<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=452&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Souheil, 19 ans, tu&#233; par un policier</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Souheil-19-ans-tue-par-un-policier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Souheil-19-ans-tue-par-un-policier</guid>
		<dc:date>2021-09-04T08:38:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>jeune homme</dc:subject>
		<dc:subject>Souheil</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>policier</dc:subject>
		<dc:subject>homme</dc:subject>
		<dc:subject>voiture</dc:subject>
		<dc:subject>l&#233;gitime d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>Clair Rivi&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante. Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-homme" rel="tag"&gt;jeune homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Souheil" rel="tag"&gt;Souheil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune" rel="tag"&gt;jeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policier" rel="tag"&gt;policier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voiture" rel="tag"&gt;voiture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/legitime-defense" rel="tag"&gt;l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clair-Riviere-17644" rel="tag"&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1858-13d44.jpg?1782972062' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#192; la Belle-de-Mai, l&#224; o&#249; est mort Souheil.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Clair Rivi&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une semaine plus tard sur une pancarte tendue par des proches au milieu du Vieux-Port, d'o&#249; une marche blanche s'appr&#234;tait &#224; partir. Devant quelques centaines de personnes venues honorer la m&#233;moire du jeune homme, son p&#232;re, Issam, prenait la parole : &#171; &lt;i&gt;Cette balle a &#233;t&#233; tir&#233;e lors d'un contr&#244;le routier. Le repr&#233;sentant du syndicat Alliance a affirm&#233; que le policier a fait usage de son arme en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, alors que l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale &#233;tait &#224; peine saisie du dossier.&lt;/i&gt; &#187; Probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Les t&#233;moignages des riverains et des passants sont tr&#232;s troublants &#224; plus d'un titre et contredisent la version &#8220;officielle&#8221; des faits, rapport&#233;e par la presse dans les heures qui ont suivi l'&#233;v&#233;nement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il donc pass&#233; ce soir-l&#224;, au croisement des rues Bonnardel et Fortun&#233;-Jourdan, dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement ? Il est pr&#232;s de 19 heures et la voiture de Souheil est &#224; l'arr&#234;t. Le jeune homme est au volant. Sur le si&#232;ge passager, un de ses copains. Les deux comp&#232;res sont venus rendre visite &#224; un troisi&#232;me ami, en b&#233;quilles des suites d'un accident survenu quelques semaines plus t&#244;t. Un v&#233;hicule de police arrive. L'&#233;quipage reconna&#238;t la voiture de Souheil avec laquelle le jeune homme aurait, la veille, fui un premier contr&#244;le de police. Les agents sortent de l'habitacle pour proc&#233;der &#224; un nouveau contr&#244;le. Le jeune homme n'a, semble-t-il, ni permis de conduire ni certificat d'assurance. Il tente de fuir en marche arri&#232;re, heurtant un policier qui, selon certaines versions de l'histoire, chute au sol. Quoi qu'il en soit, juste apr&#232;s, un autre agent tire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gitime d&#233;fense mise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Question : &#224; l'instant pr&#233;cis o&#249; le coup est parti, l'un ou l'autre des policiers &#233;tait-il en danger ? &#171; &lt;i&gt;Tous les &#233;l&#233;ments actuels tendent &#224; d&#233;montrer un &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense du policier &#224; l'ouverture du feu pour assurer la protection physique d'un autre policier&lt;/i&gt; &#187;, affirme &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; Andr&#233; Ribes, le procureur en charge du dossier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1er d&#233;cembre 2018 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme l'&#233;crit le quotidien&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les r&#233;cits de plusieurs t&#233;moins &#171; &lt;i&gt;questionnent la proportionnalit&#233; et la simultan&#233;it&#233; cens&#233;es caract&#233;riser la l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/i&gt; &#187;. Bas&#233;e sur des t&#233;moignages de riverains recueillis au lendemain du drame, une enqu&#234;te publi&#233;e sur le