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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Souheil, 19 ans, tu&#233; par un policier</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante. Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1858-13d44.jpg?1782972062' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#192; la Belle-de-Mai, l&#224; o&#249; est mort Souheil.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Clair Rivi&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une semaine plus tard sur une pancarte tendue par des proches au milieu du Vieux-Port, d'o&#249; une marche blanche s'appr&#234;tait &#224; partir. Devant quelques centaines de personnes venues honorer la m&#233;moire du jeune homme, son p&#232;re, Issam, prenait la parole : &#171; &lt;i&gt;Cette balle a &#233;t&#233; tir&#233;e lors d'un contr&#244;le routier. Le repr&#233;sentant du syndicat Alliance a affirm&#233; que le policier a fait usage de son arme en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, alors que l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale &#233;tait &#224; peine saisie du dossier.&lt;/i&gt; &#187; Probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Les t&#233;moignages des riverains et des passants sont tr&#232;s troublants &#224; plus d'un titre et contredisent la version &#8220;officielle&#8221; des faits, rapport&#233;e par la presse dans les heures qui ont suivi l'&#233;v&#233;nement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il donc pass&#233; ce soir-l&#224;, au croisement des rues Bonnardel et Fortun&#233;-Jourdan, dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement ? Il est pr&#232;s de 19 heures et la voiture de Souheil est &#224; l'arr&#234;t. Le jeune homme est au volant. Sur le si&#232;ge passager, un de ses copains. Les deux comp&#232;res sont venus rendre visite &#224; un troisi&#232;me ami, en b&#233;quilles des suites d'un accident survenu quelques semaines plus t&#244;t. Un v&#233;hicule de police arrive. L'&#233;quipage reconna&#238;t la voiture de Souheil avec laquelle le jeune homme aurait, la veille, fui un premier contr&#244;le de police. Les agents sortent de l'habitacle pour proc&#233;der &#224; un nouveau contr&#244;le. Le jeune homme n'a, semble-t-il, ni permis de conduire ni certificat d'assurance. Il tente de fuir en marche arri&#232;re, heurtant un policier qui, selon certaines versions de l'histoire, chute au sol. Quoi qu'il en soit, juste apr&#232;s, un autre agent tire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gitime d&#233;fense mise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Question : &#224; l'instant pr&#233;cis o&#249; le coup est parti, l'un ou l'autre des policiers &#233;tait-il en danger ? &#171; &lt;i&gt;Tous les &#233;l&#233;ments actuels tendent &#224; d&#233;montrer un &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense du policier &#224; l'ouverture du feu pour assurer la protection physique d'un autre policier&lt;/i&gt; &#187;, affirme &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; Andr&#233; Ribes, le procureur en charge du dossier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1er d&#233;cembre 2018 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme l'&#233;crit le quotidien&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les r&#233;cits de plusieurs t&#233;moins &#171; &lt;i&gt;questionnent la proportionnalit&#233; et la simultan&#233;it&#233; cens&#233;es caract&#233;riser la l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/i&gt; &#187;. Bas&#233;e sur des t&#233;moignages de riverains recueillis au lendemain du drame, une enqu&#234;te publi&#233;e sur le site collaboratif de luttes &lt;i&gt;Marseille infos autonomes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en arrive m&#234;me &#224; la conclusion inverse : &#171; &lt;i&gt;aucun des policiers n'&#233;tait dans le champ&lt;/i&gt; &#187; de la voiture de Souheil au moment du tir fatal. &#192; en croire les habitants cit&#233;s dans l'article, le jeune homme craignait que les k&#233;pis embarquent son v&#233;hicule &#224; la fourri&#232;re. Et c'est lorsque le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule s'est d&#233;cal&#233; pour t&#233;l&#233;phoner &#224; l'&#233;cart que Souheil a tent&#233; de se d&#233;gager en marche arri&#232;re tout en braquant. Ce faisant, il aurait touch&#233; l'agent situ&#233; du c&#244;t&#233; conducteur de la voiture. C'est quelques instants plus tard que le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re aurait fait feu, au moment o&#249; la voiture est pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal local d'investigation &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, le tireur &#233;tait un policier stagiaire, &#171; &lt;i&gt;inexp&#233;riment&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait choqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#224;&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; une riveraine sortie de chez elle juste apr&#232;s avoir entendu le coup de feu. Comme d'autres, elle rapporte que le passager du v&#233;hicule a &#233;t&#233; ensuite frapp&#233; avant d'&#234;tre menott&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers, par contre, n'auraient pas cherch&#233; &#224; porter secours &#224; leur victime. Sur des vid&#233;os tourn&#233;es par des passants, on ne les voit effectivement pas au chevet du jeune homme. Comme le relate&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est finalement une infirmi&#232;re du quartier qui passait par l&#224; qui s'est occup&#233;e de Souheil : &#171; &lt;i&gt;J'ai d'abord vu le policier&lt;/i&gt; [qui avait &#233;t&#233; heurt&#233; par la voiture] &lt;i&gt;&#224; terre. Il avait juste mal au genou. On m'a ensuite dit qu'il y avait un jeune homme dans la voiture. J'ai d&#251; forcer un policier &#224; me laisser passer. Il ne voulait pas.&lt;/i&gt; &#187; Quand les pompiers ont fini par arriver, dit-elle &#224; l'instar d'autres t&#233;moins, ils sont d'abord all&#233;s voir le policier. Souheil &#233;tait probablement d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#234;me s'il a fait quelque chose... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La voiture du d&#233;funt a fini sa course sur un trottoir, &#224; quelques m&#232;tres d'un arr&#234;t de bus. Une semaine plus tard, une dame d'une soixantaine d'ann&#233;es y attend le 49, direction Vauban. Au sol, les d&#233;bris de verre sont toujours l&#224;. Sous un porche, des fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur, un collage rappelant que Souheil a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tu&#233; par la police&lt;/i&gt; &#187;. Et une photo de lui avec son fils. La dame en a les larmes aux yeux : &#171; &lt;i&gt;Oh, c'est lui, le jeune homme qui est mort&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Un silence. Puis : &#171; &lt;i&gt;Ils font ce qu'ils veulent, ces cons de poulets.&lt;/i&gt; &#187; &#192; c&#244;t&#233;, une jeune fille s'indigne. Elle ne sait pas trop ce qui s'est pass&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;m&#234;me s'il a fait quelque chose, c'&#233;tait pas une raison pour le tuer&lt;/i&gt; &#187;. Un jeune homme : &#171; &lt;i&gt;Nous si on tue un flic, on prend quinze ans de prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s la mort de Souheil, le parquet a expliqu&#233; que le jeune homme &#233;tait connu des services judiciaires. &#171; &lt;i&gt;Des bagarres et quelques barrettes de shit&lt;/i&gt; &#187;, relativisait la famille aupr&#232;s de l'AFP &#8211; selon nos informations, elle faisait r&#233;f&#233;rence &#224; de la simple consommation de cannabis, pas &#224; du deal. &#171; &lt;i&gt;Certes, mon fils avait d&#233;j&#224; eu affaire &#224; la police et &#224; la justice, dans ses errements d'adolescent en souffrance,&lt;/i&gt; dira son p&#232;re lors de la marche blanche. &lt;i&gt;Sa m&#232;re et moi avons eu avec lui notre lot d'inqui&#233;tudes et de mauvaises surprises. Rien de tout cela n'amoindrit le respect d&#251; &#224; sa vie.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande l'ouverture d'une information judiciaire confi&#233;e &#224; un juge d'instruction ind&#233;pendant. Selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, son avocat a port&#233; plainte pour &#171; homicide volontaire par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique et omission de porter secours &#187;.
