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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Souheil, 19 ans, tu&#233; par un policier</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante. Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-homme" rel="tag"&gt;jeune homme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clair-Riviere-17644" rel="tag"&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1858-13d44.jpg?1782972062' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#192; la Belle-de-Mai, l&#224; o&#249; est mort Souheil.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Clair Rivi&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une semaine plus tard sur une pancarte tendue par des proches au milieu du Vieux-Port, d'o&#249; une marche blanche s'appr&#234;tait &#224; partir. Devant quelques centaines de personnes venues honorer la m&#233;moire du jeune homme, son p&#232;re, Issam, prenait la parole : &#171; &lt;i&gt;Cette balle a &#233;t&#233; tir&#233;e lors d'un contr&#244;le routier. Le repr&#233;sentant du syndicat Alliance a affirm&#233; que le policier a fait usage de son arme en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, alors que l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale &#233;tait &#224; peine saisie du dossier.&lt;/i&gt; &#187; Probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Les t&#233;moignages des riverains et des passants sont tr&#232;s troublants &#224; plus d'un titre et contredisent la version &#8220;officielle&#8221; des faits, rapport&#233;e par la presse dans les heures qui ont suivi l'&#233;v&#233;nement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il donc pass&#233; ce soir-l&#224;, au croisement des rues Bonnardel et Fortun&#233;-Jourdan, dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement ? Il est pr&#232;s de 19 heures et la voiture de Souheil est &#224; l'arr&#234;t. Le jeune homme est au volant. Sur le si&#232;ge passager, un de ses copains. Les deux comp&#232;res sont venus rendre visite &#224; un troisi&#232;me ami, en b&#233;quilles des suites d'un accident survenu quelques semaines plus t&#244;t. Un v&#233;hicule de police arrive. L'&#233;quipage reconna&#238;t la voiture de Souheil avec laquelle le jeune homme aurait, la veille, fui un premier contr&#244;le de police. Les agents sortent de l'habitacle pour proc&#233;der &#224; un nouveau contr&#244;le. Le jeune homme n'a, semble-t-il, ni permis de conduire ni certificat d'assurance. Il tente de fuir en marche arri&#232;re, heurtant un policier qui, selon certaines versions de l'histoire, chute au sol. Quoi qu'il en soit, juste apr&#232;s, un autre agent tire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gitime d&#233;fense mise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Question : &#224; l'instant pr&#233;cis o&#249; le coup est parti, l'un ou l'autre des policiers &#233;tait-il en danger ? &#171; &lt;i&gt;Tous les &#233;l&#233;ments actuels tendent &#224; d&#233;montrer un &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense du policier &#224; l'ouverture du feu pour assurer la protection physique d'un autre policier&lt;/i&gt; &#187;, affirme &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; Andr&#233; Ribes, le procureur en charge du dossier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1er d&#233;cembre 2018 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme l'&#233;crit le quotidien&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les r&#233;cits de plusieurs t&#233;moins &#171; &lt;i&gt;questionnent la proportionnalit&#233; et la simultan&#233;it&#233; cens&#233;es caract&#233;riser la l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/i&gt; &#187;. Bas&#233;e sur des t&#233;moignages de riverains recueillis au lendemain du drame, une enqu&#234;te publi&#233;e sur le site collaboratif de luttes &lt;i&gt;Marseille infos autonomes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en arrive m&#234;me &#224; la conclusion inverse : &#171; &lt;i&gt;aucun des policiers n'&#233;tait dans le champ&lt;/i&gt; &#187; de la voiture de Souheil au moment du tir fatal. &#192; en croire les habitants cit&#233;s dans l'article, le jeune homme craignait que les k&#233;pis embarquent son v&#233;hicule &#224; la fourri&#232;re. Et c'est lorsque le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule s'est d&#233;cal&#233; pour t&#233;l&#233;phoner &#224; l'&#233;cart que Souheil a tent&#233; de se d&#233;gager en marche arri&#232;re tout en braquant. Ce faisant, il aurait touch&#233; l'agent situ&#233; du c&#244;t&#233; conducteur de la voiture. C'est quelques instants plus tard que le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re aurait fait feu, au moment o&#249; la voiture est pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal local d'investigation &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, le tireur &#233;tait un policier stagiaire, &#171; &lt;i&gt;inexp&#233;riment&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait choqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#224;&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; une riveraine sortie de chez elle juste apr&#232;s avoir entendu le coup de feu. Comme d'autres, elle rapporte que le passager du v&#233;hicule a &#233;t&#233; ensuite frapp&#233; avant d'&#234;tre menott&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers, par contre, n'auraient pas cherch&#233; &#224; porter secours &#224; leur victime. Sur des vid&#233;os tourn&#233;es par des passants, on ne les voit effectivement pas au chevet du jeune homme. Comme le relate&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est finalement une infirmi&#232;re du quartier qui passait par l&#224; qui s'est occup&#233;e de Souheil : &#171; &lt;i&gt;J'ai d'abord vu le policier&lt;/i&gt; [qui avait &#233;t&#233; heurt&#233; par la voiture] &lt;i&gt;&#224; terre. Il avait juste mal au genou. On m'a ensuite dit qu'il y avait un jeune homme dans la voiture. J'ai d&#251; forcer un policier &#224; me laisser passer. Il ne voulait pas.&lt;/i&gt; &#187; Quand les pompiers ont fini par arriver, dit-elle &#224; l'instar d'autres t&#233;moins, ils sont d'abord all&#233;s voir le policier. Souheil &#233;tait probablement d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#234;me s'il a fait quelque chose... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La voiture du d&#233;funt a fini sa course sur un trottoir, &#224; quelques m&#232;tres d'un arr&#234;t de bus. Une semaine plus tard, une dame d'une soixantaine d'ann&#233;es y attend le 49, direction Vauban. Au sol, les d&#233;bris de verre sont toujours l&#224;. Sous un porche, des fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur, un collage rappelant que Souheil a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tu&#233; par la police&lt;/i&gt; &#187;. Et une photo de lui avec son fils. La dame en a les larmes aux yeux : &#171; &lt;i&gt;Oh, c'est lui, le jeune homme qui est mort&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Un silence. Puis : &#171; &lt;i&gt;Ils font ce qu'ils veulent, ces cons de poulets.&lt;/i&gt; &#187; &#192; c&#244;t&#233;, une jeune fille s'indigne. Elle ne sait pas trop ce qui s'est pass&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;m&#234;me s'il a fait quelque chose, c'&#233;tait pas une raison pour le tuer&lt;/i&gt; &#187;. Un jeune homme : &#171; &lt;i&gt;Nous si on tue un flic, on prend quinze ans de prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s la mort de Souheil, le parquet a expliqu&#233; que le jeune homme &#233;tait connu des services judiciaires. &#171; &lt;i&gt;Des bagarres et quelques barrettes de shit&lt;/i&gt; &#187;, relativisait la famille aupr&#232;s de l'AFP &#8211; selon nos informations, elle faisait r&#233;f&#233;rence &#224; de la simple consommation de cannabis, pas &#224; du deal. &#171; &lt;i&gt;Certes, mon fils avait d&#233;j&#224; eu affaire &#224; la police et &#224; la justice, dans ses errements d'adolescent en souffrance,&lt;/i&gt; dira son p&#232;re lors de la marche blanche. &lt;i&gt;Sa m&#232;re et moi avons eu avec lui notre lot d'inqui&#233;tudes et de mauvaises surprises. Rien de tout cela n'amoindrit le respect d&#251; &#224; sa vie.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande l'ouverture d'une information judiciaire confi&#233;e &#224; un juge d'instruction ind&#233;pendant. Selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, son avocat a port&#233; plainte pour &#171; homicide volontaire par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique et omission de porter secours &#187;.
