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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Winter is coming</title>
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		<dc:creator> Momo Br&#252;cke, Iffik Le Guen, Julien Tewfiq</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Demain comme aujourd'hui, le travail demeurera une centralit&#233; dans nos existences. Coercitif ou librement consenti, ali&#233;nant ou gratifiant, le chagrin continuera de charpenter le socle de notre vie commune. Parce que le futur est d&#233;j&#224; &#224; notre porte, CQFD vous propose trois envol&#233;es dystopiques. Walter Benjamin a eu cette formule : &#171; Il faut organiser le pessimisme. &#187; Nous y sommes. Et le monde devint machine Les injonctions au plein-emploi r&#233;sonnent encore alors m&#234;me que le travail (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Demain comme aujourd'hui, le travail demeurera une centralit&#233; dans nos existences. Coercitif ou librement consenti, ali&#233;nant ou gratifiant, le chagrin continuera de charpenter le socle de notre vie commune. Parce que le futur est d&#233;j&#224; &#224; notre porte, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; vous propose trois envol&#233;es dystopiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH394/-1149-71800.jpg?1782662510' width='500' height='394' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt; Walter Benjamin a eu cette formule : &#171; &lt;i&gt;Il faut organiser le pessimisme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt; Nous y sommes.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et le monde devint machine
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;L&lt;/petitelettrine&gt;es injonctions au plein-emploi r&#233;sonnent encore alors m&#234;me que le travail est mort. Politicards et &#233;conomistes ont tout fait pour conserver ce mythe malgr&#233; la robotisation. Aujourd'hui, on ne travaille plus, on veille les robots. Nous vivons en pleine science-fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a a commenc&#233; au si&#232;cle dernier &lt;/strong&gt;avec Taylor, Ford, etc. un pr&#233;tendu cercle vertueux alors qu'il n'&#233;tait que vicieux : l'humain devenait esclave de la machine tandis que la marchandise occupait l'ensemble de la vie sociale. &#171; &lt;i&gt;Les machines deviennent le monde et le monde devient machin&lt;/i&gt;e &#187; proph&#233;tisait G&#252;nther Anders, lucide observateur de l'obsolescence humaine. D&#233;j&#224; en 1936, &lt;i&gt;Les Temps modernes &lt;/i&gt;nous montrait un Chaplin domin&#233; et soumis &#224; un automate jusqu'&#224; le rendre fou. Les travailleurs, en plus d'&#234;tre exploit&#233;s devenaient serviteurs. Puis, le mouvement a &#233;t&#233; irr&#233;versible : en un peu moins d'un si&#232;cle, la robotisation a expuls&#233; dans les marges des dizaines de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interm&#232;de de l'ub&#233;risation &lt;/strong&gt;finit de lever le voile : les travailleurs r&#233;duits &#224; l'&#233;tat d'entreprises pr&#233;caires en concurrence les unes avec les autres. Les grands gagnants furent les consortiums qui, all&#233;g&#233;s des charges, firent jouer la concurrence &#224; plein. Des masses de salari&#233;s de plus en plus pr&#233;caris&#233;s se firent la guerre tandis que les machines colonisaient peu &#224; peu les entrailles de la production mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mort au travail, vive les robots ! &#187;&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le terrain, &lt;/strong&gt;les mouvements sociaux n'ont pu faire le poids. Ceci explique, sans doute, le r&#244;le d'idiots utiles jou&#233;s par les sociaux-d&#233;mocrates et une partie de la gauche &#171; radicale &#187;, dont les slogans d'alors &#8211; &#171; Mort au travail : vive les robots ! &#187; &#8211; donnent aujourd'hui le vertige. En fait, ils &#233;taient dos au mur, se raccrochant follement aux haillons d'une mauvaise lecture de Marx : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;duction de la journ&#233;e de travail est la condition fondamentale de [l'&#233;panouissement de la puissance humaine] &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187; Il y avait pourtant d'autres chemins pour &#233;viter ce