des Gilets jaunes et son cort&#232;ge de mutilations a (un peu) perc&#233; le plafond m&#233;diatique, le volet judiciaire de cette envol&#233;e vers l'autoritarisme est peu discut&#233;. Il y a pourtant de quoi, tant le droit est instrumentalis&#233; en vue de saborder le mouvement. Parmi les rares qui &#233;l&#232;vent la voix, il y a Rapha&#235;l Kempf, avocat qui a d&#233;fendu nombre de Gilets jaunes interpell&#233;s. Lui estime qu'il faut d&#233;noncer le rapport &#224; la justice de ce gouvernement. Avec, en ligne de mire de cet entretien r&#233;alis&#233; le 23 janvier, la loi dite anti-casseurs&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un texte qui a commenc&#233; &#224; &#234;tre discut&#233; &#224; l'Assembl&#233;e apr&#232;s que ce journal a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Qu'elle soit vot&#233;e ou non, les r&#233;centes semaines ont mis en &#233;vidence la volont&#233; de la Macronie de mettre la justice au diapason de la r&#233;pression tous azimuts. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH585/-1027-ba7fb.jpg?1782641286' width='400' height='585' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet entretien se d&#233;roule alors que la proposition de loi anti-casseurs est discut&#233;e en commission &#224; l'Assembl&#233;e&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e le 14 juin dernier par un membre de la droite la plus dure et r&#233;actionnaire, Bruno Retailleau, et avalis&#233;e par le S&#233;nat au mois d'octobre. Son but affich&#233; est de lutter contre les violences dans les manifestations et de les sanctionner, pr&#233;tendument au nom du droit &#224; manifester. Ce qui est &#233;videmment paradoxal, puisqu'elle vise justement &#224; limiter ce droit. C'est d'autant plus patent quand on sait qui l'a propos&#233;e en premier lieu. Pour cette droite r&#233;actionnaire, le temps de la manifestation doit rester polic&#233;, absolument conforme &#224; l'ordre public. Ce qui va contre le principe m&#234;me de la manifestation : comme d'autres outils politiques tels que la gr&#232;ve ou le blocage, elle a d'abord pour objet de perturber le cours normal des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on se parle &lt;i&gt;[le mercredi 23 janvier]&lt;/i&gt;, on ne sait pas si la commission va modifier cette proposition de loi. En l'&#233;tat, l'article 1 donnerait au pr&#233;fet le pouvoir de d&#233;limiter un p&#233;rim&#232;tre de s&#233;curit&#233; dans lequel les policiers pourraient fouiller les personnes et les interpeller&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a depuis &#233;t&#233; retir&#233; de la proposition de loi mais pourrait faire son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait le stade fan-zone de la manifestation, d&#233;cid&#233; cette fois-ci par le pouvoir politique. J'ai d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment dans un entretien &#224; la revue Ballast, &#171; L'action politique est de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; les d&#233;rives inacceptables qui se sont d&#233;roul&#233;es lors des manifestations des Gilets jaunes, notamment lors de l'acte IV, le 8 d&#233;cembre, qui a occasionn&#233; pr&#232;s de 2 000 interpellations, la plupart pr&#233;ventives. C'&#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s choquant, mais cela restait &#224; la seule appr&#233;ciation du procureur de la R&#233;publique. Avec cet article, ce serait d&#233;sormais entre les mains du pr&#233;fet, donc du champ politique. Un grand recul pour la justice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'agirait pour l'&#201;tat d'avoir une plus grande ma&#238;trise sur les cort&#232;ges ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si j'ai pris en exemple les fan-zones, c'est parce qu'elles font beaucoup de mal au sport et aux supporteurs en cantonnant le spectacle sportif dans un espace d&#233;limit&#233;, ce qui est contre nature. Et je pense que l'id&#233;e de certains politiques serait de faire pareil avec les manifestations, pour qu'elles soient d&#233;barrass&#233;es de toute dimension contestataire. Cela viderait de sens un des &#233;l&#233;ments essentiels de la vie d&#233;mocratique. La philosophie qu'il y a derri&#232;re cette approche est &#233;videmment inqui&#233;tante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Si on respecte le droit, on ne condamne pas une personne pour groupement alors qu'elle &#233;tait seule. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui semble particuli&#232;rement vous choquer, davantage encore que le volet r&#233;pressif, c'est l'aspect pr&#233;ventif, en amont de la manifestation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un dispositif pr&#233;ventif est &#224; mes yeux beaucoup plus attentatoire aux droits et aux libert&#233;s qu'un dispositif r&#233;pressif. Car ce dernier est mis en oeuvre dans le cadre du droit p&#233;nal, qui pr&#233;sente des garanties. Il vient r&#233;primer un comportement que le droit a pr&#233;alablement pos&#233; comme interdit. C'est un h&#233;ritage important de 1789. Rappelons qu'il y a une dimension in&#233;dite dans les interpellations pr&#233;ventives de masse qui ont frapp&#233; le mouvement des Gilets jaunes. C'est du jamais-vu. Il y a bien eu des arrestations group&#233;es lors du dernier 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; Mai ou des manifestations contre la loi Travail, mais elles &#233;taient r&#233;alis&#233;es apr&#232;s coup, en fin de cort&#232;ge. C'&#233;tait d&#233;j&#224; probl&#233;matique. En utilisant l'article 78-2-2 du code de proc&#233;dure p&#233;nale (issu d'une loi de 2001 con&#231;ue pour lutter contre le terrorisme) pour interpeller des manifestants, le procureur de Paris a franchi une &#233;tape. Confier ce pouvoir &#224; l'ex&#233;cutif en serait un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi anti-casseurs, qui pr&#233;sente jusque dans son appellation une dimension floue &#8212; qu'est-ce qu'un casseur ? &#8212;, permettrait de g&#233;n&#233;raliser des dispositifs pr&#233;ventifs. Elle s'inspire directement des mesures exceptionnelles pr&#233;vues par la loi sur l'&#233;tat d'urgence. On sait qu'entre 2015 et 2017, le pr&#233;fet de police de Paris a tent&#233; d'interdire &#224; des personnes de manifester, sur la base de ce qu'elles pourraient avoir l'intention de faire. Cela avait &#233;t&#233; invalid&#233; par le Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la loi passe telle quelle, les articles 2 et 3&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article 2 est consacr&#233; aux interdictions de manifester, tandis que le 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; permettraient par exemple &#224; ce pr&#233;fet d'interdire de manifester sur la base du soup&#231;on. Il suffirait pour cela qu'un manifestant ait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; dans le cadre de d&#233;bordements en manifestation ou qu'il appartienne &#224; un groupe susceptible de commettre des violences. C'est &#233;videmment ce deuxi&#232;me point qui pose le plus de probl&#232;mes. Il rel&#232;ve clairement d'une logique de police politique, puisqu'il impliquerait d'&#233;tudier en profondeur le relationnel des personnes. On peut penser que certains groupes politiques seraient particuli&#232;rement cibl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler qu'il existe depuis 1995 un dispositif qui permet au juge de prononcer une peine compl&#233;mentaire d'interdiction de manifester &#224; l'encontre de personnes reconnues coupables d'infractions au cours de manifestation : la loi Pasqua. &#192; mes yeux, c'&#233;tait d&#233;j&#224; une d&#233;rive. Reste que ce dispositif &#233;tait mis en oeuvre par le juge, relevait du droit p&#233;nal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au vu des derniers &#233;v&#233;nements, il semble que le code p&#233;nal ne mette nullement &#224; l'abri d'une justice exp&#233;ditive&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En tant qu'avocat, je crois &#224; un principe simple, l'application du droit p&#233;nal. Si on le respecte, on ne condamne par exemple pas une personne pour groupement alors qu'elle &#233;tait seule &#8212; cas que j'ai malheureusement connu r&#233;cemment avec l'un de mes clients. Je crois &#233;galement que le minist&#232;re public doit apporter la preuve de l'infraction. Ces deux principes doivent limiter