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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title> Sophie Bruneau : &#171; Le nouveau capitalisme nous cannibalise &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;R&#234;ver sous le capitalisme est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant, o&#249; des travailleurs et travailleuses d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel. R&#234;ver sous le capitalisme est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant. &#192; l'&#233;cran, des plans fixes : immeuble de bureau illumin&#233;, parking de fast-food d&#233;sert, ligne de tram nocturne et... visages de personnes contant leur vie onirique perturb&#233;e. C'est la bande-son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlotte-Beradt" rel="tag"&gt;Charlotte Beradt&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#234;ver sous le capitalisme&lt;/i&gt; est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant, o&#249; des travailleurs et travailleuses d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-1106-56d2c.jpg?1768952226' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alterego Films
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#234;ver sous le capitalisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actuellement au cin&#233;ma, distribution Direction Humaine des Ressources.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant. &#192; l'&#233;cran, des plans fixes : immeuble de bureau illumin&#233;, parking de fast-food d&#233;sert, ligne de tram nocturne et... visages de personnes contant leur vie onirique perturb&#233;e. C'est la bande-son qui relie l'ensemble, soit les t&#233;moignages de douze personnes ayant vu le monde du travail s'inviter &#224; la hussarde dans leurs songes, recueillis par la r&#233;alisatrice Sophie Bruneau&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;j&#224; r&#233;alisatrice de Ils ne mouraient pas tous mais tous &#233;taient frapp&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ces cadres, employ&#233;s ou m&#233;decins, d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est limpide : la r&#233;alit&#233; du labeur contemporain, &lt;i&gt;manag&#233;&lt;/i&gt; jusqu'au trognon, d&#233;borde tant sur les affects qu'il n'existe plus d'espaces o&#249; lui &#233;chapper, m&#234;me la nuit.&#171; &lt;i&gt;Mon r&#234;ve commen&#231;ait ici sur cette chaise, par un tr&#232;s grand crack, un craquement, qui correspondait &#224; l'ouverture de ma calotte cr&#226;nienne&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne l'une des interview&#233;s. Avant de d&#233;crire de petits personnages plongeant de longues cuill&#232;res dans sa cervelle, de plus en plus profond&#233;ment. Le cauchemar, c'est maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les images de votre film sont presque banales, mais on en ressort secou&#233;, effar&#233; par la brutalit&#233; du constat. Comment le simple r&#233;cit de r&#234;ves peut-il &#234;tre si gla&#231;ant ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les images associ&#233;es aux r&#234;ves ne sont pas violentes au sens strict, mais elles transmettent une forme d'ambiance &#233;trange, une dimension d&#233;shumanis&#233;e qui se conjugue &#224; une dimension po&#233;tique relevant de l'impr&#233;vu dans le banal (un bal de mouettes sur un parking, le d&#233;placement d'une lampe de poche dans une tour de verre...). Les r&#234;ves sont des images parlantes qui d&#233;crivent, peut-&#234;tre de mani&#232;re plus violente que les images litt&#233;rales, ce monde du travail pris dans la tourmente d'un management d&#233;raisonnable. Les r&#234;ves manifestes, pour lesquels nous faisons clairement le lien entre le contenu et le contexte qui l'a engendr&#233;, sont comme un &#233;cho du jour. Le film recr&#233;e une communaut&#233; des songes, il propose une vision nocturne de ce qui se passe hors champ, &#224; l'ext&#233;rieur, dans le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que nous r&#233;v&#232;le cette vision ? Des morts-vivants, le cadavre d'un travailleur inconnu, des momies, un meurtre, des pratiques cannibales&#8230; C'est une vision mortif&#232;re qui d&#233;voile le syst&#232;me capitaliste n&#233;olib&#233;ral. En