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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Soudan : &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;</title>
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		<dc:creator>Oum Ziad</dc:creator>


		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
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		<dc:subject>manifestations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 19 d&#233;cembre, des rumeurs de la rue soudanaise nous parviennent, faisant &#233;tat de r&#233;voltes dans plusieurs villes ouvri&#232;res du nord du pays. Depuis trente ans, le Soudan est sous la coupe du r&#233;gime d'Omar al-Bachir, l'un des plus &#171; s&#233;curitaires &#187; au monde. Le 20 d&#233;cembre, le si&#232;ge du parti au pouvoir est incendi&#233; &#224; Atbara, sc&#232;ne jusqu'alors inimaginable. C'est aussi l&#224; que tombe le premier martyr, Shaouqi Assadig, &#226;g&#233; de 12 ans. Au sein de la communaut&#233; soudanaise exil&#233;e &#224; Marseille, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no173-fevrier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;173 (f&#233;vrier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/printemps-arabes" rel="tag"&gt;printemps arabes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/printemps" rel="tag"&gt;printemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations" rel="tag"&gt;manifestations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 19 d&#233;cembre, des rumeurs de la rue soudanaise nous parviennent, faisant &#233;tat de r&#233;voltes dans plusieurs villes ouvri&#232;res du nord du pays. Depuis trente ans, le Soudan est sous la coupe du r&#233;gime d'Omar al-Bachir, l'un des plus &#171; s&#233;curitaires &#187; au monde. Le 20 d&#233;cembre, le si&#232;ge du parti au pouvoir est incendi&#233; &#224; Atbara, sc&#232;ne jusqu'alors inimaginable. C'est aussi l&#224; que tombe le premier martyr, Shaouqi Assadig, &#226;g&#233; de 12 ans. Au sein de la communaut&#233; soudanaise exil&#233;e &#224; Marseille, l'ambiance est &#233;lectrique. Entretien avec Mohamed Elnour, du collectif des &#171; R&#233;volutionnaires soudanais et leurs soutiens sur Marseille &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/-1054-27074.jpg?1782644002' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Le peuple veut la chute du r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187;, slogan des printemps arabes, est repris dans toutes les manifestations. peut-on parler d'un printemps soudanais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des m&#233;dias, quand ils en ont parl&#233;, ont d'abord &#233;voqu&#233; des &lt;i&gt;&#8220;&#233;meutes du pain&#8221;&lt;/i&gt;, mais c'est nier la dimension r&#233;volutionnaire de ce soul&#232;vement. Le Soudan a &#233;t&#233; le premier pays d'Afrique et du Moyen-Orient &#224; conna&#238;tre une r&#233;volution en 1885 contre la domination anglo-&#233;gyptienne. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, il y a eu deux r&#233;volutions : en 1964, Ibrahim Abboud a d&#251; quitter le pouvoir sous la pression de la rue ; en 1985, le renversement du gouvernement militaire d'al-Nimeiry a abouti &#224; la restauration d'un gouvernement civil &#233;ph&#233;m&#232;re... avant le coup d'&#201;tat d'Omar al-Bachir en 1989. Lorsqu'ont surgi les Printemps arabes, nous nous sommes extasi&#233;s des images de la place Tahrir, au Caire. L'histoire du peuple soudanais est connect&#233;e &#224; celle du peuple &#233;gyptien. Aujourd'hui, beaucoup d'activistes soudanais sont r&#233;fugi&#233;s en &#201;gypte, bien que les autorit&#233;s &#233;gyptiennes coop&#232;rent ponctuellement pour livrer des opposants au Niss [National Intelligence and Security Service, service de renseignements soudanais]. En juillet 2013, le coup d'&#201;tat militaire du g&#233;n&#233;ral al-Sissi et le retour de &#8220;l'id&#233;ologie du fusil&#8221; nous ont servi de mise en garde. Nous ne voulons laisser aucune opportunit&#233; aux partisans d'un coup de force : c'est pourquoi les manifestations soudanaises sont non partisanes et non arm&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organise la r&#233;volution populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis le 19 d&#233;cembre, des rassemblements spontan&#233;s ont lieu dans la