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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Chez Pupa</title>
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		<dc:creator>Cabiria</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans ce bistrot, il y a de la faune et de la tendresse, aucun folklore mais bien une femme d'un certain &#226;ge qui tient son bar entour&#233;e de taxis, de veilleurs, de prostitu&#233;es et de m&#233;decins de garde... *** La premi&#232;re fois que j'y suis entr&#233;e chez Pupa [officiellement La Nouvelle gare], un peu par hasard, c'&#233;tait durant l'hiver 2014, &#231;a sentait d&#233;j&#224; la fin d'une &#233;pop&#233;e. La dame a aujourd'hui 77 ans, on l'appelle Pupa parce qu'elle ressemblait &#224; une poup&#233;e &#233;tant petite. Cheveux courts, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pupa-garde" rel="tag"&gt;Pupa garde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce bistrot, il y a de la faune et de la tendresse, aucun folklore mais bien une femme d'un certain &#226;ge qui tient son bar entour&#233;e de taxis, de veilleurs, de prostitu&#233;es et de m&#233;decins de garde...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH567/-1016-c575d.jpg?1782656571' width='400' height='567' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re fois&lt;/strong&gt; que j'y suis entr&#233;e chez Pupa [officiellement &lt;i&gt;La Nouvelle gare&lt;/i&gt;], un peu par hasard, c'&#233;tait durant l'hiver 2014, &#231;a sentait d&#233;j&#224; la fin d'une &#233;pop&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dame a aujourd'hui 77 ans&lt;/strong&gt;, on l'appelle Pupa parce qu'elle ressemblait &#224; une poup&#233;e &#233;tant petite. Cheveux courts, clope au bec, sabots et tablier, c'est une poup&#233;e &#224; la voix rauque. Chez Pupa &#231;a se passe surtout la nuit. &#199;a se passe aussi dans un quartier glacial de Paris entre quai de la gare et Chevaleret, au milieu des bureaux et des chantiers. Le genre de coin o&#249; il ne se passe rien, &#224; part &#231;a : un bistrot qui ouvre &#224; 6 h du matin et ne referme qu'&#224; 5 h du jour d'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis 40 ans qu'elle est l&#224;&lt;/strong&gt;, elle peut te raconter tous les changements du quartier, la client&#232;le d'une d&#233;cennie et celle de la suivante. Il y a eu les camionneurs de la Sernam, les travaux publics, la Halle Freyssinet et son lot de d&#233;fil&#233;s, salons, tournages : &lt;i&gt;&#171; Et maintenant c'est comment il s'appelle ? Niels ? Qu'est-ce qu'ils font &#224; c&#244;t&#233; ? Ah oui le plus grand salon num&#233;rique du monde, ils pr&#233;voient 5 000 bureaux, maintenant on attend... &#187; &lt;/i&gt;Mais la vraie client&#232;le du rade, ses habitu&#233;s, ses enfants, ses amours depuis le d&#233;but, ce sont les taxis : &lt;i&gt;&#171; J'ai connu plus de 1 000&lt;/i&gt; &lt;i&gt;taxis, la nuit d'ailleurs si vous prenez un taxi, vous dites &#8220;chez Pupa&#8221;, pas besoin de donner l'adresse, ils savent o&#249; c'est. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est principalement eux&lt;/strong&gt; qui peuplent la nuit du bistrot. Presque tous se connaissent. Ils passent entre 2 h et 5 h du matin, au moment du creux quand les rues sont d&#233;sertes, pour manger ensemble et casser la routine du travail solitaire et anonyme. Ils arrivent l'un apr&#232;s l'autre, passent le seuil de la cuisine, demandent &#224; Pupa ce qu'ils peuvent manger ce soir, jouent aux d&#233;s en attendant leur plat, se racontent les histoires de clients, s'&#233;chauffent sur le th&#232;me &#171; Hubert &#187;, mangent ensemble. Ils sont parfois interrompus par leur radio taxi et dans ce cas, Pupa garde leur plat au chaud le temps qu'ils reviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Passer la porte de &lt;i&gt;Chez Pupa&lt;/i&gt;,&lt;/strong&gt; c'est effectivement tomber sur Radio nostalgie en continu, voir des gueules d'arsouilles insomniaques, fumer &#224; l'int&#233;rieur, manger de la cervelle, du boudin et autre po&#234;l&#233;e de champignons, se frotter &#224; un langage rugueux qui charrie et n'&#233;pargne personne, boire un caf&#233; quand ce n'est plus l'heure et encore un parce qu'ici on est tous accros. Ahmed, lui, en boit 15 par nuit. Dans ce bistrot, il y a de la faune et de la tendresse, aucun folklore mais bien une femme d'un certain &#226;ge qui tient son bar entour&#233;e de taxis, de veilleurs, de prostitu&#233;es et de m&#233;decins de garde. Comme dit Sergio &lt;i&gt;&#171; Pupa c'est la femme la plus bis&#233;e de Paris ! &#187; &lt;/i&gt;Il est 5 h, Pupa hausse le ton : &lt;i&gt;&#171; T'as du chewing-gum sous tes semelles ou quoi ? T'as pas compris que je voulais fermer ?! &#187; &lt;/i&gt;Il ne lui reste qu'une heure de repos &#224; elle, sur la banquette, avant que les premiers ouvriers ne viennent toquer pour leur caf&#233; et qu'elle ne d&#233;marre la cuisine pour le service du midi. L'apr&#232;s-midi, elle rentre chez elle dormir quelques heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hiver dernier, Pupa a vendu&lt;/strong&gt;, apr&#232;s des mois de suspens et &#231;a ce n'est pas bien grave, il lui fallait quand m&#234;me du repos &#224; cette dame. Ce qui inqui&#232;te les habitu&#233;s c'est que la licence de nuit ne soit plus accord&#233;e au moment du rachat de l'activit&#233;. Les lieux de nuit comme celui-ci ferment les uns apr&#232;s les autres pour laisser place &#224; une capitale silencieuse. &lt;i&gt;&#171; On va aller o&#249; nous maintenant ? Au Flunch ? &#187;, &lt;/i&gt;s'interroge Djamel. &lt;i&gt;&#171; Paris, c'est mort, mort de mort&lt;/i&gt;, poursuit Manu. &lt;i&gt;Ils ont tu&#233; la ville. &#187; &lt;/i&gt;Passer la porte de &lt;i&gt;Chez Pupa &lt;/i&gt;&#231;a n'&#233;tait pas tomber sur une carte postale d'un bistrot du vieux Paris. C'&#233;tait entrer dans un lieu vivant, le pouls battant et sans concept ; avec des coups de gueule, des gens bourr&#233;s, beaucoup d'amour et de solidarit&#233;. Start-up de jour, silence de nuit, Paris !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cabiria&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; &#233;couter sur Soundcloud, de la m&#234;me auteure : &#171; &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/cabiria-chomel/les-habitues-de-nuit&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les habitu&#233;s de nuit&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sc&#232;nes de terreur brune en noir et blanc</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;*** Les excellentes &#233;ditions Plein Chant ont publi&#233; un livre d'une centaine de linogravures de l'artiste Cl&#233;ment Moreau (1903-1988). Un t&#233;moignage, in&#233;dit pour le public fran&#231;ais, sur la terreur nazie en Allemagne. L'auteur, n&#233; Carl Meffert &#224; Coblence, c&#244;toie l'avant-garde artistique berlinoise, ainsi que les milieux r&#233;volutionnaires d&#232;s les ann&#233;es 1920. Le graveur se lie ainsi d'amiti&#233; avec John Heartfield, exp&#233;rimentateur du photomontage post-dada&#239;ste, ou encore avec Eric M&#252;sham, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement-Moreau" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Moreau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moreau" rel="tag"&gt;Moreau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement-Moreau-5366" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Moreau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carl-Meffert" rel="tag"&gt;Carl Meffert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-artiste-Clement" rel="tag"&gt;l'artiste Cl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/John-Heartfield" rel="tag"&gt;John Heartfield&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eric-Musham" rel="tag"&gt;Eric M&#252;sham&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/linogravures" rel="tag"&gt;linogravures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH500/-998-9c18a.jpg?1782639309' width='400' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Cl&#233;ment Moreau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les excellentes &#233;ditions Plein Chant&lt;/strong&gt; ont publi&#233; un livre d'une centaine de linogravures de l'artiste Cl&#233;ment Moreau (1903-1988). Un t&#233;moignage, in&#233;dit pour le public fran&#231;ais, sur la terreur nazie en Allemagne. L'auteur, n&#233; Carl Meffert &#224; Coblence, c&#244;toie l'avant-garde artistique berlinoise, ainsi que les milieux r&#233;volutionnaires d&#232;s les ann&#233;es 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le graveur se lie ainsi d'amiti&#233;&lt;/strong&gt; avec John Heartfield, exp&#233;rimentateur du photomontage post-dada&#239;ste, ou encore avec Eric M&#252;sham, fameux anarchiste allemand qui avait particip&#233; &#224; la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re de 1919. M&#252;sham fit partie des premi&#232;res victimes politiques du nazisme, rep&#233;r&#233; par Goebbels lui-m&#234;me comme un de &#171; ces Juifs subversifs &#187;. Il est arr&#234;t&#233; le 13 avril 1934, peu apr&#232;s l'incendie du Reichstag. Il meurt au camp de concentration d'Oranienburg, apr&#232;s des semaines de tortures plus &#233;pouvantables les unes que les autres, le 10 juillet de la m&#234;me ann&#233;e. Les autorit&#233;s nazies pr&#233;tendront &#224; un suicide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soci&#233;t&#233; hypnotis&#233;e&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH508/-999-c6af5.jpg?1782639309' width='400' height='508' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Cl&#233;ment Moreau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans son r&#233;cit graphique &lt;i&gt;Nuit sur l'Allemagne&lt;/i&gt;,&lt;/strong&gt; Cl&#233;ment Moreau s'inspire directement du calvaire de ces opposants pris dans les griffes des nazis. En 1938, ces linogravures paraissent pour la premi&#232;re fois dans des journaux en Argentine, o&#249; il avait pu se r&#233;fugier en 1935. Son univers n'est pas sans rappeler l'expressionnisme ou celui du dessinateur belge Franz Masereel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Visages tordus de douleur&lt;/strong&gt;, de peur ou d'exaltation fanatique. Et silhouettes tortur&#233;es. Le traitement du noir accentue le sentiment d'oppression d'une soci&#233;t&#233; hypnotis&#233;e par la violence : propagande de masse, soudards en meute, endoctrinement des enfants dans les Hitlerjungend, Gestapo, torture, prison, suicide, fuite, exil... Ces dessins nous plongent avec effroi dans ce r&#233;gime de barbarie comme dans un roman noir. Et constituent &#171; une des &#339;uvres antifascistes les plus importantes de l'exil &#187;, souligne &#224; juste titre l'&#233;diteur. Une puissante (re)d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Cl&#233;ment Moreau, &lt;i&gt;Nuit sur l'Allemagne, 107 linogravures des ann&#233;es 1937-1938&lt;/i&gt;, Plein chant, 2018.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH536/-1000-41988.jpg?1782639309' width='400' height='536' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Cl&#233;ment Moreau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Radio debout : &#171; C'est comme tout mouvement social ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Radio-debout-C-est-comme-tout</link>
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		<dc:date>2018-05-15T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>Radio</dc:subject>
		<dc:subject>radios</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Radio France</dc:subject>
		<dc:subject>rapidement</dc:subject>
