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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Revenir &#224; Noailles</title>
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		<dc:creator>Dominique Carpentier</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne causa huit morts, comme autant de marques ind&#233;l&#233;biles sur le quartier de Noailles. Mais la secousse n'en finit pas de toucher les habitants du Marseille populaire, expuls&#233;s comme des fautifs de leur logement insalubre, apr&#232;s des ann&#233;es d'inertie municipale. T&#233;moignage d'un habitant nostalgique du foisonnement de son immeuble, Tour de Babel d&#233;cr&#233;pite. Mars 2019. Voil&#224; deux mois d&#233;j&#224; que nous avons &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s. Un matin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Biscarrat" rel="tag"&gt;Caroline Biscarrat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble" rel="tag"&gt;l'immeuble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne causa huit morts, comme autant de marques ind&#233;l&#233;biles sur le quartier de Noailles. Mais la secousse n'en finit pas de toucher les habitants du Marseille populaire, expuls&#233;s comme des fautifs de leur logement insalubre, apr&#232;s des ann&#233;es d'inertie municipale. T&#233;moignage d'un habitant nostalgique du foisonnement de son immeuble, Tour de Babel d&#233;cr&#233;pite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;82&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/-1183-cdc3d.jpg?1782962110' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dans l'immeuble en question. Noailles, Marseille, 2019. Photo Caroline Biscarrat
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;ars 2019. Voil&#224; deux mois d&#233;j&#224; que nous avons &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s. Un matin de janvier, pompiers, policiers, experts, membres du syndic, agents municipaux ainsi qu'une poign&#233;e de propri&#233;taires nous ont donn&#233; une heure pour ramasser nos effets personnels et quitter l'immeuble &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but avril 2019, plus de 2 400 personnes avaient ainsi &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une panique savamment orchestr&#233;e, nous nous croisions dans les escaliers mena&#231;ants. Les minibus du Samu social nous attendaient pour nous conduire dans diff&#233;rents h&#244;tels. Nous enfournions sacs mal ficel&#233;s, cabas et valises dans les coffres. Le fils de ma voisine du dessus, autiste, avait perdu de vue sa m&#232;re. Il se pr&#233;cipita dans le v&#233;hicule o&#249; j'avais pris place. Il s'accrochait &#224; moi en hurlant. J'&#233;tais son seul rep&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vie suspendue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux mois se sont &#233;coul&#233;s et je retrouve l'immeuble dans lequel j'ai v&#233;cu durant quinze ans, qu'une poign&#233;e d'ouvriers sont charg&#233;s de remettre en &#233;tat. Les gravats des plafonds d&#233;fonc&#233;s se sont r&#233;pandus sur les meubles. Le plus choquant, c'est cette impression que tout s'est arr&#234;t&#233;, fig&#233; par cet exil forc&#233;. Certains ont fui sans m&#234;me avoir eu le temps de faire la vaisselle. Il y a plein d'objets du quotidien, des traces d'une vie soudain suspendue. Et pourtant avant cette glaciation d&#233;cid&#233;e par arr&#234;t&#233; municipal, les lumi&#232;res faisaient de ce lieu une sorte de foisonnement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier &#233;tage, une femme originaire du Cap-Vert vivait seule avec son fils handicap&#233;. Mais il y avait toujours du monde chez elle. Maria me h&#233;lait pour l'aider &#224; remplir des papiers auxquels elle ne comprenait rien. En &#233;change, elle m'offrait un verre de ce rhum arrang&#233; qui me fracassait la t&#234;te d&#232;s dix heures du matin. Elle m'invitait souvent &#224; des f&#234;tes o&#249; je me retrouvais le seul Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face de chez elle, une succession de locataires a d&#233;fil&#233;. Il y eut d'abord cette famille mouride, une