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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La Zad, tel le Ph&#339;nix</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Rien n'abat la Zad. Depuis 2012, malgr&#233; les destructions &#224; la pelleteuse et l'envoi de milliers d'uniformes, elle rena&#238;t fa&#231;on Ph&#339;nix et reconstruit sur les d&#233;combres. Le fruit d'une r&#233;sistance bien rod&#233;e et d'une &#233;nergie sans faille. &#171; Cabane ! &#187; Dans les jeux de m&#244;mes, c'est toujours le bon moyen de se prot&#233;ger, de sortir du jeu. Le mot magique, et hop, &#224; l'abri. Mais en ce mois d'avril, la Zad n'a rien d'une cour de r&#233;cr&#233;. Et les bataillons casqu&#233;s de l'&#201;tat ne jouent pas. Dans leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rien n'abat la Zad. Depuis 2012, malgr&#233; les destructions &#224; la pelleteuse et l'envoi de milliers d'uniformes, elle rena&#238;t fa&#231;on Ph&#339;nix et reconstruit sur les d&#233;combres. Le fruit d'une r&#233;sistance bien rod&#233;e et d'une &#233;nergie sans faille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1141-0b04e.jpg?1782648368' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C&lt;/span&gt;&lt;i&gt;abane !&lt;/i&gt; &#187; Dans les jeux de m&#244;mes, c'est toujours le bon moyen de se prot&#233;ger, de sortir du jeu. Le mot magique, et hop, &#224; l'abri. Mais en ce mois d'avril, la Zad n'a rien d'une cour de r&#233;cr&#233;. Et les bataillons casqu&#233;s de l'&#201;tat ne jouent pas. Dans leur collimateur, les cabanes. Les voil&#224; promues ennemies publiques num&#233;ro un et condamn&#233;es &#224; une destruction sauvage. Ce qu'un huissier hautain, commis sous haute protection sur ce th&#233;&#226;tre d'op&#233;ration guerri&#232;re, appelle &#171; &lt;i&gt;d&#233;construction&lt;/i&gt; &#187; &#8211; dr&#244;le d'euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;. Ce n'est pas assez visible. Les destructions en cours sont souvent occult&#233;es par les nuages de gaz, le public &#233;loign&#233; &#224; coups de grenades et les journalistes interdits d'acc&#232;s. Pour seuls t&#233;moins, les gendarmes. Eux se chargent d&#233;sormais de filmer les op&#233;rations, avant d'en proposer aux m&#233;dias les &#171; meilleurs moments &#187;. Sur ces images, on ne les voit pas couper l'&#233;lectricit&#233;, squeezer l'alimentation en eau ou crever rageusement au couteau des dizaines de packs de jus de pommes. Ce sale boulot d'affaiblissement de l'ennemi manque par trop de panache pour &#234;tre diffus&#233;. Pour d&#233;montrer la force implacable de leur mission, ils pr&#233;f&#232;rent les images spectaculaires. Comme la destruction des b&#226;tisses d&#233;munies de permis de construire, donc frapp&#233;es du sceau de l'ill&#233;galit&#233; : voil&#224; qui a plus de gueule. &#199;a fait du bruit, de la poussi&#232;re. &#199;a impressionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uniformes s'y entendent en propagande &#8211; la guerre des images comme continuation de la guerre tout court. Pour parfaite illustration, cette vid&#233;o montrant un blind&#233; de la gendarmerie qui ratiboise les d&#233;combres d'une maison collective. Il s'agit du lieu-dit Le Gourbi, o&#249; se partageaient chaque vendredi le pain et les l&#233;gumes produits sur la Zad. Son d&#244;me a &#233;t&#233; d&#233;truit quelques heures plus t&#244;t et les zadistes viennent en urgence de ramener une nouvelle charpente. Las, c'est &#224; elle que s'en prend le blind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration est film&#233;e d'un h&#233;licopt&#232;re. Les images du mouchard &#224; h&#233;lice sont mal fichues, truff&#233;es de donn&#233;es chiffr&#233;es. Mais on y voit le blind&#233; bleu au nez camus foncer dans le tas, s'y reprenant &#224; deux fois pour terrasser le bel assemblage de trois tonnes de poutres, poin&#231;ons et sabli&#232;res, amen&#233; la veille &#224; la lueur des frontales, apr&#232;s le d&#233;part des pandores &#224; la nuit tomb&#233;e. De la belle &#339;uvre pr&#233;par&#233;e en kit, en quelques jours, par une escouade de charpentiers et charpenti&#232;res enthousiastes. Mais r&#233;duite en miettes en quelques minutes, le temps de cette vid&#233;o qui se termine en affichant le logo des pandores, surmont&#233; d'une fringante devise &#8211; &#171; &lt;i&gt;Gendarmerie nationale, une force humaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S'en fout la mortaise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais cette charpente, m&#234;me bris&#233;e, vaut symbole. Elle dit la belle obstination des zadistes &#224; toujours revenir et reconstruire. &#192; ne rien l&#226;cher face &#224; l'acharnement autoritaire et punitif de Macron et son monde. Les opposants savent que la force brute et la crispation arm&#233;e n'ont qu'un temps &#8211; il faudra bien que les troupes se retirent un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, une fois leur sale besogne effectu&#233;e, les f&#226;cheux en uniforme laissent au bord de la route des Fosses Noires un tas de poutres mal rang&#233;es, se contentant de les tron&#231;onner pour emp&#234;cher toute reconstruction. Rat&#233;. Vingt minutes apr&#232;s le d&#233;part des uniformes, l'escouade charpenti&#232;re que rien n'abat est revenue. La m&#234;me renforce deux fermes partiellement d&#233;truites, les &#233;tayant gr&#226;ce aux bouts de poutre tron&#231;onn&#233;s. un beau pied de nez &#224; toute cette &#171; &lt;i&gt;force humaine &lt;/i&gt; &#187; destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les zadistes sont comme les &lt;i&gt;toons&lt;/i&gt; des dessins anim&#233;s. On les croit ratatin&#233;s par le rouleau compresseur, raplaplas, &#233;crabouill&#233;s. Et plop, les voil&#224; qui se regonflent et reprennent vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La cha&#238;ne de poutres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la premi&#232;re op&#233;ration militaire contre la Zad, le mouvement n'a cess&#233; de d&#233;velopper sa capacit&#233; de (re)construction. Gr&#226;ce &#224; des comp&#233;tences acquises collectivement. Et au soutien d'un r&#233;seau &#233;largi de b&#226;tisseurs, pr&#234;ts &#224; intervenir en cas de coup dur. Le 17 novembre 2012, trois semaines apr&#232;s le d&#233;but de l'op&#233;ration C&#233;sar, la manif de r&#233;occupation avait ainsi surpris par son ampleur et son dynamisme, rameutant 40 000 personnes en plein hiver. Dont beaucoup avaient aid&#233; au d&#233;chargement de remorques agricoles croulant sous les poutres et charpentes des nouvelles cabanes. Dans la boue, une longue cha&#238;ne humaine s'&#233;tait form&#233;e pour acheminer de main en main les bastaings jusqu'&#224; la clairi&#232;re de ch&#226;taigniers, lieu d'implantation des b&#226;tisses. C'&#233;tait beau. L'un de ces moments euphoriques o&#249; on se dit que rien ne peut terrasser un mouvement si tenace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de ces barricades d'avril barrant les chemins, que les engins des gendarmes mettent &#224; bas et qui reprennent forme insurg&#233;e d&#232;s les uniformes envol&#233;s. Ou de ces tranch&#233;es creus&#233;es &#224; m&#234;me le bitume pour emp&#234;cher le passage des blind&#233;s gendarmesques &#8211; &#224; peine sont-elles combl&#233;es que de nouvelles s'ouvrent, b&#233;antes, juste &#224; c&#244;t&#233;. &#192; chaque fois, une m&#234;me force acharn&#233;e et collective. une &#233;nergie increvable, sans doute largement nourrie par l'influence d'une culture squat habitu&#233;e aux expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Squat qu'il en soit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Beaucoup de zadistes sont en effet pass&#233;s par les squats,&lt;/i&gt; confirme Max&lt;i&gt;. Et ils savent qu'on se remet de la perte d'une maison occup&#233;e &#8211; l'important est de rebondir au plus vite. &lt;/i&gt; &#187; Vivre en squat est par essence une situation pr&#233;caire et &#233;ph&#233;m&#232;re. Mais le risque de tout perdre signifie aussi la possibilit&#233; de retrouver un autre lieu de vie, parfois plus confortable. Et implique de ne pas attacher trop d'importance aux possessions mat&#233;rielles, d&#233;taille Jean-Jo : &#171; &lt;i&gt;Dans ma cabane, il n'y a rien qui ne soit rempla&#231;able. La seule chose r&#233;ellement pr&#233;cieuse est l'ordinateur &#8211; j'ai mis le disque dur &#224; l'abri. En vivant ainsi, tu te rends compte que l'important n'est pas le mat&#233;riel ou la cabane elle-m&#234;me, mais les pratiques qui les ont fait na&#238;tre. &#192; l'exemple du Hangar de l'avenir : il est beau, certes, mais pas autant que les processus collectifs ayant permis sa construction.