lent retour vers le servage. Le sabotage, par exemple, m&#234;me s'il n'eut fonctionn&#233;, aurait eu le m&#233;rite de sauver l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solution fut trouv&#233;e : &lt;/strong&gt;robotisation et instauration d'un revenu universel minable. Plus de s&#233;cu ou de minima sociaux, une obole mensuelle contre obligation de veiller les machines &#8212; entre 10 et 45 heures hebdo selon les besoins de l'&#233;conomie. M&#234;me dans le secteur de la sant&#233;, lieu du soin et d'une relation proprement humaine, on n'a pas r&#233;sist&#233;. &#192; force de traiter les soignants et les soignantes comme des machines, les entreprises de sant&#233; ont fini par pr&#233;f&#233;rer l'original &#224; la copie. Ce qui est pratique : les robots sont ne sont ni sujets aux suicides ni aux &#233;tats d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, on veille. &lt;/strong&gt;Les yeux hypnotis&#233;s par les &#233;crans. Notre lexique binaris&#233; pour mieux correspondre avec la machine. Et le temps &#171; libre &#187;, l'&#233;panouissement ? me demandez-vous. une libert&#233; surveill&#233;e ! Le revenu garanti ? une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s ! Au moindre faux pas, c'est la condamnation, les vivres coup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais je m'en fous&lt;/strong&gt;. Demain, je tue un robot.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Momo Br&#252;cke&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Conjuration des &#233;gaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;C&lt;/petitelettrine&gt;'&#233;tait apr&#232;s la Grande Guerre pour les Ressources qui a d&#233;vast&#233; tous les continents. Des fragments d'anciens &#201;tats d'Europe du Nord s'&#233;taient regroup&#233;s au sein de l'Union bor&#233;alienne. La vie s'y &#233;coulait paisiblement derri&#232;re de hauts murs absolument infranchissables. Nous, les &#201;gaux, avions repris nos vies en main pour les consacrer &#224; l'&#233;panouissement de tous. Instruits des erreurs du pass&#233;, nous nous &#233;tions attel&#233;s &#224; construire une soci&#233;t&#233; harmonieuse entre nous comme avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement faisait une large place &#224; la d&#233;mocratie directe et &#224; l'autonomie des collectivit&#233;s de base. Toute diff&#233;rence de sexe, de position sociale, d'&#226;ge, de croyance, &#233;tait proscrite jusque dans le langage. L'exploitation des animaux &#233;tait interdite. Les techniques agricoles, quand elles &#233;taient employ&#233;es, devaient strictement respecter les cycles naturels. La richesse &#233;tait &#233;quitablement r&#233;partie au moyen d'un revenu citoyen, ce qui laissait &#224; chacun de nous le choix de travailler ou non. Seuls les emplois sup&#233;rieurs &#233;taient permis aux &#201;gaux : m&#233;decin, avocat, ing&#233;nieur, officier. Toutes les terres avaient &#233;t&#233; collectivis&#233;es au profit des &#201;gaux et l'ensemble des infrastructures (logement, routes, t&#233;l&#233;communications&#8230;) &#233;taient con&#231;ues dans le sens du plus petit impact environnemental possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux activit&#233;s laborieuses &lt;/strong&gt;les plus p&#233;nibles, nous les avions confi&#233;es aux r&#233;sidents. Ces &#233;trangers que nous laissions entrer au compte-gouttes dans l'Union n'avaient pas droit de cit&#233; mais pouvaient acc&#233;der &#224; une vie confortable en se consacrant &#224; l'agriculture, l'industrie, l'artisanat, le commerce ou la gestion de l'argent. Ils &#233;taient &#233;galement soumis &#224; un certain nombre de services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral : construction et entretien des voies ainsi que des b&#226;timents publics, fabrication et maintenance des &#233;quipements collectifs, perception des taxes, garde des remparts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'un d'entre eux s'&#233;tait particuli&#232;rement distingu&#233; dans ces services, il pouvait pr&#233;tendre au statut de r&#233;sident-responsable et il &#233;tait alors admis &#224; participer aux d&#233;cisions des assembl&#233;es avec un avis consultatif. Afin d'&#233;viter tout d&#233;s&#233;quilibre, des restrictions &#233;taient