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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La fus&#233;e d&#233;colle, mais la Guyane reste au sol</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Thirion</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Au printemps 2017, un vaste mouvement social oblige le gouvernement Hollande &#224; promettre des investissements publics. Mais ses engagements s'av&#232;rent bien en de&#231;&#224; des besoins de la population. Un an plus tard, les retards de d&#233;veloppement restent ahurissants. *** Dans les bo&#238;tes de nuit de Cayenne, Despacito, le tube de Luis Fonsi, tourne en boucle tel un hymne ironique. &#171; Tout doucement &#187; : ainsi avance la Guyane. On raconte qu'en 1985, m&#234;me Fran&#231;ois Mitterrand s'&#233;tait pos&#233; la question : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Surinam" rel="tag"&gt;Surinam&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au printemps 2017, un vaste mouvement social oblige le gouvernement Hollande &#224; promettre des investissements publics. Mais ses engagements s'av&#232;rent bien en de&#231;&#224; des besoins de la population. Un an plus tard, les retards de d&#233;veloppement restent ahurissants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2788 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1043-edd6a.jpg?1782654524' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Guyane, hiver 2018 - Photo Caroline Thirion
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les bo&#238;tes de nuit de Cayenne&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Despacito&lt;/i&gt;, le tube de Luis Fonsi, tourne en boucle tel un hymne ironique. &#171; Tout doucement &#187; : ainsi avance la Guyane. On raconte qu'en 1985, m&#234;me Fran&#231;ois Mitterrand s'&#233;tait pos&#233; la question : &#171; &lt;i&gt;Comment pouvons-nous lancer des fus&#233;es sur fond de bidonvilles ?&lt;/i&gt; &#187; Trois d&#233;cennies plus tard, Kourou demeure le &#171; port spatial de l'Europe &#187; : une merveille technologique d'o&#249; s'envolent la fus&#233;e Ariane et ses pr&#233;cieux satellites. Mais la Guyane, elle, est rest&#233;e &#224; quai. Les bidonvilles sont toujours l&#224;. Les autorit&#233;s les d&#233;truisent parfois, mais la mis&#232;re doit bien se loger quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce bout fran&#231;ais d'Am&#233;rique du Sud, le taux de ch&#244;mage atteint les 22 %. Le r&#233;seau &#233;lectrique est peu fiable, les liaisons t&#233;l&#233;phoniques al&#233;atoires. Une grande partie du territoire n'est accessible qu'en pirogue. Les services de sant&#233; sont d&#233;bord&#233;s, les &#233;tablissements scolaires aussi. L'&#233;conomie locale n'a pas grand-chose &#224; offrir &#224; la jeunesse, gu&#232;re dipl&#244;m&#233;e : chaque jour, des &#171; mules &#187; prennent l'avion pour Paris charg&#233;es de coca&#239;ne. Et le taux d'homicides est l'un des plus &#233;lev&#233;s de France.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On y a cru &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors, en 2017, les Guyanais ont dit &#171; &lt;i&gt;Nou bon k&#233; sa&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On en a marre&lt;/i&gt; &#187;, en langue cr&#233;ole. Ras le bol d'&#234;tre trait&#233;s &#171; &lt;i&gt;comme des citoyens de seconde zone&lt;/i&gt; &#187;. Entre le 16 mars et le 21 avril, une col&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e s'empare du d&#233;partement. Se font d'abord entendre les revendications des milieux patronaux &#8211; fatigu&#233;s des contraintes r&#233;glementaires, qu'ils jugent inadapt&#233;es, et des retards de paiement des collectivit&#233;s locales, aux finances exsangues. Puis le collectif des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance entre dans la danse : las des faits divers sordides, ces hommes cagoul&#233;s veulent plus d'ordre et plus de police. Non sans d&#233;rives x&#233;nophobes : le 17 mars, ils bloquent les consulats du Surinam et d'Ha&#239;ti pour que ces &#201;tats &#171; &lt;i&gt; reprennent leurs d&#233;linquants &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mouvement ne s'arr&#234;te pas l&#224;. D'autres acteurs, aux id&#233;es plus progressistes, donnent de la voix. La contestation fait converger patrons et salari&#233;s, Cr&#233;oles et Am&#233;rindiens, x&#233;nophobes et antiracistes&#8230; Et c'est la gr&#232;ve. Les ronds-points sont bloqu&#233;s par la foule : m&#234;me le centre spatial doit renoncer &#224; un lancement de fus&#233;e. Sur les barrages routiers, on se prend &#224; r&#234;ver, on d&#233;bat, on imagine une autre Guyane. &#192; l'h&#244;pital de Cayenne, c'est pareil : &#171; &lt;i&gt;On y a cru,&lt;/i&gt; se souvient le m&#233;decin Lo&#239;c Epelboin.&lt;i&gt; Il y avait un vrai engouement, on &#233;tait l&#224;, avec les gens des syndicats, des associations, &#224; faire un &#233;tat des lieux id&#233;al de ce dont on aurait besoin en Guyane. Le peuple avait pris le pouvoir&lt;/i&gt; [...]