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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Tout est &#224; inventer pour un service bancaire au service de la population &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans le fort punchy Force de vente : dans la peau d'un conseiller financier, publi&#233; aux belles &#233;ditions du Monde &#224; l'envers, Damien Leli&#232;vre (un pseudo) raconte son quotidien d'employ&#233; de banque et d&#233;crypte son malaise grandissant face aux r&#244;les qu'on lui fait jouer. Une certitude : son t&#233;moignage, pourtant touchant et sensible, ne va pas aider &#224; r&#233;habiliter l'image du secteur bancaire. On y repensera &#224; la prochaine manif un peu chaude &#8211; aucunes condol&#233;ances pour les familles des vitrines. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le fort punchy &lt;i&gt;Force de vente : dans la peau d'un conseiller financier&lt;/i&gt;, publi&#233; aux belles &#233;ditions du Monde &#224; l'envers, Damien Leli&#232;vre (un pseudo) raconte son quotidien d'employ&#233; de banque et d&#233;crypte son malaise grandissant face aux r&#244;les qu'on lui fait jouer. Une certitude : son t&#233;moignage, pourtant touchant et sensible, ne va pas aider &#224; r&#233;habiliter l'image du secteur bancaire. On y repensera &#224; la prochaine manif un peu chaude &#8211; aucunes condol&#233;ances pour les familles des vitrines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH356/-1847-4784e.jpg?1782934599' width='500' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirrik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela fait un certain nombre d'ann&#233;es que tu bosses comme conseiller financier. Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; sortir ce t&#233;moignage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je voyais beaucoup de gens se faire d&#233;pouiller en frais bancaires, souvent pour des raisons b&#234;tes &#8211; des frais de rejet de pr&#233;l&#232;vement, des int&#233;r&#234;ts de carte de cr&#233;dit renouvelable avec leur fonctionnement opaque. Et puis mes amis me posaient un tas de questions sur les banques et ce qu'elles font avec notre &#233;pargne. Alors j'ai voulu faire un petit manuel d'autod&#233;fense bancaire pour expliquer les pi&#232;ges, dire comment &#233;viter de se retrouver avec cinquante balles de frais mensuels pour rien. C'est ce que je faisais d&#233;j&#224; avec mes clients, en donnant des explications assez brutes, parfois d&#233;sagr&#233;ables &#224; entendre &#8211; au final, les gens appr&#233;cient la franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis en &#233;crivant, j'ai commenc&#233; &#224; illustrer les propos avec mon v&#233;cu, avec celui d'autres conseillers. Je voulais aussi montrer au lecteur l'envers du d&#233;cor, balancer les techniques de vente qu'on nous oblige &#224; d&#233;biter, que l'on sente &#224; quel point les conseillers sont coinc&#233;s. C'est devenu un texte plus personnel, plus nuanc&#233;, plus &#233;nerv&#233; aussi, comme un exutoire &#224; la connerie hi&#233;rarchique qu'on encaisse souvent dans ce boulot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un des aspects marquants de ton t&#233;moignage, c'est le m&#233;pris envers les clients les plus pauvres, inculqu&#233; d&#232;s la formation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a d&#233;pend des agences et des conseillers bien s&#251;r, mais globalement oui, il y a du m&#233;pris envers ces clients, surtout en tant que masse abstraite. Car dans le m&#234;me temps il peut y avoir de l'empathie pour chaque individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui se joue, je pense qu'il faut interroger l'organisation du travail : quand tu passes une heure &#224; expliquer &#224; quelqu'un de paum&#233; comment fonctionne son d&#233;couvert puis qu'il te rappelle pour comprendre pourquoi il n'a plus que 5,41 &#8364; sur son compte, tu n'es pas en train de vendre des cr&#233;dits et des placements. Les conseillers seraient tr&#232;s contents d'&#234;tre pay&#233;s juste pour faire de la p&#233;dagogie bancaire, mais on est embauch&#233;s pour vendre des produits, engranger du chiffre. Du coup il y a une tension qui se cr&#233;e. Et les &#8220;&lt;i&gt;cassos&lt;/i&gt;&#8221;, comme disent beaucoup de conseillers, c'est un peu l'abstraction ou l'excuse qui justifie tout le temps que tu passes &#224; faire autre chose que des ventes, c'est-&#224;-dire autre chose que ce que veut ton employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite un extrait d'une formation bancaire qui dit tr&#232;s exactement : &#8220;&lt;i&gt;Les moyens consacr&#233;s &#224; un client doivent &#234;tre en rapport avec sa rentabilit&#233;.