Contrairement &#224; l'affaire de Stains (Seine-Saint-Denis), assez ressemblante (le 16 ao&#251;t, deux policiers en civil y ont arros&#233; de balles une voiture qu'ils contr&#244;laient), il n'existe &#224; notre connaissance pas d'images du tir ayant tu&#233; Souheil. Par contre, les minots du coin se montrent sur leur portable les vid&#233;os des instants d'apr&#232;s, o&#249; l'on peut l'apercevoir agoniser. Dans ce tr&#232;s populaire quartier de Marseille, les pouvoirs publics n'ont mis en place aucune cellule de soutien psychologique &#224; destination des riverains choqu&#233;s. Quand une prise en charge a fini par &#234;tre organis&#233;e, ce fut &#224; l'initiative de militants associatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lynda, la m&#232;re de l'ami en b&#233;quilles que Souheil &#233;tait venu voir ce soir-l&#224;, reste &#233;videmment pleine de chagrin : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un ami tr&#232;s proche de mon fils. Il venait le voir tous les jours depuis son accident, lui tenir compagnie. Il avait fait la f&#234;te de l'A&#239;d avec nous. C'&#233;tait un gamin. Il est parti pour rien, pour une petite b&#234;tise. Aujourd'hui, mon fils fait semblant d'aller bien, mais au fond, il est d&#233;truit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018 sur la Canebi&#232;re, lorsque Zineb Redouane a &#233;t&#233; mortellement atteinte par un tir de grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage. C'est notamment cette pr&#233;sence, non r&#233;v&#233;l&#233;e au d&#233;but des investigations par le parquet de Marseille, qui a conduit au d&#233;paysement &#224; Lyon de l'enqu&#234;te sur le d&#233;c&#232;s de l'octog&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas de r&#233;bellion&#8221; &#187; (16/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (06/08/2021). Dans plusieurs des premiers articles consacr&#233;s &#224; l'affaire tout comme sur le collage visible sur la photo ci-dessus, le pr&#233;nom &#171; Souheil &#187; est par erreur orthographi&#233; &#171; Souhil &#187; ou &#171; Souhail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en question &#187; (13/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carnaval de la Plaine : le tribunal mod&#232;re sa s&#233;v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Carnaval-de-la-Plaine-le-tribunal</link>
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&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe. Contre les &#171; irresponsables &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contre les &#171; &lt;i&gt;irresponsables&lt;/i&gt; &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards jug&#233;s hier par le tribunal de Marseille passent le printemps &#224; l'ombre. Tous ont finalement &#233;vit&#233; la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carnaval ind&#233;pendant n'en a pas fini avec la r&#233;pression : l'enqu&#234;te visant &#224; identifier les organisateurs se poursuit. Plusieurs membres d'une association, La Plaine sans fronti&#232;re, ont &#233;t&#233; entendus ce matin par des policiers de la s&#251;ret&#233; d&#233;partementale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une proc' &#171; aveugl&#233;e par le contexte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier (mercredi), c'est donc au tribunal de Marseille qu'une foule de journalistes avait coagul&#233;. Une bonne trentaine de reporters dans la salle d'audience : &#171; &lt;i&gt;un cluster&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait un policier. Il y a la presse locale bien s&#251;r, mais aussi force m&#233;dias nationaux : jusqu'&#224; TF1 et CNews ont fait le d&#233;placement. Cinq des personnes arr&#234;t&#233;es dimanche soir vont &#234;tre jug&#233;es en comparution imm&#233;diate. Elles auraient d&#251; l'&#234;tre la veille, mais pour cause d'encombrement du planning, elles ont d&#251; patienter 24 heures de plus et, pour quatre d'entre elles, passer une nuit en d&#233;tention provisoire aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s commence avec M., la petite trentaine. D'origine napolitaine, il passe depuis plusieurs ann&#233;es la moiti&#233; de son temps en France, o&#249; il bosse dans l'agriculture ou la restauration. Un flic assure l'avoir vu jeter des pierres sur les CRS au milieu du chantier de la place Jean-Jaur&#232;s (&lt;i&gt;aka&lt;/i&gt; &#171; la Plaine &#187;). Il jure ne pas l'avoir l&#226;ch&#233; du regard jusqu'&#224; son arrestation. M. r&#233;torque que &#231;a n'est pas vrai ; du reste, il ne comprend pas comment le fonctionnaire aurait pu le reconna&#238;tre dans la cohue et les gaz lacrymog&#232;nes, au milieu d'une charge polici&#232;re. Il ajoute qu'un agent lui a montr&#233; une photo cens&#233;e le repr&#233;senter : ce n'&#233;tait pas lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure entre en sc&#232;ne. D'abord, contre toute &#233;vidence, elle parle du carnaval comme d'un &#171; &lt;i&gt;rassemblement secret&lt;/i&gt; &#187; &#8211; alors qu'une bonne partie de la ville et de la France militante &#233;tait au courant depuis belle lurette. Elle encha&#238;ne sur la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'allusions moralisantes &#224; la crise sanitaire. Les d&#233;clarations du policier ? &#171; &lt;i&gt;Je ne vois pas comment on peut [les] remettre en question. Les fonctionnaires de police n'avaient strictement aucun int&#233;r&#234;t &#224; arr&#234;ter des gens qui n'avaient rien fait, ils avaient d&#233;j&#224; bien assez &#224; faire avec les autres qui faisaient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les assertions de l'agent, il y a n&#233;anmoins un point faible : s'il a la certitude d'avoir vu M. jeter des cailloux dans la direction des CRS, le policier est incapable de dire si les projectiles ont atteint leur cible. Pas de souci, assure la parqueti&#232;re : d'apr&#232;s une jurisprudence de la Cour de cassation, nul besoin d'un choc physique pour que les violences soient caract&#233;ris&#233;es, un &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit. Or, au moment des faits, &#171; &lt;i&gt;depuis une heure [les CRS &#233;taient] sous le feu de projectiles qui arriv[ai]ent de toute part [&#8230;]. Qui peut croire que &#231;a ne suscite pas une peur ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle demande trois mois ferme avec maintien en d&#233;tention et trois ann&#233;es d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Giletta revient sur la jurisprudence de la Cour de cassation. Oui, le &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit &#224; caract&#233;riser l'infraction, dit l'avocat, mais encore faut-il qu'il puisse &#234;tre attribu&#233; &#224; l'accus&#233;. Autrement dit, pour que la responsabilit&#233; de M. soit engag&#233;e, il aurait fallu prouver que les CRS avaient conscience d'avoir &#233;t&#233; vis&#233; par des pierres jet&#233;e personnellement par M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;mouvant d'une logique &#171; &lt;i&gt;qui consiste &#224; cr&#233;er la responsabilit&#233; collective, &#224; attribuer &#224; un individu les agissements d'autres&lt;/i&gt; &#187;, le bavard rappelle que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas au tribunal de dire si c'est opportun&#233;ment ou non que des gens se sont r&#233;unis de mani&#232;re festive&lt;/i&gt; &#187;. Il pointe aussi que la parole du policier n'est &#233;tay&#233;e par rien &#8211; pas m&#234;me par des t&#233;moignages de coll&#232;gues &#8211; et ajoute que depuis quelques ann&#233;es, le Code p&#233;nal sp&#233;cifie que la condamnation &#224; la prison ferme ne doit &#234;tre utilis&#233;e qu'en &#171; &lt;i&gt;dernier recours&lt;/i&gt; &#187;. Pour requ&#233;rir trois mois de ge&#244;le dans cette affaire, la procureure s'est donc forc&#233;ment &#171; &lt;i&gt;fait aveugler par le contexte&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les r&#233;actions politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel argument aura le plus port&#233; ? Aucune id&#233;e. Mais M. a &#233;t&#233; relax&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La M&#233;tropole et ses containers &#224; 281 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de V. et de E. qui n'ont pas 25 ans et vivent respectivement dans la Creuse et les Hautes-Alpes. Eux ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s tard dans la soir&#233;e non loin de la Plaine, du c&#244;t&#233; de la rue Saint-Savournin, o&#249; des f&#234;tards &#233;m&#233;ch&#233;s dansaient joyeusement autour de poubelles enflamm&#233;es. Depuis leurs &#233;crans de vid&#233;osurveillance, des policiers du Centre de supervision urbain les avaient vu embraser une poubelle et avaient transmis leur signalement aux policiers du terrain. Confront&#233;s aux images, ils ont reconnu les faits. Et font profil bas : ils &#233;taient fin saouls et sont tous les deux d&#233;sol&#233;s. D&#233;guis&#233; en licorne, V. portait une inscription rouge sur le front : &#171; ACAB &#187; (&#171; All cops are bastards &#187;, &#171; Tous les flics sont des salauds &#187;). &#192; l'audience, il dit pr&#233;f&#233;rer une signification alternative : &#171; All cats are beautiful &#187; (&#171; Tous les chats sont beaux &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; en g&#233;ographie, E. n'a pas de casier judiciaire. V. en a un : il y a un an, dit la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; condamn&#233; pour des &#171; &lt;i&gt;violences et d&#233;gradations&lt;/i&gt; &#187;, dans le contexte du &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zad-de-la-Dune-pas-de-confinement' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;mant&#232;lement sauvage&lt;/a&gt; de la Zad de la Dune, en Vend&#233;e. Il a pass&#233; un bon bout de 2020 derri&#232;re les barreaux et reste sous la menace de plusieurs mois de sursis. S'il s'est trouv&#233; un service civique, il a semble-t-il manqu&#233; de z&#232;le pour r&#233;pondre aux convocations du Spip (Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation). Consult&#233; par le tribunal de Marseille, le juge d'application des peines de Gu&#233;ret (Creuse) a recommand&#233; la r&#233;vocation de son sursis probatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirig&#233;e par la droite, la M&#233;tropole Aix-Marseille s'est port&#233;e partie civile. Son avocat, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Pierre Bruno, s'en prend tout de go &#171; &lt;i&gt;&#224; ce cort&#232;ge qu'on appelle carnaval, que je prendrai au sens p&#233;joratif du terme&lt;/i&gt; &#187;. Un &#233;v&#233;nement &#171; &lt;i&gt;&#233;minemment politique&lt;/i&gt; &#187; qui n'est manifestement pas de son go&#251;t, puisque pas de son bord. Il parle de &#171; &lt;i&gt;deux jeunes hommes qui sont venus imposer leur libert&#233; aux personnes &#224; Marseille, leur libert&#233; de s'enivrer, de casser, de br&#251;ler des poubelles...