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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Usine squatt&#233;e &#224; Montreuil : des p&#234;ches et du benz&#232;ne</title>
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		<dc:creator>Antonin Padovani</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis septembre 2020, des habitant&#183;es de Montreuil ont investi une ancienne usine vou&#233;e &#224; la d&#233;molition. L'enjeu est double : tenir les promoteurs immobiliers &#224; distance et &#233;viter une potentielle catastrophe &#233;cologique et sanitaire. Riverain&#183;es et occupant&#183;es estiment en effet que le projet de d&#233;pollution du sol, qui renferme hydrocarbures et composants volatiles, est loin de prendre en compte tous les risques. Ne se contentant pas de squatter, les occupant&#183;es ont aussi d&#233;velopp&#233; dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no210-juin-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;210 (juin 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chik" rel="tag"&gt;Chik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis septembre 2020, des habitant&#183;es de Montreuil ont investi une ancienne usine vou&#233;e &#224; la d&#233;molition. L'enjeu est double : tenir les promoteurs immobiliers &#224; distance et &#233;viter une potentielle catastrophe &#233;cologique et sanitaire. Riverain&#183;es et occupant&#183;es estiment en effet que le projet de d&#233;pollution du sol, qui renferme hydrocarbures et composants volatiles, est loin de prendre en compte tous les risques. Ne se contentant pas de squatter, les occupant&#183;es ont aussi d&#233;velopp&#233; dans les lieux tout un tas d'activit&#233;s vitales pour la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200murapa_ches_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH667/1200murapa_ches_resultat-59b2d.jpg?1782957620' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Affiche sign&#233;e Chik
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 18 mai. Sur le parvis de la mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis), tandis qu'une piste de tango s'improvise, fleurissent dans les arbres et sur le mobilier urbain banderoles et affiches color&#233;es d&#233;fendant l'occupation de l'ancienne usine textile EIF par un collectif aujourd'hui compos&#233; d'une quarantaine d'habitant&#183;es. L'heure est &#224; la mobilisation : apr&#232;s une plainte d&#233;pos&#233;e par la mairie de Montreuil&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact&#233;e par la r&#233;daction, la municipalit&#233; n'a pas souhait&#233; communiquer sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; (dirig&#233;e par le communiste Patrick Bessac), le tribunal de Bobigny a ordonn&#233; l' &#187; &lt;i&gt;expulsion sans d&#233;lai ni solution de relogement&lt;/i&gt; &#187; des occupant&#183;es &#8211; d&#233;cision confirm&#233;e le 20 mai dernier par la cour d'appel de Paris. &#171; &lt;i&gt;La mairie nous traite comme des activistes, et nous attaque en tant que tels devant les tribunaux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les collectifs dont il est ici question ont demand&#233; que les paroles de leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;, s'insurge une membre du collectif qui squatte l'usine, venue remettre au maire un dossier d&#233;taillant sur 130 pages les bienfaits de leur pr&#233;sence. &#171; &lt;i&gt;Ils esp&#232;rent balayer d'un revers de main nos droits, c'est pour &#231;a que nous sommes l&#224; aujourd'hui, pour protester.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis septembre 2020, l'usine est occup&#233;e afin d'entraver la d&#233;molition de cette b&#226;tisse de 5 000 m&lt;sup&gt;&#178;&lt;/sup&gt; situ&#233;e dans le quartier embl&#233;matique des Murs-&#224;-P&#234;ches. Enjeu num&#233;ro 1 : emp&#234;cher que ce fleuron du patrimoine ouvrier montreuillois ne tombe entre les mains d'un promoteur immobilier. Enjeu num&#233;ro 2 : &#233;viter la catastrophe &#233;cologique et sanitaire annonc&#233;e. Le sol de l'usine renferme en effet un cocktail particuli&#232;rement concentr&#233; d'hydrocarbures et de deux composants volatiles canc&#233;rig&#232;nes, le trichlor&#233;thyl&#232;ne et le benz&#232;ne. Or, le projet de d&#233;pollution pour lequel ont opt&#233; la mairie et l'&#201;tablissement public foncier d'&#206;le-de-France (Epfif), propri&#233;taire du b&#226;timent, ne convainc pas les habitant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D'un combat &#224; l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rembobinons. Depuis quatre ans, le site d'EIF est devenue l'enjeu central d' une mobilisation plus large pour la pr&#233;servation des murs &#224; p&#234;ches &#8211; d'anciennes parcelles mara&#238;ch&#232;res qui ont donn&#233; leur nom au quartier, et dont les fameux murs permettaient la culture de fruits &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;exotiques pour la r&#233;gion parisienne. Ce site, d&#233;sormais class&#233;, fait l'objet depuis une trentaine d'ann&#233;es d'une lutte active pour sa pr&#233;servation, l'endroit repr&#233;sentant aujourd'hui une oasis de nature au c&#339;ur d'un espace urbain satur&#233;. Or, en 2013, dans la dynamique du Grand Paris&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet contest&#233; de m&#233;tropolisation de l'agglom&#233;ration parisienne. Lire &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, l'&#201;tablissement public foncier d'&#206;le-de-France rach&#232;te l'usine, et deux hectares de m&#251;rs &#224; p&#234;ches adjacents. Une premi&#232;re &#233;tude sur la pollution des sols fait &#233;tat d'une situation grave. Ce qui n'emp&#234;che pas l'Epfif et la mairie de louer une partie du site &#224; des entrepreneurs, et m&#234;me de l'inscrire en 2016 sur l'appel &#224; projet &#171; Inventons la m&#233;tropole du Grand Paris &#187;. En 2017, UrbanEra, une filiale de Bouygues immobilier, est retenue pour la reconversion. Son intention ? Construire en lieu