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet autre habitant de la Zad insiste surtout sur l'importance de l'&#233;nergie collective : &#171; &lt;i&gt; Elle avait assur&#233; le succ&#232;s de la manif de r&#233;occupation en 2012. Elle nous permet de tenir bon aujourd'hui et de reb&#226;tir dans la zone non motoris&#233;e &#224; peine deux semaines apr&#232;s les premi&#232;res destructions d'avril.&lt;/i&gt; &#187; une efficacit&#233; qui doit aussi beaucoup au d&#233;veloppement des ressources autonomes de la Zad. Au soutien de charpentiers implant&#233;s dans les alentours. Et &#224; Abracadabois, organisation collective de coupe des haies et d'entretien de la for&#234;t, fournissant en circuit court le bois d'&#339;uvre pour les planchers et charpentes. Dont ces belles billes de bois, extraites &#224; l'ancienne, avec un cheval de trait, par des b&#251;cherons travaillant en for&#234;t de Rohanne : les voil&#224; disponibles pour de futures constructions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solus &#224; tout recommencer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autour d'une table brinquebalante au lieu dit Le Maquis, la discussion court sur les &lt;i&gt;gecedonku&lt;/i&gt; turcs, des bidonvilles install&#233;s ill&#233;galement en une nuit, la loi ne s'appliquant pas entre le coucher du soleil et le matin. Ces auto-constructions forment des quartiers entiers, qui t&#233;moignent de la combativit&#233; d'habitants n'ayant plus rien &#224; perdre, sauf leur logis du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son roman &lt;i&gt;Contes de la montagne d'ordures&lt;/i&gt;, Latife Tekin raconte que l'un de ces &lt;i&gt;gecedonku&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; 37 fois d&#233;truit par les autorit&#233;s et remont&#233; opini&#226;trement pendant 37 nuits suivantes. Jusqu'&#224; ce que les bulldozers et les officiels l&#226;chent l'affaire. Belle victoire litt&#233;raire de la t&#233;nacit&#233; et de la taule de fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le situationniste historique Raoul Vaneigem vient de rendre un joli hommage &#224; ce que repr&#233;sente la Zad &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec &#171; Terre libre &#187;, vid&#233;o disponible sur YouTube &#8211; chant par Fanchon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Toujours aussi printanier, l'auteur du &lt;i&gt;Trait&#233; de savoir-vivre &#224; l'usage des jeunes g&#233;n&#233;rations&lt;/i&gt; pose joliment l'enjeu de la lutte en cours : &#171; &lt;i&gt; c'est un pari sur le monde qui se joue &#224; Notre-Dame-des-Landes. Ou la tristesse hargneuse des r&#233;sign&#233;s et de leurs ma&#238;tres, aussi piteux, l'emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l'issue, nous savons que le parti pris de la vie rena&#238;t toujours de ses cendres. La conscience humaine s'ensommeille mais ne s'endort jamais. Nous sommes r&#233;solus de tout recommencer.&lt;/i&gt; &#187; Viva la r&#233;solution !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec &#171; &lt;a href=&#034;https://youtu.be/U211fEoBIgI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Terre libre&lt;/a&gt; &#187;, vid&#233;o disponible sur YouTube &#8211; chant par Fanchon Daemers, textes par Raoul Vaneigem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La kryptonite, c'est politique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-kryptonite-c-est-politique</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;William Blanc est un super-historien. Carr&#233;ment surprenant. Apr&#232;s avoir d&#233;soss&#233; la figure de Charles Martel , le voil&#224; qui essaie de concilier critique sociale et comic book. Son livre Super-h&#233;ros, une histoire politique (&#233;ditions Libertalia) rameute le minot qui sommeille en nous. En juin 1938, sur la couverture d'Action Comics, on peut voir un mastard &#224; cape soulever &#224; bras nus une bagnole. Au premier plan, un citoyen s'enfuit, la t&#234;te entre les mains, &#224; la fois terrifi&#233; et fascin&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/force" rel="tag"&gt;force&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Comics" rel="tag"&gt;Comics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Wonder-Woman" rel="tag"&gt;Wonder Woman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/super-heros-4870" rel="tag"&gt;super-h&#233;ros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanc" rel="tag"&gt;Blanc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Action-Comics" rel="tag"&gt;d'Action Comics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/condition-humaine" rel="tag"&gt;condition humaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;William Blanc est un super-historien. Carr&#233;ment surprenant. Apr&#232;s avoir d&#233;soss&#233; la figure de Charles Martel&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; , le voil&#224; qui essaie de concilier critique sociale et &lt;i&gt;comic book&lt;/i&gt;. Son livre &lt;i&gt;Super-h&#233;ros, une histoire politique&lt;/i&gt; (&#233;ditions Libertalia) rameute le minot qui sommeille en nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH263/-1094-b1fa4.jpg?1782641374' width='180' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;Super-h&#233;ros, une histoire politique&#034;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n juin 1938, sur la couverture d'&lt;i&gt;Action Comics&lt;/i&gt;, on peut voir un mastard &#224; cape soulever &#224; bras nus une bagnole. Au premier plan, un citoyen s'enfuit, la t&#234;te entre les mains, &#224; la fois terrifi&#233; et fascin&#233; par l'irruption soudaine de cet hercule &#224; force de taureau. Non seulement l'humano&#239;de en collant fait montre d'une force surhumaine, mais il d&#233;fie aussi les lois de la gravit&#233;. De quoi coller berlue et infarctus. La condition humaine en prend pour son grade : nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Juste avant son effondrement, la plan&#232;te Krypton nous envoie un de ses rejetons : Superman d&#233;boule sur les &#233;tals des kiosquiers amerloques. Et il fait un carton. Plus de 80 ans apr&#232;s, l'alien aux maxillaires carr&#233;s et &#224; gomina extra-forte continue de fasciner les foules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Kryptonien&lt;/strong&gt; reste cependant une exception. S'il ouvre le chemin &#224; une multitude de suivistes bodybuild&#233;s et costum&#233;s, la cohorte grandissante des super-h&#233;ros sera en grande majorit&#233; issue du s&#233;rail humain. Tant&#244;t &#233;quip&#233;s d'armures et de gadgets, tant&#244;t &#171; augment&#233;s &#187; lors d'exp&#233;riences scientifiques, ces justiciers hors-normes n'auront de cesse de sauver l'humanit&#233; des in&#233;puisables menaces ourdies par leurs avatars maudits : les super-vilains. Combats a&#233;riens, explosions hom&#233;riques, sauvetages chevaleresques : on pourrait r&#233;duire les&lt;i&gt; comics&lt;/i&gt; &#224; une simple expression pu&#233;rile, celle d'un combat binaire entre le bien et le mal. Ce n'est pas le pari que fait William Blanc, historien m&#233;di&#233;viste sp&#233;cialis&#233; dans les cultures populaires, bien d&#233;cid&#233; &#224; tracer les jalons d'une histoire politique des super-h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Super-meufs sur le ring&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#232;s la fin des ann&#233;es 1930&lt;/strong&gt;, se voulant membres actifs d'une d&#233;mocratie moderne, les auteurs de comics se sont servis de leur m&#233;dium &#8211; art populaire m&#233;pris&#233; par la culture dominante &#8211; pour donner leur point de vue sur le monde.