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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'anar du polar</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;el, c'est la domination : des riches sur les pauvres, des hommes sur les femmes &#8211; et c'est le r&#233;el que d&#233;crit Jean Meckert (1910-1995), dont on republie peu &#224; peu les livres. Dans ses romans d'une noirceur presque &#233;c&#339;urante (Les Coups, Nous avons les mains rouges, Je suis un monstre&#8230;), parus de 1942 &#224; 1952 chez Gallimard, comme dans la vingtaine de polars beaucoup plus jouasses, voire franchement hilarants, qu'il publie ensuite dans la collection S&#233;rie noire , le tableau est le m&#234;me : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-Meckert" rel="tag"&gt;jeune Meckert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;el, c'est la domination : des riches sur les pauvres, des hommes sur les femmes &#8211; et c'est le r&#233;el que d&#233;crit Jean Meckert (1910-1995), dont on republie peu &#224; peu les livres. Dans ses romans d'une noirceur presque &#233;c&#339;urante (&lt;i&gt;Les Coups&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nous avons les mains rouges&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Je&lt;/i&gt; &lt;i&gt;suis un monstre&lt;/i&gt;&#8230;), parus de 1942 &#224; 1952 chez Gallimard, comme dans la vingtaine de polars beaucoup plus jouasses, voire franchement hilarants, qu'il publie ensuite dans la collection S&#233;rie noire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toujours chez Gallimard, sous le pseudonyme de John puis Jean Amila.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le tableau est le m&#234;me : on se trouve &#224; ras de terre, dans la grisaille de la Lib&#233;ration puis d'une reconstruction brinquebalante, quelque part entre la pauvret&#233; qui s'accroche et la petite bourgeoisie qui se pavane pour pas grand-chose. Les &#233;crits r&#233;&#233;dit&#233;s ce printemps sous le titre &lt;i&gt;Chez les anarchistes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez les anarchistes &#8211; Reportages, nouvelles et autres textes, &#233;d. Joseph K.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;voilent le jeune Meckert, chroniqueur en reportage chez ses copains dans le Paris et la banlieue d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'occase, Meckert commence par rendre visite &#224; L&#233;on, &#171; &lt;i&gt;petit gars boulot, honn&#234;te, civique, c'est-&#224;-dire de ces innombrables couillons, bons bougres, braves types, qui sont tout de m&#234;me une majorit&#233; r&#233;volutionnaire, progressiste, r&#233;formatrice&lt;/i&gt; &#187; et qui voient les espoirs de la Lib&#233;ration leur glisser entre les mains. Dans un autre texte du volume, il r&#232;gle son compte &#224; l'id&#233;e de &#171; masses &#187;, et de &#171; litt&#233;rature pour les masses &#187;, alors populaire &#224; gauche. Les masses, il en fait partie et, si ses &#233;crits peuvent &#234;tre rattach&#233;s au courant du roman prol&#233;tarien, c'est au sens o&#249; la politique est partout, mais aussi nulle part, dans des aspirations confuses, des options intimes qui d&#233;finissent ou trahissent la place de chacun dans la soci&#233;t&#233;. Ce qui compte &#224; ses yeux chez un individu, c'est ce qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, cherche &#224; &#233;chapper &#224; l'ennui et au sentiment d'enfermement que suscite la vie sous le capitalisme. Et tant pis si &#231;a rate, comme chez ces petits-bourgeois qui se ruinent la sant&#233; &#224; finir leur pavillon dans une banlieue paum&#233;e, ou ces anars qui divaguent sur le v&#233;g&#233;tarisme devant un public sous-aliment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le copain des copines&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Louisette, Monique, Odette, Yvonne&#8230; Cas unique parmi les auteurs populaires de son &#233;poque, chez Meckert les copains sont tr&#232;s souvent des copines. Les femmes y occupent autant de place que dans la vie : ni meilleures ni pires que les hommes, comme eux en lutte, r&#233;sign&#233;es ou trouvant leur compte &#224; leur condition. Jusque dans l'univers viril de la S&#233;rie noire , ses polars &lt;i&gt;Langes radieux&lt;/i&gt; (1963) ou &lt;i&gt;Noces de soufre &lt;/i&gt;(1964) campent des femmes qui font les quatre cents coups fa&#231;on &lt;i&gt;Thelma et Louise&lt;/i&gt;. Les autres se d&#233;brouillent plus modestement de leurs probl&#232;mes de couple, face &#224; des hommes assez g&#233;n&#233;ralement d&#233;crits comme des gros cons. On ne sait pas trop ce qui a pu conduire Meckert sur le chemin d'une telle &#171; d&#233;construction &#187;, d&#233;crivant sans fausses pudeurs la violence masculine, la l&#226;chet&#233; face aux sentiments et le &lt;i&gt;male gaze&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Culture visuelle dominante fond&#233;e sur l' &#187; objectification &#187; du corps de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, avec les id&#233;es bien au clair quant &#224; ce que la domination masculine fait &#224; l'amour &#8211; et sans &#233;gard pour l'ali&#233;nation de celles et ceux qui s'y plient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Ville de plomb&lt;/i&gt;, roman de 1949 fra&#238;chement r&#233;&#233;dit&#233;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me volume de Meckert r&#233;&#233;dit&#233; en octobre dans la collection Arcanes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Marcel, jeune ouvrier timide, et &#201;tienne, son copain relou, se disputent Gilberte, qui essaie de se d&#233;merder une vie &#224; elle et n'y arrive pas tr&#232;s bien, coinc&#233;e entre d&#233;sir de libert&#233; et exigence de respectabilit&#233;. Marcel, apprenti &#233;crivain, b&#226;tit un monde &#224; la limite de l'anticipation, hant&#233; qu'il est par la vision de l'apocalypse atomique &#8211; une des obsessions de Meckert, qui lui vaudra de s&#233;rieuses bricoles&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s la parution de La Vierge et le taureau (1971), roman d&#233;non&#231;ant le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; quand il s'en prendra aux essais nucl&#233;aires fran&#231;ais en Polyn&#233;sie. &#192; ses r&#234;veries, Gilberte oppose sourdement sa grossesse, l'avortement qu'elle va affronter seule, et sa trouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; crue, il faudra attendre Jean-Patrick Manchette, dans les ann&#233;es 1970, pour la retrouver, et avec lui la veine d'un polar social, de Thierry Jonquet &#224; Jean-Bernard Pouy, qui doit tant &#224; Meckert.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toujours chez Gallimard, sous le pseudonyme de John puis Jean Amila.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Chez les anarchistes &#8211; Reportages, nouvelles et autres textes&lt;/i&gt;, &#233;d. Joseph K.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Culture visuelle dominante fond&#233;e sur l' &#187; objectification &#187; du corps de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Huiti&#232;me volume de Meckert r&#233;&#233;dit&#233; en octobre dans la collection Arcanes, chez Jo&#235;lle Losfeld.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s la parution de&lt;i&gt; La Vierge et le taureau &lt;/i&gt;(1971), roman d&#233;non&#231;ant le n&#233;ocolonialisme atomique fran&#231;ais en Polyn&#233;sie, Jean Meckert est violemment agress&#233; &#224; Paris en 1975 par des inconnus, sans que le lien entre cet acte et ses &#233;crits n'ait toutefois pu &#234;tre prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>FLN d&#233;gage !