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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Grandir sous l'&#339;il de l'atome</title>
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		<dc:creator>Ema Alvarez</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies, les habitants de Bure doivent cohabiter avec le projet de poubelle nucl&#233;aire port&#233; par l'Agence nationale de gestion des d&#233;chets radioactifs. Parfois venus de loin, des militants se sont install&#233;s dans les environs pour organiser la lutte. Mais cette opposition n'a pas toujours bonne presse et le village subit l'omnipr&#233;sence polici&#232;re. C'est dans ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re que Lisette a pass&#233; son adolescence. Quand elle arrive &#224; Bure, un village de 90 &#226;mes au sud de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH90/-1844-1605a.jpg?1782712319' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies, les habitants de Bure doivent cohabiter avec le projet de poubelle nucl&#233;aire port&#233; par l'Agence nationale de gestion des d&#233;chets radioactifs. Parfois venus de loin, des militants se sont install&#233;s dans les environs pour organiser la lutte. Mais cette opposition n'a pas toujours bonne presse et le village subit l'omnipr&#233;sence polici&#232;re. C'est dans ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re que Lisette a pass&#233; son adolescence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand elle arrive &#224; Bure, un village de 90 &#226;mes au sud de la Meuse, Lisette&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a une quinzaine d'ann&#233;es. Ses parents ont achet&#233; une vieille bicoque pour presque rien. Ils ne sont pas venus pour &#231;a mais se retrouvent vite plong&#233;s dans l'&#233;mulsion de la lutte &#233;cologique, sociale et politique qui prend forme. Nous sommes au mitan des ann&#233;es 2000, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'opposition au projet d'enfouissement de d&#233;chets nucl&#233;aires commence &#224; s'enraciner, notamment gr&#226;ce &#224; l'arriv&#233;e de militants venus d'ailleurs. Lisette se souvient : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait tr&#232;s impressionnant, tous ces gens qui arrivaient de loin avec de nouvelles id&#233;es, une autre mani&#232;re de vivre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfouissement des d&#233;chets a beau n'&#234;tre encore qu'un projet, ses r&#233;percussions suintent d&#233;j&#224; &#224; la surface : toxique socialement avant m&#234;me de l'&#234;tre sanitairement. D'une part, la pr&#233;sence gendarmesque se fait de plus en plus pesante. D'autre part, le monstre nucl&#233;aire a besoin de terres pour monter son projet : &#224; terme, 15 km&lt;sup&gt;&#178;&lt;/sup&gt; de galeries souterraines destin&#233;es &#224; enterrer quelque 80 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; de d&#233;chets radioactifs. Pour se procurer le foncier n&#233;cessaire, l'Andra ach&#232;te aux habitants leurs champs et bouts de for&#234;t &#224; des tarifs largement sup&#233;rieurs aux prix du march&#233; &#8211; quand elle ne propose pas, en &#233;change, des terrains situ&#233;s plus loin, mais deux ou trois fois plus grands. La r&#233;gion est pauvre, celles et ceux qui y vivent n'ont pas vraiment le choix : la plupart acceptent le deal. Dans l'entourage de Lisette, certains habitants s'&#233;taient un peu engag&#233;s dans la lutte au d&#233;but, bloquant les premiers trains apportant le mat&#233;riel de construction, manifestant devant les bureaux de l'Andra ; ils se sentent d&#233;sormais collabos. Partag&#233;s entre un sentiment de culpabilit&#233; et d'ill&#233;gitimit&#233;, ils se tiennent peu &#224; peu &#224; l'&#233;cart de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Police partout, intimit&#233; nulle part&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Adolescente, Lisette subissait d&#233;j&#224; les contr&#244;les policiers &#224; r&#233;p&#233;tition. Pas parce qu'elle &#233;tait suspect&#233;e de faire partie de la r&#233;sistance, mais parce que Bure et sa r&#233;gion &#233;taient d&#233;j&#224; un terrain propice &#224; la r&#233;pression : la Meuse est l'un des d&#233;partements les plus pauvres du pays, la consommation et le business de l'h&#233;ro&#239;ne y font partie int&#233;grante du paysage. L'adolescence l&#224;-bas, c'&#233;taient les fouilles au corps journali&#232;res et les copains qui tombent dans la dope. Cette r&#233;pression quotidienne et le projet de l'Andra ont fait na&#238;tre en elle de puissantes r&#233;flexions politiques. Mais avec ses copines, Lisette ne discutait pas de tout &#231;a. Rien que d'en parler, c'&#233;tait dangereux. Enfin, c'est ce qui se racontait ; du coup, tout le monde se taisait. La machine de la peur &#233;tait en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, &#231;a se corse. Alors qu'elle s'&#233;tait envol&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es vers d'autres ailleurs, Lisette tombe malade. Et revient passer quelques semaines chez ses parents. Le village est transform&#233; : les gendarmes sont partout. Les militaires sont partout. Les services de renseignement sont partout. Une grande enqu&#234;te judiciaire pour &#171; association de malfaiteurs &#187; &lt;i&gt;[lire ci-contre]&lt;/i&gt; vient de d&#233;buter et des moyens martiaux sont d&#233;ploy&#233;s pour identifier les pr&#233;tendus malfrats. Sur l'unique rond-point du village, des bidasses en treillis exhibent leur attirail l&#233;tal. Chaque matin, avec sa m&#232;re, Lisette se pose sur le pas de la porte pour compter les passages des voitures bleu-blanc-rouge : 1, 2, 3, 4, 5&#8230; 25. Vingt-cinq en une journ&#233;e ! Dans le reflet de sa tasse de th&#233;, elle peut contempler les va-et-vient des drones qui observent chaque recoin de pelouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surveillance s'infiltre dans les entrailles et s'y cristallise. Depuis, Lisette a peur, tout le temps, d'&#234;tre observ&#233;e. Contr&#244;l&#233;e. &#201;cout&#233;e. En elle, un refus de toute forme d'autorit&#233; et une rage ont grandi : &#171; &lt;i&gt;Plus tard, tu conscientises que toute ta vie a finalement &#233;t&#233; construite autour de ces r&#233;flexions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet aura putr&#233;fi&#233; jusqu'&#224; ses souvenirs d'enfance : &#171; &lt;i&gt;On dit que la Meuse, c'est moche, c'est plat, mais ce n'est pas vrai&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Il y a des super beaux endroits et ils vont &#234;tre compl&#232;tement d&#233;truits&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Il para&#238;t que la rivi&#232;re d'Orman&#231;on va &#234;tre recouverte de cailloux pour drainer les sols. &#199;a n'est qu'une rumeur mais c'est terrible d'imaginer cette vall&#233;e, o&#249; l'on allait se baigner, compl&#232;tement saccag&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Lisette connaissait tous les chemins du bois Lejuc, en dessous duquel vont &#234;tre enterr&#233;s les d&#233;chets radioactifs : &#171; &lt;i&gt;J'allais me promener presque tous les jours, le sol &#233;tait recouvert de chanterelles, je m'arr&#234;tais toutes les cinq minutes pour les ramasser&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, il y a des cam&#233;ras accroch&#233;es aux arbres et celui qui p&#233;n&#232;tre dans la zone risque 500 &#8364; d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Ema Alvarez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le m&#234;me sujet, lire aussi &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Bure-qui-sont-les-malfaiteurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Bure, &#8220;qui sont les malfaiteurs ?&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, publi&#233; dans le m&#234;me num&#233;ro de &lt;/i&gt;CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'Asie du Sud-Est d&#233;borde sous les d&#233;chets occidentaux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-l-Asie-du-Sud-Est-deborde</link>
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		<dc:date>2019-12-20T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Mano&#239;&#239;&#239;&#239;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis que la Chine a dit stop, des cargos entiers d'ordures du monde &#171; d&#233;velopp&#233; &#187; sont envoy&#233;s dans d'autres pays asiatiques&#8230; qui avaient d&#233;j&#224; du mal &#224; s'occuper de leurs propres d&#233;tritus. Au bout de la cha&#238;ne, des populations pauvres subissent la pollution. Il est 5 h du mat', l'heure &#224; laquelle il ferait bon se balader &#224; la fra&#238;che &#224; Kalianyar, petit village de Java-Est, si les villageois.es n'y br&#251;laient leurs d&#233;chets : feuilles mortes et emballages plastiques d&#233;gagent leur fum&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manoiiii" rel="tag"&gt;Mano&#239;&#239;&#239;&#239;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets-plastiques" rel="tag"&gt;d&#233;chets plastiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plastiques" rel="tag"&gt;plastiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plastiques-recyclables" rel="tag"&gt;plastiques recyclables&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mageswari" rel="tag"&gt;Mageswari&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud-Est" rel="tag"&gt;Sud-Est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Malaisie" rel="tag"&gt;Malaisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets-locaux" rel="tag"&gt;d&#233;chets locaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis que la Chine a dit stop, des cargos entiers d'ordures du monde &#171; d&#233;velopp&#233; &#187; sont envoy&#233;s dans d'autres pays asiatiques&#8230; qui avaient d&#233;j&#224; du mal &#224; s'occuper de leurs propres d&#233;tritus. Au bout de la cha&#238;ne, des populations pauvres subissent la pollution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH618/-1389-86784.jpg?1782651730' width='400' height='618' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mano&#239;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l est 5 h du mat', l'heure &#224; laquelle il ferait bon se balader &#224; la fra&#238;che &#224; Kalianyar, petit village de Java-Est, si les villageois.es n'y br&#251;laient leurs d&#233;chets : feuilles mortes et emballages plastiques d&#233;gagent leur fum&#233;e devant chaque maison. Slamet Riyadi, un homme de 40 ans qui bosse dans le tourisme apr&#232;s avoir appris l'anglais sur le tas, explique : &#171; &lt;i&gt;Les villageois.es croient que comme ils ne voient plus rien, il n'y a plus rien. Mais le plastique reste ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Indon&#233;sie, seules les grandes villes organisent la collecte de d&#233;chets. Slamet aimerait monter une asso &#233;colo pour s'organiser, trier et vendre ce qui peut &#234;tre recycl&#233;, composter les mati&#232;res organiques et pour le reste&#8230; on verra. Pour l'instant, il est un peu seul &#224; s'inqui&#233;ter des fum&#233;es pleines de dioxine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de la capitale provinciale, Surabaya, les militant&#8226;es &#233;colos de l'association Ecoton sont plus rod&#233;&#8226;es. Depuis des ann&#233;es, ces biologistes de formation alertent sur la qualit&#233; des eaux du fleuve Brantas dont les poissons deviennent hermaphrodites, probablement &#224; cause des d&#233;p&#244;ts de micro-plastiques qu'on retrouve dans leurs entrailles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tri-athl&#232;tes occidentaux et chiffonniers javanais&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Indon&#233;sie d&#233;borde sous ses d&#233;chets&#8230; et maintenant sous les n&#244;tres, &#224; nous les Occidentaux qui faisons bien le tri. Trop bien, d'ailleurs. On appelle &#231;a le &lt;i&gt;wishcycling&lt;/i&gt; : ce petit pot de yaourt bio ou vegan pas recyclable, si je le triais avec les plastiques recyclables, peut-&#234;tre que &#231;a marcherait ? Non ?&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autrement dit, le wishcycling consiste &#224; encombrer les fili&#232;res de recyclage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le nom g&#233;n&#233;rique de plastique, on trouve de tout, marqu&#233; de 1 &#224; 7 sur l'emballage. 1 pour le polyt&#233;r&#233;phtalate d'&#233;thyl&#232;ne (PET), celui des bouteilles d'eau ou de soda. 2 pour le poly&#233;thyl&#232;ne haute densit&#233; (PE-HD), celui des bouteilles de lait, d'huile ou de lessive. 