site collaboratif de luttes &lt;i&gt;Marseille infos autonomes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en arrive m&#234;me &#224; la conclusion inverse : &#171; &lt;i&gt;aucun des policiers n'&#233;tait dans le champ&lt;/i&gt; &#187; de la voiture de Souheil au moment du tir fatal. &#192; en croire les habitants cit&#233;s dans l'article, le jeune homme craignait que les k&#233;pis embarquent son v&#233;hicule &#224; la fourri&#232;re. Et c'est lorsque le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule s'est d&#233;cal&#233; pour t&#233;l&#233;phoner &#224; l'&#233;cart que Souheil a tent&#233; de se d&#233;gager en marche arri&#232;re tout en braquant. Ce faisant, il aurait touch&#233; l'agent situ&#233; du c&#244;t&#233; conducteur de la voiture. C'est quelques instants plus tard que le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re aurait fait feu, au moment o&#249; la voiture est pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal local d'investigation &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, le tireur &#233;tait un policier stagiaire, &#171; &lt;i&gt;inexp&#233;riment&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait choqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#224;&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; une riveraine sortie de chez elle juste apr&#232;s avoir entendu le coup de feu. Comme d'autres, elle rapporte que le passager du v&#233;hicule a &#233;t&#233; ensuite frapp&#233; avant d'&#234;tre menott&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers, par contre, n'auraient pas cherch&#233; &#224; porter secours &#224; leur victime. Sur des vid&#233;os tourn&#233;es par des passants, on ne les voit effectivement pas au chevet du jeune homme. Comme le relate&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est finalement une infirmi&#232;re du quartier qui passait par l&#224; qui s'est occup&#233;e de Souheil : &#171; &lt;i&gt;J'ai d'abord vu le policier&lt;/i&gt; [qui avait &#233;t&#233; heurt&#233; par la voiture] &lt;i&gt;&#224; terre. Il avait juste mal au genou. On m'a ensuite dit qu'il y avait un jeune homme dans la voiture. J'ai d&#251; forcer un policier &#224; me laisser passer. Il ne voulait pas.&lt;/i&gt; &#187; Quand les pompiers ont fini par arriver, dit-elle &#224; l'instar d'autres t&#233;moins, ils sont d'abord all&#233;s voir le policier. Souheil &#233;tait probablement d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#234;me s'il a fait quelque chose... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La voiture du d&#233;funt a fini sa course sur un trottoir, &#224; quelques m&#232;tres d'un arr&#234;t de bus. Une semaine plus tard, une dame d'une soixantaine d'ann&#233;es y attend le 49, direction Vauban. Au sol, les d&#233;bris de verre sont toujours l&#224;. Sous un porche, des fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur, un collage rappelant que Souheil a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tu&#233; par la police&lt;/i&gt; &#187;. Et une photo de lui avec son fils. La dame en a les larmes aux yeux : &#171; &lt;i&gt;Oh, c'est lui, le jeune homme qui est mort&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Un silence. Puis : &#171; &lt;i&gt;Ils font ce qu'ils veulent, ces cons de poulets.&lt;/i&gt; &#187; &#192; c&#244;t&#233;, une jeune fille s'indigne. Elle ne sait pas trop ce qui s'est pass&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;m&#234;me s'il a fait quelque chose, c'&#233;tait pas une raison pour le tuer&lt;/i&gt; &#187;. Un jeune homme : &#171; &lt;i&gt;Nous si on tue un flic, on prend quinze ans de prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s la mort de Souheil, le parquet a expliqu&#233; que le jeune homme &#233;tait connu des services judiciaires. &#171; &lt;i&gt;Des bagarres et quelques barrettes de shit&lt;/i&gt; &#187;, relativisait la famille aupr&#232;s de l'AFP &#8211; selon nos informations, elle faisait r&#233;f&#233;rence &#224; de la simple consommation de cannabis, pas &#224; du deal. &#171; &lt;i&gt;Certes, mon fils avait d&#233;j&#224; eu affaire &#224; la police et &#224; la justice, dans ses errements d'adolescent en souffrance,&lt;/i&gt; dira son p&#232;re lors de la marche blanche. &lt;i&gt;Sa m&#232;re et moi avons eu avec lui notre lot d'inqui&#233;tudes et de mauvaises surprises. Rien de tout cela n'amoindrit le respect d&#251; &#224; sa vie.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande l'ouverture d'une information judiciaire confi&#233;e &#224; un juge d'instruction ind&#233;pendant. Selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, son avocat a port&#233; plainte pour &#171; homicide volontaire par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique et omission de porter secours &#187;.