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; FLN d&#233;gage ! &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; Klitou lebled ya serrakine ! &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; Echa&#226;b yourid isqat ennidham ! &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nationale" rel="tag"&gt;nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation-nationale" rel="tag"&gt;lib&#233;ration nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Algerien" rel="tag"&gt;Alg&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FLN" rel="tag"&gt;FLN&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FLN-degage-4655" rel="tag"&gt;FLN d&#233;gage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; &lt;i&gt;Klitou lebled ya serrakine !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; &lt;i&gt;Echa&#226;b yourid isqat ennidham !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il vient de publier Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; revient sur la confiscation du pouvoir par ce parti, ant&#233;rieure m&#234;me &#224; l'ind&#233;pendance du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1137-2225a.jpg?1782702138' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Saphia Arezki
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, la foule compacte reprend le slogan &#171; &lt;i&gt; FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on constater en d&#233;ambulant dans le centre d'Alger, sous la pluie du 22 mars ou le soleil du 29 mars, o&#249; convergeaient dans la liesse ou la col&#232;re des Alg&#233;rois d&#233;termin&#233;s &#224; en finir avec un &#171; &lt;i&gt;pouvoir assassin&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; Printemps noir &#187; de Kabylie en 2001.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, tandis que flottaient les drapeaux alg&#233;rien, amazigh et palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s de mots d'ordre plus anciens comme &#171; &lt;i&gt;Djaza&#239;r horra dimokratia !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique ! &#187;) ou plus confus tels que &#171; &lt;i&gt;Dje&#239;ch cha&#226;b khawa khawa !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Arm&#233;e, peuple, fr&#232;res, fr&#232;res ! &#187;), le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; concentre, en deux mots et en fran&#231;ais, le rejet d'un &#171; syst&#232;me &#187; souvent d&#233;sincarn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'accorde pleinement &#224; l'exigence formul&#233;e d&#232;s le 15 mars &#224; travers l'expression &#171; &lt;i&gt;Trouhou gaae ! &lt;/i&gt; &#187; (&#171; Partez tous ! &#187;), d&#233;passant ainsi la volont&#233; de se d&#233;barrasser du simple Pr&#233;sident sortant. Deux semaines plus tard, une banderole tendue dans l'hypercentre de la capitale insistera sur ce point : &#171; &lt;i&gt;Goulna ga3 c'est ga3&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Nous avons dit tous, c'est tous &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;g&#233;monie par la violence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais comment comprendre ce paradoxe apparent qui consiste, pour des millions de manifestants, &#224; r&#233;clamer haut et fort la disparition du Front de lib&#233;ration nationale tout en brandissant, dans les rues, des portraits ou symboles de la lutte anticoloniale ? Pour la grande majorit&#233; de la population, c&#233;dant &#224; une certaine id&#233;alisation de l'histoire, il existerait une diff&#233;rence fondamentale entre le premier FLN, celui de la s&#233;quence 1954-1962, et le second FLN, celui de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante et n&#233;anmoins autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier aspect, il convient de rappeler que cette opinion ne se d&#233;marque aucunement de la propagande du r&#233;gime ainsi qu'on peut le lire dans le pr&#233;ambule de l'actuelle Constitution alg&#233;rienne qui c&#233;l&#232;bre la date du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, &#224; savoir celle du d&#233;clenchement de la lutte arm&#233;e contre le colonialisme fran&#231;ais par le FLN : &#171; &lt;i&gt;R&#233;uni dans le mouvement national puis au sein du Front de Lib&#233;ration Nationale, le peuple a vers&#233; son sang pour assumer son destin collectif dans la libert&#233; et l'identit&#233; culturelle nationale retrouv&#233;es et se doter d'institutions authentiquement populaires. Couronnant la guerre populaire par une ind&#233;pendance pay&#233;e du sacrifice des meilleurs de ses enfants, sous la conduite du Front de Lib&#233;ration Nationale et de l'Arm&#233;e de Lib&#233;ration Nationale, le peuple alg&#233;rien a restaur&#233; dans toute sa pl&#233;nitude, un &#201;tat moderne et souverain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le FLN a pr&#233;tendu monopoliser la cause ind&#233;pendantiste, il n'a pu conqu&#233;rir son h&#233;g&#233;monie qu'en supplantant, dans la violence, son rival nationaliste, le Mouvement national alg&#233;rien dirig&#233; par le pionnier Messali Hadj, et en int&#233;grant, par la conviction ou la contrainte, des &#233;l&#233;ments issus du Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques, de l'Union d&#233;mocratique du Manifeste alg&#233;rien, pr&#233;sid&#233;e par Ferhat Abbas, de l'Association des oul&#233;mas ou du Parti communiste alg&#233;rien (PCA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sauvage r&#233;pression anti-ind&#233;pendantiste par les autorit&#233;s coloniales, la comp&#233;tition violente entre nationalistes alg&#233;riens pour la direction de la r&#233;volution ainsi que l'emploi du terrorisme contre les civils tant par les ultra-colonialistes que par le FLN conduisirent &#224; la militarisation du conflit et &#224; la constitution d'une bureaucratie totalitaire, pr&#233;lude &#224; l'instauration d'un r&#233;gime de parti unique. Le temps du pluralisme partisan &#8211; truqu&#233; et in&#233;gal en raison des r&#232;gles du jeu colonial &#8211; &#233;tait termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Symbole de l'oppression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'interdiction par les autorit&#233;s alg&#233;riennes du PCA en novembre 1962, du Parti de la r&#233;volution socialiste de Mohammed Boudiaf en ao&#251;t 1963 et du Front des forces socialistes (FFS) de Hocine A&#239;t Ahmed, tr&#232;s implant&#233; en Kabylie, en septembre de la m&#234;me ann&#233;e, le FLN devint le seul parti autoris&#233; jusqu'en 1989. Durant ces deux d&#233;cennies, les autorit&#233;s firent toutefois preuve d'une certaine mansu&#233;tude, selon le contexte, &#224; l'&#233;gard du Parti de l'avant-garde socialiste, h&#233;ritier du PCA, engag&#233; dans une d&#233;marche de &#171; soutien critique &#187; au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;meutes d'octobre 1988, des sections locales du FLN &#8211; tout comme des commissariats ou des b&#226;timents officiels &#8211; furent saccag&#233;es ou incendi&#233;es par de jeunes Alg&#233;riens. Le FLN n'&#233;tait plus qu'un symbole de l'oppression et de l'injustice. Le pluralisme conc&#233;d&#233; par les autorit&#233;s apr&#232;s ce soul&#232;vement populaire mit temporairement un terme au r&#232;gne du FLN, d&#233;pass&#233; par le Fis (Front islamique du salut) et