5 pour le polypropyl&#232;ne (PP) dont on fait des usages vari&#233;s. Les autres sont &#224; jeter, br&#251;ler &#8211; on fait comme on peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1950, quand les industriels ont commenc&#233; &#224; g&#233;n&#233;raliser l'emballage jetable pour rejeter leurs co&#251;ts sur la collectivit&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Eh bien, recyclez maintenant ! &#187;, Gr&#233;goire Chamayou, Le Monde diplomatique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, seulement 9 % des plastiques produits dans le monde ont &#233;t&#233; recycl&#233;s. D'autres industriels font leur business dans le traitement des d&#233;chets, incin&#233;ration ou recyclage, mais un mauvais tri (&lt;i&gt;wishcycling&lt;/i&gt; ou n&#233;gligence) rench&#233;rit le co&#251;t du recyclage. Alors soit tout est br&#251;l&#233; ensemble dans nos incin&#233;rateurs, soit les d&#233;chets sont envoy&#233;s vers des pays o&#249; de plus pauvres pourront faire leur miel de nos poubelles : une bouteille PET de soda &#224; revendre &#224; une usine locale, un billet de 5 dollars canadiens&#8230; Sur leur tas de d&#233;chets &#224; quelques kilom&#232;tres des locaux d'Ecoton, des chiffonniers exhibent l'une de leurs trouvailles, un drapeau &#233;tats-unien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un commerce mondial de d&#233;chets&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise des d&#233;chets de 2018, les pays d'Asie du Sud-Est doivent traiter tant bien que mal des d&#233;tritus du monde entier. Quelle crise ? La Chine, qui faisait le boulot, a pr&#233;venu mi-2017 qu'elle fermerait ses portes au 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; janvier suivant et les industriels ont report&#233; une partie de leur activit&#233; vers des endroits o&#249; l'on ne sait d&#233;j&#224; pas quoi faire des d&#233;chets locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur usage abondant de plastiques, ni l'Indon&#233;sie, ni la Tha&#239;lande ou la Malaisie n'ont de solution technique miraculeuse pour les traiter. Ce sont en revanche des &#201;tats aux l&#233;gislations environnementales peu exigeantes&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Roumanie, plus proche, re&#231;oit aussi des d&#233;chets ouest-europ&#233;ens, mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Leurs populations pauvres ont du mal &#224; faire valoir leur droit &#224; un environnement sain ou &#224; refuser de travailler dans les d&#233;charges qui, depuis 2018, ont surgi dans ces trois pays. Ces activit&#233;s existaient avant le retrait chinois, mais elles ont depuis pris une tout autre dimension.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;charges sauvages en Malaisie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alert&#233;&#8226;es par les mauvaises odeurs et des probl&#232;mes dermatologiques et respiratoires, des villageois&#8226;es de la c&#244;te ouest malaisienne d&#233;couvrent, site apr&#232;s site, des ateliers de traitement des d&#233;chets sur leur territoire. Les d&#233;chets y sont tri&#233;s, br&#251;l&#233;s &#224; l'air libre ou dispers&#233;s dans la nature, parfois simplement stock&#233;s en attendant la saturation du site et la fuite des entrepreneurs voyous. Les branches locales des ONG internationales sont sur le coup : Greenpeace sort un rapport fin 2018, GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives) en avril 2019. C'est Mageswari Sangaralingam, une Indienne-Malaisienne d&#233;j&#224; crois&#233;e dans des luttes pour les peuples autochtones avec les Amis de la Terre, qui s'occupe pour GAIA du dossier. Le sujet sort dans les m&#233;dias occidentaux et les reporters viennent se pencher sur leurs poubelles : &#171; &lt;i&gt;Les journalistes &#233;trangers sont tout excit&#233;s quand ils trouvent un d&#233;chet qui vient de chez eux dans une d&#233;charge&lt;/i&gt; &#187;, note Mageswari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Konbini s'indigne dans une courte vid&#233;o de briques de lait fran&#231;ais au milieu des cocotiers et nous apprend au passage que ce sont seulement 2 % de nos d&#233;chets qui font de tels d&#233;g&#226;ts. L'AFP et Konbini seront les seuls &#224; traiter correctement le sujet en France. Crise globale des d&#233;chets plastiques et de la qualit&#233; des eaux, aberration &#233;cologique de d&#233;tritus transport&#233;s sur des dizaines de milliers de kilom&#232;tres, aspects n&#233;ocoloniaux du libre-&#233;change, piti&#233; pour des populations rendues malades par nos plastiques ou qui trouvent de quoi vivre en fouillant dans nos poubelles&#8230; d'autres publications, notamment am&#233;ricaines, couvrent mieux la question.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Interdiction du trafic de d&#233;chets plastiques&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mai 2019 a lieu une conf&#233;rence internationale &#224; Gen&#232;ve, &#224; laquelle participent Mageswari et Prigi Arisandi, pr&#233;sident de l'association Ecoton. La Norv&#232;ge, suivant les recommandations d'ONG du Sud-Est asiatique, a propos&#233; l'int&#233;gration des d&#233;chets plastiques &#224; la convention de B&#226;le sur les d&#233;chets dangereux. Dangereux, ils le sont bien, puisque tous ces plastiques lib&#232;rent des composants toxiques, en d&#233;charge ou lors de l'incin&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains, bien qu'ils ne soient pas signataires de cette convention, sont tr&#232;s pr&#233;sents pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. Avec le Conseil am&#233;ricain des industries chimiques et l'Institut des industries du recyclage des d&#233;chets, ils s'opposent &#224; cette proposition qui est malgr&#233; tout adopt&#233;e. Mageswari et Prigi ont gagn&#233; : le commerce international des d&#233;chets plastiques non recyclables, souill&#233;s ou m&#233;lang&#233;s est d&#233;sormais interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers la Malaisie que la plus grande quantit&#233; de d&#233;chets a &#233;t&#233; envoy&#233;e en 2018. Les d&#233;couvertes de cargaisons ill&#233;gales se chiffrent par centaines de conteneurs en mai-juin 2019 : une cargaison espagnole de d&#233;chets plastiques souill&#233;s d&#233;clar&#233;e de mani&#232;re trompeuse &#224; Klang, 265 conteneurs &#224; Butterworth (deuxi&#232;me port du pays), cachant des d&#233;chets organiques en d&#233;composition sous des d&#233;chets plastiques recyclables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retour des d&#233;chets &#224; l'envoyeur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les politiques locaux (qui en 2018 avaient refus&#233; d'interdire les importations au motif que &#231;a fait du business) se payent des acc&#232;s de patriotisme &#233;cologique. La ministre de l'Environnement malaisienne Yeo Bee Yin promet le renvoi de 3 000 tonnes vers leurs pays d'origine. Le leader autoritaire philippin Rodrigo Duterte somme le Canada de reprendre ses d&#233;chets, rappelle ses diplomates et envoie 69 conteneurs vers le port de Vancouver, mena&#231;ant de couler la cargaison dans les eaux territoriales canadiennes. En septembre, la R&#233;publique indon&#233;sienne continue &#224; renvoyer &#224; l'envoyeur des cargaisons ill&#233;gales comme celle-ci : cinq conteneurs partis de Seattle (&#201;tats-Unis) et arriv&#233;s en juin, cens&#233;s contenir du papier &#224; recycler. Au milieu du papier se trouvaient des d&#233;chets plastiques, des bouteilles et m&#234;me des couches pour b&#233;b&#233; usag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie de l'actualit&#233;, la pr&#233;c&#233;dente campagne d'Ecoton cherchait &#224; sensibiliser des riverain&#8226;es du fleuve Brantas et mettait en place un r&#233;seau de collecte des couches. Pendant ce temps, les expats &#224; Bali r&#233;inventent dans leurs supermarch&#233;s les emballages traditionnels &#224; base de feuilles de bananier. Z&#233;ro d&#233;chet pour les riches, fum&#233;es &#224; la dioxine pour les pauvres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire&lt;/strong&gt; sur &lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Asialyst.com&lt;/a&gt;, une s&#233;rie de trois reportages dont est tir&#233; cet article et d'autres ressources sur le sujet. Notamment :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/2019/04/27/recycles-non-dechets-plastiques-inondent-asie-sud-et/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Recycl&#233;s ? Non, nos d&#233;chets plastiques inondent l'Asie du Sud-Est&lt;/a&gt; &#187; (27/04/2019).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/2019/05/16/nos-dechets-plastiques-inonder-asie-du-sud-est-convention-bale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nos d&#233;chets plastiques ne pourront plus inonder l'Asie du Sud-Est, selon la convention de B&#226;le (si elle est respect&#233;e)&lt;/a&gt; &#187; (16/05/2019).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/2019/06/17/quand-asie-du-sud-est-nos-renvoie-nos-dechets-plastiques/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand l'Asie du Sud-Est nous renvoie nos d&#233;chets plastiques&lt;/a&gt; &#187; (17/06/2019).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Autrement dit, le&lt;i&gt; wishcycling &lt;/i&gt;consiste &#224; encombrer les fili&#232;res de recyclage avec des produits non recyclables, ce qui diminue l'efficience du processus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/CHAMAYOU/59563&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eh bien, recyclez maintenant !&lt;/a&gt; &#187;, Gr&#233;goire Chamayou, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; (f&#233;vrier 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Roumanie, plus proche, re&#231;oit aussi des d&#233;chets ouest-europ&#233;ens, mais pour l'incin&#233;ration : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-roumanie-nouvel-eldorado-de-l-incineration-de-dechets?id=10236367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Roumanie, nouvel &#8220;eldorado&#8221; de l'incin&#233;ration de d&#233;chets&lt;/a&gt; &#187;, RTBF.be (02/06/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ordis ne naissent pas dans les choux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-ordis-ne-naissent-pas-dans-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-ordis-ne-naissent-pas-dans-les</guid>
		<dc:date>2019-04-25T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Krief</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>produits</dc:subject>
		<dc:subject>donn&#233;es</dc:subject>
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		<dc:subject>m&#233;taux</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les outils informatiques, si minuscules et miraculeux soient-ils, n'en n&#233;cessitent pas moins de grandes quantit&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, d'&#233;nergie et de travail pour &#234;tre mis au point et fonctionner. Tour d'horizon de l'envers infernal du monde num&#233;rique. Les machines sophistiqu&#233;es qui nous entourent sont fabriqu&#233;es &#224; partir de mat&#233;riaux qu'il faut aller extraire des entrailles de la Terre avec des proc&#233;d&#233;s industriels n&#233;cessitant beaucoup de m&#233;taux lourds et de produits chimiques, tous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/donnees" rel="tag"&gt;donn&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chine" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metaux-lourds" rel="tag"&gt;m&#233;taux lourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metaux" rel="tag"&gt;m&#233;taux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/data-centers" rel="tag"&gt;data centers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fabrication" rel="tag"&gt;fabrication&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-extraction" rel="tag"&gt;l'extraction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les outils informatiques, si minuscules et miraculeux soient-ils, n'en n&#233;cessitent pas moins de grandes quantit&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, d'&#233;nergie et de travail pour &#234;tre mis au point et fonctionner. Tour d'horizon de l'envers infernal du monde num&#233;rique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L220xH294/-1132-71c75.jpg?1782666162' width='220' height='294' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;151 de CQFD, illustr&#233;e par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es machines sophistiqu&#233;es qui nous entourent sont fabriqu&#233;es &#224; partir de mat&#233;riaux qu'il faut aller extraire des entrailles de la Terre avec des proc&#233;d&#233;s industriels n&#233;cessitant beaucoup de m&#233;taux lourds et de produits chimiques, tous tr&#232;s toxiques, ainsi que des quantit&#233;s tr&#232;s importantes de p&#233;trole et d'eau. Il faut &#233;galement un outillage technologique tr&#232;s pointu. Par exemple, la fabrication d'une tablette ou d'un smartphone n&#233;cessite 62 m&#233;taux diff&#233;rents et beaucoup de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Qui dit informatique, dit extractivisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, des populations enti&#232;res se voient sacrifi&#233;es sur l'autel de l'extractivisme, inh&#233;rent au progr&#232;s technologique. En Am&#233;rique du Sud, en Afrique, en Chine comme aux quatre coins du globe, l'exploitation industrielle de la nature s'intensifie sans aucune consid&#233;ration pour les peuples qui vivent sur les territoires concern&#233;s par l'extraction des minerais, m&#233;taux, terres rares, sable, p&#233;trole, gaz de schiste ou sables bitumineux. Priv&#233;s de leur autonomie et de l'acc&#232;s &#224; leurs terres ancestrales pour s'alimenter, ils sont contraints de rejoindre des bidonvilles ou de boire une eau pollu&#233;e et de respirer un air vici&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour les minerais, le p&#233;trole, le gaz ou les aliments industriels produits en masse pour &#234;tre export&#233;s, on pi&#233;tine les &#233;conomies locales pr&#233;existantes, les cultures, la nature, le mode de vie et l'organisation sociale. Le seul complexe minier de Yanacocha (P&#233;rou) est autoris&#233; &#224; pomper jusqu'&#224; 900 litres d'eau par seconde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anna Bednik, Extractivisme, &#233;d. Le Passager clandestin, 2015.