&lt;/i&gt;&#8221; C'est &#231;a qu'on nous demande. Et c'est &#224; double sens : les clients cherchent &#224; rentabiliser leur banque en retour, donc ils prennent leur conseiller pour un centre d'appels et appellent parfois pour tout et n'importe quoi. C'est l&#224; que les banques en lignes gagnent en rentabilit&#233; ; elles se d&#233;barrassent par des barri&#232;res techniques des clients qui veulent de l'humain, du temps, des clients qui ne sont pas &#8220;&lt;i&gt;autonomes&lt;/i&gt;&#8221; comme on dit dans le jargon, les moins &#8220;&lt;i&gt;rentables&lt;/i&gt;&#8221;. En agence c'est plus compliqu&#233; de bloquer les rendez-vous et les appels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, on peut bl&#226;mer les vendeurs pour leur condescendance, mais on est tous un peu comme &#231;a. Quand t'attends &#224; la pompe &#224; essence un vendredi soir fatigu&#233; et que le type devant toi gal&#232;re pendant trois plombes devant la machine, tu te dis que c'est un gros naze au lieu d'aller l'aider. On peut le voir comme du m&#233;pris, mais en v&#233;rit&#233; c'est plut&#244;t que tu vas focaliser sur lui l'usure de ta semaine, ton regret de ne pas avoir choisi l'autre file, de ne pas faire les bons choix, d'&#234;tre en retard, d'avoir une vie de merde... Je pense que nos jugements viennent plut&#244;t des situations qu'on subit &#8211; et en particulier au travail &#8211; que d'une sorte de bont&#233; ou de m&#233;chancet&#233; propre &#224; certaines professions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, il y a les clients valoris&#233;s, ceux qui ont de l'argent. Comment &#234;tes-vous pouss&#233;s &#224; les traiter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La diff&#233;rence de traitement des clients riches commence dans le langage. On parle de client&#232;le &#8220;&lt;i&gt;haut de gamme&lt;/i&gt;&#8221; ou &#8220;&lt;i&gt;patrimoniale&lt;/i&gt;&#8221;. On doit &#8220;&lt;i&gt;travailler les hauts de portefeuille&lt;/i&gt;&#8221;, c'est-&#224;-dire se concentrer sur nos clients les plus riches ou qui le deviendront &#8211; les jeunes ing&#233;nieurs ou les internes en m&#233;decine par exemple. La bo&#238;te nous rappelle fr&#233;quemment que ces personnes g&#233;n&#232;rent un produit net bancaire important, que ce sont eux qui payent nos salaires. Quand on les re&#231;oit, on a une autre posture : il ne faut pas froisser leur orgueil. Ensuite ce sont des conseillers d&#233;di&#233;s, plus exp&#233;riment&#233;s, qui s'occupent des plus riches : les conseillers en gestion de patrimoine. Ils sont mieux pay&#233;s et consid&#233;r&#233;s par la banque. C'est un peu un club &#224; part. Les conseillers patrimoniaux font une dizaine de rendez-vous par semaine, souvent moins, mais les entretiens peuvent durer plusieurs heures, ils ont le temps d'&#233;changer, de faire un bilan personnalis&#233;. Pour un client &#8220;&lt;i&gt;haut de gamme&lt;/i&gt;&#8221;, on est moins en train de vendre des assurances &#224; la con &#8211; le conseiller doit plut&#244;t &#233;couter, faire un bilan puis proposer des solutions pour amadouer le client et l'amener vers des placements. Souvent c'est du temps consacr&#233; &#224; la fiscalit&#233; ou &#224; la transmission de son patrimoine, les combines pour payer moins d'imp&#244;ts. Placer 300 000 &#8364; d'un coup avec un client, c'est forc&#233;ment plus r&#233;mun&#233;rateur que de faire placer 1 000 &#8364; &#224; 300 personnes diff&#233;rentes, donc la banque est pr&#234;te &#224; mettre des moyens humains pour cette client&#232;le-l&#224;. C'est pour &#231;a que si t'es riche on ne te dira pas d'aller te d&#233;brouiller sur Internet pour tes questions et que tes mails seront trait&#233;s en priorit&#233;. M&#234;me si c'est pour une connerie. On te fera m&#234;me un geste sur les frais si t'es pas content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseillers des pauvres doivent faire de l'abattage, vu qu'ils ont beaucoup plus de clients dans leur portefeuille et moins &#224; en tirer. Les pauvres gagneraient &#224; avoir des conseils personnalis&#233;s aussi &#8211; beaucoup de salari&#233;s ne payeraient plus d'imp&#244;ts rien qu'en d&#233;clarant leurs revenus aux frais r&#233;els, mais ils ne sont pas assez rentables pour que les banques leur accordent un temps important de conseil. On le fait quand m&#234;me avec ceux qu'on aime bien, mais c'est &#224; la t&#234;te du client et quand on peut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu &#233;cris que l'arriv&#233;e des banques en ligne et la g&#233;n&#233;ralisation des algorithmes aggravent encore la situation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jusqu'&#224; pr&#233;sent il y avait des barri&#232;res physiques et sociales &#224; l'acc&#232;s bancaire. Par exemple l'implantation g&#233;ographique des banques : dans un quartier populaire ou une campagne pauvre, il y a peu d'agences. Les algorithmes permettent aux banques d'automatiser et d'affiner cette logique en toute discr&#233;tion. Chaque client est sans arr&#234;t not&#233; en fonction de centaines de param&#232;tres. Sans m&#234;me que j'aie besoin de regarder tes comptes ou ton travail, ce classement m'indique si tu es une priorit&#233; ou pas. Autrefois on disait &#8220;&lt;i&gt;Y a Monsieur Janot qui arrive, il va nous faire chier, bloquez la porte&lt;/i&gt;&#8221;, ou au contraire &#8220;&lt;i&gt;Vas-y laisse le rentrer, il est fou mais il a besoin d'aide.&lt;/i&gt;&#8221; Maintenant les logiciels d&#233;cident : il faut rappeler untel ou celui-l&#224; on s'en fout. Je sch&#233;matise un peu, mais c'est clairement cette direction qu'on prend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques en ligne c'est pire : si tu as du mal &#224; lire et &#233;crire, tu ne pourras m&#234;me pas finaliser le parcours de souscription. La plupart imposent aussi des revenus de plus de 1 000 &#8364; pour avoir une carte gratuite, ce qui exclut les travailleurs &#224; temps partiel, les gens au RSA, tout en gardant les actifs &#224; potentiel. Les banques internet ont des centres d'appels limit&#233;s, alors les algorithmes priorisent les appels entrants pour mettre les clients int&#233;ressants en haut de la file d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau, la question n'est pas &#224; mon sens : &#8220;Comment revenir en arri&#232;re ?&#8221;, puisque les banques classiques &#233;taient d&#233;j&#224; bien pourries ; mais plut&#244;t : &#8220;Comment changer de plan ?&#8221; Tout est &#224; inventer pour un service bancaire au service de la population et des vrais &#233;changes. Un des enjeux sera d'emp&#234;cher les banques de faire comme les GAFA &lt;i&gt;[Google, Apple, Facebook, Amazon]&lt;/i&gt; qui ont mon&#233;tis&#233; toutes nos donn&#233;es apr&#232;s nous avoir rendus captifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Aix-Marseille : M&#233;tropole ou m&#233;gapole ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Aix-Marseille-Metropole-ou</link>
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		<dc:date>2018-09-19T15:04:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald Perilli</dc:creator>