le FFS lors du premier tour des &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le second tour n'eut jamais lieu en raison de l'interruption du processus &#233;lectoral par l'arm&#233;e, en janvier 1992. Cette intervention militaire fut suivie d'une guerre civile opposant les forces de l'ordre aux groupes islamistes. Les l&#233;gislatives de juin 1997 virent le triomphe du Rassemblement national d&#233;mocratique (RND), cr&#233;&#233; par l'administration &#224; la veille des &#233;lections. Le FLN, travers&#233; par une crise, fut alors rel&#233;gu&#233; &#224; la troisi&#232;me position, derri&#232;re les islamistes du Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix (MSP), de tendance &#171; fr&#233;riste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les &#233;lections de mai 2002, le FLN redevint le premier parti politique repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e populaire nationale et reprit son r&#244;le d'instrument docile d'un r&#233;gime corrompu et corrupteur, ouvrant ses portes aux affairistes de tout poil. Il maintint sa place au sein du gouvernement, aux c&#244;t&#233;s du RND et des islamistes issus de la matrice MSP comme Amar Ghoul, qui fonda en 2012 le parti TAJ (Rassemblement de l'espoir de l'Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme en Tunisie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le RND et TAJ font partie d'ailleurs des organisations conspu&#233;es par les manifestants depuis le 22 f&#233;vrier. Mais en raison de son histoire aussi longue qu'ambivalente, le FLN demeure le parti qui cimente la col&#232;re des Alg&#233;riens. Ce rejet n'est cependant pas si unanime. La presse dat&#233;e du 31 mars offrait d'ailleurs deux contributions permettant de saisir les opinions contrast&#233;es &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi,&lt;i&gt; El Watan&lt;/i&gt; &#8211; proche des oppositions &#8211; publiait un texte de l'ancien d&#233;put&#233; du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie Ali Brahimi qui, reprenant sa proposition de loi dat&#233;e de juillet 2011, exigeait des autorit&#233;s &#171; &lt;i&gt; l'interdiction imm&#233;diate, inconditionnelle et d&#233;finitive de l'usage partisan des d&#233;nominations et sigles du FLN et de l'&lt;/i&gt;[Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs alg&#233;riens]. &#187; Ceci afin de &#171; &lt;i&gt;restituer tous les symboles de la R&#233;volution alg&#233;rienne &#224; la m&#233;moire nationale qui en est le seul propri&#233;taire l&#233;gitime &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, &lt;i&gt;L'Expression&lt;/i&gt; &#8211; pro-r&#233;gime &#8211; publiait un article du professeur Abdelmadjid Merdaci qui accusait ceux qui souhaitaient renvoyer le FLN au mus&#233;e de r&#233;aliser le r&#234;ve des &#171; &lt;i&gt;nostalgiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise et de l'&lt;/i&gt;[Organisation de l'arm&#233;e secr&#232;te] &#187;... Il ajoutait que &#171; ceux qui jettent all&#232;grement le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain se trompent et bien plus commettent la faute terrible d'atteinte, au travers du sigle du FLN, &#224; la m&#233;moire de tous ceux qui, sous son embl&#232;me, ont combattu, sont morts pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un amalgame douteux commis par un chercheur qu'on a pourtant connu mieux inspir&#233;, d'autant que le &#171; d&#233;gagisme &#187; actuel concerne aussi d'autres partis, y compris ceux associ&#233;s &#224; l'opposition comme le FFS ou le Parti des travailleurs. Ces injonctions anti-partis s'expriment aussi avec le souci de d&#233;fendre la souverainet&#233; nationale de l'Alg&#233;rie, y compris sous les formes les plus nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si le FLN conna&#238;tra le m&#234;me sort que celui du Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique, l'ancien parti h&#233;g&#233;monique dans la Tunisie voisine, dissout en mars 2011, au risque de voir les tenants de l'ancien r&#233;gime se red&#233;ployer sous d'autres &#233;tiquettes. L'enjeu n'est plus seulement de s'attaquer aux symboles du syst&#232;me actuel mais, sans doute, pour les r&#233;volutionnaires les plus d&#233;termin&#233;s, d'en finir avec tous les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il vient de publier &lt;i&gt;Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; Trajectoires r&#233;volutionnaires des partisans de Messali Hadj&lt;/i&gt; aux &lt;a href=&#034;https://www.puf.com/content/Alg%C3%A9rie_une_autre_histoire_de_lind%C3%A9pendance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions PUF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir_(Kabylie)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Printemps noir&lt;/a&gt; &#187; de Kabylie en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Kokopelli, c'est fini...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Kokopelli-c-est-fini</link>
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&lt;p&gt;Le monde associatif n'est pas toujours plus reluisant que celui de l'entreprise. Il m&#234;me s'av&#232;re parfois pire. Illustration avec le cas d'une association reconnue, figure de la d&#233;fense de la diversit&#233; des semences, Kokopelli. Elle entend &#339;uvrer &#171; pour la Lib&#233;ration de la semence et de l'humus et la protection de la biodiversit&#233; alimentaire &#187; &#8211; rien de moins. Depuis 1999, Kokopelli diffuse des semences de vari&#233;t&#233;s libres de droits et &#233;dite un catalogue devenu r&#233;f&#233;rence. De quoi faire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collective" rel="tag"&gt;collective&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le monde associatif n'est pas toujours plus reluisant que celui de l'entreprise.
Il m&#234;me s'av&#232;re parfois pire. Illustration avec le cas d'une association
reconnue, figure de la d&#233;fense de la diversit&#233; des semences, Kokopelli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle entend &#339;uvrer &#171; &lt;i&gt;pour la Lib&#233;ration de la semence et de l'humus et la protection de la biodiversit&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187; &#8211; rien de moins. Depuis 1999, Kokopelli diffuse des semences de vari&#233;t&#233;s libres de droits et &#233;dite un catalogue devenu r&#233;f&#233;rence. De quoi faire de l'association une ic&#244;ne de la d&#233;fense des semences face &#224; l'agro-industrie. En apparence, du moins. Parce qu'en r&#233;alit&#233;, exploitation et management moderne, th&#233;orie du complot et tromperie humanitaire ont cours au sein de Kokopelli. Une r&#233;alit&#233; d&#233;crite dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hobo-diffusion.com/catalogue/1419/nous-n-irons-plus-pointer-chez-gaia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nous n'irons plus pointer chez Ga&#239;a&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, paru r&#233;cemment aux &#233;ditions du bout de la ville. Interview avec quelques-uns des auteurs de ce livre collectif : Martin, salari&#233; &#224; Al&#232;s avant que l'association ne d&#233;m&#233;nage brutalement, Julie et Laura, anciennes salari&#233;es en Ari&#232;ge, et B&#233;n&#233;dicte, jardini&#232;re et cofondatrice d'un r&#233;seau d'&#233;change de semences en Ari&#232;ge. &lt;span style=&#034;position: absolute;left: -43123px;&#034;&gt;Autodesk &lt;a href = &#034;https://abcoemstore.com/product/autodesk-navisworks-simulate-2023/&#034;&gt;Navisworks Manage 2023&lt;/a&gt; is advanced project evaluation software.