confr&#233;rie musulmane du S&#233;n&#233;gal, tr&#232;s ax&#233;e sur le commerce et qui ach&#232;te &#224; vil prix des gadgets en Italie, qu'elle revend &#224; la sauvette. Et puis, venues du Portugal, des ni&#232;ces de Maria prirent leur place, jusqu'&#224; cette famille qui donna au lieu des allures de bonbonni&#232;re. Elle n'&#233;chappa pas &#224; l'expulsion ni au marteau piqueur, qui martyrisera la d&#233;coration joyeuse qui faisait &#233;clater les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marchands de pain et de sommeil&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au deuxi&#232;me &#233;tage, les familles qui se sont succ&#233;d&#233; &#233;taient toutes originaires du Maghreb. Le moment du ramadan &#233;tait une f&#234;te. En &#233;change de quelques services, d'&#233;changes et d'informations, la porte &#233;tait toujours ouverte et la table garnie. Dora, une petite fille aux yeux p&#233;tillants, ses deux fr&#232;res et sa maman furent les derniers occupants de cet appartement dont le propri&#233;taire poss&#233;dait des dizaines de taudis dans le quartier. Le boulanger ! Outre le fait que son pain est infect, il m&#232;ne son personnel &#224; la baguette (d&#233;formation professionnelle ?). Surtout, il devient facilement mena&#231;ant quand ses locataires rechignent &#224; payer leur loyer &#8211; &lt;i&gt;sous pr&#233;texte&lt;/i&gt; d'une fuite d'eau, d'un plancher qui s'effondre, d'un plafond dont les plaques de pl&#226;tre viennent s'&#233;craser sur le mobilier, de moisissures sur les murs ou encore du saturnisme dont souffre le petit dernier, en raison des peintures au plomb jamais remplac&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le palier d'en face, une famille de trois g&#233;n&#233;rations, compos&#233;e de six personnes, occupait un espace minuscule. Le p&#232;re quittait le domicile t&#244;t le matin. Je ne le rencontrais qu'occasionnellement, mais depuis l'effondrement du 5 novembre, il &#233;tait inquiet. &#171; &lt;i&gt;S'ils ne font rien, nous subirons bient&#244;t le m&#234;me sort. Je travaille dans le b&#226;timent et je ne suis pas tranquille dans cet immeuble. &lt;/i&gt; &#187; D&#233;sormais un immense poste de t&#233;l&#233;vision tr&#244;ne esseul&#233; dans ce qui fut &#224; la fois le salon, la salle &#224; manger et une chambre am&#233;nag&#233;e. Quelques sacs &#233;normes reposent &#224; m&#234;me le plancher : ce qu'on n'a pas pu r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me &#233;tage, Setti &#233;tait l'historique de l'immeuble. Elle habitait ici depuis plus d'un quart de si&#232;cle. Elle a vu les locataires se succ&#233;der, les fuites d'eau lui pourrir la vie, l'habitat se d&#233;grader... Volontaire, elle n'a jamais cess&#233; de r&#233;clamer ses droits aupr&#232;s des autorit&#233;s, rest&#233;es sourdes malgr&#233; ses nombreuses relances. Lorsqu'elle s'absentait pour l'Alg&#233;rie, je lui rendais de menus services. &#192; son retour, elle me faisait toujours des cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'appartement de l'autre c&#244;t&#233; de mon palier, il y eut toujours une sorte de myst&#232;re. Il appartenait au pizzaiolo officiant au rez-de-chauss&#233;e. Si le pain du boulanger &#233;tait particuli&#232;rement mauvais, les pizzas de son voisin lui faisaient concurrence. La p&#226;te &#233;tait molle et la garniture sortait d'&#233;normes bo&#238;tes de conserve peu rago&#251;tantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a jamais vraiment eu de locataire fixe. Plut&#244;t un d&#233;fil&#233; d'hommes c&#233;libataires, souvent jeunes, qui n'occupaient les lieux que quelques nuits. Il en fut ainsi d'un colosse blond que je pris pour un travailleur d&#233;tach&#233; venu des pays de l'Est. On se saluait sans autre forme de politesse. Un soir un &#233;norme vacarme se produisit. L'homme martelait la porte de grands coups de pieds. Le mur de la cage d'escalier tremblait. La porte ne c&#233;da pas, mais son chambranle vola en &#233;clat. Les briques et le pl&#226;tre form&#232;rent un trou b&#233;ant. Le g&#233;ant p&#233;n&#233;tra dans ce qui fut un moment son refuge. &#171; &lt;i&gt;Ce salaud m'a confisqu&#233; la cl&#233; et j'ai toutes mes affaires &#224; l'int&#233;rieur ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne revis jamais cet homme, pas plus qu'aucun autre locataire. Mais &#224; partir de cet incident, le pizzaiolo entreprit des travaux qui fragilis&#232;rent un peu plus &#224; la fois mon appartement &#8211; mitoyen &#8211; et celui de Setti, situ&#233; juste en dessous.