Contrairement &#224; l'affaire de Stains (Seine-Saint-Denis), assez ressemblante (le 16 ao&#251;t, deux policiers en civil y ont arros&#233; de balles une voiture qu'ils contr&#244;laient), il n'existe &#224; notre connaissance pas d'images du tir ayant tu&#233; Souheil. Par contre, les minots du coin se montrent sur leur portable les vid&#233;os des instants d'apr&#232;s, o&#249; l'on peut l'apercevoir agoniser. Dans ce tr&#232;s populaire quartier de Marseille, les pouvoirs publics n'ont mis en place aucune cellule de soutien psychologique &#224; destination des riverains choqu&#233;s. Quand une prise en charge a fini par &#234;tre organis&#233;e, ce fut &#224; l'initiative de militants associatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lynda, la m&#232;re de l'ami en b&#233;quilles que Souheil &#233;tait venu voir ce soir-l&#224;, reste &#233;videmment pleine de chagrin : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un ami tr&#232;s proche de mon fils. Il venait le voir tous les jours depuis son accident, lui tenir compagnie. Il avait fait la f&#234;te de l'A&#239;d avec nous. C'&#233;tait un gamin. Il est parti pour rien, pour une petite b&#234;tise. Aujourd'hui, mon fils fait semblant d'aller bien, mais au fond, il est d&#233;truit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018 sur la Canebi&#232;re, lorsque Zineb Redouane a &#233;t&#233; mortellement atteinte par un tir de grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage. C'est notamment cette pr&#233;sence, non r&#233;v&#233;l&#233;e au d&#233;but des investigations par le parquet de Marseille, qui a conduit au d&#233;paysement &#224; Lyon de l'enqu&#234;te sur le d&#233;c&#232;s de l'octog&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas de r&#233;bellion&#8221; &#187; (16/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (06/08/2021). Dans plusieurs des premiers articles consacr&#233;s &#224; l'affaire tout comme sur le collage visible sur la photo ci-dessus, le pr&#233;nom &#171; Souheil &#187; est par erreur orthographi&#233; &#171; Souhil &#187; ou &#171; Souhail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en question &#187; (13/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Homicide volontaire avec sursis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis</guid>
		<dc:date>2018-06-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fatima Zahra</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>l&#233;gitime d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Bentounsi</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>Saboundjian</dc:subject>
		<dc:subject>Amine Bentounsi</dc:subject>
		<dc:subject>police Saboundjian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mars 2017. Le policier Saboundjian compara&#238;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tu&#233; d'une balle dans le dos. Il &#233;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proc&#232;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline. 21avril 2012. Dans une rue de Noisy-le-Sec. Amine Bentounsi court. Il court pour &#233;chapper &#224; la police, pour &#233;chapper &#224; l'enfer carc&#233;ral o&#249; il a pass&#233; tant d'ann&#233;es de sa courte vie. Quand il tr&#233;buche, il se redresse (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/legitime-defense" rel="tag"&gt;l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bentounsi" rel="tag"&gt;Bentounsi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saboundjian" rel="tag"&gt;Saboundjian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amine-Bentounsi" rel="tag"&gt;Amine Bentounsi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police-Saboundjian" rel="tag"&gt;police Saboundjian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mars 2017. Le policier Saboundjian compara&#238;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tu&#233; d'une balle dans le dos. Il &#233;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proc&#232;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21avril 2012. Dans une rue de Noisy-le-Sec. Amine Bentounsi court. Il court pour &#233;chapper &#224; la police, pour &#233;chapper &#224; l'enfer carc&#233;ral o&#249; il a pass&#233; tant d'ann&#233;es de sa courte vie. Quand il tr&#233;buche, il se redresse et reprend sa course folle. &#192; bout de souffle. Au bout de sa vie. Il tombe. Damien Saboundjian, gardien de la paix, vient de lui tirer une balle dans le dos. Amine, 29 ans, est mort &#224; l'h&#244;pital Pompidou, le 22 avril 2012 &#224; 5h10 du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 janvier 2016. Cour d'assises de Bobigny. Dans le box des accus&#233;s, l'agent de police Saboundjian est accus&#233; de &#171; violences volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;. Il risque vingt ans de r&#233;clusion. Mais le procureur demande aux jur&#233;s de prononcer une simple r&#233;vocation, ainsi qu'une interdiction de port d'armes, et de le condamner &#224; cinq ans de prison avec sursis. Il est acquitt&#233;, les jur&#233;s consid&#233;rant qu'il &#233;tait en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense. Peu importe que