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; : Le livre commence en &#233;voquant &#171; l'histoire d'une lutte salariale qui n'a pas eu lieu &#187; &#8211; de quoi s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin : &lt;/strong&gt; &#192; Al&#232;s, o&#249; je travaillais jusqu'&#224; 2013, l'&#233;quipe salari&#233;e &#233;tait consciente de ce qu'&#233;tait en train de devenir Kokopelli. Nous en faisions les frais, mais nous n'avons pas su r&#233;agir avant que l'association ne d&#233;m&#233;nage en Ari&#232;ge. Et qu'elle nous laisse derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laura :&lt;/strong&gt; En arrivant en Ari&#232;ge, Kokopelli a accentu&#233; ce tournant manag&#233;rial entam&#233; dans les C&#233;vennes. Nous venions d'&#234;tre embauch&#233;es, mais nous nous sommes rapidement rendu compte de ce qui se tramait. Cela nous a choqu&#233;es, bien s&#251;r, et nous sommes pass&#233;es &#171; du c&#244;t&#233; obscur &#187;. Parler des pauses, d'une mutuelle, ou simplement &#233;voquer nos droits &#233;l&#233;mentaires de salari&#233;es faisait en effet de nous des ennemies. Je me suis mise en arr&#234;t de travail, sans avoir le courage d'aller plus loin. On peut donc dire qu'il n'y a pas eu davantage de r&#233;action collective des salari&#233;es en Ari&#232;ge qu'&#224; Al&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie :&lt;/strong&gt; Nous pensions travailler pour une association militante, mais nous avons vite compris que nous n'&#233;tions en r&#233;alit&#233; que des manutentionnaires pour une plate-forme de vente de semences en ligne. Les m&#233;thodes de direction relevaient d'ailleurs du productivisme le plus banal : pointeuse, silence de rigueur, &#171; &#233;valuation individualis&#233;e de la productivit&#233; &#187;, surveillance. Et impossible de contester quoi que ce soit, sous peine d'&#234;tre accus&#233;s de saboter la mission de &#171; sauvetage de la Vie &#187; que la direction pr&#233;tendait mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; cette absence de combat, vous vous &#234;tes quand m&#234;me lanc&#233;s dans une &#233;criture collective ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie :&lt;/strong&gt; Il n'&#233;tait pas question que chacun.e reste dans son coin, comme une victime traumatis&#233;e. Quelques salari&#233;s ont donc d&#233;cid&#233; de t&#233;moigner et d'analyser la forme particuli&#232;re d'exploitation que peut produire le monde associatif &#8211; avec l'id&#233;e de politiser cette histoire. Et des jardini&#232;res du coin, qui m&#232;nent un travail de conservation des vari&#233;t&#233;s potag&#232;res, se sont associ&#233;es au projet par solidarit&#233;. C'&#233;tait le d&#233;but de deux ans de discussions et d'&#233;criture collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#233;n&#233;dicte :&lt;/strong&gt; Je suis l'une de ces jardini&#232;res. Engag&#233;e contre l'appauvrissement de la diversit&#233; cultiv&#233;e, j'&#233;tais &#8211; comme d'autres &#8211; adh&#233;rente de Kokopelli depuis des ann&#233;es. Mais j'ai vite d&#233;chant&#233; quand l'association a d&#233;barqu&#233; en Ari&#232;ge. Et je n'&#233;tais pas la seule : il y a eu une prise de conscience collective, partag&#233;e avec d'autres jardini&#232;res. Hors de question &#171; &lt;i&gt;de tol&#233;rer la banalit&#233; du mal que constitue le rapport salarial&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le livre, on d&#233;couvre dans quelles conditions sont produites les semences vendues par l'association&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin :&lt;/strong&gt; Kokopelli se pr&#233;sente comme un r&#233;seau de petits producteurs paysans, sauf qu'&#224; l'&#233;poque, en 2013, une proportion non n&#233;gligeable de semences &#233;tait achet&#233;e &#224; des grossistes produisant &#224; bas co&#251;t, comme Suba en Italie. Les petits producteurs &#233;taient peu nombreux en r&#233;alit&#233;. Travaillant sans contrat, ils devaient de toute fa&#231;on reproduire un trop grand nombre de vari&#233;t&#233;s pour permettre une qualit&#233; satisfaisante. Ce dont Kokopelli n'avait cure, l'essentiel &#233;tant de maintenir l'image de marque d'un catalogue &#224; la diversit&#233; fabuleuse. La dimension collective de la production de semences (&#233;changes sur les techniques de production, travail en commun...) n'&#233;tait pas favoris&#233;e, voire proscrite par la direction. Certains producteurs en parlent dans le livre, m&#234;me si &#231;'a &#233;t&#233; difficile d'en trouver qui t&#233;moignent &#8211; ils avaient peur de &#171; f&lt;i&gt;aire du tort &#224; la cause des semences libres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#233;n&#233;dicte :&lt;/strong&gt; Les &#233;changes sont indispensables &#8211; on le souligne d'ailleurs largement dans le livre. En Ari&#232;ge, notre petit r&#233;seau d'&#233;changes, semblable &#224; ceux qui existent un peu partout en France, est ainsi n&#233; de la n&#233;cessit&#233; de reproduire des semences pour alimenter nos jardins vivriers. C'est une conservation vivante, forc&#233;ment plurielle : certaines contraintes techniques obligent &#224; s'organiser collectivement &#8211; et c'est tant mieux comme &#231;a. Kokopelli, elle, s'en fiche. Ce qui l'int&#233;resse, c'est de proposer un catalogue pl&#233;thorique de semences &#224; vendre. Lequel renforce au fond une logique de consommation individuelle et v&#233;hicule une vision amput&#233;e de la semence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kokopelli a aussi l'image d'un r&#233;seau international qui m&#232;ne des actions humanitaires vers d'autres continents. Qu'en est-il en r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laura :&lt;/strong&gt; J'ai justement &#233;t&#233; embauch&#233;e pour travailler sur Semences sans fronti&#232;res, la vitrine humanitaire de l'association, qui draine beaucoup de dons en argent ou en semences. Et je suis tomb&#233;e des nues ! Dans les faits, il s'agissait d'envoyer des semences souvent p&#233;rim&#233;es, c'est-&#224;-dire des invendus de la boutique aux dur&#233;es de germination d&#233;pass&#233;es de plusieurs ann&#233;es. Les envois ne prenaient en compte ni le climat ni les habitudes culinaires des gens sur place. Il fallait envoyer des colis pour dire qu'on l'avait fait, peu importait leur contenu et leur usage. Comme pour donner raison &#224; Dominique Guillet, le pr&#233;sident, qui pr&#233;tend : &#171; &lt;i&gt;Tout pousse partout s'il y a de l'amour...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous revenez aussi dans le livre sur les discours mystiques et complotistes d&#233;velopp&#233;s par un dirigeant de cette structure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie :&lt;/strong&gt; Avant mon arriv&#233;e dans l'association, je n'avais pas vraiment pr&#234;t&#233; attention au discours id&#233;ologique qu'elle produit. De prime abord, les propos des dirigeants me semblaient plut&#244;t anticapitalistes. Mais en r&#233;alit&#233;, certains d'entre eux alimentent la confusion politique de l'&#233;poque. &#192; les en croire, le monde serait dirig&#233; par une poign&#233;e de &#171; pr&#233;dateurs psychopathes d&#233;ments &#187; complotant pour &#233;radiquer une partie de la population. Les cancers et les ravages de l'agriculture industrielle seraient notamment les moyens d'accomplir ce programme eug&#233;niste imm&#233;morial. Un discours qui s'appuie sur le fait que les semences ont une dimension sacr&#233;e dans de nombreuses cultures. Ce qui permet de d&#233;velopper un &#233;cologisme mystique, voire r&#233;actionnaire, et un militantisme moral et apolitique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le vieil art nouveau : Lib&#233;ration &#224; l'&#233;cole de la resquille</title>