		<dc:subject>Nuits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la M&#233;gacombi &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut, et l'un des animateurs de cette belle exp&#233;rience radiophonique. CQFD : Tu nous racontes l'histoire de Radio Debout, s'te pla&#238;t ? Combi : La radio s'est mont&#233;e tr&#232;s rapidement, en une petite semaine, dans l'effervescence de la Nuit Debout (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Radio" rel="tag"&gt;Radio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/radios" rel="tag"&gt;radios&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Radio-France" rel="tag"&gt;Radio France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapidement" rel="tag"&gt;rapidement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/MegaCombines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;gacombi&lt;/a&gt; &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et l'un des animateurs de cette belle exp&#233;rience radiophonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-663-124d8.jpg?1782646360' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Tu nous racontes l'histoire de &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/radiodebout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Debout&lt;/a&gt;, s'te pla&#238;t ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combi :&lt;/strong&gt; La radio s'est mont&#233;e tr&#232;s rapidement, en une petite semaine, dans l'effervescence de la Nuit Debout de la place de la R&#233;publique. Elle &#233;met d&#232;s le 38 mars (7 avril). Au d&#233;but, ce sont des passionn&#233;s de radio, des professionnels, souvent des copains, qui s'en occupent. Certains viennent de radios associatives ou de Radio France. Et moi, j'&#233;coute ce direct, depuis Lyon, tous les soirs. Je trouve &#231;a totalement g&#233;nial ! Pouvoir entendre l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale presque comme si on y &#233;tait. Pour moi, c'est hyper addictif. Je vais rapidement faire des allers-retours &#224; Paris pour vivre &#231;a et pour participer &#224; Radio Debout. Et puis je fais aussi des correspondances depuis les Nuits Debout de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 15 premiers jours, c'est vraiment super chouette : cette spontan&#233;it&#233; avec les passionn&#233;s de radio qui installent ce rendez-vous quotidien, le font vivre et l'ouvrent &#224; tout le monde. Rapidement, des gens qui n'avaient jamais fait de radio, ou tr&#232;s peu, arrivent, d&#233;couvrent le monde de la radio, la technique, prennent la parole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#231;a se passe alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-662-bb93e.jpg?1782648945' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, on s'est dit qu'on tiendrait un direct toutes les Nuits Debout, mais en restant compl&#232;tement autonome. Ce n'est pas un organe m&#233;diatique officiel, mais un petit groupe ind&#233;pendant. D&#232;s le d&#233;but, on s'est dit que Radio Debout serait &#233;ph&#233;m&#232;re et ne durerait que le temps du mouvement&#8230; Et il dure ! Alors forc&#233;ment, la radio aussi, et elle se solidifie, s'organise. On fait des plateaux, on a des invit&#233;s, des soir&#233;es sp&#233;ciales. D'ailleurs, il y a eu une soir&#233;e autour des m&#233;dias ind&#233;pendants avec Lundi Matin, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;. Parfois, le r&#233;sultat c'est qu'on perd en spontan&#233;it&#233; : on a des &#233;missions qui auraient pu &#234;tre enregistr&#233;es en studio ! Mais, comme &#224; Nuit Debout, il y a le plus souvent cette sorte d'&#233;quilibre entre le n'importe quoi, l'humour et la d&#233;conne d'un c&#244;t&#233;, et le s&#233;rieux, voire l'intello de l'autre. Tu vois, l'autre soir, il y avait ce plateau avec des intellos, des &#233;diteurs, et l&#224;, paf ! quelqu'un passe pour dire qu'il y a des gens retenus par la police &#224; l'autre bout de la place. On court avec les micros pour en partager le son avec les auditeurs, puis on revient et la discussion reprend. Une autre fois, Edgard Morin &#233;tait interview&#233;, et l&#224;, il y a un Touareg qui passe sur la place et veut vraiment poser une question au philosophe qu'il appelle &#171; &lt;i&gt; &#201;douard&lt;/i&gt; &#187; ! Et sa question c'est : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous pensez des scarab&#233;es ? Les seuls insectes qui r&#233;sistent aux radiations d'Areva ?&lt;/i&gt; &#187; Derri&#232;re l'anecdote, c'est tout ce plaisir de faire de la radio en direct, en ext&#233;rieur : tout peut arriver du plus cocasse au plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette radio, c'est un vrai &lt;i&gt;melting pot&lt;/i&gt; maintenant, avec des gens tr&#232;s divers, des opinions politiques tr&#232;s diff&#233;rentes. C'est pour &#231;a qu'il n'y a jamais eu de ligne bien pos&#233;e ! Toujours en d&#233;rapage, plus ou moins bien contr&#244;l&#233;. C'est g&#233;nial ! Mais c'est aussi &#233;puisant ! C'est pourquoi, maintenant, Radio Debout ne va plus &#233;mettre que du jeudi au dimanche soir. C'est une exp&#233;rience tellement intense ! Dans mon cas, par exemple, le fait d'&#234;tre entre Lyon et Paris, c'&#233;tait &#224; la fois une tristesse chaque fois que je repartais, mais aussi une sorte de protection, de mise &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et au-del&#224; de l'&#233;mission en tant que telle, qu'est-ce qu'une exp&#233;rience comme Radio Debout produit chez ceux et celles qui la produisent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben, tu vois, c'est comme le mouvement social&#8230; Comme tout mouvement social ! Ce genre de moment dans ta vie o&#249; tu d&#233;couvres plein de choses, tu tisses des liens nouveaux, tu apprends de nouvelles techniques&#8230; En ce qui concerne plus sp&#233;cifiquement Radio Debout, on peut dire d&#233;j&#224; que pas mal de gens ont acquis des savoir-faire. Quoi qu'il arrive par la suite, s'il faut monter une radio ind&#233;pendante pour la prise d'une place publique, ils pourront le refaire hyper rapidement et tr&#232;s efficacement. D'autres veulent continuer &#224; se former ou pensent rejoindre les &#233;quipes des radios locales et libres, comme on en voit &#224; Radio Canut. Et m&#234;me &#224; Radio France ! Tu sais, il y a des techniciens de Radio France qui ont pris le micro pour la premi&#232;re fois pour Radio Debout, et inversement, des journalistes radios qui se sont frott&#233;s aux questions techniques&#8230; Tout cela ouvre des perspectives pour chacun ! C'est un collectif qui se renforce en partageant les t&#226;ches, en se rencontrant dans le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; 18h sur Radio Canut, 102.2 &#224; Lyon, pour les Marseillais sur Radio Grenouille le jeudi &#224; 17h30 ou sur le web &#224; &lt;a href=&#034;http://audioblog.arteradio.com/blog/3012947/megacombi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nuit Debout : &#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever</link>
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		<dc:date>2018-04-11T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
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		<dc:subject>RATP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris. Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re. Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve-generale" rel="tag"&gt;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/potes-chauffeurs" rel="tag"&gt;potes chauffeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/RATP" rel="tag"&gt;RATP&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re g&#233;n&#233;rale n'est pas encore l&#224;. Beaucoup de travailleurs ne voient pas tr&#232;s bien comment cette loi va se traduire concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-532-8668d.jpg?1782641446' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, il y a 7 syndicats pr&#233;sents, des appareils tr&#232;s bureaucratiques qui passent beaucoup de temps &#224; se critiquer les uns les autres. Pendant ce temps, il n'y a eu presque aucune information sur la loi Travail. Seule la CGT a fait un le job, et aussi Solidaires (qui s'est s&#233;par&#233; de Sud &#224; la RATP). On est 30% de gr&#233;vistes, c'est peu, mais s'il y en avait autant dans tous les secteurs, on montrerait notre d&#233;termination. C'est un choix des directions syndicales de ne pas se mobiliser, l'id&#233;e est de ne pas affronter directement le gouvernement et de se cantonner aux probl&#233;matiques localis&#233;es de chaque entreprise. Or beaucoup de gens attendent que leur syndicat leur dise si ce qui est en train de se passer est grave, et comme ce n'est pas le cas, rien ne se passe. Quelques non-syndiqu&#233;s viennent aux manifs, c'est des moments motivants, &#231;a gueule, c'est festif, on y voit la d&#233;termination des autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, quand on veut faire gr&#232;ve, il faut lancer une &#171; alarme sociale &#187;, c'est-&#224;-dire envoyer un message &#224; la direction pour dire qu'il y a un sujet de conflit, et il y a alors un d&#233;lai d'une semaine pour constater le d&#233;saccord. Ensuite, il faut poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve cinq jours avant, puis individuellement, on doit confirmer par serveur vocal ou informatique 48 heures avant le jour de gr&#232;ve. Du coup, il est devenu plus difficile de d&#233;brayer les autres salari&#233;s ou de faire des piquets de gr&#232;ve pour embarquer les copains non syndiqu&#233;s, car ils risquent des repr&#233;sailles pour ne pas avoir respect&#233; la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est bien &#224; Nuit Debout, c'est que jeunes et moins jeunes partagent leurs id&#233;es, leurs exp&#233;riences et leurs critiques. Quand je vois que les probl&#233;matiques du travail sont abord&#233;es et que la question de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale y est discut&#233;e, je me dis que tout ce qui se passe ici sert &#224; quelque chose. C'est aussi l'occasion de renouveler les formes de la politique, de repenser la parole en AG ou les formes que prennent les manifs. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer Nuit Debout aux syndicats : ils ont leurs d&#233;fauts, mais les gr&#232;ves restent une arme indispensable pour faire plier l'&#201;tat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233;, c'est le d&#233;faitisme. La gr&#232;ve, c'est se voir, s'organiser, relever la t&#234;te. Dans les bo&#238;tes, &#231;a ne cause pas tant que &#231;a entre les gens, qui ne sont pas forc&#233;ment d'accord politiquement et qui ont leurs embrouilles interpersonnelles. Du coup, on parle de foot ou de m&#233;t&#233;o, &#231;a permet de ne pas aborder les sujets qui f&#226;chent. On a donc grandement besoin de ces moments de mouvement social, car &#231;a lib&#232;re la parole et &#231;a redonne espoir, que ce soit dans un d&#233;p&#244;t de m&#233;tros ou sur la place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important, ce n'est pas d'avoir la solution, elle n'est ni du c&#244;t&#233; des syndicats, ni des partis, ni de Nuit Debout. Le plus important, c'est de se triturer les m&#233;ninges ensemble pour changer les choses et trouver les mani&#232;res d'agir. Les gens de Nuit Debout peuvent participer &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me quand ils ne sont pas salari&#233;s : chacun ici a des amis avec qui il peut discuter et qu'il peut embringuer dans la lutte. Et puis, m&#234;me si c'est compliqu&#233; pour les gens de venir &#224; Nuit Debout, il y a d'autres endroits o&#249; se retrouver : dans les quartiers populaires, dans les entreprises...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'aube de nouvelles Nuits</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits</guid>
		<dc:date>2018-04-11T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>habitants</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Nuits</dc:subject>
		<dc:subject>Aubervilliers</dc:subject>

