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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Encore de la route !</title>
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		<dc:date>2019-05-12T06:29:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le Grenelle de l'environnement nous promet une diminution des &#233;missions de CO2 de 20 % d'ici 2020 tout en fomentant une loi qui valide tous les projets autoroutiers. L'A65, l'A45, la RN126, l'A831 et tant d'autres sont dans un camion. Bien peu tombent &#224; l'eau&#8230; &#171; L a Direction r&#233;gionale de l'&#233;quipement a organis&#233; en janvier dernier une concertation avec les habitants pour choisir un des trois trac&#233;s possibles ! &#187; s'&#233;nerve Fr&#233;d&#233;ric Manon du Collectif RN126, oppos&#233; au projet d'autoroute qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no56-mai-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;56 (mai 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-enerve-Frederic" rel="tag"&gt;s'&#233;nerve Fr&#233;d&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Castres" rel="tag"&gt;Castres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tarn" rel="tag"&gt;Tarn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Grenelle de l'environnement nous promet une diminution des &#233;missions de CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; de 20 % d'ici 2020 tout en fomentant une loi qui valide tous les projets autoroutiers. L'A65, l'A45, la RN126, l'A831 et tant d'autres sont dans un camion. Bien peu tombent &#224; l'eau&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L273xH252/-1144-b66fa.jpg?1782639305' width='273' height='252' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt; &lt;i&gt;a Direction r&#233;gionale de l'&#233;quipement a organis&#233; en janvier dernier une concertation avec les habitants pour choisir un des trois trac&#233;s possibles !&lt;/i&gt; &#187; s'&#233;nerve Fr&#233;d&#233;ric Manon du Collectif RN126, oppos&#233; au projet d'autoroute qui doit relier Toulouse &#224; Castres, dans le Tarn. &#171; &lt;i&gt;Ils nous demandent de choisir par o&#249; elle passera, poursuit-il, alors que la question de l'opportunit&#233; du projet n'est pas encore pos&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; &lt;i&gt;opportunit&#233; &lt;/i&gt; &#187; que les &#233;lus et les entrepreneurs locaux soutiennent ardemment, esp&#233;rant doper l'activit&#233; &#233;conomique du bassin castrais en le &#171; &lt;i&gt;d&#233;senclavant &lt;/i&gt; &#187;. Les laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre ne s'y sont pas tromp&#233;s : selon &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; du 17 octobre 2007, son directeur g&#233;n&#233;ral avance que, si son entreprise &#171; &lt;i&gt;a tout fait pour l'instant pour compenser les pertes d'emplois en investissant sur cette r&#233;gion, il lui faut maintenant une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne, tr&#232;s vite&lt;/i&gt; &#187;. Selon cet herboriste coupe-chiasse, une autoroute permettrait de mieux respirer ! Et l'impact environnemental des 80 kilom&#232;tres de bitume d&#233;roul&#233;s sur les meilleures terres agricoles de la vall&#233;e du Girou ne vaut pas tripette face au bon vouloir du principal employeur de la r&#233;gion. &#171; &lt;i&gt;Am&#233;nager la route existante, notamment aux endroits les plus dangereux,serait largement suffisant&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise cependant Fr&#233;d&#233;ric Manon.Et plus en phase avec les objectifs du Gredin de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenons-nous&#8230; &#192; l'automne dernier, ne nous promettait-on pas de l'air pur en abondance et de la saine verdure &#224; profusion ? &#171; &lt;i&gt;La priorit&#233; ne sera plus au rattrapage routier mais au rattrapage des autres modes de transports&lt;/i&gt; &#187;, s'excitait Nicolas Sarkozy. &#171; &lt;i&gt;C'est fini, on n'augmentera plus les capacit&#233;s routi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rissait le piccolo de l'environnement, Jean-Louis Borloo. Mais ces belles d&#233;clarations commencent &#224; dater&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans les conclusions du Grenelle, il est pr&#233;vu la mise en place d'un nouveau Comit&#233; interminist&#233;riel d'am&#233;nagement du territoire afin de rediscuter tous les projets d'autoroute,mais on ne voit rien venir&lt;/i&gt; &#187;, s'impatiente Anne Parlange, animatrice de la coordination Stop autoroute et membre de France nature environnement. &#192; dire vrai, on voit surtout venir l'embrouille. Depuis que le gouvernement nous promet de r&#233;duire drastiquement les &#233;missions de CO2, les projets autoroutiers &#233;closent comme primev&#232;res au printemps. Le d&#233;frichage du trac&#233; de l'A65, une autoroute de 150km qui doit relier Pau (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques) &#224; Langon (Gironde), a d&#233;but&#233; r&#233;cemment. &#171; &lt;i&gt;La d&#233;claration d'utilit&#233; publique a &#233;t&#233; sign&#233;e avant le Grenelle, en d&#233;cembre 2006, donc on ne revient pas dessus&lt;/i&gt; &#187;, a d&#233;clar&#233; un conseiller de Jean-Louis Borloo &#224; l'association Alternative r&#233;gionale Langon Pau, qui s'oppose activement &#224; ce projet. Son porte-parole, Julien Milanesi, souligne cependant que &#171; &lt;i&gt;le trafic serait tr&#232;s impactant sur l'environnement&lt;/i&gt; &#187;. De plus, &#171; &lt;i&gt;d'apr&#232;s les &#233;tudes effectu&#233;es, l'autoroute ne serait rentable que si ce trafic explosait !&lt;/i&gt; &#187;. Toutes contradictions avec les objectifs affich&#233;s du Grenelle seraient totalement fortuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la centaine de projets autoroutiers fran&#231;ais actuellement dans les cartons, l'A65 n'est pas la seule &#224; se concr&#233;tiser. D&#233;but d&#233;cembre, le Premier ministre Fran&#231;ois Fillon annon&#231;ait l'ouverture de l'A45 entre Lyon et Saint-&#201;tienne pour2015. Le 24 janvier dernier, c'est le contournement de Strasbourg qui a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; d'utilit&#233; publique. Et Dominique Bussereau, le secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; des Transports, r&#233;fl&#233;chit activement &#171; &lt;i&gt;&#224; la meilleure mani&#232;re d'achever l'A831&lt;/i&gt; &#187; reliant Fontenayle- Comte (Vend&#233;e) &#224; Rochefort (Charente-Maritime). &#171; &lt;i&gt;La France ne revient pas aux chemins muletiers&lt;/i&gt; &#187;, rassure-t-il dans une interview donn&#233;e au &lt;i&gt;Moniteur Expert&lt;/i&gt; le 10 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si, exception &#224; la r&#232;gle, le projet de l'A24 entre Amiens et Lille semble abandonn&#233;, la tendance est au &#171; tout bitume &#187; comme l'atteste le projet de loi relatif &#224; la mise en &#339;uvre du Grenelle pr&#233;sent&#233; le 30 avril.On y apprend que, &#171; &lt;i&gt;r&#233;alis&#233;e avec discernement, l'augmentation des capacit&#233;s routi&#232;res sera limit&#233;e au traitement des points de congestion et des probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; ou des besoins d'int&#233;r&#234;t local&lt;/i&gt; &#187;. Donc, on ne change rien, si ce n'est que &#171; &lt;i&gt; les performances environnementales du fret routier seront am&#233;lior&#233;es notamment gr&#226;ce &#224; la mise en place de p&#233;ages sans arr&#234;t&lt;/i&gt; &#187;. Vous voulez sauver la plan&#232;te ? Appuyez sur le champignon !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Maliet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quand l'h&#244;pital se moque de la charit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-l-hopital-se-moque-de-la</link>
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		<dc:date>2018-12-28T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>L'h&#244;pital</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction</dc:subject>
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		<dc:subject>CHU</dc:subject>
		<dc:subject>pavillon Armengaud</dc:subject>
		<dc:subject>l'h&#244;pital Purpan</dc:subject>
		<dc:subject>pavillon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux ans &#224; Toulouse, les membres du collectif Lascrosses occupent avec pr&#232;s de 80 personnes un pavillon d&#233;saffect&#233; de l'h&#244;pital Purpan. Pour les faire expulser, la direction de l'&#233;tablissement en a appel&#233; &#224; la justice. En vain pour l'instant. Il est 19 h, l'h&#244;pital Purpan se vide. Visites et consultations sont termin&#233;es. Mais au c&#339;ur du CHU (Centre hospitalier universaire), une poign&#233;e de gamins se vautrent en skate ou tapent dans un ballon de foot. Depuis septembre 2016, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/div-align" rel="tag"&gt;div align&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans &#224; Toulouse, les membres du collectif Lascrosses occupent avec pr&#232;s de 80 personnes un pavillon d&#233;saffect&#233; de l'h&#244;pital Purpan. Pour les faire expulser, la direction de l'&#233;tablissement en a appel&#233; &#224; la justice. En vain pour l'instant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est 19 h, l'h&#244;pital Purpan se vide&lt;/strong&gt;. Visites et consultations sont termin&#233;es. Mais au c&#339;ur du CHU (Centre hospitalier universaire), une poign&#233;e de gamins se vautrent en skate ou tapent dans un ballon de foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis septembre 2016&lt;/strong&gt;, le collectif Lascrosses&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce collectif est membre de la Crea (Campagne de r&#233;quisition pour l'entraide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; y occupe le pavillon Armengaud. Linge pendu aux fen&#234;tres, rires qui s'&#233;chappent des cuisines communes. Environ 80 pr&#233;caires &#8211; dont 25 enfants scolaris&#233;s alentour &#8211; originaires d'Albanie, de Bulgarie, de Syrie et du Maghreb ont redonn&#233; vie &#224; ce b&#226;timent d&#233;saffect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tri s&#233;lectif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous t&#233;moignent d'humiliations&lt;/strong&gt;, de souffrances mais aussi de leur d&#233;termination. &#171; &lt;i&gt;Auparavant, nous avons occup&#233; puis &#233;t&#233; expuls&#233;s de logements boulevard Lascrosses &#8211; d'o&#249; le nom du collectif &#8211; puis d'un b&#226;timent de l'Office public de l'habitat de Toulouse&lt;/i&gt; &#187; raconte Bachir, 45 ans. &#192; cause de la r&#233;cession &#233;conomique, ce Marocain a quitt&#233; l'Espagne pour la Ville rose. &#171; &lt;i&gt;Ici, j'arrive &#224; aligner des petits contrats mais le parc social et les centres d'h&#233;bergement d'urgence sont compl&#232;tement satur&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, souligne-t-il. C'est que la m&#233;tropole toulousaine est en proie &#224; une croissance urbaine incontr&#244;l&#233;e, qui produit une violente exclusion sociale&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Rouleau compresseur gentrificateur &#8211; Main basse sur la ville (rose) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De surcro&#238;t, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait&lt;/strong&gt; en mars dernier les pratiques discriminatoires de l'Office public de l'habitat : &#171; &lt;i&gt; Attention, monsieur est ivoirien&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Refuser les Tsiganes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;famille religieusement tr&#232;s marqu&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans des &#233;changes de mails ou des demandes de logement retoqu&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Des documents prouvent la discrimination ethnique dans des HLM toulousains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pavillon Armengaud&lt;/strong&gt; &#233;tait consid&#233;r&#233; par le CHU comme &#171; &lt;i&gt;inadaptable aux nouvelles normes d'accessibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais &#171; &lt;i&gt;les installations d'&#233;lectricit&#233; et d'eau &#233;taient quasi neuves &lt;/i&gt; &#187; raconte Mirentxu, du collectif Lascrosses. H&#233;las, au bout d'&#224; peine un mois d'occupation, la direction de l'h&#244;pital lan&#231;ait une proc&#233;dure d'&#233;vacuation d'urgence devant le tribunal. &#171; &lt;i&gt;Dans la foul&#233;e, une dizaine de b&#226;timents d&#233;saffect&#233;s au sein du CHU ont &#233;t&#233; mur&#233;s afin d'emp&#234;cher toute autre occupation &lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Divyanka, une m&#232;re de famille bulgare.