Contrairement &#224; l'affaire de Stains (Seine-Saint-Denis), assez ressemblante (le 16 ao&#251;t, deux policiers en civil y ont arros&#233; de balles une voiture qu'ils contr&#244;laient), il n'existe &#224; notre connaissance pas d'images du tir ayant tu&#233; Souheil. Par contre, les minots du coin se montrent sur leur portable les vid&#233;os des instants d'apr&#232;s, o&#249; l'on peut l'apercevoir agoniser. Dans ce tr&#232;s populaire quartier de Marseille, les pouvoirs publics n'ont mis en place aucune cellule de soutien psychologique &#224; destination des riverains choqu&#233;s. Quand une prise en charge a fini par &#234;tre organis&#233;e, ce fut &#224; l'initiative de militants associatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lynda, la m&#232;re de l'ami en b&#233;quilles que Souheil &#233;tait venu voir ce soir-l&#224;, reste &#233;videmment pleine de chagrin : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un ami tr&#232;s proche de mon fils. Il venait le voir tous les jours depuis son accident, lui tenir compagnie. Il avait fait la f&#234;te de l'A&#239;d avec nous. C'&#233;tait un gamin. Il est parti pour rien, pour une petite b&#234;tise. Aujourd'hui, mon fils fait semblant d'aller bien, mais au fond, il est d&#233;truit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018 sur la Canebi&#232;re, lorsque Zineb Redouane a &#233;t&#233; mortellement atteinte par un tir de grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage. C'est notamment cette pr&#233;sence, non r&#233;v&#233;l&#233;e au d&#233;but des investigations par le parquet de Marseille, qui a conduit au d&#233;paysement &#224; Lyon de l'enqu&#234;te sur le d&#233;c&#232;s de l'octog&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas de r&#233;bellion&#8221; &#187; (16/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (06/08/2021). Dans plusieurs des premiers articles consacr&#233;s &#224; l'affaire tout comme sur le collage visible sur la photo ci-dessus, le pr&#233;nom &#171; Souheil &#187; est par erreur orthographi&#233; &#171; Souhil &#187; ou &#171; Souhail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en question &#187; (13/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On peut plus rien dire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-peut-plus-rien-dire</link>
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		<dc:creator>Chien Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Fiction</dc:subject>
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		<dc:subject>gros titres</dc:subject>

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&lt;p&gt;Puisque l'air du temps s'y pr&#234;te h&#233;las tr&#232;s bien, on publie ici une nouvelle de notre camarade Chien Noir, serial-auteur de courtes nouvelles d'anticipation. 1. &#171; On peut plus rien dire. C'est quand m&#234;me fou de vivre dans une soci&#233;t&#233; si frileuse, si liberticide. &#187; L'homme qui parle a le visage crisp&#233; par la haine et un regard d&#233;plaisant, charg&#233; de vase. Face &#224; lui, une pr&#233;sentatrice faussement r&#233;probatrice. -- &#171; Vous avez quand m&#234;me la parole ici, non ? &#187; &#8212; &#171; Oui mais ces espaces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francais" rel="tag"&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-homme" rel="tag"&gt;petit homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit" rel="tag"&gt;petit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parole" rel="tag"&gt;parole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gros" rel="tag"&gt;gros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gros-titres" rel="tag"&gt;gros titres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisque l'air du temps s'y pr&#234;te h&#233;las tr&#232;s bien, on publie ici une nouvelle de notre camarade Chien Noir, serial-auteur de courtes nouvelles d'anticipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH453/-1808-8113e.jpg?1782659640' width='500' height='453' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration d'Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. C'est quand m&#234;me fou de vivre dans une soci&#233;t&#233; si frileuse, si liberticide.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme qui parle a le visage crisp&#233; par la haine et un regard d&#233;plaisant, charg&#233; de vase. Face &#224; lui, une pr&#233;sentatrice faussement r&#233;probatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Vous avez quand m&#234;me la parole ici, non ?&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Oui mais ces espaces d'expression se r&#233;duisent. Rendez-vous compte : on ne peut m&#234;me plus dire que les enfants de migrants sont tous des violeurs en puissance &#8211; un fait av&#233;r&#233; &#8211; sans susciter des d&#233;bats &#224; n'en plus finir.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Je vous laisse la responsabilit&#233; de vos paroles, Monsieur. &lt;/i&gt; &#187;
Clap de fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;gie, les programmateurs se frottent les mains : &#231;a sent le gros coup m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. Je le dis et le r&#233;p&#232;te : cette &#233;poque est l'av&#232;nement du politiquement correct dans toute sa triste splendeur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme est cette fois-ci l'invit&#233; du journal t&#233;l&#233;vis&#233; le plus regard&#233; de France. M&#234;me discours sur les migrants et les &#171; &lt;i&gt;idiots utiles de l'islamisme rampant&lt;/i&gt; &#187;. Sous ses airs constern&#233;s, il jubile tant et plus, aff&#251;te ses effets. Le pr&#233;sentateur qui le relance a beau afficher une mine farouche, il ne le reprend ni sur les chiffres avanc&#233;s ni sur l'id&#233;ologie qu'il porte. En fin d'entretien, le petit homme l&#226;che une bombe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous savez, fut un temps o&#249; les responsables politiques savaient comment traiter la racaille s&#233;paratiste : les camps. Voil&#224; la seule r&#233;ponse envisageable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toll&#233; dans les chaumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiffres d'audience explos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. O&#249; sont les r&#233;sistants d'aujourd'hui ? O&#249; sont les cohortes de Gaulois pr&#234;ts &#224; r&#233;pondre &#224; l'invasion que nous subissons ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme bilieux est en campagne. Il a devant lui une salle acquise &#224; sa cause et une petite arm&#233;e de journalistes pr&#234;ts &#224; relayer ses propos. Il mart&#232;le le pupitre de ses petits poings rageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Notre pens&#233;e est partout censur&#233;e, priv&#233;e de tout relais. Savez-vous qu'ils veulent me tra&#238;ner en justice pour avoir simplement relay&#233; une v&#233;rit&#233; av&#233;r&#233;e, &#224; savoir que les migrants sont responsables de la crise du Covid ? Quelle infamie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acclamations unanimes et gros titres des journaux le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine, un sondage Ifop livre son verdict : 55 % des Fran&#231;ais pensent que l'islam et/ou les migrants ont une responsabilit&#233; directe dans la persistante pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. Depuis le d&#233;but de ma campagne, on m'a b&#226;illonn&#233;, tra&#238;n&#233; dans la