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&lt;p&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde. Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ? &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aubervilliers" rel="tag"&gt;Aubervilliers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; &lt;i&gt;Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ?&lt;/i&gt; &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes se resserrent dans un coin de la place de la Mairie. Cette apr&#232;s-midi-l&#224;, tout semble d&#233;sert&#233;, m&#234;me le man&#232;ge pour enfants. Un petit vent frais vient donner une touche presque hivernale &#224; ce second rassemblement d'Aubervilliers Debout, mais pas de quoi d&#233;courager la trentaine de courageux militants, travailleurs, profs, ch&#244;meurs ou &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-579-4894b.jpg?1782641446' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Martin Barzila&#239;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pr&#233;sents (de 6 &#224; 66 ans) semblent se conna&#238;tre, mais pas forc&#233;ment depuis longtemps. Il y a aussi quelques curieux, pas seulement blancs, qui resteront silencieux toute l'apr&#232;s-midi, mais &#233;couteront d'un air particuli&#232;rement studieux : deux femmes portant des voiles aux couleurs chatoyantes, avec leurs enfants qui s'amuseront dans la &#171; cr&#232;che autog&#233;r&#233;e &#187;, deux gars un peu en arri&#232;re, le regard grave, ou encore Sophie&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, jeune infirmi&#232;re r&#233;cemment install&#233;e &#224; Aubervilliers, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s contente de participer &#224; cette r&#233;union&lt;/i&gt; &#187;. Comme &#224; Paris, comme partout, on prend les tours de parole et on essaie de respecter l'avis de chacun dans le temps imparti. Ce n'est pas toujours facile ! G&#233;rard a une furieuse envie de parler. Le m&#233;diateur : &#171; &lt;i&gt;Je t'inscris ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Non, non !&lt;/i&gt; &#187; Ce qui ne l'emp&#234;che pas de s'&#233;tendre un peu longuement sur l'histoire du syndicalisme en France et parle &#224; la place des autres : &#171; &lt;i&gt;Ici, on a tous vot&#233; Hollande et on est tous d&#233;&#231;us. Moi, je suis cheminot syndiqu&#233; CGT, et les Nuits Debout, je suis &#224; fond pour.&lt;/i&gt; &#187; Au moment de partir, il ira chaleureusement serrer la paluche de toutes les personnes pr&#233;sentes. Quelque chose de familial se d&#233;gage du rassemblement o&#249; se disent de belles et fortes choses, dont un attachement pour Aubervilliers et ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;bat, sous des airs aust&#232;res et techniques, est en fait un point essentiel qui surgit lors de ces Nuits Debout en p&#233;riph&#233;rie de celle de R&#233;publique &#8211; celle qui passe &#224; la t&#233;l&#233;. Ici, on se demande s'il faut, pour la journ&#233;e de mobilisation nationale du 28 avril, faire une manif &#224; Aubervilliers, puis rejoindre celle de Saint-Denis, puis celle de Paris. Avec ou sans les syndicats ? On craint une &#171; r&lt;i&gt;&#233;cup&#233;ration par les syndicats&lt;/i&gt; &#187;, et aussi &#171; &lt;i&gt;d'&#234;tre assujettis &#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, on se pose la question de la pertinence d'une d&#233;clinaison albertivillarienne, locale, de la Nuit Debout. Un type y va m&#234;me fort : &#171; &lt;i&gt;Ici, &#224; trois pel&#233;s et un tondu, on ne sert &#224; rien. C'est une mise en sc&#232;ne, le micro, les votes, les affiches... &#192; la limite du ridicule.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, il ne restera pas longtemps et n'aura pas la chance d'entendre la r&#233;ponse de C&#233;cile : &#171; &lt;i&gt;C'est pas grave d'&#234;tre ridicule. Il faut bien lancer le mouvement, la mise en sc&#232;ne, &#231;a sert aussi &#224; &#231;a. C'est l&#233;gitime d'&#234;tre ici, m&#234;me peu nombreux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre ambiance, mais m&#234;me question, &#224; la place des F&#234;tes, le soir m&#234;me. Dans ce quartier du 20e arrondissement de Paris, encore populaire, mais soumis &#224; la gentrification g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la capitale. Pourquoi faire une Nuit Debout de quartier ? &#171; &lt;i&gt;Pour &#234;tre plus proches. Pour &#234;tre dans des actions locales plus efficaces.&lt;/i&gt; &#187; Ici, les nuitdeboutistes se sont rassembl&#233;s &#224; une soixantaine dans la fontaine s&#232;che qui forme une ar&#232;ne toute trouv&#233;e. Pas de micro, mais de la soupe maison, du vin, du fromage et un vent glacial. Les tours de parole sont scrupuleusement respect&#233;s, les mots choisis, quelques r&#233;f&#233;rences &#224; tel penseur ou &#224; tel courant d'id&#233;es fusent ici et l&#224;. Studieux, concentr&#233;s, plus &#226;g&#233;s qu'&#224; Aubervilliers&#8230; Quelques visages familiers du mouvement anti-CPE de 2006. Sara : &#171; &lt;i&gt;Si on part sur des grands d&#233;bats comme la la&#239;cit&#233;, les religions, la constitution, tout &#231;a, on va s'engueuler. On est l&#224; parce qu'on partage un sentiment de r&#233;volte et l'envie de faire des choses localement.&lt;/i&gt; &#187; On constate que pour chaque proposition d'action, il faudrait proposer aussi des rendez-vous pour les mettre en place. Khader, emmitoufl&#233; sous sa capuche et grelottant de fi&#232;vre, explique sommairement comment communiquer sur le Web et se propose pour mettre en place des outils : blog, mailing-list... Sara propose une &#171; gratuiteriat &#187; (proposer gratuitement des biens dont on n'a plus besoin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'Aubervilliers &#224; la place des F&#234;tes, la question r&#233;currente est celle de savoir comment faire en sorte que les habitants du coin s'en m&#234;lent, les jeunes, les familles, les travailleurs et ceux qui gal&#232;rent. Un doute commun : est-on l&#233;gitime ? Les deux assembl&#233;es se trouvent &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; trop blanches, trop intellos, trop classe moyenne, trop masculines. Aubervilliers, 80 000 habitants, est l'une des villes les plus pauvres de la r&#233;gion la plus riche de France. &#171; &lt;i&gt;Il faut qu'on s'interroge sur la repr&#233;sentativit&#233; des gens qui sont l&#224;. On ne ressemble pas vraiment aux habitants d'Aubervilliers.&lt;/i&gt; &#187; Le petit groupe semble pourtant plut&#244;t diversifi&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, d'origine comme de genre. Amine n'en d&#233;mord pas : &#171; &lt;i&gt;Les habitants, les jeunes, il faut aller vers eux, les informer, sans l&#226;cher.&lt;/i&gt; &#187; Mais pour H&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Les habitants des quartiers, ils sont d&#233;j&#224; dans l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233;, dans des vraies gal&#232;res de survie. Alors, la Loi Travail, &#231;a ne leur parle pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; On cause violences polici&#232;res, que les jeunes d'ici vivent au quotidien sans que personne n'en parle, alors que celles que subissent les lyc&#233;ens de Paris font le tour des m&#233;dias. H&#233;lo, encore : &#171; &lt;i&gt;Ce matin, au march&#233;, je tractais en disant &#8220;Mobilisation contre la Loi Travail&#8221;, et personne ne prenait mon tract. Puis j'ai vu que C&#233;cile disait : &#8220;Aubervilliers Debout&#8221;, et que les gens lui prenaient les tracts. Parce que la Nuit Debout, ils connaissent, &#231;a passe &#224; la t&#233;l&#233;, &#231;a les int&#233;resse m&#234;me plus que la loi Travail. Alors, peut-&#234;tre qu'il ne sont pas l&#224; aujourd'hui, mais l'id&#233;e fait son chemin.&lt;/i&gt; &#187; Francis : &#171; &lt;i&gt;On esp&#233;rait que, l'apr&#232;s-midi, les familles viendraient plus. Mais de toute fa&#231;on, on se doutait qu'on serait pas nombreux aujourd'hui. Je crois que le plus important, c'est d'&#234;tre l&#224;, chaque semaine. Les gens passent, ils nous voient, ils s'approchent. La semaine prochaine, on sera plus.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment-l&#224;, un mariage sort de la mairie sous les youyous et fr&#244;le la petite assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des F&#234;tes, Lucas propose d'aller inviter les sans-papiers d'un foyer voisin pour faire un potager sur la place. D'autres pr&#233;conisent d'aller tracter lors du march&#233;, d'aller causer avec les habitants des tours qui bordent la place&#8230; Une jeune femme fait tout de m&#234;me remarquer qu'il &#171; &lt;i&gt;n'est pas possible de savoir qui est pr&#233;caire et qui ne l'est pas. On ne peut pas en juger simplement sur l'apparence des gens. Moi, aux Nuits Debout de R&#233;publique, je suis bien incapable de juger qui est dans la gal&#232;re ou non, pourtant on entend souvent que c'est un rassemblement de bobos. C'est pas la question ! Si on est l&#224;, c'est qu'on a quelque chose &#224; y faire.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Aubervilliers, Francis, jeune homme aux longues &lt;i&gt;dreads&lt;/i&gt; rousses, pouvant passer pour un de ces bobos honnis, explique que depuis qu'il a &#233;t&#233; vir&#233; de chez Picard parce qu'il voulait aller pisser, il n'est plus certain de pouvoir payer son loyer : &#171; &lt;i&gt;Je suis pas s&#251;r de ne pas me retrouver &#224; la rue le mois prochain.&lt;/i&gt; &#187; Oui, est l&#233;gitime celui ou celle qui vient. &#171; &lt;i&gt; Mais si les Nuits Debout avaient exist&#233; quand je me suis fait virer, il y a deux ans, peut-&#234;tre qu'on aurait pu faire quelque chose ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Aubervilliers &#224; Paris 20e, l'inqui&#233;tude &#233;tait palpable quant &#224; l'avenir du mouvement. Une ombre d&#233;sign&#233;e avec quasiment les m&#234;mes mots : &#171; &lt;i&gt;Bon, ce mouvement, on a vu ce que &#231;a pouvait donner en Espagne et en Gr&#232;ce, et &#231;a a d&#233;bouch&#233; sur des partis politiques. C'est s&#251;r que ce n'est pas ce qu'on veut...&lt;/i&gt; &#187; Oubliant toute d&#233;ontologie et devoir de r&#233;serve (qu'il n'a jamais eu), le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; prend la parole sur la place des F&#234;tes, pour rappeler que le mouvement 15-M et les Indignados&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier de CQFD no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; avaient accouch&#233; de bien d'autres choses que Podemos. Julien : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est vraiment fort comme action, et surtout localement, c'est l'organisation de groupes de d&#233;fense. Qu'un de vos voisins se fasse expulser, un coup de fil, et il y a 50 personnes motiv&#233;es qui viennent pour le d&#233;fendre. Pareil pour des questions de boulots, de papiers. Puisqu'on parle de construire quelque chose qui dure et qui int&#233;resse vraiment et concr&#232;tement les gens d'ici..&lt;/i&gt;. &#187; Les mains se l&#232;vent et gigotent. Emport&#233; par l'&#233;motion, le petit gars de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'applaudit lui-m&#234;me, ce qui fait rire l'AG. C'est vrai que ce n'est pas grave d'&#234;tre ridicule&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Breaking News : Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce triomphalement l'arriv&#233;e du m&#233;tro &#224; la mairie d'Aubervilliers : dans un Photoshop immonde, digne d'un enfant de 12 ans, on ne voit que des Blancs de moins de 30 piges, riant, &#224; v&#233;lo ou au t&#233;l&#233;phone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec et Ferdinand Cazalis, &#224; t&#233;l&#233;charger librement &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Breaking News : Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de soutenir les habitants menac&#233;s d'expulsion, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour Sophie et S&#233;bastien. &#192; suivre....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nuit Debout : le mois le plus long</title>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs. &#171; Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commission" rel="tag"&gt;commission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire
des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer,
des nouveaut&#233;s se d&#233;guisent, qu'&#233;touffera peut-&#234;tre
leur habit d'emprunt, celui d'hier. Ce moment fragile
est &#233;galement celui de la d&#233;cision humaine,
qui va trier entre les destins possibles. &#192; cet instant
qui laisse entrevoir une mutation, correspond la trace
de quelques mots qui, dans l'entreb&#226;illement