l'exercice du pouvoir &#233;tatique, le contr&#244;ler. Qu'on condamne des personnes reconnues coupables ne me choque pas. Mais cette condamnation doit intervenir apr&#232;s une proc&#233;dure valide, men&#233;e dans les formes, o&#249; les preuves ont pu &#234;tre discut&#233;es. Ce n'est pas le sentiment que j'ai aujourd'hui : on se satisfait de preuves tout &#224; fait limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait : il y a eu de nombreux manquements au droit dans la r&#233;cente r&#233;pression du mouvement des Gilets jaunes. Cela s'est vu avant m&#234;me le passage au tribunal, par le nombre immense d'interpellations et de gardes &#224; vue abusives : un ph&#233;nom&#232;ne qui relevait clairement du d&#233;tournement du droit p&#233;nal, &#233;tant donn&#233; que l'immense majorit&#233; des gens ont ensuite &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s sans passage devant la justice. Il s'agissait purement et simplement de d&#233;tourner les gens de la manifestation par un usage biais&#233; du droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le pouvoir semble craindre une fuite en avant du mouvement et il y r&#233;pond par des dispositifs attentatoires aux libert&#233;s. C'est une grave erreur. &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2773 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH532/-1028-471a3.jpg?1782642139' width='400' height='532' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tant qu'avocat, vous avez assist&#233; &#224; de nombreuses comparutions imm&#233;diates li&#233;es au mouvement. Quel sentiment en avez-vous tir&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; en charge de beaucoup de dossiers et j'ai constat&#233; une grande disparit&#233; des traitements. Les peines ont &#233;t&#233; variables, mais la plupart du temps disproportionn&#233;es au regard des dossiers pr&#233;sent&#233;s. C'est le cas de St&#233;phane Trouille, par exemple, qui a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; dix-huit mois de prison dont six avec sursis et &#224; une interdiction de manifester de trois ans&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce d&#233;lib&#233;r&#233; est s&#233;v&#232;re et disproportionn&#233; &#187;, avait alors d&#233;plor&#233; Rapha&#235;l (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Mais il y a beaucoup d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, c'est une v&#233;ritable industrie de l'interpellation et de la garde &#224; vue qui a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e. Avec des dossiers totalement vides. &#199;a a par exemple &#233;t&#233; le cas de personnes inculp&#233;es pour violences contre les forces de l'ordre. Les condamnations &#233;taient &#233;tablies sur la base d'une simple fiche, o&#249; le policier avait coch&#233; les cases et ajout&#233; quelques mots. Des &#233;l&#233;ments pr&#233;sent&#233;s comme irr&#233;futables. Alors m&#234;me que n'&#233;tait pas pris en compte le contexte et qu'il n'y avait pas de confrontation (m&#234;me photographique) avec les policiers les accusant. Dans ces conditions, il est extr&#234;mement difficile de mener son travail d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tiens aussi &#224; dire que je n'ai pas &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des cas o&#249; des personnes &#233;taient jug&#233;es pour violence avec pr&#233;m&#233;ditation. Ce sont souvent les m&#234;mes profils : des gens peu ou pas du tout habitu&#233;s aux manifestations pris dans un mouvement de foule. C'est important de le souligner, parce que le discours m&#233;diatique et politique s'est focalis&#233; sur la figure de l'individu dangereux venu pour tout casser, qui rel&#232;verait alors de la pr&#233;m&#233;ditation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez d&#233;clar&#233; sur Twitter : &#171; &lt;i&gt;Les violences polici&#232;res constituent plus qu'une simple strat&#233;gie de maintien de l'ordre : elles ont pour but de dissuader les citoyen.nes de se rendre en manifestation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je r&#233;agissais aux propos &#8212; rapport&#233;s sur Twitter &#8212; d'une procureure &#224; Nantes, qui avait