. &lt;i&gt;C'&#233;tait beau. &lt;/i&gt; &#187; Le 28 mars, Cayenne conna&#238;t la plus grande manifestation de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En catastrophe, le gouvernement de Fran&#231;ois Hollande, en toute fin de mandat, adopte un Plan d'urgence pour la Guyane. Chiffr&#233; &#224; 1,086 milliard d'euros sur plusieurs ann&#233;es, il comporte une trentaine de mesures pour la s&#233;curit&#233;, la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'&#233;conomie&#8230; Insuffisant pour les contestataires, r&#233;unis dans le collectif Pou Lagwiyann d&#233;kol&#233; (&#171; Pour que la Guyane d&#233;colle &#187;, comme la fus&#233;e), qui demandent deux milliards suppl&#233;mentaires. Cependant, min&#233; par les dissensions internes, le mouvement finit par exploser : il n'obtiendra rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois plus tard, la visite d'Emmanuel Macron en Guyane fait l'effet d'une douche froide : le nouveau pr&#233;sident prend certes quelques nouveaux engagements, mais il affirme surtout qu'il n'est &#171; &lt;i&gt; pas le p&#232;re No&#235;l&lt;/i&gt; &#187;. Pendant son mandat, on ne construira pas d'h&#244;pital &#224; Maripasoula. Dans cette ville enclav&#233;e du sud-ouest guyanais, inaccessible par voie terrestre, les femmes enceintes sont &#233;vacu&#233;es par avion, un mois avant terme, vers l'h&#244;pital de Cayenne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'eau potable attendra&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s le mouvement, o&#249; en est-on ? &#192; la pr&#233;fecture de Cayenne, Philippe Loos, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral aux affaires r&#233;gionales, assure que la plupart des mesures promises ont &#233;t&#233; soit r&#233;alis&#233;es, soit engag&#233;es. La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, parle d'un taux de concr&#233;tisation de 80 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains dossiers ont avanc&#233;, c'est vrai. L'argent vers&#233; &#224; la collectivit&#233; territoriale de Guyane lui a permis d'acquitter moult factures en retard, soulageant un peu le monde &#233;conomique local. L'escadron de gendarmerie promis est arriv&#233;. Sur les 400 000 hectares &#224; r&#233;troc&#233;der aux Am&#233;rindiens, &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat joue le jeu&lt;/i&gt; &#187;, et les discussions avancent, indique le juriste kali'na Alexis Tiouka. Mais la reconnaissance de droits autochtones, via la ratification de la Convention n&#176; 169 de l'Organisation internationale du travail, n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1044-68b4c.jpg?1782659446' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cayenne (Guyane), janvier 2018 - Photo Caroline Thirion
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, les promesses &#233;tatiques &#233;taient largement en dessous des besoins. Dans les deux milliards d'euros suppl&#233;mentaires demand&#233;s par le collectif Pou Lagwyann D&#233;kol&#233;, il y avait des mesures aussi essentielles qu'un programme d'adduction d'eau pour tous&#8230; &#171; &lt;i&gt;Il s'agissait de projets structurants, qui auraient permis d'assurer le d&#233;veloppement du territoire. Sauf que &#231;a, l'&#201;tat l'a balay&#233; d'un revers de main&lt;/i&gt; &#187;, regrette Davy Rimane, l'un des leaders du mouvement. &#192; la pr&#233;fecture, Philippe Loos ne pr&#233;tend pas que le Plan d'urgence &#233;tait suffisant. Il reconna&#238;t que l'&#201;tat a encore bien des efforts &#224; faire avant de rattraper le &#171; &lt;i&gt; retard structurel&lt;/i&gt; &#187; en termes de d&#233;veloppement. Mais il plaide une circonstance att&#233;nuante : &#171; &lt;i&gt;l'accroissement tr&#232;s fort de la population, qui double tous les vingt ans &lt;/i&gt; &#187;, du fait d'une natalit&#233; &#233;lev&#233;e et d'une importante immigration originaire du Br&#233;sil et du Surinam, ou encore d'Ha&#239;ti et du Guyana.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des lyc&#233;ens sans lyc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les services publics restent d&#233;faillants. Le monde de la sant&#233; est toujours en souffrance. &#192; l'h&#244;pital de Cayenne, &#171; &lt;i&gt;le sous-effectif engendre des dysfonctionnements permanents,&lt;/i&gt; t&#233;moigne le m&#233;decin Lo&#239;c Epelboin. &lt;i&gt;Il n'y a pas de service de neurochirurgie, pas de chirurgie vasculaire, pas de cardiologie interventionnelle, pas d'unit&#233; de soins intensifs. Donc on doit faire beaucoup d'&#233;vacuations sanitaires vers les Antilles ou la m&#233;tropole &lt;/i&gt; &#187;. Depuis l'an dernier, les millions effectivement vers&#233;s par l'&#201;tat ont &#224; peine permis d'&#233;ponger les dettes envers les fournisseurs. Les p&#233;nuries de petit mat&#233;riel m&#233;dical perdurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole ne va pas tellement mieux. L'&#201;tat a d&#233;bloqu&#233; de l'argent pour construire de nouveaux &#233;tablissements, mais cela prendra des ann&#233;es. En attendant, &#171; &lt;i&gt;des &#233;l&#232;ves sortent du coll&#232;ge sans avoir de place au lyc&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce le syndicaliste UTG (Union des travailleurs guyanais) Vincent Touchaleaume. Et l'enseignant d'&#233;voquer une &#171; &lt;i&gt;construction structurelle de l'&#233;chec scolaire&lt;/i&gt; &#187;, avec une &#233;cole encore inadapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s culturelles et linguistiques locales &#8211; malgr&#233; des progr&#232;s r&#233;cents, comme le doublement du nombre d'intervenants en langue maternelle, qui aident les (nombreux) &#233;l&#232;ves non francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des