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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Soudan : &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;</title>
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		<dc:creator>Oum Ziad</dc:creator>


		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
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		<dc:subject>manifestations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 19 d&#233;cembre, des rumeurs de la rue soudanaise nous parviennent, faisant &#233;tat de r&#233;voltes dans plusieurs villes ouvri&#232;res du nord du pays. Depuis trente ans, le Soudan est sous la coupe du r&#233;gime d'Omar al-Bachir, l'un des plus &#171; s&#233;curitaires &#187; au monde. Le 20 d&#233;cembre, le si&#232;ge du parti au pouvoir est incendi&#233; &#224; Atbara, sc&#232;ne jusqu'alors inimaginable. C'est aussi l&#224; que tombe le premier martyr, Shaouqi Assadig, &#226;g&#233; de 12 ans. Au sein de la communaut&#233; soudanaise exil&#233;e &#224; Marseille, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no173-fevrier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;173 (f&#233;vrier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Darfour" rel="tag"&gt;Darfour&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations" rel="tag"&gt;manifestations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 19 d&#233;cembre, des rumeurs de la rue soudanaise nous parviennent, faisant &#233;tat de r&#233;voltes dans plusieurs villes ouvri&#232;res du nord du pays. Depuis trente ans, le Soudan est sous la coupe du r&#233;gime d'Omar al-Bachir, l'un des plus &#171; s&#233;curitaires &#187; au monde. Le 20 d&#233;cembre, le si&#232;ge du parti au pouvoir est incendi&#233; &#224; Atbara, sc&#232;ne jusqu'alors inimaginable. C'est aussi l&#224; que tombe le premier martyr, Shaouqi Assadig, &#226;g&#233; de 12 ans. Au sein de la communaut&#233; soudanaise exil&#233;e &#224; Marseille, l'ambiance est &#233;lectrique. Entretien avec Mohamed Elnour, du collectif des &#171; R&#233;volutionnaires soudanais et leurs soutiens sur Marseille &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/-1054-27074.jpg?1782644002' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Le peuple veut la chute du r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187;, slogan des printemps arabes, est repris dans toutes les manifestations. peut-on parler d'un printemps soudanais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des m&#233;dias, quand ils en ont parl&#233;, ont d'abord &#233;voqu&#233; des &lt;i&gt;&#8220;&#233;meutes du pain&#8221;&lt;/i&gt;, mais c'est nier la dimension r&#233;volutionnaire de ce soul&#232;vement. Le Soudan a &#233;t&#233; le premier pays d'Afrique et du Moyen-Orient &#224; conna&#238;tre une r&#233;volution en 1885 contre la domination anglo-&#233;gyptienne. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, il y a eu deux r&#233;volutions : en 1964, Ibrahim Abboud a d&#251; quitter le pouvoir sous la pression de la rue ; en 1985, le renversement du gouvernement militaire d'al-Nimeiry a abouti &#224; la restauration d'un gouvernement civil &#233;ph&#233;m&#232;re... avant le coup d'&#201;tat d'Omar al-Bachir en 1989. Lorsqu'ont surgi les Printemps arabes, nous nous sommes extasi&#233;s des images de la place Tahrir, au Caire. L'histoire du peuple soudanais est connect&#233;e &#224; celle du peuple &#233;gyptien. Aujourd'hui, beaucoup d'activistes soudanais sont r&#233;fugi&#233;s en &#201;gypte, bien que les autorit&#233;s &#233;gyptiennes coop&#232;rent ponctuellement pour livrer des opposants au Niss [National Intelligence and Security Service, service de renseignements soudanais]. En juillet 2013, le coup d'&#201;tat militaire du g&#233;n&#233;ral al-Sissi et le retour de &#8220;l'id&#233;ologie du fusil&#8221; nous ont servi de mise en garde. Nous ne voulons laisser aucune opportunit&#233; aux partisans d'un coup de force : c'est pourquoi