ce sens, je pense que le r&#234;ve de cannibalisme racont&#233; par une m&#233;decin est la m&#233;taphore du film : le capitalisme nous cannibalise. Le capitalisme est profond&#233;ment mortif&#232;re, c'est ce que les douze r&#234;ves de travail nous disent de mani&#232;re condens&#233;e, d&#233;form&#233;e, exag&#233;r&#233;e. Ces histoires oniriques interpellent, &#224; l'image des masques de carnaval. Elles sont &#224; la fois po&#233;tiques et politiques, nous d&#233;placent pour mieux nous faire voir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre travail renvoie directement &#224; celui men&#233; par Charlotte Beradt en Allemagne de 1933 &#224; 1939, &lt;i&gt;R&#234;ver sous le III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich&lt;/i&gt;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le travail de Charlotte Beradt a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur. Elle a eu l'id&#233;e lumineuse que l'on r&#234;vait diff&#233;remment selon les r&#233;gimes politiques et que les r&#234;ves avaient la capacit&#233; de raconter l'&#233;poque. Les interdits, les humiliations, la peur, la chasse &#224; l'homme, la perte du langage&#8230; Elle a mis en &#233;vidence &#224; quel point le syst&#232;me barbare qui se mettait en place s'immis&#231;ait dans les vies priv&#233;es, jusque dans le sommeil. Cette lecture m'a fait comprendre que les r&#234;ves &#8211; et en particulier les r&#234;ves manifestes, qu'elle appelle les &lt;i&gt;r&#234;ves politiques &lt;/i&gt;&#8211; sont un mat&#233;riau anthropologique, r&#233;v&#233;lateur et significatif du champ social et des rapports qui s'y jouent. Ils ont valeur de message, sont capables de mettre au monde le sens de l'&#233;poque. Ce sont des r&#233;cits extr&#234;mement intimes qui r&#233;sonnent au-del&#224; de leurs propri&#233;taires.&lt;i&gt; Je&lt;/i&gt; est un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; dans le r&#234;ve, et cet autre r&#233;sonne pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne fais pas d'amalgame entre les &#233;poques, mais je vois des processus &#224; l'&#339;uvre, que d'autres ont analys&#233;s. Dans son livre&lt;i&gt; Souffrance en France &#8211; La banalisation de l'injustice sociale &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Seuil, 1998.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, Christophe Dejours, psychiatre sp&#233;cialiste du travail, d&#233;crit l'utilisation manag&#233;riale de la peur dans les entreprises. Elle s'est inscrite dans les rapports de travail : peur de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur, peur de perdre son emploi&#8230; Cette peur est associ&#233;e &#224; &#8220; une menace &#224; la pr&#233;carisation &#8221;, ce qui est diff&#233;rent de la pr&#233;carit&#233;, parce que ce syst&#232;me est con&#231;u comme tel. La peur entra&#238;ne des conduites de soumission et d'ob&#233;issance et,&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt;, elle annihile la facult&#233; de penser. C'est une strat&#233;gie de d&#233;fense. Par ailleurs, en utilisant le levier des ch&#244;meurs qui attendent &#224; la porte, on parvient &#224; tout faire accepter par des travailleurs en sous-effectif, m&#234;me les choses qui vont contre les r&#232;gles du m&#233;tier, l'&#233;thique professionnelle, la morale ou le simple bon sens. D'autant que dehors, c'est le d&#233;tricotage de la S&#233;curit&#233; sociale. Ils sont pris entre le marteau et l'enclume&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-1107-396e5.jpg?1768952226' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alterego Films