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Direction accul&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'heure des injonctions n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;, les dirigeants hospitaliers, qui rechignent d&#233;j&#224; &#224; prendre en compte la d&#233;gradation des conditions de travail des soignants, per&#231;oivent l'occupation d'un de leur pavillon comme une intrusion insoutenable. &#171; &lt;i&gt;&#192; Purpan, la direction a d'ailleurs toujours refus&#233; de nous recevoir &lt;/i&gt; &#187; pr&#233;cise Mirentxu, am&#232;re. La juge du tribunal administratif, elle, a estim&#233; que l'occupation d'Armengaud ne g&#233;n&#233;rait &#171; &lt;i&gt;aucun trouble au fonctionnement de l'h&#244;pital en g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; &#187; &#8211; comme l'avait mentionn&#233; en soutien les syndicats CGT et Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tenace&lt;/strong&gt;, la direction du CHU en a appel&#233; au Conseil d'&#201;tat. Mais l&#224; encore, en juillet 2017, la plus haute des juridictions administratives a d&#233;bout&#233; l'h&#244;pital Purpan, arguant que le caract&#232;re d'urgence de l'&#233;vacuation n'&#233;tait pas justifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle menace plane&lt;/strong&gt; cependant sur le squat. &#171; &lt;i&gt;Le CHU est en train de privatiser ses biens, &lt;/i&gt;s'alarme Martine, une militante de la CGT. &lt;i&gt;Il vient de confier &#224; la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH Group) l'am&#233;nagement de six autres b&#226;timents d&#233;saffect&#233;s sous la forme d'un contrat de concession pendant une dur&#233;e de cinquante ans.&lt;/i&gt; &#187; Si le pavillon d'Armengaud n'est pas concern&#233; par ce douteux partenariat public-priv&#233;, ce projet de r&#233;habilitation pourrait bien relancer les proc&#233;dures d'&#233;vacuation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce collectif est membre de la Crea (Campagne de r&#233;quisition pour l'entraide et l'autogestion), un r&#233;seau de squats &#224; Toulouse qui existe depuis sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Rouleau compresseur gentrificateur &#8211; Main basse sur la ville (rose) &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170, novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/190318/des-documents-prouvent-la-discrimination-ethnique-dans-des-hlm-toulousains?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des documents prouvent la discrimination ethnique dans des HLM toulousains&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 19 mars 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sc&#232;nes de gr&#232;ve &#224; Aubervilliers</title>
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		<dc:date>2018-11-10T02:03:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie de Saint-Do</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il au th&#233;&#226;tre de la Commune ? Depuis le 20 septembre, une partie des salari&#233;s s'est mise en gr&#232;ve au moment o&#249; d&#233;butaient les repr&#233;sentations de Don Juan, cr&#233;ation de la directrice Marie-Jos&#233; Malis. Depuis, outre les salari&#233;s et la direction, des figures du monde intellectuel et culturel telles qu'Alain Badiou, Olivier Neveux et Bruno Tackels se livrent une bataille de communiqu&#233;s incendiaires. &#171; Complot &#187;, &#171; sabotage du projet &#187;, &#171; syndicalisme de pacotille &#187; d'un c&#244;t&#233; ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Malis" rel="tag"&gt;Malis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il au th&#233;&#226;tre de la Commune ? Depuis le 20 septembre, une partie des salari&#233;s s'est mise en gr&#232;ve au moment o&#249; d&#233;butaient les repr&#233;sentations de &lt;i&gt;Don Juan&lt;/i&gt;, cr&#233;ation de la directrice Marie-Jos&#233; Malis. Depuis, outre les salari&#233;s et la direction, des figures du monde intellectuel et culturel telles qu'Alain Badiou, Olivier Neveux et Bruno Tackels se livrent une bataille de communiqu&#233;s incendiaires. &#171; &lt;i&gt; Complot &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; sabotage du projet &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; syndicalisme de pacotille &lt;/i&gt; &#187; d'un c&#244;t&#233; ; &#171; &lt;i&gt; m&#233;pris de classe &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; autoritarisme &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; dogmatisme &lt;/i&gt; &#187; de l'autre. Au-del&#224; des mots, c'est la rupture de dialogue et l'incompr&#233;hension qui dominent. Et une crise r&#233;v&#233;latrice des tensions qui traversent les lieux professionnels de la culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-905-a155f.jpg?1783228256' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune d'Aubervilliers en gr&#232;ve / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce 3 octobre frisquet, ils en &#233;taient &#224; leur huiti&#232;me jour de gr&#232;ve&lt;/strong&gt;. &#192; Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rassembl&#233;s devant le th&#233;&#226;tre de la Commune &#224; 18 h, les salari&#233;s faisaient le point sur un conflit enlis&#233;. Apr&#232;s une n&#233;gociation infructueuse, ils attendaient d'autres propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soutiens &#233;taient pr&#233;sents, notamment Philippe Martinez&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt; l'exception culturelle ne justifie pas l'atteinte aux droits des salari&#233;s &lt;/i&gt; &#187;. Les postiers du 92, en gr&#232;ve depuis le mois de mars&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis le 26 mars, des postiers des Hauts-de-Seine sont en gr&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &#233;taient venus aussi, et autour des discours, les militants non sans humour vendaient un badge &#171; Bad You / Syndicaliste de pacotille &#187; tr&#232;s remarqu&#233; &#8211; coup de pied de l'&#226;ne au communiqu&#233; virulent du philosophe associ&#233; au th&#233;&#226;tre. Des repr&#233;sentants de la mairie appelaient au dialogue et sollicitaient l'&#201;tat, sans prendre parti, mais en rappelant l'enjeu du centre dramatique pour la ville : &#171; &lt;i&gt; On l'aime, notre th&#233;&#226;tre ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambiance. Comment la direction ouvertement engag&#233;e d'un th&#233;&#226;tre connue, entre autres, pour avoir ouvert ses portes aux migrants, en est-elle arriv&#233;e &#224; ce degr&#233; de blocage du dialogue social ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#171; maison &#187; historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; &lt;i&gt; C'est un cas d'&#233;cole &lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che un vieux militant de la culture&lt;/strong&gt; au Parti communiste (PCF). Car le conflit semble embl&#233;matique &#224; bien des niveaux d'une &#233;poque de divorces entre discours et pratiques, de controverses sur les conceptions du r&#244;le d'une institution culturelle, et sur le devenir de celles-ci. Cette gr&#232;ve, toujours en cours, surprend par le profil des divers protagonistes, dont on pourrait penser qu'ils partagent des id&#233;aux politiques (ce que les salari&#233;s ne d&#233;mentent pas). Et au-del&#224; du conflit singulier dans ce th&#233;&#226;tre, elle s'inscrit dans une histoire des politiques culturelles aujourd'hui secou&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune d'Aubervilliers fait partie des Centres dramatiques nationaux (CDN). Ces institutions, dirig&#233;es par des artistes (metteurs en sc&#232;ne et/ou auteur.e.s) ont vu le jour dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, bien avant que la V&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique ne cr&#233;e un minist&#232;re des Affaires culturelles sous l'&#233;gide de Malraux. Le CDN d'Aubervilliers fut le premier cr&#233;&#233; en banlieue parisienne. Il faut dire qu'Aubervilliers, ville du 93 frapp&#233;e par la pauvret&#233; et la d&#233;sindustrialisation, fut aussi la ville d'un des maires (puis des s&#233;nateurs) les plus engag&#233;s dans le combat culturel : &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Ralite&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jack Ralite&lt;/a&gt; (PCF), &#233;rudit, passionn&#233; d'art, initiateur des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la culture, d&#233;fenseur enflamm&#233; et &#233;loquent du partage de l'art et de la culture, de toutes les tribunes et de tous les combats, dont celui des intermittents. C'est gr&#226;ce &#224; son soutien actif et &#224; l'initiative du metteur en sc&#232;ne Gabriel Garran que le CDN a vu le jour en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garran&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gabriel Garran&lt;/a&gt; succ&#233;d&#232;rent Alfredo Arias, Brigitte Jaques et Didier Bezace. La Commune a &#233;t&#233; le fer de lance d'une s&#233;rie d'autres centres dramatiques dans la ceinture autrefois rouge, revendiqu&#233;s et soutenus par les maires communistes dans leur volont&#233; d'&#171; &lt;i&gt; &#233;mancipation par la culture &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'on ne d&#233;barque pas au th&#233;&#226;tre de la Commune en terrain neutre. Marie-Jos&#233; Malis en &#233;tait tout &#224; fait consciente quand elle en a pris les r&#234;nes en 2014, suscitant beaucoup d'espoirs. Si, depuis une trentaine d'ann&#233;es, les institutions th&#233;&#226;trales font face au proc&#232;s en &#171; baronnies au service d'artistes d&#233;miurges &#187;, le profil de Marie-Jos&#233; Malis se d&#233;marquait clairement de celui d'une &#171; baronne &#187;. Salu&#233;e pour son engagement et pour la radicalit&#233; de ses propositions artistiques, elle arrivait forte d'un projet d&#233;fendu avec un talent remarqu&#233; d'&#233;criture dans sa lettre au public. Apr&#232;s dix-sept ans de direction assez sage de Didier Bezace, on comptait sur elle pour bousculer l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, ses initiatives vont ce sens. Elle initie tr&#232;s vite les &#171; Pi&#232;ces d'actualit&#233; &#187;, invitant un artiste &#224; travailler &#224; partir d'une question tir&#233;e du quotidien des habitants d'Aubervilliers. Elle ouvre le th&#233;&#226;tre en journ&#233;e (notamment &#224; la jeunesse), son restaurant &#224; midi, marquant une vocation de lieu de vie. Elle poursuit la politique d'artistes associ&#233;s avec de jeunes talents remarqu&#233;s du th&#233;&#226;tre, mais aussi, initiative plus originale, choisit de s'associer avec un philosophe, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Badiou&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Badiou&lt;/a&gt; en l'occurrence. Et, tr&#232;s vite, le th&#233;&#226;tre brandit l'hospitalit&#233; comme embl&#232;me sur sa fa&#231;ade et la traduit en actions &#8211; la plus cons&#233;quente est la cr&#233;ation de l'&#201;cole des actes. Cette association li&#233;e au th&#233;&#226;tre propose des ateliers et cours gratuits dans de multiples disciplines, notamment mais pas exclusivement aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-904-ab3e3.jpg?1783228256' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Philippe Martinez venu soutenir les employ&#233;s du th&#233;&#226;tre en lutte / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'exaltation au blocage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un tel positionnement politique s'accommode-t-il d'une rupture du dialogue social avec les salari&#233;s ?