&lt;/i&gt; &#187; Et d&#233;plore : &#171; &lt;i&gt;Cette journ&#233;e d'enivrement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;va co&#251;ter 155 547 euros &#224; la M&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187; et &#231;a ne le fait pas rire parce qu'il paye des imp&#244;ts locaux. &#171; &lt;i&gt;Je regrette qu'on ne juge que ces deux personnes. J'esp&#232;re que les vrais responsables compara&#238;tront bient&#244;t.&lt;/i&gt; &#187; En attendant, l'institution demande le remplacement de cinq containers &#224; poubelles (les pr&#233;venus reconnaissent en avoir cram&#233; un seul chacun) valant 281 &#8364; pi&#232;ce et le remboursement du nettoyage de deux bouts de rue pour un total de 3 321 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de sursis et trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille pour E. Elle est encore plus implacable avec V. qui, assure-t-elle sur la foi de l'avis du juge d'application des peines de Gu&#233;ret, &#171; &lt;i&gt;s'affranchit de toutes les normes sociales&lt;/i&gt; &#187;. Pire &#224; ses yeux, c'est &#171; &lt;i&gt;un militant, d&#233;j&#224; condamn&#233; pour des faits commis sur une Zad &#187;&lt;/i&gt;. Elle requiert donc trois mois de prison ferme et la r&#233;vocation de son sursis probatoire, ainsi que trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre E., son avocate argue qu'il n'est pas un manifestant, pas un militant, qu'il est ins&#233;r&#233; socialement. Le bavard de V. donne dans la m&#234;me veine : son client n'est &#171; &lt;i&gt;plus le militant zadiste qui pouvait en venir aux mains avec les flics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. ramassera trois mois de sursis. V. s'en sortira avec 90 heures de travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, sans r&#233;vocation du sursis. Les deux devront payer solidairement 846 &#8364; de d&#233;dommagement &#224; la M&#233;tropole ainsi que 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On va te faire le cul, sale gaucho de merde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'heure des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s se rapproche et tous les reporters t&#233;l&#233; s'esquivent pour finaliser leurs reportages. Dommage : c'est pile &#224; ce moment-l&#224; qu'il est question de violences polici&#232;res. L., un Aveyronnais d'une trentaine d'ann&#233;es au casier vierge, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; rue Saint-Savournin par un policier qui l'aurait vu jeter une bouteille sur des coll&#232;gues. L'homme aurait r&#233;sist&#233; &#224; son arrestation en se d&#233;battant violemment, blessant l&#233;g&#232;rement l'agent &#224; la tempe. Il est donc poursuivi pour &#171; violences &#187; et &#171; r&#233;bellion &#187; &#8211; ainsi que refus de pr&#233;l&#232;vement biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui parle d'une &#171; &lt;i&gt;arrestation arbitraire&lt;/i&gt; &#187;, dit qu'il a &#233;t&#233; projet&#233; au sol et qu'un m&#233;decin a constat&#233; qu'il avait &#233;t&#233; amoch&#233;. Il jure qu'il ne s'est pas d&#233;battu et que c'est involontairement, en basculant, que sa jambe a pu atteindre le policier. Ensuite ? &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; humili&#233; toute la descente de la rue, mis au milieu d'une patrouille d'une douzaine de CRS qui m'ont assen&#233; des claques au visage.&lt;/i&gt; &#187; Le tout accompagn&#233; d'insultes fleuries : &#171; &lt;i&gt;Encul&#233;, on va te faire le cul, sale gaucho de merde...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le policier s'est port&#233; partie civile et r&#233;clame 1 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;t. La procureure, qui refuse d'envisager que les policiers puissent r&#233;diger de faux PV, r&#233;clame quatre mois de prison avec maintien en d&#233;tention et, encore, une interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bonnaire rappelle que l'exploitation de la vid&#233;osurveillance n'a rien donn&#233; et que son client &#233;tait si alcoolis&#233; qu'il n'&#233;tait pas en mesure d'opposer une r&#233;sistance active &#224; son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement sera contrast&#233; : L. est relax&#233; pour les violences, mais condamn&#233; pour la r&#233;bellion. Quatre mois de sursis, auxquels s'ajoutent deux mois pour le refus de pr&#233;l&#232;vement. Il devra aussi payer 500 &#8364; au policier au titre du pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un acte irrationnel &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me et dernier pr&#233;venu du jour, L. (un autre) est aussi le seul Marseillais de la troupe. La cinquantaine pass&#233;e, il est au ch&#244;mage depuis quatre ans et traverse une mauvaise passe : &#171; &lt;i&gt;Je suis un peu &#224; la d&#233;rive.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tait ivre quand, sur la Canebi&#232;re, il a jet&#233; une bouteille de bi&#232;re sur les bleus. Un agent dit avoir &#233;t&#233; atteint par le projectile. Il n'a pas &#233;t&#233; bless&#233; mais demande 1 000 &#8364; au titre du pr&#233;judice moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. regrette : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait n'importe quoi, compl&#232;tement irresponsable. Un acte irrationnel.&lt;/i&gt; &#187; Il est en &#233;tat de r&#233;cidive, pour avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; pour violences sur des policiers en 2017. Plusieurs autres condamnations figurent &#224; son casier, notamment pour conduite en &#233;tat d'ivresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de prison avec maintien en d&#233;tention. Le tribunal est plus mesur&#233; : six mois de sursis probatoire, plus une obligation de soin et de travail ou de formation professionnelle. Le flic obtient 500 &#8364; de pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat. L. est en fin de droits : il sera bient&#244;t au RSA.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zineb Redouane, notre d(r)ame</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame</link>
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		<dc:date>2020-12-02T17:01:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>policier</dc:subject>
		<dc:subject>Zineb Redouane</dc:subject>
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		<dc:subject>fille Milfet</dc:subject>
		<dc:subject>m'a vis&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne le 1er d&#233;cembre, Zineb Redouane s'est &#233;teinte le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l'ind&#233;cent d&#233;ni politique autour des causes de sa mort. Le 1er d&#233;cembre 2018 &#224; Marseille, Antoine a jet&#233; une pierre sur deux cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. Deux jours plus tard, il dormait en prison . Ce m&#234;me samedi de manifestation, un policier a tir&#233; une grenade lacrymog&#232;ne sur une vieille dame qui fermait la fen&#234;tre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-a-visee" rel="tag"&gt;m'a vis&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, Zineb Redouane s'est &#233;teinte le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l'ind&#233;cent d&#233;ni politique autour des causes de sa mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2937 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L283xH400/-1180-b064d.jpg?1782641044' width='283' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018 &#224; Marseille, Antoine a jet&#233; une pierre sur deux cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. Deux jours plus tard, il dormait en prison &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; &#233;tabli que les cam&#233;ras avaient &#233;t&#233; cass&#233;es, mais le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce m&#234;me samedi de manifestation, un policier a tir&#233; une grenade lacrymog&#232;ne sur une vieille dame qui fermait la fen&#234;tre de son appartement, au quatri&#232;me &#233;tage. Violemment atteinte au visage, elle est d&#233;c&#233;d&#233;e le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Cinq mois plus tard, le policier n'a toujours pas &#233;t&#233; identifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zineb Redouane avait 80 ans, sept enfants, neuf petits-enfants et trois arri&#232;re-petits-enfants. &#171; &lt;i&gt;Elle les aimait beaucoup, elle les g&#226;tait. D'ailleurs, elle leur manque terriblement maintenant,&lt;/i&gt; confie sa fille Milfet &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien cor&#233;alis&#233; avec Pierre Isnard-Dupuy et Marion Esnault, de Reporterre.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Ma m&#232;re &#233;tait g&#233;n&#233;reuse, joyeuse, elle aimait la vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e en Tunisie d'une m&#232;re turque et d'un p&#232;re alg&#233;rien, &#171; Mama Zina &#187; s'&#233;tait install&#233;e &#224; Marseille dans les ann&#233;es 1990, o&#249; son mari g&#233;rait deux h&#244;tels. Apr&#232;s la mort de celui-ci, elle avait fini par emm&#233;nager dans cet appartement de la rue des Feuillants, au c&#339;ur du quartier populaire de Noailles. &#192; quelques encablures seulement de la rue d'Aubagne, o&#249; l'avidit&#233; de marchands de sommeil et la n&#233;gligence coupable de la mairie ont provoqu&#233; le 5 novembre dernier l'effondrement de deux immeubles et la mort de huit personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le policier m'a vis&#233;e ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, c'est en leur m&#233;moire que des milliers de Marseillais d&#233;filent contre le logement indigne. Des Gilets jaunes et la CGT s'associent au cort&#232;ge. Zineb, elle, retrouve son amie Imen sur la terrasse d'un caf&#233; turc du cours Belsunce. Le soir, elle est invit&#233;e &#224; d&#238;ner chez Imen. Au vu de la tournure que prend la manifestation, elle renonce et d&#233;cide de rentrer chez elle, &#224; l'abri. C'est que dehors, apr&#232;s un gazage s&#233;v&#232;re sur le Vieux-Port, la marche est presque devenue &#233;meute. Des magasins sont pill&#233;s, une voiture de police incendi&#233;e. Manifestement d&#233;pass&#233;s par la situation, les flics tirent des grenades lacrymog&#232;nes en l'air. Certaines ricochent sur les fa&#231;ades des immeubles avant de retomber au sol &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon plusieurs t&#233;moins, c'est sciemment que ce jour-l&#224;, des policiers ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zineb, elle, pr&#233;pare son d&#238;ner. Elle passe un coup de fil &#224; sa fille Milfet, qui raconte : &#171; &lt;i&gt;Un peu avant 19 heures, elle m'a dit&lt;/i&gt; &#8220;&lt;i&gt;Attends, attends, y a trop de gaz, je vais fermer les fen&#234;tres.