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;g&#226;ts &#224; tous les &#233;tages&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me et dernier &#233;tage est sans doute celui qui fourmille le plus d'anecdotes. Au moment de mon installation, il &#233;tait occup&#233; par une famille comorienne. Le p&#232;re travaillait dans la cuisine d'un restaurant touristique du Vieux-Port. Ses conditions de travail &#233;taient indignes, ses heures &#233;lastiques et son salaire d&#233;risoire. La m&#232;re restait souvent seule &#224; la maison pour s'occuper des quatre enfants en bas &#226;ge. Seul l'a&#238;n&#233;, Issac, &#233;tait scolaris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un midi, je croisai Issac qui pleurait dans les escaliers. Sa maman avait oubli&#233; d'aller le chercher &#224; l'&#233;cole. Petit bout d'&#224; peine plus de six ans, il ne savait pas quoi faire ni o&#249; aller alors que l'&#233;cole ne reprenait qu'&#224; 13 h 30. Issac, mon fils L&#233;o et moi avons partag&#233; le repas. Les larmes avaient s&#233;ch&#233; et une grande complicit&#233; &#233;tait n&#233;e entre nous. C'est donc avec une sorte de d&#233;chirement que j'assistai &#224; leur d&#233;m&#233;nagement dans un appartement plus grand &#224; un saut de puce de l&#224;, rue du Mus&#233;e. On se revoit de loin en loin. Issac est devenu un grand jeune homme au sourire toujours charmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une famille s&#233;n&#233;galaise s'installa &#224; leur place. Il n'y avait pas de p&#232;re. Juste une femme et ses deux filles. Je croisais souvent cette voisine pour remplir des constats &#8211; les inondations du plafond de ma cuisine se faisant r&#233;currentes au point que mon assurance se lassa de devoir payer les d&#233;g&#226;ts des eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles partirent &#224; la fin de 2016, rapidement remplac&#233;es par une autre famille venue d'Alg&#233;rie. En janvier 2017, j'entendis les cris de la m&#232;re au-dessus de ma t&#234;te. Son fils, autiste, venait de traverser le plancher de la cuisine. On appela les pompiers qui assur&#232;rent le relogement de la famille, le temps que le propri&#233;taire fasse les r&#233;parations. Ce fut le d&#233;but de notre longue descente aux enfers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 mai 2018, un premier arr&#234;t&#233; constatant l'insalubrit&#233; de l'immeuble fut pris par la mairie, mettant en demeure le syndic de proc&#233;der &#224; des travaux dans les parties communes dans un d&#233;lai de deux mois. Il resta sans r&#233;ponse jusqu'au drame de la rue d'Aubagne, le 5 novembre. On assista alors au d&#233;fil&#233; des sp&#233;cialistes, et m&#234;me du syndic sur lequel on put enfin mettre un visage. Le 27 d&#233;cembre, un message des pompiers m'intimait l'ordre d'ouvrir mon logement. En voyage, loin de Marseille, je ne r&#233;pondis pas &#224; cette injonction... Ce fut le dernier message avant notre &#233;vacuation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dominique Carpentier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La police tue, la justice tra&#238;ne : Zineb Redouane, notre d(r)ame&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, jour de manifestation contre le logement indigne &#224; Marseille, Zineb Redouane s'est &#233;teinte le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l'ind&#233;cent d&#233;ni politique autour des causes de sa mort.