Bentounsi soit mort d'une balle dans le dos. Les jur&#233;s n'ont pas eu &#224; expliquer cette incongruit&#233;. L'intime conviction suffit. Mais, fait rarissime, le parquet fait appel. Pourquoi ? Celui-ci consid&#232;re-t-il qu'il est trop dangereux de laisser un individu tel que Saboundjian exercer la profession de policier ? Ou que pour continuer &#224; prononcer des non-lieux en faveur de la police, il faut en condamner quelques-uns ? Ou, allez, prenons-nous &#224; r&#234;ver, commence-t-on &#224; se dire Place Beauvau, qu'il faut cesser de tirer les jeunes des quartiers populaires comme des lapins ? Bref, le parquet remet &#231;a. Le proc&#232;s en appel se tient un an plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2459 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/-725-64397.jpg?1782647632' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;6 mars 2017. Cour d'assises de Paris. Dans le box des accus&#233;s, toujours Saboundjian. Toujours inculp&#233; de &#171; violences volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;. Il risque toujours vingt ans de r&#233;clusion. En face, Amal Bentounsi, la s&#339;ur de la victime. Depuis cinq ans, elle se bat pour conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; : si l'agent de police Saboundjian &#233;tait en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, comme il l'affirme, pourquoi son fr&#232;re est-il mort d'une balle dans le dos ? C'est ce que les jur&#233;.e.s, le parquet, le juge et la partie civile tenteront de comprendre tout au long de ces cinq jours de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le policier ne convainc personne, malgr&#233; le soutien de ses coll&#232;gues qui le couvrent, &#224; coups de mensonges &#233;hont&#233;s, tordus, mal ficel&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi avez-vous menti ?&lt;/i&gt; &#187;, demande R&#233;gis de Jorna, le pr&#233;sident du tribunal, &#224; Ghislain Boursier, le co&#233;quipier, qui s'est r&#233;tract&#233; apr&#232;s avoir dit qu'il avait vu Amine Bentounsi se retourner. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-il d'une voix &#224; peine audible. Indignation des magistrats. Mais pas de sanction. Les rapports et contre-rapports des experts en balistique, qui s'apparentent &#224; des m&#233;moires en d&#233;fense, ne convaincront pas davantage. Le Pr&#233;sident lancera m&#234;me &#224; l'un d'eux : &#171; &lt;i&gt;Je n'ose pas demander combien vous avez &#233;t&#233; pay&#233; pour cette expertise.&lt;/i&gt; &#187; L'exact contraire du rapport de l'IGPN (Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale, l'IGS autrefois), conduit par le commandant Nieto. Accablant pour le policier. Une fois n'est pas coutume. Pourquoi, dans cette affaire, c'est si rare, l'IGPN a fait son travail ? Nous sommes nombreux &#224; nous le demander. Saboundjian, lui, ne l'accepte pas. Extrait d'&#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques. Saboundjian &#224; un syndicaliste de la police : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire gicler l'inspecteur de l'IGS.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Non seulement ils ont os&#233; toucher &#224; un flic, mais en plus &#224; un syndicaliste.&lt;/i&gt; &#187; Mais Nieto n'a pas &#171; &lt;i&gt;gicl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, il a m&#234;me r&#233;sist&#233; aux pressions et persist&#233; jusqu'&#224; livrer sa conclusion : la sc&#232;ne de tir a &#233;t&#233; modifi&#233;e avant l'arriv&#233;e de l'identit&#233; judiciaire, les douilles ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es. Difficile pour Nieto de conclure &#224; un cas de l&#233;gitime d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les t&#233;moins que la police tente d'&#233;carter. Comme Saliha, qui a vu Bentounsi courir sans jamais se retourner et tomber face contre terre. Lorsqu'elle appelle le commissariat de Noisy-le-Sec pour en t&#233;moigner, on lui r&#233;pond que &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne sert &#224; rien de raconter &#231;a, &#231;a n'a aucune utilit&#233;. Je vous conseille de raccrocher&lt;/i&gt; &#187;. Elle contacte alors un autre commissariat qui la renvoie vers l'IGPN, qui va l'auditionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a les &#233;coutes. Saboundjian est son pire ennemi. &#171; &lt;i&gt;On pourrait passer des heures sur vos conversations&lt;/i&gt;, commente le Pr&#233;sident, &lt;i&gt;il y a des parties qui sont de v&#233;ritables anthologies.&lt;/i&gt; &#187; Extrait. Saboundjian &#224; l'un de ses coll&#232;gues : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; re&#231;u par le pr&#233;fet de Seine-Saint-Denis. Il m'a dit &#8220;L'administration est avec vous. On va vous payer vos frais de justice et on va vous muter o&#249; vous voulez.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Son coll&#232;gue : &#171; &lt;i&gt;Tu as l'administration avec toi. C'est bien. Quand t'as l'administration avec toi, t'as le gouvernement avec toi, le pouvoir&#8230; C'est bien. Ils nous prot&#232;gent de la justice.