&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; C'est petit &#224; petit que la machine s'est enray&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, explique Sophie Lopez, la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. &lt;i&gt;Nous &#233;tions plut&#244;t ravis de voir arriver Marie-Jos&#233; Malis ! La premi&#232;re r&#233;union d'&#233;quipe &#233;tait passionnante. Ce qu'elle nous racontait d'elle &#8211; fille d'ouvriers agricoles, fruit de l'ascension r&#233;publicaine, nous semblait garantir une capacit&#233; d'&#233;coute des probl&#233;matiques d'Aubervilliers. Son projet ax&#233; sur le territoire, son envie d&#233;clar&#233;e&lt;/i&gt; &#034;d'ouvrir le champ des possibles&#034; &lt;i&gt;nous a enthousiasm&#233;s. Et ceci d'autant plus qu'elle nous invitait &#224; faire des propositions pour r&#233;organiser notre travail. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces propositions seraient rest&#233;es lettre morte : &#171; &lt;i&gt; Nous n'avons eu que des r&#233;ponses tr&#232;s mitig&#233;es &#224; nos propositions, voire une absence de r&#233;ponse. Cela a cr&#233;&#233; un premier froid. En revanche, nous avons connu des d&#233;cisions autoritaires, enlevant leurs attributions &#224; certains salari&#233;s. Ceux qui se sont ouverts directement de ce mal-&#234;tre &#224; la direction ont &#233;t&#233; durement re&#231;us. Du coup, ils ont fait appel aux d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel de porter leur parole. Mais l&#224; aussi nous nous sommes heurt&#233;s &#224; un refus d'&#233;coute et &#224; un blocage du dialogue. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quatre ans, le th&#233;&#226;tre a connu douze ruptures conventionnelles. La saison 2017-2018 aurait aggrav&#233; la situation, avec l'arriv&#233;e des &#233;lections professionnelles. Le mal-&#234;tre s'est aussi traduit par les arr&#234;ts-maladie de trois salari&#233;s, dont la repr&#233;sentante du personnel et la directrice-adjointe des relations publiques. En juillet, onze salari&#233;s signaient une lettre aux diff&#233;rentes tutelles du th&#233;&#226;tre (minist&#232;re de la Culture, Conseil d&#233;partemental de la Seine-Saint-Denis, Ville d'Aubervilliers) pour les alerter. Cette lettre mentionne le fait qu'un psycho-sociologue d&#233;p&#234;ch&#233; par la m&#233;decine du travail avait jug&#233; la situation trop avanc&#233;e pour que son intervention permette de sortir de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les destinataires de la lettre ont cru bon de la transmettre imm&#233;diatement &#224; la direction de la Commune, avec les noms des signataires &#8211; ce qui, selon la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale, a valu &#224; ces derniers un retour tr&#232;s dur et une accusation de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;pos&#233; le 3 septembre, &#171; &lt;i&gt; pour laisser un temps de n&#233;gociation avant le premier spectacle dont la premi&#232;re avait lieu le 23 septembre &lt;/i&gt; &#187;, explique Sophie Lopez, le pr&#233;avis de gr&#232;ve &#233;voque &#171; &lt;i&gt; un fonctionnement pathog&#232;ne &lt;/i&gt; &#187;. Et exige la mise en place d'un audit social, le gel des embauches et reconversions et la garantie de voir les salari&#233;s reconduits dans leurs postes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-901-0d9cb.jpg?1783228256' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune, construit en 1900, &#233;tait initialement la salle des f&#234;tes d'Aubervilliers / Photo archives - Domaine public.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Syndicalistes de pacotille &#187; versus &#171; secte &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Pathog&#232;ne &lt;/i&gt; &#187; : ce mot fait bondir Marie-Jos&#233; Malis&lt;/strong&gt;, qui d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt; un langage technocratique qui nous para&#238;t ridicule &lt;/i&gt; &#187;, dans un communiqu&#233; de presse. Avec la plume vigoureuse et s&#233;duisante dont elle est famili&#232;re, elle y d&#233;fend son projet et le travail accompli. Non sans mots assez durs vis-&#224;-vis des salari&#233;s revendicatifs, en parlant de &#171; &lt;i&gt;mensonges&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt; fantasmes &lt;/i&gt; &#187;. Mais c'est &#224; certains de leurs soutiens m&#233;diatiques, comme l'historien de l'art &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/publications-de-Neveux-%20Olivier--23218.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Neveux&lt;/a&gt;, qu'elle r&#233;serve ses fl&#232;ches les plus venimeuses, parlant &#171; &lt;i&gt;de conditions vichystes du d&#233;bat &lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;d&#233;labrement intellectuel de la part de gens qui portent en sautoir leur progressisme &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au t&#233;l&#233;phone, un peu moins mordante, elle &#233;voque une situation commune &#224; beaucoup de th&#233;&#226;tres : &#171; &lt;i&gt; Il n'y a rien d'exceptionnel &#224; ce que l'arriv&#233;e d'une nouvelle direction, porteuse d'un projet nouveau, provoque des s&#233;parations et des embauches dans les &#233;quipes. &lt;/i&gt; &#187; Contact&#233;s, d'autres directeurs ou directrices de th&#233;&#226;tre l'admettent : une nouvelle direction fait rarement l'unanimit&#233; des &#233;quipes pr&#233;c&#233;dentes confront&#233;es &#224; des changements d'habitudes &#8211; et la rupture conventionnelle est le moyen d'une s&#233;paration par consentement mutuel pr&#233;servant les droits au ch&#244;mage du salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Marie-Jos&#233; Malis, la gr&#232;ve, qu'elle dit tr&#232;s minoritaire, se cristallise autour du cas d'une salari&#233;e actuellement en arr&#234;t-maladie. La directrice des relations publiques lors du mandat de Didier Bezace a &#233;t&#233; remplac&#233;e par une nouvelle directrice et r&#233;trograd&#233;e au poste de directrice-adjointe. Mais ce changement n'a pas apport&#233; le nouvel &#233;lan souhait&#233; aux relations publiques... alors que le th&#233;&#226;tre conna&#238;t des difficult&#233;s de fr&#233;quentation. La nouvelle directrice est en partance, tandis que l'ancienne, qui souffre d'un handicap, s'est vu proposer une formation pour un autre poste... &#171; dans &#187; ou &#171; hors &#187; du th&#233;&#226;tre. Coup dur pour apr&#232;s vingt-et-un ans de travail au service de la Commune, o&#249; sa comp&#233;tence n'avait jamais &#233;t&#233; remise en cause. &#171; &lt;i&gt; On a eu quatre ans pour constater qu'on n'y arrivait pas,&lt;/i&gt; soupire Marie-Jos&#233; Malis. &lt;i&gt;Vouloir trouver une solution, est-ce que cela fait de nous des monstres ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on attribuer &#224; la seule responsabilit&#233; des relations publiques l'&#233;chec de certaines propositions ? &#171; &lt;i&gt; Le public, ce n'est jamais gagn&#233;, c'est un travail &#224; renouveler sans cesse &lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne une autre directrice de CDN. Seulement, face aux fourches caudines des politiques d'aust&#233;rit&#233;, les chiffres de fr&#233;quentation sont souvent le seul argument des th&#233;&#226;tres face aux menaces de stagnation, voire de restrictions budg&#233;taires, f&#251;t-ce au d&#233;triment de la prise de risque et de l'exp&#233;rimentation. Une salle vide fournit des pr&#233;textes faciles &#224; ceux pour qui &#171; l'offre culturelle publique est excessive &#187;. Dans ce contexte, autant dire que les services de relations publiques se transforment vite en fusibles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du conflit de travail &#224; la dissidence politique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais la crise sociale qui frappe la Commune d&#233;passe largement l'unique cas d'une salari&#233;e.&lt;/strong&gt; Peut-on l'attribuer au seul fait que l'arriv&#233;e de Marie-Jos&#233; Malis ait bouscul&#233; vingt ans d'habitudes prises sous le long mandat pr&#233;c&#233;dent de Didier Bezace ? Et &#224; un projet trop radical, trop politique, contest&#233; par des salari&#233;s &#171; &lt;i&gt; tr&#232;s minoritaires mais virulents &lt;/i&gt; &#187; qui ne partageraient pas&lt;i&gt; &lt;/i&gt;les m&#234;mes &#171; &lt;i&gt; visions du monde &lt;/i&gt; &#187;, le m&#234;me rapport &#171; &lt;i&gt; aux autres, aux &#233;trangers, &#224; l'art, s'il y a en eux un rapport s&#233;rieux &#224; &#231;a &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un proc&#232;s d'intention qui fait bondir les salari&#233;s d&#233;sign&#233;s. &#171; &lt;i&gt; Nous serions oppos&#233;s aux prises de positions et &#224; l'action du th&#233;&#226;tre envers les migrants ? Rappelons les matin&#233;es consacr&#233;es &#224; apporter des petits-d&#233;jeuners ! &lt;/i&gt; &#187;, s'insurgeaient-ils le 3 octobre, outr&#233;s que l'on puisse remettre en question leur attachement au th&#233;&#226;tre et &#224; son projet. &#171; &lt;i&gt; On a souffert &#224; la hauteur de notre implication ! &lt;/i&gt; &#187;, ench&#233;rit Sophie Lopez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre t&#233;moignage abonde dans ce sens : Justine Rouet Chabaud avait jusqu'&#224; la fin de la saison 2017-2018 l'enti&#232;re responsabilit&#233; de la librairie du th&#233;&#226;tre. En septembre, elle a appris la fermeture du point librairie &#171; &lt;i&gt; pour raisons financi&#232;res &lt;/i&gt; &#187; et sa requalification au poste de placi&#232;re. S'&#233;tonnant de cette d&#233;cision alors que le stock de la librairie permettait de poursuivre l'activit&#233; sans frais, elle s'est vu r&#233;pondre que sa signature sur la lettre aux tutelles lui valait la perte de confiance de la direction &#8211; et ce malgr&#233; un investissement dans les projets du th&#233;&#226;tre allant largement au-del&#224; de ses missions. &#171; &lt;i&gt; J'ai m&#234;me &#233;crit et interpr&#233;t&#233; un spectacle pour le festival de l'&#201;cole des actes ! &lt;/i&gt; &#187;, s'insurge-t-elle dans une lettre &#224; la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin du rejet du projet all&#233;gu&#233;... Mais son planning la cantonne d&#233;sormais au poste de placi&#232;re et aucune r&#233;ouverture de la librairie n'est envisag&#233;e. &#171; &lt;i&gt; J'ai &#233;t&#233; un peu triste de constater que malgr&#233; les difficult&#233;s financi&#232;res annonc&#233;es, on avait tout de m&#234;me ouvert un point de vente de livres pour l'intervention de M. Badiou les 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et 2 octobre &lt;/i&gt; &#187;, persifle-t-elle, rejoignant les gr&#233;vistes apr&#232;s un cong&#233;-maladie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Badiou et le &#171; m&#233;pris de classe &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-903-df949.jpg?1782656532' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Badge brocardant Alain Badiou / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Badiou, le nom par lequel le scandale arrive ?