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les r&#234;ves recueillis semblent tendre &#224; un m&#234;me constat, celui d'un monde du travail devenu fou...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains r&#234;ves me font voir un monde d&#233;raisonnable o&#249; la folie a pris le pouvoir. &#192; travers ces douze r&#234;ves de travail, et leur interpr&#233;tation par les r&#234;veurs, on entend une seule et m&#234;me r&#233;alit&#233;, comme s'ils parlaient d'une m&#234;me voix : les r&#233;sultats exig&#233;s sont intenables, le mensonge r&#232;gne, les ambiances sont d&#233;l&#233;t&#232;res, l'isolement et la mise en concurrence g&#233;n&#232;rent de la souffrance individuelle, la surveillance et le contr&#244;le marchent &#224; plein, notamment via l'outil informatique, la taylorisation des activit&#233;s a pris pied dans le tertiaire et la perte de sens s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e. On mesure tout, m&#234;me le qualitatif. Et tout cela se passe dans des espaces de plus en plus d&#233;personnalis&#233;s o&#249; tout le monde se regarde et s'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au fur et &#224; mesure du film, les r&#234;veurs et r&#234;veuses se parlent &#224; travers le jeu des r&#233;currences. Ces r&#233;sonances sugg&#232;rent un monde ext&#233;rieur nocif dans lequel ils n'ont plus envie de retourner. Leur r&#233;alit&#233; au travail est plus noire que leurs vrais cauchemars. Le film a d'ailleurs failli emprunter le nom d'une c&#233;l&#232;bre gravure de Goya, r&#233;alis&#233;e fin XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, &#224; une p&#233;riode sombre de l'histoire espagnole, laquelle s'intitule : &lt;i&gt;Le Sommeil de la raison engendre des monstres&lt;/i&gt;. &#192; l'&#233;coute de tous ces r&#233;cits de r&#234;ves de travail, durant le temps de ma collecte, entre 2012 et 2017, j'ai eu le sentiment profond que l'&#233;poque avait perdu la raison et que les monstres &#233;taient devenus r&#233;els. Le monde du travail est &#224; l'image de notre environnement. Les r&#234;ves nous le disent &#224; leur mani&#232;re, de fa&#231;on criante : le capitalisme n&#233;olib&#233;ral court &#224; notre perte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actuellement au cin&#233;ma, distribution Direction Humaine des Ressources.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;j&#224; r&#233;alisatrice de&lt;i&gt; Ils ne mouraient pas tous mais tous &#233;taient frapp&#233;s &lt;/i&gt;(2006), documentaire suivant les consultations m&#233;dicales de personnes en souffrance au travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Seuil, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entre Mad Max et Pierre Rabhi : le survivaliste</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Entre-Mad-Max-et-Pierre-Rabhi-le</link>
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		<dc:date>2019-02-27T00:00:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils sont les fourmis qui survivront. Nous, les cigales qui cr&#232;veront sur le grill. Les survivalistes sont des besogneux qui passent leur vie &#224; se pr&#233;parer au monde d'apr&#232;s la fin du monde. Auteur de Survivalisme , le sociologue Bertrand Vidal nous aide &#224; comprendre ces &#233;tonnants contemporains. *** Pourriez-vous donner une d&#233;finition du survivalisme ? &#171; Les survivalistes sont des individus qui se pr&#233;parent &#224; de possibles catastrophes ou accidents majeurs, voire &#224; l'apocalypse et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dieu" rel="tag"&gt;Dieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils sont les fourmis qui survivront. Nous, les cigales qui cr&#232;veront sur le grill. Les survivalistes sont des besogneux qui passent leur vie &#224; se pr&#233;parer au monde d'apr&#232;s la fin du monde. Auteur de &lt;i&gt;Survivalisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Arkh&#233;, 2018.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le sociologue Bertrand Vidal nous aide &#224; comprendre ces &#233;tonnants contemporains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-1052-37b8c.jpg?1768651609' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous donner une d&#233;finition du survivalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les survivalistes sont des individus qui se pr&#233;parent &#224; de possibles catastrophes ou accidents majeurs, voire &#224; l'apocalypse et &#224; la fin du monde. Le mouvement na&#238;t dans les ann&#233;es 1960 aux &#201;tats-Unis. On est alors sous la menace d'une guerre nucl&#233;aire entre les deux blocs de la guerre froide. Les survivalistes stockent des bo&#238;tes de haricots, des munitions, du mat&#233;riel m&#233;dical. Certains am&#233;nagent un bunker o&#249; se terrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le th&#233;oricien