plupart des grandes villes, surtout apr&#232;s la pri&#232;re publique du vendredi &#8211; voire apr&#232;s les matchs de foot, comme &#224; Omdurman, sous l'impulsion des supporters du club d'Al Hilal. Le 25 d&#233;cembre, des syndicats ont appel&#233; &#224; une marche sur le palais pr&#233;sidentiel &#224; Khartoum. Le vendredi suivant, &#8220;Vendredi de la col&#232;re&#8221;, des journalistes, m&#233;decins, universitaires ont lanc&#233; un appel &#224; la gr&#232;ve. Il n'y a aucun parti dans ces mobilisations. M&#234;me les collectifs &#233;tudiants, tr&#232;s pr&#233;sents, manifestent sans signe d'appartenance. Par crainte, Bachir a ferm&#233; les universit&#233;s d&#232;s le 22 d&#233;cembre ; cela n'emp&#234;che pas les &#233;tudiants de se r&#233;volter. Seuls le drapeau soudanais, l'hymne national et des slogans populaires comme &lt;i&gt;&#8220;Libert&#233;, paix et justice, la r&#233;volution est le choix du peuple&#8221;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#8220;Le peuple veut la chute du r&#233;gime&#8221;&lt;/i&gt; &#233;maillent nos manifestations. Il y a eu plusieurs expressions de soutiens d'opposants connus ou des fraternisations de militaires, mais les Soudanais n'ont plus confiance dans les corps interm&#233;diaires, partis ou syndicats. Sadeq al-Mahdi, ancien Premier ministre de Bachir, pr&#233;tend d&#233;sormais incarner l'opposition dans les m&#233;dias internationaux. Mais un de ses fils est actuellement conseiller de Bachir et, au d&#233;but de la r&#233;volution, Al-Mahdi venait de signer un &#233;ni&#232;me accord de paix en Allemagne. Quarante-trois accords de paix ont &#233;t&#233; sign&#233;s depuis 2003 et n'ont servi qu'&#224; d&#233;tourner le regard de la communaut&#233; internationale vis-&#224;-vis des massacres toujours en cours au Darfour et dans les monts Nuba. Ces &#8220;acteurs de la paix&#8221; sont finalement les acteurs du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, la r&#233;volution populaire s'embrase dans les villes du Nord, avant de s'&#233;tendre aux r&#233;gions discrimin&#233;es. mais les groupes rebelles du Darfour, du Kordofan et des monts Nuba restent pour l'instant discrets...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les villes du Nord sont les h&#233;riti&#232;res de l'ind&#233;pendance soudanaise. &#192; Omdurman, la s&#339;ur jumelle de Khartoum, sur l'autre rive du Nil, les manifestations sont quotidiennes. Cette ville a &#233;t&#233; construite par les &#233;lites dites &#8220;africaines&#8221; oppos&#233;es au pouvoir colonial, et a longtemps abrit&#233; les rebelles, dont le Mahdi, h&#233;ros mystique de la lutte pour l'ind&#233;pendance. Si le soul&#232;vement populaire est parti des villes du Nord, il s'est &#233;tendu rapidement au Darfour, surtout &#224; Nyala et Al Fasher, qui subissent de plein fouet la r&#233;pression de Mohamed Hamdan Dagalo, dit &#8220;Hemeti&#8221;, ancien chef &#8220;janjawid&#8221; [milices responsables des massacres au Darfour]. Ce chef de guerre s'est recycl&#233; dans les forces gouvernementales paramilitaires. Le Darfour, malgr&#233; le cessez-le-feu, est &#233;puis&#233; par les s&#233;quelles de la guerre de 2003. Je suis originaire d'Al Geneina, ville du Darfour &#224; la fronti&#232;re tchadienne. Mon village a &#233;t&#233; incendi&#233; quand j'avais 14 ans. En 2013, les groupes rebelles du Darfour avaient appel&#233; &#224; soutenir la r&#233;volution qui &#233;clatait &#224; Kassala. Aujourd'hui, ils se font plus discrets pour ne pas &#234;tre accus&#233;s de manipuler la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quoi repose la dictature de Bachir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le coup d'&#201;tat militaire de Bachir a &#233;t&#233; soutenu par des id&#233;ologues islamistes comme Hassan al-Tourabi. Apr&#232;s la mise &#224; l'&#233;cart de ce dernier, Bachir a continu&#233; &#224; s'appuyer sur l'islam rigoriste. Le 8 janvier, dans son discours t&#233;l&#233;vis&#233;, Bachir s'est encore appuy&#233; sur un had&#238;th&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paroles attribu&#233;es au proph&#232;te Mahomet.