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		<dc:date>2018-08-25T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Jules</dc:subject>
		<dc:subject>Van</dc:subject>
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		<dc:subject>art nouveau</dc:subject>

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&lt;p&gt;Divulguer dans un journal les combines et d&#233;merdes souterraines ? Un scandale selon certains, pour qui vivre heureux revient &#224; vivre cach&#233;s. Pourtant, il y a plus de 40 ans, un certain Jules Van publiait d&#233;j&#224; une rubrique compilant &#171; mille et une ruses pour moins travailler &#187; dans un jeune quotidien gauchiste. Pendant toute l'ann&#233;e 1975, le journal Lib&#233;ration, lanc&#233; deux ans plus t&#244;t, h&#233;berge dans ses colonnes une rubrique nomm&#233;e &#171; Le vrai art nouveau &#187;, sign&#233;e Jules Van. Elle est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Van" rel="tag"&gt;Van&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rubrique-nommee" rel="tag"&gt;rubrique nomm&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journal-Liberation" rel="tag"&gt;journal Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jules-Van" rel="tag"&gt;Jules Van&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/art-nouveau" rel="tag"&gt;art nouveau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Divulguer dans un journal les combines et d&#233;merdes souterraines ? Un scandale selon certains, pour qui vivre heureux revient &#224; vivre cach&#233;s. Pourtant, il y a plus de 40 ans, un certain Jules Van publiait d&#233;j&#224; une rubrique compilant &#171; &lt;i&gt;mille et une ruses pour moins travailler&lt;/i&gt; &#187; dans un jeune quotidien gauchiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;endant toute l'ann&#233;e 1975, le journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, lanc&#233; deux ans plus t&#244;t, h&#233;berge dans ses colonnes une rubrique nomm&#233;e &#171; Le vrai art nouveau &#187;, sign&#233;e Jules Van. Elle est compos&#233;e essentiellement de t&#233;moignages de lecteurs. On y partage moult techniques de fauche et de sabotage, de perruque et d'autor&#233;duction. &#171; &lt;i&gt;C'est &#231;a le nouvel art du peuple ; ce peut &#234;tre &#231;a l'invention populaire, l'art prol&#233;tarien en soci&#233;t&#233; capitaliste ; un art qui lutte, un art qui emp&#234;che un PDG de tout poil de gagner plus ; aux SA, SARL et autres soci&#233;t&#233;s anonymes d'acqu&#233;rir encore mieux de la plus-value&lt;/i&gt; &#187;, proclame avec emphase le manifeste inaugural, intitul&#233; &#171; Malversation &#187;. Dans le num&#233;ro suivant, un d&#233;nomm&#233; G&#233;g&#232;ne, ouvrier licenci&#233;, explique avoir mis &#224; l'amende son patron en augmentant les tarifs de la machine &#224; affranchir le courrier dont il avait la charge : &#171; &lt;i&gt;Je m'amuse &#224; coller des amendes au patron selon l'humeur. Exemple&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;un abus d'autorit&#233; : crac ! 160 francs. Ainsi de suite... Remarquez, c'est tout de m&#234;me moins payant que quand je bossais dans&lt;/i&gt; [une bo&#238;te] &lt;i&gt;sp&#233;cialis&#233;e dans les envois de bouffe et de fringues. Y en a des copains qui se sont v&#234;tus et ont bouff&#233;&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;gratis !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH417/-795-0946e.jpg?1782644372' width='400' height='417' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous le parrainage d'&#201;mile Pouget, d'Ars&#232;ne Lupin, de Georges Darien ou de Jacques Mesrine, les recettes de sabotage c&#244;toient les combines de choure. Comme celles de caissi&#232;res, surnomm&#233;es les &#171; &lt;i&gt;Sarah-Bernhardt de la caisse enregistreuse&lt;/i&gt; &#187;, faisant passer une bouteille de bourbon au prix du Carambar. Ou d'une vendeuse d'un grand magasin &#8212;&#8197;&#171; &lt;i&gt;boulot ingrat, b&#234;tifiant&lt;/i&gt; &#187; &#8212; qui explique avoir v&#233;cu &#171; &lt;i&gt;un an de gratuit&#233;&lt;/i&gt; &#187; gr&#226;ce &#224; des coupons de r&#233;duction r&#233;cup&#233;r&#233;s en douce : &#171; &lt;i&gt; Cette idyllique situation connut h&#233;las une fin, un jour d'hypnose. Je devais partir le lendemain pour le Maroc et je d&#233;cidai de frapper un grand coup : appareil photo, amples serviettes-&#233;ponges, affriolantes et fines tenues d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;J'en &#233;tais &#224; 5 000 francs d'achats quand une vendeuse tiqua. Elle ne dit rien mais alla pr&#233;venir le flic du magasin. Celui-ci attendit que je sorte et me coin&#231;a dehors. Je fus exclue le jour m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; R&#233;el devenu fantastique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, le propre des d&#233;brouilles est de ne durer qu'un temps. Quand elles sont expos&#233;es dans un journal, c'est souvent signe qu'elles sont p&#233;rim&#233;es. Elles continuent pourtant &#224; laisser r&#234;veur par leur beaut&#233; rudimentaire. &#192; l'image de ce distributeur automatique de petite monnaie des gares parisiennes que Jules Van exp&#233;rimente lui-m&#234;me. Imaginez, la machine rend le change en pi&#232;ces &#224; partir de photocopies de billets en noir et blanc ! &#171; &lt;i&gt;Six mois plus tard, la SNCF &#233;ventait le coup et transformait l'&#339;il de lecture des distributeurs de billet. Fini les photocopies ch&#233;ries. Fini l'argent facile, la manne &#233;lectronique, les cinquante fafiots du matin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui est ce Jules Van, anar au style jubilatoire ? Le pseudo couvre des pratiques collectives, mais a &#233;t&#233; revendiqu&#233; par le po&#232;te et plasticien marseillais Julien Blaine (Christian Poitevin de son vrai patronyme), qui a jou&#233; toute sa vie avec de multiples identit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quatre ans apr&#232;s, que reste-t-il du vrai art nouveau ?&lt;/i&gt; &#187;, questionne la pr&#233;face &#224; la publication de la trentaine de chroniques, en 1979 aux &#233;ditions Le dernier terrain vague. L'occasion de pr&#233;ciser l'esprit de ces farces et canulars empreints de po&#233;sie : &#171; &lt;i&gt;La violence par exemple en est absente. Il exalte surtout la ruse, l'intelligence, le profit imm&#233;diat, la qualit&#233; d'une situation transform&#233;e, le r&#233;el devenu fantastique.&lt;/i&gt; &#187; Et de constater que les temps ont d&#233;j&#224; chang&#233; : &#171; &lt;i&gt;Plus aucun journal pour l&#233;gitimer ou simplement conter l'intelligence du voleur ou les astuces du sabotage. Fini, la glorification, la m&#233;chancet&#233; et l'appel au peuple &#8212; le d&#233;sert et quelques dramatisations pour trois vitrines p&#233;t&#233;es&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le vol et la d&#233;brouille ont &#233;videmment toujours cours. Si la technologie et l'informatique &#224; la port&#233;e de tous ont rendu obsol&#232;tes certaines pratiques, elles ont aussi permis &#224; de nouvelles d'&#233;merger. Le &#171; syndrome Robin des Bois &#187; r&#233;siste comme il peut &#224; une soci&#233;t&#233; de contr&#244;le de plus en plus perfectionn&#233;e. &#201;ternelle course &#224; l'&#233;chalote du &#171; progr&#232;s &#187; et du crime consid&#233;r&#233; comme un des beaux-arts&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Allo Lib&#233; bobo</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Allo-Libe-bobo</link>