et place de l'ancienne usine 80 logements et un h&#244;tel &#171; &#233;cologique &#187;. Face &#224; ce potentiel cheval de Troie pour l'urbanisation de la zone, une grande mobilisation populaire a lieu autour de la F&#233;d&#233;ration des Murs-&#224;-P&#234;ches, qui regroupe l'ensemble des acteurs du site. Le 20 mai 2018, environ 2 000 personnes marchent vers la mairie pour contester le projet de Bouygues... qui dispara&#238;t des radars peu de temps apr&#232;s. Visiblement mal &#224; l'aise, la mairie ne donne aucune pr&#233;cision sur ce qui s'est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre le printemps 2020 pour qu'elle finisse par communiquer, non pas sur l'enterrement du projet de Bouygues, mais sur sa volont&#233; de rassembler les acteurs des Murs-&#224;-P&#234;ches et de reprendre la main, via l'Epfif, sur la d&#233;pollution. &#192; l'&#233;t&#233;, les entrepreneurs auxquels la mairie louait des bouts d'usine sont pri&#233;s de quitter le site. La municipalit&#233; planifie dans la foul&#233;e et &#224; la va-vite la d&#233;molition d'EIF sur la base du sch&#233;ma de d&#233;pollution pens&#233; dans le projet de Bouygues, sans aucune garantie sanitaire, tout en commandant &#224; l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) une campagne de pr&#233;l&#232;vements chez les riverains pour estimer et suivre l'impact de la pollution &#224; l'ext&#233;rieur du site.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Habitant&#183;es mobilis&#233;&#183;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que na&#238;t, en juin 2020, l'association Restes ensemble, fond&#233;e par les riverain&#183;es voisin&#183;es de l'usine, inquiet&#183;es apr&#232;s que la mairie a annonc&#233; l'existence de forts taux de pollution. &#171; &lt;i&gt;Une de nos revendications, c'&#233;tait que les travaux ne d&#233;butent pas sans une enqu&#234;te pr&#233;liminaire pour conna&#238;tre les &#233;ventuels impacts de la pollution&lt;/i&gt; &#187;, nous explique un des membres de l'association. D'autant que &#171; &lt;i&gt;le plan de d&#233;pollution ne prenait absolument pas en compte la potentielle contamination du voisinage ni la dangerosit&#233; des op&#233;rations de d&#233;pollution en elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur angoisse ? Qu' &#187; &lt;i&gt;en cas d'accident lors de la d&#233;molition, il n'y ait aucun moyen de prouver que les variations de pollution sont li&#233;es aux travaux. On s'est donn&#233; comme but principal non pas de s'opposer &#224; la d&#233;pollution, mais d'obtenir des garanties pour qu'elle se fasse dans un objectif de sant&#233; publique&lt;/i&gt; &#187;, insistent les membres de Restes ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Squatter pour mieux prot&#233;ger&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 15 septembre 2020, un autre collectif, Garde la p&#234;che, prend possession des lieux, investissant les parties non pollu&#233;es de l'usine et contraignant la mairie &#224; ajourner les travaux de d&#233;molition qui devaient d&#233;buter fin octobre. Pour Restes ensemble, &#171; &lt;i&gt;sans l'occupation du site, les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;travaux auraient d&#233;but&#233; par la d&#233;molition des b&#226;timents, ce qui aurait &#233;t&#233; une erreur gravissime&lt;/i&gt; &#187;. Le collectif saisit Environnement 93, qui f&#233;d&#232;re les associations de protection de l'environnement de Seine-Saint-Denis, et attaque le permis de d&#233;molir. En juillet 2021, l'Epfif demande finalement &#224; la mairie de le retirer. &#171; &lt;i&gt;Strat&#233;giquement, l'occupation du site &#233;tait vitale&lt;/i&gt; &#187;, en conclut Restes ensemble. Pas du go&#251;t de la mairie qui depuis, n'a cess&#233; de mener une guerre aveugle aux squatteur&#183;ses, jusqu'&#224; d&#233;poser une plainte pour &#171; mise en danger pour la vie d'autrui &#187;, pointant du doigt l'accueil d'&#233;v&#233;nements et d'h&#233;bergement sur un site pollu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, les occupant&#183;es continuent &#224; esp&#233;rer &#171; &lt;i&gt;que les institutions, la mairie, ouvrent le dialogue m&#234;me si l'on construit ici des choses qui ne sont pas dans leur logique&lt;/i&gt; &#187;. C'est que ces dix-huit derniers mois, les squatteur&#183;ses n'ont pas ch&#244;m&#233;. En effet, depuis le d&#233;but de l'occupation de septembre 2020, l'usine rena&#238;t de ses cendres, accueillant spectacles, chorale militante, ateliers de ferronnerie, d'arts plastiques, de menuiserie, etc. Tout un &#233;cosyst&#232;me culturel f&#233;d&#233;r&#233; autour de la friche qui entend bien profiter du b&#226;timent et de ses espaces ext&#233;rieurs propices &#224; une cr&#233;ation libre et d&#233;connect&#233;e des logiques de l'industrie culturelle. Le collectif organise &#233;galement des r&#233;cup&#233;rations d'invendus bio, redistribu&#233;s &#224; des associations du quartier qui les servent lors de repas solidaires. Sans oublier que le lieu sert aussi &#224; l'occasion d'h&#233;bergement d'urgence. &#171; &lt;i&gt;Nous voulons que la mairie reconnaisse la r&#233;alit&#233; du travail social, culturel, populaire et non institutionnel qui existe ici,&lt;/i&gt; d&#233;fendent les occupant&#183;es. &lt;i&gt;Qu'elle reconnaisse la richesse de ce qui s'y passe&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Cette usine doit appartenir &#224; tout ce tissu d&#233;j&#224; en place&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Antonin Padovani&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact&#233;e par la r&#233;daction, la municipalit&#233; n'a pas souhait&#233; communiquer sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les collectifs dont il est ici question ont demand&#233; que les paroles de leurs membres soient restitu&#233;es collectivement et non individuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Projet contest&#233; de m&#233;tropolisation de l'agglom&#233;ration parisienne. Lire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-deteste-le-Grand' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Tout le monde d&#233;teste le Grand Paris &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 162 (f&#233;vrier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mois dans l'Alg&#233;rie des marches</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-mois-dans-l-Algerie-des-marches</link>