boue, humilit&#233;. Mais c'est fini tout &#231;a : avec moi, la France va retrouver la libert&#233; d'expression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat de l'entre-deux-tours. Le petit homme a les yeux jaunes et la parole martiale. Face &#224; lui, un candidat de &#171; l'establishment &#187;, comme il dit, mou et embarrass&#233;, qui peine &#224; faire entendre sa voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Mais vous faites la une de tous les journaux et de&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme le coupe, postillonnant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt; Non, ce n'est pas vrai : le Syst&#232;me s'est ligu&#233; contre moi. Tous les bien-pensants veulent me voir &#224; terre. Mais les vrais Fran&#231;ais savent qu'on ne me fera pas taire. Je continuerai &#224; propager cette parole : migrants, bien-pensants et extr&#233;mistes de gauche sont la plaie de ce pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gros titres d'un journal de centre-gauche le lendemain : &#171; &lt;i&gt;Une autoroute vers la pr&#233;sidence ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire ? Eh bien je ne vais pas me g&#234;ner, d&#233;sormais. La France a parl&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; derri&#232;re le bureau pr&#233;sidentiel, le petit homme fait son allocution d'intronisation. Il affiche un sourire &#224; la fois mauvais et triomphant. Le doigt point&#233; sur la cam&#233;ra, il annonce sa premi&#232;re mesure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai en ma possession un fichier recensant tous ceux qui ont voulu censurer ma parole. Et je l'annonce solennellement : cette chienlit devra r&#233;pondre de ses actes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les coulisses, on s'affaire : il y a une rafle &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-existe-pas-de-vrai-homme</link>
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		<dc:date>2020-09-02T19:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Alexis Le Roux</dc:subject>
		<dc:subject>masculinit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>hommes</dc:subject>
		<dc:subject>homme</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>bear</dc:subject>
		<dc:subject>culture bear</dc:subject>
		<dc:subject>Bears</dc:subject>
		<dc:subject>gay</dc:subject>
		<dc:subject>culture gay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture bear (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear. Comment d&#233;finirais-tu la culture bear ? Quand et o&#249; est-elle n&#233;e ? &#171; C'est une culture qui valorise le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gay" rel="tag"&gt;gay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-gay" rel="tag"&gt;culture gay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/-1591-c3a7e.jpg?1782641165' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Romain, Monsieur Ours Occitanie M&#233;diterran&#233;e 2019 / Photo Alexis Le Roux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; ? Quand et o&#249; est-elle n&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une culture qui valorise le corps des hommes gros, avec une pilosit&#233; corporelle assum&#233;e ainsi qu'un certain d&#233;braillement. Elle &#233;rotise des traits de masculinit&#233; li&#233;s aux personnes &#226;g&#233;es ou matures, comme la barbe ou la corpulence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une sous-culture gay qui est n&#233;e en Californie &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Elle rassemblait au d&#233;part un m&#233;lange de motards gays, de personnes issues de la communaut&#233; &#8220;cuir&#8221; et d'autres hommes qui ne se sentaient pas repr&#233;sent&#233;s dans la culture gay am&#233;ricaine dominante : ils ne se reconnaissaient ni dans le quartier Castro &#224; San Francisco, ni dans les films ou les magazines qui montraient toujours des hommes athl&#233;tiques, jeunes et glabres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette culture s'est rapidement &#233;tendue &#224; d'autres pays. En Espagne, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, il existait d&#233;j&#224; des associations comme Gorditos (&#8220;Petits gros&#8221;), dont je faisais partie, et il y a eu des bars d&#233;di&#233;s &#224; cette communaut&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; la port&#233;e subversive des &#171; ours &#187; au sein de la communaut&#233; gay mais aussi dans le milieu h&#233;t&#233;rosexuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que cette sous-culture a &#233;t&#233; subversive parce qu'elle a rompu avec une image st&#233;r&#233;otyp&#233;e du monde gay : jusqu'alors, le gay &#233;tait le personnage eff&#233;min&#233;, &#224; plumes, la &#8220;folle&#8221; &#8211; ou le minet qui fr&#233;quente le gymnase. Tout &#224; coup, les h&#233;t&#233;rosexuels se sont rendu compte qu'un gros homme barbu, ressemblant en tout point &#224; un homme h&#233;t&#233;ro, pouvait &#234;tre homo. Qu'un boucher, un chauffeur de camion, un travailleur agricole, un homme qui a l'air tr&#232;s masculin, peut potentiellement &#234;tre gay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image est tr&#232;s d&#233;rangeante parce que l'homosexuel n'est plus l'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; absolu. Il n'est pas un extraterrestre habill&#233; en rose, il peut &#234;tre n'importe qui : votre voisin, votre oncle, votre partenaire de travail ou de football. C'est en cela que le &lt;i&gt;bear &lt;/i&gt;est subversif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En termes de films, de revues ou d'iconographie, quelles sont les principales r&#233;f&#233;rences culturelles &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le film &lt;i&gt;Cachorro&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diffus&#233; en fran&#231;ais sous le titre Le Gamin.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Miguel Albaladejo, sorti en 2004, a &#233;t&#233; une r&#233;f&#233;rence c&#233;l&#232;bre dans toute l'Europe. La s&#233;rie TV sur les &#8220;ours&#8221; anglais &lt;i&gt;Where the Bears are&lt;/i&gt; (2012-2018) est vraiment dr&#244;le et assez c&#233;l&#232;bre. Aux &#201;tats-Unis, il existe des dizaines de revues, de sites web, de rassemblements, etc., ainsi que tout un tas de soci&#233;t&#233;s de production pornographique sp&#233;cialis&#233;es dans le porno &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; depuis les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images des grands rassemblements &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; sont &#233;galement tr&#232;s connues : la &lt;i&gt;Bear Pride &lt;/i&gt;de Cologne, &lt;i&gt;Mad Bear&lt;/i&gt; &#224; Madrid, Bearcelona... mais ce ne sont peut-&#234;tre pas des &#233;v&#233;nements culturels &#224; proprement parler, plut&#244;t des f&#234;tes de plaisir, de danse, de sexe. Il y a aussi les campagnes de lutte contre le sida que j'ai men&#233;es en 2003 et 2007 et qui ont eu du succ&#232;s dans toute l'Europe en termes de diffusion. La premi&#232;re s'intitulait &#8220;Pelos s&#237;, a pelo no&#8221; &lt;i&gt;[litt&#233;ralement : &#8220;Des poils oui, &#224; poil (sans capote), non&#8221;]&lt;/i&gt; et la seconde &#233;tait &#8220;Osos : especie protegida&#8221;&lt;i&gt; [&#8220;Ours, esp&#232;ce prot&#233;g&#233;e&#8221;]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La culture &lt;i&gt;bear &lt;/i&gt; joue beaucoup sur une masculinit&#233; id&#233;alis&#233;e, li&#233;e &#224; la nature sauvage, l'animalit&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une relation paradoxale. D'un c&#244;t&#233;, cela entretient quelque chose d'&#233;rotique, une certaine id&#233;e de l'homme naturel, de l'homme sauvage de la for&#234;t, de la montagne, du b&#251;cheron... mais en r&#233;alit&#233;, ce n'est qu'un fantasme. La plupart des gens de la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; sont des hommes de la classe moyenne, urbains, qui n'ont jamais vu un arbre de leur vie et qui ne savent m&#234;me pas faire un feu ou utiliser une hache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes cens&#233;s &#234;tre &#8220;naturels&#8221;, c'est-&#224;-dire ne pas porter de fioritures ou ne pas prendre soin de nous. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, il y a toute une gamme de fringues, de produits de beaut&#233;, d'huiles pour barbe, d'accessoires tels que des bretelles, des chemises &#224; carreaux, des slips avec le petit drapeau &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;... C'est en fait tr&#232;s artificiel, nous ressemblons &#224; Barbie Bear, &lt;i&gt;Bearbie [rires]&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a des gens qui se passent tr&#232;s bien de tout cela et n'ach&#232;tent pas ces choses : ceux qui habitent dans des petites villes et qui sont indiff&#233;rents &#224; ce marketing ; les plus pauvres qui ne peuvent pas d&#233;penser d'argent pour cela... Et il y a les autres, ceux qui passent leurs journ&#233;es &#224; acheter les derniers accessoires &#224; la mode et assistent &#224; tous les rassemblements &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; du monde &#8211; des hommes riches qui sont g&#233;n&#233;ralement blancs aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, pour moi, cela d&#233;montre le sens performatif de la masculinit&#233;, c'est-&#224;-dire qu'elle est le r&#233;sultat d'une s&#233;rie d'actes r&#233;p&#233;t&#233;s, de mani&#232;res de se comporter, de parler, de s'habiller... Bien entendu, la masculinit&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle est comme &#231;a aussi : ses fondements sont fragiles. Dans notre mouvement &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;, il est clairement &#233;tabli que la masculinit&#233; est une performance, qu'il n'y a pas d'essence masculine tout comme il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221;. Elle se construit au moyen d'objets ou de r&#233;p&#233;titions, et c'est en quelque sorte paradoxal que les &lt;i&gt;bears &lt;/i&gt;r&#233;cup&#232;rent ces codes pour la culture gay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En se r&#233;appropriant les codes masculins virils, les &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; ne se font-ils pas assimiler par le monde h&#233;t&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, ce qui &#233;tait au d&#233;part tr&#232;s lib&#233;rateur a une face sombre et, d'une certaine mani&#232;re, nous participons aussi &#224; renforcer les traditionnels codes masculins machistes. En fait, nous sommes g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus accept&#233;s que d'autres dans le milieu h&#233;t&#233;rosexuel parce que nous ne donnons pas l'image typique du gay eff&#233;min&#233;. Cela a parfois conduit &#224; des discours&lt;i&gt; follophobes&lt;/i&gt; merdiques qui reproduisent le machisme et l'homophobie et s'attaquent &#224; nos fr&#232;res homosexuels eff&#233;min&#233;s, victimes de violences. Il faut aussi se rappeler qu'il y a des &lt;i&gt;bears &lt;/i&gt;&#8220;folles&#8221;, ce que j'adore parce que je trouve &#231;a vraiment agr&#233;able de voir un homme grand et tr&#232;s masculin qui a en m&#234;me temps des gestes ou une voix f&#233;minine. C'est quelque chose qui m'attire &#233;norm&#233;ment et pour lequel j'ai beaucoup d'affection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'existe-t-il pas le danger que le mouvement &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; soit aussi une culture de &#171; dissimulation &#187; en ne remettant pas en cause la masculinit&#233; et la binarit&#233; du genre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour certains gays, &#234;tre &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; peut &#234;tre une sorte de placard, qui permet de se cacher derri&#232;re un aspect masculin ou h&#233;t&#233;rosexuel afin de passer inaper&#231;u ou de pouvoir insulter et pers&#233;cuter les p&#233;d&#233;s eff&#233;min&#233;s. Il y a un aspect assez macho dans la communaut&#233; &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;. Il ne concerne pas tout le monde bien s&#251;r, mais on peut y entendre des commentaires contre les femmes, contre les lesbiennes, contre les transsexuels, contre les gays &#8220;folles&#8221;. C'est un discours tr&#232;s conservateur que j'ai d&#233;nonc&#233; &#224; maintes reprises dans des articles. J'ai &#233;galement r&#233;dig&#233; un manifeste&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte intitul&#233; &#171; Manifiesto BearPride 2007 &#187;, &#224; lire en espagnol sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; pour avertir de ce danger tout en demandant aux associations &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; de le signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, c'est une culture tr&#232;s traditionnelle ; aujourd'hui, il n'y a que des rassemblements autour du sexe ou de la danse, ce qui est bien, j'y vais aussi, mais je ne vois pas beaucoup de r&#233;flexions sur la solidarit&#233;, l'homophobie ou les activit&#233;s culturelles. Je pense donc que le capitalisme a &#233;norm&#233;ment absorb&#233; la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; ; il faut le reconna&#238;tre et ne pas l'id&#233;aliser. Nous sommes devenus un ph&#233;nom&#232;ne de mode dans de nombreux endroits et nous devons d&#233;sormais vivre avec ce paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, le mouvement a &#233;t&#233; tr&#232;s actif contre le sida et pour aider les personnes atteintes du VIH dans les ann&#233;es 1990. Aujourd'hui, c'est fini, nous ne voyons plus de campagnes ou de discours politiques au sein de notre communaut&#233;. Mais j'esp&#232;re toujours que les &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; pourront &#224; nouveau se montrer plus solidaires, aller au-del&#224; de la simple consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diffus&#233; en fran&#231;ais sous le titre&lt;i&gt; Le Gamin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Texte intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://archivo.dosmanzanas.com/index.php/archives/2896&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manifiesto BearPride 2007&lt;/a&gt; &#187;, &#224; lire en espagnol sur le site &lt;i&gt;DosManzanas.com&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comptes de la folie ordinaire</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Si la folie constitue le miroir grossissant de notre fonctionnement social, elle nous indique aujourd'hui que notre soci&#233;t&#233; est malade &#187; (Patrick Coupechoux, Un Homme comme vous, Le Seuil, 2014) Cet article est l'introduction d'un dossier de 11 pages consacr&#233; &#224; la psychiatrie (r&#233;cits, critiques et alternatives). Ce dossier a &#233;t&#233; publi&#233; dans len&#176;184 de CQFD, en kiosque jusqu'&#224; d&#233;but mars. *** Dans Le Syndrome du bien-&#234;tre , les Su&#233;dois Andr&#233; Spicer et Carl Cederstr&#246;m d&#233;cryptent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si la folie constitue le miroir grossissant de notre fonctionnement social, elle nous indique aujourd'hui que notre soci&#233;t&#233; est malade&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;(Patrick Coupechoux, &lt;i&gt;Un Homme comme vous&lt;/i&gt;, Le Seuil, 2014)&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH487/-1450-bfe98.jpg?1782642105' width='400' height='487' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mano&#239;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Cet article est l'introduction d'un dossier de 11 pages consacr&#233; &#224; la psychiatrie (r&#233;cits, critiques et alternatives). Ce dossier a &#233;t&#233; publi&#233; dans le&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no184' class=&#034;spip_in&#034;&gt;n&#176;184&lt;/a&gt; de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, en kiosque jusqu'&#224; d&#233;but mars.