impos&#233;es aux r&#233;sidents. La taille de leurs entreprises ne pouvait exc&#233;der un certain nombre de salari&#233;s. Leur capacit&#233; &#224; louer des terrains et logements &#233;tait limit&#233;e en surface. Ils &#233;taient redevables de taxes cons&#233;quentes pour chaque nouvel enfant jusqu'&#224; un nombre maximum de deux. D&#232;s lors qu'ils atteignaient un certain seuil, leurs revenus &#233;taient lourdement impos&#233;s au b&#233;n&#233;fice du budget public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;r&#233;s des contraintes &lt;/strong&gt;les plus p&#233;nibles, nous nous adonnions aux plaisirs de l'esprit et de de la chair qui n'est pas forc&#233;ment triste. Tout &#233;tait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un seul probl&#232;me subsistait &lt;/strong&gt;chez les &#201;gaux : parfois un insondable ennui s'emparait de nous. Il &#233;tait alors temps de sacrifier un r&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vive le Moyen &#194;ge !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;A&lt;/petitelettrine&gt;u d&#233;but, nous avions cru que ce n'&#233;tait qu'une crise comme en avaient connu l'Argentine, la Gr&#232;ce ou l'Espagne. Mais ce n'&#233;tait pas une crise comme les autres. C'&#233;tait la grande, la derni&#232;re, la fatale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui la faute ? &lt;/strong&gt;Aux banques qui s'&#233;taient effondr&#233;es comme des dominos ? Aux p&#233;troliers qui avaient trich&#233; sur l'&#233;tat de leurs r&#233;serves de brut ? Aux &#201;tats incapables de g&#233;rer le fracas climatique ? Aux travailleurs qui avaient d&#233;sert&#233; leurs postes au c&#339;ur de la temp&#234;te ? Voir ces nu&#233;es de ch&#244;meurs mendier sur le bord des routes, &#231;a nous rappelait les photos de la crise de 1929 dans les manuels scolaires. Puis les &#233;tals des magasins se vid&#232;rent. Le prix des denr&#233;es alimentaires et des mati&#232;res premi&#232;res augmenta aussi vite que celui de l'essence. Partout, les officiels nous promettaient un prochain &#171; retour &#224; la normale &#187;. La situation ne fit qu'empirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On aurait pu s'attendre &#224; des sc&#232;nes de pillage&lt;/strong&gt; ou de barricades urbaines. Ce fut la d&#233;sertion. Du boulot, de la ville. un improbable retour &#224; la terre, la nourrici&#232;re, la paysanne. Nous, les citadins, &#233;tions des migrants, allant sur les routes avec quelques affaires, &#224; la recherche d'un village qui voudrait bien de nous. On aurait pu s'attendre &#224; ce que les derniers paysans nous accueillent &#224; coups de fourches. Pas du tout. Les populations urbaines et rurales trouv&#232;rent &#224; s'imbriquer assez facilement. M&#233;canis&#233;es et informatis&#233;es &#224; outrance, les campagnes manquaient de bras maintenant que les machines ne marchaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y avait ce savoir &lt;/strong&gt;vieux de dix mille ans &#224; r&#233;apprendre et r&#233;inventer : travailler la terre, &#233;lever du b&#233;tail, fabriquer des outils. Recycler, exp&#233;rimenter ; souder un nouveau lien communautaire. Dans chaque village, anciens et nouveaux habitants ont d&#251; trouver comment vivre et travailler ensemble, r&#233;partir les t&#226;ches, les habitations, les champs&#8230; Le plus souvent, ces petites communaut&#233;s s'organisaient autour d'un conseil municipal et d'un maire, comme au temps d'avant. Mais on a connu des organisations plus horizontales avec mise en commun des ressources et prises de d&#233;cision collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me souviens &lt;/strong&gt;avec &#233;motion de la fois o&#249; j'ai ramass&#233; mes premi&#232;res courges. &#192; la ville, j'&#233;tais &lt;i&gt;community manager &lt;/i&gt;pour une bo&#238;te de t&#233;l&#233;phonie, je n'avais jamais eu les moyens d'avoir un jardin. Je me souviens aussi des premiers hivers, les plus durs, et de l'indispensable solidarit&#233; des villageois pour se tenir chaud. &#192; la ville, je me ruinais en chauffage &#233;lectrique ! Quand, au bout de deux ans, des agents de ce qui restait de l'&#201;tat sont venus au village pour &#171; organiser un recensement en vue de r&#233;tablir les services de