&lt;/i&gt;&#8221; &#187; Le t&#233;l&#233;phone en main, Zineb se rapproche de la fen&#234;tre. Le combin&#233; tombe. &#171; &lt;i&gt;La grenade lui a explos&#233; en plein visage,&lt;/i&gt; reprend Milfet. &lt;i&gt;Apr&#232;s, elle a tout &#233;teint avec ses pieds, ses pantoufles &#233;taient br&#251;l&#233;es. Puis elle a repris le t&#233;l&#233;phone et elle m'a dit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &lt;/i&gt;&#8220;&lt;i&gt;Il m'a vis&#233;e, le policier m'a vis&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! J'ai crois&#233; le regard des deux policiers, il a tir&#233;, puis ils sont partis dans la voiture.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le visage en sang, Zineb est conduite &#224; l'h&#244;pital. Le lendemain, les m&#233;decins d&#233;cident de l'op&#233;rer. &#171; &lt;i&gt;Le chirurgien nous a dit que le maxillaire &#233;tait fractur&#233; et que le palais descendait. Et donc que s'il ne l'op&#233;rait pas d'urgence, elle s'&#233;toufferait&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Khedidja, une amie de Zineb pr&#233;sente ce jour-l&#224;. La vieille dame ne survivra pas &#224; l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Un mensonge &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De quoi est morte Zineb Redouane, exactement ? Selon le rapport provisoire d'autopsie, que &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; a pu consulter, l'octog&#233;naire pr&#233;sentait &#171; &lt;i&gt;un &#233;tat g&#233;n&#233;ral tr&#232;s alt&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, avec &#171; &lt;i&gt;des ant&#233;c&#233;dents d'hypertension, ob&#233;sit&#233;, diab&#232;te, coronopathie s&#233;v&#232;re, valvulopathie cardiaque op&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Le projectile re&#231;u au visage a entra&#238;n&#233; &#171; &lt;i&gt;un traumatisme facial s&#233;v&#232;re, avec fractures de l'ensemble de l'h&#233;miface droite&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;des fractures costales&lt;/i&gt; &#187;. Le d&#233;c&#232;s en lui-m&#234;me serait d&#251;, &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s tentative de r&#233;animation&lt;/i&gt; &#187;, &#224; un &#171; &lt;i&gt;&#339;d&#232;me pulmonaire aigu&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, une accumulation brutale de liquide dans les poumons, qui pourrait avoir &#233;t&#233; provoqu&#233;e &#171; &lt;i&gt;par l'inhalation de gaz toxiques tels que ceux diffus&#233;s par les grenades lacrymog&#232;nes&lt;/i&gt; &#187;, sugg&#232;re Yassine Bouzrou &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fille de Zineb Redouane demande le d&#233;paysement de l'enqu&#234;te &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, l'avocat de Milfet Redouane (et de la famille d'Adama Traor&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se n'a jamais &#233;t&#233; envisag&#233;e publiquement par le procureur qui, d&#233;but d&#233;cembre, affirmait que la fatale issue n'&#233;tait pas due au &#171; &lt;i&gt;choc facial&lt;/i&gt; &#187;, mais uniquement &#224; &#171; &lt;i&gt;un choc op&#233;ratoire&lt;/i&gt; &#187;. &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'est un peu comme si on disait que Kennedy n'est pas mort par balles mais d'une h&#233;morragie c&#233;r&#233;brale&lt;/i&gt; &#187;, ironisera quelques jours plus tard un jeune militant &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par le site de La Provence (08/12/2018).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &#8211; &#171; &lt;i&gt;&#192; ce stade, on ne peut pas &#233;tablir de lien de cause &#224; effet entre la blessure et le d&#233;c&#232;s&lt;/i&gt; &#187;, dira encore le procureur, d&#233;clenchant l'ire de M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bouzrou &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par le m&#234;me article de Mediapart.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;&#192; aucun moment, les experts n'indiquent que ses fractures au visage n'ont pas de lien avec sa mort. &#192; partir du moment o&#249; sa blessure&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;n&#233;cessite une op&#233;ration urgente et qu'elle d&#233;c&#232;de, c'est un mensonge, une insulte au bon sens et &#224; l'intelligence d'affirmer qu'il n'y a pas de lien de cause &#224; effet entre sa blessure et son d&#233;c&#232;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; plainte pour &#171; violences volontaires aggrav&#233;es par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;, l'avocat a demand&#233; le d&#233;paysement de l'enqu&#234;te : il ne croit pas une seconde &#224; l'impartialit&#233; de la justice marseillaise. Plusieurs &#233;l&#233;ments tendent &#224; lui donner raison. &lt;i&gt;Primo&lt;/i&gt;, les d&#233;clarations du procureur, prompt &#224; exon&#233;rer la police de ses responsabilit&#233;s. &lt;i&gt;Secundo&lt;/i&gt;, le fait que selon plusieurs sources, le policier tireur n'a toujours pas &#233;t&#233; identifi&#233;. &lt;i&gt;Tertio&lt;/i&gt;, cette &#233;trange histoire racont&#233;e par les proches de Zineb, qui assurent que quand les pompiers sont venus chercher la vieille dame pour la mener &#224; l'h&#244;pital, un policier lui a demand&#233; les clefs de son appartement. &#171; &lt;i&gt;Zineb lui a dit non,&lt;/i&gt; rapporte son amie Imen.&lt;i&gt; Mais il a insist&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; :&lt;/i&gt; &#8220;&lt;i&gt;Si vous ne me les donnez pas, on va casser la porte.&lt;/i&gt;&#8221; &lt;i&gt;Elle les lui a donn&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Selon le procureur, deux plots de grenade ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s dans l'appartement, mais pas le projectile dans sa totalit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a cette ahurissante requ&#234;te de la juge d'instruction, qui a demand&#233; &#224; des experts de &#171; &lt;i&gt;pr&#233;ciser les l&#233;sions corporelles occasionn&#233;es et d&#233;terminer l'ITT&lt;/i&gt; &#187; de Madame Redouane &lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mort de Zineb Redouane : l'intrigante demande de la juge charg&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. L'ITT, qui se calcule en jours, signifie &#171; Incapacit&#233; totale de travail &#187; : c'est une mesure m&#233;dico-judiciaire de la gravit&#233; d'une blessure. Appliquer ce concept &#224; une morte est pour le moins d&#233;concertant&#8230; une telle requ&#234;te signifie-t-elle que le lien entre la blessure et le d&#233;c&#232;s a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; d'embl&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La vraie sagesse&#8230; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu 22 jours &#224; la famille pour obtenir l'autorisation de rapatrier le corps et d'enterrer Zineb aupr&#232;s de son fils Adel, au cimeti&#232;re de Birkhadem, dans cette banlieue d'Alger o&#249; r&#233;side Milfet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, c&#244;t&#233; gouvernemental, ce fut condol&#233;ances z&#233;ro &#8211; ou presque. Et longtemps, silence radio &#8211; ou presque. Puis le ministre de l'Int&#233;rieur, sur France Inter, le 19 mars : &#171; &lt;i&gt;Je ne voudrais pas qu'on laisse penser que les forces de l'ordre ont tu&#233; Zineb Redouane, parce que c'est faux. Elle est morte d'un choc op&#233;ratoire, apr&#232;s avoir&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;semble-t-il, re&#231;u une bombe lacrymog&#232;ne qui est arriv&#233;e sur son balcon.&lt;/i&gt; &#187; Christophe Castaner, &lt;i&gt;h&#233; ho&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &lt;/i&gt;Au quatri&#232;me &#233;tage du 12 de la rue des Feuillants, il n'y pas de balcon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce d&#233;ni politique, &#224; ce non-z&#232;le judiciaire, Milfet Redouane oppose sa r&#233;solution de femme qui n'aspire qu'&#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la justice, pour &#171; &lt;i&gt;rendre sa dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#224; sa m&#232;re. Un comit&#233; de soutien a &#233;t&#233; mont&#233;, les messages de solidarit&#233; affluent &#8211; &#171; &lt;i&gt;notamment des gens qui s'excusent, qui me disent qu'ils ont honte de ce gouvernement, de ce que la France est devenue&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'Emmanuel Macron a souhait&#233; &#171; &lt;i&gt;une forme de sagesse&lt;/i&gt; &#187; &#224; Genevi&#232;ve Legay, cette manifestante lourdement bless&#233;e &#224; Nice par un policier, Milfet Redouane lui a vertement r&#233;pondu &lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une lettre ouverte publi&#233;e par R&#233;volution permanente (28/03/2019).&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. Sermon pr&#233;sidentiel : &#171; &lt;i&gt;Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont d&#233;finis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;plique sans bavure : &#171; &lt;i&gt;Ma m&#232;re &#233;tait bien chez elle au quatri&#232;me &#233;tage et malgr&#233; cela, elle a &#233;t&#233; atteinte par un tir de lacrymog&#232;ne qui lui a co&#251;t&#233; la vie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Alors ce n'est pas une sagesse de rester chez soi pour pr&#233;server sa vie&#8230; La vraie sagesse, c'est d'interdire ces armes qui mettent la vie des autres en danger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; &#233;tabli que les cam&#233;ras avaient &#233;t&#233; cass&#233;es, mais le manifestant a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; deux mois ferme (&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/face-aux-personnes-interpellees-ce-samedi-lors-de-la-manifestation-un-tribunal-implacable/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Face aux personnes interpell&#233;es samedi lors de la manifestation, un tribunal implacable&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;, 04/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entretien cor&#233;alis&#233; avec Pierre Isnard-Dupuy et Marion Esnault, de &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon plusieurs t&#233;moins, c'est sciemment que ce jour-l&#224;, des policiers ont fait ricocher leurs grenades sur les fa&#231;ades, afin d'atteindre des manifestants inaccessibles autrement. Il n'est pas impossible que ce soit un de ces tirs peu conventionnels qui ait touch&#233; Zineb Redouane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/160419/la-fille-de-zineb-redouane-demande-le-depaysement-de-l-enquete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La fille de Zineb Redouane demande le d&#233;paysement de l'enqu&#234;te&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (16/04/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.laprovence.com/article/edition-aix-pays-daix/5277529/hommage-et-colere-pour-zineb-redouane.