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&lt;p&gt;Aux forceps, Aix-Marseille-M&#233;tropole a fini par voir le jour, avec son organe d&#233;cisionnel, le conseil m&#233;tropolitain, et la promesse d'un &#171; projet d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement &#233;conomique &#187;. Les multinationales ont d&#233;j&#224; mis le pied dans la porte entrouverte. Si Aix-Marseille-M&#233;tropole na&#238;t dans la douleur, c'est que cette aire marseillaise du &#171; projet m&#233;tropolitain &#187; de 119&#8239;communes est sortie au forceps. Or, la quasi-totalit&#233; de celles-ci, 113 sur 119, s'y est oppos&#233;e, craignant une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux forceps, Aix-Marseille-M&#233;tropole a fini par voir le jour, avec son organe d&#233;cisionnel, le conseil m&#233;tropolitain, et la promesse d'un &#171; &lt;i&gt; projet d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;. Les multinationales ont d&#233;j&#224; mis le pied dans la porte entrouverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si Aix-Marseille-M&#233;tropole&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Renomm&#233;e depuis M&#233;tropole Aix-Marseille-Provence.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; na&#238;t dans la douleur, c'est que cette aire marseillaise du &#171; projet m&#233;tropolitain &#187; de 119&#8239;communes est sortie au forceps. Or, la quasi-totalit&#233; de celles-ci, 113 sur 119, s'y est oppos&#233;e, craignant une perte de contr&#244;le sur leur fiscalit&#233; et sur les Plans locaux d'urbanisme. Initi&#233;e en 2008, la r&#233;forme des collectivit&#233;s territoriales s'est concr&#233;tis&#233;e en 2010 par une loi qui devait all&#233;ger le mille-feuilles administratif en supprimant les conseillers d&#233;partementaux et r&#233;gionaux au profit de nouveaux &#233;lus territoriaux. Mais huit ans et trois gouvernements plus tard, tous ces conseillers sont encore l&#224;, auxquels vient s'ajouter un nouveau cheptel de 240&#8239;conseillers m&#233;tropolitains&#8230; 223 d'entre eux sont des conseillers de territoire et n'ont qu'un avis consultatif. Ils joueront dans le bac &#224; sable de la politique locale, un peu comme le font les &#233;lus des mairies de secteur &#224; Marseille. Des notables de surcro&#238;t non &#233;lus puisque r&#233;affect&#233;s depuis les anciennes intercommunalit&#233;s &#8211; les six ex-&#233;tablissements publics de coop&#233;ration intercommunales (EPCI) de Marseille, Aix, Salon, Aubagne, Martigues, Fos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des recours en justice de plusieurs maires visaient &#224; marchander une meilleure r&#233;partition des conseillers, mais le 19&#8239;janvier 2016, le conseil d'&#201;tat fait l'impasse et le chantier peut reprendre. La fronde des maires durait depuis plus de deux ans et la guerre des si&#232;ges entre Aix et Marseille, les deux poids lourds de la m&#233;tropole &#224; venir, ne s'ach&#232;ve que le 17&#8239;mars&#8239;2016. Jean-Claude Gaudin est &#233;lu pr&#233;sident de la nouvelle instance, tandis que la maire d'Aix porte encore l'affaire devant la commission europ&#233;enne d&#233;but avril. Baroud d'honneur m&#233;diatique de Mme Joissains davantage que combat juridique s&#233;rieux, puisque la commission europ&#233;enne ne peut juger ce genre d'affaire. Apr&#232;s ce dernier coup d'&#233;p&#233;e dans l'eau, la m&#233;tropole devrait &#234;tre en ordre de marche &#224; la rentr&#233;e et prendre le relais des six ex-EPCI. Le mammouth se mettra ensuite en branle, avec ses 7 500 fonctionnaires territoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH256/-826-6965a.jpg?1782693102' width='400' height='256' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mocratie locale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;parer la M&#233;tropole, un organe a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; fin 2012 : la Mission interminist&#233;rielle au projet m&#233;tropolitain (MIPM). Quinze personnes embauch&#233;es &#224; temps plein sur trois ans pour aplanir le terrain et organiser quatre conf&#233;rences qui ponctuent l'avancement de la r&#233;flexion. La derni&#232;re s'est tenue au parc Chanot le 17&#8239;d&#233;cembre 2015, en pr&#233;sence de la ministre de la D&#233;centralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu. Devant un parterre de 800 &#171; acteurs de la m&#233;tropole &#187;, la consultation urbaine s'est partag&#233;e entre prises de parole d'experts et pause &#224; midi avec buffet pl&#233;thorique. La m&#233;tropole n'a pas encore vu le jour que ce projet &#224; six maires sur 119 a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pr&#232;s d'un million d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette s&#233;ance, la directrice de la consultation urbaine, Marie Baduel, s'est f&#233;licit&#233;e du travail accompli : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Huit chantiers m&#233;tropolitains impliquant 1200 acteurs locaux !