investissements permettant aux Guyanais de disposer de services publics dignes de ce nom, tel est l'autre d&#233;fi auquel l'&#201;tat doit r&#233;pondre en Amazonie : savoir s'adapter au contexte. Centralisateur comme il est, peut-il y arriver ? Dans l'absolu, est-ce seulement possible ? Pour Gauthier Horth, l'une des figures de proue de la contestation, la question de l'ind&#233;pendance sera in&#233;luctable &#224; terme : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas administrer un territoire &#224; 7 000 kilom&#232;tres de distance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En Amazonie, des allumettes su&#233;doises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis quatre si&#232;cles, la Guyane est enferr&#233;e dans une d&#233;pendance &#233;conomique &#224; la M&#233;tropole. Pour en sortir, certains r&#234;vent de montagnes d'or.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas besoin&lt;/strong&gt; d'avoir fait de longues &#233;tudes d'&#233;conomie pour comprendre qu'aujourd'hui, quelque chose cloche gravement en Guyane. Sur les &#233;tals des supermarch&#233;s, presque tout est import&#233; de m&#233;tropole ou d'Europe. Dans un territoire recouvert de for&#234;t, m&#234;me les allumettes viennent de Su&#232;de. Que produit la Guyane ? Pas grand-chose. Les &#233;changes avec les pays voisins, le Br&#233;sil et le Surinam ? Presque inexistants, notamment parce que leurs produits ne r&#233;pondent pas aux normes europ&#233;ennes. Paradoxe : alors qu'elle souffre d'un manque criant d'investissements publics qui l'emp&#234;che de se d&#233;velopper, la Guyane tient le coup gr&#226;ce &#224; l'argent de Paris, via les fonctionnaires et les aides sociales.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Plantations absurdes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les d&#233;buts de la colonisation, la Guyane a connu l'absurdit&#233; &#233;conomique. &#171; &lt;i&gt; Quand les Fran&#231;ais sont arriv&#233;s ici au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ils ont fait la guerre aux Indiens, et ils se sont install&#233;s. Ils ont lanc&#233; une &#233;conomie de plantation : produire des choses ici pour les exporter en m&#233;tropole. Les revenus enrichissaient les ports de France, et ici quelques familles de planteurs blancs,&lt;/i&gt; relate l'historien Denis Lamaison. &lt;i&gt;C'&#233;tait artificiel, puisqu'on ne faisait que les denr&#233;es coloniales, des denr&#233;es d'exportations &#8211; par exemple du sucre, du cacao. On ne cr&#233;ait donc rien pour les gens ici. Et on en est arriv&#233;s &#224; ce que les pauvres, les esclaves, cr&#232;vent de faim. Parce qu'en fait on ne voulait pas leur donner de la nourriture. D'o&#249; des syst&#232;mes compl&#232;tement ridicules, o&#249; les gouverneurs essayaient de faire des lois, des d&#233;crets, pour demander &#224; leurs planteurs de cultiver pour nourrir leurs esclaves puis leurs engag&#233;s. Mais ils ne l'ont pas fait, ils pr&#233;f&#233;raient importer la nourriture. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me a fini par s'&#233;crouler, achev&#233; par l'abolition de l'esclavage en 1848, et une premi&#232;re ru&#233;e vers l'or. Alors, Napol&#233;on III eut une id&#233;e magnifique : on allait d&#233;velopper la Guyane en y envoyant des bagnards. &#201;chec &#233;conomique, d&#233;sastre humain. L'installation du centre spatial, voulue par le g&#233;n&#233;ral de Gaulle dans les ann&#233;es 1960, demeure la seule r&#233;ussite &#233;conomique de la France en Amazonie. Mais ce bijou technologique n'a rien d'endog&#232;ne, et se fait largement sans les Guyanais (qui remarquent au passage que la fus&#233;e b&#233;n&#233;ficie d'importantes exemptions fiscales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, le mod&#232;le &#233;conomique autonome n'est toujours pas trouv&#233;. Aujourd'hui encore, &#171; &lt;i&gt;on est le seul territoire qui n'est pas ind&#233;pendant de toute l'Am&#233;rique du Sud,&lt;/i&gt; remarque Denis Lamaison. &lt;i&gt;Ce n'est pas parce qu'en 1946, on a ray&#233; le terme de colonie pour le remplacer par celui de d&#233;partement que &#231;a a chang&#233; quelque chose : on est toujours dans un syst&#232;me h&#233;rit&#233; de la colonisation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Demain l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une situation que les autonomistes d&#233;noncent avec force. Pour eux, c'est la mainmise de Paris qui emp&#234;che le territoire de d&#233;coller. &#171; &lt;i&gt;La Guyane est bloqu&#233;e parce que le statut ne convient pas,&lt;/i&gt; d&#233;nonce l'avocate Lucie Louz&#233;-Donzenac.&lt;i&gt; &#192; chaque fois qu'on veut faire quelque chose pour la Guyane, il faut demander &#224; Paris.