les manifestations soudanaises sont non partisanes et non arm&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organise la r&#233;volution populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis le 19 d&#233;cembre, des rassemblements spontan&#233;s ont lieu dans la plupart des grandes villes, surtout apr&#232;s la pri&#232;re publique du vendredi &#8211; voire apr&#232;s les matchs de foot, comme &#224; Omdurman, sous l'impulsion des supporters du club d'Al Hilal. Le 25 d&#233;cembre, des syndicats ont appel&#233; &#224; une marche sur le palais pr&#233;sidentiel &#224; Khartoum. Le vendredi suivant, &#8220;Vendredi de la col&#232;re&#8221;, des journalistes, m&#233;decins, universitaires ont lanc&#233; un appel &#224; la gr&#232;ve. Il n'y a aucun parti dans ces mobilisations. M&#234;me les collectifs &#233;tudiants, tr&#232;s pr&#233;sents, manifestent sans signe d'appartenance. Par crainte, Bachir a ferm&#233; les universit&#233;s d&#232;s le 22 d&#233;cembre ; cela n'emp&#234;che pas les &#233;tudiants de se r&#233;volter. Seuls le drapeau soudanais, l'hymne national et des slogans populaires comme &lt;i&gt;&#8220;Libert&#233;, paix et justice, la r&#233;volution est le choix du peuple&#8221;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#8220;Le peuple veut la chute du r&#233;gime&#8221;&lt;/i&gt; &#233;maillent nos manifestations. Il y a eu plusieurs expressions de soutiens d'opposants connus ou des fraternisations de militaires, mais les Soudanais n'ont plus confiance dans les corps interm&#233;diaires, partis ou syndicats. Sadeq al-Mahdi, ancien Premier ministre de Bachir, pr&#233;tend d&#233;sormais incarner l'opposition dans les m&#233;dias internationaux. Mais un de ses fils est actuellement conseiller de Bachir et, au d&#233;but de la r&#233;volution, Al-Mahdi venait de signer un &#233;ni&#232;me accord de paix en Allemagne. Quarante-trois accords de paix ont &#233;t&#233; sign&#233;s depuis 2003 et n'ont servi qu'&#224; d&#233;tourner le regard de la communaut&#233; internationale vis-&#224;-vis des massacres toujours en cours au Darfour et dans les monts Nuba. Ces &#8220;acteurs de la paix&#8221; sont finalement les acteurs du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, la r&#233;volution populaire s'embrase dans les villes du Nord, avant de s'&#233;tendre aux r&#233;gions discrimin&#233;es. mais les groupes rebelles du Darfour, du Kordofan et des monts Nuba restent pour l'instant discrets...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les villes du Nord sont les h&#233;riti&#232;res de l'ind&#233;pendance soudanaise. &#192; Omdurman, la s&#339;ur jumelle de Khartoum, sur l'autre rive du Nil, les manifestations sont quotidiennes. Cette ville a &#233;t&#233; construite par les &#233;lites dites &#8220;africaines&#8221; oppos&#233;es au pouvoir colonial, et a longtemps abrit&#233; les rebelles, dont le Mahdi, h&#233;ros mystique de la lutte pour l'ind&#233;pendance. Si le soul&#232;vement populaire est parti des villes du Nord, il s'est &#233;tendu rapidement au Darfour, surtout &#224; Nyala et Al Fasher, qui subissent de plein fouet la r&#233;pression de Mohamed Hamdan Dagalo, dit &#8220;Hemeti&#8221;, ancien chef &#8220;janjawid&#8221; [milices responsables des massacres au Darfour]. Ce chef de guerre s'est recycl&#233; dans les forces gouvernementales paramilitaires. Le Darfour, malgr&#233; le cessez-le-feu, est &#233;puis&#233; par les s&#233;quelles de la guerre de 2003. Je suis originaire d'Al Geneina, ville du Darfour &#224; la fronti&#232;re tchadienne. Mon village a &#233;t&#233; incendi&#233; quand j'avais 14 ans. En 2013, les groupes rebelles du Darfour avaient appel&#233; &#224; soutenir la r&#233;volution qui &#233;clatait &#224; Kassala. Aujourd'hui, ils se font plus discrets pour ne pas &#234;tre accus&#233;s de manipuler la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quoi repose la dictature de Bachir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le coup d'&#201;tat militaire de Bachir a &#233;t&#233; soutenu par des id&#233;ologues islamistes comme Hassan al-Tourabi. Apr&#232;s la mise &#224; l'&#233;cart de ce dernier, Bachir a continu&#233; &#224; s'appuyer sur l'islam rigoriste. Le 8 janvier, dans son discours t&#233;l&#233;vis&#233;, Bachir s'est encore appuy&#233; sur un had&#238;th&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paroles attribu&#233;es au proph&#232;te Mahomet.