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film de Franck Piasecki Poulsen &lt;i&gt;Du sang dans nos portables&lt;/i&gt; montre de mani&#232;re &#233;loquente comment l'extraction du tantale au Congo, n&#233;cessaire &#224; la fabrication des cartes m&#232;res et des circuits imprim&#233;s, ravage le pays, poussant les enfants &#224; la guerre, les adultes &#224; mourir ensevelis dans des mines et les habitants des villages voisins &#224; contracter de nombreuses maladies li&#233;es &#224; la pollution de l'air et des rivi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se produit en Chine avec l'extraction du n&#233;odyme, &#233;l&#233;ment indispensable &#224; la fabrication des aimants des haut-parleurs. La ville de Baotou produit 97 % du n&#233;odyme mondial en utilisant des bains d'acide, de m&#233;taux lourds et de soude ; ce qui a un impact d&#233;sastreux sur l'environnement. La production d'une tonne de n&#233;odyme entra&#238;ne une tonne de d&#233;chets et rejette 75 000 litres d'eau acide. Le taux annuel de d&#233;chets atteint 600 000 tonnes. Ce qui a des cons&#233;quences terribles pour la sant&#233; des habitants. Cette ville est ainsi surnomm&#233;e &#171; ville des cancers &#187; par l'&#233;quipe m&#233;dicale de l'h&#244;pital local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet extractivisme mondial, qui pr&#233;levait 40 milliards de tonnes de ressources en 1980, aura doubl&#233; de volume en 2020, alors que les ressources sont de plus en plus difficiles d'acc&#232;s, n&#233;cessitant pour leur extraction de plus en plus d'&#233;nergie et de produits toxiques et donc g&#233;n&#233;rant de plus en plus de pollutions&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : ecoinfo.cnrs.fr&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour r&#233;pondre &#224; cette p&#233;nurie annonc&#233;e, la loi Macron a lanc&#233;, suite &#224; une directive europ&#233;enne sur les m&#233;taux critiques, une grande campagne d'ouverture de mines sur le territoire fran&#231;ais. Ce qui revient &#224; dire que cette destruction et son lot de pollutions viendront s'ajouter &#224; toutes celles que nous subissons d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, les travaux du professeur S&#233;ralini sont pr&#233;cieux. une &#233;tude r&#233;cente sur les effets des polluants sur la sant&#233; des f&#339;tus r&#233;v&#232;le la pr&#233;sence de plus de 400 polluants, r&#233;sidus de gaz de moteur, de pesticides et de m&#233;taux lourds. Ce qui explique l'augmentation vertigineuse des cancers, des maladies cardio-vasculaires et neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives ainsi que de l'autisme dans nos soci&#233;t&#233;s industrielles&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : criigen.org&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue &#224; Smartphone-City&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'extraction achev&#233;e, il faut assembler les pi&#232;ces. Les proc&#233;d&#233;s de fabrication employ&#233;s cr&#233;ent un nouvel esclavage moderne. Les sous-traitants des multinationales implantent en Chine (et maintenant en &#201;thiopie, Vietnam, Tch&#233;quie ou encore Slovaquie) des usines qui sont de v&#233;ritables villes dans lesquelles travaillent les ouvriers fabricant les objets num&#233;riques. Leur situation est extr&#234;mement pr&#233;caire et les directions utilisent des m&#233;thodes de gestion autoritaires et violentes. Peu de t&#233;moignages arrivent jusqu'&#224; nous &#224; l'exception de deux reportages diffus&#233;s sur France T&#233;l&#233;vision (&#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; en d&#233;cembre 2012 et &#171; Cash Investigation &#187; en novembre 2015) et d'un livre bouleversant, &lt;i&gt;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi &#8211; &#233;d. Agone 2015.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Ils r&#233;v&#232;lent des cadences de travail infernales, des conditions de vie d&#233;plorables et des salaires ind&#233;cents. Ils montrent des dortoirs sans commodit&#233;s ni intimit&#233;, un isolement terrible et une vie soumise. Nombreux sont les enfants chinois contraints de travailler dans ces &#171; usines-dortoirs &#187;, 12 heures par jour, de jour comme de nuit, avec seulement 2 jours de repos mensuels. C'est une vague de suicides sans pr&#233;c&#233;dent qui amena les journalistes &#224; s'int&#233;resser &#224; ces usines g&#233;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ravages &#233;cologiques et humains se poursuivent dans la main des utilisateurs. En effet, l'activit&#233; principale d'une majorit&#233; de terriens, qui ne cesse d'augmenter, est de scruter un petit &#233;cran tenu &#224; bout de bras tout en tapant dessus compulsivement (1,5 milliard de smartphones vendus dans le monde en 2015). Ainsi, le monde r&#233;el dispara&#238;t et chacun peut &#224; sa guise naviguer et acheter sur Internet, lire et &#233;crire des courriels et des &#171; SMS &#187;, visionner des &#233;missions de t&#233;l&#233;vision ou des films, jouer &#224; des jeux et t&#233;l&#233;phoner. Or, pour se livrer &#224; ces occupations de plus en plus nombreuses, les possesseurs de ces merveilles connect&#233;es sollicitent en permanence des &#171; centres de donn&#233;es &#187; (&lt;i&gt;data centers&lt;/i&gt;), la &#171; salle des machines &#187; ou la face cach&#233;e de nos vies virtuelles. une &#233;nergie &#233;lectrique consid&#233;rable est n&#233;cessaire pour faire fonctionner leurs disques durs g&#233;ants et les ventilateurs indispensables pour les refroidir. Cela cr&#233;e des nuisances sonores importantes et r&#233;cemment, un premier proc&#232;s a &#233;t&#233; intent&#233; par des riverains contre un &lt;i&gt;data center&lt;/i&gt; &#224; Saint-Denis (93).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les &lt;i&gt;data centers&lt;/i&gt;, des ogres insatiables&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un journal de Radio France de d&#233;cembre 2012 estimait que les centres de donn&#233;es consommaient alors 9% de l'&#233;lectricit&#233; totale fournie en France. Il citait &#233;galement le rapport remis au gouvernement &#171; D&#233;veloppement &#233;coresponsable et TIC &#187;, dans lequel est pr&#233;vu que la consommation &#233;lectrique des data centers augmentera de 10% chaque ann&#233;e. Par ailleurs, si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'Arcep (Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des postes), le volume de donn&#233;es consomm&#233;es par nos connexions est pass&#233; de 90 000 t&#233;raoctets en 2012 &#224; 310 000 t&#233;raoctets en 2014. Soit une multiplication par 3,4 en 3 ans. La consommation &#233;nerg&#233;tique des centres de donn&#233;es &#233;tant proportionnelle &#224; ce volume, elle continuera d'augmenter consid&#233;rablement dans les temps prochains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos connexions et tous nos gestes &#171; num&#233;riques &#187; fabriquent des donn&#233;es collect&#233;es gr&#226;ce &#224; des algorithmes surpuissants appartenant au Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et leur permettent de s'enrichir par la publicit&#233; et de contr&#244;ler tous nos faits et gestes ; tout en n&#233;cessitant encore des machines sophistiqu&#233;es, de l'&#233;nergie et des mat&#233;riaux pour les fabriquer et les faire fonctionner. C'est un puits sans fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cons&#233;quence des nouvelles pratiques num&#233;riques, addictions aux smartphones et temps tr&#232;s long pass&#233; devant les &#233;crans (8 heures en moyenne pour les 16-25 ans en 2015 &lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau Morph&#233;e, cit&#233; par Philippe Bihouix et Karine Mauvilly, Le D&#233;sastre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, est l'atomisation du cerveau humain. Ces engins nous mettent en suractivit&#233; permanente sans aucun temps libre pour notre esprit. Leur arborescence uniformise notre pens&#233;e, construisant un monde int&#233;rieur et intime uniforme. Cette nouvelle unicit&#233; de l'&#234;tre s'accompagne d'une perte progressive et in&#233;luctable de nos facult&#233;s &#224; nous situer dans le monde, contribuant ainsi &#224; faire de chaque usager un spectateur passif de son &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'horizon sera complet lorsqu'on aura &#233;voqu&#233; les d&#233;chets provoqu&#233;s par l'obsolescence programm&#233;e pratiqu&#233;e depuis plus d'un si&#232;cle par les industriels. Chaque Fran&#231;ais produit 20kg de d&#233;chets &#233;lectroniques et &#233;lectriques par an dont moins de 5% sont recycl&#233;s. Le reste finit pour l'essentiel dans des d&#233;charges sauvages en Afrique, notamment au Ghana (500 containers de d&#233;chets &#233;lectroniques arrivent tous les mois au port ghan&#233;en de Tema) ou au Nig&#233;ria&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, sur Bastamag, &#171; D&#233;chets &#233;lectroniques : l'envers du d&#233;cor de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; Krief&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anna Bednik, &lt;i&gt;Extractivisme&lt;/i&gt;, &#233;d. Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://ecoinfo.cnrs.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ecoinfo.cnrs.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://criigen.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;criigen.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi &#8211; &#233;d. Agone 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;seau Morph&#233;e, cit&#233; par Philippe Bihouix et Karine Mauvilly, &lt;i&gt;Le D&#233;sastre de l'&#233;cole num&#233;rique,&lt;/i&gt; &#233;d. Le Seuil, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir, sur &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Comment-l-Europe-fait-passer-ses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;chets &#233;lectroniques : l'envers du d&#233;cor de l'industrie des smartphones, ordinateurs et tablettes&lt;/a&gt; &#187;, f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dechets-nucleaires-pres-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dechets-nucleaires-pres-de</guid>
		<dc:date>2018-11-26T15:34:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Andr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>TDN</dc:subject>
		<dc:subject>Areva</dc:subject>
		<dc:subject>Lilian</dc:subject>
		<dc:subject>Herv&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Narbonne</dc:subject>
		<dc:subject>l'installation nucl&#233;aire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches. Avant la stupeur, il y a la grimpette. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Andre" rel="tag"&gt;Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/TDN" rel="tag"&gt;TDN&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Areva" rel="tag"&gt;Areva&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lilian" rel="tag"&gt;Lilian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Herve" rel="tag"&gt;Herv&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Narbonne" rel="tag"&gt;Narbonne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-installation-nucleaire" rel="tag"&gt;l'installation nucl&#233;aire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/-571-27d73.jpg?1782647859' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la stupeur, il y a la grimpette&lt;/strong&gt;. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la mont&#233;e, Lilian rappelle que le site accueillait jadis un oppidum romain. Le domaine du peuple &#233;lisyque. Lilian est membre d'un collectif de riverains, Col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Tout le mobilier arch&#233;ologique a &#233;t&#233; pill&#233; et d&#233;pos&#233; au mus&#233;e de Narbonne. Il n'y a plus de fouilles. Avant, c'&#233;tait magnifique ; depuis qu'Areva&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;est arriv&#233;e, c'est une autre affaire... On n'a m&#234;me plus le droit de s'y promener, parce qu'il s'agit d'une zone rouge.&lt;/i&gt; &#187; Zone rouge : niveau d'al&#233;a toxique tr&#232;s fort. On cherche d'&#233;ventuels panneaux mettant en garde le promeneur. Rien. &#171; &lt;i&gt;Nous, les riverains, on a r&#226;l&#233;. Pas question de se faire confisquer notre coin de balade. Et les politiques sont mal &#224; cause du tourisme&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Lilian. &#192; nos c&#244;t&#233;s crapahutent Andr&#233;, directeur de recherche &#224; l'Inra et membre de l'association de protection de l'environnement Rebresus, Herv&#233; du r&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, Josette de Rebresus et Annie du collectif Familles papillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La stupeur donc quand on arrive au fa&#238;te&lt;/strong&gt;. Vue sur La Plaine, la cath&#233;drale de Narbonne &#224; deux kilom&#232;tres et son aire urbaine de quelque 90 000 habitants. Au pied de Montlaur&#232;s, l'usine Areva Malv&#233;si. Sur la gauche, six esp&#232;ces de piscines b&#226;ch&#233;es. &#192; droite, une sorte de terril &#224; l'air libre. Plus loin, des b&#226;timents, des chemin&#233;es. Un quart de l'uranium mondial arrive ici en train pour &#234;tre &#233;pur&#233; et transform&#233; en combustible nucl&#233;aire. Andr&#233; explique : &#171; &lt;i&gt;Ce sont six bassins d'&#233;vaporation. Ils contiennent 350 000 m&#232;tres cubes de saumures radioactives.&lt;/i&gt; &#187; On hoquette. Tout cela est &#224; l'air libre ? Avec des vignes juste &#224; c&#244;t&#233; et la ville un peu plus loin ? &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est un stock historique qui date de 1959. Le gros massif terreux au centre correspond &#224; l'installation nucl&#233;aire de base : 500 000 tonnes de d&#233;chets et de boues radioactives. Depuis, aucun d&#233;chet n'est sorti du site &#8211; sauf lors de fuites accidentelles, bien s&#251;r.