&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans &lt;i&gt;Le Syndrome du bien-&#234;tre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;chapp&#233;e, 2016.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les Su&#233;dois Andr&#233; Spicer et Carl Cederstr&#246;m d&#233;cryptent l'omnipr&#233;sente injonction &#224; l'&#233;panouissement physique et social, la posant comme &#224; la fois puissamment caract&#233;ristique de nos soci&#233;t&#233;s n&#233;olib&#233;rales et carr&#233;ment n&#233;faste. Ce qu'on nous serine &#224; longueur de m&#233;dias, de pubs, de r&#233;seaux sociaux : sois en forme et tais-toi. Dit autrement :&lt;i&gt; sois comp&#233;titif, apte &#224; &#234;tre un pion productif de la machine&lt;/i&gt;. Cet imp&#233;ratif de normalit&#233; et d'efficacit&#233;, on le retrouve dans le champ du traitement de la dite &#171; folie &#187; et des troubles psychiatriques qui sont l'objet de ce dossier : le patient &#171; dysfonctionnel &#187; est aujourd'hui trait&#233; comme un cas &#224; r&#233;gler le plus rapidement possible. Tant pis si pour cela il faut l'assommer de m&#233;dicaments et mettre sous le tapis ses souffrances. Le roi Capital exige des sujets fonctionnels, performants et bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, l'&#201;tat ne s'embarrasse plus de faux semblants, tant la psychiatrie, comme l'ensemble du monde hospitalier, est confront&#233;e &#224; un drastique serrage de ceinture, condamnant les soignants &#224; travailler dans des conditions proches de la maltraitance. C'est l'aboutissement d'un d&#233;litement de la psychiatrie publique impuls&#233; dans les ann&#233;es 1980 et guid&#233; par le tyran n&#233;olib&#233;ral, lequel voit dans le concept de &#171; sant&#233; mentale &#187; une parfaite opportunit&#233; de lisser les r&#233;calcitrants &#224; l'ordre du monde. Il s'agit de garder sous contr&#244;le des populations dites &#171; &#224; risque &#187; et tenter de remettre &lt;i&gt;rapido&lt;/i&gt; au turbin celles qui sont moins impact&#233;es. &lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; le soin, l'accompagnement, seule compte la vision scientiste et pragmatique de l'&#234;tre humain. T'es mal ? Avale ce cachet, feignasse, et retourne au boulot ou dans ta camisole chimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le soin n'est plus le souci principal, l'objectif de r&#233;gulation sociale prime&lt;/i&gt; &#187;, alerte ainsi le psychiatre Mathieu Bellahsen&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le, La Fabrique, 2014.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. L'individu n'est plus cens&#233; interroger le monde qui l'entoure, mais doit s'adapter &#224; une situation &#224; laquelle il ne peut rien changer. Les nouvelles techniques de &#171; redressage &#187; sont l&#224; pour l'aider &#224; accepter cet &#233;tat de fait : cela va des th&#233;rapies cognitives et comportementales (TCC) cens&#233;es agir sur un sympt&#244;me pour remettre rapidement sur pied aux abrutissantes s&#233;ances de &#171; coaching &#187;. Sur le mod&#232;le des tickets restaurants, des &#171; tickets psys &#187; sont ainsi distribu&#233;s aux employ&#233;s des grandes entreprises ayant connu des vagues de suicide. Au sein de ce champ de ruine th&#233;rapeutique, le &lt;i&gt;DSM&lt;/i&gt; r&#232;gne en ma&#238;tre. Ce &lt;i&gt;Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux &lt;/i&gt;grave en effet dans le marbre ce que l'on doit penser des manifestations de la tristesse ou de l'anxi&#233;t&#233;, des activit&#233;s sexuelles ou de l'abus de drogue. Avec cette approche, le soin n'est plus qu'une posologie &#224; appliquer selon des sympt&#244;mes. Sa derni&#232;re version pose ainsi que le deuil devient pathologique s'il exc&#232;de trois mois. Dans la premi&#232;re, il consid&#233;rait l'homosexualit&#233; comme un trouble psy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certitude : cette mise sous camisole de nos &#233;motions joue un r&#244;le de r&#233;gulateur social. Le traitement chimique et la conception biologique de la psychiatrie sont d&#233;sormais les seules r&#233;ponses que l'on propose &#224; la souffrance psychique. Tu d&#233;croches ? Tu p&#232;tes les plombs ? Alors tu as int&#233;r&#234;t &#224; &#234;tre &#171; r&#233;habilitable &#187;. Parfaite illustration : la mont&#233;e en puissance des neurosciences, port&#233;e par des apprentis sorciers fort influents&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le discours et le r&#244;le d'une fondation comme Fondamental, qui dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; estimant qu'&#224; force de triturer le cerveau on saura le &#171; r&#233;parer &#187;. Dans le documentaire un &lt;i&gt;Monde sans fous &lt;/i&gt;(de Philippe Borrel, 2009), on voit ainsi le directeur scientifique de l'Institut du cerveau et de la moelle &#233;pini&#232;re sautiller &#224; l'id&#233;e de pouvoir un jour &#171; &lt;i&gt;placer des puces sur le cr&#226;ne des gens, qui enverraient des faisceaux particuliers &#224; la personne afin de moduler ses circuits c&#233;r&#233;braux&lt;/i&gt; &#187;. Coucou dystopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re d'envisager la maladie psychiatrique s'appuie sur une vision normative du monde. Laquelle n'aime rien tant que les chiffres, les statistiques. C'est ainsi que l'on trace aujourd'hui des profils informatiques &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les r&#233;seaux sociaux, avec l'id&#233;e que la tentation du suicide pourrait se d&#233;tecter par l'analyse des donn&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Facebook d&#233;veloppe depuis 2017 un outil d'intelligence artificielle pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Cela avance avec une surveillance toujours plus g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Aux &#201;tats-Unis, un neuroleptique connect&#233; est prescrit &#224; certaines personnes ayant une obligation de soin en ambulatoire : si elles n'avalent pas leur cachet, le m&#233;decin re&#231;oit un signal. La gestion des populations dites &#224; risque dont r&#234;vait au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle le psychiatre Augustin Morel, qui parlait de &#171; &lt;i&gt;d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la race&lt;/i&gt; &#187; concernant les fous et qui appelait &#224; &#171; &lt;i&gt;gu&#233;rir en p&#233;n&#233;trant les familles&lt;/i&gt; &#187;, est devenue