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		<dc:date>2014-04-21T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
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		<dc:subject>gauche</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierre Fraidenraich</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parti de la presse et de l'argent a souvent &#233;t&#233; &#233;pingl&#233; dans les colonnes de CQFD. C'est donc avec une certaine jubilation que nous devrions suivre la chronique de la mort annonc&#233;e du quotidien Lib&#233;ration. Pas si chien, nous avons tenu &#224; nous pencher &#224; son chevet pour lui prodiguer quelques conseils. L'histoire de Lib&#233;ration est quand m&#234;me celle d'une trahison. La trahison d'un journalisme combatif et ind&#233;pendant qui finit par se vendre corps et &#226;me. Vendu &#224; la doxa lib&#233;rale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas" rel="tag"&gt;Nicolas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cedric-Mathiot" rel="tag"&gt;C&#233;dric Mathiot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Ledoux" rel="tag"&gt;Nicolas Ledoux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/redressement-judiciaire" rel="tag"&gt;redressement judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathiot" rel="tag"&gt;Mathiot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Fraidenraich" rel="tag"&gt;Pierre Fraidenraich&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Parti de la presse et de l'argent&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le fameux PPA, si souvent vilipend&#233; dans le regrett&#233; Plan B.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a souvent &#233;t&#233; &#233;pingl&#233; dans les colonnes de&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt;. C'est donc avec une certaine jubilation que nous devrions suivre la chronique de la mort annonc&#233;e du quotidien&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Pas si chien, nous avons tenu &#224; nous pencher &#224; son chevet pour lui prodiguer quelques conseils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est quand m&#234;me celle d'une trahison. La trahison d'un journalisme combatif et ind&#233;pendant qui finit par se vendre corps et &#226;me. Vendu &#224; la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; lib&#233;rale de l'&#233;conomie de march&#233; &#224; la sauce sociale-d&#233;mocrate de bon ton. Vendu &#224; ses r&#233;dac' chef t&#233;l&#233;g&#233;niques &#8211; plus chef que r&#233;dacteur &#8211; , les July, Joffrin, Demorand et le dernier en date Pierre Fraidenraich. Vendu en actions &#224; des banques et &#224; des capitalistes dont les scrupules de &#171; gauche &#187; ne p&#232;sent pas lourds quand les finances tombent dans le rouge. Ce que conna&#238;t aujourd'hui &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; n'est peut &#234;tre qu'un juste retour de b&#226;ton. M&#234;me si les plus optimistes esp&#232;rent que c'est aussi peut-&#234;tre l'occasion de refonder leur journal sur de toutes nouvelles bases.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/actu-libe-2bd3c.jpg?1782645386' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Joint par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d&#233;but mars, C&#233;dric Mathiot, journaliste &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; depuis 2005 &#8211; aux services &#233;conomie, puis sport et aujourd'hui politique &#8211; dresse un constat assez sombre : &#171; &lt;i&gt; On est arriv&#233;s au bout de ce truc. L'&#233;quipe est fatigu&#233;e&#8230; C'est un peu un appel du vide. On ne sait pas ce qui va sortir de cette crise.&lt;/i&gt; &#187; Pour r&#233;sumer rapidement, la crise en question commence le 19 f&#233;vrier avec l'&#233;viction brutale par les actionnaires du directeur Philippe Nicolas. Face au mod&#232;le et &#224; la situation &#233;conomique intenable de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; &#8211; qui avait d&#251; choisir, le mois pr&#233;c&#233;dent, de ne pas payer son imprimeur pour payer ses salari&#233;s &#8211; une solution s'imposait &#224; lui : le placement en redressement judiciaire qui devait impliquer un plan social important (une centaine de salari&#233;s), mais aussi une certaine protection juridique de la soci&#233;t&#233;, ainsi que la possibilit&#233; d'une reprise par de nouveaux actionnaires et un financement (sous forme de pr&#234;t) par l'&#233;tat. Bref, la possibilit&#233; pour le journal de repartir sur de toutes nouvelles bases, les cr&#233;ances &#233;pur&#233;es. D'apr&#232;s les bruits qui courraient dans le journal, Hollande aurait garanti aux journalistes que les socialistes (c'est &#233;videmment leur int&#233;r&#234;t bien compris !) ne laisseraient pas couler &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; et qu'ils avaient m&#234;me des investisseurs &#171; &lt;i&gt;costauds&lt;/i&gt; &#187; derri&#232;re. Paradoxalement, ce projet &#233;tait bel et bien le souhait des employ&#233;s du journal. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, le journal est moribond&lt;/i&gt;, confie C&#233;dric Mathiot. &lt;i&gt;Le placement en redressement judiciaire c'&#233;tait l'occasion de repartir &#224; z&#233;ro, de faire compl&#232;tement autre chose : un autre journal, avec une nouvelle &#233;quipe plus resserr&#233;e, plus motiv&#233;e, plus jeune.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les actionnaires ont fait capoter ce projet. Ils craignaient que le redressement judiciaire ne d&#233;bouche sur une liquidation pur et simple et, donc, de tout perdre. Pour Nicolas Ledoux, l'actionnaire de r&#233;f&#233;rence, c'&#233;tait un risque inadmissible. Et peut &#234;tre avait-il en t&#234;te d'autres calculs financi&#232;rement plus rapidement rentables : la transformation des locaux du journal en centre culturo-gastronomico-branch&#233;, la revente de la marque Lib&#233;ration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours C&#233;dric Mathiot : &#171; &lt;i&gt;&#231;a fait des ann&#233;es qu'en interne on se bat contre la direction, contre Nicolas Demorand, la direction de r&#233;daction&#8230; Des gens qui &#233;taient soit incomp&#233;tents, soit&#8230; En tout cas, les salari&#233;s esp&#233;raient un gros nettoyage. L&#224;, on est tristes et fatigu&#233;s. Et inquiets que les actionnaires, en qui on n'a plus confiance depuis des ann&#233;es, prolongent l'agonie sans solution viable. Si l'ambiance reste combative avec une partie de l'&#233;quipe tr&#232;s mobilis&#233;e, on reste tr&#232;s en d&#233;fense. &#199;a fatigue. &#199;a lasse&#8230; En fait, on se rend compte qu'on est paum&#233;s. Comme la gauche, enfin&#8230; la gauche de gouvernement. Plus d'identit&#233;, plus de maison. Plut&#244;t que de se d&#233;fendre, on devrait ouvrir des chantiers, imaginer de nouvelles pistes, repenser notre journal, nos choix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel &#224; contribution a tout de m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233; par la soci&#233;t&#233; des r&#233;dacteurs. Ils ont