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; (08/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; par le m&#234;me article de &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-zineb-redouane-l-erreur-de-la-juge-chargee-de-l-enquete-24-04-2019-8059257.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mort de Zineb Redouane : l'intrigante demande de la juge charg&#233;e de l'enqu&#234;te&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Parisien &lt;/i&gt;(24/04/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/La-vraie-sagesse-c-est-d-interdire-ces-armes-La-fille-de-Zineb-Redouane-repond-a-Macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une lettre ouverte&lt;/a&gt; publi&#233;e par &lt;i&gt;R&#233;volution permanente&lt;/i&gt; (28/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans &#171; PQR &#187;, il y a &#171; PQ &#187; </title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est une affaire hallucinante. Un bad trip kafka&#239;en qui voit Jules Panetier, jeune militant montpelli&#233;rain, pris dans la trappe d'un acharnement policier, avec en toile de fond le titre de PQR Midi Libre et un site identitaire qui font la claque. Manifs contre la Loi travail, ZAD du quartier populaire des C&#233;vennes, squat de l'ancien cin&#233;ma Le Royal : Jules est de tous les bons coups. Parall&#232;lement, le militant tient la plume dans Le Poing, journal sauvage distribu&#233; &#224; la cri&#233;e. Apr&#232;s un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Midi-Libre" rel="tag"&gt;Midi Libre&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une affaire hallucinante. Un &lt;i&gt;bad trip &lt;/i&gt;kafka&#239;en qui voit Jules Panetier, jeune militant montpelli&#233;rain, pris dans la trappe d'un acharnement policier, avec en toile de fond le titre de PQR&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presse quotidienne r&#233;gionale.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Midi Libre &lt;/i&gt;et un site identitaire qui font la claque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;anifs contre la Loi travail, ZAD du quartier populaire des C&#233;vennes, squat de l'ancien cin&#233;ma Le Royal : Jules est de tous les bons coups. Parall&#232;lement, le militant tient la plume dans &lt;i&gt;Le Poing&lt;/i&gt;, journal sauvage distribu&#233; &#224; la cri&#233;e. Apr&#232;s un interm&#232;de num&#233;rique de quelques mois, le canard renoue avec sa version papier, en janvier 2017, pour un tirage mensuel de 2 000 exemplaires. Objectif du brulot ? &#171; &lt;i&gt;&#8220;Visibiliser&#8221; les alternatives aux politiques capitalistes &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Jules. &#192; trop multiplier ses participations dans les fronts de lutte, l'homme subit des coups de pression de la bleusaille. Genre &#171; Fais gaffe &#224; ton cul. Bient&#244;t on va te faire tomber &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et il est tomb&#233;, Jules. &lt;/strong&gt;C'&#233;tait le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet dernier lors de la venue chahut&#233;e de Valls Premier ministre &#224; Montpellier. 48 heures de garde &#224; vue, comparution imm&#233;diate, on conna&#238;t le sc&#233;nar bien huil&#233;. Chef d'inculpation : outrage &#224; agent commis par t&#233;l&#233;phone. Coup de marteau : deux mois ferme &#224; Villeneuve- l&#232;s-Maguelone. Le journaliste Jean-Fran&#231;ois Codomi&#233; &#233;tait aux premi&#232;res loges de cet avatar de justice exp&#233;ditive. Dans l'&#233;dition du 5 juillet du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, on lira son compte-rendu tout en nuance. La titraille a un sacr&#233; go&#251;t de fum&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ivre, l'indic aurait menac&#233; le policier et ses proches &#187;&lt;/i&gt;. Tout se passe la nuit de la f&#234;te de la musique, le portable de Jules se balade entre plusieurs mains. Dans le r&#233;pertoire t&#233;l&#233;phonique, quelqu'un rep&#232;re le num&#233;ro d'un flic des RG. Un message tout en finesse est laiss&#233; au policier : &#171; &lt;i&gt;Bient&#244;t, tu es mort ! Je baise ta femme et je viole tes enfants ! &#187;&lt;/i&gt; Que foutait le num&#233;ro du flic des renseignements dans le bigo de Jules ? Pour le &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, c'est clair : le militant &#233;tait un indic. La r&#233;alit&#233; est plus prosa&#239;que : Jules avait &#233;t&#233; contact&#233; par le policier et n'avait pas effac&#233; le num&#233;ro. Jules : &#171; &lt;i&gt;Qui ne conna&#238;t pas ce RG &#224; Montpellier ? Tous les militants l'appellent &#8220;Roger&#8221;&lt;/i&gt;. Midi Libre &lt;i&gt;m'accuse de balance ; heureusement &#224; Montpellier, personne n'y a cru. L'article a &#233;t&#233; &#233;crit par un journaliste de droite qui avait d&#233;j&#224; essay&#233; de faire passer un ami, arr&#234;t&#233; dans une manif, pour un SDF. Gratuitement. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ses articles sont un m&#233;lange de m&#233;pris et de mensonge. Un exercice de marginalisation m&#233;diatique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jules peut bien hurler &lt;/strong&gt;que ce n'est pas sa voix qu'on entend sur le message. La justice n'a pas jug&#233; bon de produire la pi&#232;ce &#224; conviction lors de l'audience de cet &#171; &lt;i&gt;anarchiste d'op&#233;rette &#187;&lt;/i&gt;, selon les bons mots du parquet. Et le localier n'a pas jug&#233; bon de pousser quelques investigations, se faisant le simple &#233;chotier d'une justice &#224; charge&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le site de Montpellier journal propose une analyse tr&#232;s fine du papier du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le 17 juillet, c'est le site identitaire Lengadoc- Info qui recyclera l'intox autour de cet &#171; &lt;i&gt;indicateur du policier &#187;&lt;/i&gt; qu'il aurait menac&#233; de mort&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indicde-la-police-condam&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Quelques mois auparavant, le m&#234;me site facho avait l&#226;ch&#233; sa glaire sur le militant, d&#233;crit comme un &#171; &lt;i&gt;habitu&#233; des appels &#224; la violence &#187;&lt;/i&gt;. Des cr&#226;nes ras&#233;s qui relaient la PQR et fraternisent avec les k&#233;pis pour casser du gauchiste : le ton est donn&#233; dans ce climat de guerre sociale. &#192; sa sortie de zonzon, Jules reprend pied dans les luttes sociales. Avant de se refaire serrer dans la rue en novembre. Il nous r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;Au commissariat, je r&#233;alise que les flics sont persuad&#233;s que je contr&#244;le tout. Je suis la b&#234;te de foire. Beaucoup d'entre eux me prennent en photo, sortent de leur bureau : &#171; Ah c'est lui !&#8221; 48 heures de garde &#224; vue pour des faits d'outrage ! Lors de l'entretien avec l'OPJ, je lui dis : &#8220;Vous savez tr&#232;s bien que tout &#231;a est politique. Je me fais arr&#234;ter le 17 novembre pour avoir insult&#233; un policier le 15 septembre, et le 26 octobre, pour deux jours de manifestations ! Tout &#231;a est mensonger et politique. Vous n'avez rien contre moi.&#8221; Il me dit : &#8220;Tout &#231;a, on le sait, mais je ne suis que le pion d'un syst&#232;me plus vaste.&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Oblig&#233; de pointer au comico deux fois par semaine, le militant a interdiction de rentrer en contact avec les flics &#171; &lt;i&gt;outrag&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Sauf qu'il ne sait pas qui ils sont. &#171; &lt;i&gt;Alors que eux essaient r&#233;guli&#232;rement de rentrer en contact avec moi par des coups de pression ! De fait, je suis assign&#233; &#224; r&#233;sidence &#187;&lt;/i&gt;, explique le jeune homme. Prochaine audience le 30 mars.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Presse quotidienne r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le site de Montpellier journal propose une analyse tr&#232;s fine du papier du &lt;i&gt;Midi Libre &lt;/i&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2016/07/midi-libre-relaie-sans-distance-la-these-policiere-dun-pretendu-indic.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier-journal.fr/2016/07/midi-libre-relaie-sans-distance-la-these-policiere-dun-pretendu-indic.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indic-de-la-police-condamne-a-deux-mois-de-prison/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indicde-la-police-condamne-a-deux-mois-de-prison&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bavure de Jou&#233;-l&#232;s-Tours : cinqui&#232;me colonne &#224; la une</title>
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&lt;p&gt;Peu avant No&#235;l dernier, une s&#233;rie d'actes violents, pr&#232;s de Tours, &#224; Dijon et Nantes, ont failli g&#226;cher la grande f&#234;te commerciale annuelle. L'argument djihadiste &#233;tait brandi par les argousins comme par les journaleux. Les copains du site La Rotative proposent ici de revenir sur le drame controvers&#233; de Jou&#233;-l&#232;s-Tours. Samedi 20 d&#233;cembre, 14&#8200;heures. Bertrand Nzohabonayo, 20&#8200;ans, est abattu par des policiers &#224; Jou&#233;-l&#232;s-Tours. Quatre coups de feu sont tir&#233;s. Bertrand, que ses copains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carte-blanche" rel="tag"&gt;Carte blanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peu avant No&#235;l dernier, une s&#233;rie d'actes violents, pr&#232;s de Tours, &#224; Dijon et Nantes, ont failli g&#226;cher la grande f&#234;te commerciale annuelle. L'argument djihadiste &#233;tait brandi par les argousins comme par les journaleux. Les copains du site &lt;a href=&#034;http://larotative.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Rotative&lt;/a&gt; proposent ici de revenir sur le drame controvers&#233; de Jou&#233;-l&#232;s-Tours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 20 d&#233;cembre, 14&#8200;heures. Bertrand Nzohabonayo, 20&#8200;ans, est abattu par des policiers &#224; Jou&#233;-l&#232;s-Tours. Quatre coups de feu sont tir&#233;s. Bertrand, que ses copains appelaient Bilal depuis sa conversion &#224; l'islam, avait bless&#233; trois repr&#233;sentants des forces de l'ordre. Le ministre de l'Int&#233;rieur arrive sur place, les m&#233;dias s'emballent, on parle d'attaque terroriste. D'apr&#232;s les autorit&#233;s, Bertrand se serait pr&#233;sent&#233; devant le sas du commissariat, qu'il aurait violemment secou&#233;, avant de seriner le fonctionnaire qui lui a ouvert la porte, en criant &#171; &lt;i&gt;Allahou akbar !&lt;/i&gt; &#187;. Manuel Valls pr&#233;vient : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui s'en prennent&lt;/i&gt; [aux policiers] &lt;i&gt;devront faire face &#224; la s&#233;v&#233;rit&#233; de l'&#233;tat.