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;R&#233;alis&#233;s pour des masses urbaines par des auteurs venus &#8211; pour beaucoup &#8211; de milieux d&#233;favoris&#233;s, les &lt;/i&gt;comic books&lt;i&gt; ont souvent &#233;t&#233; perm&#233;ables aux d&#233;bats agitant les soci&#233;t&#233;s qui les ont vu na&#238;tre. &lt;/i&gt; &#187; L'entre-deux-guerres baigne en pleine id&#233;ologie du progr&#232;s &#8211; technique, social, politique. D&#233;barquant des &#233;toiles et bard&#233; d'une morale et de muscles d'acier, Superman est l&#224; pour nous montrer la voie &#8211; pas toujours lact&#233;e malheureusement. William Blanc insiste sur cette contradiction dont le surhumain ne peut jamais se d&#233;partir : &#171; &lt;i&gt;&#201;mancip&#233; des contraintes de la condition humaine, il peut &#234;tre &#224; la fois force b&#233;n&#233;fique, respectant les individus sans capacit&#233;s sup&#233;rieures, ou bien un sur-&#234;tre oppressant et destructeur.&lt;/i&gt; &#187; Plac&#233;s hors-champ du commun des mortels, les super-h&#233;ros soumettent les soci&#233;t&#233;s humaines &#224; une tension permanente. Adul&#233;s ou craints, ils portent en eux l'ambigu&#239;t&#233; de germes tout autant &#233;mancipateurs que destructeurs. Le trombinoscope offert par William Blanc nous permet ainsi d'approcher les figures de Captain America, patriote US r&#233;tameur de nazis ; du Punisher, v&#233;t&#233;ran du Vi&#234;tnam aux n&#233;vroses homicides ; Wonder Woman, &#233;g&#233;rie f&#233;ministe hyper-sexualis&#233;e ; Luke Cage, cogneur du ghetto insensible aux balles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut avoir grandi avec ces figures virevoltantes&lt;/strong&gt; et hautes en couleur pour en saisir les nombreux arcanes et niveaux de lecture. Les super-h&#233;ros sont des &#233;ponges : au fil des d&#233;cennies, on les voit m&#233;taboliser les enjeux sociaux du moment. Porte-parole du f&#233;minisme des ann&#233;es 1930, Wonder-Woman doit faire avec la r&#233;action patriarcale d'apr&#232;s-guerre. Accusant les comics de pervertir la jeunesse, le psychologue Fredric Wertham voit dans la &lt;i&gt;wonder-meuf&lt;/i&gt; l'&#233;quivalent lesbien du p&#233;d&#233;raste Batman : &#171; [Les femmes dans les comics] &lt;i&gt;ne travaillent pas. Elles ne b&#226;tissent pas de foyer. Elles n'&#233;l&#232;vent pas de famille. L'amour maternel est totalement absent. &lt;/i&gt; &#187; Wertham est l'auteur de &lt;i&gt;Seduction of the Innocent&lt;/i&gt; (1954), bouquin dans lequel il livre une charge v&#233;h&#233;mente contre les b&#233;d&#233;s populaires. La &lt;i&gt;Comics Code Authority&lt;/i&gt; est cr&#233;&#233;e dans la foul&#233;e : les auteurs doivent composer dor&#233;navant avec un comit&#233; de censure, v&#233;ritable lessiveuse puritaine. Wonder Woman, elle, devra attendre la seconde vague du f&#233;minisme des ann&#233;es 1960 pour sortir de la naphtaline et jouer du biceps au milieu des super-mecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant &#224; Wolverine&lt;/strong&gt;, il incarne une des figures les plus &#233;quivoques du bestiaire super-h&#233;ro&#239;que. Celle d'un cow-boy griffu et myst&#233;rieux ayant servi de cobaye &#224; l'arm&#233;e. Le squelette rehauss&#233; par une structure en adamantium (m&#233;tal imaginaire indestructible), c'est comme si une partie de son humanit&#233; s'&#233;tait lentement &#233;miett&#233;e. Autrefois par&#233;e de toutes les vertus, la science accouche &#224; pr&#233;sent de monstres tourment&#233;s. Infaillibles au dehors et tout ab&#238;m&#233;s dedans. Pr&#233;monitoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire&lt;/i&gt;, en collaboration avec Christophe Naudin, Libertalia, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zad : l'usage de la farce</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce devait &#234;tre la fin de la Zad, son chant du cygne. 2 500 robocops contre quelques centaines de pel&#233;s divis&#233;s &#8212; le combat semblait perdu d'avance. Sauf que non. Au fil des jours, la r&#233;sistance s'est organis&#233;e et les forces vives ont afflu&#233; sur la zone. R&#233;cit subjectif de quelques jours pass&#233;s sur place, entre barricades et popote. Dimanche 15 avril. La nuit tombe sur la Zad apr&#232;s une journ&#233;e de mobilisation tr&#232;s charg&#233;e, parfois violente, souvent joyeuse. Passant devant l'imposante (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lama-Fache" rel="tag"&gt;Lama F&#226;ch&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce devait &#234;tre la fin de la Zad, son chant du cygne. 2 500 robocops contre quelques centaines de pel&#233;s divis&#233;s &#8212; le combat semblait perdu d'avance. Sauf que non. Au fil des jours, la r&#233;sistance s'est organis&#233;e et les forces vives ont afflu&#233; sur la zone. R&#233;cit subjectif de quelques jours pass&#233;s sur place, entre barricades et popote.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-676-8c256.jpg?1782641352' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 15 avril. La nuit tombe sur la Zad apr&#232;s une journ&#233;e de mobilisation tr&#232;s charg&#233;e, parfois violente, souvent joyeuse. Passant devant l'imposante barricade dite des Lascars, d&#233;truite au matin et reconstruite dans la foul&#233;e, trois camarades de lutte constatent qu'elle n'est pas dot&#233;e de tranch&#233;e anti-blind&#233;s. La seule d&#233;fense v&#233;ritablement efficace quand les forces de l'ordre mettent le paquet. Une pioche fatigu&#233;e tra&#238;ne aux environs ? C'est un signe. Ils se mettent donc au turbin, se refilant l'outil &#224; tour de r&#244;le, ahanant dans la nuit. Projet &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; absurde, tant la t&#226;che semble colossale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures plus tard, alert&#233;s par le bouche-&#224;-oreille nocturne, une bonne quinzaine d'opposants les ont rejoints &#224; travers champs, munis de pelles, pioches et b&#226;tons.Tous s'&#233;chinent &#224; la lueur des frontales, s'encourageant de chants ou de blagues, fouaillant joyeusement dans la boue. Malgr&#233; les ampoules et la fatigue, pas une plainte. Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au petit matin, quand des affrontements &#233;clatent &#224; proximit&#233;, au carrefour de la Saulce, la tranch&#233;e est pr&#234;te : plusieurs m&#232;tres de largeur, un bon m&#232;tre de profondeur. Deux acharn&#233;s s'&#233;chinent toujours pioche &#224; la main, macul&#233;s de boue. &#192; c&#244;t&#233;, quelques quidams tout de noir v&#234;tus se brossent les dents avant d'enfiler leur masque &#224; gaz. &lt;i&gt;Another day in the&lt;/i&gt; &lt;i&gt;bocage.