r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette vision scientifique et utilitaire de la psychiatrie, il est plus que jamais n&#233;cessaire de parler&lt;i&gt; vraiment &lt;/i&gt;de la folie. Par exemple : d&#233;cortiquer ce que peut recouvrir la schizophr&#233;nie ou la bipolarit&#233; au quotidien. Les souffrances psychiques ne se r&#233;duisent pas &#224; des sympt&#244;mes et s'inscrivent dans des histoires singuli&#232;res, souvent travers&#233;es par le difficile et stigmatisant passage en h&#244;pital psychiatrique (HP). Le &lt;i&gt;simple&lt;/i&gt; r&#233;cit de ces embard&#233;es existentielles est d&#233;j&#224; une avanc&#233;e &lt;i&gt;(voir p. II le t&#233;moignage de l'autrice du livre &lt;/i&gt;Barge&lt;i&gt; et p. III le r&#233;cit de Pierre Souchon)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau collectif, les initiatives contre le monstre gestionnaire ne manquent pas. Au sein m&#234;me de l'institution, des acteurs de la psychiatrie essayent de la transformer en donnant un r&#244;le plus collectif et plus &#233;galitaire &#224; l'&#233;quipe soignante, incluant le patient dans le processus de soin. Une approche &#224; contre-courant de la vague dominante du monde psychiatrique actuel, lequel soit vire &#224; la privatisation soit place des technocrates obs&#233;d&#233;s par les r&#233;ductions budg&#233;taires &#224; la t&#234;te des h&#244;pitaux publics. Avec des cons&#233;quences si catastrophiques que des mouvements de protestation ont secou&#233; en 2018 et 2019 de multiples h&#244;pitaux psychiatriques. Toujours vivaces, ils constituent une r&#233;ponse collective encourageante au grand n&#233;ant gestionnaire &lt;i&gt;(lire p. IV notre entretien avec le psychiatre Mathieu Bellahsen, coauteur de &lt;/i&gt;La r&#233;volte de la psychiatrie&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres estiment que les mieux plac&#233;s pour impulser le changement sont les patients. C'est ainsi que des associations d'usagers de la psychiatrie ont vu le jour et mod&#232;lent des outils pour accueillir quelqu'un dans sa diff&#233;rence. C'est le cas du R&#233;seau fran&#231;ais sur l'entente de voix (REV) qui r&#233;volutionne le rapport aux exp&#233;riences psychotiques &lt;i&gt;(pp. VII et VIII)&lt;/i&gt;. Ou encore de ces lieux qui, &#224; Marseille comme ailleurs, proposent une approche bas&#233;e sur le &#171; r&#233;tablissement &#187;, bouleversant le rapport soignant/patient et cherchant &#224; modifier l'exp&#233;rience de la souffrance psychique et de sa stigmatisation &lt;i&gt;(pp. IX et X)&lt;/i&gt;. Des structures poussent m&#234;me plus loin l'exp&#233;rimentation en proposant des formations au r&#233;tablissement d&#233;di&#233;es aux personnes concern&#233;es par des parcours psychiatriques&lt;i&gt; (p. XI)&lt;/i&gt;. Quant au CRPA (Cercle de r&#233;flexion et de proposition d'actions sur la psychiatrie), il se bat contre les pratiques psychiatriques ill&#233;gales ou abusives, comme les hospitalisations forc&#233;es &lt;i&gt;(lire pp. V et VI notre entretien avec son pr&#233;sident Andr&#233; Bitton)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour lutter contre le formatage et changer le monde, il faut d&#233;fendre les fous&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La folie, des ge&#244;les &#224; la place publique &#187;, web-radio L'intempestive, 2008.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, dit le journaliste Patrick Coupechoux. La folie est en effet porteuse d'un levier formidable de transformation, ainsi que l'a formul&#233; le psychiatre Roger Gentis : &#171; &lt;i&gt;Chercher &#224; aller au-del&#224; de la psychiatrie, c'est d&#233;j&#224; s'engager dans le combat r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;travailler &#224; l'accouchement d'une nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La psychiatrie doit &#234;tre faite/d&#233;faite par tous, Roger Gentis, Maspero, 1973.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#192; l'heure du n&#233;olib&#233;ralisme triomphant et de l'&#233;touffement de la psychiatrie publique, alors que des conceptions scientistes et gestionnaires d&#233;truisent les personnes concern&#233;es par la &#171; maladie mentale &#187;, il est plus que jamais n&#233;cessaire de faire voler en &#233;clat une institution normative qui fait de nous des clones et d'instituer un autre rapport au temps. Un temps long, qui permet la rencontre, l'&#233;change et donc le soin. Un temps subversif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par C&#233;cile Kiefer, avec l'aide pr&#233;cieuse d'H&#233;lo K.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#201;chapp&#233;e, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le&lt;/i&gt;, La Fabrique, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le discours et le r&#244;le d'une fondation comme Fondamental, qui dans le champ psychiatrique fran&#231;ais fait office de lobby tr&#232;s influent, proche du pouvoir et des compagnies pharmaceutiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Facebook d&#233;veloppe depuis 2017 un outil d'intelligence artificielle pour pr&#233;dire et pr&#233;venir les tentatives de suicide de ses utilisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La folie, des ge&#244;les &#224; la place publique &#187;, web-radio &lt;i&gt;L'intempestive&lt;/i&gt;, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La psychiatrie doit &#234;tre faite/d&#233;faite par tous&lt;/i&gt;, Roger Gentis, Maspero, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tribunal de Paris, Cit&#233;, jeudi 31 janvier 2014</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tribunal-de-Paris-Cite-jeudi-31</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Tribunal-de-Paris-Cite-jeudi-31</guid>
		<dc:date>2014-04-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>jeune homme</dc:subject>
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		<dc:subject>Najib</dc:subject>
		<dc:subject>Najib qu'ils</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Najib-qu-ils" rel="tag"&gt;Najib qu'ils&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son ADN et ses empreintes digitales aux fichiers de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur de permanence, rong&#233; par la routine ou pressentant que la R&#233;publique est en danger, d&#233;cide de faire juger le jeune homme dans les plus brefs d&#233;lais. Najib passe donc en comparution imm&#233;diate, le lendemain des faits, pour tentative de vol et refus de pr&#233;l&#232;vement. Comme la loi l'y autorise, Najib pr&#233;f&#232;re ne pas &#234;tre jug&#233; tout de suite afin de pr&#233;parer sa d&#233;fense avec son avocat. L'audience du jugement est fix&#233;e au 31 janvier, deux semaines plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Lors de votre pr&#233;c&#233;dente interpellation&lt;/i&gt;, entame le juge, &lt;i&gt;vous avez dit &#234;tre n&#233; en 93 ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, la raison c'est que je ne voulais pas aller en prison pour mineur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;On nous en fait beaucoup ici&lt;/i&gt;, rigole le juge,&lt;i&gt; mais jamais celle la&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est la meilleure !&lt;/i&gt; s'esclaffe la procureure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes arriv&#233; en France en 2009, est-ce que vous travaillez ?&lt;/i&gt; interroge le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je suis peintre en b&#226;timent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes mineur et vous travaillez !?