bouscul&#233; un pr&#233;venu se plaignant d'avoir &#233;t&#233; touch&#233; par un LBD [lanceur de balle de d&#233;fense] en disant que &#8220;ce tir de LBD ne l'a pas amen&#233; &#224; se raisonner &#224; propos de sa participation aux manifestations&#8221;. Comme si &#234;tre victime de violences de la part des forces de l'ordre devait conduire &#224; arr&#234;ter de manifester. Le cas de ce manifestant peut sembler exceptionnel. &#192; voir l'ampleur de la r&#233;pression et la g&#233;n&#233;ralisation des blessures graves, il est pourtant &#233;vident que de nombreuses personnes pr&#233;f&#232;rent rester chez elles plut&#244;t que de courir de graves risques. En tant qu'avocat, j'ai vu de nombreux cas o&#249; des personnes bless&#233;es ou plac&#233;es en garde &#224; vue me d&#233;claraient ensuite ne plus souhaiter participer au mouvement. Il y a un effet dissuasif &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir semble craindre une fuite en avant du mouvement et il y r&#233;pond par des dispositifs attentatoires aux libert&#233;s. C'est une grave erreur. On ne r&#233;pond &#224; pas &#224; l'expression nouvelle de la col&#232;re, en provenance de personnes qui souvent n'avaient jamais manifest&#233;, par des coups de matraque et une r&#233;pression disproportionn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article est un extrait du n&#176;173 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, en kiosque tout le mois de f&#233;vrier 2019. En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no173' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;----&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire aussi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; R&#233;pression du foot et des manifs &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ficher-et-interdire-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ficher et interdire, les supporteurs connaissent d&#233;j&#224; la chanson&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;173, f&#233;vrier 2019).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Violences polici&#232;res &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Violences-policieres-contre-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;David Dufresne : &#034;Cette r&#233;pression laissera des traces&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;172, janvier 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un texte qui a commenc&#233; &#224; &#234;tre discut&#233; &#224; l'Assembl&#233;e apr&#232;s que ce journal a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; l'impression, mais avant que cet article soit mis en ligne sur ce site internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il a depuis &#233;t&#233; retir&#233; de la proposition de loi mais pourrait faire son retour, remani&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notamment dans un entretien &#224; la revue &lt;i&gt;Ballast&lt;/i&gt;, &#171; L'action politique est de plus en plus criminalis&#233;e &#187;. Disponible &lt;a href=&#034;https://www.revue-ballast.fr/raphael-kempf-action-politique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'article 2 est consacr&#233; aux interdictions de manifester, tandis que le 3 instaure un fichier qui recenserait toutes les personnes concern&#233;es. Ces deux articles ont &#233;t&#233; valid&#233;s par la Commission des lois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce d&#233;lib&#233;r&#233; est s&#233;v&#232;re et disproportionn&#233;&lt;/i&gt; &#187;, avait alors d&#233;plor&#233; Rapha&#235;l Kempf, cit&#233; le mois dernier dans un article de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; consacr&#233; au proc&#232;s de St&#233;phane Trouille et de trois autres manifestants, &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-au-tribunal-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gilets jaunes : au tribunal de Valence, apaisement rime avec ch&#226;timent&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rennes : La bataille du centre-ville</title>