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Marseille-la-mairie-s-effondre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Urbanisme et catastrophe : &#224; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le m&#233;pris. &#192; l'effroi a succ&#233;d&#233; la col&#232;re. Et un constat qui se propage : l'injustice n'a que trop dur&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vent-de-panique-effet-d-aubaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vent de panique, effet d'aubaine&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Et si la catastrophe de Noailles permettait &#224; la mairie de Marseille de r&#233;aliser enfin la gentrification massive dont elle r&#234;ve ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;but avril 2019, plus de 2 400 personnes avaient ainsi &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es &#224; la va-vite depuis le 5 novembre 2018. Leur prise en charge s'est ensuite souvent r&#233;v&#233;l&#233;e d&#233;faillante [&lt;i&gt;NDLR&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>AureaSocial : fleur de tous les possibles</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/AureaSocial-fleur-de-tous-les</link>
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		<dc:date>2014-06-03T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Ana</dc:subject>
		<dc:subject>int&#233;grale</dc:subject>
		<dc:subject>l'immeuble sis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Espagne &#224; terre &#233;conomiquement, quelques centaines d'utopistes occupent un immeuble &#224; Barcelone esp&#233;rant en faire le point de d&#233;ploiement de structures autog&#233;r&#233;es : les coop&#233;ratives int&#233;grales. Conjuguant imagination et lucidit&#233; politique, ils exp&#233;rimentent et posent les jalons de nouveaux rapports humains. Quand on passe devant la fa&#231;ade de l'immeuble sis au 262 de la rue Sardenya, &#224; Barcelone, on ne se doute pas de ce qu'on va trouver &#224; l'int&#233;rieur. &#192; quelques encablures, l'inachev&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble" rel="tag"&gt;l'immeuble&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sagrada-Familia" rel="tag"&gt;Sagrada Fam&#237;lia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antoni-Gaudi" rel="tag"&gt;Antoni Gaudi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ana" rel="tag"&gt;Ana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/integrale" rel="tag"&gt;int&#233;grale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble-sis" rel="tag"&gt;l'immeuble sis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne &#224; terre &#233;conomiquement, quelques centaines d'utopistes occupent un immeuble &#224; Barcelone esp&#233;rant en faire le point de d&#233;ploiement de structures autog&#233;r&#233;es : les coop&#233;ratives int&#233;grales. Conjuguant imagination et lucidit&#233; politique, ils exp&#233;rimentent et posent les jalons de nouveaux rapports humains.&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec l'aide de Nectar pour la traduction.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on passe devant la fa&#231;ade de l'immeuble sis au 262 de la rue Sardenya, &#224; Barcelone, on ne se doute pas de ce qu'on va trouver &#224; l'int&#233;rieur. &#192; quelques encablures, l'inachev&#233;e Sagrada Fam&#237;lia, basilique au baroque d&#233;jant&#233; imagin&#233;e par l'architecte Antoni Gaudi, &#233;lance ses fl&#232;ches vers un ciel plomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH341/p16-bertoyas-d76ca.jpg?1782648406' width='400' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On entre dans l'immeuble de la coop&#233;rative. En ce samedi 29 mars, l'endroit est ferm&#233; au &#171; public &#187; ; seuls quelques militants s'y activent. En semaine la donne est diff&#233;rente. &#171; &lt;i&gt;Il y a des jours o&#249; il y a six, sept activit&#233;s ici ; des centaines de personnes viennent chaque semaine&lt;/i&gt;, indique Jos&#233;, militant anar d'origine andalouse. &lt;i&gt;On peut dire que &#231;a commence &#224; prendre une certaine ampleur. AureaSocial est le point de d&#233;part, le c&#339;ur de toute la Coop&#233;rative int&#233;grale catalane (CIC). &#192; partir d'ici, le r&#233;seau s'&#233;tend jusqu'&#224; l'ensemble de la p&#233;ninsule ib&#233;rique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le hall d'entr&#233;e, on est saisi par le design aseptis&#233; des lieux. &#171; &lt;i&gt;Le propri&#233;taire de l'immeuble voulait en faire un centre th&#233;rapeutique alternatif&lt;/i&gt;, explique Ana.