&lt;/strong&gt; C'est peu de dire que son texte de soutien &#224; la direction, dans lequel il traite les gr&#233;vistes de &#171; &lt;i&gt; syndicalistes de pacotille &lt;/i&gt; &#187; et leur action de &#171; &lt;i&gt; complot &lt;/i&gt; &#187; contre le projet a envenim&#233; le conflit. Comme celui de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Tackels&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruno Tackels&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt; depuis la cordill&#232;re des Andes &lt;/i&gt; &#187; parlant de &#171; &lt;i&gt; fossoyeurs du service public, qui dans les dix ans &#224; venir aura totalement disparu, si vous continuez dans vos hantises, morbides et obsessionnelles &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On y lit un insupportable m&#233;pris, sinon une haine, d'aristocrates pour une pl&#232;be inculte et conservatrice, inapte &#224; l'Art, arc-bout&#233; sur ses droits (ses privil&#232;ges) &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque Olivier Neveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du terrain social et de la souffrance au travail, le conflit s'est &#233;tendu &#224; des positions politiques plus g&#233;n&#233;rale : il a d&#233;clench&#233; un conflit d'intellectuels (la lettre de soutien aux salari&#233;s d'Olivier Neveux lui a valu une vol&#233;e de bois vert) que paradoxalement tout semblait rapprocher, et notamment le projet artistique et politique de ce th&#233;&#226;tre. Mais &#224; partir de quand la volont&#233; affirm&#233;e et partag&#233;e d'un art politique se transforme-t-elle en dogme ? Quand Alain Badiou &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Il sera ainsi possible de &#034;traiter&#034; cette attaque de telle sorte que ce th&#233;&#226;tre comme lieu devienne plus homog&#232;ne encore &#224; son go&#251;t du travail, de l'art th&#233;&#226;tral et de l'amiti&#233; politique &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; il est permis de se demander si la vocation d'un lieu artistique est celle de l'homog&#233;n&#233;it&#233;, &#224; fortiori dans &#171; &lt;i&gt; l'amiti&#233; &lt;/i&gt; &#187; politique, ou plut&#244;t la diversit&#233;, voire la d&#233;mocratie originellement associ&#233;e au th&#233;&#226;tre. Y compris pour les salari&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; parler d'endoctrinement, il y a un pas franchi &#224; la fois par Olivier Neveux et par certains salari&#233;s. Au sujet des relations publiques &#8211; point de fixation du conflit &#8211;, la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale s'interroge : &#171; &lt;i&gt; Le travail des relations publiques est-il de tenir un discours politique ? &lt;/i&gt; &#187; Plus radicale, une enseignante qui a r&#233;guli&#232;rement envoy&#233; ses &#233;l&#232;ves travailler au th&#233;&#226;tre, profitant de sa politique d'ouverture &#224; la jeunesse, s'insurge contre &#171; &lt;i&gt; ces jeunes normaliens de l'&#201;cole des actes. confondant &#233;mancipation et formatage politique &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La radicalit&#233; ? Pas un monopole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation paradoxale : ceux qui s'&#233;charpent aujourd'hui&lt;/strong&gt; entre soutien &#224; la direction et soutien aux salari&#233;s partagent au moins en partie des convictions politiques indissociables de leurs convictions artistiques et culturelles. Si le projet de Marie-Jos&#233; Malis a enthousiasm&#233;, c'est qu'il incarnait le d&#233;poussi&#233;rage revendiqu&#233; de ces maisons v&#233;n&#233;rables que sont les CDN. Si le conflit social provoque des critiques acerbes en retour, ce n'est pas, contrairement aux all&#233;gations d'Alain Badiou, une &lt;i&gt;Schadenfreude&lt;/i&gt; de r&#233;actionnaires oppos&#233;s au projet, mais une d&#233;ception, jointe &#224; une pointe d'agacement &#224; voir les porteurs du projets drap&#233;s dans une puret&#233; id&#233;ologique qui ferait d'eux les seuls d&#233;fenseurs de la radicalit&#233; politique et artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car bien des &#233;quipes n'ont pas attendu la nouvelle direction de la Commune pour mettre en &#339;uvre une action artistique en prise avec les enjeux politiques et sociaux de son &#233;poque. Bien des repr&#233;sentant.e.s de la nouvelle g&#233;n&#233;ration arriv&#233;e aux manettes ces derni&#232;res ann&#233;es savent qu'elles et ils ne pourront plus se satisfaire d'une programmation sous le signe de l'excellence artistique, confin&#233;e &#224; un public que le vieux routier du th&#233;&#226;tre de rue Jacques Livchine qualifia un jour de &#171; &lt;i&gt; Maif-Camif-T&#233;l&#233;rama &lt;/i&gt; &#187; (aujourd'hui peut-&#234;tre davantage &#171; Biocoop-Inrocks &#187; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associer des penseurs, travailler pour et avec les r&#233;fugi&#233;s, &#234;tre de plain-pied dans les probl&#233;matiques politiques, d'autres &#171; maisons &#187; l'ont fait. De la plus importante, les Amandiers de Nanterre (Hauts-de-Seine) avec Bruno Latour jusqu'au plus petit des CDN, Montlu&#231;on (Allier), qui sous l'&#233;gide de sa jeune directrice Carole Thibaut m&#232;ne un travail remarquable autour des r&#233;fugi&#233;s avec l'auteure Nad&#232;ge Prugnard. On peut aussi citer le travail de David Bob&#233;e au CDN de Caen autour des probl&#233;matiques du genre et de la d&#233;colonisation des sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que Marie-Jos&#233; Malis est pr&#233;sidente du Syndeac (Syndicat des entreprises artistiques et culturelles), ce qui donne du grain &#224; moudre aux d&#233;tracteurs d'un syndicat patronal, mais g&#234;ne aussi pour partie ses coll&#232;gues au moment o&#249; la d&#233;fense du th&#233;&#226;tre public se heurte aux incoh&#233;rences (euph&#233;misme) de la politique culturelle macroniste. Jusqu'ici discret, son pr&#233;d&#233;cesseur Didier Bezace est cinglant dans La Lettre du Spectacle, lui reprochant de &#171; manquer &#224; son devoir de protection des personnels &#187; et d'entra&#238;ner le th&#233;&#226;tre Sachant que le minist&#232;re (et surtout Bercy) estiment depuis longtemps surnum&#233;raires les centres dramatiques de la Seine-Saint-Denis, certains s'interrogent : son projet ne serait-il pas de renoncer au label &#171; CDN &#187; pour mener son projet &#224; sa guise et avec une &#233;quipe choisie ? &#171; &lt;i&gt; Mais qui peut dire &#231;a ? C'est du pur fantasme&lt;/i&gt;, s'insurge-t-elle. &lt;i&gt;Au contraire, je d&#233;fends fonci&#232;rement ce label et l'existence de maisons dirig&#233;es par des artistes ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir quelle forme doit prendre cette &#171; direction &#187;, &#224; une &#233;poque o&#249; la figure de l'artiste d&#233;miurge ne fait plus recette et o&#249; dans tous les milieux, les hi&#233;rarchies sont questionn&#233;es. Il est paradoxal que ce soit par une artiste revendiquant d'avoir &#233;t&#233; longtemps &#171; outsider &#187;, voire d&#233;l&#233;gitim&#233;e pour sa radicalit&#233; artistique et politique que soit pos&#233;e la question de l'immunit&#233; de l'art &#224; la d&#233;mocratie &#8211; ce que d'aucuns appellent aujourd'hui le combat pour les droits culturels.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Val&#233;rie de Saint-Do&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-scriptum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une m&#233;diation a finalement &#233;t&#233; amorc&#233;e par l'inspection du travail. Mardi 6 novembre, une nouvelle r&#233;union est pr&#233;vue entre direction et salari&#233;s &#224; la suite de laquelle ces derniers d&#233;cideront de la suite &#224; donner au mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis le 26 mars, des postiers des Hauts-de-Seine sont en gr&#232;ve reconductible, notamment pour demander la r&#233;int&#233;gration d'un syndicaliste de Sud licenci&#233; par la direction. On peut entendre des nouvelles de la lutte dans &lt;a href=&#034;https://paris-luttes.info/radio-les-7-mois-de-greve-des-10954&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette &#233;mission&lt;/a&gt; de la radio FPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je reviens de l'usine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Je-reviens-de-l-usine</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Jeudi 8 octobre (2015), journ&#233;e nationale d'action interprofessionnelle et intersyndicale. Au Havre, ce matin, le port et la ville sont compl&#232;tement bloqu&#233;s par les manifestants. A midi, on se retrouve devant le site de Sidel, sur les hauteurs de la ville, &#224; Octeville-sur-Mer. On est plus de 2 000. Un rassemblement pour protester mais aussi pour montrer notre solidarit&#233; aux salari&#233;s de Sidel qui viennent d'apprendre la suppression de 289&#8200;emplois (sur 1 000) par la direction. L'ambiance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Havre" rel="tag"&gt;Havre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sidel" rel="tag"&gt;Sidel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tetra-Pak" rel="tag"&gt;Tetra Pak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tetra-Laval" rel="tag"&gt;Tetra Laval&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-usine-Sidel" rel="tag"&gt;L'usine Sidel&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laval" rel="tag"&gt;Laval&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 8 octobre (2015), journ&#233;e nationale d'action interprofessionnelle et intersyndicale. Au Havre, ce matin, le port et la ville sont compl&#232;tement bloqu&#233;s par les manifestants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A midi, on se retrouve devant le site de Sidel, sur les hauteurs de la ville, &#224; Octeville-sur-Mer. On est plus de 2 000. Un rassemblement pour protester mais aussi pour montrer notre solidarit&#233; aux salari&#233;s de Sidel qui viennent d'apprendre la suppression de 289&#8200;emplois (sur 1 000) par la direction. L'ambiance est joyeuse, combative et enthousiaste. Je ne sais pas si c'est parce qu'on est au Havre, mais on se croirait &#224; un concert rock. Les prises de paroles multiples et vari&#233;es ont la p&#234;che. Reynald, secr&#233;taire du syndicat CGT de la bo&#238;te, au cr&#226;ne ras&#233;, sait faire passer son ardeur aussi bien aux intervenants qu'&#224; la foule. La sono distille des titres de Nirvana et d'autres groupes &#233;nerv&#233;s, on vend des T-shirts de soutien &#224; tour de bras et un grapheur, &#171; Mascarade &#187;, tague des appels &#224; boycotter les produits Tetra Pak, autre filiale du groupe d&#233;tenant la Sidel. On aimerait que tous les conflits aient cette &#233;nergie.
