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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Renaud Duterme : &#171; Le fil rouge de l'effondrement, c'est l'explosion des in&#233;galit&#233;s &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis que Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens ont publi&#233; un petit livre intitul&#233; Comment tout peut s'effondrer (2015), le sujet est &#224; la mode . Les auteurs sont r&#233;guli&#232;rement invit&#233;s dans les m&#233;dias pour &#233;voquer la &#171; collapsologie &#187;, concept qu'ils ont forg&#233; pour &#233;tiqueter cette &#171; science &#187; de la mort des civilisations. Leur postulat de d&#233;part n'a rien de farfelu : nous serions au bord d'une grave crise aux motifs complexes et il conviendrait d'ores et d&#233;j&#224; de s'y pr&#233;parer. D'o&#249; le titre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diamond" rel="tag"&gt;Diamond&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes-dominantes" rel="tag"&gt;classes dominantes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis que Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens ont publi&#233; un petit livre intitul&#233; &lt;i&gt;Comment tout peut s'effondrer&lt;/i&gt; (2015), le sujet est &#224; la mode&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut &#233;galement remonter &#224; la publication en 2004 d'Effondrement, ouvrage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Les auteurs sont r&#233;guli&#232;rement invit&#233;s dans les m&#233;dias pour &#233;voquer la &#171; collapsologie &#187;, concept qu'ils ont forg&#233; pour &#233;tiqueter cette &#171; science &#187; de la mort des civilisations. Leur postulat de d&#233;part n'a rien de farfelu : nous serions au bord d'une grave crise aux motifs complexes et il conviendrait d'ores et d&#233;j&#224; de s'y pr&#233;parer. D'o&#249; le titre de leur dernier ouvrage : &lt;i&gt;Une autre fin du monde est possible&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seuil, 2018. Trois auteurs aux commandes : les deux pr&#233;cit&#233;s et Gauthier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probl&#232;me : si la probabilit&#233; d'un effondrement g&#233;n&#233;ral cr&#232;ve les yeux, les ouvrages de ses thurif&#233;raires manquent singuli&#232;rement de mordant, versant m&#234;me dans des passages&lt;i&gt; new age &lt;/i&gt;un peu trop l&#233;nifiants. On n'y trouve aucune critique r&#233;elle du capitalisme ou de l'explosion des in&#233;galit&#233;s sociales &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Un manque combl&#233; par l'essayiste Renaud Duterme, qui a publi&#233; un ouvrage mettant en avant l'aspect politique de la question :&lt;i&gt; De quoi l'effondrement est-il le nom ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; &#171; La fragmentation du monde &#187;, il a &#233;t&#233; publi&#233; en 2016 chez Utopia.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Un livre qui rappelle que la fin du monde aussi est affaire de lutte des classes. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1033-265b5.jpg?1782961551' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que notre imaginaire de l'effondrement est fantaisiste. Et que nous y accolons une vision &#224; la fois romantique et centr&#233;e sur le quotidien des classes moyennes occidentales...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Disons que les premi&#232;res images qui nous viennent en t&#234;te quand on parle d'effondrement sont pour beaucoup celles popularis&#233;es par la litt&#233;rature et le cin&#233;ma post-apocalyptiques : des environnements ravag&#233;s, des villes d&#233;sertes dans lesquelles la nature a repris ses droits, ou encore des sc&#232;nes de d&#233;sordre g&#233;n&#233;ralis&#233;, voire de guerre civile. Or, ces images sont d&#233;j&#224; une r&#233;alit&#233; dans bien des endroits du monde. Non seulement dans des pays dits du tiers-monde (pensons aux nombreux bidonvilles qui jouxtent les m&#233;gapoles ou aux pays en proie &#224; des conflits meurtriers tels que le Y&#233;men ou la Syrie), mais aussi en Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'envers des vitrines du capitalisme mondialis&#233;, on peut y voir dans maints endroits &#8211; des zones d&#233;sindustrialis&#233;es aux camps de r&#233;fugi&#233;s en passant par les quartiers pauvres au sein des m&#233;tropoles &#8211; des populations qui (sur)vivent dans des conditions tr&#232;s pr&#233;caires, lesquelles renvoient pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'imaginaire que l'on peut se faire d'une soci&#233;t&#233; effondr&#233;e (absence de services publics, manque de revenus, ins&#233;curit&#233;, malnutrition, p&#233;nuries en tout genre, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, quand on regarde au-del&#224; de la fameuse classe moyenne (si tant est que ce concept signifie encore quelque chose), on en vient &#224; consid&#233;rer l'effondrement davantage comme un processus d&#233;j&#224; en marche plut&#244;t que comme un &#233;v&#233;nement susceptible de nous plonger du jour au lendemain dans un monde &#224; la &lt;i&gt;Walking Dead&lt;/i&gt;, zombies except&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours sur l'effondrement est tr&#232;s d&#233;politis&#233;, &#224; l'image des &lt;i&gt;best-sellers&lt;/i&gt; de Pablo Servigne ou de Jared Diamond. Comme s'il ne fallait pointer ni le capitalisme ni les classes dirigeantes dans le d&#233;sastre en cours...