&lt;i&gt; Entre les travaux de r&#233;novation et le prix d'achat du b&#226;timent, l'homme a d&#233;pens&#233; quatre millions d'euros.&lt;/i&gt; &#187; Incapable de faire face &#224; ses dettes, l'homme &#233;tait sur le point de voir les banquiers faire main-basse sur son bien. La suite vire au romanesque. Nous sommes en 2011, depuis le 15 mai (15-M), les &#171; indign&#233;s &#187; espagnols occupent la Puerta del Sol &#224; Madrid et accessoirement le devant de la sc&#232;ne mondiale contestataire. Le Catalan &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vers-une-internationale-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enric Duran&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enric vit dans la clandestinit&#233; depuis un an, estimant que les conditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; , apr&#232;s avoir d&#233;lest&#233; en douceur une quarantaine de banques d'environ 500 000 euros entre 2006 et 2008, porte le projet de mettre sur pied une coop&#233;rative int&#233;grale, espace autogestionnaire voulu comme une transition post-capitaliste. Sortir les gens du carcan &#233;tatique et des griffes des banquiers, tisser entre eux un nouveau maillage &#233;conomico-social solidaire, le d&#233;fi est de taille. Le propri&#233;taire de l'immeuble a vent du projet et pr&#233;f&#232;re alors louer le b&#226;timent &#224; une poign&#233;e d'utopistes plut&#244;t que de le voir confisqu&#233; par les banques. On passe sur les in&#233;vitables p&#233;rip&#233;ties judiciaires. Le 19 mars 2014, le juge de premi&#232;re instance a fini par confirmer la l&#233;galit&#233; du contrat de location. Petite victoire, temps de r&#233;pit. Jusqu'&#224; la suite : l'immeuble a &#233;t&#233; mis en vente pour un montant de 600 000 euros et la CIC a lanc&#233; un processus d'acquisition collective par le biais d'une &#233;mission de bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rez-de-chauss&#233;e, Ana s'arr&#234;te devant une fleur. Une grande fleur en papier m&#226;ch&#233; coll&#233;e au mur et orn&#233;e de p&#233;tales multicolores. Si on veut comprendre la coop&#233;rative int&#233;grale, si on veut cerner les arrogantes ambitions du peuple d'AureaSocial, alors il faut comprendre la fleur. Prenez un humain de nos soci&#233;t&#233;s contemporaines, isolez l'ensemble des activit&#233;s et besoins qui segmentent sa vie et vous approcherez la cosmogonie de la fleur. Sant&#233;, &#233;ducation, alimentation, communication, v&#234;tements, num&#233;rique, r&#233;habilitations d'appartement, vie collective, etc. Tout y est. Ana : &#171; &lt;i&gt;Quand on a con&#231;u le logo d'AureaSocial, on a choisi une fleur dont chaque p&#233;tale repr&#233;senterait un domaine d'intervention de la coop&#233;rative. Au centre, nous avons le c&#339;ur : l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se r&#233;unit mensuellement et fonctionne de mani&#232;re horizontale. Nous sommes &#224; peu pr&#232;s 2 000 adh&#233;rents. C'est au cours de cette assembl&#233;e que se prennent les d&#233;cisions d'ordre g&#233;n&#233;ral qui vont aller irriguer les diff&#233;rents p&#233;tales. Ici, il y a la banque &#233;thique. L&#224;, ce sont les bureaux li&#233;s &#224; la sant&#233; dont nous avons aussi une vision &#8220;int&#233;grale&#8221;, c'est-&#224;-dire surtout pr&#233;ventive. On essaie de faire en sorte que les gens g&#232;rent eux-m&#234;mes leur sant&#233;. L&#224;, c'est le bureau o&#249; s'&#233;labore le manuel de d&#233;sob&#233;issance &#233;conomique. &lt;/i&gt; &#187; Extrait de la version 2013 de l'opuscule : &#171; &lt;i&gt;Actuellement, beaucoup de personnes sont en situation d'insolvabilit&#233;, certaines par choix id&#233;ologique, la majorit&#233; subissant cet &#233;tat. Au moment o&#249; nous sommes des millions de mauvais payeurs, c'est en nous regroupant en tant que d&#233;biteurs que nous pourrons cesser d'&#234;tre mal vus.