Deux jours plus tard, un autre rassemblement pour l'emploi rameute presque autant de manifestants dans les rues du port normand. Les salari&#233;s de Sidel semblent ne pas vouloir baisser les bras. Pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 octobre, je retourne voir Reynald dans le local syndical. Faut qu'on cause. Sidel, qu&#233;saco ? &#171; &lt;i&gt;L'usine Sidel a &#233;t&#233; construite au Havre en 1961. Il s'agissait de construire des machines d'extrusion du PVC pour contenir l'huile Lesieur&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sidel : Soci&#233;t&#233; industrielle des emballages Lesieur &#8211; devenu &#171; L&#233;gers &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;En 1990, un nouveau site est mont&#233; &#224; Octeville et celui du Havre ferme lors d'une premi&#232;re restructuration en 2004. C'est Tetra Laval (groupe su&#233;dois dont le PDG, Ruben Rausing, &#233;tait, avant sa mort en 1983, la 21 e fortune mondiale) qui a rachet&#233; Sidel. Tetra Laval intervient dans les emballages carton (Tetra Pak), l'industrie laiti&#232;re (trayeuses) et les bouteilles plastiques (Sidel).&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un des premiers tracts de l'intersyndicale on peut lire &#171; &lt;i&gt;Rares sont les familles du bassin d'emplois havrais dont aucun membre n'a &#233;t&#233; acteur direct ou indirect de cette r&#233;ussite collective.&lt;/i&gt; &#187; C'est sans doute pour &#231;a que ce conflit est tr&#232;s populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reynald reprend : &#171; &lt;i&gt;Le 2 septembre dernier, lors d'un CE europ&#233;en de Tetra Laval, le &#8220;board&#8221;, la direction g&#233;n&#233;rale, a annonc&#233; 715 suppressions de postes chez Sidel, dont 289 &#224; Octeville, ainsi que la d&#233;localisation de certaines productions sur le site de Parme, en Italie. Alors que tous ces dirigeants disaient aux repr&#233;sentants du personnel depuis le mois de mai qu'aucun plan social n'&#233;tait &#224; l'&#233;tude. Des menteurs !&lt;/i&gt; &#187; Les salari&#233;s &#233;tant relativement jeunes et motiv&#233;s, la riposte a &#233;t&#233; rapide. Chaque r&#233;union hebdomadaire compte au moins 600&#8200;personnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-437-474df.jpg?1782967053' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux menaces de licenciements et m&#233;diatiser la lutte, des op&#233;rations coup de poing dans les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion sont lanc&#233;es en parall&#232;le de la campagne de boycott des produits Tetra Pak. L&#224;, &#224; chaque fois, ce sont 300&#8200;manifestants qui vident les rayons de lait, soda et jus de fruit des Auchan, Leclerc, Hyper U. Des tracts sont &#233;galement distribu&#233;s &#224; chaque manifestation culturelle ou sportive (la transat Jacques Vabre, derni&#232;rement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiques habituelles lors des annonces de suppression d'emplois, les Sidel interpellent les politiques (Fabius&#8230;) et, contournant la loi Macron sur la gestion des plans sociaux, l'intersyndicale saisit la justice et gagne en r&#233;f&#233;r&#233;. Le plan social restera suspendu tant que la direction g&#233;n&#233;rale n'aura pas pr&#233;sent&#233; sa strat&#233;gie &#233;conomique. Ce qui permet, pour le moins, de gagner du temps. La direction ne pourra pas parler de licenciements avant janvier prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui permet aussi de peaufiner des propositions alternatives qui permettraient de sauver les emplois et, peut-&#234;tre m&#234;me de faire gagner plus de fric &#224; l'entreprise. Rien n'est fini, &#233;videmment, d'autres actions sont programm&#233;es pour les semaines qui viennent, mais la direction a d&#233;j&#224; pr&#233;vu trente (!) r&#233;unions dans les deux prochains mois pour occuper et &#233;loigner les d&#233;l&#233;gu&#233;s de leur base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, un concert de soutien a lieu le 10 novembre, salle de la Pointe de Caux &#224; Gonfreville-l'Orcher, avec 6&#8200;groupes rock du cru, dont les Red Lezards. La lutte, mais la f&#234;te aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sidel : Soci&#233;t&#233; industrielle des emballages Lesieur &#8211; devenu &#171; L&#233;gers &#187;, apr&#232;s la vente de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Casse-noisettes en proc&#232;s</title>
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		<dc:date>2018-07-17T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve contre le Festival d'Aix. Deux repr&#233;sentations annul&#233;es. Trois machinistes en lutte. Quatre juges des prud'hommes. Et&#233; 2014, une gr&#232;ve des travailleurs du spectacle enflamme la France. Un nouvel accord Unedic qui doit &#234;tre ren&#233;goci&#233; entre les partenaires sociaux, d&#233;pla&#238;t aux intermittents. Le Festival d'Aix-en-Provence, c'est, en dehors de son aspect lyrique, d'&#233;normes retomb&#233;es p&#233;cuniaires. Devant les menaces de gr&#232;ve, Bernard Foucroule, son pr&#233;sident, morig&#232;ne ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Festival" rel="tag"&gt;Festival&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle-enflamme" rel="tag"&gt;spectacle enflamme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bernard-Foucroule" rel="tag"&gt;Bernard Foucroule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/accord-Unedic" rel="tag"&gt;accord Unedic&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/machinistes" rel="tag"&gt;machinistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions" rel="tag"&gt;millions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une gr&#232;ve contre le Festival d'Aix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux repr&#233;sentations annul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois machinistes en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre juges des prud'hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et&#233; 2014, une gr&#232;ve des travailleurs du spectacle enflamme la France. Un nouvel accord Unedic qui doit &#234;tre ren&#233;goci&#233; entre les partenaires sociaux, d&#233;pla&#238;t aux intermittents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Festival d'Aix-en-Provence, c'est, en dehors de son aspect lyrique, d'&#233;normes retomb&#233;es p&#233;cuniaires. Devant les menaces de gr&#232;ve, Bernard Foucroule, son pr&#233;sident, morig&#232;ne ses salari&#233;s. Il faut &#233;viter cette gr&#232;ve &#171; &lt;i&gt;pour ne pas faire perdre quelque 65 millions d'euros de retomb&#233;es&lt;/i&gt;. &#187; La culture, c'est capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois machinistes vont en appr&#233;cier l'importance fin juin 2014. Un vote habilement organis&#233; par la direction, sous &#171; &lt;i&gt;une pression monstrueuse&lt;/i&gt; &#187; &#8211; d'apr&#232;s Guigou Chenvier de la CIP &#8211;, annulera &#224; pr&#232;s de 80% toute possibilit&#233; de gr&#232;ve. La direction respire. Les m&#233;c&#232;nes chinois ou les banquiers fran&#231;ais du festival se congratulent. Le m&#233;c&#233;nat c'est 3,6 millions sur un budget de 22, 4 millions. Alors quand des machinistes appellent, malgr&#233; tout, leurs camarades &#224; la gr&#232;ve, le directeur les chapitre et appelle &#231;a &#171; &lt;i&gt;des actes de sabotage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 27 f&#233;vrier 2017, toutes les parties se retrouvent aux prud'hommes. Trois salari&#233;s qui n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;-embauch&#233;s en 2015 et dont la direction du festival d'Aix a perdu &#171; &lt;i&gt;la confiance&lt;/i&gt; &#187;. L'avocat des trois machinistes, ma&#238;tre Cordiez, pas du tout perch&#233;, plaide la discrimination syndicale. Faux, r&#233;pond la partie adverse : &#171; &lt;i&gt;Ils ne sont m&#234;me pas syndiqu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Revenant &#224; la charge l'avocat affirme, avec l'appui du D&#233;fenseur des droits, que depuis la jurisprudence Arcelor Mittal, il n'est nul besoin d'un mandat syndical pour faire valoir une discrimination. Du c&#244;t&#233; du festival, on objecte : &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;cor &#233;tait plus simple, nous n'avons pas eu besoin d'autant de machinistes.&lt;/i&gt; &#187; Sauf que &#171; &lt;i&gt;neuf nouvelles embauches volantes ont eu lieu&lt;/i&gt; &#187;, appuie le D&#233;fenseur des droits : le registre du personnel est impitoyable. Un des salari&#233;s embauch&#233; depuis 14 ans est devenu subitement incomp&#233;tent : &#171; &lt;i&gt;Il ne veut pas &#233;voluer.&lt;/i&gt; &#187; On le vire ! Pire, il aurait particip&#233; &#224; des mouvements violents : &#171; &lt;i&gt;Il a ouvert une fen&#234;tre pour faire p&#233;n&#233;trer des &#233;trangers.&lt;/i&gt; &#187; Des sir&#232;nes ont &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;es. Manu Apostolo, lui, est convoqu&#233; le 4 juillet pour une sanction. On l'a vu sur une photo de &lt;i&gt;La Provence.&lt;/i&gt; Y fait-il quelque chose ? Pas plus que P&#233;n&#233;lope Fillon. &#171; &lt;i&gt; La confiance du Festival en eux est &#233;branl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Pour les deux autres c'est en novembre que la convocation tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les machinistes ont d'autres torts. Ils n'auraient pas demand&#233; le renouvellement de contrat. Eux protestent et ont demand&#233; d'&#234;tre assist&#233;s d'un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical lors d'entrevues. Refus de la direction. Pour leur avocat, le festival tient un double discours en soutenant la gr&#232;ve mais en sanctionnant ceux qui y participent. Une gr&#232;ve oui, mais en travaillant et en silence, s'il vous pla&#238;t. Pri&#232;re de ne pas d&#233;ranger les artistes. Le festival est lyrique, mais aussi sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate du Festival le rappelle : &#171; &lt;i&gt;Il embauche sur trois crit&#232;res : comp&#233;tence, anciennet&#233;, et proximit&#233; g&#233;ographique.&lt;/i&gt; &#187; S'y ajoutera la confiance, crit&#232;re difficilement appr&#233;ciable, avance ma&#238;tre Cordiez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du cot&#233; festival, les baronnes et autres m&#233;c&#232;nes, HSBC ou Total, n'appr&#233;cient pas qu'on perturbe &lt;i&gt;Les Noces de Figaro&lt;/i&gt;. L'avocate qualifie le festival de rebelle et les trois loufiats de malfrats : &#171; &lt;i&gt;J'ai fait gr&#232;ve donc j'ai droit &#224; l'embauche ?&lt;/i&gt; &#187;, s'offusque-t-elle. On n'a pas encore compris en France qu'il fallait faire gr&#232;ve en travaillant ? Verdict en juin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : Un Pastis... bien noy&#233; !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-Un-Pastis-bien-noye</link>
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		<dc:date>2018-04-11T11:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Lesage</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Congr&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>fin avril</dc:subject>
		<dc:subject>l'ont dit</dc:subject>
		<dc:subject>dit fin</dc:subject>
		<dc:subject>Thierry Lepaon</dc:subject>