&lt;/i&gt; &#187; L'enqu&#234;te est confi&#233;e &#224; la sous-direction antiterroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, rapidement, des doutes &#233;mergent sur la fiabilit&#233; du r&#233;cit policier. Des t&#233;moins &#233;voquent une interpellation violente, coup de pression et balayette de la part des flics, ce qui aurait fait p&#233;ter un plomb &#224; Bertrand, lequel aurait sorti un couteau pour se d&#233;gager. L'interpellation aurait &#224; voir avec une bagarre, la veille, entre un agent du commissariat et un civil. Le flic en question, Lo&#239;c, est bien connu dans le quartier o&#249; vivait Bilal : il a r&#233;cemment &#233;t&#233; condamn&#233; en premi&#232;re instance pour des faits de violence contre deux automobilistes noirs. Aucun rapport entre l'altercation de la veille et la venue de Bertrand Nzohabonayo au commissariat, assure le parquet. Mais Lo&#239;c a quand m&#234;me &#233;t&#233; entendu par les services antiterroristes en charge de l'affaire. Et a &#233;t&#233; mut&#233; &#224; Tours dans la foul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres d&#233;clarations du procureur contribuent &#224; semer le doute. Il assure que les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance du commissariat pointent vers l'arri&#232;re du b&#226;timent, alors qu'un simple d&#233;placement sur place permet de se rendre compte que l'une pointe sur une entr&#233;e lat&#233;rale, une autre sur l'entr&#233;e du parking, situ&#233;e sur la place devant le comico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos d'une photo sur laquelle beaucoup croient voir Bertrand, allong&#233; sur les marches ensanglant&#233;es menant au commissariat, le proc' explique qu'il s'agit en fait d'un policier bless&#233;, alors que l'individu est apparemment noir, et qu'il n'y a pas de policier noir &#224; Jou&#233;-l&#232;s-Tours... Mais le parquet qualifie de rumeur tout ce qui sort du cadre de la version polici&#232;re. &#224; la violence de la mort d'un proche vient s'ajouter la violence du d&#233;ni de justice. Les doutes sont balay&#233;s d'un revers de la main par l'institution judiciaire, qui exige de la famille qu'elle se satisfasse d'un r&#233;cit qui prend l'eau. De toute fa&#231;on, immigr&#233;s issus de quartiers populaires, leur parole n'a pas de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire se pr&#234;te &#224; merveille &#224; la stigmatisation m&#233;diatique. Un Bertrand &#171; Bilal &#187; Nzohabonayo qui a le profil parfait de l'agresseur djihadiste : jeune Noir, converti &#224; l'islam, un petit casier judiciaire, un collier de barbe... Et tant pis si le portrait que font de lui les m&#233;dias et la police ne correspond pas &#224; l'homme que ses proches connaissaient. &#171; &lt;i&gt; D&#232;s lors qu'il y a un lien avec l'islam, l'affaire est dans le sac&lt;/i&gt; &#187;, analyse un membre du collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Bertrand Bilal. A cela s'ajoute un quartier de la banlieue de Tours r&#233;cemment &#171; d&#233;senclav&#233; &#187; par un tram dessin&#233; par le d&#233;suet Daniel Buren, o&#249; 50&#8200;% des jeunes sont au ch&#244;mage, et o&#249; les rapports entre les habitants et la police sont d&#233;crits sur le ton de la confrontation guerri&#232;re. Du coup, quand les proches de Bilal ont voulu organiser, le 10&#8200;janvier dernier, un rassemblement devant le commissariat pour inviter de nouveaux t&#233;moins &#224; se faire conna&#238;tre, un syndicat policier y a vu une &#171; provocation &#187;. En m&#234;me temps qu'il for&#231;ait la main du pr&#233;fet pour qu'il le fasse interdire, il diffusait un tract orn&#233; d'un superbe &#171; Je suis policier &#187; sur le th&#232;me de &#171; Je suis Charlie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que la mort de Bertrand Bilal est survenue au pire moment. Le lendemain de sa mort, un type jette sa voiture sur la foule &#224; Dijon ; le surlendemain, m&#234;me sc&#233;nario &#224; Nantes. Et &#224; chaque fois, quelqu'un croit avoir entendu &#171; &lt;i&gt;Allahou akbar&lt;/i&gt; &#187;. Tout est englob&#233; dans un m&#234;me ensemble, avec un rappel des m&#233;dias et des autorit&#233;s : l'&#233;tat islamique encourage les candidats au djihad &#224; lancer des attaques contre les infid&#232;les. Le r&#233;cit m&#233;diatique global &#233;crase l'individuel, la mort de Bertrand devient un &#233;l&#233;ment accessoire. Si, pour Dijon et Nantes, la piste terroriste a &#233;t&#233; abandonn&#233;e, l'&#233;tiquette reste coll&#233;e au nom de Bilal. Et tant pis si des t&#233;moins affirment qu'il n'a pas cri&#233; &#171; &lt;i&gt;Allahou akbar&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, face &#224; ce qu'ils ressentent comme une &#171; salissure &#187;, ses proches souhaitent lutter pour le r&#233;habiliter. Un combat symbolique, parall&#232;le &#224; la bataille juridique. &#171; J&lt;i&gt;e veux d&#233;fendre la dignit&#233; d'un ami qui a &#233;t&#233; tu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique un de ses copains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En apposant sur un homme le qualificatif de terroriste, sceau de l'ignominie la plus haute aujourd'hui, on le met au ban de la soci&#233;t&#233;, voire de l'humanit&#233;. Au-del&#224; de la condamnation judiciaire, l'adjectif vaut condamnation morale et donne implicitement le permis de tuer. On justifie la mort d'un homme en l'en rendant int&#233;gralement responsable. Par l&#224; m&#234;me, on jette l'anath&#232;me sur sa famille et ses amis, soup&#231;onn&#233;s en creux de complicit&#233;, et &#224; ce titre non l&#233;gitimes &#224; souffrir, &#224; poser des questions ou &#224; r&#233;clamer justice. Et apr&#232;s le 7&#8200;janvier, la foule qui se l&#232;ve pour d&#233;fendre la R&#233;publique unie contre de suppos&#233;s barbares acquiesce, ravie qu'elle est d'avoir &#233;t&#233; d&#233;fendue. Les flics font figure de h&#233;ros, l&#224; o&#249; quelques semaines encore le slogan &#171; ACAB &#187; r&#233;sonnait dans des manifs contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la strat&#233;gie de diabolisation ourdie par les autorit&#233;s n'a pas fonctionn&#233; bien longtemps apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse, elle est toujours &#224; l'&#339;uvre pour Bertrand Bilal comme le montre l'absence de soutien massif &#224; ce dernier. Il y a fort &#224; parier que l'&#233;tat nous resserve &#224; l'avenir cette strat&#233;gie, qui en plus de nous emp&#234;cher d'y voir clair alimente les pires d&#233;lires conspirationnistes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH86/p06-rotative-02ab0.jpg?1782648999' width='400' height='86' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Non l&#233;tale, mon &#339;il !</title>
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&lt;p&gt;Le 27 d&#233;cembre 2007, quelques centaines d'&#233;tudiants manifestent contre la loi LRU dans les rues de Nantes. Arriv&#233;s devant le rectorat, apr&#232;s que certains d'entre eux ont r&#233;ussi &#224; &#233;carter le grillage d'enceinte, ils p&#233;n&#232;trent dans le parc qui entoure le b&#226;timent administratif. Le commissaire Monard, directeur d&#233;partemental de la s&#233;curit&#233; publique, envoie ses troupes compos&#233;es de gendarmes mobiles, de flics cagoul&#233;s des Compagnies d&#233;partementales d'intervention et de cow-boys de la Bac. Ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 27 d&#233;cembre 2007, quelques centaines d'&#233;tudiants manifestent&lt;/strong&gt; contre la loi LRU dans les rues de Nantes. Arriv&#233;s devant le rectorat, apr&#232;s que certains d'entre eux ont r&#233;ussi &#224; &#233;carter le grillage d'enceinte, ils p&#233;n&#232;trent dans le parc qui entoure le b&#226;timent administratif. Le commissaire Monard&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Promu en 2011 conseiller de Claude Gu&#233;ant, ministre de l'Int&#233;rieur&#8230;&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, directeur d&#233;partemental de la s&#233;curit&#233; publique, envoie ses troupes compos&#233;es de gendarmes mobiles, de flics cagoul&#233;s des Compagnies d&#233;partementales d'intervention et de cow-boys de la Bac. Ils encerclent les manifestants et les repoussent &#224; l'ext&#233;rieur par un portail. Deux ou trois projectiles seraient alors partis depuis les rangs &#233;tudiants. Aussit&#244;t, des policiers tirent des balles en caoutchouc &#224; travers les grilles. Deux jeunes sont touch&#233;s en pleine t&#234;te. Un troisi&#232;me perdra un &#339;il&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. CQFD n&#176; 98.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jug&#233; devant le tribunal correctionnel de Nantes d&#233;but mars&lt;/strong&gt;, l'auteur &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sum&#233; &#187;&lt;/i&gt; de cette grave blessure a &#233;t&#233; finalement relax&#233; le 3 avril. Si cet agent de police judiciaire, Mathieu Leglise, reconna&#238;t avoir tir&#233; avec son arme, un LBD 40&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lanceur de balles de d&#233;fense.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, il nie cat&#233;goriquement &#234;tre le responsable du tir qui a gravement bless&#233; Pierre Douillard, alors &#226;g&#233; de seize ans. Impossible de le d&#233;signer comme coupable, puisque ce flic portait une cagoule comme cela semble &#234;tre souvent le cas pour les sbires arm&#233;s de Flash Ball ou autres armes dite non l&#233;tales. De plus, selon le jugement du tribunal, le courageux policier n'a fait &lt;i&gt;&#171; qu'ex&#233;cuter un ordre de sa hi&#233;rarchie &#187;&lt;/i&gt; et, ainsi que le pr&#233;cise la loi, &lt;i&gt;&#171; n'est pas p&#233;nalement responsable la personne qui accomplit un acte command&#233; par l'autorit&#233; l&#233;gitime, sauf si cet acte est manifestement ill&#233;gal &#187;&lt;/i&gt;. D'ailleurs, l'arr&#234;t de justice rappelle, comme une adresse aux utilisateurs de pistolets &#224; eau, que &lt;i&gt;&#171; d&#232;s lors qu'il y a jet de projectile, les conditions de la l&#233;gitime d&#233;fense sont n&#233;cessairement r&#233;unies, que, dans ce cas de figure, il n'y a pas alors lieu de s'int&#233;resser de mani&#232;re diff&#233;renci&#233;e &#224; la question de la proportionnalit&#233; de la riposte &#224; la menace ni &#224; celle de la n&#233;cessit&#233; de l'usage de l'arme&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais cette d&#233;cision de justice&lt;/strong&gt; n'aura pas fait que disculper, une fois de plus, un de ces courageux policiers. Si ce n'est la jurisprudence qu'elle risque de cr&#233;er pour les nombreuses personnes &#233;borgn&#233;es par balles non l&#233;tales, la blessure pr&#233;sum&#233; provoqu&#233;e par l'agent Leglise aura contribu&#233; &#224; affiner l'armement policier. Car &#224; l'&#233;poque des faits, le LBD 40 &#233;tait en phase d'exp&#233;rimentation dans les