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Peut-&#234;tre que cette affaire va me faire avoir de l'&#233;chelon&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le flic inculp&#233;. &#171; &lt;i&gt;Monsieur Saboundjian&lt;/i&gt;, demande le pr&#233;sident interloqu&#233;, &lt;i&gt;quand on tue, on monte en grade, alors ? Une arme n'est pas un permis de tuer. Il y a comme un fonctionnement &#224; l'envers. J'esp&#232;re que ce n'est pas l'esprit qui pr&#233;vaut dans la police.&lt;/i&gt; &#187; Saboundjian essaye d'att&#233;nuer son propos et explique qu'il voulait dire que ses coll&#232;gues obtiennent des promotions quand ils ont &#233;t&#233; bless&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Mais vous n'avez pas &#233;t&#233; bless&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;J'ai failli mourir ! &lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas mort. Mais monsieur Bentounsi est mort, lui.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;J'ai v&#233;cu des choses tr&#232;s dures et on en rajoute avec des questions.&lt;/i&gt; &#187; Et de finir : &#171; &lt;i&gt;C'est une avant-premi&#232;re en France qu'un policier se retrouve dans une Cour d'assises. C'est tr&#232;s dur. Est-ce qu'un bon policier c'est un policier mort ?&lt;/i&gt; &#187; S'il ne risquait une lourde peine de prison, il fait peu de doute qu'il aurait assum&#233; volontiers d'avoir tu&#233; Amine Bentounsi et n'aurait m&#234;me pas invoqu&#233; la l&#233;gitime d&#233;fense pour se d&#233;douaner. En effet, que vaut la vie d'un homme qui a pass&#233; une partie de son existence entre trafic, braquages et prison ? Bentounsi &#233;tait en cavale depuis deux ans. Sorti de prison par la gr&#226;ce d'une permission, il avait d&#233;cid&#233; qu'il n'y retournerait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pr&#233;sident refuse le raccourci. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises victimes&lt;/i&gt; &#187;, tente-t-il d'expliquer &#224; l'accus&#233;. C'est dit : Amine est une victime. Enfin. Il n'est plus le &#171; &lt;i&gt;fuyard&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;braqueur&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;multir&#233;cidiviste&lt;/i&gt; &#187;. Saboundjian ne comprend pas. Il est policier, syndicaliste, prot&#233;g&#233; par l'administration. Il a le droit de tout. De fait, il n'a pas une parole de regret, pas un pardon, pas un mot qui prenne en compte la douleur de la famille, d&#233;sormais viss&#233;e au corps. Alors, quand Saboundjian pleure &#8211; il &#233;clatera plusieurs fois en sanglots &#8211;, on a le sentiment d&#233;sagr&#233;able qu'il pleure sur son sort. Il s'en faudrait de peu qu'il nous dise que tout &#231;a c'est la faute &#224; Bentounsi. Arabe et voyou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La teneur des d&#233;bats, l'indignation des magistrats face &#224; ce policier convaincu de sa toute-puissance, face aux mensonges et aux dissimulations de la police, nous avaient presque convaincus que Saboundjian serait r&#233;voqu&#233; de la police. Mais non. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; cinq ans de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de port d'armes. Sentiment de col&#232;re pour certain.e.s, d'amertume pour d'autres, m&#234;me si nous partageons le soulagement de la famille, car la l&#233;gitime d&#233;fense a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e et Saboundjian condamn&#233;, m&#234;me &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt;. On est loin en effet de l'acquittement de Bobigny. M&#234;me si la petite lueur de joie qui a remplac&#233; les rictus de douleur qui traversaient jusque-l&#224; le visage rid&#233; et las de M. Bentounsi nous r&#233;chauffe le c&#339;ur. M&#234;me si nous &#233;prouvons une satisfaction &#233;vidente devant la col&#232;re des policiers d'avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;s devant une cour d'assises, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; &#224; cause d'un &#171; &lt;i&gt;Bencouscous&lt;/i&gt; &#187;. Ils savent d&#233;sormais que &#231;a peut arriver, m&#234;me s'ils s'en tirent &#224; bon compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che qu'&#224; moins d'une proc&#233;dure disciplinaire en raison du sursis, Saboundjian va continuer &#224; exercer son m&#233;tier de flic, et une fois qu'il aura retrouv&#233; son port d'armes, il pourra retourner sur le terrain et d&#233;gainer. Ce verdict, ahurissant et incompr&#233;hensible au regard des d&#233;bats, montre bien que nous n'&#233;tions pas dans un proc&#232;s de la police, cens&#233; juger ses m&#233;thodes violentes et racistes. Au contraire, chaque fois qu'ils l'ont pu, procureur et juges ont rappel&#233; le respect qu'ils portent &#224; cette institution. Ren&#233; Crosson du Cormier, le procureur, l'a dit sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;La police nationale, c'est la gloire de la France.&lt;/i&gt; &#187; C'est aussi celle qui prot&#232;ge les privil&#232;ges de ces magistrats &#224; particules. Cette justice-l&#224; n'a que faire de nos morts. Elle n'est pas pour nous. La bagarre continue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