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour d&#233;clarer &#8220;halal&#8221; [licite] que les militaires tirent sur les manifestants. &#199;a a &#233;t&#233; un moment de basculement pour certains dignitaires religieux, qui ont imm&#233;diatement contredit l'interpr&#233;tation fantaisiste de Bachir et ont pris parti pour les manifestants. Le Soudan est en train de changer, sous l'impulsion d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration &#233;duqu&#233;e, m&#233;lang&#233;e. Une de nos revendications, c'est l'&#233;galit&#233; homme-femme. Beaucoup de femmes soudanaises sont pr&#233;sentes dans ces manifestations. Elles sont elles aussi la cible de la r&#233;pression. Bien s&#251;r, le deuxi&#232;me pilier du pouvoir, c'est l'appareil s&#233;curitaire, qui monopolise l'essentiel du budget de l'&#201;tat. Depuis le 19 d&#233;cembre, on parle de 40 morts et de plus de mille arrestations. Le 9 janvier, apr&#232;s les manifestations &#224; Omdurman, des dizaines de bless&#233;s &#233;taient soign&#233;s au grand h&#244;pital, o&#249; les hommes de Bachir ont ouvert le feu. Au m&#234;me moment, &#224; Karthoum, sur la Place Verte, le dictateur lan&#231;ait sa campagne pr&#233;sidentielle pour 2020, applaudi par des spectateurs de complaisance. Le m&#234;me sc&#233;nario de massacre s'est reproduit le 16 janvier, au Royal Care International Hospital &#224; Khartoum. Plusieurs m&#233;decins ont &#233;t&#233; tu&#233;s et arr&#234;t&#233;s alors qu'ils soignaient les manifestants. Depuis, des Soudanais occupent l'h&#244;pital en signe de protestation. Nous accueillons avec m&#233;fiance les annonces de d&#233;fections dans l'arm&#233;e, car certains attendent trop opportun&#233;ment la chute du tyran, &#224; l'instar de Salah Ghosh, le directeur des services de renseignement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est-on r&#233;volutionnaire soudanais dans l'exil ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les exil&#233;s jouent un r&#244;le de premier plan contre la censure et dans la coordination des informations. Le collectif &#8220;R&#233;volutionnaires soudanais sur Marseille&#8221; nous permet une solidarit&#233; concr&#232;te entre nous, mais aussi d'alerter la communaut&#233; internationale. C'est de la mobilisation virtuelle que vient le hashtag #TuTombes, qui fait r&#233;f&#233;rence au renversement de Bachir. Sur place, les r&#233;volutionnaires se connectent par des adresses IP virtuelles pour continuer &#224; nous envoyer des infos. Nous sommes tributaires de la fermeture des fronti&#232;res en Afrique [plusieurs millions d'euros ont &#233;t&#233; vers&#233;s par l'Union europ&#233;enne au r&#233;gime dans le cadre du Processus de Khartoum, un accord sur l'externalisation des fronti&#232;res europ&#233;ennes], des refoulements incessants d'un pays europ&#233;en &#224; l'autre et parfois de la collaboration des autorit&#233;s europ&#233;ennes et soudanaises pour l'expulsion de sans-papiers ou d'opposants au r&#233;gime&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En octobre 2017, Streetpress r&#233;v&#233;laitque des agents du renseignement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Malgr&#233; cela, pour moi, l'avenir du Soudan se construit aussi en Europe, car c'est un lieu de pouvoir. En trois ans, nous avons cr&#233;&#233; un rassemblement soudanais dans presque chaque ville. On est l&#224; pour changer l'histoire. C'est un de nos slogans : &lt;i&gt;&#8220;Bachir, &#224; la poubelle de