&lt;/i&gt; &#187; Les &#171; &lt;i&gt;acteurs de la m&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187; &#233;taient donc invit&#233;s &#224; participer &#224; ce pince-fesse. Para&#238;t-il. Contact&#233;es par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, deux associations marseillaises, le collectif Laisse B&#233;ton et Un Centre-ville pour tous (CVPT), qui luttent sur l'espace urbain pour le respect des droits des habitants et la pr&#233;servation des espaces verts, mettent un b&#233;mol. Guy Coja, membre de Laisse B&#233;ton, raconte : &#171; &lt;i&gt;J'ai voulu m'inscrire, on ne m'a jamais rappel&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pour CVPT, m&#234;me constat : &#171; &lt;i&gt;1 200 participants ? Ils ont compt&#233; les petits pois !? Le bilan est tr&#232;s n&#233;gatif, la plupart des gens &#233;taient des professionnels, il n'y a jamais vraiment eu de travail avec les associations&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Patrick Lacoste. Quant aux habitants, hormis ceux qui suivent d'assez pr&#232;s les rares annonces dans les journaux pour avoir connaissance des dates des conf&#233;rences (inscription sur Internet obligatoire), ils n'ont pas &#233;t&#233; associ&#233;s au projet. &#171; &lt;i&gt;C'est angoissant, on nous rajoute encore une entit&#233;, j'ai des &#233;chos, on me dit que c'est encore une usine &#224; gaz. Le risque est que les communes soient d&#233;poss&#233;d&#233;es de la gestion urbanistique de leur territoire&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;te Fr&#233;d&#233;ric, enseignant. Rien de tr&#232;s encourageant. N&#233;anmoins, un &#171; maillage &#187; des transports devrait s'organiser sur l'ensemble du territoire m&#233;tropolitain en vue de dynamiser l'aire marseillaise. Des projets comme une nouvelle ligne de TER et des lignes de tramway ont &#233;t&#233; act&#233;s lors du conseil m&#233;tropolitain du 30&#8239;juin&#8239;2016. Quid du &#171; projet d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement &#233;conomique &#187; et de la promesse de &#171; concourir &#224; un d&#233;veloppement durable et solidaire du territoire r&#233;gional &#187; &#233;voqu&#233;e par la loi ? (voir encadr&#233; ci dessous) Qui vivra verra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les multinationales en embuscade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la newsletter n&#176;6 de la MIPM, un titre attire l'&#339;il : &#171; &lt;i&gt;Les multinationales, facteur de coh&#233;sion sociale.&lt;/i&gt; &#187; L'article vante une &#233;tude command&#233;e &#224; une professeure &#224; la facult&#233; des g&#233;osciences de Lausanne, C&#233;line Rozenblat, qui centre son analyse sur &#171; &lt;i&gt;les effets des firmes multinationales sur l'&#233;conomie locale en termes d'emploi&lt;/i&gt; &#187; et sur le point fort d'Aix-Marseille-M&#233;tropole, &#171; &lt;i&gt;sa fonction logistique et portuaire, qui favorise la promotion, la mutation urbaine et la production mondialis&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. On peut lire plus loin que &#171; &lt;i&gt;cette &#233;conomie&lt;/i&gt; [est] &lt;i&gt;li&#233;e aux march&#233;s urbains, immobilier haut de gamme, culture, tourisme et services avanc&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Demandez le programme ! La M&#233;tropole repr&#233;sente pour les grands groupes des milliards d'investissements dans les march&#233;s urbains, dont &#171; &lt;i&gt;&#8239;l'immobilier haut de gamme&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instances de l'&#201;tat font de la com' pour les multinationales. Mais comment celles-ci, dans une m&#233;gapole &#171; tout-en-un &#187;, pourraient &#234;tre &#171; &lt;i&gt;facteur de coh&#233;sion sociale&lt;/i&gt; &#187; ? On est d'autant plus perplexe lorsqu'on d&#233;couvre le voyage diplomatico-&#233;conomique de Martine