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous pr&#233;senterons ici l'insolvabilit&#233; comme un outil de transformation sociale. Si tu veux en &#234;tre, voici ce qu'il te faut savoir&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p16-aureasocial_-8f1e3.jpg?1782643802' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'immeuble d'AureaSocial s'&#233;tale sur 2 500 m&#232;tres carr&#233;s. Un labyrinthe aux allures de ruche. Des bureaux partout, o&#249; se pense et s'&#233;labore une mise en pratique concr&#232;te des id&#233;es port&#233;es par la CIC. Ceux qui s'impliquent dans la coop&#233;rative int&#233;grale ne font que &#231;a. L'engagement, on nous le fait comprendre, est lui-m&#234;me int&#233;gral tant sont vastes les chantiers en cours. Avant de rejoindre la coop&#233;rative, Ana enseignait le graphisme : &#171; &lt;i&gt;J'ai connu la coop&#233;rative int&#233;grale &#224; travers Enric Duran, il y a trois ans. Le personnage m'a plu, notamment son action d'exproprier les banques. &#192; l'&#233;poque, il m'a expliqu&#233; le processus de la coop&#233;rative. Ce qui m'a convaincu, c'est de m'impliquer dans un mouvement constructif qui nous sortait de la simple protestation. Je suis venue ici il y a un an et demi et peu de temps apr&#232;s, j'ai rejoint la commission communication. Gr&#226;ce &#224; mes connaissances graphiques, j'ai pu travailler sur le &lt;a href=&#034;http://www.cooperativaintegral.cat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site web&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &#187; On passe devant la cuisine, puis la cr&#232;che o&#249; les parents peuvent laisser leurs enfants le temps de leur participation aux diff&#233;rentes activit&#233;s. Rigoureuse utilisation de l'espace, comme si rien n'avait &#233;t&#233; laiss&#233; au hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le toit, une terrasse. Les potagers pr&#233;sents ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s lors d'une journ&#233;e sur la permaculture. &#171; &lt;i&gt;Notre but est de tendre vers la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne notre guide sur le ton de la d&#233;sarmante &#233;vidence. En quelques mots : une production locale, de pr&#233;f&#233;rence biologique, avec des circuits courts, le tout coordonn&#233; par le CAC (Central de Abastecimiento Catalana &#8211; centre de ravitaillement catalan). La t&#234;te prise dans un certain tournis, on regarde la fa&#231;ade des immeubles qui entourent la terrasse d'AureaSocial : les voisins du 262, rue de la Sardenya ont-ils conscience de l'ampleur de ce qui s'exp&#233;rimente ici ? On redescend. Premier &#233;tage. Kapo, hackeur de son &#233;tat, et Daniel, ancien &#233;tudiant en sciences politiques, nous rejoignent. On croyait avoir fait le tour de la question. Pas tout &#224; fait. Reste &#224; aborder la question du nerf de la guerre. L'argent. Sur le site de la coop&#233;rative, il est question d'une banque &#233;thique. C'est quoi &#231;a ? &#171; &lt;i&gt;Un oxymore !&lt;/i&gt; &#187;, plaisante Ana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel a quitt&#233; Grenade pour rejoindre la coop&#233;rative barcelonaise : &#171; &lt;i&gt;Une banque peut &#234;tre &#233;thique dans la mesure o&#249; elle fonctionne sans int&#233;r&#234;ts. Depuis le 15-M, on a mis en place une structure qui collecte l'&#233;pargne pour financer des projets sociaux. La banque &#233;thique part du principe que les gens ne doivent pas payer pour qu'on conserve leur argent, de m&#234;me lorsque quelqu'un demande un pr&#234;t pour un projet, il n'a pas &#224; payer d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/i&gt; &#187; Nom de l'Ovni : CASX [prononcer Cash] pour Cooperativa d'Autofinan&#231;ament Social en Xarxa (R&#233;seau de coop&#233;ratives d'autofinancement social). Sur la table tra&#238;nent quelques exemplaires de &lt;i&gt;Rebelaos !&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Rebellez-vous !&lt;/i&gt;), journal gratuit tir&#233; &#224; 500 000 exemplaires. &#192; la page 18 de ce br&#251;lot sont d&#233;taill&#233;s la logique et le fonctionnement de la CASX et notamment comment les fonds r&#233;cup&#233;r&#233;s servent &#224; faire tourner des projets en cours quand d'autres viendront financer de nouvelles initiatives d'autogestion. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde peut pr&#233;senter un projet ou participer &#224; l'&#233;valuation du projet dans la commission &#233;conomique&lt;/i&gt;, poursuit Daniel.&lt;i&gt; L'assembl&#233;e est ouverte. En d&#233;but de r&#233;union, on dit combien d'argent il reste, combien a &#233;t&#233; investi, combien de projets sont en cours. On fournit toute information sur l'argent d&#233;tenu par les adh&#233;rents. On a m&#234;me des gens qui viennent nous voir car ils sont surendett&#233;s et rejet&#233;s par les banques traditionnelles.&lt;/i&gt; &#187; Mettant les points sur les derniers i, Ana conclut : &#171; &lt;i&gt;Notre objectif est de cr&#233;er un syst&#232;me compl&#232;tement en marge du syst&#232;me capitaliste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre bout de la table, Kapo sort de son mutisme et nous taquine : &#171; &lt;i&gt;Vous connaissez bitcoin ?&lt;/i&gt; &#187; N'&#233;tant plus &#224; &#231;a pr&#232;s, on laisse le hackeur d&#233;tailler par le menu cet &#233;ni&#232;me projet sur lequel il travaille. &#171; &lt;i&gt; Bitcoin est un syst&#232;me de monnaie virtuelle qui permet de faire des transactions sur Internet sans passer par les banques. Les transactions se font sans interm&#233;diaire. Ce qui nous int&#233;resse au niveau de la coop&#233;rative, c'est le fait que personne ne peut avoir le contr&#244;le du r&#233;seau. C'est l'ensemble des participants qui constituent le service&lt;/i&gt;. &#187; Si actuellement cette crypto-monnaie est plut&#244;t l'apanage de la mouvance &#171; libertarienne &#187;, quelques cerveaux de la CIC voient dans cette monnaie &#171; horizontale &#187; une nouvelle br&#232;che dans laquelle phosphorer. On quitte l'immeuble d'AureaSocial sur un &#233;trange nuage, qui jure avec ce fatalisme ambiant que d'aucuns voudraient couler en chape de plomb sur la vieille Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, une &#233;ni&#232;me et monstrueuse manifestation contre la r&#233;gression sociale part de la place de Catalogne. H&#233;licopt&#232;re en maraude, flics en tenue anti-&#233;meute, fumig&#232;nes : le d&#233;cor est plant&#233;. Perch&#233; sur le balcon de l'h&#244;tel quatre &#233;toiles Gran Hotel Havana, un couple de bourgeois regarde cet interminable d&#233;fil&#233;. Avant de se calfeutrer derri&#232;re le double-vitrage de leur fen&#234;tre. Il est une classe pour laquelle il ne se passe rien &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;re (mauvaise) nouvelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embl&#233;matique squat barcelonais &lt;a href=&#034;http://gimenologues.org/spip.php?article605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Can Vies&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; violemment expuls&#233; le 26 mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est construit, vaillamment et patiemment par certains et certaines praticiens utopistes d'un c&#244;t&#233;, est attaqu&#233;, combattu et peut &#234;tre abattu par la force polici&#232;re de l'autre. Mais &#224; AureaSocial comme &#224; Can Vies, &#224; Notre Dame des Landes et ailleurs&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme, &#224; notre petite &#233;chelle, chez nous &#224; CQFD.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ils n'ont pas dit leurs derniers mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec l'aide de Nectar pour la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Enric vit dans la clandestinit&#233; depuis un an, estimant que les conditions impos&#233;es lors de son proc&#232;s ne lui permettait pas d'organiser sa d&#233;fense. Sur les 39 banques qu'il a escroqu&#233;es, huit ont port&#233; plainte et r&#233;clament jusqu'&#224; trente mille euros de d&#233;dommagements. Huit ans de prison ont &#233;t&#233; requis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme, &#224; notre petite &#233;chelle, chez nous &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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