l'&#201;tat et l'assiette d'imposition &#187;, on les a re&#231;us comme il le fallait ! Nous avions travaill&#233; pour notre communaut&#233; et en bonne entente avec les villages voisins, ce n'&#233;tait pas pour que des grosses l&#233;gumes viennent nous refaire le coup des sauvages &#224; civiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me souviens &lt;/strong&gt;qu'au d&#233;but, certains disaient que nous vivions une &#171; catastrophe &#187;, &#171; un retour au Moyen &#194;ge &#187;&#8230; Alors moi, je vous le dis : &#171; Vive ! Vive le Moyen &#194;ge ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L&#226;cher de robots</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lacher-de-robots</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Jarrige</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le salon Innorobo d&#233;di&#233; &#224; l'avenir robotique, qui s'est tenu en mai (2016) &#224; Paris, donne l'occasion &#224; l'historien Fran&#231;ois Jarrige, auteur de l'ouvrage Technocritiques (&#233;d. La D&#233;couverte, 2014), de revenir pour CQFD sur ce &#171; mirage enfantin charg&#233; de combler le vide politique &#187;. Les 24 et 25 mai dernier se tenait &#224; Paris le 3e salon Innorobo, &#171; le seul sommet europ&#233;en enti&#232;rement d&#233;di&#233; aux technologies robotiques et aux innovations de rupture &#187;, nous disent les discours officiels. Cet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/censes" rel="tag"&gt;cens&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le salon Innorobo d&#233;di&#233; &#224; l'avenir robotique, qui s'est tenu en mai (2016) &#224; Paris, donne l'occasion &#224; l'historien Fran&#231;ois Jarrige, auteur de l'ouvrage &lt;i&gt;Technocritiques&lt;/i&gt; (&#233;d. La D&#233;couverte, 2014), de revenir pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur ce &#171; &lt;i&gt;mirage enfantin charg&#233; de combler le vide politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH476/-406-fb8f7.jpg?1782643887' width='400' height='476' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 24 et 25 mai dernier se tenait &#224; Paris le 3e salon Innorobo, &#171; &lt;i&gt;le seul sommet europ&#233;en enti&#232;rement d&#233;di&#233; aux technologies robotiques et aux innovations de rupture&lt;/i&gt; &#187;, nous disent les discours officiels. Cet &#233;v&#233;nement c&#233;l&#233;br&#233; par la novlangue manag&#233;riale &#233;tait cens&#233; offrir &#171; &lt;i&gt;un vaste &#233;cosyst&#232;me d'affaires&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; doivent se retrouver des &#171; &lt;i&gt;leaders et d&#233;cideurs de grands groupes et de start-ups, de centres de recherche et de formation, d'institutions publiques et de fournisseurs de technologies ou de services, des investisseurs et des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un vaste hall au nord de la capitale, environ 200 exposants du monde entier &#233;taient r&#233;unis pour pr&#233;senter leur marchandise, il y avait l&#224; des robots m&#233;dicaux pour nous sauver, des &#171; &lt;i&gt;robots accessibles pour tous qui rendent la vie plus facile, plus s&#251;re et avec une touche de plaisir&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;robots familiaux&lt;/i&gt; &#187; cens&#233;s p&#233;n&#233;trer les foyers, des robots &#233;ducatifs, des robots s&#233;curitaires, et une multitude d'autres robots industriels cens&#233;s faciliter le travail des humains, l'all&#233;ger et le simplifier selon les mirifiques promesses r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; sati&#233;t&#233;. On y croisait une multitude de starts up dynamiques, des cadres et des chercheurs en qu&#234;te de financement, mais aussi des repr&#233;sentants du CEA et quelques grands groupes financiers. Avec le soutien du minist&#232;re de l'&#201;conomie, il s'agissait de trouver des &#171; &lt;i&gt;opportunit&#233;s de croissance&lt;/i&gt; &#187; tout en r&#233;pondant aux &#171; &lt;i&gt;enjeux soci&#233;taux majeurs&lt;/i&gt; &#187;, de soutenir la &#171; &lt;i&gt;French tech&lt;/i&gt; &#187; en faisant de notre nation un phare de la robotique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH581/-404-bc963.jpg?1782643887' width='400' height='581' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour tous ces gens comme hypnotis&#233;s, le robot est une sorte d'&#233;vidence, un futur in&#233;luctable, un objet de d&#233;sir et de fascination, la manifestation de notre destin, la promesse d'un avenir enchant&#233; et merveilleux. D&#233;sormais omnipr&#233;sent dans le langage de la science et des affaires, mobilisant des l&#233;gions de scientifiques et d'industriels, le robot a d'abord surgi au d&#233;but du XXe si&#232;cle dans la litt&#233;rature de science fiction. C'est le Tch&#232;que Karel Tchapek qui invente le mot &#171; &lt;i&gt;robota&lt;/i&gt; &#187; en 1920 &#8211; &#224; partir d'un terme slave signifiant &#171; corv&#233;e &#187; ou &#171; esclavage &#187; &#8211;, dans une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui mettait en sc&#232;ne des machines &#224; l'apparence humaine, qui se r&#233;voltent et finissent par d&#233;truire l'humanit&#233;. Mais ce sont surtout les c&#233;l&#232;bres romans d'Isaac Asimov qui popularisent le mot apr&#232;s 1945, avec son &lt;i&gt;Cycle des robots&lt;/i&gt;. C'est d'ailleurs lui qui pr&#233;face en 1980 le premier trait&#233; consacr&#233; &#224; la robotique industrielle, publi&#233; aux &#201;tats-Unis par Joseph F. Engelbergern, l'un des &#171; p&#232;res &#187; du domaine. Les d&#233;riv&#233;s comme &#171; robotique &#187;, &#171; robotisation &#187; apparaissent &#224; partir des ann&#233;es 1960 et surtout 1980, lorsque le mot quitte la sph&#232;re des imaginaires futuristes pour entrer dans les usines, avec les nouvelles trajectoires modernisatrices de l'industrie &#8211; notamment le remplacement des ouvriers sur les cha&#238;nes de production dans l'industrie automobile &#8211; dans le contexte de crise des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le public pr&#233;sent au salon Innorobo, il ne fait pas de doute que le robot est la derni&#232;re manifestation du g&#233;nie humain, une &#171; technologie de rupture &#187;, une nouveaut&#233; radicale cens&#233;e annoncer un monde meilleur. En r&#233;alit&#233;, il n'est qu'une nouvelle &#233;tape dans le vieux projet d'automatisation inh&#233;rent &#224; l'histoire de l'industrialisation et du capitalisme cherchant &#224; se passer des hommes. L'utopie de l'automatisation appara&#238;t d&#232;s le XIXe si&#232;cle : les lib&#233;raux y voient un moyen de s&#233;curiser la production, et beaucoup de socialistes le consid&#232;rent comme un instrument pour supprimer les t&#226;ches ingrates, une occasion de faire de l'homme une &#171; &lt;i&gt;pure intelligence&lt;/i&gt; &#187; comme l'&#233;crivait le communiste Etienne Cabet d&#232;s les ann&#233;es 1840. Avec l'&#226;ge industriel, les automates visent de plus en plus &#224; accro&#238;tre les profits en modifiant les conditions du travail gr&#226;ce &#224; une production en continu qui ne serait plus soumise aux risques introduits par les ouvriers de chair et d'os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de quelques robots m&#233;dicaux cens&#233;s aider le chirurgien et am&#233;liorer la sant&#233; publique, les industriels entendent fourguer des tas de gadgets inutiles autant que n&#233;fastes, armes de guerres, briseurs de gr&#232;ve, pauvres palliatifs &#224; la solitude contemporaine. Tous ces robots qu'il faudrait d&#233;sormais aimer et accueillir comme des fr&#232;res ne sont que les sympt&#244;mes d'un monde en crise et d&#233;s&#339;uvr&#233;, qui choisit de s'en remettre aux machines pour satisfaire la frustration sexuelle ou combler la solitude croissante des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des objectifs de ce genre de salon est de rassurer l'opinion, tout en construisant des march&#233;s et des d&#233;bouch&#233;s pour des gadgets majoritairement inutiles. Des sp&#233;cialistes en communications et en marketing fondent des laboratoires et inventent des strat&#233;gies pour cr&#233;er le besoin et lever les doutes. D&#232;s les d&#233;buts du r&#234;ve automate, de nombreuses inqui&#233;tudes et d&#233;bats se sont exprim&#233;s. Il y a deux si&#232;cles par exemple, l'&#233;conomiste Sismondi r&#233;agissait &#224; la r&#233;volution industrielle qui d&#233;marrait en Angleterre en s'exclamant : &#171; &lt;i&gt;Quoi ! La richesse est donc tout ? Les hommes ne sont absolument rien ! Il ne reste plus qu'&#224; d&#233;sirer que le roi, demeur&#233; tout seul dans l'&#238;le, en tournant constamment une manivelle, fasse accomplir par des automates tout l'ouvrage de l'Angleterre !