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour d&#233;clarer &#8220;halal&#8221; [licite] que les militaires tirent sur les manifestants. &#199;a a &#233;t&#233; un moment de basculement pour certains dignitaires religieux, qui ont imm&#233;diatement contredit l'interpr&#233;tation fantaisiste de Bachir et ont pris parti pour les manifestants. Le Soudan est en train de changer, sous l'impulsion d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration &#233;duqu&#233;e, m&#233;lang&#233;e. Une de nos revendications, c'est l'&#233;galit&#233; homme-femme. Beaucoup de femmes soudanaises sont pr&#233;sentes dans ces manifestations. Elles sont elles aussi la cible de la r&#233;pression. Bien s&#251;r, le deuxi&#232;me pilier du pouvoir, c'est l'appareil s&#233;curitaire, qui monopolise l'essentiel du budget de l'&#201;tat. Depuis le 19 d&#233;cembre, on parle de 40 morts et de plus de mille arrestations. Le 9 janvier, apr&#232;s les manifestations &#224; Omdurman, des dizaines de bless&#233;s &#233;taient soign&#233;s au grand h&#244;pital, o&#249; les hommes de Bachir ont ouvert le feu. Au m&#234;me moment, &#224; Karthoum, sur la Place Verte, le dictateur lan&#231;ait sa campagne pr&#233;sidentielle pour 2020, applaudi par des spectateurs de complaisance. Le m&#234;me sc&#233;nario de massacre s'est reproduit le 16 janvier, au Royal Care International Hospital &#224; Khartoum. Plusieurs m&#233;decins ont &#233;t&#233; tu&#233;s et arr&#234;t&#233;s alors qu'ils soignaient les manifestants. Depuis, des Soudanais occupent l'h&#244;pital en signe de protestation. Nous accueillons avec m&#233;fiance les annonces de d&#233;fections dans l'arm&#233;e, car certains attendent trop opportun&#233;ment la chute du tyran, &#224; l'instar de Salah Ghosh, le directeur des services de renseignement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est-on r&#233;volutionnaire soudanais dans l'exil ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les exil&#233;s jouent un r&#244;le de premier plan contre la censure et dans la coordination des informations. Le collectif &#8220;R&#233;volutionnaires soudanais sur Marseille&#8221; nous permet une solidarit&#233; concr&#232;te entre nous, mais aussi d'alerter la communaut&#233; internationale. C'est de la mobilisation virtuelle que vient le hashtag #TuTombes, qui fait r&#233;f&#233;rence au renversement de Bachir. Sur place, les r&#233;volutionnaires se connectent par des adresses IP virtuelles pour continuer &#224; nous envoyer des infos. Nous sommes tributaires de la fermeture des fronti&#232;res en Afrique [plusieurs millions d'euros ont &#233;t&#233; vers&#233;s par l'Union europ&#233;enne au r&#233;gime dans le cadre du Processus de Khartoum, un accord sur l'externalisation des fronti&#232;res europ&#233;ennes], des refoulements incessants d'un pays europ&#233;en &#224; l'autre et parfois de la collaboration des autorit&#233;s europ&#233;ennes et soudanaises pour l'expulsion de sans-papiers ou d'opposants au r&#233;gime&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En octobre 2017, Streetpress r&#233;v&#233;laitque des agents du renseignement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Malgr&#233; cela, pour moi, l'avenir du Soudan se construit aussi en Europe, car c'est un lieu de pouvoir. En trois ans, nous avons cr&#233;&#233; un rassemblement soudanais dans presque chaque ville. On est l&#224; pour changer l'histoire. C'est un de nos slogans : &lt;i&gt;&#8220;Bachir, &#224; la poubelle de l'Histoire&#8221;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Oum Ziad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paroles attribu&#233;es au proph&#232;te Mahomet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En octobre 2017, Streetpress &lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/1506702391-la-france-livre-opposants-politiques-dictature-soudan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;v&#233;lait&lt;/a&gt;que des agents du renseignement soudanais visitaient r&#233;guli&#232;rement les centres de r&#233;tention fran&#231;ais et n&#233;erlandais. Un an plus tard, la presse d&#233;voilait &lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/1539859272-vice-presidente-lrem-de-l-assemblee-dine-responsables-genocide&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le d&#238;ner&lt;/a&gt; de deux d&#233;put&#233;s LREM avec le g&#233;n&#233;ral soudanais Salah Ghosh, et la rencontre de ce dernier avec les services de renseignement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; A bord, tout le monde &#233;tait terroris&#233; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-bord-tout-le-monde-etait</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-bord-tout-le-monde-etait</guid>