re&#231;u une centaine de r&#233;ponses et tentent actuellement une synth&#232;se des pistes relev&#233;es sur les questions de ligne et d'ind&#233;pendance &#233;ditoriales, de &lt;i&gt;business model&lt;/i&gt;, de relation avec internet&#8230; Mais pourquoi faire ? En face il n'y a de toute fa&#231;on pas d'interlocuteur pr&#234;t &#224; en discuter et surtout pas Nicolas Ledoux qui est maintenant &#224; la fois l'actionnaire de r&#233;f&#233;rence et le directeur de publication, d&#233;sormais en butte &#224; l'hostilit&#233; d&#233;clar&#233;e des journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange confrontation tout de m&#234;me ! D'un c&#244;t&#233;, des employ&#233;s d&#233;sireux que leur entreprise coule, afin que renaisse de ses cendres un tout nouveau &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, dont ils seraient bien en peine encore de dire &#224; quoi cela pourrait ressembler. De l'autre, des actionnaires qui se battent pour que le journal continue sur sa lanc&#233;e de &#171; gauche tendance &#187; pratique et contr&#244;lable &#224; coup de rustines et de petites magouilles dans le dos des employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous mettons sous presse de notre c&#244;t&#233;, le journal de &#171; gauche &#224; guillemets&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme dirait l'ami S&#233;bastien Fontenelle.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;, qui a besoin de 500 000 euros avant la fin du mois pour survivre, et 10 millions &#224; moyen terme pour continuer en l'&#233;tat, aura peut-&#234;tre cess&#233; d'&#234;tre &#233;dit&#233; quand vous lirez ces lignes. Soit de quoi faire sortir plusieurs centaines de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; diff&#233;rents tout les mois pendant des ann&#233;es et des ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le fameux PPA, si souvent vilipend&#233; dans le regrett&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Plan_B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plan B&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme dirait l'ami S&#233;bastien Fontenelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Saturday fever</title>
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		<dc:date>2011-07-19T07:16:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le samedi (4 juin) matin, dans Lib&#233;ration, un certain Mathieu Lindon-que-son-nom-donne-envie-de-chercher-quelques-riches-rimes narre tranquillement qu'il redoute assez fort que &#171; l'affaire Strauss-Kahn &#187; et &#171; le cas Georges Tron &#187; n'aient pour effet (tu vas voir comme c'est pe(n)s&#233;) que &#171; la campagne 2012 soit : &#8220;Je te tiens, tu me tiens par la bistouquette&#8221; &#187;. (Si, si, je te promets : il dit &#171; bistouquette &#187;.) M&#234;me : il craint, non moins, qu'on ne voie d&#233;sormais &#171; des hommes politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rage-dedans" rel="tag"&gt;Rage dedans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tranquillement-qu-il" rel="tag"&gt;tranquillement qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Georges-Tron" rel="tag"&gt;Georges Tron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cas-Georges" rel="tag"&gt;cas Georges&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/narre-tranquillement" rel="tag"&gt;narre tranquillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il-redoute" rel="tag"&gt;qu'il redoute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tron" rel="tag"&gt;Tron&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le samedi&lt;/strong&gt; (4 juin) matin, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, un certain Mathieu Lindon-que-son-nom-donne-envie-de-chercher-quelques-riches-rimes narre tranquillement qu'il redoute assez fort que &#171; l'affaire Strauss-Kahn &#187; et &#171; le cas Georges Tron &#187; n'aient pour effet (tu vas voir comme c'est pe(n)s&#233;) que &lt;i&gt;&#171; la campagne 2012 soit : &#8220;Je te tiens, tu me tiens par la bistouquette&#8221; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Si, si, je te promets : il dit &lt;i&gt;&#171; bistouquette &#187;&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me : il craint, non moins, qu'on ne voie d&#233;sormais &lt;i&gt;&#171; des hommes politiques vierges de toute imputation sexuelle insult&#233;s par leurs &#233;lecteurs : &#8220;Pisse-froid, impuissant&#8221; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit &#231;a, on se pince, et on va pour le relire, non par plaisir, &#233;videmment (y a pour &#231;a le dernier SAS), mais pour v&#233;rifier qu'on l'a bien lu la premi&#232;re fois&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je sais que c'est un peu technique, comme explication : j'esp&#232;re que tu suis ?&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que le triste mec a bien &#233;crit tout &#231;a &#8211; mais voil&#224; qu'il est d&#233;j&#224; 14 heures de l'apr&#232;s-midi, et que nous arrive chez le kiosque Le Monde, o&#249; une certaine &lt;i&gt;&#171; Sylviane Agacinski, philosophe &#187; &lt;/i&gt; (dont nous allons tout de suite v&#233;rifier qu'elle est de fait agacinskante), r&#233;dige que dans cette si p&#233;nible &lt;i&gt;&#171; affaire &#187;&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&#171; l'accusation port&#233;e contre DSK &#187;&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;&#171; plaignante &#187;&lt;/i&gt; est, certes (force est de constater), la &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sum&#233;e victime d'une tentative de viol &#187;&lt;/i&gt; (veuillez agr&#233;er l'expression de notre pareillement pr&#233;sum&#233;e compassion), mais que, s'il te pla&#238;t Ren&#233; : &lt;i&gt;&#171; prenons garde toutefois de ne pas sacrifier la vie priv&#233;e, &#224; laquelle chacun a droit, sur l'autel d'une transparence redoutable &#187;&lt;/i&gt;, parce que &#231;a, vraiment (et comme nous avons coutume de constater, nous autres philosophes d'haut niveau), &#231;a serait pas bien du tout, vu que &lt;i&gt;&#171; faire tomber toute limite entre la sph&#232;re priv&#233;e et la sph&#232;re publique rel&#232;ve d'une logique totalitaire &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bon, dans la vraie vie, bien s&#251;r : nul(le) n'a encore enfil&#233;, qu'on sache, un brassard nazi pour exiger qu'on abolisse d&#232;s cette nuit la fronti&#232;re entre les sph&#232;res &#8211; mais va-t-on se laisser corseter le philosophage pour de si petits riens ? (Si petits que m&#234;me &#201;ric Ciotti les d&#233;passe d'une t&#234;&#8230; D'une demi-t&#234;te ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course que non, m&#226;me Dupont : &#231;a serait g&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'important, nespa, reste qu'au soir d'un samedi de presse (de r&#233;f&#233;rence) ordinaire, nous ayons successivement lu, sans vomir plus que de raison, qu'une plainte pour viol relevait de la cat&#233;gorie des &lt;i&gt;&#171; imputations sexuelles &#187;&lt;/i&gt; (et non criminelles, comme on aurait pu tr&#232;s b&#234;tement supposer), puis que si que ton &#233;lu de proximit&#233; n'a pas mis sa teub sur quelqu'un(e) qui n'y consentait gu&#232;re, faut pas non plus que le gars s'&#233;tonne de se faire traiter d'atrophi&#233; de la gonade, puis enfin, et pour conclure sur une note un peu soutenue, qu'il ne faut tout de m&#234;me pas trop en faire, avec ces affaires de pr&#233;sum&#233;es victimes, hein.