&lt;/i&gt; &#187; Par la suite, cette proph&#233;tie a &#233;t&#233; repouss&#233;e par les &#233;conomistes et ing&#233;nieurs pour qui les machines ne font pas dispara&#238;tre le travail, mais le redistribuent en favorisant un d&#233;versement des ouvriers de secteurs fatigants vers d'autres qui le seraient moins, de l'agriculture vers les services pour le dire vite, et en cr&#233;ant de nouveaux emplois cens&#233;s &#234;tre plus enrichissants et &#233;panouissants. Le d&#233;bat porte alors d'embl&#233;e sur les m&#233;canismes juridiques et les mesures permettant d'accompagner le processus et limiter ses effets destructeurs. Que &#231;a soit &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, dans les ann&#233;es 1930 et 1970, ou aujourd'hui, &#224; chaque fois, l'automatisation accompagne une redistribution mondiale de la puissance et des richesses, au b&#233;n&#233;fice des puissants et aux d&#233;pens des domin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L340xH340/-405-caaae.jpg?1782641990' width='340' height='340' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les rapports se multiplient &#224; ce sujet. Selon les commanditaires et l'identit&#233; des auteurs, ils seront plus ou moins pessimistes ; dans tous les cas, ils annoncent des destructions importantes d'emplois, tout en faisant esp&#233;rer une nouvelle prosp&#233;rit&#233;. L'approche la plus r&#233;pandue consiste &#224; sp&#233;culer sur l'avenir, en essayant d'&#233;valuer le nombre d'emplois cr&#233;&#233;s ou supprim&#233;s, mais mieux vaudrait, &#224; la suite de l'historien David Noble, s'interroger sur la fonction et le r&#244;le de ces robots&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut lire son bref essai fascinant r&#233;cemment traduit en fran&#231;ais par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Contestant la rentabilit&#233; &#233;conomique de ce type d'investissements, Noble explique que ces machines servent surtout &#224; assurer un contr&#244;le social et politique sur la main-d'&#339;uvre. &#201;tudiant l'automatisation apr&#232;s 1945, il a ainsi montr&#233; combien les machines automatiques &#224; commande num&#233;rique mises au point par des chercheurs en lien avec l'arm&#233;e servent &#224; domestiquer les syndicats, un des enjeux de la guerre froide. Aujourd'hui, en Chine, alors qu'est r&#233;v&#233;l&#233; le scandale des terribles conditions de travail des prol&#233;taires exploit&#233;s dans les usines du g&#233;ant Foxconn, sp&#233;cialis&#233; dans la fabrication de mat&#233;riel informatique, le PDG annonce purement et simplement leur remplacement par des robots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La robotique est &#224; la fois un projet politique et un mirage enfantin charg&#233; de combler le vide politique. Le d&#233;sir de robot t&#233;moigne d'un &#233;videment profond des horizons d'attente, du fait de l'absence manifeste d'alternative politique ou d'imaginaire de substitution : il participe du solutionnisme technologique qui contribue &#224; la liquidation du politique par l'obsession g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour l'innovation. Par ailleurs, comment r&#233;concilier ce monde des robots avec l'effondrement &#233;cologique contemporain, comment ne pas voir que ces nouvelles technologies partout c&#233;l&#233;br&#233;es sont indissociables de vastes infrastructures, d'usines monstres, de centrales nucl&#233;aires et de barrages g&#233;ants qui fournissent l'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; leur fonctionnement. Alors m&#234;me que ces enjeux ne sont presque jamais &#233;voqu&#233;s, comment ne pas voir que ces gadgets high-tech ne sont rien sans les m&#233;taux rares extraits &#224; l'autre bout du monde pour les construire, ou sans les ressources naturelles pill&#233;es pour assurer leur fonctionnement ? Le r&#234;ve robotique contemporain est l'une des manifestations les plus &#233;clatantes et les plus terrifiantes de nos impasses socio-&#233;cologiques, de l'aveuglement des pouvoirs &#233;conomiques et politiques, de notre incapacit&#233; profonde &#224; exp&#233;rimenter d'autres chemins que la course &#224; l'ab&#238;me technologique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH280/-407-3eb14.jpg?1782643887' width='180' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il faut lire son bref essai fascinant r&#233;cemment traduit en fran&#231;ais par C&#233;lia Izoard : David Noble, &lt;i&gt;Le Progr&#232;s sans le peuple. Ce que les nouvelles technologies font au travail&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Post-human wars ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Post-human-wars</link>