		<dc:date>2018-01-27T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
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		<dc:subject>passeurs</dc:subject>
		<dc:subject>arriv&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>grand bateau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, CQFD a crois&#233; quelques sans-papiers faisant escale &#224; Marseille, et ces derniers ont pris le temps de nous raconter leur p&#233;riple. On les &#233;coute et, instantan&#233;ment, ils sortent de la case &#171; migrants &#187; : ce sont juste des gens vivants, marrants, et en qu&#234;te de jours meilleurs. Marseille, &#233;t&#233; 2015. Les &#238;les du Frioul sont envahies par des hordes de clandestins. Des Goudes &#224; l'Estaque, des navires surcharg&#233;s d&#233;versent quotidiennement leurs lots d'&#233;trangers hagards et &#233;puis&#233;s. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Libye" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vintimille" rel="tag"&gt;Vintimille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/passeurs" rel="tag"&gt;passeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/arrive" rel="tag"&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-bateau" rel="tag"&gt;grand bateau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a crois&#233; quelques sans-papiers faisant escale &#224; Marseille, et ces derniers ont pris le temps de nous raconter leur p&#233;riple. On les &#233;coute et, instantan&#233;ment, ils sortent de la case &#171; migrants &#187; : ce sont juste des gens vivants, marrants, et en qu&#234;te de jours meilleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marseille, &#233;t&#233; 2015. Les &#238;les du Frioul sont envahies par des hordes de clandestins. Des Goudes &#224; l'Estaque, des navires surcharg&#233;s d&#233;versent quotidiennement leurs lots d'&#233;trangers hagards et &#233;puis&#233;s. Les trains provenant d'Italie arrivent gare Saint-Charles remplis de Libyens, Syriens et autres Soudanais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha ? &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous n'avons rien vu de tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ce qu'affirme&#8200;&#8211; au conditionnel&#8200;&#8211; le quotidien r&#233;gional &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 4&#8200;ao&#251;t. Le pisse-copie Jean-Jacques Fiorito y soutient qu'&#171; &lt;i&gt;une vague soudaine (compos&#233;e essentiellement de musulmans) aurait d&#233;ferl&#233; sur Marseille, ces derni&#232;res semaines.&lt;/i&gt; &#187; Tremblez, lecteurs ! Cet afflux massif est confirm&#233; par le Samu social, mais &#171; &lt;i&gt;sans donner de chiffres&lt;/i&gt; &#187;. Ce que fait la pr&#233;fecture, qui parle &#171; &lt;i&gt;d'une soixantaine de demandes d'asile&lt;/i&gt; &#187;. Une soixantaine&#8230; Un v&#233;ritable tsunami, on vous dit !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-301-55a8e.jpg?1782639488' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la vraie vie, en cherchant bien, nous en avons d&#233;got&#233; une petite poign&#233;e bien planqu&#233;e dans une turne marseillaise. Venant de Vintimille, la plupart sont en attente d'un d&#233;part vers le nord de l'Europe. Deux d'entre eux, Soudanais, ont bien voulu narrer leur p&#233;riple autour d'un caf&#233; et de quelques clopes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un grand gaillard plut&#244;t jovial qui doit approcher la trentaine. Il s'exprime en arabe. &#171; &lt;i&gt;Une fois arriv&#233; en Libye, j'ai d&#233;cid&#233; de traverser la M&#233;diterran&#233;e. Les passeurs proposent plusieurs options : soit un passage &#224; 2 000 dollars, sur un grand bateau, soit 1 460 dollars&lt;/i&gt; [2 000 dinars libyens],&lt;i&gt; mais sur une petite embarcation. Mais il n'y a pas eu de grand bateau, c'&#233;tait une arnaque ! Quelques-uns ont protest&#233;, ils ne voulaient pas monter, ni repayer.&lt;/i&gt; &#187; Il s'arr&#234;te, s'essuie le coin des yeux. Suki, la traductrice de &lt;i&gt;CQFD,&lt;/i&gt; le laisse terminer. Ibrahim s'excuse, puis reprend : &#171; &lt;i&gt;Les passeurs en ont abattu plusieurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim a quitt&#233; Khartoum en novembre 2011, apr&#232;s avoir fait un an de prison. Son tort ? &#171; &lt;i&gt;&#192; la facult&#233;, je militais pour la d&#233;fense des tribus du Darfour, pour le respect de leurs droits.