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; la faveur d'un de ces petits incidents&lt;/strong&gt; que les habitants des environs apprennent l'existence de l'installation nucl&#233;aire. En mars 2004, suite &#224; de grosses pluies, les digues d'un bassin de lagunage s'effondrent. 30 000 m&#232;tres cubes de boues s'&#233;pandent dans la nature. Les riverains font faire des pr&#233;l&#232;vements. Le pot aux roses s'appelle radium, plutonium, americium. Lilian montre une petite maison, maintenant propri&#233;t&#233; d'Areva : &#171; &lt;i&gt;Quand l'accident est arriv&#233;, la propri&#233;taire f&#234;tait son anniversaire. Des enfants s'amusaient dans la rivi&#232;re alors que la digue, &#224; c&#244;t&#233;, s'&#233;tait compl&#232;tement effondr&#233;e...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On descend aux abords du grillage&lt;/strong&gt;. De l'autre c&#244;t&#233;, dor&#233;navant inaccessibles, une rivi&#232;re et la source de l'&#338;illade, r&#233;surgence de la nappe phr&#233;atique qui alimente six communes du Narbonnais. Il n'y a pas si longtemps, il y avait une guinguette ici. Termin&#233;. Andr&#233; &#233;voque ces pesticides qui se frayent un chemin &#224; travers la terre et que l'on retrouve dans les nappes phr&#233;atiques : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que les &#233;l&#233;ments radioactifs dans les sols ne risquent pas de migrer ? Les bassins qui stockent les d&#233;chets ont &#233;t&#233; construits dans les terrils d'une ancienne mine de soufre. Sans &#233;tanch&#233;it&#233;. C'est Areva qui le dit. &#192; chaque pluie, l'eau traverse le sol. Elle va o&#249; ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Effet papillon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En septembre 2016&lt;/strong&gt;, une enqu&#234;te publique informait le populo que la d&#233;charge de Malv&#233;si &#233;tait &#224; saturation. Areva avait trouv&#233; une solution pour d&#233;stocker et une nouvelle poubelle : l'atmosph&#232;re. Le proc&#233;d&#233; : un four &#224; combustion de charbon &#224; 850&#176; C cens&#233; br&#251;ler les d&#233;chets nucl&#233;aires et les vaporiser dans l'air. Nom du b&#233;b&#233; : TDN-Thor &#8211; traitement des nitrates. On l&#232;ve la t&#234;te vers les futures fum&#233;es potentiellement radioactives, lorsque Andr&#233; rappelle dans quelle direction souffle le cers. Retour de stupeur. Vers la cath&#233;drale ! Malgr&#233; la protestation populaire, malgr&#233; les aberrations &#233;cologiques et sanitaires, le pr&#233;fet de l'Aude a donn&#233; son aval au TDN, en novembre 2017. Andr&#233; s'est paluch&#233; les 90 pages de l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral dont moins de 8 % portent sur l'installation TDN. &#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu noyer le poisson&#8230; dans l'air. En parlant de d&#233;chets nitrat&#233;s, l'enqu&#234;te publique a, d&#232;s le d&#233;part, minimis&#233; les enjeux car l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral porte bien sur des d&#233;chets radioactifs. Ces deux documents sont pleins de contradictions.&lt;/i&gt; &#187; Puis il souligne en s'&#233;tranglant : &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet a &#233;crit : &#8220; Nous allons faire des campagnes de mesures les premi&#232;res ann&#233;es afin de v&#233;rifier si les hypoth&#232;ses du traitement au niveau des &#233;missions radioactives sont confirm&#233;es. &#8221; Hypoth&#232;ses ! On part sur des hypoth&#232;ses !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; donne quelques billes pour d&#233;crypter l'affaire&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Le TDN &#233;vite l'extension du site avec de nouveaux bassins, tout en augmentant la production de l'usine.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, Areva traite sur le site entre 10 000 et 15 000 tonnes d'uranium par an. Mais l'autorisation pr&#233;fectorale lui permet de monter jusqu'&#224; 21 000 tonnes. &#171; &lt;i&gt;Ce TDN, c'est l'arbre qui cache la for&#234;t. L'usine veut se d&#233;velopper. Derri&#232;re, il y a toute une logique de croissance de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise, avec la construction de nouveaux EPR.&lt;/i&gt; &#187; Herv&#233; en conna&#238;t un rayon sur la fili&#232;re, ces trains d'uranium qui arrivent d'Espagne ou bien d'Allemagne. Au port de Hambourg, des militants surveillent les d&#233;chargements puis tracent les trains jusqu'&#224; Metz. Le trajet Metz-Narbonne est plus flou, car l'hexagone manque d'activistes pour suivre les convois. N'emp&#234;che, l'an pass&#233;, Herv&#233; et une poign&#233;e de motiv&#233;s ont bloqu&#233; un tortillard plein de t&#233;trafluorure d'uranium qui quittait Malv&#233;si : &#171; &lt;i&gt;Un samedi matin, on s'est mis sur la voie face &#224; un train de 300 tonnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annie, elle, &#233;voque le collectif Familles papillons&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;On a r&#233;alis&#233; plusieurs fresques humaines en forme de papillon sur la place de la mairie. Lors de la premi&#232;re, on &#233;tait 1 200, puis 1 900 &#224; la deuxi&#232;me et 2 500 &#224; la derni&#232;re &#8211; petit &#224; petit, on fait boule de neige. Ce qu'on r&#233;clame ? De la transparence. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils ont fait ce qu'ils voulaient. Et on sait que les caisses sont vides et qu'ils vont faire des travaux &#224; l'&#233;conomie. C'est l&#224; o&#249; &#231;a devient dangereux.&lt;/i&gt; &#187; L'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral a eu un petit effet coup de massue ; en ce d&#233;but d'ann&#233;e, l'enjeu est d'abord de secouer les r&#233;sign&#233;s.
Le projet TDN est pr&#233;vu pour fonctionner une quarantaine d'ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Une p&#233;riode pendant laquelle des g&#233;n&#233;rations de Narbonnais vont en respirer les &#233;manations,&lt;/i&gt; pr&#233;dit Andr&#233;. &lt;i&gt;Un million de m&#232;tres cubes de fum&#233;es par jour. Sachant que toute cette industrie &#233;met d&#233;j&#224;, actuellement, des quantit&#233;s d'oxyde d'azote ph&#233;nom&#233;nales. Un gaz dangereux qui attaque les poumons, les voies respiratoires et provoque les pluies acides.&lt;/i&gt; &#187; Une fatalit&#233; ? &#171; &lt;i&gt;Non, il existe d'autres pistes moins polluantes pour r&#233;duire les d&#233;chets. Par exemple, extraire le nitrate au lieu de le br&#251;ler. Mais Areva ne l'utilise pas car elle veut vendre le proc&#233;d&#233; TDN-Thor.&lt;/i&gt; &#187; En janvier 2018, Macron d&#233;croche ainsi un contrat de 10 milliards d'euros avec la Chine pour le traitement des combustibles nucl&#233;aires. Andr&#233; conclut : &#171; &lt;i&gt; Comme l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'&#201;tat prime, on va servir de cobayes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'atome au fil des pages&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L441xH667/-572-0261b.jpg?1782665391' width='441' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Irradiez-les tous !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 140 premi&#232;res pages du livre &lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde comme projet Manhattan, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; diss&#232;quent ce moment o&#249; les &#201;tats-Unis mettent au point, exp&#233;rimentent et larguent la premi&#232;re bombe atomique. Pens&#233;e pour vaincre le nazisme, utilis&#233;e officiellement pour terrasser le Japon, elle est exp&#233;riment&#233;e &lt;i&gt;in vivo&lt;/i&gt; pour sid&#233;rer les Sovi&#233;tiques. La guerre froide commence avec les bombardements de Hiroshima et Nagasaki. La bombe &#171; &lt;i&gt;devait &#234;tre utilis&#233;e dans une zone suffisamment peupl&#233;e pour que les survivants puissent t&#233;moigner de ses terribles effets. En cons&#233;quence, aucune alerte ne serait donn&#233;e aux Japonais avant le bombardement&lt;/i&gt; &#187;. Puis l'auteur fait un bond dans le temps jusqu' en 2011, l'accident de Fukushima. Jean-Marc Royer d&#233;cortique le rapport de la commission d'enqu&#234;te japonaise. Ses conclusions : l'accident nucl&#233;aire &#171; &lt;i&gt;est clairement d'origine humaine&lt;/i&gt; &#187;. Collusions, n&#233;gligences, conflits d'int&#233;r&#234;ts : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire est devenue une force &#233;chappant au contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Royer essaie de cerner cette omerta entretenue par le village nucl&#233;aire mondial. Utilisant les outils de la psychanalyse, il fouille &#224; rebours cette r&#233;volution industrielle vendue comme un grand bond en avant. Une bascule civilisationnelle o&#249; la mort a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt; &#233;rotis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; jusqu'&#224; la rendre d&#233;sirable. Repolitiser la camarde permettrait de rendre au nucl&#233;aire son vrai visage, celui de &#171; &lt;i&gt;figure de proue d'une civilisation fondamentalement morbide, mortif&#232;re et autodestructrice qui s'est violemment impos&#233;e en Occident depuis deux si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187;. Nous n'avons pas d'autre choix que d'en sortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, l'ancien nom a &#233;t&#233; conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;chets nucl&#233;aires : Pourvu que &#231;a Bure pas !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dechets-nucleaires-Pourvu-que-ca</link>
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		<dc:date>2015-06-10T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>Bure</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Maison</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sistance</dc:subject>
		<dc:subject>fili&#232;re nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>champs verts</dc:subject>
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		<dc:subject>Bure Zone</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des champs verts et gris &#224; perte de vue. Quelques &#233;oliennes industrielles pour casser ce morne horizon. Et une des r&#233;gions les moins peupl&#233;es de France. L'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs, y a vu l'endroit id&#233;al pour construire le centre d'enfouissement des d&#233;chets les plus dangereux de notre ch&#232;re industrie nucl&#233;aire. &#192; Bure, village de 90&#8200;habitants dans la Meuse, les &#233;diles du coin ont ainsi donn&#233; leur accord pour accueillir le funeste Centre industriel de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bure" rel="tag"&gt;Bure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maison" rel="tag"&gt;Maison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filiere-nucleaire" rel="tag"&gt;fili&#232;re nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/champs-verts" rel="tag"&gt;champs verts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/poubelle-nucleaire" rel="tag"&gt;poubelle nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bure-Zone" rel="tag"&gt;Bure Zone&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des champs verts et gris &#224; perte de vue. Quelques &#233;oliennes industrielles pour casser ce morne horizon. Et une des r&#233;gions les moins peupl&#233;es de France. L'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs, y a vu l'endroit id&#233;al pour construire le centre d'enfouissement des d&#233;chets les plus dangereux de notre ch&#232;re industrie nucl&#233;aire. &#192; Bure, village de 90&#8200;habitants dans la Meuse, les &#233;diles du coin ont ainsi donn&#233; leur accord pour accueillir le funeste Centre industriel de stockage g&#233;ologique (Cig&#233;o). Le projet consiste &#224; enterrer &#224; 500&#8200;m&#232;tres de profondeur 99 % de la radioactivit&#233; du pays&#8200;&#8211;&#8200;des d&#233;chets qui resteront nuisibles des milliers d'ann&#233;es. Ou comment cacher la poussi&#232;re atomique sous le tapis. L'industrie nucl&#233;aire y joue gros : le Cig&#233;o doit d&#233;montrer &#224; l'international que la France ma&#238;trise, depuis l'extraction de l'uranium jusqu'&#224; la gestion des d&#233;chets, la fili&#232;re nucl&#233;aire dans son ensemble. Le site d&#233;marrera pleinement d&#232;s 2017 pour que les premiers rebuts radioactifs soient enfouis en 2025.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH476/librairie_quilombo-5f7db.jpg?1783564000' width='500' height='476' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais quelques &#233;nergum&#232;nes ont d&#233;cid&#233; de ne pas se laisser gentiment irradier par cette d&#233;chetterie nucl&#233;aire creus&#233;e sous leurs pieds. R&#233;unis autour de l'association Bure Zone libre, quelques militants anti-nucl&#233;aires rach&#232;tent dans le village un corps de ferme en ruine en 2004, retap&#233; &#224; leur rythme. La &#171; Maison de la r&#233;sistance &#224; la poubelle nucl&#233;aire &#187; est devenu le lieu d'information ind&#233;pendante face &#224; la propagande pro-atomique. Pour tourner le docu &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bure-lefilm.