&lt;/i&gt; reprend ironiquement le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, au noir&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Najib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je veux bien croire qu'on emploie des travailleurs au noir mais mineur j'en doute&#8230;&lt;/i&gt; conclut, avec une (feinte) ing&#233;nuit&#233;, le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant sans doute d&#233;j&#224; pris sa d&#233;cision, le magistrat demande au jeune homme s'il a des probl&#232;mes de sant&#233;, comme cela se fait g&#233;n&#233;ralement apr&#232;s l'annonce d'une condamnation &#224; la prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui je suis suivi par un psychiatre depuis 2012, suite &#224; une d&#233;cision de justice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saura rien du probl&#232;me psychiatrique de Najib, rien de son pays d'origine, pourquoi il l'a fui, pas plus sur sa situation matrimoniale, s'il a des enfants ou non, un domicile ou non, les &#233;tudes qu'il a pu faire et m&#234;me son casier judiciaire restera &#171; non identifi&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu presque violence car il a tent&#233; &#224; plusieurs reprises d'arracher le t&#233;l&#233;phone des mains de son propri&#233;taire, de plus il est en r&#233;cidive et a refus&#233; de se soumettre au pr&#233;l&#232;vement ADN et au relev&#233; signal&#233;tique.&lt;/i&gt; &#187; Elle demande six mois de prison ferme et le maintien en d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat qui, comme on l'a vu, a b&#233;n&#233;fici&#233; th&#233;oriquement de deux semaines pour pr&#233;parer la d&#233;fense plie sa plaidoirie en une minute trente chrono : &#171; &lt;i&gt;Mon client se trouve en &#233;tat de besoin&#8230; il a fait une simple tentative de vol&#8230; il regrette les faits qui lui sont reproch&#233;s&#8230; il est jeune et pas tr&#232;s intelligent&#8230; Je plaide votre cl&#233;mence pour mon client.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre retir&#233;s pour d&#233;lib&#233;rer, les juges annoncent &#224; Najib qu'ils le jugent coupable des faits qui lui sont reproch&#233;s, qu'ils ne retiennent pas l'accusation de r&#233;cidive et qu'il va passer tout de m&#234;me 6 mois ferme en taule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juge moqueur, procureur qui exag&#232;re, avocat nul, jugement pli&#233; avant l'audience, Najib, jeune exil&#233; sans un rond avec des difficult&#233;s psychiatriques, s'est fait &#233;craser par le rouleau compresseur d'une justice &#224; la cha&#238;ne. Elle a d&#233;fendu la soci&#233;t&#233; en continuant d'entreposer &#224; l'ombre de la R&#233;publique une grande quantit&#233; de haine recuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quoi de plus naturel, en somme ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quoi-de-plus-naturel-en-somme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Quoi-de-plus-naturel-en-somme</guid>
		<dc:date>2013-03-28T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>reconna&#238;tre qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>f&#233;ministe implique</dc:subject>
		<dc:subject>homme f&#233;ministe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y en a que &#231;a aide pour draguer, d'autres pour qui c'est un chemin de croix. Il y a ceux qui sont si convaincus qu'ils vont jusqu'&#224; trouver misogyne la description d'une femme laide dans un roman. Il existe mille fa&#231;ons d'&#234;tre un homme f&#233;ministe, et autant de difficult&#233;s &#224; le revendiquer. &#202;tre un homme f&#233;ministe implique de reconna&#238;tre qu'il y a deux camps et que l'un est moins fort que l'autre. C'est &#234;tre affili&#233;, par le biais de son genre, au camp des violeurs, des harceleurs et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/genre" rel="tag"&gt;genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feministe" rel="tag"&gt;f&#233;ministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaitre-qu-il" rel="tag"&gt;reconna&#238;tre qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feministe-implique" rel="tag"&gt;f&#233;ministe implique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme-feministe" rel="tag"&gt;homme f&#233;ministe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y en a que &#231;a aide pour draguer, d'autres pour qui c'est un chemin de croix. Il y a ceux qui sont si convaincus qu'ils vont jusqu'&#224; trouver misogyne la description d'une femme laide dans un roman. Il existe mille fa&#231;ons d'&#234;tre un homme f&#233;ministe, et autant de difficult&#233;s &#224; le revendiquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#202;tre un homme f&#233;ministe implique de reconna&#238;tre qu'il y a deux camps et que l'un est moins fort que l'autre. C'est &#234;tre affili&#233;, par le biais de son genre, au camp des violeurs, des harceleurs et des clients de prostitu&#233;es, mais affirmer : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas comme eux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; sans endosser leur culpabilit&#233; ni en faire des monstres&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'embarras est tel qu'une branche masculine du f&#233;minisme tendance Chiennes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est s'approprier le mot &#171; f&#233;ministe &#187;, dans lequel on entend &#171; &lt;i&gt;pour les femme&lt;/i&gt;s &#187; plut&#244;t que &#171; &lt;i&gt;pour l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes&lt;/i&gt; &#187;, qui fige la dichotomie hommes-coupables / femmes-victimes. C'est traquer en soi un genre de virus si bien ancr&#233; qu'on dit souvent d'un homme, m&#234;me ami, qu'il a &#171; &lt;i&gt;des restes de misogynie en lui&lt;/i&gt; &#187; ; c'est porter ce combat sans confisquer la parole &#224; des femmes d&#233;j&#224; trop souvent muettes ; c'est faire sienne l'id&#233;e que les hommes souffrent eux aussi du patriarcat et renoncer au droit de mettre les pieds sous la table en &#233;change du droit de pleurer si on est triste. C'est se retrouver face &#224; des injonctions contradictoires, t&#226;tonnements in&#233;vitables dans une redistribution des r&#244;les d'une telle ampleur &#8211; et louvoyer au milieu des &#171; &lt;i&gt;soyez respectueux mais pas charmeurs, attentifs mais pas protecteurs&lt;/i&gt; &#187; &#8211; tout en prot&#233;geant ce qu'on consid&#232;re, au-del&#224; du genre, comme constitutif de sa personnalit&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le public auquel s'adresse la presse dite &#171; f&#233;minine &#187;, qui affronte chaque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p10-sury_cqfd108-289ea.png?1782640067' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sinc&#233;rit&#233; du f&#233;minisme des hommes s'&#233;prouve dans les comportements quotidiens. Nombreux sont les atavismes dont l'abolition exige un effort permanent, effort &#224; investir dans des t&#226;ches aussi prestigieuses et r&#233;mun&#233;ratrices que la vaisselle et le changement de couches. Cette attention de tous les instants n'est pas moins difficile &#224; fournir par une femme f&#233;ministe, astreinte &#224; retenir dans sa gorge ses &#171; &lt;i&gt;Je sais mieux le faire, &#231;a ira plus vite&lt;/i&gt; &#187; et &#224; plonger les mains sans broncher dans ce siphon infect bourr&#233; de crasse d&#233;gueu.