d'un syst&#232;me, annoncent la couleur d'une autre culture, avec une prise de parole d'un type diff&#233;rent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Michel de Certeau, &#171; Le pouvoir de parler &#187;, 1968.&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-13-bf757.jpg?1782641446' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann L&#233;vy.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit sans r&#234;ve &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est d'abord sid&#233;r&#233;. Parce qu'on a d'autres marmites sur le feu, parce qu'on se souvient des pr&#233;c&#233;dents et qu'on ne sait jamais si &#231;a va prendre, avant que &#231;a prenne. On ne plonge pas tout de suite, donc, on go&#251;te l'eau du bout des orteils. Faut dire qu'on a l'&#233;trange sensation de nager en mer ennemie, place de la R&#233;publique. Dans ce mod&#232;le de non-lieu haussmannien o&#249; fume encore l'&#233;cume des chefs d'&#201;tat d&#233;filant apr&#232;s les attentats. On regarde ceux qui viennent se recueillir pour les victimes, par exemple cette dame en manteau chic balayant autour des bougies comm&#233;moratives. Au-dessus d'elle, la statue stratifi&#233;e d'histoire, entre envol&#233;es &#233;thyliques et cris de r&#233;volte. &#192; c&#244;t&#233; des inscriptions en hommage &#224; &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; ou aux morts du Bataclan, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Mangeons du riche&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#192; bas l'&#201;tat, les flics et l'Unef&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Ces strates l'annoncent mieux qu'un long discours : la s&#233;quence a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, on ne sait par quel fil tirer cette Nuit Debout dont tout le monde parle. On pense Occupy, la Place Tahrir, le 15-M et la Puerta del Sol. Ce qui semblait inimaginable il y a encore un mois serait-il en train d'arriver ? En plein &#233;tat d'urgence, alors que la droite r&#233;ac avait trust&#233; les derni&#232;res grandes manifestations via la Manif pour tous, alors que les ann&#233;es d'hiver ronflaient l'unique climat de nos aspirations politiques, alors qu'on y croyait moins que jamais, il y aurait des gens dans cette irrespirable capitale pr&#234;ts &#224; occuper une place et &#224; rouvrir les fen&#234;tres du printemps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit tombe et les stands s'installent : une librairie libertaire, une cantine de soutien, des &#233;conomistes de gauche, une table pour les &#233;cologistes, une autre pour les sans-papiers et la tente du Droit au logement (DAL) qui a d&#233;pos&#233; en pr&#233;fecture l'autorisation d'occupation de la place. On entend les merguez cr&#233;piter autour des canettes de bi&#232;re d&#233;capsul&#233;es. C'est sympa, mais... &#224; la sid&#233;ration succ&#232;de la m&#233;fiance : la Nuit Debout serait-elle une F&#234;te de l'Huma rejou&#233;e ? Un exutoire &#224; vide ? Sur une moiti&#233; de l'immense dalle, &#231;a danse, titube, festoie. Punks &#224; chiens, teufeurs, clodos du coin, zonards &#224; 8.6, lyc&#233;en.ne.s, foutus joueurs de djemb&#233; et &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt;. Une petite charrette abrite le DJ. En sous-titre, griffonn&#233; au marqueur : &#171; &lt;i&gt;Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse.&lt;/i&gt; &#187; Ok pour la danse, Emma, mais o&#249; est la r&#233;volution&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre sur l'autre moiti&#233; de la place. On se fraie un chemin &#224; travers la foule. Un demi-cercle debout cache une mar&#233;e assise. Face &#224; l'estrade et aux haut-parleurs, les mains lev&#233;es roulent des vagues cod&#233;es : on reconna&#238;t les m&#233;thodes de d&#233;bat d&#233;j&#224; aper&#231;ues dans les assembl&#233;es espagnoles d'apr&#232;s 2011 ou les sommets altermondialistes post-Seattle &#8211; une main agit&#233;e en approbation, les bras crois&#233;s en l'air pour une opposition radicale, le pouce et l'index en va-et-vient pour une r&#233;ponse directe, etc. Autant de mani&#232;res de s'exprimer sans hu&#233;es, bravos ni interruptions de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit d'&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fait frisquet ce soir-l&#224;, on est soudain r&#233;chauff&#233;, assis au milieu d'inconnu.e.s, &#233;coutant les &#233;nergiques prises de parole qui s'encha&#238;nent. &#199;a h&#233;site, mais &#231;a proclame. Des gens d&#233;ballent en tremblant des petits papiers, d'autres se font lyriques, &#233;clatent, rient. Pas un pareil. Mais tous &#233;cout&#233;s. Parfois absurdes, souvent marquantes, toujours risqu&#233;es, une succession de premi&#232;res fois entrecoup&#233;es de discours plus professionnels. Collectifs de migrants, tranches de vie, l'ex-ministre grec Varoufakis, slameurs au rabais, anciens &#224; la p&#233;roraison d&#233;su&#232;te, jeunes des cit&#233;s ou membres de ces commissions qui se sont cr&#233;&#233;es &#224; mesure des nuits. C'est au tour de la commission &#171; F&#233;minisme &#187; : &#171; &lt;i&gt;On n'arr&#234;te pas de se faire tripoter. Comment faire pour que les filles se sentent &#224; l'aise ici ? Pour qu'il y ait de l'attention pass&#233; 22h, de ce c&#244;t&#233; de la place comme de l'autre ? On doit toutes et tous s'organiser pour que Nuit Debout reste accueillante ! Celles qui veulent en parler peuvent me rejoindre derri&#232;re l'estrade, et on ira se poser quelque part.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de femmes traversent les flots de l'assembl&#233;e pour la rejoindre. Une annonce des mod&#233;rateurs interrompt la sc&#232;ne : &#171; &lt;i&gt; Des musiciens sont bloqu&#233;s par la police de l'autre c&#244;t&#233; de la place.&lt;/i&gt; &#187; L'AG se vide en un rien de temps pour aller mettre la pression aux flics. Dix minutes plus tard : tout le monde est de retour. &#192; m&#234;me le sol, on entend le ressac de celles et ceux qui &#233;coutent l'AG reprendre : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait du bien de se parler &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; On attendait quoi, jusqu'ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 13h le lendemain, les nuages laissent enfin passer quelques rayons. Diss&#233;min&#233;s entre les barnums et autres tentes en cours de montage, de petits cercles se forment lentement. Au centre de chacun, un carton annon&#231;ant le th&#232;me abord&#233;. Il y a les commissions : &#171; Libert&#233; d'expression &#187;, &#171; LGBT &#187; ou &#171; Infirmerie &#187;. Et les discussions &#171; officieuses &#187; : &#171; Antisp&#233;cisme &#187;, &#171; Prenons le maquis &#187; ou &#171; Comment ne pas devenir un parti &#187;. On s'assied autour de &#171; Violences polici&#232;res et contr&#244;les au faci&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un moment d'&#233;ducation populaire sur l'&#233;tat du droit, vient le d&#233;bat. Abdallah, vieil homme &#224; fine barbe blanche, a du mal &#224; attendre son tour de parole tant il tr&#233;pigne. &#171; &lt;i&gt; J'appelle les personnes &#226;g&#233;es comme moi &#224; s'interposer entre les policiers et nos enfants ou petits-enfants pour leur &#233;viter les contr&#244;les. Arr&#234;tons d'avoir peur ! &lt;/i&gt; &#187; Vient le tour d'un trentenaire remont&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#202;tre contr&#244;l&#233; quatre fois par jour, bras et jambes &#233;cart&#233;s contre le mur, on ne peut pas dire que &#231;a renforce le sentiment d'appartenance &#224; la soci&#233;t&#233;. Et quand on refuse de sortir ses papiers, on se fait embarquer ! Comment s'en sortir si on finit humili&#233; quoi qu'il arrive ? Et prenez un peu mon point de vue, hein, pas le v&#244;tre&lt;/i&gt; &#187;, lance-t-il &#224; une juge, membre du Syndicat de la magistrature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre cercle, un sans-papiers interpelle &#8211; &#231;a tombe bien &#8211; la commission &#171; Sans-papiers &#187;, compos&#233;e ce jour d'une dizaine de personnes. Brouillon, il postillonne, tout col&#232;re. Non loin, deux punks l'apostrophent : &#171; &lt;i&gt;Du calme, faut parler normalement ! &lt;/i&gt; &#187; L'autre s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Mais vous comprenez rien, vous !&lt;/i&gt; &#187; Et de partir en seigneur. Rencontre loup&#233;e. Parfois, &#231;a ne prend pas. Parfois, si. &#192; l'&#233;cart du tumulte, une femme porte une pancarte indiquant qu'elle est sp&#233;cialiste de &#171; Zorro et la Californie du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#187;, sujet auquel elle a consacr&#233; sa th&#232;se. Un geek p&#226;lichon la rejoint et le dialogue s'instaure, bancal et absurde. Lui &#233;voque les jeux vid&#233;os, elle lui r&#233;pond en parlant de Bernardo. Ces deux-l&#224; ont besoin de parler. Aussi simple que &#231;a. Tr&#232;s vite, il raconte sa d&#233;scolarisation, la bouff&#233;e d'air frais qu'est ce mouvement. Pour un peu, il en pleurerait. Juste derri&#232;re, un micro se met &#224; cracher : &#171; &lt;i&gt;Rapha&#235;l va nous parler de son exp&#233;rience au Rojava.&lt;/i&gt; &#187; Un grand blond s'avance, blafard, queue de cheval en bandouli&#232;re. Il raconte les h&#244;pitaux de Koban&#233;, la lutte l&#224;-bas contre Daech, le bordel inf&#226;me de la g&#233;opolitique, les combattants kurdes et leur bravoure. Ils sont des dizaines &#224; l'&#233;couter, passionn&#233;s. Et cela continue ainsi toute la journ&#233;e, petites et grandes causes se m&#234;lant, entre le message personnel et le revigorant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une dizaine de nuits et de jours &#224; fouler la dalle, une chose est s&#251;re : n'en d&#233;plaise aux grincheux, ce qui se passe ici n'est pas un rassemblement de &#171; bobos &#187;. Rien n'est idyllique, mais tout ou presque se tente et s'exp&#233;rimente, avec la maladresse et parfois la chance des d&#233;butant.e.s, pr&#233;caires pour la plupart. Bref, &#231;a s'active. Sur le contour de la place, des ateliers sont en cours : &#171; Jardinage &#187;, avec un &#233;change d'exp&#233;riences sur les semis ; &#171; Genre et Sexualit&#233; &#187; &#8211; qui passe plus de temps &#224; expliquer le concept de non-mixit&#233; aux mecs agglutin&#233;s qu'&#224; discuter des sujets pr&#233;vus &#8211; ; ou bien encore &#171; Mobilier mobile &#187; qui fabrique bancs et tables &#224; roulettes avec des palettes d&#233;coup&#233;es et polies, puis repeintes. Des d&#233;buts debout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-14-a5cd7.jpg?1782650315' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit blanche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre soir, autre AG. &#192; l'ordre du jour, un sujet clivant : les &#171; violences &#187; lors des manifestations contre la loi Travail. M&#233;dias et politiques ont somm&#233; Nuit Debout de se positionner sur le sujet, si bien que la commission &#171; Communication &#187; a &#233;t&#233; charg&#233;e de r&#233;diger un texte. Apr&#232;s d&#233;bats et vote, la deuxi&#232;me mouture est une nouvelle fois refus&#233;e par l'AG : trop ambigu&#235;. La majorit&#233; des assembl&#233;.e.s du soir refusent que Nuit Debout condamne publiquement les bris de vitrines de banques ou les strat&#233;gies de d&#233;fense des manifestant.e.s face aux violences polici&#232;res. Le rapporteur de la commission s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Cela fait 48h qu'on bosse sur ce texte&lt;/i&gt;, explique-t-il, &lt;i&gt;on est claqu&#233;.e.s !&lt;/i&gt; &#187; Il invite celles et ceux qui critiquent &#224; se r&#233;unir pour replancher sur la question. Rebelote : plus d'une cinquantaine argumentent et contre-argumentent pendant trois intenses heures. Bilan : Nuit Debout n'a pas &#224; condamner quoi que ce soit, et, plus important encore, Nuit Debout n'a pas &#224; prendre de position officielle sur de tels sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de repr&#233;sentant.e.s, pas de communiqu&#233;s, pas de soumission aux logiques des m&#233;dias, voil&#224; qui donne de l'air au mouvement. La place reste un espace de rencontres, d'avis divergents, d'exp&#233;riences in&#233;gales ou de strat&#233;gies compl&#233;mentaires. Le rejet de l'ancien monde passe par ce refus de s'aligner sur ses logiques, et les actions autant que les discours s'&#233;laborent au fil des discussions contradictoires. Le mouvement n'oublie pourtant jamais d'o&#249; il vient, ni ses pr&#233;requis politiques &#8211; en AG, en commissions ou... &#224; l'occasion d'une rencontre inopin&#233;e avec des taxis venus soutenir l'occupation de la place apr&#232;s leur service. &#171; &lt;i&gt;La pr&#233;carisation touche tout le monde, on le voit bien avec l'ub&#233;risation de notre m&#233;tier. On doit tous se battre contre la loi Travail. On vous aidera, nous les anciens : elle ne passera pas&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Milan, chauffeur artisan, ancien l&#233;gionnaire aujourd'hui s&#233;duit par d'autres combats. Si les quelques personnes encore pr&#233;sentes &#224; cette heure tardive sont ravies d'une telle base commune, la nuit sera longue pour s'accorder sur des questions &#233;pineuses. Les ch&#244;meurs se voient ainsi qualifier d'&#171; &lt;i&gt;assist&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par certains, et les engueulades reprennent. Une &#233;tape n&#233;cessaire : se confrontent ici ceux qui s'ignorent ou se m&#233;prisent d'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit de pleine lune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, apr&#232;s la sid&#233;ration, la m&#233;fiance, la curiosit&#233; et l'entrain, aux confins de la nuit, les yeux pliss&#233;s par les nuages des lacrymos et le manque de sommeil, qu'on a envie d'y voir plus clair. O&#249; la nuit a-t-elle commenc&#233; et comment tient-elle debout ? Qui d&#233;cide de mener telle ou telle action, de mettre tel ou tel d&#233;bat &#224; l'ordre du jour ? On sait bien que les figures de Fran&#231;ois Ruffin et Fr&#233;d&#233;ric Lordon ont men&#233; l'initiative d'occuper la place, un 31 mars, mais on ne les voit pas dans les parages. Et &#231;a bouillonne trop pour qu'on puisse croire qu'ils tirent les ficelles dans l'ombre des platanes. Alors on se demande : comment s'organisent les AG du soir, pivots de chaque Nuit Debout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers jours, on y votait les actions &#224; mener collectivement, les solidarit&#233;s &#224; organiser apr&#232;s un t&#233;moignage, les am&#233;nagements de la place, les questionnements &#224; mener ensemble. Puis il a &#233;t&#233; vot&#233; de ne plus voter. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait trop &#224; l'emporte-pi&#232;ce, sur l'instant, avec les gens qui viennent le soir pour assister au spectacle,&lt;/i&gt; explique G&#233;rard, quinqua anar au bonnet noir investi dans la commission &#8220;Action&#8221;. &lt;i&gt;Il faut du temps de r&#233;flexion et suivre un peu ce qu'il se passe pour voter, sinon, c'est la d&#233;mocratie des touristes, des grandes gueules et des militants professionnels. &lt;/i&gt; &#187; On demande toujours aux pr&#233;sents de lever la main, mais la consultation a remplac&#233; la d&#233;cision. Ce qui n'a rien r&#233;solu, puisqu'un vote massif continue de servir &#224; celles et ceux qui le souhaitent pour justifier l'approbation populaire. Dans le m&#234;me temps, les &#233;nergies se sont concentr&#233;es dans les commissions, o&#249; les votes continuent &#224; d&#233;boucher sur des d&#233;cisions : textes, actions ou constructions. Si bien que les commissions ont d&#233;sert&#233; l'AG, qui s'est peu &#224; peu vid&#233;e de contenu politique pour devenir un open mic' au &lt;i&gt;beat&lt;/i&gt; certes social, mais rapidement lassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un mois d'occupation, de pluies, de tensions et de violences polici&#232;res, c'est devenu le th&#232;me central de la commission &#171; D&#233;mocratie et Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#187; : comment faire vivre et relancer l'AG en perte de vitesse ? Parmi les participant.e.s, beaucoup suivent les &#233;v&#233;nements depuis le d&#233;part. On entre ici au royaume du Protocole, o&#249; chaque point est pes&#233; et repes&#233;, soumis au vote et &#224; l'expression de chacun. Apr&#232;s avoir palabr&#233; des heures sur la pertinence de cr&#233;er des sous-commissions cens&#233;es acc&#233;l&#233;rer les d&#233;bats, ou de rebaptiser la commission&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, une habitu&#233;e s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Je commence &#224; avoir peur de cette surench&#232;re de proc&#233;dures, qui cr&#233;e des sous-commissions de sous-commissions pour oublier et noyer les probl&#232;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de partie, une fiche circule pour qui souhaite prendre en charge la soir&#233;e. Le temps de l'AG se r&#233;partit en salves de trois tours de parole libre, puis trois tours de commission. Deux sessions : 18-21h et 21-23h. Plusieurs r&#244;les : mod&#233;rateur, facilitateur, preneur de parole, chronom&#232;tre (v&#233;rifier que les intervenant.e.s ne d&#233;passent pas les deux minutes de parole). Celles et ceux qui s'inscrivent ce soir le font pour la premi&#232;re fois, preuve que les d&#233;bats en AG ne sont pas verrouill&#233;s par une poign&#233;e d'aspirants politicards, comme le voudraient certaines rumeurs ou&#239;es sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit noire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-15-b0449.jpg?1782650315' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;On avance. De nouvelles grandes manifs approchent et la lutte contre la loi Travail &#171; et son monde &#187; doit continuer. Outre la commission &#171; Logistique &#187;, indispensable &#224; la r&#233;p&#233;tition des installations sur la place, les autres commissions particuli&#232;rement actives sont &#171; Action &#187;, &#171; Convergence des luttes &#187; et &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est dans cette derni&#232;re qu'on finira nos nuits. Lors de la soir&#233;e intitul&#233;e &#171; L'&#233;tape d'apr&#232;s &#187;, &#224; la Bourse du Travail, l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; avait &#233;mis la proposition d'une jonction entre le mouvement Nuit Debout et les organisations syndicales le 1er mai, sous la forme d'une soir&#233;e de meeting et de f&#234;te. Un texte, suivant les grandes lignes de la proposition de Fran&#231;ois Ruffin, a &#233;t&#233; rapidement adopt&#233; par la com' &#171; Convergences des luttes &#187;, et approuv&#233; en AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, n&#233;anmoins, tout cela va trop vite : sous pr&#233;texte d'efficacit&#233; et d'urgence, le plan de Ruffin a saut&#233; quelques &#233;tapes d&#233;mocratiques : on n'a pas discut&#233; des modalit&#233;s d'intervention des syndicats sur la place, jusqu'ici farouche aux &#233;tiquettes traditionnelles. La com' &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; prend alors en main une d&#233;marche de concertation avec travailleur.ses syndiqu&#233;.e.s ou non, partisan.e.s, militant.e.s, libertaires, simples passant.e.s, membres des commissions, etc. Premi&#232;re d&#233;cision collective : d&#233;placer la date de convergence au 28 avril/59 mars, jour annonc&#233; par certains secteurs en lutte pour une gr&#232;ve reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les d&#233;bats contradictoires. &#171; &lt;i&gt;Faut qu'on leur dicte nos r&#232;gles&lt;/i&gt;, dit un intervenant, &lt;i&gt;on ne va pas abandonner nos principes pour des leaders syndicaux.&lt;/i&gt; &#187; C'est au tour d'un fid&#232;le de la place : &#171; &lt;i&gt;Vous imaginez les syndicats d&#233;bouler avec leurs ballons et leurs drapeaux ? On a r&#233;ussi &#224; pr&#233;server Nuit Debout des couleurs partisanes, et vous allez tout foutre en l'air en voulant s&#233;duire les chefs de la CGT ou de FO ! C'est le d&#233;but de la fin ! &lt;/i&gt; &#187; Un vieux briscard reprend : &#171; &lt;i&gt;Sans syndicats, pas de manifs massives, pas de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Ils ont besoin d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par la population, par nous, mais nous avons aussi besoin d'eux pour imposer le rapport de forces. Laissons-les venir sans leur imposer un dressing-code, et quand ils seront l&#224;, on leur dira ce qu'on en pense, de leurs montgolfi&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Un postier ajoute son grain de sel : &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de faire vos antisyndicalistes primaires ! Le syndicalisme, c'est d'abord du soutien et de l'entraide entre travailleurs exploit&#233;s. Et moi, par exemple, je me sens autant syndiqu&#233; que nuitdeboutiste ! &lt;/i&gt; &#187; Les tours de parole sautent, &#231;a s'&#233;chauffe. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait trois jours qu'on dit qu'on ne veut pas de meeting&lt;/i&gt;, s'enflamme une institutrice en passe de perdre son sourire. &lt;i&gt;Oui pour inviter les syndicalistes, m&#234;me leurs leaders. Non pour casser tout ce qui se r&#233;invente ici. Vous ne nous volerez pas la place !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours d'exp&#233;rimentation de d&#233;mocratie directe, un compromis est trouv&#233; : dans l'optique d'une solidarit&#233; entre &#233;tudiant.e.s, lyc&#233;en.ne.s, pr&#233;caires et travailleur.se.s en lutte, Nuit Debout invite les syndicats et leurs repr&#233;sentants &#224; discuter avec l'assembl&#233;e populaire &#8211; en fixant les m&#234;mes r&#232;gles pour tout le monde. Le 28, apr&#232;s la manif, les paroles se succ&#232;dent. D'abord la coordination lyc&#233;enne, ravie d'avoir son mouvement anti-CPE &#171; &lt;i&gt;en mieux&lt;/i&gt; &#187;, puis les &#233;tudiant.e.s : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;pression n'atteindra pas notre d&#233;termination ! Ce n'est pas la col&#232;re qui manque, mais une action commune ! &lt;/i&gt; &#187; Suivent des syndiqu&#233;.e.s de base comme l'Infocom CGT, clamant &#171; N&lt;i&gt;ous ne nous contenterons pas du retrait de cette loi ! Nous irons au-del&#224; &lt;/i&gt; &#187;, et des collectifs de pr&#233;caires venus de Montreuil, qui mettent les points sur les &#171; i &#187; : &#171; &lt;i&gt; Arr&#234;tons de d&#233;fendre le plein emploi pr&#233;caire ! Et d'assimiler le ch&#244;mage au mal. Ne pas travailler, c'est aussi avoir le temps de penser et de lutter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne marquante : le &lt;i&gt;leader&lt;/i&gt; Philippe Martinez prend la parole apr&#232;s une d&#233;l&#233;gu&#233;e CNT, avec le m&#234;me temps de parole. Du jamais-vu. Il commence par un v&#339;u pieux : que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cesse d'&#234;tre un simple slogan. Puis recule : elle ne pourra se d&#233;cider que dans chaque assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'entreprise en lutte. Une foule d'un millier de personnes scande alors &#171; &lt;i&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! &lt;/i&gt; &#187; &#224; ses oreilles. Et Fatima, ancienne de la CGT, de donner des le&#231;ons d'organisation &#224; un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral timide : &#171; &lt;i&gt;Non, monsieur Martinez, ce n'est pas juste en disant que chaque entreprise a le droit de d&#233;cider qu'on va y arriver. Si vous voulez que &#231;a bouge, il faudra &#233;couter ce qui vient de la base, encourager les assembl&#233;es quotidiennes, organiser des caisses de gr&#232;ve, et des moments comme celui-ci, o&#249; nous sommes toutes et tous au m&#234;me niveau.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nuit Debout, noire de monde, r&#233;ussit ce soir-l&#224; un pari inesp&#233;r&#233; : casser les murs des bourses du travail et des entreprises, agrandir la place de la R&#233;publique. Une lib&#233;ration de la parole qui appelle des actes. Ils existent : apr&#232;s le blocage de l'acc&#232;s au port de Gennevilliers par des &#233;tudiant.e.s et des syndiqu&#233;.e.s de base le matin m&#234;me, une grande partie de l'assembl&#233;e partait ce soir-l&#224; rejoindre les intermittents expuls&#233;s du th&#233;&#226;tre de l'Od&#233;on, tandis que des constructions en dur se fabriquaient au milieu de la place. Puis les matraques tomb&#232;rent avec une brutalit&#233; aveugle. Le lendemain, la solidarit&#233; avec les McDo, les postiers, les femmes de m&#233;nage, les migrant.e.s reprenait de plus belle. Quelle que soit l'issue de ce mouvement, il ne finira pas. Le mal est fait. Le mois de mars 2016 restera le plus long. Celui o&#249; l'on forgea un outil suppl&#233;mentaire, capable de casser plus durement, et de reb&#226;tir plus joyeusement. Mars ou cr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Cazalis, avec le concours d'&#201;milien Bernard et d'une foule de nuits qui se reconna&#238;tront.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; chang&#233;es &#224; partir du 31 mars et de l'occupation de la place pour qu'il n'y ait plus de mois d'avril. Le 28 avril est par exemple devenu le 59 mars, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase : &#171; &lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lille : Convergence des nuits</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alphonse Labrique</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;A Lille la Nuit Debout s'oppose parfois &#224; l'activisme. Un horizon commun en perspective ? La convergence des luttes, la pr&#233;fecture nous y aiderait presque. Jeudi 21 avril, les cond&#233;s ont lanc&#233; la premi&#232;re pierre, avant d'encaisser le premier retour de b&#226;ton. Apr&#232;s une manifestation &#233;maill&#233;e de quelques jets de peinture sur l'Apple Store, les baqueux &#8211; mais pas que &#8211; viennent jouer du muscle &#224; l'entr&#233;e du local de la CNT. Ils sont une centaine et fracassent l'entr&#233;e du si&#232;ge syndical &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Lille la Nuit Debout s'oppose parfois &#224; l'activisme. Un horizon commun en perspective ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La convergence des luttes, la pr&#233;fecture nous y aiderait presque. Jeudi 21 avril, les cond&#233;s ont lanc&#233; la premi&#232;re pierre, avant d'encaisser le premier retour de b&#226;ton. Apr&#232;s une manifestation &#233;maill&#233;e de quelques jets de peinture sur l'Apple Store, les baqueux &#8211; mais pas que &#8211; viennent jouer du muscle &#224; l'entr&#233;e du local de la CNT. Ils sont une centaine et fracassent l'entr&#233;e du si&#232;ge syndical &#224; coups de b&#233;lier. Apr&#232;s une d&#233;molition en r&#232;gle du local, ils embarquent au hasard deux camarades. Une manifestation sauvage prend la route vers le commissariat central, orchestrant au passage un petit embouteillage &#224; l'entr&#233;e de l'autoroute. Une demi-heure plus tard, le campement est plant&#233; devant le central au chant de &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez nos camarades !