		<dc:subject>direction conf&#233;d&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>vote</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;l&#233;gu&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du 51e congr&#232;s de la CGT, Martinez a install&#233; son leadership, mais sous la surveillance tendue de sa base. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des syndicats CGT en avaient gros sur la patate et ils l'ont dit fin avril (2016) &#224; Marseille. Ils ont hu&#233; Thierry Lepaon, mais aussi les repr&#233;sentants de la CFDT ou du PS, et le bureau du congr&#232;s &#224; maintes occasions. Ils ont applaudi le PCF, mais aussi le PG, l'Unef et m&#234;me LO et le NPA... Ils ont d&#233;couvert une vieille chanson de Georges Moustaki, &#233;crite en 1969, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Congres" rel="tag"&gt;Congr&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-avril" rel="tag"&gt;fin avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ont-dit" rel="tag"&gt;l'ont dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit-fin" rel="tag"&gt;dit fin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thierry-Lepaon" rel="tag"&gt;Thierry Lepaon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/direction-confederale" rel="tag"&gt;direction conf&#233;d&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vote" rel="tag"&gt;vote&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/delegues" rel="tag"&gt;d&#233;l&#233;gu&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du 51e congr&#232;s de la CGT, Martinez a install&#233; son leadership, mais sous la surveillance tendue de sa base.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des syndicats CGT en avaient gros sur la patate et ils l'ont dit fin avril (2016) &#224; Marseille. Ils ont hu&#233; Thierry Lepaon, mais aussi les repr&#233;sentants de la CFDT ou du PS, et le bureau du congr&#232;s &#224; maintes occasions. Ils ont applaudi le PCF, mais aussi le PG, l'Unef et m&#234;me LO et le NPA... Ils ont d&#233;couvert &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=NI3A7cbN8io&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une vieille chanson&lt;/a&gt; de Georges Moustaki, &#233;crite en 1969, dont le titre est aussi r&#233;barbatif qu'un document de congr&#232;s &#8211; &#171; &lt;i&gt;Je voudrais sans la nommer vous parler d'elle&lt;/i&gt; &#187;. Cette rengaine est bien connue, mais des seuls militants anarchistes et trotskystes ! Elle fut &#233;crite &#224; la gloire de la &#171; r&#233;volution permanente &#187;, ce concept anti-stalinien qui s'opposait &#224; &#171; l'&#233;tapisme &#187; des PC et &#224; la th&#233;orie du &#171; socialisme dans un seul pays &#187;... C'est pourtant avec le groupe musical Zabo que les congressistes ont ouvert et clos leurs travaux, les paroles d&#233;filant sur &#233;cran g&#233;ant pour un karaok&#233; r&#233;volutionnaire. Le PCF a toujours eu ce talent pour r&#233;cup&#233;rer et d&#233;naturer les symboles r&#233;volutionnaires dont il avait combattu l'aventurisme. Apr&#232;s Guevara, Moustaki...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-575-8b7a5.jpg?1782650649' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Paris. Par Martin Barzila&#239;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s n'allaient pas laisser retomber la temp&#233;rature. Plus votre attaque &#233;tait forte et plus l'ovation de la salle vous &#233;tait garantie. Au-del&#224; de Lepaon, c'est tout le fonctionnement de la direction conf&#233;d&#233;rale qui est critiqu&#233;. Qui a profit&#233; des surfacturations de l'appartement de Vincennes, demande une d&#233;l&#233;gu&#233;e ? Pourquoi n'avons-nous pas su mobiliser contre les lois Macron et Rebsamen ? Pourquoi les textes sont si pauvres sur le d&#233;mant&#232;lement des services publics &#224; travers la r&#233;forme territoriale et celle du statut de la fonction publique ? Les votes du bilan d'activit&#233;, du bilan financier et du document d'orientation portent les traces d'une &#233;norme col&#232;re et d'une profonde d&#233;fiance : jusqu'&#224; 14% d'abstention et 31% de contre, du jamais-vu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur la motion d'actualit&#233; que le bras de fer entre la direction et la salle fut le plus rude, obligeant le bureau du congr&#232;s &#224; avancer le vote de vingt-quatre heures. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou reconductible, &#224; tout le moins l'affirmation claire de sa br&#251;lante n&#233;cessit&#233;. C'est un d&#233;l&#233;gu&#233; de Rouen, inspecteur du travail, qui remporte l'applaudim&#232;tre avec une standing ovation, la salle reprenant son cri : &#171; &lt;i&gt;Tous ensemble, tous ensemble, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; la pression exerc&#233;e sur le bureau du congr&#232;s qui avait refus&#233; d'ouvrir une traditionnelle commission de r&#233;daction, le texte pr&#233;sent&#233; au vote en reste strictement aux d&#233;cisions de la direction : la reconduction de la gr&#232;ve sera soumise aux AG et rien de plus pour conforter les militants et donner confiance aux salari&#233;s pour s'engager. D&#233;&#231;us par la timidit&#233; de la r&#233;solution, largement adopt&#233;e sans aucun amendement, l&#224; aussi, de nombreux d&#233;l&#233;gu&#233;s s'abstiennent et certains votent contre. Bouscul&#233; mais in&#233;branlable, l'appareil d&#233;montre sa puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote pour la nouvelle direction conf&#233;d&#233;rale va confirmer la capacit&#233; de l'appareil &#224; fabriquer du consensus. Apr&#232;s avoir refus&#233; d'ouvrir la commission aux d&#233;l&#233;gu&#233;s, le bureau du congr&#232;s propose une liste inchang&#233;e. Sans le moindre d&#233;bat politique, des dirigeants sont &#233;conduits, reconduits ou introduits et personne ne pose de question en termes d'orientation, pas m&#234;me les &#233;conduits, alors que certains obtiendront, hors liste officielle, jusqu'&#224; 10% des voix. Le vote des d&#233;l&#233;gu&#233;s est paradoxalement un vote &#224; l'ancienne, le plus mal &#233;lu obtenant tout de m&#234;me 84%. Comme si tout le monde s'&#233;tait d&#233;foul&#233; lors du d&#233;bat et des votes mais que chacun &#233;tait press&#233; de tourner la page de la crise de direction. Une volont&#233; aussi de donner une chance &#224; l'&#233;quipe s&#233;lectionn&#233;e autour de Martinez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant grand vainqueur de ce congr&#232;s difficile, Martinez ne peut ignorer que la d&#233;fiance persiste dans les syndicats et qu'il sera jug&#233;, tr&#232;s vite, sur son comportement dans le conflit sur la loi travail. Une nouvelle crise s'ouvrirait in&#233;vitablement si la direction conf&#233;d&#233;rale portait aux yeux des militants la moindre responsabilit&#233; dans une &#233;ventuelle d&#233;faite. La barre est haute : celle du retrait pur et simple de la loi El Khomry. La &#171; gauchisation &#187; de la CGT d&#233;nonc&#233;e dans la presse sera-t-elle l'heureuse r&#233;alit&#233; de mai ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Poste apocalypse</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Poste-apocalypse</link>
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		<dc:date>2018-01-30T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


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		<dc:subject>Facteur d'avenir</dc:subject>

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&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation du courrier&#8200;&#8211;&#8200;les mails, quoi&#8200;&#8211;&#8200;mettrait &#224; mal la p&#233;rennit&#233; de La Poste, selon sa direction. Et justifierait les attaques r&#233;p&#233;t&#233;es contre le m&#233;tier de facteur. La devise de l'un d'entre eux, Serge Reynaud, reste toutefois celle&#8209;ci : ne pas plier. Ceci n'est pas une enqu&#234;te sur la &#171; modernisation &#187; de La Poste. Non. Il s'agit plut&#244;t du t&#233;moignage d'un facteur syndiqu&#233; &#224; Sud PTT qui s'est oppos&#233; &#8211; et s'oppose toujours &#8211; aux divers plans foment&#233;s par sa direction pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge-Reynaud" rel="tag"&gt;Serge Reynaud&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/facteur-8073" rel="tag"&gt;facteur&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Facteur-d-avenir" rel="tag"&gt;Facteur d'avenir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation du courrier&#8200;&#8211;&#8200;les mails, quoi&#8200;&#8211;&#8200;mettrait &#224; mal la p&#233;rennit&#233; de La Poste, selon sa direction. Et justifierait les attaques r&#233;p&#233;t&#233;es contre le m&#233;tier de facteur. La devise de l'un d'entre eux, Serge Reynaud, reste toutefois celle&#8209;ci : ne pas plier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ceci n'est pas une enqu&#234;te sur la &#171; modernisation &#187; de La Poste. Non. Il s'agit plut&#244;t du t&#233;moignage d'un facteur syndiqu&#233; &#224; Sud PTT qui s'est oppos&#233; &#8211; et s'oppose toujours &#8211; aux divers plans foment&#233;s par sa direction pour adapter son job au march&#233;, le plus souvent au d&#233;triment de ses conditions de travail. Et c'est fort de sa connaissance des arcanes du m&#233;tier que Serge Reynaud, facteur&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ami Serge est aussi le pr&#233;sident de RIRE CQFD, l'association &#233;ditrice de CQFD.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; depuis 1993, aujourd'hui titulaire au bureau de Marseille Le D&#244;me (4e arrondissement), d&#233;crit les bouleversements que subit l'ex-g&#233;ant du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Poste, Serge aurait pu la quitter d&#233;finitivement en 2008, lorsqu'il a &#233;cop&#233; d'une &#171; &lt;i&gt;sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une dur&#233;e de deux ans&lt;/i&gt; &#187; suite &#224; un conseil de discipline. Ce que lui reprochait la direction ? &#171; &lt;i&gt;Des faits de refus d'ob&#233;issance caract&#233;ris&#233;s et r&#233;currents, d'agression verbale et physique &#224; l'encontre de son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique&lt;/i&gt; (et) &lt;i&gt;de d&#233;gradation d'une des portes d'acc&#232;s au local de la direction &lt;/i&gt; &#187;, survenus lors de mouvements de gr&#232;ve en 2008, notamment contre la r&#233;forme intitul&#233;e Facteur d'avenir. Pendant les deux ann&#233;es suivantes, Serge a &#233;t&#233; contraint de travailler dans une soci&#233;t&#233; priv&#233;e, avant de rendosser son uniforme bleu &#224; liser&#233; jaune en mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-278-8d749.jpg?1782654940' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liste &#224; la Pr&#233;vert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il l'avoue : &#224; l'&#233;poque, il a h&#233;sit&#233; &#224; rempiler. &#171; &lt;i&gt;La transformation du travail &#233;tait telle que je me suis pos&#233; la question : &#224; quoi bon faire partie des derniers des Mohicans ?&lt;/i&gt; &#187; Peut-&#234;tre parce que, quand on a pass&#233; des ann&#233;es &#224; se lever d&#232;s potron-minet pour mener bonnes et mauvaises nouvelles aux usagers, &#224; monter gracieusement les courses, &#224; &#233;couter les d&#233;lires des &#171; fatigu&#233;s &#187;, &#224; faire des signalements aux services sociaux quand un retrait&#233; isol&#233; part en cacahu&#232;te, on consid&#232;re que la bo&#238;te vous appartient aussi un peu. Et qu'on ne peut la laisser se faire d&#233;piauter par des cols blancs g&#233;rant leurs 251 000 salari&#233;s &#224; grands coups de tableurs Excel. &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai repris ma place, j'ai r&#233;alis&#233; &#224; quel point Facteur d'avenir avait engendr&#233; de s&#233;rieux bouleversements, et pas dans l'int&#233;r&#234;t des salari&#233;s&lt;/i&gt;, explique-t-il aujourd'hui. &lt;i&gt;Ils ont cr&#233;&#233; des &#233;quipes et des grades &#8211; nous d&#233;pendons notamment les uns des autres pour prendre des cong&#233;s. Et puis, ils ont instaur&#233; une tourn&#233;e s&#233;cable : nous travaillons sur un quartier d&#233;di&#233;, mais s'y ajoutent des secteurs suppl&#233;mentaires al&#233;atoires. Cela complique les relations avec les coll&#232;gues, et le travail. Dans les faits, cela cache des suppressions d'emplois.