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour de grenades&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue sur la Zad depuis le 9 avril a parfois pris des allures d'impitoyable rouleau compresseur. Voire de guerre en bonne et due forme. Recours immod&#233;r&#233; aux grenades assourdissantes Gli F4, utilisation de blind&#233;s, d'h&#233;licopt&#232;res et de drones de surveillance, gazage tous azimuts, tirs tendus de Flash-Ball, ciblage des journalistes, etc. Un &#233;talage de force impressionnant, sinon flippant. Pr&#232;s des zones de tension, un cri retentit &#224; intervalles r&#233;guliers : &#171; &lt;i&gt;M&#233;diiiic !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont connus : plus de 2 500 gendarmes d&#233;ploy&#233;s, des milliers de grenades balanc&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment &#171; ZAD, 4 000 grenades tir&#233;es &#187;, tr&#232;s bon article publi&#233; sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, pr&#232;s de trois cents bless&#233;s plus ou moins graves dans les rangs zadistes, quatre gendarmes auto-mutil&#233;s par leur propre connerie armement, etc. Sinistre &#233;num&#233;ration, tant bien que mal camoufl&#233;e par les responsables. Au milieu des crat&#232;res d'explosion, environn&#233;s de bless&#233;s livides, face aux blind&#233;s et aux sommations balanc&#233;es d'une voix m&#233;tallique au m&#233;gaphone &#8211; &#171; &lt;i&gt;Dernier avertissement, nous allons faire usage de la force&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, les d&#233;clarations faites la veille par Nicolas Hulot, ministre de la Transition &#233;nerg&#233;tique, prennent une dimension irr&#233;elle. &#171; &lt;i&gt;Rien ne justifie la moindre blessure.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les gendarmes ont proc&#233;d&#233; &#224; l'expulsion avec, j'ose le croire, le plus de pr&#233;cautions possibles.&lt;/i&gt; &#187; t'as qu'&#224; croire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les gendarmes sont bien l&#224; pour faire mal, sans pr&#233;cautions. Pour briser les cr&#226;nes, lac&#233;rer les jambes, perforer les tympans, cribler les corps. Bref : traumatiser. &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais vu &#231;a, les keufs sont en roue libre...&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne un membre de l'&#233;quipe m&#233;dicale, occup&#233; &#224; panser les blessures aux bras d'un quadrag&#233;naire bedonnant. Ne sont pas vis&#233;s uniquement les &#171; &lt;i&gt;combattants de premi&#232;re ligne&lt;/i&gt; &#187;, mais &#233;galement toutes les personnes pr&#233;sentes aux alentours, qu'elles semblent pacifiques ou non. Jusqu'&#224; choquer deux journalistes de TF1, repartant blancs comme des linges apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; de tr&#232;s violents affrontements : &#171; &lt;i&gt;Putain, mais c'est la guerre, en fait !&lt;/i&gt; &#187; Que m&#234;me les envoy&#233;s du groupe Bouygues s'indignent de la r&#233;pression souligne combien celle-ci ne prend pas de pincettes. &#171; &lt;i&gt;Es la guerra, de verdad&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; C'est la guerre, en v&#233;rit&#233;. &#187;&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, confirme un groupe d'Espagnols choqu&#233;s, l'un exhibant sa jambe cribl&#233;e d'&#233;clats de grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;voyants, les opposants se sont organis&#233;s en cons&#233;quence. Masques &#224; gaz, raquettes de tennis pour renvoyer les projectiles, clubs de golf, cagettes de pierres, fus&#233;es diverses, cocktails Molotov, boucliers improvis&#233;s (voire piqu&#233;s aux gendarmes), etc. Certains rigolent en &#233;voquant le recours aux diaboliques &#171; Popo Molotov &#187;, bombes &#224; la merde &#224; l'effet psychologique redoutable. Mais pas autant que la plus puissante des armes zadistes, capable de retourner des bocages : la d&#233;termination enthousiaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux abords des barricades, l'humour r&#232;gne ainsi en force, comme pour conjurer les coups. &#171; &lt;i&gt;Derni&#232;re sommation, nous allons faire usage de la farce&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;poumonent les mutins en r&#233;ponse aux avertissements gendarmesques. Et quand un projectile se r&#233;v&#232;le d&#233;fectueux, les lazzis pleuvent illico : &#171; &lt;i&gt;Elle a pas fait boum !&lt;/i&gt; &#187; Pour peu qu'une grenade explose &#224; proximit&#233; d'un coin thermos, les protestations prennent un ton bravache : &#171; &lt;i&gt;&#199;a nique le petit-d&#233;j' des gens et &#231;a s'&#233;tonne qu'ils soient v&#233;n&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Rayon boissons chaudes encore, il y a ce petit homme &#233;trange coiff&#233; d'un &#233;l&#233;gant chapeau, qui passe de groupe en groupe avec sa th&#233;i&#232;re improvis&#233;e et son Butagaz. Entre deux explosions, il demande poliment : &#171; &lt;i&gt;Tu veux combien de sucres ?&lt;/i&gt; &#187; Du th&#233; pour arme ? L'id&#233;e se tient. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas me battre, alors je me suis rabattu sur &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, confie-t- il, comme une &#233;vidence. Lors de la manif nantaise du 14 avril, un petit groupe op&#232;re dans le m&#234;me esprit, distribuant des cr&#234;pes &#224; la confiture (maison) au milieu des nuages de lacrymo. Son mantra : &#171; &lt;i&gt;Des cr&#234;pes pour le front !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cri de ralliement bocagier, le hurlement du loup : &#171; &lt;i&gt;Ahoooouuuu !&lt;/i&gt; &#187; Il jaillit en ch&#339;ur quand une phase offensive est enclench&#233;e, repris par les joyeux drilles &#233;parpill&#233;s dans les bois environnants. La meute hurle &#224; la lutte &#8211; de quoi redonner courage dans la tourmente. Et m&#234;me &#224; ceux qui n'en manquent pas. &#192; l'image de cette dizaine de pr&#233;pos&#233;s aux boucliers du premier rang de la barricade de Lama F&#226;ch&#233;, qui endurent une pluie continue de lacrymos et de grenades assourdissantes sans reculer d'un pouce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on s'&#233;loigne des &#233;chauffour&#233;es, ce sont les inscriptions appos&#233;es &#224; chaque d&#233;tour de chemin qui sautent aux yeux rougis. Ici, un mignon &#171; Ci-g&#238;t Valls &#187;, appos&#233; sur une sorte de tombe orn&#233;e d'une croix fun&#233;raire. L&#224;, un conseil m&#233;dical en forme d'ordonnance politique : &#171; Colomb irritable ? Changez de r&#233;gime &#187;. Un peu plus loin, la lutte affiche sa sant&#233; : &#171; Tirez-moi dessus, j'ai la CMU &#187;. Et aux abords d'une barricade, enfin, cette inscription &#224; l'intention des responsables du d&#233;sastre : &#171; Vous vous attendiez &#224; quoi ? &#187; Bonne question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les Cabanes repoussent d&#233;ter' &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la force des choses, l'insurrection du bocage d&#233;gage parfois une tonalit&#233; tr&#232;s martiale, n&#233;cessaire mais usante (d'autant qu'elle est l'unique aspect trait&#233; par les m&#233;dias, versant pr&#233;fecture). Reste que le combat men&#233; flancherait vite sans une organisation mitonn&#233;e aux petits oignons. Et nul besoin d'&#234;tre va-t-en-guerre pour y trouver sa place. &#192; la Wardine, l'un des lieux de vie embl&#233;matiques de la Zad, les volontaires turbinent sans rel&#226;che. Dans un hangar orn&#233; du slogan &#171; Vivre libre et nourrir &#187;, ils pr&#233;parent les repas collectifs, entre pyramides d'oignon &#224; d&#233;pecer et montagnes de semoule. Un b&#226;timent voisin accueille l'&#233;quipe m&#233;dicale le jour et des dizaines de ronfleurs le soir. Et juste &#224; c&#244;t&#233;, un &lt;i&gt;free shop&lt;/i&gt; permet &#224; l'apprenti barricadiste de s'&#233;quiper pour une journ&#233;e sportive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me topo aux Fosses Noires ou &#224; la ferme de Bellevue, dont les habitants ne se laissent pas d&#233;border par l'afflux d'opposants. Repas, v&#234;tements, m&#233;dicaments, sacs de couchage, tout s'&#233;change simplement. En lieu et place des rapports marchands, un esprit collectif fait de fraternit&#233; et de d&#233;termination. Qui se trouve joliment r&#233;sum&#233; par une inscription appos&#233;e sur un mur nantais : &#171; Les cabanes repoussent d&#233;ter' &#187;. Les mots ont un sens. L'impressionnante charpente transport&#233;e &#224; travers pr&#233;s dimanche 15 avril, puis saccag&#233;e par les bleus, en valait parfait symbole. Vous d&#233;truisez ? On reconstruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arri&#232;re aussi, l'organisation est millim&#233;tr&#233;e. Dans le grand local nantais B17, lieu militant fond&#233; dans les ann&#233;es 1980 autour d'un garage participatif, on donne &#224; l'arrivant toutes les informations indispensables &#224; son d&#233;part pour la zone. Des piles de m&#233;dicaments, de chaussettes ou de tablettes de chocolat sont entass&#233;es dans un coin, en attente d'un convoi. La petite salle qui sert de QG est occup&#233;e par quelques personnes viss&#233;es &#224; leur t&#233;l&#233;phone, collectant les emplacements des contr&#244;les de gendarmes et les mouvements de gardes mobiles. Au mur, une carte actualis&#233;e en temps r&#233;el, stri&#233;e de punaises color&#233;es indiquant les barricades, les barrages, les lieux o&#249; &#231;a castagne, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-675-00746.jpg?1782651843' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec Radio Klaxon, qui assure en direct le relais des derni&#232;res nouvelles, l'information circule rapidement, permettant de d&#233;jouer les contr&#244;les et les tentatives de blocage. &#171; &lt;i&gt;The revolution will not be televised&lt;/i&gt; &#187;, chantait Gil Scott-Heron. Il n'avait pas tort : tout se joue sur les ondes et les r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigie &amp; Pirates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube, le caf&#233; r&#232;gne en ma&#238;tre. Des &#233;quipes se pr&#233;parent pour aller relever ceux qui ont pass&#233; la nuit de garde sur les barricades. &#199;a ronchonne un chou&#239;a en s'&#233;tirant : cernes partout, courbatures aussi. Peu importe, l'humeur reste globalement joyeuse. Quelques pr&#233;cieuses clopes partag&#233;es, puis la petite troupe empaquette des provisions, pr&#233;pare des Thermos et communique par talkie-walkie. Avant de se mettre en route pour une barricade situ&#233;e &#224; quelques encablures de Lama F&#226;ch&#233;. Au long du chemin s'affichent les restes de combat de la veille, grenades et capsules lacrymo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e sur place avant le lever du soleil, la rel&#232;ve est salu&#233;e. &#201;change d'infos, puis les nouveaux s'installent pour leur mission vigie. La manifestation nantaise de l'apr&#232;s-midi est le sujet de discussion principal. Beaucoup ne se sentent pas d'abandonner leur poste pour un cort&#232;ge urbain en ville et sur-fliqu&#233;. &#171; &lt;i&gt;Franchement, je n'ai plus du tout envie d'aller faire le k&#233;k&#233; avec les flics dans les manifs urbaines&lt;/i&gt;, r&#233;sume Camille. &lt;i&gt;&#199;a se passe &#224; chaque fois de la m&#234;me fa&#231;on : ils nous nassent et nous manipulent. Ici, ils ne peuvent pas faire de m&#234;me. C'est notre terrain &#8211; pas moyen de nous balader. Et puis, on d&#233;fend quelque chose de concret, un territoire magique. &#199;a donne du c&#339;ur &#224; l'ouvrage.&lt;/i&gt; &#187; La suite lui donnera raison : quelques heures plus tard, la gent polici&#232;re transforme le joyeux cort&#232;ge offensif en course &#233;perdue sous les nuages de lacrymos (heureusement suivie de quelques manif' sauvages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu sous cet angle, il y a loin des rues de Nantes &#224; Notre-Dame-des-Landes. En ce mois d'avril, la Zad se trouve comme travers&#233;e par un souffle. Une impression de renouveau, qui se donne &#224; lire dans les combats acharn&#233;s comme dans les petits d&#233;tails du quotidien. Alors que l'ambiance &#233;tait plut&#244;t morose au d&#233;but de l'intervention gendarmesque, l'encha&#238;nement d'&#233;pisodes r&#233;pressifs, dont l'expulsion de la ferme des 100-Noms&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont les occupants appartenaient &#224; la frange la plus &#171; citoyenniste &#187; de la ZAD.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; le 9 avril et l'attaque du pique-nique de soutien deux jours plus tard, a renvers&#233; la donne. Soud&#233; les pr&#233;sents. Et suscit&#233; l'arriv&#233;e massive de bellig&#233;rants en renfort. Une strat&#233;gie si contre-productive qu'elle interroge. Ceux qui nous gouvernent sont-ils idiots &#224; ce point ? &#192; moins que l'efficacit&#233; du maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise ne soit surestim&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historique de la lutte, pas vraiment &#233;meuti&#232;re, Marylis explique que sa pr&#233;sence sur place tient grandement &#224; la violence des interventions : &#171; &lt;i&gt;Je ne serais pas venue s'ils n'avaient pas attaqu&#233; les 100-Noms. Ils auraient pu jouer la carte de la division, une tactique qui aurait pu &#234;tre efficace. Alors que l&#224;, ils ont r&#233;ussi &#224; ressouder tout le monde.&lt;/i&gt; &#187; Elle n'a pas tort : les hommes de pouvoir ont agi en busards d'&#233;lite. Et m&#234;me &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt;, quotidien le plus lu de France, partage son point de vue. Le journal, qui n'a pourtant rien d'un nid de gauchos, parle carr&#233;ment de &#171; &lt;i&gt;fiasco&lt;/i&gt; &#187;. Et constate : &#171; &lt;i&gt;La situation ne s'est non seulement pas arrang&#233;e d'un iota. Mais, au contraire, s'est aggrav&#233;e...&lt;/i&gt; &#187; On dit merci qui ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment &#171; ZAD, 4 000 grenades tir&#233;es &#187;, tr&#232;s bon article publi&#233; sur le site Lundi Matin le 16 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; C'est la guerre, en v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont les occupants appartenaient &#224; la frange la plus &#171; citoyenniste &#187; de la ZAD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des br&#232;ves arm&#233;es </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-breves-armees</link>