services de police. Sa fiche technique le d&#233;crivait comme &#233;tant &#224; &#171; l&#233;talit&#233; r&#233;duite &#187;. Les performances de son viseur &#233;lectronique, permettant &lt;i&gt;&#171; &#224; la fois d'estimer la distance de tir et de d&#233;terminer le point d'impact &#187;&lt;/i&gt;, ont montr&#233; quelques faiblesses puisque le fait d'avoir &#233;nucl&#233; un manifestant r&#233;sulte du plus grand des hasards&#8230; De plus, selon les termes de l'arr&#234;t du tribunal, le policier ne &lt;i&gt;&#171; pouvait savoir que la munition utilis&#233;e &#233;tait susceptible de causer des atteintes aussi graves que celles d'un Flash Ball traditionnel&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Et de conclure : &lt;i&gt;&#171; Il a fallu le drame du 27 novembre 2007 pour que soit mis en &#233;vidence le fait que, tout comme un tir de Flash Ball, une balle de LBD pouvait causer la perte de l'usage d'un &#339;il. &#187;&lt;/i&gt; Comme quoi, les manifestations et autres rassemblements sont de v&#233;ritables viviers &#224; cobayes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Promu en 2011 conseiller de Claude Gu&#233;ant, ministre de l'Int&#233;rieur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Breves-du-98'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 98&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lanceur de balles de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Raid sur les Roms</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Les mesures en cause r&#233;v&#232;lent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte europ&#233;enne, notamment la dignit&#233; humaine, dont la nature et l'ampleur vont au-del&#224; des violations ordinaires de la Charte. &#187; La Commission europ&#233;enne des droits sociaux n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots pour d&#233;crire, le 10 novembre 2011, l'attitude de la France vis-&#224;-vis des Roms. Qu'importe ! &#193; Marseille, les attaques et les violences polici&#232;res contre ces &#171; Europ&#233;ens &#187; continuent. C'est la fin de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policier" rel="tag"&gt;policier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les mesures en cause r&#233;v&#232;lent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte europ&#233;enne, notamment la dignit&#233; humaine, dont la nature et l'ampleur vont au-del&#224; des violations ordinaires de la Charte. &#187; La Commission europ&#233;enne des droits sociaux n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots pour d&#233;crire, le 10 novembre 2011, l'attitude de la France vis-&#224;-vis des Roms. Qu'importe ! &#193; Marseille, les attaques et les violences polici&#232;res contre ces &#171; Europ&#233;ens &#187; continuent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la fin de la journ&#233;e, en ce 22 novembre, et les Roms, qui ont sillonn&#233; les rues de la capitale phoc&#233;enne &#224; la recherche de quelques objets dans les poubelles, se reposent et trient leurs marchandises dans leur campement de fortune. Cela fait un certain temps qu'une dizaine de familles s'est install&#233;e sur ce terrain attenant &#224; l'&#201;glise Saint-Martin d'Arenc, b&#226;timent condamn&#233; &#224; la destruction par les bulldozers d'Eurom&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 19 h 30 lorsque trois policiers, deux hommes et une femme, surgissent. &lt;i&gt;&#171; On peut facilement les reconna&#238;tre. Le gros et le grand sont les plus dangereux, &lt;/i&gt; dit Brishen&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; &#233;videmment chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;c'est ce dernier qui, au march&#233; de Noailles, au centre-ville, nous donne des coups de pied quand il nous rencontre. &#187;&lt;/i&gt; Et Hugo de poursuivre : &lt;i&gt;&#171; Ces deux-l&#224; nous bloquent quand ils nous croisent dans la rue et d&#233;truisent les poussettes avec lesquelles nous transportons ce qu'on trouve dans les poubelles &#187;.&lt;/i&gt; Selon les t&#233;moignages, ce soir-l&#224;, donc, c'est le gros qui se montre le premier. Dans une main son arme de service et dans l'autre une gazeuse avec laquelle il asperge imm&#233;diatement l'espace. Les trois pandores se mettent alors &#224; hurler &lt;i&gt;&#171; Allez, d&#233;gagez ! &#187;.&lt;/i&gt; Un quatri&#232;me policier rest&#233; jusqu'alors dans la voiture rejoint ses coll&#232;gues pour participer &#224; l'arrosage de gaz tout le monde, l'int&#233;rieur des tentes et, apr&#232;s les avoir &#233;ventr&#233;s, des sacs de nourriture afin de les rendre impropres &#224; la consommation. Yoshka reprend : &lt;i&gt;&#171; Ils ont commenc&#233; avec des couteaux &#224; couper et &#224; d&#233;chirer les tentes dans lesquelles des enfants dormaient. Puis ils s'en sont pris aux poussettes tout en continuant &#224; nous gazer, souvent &#224; quelques centim&#232;tres des yeux. &#187;&lt;/i&gt; C&#244;t&#233; policier, l'ambiance est plut&#244;t bonne : &lt;i&gt;&#171; Ils nous traitaient de &#8220;merde&#8221;. Ils se moquaient de nous. Le grand et la femme riaient &#187;,&lt;/i&gt; rapporte Zoran. Les enfants, eux, hurlent, pleurent. Un homme est violemment pouss&#233; &#224; terre par un des pandores. Brishen reprend : &lt;i&gt;&#171; Un d'entre nous a &#233;t&#233; frapp&#233; au visage. Il a couru vers le portail qui fait trois m&#232;tres de haut. Le gros policier lui a donn&#233; un coup de pied en haut de la jambe puis l'a attrap&#233; par l'&#233;paule. Il est tomb&#233;. &#187;&lt;/i&gt; On apprendra plus tard que cet homme s'est cass&#233; le col du f&#233;mur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH220/Roms_Soulcie-e6c2b.jpg?1782637825' width='400' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les agresseurs, apr&#232;s quinze longues minutes de d&#233;cha&#238;nement, c'est l'heure du d&#233;part. &lt;i&gt;&#171; Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois que la police venait. Ils nous disaient que si nous nettoyions tout et restions tranquilles, nous n'aurions pas de probl&#232;mes. Ils nous pr&#233;venaient de ne pas entrer dans l'&#233;glise car elle risque de s'effondrer. Mais &#224; chaque fois que le gros venait, lui, il nous frappait et cassait notre mat&#233;riel &#187;,&lt;/i&gt; raconte Zoran. Il poursuit : &lt;i&gt;&#171; Les quatre policiers qui nous ont agress&#233;s ce soir-l&#224; &#233;taient d&#233;j&#224; venus. Ils sont toujours ensemble. Depuis deux mois, ils viennent tous les mardis soir. &#187;&lt;/i&gt; Alors que les cris et les pleurs des femmes et des enfants r&#233;sonnent dans les rues de ce quartier d&#233;sert, des habitants d'immeubles voisins s'alarment. Ce sont eux qui vont appeler les secours. Les pompiers arrivent, et la police aussi&#8230; Yoshka : &lt;i&gt;&#171; Un de ces policiers a vu l'homme bless&#233; qui &#233;tait &#224; terre. Puis il s'est rendu compte de ce qui venait de se passer, de la nourriture &#233;cras&#233;e, des tentes d&#233;chir&#233;es, des gens paniqu&#233;s, des enfants qui suffoquaient. Il a d&#233;cid&#233; de rester avec nous pendant plus d'une demi-heure pour &#234;tre s&#251;r que ses coll&#232;gues qui avaient fait cela ne reviennent pas&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Probl&#232;me : si enqu&#234;te des services sur les actes de ses repr&#233;sentants de l'&#201;tat il y a, elle risque de s'av&#233;rer extr&#234;mement complexe pour mettre des noms sur les agresseurs. Ils sont quatre. L'un est gros et quasi chauve. L'autre est grand. La femme est blonde. Le dernier, moins d&#233;cid&#233; que ses coll&#232;gues, semble &#234;tre le chauffeur de la voiture s&#233;rigraphi&#233;e avec laquelle cette &#233;quipe est arriv&#233;e. La date est le 22 novembre. Il &#233;tait entre 19 h 30 et 20 heures. Cette exp&#233;dition a eu lieu dans le troisi&#232;me arrondissement de Marseille. On peut imaginer ais&#233;ment que des communications radio ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es, et m&#234;me que, peut-&#234;tre, un registre compile les dates, les heures et les noms des agents et leurs secteurs d'intervention. En fait, avec tous ces &#233;l&#233;ments, rien de vraiment concret pour pouvoir incriminer nominativement ces agresseurs en uniforme&#8230; Et si, par malheur, ils venaient &#224; &#234;tre confondus, ils risqueraient de terribles sanctions d'une s&#233;v&#233;rit&#233; exemplaire&#8230; allant de l'avertissement jusqu'au bl&#226;me ! Toujours est-il que, pour l'heure, aucun d&#233;placement du ministre de l'Int&#233;rieur sur les lieux o&#249; vient de se d&#233;rouler &lt;i&gt;&#171; cet acte inadmissible qui appelle &#224; la plus totale s&#233;v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt; n'est encore annonc&#233;. En attendant, l'association R&#233;sistances Tsiganes a d&#233;cid&#233; de soutenir la plainte qu'une des victimes a l'intention de d&#233;poser, afin de donner du poids &#224; la parole d'un Rom qui, comme on le sait, ne vaut pas grand-chose face &#224; un uniforme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; &#233;videmment chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; on fume &#171; du chicha &#187;</title>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;p&gt;Marseille. un jeune homme tout juste majeur entre dans le box : &#171; Monsieur F., il vous est reproch&#233; un refus d'obtemp&#233;rer et des violences ayant entra&#238;n&#233; une ITT de neuf jours avec l'usage d'une arme par destination et sur personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique. Vous rouliez rue de la R&#233;publique sur un scooter avec deux autres individus non casqu&#233;s. Vous alliez &#224; tr&#232;s vive allure, vous rouliez r&#233;guli&#232;rement sur la voie inverse et vous faisiez du rod&#233;o entre les voitures. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille.&lt;/strong&gt; un jeune homme tout juste majeur entre dans le box : &lt;i&gt;&#171; Monsieur F., il vous est reproch&#233; un refus d'obtemp&#233;rer et des violences ayant entra&#238;n&#233; une ITT de neuf jours avec l'usage d'une arme par destination et sur personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique. Vous rouliez rue de la R&#233;publique sur un scooter avec deux autres individus non casqu&#233;s. Vous alliez &#224; tr&#232;s vive allure, vous rouliez r&#233;guli&#232;rement sur la voie inverse et vous faisiez du rod&#233;o entre les voitures. Le fonctionnaire de police a d&#233;clar&#233; : &#8220;Je me suis mis face &#224; lui sur la voie de circulation pour l'arr&#234;ter. J'ai d&#251; mettre les deux mains en avant pour me prot&#233;ger. Le scooter m'a roul&#233; sur le pied, il est tomb&#233; et moi aussi.