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		<dc:date>2019-05-13T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadjib Bouznad</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>acte</dc:subject>
		<dc:subject>n'y</dc:subject>
		<dc:subject>f&#233;vrier</dc:subject>
		<dc:subject>Bouteflika</dc:subject>
		<dc:subject>vendredi</dc:subject>
		<dc:subject>Nekkaz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 22 f&#233;vrier, les manifestations sont presque devenues une routine dans les rues alg&#233;riennes. Vu de haut, on observe la foule, immense, venue d&#233;noncer un r&#233;gime corrompu depuis des d&#233;cennies. Vu de pr&#232;s, on d&#233;couvre la joie, la d&#233;termination et l'humour. Tentative subjective de restitution chronologique. En un mois en Alg&#233;rie, on n'aura rencontr&#233; qu'un seul &#171; pro-Boutef &#187;. Ce fut dans un taxi, le 21 f&#233;vrier, la veille de la premi&#232;re manifestation. Djamel vantait du doigt les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/acte" rel="tag"&gt;acte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouteflika" rel="tag"&gt;Bouteflika&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nekkaz" rel="tag"&gt;Nekkaz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 22 f&#233;vrier, les manifestations sont presque devenues une routine dans les rues alg&#233;riennes. Vu de haut, on observe la foule, immense, venue d&#233;noncer un r&#233;gime corrompu depuis des d&#233;cennies. Vu de pr&#232;s, on d&#233;couvre la joie, la d&#233;termination et l'humour. Tentative subjective de restitution chronologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/-1170-5fe40.jpg?1782767690' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n un mois en Alg&#233;rie, on n'aura rencontr&#233; qu'un seul &#171; pro-Boutef &#187;. Ce fut dans un taxi, le 21 f&#233;vrier, la veille de la premi&#232;re manifestation. Djamel vantait du doigt les nombreux logements construits par le r&#233;gime : &#171; &lt;i&gt;Oui, d'accord, ils ach&#232;tent la paix sociale, mais bon... ils pr&#234;tent de l'argent aux jeunes qui, eux, ne veulent pas travailler.&lt;/i&gt; &#187; Djamel &#233;voquait le souvenir de la d&#233;cennie noire. Habitant de la Casbah d'Alger, il avait vu des familles s'entretuer durant les ann&#233;es 1990. Or, la guerre civile s'est arr&#234;t&#233;e &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de Bouteflika, qui &#171; &lt;i&gt; a bien servi le pays&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ne dit pas si Djamel a fini par rejoindre &lt;i&gt;les-centaines-de-milliers-plus-d'un-million-c'est-s&#251;r &lt;/i&gt;de manifestants qui, dans les semaines suivantes, ont d&#233;fil&#233; sous ses fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;22 f&#233;vrier (Acte I)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde &#233;tait au courant, personne ne savait trop quoi en penser. Ce vendredi-l&#224;, une marche &#233;tait pr&#233;vue, certes. Mais &#224; Alger, depuis 2001, ann&#233;e de la derni&#232;re grande r&#233;volte kabyle &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le meurtre d'un jeune par un gendarme, le 18 avril 2001, une s&#233;rie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les rassemblements sont interdits et le risque encouru est grand pour qui entend battre le pav&#233;. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, plusieurs marches avaient d&#233;j&#224; eu lieu ailleurs dans le pays, accompagn&#233;es de quelques arrestations. Alors, les appels anonymes sur Facebook, personne n'y croyait plus que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 22 f&#233;vrier, la matin&#233;e est des plus calmes, les rues d'Alger quasi d&#233;sertes. Il faut dire que comme dans d'autres pays o&#249; l'islam est religion d'&#201;tat, le vendredi est l'&#233;quivalent du dimanche en Europe : tout est ferm&#233;. &#192; 13 h, on entend l'appel du muezzin pour la grande pri&#232;re du vendredi. Et puis &lt;i&gt;&#231;a&lt;/i&gt; arrive. Comme sorties de nulle part, des grappes de personnes se r&#233;pandent dans les ruelles, les rues et les avenues. Il n'y a pas vraiment de point de rendez-vous, ni de parcours, ni de cort&#232;ge. Tous les quartiers d'Alger convergent vers le centre. Les pas sont press&#233;s, on se dirige vers le palais d'El Mouradia, la r&#233;sidence pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis un autre groupe suit la corniche, encore un autre se rassemble vers la Grande Poste : &#171; &lt;i&gt;Bouteflika, il n'y aura pas de cinqui&#232;me mandat !&lt;/i&gt; &#187; On s'encourage &#224; prendre des photos, des vid&#233;os. &#171; &lt;i&gt;N'ayez pas peur&lt;/i&gt; &#187;, entend-on. Et puis : &#171; &lt;i&gt;D&#233;gage FLN &lt;/i&gt; &#187;. La police est l&#224;, mais plut&#244;t en observation. Tous les portables sont de sortie, les chants se font de plus en plus pressants. Les manifestants se regardent, h&#233;b&#233;t&#233;s de se compter si nombreux. &#201;videmment, on craint l'infiltration des services secrets au sein des protestataires, v&#233;ritable obsession locale &#8211; justifi&#233;e. &#192; la fin de la journ&#233;e, personne n'arrive &#224; se remettre de l'&#233;v&#233;nement. D&#233;j&#224;, on le dit &#171; &lt;i&gt; unique &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;historique&lt;/i&gt; &#187;. Et pas qu'&#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet est coup&#233; &#224; de multiples reprises. Le soir, l'ENTV, la t&#233;l&#233;vision publique, ouvre son JT par la visite d'un ministre &#224; Duba&#239;. Personne ne le sait encore, mais &#224; partir d'aujourd'hui, Alger va