Kurt Saxon, il s'agit de renouer avec les valeurs fondamentales des pionniers du Far West am&#233;ricain : autod&#233;fense, chasse, p&#234;che, bricolage, etc. Saxon &#233;tait un libertarien. Il donnait des conseils de survie et &#233;crivait des nouvelles d'anticipation. Le probl&#232;me des survivalistes ? On ne sait jamais &#224; quoi on se pr&#233;pare. Il faut donc l'apport de la science-fiction pour imaginer les situations qu'on va affronter. Ses ouvrages &#233;taient &#233;dit&#233;s par l'imprimerie du parti nazi am&#233;ricain. Une de ses obsessions &#233;tait d'encenser l'identit&#233; Wasp&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;White Anglo-Saxon Protestant, population &#233;tasunienne ayant de lointaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; mais aussi de se d&#233;barrasser des ennemis des survivalistes, soient les communistes, les Noirs, les &#233;tudiants progressistes &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, d'autres peurs nourrissent la mobilisation survivaliste : notamment la peur &#233;cologique et le spectre de la r&#233;cession r&#233;activ&#233; depuis la crise &#233;conomique de 2007-2008. &#192; c&#244;t&#233; de l'id&#233;ologie proche de l'extr&#234;me droite, de nouveaux courants sont apparus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;crivez qu'on est pass&#233; de &#171; sympathisants d'extr&#234;me droite fascin&#233;s par les armes et la d&#233;fense de leur espace vital &#187; &#224; la figure du &#171; n&#233;orural adepte de la frugalit&#233; et farouche militant pour l'ind&#233;pendance face au syst&#232;me &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Deux principes structurent la pens&#233;e survivaliste. La nature vaut mieux que la culture et la campagne vaut mieux que la ville. Dans ses s&#233;minaires, Saxon d&#233;fendait l'id&#233;e que si jamais les Rouges devaient attaquer les &#201;tats-Unis, ils d&#233;barqueraient dans les villes qui deviendraient beaucoup plus dangereuses que la campagne. Il &#233;tait assist&#233; d'un &#233;co-architecte du nom de Don Stephens, p&#232;re du &lt;i&gt;survival retreat&lt;/i&gt; : un lieu loin de la ville, dot&#233; d'une architecture d&#233;fendable et fortifi&#233;e permettant non seulement de se prot&#233;ger de l'ennemi mais &#233;galement de vivre en autonomie. Il fallait avoir son jardin, pratiquer ce qu'on appellera bient&#244;t la permaculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e d'autosuffisance se d&#233;veloppe aujourd'hui notamment chez des n&#233;osurvivalistes qui refusent la culture des armes et du bunker promus par Saxon. Si j'ai un fusil avec 100 000 munitions dans ma base autonome durable et que je ne sais pas tirer, &#231;a ne sert &#224; rien. Il vaut mieux apprendre des comp&#233;tences, des techniques qualifi&#233;es de &lt;i&gt;r&#233;volues&lt;/i&gt; que l'id&#233;ologie du confort et la soci&#233;t&#233; de consommation nous ont fait oublier. Les citadins sont consid&#233;r&#233;s comme incapables de voir &#224; long terme &#8211; au contraire de nos anc&#234;tres, alors qu'ils vivaient dans des conditions beaucoup plus dures. Pour le survivaliste, le d&#233;nuement est gage de survie dans le futur. Il s'agit de se r&#233;approprier des comportements anciens d'o&#249; l'engouement pour le&lt;i&gt; bushcraft &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'art de vivre dans les bois. &#187;&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, la survie en for&#234;t. Il faut restaurer le pass&#233; pour survivre au futur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-il possible de quantifier le ph&#233;nom&#232;ne dans un pays comme la France ? On imagine qu'Internet joue un grand r&#244;le dans la diffusion de ces id&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne connais pas le nombre de blogs qui s'ouvrent chaque jour mais il est tr&#232;s important. Le succ&#232;s d'&#233;missions de survie comme&lt;i&gt; Koh Lanta&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Man Versus Wild&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;The Island&lt;/i&gt; nourrit cette dynamique, de m&#234;me que la diffusion de s&#233;ries apocalyptiques et d'informations anxiog&#232;nes. S'il est difficile de