&#8221; Vous niez tout et vous dites que vous aviez un casque int&#233;gral dont la visi&#232;re vous emp&#234;chait de voir, vous n'avez vu qu'une silhouette. Alors d&#233;j&#224; ce n'est pas r&#233;glementaire d'avoir un casque qui ne vous permet pas de voir les obstacles, et en plus il y a des rues o&#249; l'&#233;clairage public manque &#224; Marseille, mais ce n'est pas le cas de la rue de la R&#233;publique. &#8211; Non mais c'&#233;tait la nuit, j'ai commenc&#233; &#224; freiner, je croyais qu'il voulait traverser ! Je ne vais pas lui foncer dedans quand m&#234;me, je suis pas fou ! &#8211; Alors le policier a vu un m&#233;decin et donc&#8230; Ah mais il faudrait revoir la formation des m&#233;decins parce que c'est syst&#233;matiquement illisible ! &#187;&lt;/i&gt; L'avocate du policier intervient : &lt;i&gt;&#171; J'ai r&#233;ussi &#224; lire quelques passages : &#8220;douleur au doigt, douleur &#224; l'extension lat&#233;rale, douleur au pied&#8221;. &#8211; Bon enfin, vous avez &#233;t&#233; confront&#233;s, vous avez chacun maintenu votre position. Alors ? Mais cessez de regarder le sol, vous &#234;tes assez grand pour r&#233;pondre ! &#8211; Non mais c'est faux, c'est tout ! On allait chez nous, on avait vu le match, j'ai pas fonc&#233;&#8230; &#8211; J'ai rien compris. Vous commencez une phrase, vous ne la finissez pas&#8230; O&#249; &#233;tiez-vous ce soir-l&#224; ? &#8211; Dans un salon. &#8211; Un salon de quoi ? &#8211; Un salon de chicha. &#8211; De quoi ? &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de F. vient en aide &#224; la juge, stup&#233;faite : &lt;i&gt;&#171; De narguil&#233;. &#8211; Vous avez fum&#233; du chicha avec vos amis ? &#8211; Mais &#231;a fait rien ! C'est pas de l'alcool ! &#187;&lt;/i&gt; L'avocat pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; C'est du tabac, madame la pr&#233;sidente. &#8211; En tous cas vous avez heurt&#233; le policier. &#8211; C'est lui qui m'a mis un coup de pied dans le scooter ! Y a m&#234;me la trace de la Ranger ! &#8211; Bon, vous faites quoi dans la vie, monsieur ? &#8211; Un CAP de vente alimentaire. &#8211; Et &#231;a se passe bien ? &#8211; Oui, j'ai 14,3 de moyenne. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate du policier plaide : &lt;i&gt;&#171; Les fonctionnaires de police ne sont pas des brutes, ils ne vont pas mettre en danger volontairement le scooter ! Le fonctionnaire de police ne s'est pas mis en arr&#234;t de travail parce qu'ils sont en sous-effectif, mais il se retrouve coinc&#233; au poste et ne peut pas intervenir au secours de ses coll&#232;gues. C'est profond&#233;ment d&#233;sagr&#233;able. Je demande 1 100 euros au titre du pr&#233;judice moral. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Cela ne manque pas de nous interpeller sur la difficult&#233; du m&#233;tier de policier &#224; Marseille et j'attends une r&#233;ponse tr&#232;s ferme. J'ai regard&#233; attentivement M. F. pendant que vous l'interrogiez, et &#231;a n'engage que moi mais je ne l'ai pas senti tout &#224; fait &#224; l'aise, regardant un coup &#224; gauche, un coup le plafond, un coup ses chaussures. Compte tenu de son jeune &#226;ge et de son immaturit&#233;, il a sans doute du mal &#224; tenir la posture qu'il a adopt&#233;e en niant les faits. Les v&#233;rifications ont &#233;t&#233; faites sur le scooter, il n'y a pas de trace de Ranger. Il est all&#233; en d&#233;tention hier, je crois qu'il a touch&#233; du doigt la r&#233;alit&#233;, l'important est que ce choc carc&#233;ral ait lieu, que ce soit pour 1 nuit, 1 semaine ou 1 mois, peu importe. Le principe de l'emprisonnement ferme pour des atteintes &#224; des fonctionnaires de police me semble fondamental. Je demande 8 &#224; 10 mois d'emprisonnement dont six assortis du sursis simple. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de F. intervient : &lt;i&gt;&#171; Contrairement &#224; monsieur le procureur, je n'ai pas vu dans la proc&#233;dure que la trace de Ranger avait &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;e. Pourquoi ? Et &#224; propos du certificat m&#233;dical : neuf jours d'ITT ! Le m&#233;decin r&#233;dige en &#233;crivant &#8220;il me dit que&#8221;, &#8220;&#224; la demande de l'int&#233;ress&#233;&#8221;&#8230; et les blessures n'ont &#233;t&#233; constat&#233;es que le lendemain&#8230; Alors je comprends bien qu'il faille prot&#233;ger les forces de l'ordre, mais quand m&#234;me, huit &#224; dix mois dont six assortis du sursis simple ! La version des faits de M. F. s'oppose &#224; celle d'un policier, asserment&#233; il est vrai, mais tout ce qu'on peut lui reprocher au final c'est d'avoir transport&#233; deux mineurs sans casque. &#187;&lt;/i&gt; F. prend deux mois avec sursis, 475 euros pour le pr&#233;judice moral et 300 euros d'amende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Et je reste poli ! &#187;</title>
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&lt;p&gt;MARSEILLE, COMPARUTION IMM&#201;DIATE. Le hall du tribunal est rempli d'une foule patiente : des pr&#233;venus, des familles, des amis. La 8e chambre est pleine,mais personne n'est l&#224; pour A., un jeune homme maigre qui &#233;coute la juge depuis le box : &#171; Les policiers notent un v&#233;hicule qui bloque la circulation. Alors que vous pr&#233;tendez aller prendre les papiers, vous tentez de d&#233;marrer. Les policiers se jettent sur le frein &#224; main. Vous tentez de vous enfuir. Vous &#234;tes tr&#232;s agit&#233;. &#192; l'issue de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/IMMEDIATE" rel="tag"&gt;IMM&#201;DIATE&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARSEILLE&lt;/strong&gt;, COMPARUTION IMM&#201;DIATE. Le hall du tribunal est rempli d'une foule patiente : des pr&#233;venus, des familles, des amis. La 8e chambre est pleine,mais personne n'est l&#224; pour A., un jeune homme maigre qui &#233;coute la juge depuis le box : &lt;i&gt;&#171; Les policiers notent un v&#233;hicule qui bloque la circulation. Alors que vous pr&#233;tendez aller prendre les papiers, vous tentez de d&#233;marrer. Les policiers se jettent sur le frein &#224; main. Vous tentez de vous enfuir. Vous &#234;tes tr&#232;s agit&#233;. &#192; l'issue de cette sc&#232;ne, vous vous retrouvez &#224; plat ventre sur le si&#232;ge avant. Les quatre policiers vont avoir plusieurs jours d'ITT. Il appara&#238;t ensuite que la voiture a une fausse immatriculation, et qu'elle a &#233;t&#233; vol&#233;e en 2009 sur le port autonome, parmi un lot de voitures neuves. &#187;&lt;/i&gt; Un tr&#232;s jeune agent est charg&#233; de surveiller le public. Il est poli avec tout le monde, il a l'air d&#233;bord&#233; et inquiet. A. essaye de se d&#233;fendre : &lt;i&gt;&#171; Je reconnais l'interpellation qui a &#233;t&#233; tr&#232;s violente. Le policier a cru que j'allais d&#233;marrer, il s'est agit&#233; sur moi, il m'a frapp&#233; devant les commer&#231;ants ! Je leur ai rien fait &#224; ces messieurs. J'&#233;tais en panique, moi. &#187;&lt;/i&gt; Le policier derri&#232;re A. lui jette des regards furieux. &lt;i&gt;&#171; Vous donnez votre version, mais comment expliquez-vous que les versions de tous les policiers concordent,et qu'ils expliquent que vous avez d&#233;marr&#233; ? Comment nous expliquez-vous les blessures constat&#233;es sur les fonctionnaires de police ? &#8211; Ils m'ont tellement molest&#233; ce jour-l&#224;, Madame la juge, qu'ils se sont bless&#233;s tout seuls. &#187;&lt;/i&gt; A. semble tr&#232;s nerveux. &lt;i&gt;&#171; Je les ai entendus dire, au commissariat :&#8220; Alors, tu vas demander combien d'ITT, toi ?&#8221; &#8211; Mais ce ne sont pas eux qui se mettent les ITT, monsieur ! &#8211; C'est ce qui s'est pass&#233;, c'est ce que j'ai vu ! &#8211; Je vais vous lire les rapports m&#233;dicaux : M. F. a eu un traumatisme du 4e doigt sans fracture, M. L. c'est au genou droit, M.D. un traumatisme au 3e doigt de la main droite, quatre jours d'ITT avec immobilisation, et M. R. des contractures cervicales douloureuses dans la rotation, apparemment, plus une plaie superficielle avec radiographie n&#233;cessaire. Et vous : contusions, h&#233;matomes, trois points de suture &#224; la main droite, abrasion du tibia. &#8211; En plus ils m'ont emmen&#233; tr&#232;s tard &#224; l'h&#244;pital, j'avais tout le sang s&#233;ch&#233; sur le visage ! &lt;/i&gt; &#187; Le policier derri&#232;re A. affiche un air goguenard. &lt;i&gt;&#171; Sur le fait que ce soit une voiture vol&#233;e, que pouvez-vous nous dire ? &#8211; Je suis pas au courant, c'est une personne qui me l'a pr&#234;t&#233;e ce soir-l&#224;, sachant que j'en avais besoin. &#8211; Qui &#233;tait cette personne ? &#8211; Je vais pas vous dire qui c'est ! &#8211; Alors, enqu&#234;te sociale rapide, je lis : &#8220;Il est sans emploi et sans revenu. Il souhaite trouver un emploi de magasinier. Sans adresse et sans permis de conduire, il est dans un &#233;tat de d&#233;s&#339;uvrement &#233;vident, mais il montre une grande dignit&#233; et insiste sur le fait qu'il n'est pas un marginal.&#8221; Vous avez 14 mentions au casier judiciaire : recel&#8230; refus d'obtemp&#233;rer&#8230; vol&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Pendant que la juge lit son casier, A. tousse, il est g&#234;n&#233;, met ses doigts sur ses l&#232;vres et a des tics nerveux. Le procureur, un homme au visage dur, se l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas accepter ces d&#233;n&#233;gations insolentes de monsieur qui parle d'interpellation violente. Il n'a toujours pas fl&#233;chi sous le coup des condamnations, mais ce qui est encore plus inacceptable, c'est le comportement de monsieur qui vient nous dire qu'il y a des choses inacceptables en vous parlant de violences polici&#232;res. Et je reste poli, parce que ce dossier me donne presque envie de vomir. L'assistante sociale parle de la dignit&#233; du pr&#233;venu, mais je voudrais bien voir la dignit&#233; de quelqu'un qui se comporte comme &#231;a avec des policiers qui sont des &#234;tres humains, des p&#232;res de famille, et pas encore des machines ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur fait des moues de d&#233;go&#251;t. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup de magistrats se sont cass&#233; les dents sur M. A. Je vous positionne sur une peine de quatre ans. &#187;&lt;/i&gt;
A. s'est tass&#233; dans le box. Le policier lui donne un coup sur l'&#233;paule, A. se rel&#232;ve, et se passe les mains sur la figure : il a le visage baign&#233; de larmes. Son avocate intervient : &lt;i&gt;&#171; M.A. est totalement en marge. Il n'a pas les bons r&#233;flexes au sein de cette soci&#233;t&#233;, ni les bons r&#233;flexes vis-&#224;-vis des policiers. Il n'a connu que les copains de cellule, qui ne sont pas forc&#233;ment des gens tr&#232;s convenables. &#187;&lt;/i&gt; A. est condamn&#233; &#224; une peine plancher de deux ans dont un avec sursis. Les policiers l'entra&#238;nent hors du box, il pleure, il a l'air d'avoir peur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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