&lt;/i&gt; &#187; Car si La Poste aime &#224; faire savoir qu'elle embauche r&#233;guli&#232;rement en CDI &#8211; 3 000 facteurs en France cette ann&#233;e &#8211; &#171; &lt;i&gt;elle supprime par ailleurs 7 &#224; 8 000 postes par an&lt;/i&gt; &#187;, assure le syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;volution du m&#233;tier de facteur : remplacer ce qu'il effectuait parfois gratuitement par des missions contractualis&#233;es et obligatoires. &#171; &lt;i&gt;Ils nous confient de nouvelles pr&#233;rogatives telles que constater l'&#233;tat des poubelles, distribuer les paniers d'Amap, apporter des v&#234;tements au pressing, recycler des cartouches d'encre, porter les m&#233;dicaments, brancher la TNT, livrer des ampoules, veiller sur les personnes &#226;g&#233;es&#8230; Derni&#232;rement, pour Engie, les facteurs devaient prendre les toitures en photo pour d&#233;terminer s'il serait possible d'y installer des panneaux solaires. &#192; Tarascon, les coll&#232;gues ont d&#251; faire remplir un questionnaire &#224; tous les coiffeurs de la ville.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette liste &#224; la Pr&#233;vert est le r&#233;sultat d'actions locales et ponctuelles, ou nationales et au long cours. &#171; &lt;i&gt;Cela occupe l'espace m&#233;diatique,&lt;/i&gt; commente Serge, &lt;i&gt;mais n'engendre pas un gros chiffre d'affaires. &#192; l'horizon 2020, cela devrait repr&#233;senter 200 millions d'euros, une goutte d'eau par rapport au budget global, de plus de 23 milliards en 2016. Leur strat&#233;gie est de d&#233;tourner l'opinion des missions traditionnelles de La Poste. Pendant ce temps, on ne parle pas des fermetures de bureaux, des augmentations de co&#251;ts, du service qui se d&#233;grade&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;organisation permanente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inqui&#232;te la direction ? La diminution du nombre de courriers &#224; acheminer, qui serait pass&#233; de &#171; &lt;i&gt;18 milliards de lettres distribu&#233;es chaque ann&#233;e&lt;/i&gt; &#187; il y a dix ans &#224; &#171; &lt;i&gt;11,5 milliards aujourd'hui, avec une chute in&#233;luctable&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;de l'ordre de 6 &#224; 7 % par an &lt;/i&gt; &#187;, assurait Sylvie Fran&#231;ois, la directrice g&#233;n&#233;rale ajointe et DRH du groupe postal, sur lemonde.fr&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans &#171; Pour La Poste, le num&#233;rique repr&#233;sente &#233;galement une opportunit&#233; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt; Il y a pourtant des volumes qui augmentent,&lt;/i&gt; r&#233;torque Serge Reynaud, &lt;i&gt;tels ceux des petits paquets internationaux qui sont en partie pris en charge par les facteurs. Il m'est m&#234;me arriv&#233; de devoir livrer un guidon de v&#233;lo ! Mais cette modification du type de courrier n'est pas prise en compte. On constate aussi une augmentation du nombre de lettres recommand&#233;es, puisque le service normal s'est d&#233;grad&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Bref, du travail, il y en a, m&#234;me s'il &#233;volue. En t&#233;moignent les heures suppl&#233;mentaires que Serge et ses coll&#232;gues accumulent quotidiennement : &#171; &lt;i&gt; Je suis cens&#233; finir &#224; 13 h 41, mais je ne suis jamais dehors avant 14 h, voire 14 h 30...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le pire semble encore &#224; venir : &#171; &lt;i&gt; Un accord national, sign&#233; d&#233;but 2017, a &#233;t&#233; mis en place dans quelques bureaux pour commencer. Il se traduit par une r&#233;organisation permanente, avec plus de souplesse et de polyvalence de la part des facteurs. C'est tr&#232;s inqui&#233;tant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste toutefois une bonne nouvelle : &#224; force d'acharnement judiciaire, la sanction de Serge Reynaud a &#233;t&#233; invalid&#233;e par le Conseil d'&#201;tat en f&#233;vrier 2017, soit presque neuf ans apr&#232;s son conseil de discipline. &#171; &lt;i&gt;J'ai deux ans de salaires et d'anciennet&#233; &#224; faire valoir, mais la direction n'a toujours pas r&#233;pondu &#224; mon courrier. Il va peut-&#234;tre falloir que je rappelle mon avocat&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ami Serge est aussi le pr&#233;sident de RIRE CQFD, l'association &#233;ditrice de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &#171; Pour La Poste, le num&#233;rique repr&#233;sente &#233;galement une opportunit&#233; &#187;, article mis en ligne le 15 septembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J&#233;sus, reviens !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Jesus-reviens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Jesus-reviens</guid>
		<dc:date>2015-05-15T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Berger</dc:subject>
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		<dc:subject>CFTC</dc:subject>
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		<dc:subject>CFDT aurait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te. Ce 16 mars, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CGT" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laurent-Berger" rel="tag"&gt;Laurent Berger&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFDT-aurait" rel="tag"&gt;CFDT aurait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars, au matin, tous les militants syndicaux &#233;lus, CGT, CFDT, CFTC et CGC, ainsi que la direction de Borealis, sont convoqu&#233;s au tribunal d'instance de Rouen, salle des contentieux professionnels. La salle n'est pas tr&#232;s remplie et la plupart des convoqu&#233;s ont d&#233;clin&#233; l'invitation. Quelques affaires passent rapidement. La plupart sont des conflits entre des salari&#233;s et leurs dirigeants, pour des &#233;lections professionnelles douteuses, pour des heures suppl&#233;mentaires non reconnues ou encore pour des rapports houleux entre patrons et syndicats sur des chantiers du BTP. Le quotidien du salariat. Concernant Borealis, on se trouve sur un autre registre et d'ailleurs la pr&#233;sidente s'en &#233;tonne. C'est une jeune juge plut&#244;t marrante (si !) qui se moque un peu de la CFDT qui est &#224; l'origine de la plainte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p12-cqfd59-29528.png?1782643786' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons un peu en arri&#232;re sur les &#233;v&#232;nements qui ont conduit tout ce beau monde devant la justice. En d&#233;cembre dernier ont eu lieu les &#233;lections professionnelles. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le m&#234;me que les autres ann&#233;es, &#224; savoir que la CGT (m&#234;me en l&#233;g&#232;re perte de vitesse) reste en t&#234;te, suivie par la CFDT, et la CGC qui progresse timidement. La CFTC, malgr&#233; une campagne d&#233;magogique, n'a r&#233;ussi &#224; gratter que peu de bulletins en sa faveur. La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale est impitoyable : avec moins de 10% des voix, l'organisation de d&#233;fense des travailleurs chr&#233;tiens n'a plus d'heures de d&#233;l&#233;gation dans les instances, comme le comit&#233; d'&#233;tablissement, et se retrouve donc dans un &#233;tat de nudit&#233; des plus christiques. Pour autant, son d&#233;l&#233;gu&#233; a fait une demande pour avoir un repr&#233;sentant syndical au CE. C'est une question d'usage. Cela se faisait auparavant dans la bo&#238;te et la CFDT, en son temps, en avait &#233;galement profit&#233;. La CGC a appuy&#233; dans ce sens de m&#234;me que la direction, pleine de mansu&#233;tude envers ce syndicat qui signe tous les accords qu'on lui pr&#233;sente. La CGT aurait eu de bonnes raisons de marquer son refus : la CFTC, avec son discours populiste et clivant (montant les fabricants contre les administratifs, par exemple), n'avait-elle pas tent&#233; de capter quelques-uns de ses soutiens en s'adressant &#224; la m&#234;me population de prolos ? Elle s'est pourtant abstenue de tirer sur l'ambulance. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc de la CFDT que l'estocade judiciaire est venue. Histoire d'enfoncer le clou dans la croix de la CFTC, les c&#233;d&#233;tistes ont port&#233; l'affaire devant le tribunal, eux qui n'ont jamais attaqu&#233; la direction de la bo&#238;te ! La juge s'est d'ailleurs inqui&#233;t&#233;e de cette absence d'am&#233;nit&#233; envers des &#171; camarades de lutte &#187;. Dans la salle, les avocats d&#233;blat&#232;rent pour savoir par quel bout prendre cette affaire tant le vide jurisprudentiel est intersid&#233;ral, du fait que c'est une loi r&#233;cente. En qu&#234;te d'une issue, la juge demande &#224; la CGT son sentiment. On parle d'usages, de d&#233;mocratie et tout le tralala. La juge semble acquiescer, mais osera-t-elle cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent ? On ne le saura que dans un mois. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel acharnement de la CFDT &#224; l'encontre d'un alli&#233; d&#232;s qu'il s'agit de s'aplatir devant la direction de l'usine ? Rappelons que la CFDT est un syndicat de contrema&#238;tres qui go&#251;tent assez peu la pr&#233;sence de prolos dans les r&#233;unions feutr&#233;es avec le patron. Les militants CFTC font taches dans le paysage avec leurs mani&#232;res grossi&#232;res et leurs esclandres qui tombent &#224; plat. Les voir d&#233;barrasser le plancher semble &#234;tre une opportunit&#233; &#224; saisir. &#199;a c'est du syndicalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re fourberie en date des c&#233;d&#233;tistes, leur participation, le 20&#8200;mars dernier, aux c&#244;t&#233;s des dirigeants du secteur de la plasturgie et des industries papeti&#232;res au &#171; premier symposium inter-conventionnel du dialogue social &#187;. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents, avec le Medef, les ministres Macron et Rebsamen pour &#171; &lt;i&gt; red&#233;finir les p&#233;rim&#232;tres et les limites de l'action syndicale&lt;/i&gt; &#187;. Surtout les limites, puisque cet ar&#233;opage &#233;tait invit&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;fl&#233;chir sur l'existence des conventions collectives en supprimant la culture des avantages acquis&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, une manif de salari&#233;s venus d'entreprises en lutte tentait de ramener les d&#233;bats &#224; quelques urgences plus concr&#232;tes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comment faire chialer son patron&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Comment-faire-chialer-son-patron</link>