quantifier le nombre de survivalistes en France, il est certain qu'ils s'organisent de plus en plus. Le R&#233;seau survivaliste francophone, cr&#233;&#233; en 2012, affiche 5 000 membres. Il faut compter aussi avec Twitter et YouTube qui permettent d'&#233;changer peurs, angoisses, anticipations et moyens de survivre &#224; ce futur imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert le survivalisme en 2012, sur mon lieu de travail, par l'interm&#233;diaire de personnes &#8220; bien int&#233;gr&#233;es &#8221;, ni paranos ni fachos. C'&#233;tait trois ans apr&#232;s l'&#233;pisode de la grippe A. Ces gens avaient accumul&#233; quantit&#233; de gels antibact&#233;riens sur leur bureau. C'est en discutant avec eux de leur angoisse de la maladie que j'ai compris que certains se pr&#233;paraient &#224; des sc&#233;narios beaucoup plus catastrophiques que la pand&#233;mie pr&#233;c&#233;dente. Cette grippe &#233;tait pour eux annonciatrice d'une possible fin du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fait qu'on se soit d&#233;barrass&#233; de Dieu et une vision pessimiste de l'Homme servent de substrat &#224; l'id&#233;ologie survivaliste...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, on n'explique plus les choses en ayant recours &#224; la magie ou &#224; Dieu, mais rationnellement et positivement. &#199;a nous donne une certaine prise sur le pr&#233;sent et la possibilit&#233; de ma&#238;triser notre avenir. Mais il y a un revers &#224; cette m&#233;daille : quand il y a un probl&#232;me, la faute ne rel&#232;ve plus de la mal&#233;diction. Le facteur de l'effondrement &#233;cologique ou d'une crise &#233;conomique est avant tout humain. C'est positif en un sens, puisqu'on a des leviers pour changer les choses. Mais quand rien n'&#233;volue, voire quand tout s'aggrave, on tombe dans un certain fatalisme. Il &#233;tait paradoxalement peut-&#234;tre plus facile d'agir avec Dieu qu'avec les hommes. On pouvait soudoyer Dieu ou l'influencer par des pri&#232;res. Avec lui, on pouvait avoir foi en l'avenir. Alors qu'il y a dans l'humain une certaine perversit&#233;. Comme disait Kant : &#8220; &lt;i&gt;Le bois dont l'homme est fait est si noueux qu'on ne peut y tailler des poutres bien droites. &lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous faites une distinction entre peurs et angoisses collectives.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La peur s'&#233;prouve physiquement. Quelque chose surgit devant soi et nous fiche la chair de poule. L'angoisse est un sentiment plus diffus. On ne la voit pas, on la ressent dans nos r&#234;ves. Le sociologue allemand Ulrich Beck a relev&#233; qu'elle &#233;tait le propre de la soci&#233;t&#233; du risque. Dans nos soci&#233;t&#233;s occidentales, notre vie quotidienne est assez s&#233;curis&#233;e. On ne vit plus comme nos anc&#234;tres avec cette peur du quotidien. C'&#233;tait r&#233;cemment l'anniversaire de la Grande Guerre, p&#233;riode pendant laquelle on vivait la peur au jour le jour et o&#249; l'on se battait pour un futur meilleur. Ce qui domine dans notre pr&#233;sent relativement apais&#233;, c'est l'angoisse du lendemain. Une perspective qu'on n'arrive pas &#224; anticiper mais que les survivalistes arrivent &#224; fixer de mani&#232;re paradoxale : en faisant de nouvelles anticipations, en &#233;ditant de nouveaux sc&#233;narios. Kurt Saxon a imagin&#233; des &lt;i&gt;killers caravans&lt;/i&gt; s'&#233;levant des cendres de l'apocalypse, bandes de tueurs de villes se propageant dans les campagnes. Il a &#233;galement travaill&#233; &#224; une description de l'hiver nucl&#233;aire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faisons un peu de science-fiction : une fois la fin du monde advenue, comment les survivalistes conjugueraient-ils individualisme et organisation sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En s'organisant sur Internet, en &#233;changeant des techniques de survie et les meilleurs sites o&#249; se cacher, les survivalistes entendent d'ores et d&#233;j&#224; cr&#233;er leur communaut&#233; de survivants. Imaginons la fin du monde. Moi j'ai mes provisions et de l'&#233;lectricit&#233; alors que tout mon quartier est tomb&#233; dans la nuit. Que vont faire mes voisins ? Ils vont devenir ce que le survivaliste appelle des &lt;i&gt;zombies&lt;/i&gt;. Des pilleurs. Ils vont donc &#234;tre un danger pour moi. Raison pour laquelle il vaut mieux faire du pros&#233;lytisme et &#233;changer sur les r&#233;seaux sociaux afin de convertir un maximum de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Franco Berardi a th&#233;oris&#233; le concept de s&#233;mio-capitalisme&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment dans Tueries : Forcen&#233;s et suicidaires &#224; l'&#232;re du capitalisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Il fait le constat que nous avons perdu toute identit&#233; de classe : on n'a plus d'un c&#244;t&#233; les exploiteurs et de l'autre le prol&#233;tariat. Aujourd'hui, la lutte se d&#233;roule entre &lt;i&gt;winners&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;losers&lt;/i&gt;, un sch&#233;ma tr&#232;s compatible avec le syst&#232;me actuel, qui valide la philosophie n&#233;olib&#233;rale de la s&#233;lection naturelle. Bien que se disant &lt;i&gt;anti syst&#232;me&lt;/i&gt;, les survivalistes font partie des &lt;i&gt;winners&lt;/i&gt;. Ils sont les &#233;lus de la fin du monde. Puisqu'ils ont compris les bons comportements, leur communaut&#233; sera celle des derniers survivants. Ils sont les fourmis qui m&#233;ritent de survivre, contrairement aux cigales qui n'auront pas vu venir l'hiver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Arkh&#233;, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;White Anglo-Saxon Protestant&lt;/i&gt;, population &#233;tasunienne ayant de lointaines racines europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'art de vivre dans les bois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notamment dans&lt;i&gt; Tueries : Forcen&#233;s et suicidaires &#224; l'&#232;re du capitalisme absolu&lt;/i&gt;, Lux &#233;diteur, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Merci qui ?</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Cent cinquante mille spectateurs ! Merci patron !, le film de Fran&#231;ois Ruffin, fondateur de Fakir, cartonne en salles et dans les m&#233;dias. &#192; CQFD, on trouve &#231;a m&#233;rit&#233;. Aussi dr&#244;le que bien foutu, le film de Ruffin d&#233;pote. Et c'est justement pour cela qu'il m&#233;rite une analyse un peu serr&#233;e car, malgr&#233; ses qualit&#233;s, c'est quand m&#234;me dommage que Merci patron ! passe &#224; c&#244;t&#233; de sa conclusion. Ruffin l'a dit et redit : son film est &#171; une fable &#187;. David contre Goliath, le petit qui terrasse le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cent cinquante mille spectateurs ! &lt;i&gt;Merci patron !&lt;/i&gt;, le film de Fran&#231;ois Ruffin, fondateur de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, cartonne en salles et dans les m&#233;dias. &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, on trouve &#231;a m&#233;rit&#233;. Aussi dr&#244;le que bien foutu, le film de Ruffin d&#233;pote. Et c'est justement pour cela qu'il m&#233;rite une analyse un peu serr&#233;e car, malgr&#233; ses qualit&#233;s, c'est quand m&#234;me dommage que &lt;i&gt;Merci patron ! &lt;/i&gt;passe &#224; c&#244;t&#233; de sa conclusion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;82&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH450/-860-0d457.jpg?1768649844' width='300' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'affiche de &#171; Merci patron ! &#187;, film documentaire de Fran&#231;ois Ruffin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ruffin l'a dit et redit : son film est &#171; &lt;i&gt;une fable &lt;/i&gt; &#187;. David contre Goliath, le petit qui terrasse le g&#233;ant. &#192; ma gauche (forc&#233;ment), la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre famille Klur &#8211; soutenue par Ruffin en journaliste faussement na&#239;f &#8211;, endett&#233;e et au ch&#244;mage depuis que LVMH a d&#233;localis&#233; ses ateliers de confection. &#192; ma droite (forc&#233;ment), le plus milliardaire des milliardaires fran&#231;ais, le g&#233;ant du luxe et du reste, patron impitoyable de LVMH, &#224; la t&#234;te d'arm&#233;es de travailleurs et d'agents de s&#233;curit&#233;, &#233;paul&#233; par les flics et les politiques, Bernard Arnault. Le combat est forc&#233;ment d&#233;s&#233;quilibr&#233;. Et pourtant (alerte &lt;i&gt;spoiler&lt;/i&gt;)... &#224; la fin, le patron l&#226;chera un gros ch&#232;que d'indemnit&#233;s de licenciement aux Klur, fera embaucher Monsieur dans un Carrefour, et Ruffin pourra m&#234;me sortir son film malgr&#233; la clause de confidentialit&#233; sign&#233;e par la famille. Miracle en Picardie ! Une victoire inesp&#233;r&#233;e ! &lt;i&gt;Happy end !