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Bure pour l'&#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, les deux frangins S&#233;bastien et Aymeric Bonetti ont pos&#233; leur cam&#233;ra dans cette bicoque. Durant 52&#8200;minutes, on y rencontre des militants de tous &#226;ges et de tout horizon, r&#233;unis par la lutte anti-Cig&#233;o, mais aussi par la volont&#233; d'esquisser ensemble d'autres possibles. Car cette Maison de la r&#233;sistance &#224; la poubelle nucl&#233;aire est aussi un espace d'&#233;change de savoir-faire (notamment autour de la terre), mais surtout d'exp&#233;rimentations &#233;nerg&#233;tiques&#8200;&#8211;&#8200;par exemple gr&#226;ce &#224; leur &#233;olienne &#171; maison &#187; tendrement d&#233;nomm&#233;e Ginette !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques fragments de la pens&#233;e d'Henry David Thoreau, auteur de &lt;i&gt;Walden ou la vie dans les bois&lt;/i&gt;, viennent rythmer ce documentaire. Les principes de d&#233;sob&#233;issance civile et d'autonomie retrouv&#233;e de celui qui s'est soustrait plus de deux ans du monde industrialis&#233; entrent alors en r&#233;sonance avec la lutte des antinucl&#233;aires de Bure. Comme pour mieux souligner que ces derniers tissent lentement une r&#233;sistance en actes contre ce qu'ils consid&#232;rent comme &#171; &lt;i&gt;le talon d'Achille&lt;/i&gt; &#187; de la fili&#232;re nucl&#233;aire. Histoire d'ajouter une &#233;pine dans le pied &#224; cette catastrophe techno-industrielle &#224; l'&#339;uvre, un &#171; camp anti-autoritaire et anticapitaliste contre Cigeo et son monde &#187; aura lieu du 1er au 10&#8200;ao&#251;t prochain &#224; Bure&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'infos : vmc@riseup.net.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Tout le monde est invit&#233; &#224; rejoindre ce campement estival autog&#233;r&#233; pour &#233;changer sur les pratiques, les luttes en cours (ZADs, No-TAV, for&#234;t d'Hambach en Allemagne) ou mettre en &#339;uvre des actions concr&#232;tes anti-Cig&#233;o&#8230; Et pour qu'un vent de r&#233;sistance souffle dans les pales de Ginette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'infos : vmc@riseup.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le courrier des lecteurs du n&#176;131</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-courrier-des-lecteurs-du-no131</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-courrier-des-lecteurs-du-no131</guid>
		<dc:date>2015-05-16T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Courrier des lecteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Elodie Laquille et Jean-Baptiste Legars</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>cas</dc:subject>
		<dc:subject>syst&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>retour</dc:subject>
		<dc:subject>poubelles</dc:subject>
		<dc:subject>Plastic Omnium</dc:subject>
		<dc:subject>travers</dc:subject>
		<dc:subject>merdes</dc:subject>
		<dc:subject>tarification</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retour vers le monde de merdes Cher CQFD, Suite &#224; l'article sur le traitement des d&#233;chets (CQFD n&#176;129, f&#233;vrier 2015), je vous &#233;cris pour que vous vous penchiez de plus pr&#232;s sur la tarification des poubelles &#224; l'individu. Je voulais d&#233;j&#224; vous parler de ce qui se passe chez nous sur le plateau du Haut-Lignon en Haute-Loire. Votre article et la r&#233;f&#233;rence aux &#171; poubelles &#224; puce &#187; me poussent &#224; le faire. Ici un collectif de lutte contre ce syst&#232;me s'est mis en place depuis des ann&#233;es, et ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Courrier-des-lecteurs" rel="tag"&gt;Courrier des lecteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elodie-Laquille-et-Jean-Baptiste" rel="tag"&gt;Elodie Laquille et Jean-Baptiste Legars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cas" rel="tag"&gt;cas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/systeme" rel="tag"&gt;syst&#232;me&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travers" rel="tag"&gt;travers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/merdes" rel="tag"&gt;merdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tarification" rel="tag"&gt;tarification&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour vers le monde de merdes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cher &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-enfer-est-pave-de-bons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article sur le traitement des d&#233;chets&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;129, f&#233;vrier 2015), je vous &#233;cris pour que vous vous penchiez de plus pr&#232;s sur la tarification des poubelles &#224; l'individu. Je voulais d&#233;j&#224; vous parler de ce qui se passe chez nous sur le plateau du Haut-Lignon en Haute-Loire. Votre article et la r&#233;f&#233;rence aux &#171; poubelles &#224; puce &#187; me poussent &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici un collectif de lutte contre ce syst&#232;me s'est mis en place depuis des ann&#233;es, et ce collectif &#8211; et autres opposants &#8211; sont plus proches des questions de recyclage et d'&#233;cologie que Plastic Omnium qui a su mettre son entreprise sur le territoire gr&#226;ce &#224; des pots-de-vin et autres magouilles. Du coup, lorsque vous dites que cette tarification contourne &#171; &lt;i&gt; le racket par les industriels du secteur&lt;/i&gt; &#187;, je pense qu'il vous manque des informations. De plus, je ne sais pas si les Alsaciens sont mieux &#233;duqu&#233;s que les Auvergnats, mais nous voyons d&#233;j&#224; les travers de l'individualisation du ramassage des d&#233;chets : on met les poubelles chez les voisins, on fait ses propres incin&#233;rateurs (en ext&#233;rieur, pour le plastique notamment), les touristes mettent leurs d&#233;chets dans la for&#234;t ou sur les communes voisines mais pas chez nous (ou &#224; travers des d&#233;marches rocambolesques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, je ne vois pas comment &#224; travers les id&#233;es que nous partageons nous pouvons accepter la gestion au cas par cas des foyers et non d'une mani&#232;re collective le probl&#232;me des ordures m&#233;nag&#232;res. Dans ce cas, un riche peut consommer et jeter comme il veut et pourquoi pas se donner bonne conscience en triant s'il est bien &#233;duqu&#233;, tandis qu'on fera raquer le pauvre en lui imposant un syst&#232;me sans lui en expliquer les fondements et en ne contredisant jamais les surplus d'emballages et autres d&#233;chets inutiles. On prend le probl&#232;me &#224; l'envers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, si le sujet vous int&#233;resse la commune de Tence est doublement int&#233;ressante car nombre d'habitants ne se plient pas encore &#224; ce syst&#232;me et notre centre d'enfouissement des d&#233;chets pose de nombreux probl&#232;mes de dysfonctionnement. Nous sommes ainsi, en milieu rural et soi-disant pr&#233;serv&#233;, confront&#233;s de plein fouet &#224; ce d&#233;licat sujet de ce &#171; &lt;i&gt;monde de merdes&lt;/i&gt; &#187; que vous avez choisi d'aborder dans votre num&#233;ro de f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cordialement, en esp&#233;rant vous avoir donn&#233; envie de vous pencher sur notre espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les murs&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p02_sur-les-murs-a20e0.png?1782668474' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elodie Laquille et Jean-Baptiste Legars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toilettes d'un bar marseillais, 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;chets : un monde de merdes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dechets-un-monde-de-merdes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dechets-un-monde-de-merdes</guid>
		<dc:date>2015-04-01T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;charges</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enqu&#234;ter sur les d&#233;chets, c'est s'aventurer, &#224; rebours des vitrines bien entretenues des temples de la marchandise, sur le versant obscur de l'activit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s. En France, 355&#8200;millions de tonnes de d&#233;chets sont produites chaque ann&#233;e, selon le dernier recensement disponible. Qu'on se rassure : seuls 3 % de ces montagnes de d&#233;chets sont dangereux ! Soit tout de m&#234;me 10,65&#8200;millions de tonnes&#8230; Quel sort pour ces d&#233;chets essentiellement issus de l'activit&#233; industrielle et du b&#226;timent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decharges" rel="tag"&gt;d&#233;charges&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Enqu&#234;ter sur les d&#233;chets, c'est s'aventurer, &#224; rebours des vitrines bien entretenues des temples de la marchandise, sur le versant obscur de l'activit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s. En France, 355&#8200;millions de tonnes de d&#233;chets sont produites chaque ann&#233;e, selon le dernier recensement disponible&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres du minist&#232;re de l'&#233;cologie, du D&#233;veloppement durable et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Qu'on se rassure : seuls 3 % de ces montagnes de d&#233;chets sont dangereux ! Soit tout de m&#234;me 10,65&#8200;millions de tonnes&#8230; Quel sort pour ces d&#233;chets essentiellement issus de l'activit&#233; industrielle et du b&#226;timent ? Pas d'inqui&#233;tude ! Selon le minist&#232;re de l'&#201;cologie, du D&#233;veloppement durable et de l'&#233;nergie, 50 % de ce tonnage est &#171; valoris&#233; &#187;. Entendez par l&#224; incin&#233;r&#233; ou recycl&#233;. C'est justement au projet d'incin&#233;rateur tr&#232;s controvers&#233; de Fos-sur-Mer que l'anthropologue Tobias Girard a consacr&#233; sa th&#232;se&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tobias Girard, &#171; Les pouvoirs du danger. Zone industrielle de Fos-sur-Mer &#187;.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Apr&#232;s une quarantaine de proc&#233;dures, l'incin&#233;rateur a finalement &#233;t&#233; construit et mis en route en 2010. Petite r&#233;trospective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH258/p10-incine_rateurs-6ea37.jpg?1782642298' width='400' height='258' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Les d&#233;chets n'apparaissent pas comme un objet de recherche tr&#232;s noble. Pourquoi s'int&#233;resser &#224; cette question ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tobias Girard : &lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;En fouillant un tas d'ordures, on peut reconstituer toute la vie d'une soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, disait Marcel Mauss, le p&#232;re de l'anthropologie. D'une part, les d&#233;chets refl&#232;tent notre mode de vie, trahissent ce que nous voulons cacher et dont nous aurions pr&#233;f&#233;r&#233; nous d&#233;barrasser discr&#232;tement. Les paparazzi qui fouillent dans les poubelles des stars en savent quelque chose. Les d&#233;chets dessinent d'autre part les revers de notre soci&#233;t&#233; de consommation. Un tiers de la nourriture produite est jet&#233;e. Enfin, les ordures sont un enjeu de pouvoir, un march&#233; public qui aiguise les app&#233;tits priv&#233;s et une source de trafics tr&#232;s lucratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi d'enqu&#234;ter sur la r&#233;gion de Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Marseille, on avait une d&#233;charge hors norme sur tous les plans. De 1887 &#224; 2010, des ordures y ont &#233;t&#233; entass&#233;es jusqu'&#224; former une butte de la hauteur d'un immeuble de dix &#233;tages sur 80&#8200;ha. Il n'y avait au d&#233;but ni plastique, ni usage syst&#233;matique de produits chimiques dans la consommation courante. Les gadoues &#233;taient achemin&#233;es par train et accumul&#233;es sur un tas qui servait de fumier pour l'agriculture dans la plaine de la Crau. Au bout d'un moment, les agriculteurs du coin ont refus&#233; d'&#233;pandre les gadoues de Marseille. Le tas a continu&#233; &#224; grossir et c'est comme &#231;a que la d&#233;charge dite d'Entressen est n&#233;e. Un nom qui ne rend pas justice, puisque qu'il s'agit de la d&#233;charge de Marseille, d&#233;localis&#233;e &#224; 70&#8200;km de sa ville d'origine et situ&#233;e sur la commune de Saint-Martin-de-Crau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;charge a longtemps &#233;t&#233; laiss&#233;e &#224; son sort sans aucune autorisation pr&#233;fectorale, comme de nombreuses d&#233;charges en France. La nappe phr&#233;atique est pollu&#233;e sur des kilom&#232;tres, les nu&#233;es de &lt;i&gt;gabians&lt;/i&gt; (grosses mouettes, ndlr.) qui l'habitaient faisaient penser au film d'Hitchcock et d&#232;s qu'il y avait du mistral, les sacs plastiques se r&#233;pandaient aux alentours. Ce qui a donn&#233; lieu &#224; des batteries de photos dans la presse, montrant des moutons broutant des sacs plastiques ou des sapins de No&#235;l d'un autre genre. Avec la Camargue &#224; c&#244;t&#233;, ses flamants roses, ses taureaux et les sacs poubelles, &#231;a faisait un d&#233;calage surr&#233;aliste et post-apocalyptique entre la carte postale de la Provence et cette montagne d'ordures. Sur un site Web am&#233;ricain, la d&#233;charge de Marseille figurait au palmar&#232;s des pires d&#233;charges du monde avec celles de Chine et de Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les riverains se plaignaient, ils n'en pouvaient plus. R&#233;guli&#232;rement attaqu&#233;s sur cette question, les &#233;lus de Marseille ont pr&#233;sent&#233; la mise en route de l'incin&#233;rateur comme une alternative &#224; la d&#233;charge. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; tardivement r&#233;habilit&#233;e et mise aux normes pour finalement fermer en 2010, et l'incin&#233;rateur a pris le relais. Mais les spectres d'Entressen continuent de hanter la Camargue. Derni&#232;rement, des travaux de drainage d'un canal situ&#233; en pleine r&#233;serve naturelle ont exhum&#233; des milliers de m&#232;tres cubes de sacs plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la particularit&#233; de l'incin&#233;rateur de Fos-sur-Mer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une centaine d'incin&#233;rateurs en France, mais celui-ci est le seul &#224; avoir &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;, c'est-&#224;-dire port&#233; par des &#233;lus pour &#234;tre implant&#233; sur le territoire d'autres &#233;lus. En g&#233;n&#233;ral, les &#233;lus construisent leurs d&#233;charges ou leurs incin&#233;rateurs sur leur propre territoire. La communaut&#233; urbaine de Marseille a tent&#233; de le faire, de 1989 &#224; 2001, sans y arriver, pour des raisons principalement &#233;lectorales. Elle s'en est sortie en l'implantant sur le port autonome, dans la zone industrielle de Marseille, mais sur la commune de Fos-sur-Mer qui n'en voulait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il s'agit d'une zone g&#233;r&#233;e par l'&#233;tat, il y a un certain nombre de r&#232;glementations qui ne s'y appliquent pas, comme la loi littoral. Les habitants d&#233;noncent une zone de non-droit d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans les ann&#233;es 1960, sous De Gaulle et Pompidou, pour pallier le d&#233;clin de l'activit&#233; du port au moment de la d&#233;colonisation. Il &#233;tait question de d&#233;clarer la zone insalubre pour l'habitation, pour industrialiser tranquillement, mais le premier choc p&#233;trolier a frein&#233; l'avanc&#233;e de ce projet pharaonique. Ceci dit, la zone est d&#233;j&#224; cern&#233;e : il y a &#224; peu pr&#232;s tous les risques et cocktails de pollutions possibles. Si prise individuellement chaque industrie autour de l'&#233;tang de Berre est cens&#233;e &#234;tre mise &#171; aux normes &#187;, la vie l&#224;-bas est hors norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait int&#233;ressant aussi avec l'incin&#233;rateur de Marseille, c'est que c'&#233;tait le conflit anti-Nimby par excellence&#8200;&#8211;&#8200;de l'expression &#171; &lt;i&gt;Not In My Back Yard&lt;/i&gt; &#187;, &#171; pas de &#231;a chez moi &#187;. La notion de Nimby a &#233;t&#233; invent&#233;e par les porteurs de projets industriels pour d&#233;cr&#233;dibiliser leurs opposants et les faire passer pour des forcen&#233;s hostiles au changement. L&#224;, c'&#233;tait la ville de Marseille qui faisait du Nimby et refusait de traiter ses d&#233;chets chez soi, d'abord avec Entressen, puis avec l'incin&#233;rateur de Fos-sur-Mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs g&#233;n&#233;rations de politiques de gauche comme de droite&#8200;&#8211; de Jean-Claude Gaudin, actuel maire de Marseille, &#224; Jean-No&#235;l Gu&#233;rini, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral&#8200;&#8211;&#8200;se sont fait &#233;lire &#224; un moment en se positionnant contre le projet d'incin&#233;rateur. On a eu nombre de beaux discours d&#233;non&#231;ant la toxicit&#233; de l'incin&#233;ration et les menaces sur la sant&#233; de nos enfants et sur l'environnement. Ils ont d&#251; changer de rh&#233;torique en devenant les porteurs du projet au gr&#233; des victoires &#233;lectorales. C'est incroyable de constater tous ces retournements de veste. On n'y comprendra rien si l'on ne regarde pas le calendrier &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; une quarantaine d'actions en justice intent&#233;es contre lui, l'incin&#233;rateur est entr&#233; en service en 2010 au terme d'une vingtaine d'ann&#233;es de luttes, ponctu&#233;es de multiples rebondissements. Quelles sont les choses les plus marquantes qui se sont d&#233;gag&#233;es de ton enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frappant, c'est de voir comment on peut utiliser une menace, quelle qu'elle soit, pour en faire un objet de pouvoir. L&#224; o&#249; il y a danger, il y a pouvoir. Celui qui manie la menace peut s'imposer comme celui qui va pouvoir guider et prot&#233;ger ses brebis contre ce danger. La &#171; culture du risque &#187; dans la zone industrielle, c'est un projet politique : il faut avoir confiance dans le pouvoir qui nous dirige et nous contraint &#171; pour notre propre bien &#187;. Le conflit de l'incin&#233;rateur permet d'&#233;clairer ces m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as assist&#233; au d&#233;bat public sur l'incin&#233;rateur, qu'en as-tu retenu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est assez &#233;tonnant, c'est que la concertation est pr&#233;sent&#233;e comme un outil d'aide &#224; la r&#233;solution des conflits alors qu'&#224; Fos, elle a contribu&#233; &#224; augmenter le ressentiment. Une opposition unanime a &#233;t&#233; ignor&#233;e et cantonn&#233;e &#224; l'impuissance. L'enqu&#234;te publique autour de l'incin&#233;rateur, &#224; l'automne 2005, a &#233;t&#233; le seul moment o&#249; les diff&#233;rents protagonistes se sont retrouv&#233;s les uns en face des autres et o&#249; le rapport de force a pu s'inverser, le temps d'une soir&#233;e. Il y a eu des moments assez &#233;piques, avec toutes les repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales de la peur et de la s&#233;curit&#233;. Tous les r&#244;les sont donc distribu&#233;s, et tout doit &#234;tre binaire : les pour et les contre, la rationalit&#233; des uns contre l'irrationalit&#233; des autres, etc. Ainsi, les porteurs de projet ne comprenaient pas, &#224; force d'enjoliver syst&#233;matiquement une r&#233;alit&#233; qui ne correspond pas au v&#233;cu, que leurs propos voulus rassurants soient au contraire per&#231;us comme effrayants. Il y avait par exemple un adjoint du commissaire-enqu&#234;teur, cens&#233; &#234;tre neutre et impartial, qui refusait de croire le t&#233;moignage des riverains venus apporter un drap trou&#233; par une retomb&#233;e de suie alors qu'il s&#233;chait dans un jardin proche de la zone industrielle. Pour les habitants, c'est du d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et donc un m&#233;canisme psychotique. Mais pour les porteurs de projet, les habitants sont n&#233;vros&#233;s car ils ont peur et refusent tout. Et apr&#232;s, les ap&#244;tres de la concertation parlent de &#171; restaurer la confiance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette obligation de consulter le public, qui n'a au final aucun impact sur la prise de d&#233;cision, est l'occasion de permettre aux tensions de prendre forme, mais aussi d'&#234;tre &#233;vacu&#233;es ou recycl&#233;es. Pour &#231;a, il faut ma&#238;triser le recours aux chiffres et aux experts. Alors tout devient possible, comme avec le verdissement : l'incin&#233;rateur d'abord d&#233;cri&#233; pour sa toxicit&#233; est alors pr&#233;sent&#233; comme une solution qui produit moins de CO2 qu'une d&#233;charge. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les arguments environnementaux auront toujours &#233;t&#233; &#224; la remorque du politique, tant&#244;t utilis&#233;s en faveur du projet, tant&#244;t contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pointe d'optimisme tout de m&#234;me : avec la crise, le volume de d&#233;chets a &#233;t&#233; r&#233;duit de 5 &#224; 6 % ces derni&#232;res ann&#233;es. Les gens consomment moins, donc jettent moins. La plupart des nouvelles installations fonctionnent d&#233;sormais en surcapacit&#233;, donc a priori, pas de nouveaux projets pour les d&#233;chets &#224; l'horizon. Reste la question de la r&#233;duction des d&#233;chets &#224; la source et du recyclage comme alternatives &#224; la d&#233;charge et l'incin&#233;ration. Beaucoup d'initiatives marchent tr&#232;s bien localement, m&#234;me dans les contextes difficiles. Le nouveau maire de Naples a r&#233;ussi &#224; faire passer la collecte s&#233;lective en porte-&#224;-porte de 0 &#224; 70 % dans les quartiers nord de la ville. &#192; quand le passage du local au g&#233;n&#233;ral ? Historiquement, les politiques de recyclage et de lutte contre le gaspillage n'ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;es que pendant les deux guerres mondiales ou lors de la flamb&#233;e des prix du p&#233;trole, puis des autres mati&#232;res premi&#232;res, suite &#224; la guerre du Kippour&#8230; Faudra-t-il en arriver l&#224; pour motiver les politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;centes affaires de corruption, &#224; Marseille notamment, autour des march&#233;s des d&#233;chets &#233;clairent encore une autre facette de cette question, qui n'est pas loin d'&#233;voquer les pratiques mafieuses de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes&#8230; Peux-tu nous en dire quelques mots ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a, c'est la grande inconnue. Il y a un nombre impressionnant d'affaires de corruption en France li&#233;es aux march&#233;s publics de traitement de l'eau et des d&#233;chets. Mondialement, ces march&#233;s passent pour &#234;tre les plus corrompus apr&#232;s l'armement et le b&#226;timent. En France, sachant que le prix de l'enfouissement des d&#233;chets non industriels est d'environ 80&#8200;euros la tonne contre 100 pour l'incin&#233;ration, une simple estimation montre que chaque ann&#233;e c'est une dizaine de milliards d'euros qui sont en jeu. Plus les d&#233;chets sont dangereux, plus ils sont convoit&#233;s. Les prix d&#233;passent les 1 000&#8200;euros la tonne pour les plus toxiques (non nucl&#233;aires), contre 250&#8200;euros pour une tonne de bl&#233;. Dans ces conditions, il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que les &#233;co-mafias se soient rapidement int&#233;ress&#233;es au trafic des d&#233;chets. Les moyens ne manquent pas pour y arriver : d&#233;classer les d&#233;chets toxiques et les faire passer pour moins dangereux qu'ils ne le sont et les revendre ou les &#171; traiter &#187; &#224; moindre co&#251;t dans des d&#233;charges officielles ; produire de faux certificats pour faire croire que les d&#233;chets ont bien &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s dans une d&#233;charge l&#233;gale, alors qu'ils ont &#233;t&#233; enfouis dans des carri&#232;res abandonn&#233;es ou br&#251;l&#233;s &#224; l'air libre, etc. Les &#233;co-mafias italiennes qui font le trafic de d&#233;chets toxiques d&#233;gageraient la moiti&#233; du chiffre d'affaires de V&#233;olia, l'une des majors de l'eau et du d&#233;chet ! Les informateurs de Roberto Saviano, l'auteur de &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt;, estiment que c'est gr&#226;ce &#224; elles que l'Italie a pu entrer dans l'euro. Elles ont fait &#233;conomiser beaucoup d'argent aux industries en balan&#231;ant les d&#233;chets dans des trous, voire en les revendant apr&#232;s les avoir m&#233;lang&#233;s &#224; du compost. &#192; Fos-sur-Mer et Marseille en comparaison, &#231;a reste &#171; gentil &#187;, mais &#224; Montreuil ou N&#238;mes, on est au m&#234;me niveau que Naples. Les parrains de la drogue font aussi les poubelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres du &lt;a href=&#034;http://www.developpement-durable.gouv.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;minist&#232;re de l'&#233;cologie&lt;/a&gt;, du D&#233;veloppement durable et de l'&#233;nergie fournis pour 2010 : &#171; &lt;i&gt; 26,4 millions de tonnes proviennent des m&#233;nages. Le secteur tertiaire (22,4&#8200;millions de tonnes) avec ses multiples activit&#233;s de services est le d&#233;positaire de nombreux produits en fin de vie (des v&#233;hicules hors d'usage aux d&#233;chets &#233;lectroniques&#8230;). La production de l'industrie (17,2 millions de tonnes) baisse d'un million de tonnes en deux ans. Les secteurs de la construction avec 14,3&#8200;millions de tonnes, et du traitement des d&#233;chets de l'eau et de l'assainissement, avec 11,5&#8200;millions de tonnes, sont des contributeurs importants.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tobias Girard, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.academia.edu/1904960/_2012_Les_pouvoirs_du_danger._Zone_industrielle_de_Fos-sur-Mer._Anthropologie_politique_des_risques_industriels_et_du_conflit_de_lincin%C3%A9rateur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les pouvoirs du danger&lt;/a&gt;. Zone industrielle de Fos-sur-Mer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du 129</title>