&lt;/i&gt; &#187;. Les klaxons des automobilistes soutiennent les quelque cent cinquante qui r&#233;sistent face &#224; la quarantaine de CRS &#8211; dont certains ont particip&#233; &#224; la manif, trahis par leurs bottes macul&#233;es de peinture. Les SMS vont bon train, un barbecue s'organise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Converser pour converger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de la ville, l'AG de Nuit Debout commence. La question est pos&#233;e d'embl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Faut-il rejoindre les CNT ?&lt;/i&gt; &#187; Les discussions s'&#233;ternisent et opposent deux camps : &#171; &lt;i&gt;C'est inadmissible, ill&#233;gal et sans pr&#233;c&#233;dent : il n'y a pas &#224; cogiter, on doit aller les soutenir !&lt;/i&gt; &#187; contre &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait mieux qu'on attende d'avoir plus d'informations, &#231;a ferait mauvais genre si Nuit Debout allait soutenir des casseurs.&lt;/i&gt; &#187; On vote. Le comptage est serr&#233;, mais valide le soutien aux camarades de la CNT. Quarante personnes rejoignent le commissariat en cort&#232;ge et sont ainsi accueillies : &#171; &lt;i&gt;Heureusement que vous vous &#234;tes point&#233;.e.s, sinon on vous aurait l&#226;ch&#233;.e.s : la convergence des luttes, ce n'est pas attendre que les luttes convergent vers vous.&lt;/i&gt; &#187; Fin de l'&#233;pisode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le th&#233;&#226;tre des op&#233;rations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le lundi 25 avril, le Th&#233;&#226;tre du Nord est occup&#233; par les interluttant.e.s 59-62, dont certain.e.s sont des habitu&#233;.e.s des AG. Leur invitation &#224; organiser l'AG quotidienne de la place de la R&#233;publique dans ce haut lieu de la culture dominante lilloise fait grimacer le pr&#233;fet et Martine Aubry. Cette habitu&#233;e des sc&#232;nes nationales hupp&#233;es doit d&#233;sormais frayer avec un public un peu plus bariol&#233; : &#233;tudiant.e.s de Lille 1 et Lille 3, intermittent.e.s, Nuitdeboutistes, occupant.e.s de l'Insoumise (une librairie occup&#233;e) ou syndicalistes de Sud-Solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chacun sa &#171; place &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois encore, le sc&#233;nario se rejoue : les agitations approbatrices des &#171; mains &#187; de Nuit Debout recueillent les regards interloqu&#233;s des militant.e.s plus aguerri.e.s, et les invectives anti-organisations des &#171; r&#233;publicains de la place &#187; fusent &#224; l'endroit de certain.e.s syndicalistes. Parfois le ton monte. Lorsqu'un participant, se revendiquant de Nuit Debout, s'indigne : &#171; &lt;i&gt;En quittant la place, on est invisible&lt;/i&gt; &#187;, en r&#233;ponse il re&#231;oit un &#171; &lt;i&gt;Nuit Debout, retourne &#224; la place&lt;/i&gt; &#187; par la salle. Mais, l'air de rien, &#231;a progresse. On &#233;voque une intervention sauvage lors d'un vernissage, o&#249; Martine Aubry et Pierre de Saintignon, son adjoint, pr&#233;venu.e.s en derni&#232;re minute, ont annul&#233; leur participation. Plusieurs participant.e.s appellent &#224; la fusion des cort&#232;ges pour la manifestation du lendemain. Une caisse d'autod&#233;fense juridique tourne pendant l'assembl&#233;e ; elle a d&#233;j&#224; servi &#224; payer les frais d'avocat.e.s des camarades de la CNT. Apr&#232;s tout, on est encore d'accord sur le point de d&#233;part : mieux vaut nuire debout qu'ob&#233;ir assis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En bref mais debout</title>
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		<dc:date>2018-04-11T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Troll : Nuit Debout et ses fatigu&#233;s Jeudi 14 avril, durant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) de Nuit Debout, Leyla de la commission &#171; Action &#187; met en garde contre les &#171; trolls &#187; qui viennent dans les commissions pour diviser le mouvement. Au m&#234;me instant, un grand gars maigre, qui arbore un tissu bleu autour du bras, abreuve un couple de jeunes d'informations pour le moins bizarres : &#171; Cette fille qui parle, je la connais, elle r&#233;colte 4 000 euros tous les jours sans rendre des comptes. Apr&#232;s les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-assemblee-generale" rel="tag"&gt;l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Troll : Nuit Debout et ses fatigu&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 14 avril, durant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) de Nuit Debout, Leyla de la commission &#171; Action &#187; met en garde contre les &#171; trolls &#187; qui viennent dans les commissions pour diviser le mouvement. Au m&#234;me instant, un grand gars maigre, qui arbore un tissu bleu autour du bras, abreuve un couple de jeunes d'informations pour le moins bizarres : &#171; &lt;i&gt;Cette fille qui parle, je la connais, elle r&#233;colte 4 000 euros tous les jours sans rendre des comptes. Apr&#232;s les gens qui manipulent l'AG vont manger dans des grands restaurants, louent des voitures de luxe et vont en bo&#238;te de nuit. &#199;a leur sert aussi &#224; payer leur loyer. Je le sais, elle me l'a dit. Regardez comme elle est habill&#233;e, c'est pas une pauvre. J'ai vu comment fonctionnaient ces gens. Ils ob&#233;issent &#224; un leader qui reste en coulisses qui s'appelle Victor. Ils sont en train de vous manipuler.&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'on invite vivement le d&#233;tenteur de si &#233;normes secrets &#224; partager sa v&#233;rit&#233; au micro pour en informer tout le monde ou bien d'en apporter les preuves, il finit par louvoyer et se fondre dans la foule, le regard inquiet. C'est bien s&#251;r le lot de ces attroupements d'attirer les hurluberlus complotistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le genre &#171; il voit des complots partout &#187;, l'ineffable Thierry Meyssan d&#233;non&#231;ait depuis Damas, sur son site Internet R&#233;seau Voltaire, les &#171; &lt;i&gt;discussions creuses et incoh&#233;rentes&lt;/i&gt; &#187; de la Nuit Debout et r&#233;v&#233;lait les &#171; &lt;i&gt;manipulations de l'&#233;quipe de Gene Sharp, qui a organis&#233; pour le compte de la CIA les r&#233;volutions color&#233;es et le printemps arabe&lt;/i&gt; &#187;. Gene Sharp, vous ne connaissez pas ? C'est bien la preuve qu'il t&#233;l&#233;commande tout le machin dans le secret, non ? Pour tous ces mercenaires de la version polici&#232;re de l'histoire, toute mobilisation est n&#233;cessairement manipulation. Et bien cr&#233;dule qui pense le contraire ! Un autre atrabilaire, dont nous tairons le nom, d&#233;clarait au sujet des &#171; &lt;i&gt;nunuches ahuris de la place de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Si j'&#233;tais complotiste, j'y verrais encore la main des Soros boys !&lt;/i&gt; &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Open society de Georges Soros, suppos&#233; &#234;tre lui aussi le grand ordonnateur de toutes les r&#233;volutions pour le compte de la CIA. En effet, heureusement qu'il n'est pas complotiste, qu'est-ce que &#231;a serait, sinon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH544/-583-003d6.jpg?1782655762' width='400' height='544' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;moignage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces mots, parmi tant d'autres, ont &#233;t&#233; prononc&#233;s lors d'une AG de la R&#233;publique, par un de ses habitants ordinaires, de ceux qui n'ont pas attendu la Nuit Debout pour &#171; occuper &#187; la place.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Moi Marc,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi SDF,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; en prison b&#234;tement pour vouloir exister en faisant la manche. Socialement, cela m'a rien apport&#233;. D'ailleurs, j'ai &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; mais je suis encore en prison. Socialement, je suis un peu victime. Je suis encore en prison, libre, puisque actuellement encore SDF. Je ne vois pas d'issue, de porte de sortie. Vais-je rester comme &#231;a jusqu'&#224; ma mort ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas eu de cl&#233;mence. Pourtant c'&#233;tait un 31 d&#233;cembre : une altercation avec un vigile m'a valu 2 mois ferme. &#202;tre emprisonn&#233; un 31 d&#233;cembre, moralement, cela m'a beaucoup affaibli et marqu&#233;. On aurait dit que la soci&#233;t&#233; ne sait pas quoi faire de leurs casSOS ???...&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Faire les blocages m'a d&#233;bloqu&#233;e ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Faire-les-blocages-m-a-debloquee</link>
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		<dc:date>2016-06-10T14:00:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>CGT</dc:subject>
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		<dc:subject>Clermont-Ferrand</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;cit du blocage du d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon d'Auvergne les 3 et 4 juin 2016. Conditions de travail en p&#233;ril, harc&#232;lement, management tueur, les bloqueurs unis racontent &#224; travers leur lutte leur d&#233;testation de la Loi Travail. Monter d'abord avec la belle gr&#232;ve des trains. Arriver &#224; Saint-&#201;tienne o&#249; trois cents personnes frappent sur la porte de l'H&#244;tel de police. Recevoir d&#232;s le lendemain quatre SMS du blocage de Cournon-d'Auvergne, la grande ville qui t&#232;te Clermont-Ferrand au sud (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cit du blocage du d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon d'Auvergne les 3 et 4 juin 2016. Conditions de travail en p&#233;ril, harc&#232;lement, management tueur, les bloqueurs unis racontent &#224; travers leur lutte leur d&#233;testation de la Loi Travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Monter d'abord avec la belle gr&#232;ve des trains. Arriver &#224; Saint-&#201;tienne o&#249; trois cents personnes frappent sur la porte de l'H&#244;tel de police. Recevoir d&#232;s le lendemain quatre SMS du blocage de Cournon-d'Auvergne, la grande ville qui t&#232;te Clermont-Ferrand au sud de l'agglo. Filer par quelques cols et sous un temps maussade vers la zone industrielle o&#249; se trouve le d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-27-2c183.jpg?1783233935' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;JAMAIS IL N'AVAIT &#201;T&#201; BLOQU&#201;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon-d'Auvergne, vendredi 3 juin, ils sont une trentaine &#224; 15 heures &#224; bloquer les entr&#233;es et sorties. Les autres sont &#224; l'a&#233;roport qui a &#233;t&#233; ceintur&#233; t&#244;t ce matin. L&#224;-bas, un slogan amuse St&#233;phane, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de Hop, une filiale d'Air France : &#171; &lt;i&gt; Il vaut mieux faire un 69 &#224; deux qu'un 49 &#224; 3 !&lt;/i&gt; &#187; Il continue : &#171; &lt;i&gt;Je suis un prof de syndicalisme mis de c&#244;t&#233;. J'ai commenc&#233; chef de quai et puis j'ai d&#233;gringol&#233; dans la hi&#233;rarchie &#224; cause de mon engagement. Maintenant ils veulent me faire nettoyer les chiottes. Attention ! Quand m&#234;me avec la m&#234;me paye.&lt;/i&gt; &#187; C'est enfin l'accalmie apr&#232;s des jours de pluie. Derri&#232;re les palettes de bois et les banderoles, des slogans bomb&#233;s sur l'usine rappellent l'incarc&#233;ration d'Antoine durant un mois. Ce jeune ambulancier encart&#233; &#224; la CGT a &#233;t&#233; accus&#233; de violences sur le chef de la police locale heurt&#233; par une enceinte lors de l'&#233;vacuation brutale d'un conseil municipal. &#171; &lt;i&gt;&#192; sa sortie de prison, il est venu directement sur le blocage pour dire : on l&#226;che rien&lt;/i&gt; &#187; me raconte Fran&#231;ois, un agriculteur qui jongle entre ses vaches et le d&#233;p&#244;t.