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		<dc:date>2018-03-18T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen, L'&#233;quipe de CQFD, Mathieu L&#233;onard, Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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&lt;p&gt;Surveillance Valley La grande revue Hors-sol (&#171; Observations critiques depuis la technopole lilloise &#187;) consacre son num&#233;ro de janvier (2016) &#224; la question de l'armement (&#171; de l'art de la guerre &#224; l'&#226;ge technologique &#187;). L'occasion d'en donner un aper&#231;u avec cet extrait d'une traduction in&#233;dite d'un texte sur les liens entre Silicon Valley et arm&#233;e US. La technologie de la Silicon Valley a de nombreuses applications sur le champ de bataille, l'arm&#233;e US l'a remarqu&#233;. Depuis le d&#233;but de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Costa-Rica" rel="tag"&gt;Costa Rica&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Surveillance Valley&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La grande revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://hors-sol.herbesfolles.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hors-sol&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&#171; Observations critiques depuis la technopole lilloise &#187;) consacre son num&#233;ro de janvier (2016) &#224; la question de l'armement (&#171; de l'art de la guerre &#224; l'&#226;ge technologique &#187;). L'occasion d'en donner un aper&#231;u avec cet extrait d'une traduction in&#233;dite d'un texte sur les liens entre Silicon Valley et arm&#233;e US.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technologie de la Silicon Valley a de nombreuses applications sur le champ de bataille, l'arm&#233;e US l'a remarqu&#233;. Depuis le d&#233;but de la guerre contre le terrorisme mondial, l'arm&#233;e a, entre autres, des besoins grandissants en termes d'espionnage high-tech. &#8220;&lt;i&gt;L'un des d&#233;fis clefs pour l'arm&#233;e est de fournir les capacit&#233;s d'analyser l'&#233;norme quantit&#233; de donn&#233;es collect&#233;es&lt;/i&gt;&#8221; note un rapport du GAO [organisme du Congr&#232;s des &#201;tats-Unis qui contr&#244;le les comptes publics]. La prolif&#233;ration des drones, les op&#233;rations anti-insurrectionnelles, les syst&#232;mes sophistiqu&#233;s de renseignement-surveillance-reconnaissance (ISR) ainsi que les nouvelles technologies et capteurs ont chang&#233; la mani&#232;re d'utiliser l'espionnage dans les campagnes anti-insurrectionnelles d'Irak et d'Afghanistan ou les op&#233;rations anti-terroristes au Pakistan, en Somalie au Y&#233;men et dans les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres irr&#233;guli&#232;res contre les groupes insurg&#233;s et terroristes pr&#233;sentent deux probl&#232;mes &#8211; trouver les ennemis et les tuer. Parce que ces groupes savent se m&#234;ler &#224; la population locale dont ils font souvent partie. Les armes robotiques, tels que les drones, offrent &#8220;&lt;i&gt;une solution asym&#233;trique &#224; un probl&#232;me asym&#233;trique&lt;/i&gt;&#8221;, selon un cadre de Foster-Miller cit&#233; dans le livre de P.W. Singer, &lt;i&gt;Wired for War&lt;/i&gt; [C&#226;bl&#233; pour le Combat]. Les drones peuvent rester longtemps en vol stationnaire au-dessus d'un territoire et frapper une cible sur commande sans mettre les troupes am&#233;ricaines en danger, ce qui les rend tr&#232;s attrayants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, l'arm&#233;e US et les agences de renseignements comptent de plus en plus sur l'espionnage des signaux pour r&#233;soudre le probl&#232;me. C'est un moyen de contr&#244;ler les signaux &#233;lectroniques comme les appels t&#233;l&#233;phoniques ou radio, les e-mails, les signaux radars, etc. Les analystes ou les troupes sur le terrain collectent et analysent les communications &#233;lectroniques et les donn&#233;es g&#233;ospatiales des adversaires pour les localiser, &#233;tablir un sch&#233;ma de leur comportement et proc&#233;der &#224; leur &#233;limination.
Robert Steele, ancien marine, officier traitant de la CIA, et actuel d&#233;fenseur du renseignement open source, explique l'utilit&#233; de cet espionnage. &#8220;&lt;i&gt;L'espionnage des signaux consiste principalement &#224; rep&#233;rer des points et &#224; les lier entre eux, sans chercher &#224; savoir ce que ces points racontent. Combin&#233; &#224; leur historique, en particulier des moments o&#249; les points se rencontrent, par exemple quand un t&#233;l&#233;phone portable noir (non identifi&#233;) est proche d'un autre t&#233;l&#233;phone blanc (connu), de sorte que le noir, lui, soit identifi&#233; par extension, l'analyse rend possible la &#8216;sch&#233;matisation' de l'activit&#233; humaine relativement aux caches d'armes, aux mosqu&#233;es, aux r&#233;unions, etc&#8221;&lt;/i&gt;, dit-il, dans un entretien par e-mail. Steele ajoute que &#8220;&lt;i&gt;le seul avantage&lt;/i&gt;&#8221; de ce type d'espionnage &#8220;&lt;i&gt;est qu'il est tr&#232;s tr&#232;s cher, de quoi garnir l'assiette au beurre et amortir les frais g&#233;n&#233;raux des entreprises.&lt;/i&gt;&#8221; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comment Google et la Sillicon Valley contribuent au maintien de l'Empire am&#233;ricain &#187;, Adam Hudson, &lt;i&gt;AlterNet&lt;/i&gt;, 19 ao&#251;t 2014.
Traduction de l'anglais par Oscar.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH258/-522-28318.jpg?1782650998' width='400' height='258' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ordre, de toutes ses forces&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux &#201;tats-Unis, au Canada et en Europe, la r&#233;pression des manifs s'anticipe, s'affine et se militarise &#224; grands pas de l'oie. La Canadienne Lesley J. Wood propose un tour d'horizon de l'inventivit&#233; des forces de l'ordre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH606/-520-cbcb3.jpg?1782639266' width='400' height='606' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apprenez &#224; d&#233;coder le parler flicard. La &#171; &lt;i&gt;neutralisation strat&#233;gique&lt;/i&gt; &#187;, ou &#171; &lt;i&gt;incapacitation strat&#233;gique &lt;/i&gt; &#187;, consiste &#224; cueillir des militants avant un sommet &#8211; genre G8 &#8211;, et les coller en garde &#224; vue pr&#233;ventive le temps que se d&#233;roule le raout des grands de ce monde. Le manifestant a tort de refuser la &#171; &lt;i&gt;gestion n&#233;goci&#233;e&lt;/i&gt; &#187; qui passe par l'autorisation de d&#233;filer et le parcours agr&#233;&#233; : en Am&#233;rique du Nord, les &lt;i&gt;cops&lt;/i&gt; transforment ce refus en crit&#232;re officiel de &#171; &lt;i&gt;menace&lt;/i&gt; &#187;, indicateur d'une dangerosit&#233; justifiant la r&#233;pression, voire d&#233;terminant l'ill&#233;galit&#233; des manifs. Refuser de n&#233;gocier est m&#234;me devenu une &#233;tape permettant de criminaliser un &#233;v&#233;nement de rue avant m&#234;me qu'il n'ait lieu. Pr&#233;sent&#233;s comme impr&#233;visibles et donc mena&#231;ants, les manifestants doivent &#234;tre arr&#234;t&#233;s en amont, exactement comme les terroristes. Dans l'histoire crois&#233;e des polices et des actions de rue, le blocage du sommet de Seattle en 1999&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premi&#232;re grande manifestation altermondialiste.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est manifestement l'ann&#233;e z&#233;ro, la honte de la police prise en d&#233;faut ! Ce qui a ouvert la voie &#224; une nouvelle culture s'appuyant sur l'innovation, le renseignement et les pr&#233;tendues armes &#171; subl&#233;tales &#187; qui, derri&#232;re la d&#233;nomination d'armement &#171; rh&#233;ostatique &#187;, ne font que graduer leur impact et baladent le curseur entre la blessure et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prof de socio &#224; Toronto mais aussi militante altermondialiste, la Canadienne Lesley J. Wood analyse dans &lt;i&gt;Mater la meute&lt;/i&gt; les polices locales canadiennes et &#233;tasuniennes qui, peu soumises &#224; la tutelle du politique, d&#233;veloppent des options tactiques et technologiques plus ou moins autonomes. Usage du gaz au poivre (qui remplace le gaz lacrymog&#232;ne en Am&#233;rique du Nord), du Taser, arrestations pr&#233;ventives, barri&#232;res hautes fermant les rues et cl&#244;turant des p&#233;rim&#232;tres interdits, ou d&#233;terminant &#224; l'inverse des enclos limitant toute all&#233;e et venue hors du p&#233;rim&#232;tre. Canons &#224; son, grenades incapacitantes, balles en caoutchouc dur, et infiltrations vieilles comme la flicaille compl&#232;tent l'attirail. Lequel est variable