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		<dc:date>2018-04-11T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Souben</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social. &#171; Manifester est une libert&#233; fondamentale qui doit &#234;tre garantie. &#187; Quand une &#233;lue socialiste dit cela, &#231;a sent le coup fourr&#233;. Et il aura suffi de deux semaines de manifestations pour que Nathalie App&#233;r&#233;, d&#233;put&#233;e-maire de Rennes, corrige sa copie : &#171; Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestation" rel="tag"&gt;manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifester" rel="tag"&gt;manifester&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coup-fourre" rel="tag"&gt;coup fourr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberte-fondamentale" rel="tag"&gt;libert&#233; fondamentale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathalie-Appere" rel="tag"&gt;Nathalie App&#233;r&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-ville" rel="tag"&gt;centre-ville&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Manifester est une libert&#233; fondamentale qui doit &#234;tre garantie.&lt;/i&gt; &#187; Quand une &#233;lue socialiste dit cela, &#231;a sent le coup fourr&#233;. Et il aura suffi de deux semaines de manifestations pour que Nathalie App&#233;r&#233;, d&#233;put&#233;e-maire de Rennes, corrige sa copie : &#171; &lt;i&gt;Je ne tol&#233;rerai pas que notre centre-ville soit le th&#233;&#226;tre r&#233;gulier d'affrontements et de d&#233;gradations.&lt;/i&gt; &#187; En accord avec le pr&#233;fet, le 25 mars, elle d&#233;cide d'interdire &#171; &lt;i&gt;l'hypercentre&lt;/i&gt; &#187; aux manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet hypercentre, c'est le lieu de d&#233;part traditionnel de toutes les manifestations, place du Parlement. Ses rues pi&#233;tonnes largement fr&#233;quent&#233;es, ses vieilles baraques, ses bars. Un espace que tous s'approprient largement, en semant sur les murs et goutti&#232;res autocollants, tags, affiches... Bref, c'est sous les balcons les plus cossus que les &#233;tudiants animent les nuits rennaises. Et c'est sous les fen&#234;tres de la mairie socialiste que l'on crie le rejet des politiques lib&#233;rales : &#171; &lt;i&gt; P comme pourris, et S comme salauds ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment de surprise, donc, &#224; ce que la d&#233;put&#233;e-maire s'attaque aussi violemment &#224; la col&#232;re de la rue. Le 24 mars avait d&#233;j&#224; vu une r&#233;pression polici&#232;re exceptionnelle. Et comme toujours, la violence des forces de l'ordre se justifie &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;. Si la manifestation est r&#233;prim&#233;e, c'est qu'il devait y avoir de bonnes raisons ; si la police a &#233;t&#233; aussi agressive, alors il faut interdire le centre-ville. D&#232;s le 31 mars, et pour toutes les manifestations qui suivront, chaque rue qui y m&#232;ne sera bloqu&#233;e par un imposant dispositif de CRS, de policiers de la brigade anticriminalit&#233; et de gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, les manifestants s'organisent. Pour tous, il est &#233;vident qu'il faut reprendre le centre-ville. Le 31 mars, les &#233;tudiants prennent la t&#234;te du cort&#232;ge, devant les syndicats professionnels. Les plus audacieux marchent vers la police, abrit&#233;s derri&#232;re des banderoles matelass&#233;es, bien d&#233;cid&#233;s &#224; les faire reculer. &#224; mi-parcours, ils y arrivent, au moins sur une trentaine de m&#232;tres. Le long du cort&#232;ge, il pleut des lacrymog&#232;nes, par salves, jusqu'&#224; une douzaine simultan&#233;ment. &#192; peine le temps de jeter une grenade &#224; l'eau que d'autres retombent d&#233;j&#224;. En pleine manifestation, la police doit se r&#233;approvisionner, pendant que FlashBalls et LBD sont d&#233;gain&#233;s. Bilan : une centaine de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, Nuit Debout se demande s'il faut s'installer en centre-ville. Mais accepte finalement de se faire rel&#233;guer sur l'esplanade Charles-de-Gaulle, immense place aux airs de &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, cern&#233;e par ses institutions consum&#233;ristes : centres commerciaux, complexe de cin&#233;mas et salle de concert industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les manifestants qui battent le pav&#233; &#8211; ou le jettent &#224; l'occasion &#8211;, hors de question de c&#233;der &#224; ce pis-aller. Les strat&#233;gies se d&#233;veloppent alors progressivement face au verrouillage policier. Si les forces de l'ordre s'installent sur une partie de la ville, cela transformera les autres quartiers en un immense terrain de jeu, propice &#224; l'improvisation. Le 5 avril, alors que les robocops bloquent leurs rues pr&#233;f&#233;r&#233;es, le cort&#232;ge s'amuse &#224; repeindre rapidement le local du PS, avant de s'aventurer plus loin sur les rails, bloquant la gare SNCF &#8211; pour la troisi&#232;me fois en trois semaines. La r&#233;action polici&#232;re est f&#233;roce, et le cort&#232;ge est pourchass&#233; dans les quartiers r&#233;sidentiels pendant plusieurs heures. Dix jours plus tard, rebelote pour visiter le si&#232;ge local du Medef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 avril, alors que syndicats professionnels et &#233;tudiants d&#233;filent ensemble, le cort&#232;ge n'a pas m&#234;me le temps de croiser le regard des bleus. Les lacrymos volent, les matraques aussi, la police charge indistinctement. La manifestation se lance alors dans une deuxi&#232;me boucle, d&#233;passe les policiers sur leur flanc et investit pendant quelques instants le centre, pour y allumer un feu de joie. Au-dessus du cort&#232;ge, des slogans triomphants : &#171; &lt;i&gt;Le centre-ville est &#224; nous !&lt;/i&gt; &#187; L'atmosph&#232;re reste tendue, et au son de l'alerte &#171; &lt;i&gt;Y a la Bac ! &lt;/i&gt; &#187;, c'est la panique &#8211; certains escaladent m&#234;me les capots des voitures pour s'enfuir. 47 personnes sont bless&#233;es par les CRS ce jour-l&#224;, dont 7 gri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril, c'est la strat&#233;gie du sous-sol qui est finalement adopt&#233;e : petit tour habituel sur les grands boulevards, pour la forme. Puis, la manifestation s'engouffre dans le m&#233;tro. Pour en ressortir deux stations plus loin, en plein centre. &#171; &lt;i&gt;On s'est fait avoir !&lt;/i&gt; &#187;, &#233;ructe un CRS dans son talkie. D&#233;bord&#233;es, les forces de l'ordre sont impuissantes, les banques doivent baisser leurs rideaux. Face &#224; la tentative de voler le c&#339;ur de la ville aux Rennais, la malice du mouvement l'a emport&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout bascule le 28 avril. Cette fois-ci, le centre ressemble &#224; une forteresse imprenable. Grilles anti-&#233;meutes &#224; tous les coins de rue. Canon &#224; eau. H&#233;licopt&#232;re. Stations ferm&#233;es. Deux villes semblent coup&#233;es par cette balafre. D'un c&#244;t&#233;, des commer&#231;ants &#171; satisfaits &#187;, prot&#233;g&#233;s par la flicaille. De l'autre, 13 000 manifestants. Apr&#232;s un premier tour, la t&#234;te de cort&#232;ge prend d'assaut les positions polici&#232;res. Une bombe artisanale explose. Certains lancent un grappin pour mettre &#224; bas les grilles, en vain. Et la police charge. Frappe indistinctement, sur la t&#234;te, les manifestants qui sont d&#233;j&#224; en train de fuir. L'un d'entre eux franchit en courant le pont qui enjambe la Vilaine. Tir de LBD40. Il s'effondre. Quelques &#233;tudiants s'approchent pour prendre soin de lui, pensent qu'il est touch&#233; &#224; la jambe. Non. C'est son &#339;il qui est en sang. L'&#233;quipe m&#233;dicale tente d'arr&#234;ter l'h&#233;morragie, il est finalement &#233;vacu&#233; par les pompiers. Op&#233;r&#233; en urgence, il perdra son &#339;il. Le lendemain, en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, un m&#233;dic t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Les affrontements n'ont jamais &#233;t&#233; aussi intenses, avec 49 bless&#233;s, dont 10 graves. La police s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e avec sauvagerie.&lt;/i&gt; &#187; Sa prise de parole termin&#233;e, il craque, s'effondre, recroquevill&#233; sur les marches de l'amphi occup&#233;. La r&#233;solution, elle, reste intacte. On le reprendra, ce centre-ville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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