&lt;/i&gt; &#187; Mauvaise pioche. Les autorit&#233;s auraient tent&#233; de le corrompre, puis sabot&#233; son parcours universitaire pour calmer ses ardeurs. Sans succ&#232;s. Ce fut donc la taule. Puis le d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au Tchad d&#233;but 2012, il ne s'&#233;ternise pas et continue vers le nord. &#171; &lt;i&gt;&#192; la fronti&#232;re, j'ai d&#251; travailler contraint forc&#233;, ou quasiment, dans une mine d'or. Pour en sortir, il faut payer ! Et si tu ne peux pas, on enl&#232;ve ton tee-shirt, et on fait br&#251;ler un sac plastique sur ton dos.&lt;/i&gt; &#187; Sa famille aurait d&#233;bours&#233; 500 &#224; 600&#8200;euros pour lui permettre de s'extraire du gu&#234;pier. Mais une fois en Libye, la gal&#232;re se poursuit : &#171; &lt;i&gt;Je travaillais, mais je n'&#233;tais pas toujours pay&#233;. L&#224;-bas, tout le monde est arm&#233;, il y a beaucoup de drogue, c'est dangereux.&lt;/i&gt; &#187; Et, le 12 juillet dernier, il a donc fini par embarquer pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un bateau pouvant accueillir quatre-vingts personnes, ils &#233;taient, selon lui, pr&#232;s de cinq cent soixante passagers. &#171; &lt;i&gt;Les passeurs sont sur une petite embarcation et on les suit. &#192; la limite des eaux libyennes, ils demandent si quelqu'un sait piloter un navire, nous indiquent deux &#233;toiles &#224; suivre, puis ils s'en vont. &#192; bord, tout le monde &#233;tait terroris&#233;. Les gens avaient peur de l'eau, des poissons. En plus, c'&#233;tait ramadan ! Et de toute fa&#231;on, nous avions peu d'eau et de nourriture.&lt;/i&gt; &#187; Contrairement &#224; tant d'autres, ils eurent la chance d'arriver sains et saufs en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la fronti&#232;re fran&#231;aise, ferm&#233;e aux migrants sur ordre des autorit&#233;s, la danse des passeurs recommence : &#171; &lt;i&gt;Ils demandent 250 &#224; 300&#8200;euros. Ils promettent de t'amener &#224; Paris, mais le plus souvent ils te laissent &#224; Vintimille ou &#224; Nice, en t'affirmant que c'est la capitale !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Marseille fin juillet, Ibrahim ne compte pas y faire de vieux os, m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;il y a beaucoup d'humanit&#233; en Italie et en France. Je n'ai jamais vu &#231;a chez moi&lt;/i&gt; &#187;. Il &#233;voque l&#224; les soutiens, associatifs ou individuels, et non pas les forces de l'ordre qui lui bloquaient la fronti&#232;re &#224; Vintimille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bob, lui, a fait le choix de rester dans la cit&#233; phoc&#233;enne. Lui aussi est soudanais, et, apr&#232;s une errance de plusieurs ann&#233;es entre &#201;gypte et Libye, il a tent&#233; sa chance sur la M&#233;diterran&#233;e en juin dernier : &#171; &lt;i&gt; La premi&#232;re fois, la police tunisienne a fouill&#233; le bateau et nous a tout pris. La seconde, le navire prenait l'eau, nous avons abandonn&#233;. &lt;/i&gt; &#187; La troisi&#232;me fut la bonne, mais non sans mal : &#171; &lt;i&gt;On a failli chavirer &#224; cause d'un mouvement de panique, quand on a vu des ailerons autour du bateau. Puis, nous nous sommes perdus en mer. Mais nous avons &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s par deux navires, et je suis arriv&#233; directement &#224; Marseille.&lt;/i&gt; &#187; Le lendemain de notre rencontre, Bob avait rendez-vous &#224; la pr&#233;fecture. S'il veut s'installer ici, c'est qu'il y a rencontr&#233; &#171; &lt;i&gt; des gens super g&#233;n&#233;reux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; l&#224; non plus, pas &#224; la pr&#233;f...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise au journaliste de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, la seule &#171; vague &#187; entraper&#231;ue en discutant avec ces gal&#233;riens du voyage, c'est celle de l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Legars, avec Suki Alaoui pour la traduction.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
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