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En ce qui me concerne, c'est justement apr&#232;s la lecture du livre de Jared Diamond que j'ai eu l'id&#233;e d'&#233;crire sur le sujet. Dans son livre pourtant volumineux, on ne trouve en effet aucune mention du capitalisme et tr&#232;s peu d'analyses en termes de rapports de classes et d'exploitation (du moins quand il parle de notre civilisation). Il n'y a somme toute rien de surprenant, car Diamond ne s'est jamais fait remarquer pour ses opinions de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est diff&#233;rent pour Rapha&#235;l Stevens et Pablo Servigne. Je connaissais ce dernier personnellement avant qu'il ne sorte &lt;i&gt;Comment tout peut s'effondrer&lt;/i&gt; et il ne s'est jamais cach&#233; de ses tendances libertaires. Pourtant le mot &#8220;capitalisme&#8221; est &#233;galement absent de son livre. En fait, lui et son co-auteur ont pr&#233;f&#233;r&#233; adopter une posture scientifique et non partisane dans le but de toucher un maximum de personnes. Si je peux comprendre cette posture &#8220;f&#233;d&#233;ratrice&#8221;, il est clair que c'est un d&#233;saccord que j'ai avec une grande partie de cette mouvance dite &#8220;collapsologique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard des facteurs objectifs qui nous conduisent au d&#233;sastre, il est en effet clair que la logique capitaliste, l'accaparement des richesses et l'explosion des in&#233;galit&#233;s sont les causes fondamentales de l'impasse dans laquelle nous sommes. Il est d'autant plus important de le souligner que les catastrophes &#224; venir vont encore davantage creuser le foss&#233; entre une infime minorit&#233; et le reste de la soci&#233;t&#233;, tout en permettant au grand capital et aux classes dominantes d'accentuer leur emprise sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Naomi Klein a parfaitement analys&#233; ce qu'elle nomme tr&#232;s justement le &#8220;capitalisme du d&#233;sastre&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;La Strat&#233;gie du choc&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premi&#232;re publication en 2007 au Canada.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;strong&gt;Naomi Klein d&#233;montre que le n&#233;o-lib&#233;ralisme mondialis&#233; se nourrit des catastrophes naturelles et des soubresauts politiques. Cela semble remettre en cause cette id&#233;e r&#233;currente selon laquelle un effondrement permettrait d'enfin tourner la page de la course &#224; l'ab&#238;me capitaliste...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le capitalisme est emp&#234;tr&#233; dans ses contradictions, il ne risque pas de s'effondrer de lui-m&#234;me. Au contraire : on voit que le d&#233;sarroi et l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale favorisent la mainmise du capital sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. La Gr&#232;ce illustre bien cette tendance. On a vu comment une crise &#233;conomique est utilis&#233;e par les classes dominantes pour justifier des politiques antisociales drastiques. C'est somme toute ce qu'il s'est pass&#233; dans les nombreux pays du Sud qui ont vu intervenir le FMI dans leurs affaires int&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le sentiment d'ins&#233;curit&#233; (r&#233;el ou fantasm&#233;) qui accompagne n&#233;cessairement les catastrophes, qu'elles soient naturelles ou sociales, fournit de nouvelles niches pour des capitaux &#224; la recherche de rentabilit&#233;. Le contr&#244;le des fronti&#232;res, les dispositifs de surveillance et le gigantesque march&#233; de la s&#233;curit&#233; laissent ainsi entrevoir ce que Mathieu Rigouste nomme un keyn&#233;sianisme s&#233;curitaire, qui a probablement de beaux jours devant lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au regard de ces perspectives, on voit &#233;galement surgir des appels &#224; un contr&#244;le radical de la d&#233;mographie. Vous &#234;tes tr&#232;s critiques &#224; ce sujet...