&lt;/i&gt; &#187; Et l'ancienne b&#226;tonni&#232;re de militer pour un statut permettant d'&#233;tablir des &#171; &lt;i&gt;lois pays&lt;/i&gt; &#187;, comme en Nouvelle-Cal&#233;donie, qui seraient plus adapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; l'environnement local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Guyane, l'id&#233;e est assez partag&#233;e, mais tout le monde n'en attend pas forc&#233;ment de miracle : &#171; &lt;i&gt; Pour eux, le cadre va tout changer. Moi, je ne crois pas que &#231;a r&#233;soudra tout comme d'un coup de baguette magique &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;plique Isabelle Patient, vice-pr&#233;sidente de la Collectivit&#233; territoriale de Guyane, domin&#233;e par Rodolphe Alexandre &#8211; un ralli&#233; &#224; Emmanuel Macron. Sans &#234;tre n&#233;cessairement oppos&#233;e &#224; une &#233;volution statutaire, cette femme politique rappelle qu'en 2010, les Guyanais avaient rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum une r&#233;forme donnant davantage d'autonomie aux &#233;lus locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans plus tard, le verdict des urnes serait-il diff&#233;rent ? Le mouvement du printemps dernier aura-t-il fait bouger les lignes ? &#171; &lt;i&gt; Pour moi, les Guyanais ont pris conscience qu'ils sont un peuple&lt;/i&gt; &#187;, estime Gauthier Horth, exploitant minier tr&#232;s actif dans le mouvement du printemps dernier, et &#171; &lt;i&gt;clairement pour la souverainet&#233; de la Guyane&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'or et le cyanure&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir vers quel d&#233;veloppement pourrait se tourner une Guyane autonome ou ind&#233;pendante. &#171; &lt;i&gt;Nous avons tout ce qu'il faut : l'or, le bois, la p&#234;che &lt;/i&gt; &#187;, expose Lucie Louz&#233;-Donzenac. Un mod&#232;le bas&#233; sur l'extractivisme ? De quoi laisser songeur quand on sait les ravages que l'industrie mini&#232;re a g&#233;n&#233;r&#233;s au Surinam voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autonomie ou pas, la classe politique guyanaise, dans sa majorit&#233;, soutient un m&#233;ga-projet minier industriel : la Montagne d'or. Port&#233;e par un consortium russo-canadien, l'id&#233;e est d'extraire en douze ans plus de 80 tonnes d'or. Ceci &#224; moins de 500 m&#232;tres d'une r&#233;serve biologique int&#233;grale. La fosse ferait 2,5 kilom&#232;tres de long et aurait le volume de 32 Stades de France. D'apr&#232;s ses promoteurs, la mine permettrait de cr&#233;er 750 emplois directs et quelque 3 000 autres induits. Argument choc au vu du taux de ch&#244;mage sur le territoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les nombreux opposants au projet, la Montagne d'or g&#233;n&#233;rerait surtout un risque industriel &#233;norme, par le stockage de tonnes et de tonnes de boues cyanur&#233;es. Elle provoquerait une augmentation de 20 % de la consommation &#233;lectrique guyanaise, et capterait d'importants fonds publics, au titre de l'aide aux entreprises. Un argent qui serait mieux d&#233;pens&#233; &#224; promouvoir le tourisme durable ou l'&#233;conomie de la biodiversit&#233;. Le d&#233;bat fait rage en Guyane. Mais la d&#233;cision finale sera prise &#224; Paris, o&#249; Emmanuel Macron s'est montr&#233; jusqu'ici favorable au projet&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er f&#233;vrier 2019, prenant un peu de distance avec son enthousiasme du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C.R.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Laboratoire de l'anti-droit d'asile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#212; Vous&lt;/strong&gt;, demandeurs d'asile, avez-vous aim&#233; la loi Collomb ? Du c&#244;t&#233; de Cayenne, vous pourrez en go&#251;ter une version piment&#233;e. Avant, quand vous arriviez sur le territoire fran&#231;ais, vous aviez 120 jours pour vous manifester aupr&#232;s de la pr&#233;fecture &#8211; sous peine de passer en &#171; proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e &#187; et de voir votre cas examin&#233; de mani&#232;re beaucoup plus exp&#233;ditive. Gr&#226;ce &#224; la loi sur l'asile vot&#233;e en avril, vous n'aurez plus que 90 jours&#8230; en m&#233;tropole. En Guyane, ce ne sera que 60 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux encore : une fois enregistr&#233; &#224; la pr&#233;fecture, vous aviez 21 jours pour rendre votre dossier &#224; l'Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et des apatrides (Ofpra). D&#233;sormais, en Guyane, vous n'aurez plus qu'une semaine ! Ce n'est pas tout : avant, vous pouviez envoyer ce dossier par La Poste. Termin&#233; ! D&#233;sormais, dans ce d&#233;partement o&#249; les transports en commun n'existent quasiment pas, il vous faudra l'amener en personne &#224; l'Ofpra. Laquelle administration devra statuer sous&#8230; quinze jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces dispositions sont contenues dans un projet de d&#233;cret r&#233;v&#233;l&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qui le qualifie &#224; juste titre de &#171; &lt;i&gt;machine de guerre contre le droit d'asile&lt;/i&gt; &#187;. L'objectif est clair : r&#233;duire la demande d'asile ha&#239;tienne, qui repr&#233;sentait l'an dernier 88,9 % des requ&#234;tes d&#233;pos&#233;es en Guyane. Au niveau national, Ha&#239;ti &#233;tait le troisi&#232;me pays d'origine, avec 4 939 premi&#232;res demandes, pour un taux de r&#233;ponses positives de&#8230; 3,2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce d&#233;cret exp&#233;rimental, qui devrait entrer en application d'ici quelques mois, faisait ses preuves en Amazonie, il pourrait bien &#234;tre &#233;tendu &#224; l'ensemble du territoire fran&#231;ais, via une future loi Collomb 2.0. On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2019, prenant un peu de distance avec son enthousiasme du pass&#233;, Emmanuel Macron a indiqu&#233; qu'en l'&#233;tat, ce projet n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas &#224; la hauteur&lt;/i&gt; &#187;. Mais les opposants, prudents, ne crient pas victoire pour autant. &lt;i&gt;[Note du webmaster.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Venezuela non grata</title>