conna&#238;tre des rassemblements quasi quotidiens. Au fait, combien de manifestants pour ce premier vendredi ? Presque un comble : ce sont les autorit&#233;s qui avanceront l'estimation la plus haute, 100 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;23 f&#233;vrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la cin&#233;math&#232;que, &lt;i&gt;La Bataille d'Alger&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Longtemps interdit en France, ce film de Gillo Pontecorvo (1966) retrace la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est programm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;L'Alg&#233;rie dit non &lt;/i&gt; &#187;, titre &lt;i&gt;El Watan&lt;/i&gt;, principal quotidien francophone. Place de la Grande-Poste, sur la fa&#231;ade du si&#232;ge du Rassemblement national d&#233;mocratique, parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le grand portrait du pr&#233;sident Bouteflika a disparu : d&#233;croch&#233; la veille par des manifestants, il ne r&#233;appara&#238;tra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi, un meeting de Rachid Nekkaz est pr&#233;vu. Personnage tartuffe, il s'&#233;tait fait conna&#238;tre en France en remboursant les amendes des femmes verbalis&#233;es pour port de niqab dans l'espace public. Apr&#232;s avoir tent&#233; de se pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidentielle hexagonale de 2007, cet homme d'affaires a renonc&#233; &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise pour tenter sa chance en Alg&#233;rie. Ce 23 f&#233;vrier, son meeting est assez rocambolesque &#8211; Nekkaz se fait arr&#234;ter par la police et &#171; &lt;i&gt;ramener &lt;/i&gt; &#187; dans son village. Par la suite, il fera encore pas mal parler de lui. In&#233;ligible, il pr&#233;sentera &#224; sa place un cousin homonyme, m&#233;canicien de profession, le jour de la date limite du d&#233;p&#244;t des candidatures. Une fois &#171; l'autre Nekkaz &#187; &#233;lu, le &#171; vrai &#187; Nekkaz serait devenu vice-pr&#233;sident puis pr&#233;sident tout court &#224; la suite de la d&#233;mission du cousin. &lt;i&gt;Spoiler&lt;/i&gt; : &#231;a ne marchera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, Nekkaz a encore un tout petit peu &#8211; un tout petit peu on a dit &#8211; de l&#233;gitimit&#233; et quelques centaines de personnes partent en manif sauvage apr&#232;s son meeting. Direction place des Martyrs et la Casbah. Les flics sont un peu plus tendus que la veille. &#192; nos c&#244;t&#233;s, quelqu'un fait les sous-titres : &#171; &lt;i&gt;C'est de l&#224;-bas que partent les r&#233;volutions, le lieu est tr&#232;s symbolique !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;26 f&#233;vrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants sont dans la rue. Chaque jour, un groupe social diff&#233;rent. La veille, les journalistes, le lendemain, les avocats, un autre jour, les m&#233;decins, puis les juges (m&#234;mes les juges ! d'ordinaire prompts &#224; condamner les opposants), les handicap&#233;s, les enseignants. Tous les jours un peu plus nombreux, dans plus de villes. On n'arrive plus &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars (Acte II)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour qualifier cette journ&#233;e, difficile d'&#233;viter les superlatifs et les mots galvaud&#233;s. Oui : la foule, la masse, le peuple en mouvement &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plusieurs millions de personnes &#224; travers le pays.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Oui aussi : la parole retrouv&#233;e ; enfin, la peur qui change de camp. D'accord avec tout ce qui a &#233;t&#233; d&#233;crit, dit, ressenti : la joie, le monde aux balcons, la multitude qui appara&#238;t de partout. Dans chaque ruelle, comme des essaims, on s'applaudit d&#232;s qu'on se voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendus des hauteurs de Telemly, Hachemi et Farah, jeunes mari&#233;s, ont pr&#233;par&#233; les pancartes &#171; &lt;i&gt;Syst&#232;me d&#233;gage&lt;/i&gt; &#187; et le bient&#244;t anachronique &#171; &lt;i&gt;5 &lt;/i&gt; &#187; barr&#233;. 5 pour cinqui&#232;me mandat, mais il n'y en aura pas, ou pas vraiment, mais &#231;a personne ne le sait encore. Un couple d'amis les rejoint et vite, on prend les ruelles, on se d&#233;p&#234;che, il ne faudrait pas tomber sur la police avec ces pancartes &#224; la main. On retrouve le flot des manifestants. Il y a davantage de femmes que vendredi dernier. Casquette aux couleurs nationales sur la t&#234;te, Amal manifeste &#171; &lt;i&gt;pour la dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et Karima a amen&#233; sa fille Katia voir &#171; &lt;i&gt;cette deuxi&#232;me ind&#233;pendance &lt;/i&gt; &#187;. &#192; l'entr&#233;e du tunnel des facult&#233;s, une vieille dame, tr&#232;s chic, cheveux gris tir&#233;s en chignon, en plein milieu des scooters d&#233;brid&#233;s, se rapproche de ses deux amies : &#171; &lt;i&gt;C'est l'Alg&#233;rie du peuple, ils ont voulu la prendre, mais elle est l&#224; ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l'anniversaire du Pr&#233;sident. 82 ans. Bahia, r&#233;alisatrice de documentaires engag&#233;s, vit ces moments comme &#171; &lt;i&gt;une r&#233;paration&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; Notre image de nous-m&#234;mes a &#233;t&#233; tellement &#233;corn&#233;e... On retrouve une certaine estime.&lt;/i&gt; &#187; Zoubida est avocate, membre d'un collectif citoyen d'opposition, Mouwatana : &#171; &lt;i&gt;Le peuple n'arr&#234;tera pas, sa maturit&#233; politique d&#233;passe de loin celle de nos dirigeants.&lt;/i&gt; &#187; Nacer, lui, est sociologue : &#171; &lt;i&gt;En vingt ans, Bouteflika a effac&#233; toute structure, la seule institution qui reste, c'est sa personne. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Long suspense, mais ce soir-l&#224;, le dossier de candidature de &#171; Boutef &#187; a bien &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par son directeur de campagne. Dans une sorte de lettre &#224; la Nation lue par les journalistes, il s'engage &#8211; &#171; &lt;i&gt;s'il est &#233;lu&lt;/i&gt; &#187;, ce dont pas grand monde ne doute &#8211; &#224; ne pas aller au bout de son mandat et &#224; organiser des &#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es. Depuis son AVC (accident vasculaire c&#233;r&#233;bral) de 2013, Bouteflika est inaudible et quasi invisible : lors des c&#233;r&#233;monies officielles, seul son portrait se prom&#232;ne. Sc&#232;ne surr&#233;aliste, d&#233;but f&#233;vrier, &#224; l'occasion d'un meeting, des dirigeants du FLN ont offert un nouveau cadre... au cadre de Bouteflika. On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s. Dans les rues, une pancarte pr&#233;vient : &#171; &lt;i&gt; Nous ne voulons ni du cadre, ni des clous qui le fixent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH339/-1169-0e704.jpg?1782767690' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;8 mars (Acte III)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Escale &#224; B&#233;ja&#239;a, port de petite Kabylie, &#224; 220 km &#224; l'est d'Alger. La ville a la r&#233;putation d'&#234;tre plus &#171; &lt;i&gt; libre &lt;/i&gt; &#187;, moins conservatrice. D'ailleurs, la r&#233;gion est tellement habitu&#233;e aux r&#233;voltes que la police se fait discr&#232;te. Ce troisi&#232;me vendredi de marches correspond &#224; la journ&#233;e internationale de lutte pour les droits des femmes. On suit le collectif libre et ind&#233;pendant des femmes de B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 26 ans, Wissem en est la fondatrice. Elle s'occupe aussi d'un collectif de femmes dans son village, Aokas. Elle milite au Parti socialiste des travailleurs (PST), organisation trotskyste membre de la 4e Internationale, proche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) fran&#231;ais. &#192; mille &#224; l'heure, elle retrace l'histoire du mouvement f&#233;ministe alg&#233;rien : la place occup&#233;e (puis occult&#233;e) par les femmes depuis la guerre d'ind&#233;pendance ; les premiers combats, notamment contre le code de la famille &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que l&#233;g&#232;rement amend&#233; depuis son adoption en 1984, ce code maintient la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; dans les ann&#233;es 1980 ; les scissions, l'incapacit&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer un mouvement national ; les conflits de g&#233;n&#233;rations ; les &#171; &lt;i&gt;f&#233;ministes bourgeoises&lt;/i&gt; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vendredi, plusieurs centaines de femmes marchent derri&#232;re elle, ses camarades et leurs m&#233;gaphones. Deux amies se marrent : &#171; &lt;i&gt;C'est pas la femme qui marche derri&#232;re l'homme, c'est l'homme qui marche derri&#232;re la femme.&lt;/i&gt; &#187; Dans leur dos, un homme, justement, accepte la chose en souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du d&#233;brief, Wissem et les autres organisatrices sont contentes de l'affluence. Il y avait du monde. Beaucoup de jeunes, oui, mais aussi des plus &#226;g&#233;es, venues parfois avec leurs petites-filles. Certains mots d'ordre, contre le &#171; &lt;i&gt; patriarcat&lt;/i&gt; &#187; ou le &#171; &lt;i&gt;sexisme&lt;/i&gt; &#187;, ne sont pas forc&#233;ment bien pass&#233;s, parfois par incompr&#233;hension. Idem pour la banderole &#171; &lt;i&gt;Abrogation du code de la famille&lt;/i&gt; &#187;. Wissem soupire : &#171; &lt;i&gt;On a encore du travail. &lt;/i&gt; &#187; Le lendemain, une poign&#233;e de militants aguerris se retrouveront &#224; la cin&#233;math&#232;que de la ville pour une projection du film &lt;i&gt;Lettre &#224; ma s&#339;ur&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233; par Habiba Djahnine en hommage &#224; s&#339;ur Nabila, architecte et militante f&#233;ministe, assassin&#233;e par des islamistes en 1995.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;11 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;jouissances de la communication de crise : Bouteflika annonce qu'il ne briguera pas de cinqui&#232;me mandat. Une manche de gagn&#233;e, ambiance Coupe du monde dans les rues, mais personne n'est dupe. Car le vieux ne d&#233;missionne pas de son poste et l'&#233;lection pr&#233;sidentielle est report&#233;e : il n'y aura pas de cinqui&#232;me mandat, mais combien de temps s'&#233;ternisera le quatri&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;12 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque mardi &#224; Alger, grande marche des &#233;tudiants. Contre le 4e mandat et demi cette fois-ci... On s'adapte comme on peut. Et on d&#233;nonce le syst&#232;me, le FLN, les oligarques, les magouilles, les syndicats &#233;tudiants v&#233;rol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouloud, 19 ans : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus que deux ans de r&#233;serve de p&#233;trole, on doit faire vite des r&#233;formes, le pays est dans le rouge. &lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tudie dans une &#233;cole priv&#233;e, ch&#232;re, l'&#201;cole sup&#233;rieure de gestion. Le jeune homme est tr&#232;s investi dans le mouvement depuis le d&#233;but ; ce n'est pas le cas de tous ses petits camarades : &#171; &lt;i&gt;Eux, ils ont une porte de sortie.&lt;/i&gt; &#187; Sous-entendu, ils pourront toujours rattraper le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187; en cours de route. Place Audin &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Audin, math&#233;maticien membre du Parti communiste alg&#233;rien, a disparu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, on colle des Post-it color&#233;s avec id&#233;es et revendications : &#171; &lt;i&gt;Vous vous &#234;tes rempli les poches, laissez nous maintenant tranquilles, on reconstruira notre pays, inch'Allah&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;15 mars (Acte IV)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est vendredi ! Tout le monde est de sortie, la foule est jeune, &#226;g&#233;e, f&#233;minine, masculine, alg&#233;roise ou non. On s'organise un peu plus cette fois, quelques sonos sont de sortie. Pas mal de slogans anti-Macron aussi. Notre pr&#233;f&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pr&#233;pare le bois, tu vas plus avoir de gaz pour l'hiver !