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		<dc:date>2018-02-12T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
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		<dc:subject>robots</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur repr&#233;sentation manich&#233;enne du monde ! Dans un manifeste publi&#233; cet &#233;t&#233;, des centaines de chercheurs mass&#233;s derri&#232;re un Stephen Hawking ou un Noam Chomsky nous ont resservi la distinction entre la bonne science qui apporte toujours davantage de progr&#232;s &#224; l'humanit&#233; et la mauvaise science qui conduit &#224; fabriquer des robots tueurs, pardon, des syst&#232;mes d'armes rendus autonomes gr&#226;ce aux perfectionnements de l'intelligence artificielle (IA). Sans aller jusqu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-du-monde-laboratoire" rel="tag"&gt;Chronique du monde-laboratoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/robots" rel="tag"&gt;robots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foutus-Etatsuniens" rel="tag"&gt;foutus &#201;tatsuniens&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noam-Chomsky" rel="tag"&gt;Noam Chomsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-robot" rel="tag"&gt;d'un robot&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aerial-Vehicles" rel="tag"&gt;Aerial Vehicles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur repr&#233;sentation manich&#233;enne du monde ! Dans un manifeste&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment une lettre ouverte publi&#233;e en marge de l'IJCAI. Cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; publi&#233; cet &#233;t&#233;, des centaines de chercheurs mass&#233;s derri&#232;re un Stephen Hawking ou un Noam Chomsky nous ont resservi la distinction entre la bonne science qui apporte toujours davantage de progr&#232;s &#224; l'humanit&#233; et la mauvaise science qui conduit &#224; fabriquer des robots tueurs, pardon, des syst&#232;mes d'armes rendus autonomes gr&#226;ce aux perfectionnements de l'intelligence artificielle (IA). Sans aller jusqu'&#224; un argument hiroshimesque, on pourrait se contenter de rappeler que nombre de programmes de recherche &#8211;&#8200;Internet en est un exemple bien connu &#8211;, ont &#233;t&#233; et sont encore lanc&#233;s par et pour l'arm&#233;e. Pour autant, on n'a pas vu beaucoup de labos en gr&#232;ve contre les usages sataniques de leurs d&#233;couvertes depuis la fin de la guerre froide !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur fascination pour la technologie ! Alors que plus de 6 000 robots de combat terrestre rescap&#233;s de la guerre en Irak sont en train de rouiller dans d'immenses hangars de stockage aux USA, la recherche sur les Unmanned Ground Vehicles (UGV) et les Unmanned Aerial Vehicles (UAV) se poursuit dans les innombrables officines du complexe militaro-industriel. A la jonction du terrestre et du volant, on trouve le programme Hybrid-Insect Micro Electro-Mechanical Systems de la DARPA&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Defense Advanced Research Projects Agency est &#224; l'origine de la cr&#233;ation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui permettrait de larguer des centaines de milliers de col&#233;opt&#232;res t&#233;l&#233;command&#233;s et interconnect&#233;s sur une zone &#224; surveiller. Int&#233;grant les derni&#232;res trouvailles en &#233;lectronique miniaturis&#233;e (voire en nanotechnologie), cette biomachine infernale serait aliment&#233;e en &#233;nergie gr&#226;ce &#224; une d&#233;composition de sucres issus de la bestiole &#171; frankensteinis&#233;e &#187; elle-m&#234;me. Imaginons un moment ce nouveau fl&#233;au biblique constitu&#233; de