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, &#224; trop vouloir faire &#171; fable &#187;&lt;/strong&gt;, Ruffin est pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de toute la force politique de son propre film. Car le Goliath Arnault appara&#238;t en r&#233;alit&#233; d&#232;s le d&#233;but bien fragile. La peur est constamment dans le camp du grand patron. En effet, c'est LVMH qui accepte de n&#233;gocier puis de payer, qui a recours aux CRS pour se prot&#233;ger, qui fait trembler l'&#233;lu socialiste qui ressent l'imp&#233;rieux besoin d'aller calmer Ruffin... Bref, le combat est loin d'&#234;tre aussi in&#233;quitable. Et c'est certainement la le&#231;on de ce film !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand, &#224; Europe 1&lt;/strong&gt;, le 24 f&#233;vrier dernier, Ruffin d&#233;clare que sa seule ambition est de faire tomber l'oligarchie, on applaudit des deux mains. Et le journaleux Jean-Michel Apathie de lui tendre une perche en or en lui demandant s'il ne croit pas &#171; &lt;i&gt;s'accorder un peu trop de pouvoir &lt;/i&gt; &#187;. Ruffin tente alors d'expliquer que ce n'est pas lui qui a ce pouvoir, mais les nombreuses manifestations de soutien du public. Voil&#224; exactement l'explication qu'il nous manque dans son film : que ce n'est pas lui, avec ses petits bras, ni les Klur, qui ont fait plier Arnault... Que le pouvoir qui a fait peur &#224; LVMH, qui peut faire peur &#224; Apathie et &#224; son patron, c'est celui des autres travailleurs mis au ch&#244;mage, celui des lecteurs de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, celui des syndicats qui pourraient fomenter ou soutenir une gr&#232;ve... En effet, le n&#233;gociateur envoy&#233; par LVMH ne cesse de dire aux Klur &#171; &lt;i&gt;qu'il ne faut rien dire &#224; Fakir &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref, ce qui peut &#171; &lt;i&gt;faire tomber l'oligarchie &lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, ce sont des mouvements collectifs, des r&#233;sistances populaires, et pas un journaliste tout seul, pas la r&#233;sistance d'une famille isol&#233;e, pas un bulletin de vote... On nous dira peut-&#234;tre que c'est au spectateur de faire son analyse, d'en tirer sa conclusion. Certes ! Mais on trouve particuli&#232;rement dommage que Ruffin n'ait pas r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer qu'au-del&#224; de la fable, les grands ont toujours une peur bleue que les petits ne se laissent plus faire, qu'ils se regroupent et qu'ils se d&#233;fendent... ensemble et par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nos m&#244;mes ont peur, certains en meurent</title>
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		<dc:subject>Morceaux vol&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>Muhittin</dc:subject>

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&lt;p&gt;Collectif Angles morts, &#171; Delta, Charlie, Delta &#187;&#8200;&#8211;&#8200;La Relaxe programm&#233;e des policiers responsables de la mort de Zyed Benna et Bouna Traor&#233;, Angles morts, 2015. Extrait. La peur suscit&#233;e par les policiers aurait en effet d&#251; &#234;tre au c&#339;ur du proc&#232;s : elle explique non seulement la fuite des adolescents mais aussi la violence des op&#233;rations que m&#232;nent les policiers dans les quartiers populaires. Cette peur a pourtant &#233;t&#233; constamment &#233;voqu&#233;e par les diff&#233;rents adolescents poursuivis par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Collectif Angles morts, &#171; &lt;i&gt; Delta, Charlie, Delta &#187;&#8200;&#8211;&#8200;La Relaxe programm&#233;e des policiers responsables de la mort de Zyed Benna et Bouna Traor&#233;&lt;/i&gt;, Angles morts, 