&lt;/i&gt; &#187; Toujours plus de monde. Pour l'essoufflement du mouvement, on repassera.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;22 mars (Acte V)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant la semaine, chacun s'organise. Une marche par-ci, une p&#233;tition par-l&#224;, des AG, des facs occup&#233;es, des conf&#233;rences, des d&#233;bats. Le gouvernement a tent&#233; la strat&#233;gie d'allonger les vacances scolaires &#224; un mois au lieu de deux semaines : peine perdue... Aux terrasses des caf&#233;s, tout le monde discute politique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne se serait pas pass&#233; comme &#231;a avant le 22.&lt;/i&gt; &#187; Le vendredi est devenu synonyme de sortie hebdomadaire entre amis ou en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce cinqui&#232;me acte, le premier du printemps, il pleut, mais personne n'y pr&#234;te attention. Cinq heures &#224; tourner en rond dans le centre-ville, souvent on pi&#233;tine, tout le temps, on sourit. &#171; &lt;i&gt;On est pass&#233;s de corps humili&#233;s &#224; corps d&#233;li&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, nous dit Fatma Oussedik, sociologue et f&#233;ministe engag&#233;e de 70 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la journ&#233;e, les trains de banlieue sont pleins, les autoroutes aussi. &#192; 19 h, coinc&#233; dans les restes de la manif, un chauffeur de taxi discute avec un flic. Ils ne se connaissent pas. Le policier, visiblement tr&#232;s content d'&#234;tre l&#224;, le charrie : &#171; &lt;i&gt; Bah alors, tu marches pas avec nous ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le meurtre d'un jeune par un gendarme, le 18 avril 2001, une s&#233;rie d'&#233;meutes secoue la Kabylie pendant trois mois, r&#233;activant les revendications d'autonomie politique et culturelle berb&#232;res. Le 14 juin, une grande marche converge vers Alger. La r&#233;pression du mouvement fera plus de cent morts et de 5 000 bless&#233;s, donnant &#224; la s&#233;quence historique le surnom de Printemps noir..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Longtemps interdit en France, ce film de Gillo Pontecorvo (1966) retrace la guerre anti-insurrectionnelle men&#233;e en 1957 dans la Casbah d'Alger par les parachutistes fran&#231;ais contre les ind&#233;pendantistes du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plusieurs millions de personnes &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien que l&#233;g&#232;rement amend&#233; depuis son adoption en 1984, ce code maintient la femme dans un statut de mineure &#224; vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Maurice Audin, math&#233;maticien membre du Parti communiste alg&#233;rien, a disparu apr&#232;s son arrestation par l'arm&#233;e fran&#231;aise au cours de la bataille d'Alger. En septembre 2018, Emmanuel Macron a reconnu pour la premi&#232;re fois officiellement la responsabilit&#233; de la France dans cet assassinat (lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Maurice-Audin-et-les-fantomes-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Maurice Audin et les fant&#244;mes de la guerre fran&#231;aise en Alg&#233;rie&lt;/a&gt; &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 169, octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une R&#233;publique catalane aux forceps</title>
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		<dc:date>2018-09-13T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 27 octobre 2017, le bras de fer entre Madrid et Barcelone a encore grimp&#233; dans les tours. C&#244;t&#233; monarchie castillane, on annonce une batterie de mesures (destitution du pr&#233;sident de la Generalitat, dissolution du parlement catalan, etc.) destin&#233;es &#224; doucher les ardeurs s&#233;cessionnistes catalanes. Trique en l'air, le pr&#233;sident du gouvernement, Mariano Rajoy, entend &#171; &#233;viter la prise en otage inadmissible d'une majorit&#233; des Catalans et le vol d'une partie du territoire au reste des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president" rel="tag"&gt;pr&#233;sident&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Madrid" rel="tag"&gt;Madrid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barcelone" rel="tag"&gt;Barcelone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parlement-catalan" rel="tag"&gt;parlement catalan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mariano-Rajoy" rel="tag"&gt;Mariano Rajoy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sant-Jaume" rel="tag"&gt;Sant Jaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/catalan" rel="tag"&gt;catalan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Generalitat" rel="tag"&gt;Generalitat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 27 octobre 2017, le bras de fer entre Madrid et Barcelone a encore grimp&#233; dans les tours. C&#244;t&#233; monarchie castillane, on annonce une batterie de mesures (destitution du pr&#233;sident de la Generalitat, dissolution du parlement catalan, etc.) destin&#233;es &#224; doucher les ardeurs s&#233;cessionnistes catalanes. Trique en l'air, le pr&#233;sident du gouvernement, Mariano Rajoy, entend &#171; &lt;i&gt;&#233;viter la prise en otage inadmissible d'une majorit&#233; des Catalans et le vol d'une partie du territoire au reste des Espagnols&lt;/i&gt; &#187;. C&#244;t&#233; s&#233;ditieux, le processus constituant est enclench&#233; apr&#232;s que le parlement catalan a d&#233;clar&#233; la Catalogne ind&#233;pendante &#171; &lt;i&gt;sous forme de R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187;. Place Sant Jaume &#224; Barcelone, les &lt;i&gt;esteladas&lt;/i&gt;, drapeaux ind&#233;pendantistes, sont de la f&#234;te et les clich&#233;s de liesse populaire font le tour du monde. Pour la cinqui&#232;me fois depuis le XVIIe si&#232;cle, la Catalogne proclame son ind&#233;pendance. Rien ne dit que cette fois sera la bonne, tant la situation &#233;voque un gros saut dans le vide et remet &#224; vif les vieilles fractures historiques. Le 9 octobre, Pablo Casado, secr&#233;taire adjoint du Parti Populaire (droite), mettait en garde Puigdemont : &#171; &lt;i&gt; Esp&#233;rons que rien ne sera d&#233;clar&#233; demain, parce que celui qui d&#233;clare l'ind&#233;pendance finira comme celui qui l'a d&#233;clar&#233; il y a 83 ans.