&#171; &lt;i&gt; Ce d&#233;p&#244;t, jamais il n'avait &#233;t&#233; bloqu&#233;. Ils sont seulement six dedans. La CGT p&#233;trochimie a applaudi lors de la gr&#232;ve mais c'est d&#251; &#224; un anarchiste de la CGT. Mais &#231;a, il faut pas le dire !&lt;/i&gt; &#187; Je promets tout. Ici, toutes les Unions Locales CGT sont pr&#233;sentes. Un conflit les oppose avec l'Union d&#233;partementale, jug&#233;e trop molle. &#171; &lt;i&gt;&#192; Hop, et ailleurs, depuis la loi Macron, on ne peut plus bloquer les projets en CHSCT. Les gens sont mal. On les pousse dehors. Imagine, en 2011 on a bloqu&#233; l'entreprise durant 11 jours avec 300 syndiqu&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boris est allong&#233; sur un matelas de fortune. On se reconna&#238;t et on se congratule. On ne s'est pas vu depuis les gr&#232;ves de 95 contre le plan Jupp&#233;. Depuis un mois, il est de toutes les actions. Non syndiqu&#233;, ce moniteur &#233;ducateur a particip&#233; &#224; la mise en place du blocage de l'a&#233;roport d'Aulnat le matin m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s on a repris le d&#233;p&#244;t de carburant sans les salari&#233;s. Le mouvement des retraites leur a cass&#233; le moral. La fois pr&#233;c&#233;dente, ils se sont mis en gr&#232;ve &#224; la suite du blocage.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;voque les d&#233;buts des blocages sur Clermont-Ferrand : &#171; &lt;i&gt;On s'est retrouv&#233; &#224; quelques-uns dans un bistrot avant la manif du 17 mai. On en avait marre des manifs, de marcher et des gr&#232;ves saute mouton. Apr&#232;s on a tract&#233; et c'est n&#233; d'individus syndiqu&#233;s ou pas, mais pas des syndicats.&lt;/i&gt; &#187; Le 18 mai au soir, une convergence se fait avec Nuit debout. &#171; &lt;i&gt;Il fallait qu'on s'entende.&lt;/i&gt; &#187; Boris ajoute : &#171; &lt;i&gt;Et on a tract&#233;&lt;/i&gt; &#187;, le vade-mecum de tout manifestant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;JE BOSSE PUIS JE PARS AU BLOCAGE, UNE DOUCHE PUIS DODO&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, on mange quelques saucisses sous une tonnelle. Sandrine, une bi&#232;re &#224; la main, explique son engagement : &#171; &lt;i&gt;Je me sens plus citoyenne que gr&#233;viste. J'aime bien Nuit Debout parce qu'ils communiquent sur la mani&#232;re de se mettre en gr&#232;ve.&lt;/i&gt; &#187; Les syndicats auraient-ils oubli&#233; ce principe ? &#171; &lt;i&gt;Il faut mettre des grains de sable partout&lt;/i&gt; &#187; appuie Boris qui se demande si &#171; &lt;i&gt;Nous ne serions pas des handicap&#233;s sociaux ?&lt;/i&gt; &#187; Devant mon incr&#233;dulit&#233;, il mesure l'importance de ces minorit&#233;s agissantes qui sont le fer de lance du grand nombre, incapable ou impuissant &#224; se lancer dans la gr&#232;ve. Sandrine trouve qu'elle n'a plus de vie depuis le mouvement social : &#171; &lt;i&gt;Je bosse puis je pars au blocage, une douche puis dodo.&lt;/i&gt; &#187; La fatigue se lit sur certains visages mais d'autres viennent les remplacer. Plus frais, avec la p&#234;che comme cette militante CGT qui arrive de l'a&#233;roport : &#171; &lt;i&gt;Mon patron m'a fait p&#233;ter les plombs. Je faisais 287 heures avec une voiture pas assur&#233;e. Cette esp&#232;ce d'ordure faisait rouler les salari&#233;s sans assurance depuis un mois.&lt;/i&gt; &#187;
Cette cadre commerciale d&#233;sormais au ch&#244;mage bossait dans la t&#233;l&#233;matique embarqu&#233;e, comme elle, mais dans la gal&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Mon secteur ? La France ! Il me collait un premier rendez-vous &#224; Bordeaux &#224; 8 h 30 en partant de Clermont-Ferrand. Apr&#232;s, second rendez-vous &#224; Hendaye &#224; 14 h 30 puis Brive &#224; 18 h 30 puis le lendemain rebelote Besan&#231;on le matin.&lt;/i&gt; &#187; Le burn-out l'&#233;jecte de son inconfortable strapontin en juillet dernier. &#171; &lt;i&gt;Un jeune coll&#232;gue a fait une crise d'&#233;pilepsie. Au bout de trois mois, il a p&#233;t&#233; les plombs.&lt;/i&gt; Et toi ? &lt;i&gt;Six mois au fond du trou ! Remis en selle au CHU apr&#232;s des crises d'angoisse ? Tu parles, moi qui faisais 130 000 kilom&#232;tres par an. Heureusement la lutte a commenc&#233; et &#231;a m'a fait un bien fou ! Tu peux pas savoir !&lt;/i&gt; &#187; me balance-t-elle avec un grand sourire. &#171; &lt;i&gt;Faire les blocages m'a d&#233;bloqu&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233;, il y a Jocelyne, secr&#233;taire de l'Union D&#233;partementale d'Issoire, un bassin industriel tr&#232;s combatif au sud de Clermont-Ferrand. &#171; &lt;i&gt;J'ai fait ma carri&#232;re &#224; Pechiney&lt;/i&gt; (Aujourd'hui Constellium), commence-t-elle. &lt;i&gt;Il est pas traditionnel ce mouvement, il est spontan&#233;. Nuit debout nous a amen&#233; &#224; consid&#233;rer autrement les choses. On s'est donn&#233; de l'&#233;lan mutuellement.&lt;/i&gt; &#187; La jonction entre les militants syndiqu&#233;s &#224; gauche et l'esprit tr&#232;s libertaire et horizontal de Nuit Debout a bien eu lieu devant la menace de cette loi r&#233;trograde. Les militants syndicaux de Cournon ont retrouv&#233; le syndicalisme de base et de lutte qu'ils cherchaient. Derri&#232;re Jocelyn, les tags sont clairement anars et quelle surprise de voir les drapeaux CNT, CGT, Sud et Conf' accroch&#233;s ensemble sur une palette. La force de la CGT est dans le nombre : &#171; &lt;i&gt;Je mesure la faiblesse de notre mouvement aussi. Cependant les caisses de gr&#232;ve se remplissent, les gens soutiennent par procuration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;L'UNION LOCALE D'ISSOIRE EST TROP R&#201;VOLUTIONNAIRE&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joliment maquill&#233;e et la soixantaine pimpante, Jocelyn s'assoit sur la table de camping face &#224; moi pendant qu'un punk d&#233;truit une palette en bois : &#171; &lt;i&gt;Sais-tu que les filles du Carrefour d'Issoire se sont mises en gr&#232;ve le jour de la f&#234;te des M&#232;res ?&lt;/i&gt; &#187; roule-t-elle avec cet accent typique de nos montagnes. La direction a alors fait monter des vigiles &#171; &lt;i&gt;de S&#233;rignan, ce pays de fachos vers B&#233;ziers ! Pour casser la gr&#232;ve !&lt;/i&gt; &#187; Les femmes font gr&#232;ve pour les salaires mais surtout pour la consid&#233;ration : &#171; &lt;i&gt;Elles n'ont pas le droit de parler entre elles. Le DRH lui par contre les tutoie toutes.&lt;/i&gt; &#187; J'ajoute : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ressemble &#224; ce qu'on a connu &#224; Monoprix &#224; Marseille il y a 4 ans.&lt;/i&gt; &#187; Jocelyn n'est pas all&#233; au Congr&#232;s de la CGT &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;L'Union Locale d'Issoire est trop r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt; &#187; Je lis sur une banderole noire : &#171; &lt;i&gt;Blocage du d&#233;p&#244;t, deuxi&#232;me sommation.&lt;/i&gt; &#187; L'humour contribue &#224; la lutte et raconte qu'ils ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s une fois.
D&#233;sormais c'est une technicienne de Merck, une bo&#238;te qui fait de l'exp&#233;rimentation animale pour les m&#233;docs, qui s'approche. &#171; &lt;i&gt;Je parle pas trop de &#231;a. J'ai plus vraiment envie d'y aller.&lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;plore l'absence de culture syndicale. &#171; &lt;i&gt;Depuis septembre, on doit &#234;tre rachet&#233; mais c'est l'opacit&#233; de la direction qui mine le moral des employ&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Les arr&#234;ts maladie pleuvent comme &#224; Nemours et sous les ponts de la Seine. &#171; &lt;i&gt;La loi El Khomri, en cas de reprise, n'obligera pas l'acheteur &#224; reprendre les salari&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Elle est rentr&#233;e &#224; la CGT &#224; cause d'un management trop pouss&#233;. Parlant de ses doutes dans la boite : &#171; &lt;i&gt;Dans l'intersyndicale, la CFDT porte un discours patronal mais l'unit&#233; est importante.&lt;/i&gt; &#187; L'unit&#233; dans la radicalit&#233; semble r&#233;unir tous ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;P$= PARTI DE FUMIERS&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, j'esquisse un sourire. On lit sur les murs du d&#233;p&#244;t : &#171; &lt;i&gt;Les flics ne veulent pas qu'on les d&#233;teste. Il va falloir qu'ils y mettent du leur.&lt;/i&gt; &#187; &#192; droite : &#171; &lt;i&gt;P$= Parti de fumiers&lt;/i&gt; &#187; ne fait plus dans la dentelle. Des paysans sont venus avec du p&#226;t&#233; de t&#234;te du Cantal et approvisionnent le campement. En m'empiffrant, je rencontre Philippe, d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel chez EDF et encore syndiqu&#233; CGT : &#171; &lt;i&gt;Je suis dans la branche immobili&#232;re et j'en ai assez du double jeu dans les n&#233;gociations. Et puis je suis &#233;cologiste, mais accept&#233; &#224; Montreuil !&lt;/i&gt; &#187; Philippe d&#233;nonce les abus financiers de sa bo&#238;te construite par les travailleurs. &#171; &lt;i&gt;On a des patrons qui prennent la thune sur des filiales, c'est devenu ind&#233;cent.&lt;/i&gt; &#187; EDF a &#233;t&#233; saucissonn&#233; en 157 &#233;tablissements. Malgr&#233; ces mauvaises nouvelles, le moral est bon : &#171; &lt;i&gt;On a coup&#233; l'&#233;lectricit&#233; &#224; Tulle&lt;/i&gt; &#187;, le fief de Badinguet. &#171; &lt;i&gt;On passe tout le monde au tarif Nuit.&lt;/i&gt; &#187; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a aussi subi une immense coupure le 2 juin 2016. Je reprends du p&#226;t&#233; de t&#234;te et on ouvre une bi&#232;re du Forez. &#171; &lt;i&gt;Tu sais, le r&#233;seau est pay&#233; chez nous. On fait des cadeaux aux grands groupes. EDF va refiler le barrage de Bort les Orgues au priv&#233;. C'est une mine d'or.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre bloqueurs ont commenc&#233; une coinche sous la tonnelle. Hison, la vingtaine, est en BTS &#233;lectrom&#233;canique et me raconte ce qu'il fait l&#224; : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais &#224; un teknival en Bretagne. Un pote m'a invit&#233; en Auvergne et voil&#224; on est l&#224; maintenant dans la lutte.&lt;/i&gt; &#187; Philippe en discussion avec Boubou, un membre &#233;minent de l'Apima, un garage associatif, explique qu'&#224; la CGT : &#171; &lt;i&gt;Avant, &#231;a descendait, m&#233;thode stalinienne, mais maintenant &#231;a remonte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ro, psy lib&#233;rale, tient le piquet depuis deux semaines et &#233;voque les bons aspects de la lutte : &#171; &lt;i&gt;C'est un agr&#233;gat improbable de syndicalistes et de libertaires. Et puis la solidarit&#233; marche &#224; plein : le voisin propose sa douche, d'autres apportent de la nourriture.&lt;/i&gt; &#187; Entre c&#233;g&#233;tistes, anarchistes et libertaires de gauche, la communication s'est &#233;tablie &#224; force de contacts : &#171; &lt;i&gt;Il faut se comprendre avec la CGT qui avait du mal &#224; faire tourner la parole.&lt;/i&gt; &#187; Sandra a mont&#233; une caisse pour acheter directement aux producteurs. On lui a r&#233;pondu alors : &#171; &lt;i&gt;Mais &#231;a a du go&#251;t vos trucs !&lt;/i&gt; &#187; Nello Frasseto, CGT b&#226;timent, la soixantaine, ressemble &#224; Cavanna. On s'est d&#233;j&#224; rencontr&#233; sur la lutte de l'incin&#233;rateur de Clermont-Ferrand, il m'entreprend sur &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi la diff&#233;rence ?&lt;/i&gt; &#187; Nous devisons sur le syndicalisme r&#233;volutionnaire et l'Espagne de 36. &#171; &lt;i&gt;Et les ministres anarchistes qui ont particip&#233; au gouvernement ?&lt;/i&gt; &#187; m'ass&#232;ne-t-il. Je balbutie quelques excuses et pr&#233;f&#232;re lui rappeler la d&#233;faite syndicale d'avant 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous informe : douze camions ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s. Un train n'a pas pu livrer. Les bloqueurs grossissent &#224; 19 h. Au micro d&#233;marre une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. On raconte l'intervention des vigiles le matin m&#234;me au Carrefour d'Issoire. &#171; &lt;i&gt;Fils de pute de B&#233;ziers !&lt;/i&gt; &#187; lance St&#233;phane. Elles sont 70 salari&#233;es en gr&#232;ve, et n'ont pourtant pas revot&#233; la gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;Elles sont souvent seules avec leurs m&#244;mes&lt;/i&gt; &#187; explique un bloqueur. Des plaintes pour harc&#232;lement en pagaille ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es contre le patron de l'&#233;tablissement. St&#233;phane, qui ne quitte pas sa chasuble rouge CGT Hop, plaisante au micro sur les vigiles. On se marre sous la tente en mangeant des fromages de ch&#232;vre. &#171; &lt;i&gt;Il y a 700 000 litres dans les cuves. Ils ne pourront pas nous d&#233;loger avant la semaine prochaine.&lt;/i&gt; &#187; On &#233;voque la communication des actions. Nicole qui travaille &#224; la m&#233;diath&#232;que de la ville prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Comment ils faisaient en 40, ils avaient pas des SMS !&lt;/i&gt; &#187; Cette militante chevronn&#233;e me raconte dans la nuit son parcours mais surtout ses combats gagn&#233;s, ses h&#233;sitations dans les n&#233;gociations. &#171; &lt;i&gt;Je dors mal dans la voiture. J'ai besoin d'un bon lit de temps en temps.&lt;/i&gt; &#187; Elle n'en veut pas &#224; ceux qui seulement les soutiennent mais aurait voulu plus de monde la nuit sur le blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VALSE DE L'OUVRIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Fred le Marrec, un des rares &#224; porter un foulard du syndicat SUD, me parle, de jeunes antifascistes cimentent une barricade avec des pierres devant le d&#233;p&#244;t. Fred est un militant de l'Allier qui s'est trouv&#233; en garde &#224; vue lors de la visite de Sarkozy. Il avait pr&#233;par&#233; avec ses camarades du NPA un accueil digne de ce nom au pr&#233;sident. Trente affiches au Mayet de Montagne, un bled au-dessus de Vichy, et des inscriptions &#171; Casse toi pov' con &#187; sur toutes les routes. En 2010, &#224; 9 h 30 du mat, il s'est fait embarqu&#233;, arme point&#233;e sur lui et il est rest&#233; d&#233;tenu 5 heures en pr&#233;ventive. Sa plainte dix jours plus tard n'a pas &#233;t&#233; transmise au parquet. L'affaire fera du bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attabl&#233; autour de quelques bi&#232;res, Nicolas, chevelure grisonnante, me raconte ce qui l'a amen&#233; ici. &#171; &lt;i&gt;J'ai quitt&#233; Vinci. Je travaillais &#224; l'&#233;clairage public d'une petite ville du Forez.