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une probl&#233;matique qui revient souvent dans les d&#233;bats. Il est clair que r&#233;soudre les probl&#232;mes auxquels l'humanit&#233; fait face est plus compliqu&#233; sur une plan&#232;te &#224; 7,5 milliards d'habitants que sur une &#224; 2 milliards. Cela dit, la plupart des n&#233;o-malthusiens ne veulent pas admettre l'&#233;vidence : mettre cette question au centre du d&#233;bat revient implicitement &#224; envisager une solution autoritaire du style de celle qu'a mise en place le gouvernement chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Except&#233; une solution coercitive, la meilleure fa&#231;on pour que les familles fassent moins d'enfants est d'am&#233;liorer les conditions &#233;conomiques dans lesquelles elles vivent (s&#233;curit&#233; sociale, d&#233;mocratisation de la contraception, revenus d&#233;cents) et de favoriser l'&#233;mancipation des femmes. En d'autres termes : si les f&#233;tichistes de la question d&#233;mographique usaient autant d'&#233;nergie &#224; combattre les in&#233;galit&#233;s et le n&#233;o-colonialisme qui ont appauvri les pays du Sud, la population finirait &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; par se stabiliser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous citez la rappeuse Keny Arkana en exergue : &#171; &lt;i&gt;Tout ce qui est fond&#233; sur l'injustice est vou&#233; &#224; s'&#233;crouler.&lt;/i&gt; &#187; Comme s'il y avait une porte de sortie autre que l'autoritarisme et l'explosion des in&#233;galit&#233;s...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas un f&#233;tichiste du mot &#8220;effondrement&#8221;. Mais je le mobilise parce que j'estime qu'il correspond bien &#224; ce qui est en train de se passer, &#224; savoir une conjonction d'impasses sur les plans &#233;conomiques, &#233;cologiques et sociaux, laissant entrevoir un basculement dans &#8220;autre chose&#8221;. Ce que cette autre chose sera, j'estime que &#231;a n'est ni &#224; moi ni &#224; personne de le proposer. Il d&#233;coulera plut&#244;t des luttes, des mobilisations et surtout de l'&#233;mergence d'une conscience de classes qui guidera ces combats. Car le fil rouge de toutes ces impasses, c'est bien l'explosion des in&#233;galit&#233;s, qui sont &#224; la fois la cause et la cons&#233;quence de cet &#8220;effondrement&#8221;. Sans une redistribution radicale des richesses et une remise en cause du mod&#232;le productiviste, je pense que toute issue &#8220;positive&#8221; est vou&#233;e &#224; &#234;tre soit r&#233;cup&#233;r&#233;e, soit marginalis&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut &#233;galement remonter &#224; la publication en 2004 d'&lt;i&gt;Effondrement&lt;/i&gt;, ouvrage de l'historien Jared Diamond, dont le Premier ministre &#201;douard Philippe serait un grand fan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Seuil, 2018. Trois auteurs aux commandes : les deux pr&#233;cit&#233;s et Gauthier Chapelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &#171; La fragmentation du monde &#187;, il a &#233;t&#233; publi&#233; en 2016 chez Utopia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Premi&#232;re publication en 2007 au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Apr&#232;s le capitalisme, la r&#233;volution !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Apres-le-capitalisme-la-revolution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Apres-le-capitalisme-la-revolution</guid>
		<dc:date>2019-01-03T13:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>Pablo Servigne</dc:subject>
		<dc:subject>l'avenir catastrophique</dc:subject>
		<dc:subject>climatique approche</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe climatique</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;alit&#233; suffisant</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Madelin</dc:subject>
		<dc:subject>proclame Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Rapha&#235;l Stevens</dc:subject>
		<dc:subject>l'avenir</dc:subject>
		<dc:subject>Petit Manuel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me s'il se laisse pr&#233;senter comme un expert en &#171; humanit&#233;s environnementales &#187;, le professeur sorbonnard Pierre Madelin n'est pas un p&#233;teux. Au Chiapas o&#249; il vit sa vie, il a fricass&#233; un essai d'&#233;cologie utopisto-libertaire assez choupa&#239;a, Apr&#232;s le capitalisme, que les &#233;ditions rebelles qu&#233;b&#233;coises &#201;cosoci&#233;t&#233; ont pris en main. L'ouvrage ne cr&#233;e pas la surprise mais r&#233;capitule avec une clart&#233; secouante les impasses actuelles et les moyens de les court-circuiter. *** &#171; Nous savons que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-avenir-catastrophique" rel="tag"&gt;l'avenir catastrophique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/climatique-approche" rel="tag"&gt;climatique approche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/catastrophe-climatique" rel="tag"&gt;catastrophe climatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/realite-suffisant" rel="tag"&gt;r&#233;alit&#233; suffisant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Madelin" rel="tag"&gt;Pierre Madelin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proclame-Pierre" rel="tag"&gt;proclame Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Raphael-Stevens" rel="tag"&gt;Rapha&#235;l Stevens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-avenir" rel="tag"&gt;l'avenir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Petit-Manuel" rel="tag"&gt;Petit Manuel&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me s'il se laisse pr&#233;senter comme un expert en &#171; humanit&#233;s environnementales &#187;, le professeur sorbonnard Pierre Madelin n'est pas un p&#233;teux. Au Chiapas o&#249; il vit sa vie, il a fricass&#233; un essai d'&#233;cologie utopisto-libertaire assez choupa&#239;a, &lt;i&gt;Apr&#232;s le capitalisme&lt;/i&gt;, que les &#233;ditions rebelles qu&#233;b&#233;coises &#201;cosoci&#233;t&#233; ont pris en main. L'ouvrage ne cr&#233;e pas la surprise mais r&#233;capitule avec une clart&#233; secouante les impasses actuelles et les moyens de les court-circuiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Nous savons que la catastrophe climatique approche&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, proclame Pierre Madelin, mais &#171; &lt;i&gt;nous n'arrivons pas &#224; donner un poids de r&#233;alit&#233; suffisant &#224; l'avenir, et en particulier &#224; l'avenir catastrophique&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, &#171; &lt;i&gt;nous allons assister, &#224; court et &#224; moyen terme, &#224; une s&#233;rie d'effondrements syst&#233;miques qui provoqueront des guerres, des famines et des migrations massives pouvant se solder par la mort de centaines de milliers, voire de plusieurs milliards d'&#234;tres humains&lt;/i&gt; &#187;, lit-on dans le glacial &lt;i&gt;Comment tout peut s'effondrer &#8211; Petit Manuel de collapsologie &#224; l'usage des g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes&lt;/i&gt;, de Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens (&#233;d. Seuil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; trois sc&#233;narios possibles&lt;/strong&gt; : 1) le renforcement de l'&#201;tat, celui-ci optant pour une gestion &#233;co-totalitaire des ressources et des populations ; 2) l'affaissement, en m&#234;me temps, de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie au profit de forces arm&#233;es de type mafieux ou terroriste imposant leurs monopoles par l'arbitraire et la violence ; 3) l'auto-organisation conviviale des populations livr&#233;es &#224; elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de l&#224; &#8211; le sc&#233;nario trois &#8211; on est g&#226;t&#233;s&lt;/strong&gt;. Pierre Madelin imagine une contre-soci&#233;t&#233; &#233;co-socialiste s'employant, comme le pr&#233;conise le sociologue-philosophe John Holloway, &#224; &#171; &lt;i&gt;changer le monde sans prendre le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. Il s'agit, explique le magister, de favoriser &#171; &lt;i&gt;la cr&#233;ation de petits isolats exemplaires, l'essaimage de sc&#232;nes pratiques de partage et de solidarit&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment inscrites en dehors de la logique propri&#233;taire et &#233;tatique&lt;/i&gt; &#187;. Une contre-soci&#233;t&#233; anti-hi&#233;rarchique qui s'organiserait peu &#224; peu sous la forme associative et coop&#233;rative &#224; tous les niveaux, &#171; &lt;i&gt; jusqu'&#224; constituer une force mondiale suffisamment forte pour contrer les puissances du capitalisme transnational &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'analyste de panacher ses suggestions de r&#233;f&#233;rences historiques exaltantes&lt;/strong&gt; : des phalanst&#232;res fouri&#233;ristes aux caracoles zapatistes et aux r&#233;centes Zad en passant par les conseils ouvriers ou paysans, les communes s&#233;ditieuses des seventies, les assembl&#233;es populaires &#224; la Nuit debout, les amicales de brigands justiciers et de pirates altruistes, les agoras ath&#233;niennes, les f&#233;d&#233;rations kibboutzim, les collectivit&#233;s anarchistes espagnoles, les repaires d'esclaves &#171; marrons &#187; incendiaires. Ou alors les &#171; cittaslow &#187;, ou &#171; r&#233;seau international des villes du bien-vivre &#187;, n&#233; en Italie, s'engageant &#224; ralentir le rythme de vie des citoyens. Des villes alternatives de tailles petite ou moyenne (en tout cas moins de 60 000 habitants) &#171; &lt;i&gt; o&#249; l'unit&#233; politique autonome de base, le quartier ou le p&#226;t&#233; de maisons&lt;/i&gt; &#187;, reposerait sur une pratique de la d&#233;mocratie vraiment directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; nous d&#232;s lors d'exp&#233;rimenter s&#233;ance tenante l'apr&#232;s-capitalisme&lt;/strong&gt; en cr&#233;ant des communaut&#233;s autog&#233;r&#233;es et, si possible, autarciques, aussi offensives qu'enjou&#233;es sans chefs ni garde-fous, dont les divers repr&#233;sentants soient r&#233;vocables &#224; tout moment. Mais construire de nouveaux espaces de libert&#233; sans freins, remarque sagacement le sociologue factieux Zygmunt Bauman, n'implique absolument pas qu'on doive s'y enraciner (un vilain mot souvent li&#233; &#224; un discours identitaire ou &#233;troitement traditionnaliste). Non, les mimiles, ne nous sentons jamais astreints &#224; nous enraciner dans les &#238;lots de r&#233;sistance que nous inventons. Jetons-y plut&#244;t l'ancre quand &#231;a nous chante avant d'appareiller vers d'autres utopies galvanisantes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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