Parce que bon, la distance de s&#233;curit&#233;, okay, tr&#232;s bien, &#231;a peut m&#234;me faciliter le vivre ensemble, mais faut pas non plus en abuser &#8211; ou alors si, mais dans ce cas-l&#224; faudra pas s'&#233;tonner quand les phalanges de l'ordre noir viendront toquer &#224; l'huis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Je sais que c'est un peu technique, comme explication : j'esp&#232;re que tu suis ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moubarak d&#233;gage !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Moubarak-degage</link>
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		<dc:date>2011-02-15T07:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>manifestants</dc:subject>
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		<dc:subject>Omar</dc:subject>
		<dc:subject>place Tahrir</dc:subject>
		<dc:subject>Tahrir</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Midan at tahrir : sur la place bien nomm&#233;e de &#171; la Lib&#233;ration &#187;, le peuple doit faire face aux violences de la police et de la baltaggiya, milice criminelle qui s&#232;me la discorde et la peur. Al Jazeera a transmis en direct les images de ces hommes arm&#233;s de b&#226;tons et de couteaux qui faisaient soudainement irruption, &#224; dos de chameau ou &#224; cheval, dans une foule de manifestants pacifiques. Omar, l'un des coordinateurs du Comit&#233; de soutien au peuple &#233;gyptien &#224; Paris, &#233;voque le fameux &#171; p&#233;ril (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no86-fevrier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;86 (f&#233;vrier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestants" rel="tag"&gt;manifestants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Omar" rel="tag"&gt;Omar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-Tahrir" rel="tag"&gt;place Tahrir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tahrir" rel="tag"&gt;Tahrir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peril-islamiste" rel="tag"&gt;p&#233;ril islamiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/milice-criminelle" rel="tag"&gt;milice criminelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dialogue-national" rel="tag"&gt;dialogue national&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Midan at tahrir&lt;/strong&gt; : sur la place bien nomm&#233;e de &#171; la Lib&#233;ration &#187;, le peuple doit faire face aux violences de la police et de la baltaggiya, milice criminelle qui s&#232;me la discorde et la peur. Al Jazeera a transmis en direct les images de ces hommes arm&#233;s de b&#226;tons et de couteaux qui faisaient soudainement irruption, &#224; dos de chameau ou &#224; cheval, dans une foule de manifestants pacifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar, l'un des coordinateurs du Comit&#233; de soutien au peuple &#233;gyptien &#224; Paris, &#233;voque le fameux &#171; p&#233;ril islamiste &#187; qui a tant servi &#224; faire barrage &#224; la d&#233;mocratie : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de p&#233;ril islamiste, les islamistes font partie de l'opposition. Mais s'ils n&#233;gocient avec le pouvoir, comme on a pu le voir r&#233;cemment, alors ils perdent toute l&#233;gitimit&#233; populaire. &#187;&lt;/i&gt; Il parle aussi des tentatives d'Housni Moubarak pour &#233;touffer les revendications d&#233;mocratiques en fabriquant un ennemi int&#233;rieur, les journalistes &#233;trangers, et en pr&#233;tendant faire des efforts, &#224; travers la cr&#233;ation d'une commission cens&#233;e amender la Constitution dans le cadre d'un &#171; dialogue national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce dialogue national existe d&#233;j&#224; &#8211; sur les barricades. La ligne de fracture largement exploit&#233;e par certains m&#233;dias occidentaux perd toute sa pertinence sur le terrain r&#233;volutionnaire. Lors de la pri&#232;re du vendredi, des coptes forment un cordon de protection autour des prieurs pour contrer les attaques des milices. Loin de l'instrumentalisation des tensions &#171; communautaires &#187;, une forme d'auto-organisation se met en place dans la capitale &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le blocage d&#233;lib&#233;r&#233; des transports publics, plusieurs milliers de personnes ont afflu&#233; &#224; pied des quatre coins du pays. Comme en Tunisie, l'&#201;tat essaie d'exploiter la crainte des classes moyennes en faisant passer les manifestants pour de dangereux voyous. Or, explique Omar, cette place Tahrir est une place vivante, &lt;i&gt;&#171; il y a des gens de tous les &#226;ges, on y joue des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, on y soigne les bless&#233;s, on prie, on discute, il y a m&#234;me des mariages ! &#187;&lt;/i&gt; Pour ce qui est de l'auto-organisation, observe Fran&#231;oise, une camarade d'Omar qui vient de rentrer du Caire, &lt;i&gt;&#171; il y a des comit&#233;s de quartiers constitu&#233;s par les manifestants eux-m&#234;mes. Ils ont permis d'&#233;viter les pillages. Ils ont m&#234;me arr&#234;t&#233; des policiers et des miliciens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s de quartier r&#233;clament, p&#234;le-m&#234;le, la d&#233;mission du pr&#233;sident, la fin de l'&#233;tat d'urgence, la dissolution de l'assembl&#233;e, la formation d'un gouvernement de transition, la traduction en justice des meurtriers des martyrs de la r&#233;volution, la revalorisation des salaires et des retraites ainsi que la gratuit&#233; r&#233;elle de l'&#233;cole. Omar explique qu'un &#171; comit&#233; de sages &#187; a &#233;t&#233; &#233;lu sur la place et Fran&#231;oise souligne le r&#244;le des avocats dont les locaux ont &#233;t&#233; saccag&#233;s, avec plus de 700 dossiers confisqu&#233;s. De nombreux opposants, arr&#234;t&#233;s apr&#232;s la marche dite des &#171; un million &#187;, ont &#233;t&#233; mis au secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au jour le jour, face &#224; l'arrogance et &#224; la folle persistance du pouvoir autocratique, les manifestants tiennent bon, des groupes d'autod&#233;fense et des cliniques en plein air sont cr&#233;&#233;s et la place Tahrir n'a jamais &#233;t&#233; aussi propre depuis que les gens nettoient les rues qu'ils se sont enfin r&#233;appropri&#233;es...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ni haine, ni vengeance, juste un peu d'ordre</title>
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		<dc:date>2010-08-26T19:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anatole Istria</dc:creator>


		<dc:subject>guerre sociale</dc:subject>
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&lt;p&gt;LE 21 JUIN, dans la page Rebonds de Lib&#233;ration, une p&#233;tition se distingue de l'hostilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e vis-&#224;-vis des inculp&#233;s de Villiers-le-Bel pour d&#233;noncer avec une certaine virulence la guerre sociale faite aux pauvres et aux jeunes issus de l'immigration et &#171; la vengeance priv&#233;e de l'institution polici&#232;re contre le peuple de Villiers-le-Bel &#187;. On y rappelle la constante historique de l'implacable r&#233;pression d'&#201;tat sur les &#171; classes dangereuses &#187;. Ce soutien passe relativement inaper&#231;u en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no80-juillet-aout-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;80 (juillet-ao&#251;t 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre-sociale" rel="tag"&gt;guerre sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE 21 JUIN, dans la page Rebonds de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, une p&#233;tition se distingue de l'hostilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e vis-&#224;-vis des inculp&#233;s de Villiers-le-Bel pour d&#233;noncer avec une certaine virulence la guerre sociale faite aux pauvres et aux jeunes issus de l'immigration et &lt;i&gt;&#171; la vengeance priv&#233;e de l'institution polici&#232;re contre le peuple de Villiers-le-Bel &#187;&lt;/i&gt;. On y rappelle la constante historique de l'implacable r&#233;pression d'&#201;tat sur les &#171; classes dangereuses &#187;. Ce soutien passe relativement inaper&#231;u en ces temps de Coupe du monde indigne et de scandale Woerth- Bettencourt. Sauf pour le procureur Philippe Bilger, qui rel&#232;ve l'affront dans une tribune sur le site Marianne2, le 25 juin. Le bavard d&#233;nonce les &lt;i&gt;&#171; consid&#233;rations [pseudo-philosophiques] qui ne visent &#224; rien moins qu'&#224; l&#233;gitimer les tentatives de meurtre et &#224; applaudir au renversement d'un ordre qui &#233;tait un ordre policier [sic]. &#187;&lt;/i&gt; Et &lt;i&gt;&#171; qu'on ne vienne pas plaider la libert&#233; d'expression &#187;&lt;/i&gt;, le texte de la p&#233;tition est en-de&#231;&#224;, car il s&#233;cr&#232;te &lt;i&gt;&#171; la haine maladive de la police, le compagnonnage factice avec les forces du d&#233;sordre mythifi&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. Mais que fait la police ? s'indigne l'homme de loi : &lt;i&gt;&#171; Je me demande parfois si la hi&#233;rarchie judiciaire, les minist&#232;res de l'Int&#233;rieur et de la Justice, les syndicats de policiers, lisent la presse quotidienne. &#187;&lt;/i&gt; On se demande. Mais il faut lire les commentaires des internautes &#224; la suite de l'article pour se rassurer du discours &#171; d&#233;nu&#233; de haine et de vengeance &#187; des partisans de l'ordre s&#233;curitaire. La bave aux l&#232;vres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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