&lt;/i&gt; &#187; Les conditions de travail &#233;taient r&#233;gressives : &#171; &lt;i&gt;On allait sur les chantiers le matin et le soir mais le temps de trajet n'&#233;tait pas pay&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le groupe Vinci les r&#233;unit un jour, s&#251;r de son pouvoir, et leur demande s'ils trouvent cette mesure honn&#234;te. &#171; &lt;i&gt;Cinq mains se l&#232;vent alors pour s'y opposer. Aucun de nous ne bosse plus l&#224;-bas. Trois ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour faute grave.&lt;/i&gt; &#187; Nicolas s'est alors tourn&#233; vers le monde associatif et a tent&#233; de trouver des solutions pour les plus pauvres : &#171; &lt;i&gt;Le logement c'est ce qui plombe les gens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, St&#233;phane somnole dans son pliant. Ici, beaucoup dorment trop peu. La discussion s'engage sur les violences polici&#232;res. Qu'on soit de la CGT ou pas, tout le monde crie &#224; l'injustice. Stanley, ancien &#233;lu d'Europe &#201;cologie &#8211; parti qu'il vient de quitter &#8211; me racontera les violences en mairie de Clermont-Ferrand. Il s'est fait tabasser et gazer par la B.A.C en plein conseil municipal, lui qui criait &#171; &lt;i&gt;Je suis &#233;lu, je suis &#233;lu&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Rien n'y fit. Cet ex-squatteur &#233;tait pourtant &#233;lu r&#233;cemment dans une liste d'union de la gauche avec le PS, qui a port&#233; Olivier Bianchi &#224; la t&#234;te de Clermont-Ferrand. L'heure tourne. Julien, un punk picard qui est le vrai cuistot du campement, appelle tout le monde pour manger. &#192; gauche on cimente, &#224; droite, on joue aux cartes. Julien balance &lt;i&gt;El vals del obrero&lt;/i&gt; de Ska P dans l'enceinte. Un tube au d&#233;p&#244;t de Cournon-d'Auvergne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;p&#244;t a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; lundi matin par la force publique qui s'est charg&#233;e aussi du piquet de gr&#232;ve SNCF &#224; Clermont-Ferrand. Mais tout va recommencer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marseille : Quartier Debout !</title>
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		<dc:date>2016-06-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; quelques m&#232;tres des Nuits Debout marseillaises, le quartier de La Plaine conna&#238;t une effervescence singuli&#232;re. Depuis plusieurs mois, s'y expriment de bien des fa&#231;ons une d&#233;fiance et une col&#232;re grandissantes envers un projet municipal de &#171; requalification &#187; urbaine. Cette ville ne fait rien comme les autres. Alors qu'&#224; Paris la Nuit Debout habitait litt&#233;ralement la place de la R&#233;publique, la Nuit phoc&#233;enne en est rest&#233;e aux balbutiements et n'a d&#233;pass&#233; que rarement l'&#233;grenage de tours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; quelques m&#232;tres des Nuits Debout marseillaises, le quartier de La Plaine conna&#238;t
une effervescence singuli&#232;re. Depuis plusieurs mois, s'y expriment de bien des fa&#231;ons une d&#233;fiance et une col&#232;re grandissantes envers un projet municipal de &#171; requalification &#187; urbaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette ville ne fait rien comme les autres. Alors qu'&#224; Paris la Nuit Debout habitait litt&#233;ralement la place de la R&#233;publique, la Nuit phoc&#233;enne en est rest&#233;e aux balbutiements et n'a d&#233;pass&#233; que rarement l'&#233;grenage de tours de parole, peinant &#224; s'articuler et &#224; d&#233;boucher sur des pratiques communes. Chacun-chacune y allait de son la&#239;us : qui sur la VIe r&#233;publique, qui sur &#171; tout le pouvoir aux travailleurs &#187;, qui sur l'insurrection qui vient, qui sur le constat d'impuissance dans la transmission du v&#233;cu des anciens. Nuit Debout a d'ailleurs une granse s&#339;ur, plus speed : &#171; 13-en-lutte &#187;, davantage soucieuse de convergence avec les mobilisations sociales en cours. Ce qui lui a valu de subir le harc&#232;lement policier avec l'encerclement d'une de ses r&#233;unions sur la fontaine des Mobiles, en haut de la Canebi&#232;re, par des CRS qui emp&#234;chaient les badauds de se joindre &#224; elle et ses participants de sortir du cercle, selon la tactique de la nasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le quartier de La Plaine, connu dans toute la ville pour son march&#233; tri-hebdomadaire et sa vie nocturne, exp&#233;rimentait une fi&#232;vre plus prosa&#239;que. La mairie veut y imposer un chantier de r&#233;novation d'au moins deux ans qui menace d'&#233;touffer le march&#233; et la vie alentour. Pr&#233;occupation &#171; de proximit&#233; &#187; qui n'emp&#234;che pas habitants, habitu&#233;s et forains d'&#234;tre conscients que s'opposer &#224; ce projet, c'est toucher du doigt les m&#234;mes m&#233;canismes de pr&#233;dation et de d&#233;possession qui inspirent la loi El Khomri.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-25-f9a29.jpg?1783233935' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Patxi Beltzaiz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le mouvement espagnol du 15-M avait prot&#233;g&#233; son autonomie et sa fra&#238;cheur par un rejet des partis politiques &#8211; &#171; &lt;i&gt;No nos representan&lt;/i&gt; &#187; [Ils ne nous repr&#233;sentent pas]. Nombre d'activistes avouent avoir beaucoup appris de cette p&#233;riode de gestation, &#233;loign&#233;e des langues de bois et des appareils. Puis, une fois &#233;puis&#233;es les possibilit&#233;s de la Puerta del Sol ou de la plaza Catalunya, le mouvement d'occupation des places fit le choix strat&#233;gique de la dispersion et de l'enracinement dans les quartiers. De l'agora globale, chacun repartit vers son territoire, aux c&#244;t&#233;s des amis, des parents, des coll&#232;gues de gal&#232;re ou des voisins. Ce reflux apparent a par exemple contribu&#233; &#224; renforcer la r&#233;sistance aux expulsions locatives (&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;137)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Plaine, dans une ville o&#249; le m&#233;pris des &#233;diles pour leurs administr&#233;s atteint des sommets de cynisme, c'est la reconstruction d'un rapport de force favorable aux habitants qui est en chantier. Elle se nourrit d'exp&#233;riences pass&#233;es et pr&#233;sentes, autour d'un d&#233;nominateur commun : la d&#233;fense d'un quartier vivant et populaire. L'assembl&#233;e de la Plaine, association de fait, sans statuts d&#233;pos&#233;s en pr&#233;fecture, pouvant r&#233;unir jusqu'&#224; 150 personnes &#8211; et b&#233;n&#233;ficiant d'une sympathie bien plus large, en particulier sur le march&#233; &#8211;, a l'intelligence de d&#233;clarer sur son logo solaire : &#171; &lt;i&gt;Pour une assembl&#233;e de quartier&lt;/i&gt; &#187;. Formule qui affiche &#224; la fois une saine humilit&#233; et une vraie ambition : c'est en marchant qu'on trace son chemin. Aux antipodes des Comit&#233;s d'int&#233;r&#234;t de quartier (CIQ), groupuscules inf&#233;od&#233;s aux notables dont les rares membres se cooptent les uns les autres et monopolisent la parole avec un discours souvent r&#233;actionnaire, l'assembl&#233;e ne parle jamais au nom du quartier, mais a peu &#224; peu gagn&#233; en l&#233;gitimit&#233;, devenant parfois le porte-voix des sans-voix, comme les forains en col&#232;re menac&#233;s de repr&#233;sailles et d'&#233;viction par la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le week-end du 1er-Mai, tandis que se c&#233;l&#233;brait sur la place une f&#234;te de quartier baptis&#233;e &#171; La table est Plaine &#187;, et que se reconstruisaient avec des madriers recycl&#233;s de superbes tables et bancs &#8211; les pr&#233;c&#233;dents ayant &#233;t&#233; d&#233;truits le 18 mars par 70 municipaux d&#233;cha&#238;n&#233;s &#8211;, une assembl&#233;e de &#171; 13-en-lutte &#187; s'est tenue dans le square. Y &#233;taient discut&#233;s la tentative de greffe de Nuit Debout dans une cit&#233; des quartiers Nord, le tractage dans des bo&#238;tes o&#249; le pr&#233;cariat est tel que les employ&#233;s ne peuvent le faire sous peine de sanctions, ainsi que le blocage des flux &#233;conomiques pour compenser l'isolement d'une majorit&#233; de travailleurs aujourd'hui. Juste &#224; c&#244;t&#233;, des familles profitaient des tables nouvellement construites pour pique-niquer, les gamins se pressaient autour de jeux &#233;ph&#233;m&#232;res install&#233;s sur l'esplanade, et des grillades embaumaient l'atmosph&#232;re&#8230; Cet apr&#232;s-midi-l&#224;, point de police, sans doute d&#233;boussol&#233;e par l'&#233;clectisme d'une telle kermesse. Pourtant, dans la matin&#233;e, elle &#233;tait all&#233;e jusqu'&#224; fouiller les gens qui arrivaient sur le Vieux-Port pour la traditionnelle manif du 1er-Mai, embarquant toute personne &#171; arm&#233;e &#187; de s&#233;rum physiologique, de lunettes de plong&#233;e ou&#8230; de baguettes de tambour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH500/-24-c0d9b.jpg?1782641434' width='400' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Son absence s'explique peut-&#234;tre aussi par un travail de sape men&#233; par les autorit&#233;s en amont de cette radieuse journ&#233;e. Mise sous pression par des coups de fil alarmistes &#8211; &#171; &lt;i&gt; la place va &#234;tre quadrill&#233;e par les CRS, vos enfants seront en danger&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, la sardinade des Feignants, une tradition institu&#233;e depuis plus de vingt ans par les membres du Massilia Chourmo pour conclure en beaut&#233; la f&#234;te du Travail, avait &#233;t&#233; annul&#233;e, puis transf&#233;r&#233;e &#224; la friche de la Belle-de-Mai. D&#233;sistement dont personne dans le quartier ne pouvait se r&#233;jouir. C'&#233;tait la derni&#232;re d'une s&#233;rie de man&#339;uvres qui cherchent &#224; casser les solidarit&#233;s entre &#171; jeunes &#187; et &#171; anciens &#187; : pression sur le boul&#233;gant club de supporters Marseille trop puissant (MTP), amendes pour affichage sauvage frappant les locaux associatifs qui re&#231;oivent les r&#233;unions de l'assembl&#233;e, menace de fermeture administrative sur un bar embl&#233;matique de la place, puis ce coup tordu pour &#233;loigner la populaire sardinade des tchatcheurs occitanistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors la question de ce qu'est une assembl&#233;e de quartier et &#224; quoi elle sert. &#192; l'automne 2015, celle de La Plaine a lev&#233; le li&#232;vre du projet de r&#233;novation de la place Jean-Jaur&#232;s, jusque-l&#224; tenu secret. Elle a ensuite &#339;uvr&#233; &#224; la d&#233;construction d'une concertation publique pip&#233;e (&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-La-Plaine-quartier-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;138&lt;/a&gt;) et au d&#233;cryptage du cahier des charges de la Soleam, la soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement aux manettes dans la &#171; reconqu&#234;te &#187; du centre-ville. Une lettre ouverte a &#233;t&#233; envoy&#233;e aux quatre &#233;quipes de paysagistes-architectes pressenties pour redessiner la place. Des liens de complicit&#233; se sont d&#233;velopp&#233;s avec les forains. Parce qu'il renforce les capacit&#233;s de r&#233;sistance, ce processus est un combat en lui-m&#234;me. Cette assembl&#233;e se veut un lieu de rencontre, de mise en commun, de d&#233;bat entre les diverses sensibilit&#233;s en pr&#233;sence. Un espace qui, pour jouer pleinement son r&#244;le, doit &#234;tre ouvert et accueillant. Une vraie culture de quartier vivra et se transmettra si elle respecte et r&#233;unit &#171; anciens &#187; et &#171; nouveaux &#187;, forains, sc&#232;ne musicale et r&#233;appropriation collective de la place pour y faire la f&#234;te, mais aussi pour discuter ensemble de ce que La Plaine veut &#224; la fois rester et devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signez la p&#233;tition :&lt;/strong&gt; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/mairie-de-marseille-r%C3%A9novation-urbaine-%C3%A0-marseille-respectez-la-plaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;novation &#224; Marseille : Touchez pas &#224; la Plaine !&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Marseille &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-La-Plaine-quartier-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine, quartier libre&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;138 (d&#233;cembre 2015).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Plaine, &#244; ma Plaine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-quartier-a-cran' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un quartier &#224; cran&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;strong&gt;Marseille : guerre aux ind&#233;sirables &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sur-La-Plaine-le-marche-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur La Plaine, le march&#233; des derniers jours&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Urbanisme &#224; la tron&#231;onneuse &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-Plaine-emmuree' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine emmur&#233;e&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170 (novembre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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