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		<dc:date>2018-11-21T23:47:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le samedi 18 ao&#251;t, dans la petite ville frontali&#232;re de Paracaima, au nord du Br&#233;sil, des dizaines d'habitants ont attaqu&#233;, bastonn&#233; et br&#251;l&#233; un campement de r&#233;fugi&#233;s&#8200;v&#233;n&#233;zu&#233;liens,&#8200;apr&#232;s l'agression d'un commer&#231;ant local imput&#233;e &#224; ces derniers... *** Cette pouss&#233;e de fi&#232;vre x&#233;nophobe a contraint 1 200 migrants &#224; quitter le territoire br&#233;silien. Au moins 93 V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;s au Br&#233;sil au cours du premier trimestre, s'ajoutant aux 83 morts violentes enregistr&#233;es l'ann&#233;e pass&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conditions" rel="tag"&gt;conditions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/economique" rel="tag"&gt;&#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Venezueliens" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zu&#233;liens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Suely-Campos" rel="tag"&gt;Suely Campos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Venezuela" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Temer" rel="tag"&gt;Michel Temer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Venezueliens-pourraient" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zu&#233;liens pourraient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 18 ao&#251;t, dans la petite ville frontali&#232;re de Paracaima, au nord du Br&#233;sil, des dizaines d'habitants ont attaqu&#233;, bastonn&#233; et br&#251;l&#233; un campement de r&#233;fugi&#233;s&#8200;v&#233;n&#233;zu&#233;liens,&#8200;apr&#232;s l'agression d'un commer&#231;ant local imput&#233;e &#224; ces derniers...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-880-816a6.jpg?1782640047' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;168 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette pouss&#233;e de fi&#232;vre x&#233;nophobe&lt;/strong&gt; a contraint 1 200 migrants &#224; quitter le territoire br&#233;silien. Au moins 93 V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;s au Br&#233;sil au cours du premier trimestre, s'ajoutant aux 83 morts violentes enregistr&#233;es l'ann&#233;e pass&#233;e. Face &#224; l'afflux des migrants, Suely Campos, le gouverneur de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Roraima, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt; Nous craignons que cela entra&#238;ne une d&#233;stabilisation &#233;conomique et sociale dans notre &#201;tat. Je m'occupe des besoins des V&#233;n&#233;zu&#233;liens au d&#233;triment des Br&#233;siliens. &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; El &#233;xodo de los venezolanos sofoca al norte de Brasil &#187;, par Ernesto (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#192; la fin du mois d'ao&#251;t, le pr&#233;sident Michel Temer a fait se d&#233;ployer l'arm&#233;e &#171; &lt;i&gt;pour garantir la loi et l'ordre &lt;/i&gt; &#187; le long de la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les jours&lt;/strong&gt;, ce sont au moins 5 000 V&#233;n&#233;zu&#233;liens de toutes conditions sociales qui fuient la pauvret&#233; et la p&#233;nurie et cherchent &#224; passer dans les principaux pays d'Am&#233;rique latine, voire les &#201;tats-Unis ou l'Espagne. Les Nations unies consid&#232;rent ce ph&#233;nom&#232;ne comme le plus grand exode de l'histoire de l'Am&#233;rique latine. Les pays limitrophes ont durci les conditions d'entr&#233;e sur leur territoire, exigeant d&#233;sormais la pr&#233;sentation d'un passeport. Depuis des mois, des files de migrants, venus &#224; pied ou en car, fuient leur pays, dans des conditions sanitaires p&#233;nibles, subissant l'humiliation bureaucratique, oblig&#233;s de recourir &#224; toutes sortes d'exp&#233;dients pour survivre, notamment la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant l'Uruguay&lt;/strong&gt;, notre correspondant Cheru Corisco nuan&#231;ait le rejet des autochtones : &#171; &lt;i&gt;Quelques milliers de V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont d&#233;barqu&#233; ici aussi et ils sont plut&#244;t bien trait&#233;s. Rien &#224; voir avec la parano p&#233;ruvienne ou les pogroms br&#233;siliens ! L'Uruguay est un pays peu peupl&#233; qui se d&#233;finit encore comme une terre d'accueil. Il n'exige d'ailleurs pas de passeport pour une entr&#233;e terrestre, une carte d'identit&#233; suffit. L'&#233;loignement g&#233;ographique du Venezuela fait aussi que ceux qui arrivent sont plut&#244;t issus des classes moyennes. &lt;/i&gt; &#187; Cela &#233;tant, les entr&#233;es en Uruguay &#8211; pays qui soutenait jusqu'&#224; r&#233;cemment le r&#233;gime chaviste &#8211; restent loin derri&#232;re celles de l'Argentine ou du Chili, pays dans lequel 124 501 arriv&#233;es ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; enregistr&#233;es au premier semestre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au total, 2,3 &#224; 3 millions de personnes&lt;/strong&gt; sont parties du Venezuela depuis 1998, dont 1,6 million depuis 2015, ann&#233;e o&#249; la situation &#233;conomique s'est consid&#233;rablement d&#233;t&#233;rior&#233;e. Plus de 1,8 million de V&#233;n&#233;zu&#233;liens pourraient encore quitter le pays d'ici fin 2018. Et plus d'un tiers de la population l'envisagerait&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Calculating Our Diaspora &#187;, sur le site Caracas chronicles.