d'une grande ville &#224; l'autre, sans doctrine nationale unifi&#233;e. Et on a vu le r&#233;sultat, par exemple, lors des &#233;meutes de Ferguson en 2014&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;meutes de Ferguson ont eu lieu en ao&#251;t 2014 apr&#232;s qu'un policier blanc, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e en puissance de leur pouvoir est li&#233;e &#224; une culture partag&#233;e avec le secteur priv&#233; de l'&#233;conomie de la r&#233;pression. &#192; l'affut des innovations techniques, les &lt;i&gt;cops&lt;/i&gt; c&#244;toient dans les conf&#233;rences et salons professionnels les fournisseurs de mat&#233;riel anti-&#233;meute, les industriels et experts du s&#233;curitaire. Armement, &#233;quipement, d&#233;ploiements et mouvements de police pour encadrer les manifs adoptent de plus en plus le registre de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est toutefois pas une nouveaut&#233;, souligne Mathieu Rigouste dans la postface de cet ouvrage. &#201;crite avant l'&#233;tat d'urgence, elle rappelle la filiation de l'appareil r&#233;pressif tricolore avec l'h&#233;ritage colonial, la Bataille d'Alger en 1957 et la r&#233;pression des militants alg&#233;riens en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que deux logiques se c&#244;toient. D'une part, les industriels du s&#233;curitaire ont tout int&#233;r&#234;t au maintien de cette col&#232;re sociale qui alimente leur march&#233;. D'autre part, les &#201;tats parient sur la peur comme instrument de contr&#244;le et de domination. Et, malheureusement pour les opposants aux puissants, les deux ne sont pas incompatibles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et vous trouvez &#231;a drone ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils planchent sur des drones silencieux dot&#233;s de cam&#233;ras vid&#233;o mais aussi thermiques, d&#233;tectant dans l'obscurit&#233; la chaleur &#233;mise par toute pr&#233;sence humaine. Ces engins capables de s'accrocher au plafond comme aux vitres sont, para&#238;t-il, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s utiles dans les cas de raids de police dans des appartements&lt;/i&gt; &#187;. Ces chercheurs toulousains du Groupement d'int&#233;r&#234;t scientifique micro-drones lanc&#233; en novembre veulent ainsi &#171; &lt;i&gt;r&#233;volutionner le quotidien des Fran&#231;ais en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;&#8202;&lt;/i&gt; &#187;. On ne devrait pas laisser ces engins entre les mains de r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au Costa Rica, l'invisible armada&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 30 novembre, au Museo Nacional, derni&#232;re prison militaire du Costa Rica, on a f&#234;t&#233; le 67e anniversaire de la dissolution de l'arm&#233;e. C'est bien joli, mais ceux qui bichonnent leur l&#233;gende antimilitariste ont externalis&#233; la fonction. Ce &#171; pays sans d&#233;fense &#187; a en fait sign&#233;, en 1999, des accords de coop&#233;ration militaire avec les &#201;tats-Unis, ainsi que l'Islande et les &#206;les Marshall. Accord &#233;largi en 2010 pour raison de lutte contre le narcotrafic. Pour le mythe, la c&#244;te sud du Costa Rica donne toujours sur le Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Gendarmerie impuissante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gendarmerie a chang&#233; de logo en septembre. Finie la grenade &#224; flamme s&#251;rement trop symbolique suite au meurtre de R&#233;mi Fraisse &#8211; tu&#233; en octobre 2014 par les pandores lors d'un rassemblement contre le barrage Sivens (Tarn) &#8211;, place &#224; un genre de croc de boucher m&#226;tin&#233; d'une faucheuse stylis&#233;e, avec le slogan &#171; &lt;i&gt;Une force humaine&lt;/i&gt; &#187;. Sur les forums de pandores, &#231;a r&#226;le, d&#233;non&#231;ant un &#171; &lt;i&gt;aileron de requin&lt;/i&gt; &#187;, une &#171; &lt;i&gt;&#8202;sous-marque d'articles de p&#234;che&#8202;&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;bleu blanc rouge&#8202;&lt;/i&gt; &#187; honteusement disparu, la perte d'identit&#233;, voire un &#171; &lt;i&gt;manque de virilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Urgent : Gendarmerie cherche logo qui foute la trique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH287/-521-f7630.jpg?1782650998' width='400' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;lol
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Rafale s'enraye (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Longtemps boud&#233;, l'avion de chasse Rafale serait devenu &lt;i&gt;bankable&lt;/i&gt;. Mais, depuis quatre ans, la commande de l'Inde de 126 appareils n'aboutit pas. En mai, Dassault a sign&#233; pour en fourguer 24 au Qatar, contre 6,3 milliards de dollars. &#192; la clef, il y avait un autre contrat, d'&#201;tat &#224; &#201;tat, confidentiel d&#233;fense &#8211; c'est &#224; dire au montant inconnu &#8211;, pour former 36&#8239;pilotes et une centaine de m&#233;canos au pilotage et au renseignement. Six mois plus tard, le &lt;i&gt;deal&lt;/i&gt; est toujours au point mort. Comme clou&#233; au sol, quoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Rafale s'enraye (2)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le contrat de formation de l'arm&#233;e de l'air qatarie accompagnant la vente de Rafale a &#233;t&#233; curieusement &#233;tabli par l'Agence du patrimoine immat&#233;riel de l'&#201;tat (APIE), un machin fourre-tout qui se pr&#233;occupe habituellement de m&#233;c&#233;nat, du big data des administrations, de protection des d&#233;p&#244;ts de marques publiques et quotas d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Les bombardements, ce &#171; patrimoine immat&#233;riel &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Turquie : Le temps des loups&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un pass&#233; pas si lointain de dictature militaire, avec la deuxi&#232;me arm&#233;e au sein de l'Otan, avec pr&#232;s de 800 000 personnels d'active, la Turquie est assur&#233;ment un pays hautement militaris&#233;. Le gouvernement islamo-nationaliste de l'AKP, depuis son accession au pouvoir en 2002, a &#233;galement renforc&#233; les effectifs de police et la militarisation de cette derni&#232;re. Les unit&#233;s sp&#233;ciales des forces de police sont d&#233;sormais &#233;quip&#233;es de v&#233;hicules blind&#233;s l&#233;gers, de bombes &#224; gaz et de mitrailleuses. Selon Eurostat, les effectifs d&#233;di&#233;s aux missions de police et de gendarmerie ont progress&#233; de 318 000 en 2003 &#224; 412 000 en 2012. Idem pour le budget de la s&#251;ret&#233; qui s'est vu octroyer une augmentation de 9,8 % en 2015. En mars dernier, le gouvernement turc a adopt&#233; une s&#233;rie de lois liberticides, le paket&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;nevarneyok.noblogs.org. &#171; Un paquet de lois fascistes &#187; (mars 2015).&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, laissant le champ libre aux actions de police sans contr&#244;le judiciaire. Autant le dire, le pouvoir turc, avant m&#234;me qu'il ne rompe le cessez-le-feu d&#233;cr&#233;t&#233; en 2013 avec la gu&#233;rilla kurde du PKK, s'&#233;tait pr&#233;par&#233; &#224; la guerre qu'il m&#232;ne depuis cet &#233;t&#233; (2015) dans les r&#233;gions kurdes. Lors des manifestations violentes d'octobre 2014, en soutien &#224; Koban&#233;, qui firent une cinquantaine de morts, le ministre de l'Int&#233;rieur, Efkan Ala, avait annonc&#233; la couleur : &#171; &lt;i&gt;On r&#233;pondra &#224; la violence par une violence bien plus extr&#234;me. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la guerre des rues et des maisons men&#233;e dans l'Est anatolien, les unit&#233;s sp&#233;ciales de police &#8211; unit&#233;s d'action rapide (RAU, &#199;evik Kuvvet) et commandos d'op&#233;rations sp&#233;ciales (SOTs, &#214;zel Harekat Timleri) &#8211; interviennent d&#233;sormais en premi&#232;re ligne de concert avec l'arm&#233;e. Par rapport &#224; une arm&#233;e majoritairement compos&#233;e de r&#233;servistes, les forces de police envoy&#233;es dans les r&#233;gions kurdes donnent une dimension encore plus politique &#224; la r&#233;pression. Comme l'indique l'historien &#201;tienne Copeaux, sp&#233;cialiste de la Turquie, &#171; &lt;i&gt;les inscriptions laiss&#233;es par les &#8220;forces de l'ordre&#8221; dans les villes apr&#232;s les couvre-feux&lt;/i&gt; [du type &#8220;Sois fier d'&#234;tre un Turc, sinon ob&#233;is&#8221;] &lt;i&gt;r&#233;v&#232;lent aussi leur impr&#233;gnation par les fascistes du MHP (&#8220;&#252;lk&#252;c&#252;&#8221; : loups gris)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, quelle que soit l'institution qui tient le fusil, &#171; &lt;i&gt;quelle diff&#233;rence cela fait-il pour les victimes de la r&#233;pression ?&lt;/i&gt;, ajoute-t-il. &lt;i&gt;La confusion est telle qu'on emploie presque constamment l'expression &#8220;forces de s&#233;curit&#233;&#8221; incluant arm&#233;e, gendarmerie, polices, forces sp&#233;ciales, milices, etc. Cela dit, sans aucunement encenser l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, avec les policiers en civil et les milices, c'est toujours pire, car &#224; peine contr&#244;l&#233;. Au Kurdistan, tout cela est inclus dans l'emploi syst&#233;matique du mot &#8220;Devlet&#8221;, l'&#201;tat, pour d&#233;signer l'adversaire et l'ennemi. C'est tr&#232;s signifiant car de m&#234;me que ces forces attaquent la population de leur propre pays comme si elle &#233;tait &#233;trang&#232;re, cette population d&#233;signe l'&#201;tat comme si elle n'en faisait pas partie&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Mathieu L&#233;onard.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Armes de pr&#233;cision : Dans le collimateur du flic global&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement d'armes de pr&#233;cision dans le cadre d'une guerre high-tech n'a pas eu pour objectif premier de limiter les pertes civiles. Si pendant la Seconde Guerre mondiale les pontes du Pentagone s'inqui&#233;taient des r&#233;sultats approximatifs de leurs frappes a&#233;riennes &#8211; il fallait larguer pr&#232;s de 150 bombes pour &#234;tre certain qu'une d'entre elles touche une cible de 30 m&#232;tres sur 30 -, c'&#233;tait surtout dans la perspective d'&#233;conomiser leurs forces. Les 600 000 civils allemands et les 300 000 japonais consum&#233;s lors des raids alli&#233;s, tous supp&#244;ts de r&#233;gimes fanatiques et sanguinaires, l'avaient bien cherch&#233;. Il sera m&#234;me licite de tester sur eux les premi&#232;res armes atomiques. Pendant la guerre du Vietnam, l'incapacit&#233; des bombardements de l'US Air force &#224; d&#233;truire des ponts strat&#233;giques autant que les d&#233;buts de m&#233;diatisation des pertes dans la flotte amerloque ont pr&#233;cipit&#233; l'emploi de munitions guid&#233;es par laser. Celles-ci ne repr&#233;senteront encore qu'un petit pour cent des bombes largu&#233;es durant le conflit. La v&#233;ritable rupture dans l'usage massif de ce type d'armement intervient &#224; la fin des ann&#233;es 1970, lorsque les arm&#233;es de l'OTAN, conscientes de la disproportion des forces avec le pacte de Varsovie, veulent s'assurer que chaque missile lanc&#233; culbute au moins un char rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention nouvelle port&#233;e aux &#171; CIVCAS &#187; (pertes civiles) va se pr&#233;ciser &#224; l'occasion des interventions post-guerre froide, entre fascination technologique, consid&#233;rations &#233;thiques appliqu&#233;es &#224; la chose militaire et glissement vers la d&#233;mocratie d'opinion. Dans une perspective fukuyamesque de fin de l'histoire ou huntingtonienne de choc des civilisations, rien ne doit plus arr&#234;ter l'expansion de l'ordre lib&#233;ral. Seulement voil&#224;, la d&#233;mocratie en guerre au nom de ses id&#233;aux ne peut pas se permettre de massacrer &#224; qui mieux-mieux les populations qu'elle pr&#233;tend lib&#233;rer. D&#232;s lors, les &#233;tats-majors communiquent abondamment sur le missile de croisi&#232;re qui s'arr&#234;te au feu rouge, la bombe qui, entr&#233;e par la chemin&#233;e, ne pulv&#233;rise que le m&#233;chant et pas ses enfants, pour atteindre la r&#233;duction au strict minimum des dommages collat&#233;raux. Sous les projecteurs de m&#233;dias omnipr&#233;sents, de la premi&#232;re guerre du Golfe &#224; l'op&#233;ration &#171; Allied force &#187; sur le Kosovo et en passant par &#171; Deliberate Force &#187; en Bosnie, il s'agit de d&#233;montrer que l'on peut an&#233;antir les arm&#233;es des pires dictateurs (la &lt;i&gt;licence to kill&lt;/i&gt; est, l&#224;, totale) tout en affichant z&#233;ro perte pour nos braves pioupious comme pour les civils innocents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Homo homini lupus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre contre le terrorisme, d&#233;cr&#233;t&#233;e en 2001, va rendre encore plus n&#233;cessaire l'emploi d'engins &#171; discriminants &#187;, car elle va se d&#233;ployer au beau milieu des populations. Le bidasse se transforme peu &#224; peu en super-flic et le conflit men&#233; &#224; l'&#233;chelle du globe se mue en une gigantesque chasse &#224; l'homme. Comment identifier &#224; coup s&#251;r le chef kamikaze bard&#233; d'explosifs parmi les joyeux lurons d'une f&#234;te de mariage ? Comment l'&#233;liminer en le foudroyant d'une seule frappe cibl&#233;e ? Bien s&#251;r, il y a les drones qui tournoient en permanence et les bombes DIME qui criblent d'&#233;clats de tungst&#232;ne l'imprudent dans un rayon de 10 m&#232;tres. Mais, pour le moment, rien ne remplace le sniper, ce loup solitaire ou accompagn&#233; d'une meute r&#233;duite, se faufilant dans les ruelles de Paris ou de Kaboul pour abattre d'un tir parfait le gibier de potence. Loin de l'image de tueurs &#224; deux balles (&#171; &lt;i&gt;10 cents killers&lt;/i&gt; &#187;) qui leur a longtemps coll&#233; &#224; la peau, les flingueurs d'&#233;lite de l'arm&#233;e ou de la police viennent r&#233;injecter un peu d'h&#233;ro&#239;sme dans cette guerre des ombres et des robots tueurs. Pourtant, le plus c&#233;l&#232;bre d'entre eux, Chris Kyle, portraitur&#233; dans un des derniers films de Clint Eastwood, semble avoir poss&#233;d&#233; tous les attributs du &#171; &lt;i&gt;bad guy &lt;/i&gt; &#187;. Membre des Navy Seal (les m&#234;mes qui ont effac&#233; Oussama Ben Laden), se vantant (faussement) d'avoir dessoud&#233; 255 &#171; &lt;i&gt;sauvages&lt;/i&gt; &#187; en Irak, se pr&#233;sentant (apr&#232;s avoir visionn&#233; un peu trop de films de gladiateurs) comme &#171; &lt;i&gt;un f&#233;roce guerrier de Dieu&lt;/i&gt; &#187;, il finit sa carri&#232;re sur un stand de tir du Texas, abattu par un ancien marine en plein syndrome de stress post-traumatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Iffik Le Guen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Premi&#232;re grande manifestation altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#233;meutes de Ferguson ont eu lieu en ao&#251;t 2014 apr&#232;s qu'un policier blanc, Darren Wilson, a tir&#233; plusieurs fois sur un jeune homme noir de 18 ans, Michael Brown.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;nevarneyok.noblogs.org. &#171; Un paquet de lois fascistes &#187; (mars 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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