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;f&#233;rence &#224; Llu&#237;s Companys, ancien pr&#233;sident de la Generalitat r&#233;fugi&#233; en France en 1939 et livr&#233; &#224; l'Espagne par l'occupant nazi. Il sera tortur&#233; et fusill&#233; par le r&#233;gime franquiste en octobre 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourrie depuis plus d'un si&#232;cle d'un ferment libertaire, la Barcelone contestataire se d&#233;chire sur l'autel de l'&#233;lan nationaliste. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes ind&#233;pendantistes sans fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Anna Gabriel, membre du parti anticapitaliste CUP. Si la question de l'autod&#233;termination m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e, le modus operandi des partis &#224; la man&#339;uvre interroge. Tr&#232;s critiques, des anarchistes barcelonais &#233;crivaient &#224; propos de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 3 octobre &#171; &lt;i&gt;convenue, contr&#244;l&#233;e et orchestr&#233;e par les institutions et les organisations patronales&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;On a donc vu les bons citoyens brailler &#8216;&#8216; Som gent de pau ''&lt;/i&gt; [nous sommes des gens de paix] &lt;i&gt;et acclamer la police catalane, comme de gentils moutons, tout en insultant, expulsant voire agressant ceux qui n'appliquaient pas le dogme du bon manifestant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mille embrouilles</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 28 octobre au soir, alors que nous &#233;tions en train de vous concocter ce num&#233;ro sur les bistrots, une baston &#233;clata &#224; deux pas du local. &#192; la premi&#232;re &#233;coute, nous ne retrouvions pas la tonalit&#233;, bien connue, de la bagarre d'ivrognes. De fait, une r&#233;union organis&#233;e chez nos voisins de Mille B&#226;bords a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; : &#171; Livres et revues pi&#233;tin&#233;s, affiches arrach&#233;es, tables renvers&#233;es, coups et menaces, utilisation de gazeuse, vitrine bris&#233;e volontairement. &#187; Le motif de la descente visait &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debat" rel="tag"&gt;d&#233;bat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/baston-eclata" rel="tag"&gt;baston &#233;clata&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-debat" rel="tag"&gt;d'un d&#233;bat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Babords" rel="tag"&gt;B&#226;bords&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bagarre-d-ivrognes" rel="tag"&gt;bagarre d'ivrognes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soir" rel="tag"&gt;soir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 28 octobre au soir, alors que nous &#233;tions en train de vous concocter ce num&#233;ro sur les bistrots, une baston &#233;clata &#224; deux pas du local. &#192; la premi&#232;re &#233;coute, nous ne retrouvions pas la tonalit&#233;, bien connue, de la bagarre d'ivrognes. De fait, une r&#233;union organis&#233;e chez nos voisins de Mille B&#226;bords a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;Livres et revues pi&#233;tin&#233;s, affiches arrach&#233;es, tables renvers&#233;es, coups et menaces, utilisation de gazeuse, vitrine bris&#233;e volontairement.&lt;/i&gt; &#187; Le motif de la descente visait &#224; emp&#234;cher la tenue d'un d&#233;bat sur la place de l'&#171; &lt;i&gt;id&#233;ologie racialiste&lt;/i&gt; &#187; et de la s&#233;mantique &#171; &lt;i&gt;raciale&lt;/i&gt; &#187; dans l'extr&#234;me gauche, avec comme objectif une injonction &#224; choisir son camp (camarade). Ce que nous avons pu v&#233;rifier dans les jours suivants, c'est que les termes du (non) d&#233;bat, restent incompr&#233;hensibles en dehors d'un microcosme sur les nerfs, chacun se renvoyant l'accusation d'&#234;tre des racistes antiracistes voire des antiracistes racistes (&#224; moins que ce ne soit l'inverse)&#8230; Ce qui est certain aussi, c'est que cette r&#233;union qui devait initier d&#233;bats et r&#233;flexions n'aura r&#233;ussi &#224; ouvrir qu'une piste : celle d'un renouveau de la philosophie de la castagne. Soit dit en passant, l'usage excessif de la bagarre ne marche que rarement, comme l'a si bien (d&#233;)montr&#233; la querelle des Lopez, relay&#233;s il y a un peu plus d'un an sur les r&#233;seaux sociaux (comprenne qui pourra).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez, on se calme, on r&#233;tablit quelques r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires du d&#233;bat contradictoire et surtout on soutient, moralement et financi&#232;rement, &lt;a href=&#034;http://www.millebabords.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mille B&#226;bords&lt;/a&gt;, lieu de toutes les convergences de lutte, qui a choisi de ne pas porter plainte, et donc, ne pourra pas faire fonctionner l'assurance pour remplacer la vitrine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ap&#233;ro de sortie du num&#233;ro 127</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Apero-de-sortie-du-numero-127</link>
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		<dc:date>2014-12-03T13:13:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Agenda</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>coup</dc:subject>