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En f&#233;vrier 2018&lt;/strong&gt;, selon une &#233;tude de l'institut Datincorp aupr&#232;s de familles de migrants, 45 % des sond&#233;s donnait la crise &#233;conomique pour raison principale de leur d&#233;part, 25 % le manque d'espoir de changement politique et 15 % l'ins&#233;curit&#233; personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette h&#233;morragie d&#233;mographique&lt;/strong&gt; doubl&#233;e d'une crise humanitaire, le pouvoir de Maduro s'enfonce dans le d&#233;ni et le d&#233;lire parano&#239;aque, faisant porter la responsabilit&#233; du chaos int&#233;rieur &#224; &#171; une intervention &#233;trang&#232;re &#187; &#8211; ourdie comme de bien entendu par Washington, l'Union europ&#233;enne et les pays du groupe de Lima. Un sc&#233;nario de propagande monolithique que personne ne croit de bonne foi, sauf peut-&#234;tre dans les m&#233;dias de la France insoumise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Je dis aux V&#233;n&#233;zu&#233;liens&lt;/strong&gt; qui souhaitent &#233;chapper &#224; l'esclavage &#233;conomique : arr&#234;tez de laver les toilettes &#224; l'&#233;tranger et venez vivre dans votre patrie &lt;/i&gt; &#187;, a d&#233;clar&#233;, le mardi 28 ao&#251;t, Nicolas Maduro, tout en promettant un &#171; plan de relance &#187; qui pr&#233;voit entre autres la multiplication par 34 du salaire minimum face &#224; une menace d'inflation de&#8230; 1 000 000 %. Peu de chance que son annonce inverse la tendance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Regards sur un pays &#224; la d&#233;rive &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Venezuela-complots-exode-et' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Venezuela : complots, exode et d&#233;composition&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;El &#233;xodo de los venezolanos sofoca al norte de Brasil &lt;/i&gt; &#187;, par Ernesto Londo&#241;o sur le site du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, 30 avril 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Calculating Our Diaspora &#187;, sur le site Caracas chronicles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les patrons bretons en embuscade</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-patrons-bretons-en-embuscade</link>
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		<dc:date>2014-04-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G. Ar Gag</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Felder</dc:subject>
		<dc:subject>Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>Bretons</dc:subject>
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		<dc:subject>Bonnets</dc:subject>
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		<dc:subject>Internationales &#339;uvre</dc:subject>
		<dc:subject>Roch</dc:subject>

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&lt;p&gt;A Locarn, petite commune de 500 habitants dans les C&#244;tes-d'Armor, que la tradition populaire situe &#171; sept lieues apr&#232;s l'enfer &#187; du fait de son isolement et de l'&#226;pret&#233; de son climat, les langues ne se d&#233;lient pas facilement quand on &#233;voque le lieu-dit de Kerhunou. C'est l&#224;, en effet, que l'Institut de Locarn, sorte de &#171; Davos breton &#187; , a implant&#233; son si&#232;ge depuis d&#233;j&#224; 20 ans. Cr&#233;&#233; en 1991 par Jean-Pierre Le Roch, fondateur du groupe de distribution Les Mousquetaires, l'Institut de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Locarn, petite commune de 500 habitants dans les C&#244;tes-d'Armor, que la tradition populaire situe &#171; &lt;i&gt;sept lieues apr&#232;s l'enfer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lokern seizh lev goude an ifern &#187; en breton.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; du fait de son isolement et de l'&#226;pret&#233; de son climat, les langues ne se d&#233;lient pas facilement quand on &#233;voque le lieu-dit de Kerhunou. C'est l&#224;, en effet, que l'Institut de Locarn, sorte de &#171; Davos breton&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet le dossier consacr&#233; &#224; L'Institut de Locarn, Golias Magazine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; , a implant&#233; son si&#232;ge depuis d&#233;j&#224; 20 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 1991 par Jean-Pierre Le Roch, fondateur du groupe de distribution Les Mousquetaires, l'Institut de Locarn-Cultures et Strat&#233;gies Internationales &#339;uvre pour &#171; &lt;i&gt;le d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel de la Bretagne et la formation des entreprenants&lt;/i&gt; &#187;. Ce laboratoire patronal a surtout tiss&#233; une toile remarquable o&#249; se distingue le pedigree de ses animateurs et les th&#232;ses d&#233;velopp&#233;es, entre valorisation de l'identit&#233; de la r&#233;gion ou &#171; &lt;i&gt;pays historique&lt;/i&gt; &#187;, &#233;vang&#233;lisation et ultralib&#233;ralisme.