l'Histoire&#8221;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Oum Ziad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paroles attribu&#233;es au proph&#232;te Mahomet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En octobre 2017, Streetpress &lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/1506702391-la-france-livre-opposants-politiques-dictature-soudan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;v&#233;lait&lt;/a&gt;que des agents du renseignement soudanais visitaient r&#233;guli&#232;rement les centres de r&#233;tention fran&#231;ais et n&#233;erlandais. Un an plus tard, la presse d&#233;voilait &lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/1539859272-vice-presidente-lrem-de-l-assemblee-dine-responsables-genocide&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le d&#238;ner&lt;/a&gt; de deux d&#233;put&#233;s LREM avec le g&#233;n&#233;ral soudanais Salah Ghosh, et la rencontre de ce dernier avec les services de renseignement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prahda : Pas le grand luxe</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Prahda-Pas-le-grand-luxe</link>
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		<dc:date>2018-01-11T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 15 octobre, El Mamba, collectif de soutien aux migrants des Bouches-du-Rh&#244;ne organisait un repas au Prahda de G&#233;menos, en compagnie des migrants log&#233;s dans cet ancien h&#244;tel Formule 1. L'occasion de les rencontrer. Et de d&#233;couvrir les pi&#232;ges de ce nouveau syst&#232;me d'h&#233;bergement bancal. &#171; Je suis arriv&#233; par la Libye en 2014 en franchissant le d&#233;sert, raconte Ali, Soudanais. Puis j'ai travers&#233; la M&#233;diterran&#233;e direction l'Italie, sur un bateau beaucoup trop petit pour les 90 personnes qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Formule" rel="tag"&gt;Formule&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 octobre, El Mamba, collectif de soutien aux migrants des Bouches-du-Rh&#244;ne organisait un repas au Prahda de G&#233;menos, en compagnie des migrants log&#233;s dans cet ancien h&#244;tel Formule 1. L'occasion de les rencontrer. Et de d&#233;couvrir les pi&#232;ges de ce nouveau syst&#232;me d'h&#233;bergement bancal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis arriv&#233; par la Libye en 2014 en franchissant le d&#233;sert&lt;/i&gt;, raconte Ali, Soudanais. &lt;i&gt;Puis j'ai travers&#233; la M&#233;diterran&#233;e direction l'Italie, sur un bateau beaucoup trop petit pour les 90 personnes qui avaient embarqu&#233;. Nous sommes rest&#233;s onze heures &#224; bord, nous pensions couler &#224; chaque instant.&lt;/i&gt; &#187; Le bateau de secours est finalement arriv&#233; &#224; temps, mais Ali n'a rien oubli&#233; de cet enfer. Et il craint d&#233;sormais d'&#234;tre renvoy&#233; aux Pays-Bas en vertu de la proc&#233;dure Dublin, qui assigne au pays o&#249; ils ont &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois enregistr&#233;s les demandeurs d'asile. Un droit complexe, changeant, et souvent interpr&#233;t&#233; en d&#233;faveur des requ&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, il y a aussi Osmane. Il a pris la m&#234;me route depuis le Darfour, pays ravag&#233; par la guerre depuis vingt ans. Lui vit &#224; Marseille avec un titre de s&#233;jour pour dix ans. &#192; ses c&#244;t&#233;s, Ali, qui est h&#233;berg&#233; au Prahda (Programme d'accueil et d'h&#233;bergement des demandeurs d'asile, lanc&#233; en septembre 2016) de G&#233;menos, dans les alentours