		<dc:subject>num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>Consolat</dc:subject>
		<dc:subject>rue Consolat</dc:subject>
		<dc:subject>vendredi</dc:subject>
		<dc:subject>local</dc:subject>
		<dc:subject>venir boire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la sortie en kiosque du num&#233;ro 127 de CQFD, la r&#233;daction vous invite ce vendredi 5 d&#233;cembre &#224; venir boire un coup (ou plus) dans son local, 62 rue Consolat &#224; Marseille, d&#232;s 19h.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Agenda" rel="tag"&gt;Agenda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coup" rel="tag"&gt;coup&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decembre" rel="tag"&gt;d&#233;cembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Consolat" rel="tag"&gt;Consolat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue-Consolat" rel="tag"&gt;rue Consolat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/local-9013" rel="tag"&gt;local&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/venir-boire" rel="tag"&gt;venir boire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la sortie en kiosque du num&#233;ro 127 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, la r&#233;daction vous invite ce vendredi 5 d&#233;cembre &#224; venir boire un coup (ou plus) dans son local, 62 rue Consolat &#224; Marseille, d&#232;s 19h.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L470xH594/image-apero-cqfd-127-23d52.jpg?1782656746' width='470' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cop&#233; n'y a pas coup&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cope-n-y-a-pas-coupe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Cope-n-y-a-pas-coupe</guid>
		<dc:date>2010-12-12T09:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>octobre</dc:subject>
		<dc:subject>vendredi</dc:subject>
		<dc:subject>UMP</dc:subject>
		<dc:subject>l'Assembl&#233;e nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Mach</dc:subject>
		<dc:subject>Pollestres</dc:subject>
		<dc:subject>Mach s'offre</dc:subject>
		<dc:subject>umpique Daniel</dc:subject>
		<dc:subject>groupe UMP</dc:subject>
		<dc:subject>guest star</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;VENDREDI 22 OCTOBRE &#224; Pollestres Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le d&#233;put&#233;-maire umpique Daniel Mach s'offre, en guest star, l'infatu&#233; Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; &#8211; pr&#233;sident du groupe UMP &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#8211;, histoire de lancer sa rentr&#233;e parlementaire. Las, dehors, le comit&#233; d'accueil est sur le pied de guerre. Les braillards mobilis&#233;s contre la r&#233;forme des retraites se sont donn&#233; rendez-vous et les lazzis n'ont aucun mal &#224; se faufiler entre les deux &#233;paisses rang&#233;es de CRS et de gendarmes mobiles en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendredi" rel="tag"&gt;vendredi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/UMP" rel="tag"&gt;UMP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Assemblee-nationale" rel="tag"&gt;l'Assembl&#233;e nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daniel-Mach" rel="tag"&gt;Daniel Mach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pollestres" rel="tag"&gt;Pollestres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mach-s-offre" rel="tag"&gt;Mach s'offre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/umpique-Daniel" rel="tag"&gt;umpique Daniel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/groupe-UMP" rel="tag"&gt;groupe UMP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guest-star" rel="tag"&gt;guest star&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VENDREDI 22 OCTOBRE&lt;/strong&gt; &#224; Pollestres
Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le d&#233;put&#233;-maire
umpique Daniel Mach s'offre, en guest
star, l'infatu&#233; Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; &#8211; pr&#233;sident du groupe UMP &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#8211;,
histoire de lancer sa rentr&#233;e parlementaire. Las,
dehors, le comit&#233; d'accueil est sur le pied de
guerre. Les braillards mobilis&#233;s contre la r&#233;forme
des retraites se sont donn&#233; rendez-vous et les
lazzis n'ont aucun mal &#224; se faufiler entre les deux
&#233;paisses rang&#233;es de CRS et de gendarmes mobiles
en tenue anti-&#233;meute. D&#232;s qu'un cravat&#233; ou une
emperlous&#233;e, d&#251;ment labellis&#233;(e) UMP, fait son
entr&#233;e, les cris fusent de la foule : &#171; Voleurs ! &#187;,
&#171; Escrocs ! &#187;. Les slogans des manifs sont repris
en ch&#339;ur dont le tube de la rentr&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Pour les
riches, des couilles en or, pour les pauvres, des
nouilles encore ! &#187;&lt;/i&gt; Chez les rupins venus faire la
claque, la col&#232;re et la peur sont plus que palpables. Ces sornettes autour de la lutte des classes
seraient donc encore d'actualit&#233; ? Quand certains
des plus valeureux d&#233;cident de franchir la foule
gueularde pour rejoindre la salle, c'est l'&#233;meute.
Les manifestants se d&#233;placent en bloc, enserrent
le groupe d'invit&#233;s soudain pris au d&#233;pourvu. Cris,
menaces, insultes. Par moments &#231;a bouscule sec.
Des gamins du village profitent du chahut pour
se jeter dans la m&#234;l&#233;e. Un vieux bourgeois au
bord de la syncope se f&#226;che : &#171; Fascistes ! &#187; juste
avant de se casser la gueule sur un trottoir. Les
pandores interviennent, se muent en cordon de
s&#233;curit&#233;. Retranch&#233;s dans leur blockhaus, les
fid&#232;les UMP accueilleront leur chef de file en brandissant bien haut leur pancarte &#171; Stop gr&#232;ve &#187;
et Cop&#233; de rassurer ses brebis : &lt;i&gt;&#171; L'accueil que j'ai
pu voir et entendre, c'est de l'injure et des invectives, pas du dialogue. &#187;&lt;/i&gt; Pour une fois, Jean-Fran&#231;ois, on est bien d'accord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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