Vassal, pr&#233;sidente du d&#233;partement, le 20&#8239;mai&#8239;2016, en compagnie du VRP du BTP Jean-Claude Gaudin. Trois jours outre-Manche pour une &lt;i&gt;charming operation&lt;/i&gt; aupr&#232;s d'investisseurs anglais : Hammerson&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;j&#224; ma&#238;tre d'&#339;uvre et g&#233;rant du centre commercial des Terrasses du port, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Real Land, McArthurGlen Corporate &#8211;&#8239;parmi les plus importants fonds d'investissement en Europe. D&#233;j&#224; programm&#233; pour dans un an, un &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Are-you-experienced&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;village des marques&lt;/a&gt; &#187; de 120&#8239;boutiques sera implant&#233; &#224; Miramas, avec la cr&#233;ation d'une &#233;cole pour la formation des futurs vendeurs. Lors de la rencontre avec la d&#233;l&#233;gation marseillaise, Nicolas Hill, PDG de Real Land, d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Je cr&#233;e des fonds d'investissement pour faire de la promotion. La plupart des partenaires sont des acteurs qui font dans l'immobilier chez eux, &#224; Londres, Dublin et Chicago, mais il y a d&#233;j&#224; trop de monde qui fait la m&#234;me chose, alors ils cherchent &#224; s'implanter ailleurs et &#224; s'amuser un peu !&lt;/i&gt; &#187; Propos retranscrits sans commentaire dans &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du 21&#8239;mai&#8239;2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le fiasco de la rue de la R&#233;publique, victime de l'irruption cannibale des centres commerciaux sur tout le territoire marseillais, Gaudin and Co sont all&#233;s chercher ces investisseurs boute-en-train pour faire de l'aire m&#233;tropolitaine leur nouveau terrain de jeu. &lt;i&gt;Once again&lt;/i&gt;, immobilier et grandes enseignes au programme. Tant pis si &#171; &lt;i&gt;la fonction logistique et portuaire&lt;/i&gt; &#187; de Marseille est battue en br&#232;che par l'&#233;radication des petits commerces et des march&#233;s populaires et l'occultation des liens et &#233;changes avec l'Afrique&#8230; Pourquoi parier sur l'imagination quand tout le pouvoir est donn&#233; &#224; la contribution &#233;conomique territoriale (ex-taxe professionnelle) ? Les habitants ne seront convi&#233;s aux festivit&#233;s que pour achalander les &lt;i&gt;shopping malls&lt;/i&gt;. Quant &#224; l'hinterland, il risque de perdre vignes et oliviers au profit d'une m&#233;ga-zone commerciale. Aix-Marseille-M&#233;tropole, capitale des &#233;changeurs d'autoroute et des hypermarch&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bla-bla-bla &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;(Extrait de la loi du 27 janvier 2014 d&#233;finissant la m&#233;tropole) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La m&#233;tropole est un &#233;tablissement public de coop&#233;ration intercommunale (EPCI) &#224; fiscalit&#233; propre regroupant plusieurs communes, d'un seul tenant et sans enclave au sein d'un espace de solidarit&#233; pour &#233;laborer et conduire ensemble un projet d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement &#233;conomique, &#233;cologique, &#233;ducatif, culturel et social de leur territoire afin d'en am&#233;liorer la coh&#233;sion et la comp&#233;titivit&#233; et de concourir &#224; un d&#233;veloppement durable et solidaire du territoire r&#233;gional. Elle valorise les fonctions &#233;conomiques m&#233;tropolitaines, ses r&#233;seaux de transport et ses ressources universitaires, de recherche et d'innovation, dans un esprit de coop&#233;ration r&#233;gionale et inter&#233;gionale et avec le souci d'un d&#233;veloppement territorial &#233;quilibr&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Renomm&#233;e depuis M&#233;tropole Aix-Marseille-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;j&#224; ma&#238;tre d'&#339;uvre et g&#233;rant du centre commercial des Terrasses du port, ench&#226;ss&#233; sur le domaine portuaire de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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