Dans la liste du beau linge qui a particip&#233; &#224; sa cr&#233;ation et &#224; son d&#233;veloppement, on trouve des sp&#233;cialistes de la d&#233;fense, de l'am&#233;nagement du territoire et du renseignement &#233;conomique. En premier chef, il y a le v&#233;ritable th&#233;oricien de l'Institut, l'universitaire Joseph Le Bihan, sp&#233;cialiste en marketing et en strat&#233;gies internationales, ancien consultant des services ext&#233;rieurs fran&#231;ais (SDEC puis DGSE). Viennent ensuite des inconditionnels de l'ultralib&#233;ralisme &#224; l'image d'Auguste G&#233;nov&#232;se, ancien directeur des usines Peugeot-Citro&#235;n, proche d'Alain Madelin, ex-vice-pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional de Bretagne, deuxi&#232;me pr&#233;sident de l'Institut en 1995. &lt;i&gt;Last but not least&lt;/i&gt;, plus discr&#232;tement, se retrouvent des catholiques ultras, &#224; l'instar du prince h&#233;ritier de l'Empire austro-hongrois Otto de Habsbourg (d&#233;c&#233;d&#233; en 2011), &#233;minence grise de la lutte anti-communiste qui pr&#233;sidera jusqu'en 1962 le Centre europ&#233;en de documentation et d'information (CEDI), une &#233;manation de l'Opus Dei, pierre angulaire des plans de reconqu&#234;te catholique en Europe. Citons encore Guy Plunier, catholique fervent, proche de Jean-Marie Le Pen, expert aupr&#232;s d'un des lobbys les plus r&#233;actionnaires aux &#201;tats-Unis, The Heritage Foundation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH415/p03-bretagne-18b00.jpg?1782651220' width='400' height='415' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Felder.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, suite au trait&#233; de Maastricht et face &#224; la r&#233;ticence grandissante des &#201;tats &#224; c&#233;der une part de leur souverainet&#233; au profit des institutions europ&#233;ennes, l'Institut a d'abord voulu jouer la carte d'une nouvelle donne institutionnelle qui aurait pu offrir aux r&#233;gions une palette de choix politiques possibles supplantant par l&#224; m&#234;me le concept d'&#201;tat-nation. Une carte all&#233;chante pour la Bretagne o&#249; le centralisme est toujours ressenti comme une domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, le conseil strat&#233;gique, v&#233;ritable poumon id&#233;ologique de l'Institut, a tr&#232;s vite compris que le poids des d&#233;mocraties nationales ne pesait plus tr&#232;s lourd face au capitalisme financier et &#224; la globalisation de l'&#233;conomie. Un jeu d'influence consid&#233;rable pour les tenants de l'ultralib&#233;ralisme s'ouvrait alors, devenant le moyen pour cette Bretagne patronale de se lib&#233;rer du carcan r&#232;glementaire fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me de la Bretagne, c'est la France&lt;/i&gt; &#187;, affirmait encore r&#233;cemment Alain Glon, actuel pr&#233;sident de l'Institut et fondateur de la holding agro-alimentaire Glon-Sanders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un troisi&#232;me temps, les penseurs de l'Institut de Locarn saisissent rapidement que dans cette jungle ultralib&#233;rale, o&#249; la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s int&#233;rieurs devient incontr&#244;lable, les patrons, ironie du sort, sont eux-m&#234;mes en perte de rep&#232;res et en manque de r&#233;seaux de sociabilit&#233;. L'Institut va leur offrir un statut, une reconnaissance, un cadre id&#233;ologique. Les &#171; D&#238;ners celtiques &#187; et autres rendez-vous parisiens du &#171; Club des 30 &#187; et du &#171; Club de Bretagne &#187; seront favoris&#233;s et aid&#233;s par l'Institut. D'autre part, une attention particuli&#232;re sera apport&#233;e &#224; la formation professionnelle &#171; &lt;i&gt;afin d'aider les deux populations les plus durement touch&#233;es par le ch&#244;mage &#224; rebondir : les jeunes dipl&#244;m&#233;s, qui ont des difficult&#233;s &#224; s'ins&#233;rer professionnellement&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;les cadres en rupture de parcours, qui ont un projet de cr&#233;ation ou de reprise d'entreprise&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.institut-locarn.fr.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Mais aussi une volont&#233; de f&#233;d&#233;rer les Bretons expatri&#233;s via l'OBE (Organisation des Bretons expatri&#233;s) ou la DEB (Diaspora &#233;conomique bretonne) dont le but est &#171; &lt;i&gt;de faciliter la mise en relation de ces acteurs &#233;conomiques entre eux, et/ou vers des acteurs &#233;conomiques implant&#233;s en Bretagne, dans une finalit&#233; de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, Bretons d'ici et d'ailleurs sont appel&#233;s &#224; travailler main dans la main&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans un dernier temps, le &#171; r&#233;gionalisme &#187;, avant tout &#233;conomique, permettra de d&#233;limiter ce cadre institutionnel revendiqu&#233; par l'Institut de Locarn. Regrouper les patrons, les forces vives &#233;conomiques (et culturelles parfois) au sein de lobbies influents avec pour postulat que &#171; &lt;i&gt; l'unification de la Grande Europe occidentale ne pourra fonctionner sur le mod&#232;le de l'&#233;tat-nation et centralisateur que nous connaissons en France&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;diaspora-bretonne.com&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. Tr&#232;s