Mais par-del&#224; les scories, &#234;tre un homme f&#233;ministe, ne serait-ce pas, aussi, parvenir enfin &#224; &#233;laborer un dialogue intime entre hommes, une parole sur le sexe dont on ne craindrait pas qu'elle soit vulgaire ni comp&#233;titrice, un discours sur les sentiments qui s'int&#233;resserait vraiment aux faiblesses, aux d&#233;raillements ; et prendre cette libert&#233;-l&#224; sans faire appel aux femmes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'embarras est tel qu'une branche masculine du f&#233;minisme tendance Chiennes de garde, baptis&#233;e Z&#233;ro macho, s'est cru oblig&#233;e de poser avec des pancartes &#171; &lt;i&gt;Fier de ne pas &#234;tre client&lt;/i&gt; &#187; &#224; la mani&#232;re des clients inculp&#233;s par la justice am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le public auquel s'adresse la presse dite &#171; f&#233;minine &#187;, qui affronte chaque semaine une avalanche de doubles injonctions insolubles de ce type (soyez sexy mais pas salopes, minces mais pas anorexiques), aurait des raisons de consid&#233;rer ce ph&#233;nom&#232;ne comme un juste retour de b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>N'ayez crainte, &#231;a se tassera</title>
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		<dc:date>2011-09-23T06:43:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tout n'est pas rose, l'&#233;t&#233;, pour Laf&#226;me, surtout par les temps qui courent, avec tous ces hommes hyst&#233;riques qui crient au loup ! Mais oui, les filles, Mademoiselle a entendu vos cris de d&#233;sespoir : &#171; Qu'il est difficile de savoir si un homme est consentant ! C'est si compliqu&#233;, un homme ! &#187; Mademoiselle voudrait donc donner quelques conseils aux femmes, afin que cet &#233;t&#233;, enfin, elles tentent de respecter en toute occasion le consentement des hommes, ces &#234;tres complexes qui minaudent, aiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout n'est pas rose&lt;/strong&gt;, l'&#233;t&#233;, pour Laf&#226;me, surtout par les temps qui courent, avec tous ces hommes hyst&#233;riques qui crient au loup ! Mais oui, les filles, Mademoiselle a entendu vos cris de d&#233;sespoir : &lt;i&gt;&#171; Qu'il est difficile de savoir si un homme est consentant ! C'est si compliqu&#233;, un homme ! &#187;&lt;/i&gt; Mademoiselle voudrait donc donner quelques conseils aux femmes, afin que cet &#233;t&#233;, enfin, elles tentent de respecter en toute occasion le consentement des hommes, ces &#234;tres complexes qui minaudent, aiment bien qu'on les force un peu et qui ont tendance &#224; changer d'avis comme de cale&#231;on. Alors, comment faire pour savoir si un homme est consentant ? D'abord, sachez que si un homme vous fait un sourire, parfois accompagn&#233; d'un &#171; bonjour &#187;, cela ne veut pas forc&#233;ment dire qu'il a envie de se mettre &#224; quatre pattes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/Tanxxx91-bcd78.png?1782641361' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est fou, mais il se peut qu'il soit simplement poli. En revanche, si vous voyez qu'un homme vous regarde avec insistance, qu'il vous pla&#238;t et qu'il r&#233;pond &#224; vos sourires, vous pouvez par exemple l'inviter &#224; boire un verre. S'il accepte, cela ne veut toujours pas dire qu'il veuille se mettre &#224; quatre pattes. Oui, c'est p&#233;nible, je sais, surtout avec l'augmentation du prix des consommations en terrasse ! Se rendent-ils compte qu'il devient de plus en plus frustrant de ne pas pouvoir peloter un peu le damoiseau apr&#232;s deux mojitos &#224; dix euros chacun ? Il existe cependant une solution &#224; cette frustration : partagez le prix des consommations. Ils ont voulu l'&#233;galit&#233; ? Eh bien, qu'ils l'assument. Et si la soir&#233;e se poursuit, que votre conqu&#234;te se laisse embrasser, voire tripoter un peu ? Laissez-vous aller... mais sachez vous arr&#234;ter s'il dit non. Non, c'est non. Inutile donc de lui enfoncer vos doigts ou tout autre objet dans le corps contre son gr&#233;. Il s'agirait l&#224; d'un viol, et vous seriez bien emmerd&#233;es. Alors dans le doute, abstenez vous. Et si vous ne le faites pas pour eux, faites-le pour vous : avec le puritanisme qui r&#232;gne actuellement, il vous faudra &#234;tre particuli&#232;rement prudentes dans les prochains mois. Ensuite, n'ayez crainte, &#231;a se tassera. Mais en attendant, rassurez-vous : si vous &#234;tes victimes de vos pulsions, sachez que moins de 10 % d'entre eux portent plainte. Et c'est pas dit qu'on les croie. Surtout s'ils ont bu deux mojitos de trop ou d&#233;tourn&#233; des ch&#232;ques vacances. Alors si &#231;a &#171; d&#233;rape &#187; un peu cet &#233;t&#233;, les filles, dites-vous bien qu'il n'y a pas mort d'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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