2015. Extrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH505/-449-a32e8.jpg?1768732111' width='500' height='505' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;La peur suscit&#233;e par les policiers aurait en effet d&#251; &#234;tre au c&#339;ur du proc&#232;s : elle explique non seulement la fuite des adolescents mais aussi la violence des op&#233;rations que m&#232;nent les policiers dans les quartiers populaires. Cette peur a pourtant &#233;t&#233; constamment &#233;voqu&#233;e par les diff&#233;rents adolescents poursuivis par les policiers le 27 octobre 2005 [jour de la mort de Zyed Benna et Bouna Traor&#233; sur un site EDF de Clichy-sous-Bois apr&#232;s une course-poursuite engag&#233;e par la police].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. V., &#226;g&#233; de 16 ans lors des faits, d&#233;clare ainsi au juge d'instruction : &#8220;&lt;i&gt;On a fui par peur de la police.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Et habituellement, vous courez quand vous voyez un policier ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Oui, chaque fois que je vois un policier, je cours.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A. C. confirme : &#8220;&lt;i&gt;Les policiers sont venus nous chercher, on avait peur. J'ai couru parce que j'ai vu les autres courir.&lt;/i&gt;&#8221; Un habitant du quartier explicitait, d&#232;s 2005, les raisons de cette peur : &#8220;&lt;i&gt;Les policiers viennent du Raincy ou de Livry, l&#224; o&#249; il y a des Fran&#231;ais. Quand ils viennent ici, ils nous disent : &#8216;Mets-toi contre la voiture, bouffon' et apr&#232;s ils disent que c'est nous, les malpolis. M&#234;me si on n'a rien, ni rien fait, ils nous traitent de &#8216;petits p&#233;d&#233;s'.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rennes, c'est aussi la peur qu'a invoqu&#233;e Muhittin pour expliquer la fuite du 27 octobre : &#8220;&lt;i&gt;Je ne savais pas ce que je faisais car j'avais tr&#232;s peur.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les policiers m'ont dit que j'avais essay&#233; de voler quelque chose. Je leur ai dit que non, je leur ai dit que je n'avais rien fait. J'ai fui par peur.&lt;/i&gt;&#8221; Lorsque Zyed, Bouna et lui s'approchent du portail principal du site EDF pour en sortir, il se souvient : &#8220;&lt;i&gt;On a entendu le frein &#224; main de la voiture qui allait vraiment tr&#232;s vite. On avait tr&#232;s peur, on ne savait pas quoi faire.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question du pr&#233;sident, &#8220;&lt;i&gt;La peur, c'est dans votre esprit &#224; vous ou c'est le r&#233;sultat d'une discussion avec Zyed et Bouna ?&lt;/i&gt;&#8221;, Muhittin r&#233;pond : &#8220;&lt;i&gt;On avait tous tr&#232;s peur, c'est tout. Je me suis retourn&#233; et on n'&#233;tait plus que trois.&lt;/i&gt;&#8221; Et lorsque le pr&#233;sident lui demande de pr&#233;ciser leur trajet exact, il d&#233;clare : &#8220;&lt;i&gt;C'est la peur. C'est comme maintenant, l&#224; je suis devant vous et j'ai peur, monsieur le pr&#233;sident. Donc des fois, je ne sais plus. Je n'avais pas envie de m'arr&#234;ter et de tout prendre pour les autres, de me faire tabasser ou je sais pas.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;J'avais peur depuis le d&#233;but, je ne savais pas quoi faire. Il y avait les panneaux. Je m'imaginais bien que c'&#233;tait dangereux. J'avais peur de tout prendre, m&#234;me si j'avais rien fait. Quand vous vous faites arr&#234;ter par la police et que vous &#234;tes le seul arr&#234;t&#233;, on vous met tout sur le dos.&#8221; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Muhittin a eu d'autres occasions d'avoir affaire aux forces de l'ordre, et ses peurs ont &#233;t&#233; confirm&#233;es : &#8220;&lt;i&gt;Je me suis fait tabasser par la police plusieurs fois, pendant un simple contr&#244;le&lt;/i&gt;.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brochure disponible en t&#233;l&#233;chargement sur le site &lt;a href=&#034;http://www.bboykonsian.com/Delta-Charlie-Delta-La-relaxe-programmee-des-policiers-responsables-de-la-mort-de-Zyed-Benna-et-Bouna-Traore_a3279.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BBoykonsian&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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