millions de sauterelles dronis&#233;es mais d&#233;traqu&#233;es se jetant sur des millions d'hectares de c&#233;r&#233;ales OGM ! A moins que leurs concepteurs n'aient pr&#233;vu un syst&#232;me d'autodestruction se d&#233;clenchant &#224; l'approche d'un produit Monsanto&#8230; Sans s'engager dans ce genre de sc&#233;nario qui tiennent pour l'instant davantage d'Hollywood que du Pentagone, on peut n&#233;anmoins remarquer que la r&#233;orientation par Obama de la guerre globale contre le terrorisme vers un retrait des troupes sur le terrain a favoris&#233; ce type de solutions robotis&#233;es ou dronis&#233;es. Pour autant, la guerre par robots interpos&#233;s n'est pas exempte de difficult&#233;s li&#233;es autant &#224; la nature de la guerre elle-m&#234;me qu'aux capacit&#233;s des mat&#233;riels existants ou en d&#233;veloppement. D&#233;j&#224;, pendant le conflit vietnamien, les milliers de capteurs, d&#233;vers&#233;s par l'aviation US pour surveiller les d&#233;placements de troupes ennemies le long de la piste Ho Chi-Minh, avaient &#233;t&#233; en grande partie r&#233;cup&#233;r&#233;s par les combattants vi&#234;t-congs puis d&#233;plac&#233;s vers des zones inoccup&#233;es par eux. Mais l'Administration am&#233;ricaine n'&#233;tait pas &#224; une tonne de bombe pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On apprend aussi que le march&#233; mondial des robots militaires terrestres va (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Plus r&#233;cemment, pendant la guerre en Irak, les insurg&#233;s avaient r&#233;ussi &#224; pirater les flux de donn&#233;es transmises par les drones Predator &#224; l'aide d'un logiciel grand public ne co&#251;tant que quelques dizaines de dollars. Des informations qui ont ensuite fait le bonheur du complexe militaro-industriel iranien. En Afghanistan, l'exp&#233;rimentation d'un robot terrestre arm&#233; a &#233;t&#233; tr&#232;s rapidement stopp&#233;e d&#232;s lors que les militaires US se sont aper&#231;us que l'engin de 50&#8200;kilos avait la f&#226;cheuse tendance, le tra&#238;tre, &#224; se jeter dans les bras de l'ennemi au lieu de le d&#233;couper en morceaux. Les GI, avec cette ironie propre &#224; la chair &#224; canon, ont aussit&#244;t rebaptis&#233; l'ing&#233;nue m&#233;canique en &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me automatique de r&#233;approvisionnement des Talibans&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, les galonn&#233;s de Washington semblent avoir continuellement n&#233;glig&#233; que la zone des combats est un espace fluide dans lequel la ruse tactique peut mettre en &#233;chec n'importe quelle technologie. Toujours le cheval d'Ulysse viendra &#224; bout des murailles de Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur in&#233;branlable croyance dans le dieu Argent ! Qu'importe ces rat&#233;s ou ces imperfections temporaires, les commerciaux des plus grosses bo&#238;tes du secteur de la robotique et de l'IA continuent d'aff&#251;ter leurs arguments : &#171; &lt;i&gt;L'utilisation des robots militaires est bas&#233;e sur la mise en service d'un robot qui est moins cher &#224; d&#233;ployer sur le champ de bataille qu'un soldat entra&#238;n&#233; et sur la volont&#233; de maintenir les soldats form&#233;s hors de danger.&lt;/i&gt; &#187; Quoi qu'il en soit, si la guerre est bien devenue post-h&#233;ro&#239;que, ce sont toujours des hommes qui meurent, de plus en plus parmi les populations civiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment une lettre ouverte publi&#233;e en marge de l'IJCAI. Cette conf&#233;rence, consacr&#233;e &#224; l'intelligence artificielle du 25 au 31 juillet &#224; Buenos Aires, a certainement permis aux transhumanistes de Google de compl&#233;ter leur mercato estival.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Defense Advanced Research Projects Agency est &#224; l'origine de la cr&#233;ation du r&#233;seau Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On apprend aussi que le march&#233; mondial des robots militaires terrestres va plus que tripler dans les cinq ans qui viennent (&#171; La Guerre des robots &#187; &#8211; robots.blog.lemonde.fr &#8211; Edouard Pfimlin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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