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		<dc:date>2015-04-14T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que des chefs de service belges. Le hic, c'est qu'ils sont majoritairement flamands et que, question langue, il a fallu qu'ils se mettent au fran&#231;ais, comme pas mal de chez nous ont d&#251; se mettre &#224; l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH357/p12-cqfd58-ded8e.png?1782642420' width='400' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des probl&#232;mes de langues, c'est &#224; un v&#233;ritable choc de culture sociale que nous avons assist&#233;. Car nos nouveaux patrons, qui n'en reviennent toujours pas, ont d&#233;couvert le droit du travail, les syndicats, les gr&#232;ves et j'en passe. Leur &#233;tonnement a &#233;t&#233; particuli&#232;rement profond lorsqu'ils se sont rendu compte que les salari&#233;s pouvaient arr&#234;ter les b&#233;canes et ne pas venir gratter lors des journ&#233;es d'action de gr&#232;ve. Ainsi le 16&#8200;octobre dernier, une partie de l'usine avait &#233;t&#233; stopp&#233;e et aucun sac d'engrais n'&#233;tait sorti. La demande d'explication adress&#233;e par la direction &#224; tous les syndicats (m&#234;me ceux qui n'appelaient pas au blocage des machines) n'avait pas tra&#238;n&#233;. Avec un discours toujours aussi bien rod&#233; : vous comprenez ce n'est pas le moment vu la conjoncture, l'&#233;tat des installations&#8230; On avait eu le droit aussi &#224; une lettre du PDG. Du classique, donc. Auparavant, sous Total, c'&#233;tait plus direct et parfois plus chaud, notamment lorsque le &lt;i&gt;big boss&lt;/i&gt; avait effectu&#233; une descente &#171; au contact &#187; des gr&#233;vistes pour les traiter de cons et d'assassins. Effet de sid&#233;ration garanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG actuel essaie d'&#234;tre plus diplomate. Reste que, apr&#232;s la derni&#232;re journ&#233;e d'action en date, les organisations syndicales ont encore &#233;t&#233; convoqu&#233;es par le staff de la direction g&#233;n&#233;rale &#224; Courbevoie, si&#232;ge de la bo&#238;te. Encore une fois pour se voir ass&#233;ner le m&#234;me discours ferme et paternaliste : &#171; &lt;i&gt;En Autriche et dans les autres pays o&#249; nous sommes implant&#233;s, nous ne subissons pas l'arr&#234;t de la production lors de ces journ&#233;es politiques qui s'adressent au gouvernement. Nous n'avons pas &#224; subir &#231;a. Nous comprenons le droit de manifester, mais pas d'arr&#234;ter les machines. Dans nos pays, nous ne comprenons les mouvements de gr&#232;ve que lorsqu'ils concernent les probl&#232;mes de l'entreprise.&lt;/i&gt; &#187; Parce que nous sommes joueurs nous avons dit avoir compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, lorsque ont eu lieu les N&#233;gociations annuelles obligatoires concernant les augmentations, les primes et tout et tout, la CGT a appel&#233; &#224; mettre bas les marteaux. Les salari&#233;s s'en sont empar&#233;s et ont m&#234;me voulu commencer le mouvement la veille de la date pr&#233;vue. Rien de surprenant &#233;tant donn&#233; le climat d&#233;l&#233;t&#232;re qui r&#232;gne dans la bo&#238;te : chaque jour, la pression sur tous et chacun se fait un peu plus forte, les machines fonctionnent de moins en moins bien, la hi&#233;rarchie est toujours plus stress&#233;e et pesante. De plus, il y a eu pas mal de jeunes embauch&#233;s, plut&#244;t rebelles, qui veulent montrer qu'ils ne se laissent pas marcher sur les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant une solide exp&#233;rience de ces s&#233;ances de n&#233;gociations o&#249; on se fait avoir si on n'a pas le rapport de force, je me suis quand m&#234;me fait violence pour faire partie de la d&#233;l&#233;gation syndicale. La r&#233;union a commenc&#233; avec une direction souriante, le jeune responsable RH belge plut&#244;t content (nous l'appellerons John), la DRH minaudant comme &#224; son habitude. Et puis, ils ont fait leurs propositions. Des augmentations au ras des p&#226;querettes, expliqu&#233;es par les mauvais r&#233;sultats et la fameuse conjoncture. Les syndicats ont demand&#233; une suspension de s&#233;ance. Ce qui nous a permis de relayer par sms les avanc&#233;es en forme d'aum&#244;ne de la direction. &#199;a n'a fait ni une ni deux. Dans la foul&#233;e, les retours ont &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;On arr&#234;te tout&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, lorsque l'&#233;quipe de direction est revenue, ils tiraient la tronche. La DRH regardait ses pieds et le jeune responsable avait la larme (de crocodile) &#224; l'&#339;il. Ils venaient d'apprendre l'arr&#234;t de la production. John a alors dit qu'il ne comprenait pas, qu'il &#233;tait pour la discussion et qu'une gr&#232;ve, c'&#233;tait violent. Du coup, devant tant de &#171; violence &#187; de notre part, les cartes avaient chang&#233; et un nouveau cycle de n&#233;gociations pouvait d&#233;marrer. Au bout de trois heures d'empoignades, les offres ont &#233;t&#233; nettement revues &#224; la hausse, une prime de fin d'ann&#233;e augment&#233;e de 40 %, entre autres. &#201;videmment, ce n'est jamais &#224; la hauteur de ce qu'on voudrait comme compensation &#224; nos heures perdues au travail, mais pour avoir plus il faudrait autre chose qu'une petite gr&#232;ve d'une journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant la r&#233;union, John s'est excus&#233; de s'&#234;tre mis en col&#232;re. Ce dont on ne s'&#233;tait m&#234;me pas aper&#231;u. Il a dit aussi qu'il souhaitait que la gr&#232;ve s'arr&#234;te. Ce &#224; quoi je lui ai r&#233;pondu que c'&#233;tait une gr&#232;ve de 24&#8200;heures et qu'on n'en &#233;tait qu'au d&#233;but. Il a rentr&#233; la t&#234;te dans ses &#233;paules et est parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je retrouvais les coll&#232;gues dans les secteurs arr&#234;t&#233;s et ils avaient tous la banane. C'&#233;tait une petite victoire mais une victoire quand m&#234;me. Et par les temps qui courent &#231;a s'appr&#233;cie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Unite !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Accompagn&#233; d'un coll&#232;gue, je sors du si&#232;ge de la bo&#238;te apr&#232;s une r&#233;union soporifique avec la Direction g&#233;n&#233;rale. Il fait gris et froid avec un vent fort &#224; La D&#233;fense, comme d'habitude&#8230; Pour rejoindre le parking, nous devons passer par le parvis de la tour Total. Ce n'est pas par nostalgie qu'on passe par l&#224;, c'est juste qu'on est oblig&#233;. Des travaux longs, chers et colossaux ont transform&#233; l'entr&#233;e de la tour. C'&#233;tait moche avant et &#231;a l'est toujours. C'est surtout grandiloquent et m'as-tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ratcliffe" rel="tag"&gt;Ratcliffe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accompagn&#233; d'un coll&#232;gue, je sors du si&#232;ge de la bo&#238;te apr&#232;s une r&#233;union soporifique avec la Direction g&#233;n&#233;rale. Il fait gris et froid avec un vent fort &#224; La D&#233;fense, comme d'habitude&#8230; Pour rejoindre le parking, nous devons passer par le parvis de la tour Total. Ce n'est pas par nostalgie qu'on passe par l&#224;, c'est juste qu'on est oblig&#233;. Des travaux longs, chers et colossaux ont transform&#233; l'entr&#233;e de la tour. C'&#233;tait moche avant et &#231;a l'est toujours. C'est surtout grandiloquent et m'as-tu vu. En m&#234;me temps, &#231;a sert &#224; filtrer davantage les entr&#233;es. Comme un ch&#226;teau fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce parvis, nous remarquons quelques personnages qui d&#233;tonnent. Trois sont &#224; l'abri derri&#232;re une verri&#232;re avec de gros paquets, trois autres arborant des gilets rouge fluo et, s'appr&#234;tant &#224; distribuer un tract, sont dispers&#233;s sur le parvis. Il y a, enfin, deux autres qui s'affairent nerveusement autour d'un PC portable, sans doute &#224; la recherche de wifi. Intrigu&#233;s, nous regardons ce qui se passe. De m&#234;me que les multiples cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance install&#233;es partout. Celui qui tient le PC fait un signe de la main. Ses coll&#232;gues se mettent alors en branle. Les huit gilets rouges, affichant &#171; &lt;i&gt;UNITE the union&lt;/i&gt; &#187;, se regroupent au milieu de la place, &#224; peine remarqu&#233;s par tous les employ&#233;s en costard sortis fumer leur clope. De plusieurs gros paquets, certains manifestants sortent une banderole qui avertit : &#171; &lt;i&gt;On ne laissera pas faire&lt;/i&gt; &#187;. D'autres extraient une masse informe et grise sur laquelle ils branchent un petit compresseur. La baudruche se gonfle petit &#224; petit et se mue en un rat agressif de plus de trois m&#232;tres qui reprend le m&#234;me slogan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH612/p11-efix-cqfd117-1e288.jpg?1782641353' width='400' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Nos Anglais, enfin plut&#244;t des &#233;cossais avec des tronches des films de Ken Loach, travaillent dans une raffinerie en difficult&#233; &#224; Grangemouth, appartenant &#224; Ineos. Une soci&#233;t&#233; pr&#233;datrice qui rach&#232;te des bo&#238;tes (elle poss&#232;de en partenariat avec Petrochina la raffinerie Lavera sur l'&#233;tang de Berre) dont les autres multinationales (BP, ICI&#8230;) veulent se d&#233;barrasser pour en presser les derni&#232;res gouttes avant de les jeter. Ineos appartient &#224; James Ratcliffe, milliardaire britannique install&#233;, sans surprise, en Suisse, depuis trois ans. Le syndicat de nos &#233;cossais, UNITE the union, est la plus grosse conf&#233;d&#233;ration british et ils sont venus sur le parvis de La D&#233;fense pour faire conna&#238;tre leur situation. La raffinerie de Grangemouth, avec son millier de salari&#233;s, est dans le viseur des multinationales p&#233;troli&#232;res depuis longtemps. Mais Ratcliffe et sa clique ont fait monter la pression en pointant l'absence de rentabilit&#233; de l'entreprise. Les syndicalistes opposent &#224; cela une &#171; modeste &#187; progression des ventes de 50 % ces derni&#232;res ann&#233;es. Tout en m&#233;pris et poussant son avantage, la direction exige en contrepartie du maintien du site : r&#233;ductions salariales et diminution des jours de cong&#233; pendant les trois prochaines ann&#233;es, fermeture de leur r&#233;gime de pension de retraite et licenciement de leur d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, Stevie Deans. Face &#224; ce chantage, les raffineurs, par r&#233;f&#233;rendum, ont r&#233;pondu qu'ils ne voulaient pas de ces menaces et refusaient de perdre leurs maigres avantages. Une gr&#232;ve &#233;tait m&#234;me pr&#233;vue mais la direction a pris les devants en arr&#234;tant les installations tandis que Ratcliffe lan&#231;ait un ultimatum de 48 heures &#224; l'ensemble de ses employ&#233;s sous peine de d&#233;chirer leurs contrats de travail. Les raffineurs ont d&#251; baisser pavillon et le travail a repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette situation que voulaient faire conna&#238;tre nos huit syndicalistes qui sont vraiment contents qu'on s'int&#233;resse &#224; eux, m&#234;me si nous ne sommes que deux. De la tour Total, personne ne vient les voir. Ils sont juste surveill&#233;s comme des b&#234;tes curieuses et m&#234;me pas dangereuses. Un autre militant syndical qui passait par l&#224; se joint &#224; nous. Ils nous prennent alors en photo et les balancent aussit&#244;t sur la page Facebook de leur syndicat. Pour la forme, des tracts expliquant la situation sont distribu&#233;s et une sono minuscule mais tr&#232;s puissante crache le venin d'un groupe &#233;cossais politis&#233;. Certes, cela change du &#171; on l&#226;che rien &#187; de HK et les saltimbanques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'une heure, les banderoles sont pli&#233;es, le rat d&#233;gonfl&#233;. Nous nous quittons, les Anglais, eux, se rendent devant le si&#232;ge de Veolia pour recommencer leur d&#233;monstration&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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