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&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 06 f&#233;vrier. Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. Pour &#233;couter ou r&#233;-&#233;couter la premi&#232;re &#233;mission, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L105xH150/arton1469-2a0c1.jpg?1782981389' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 06 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;. Pour &#233;couter ou r&#233;-&#233;couter la premi&#232;re &#233;mission, c'est &lt;a href=&#034;http://www.esgourdes.net/2015/02/10/presse-liberee-n1-une-emission-ravi/1252&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Sans titre&#034; de St&#233;phane Trapier. Voir &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;128&lt;/a&gt;, page 10, l'interview de Trapier et Ristorcelli &#034;Retrouver ce n&#233;ant au c&#339;ur de l'image&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dossiers de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La marche Kurde &gt;&lt;/strong&gt; Alors que Koban&#233;, ville symbole de la r&#233;sistance kurde contre Daesh est enfin lib&#233;r&#233;e, la justice fran&#231;aise vient de condamner des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) charg&#233;s de collecter des fonds pour la lutte contre ces m&#234;mes ennemis de la France. Nous proposons ici un nouvel &#233;clairage sur le PKK, &#224; travers un entretien avec le chercheur Olivier Grojean, sp&#233;cialiste des mobilisations et du transnational &#224; l'universit&#233; d'Aix-Marseille, et des extraits des reportages exceptionnels du photographe Yann Renoult parmi les combattants et combattantes kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;chets : un monde de merdes &gt;&lt;/strong&gt; Enqu&#234;ter sur les d&#233;chets, c'est s'aventurer, &#224; rebours des vitrines bien entretenues des temples de la marchandise, sur le versant obscur de l'activit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s. En France, 355&#8200;millions de tonnes de d&#233;chets sont produites chaque ann&#233;e, selon le dernier recensement disponible. Qu'on se rassure : seuls 3 % de ces montagnes de d&#233;chets sont dangereux ! Soit tout de m&#234;me 10,65&#8200;millions de tonnes&#8230; C'est justement au projet d'incin&#233;rateur tr&#232;s controvers&#233; de Fos-sur-Mer que l'anthropologue Tobias Girard a consacr&#233; sa th&#232;se. Apr&#232;s une quarantaine de proc&#233;dures, l'incin&#233;rateur a finalement &#233;t&#233; construit et mis en route en 2010. Petite r&#233;trospective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfer est pav&#233; de bons incin&#233;rateurs &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; Pas d'incin&#233;rateur &#224; la Combaude, mettez-le &#224; Chamali&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; L'incin&#233;rateur de Clermont-Ferrand a pourtant bien ouvert ses portes en 2013, apr&#232;s trente ans de lutte. Un an apr&#232;s, une gr&#232;ve des salari&#233;s de trois semaines donnait un autre ton au refus de cette monstruosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De qui Charlie est-il le nom ?&lt;/strong&gt; &gt; Apr&#232;s l'effroi et le d&#233;go&#251;t des tueries qui ont touch&#233; la r&#233;daction de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; et l'Hyper Cacher de Vincennes, retour sur les choses sid&#233;rantes vues et entendues depuis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/charlie-aurel-reflexion-9212a.jpg?1782651595' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jou&#233;-l&#232;s-Tours : Cinqui&#232;me colonne &#224; la une &gt;&lt;/strong&gt; Peu avant No&#235;l dernier, une s&#233;rie d'actes violents, pr&#232;s de Tours, &#224; Dijon et Nantes, ont failli g&#226;cher la grande f&#234;te commerciale annuelle. L'argument djihadiste &#233;tait brandi par les argousins comme par les journaleux. Les copains du site &lt;a href=&#034;http://larotative.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Rotative&lt;/a&gt; proposent ici de revenir sur le drame controvers&#233; de Jou&#233;-l&#232;s-Tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;THT : Lignes sous tension &gt;&lt;/strong&gt; Le 13 d&#233;cembre, Le &lt;i&gt;Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; s'effraie : &#171; &lt;i&gt;La France peut-elle encore mener &#224; bien des grands travaux ?&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s Notre-Dame-des-Landes, Sivens et Roybon, des contestations de lignes &#233;lectriques &#224; tr&#232;s haute tension (THT) r&#233;v&#232;lent la strat&#233;gie commerciale d'EDF et l'entourloupe de la &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cause animale : Hallali sur le halal &lt;/strong&gt; &gt; Alors qu'&#224; paris, le 28&#8200;janvier dernier, le Parlement a reconnu &#8211;&#8200;au grand dam de la FNSEA et de l'UMP &#8211;&#8200;aux animaux la qualit&#233; symbolique &#171; &lt;i&gt;d'&#234;tres vivants dou&#233;s de sensibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#224; Saint-Martial-le-Vieux, dans la Creuse, l'industrie de la viande compte exploiter une ferme d'engraissement pour un millier de veaux par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Royaume-Uni : &lt;i&gt;Schiste fucking&lt;/i&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Alors que le gouvernement &#233;cossais a ordonn&#233; fin janvier un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, le Premier ministre britannique David Cameron semble d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre sa ru&#233;e vers ce &lt;i&gt;shale gas&lt;/i&gt;, nouvelle &#233;nergie &#171; miracle &#187;. La r&#233;sistance s'organise, d&#233;cid&#233;e &#224; faire reculer une meute d'industriels d&#233;j&#224; bien install&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pegida : Au &#171; world caf&#233; &#187; des patriotes &gt;&lt;/strong&gt; Les &#171; patriotes &#187; sont dans la rue ? Les n&#233;o-nazis se l&#226;chent ? Les Dupont-Lajoie saxons font des heures sup' ? Pas de panique ! Invitons tous ces braves gens &#224; venir papoter tranquillou autour d'une tasse de caf&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;conomie : &lt;i&gt;Marx in the City&lt;/i&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Au lendemain du crash financier de 2008, des voix dissonantes ont surgi de l&#224; o&#249; on ne les attendait pas vraiment : des &#233;tudiants en &#233;conomie qui conseilleront les &#233;lites de demain. Intoxication au th&#233; vert ? Overdose de pudding ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Musique : &#171; Le cri d'&#233;mancipation, &#8220;Debout et libre&#8221;, c'est ce que je recherche dans la po&#233;sie &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Il est l'un des artistes les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Ivre de r&#233;volte, de sombre beaut&#233; et de mots ac&#233;r&#233;s. Jusqu'&#224; l'ivresse, au vertige. Un funambule. Marc Nammour, chanteur de La Canaille, soutient en ce moment La Naus&#233;e, le troisi&#232;me album du groupe. Rencontre sur les collines du 93-sud en compagnie de la manageuse Lucie Sertillange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Une ZAD et puis s'en va &gt;&lt;/strong&gt; La ZAD L&#233;vy, du nom d'un parc de Marseille, a v&#233;cu une belle semaine fin janvier avant qu'urbanistes et policiers ne reprennent le contr&#244;le de la situation. Reportage au &#171; c&#339;ur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire du&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Tourisme m&#233;dical ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine : Laissez lutter les petits papiers &gt;&lt;/strong&gt; En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie &gt;&lt;/strong&gt; Pr&#233;lude &#224; l'autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : Un regard moderne &gt;&lt;/strong&gt; Depuis septembre 1991, discr&#232;tement au c&#339;ur du Paris carte postale, Jacques No&#235;l a r&#234;v&#233; de faire vivre une librairie atypique, curieuse et essentielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En finir avec la com&#233;die du dialogue</title>
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		<dc:date>2013-07-18T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets</dc:subject>
		<dc:subject>Bure</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;chets radioactifs</dc:subject>
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		<dc:subject>Jean-Marc Fleury</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1999, le village de Bure dans la Meuse &#233;tait d&#233;sign&#233; pour accueillir un &#171; laboratoire de recherche &#187; destin&#233;, une fois le masque de l'investigation scientifique tomb&#233;, &#224; devenir un centre de stockage &#224; plus de cinq cents m&#232;tres de profondeur de d&#233;chets radioactifs. Les installations, galeries et tunnels, devraient tenir au moins cent mille ans&#8230; Alors que les autorit&#233;s organisent des d&#233;bats jou&#233;s d'avance, CQFD a recueilli les t&#233;moignages de trois opposants locaux. Le 23 mai, cent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1999, le village de Bure dans la Meuse &#233;tait d&#233;sign&#233; pour accueillir un &#171; laboratoire de recherche &#187; destin&#233;, une fois le masque de l'investigation scientifique tomb&#233;, &#224; devenir un centre de stockage &#224; plus de cinq cents m&#232;tres de profondeur de d&#233;chets radioactifs. Les installations, galeries et tunnels, devraient tenir au moins cent mille ans&#8230; Alors que les autorit&#233;s organisent des d&#233;bats jou&#233;s d'avance, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a recueilli les t&#233;moignages de trois opposants locaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 mai, cent trente gardes mobiles et gendarmes investissaient Bure, village de quatre-vingt-dix habitants, centre d'un territoire o&#249; sont d&#233;j&#224; engag&#233;s des travaux destin&#233;s &#224; l'installation d'un centre d'enfouissement de d&#233;chets radioactifs. Ce jour-l&#224; devait se tenir la premi&#232;re r&#233;union de la Commission nationale de d&#233;bat public, pr&#233;tendument vou&#233;e &#224; prendre en compte l'avis des populations. Tr&#232;s vite, les opposants bloquent la tenue de cette fausse concertation, contraignant les autorit&#233;s &#224; annuler les festivit&#233;s. Dans les jours suivants, cette CNDP annulera pr&#233;ventivement les r&#233;unions pr&#233;vues &#224; Saint-Dizier et &#224; Joinville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH394/p05-nucleaire02-da2ca.jpg?1782642217' width='400' height='394' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis le pr&#233;sident de l'association des &#233;lus opposants &#224; l'enfouissement des d&#233;chets radioactifs des r&#233;gions Champagne-Ardennes et Lorraine (EODRA) &#224; laquelle adh&#232;rent les &#233;lus de vingt communes dont ceux des villes de Verdun et Bar-le-Duc&lt;/i&gt;, d&#233;clare Jean-Marc Fleury, maire d&#233;l&#233;gu&#233; de Varney (Meuse). &lt;i&gt;Nous avons particip&#233; &#224; cette action du 23 mai &#224; Bure pour emp&#234;cher la tenue de cette pr&#233;tendue commission nationale du d&#233;bat public. Il est juste destin&#233; &#224; calmer les ardeurs en donnant l'illusion d'une discussion. En 2005 et 2006, il y avait d&#233;j&#224; eu un d&#233;bat : son seul effet avait &#233;t&#233; de confirmer le site d'enfouissement &#224; Bure. Dix ans auparavant, il y avait d&#233;j&#224; eu une p&#233;tition qui avait rassembl&#233; 60 000 signatures, dont 40 000 dans la Haute-Marne. Elle est rest&#233;e au fond des tiroirs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1991, la loi Bataille d&#233;cide d'organiser la gestion des d&#233;chets nucl&#233;aires. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; plusieurs hypoth&#232;ses, le choix se porte sur le stockage g&#233;ologique et l'entreposage de tr&#232;s longue dur&#233;e. En 1994, trois sites sont retenus par le gouvernement de l'&#233;poque : dans la Haute-Marne et la Meuse, le Gard et la Vienne. Les sous-sols de ce dernier d&#233;partement s'&#233;tant r&#233;v&#233;l&#233;s trop manifestement instables, ne restent plus en lice que les deux r&#233;gions de l'est et du sud-est. Le saccage du si&#232;ge de l'Andra de Bagnols-sur-C&#232;ze (Gard) men&#233; par des viticulteurs va conduire les autorit&#233;s &#224; choisir un territoire d&#233;j&#224; suffisamment sinistr&#233; o&#249; ils esp&#232;rent ne pas rencontrer d'opposition. C'est donc Bure qui devra faire figure de terre sacrificielle. Jean-Pierre Remmel&#233;, maire de Bonnet &#224; 8 kilom&#232;tres de Bure, dont le sous-sol de la commune devrait contenir 40 % du stockage de d&#233;chets radioactifs explique : &#171; &lt;i&gt; Dans la r&#233;gion, les citoyens ne s'expriment pas beaucoup. Il y a l'habitude du sacrifice, issue de la Premi&#232;re Guerre mondiale : on suit l'autorit&#233;. Moi-m&#234;me, je n'&#233;tais pas un opposant de la premi&#232;re heure.&lt;/i&gt; &#187; S'il n'a pas l'intention d'emp&#234;cher les r&#233;unions de la commission du d&#233;bat public, parce que &#171; &lt;i&gt; c'est la seule fa&#231;on qu'il reste &#224; la population pour s'exprimer&lt;/i&gt; &#187; il dit respecter le choix de ceux qui les bloquent. Il constate que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;bat qui avait lieu en 2005 avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l'occasion d'exprimer un important refus du projet. Il a abouti &#224; une confirmation de la d&#233;cision ant&#233;rieure par les d&#233;put&#233;s qui n'&#233;taient que quinze dans l'h&#233;micycle &#224; 5 heures du matin&#8230; Et puis, on n'a pas oubli&#233; les propos de Marie-Claude Dupuis, directrice de l'Andra, qui avait dit :&lt;/i&gt; &#8220;La population n'est pas &#224; m&#234;me de s'approprier le projet&#8221;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Si des &#233;lus se soumettent&lt;/i&gt;, avertit Jean-Marc Fleury,&lt;i&gt; c'est uniquement en raison de l'argent propos&#233; par le groupement d'int&#233;r&#234;t public, courroie de transmission de l'Andra. Rien qu'en 2012, cette derni&#232;re a distribu&#233; 30 millions d'euros dans le d&#233;partement de la Meuse et dans la Haute-Marne. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me, participant &#224; la Maison de la r&#233;sistance, install&#233;e au c&#339;ur du village de Bure o&#249;, depuis 2004, se rencontrent et s'informent des voisins, des habitants de la r&#233;gion et d'autres personnes de passage, confirme ce m&#233;pris : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, il est question de faire &lt;/i&gt; &#8220;discuter le peuple&#8221; &lt;i&gt;alors que tout est d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; et en phase de construction. Hors de question de se soumettre &#224; ce simulacre. Nous sommes, appuy&#233;s par une quarantaine d'associations, pour le boycott actif de ce pseudo-d&#233;bat public. On bloque et on bloquera chaque r&#233;union, tout en sachant aussi que le d&#233;bat va &#234;tre d&#233;mat&#233;rialis&#233; notamment sur Internet. Pour nous, c'est l'occasion de se rassembler et r&#233;apprendre &#224; lutter ensemble. Ils ont d&#233;cid&#233; de faire de cette r&#233;gion une gigantesque poubelle nucl&#233;aire, en d&#233;versant des d&#233;bauches de pognon. Des paysans ont vendu leurs terres &#224; des prix dont ils n'auraient jamais os&#233; r&#234;ver, et cela gr&#226;ce &#224; des accords entre la Safer et l'Andra. Ils ont parl&#233; de la cr&#233;ation de 2 000 emplois. Ce seront &#233;videmment des emplois temporaires, destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre quand les installations seront achev&#233;es. Le caract&#232;re sinistr&#233; de cette r&#233;gion va encore s'aggraver : il n'y a d&#233;j&#224; plus de travail, plus d'argent et en plus il va y avoir ces d&#233;chets nucl&#233;aires. On assiste &#224; un v&#233;ritable massacre social. &lt;/i&gt; &#187; Selon les documents de l'Andra, &#224; partir de 2017, chaque ann&#233;e, 550 000 m&#232;tres cubes de mat&#233;riaux seront extraits du sous-sol puis 275 000 m&#232;tres cubes de b&#233;ton seront inject&#233;s, soit un chass&#233;-crois&#233; permanent de camions. D&#232;s 2025, l'acheminement des &#171; colis &#187; radioactifs repr&#233;sentera, par an, une centaine de trains compos&#233;s d'une dizaine de wagons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Concernant les tentatives&lt;/i&gt; [ant&#233;rieures] &lt;i&gt;de g&#233;rer les d&#233;chets radioactifs&lt;/i&gt;, explique Jean-Pierre Remmel&#233;, &lt;i&gt;chacune d'entre elles a &#233;t&#233; un &#233;chec. Sans parler des rejets catastrophiques en mer, le stockage &#224; la Hague a provoqu&#233; une importante pollution des nappes phr&#233;atiques. &#192; Soulaines, dans l'Aube, l'Andra ne fournit aucune explication pour une pollution similaire. Il y a un tr&#232;s grand risque que ce centre industriel de stockage g&#233;ologique de Bure impacte les nappes phr&#233;atiques et les ruisseaux des bassins Rhin-Meuse et Parisien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_695 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p05-nucleaire01-556c6.jpg?1782641287' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; ce stade, chacun sait que les moyens de contrecarrer le projet d'enfouissement sont limit&#233;s. Selon J&#233;r&#244;me, &#171; &lt;i&gt;ne compter que sur l'&#233;mergence d'un rapport de forces local est un peu compliqu&#233; dans cette r&#233;gion o&#249; il n'y a que cinq habitants au kilom&#232;tre carr&#233;. Si on veut r&#233;ussir, il faut que l'on ait des appuis de partout.&lt;/i&gt; &#187; Si l'esprit n'est, pour l'instant, pas le m&#234;me que celui de Notre-Dame-des-Landes, l'enjeu n'en reste pas moins de la plus haute urgence : &#171; &lt;i&gt;Avant tout cela, personnellement&lt;/i&gt;, d&#233;clare Jean-Marc Fleury,&lt;i&gt; je ne m'&#233;tais pas pos&#233; de questions &#224; propos du nucl&#233;aire. Aujourd'hui, je l'affirme : il faut sortir du nucl&#233;aire. Nous sommes &#224; un point charni&#232;re de l'industrie du nucl&#233;aire. Si Bure ne se fait pas, le nucl&#233;aire s'arr&#234;tera.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tourn&#233;e de la CNDP devrait s'achever le 10 octobre apr&#232;s avoir sillonn&#233; la France. Il y en aura donc pour tout le monde !&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au derni&#232;res nouvelles, la CNDP a annonc&#233; l'annulation des prochaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au derni&#232;res nouvelles, la &lt;a href=&#034;http://www.debatpublic.fr/communique-de-la-cndp-sur-le-debat-public-cigeo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CNDP a annonc&#233;&lt;/a&gt; l'annulation des prochaines r&#233;unions &#171; &lt;i&gt;en raison de perturbations orchestr&#233;es par des opposants au d&#233;bat public.&lt;/i&gt; &#187; (Note de la r&#233;daction informatique.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;charge au Var-west</title>
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		<dc:date>2012-02-29T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lourme</dc:creator>


		<dc:subject>Lindingre</dc:subject>
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		<dc:subject>Groupe Pizzorno</dc:subject>
		<dc:subject>ordures</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Tosan</dc:subject>
		<dc:subject>Pizzorno environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que reproche-t-on au Groupe Pizzorno environnement ? D'avoir d&#233;gueulass&#233; la d&#233;charge publique d'une commune du Var avec des d&#233;chets toxiques, &#224; deux pas d'un site naturel class&#233;. Pollution, malversation : comment s'en foutre plein les poches&#8230; Et se faire condamner. Au d&#233;part, le plan est simple : une ville, sa d&#233;charge, des ordures, on enfouit, on recouvre de m&#226;chefers &#8211; r&#233;sidus de l'incin&#233;ration des ordures m&#233;nag&#232;res &#8211;, et tout le monde est content. Tout le monde ? Non. Michel Tosan, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lindingre" rel="tag"&gt;Lindingre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Groupe" rel="tag"&gt;Groupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pizzorno" rel="tag"&gt;Pizzorno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decharge" rel="tag"&gt;d&#233;charge&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Tosan" rel="tag"&gt;Michel Tosan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pizzorno-environnement" rel="tag"&gt;Pizzorno environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reproche-t-on au Groupe Pizzorno environnement ? D'avoir d&#233;gueulass&#233; la d&#233;charge publique d'une commune du Var avec des d&#233;chets toxiques, &#224; deux pas d'un site naturel class&#233;. Pollution, malversation : comment s'en foutre plein les poches&#8230; Et se faire condamner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;part, le plan est simple : une ville, sa d&#233;charge, des ordures, on enfouit, on recouvre de m&#226;chefers &#8211; r&#233;sidus de l'incin&#233;ration des ordures m&#233;nag&#232;res &#8211;, et tout le monde est content. Tout le monde ? Non. Michel Tosan, &#224; l'&#233;poque membre de l'opposition municipale et aujourd'hui maire &#233;cologiste de Bagnols-en-For&#234;t (Var), n'a gu&#232;re appr&#233;ci&#233; que le Groupe Pizzorno environnement (GPE) salope sous-sol et nappe phr&#233;atique. Suite &#224; sa plainte de d&#233;cembre 2007, le tribunal de grande instance de Draguignan a, le 15 d&#233;cembre dernier, condamn&#233; le GPE &#8211; et deux de ses filiales, la SMA et la Sovatram &#8211; &#224; verser plus d'un million d'euros &#224; l'&#201;tat et &#224; la commune de Bagnols&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi qu'&#224; la commune du Cannet-des-Maures qui constitue, avec cinq (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1976, Pizzorno s&#233;vit en r&#233;gion Paca sur le segment &lt;i&gt;&#171; poubellistique &#187;&lt;/i&gt;. Cette entreprise s'occupe, notamment, de l'acheminement et du stockage des d&#233;chets en d&#233;charge. Mais, d'apr&#232;s Michel Tosan et les surveillances des huissiers et gendarmes, le tri de ces d&#233;chets en fonction de leur &#171; valeur &#187; n'est pas si s&#233;lect. Gravats de chantiers, boues de station d'&#233;puration&#8230; on a retrouv&#233; toute une gamme de cochonneries, qui n'avaient rien &#224; y faire, dans le centre de stockage des d&#233;chets non dangereux de Bagnols (CSDND). Les lois environnementales ne badinent pas&#8230; &#224; condition de les faire jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus vicieux que ce &#171; tri &#187; fourre-tout, ce sont les tonnes de m&#226;chefers non valorisables entrepos&#233;s dans la d&#233;charge qui produisent des lixiviats&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les lixiviats sont des &#171; jus &#187; d'ordures qui, suite aux pluies, percolent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; charriant de l'arsenic et des m&#233;taux lourds vers les nappes et cours d'eau alentour. Entre autres dans la rivi&#232;re voisine, le Ronflon, dont la faune et la flore sont prot&#233;g&#233;es. GPE a ainsi sciemment menti sur le traitement de ces d&#233;chets, en dissimulant quantit&#233;s et degr&#233; de nocivit&#233;. De juin 2004 &#224; novembre 2007, &#224; raison de huit camions par jour (40 000 tonnes de d&#233;chets rien que pour l'ann&#233;e 2005), Pizzorno a non seulement ravag&#233; les&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH461/96-lindingre-Pizzorno-a84ac.jpg?1782649772' width='400' height='461' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;sols varois dont il exploitait la concession publique, mais aussi falsifi&#233; les documents justificatifs de ces d&#233;chargements polluants, tant sur leur origine industrielle que sur leur quantit&#233;. Par ailleurs, l'interdiction r&#233;glementaire&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interdiction qui figure dans l'arr&#234;t&#233; d'autorisation d'exploiter la d&#233;charge.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; de stocker des d&#233;chets ne provenant pas du Var n'a pas emp&#232;ch&#233; GPE de facturer aux usines du d&#233;partement voisin ses services. Et &lt;i&gt;Var-Matin&lt;/i&gt; de rappeler en juillet 2008 : &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;tiers de l'environnement brassent beaucoup d'argent. Et rapportent bien. De soixante &#224; quatre-vingts euros la tonne pour la mise en d&#233;charge, voire plus, en moyenne &#187;&lt;/i&gt;. Les m&#226;chefers &#233;taient ainsi stock&#233;s gratuitement, alors que GPE les facturait tranquille &#224; ses producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas facile, pourrait-on penser, de faire condamner le groupe. Il faut dire aussi que le responsable &#224; la pes&#233;e de la d&#233;charge s'est fait remercier illico apr&#232;s avoir signal&#233; les anomalies de pes&#233;e &#224; sa hi&#233;rarchie au sein du GPE. De quoi se laisser impressionner. Mais c'&#233;tait sans compter sur la combativit&#233; de ce d&#233;l&#233;gu&#233; au syndicat intercommunal (Smitom) et son coll&#232;gue maire, qui de tracts en plaintes, de t&#233;moignages en actions &#233;cologistes, n'ont rien laiss&#233; passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant la comparution de Pizzorno himself, le 29 mars prochain, la juge a donc pr&#233;sent&#233; la note, ce 15 d&#233;cembre, au groupe pollueur-payeur : exploitation d'installation class&#233;e en violation des prescriptions de l'arr&#232;t&#233; d'autorisation, d&#233;lit de pollution li&#233; au d&#233;versement dans la d&#233;charge de m&#226;chefers et de boues, mais relaxe sur la question des faux. Une note de plus d'un million d'euros &#224; casquer. C'est donn&#233;, pour une poubelle de cette taille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Bagnols, &#224; l'or&#233;e du site class&#233; Natura 2000 &#171; le Vallon des lauriers &#187;, fauvettes, faucons et pies-gri&#232;ches vont pouvoir survoler de nouveau les steppes, bas-marais et prairies m&#233;sophiles sans s'abreuver dans un Ronflon de plomb, mercure, arsenic.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En Tunisie aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Groupe Pizzorno environnement (GPE) s'est dot&#233; depuis f&#233;vrier 2005 d'un administrateur de choix en la personne de Fran&#231;ois L&#233;otard, ancien ministre et ex-maire UDF de Fr&#233;jus. Pour 120 000 euros par an, cet &lt;i&gt;&#171; ami de la Tunisie et du clan Ben Ali &#187;&lt;/i&gt; aurait-il fait usage de ses talents de lobbyste afin que GPE d&#233;croche la gestion de la d&#233;charge de Tunis ? En novembre dernier, un rapport de la Commission nationale d'investigation sur la corruption et la malversation, r&#233;v&#233;l&#233; par le site Rue89, affirme : &lt;i&gt;&#171; Il appara&#238;t que le march&#233; a &#233;t&#233; accord&#233; d'une mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re [...] &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et son conseiller F. L. &#187;&lt;/i&gt; Mais GPE s'insurge, et affirme avoir remport&#233; ce contrat de 20 millions d'euros sur cinq ans dans les r&#232;gles de l'art. Cependant, selon la Commission tunisienne, &lt;i&gt;&#171; il appara&#238;t que F. L. a us&#233; de son autorit&#233; et ses relations avec les responsables tunisiens pour influencer le cours du march&#233;. &#187;&lt;/i&gt; F. L., F. L&#8230; Mais qui cela peut-il bien &#234;tre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ainsi qu'&#224; la commune du Cannet-des-Maures qui constitue, avec cinq associations &#233;cologistes, un syndicat et trois soci&#233;t&#233;s, l'autre partie civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les lixiviats sont des &#171; jus &#187; d'ordures qui, suite aux pluies, percolent vers les nappes en charriant arsenic et autres joyeuset&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Interdiction qui figure dans l'arr&#234;t&#233; d'autorisation d'exploiter la d&#233;charge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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