de Marseille. Il dort dans une chambre de ce Formule 1 reconverti. Dehors, on	d&#233;jeune ensemble sur invitation du Mamba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre convive en provenance de la Corne de l'Afrique, Abdul. Lui aime la politique et se d&#233;brouille bien en fran&#231;ais. Il revient de loin : &#171; &lt;i&gt;En 2003, j'ai manifest&#233; contre l'augmentation des frais de scolarit&#233; au Soudan. J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, mis dans une cage, frapp&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Il est parvenu &#224; s'&#233;chapper, puis &#224; fuir le pays. Mais ne l'a pas oubli&#233;. Il explique d'ailleurs que la r&#233;gion du Darfour est riche : uranium et p&#233;trole y pullulent, mais sont exploit&#233;s par des compagnies europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali, Osmane, Abdul. Tous soudanais et ayant pris tr&#232;s jeunes la route de l'exil, souvent pouss&#233;s par leur famille. La traductrice conna&#238;t bien la question, elle explique : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup d'entre eux sont issus de familles de petits &#233;leveurs, qui ont &#233;t&#233; expuls&#233;es de leur terre.&lt;/i&gt; &#187; C'est le cas de celle d'Abdul : &#171; &lt;i&gt;Mes parents &#233;taient &#233;leveurs de ch&#232;vres et de moutons au Darfour, mais ils vivent d&#233;sormais dans un camp. C'est pourquoi je suis parti pour Khartoum en 2003.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien loin des fantasmes d'invasion mis en avant par les d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;s &#224; la &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, les exil&#233;s du Soudan fuyant la guerre se sont dispers&#233;s dans le monde entier. Les parents d'Osmane sont ainsi partis en Arabie Saoudite. D'autres ont opt&#233; pour le Ghana. L'Europe n'est pas un r&#234;ve, simplement un refuge : &#171; &lt;i&gt;On est venus en Europe en qu&#234;te de protection&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Formule 1 en panne s&#232;che&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre d'h&#233;bergement a ouvert en juillet 2017 (comme 61 autres anciens h&#244;tels achet&#233;s par l'&#201;tat). Il est excentr&#233;, situ&#233; en pleine zone industrielle, aux Paluds. Il y r&#232;gne une certaine forme de d&#233;brouille. On y bricole des v&#233;los, car il faut bien se rendre &#224; la gare pour prendre le train direction Marseille. La cuisine situ&#233;e au premier a beau &#234;tre commune, elle manque d'&#233;quipement. Comme dans un Formule 1, les portes sont toujours &#224; code. Et la moiti&#233; des chambres sont vides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu est g&#233;r&#233; par l'association Adoma, reine du logement pour indigents. L&#224; aussi, c'est la d&#233;brouille : il n'y a pas de personnel le week-end. Et deux &#233;ducatrices ont &#233;t&#233; licenci&#233;es r&#233;cemment pour des inclinations &#171; trop humanitaires &#187; &#8211; un comble. Au niveau national, le programme Prahda ne fait pas non plus l'unanimit&#233;. L'association Forum R&#233;fugi&#233;s &#8211; pourtant accus&#233;e elle-m&#234;me de fournir un appui &#171; low-cost &#187; aux exil&#233;s &#8211; d&#233;plore ainsi le &#171; &lt;i&gt;nivellement par le bas de l'accompagnement socio-administratif&lt;/i&gt; &#187;. &#192; G&#233;menos, Ali le r&#233;sume en disant : &#171; &lt;i&gt;Quand tu tombes malade au Prahda, il faut attendre vingt jours pour &#234;tre soign&#233;... &lt;/i&gt; &#187; Pire : tout comportement jug&#233; &#171; d&#233;viant &#187; doit &#234;tre signal&#233; en pr&#233;fecture. Une alerte souvent synonyme d'expulsion. Et les demandeurs d'asile ne peuvent s'extraire du dispositif : &#171; &lt;i&gt;Tu te mets en infraction si tu quittes le Prahda&lt;/i&gt; &#187;, explique Fabiola. Si l'endroit n'est pas une prison au sens strict, il fait par contre clairement figure d'antichambre de l'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, ne reste plus que la fraternit&#233;, p&#234;ch&#233;e l&#224; o&#249; on la trouve. Tout le sens de ce repas pr&#233;par&#233; par les r&#233;fugi&#233;s. Un jeune homme sourit : &#171; &lt;i&gt;Pour arriver au c&#339;ur de quelqu'un, il faut passer par son ventre&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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