vite l'ensemble de ces acteurs de Bretagne, li&#233;s &#224; la finance, la grande distribution, l'agro-alimentaire apportent leur soutien &#224; l'Institut pour travailler &#224; une d&#233;r&#233;glementation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les acquis sociaux dont les &#201;tats sont encore les garants : droit du travail, fiscalit&#233;, assurance ch&#244;mage&#8230; La d&#233;fense de la culture ou de la langue bretonne n'est jamais une priorit&#233; pour l'Institut, qui ne s'appuie sur l'identit&#233; bretonne que pour mieux en d&#233;finir les r&#232;gles du jeu au seul profit du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, l'Institut de Locarn, soutenu d&#232;s le d&#233;but par les instances publiques &#8211; Jean Yves Le Drian, actuel ministre de la D&#233;fense, &#233;tait un habitu&#233; des lieux lorsqu'il &#233;tait pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional de Bretagne &#8211; s'est fondu dans le paysage pour devenir le centre incontournable de convergence et de formation des diff&#233;rents milieux &#233;conomiques et politiques, qu'ils soient de gauche ou de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aujourd'hui, ce fameux &#171; mod&#232;le breton &#187; tant vant&#233; et th&#233;oris&#233; &#224; Locarn est dans l'impasse. Impasse &#233;conomique, comme en t&#233;moignent les licenciements r&#233;cents qui se sont multipli&#233;s dans l'industrie (Alcatel, Peugeot-Citro&#235;n, etc.), l'agro-alimentaire (Doux, Gad). Impasse humaine et sociale : les conditions de travail impitoyables impos&#233;es aux ouvriers et ouvri&#232;res de l'agro-alimentaire (froid, gestes r&#233;p&#233;titifs, horaires exponentiels) les privent souvent d'une vie sociale apr&#232;s le travail tout en engendrant notamment des maladies musculaires irr&#233;versibles au bout de quelques ann&#233;es sur la cha&#238;ne&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Entr&#233;e du personnel, documentaire r&#233;alis&#233; par Manuela (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et l'on se souvient de cette solidarit&#233; ouvri&#232;re mise &#224; mal lorsque les salari&#233;s licenci&#233;s de Gad du site de Lampaul (Finist&#232;re), se sont heurt&#233;s &#224; ceux de l'usine de Josselin, dans le Morbihan, le 22 octobre dernier, alors qu'ils tentaient un blocage. Impasse environnementale enfin, car depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'agriculture intensive a ravag&#233; les paysages par le remembrement, le d&#233;boisement et la destruction des talus, pollu&#233; l'eau, concentr&#233; les terres aux mains de quelques uns rendant difficile l'installation sur de petites structures. Si bien qu'on se demande si la Bretagne n'appartiendra pas tout simplement aux banques dans un avenir proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on peut comprendre que la col&#232;re gronde sur le territoire breton, qu'un ras-le-bol g&#233;n&#233;ral s'&#233;tende et puisse se manifester &#224; travers les Bonnets rouges, qui comptent d&#233;sormais une cinquantaine de comit&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est le suivant : les Bonnets rouges sauront-ils donner de la consistance &#224; cette r&#233;volte, en partie ouvri&#232;re au d&#233;part, des salari&#233;s de l'agro-industrie, que la plupart des centrales syndicales fran&#231;aises n'ont pas vu venir, ou se laisseront-ils dicter leur conduite par les lobbies patronaux ultralib&#233;raux bretons ? Sauront-ils se retrouver autour d'une sortie indispensable de ce mod&#232;le breton et donner du sens &#224; leur slogan &#171; Vivre, d&#233;cider, travailler au pays &#187;, avant que la Bretagne ne devienne cette &#171; r&#233;gion du Grand-Ouest &#187; dot&#233;e d'un a&#233;roport tout neuf ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les bonnets rouges plusieurs articles d&#233;j&#224; publi&#233;s dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ca-barde-chez-les-Bretons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;a barde chez les bretons.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Bonnets-rouges-ou-blancs-bonnets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bonnets rouges ou blancs bonnets ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Thierry-Merret-le-faux-nez-rouge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Merret : le faux-nez rouge.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lokern seizh lev goude an ifern&lt;/i&gt; &#187; en breton.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet le dossier consacr&#233; &#224; L'Institut de Locarn, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://golias-news.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Golias Magazine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;59, mars-avril 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.institut-locarn.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.institut-locarn.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;diaspora-bretonne.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=195544.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Entr&#233;e du personnel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, documentaire r&#233;alis&#233; par Manuela Fr&#233;sil, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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