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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Passe sanitaire : des bleus partout</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, &#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Avec le passe sanitaire, le gouvernement a transform&#233; des centaines de milliers de bistrotiers et autres personnes charg&#233;es d'accueillir du public en auxiliaires de police. Un nouveau type de flicage qui ne vient pas de nulle part. Fin ao&#251;t, Marseille, une heure du mat'. Jos&#233; * se pr&#233;sente aux deux chauffeurs du FlixBus cens&#233; le conduire vers le Sud-Ouest apr&#232;s des vacances en terre phoc&#233;enne. Il ne stresse pas, pense entrer easy. Il faut dire qu'il a men&#233; ces derniers jours un v&#233;ritable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanitaire-qu-il" rel="tag"&gt;sanitaire qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec le passe sanitaire, le gouvernement a transform&#233; des centaines de milliers de bistrotiers et autres personnes charg&#233;es d'accueillir du public en auxiliaires de police. Un nouveau type de flicage qui ne vient pas de nulle part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH322/-1859-6816b.jpg?1783134866' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Serge d'Ignazio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin ao&#251;t, Marseille, une heure du mat'. Jos&#233; * se pr&#233;sente aux deux chauffeurs du FlixBus cens&#233; le conduire vers le Sud-Ouest apr&#232;s des vacances en terre phoc&#233;enne. Il ne stresse pas, pense entrer &lt;i&gt;easy&lt;/i&gt;. Il faut dire qu'il a men&#233; ces derniers jours un v&#233;ritable marathon administratif pour &#234;tre en r&#232;gle. Atteint du Covid en mars, il a re&#231;u une premi&#232;re injection fin juillet, configuration suffisante pour obtenir le passe sanitaire. Sauf qu'il s'est vite rendu compte que le document re&#231;u mentionnait par erreur un imp&#233;ratif de deuxi&#232;me injection. Alors il a appel&#233;, appel&#233; et encore appel&#233; pour rectifier, en vain, balad&#233; de plateforme nationale en robots vocaux, Kafka mon gars. De guerre lasse, il a fait un test antig&#233;nique, histoire de ne pas &#234;tre emmerd&#233; pour son voyage. Sauf qu'il a mal calcul&#233; son coup, d&#233;passant d'un chou&#239;a les 72 heures l&#233;gales. R&#233;sultat, les chauffeurs du &lt;i&gt;flicbus&lt;/i&gt; sont inflexibles : il ne passera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, comme gris&#233;s par leurs nouvelles pr&#233;rogatives, ils se sentent pousser des z&#232;les confinant au racisme : &#171; &lt;i&gt;Juste &#224; c&#244;t&#233; de moi, &lt;/i&gt;raconte Jos&#233;, &lt;i&gt;il y avait un vieux Maghr&#233;bin avec son fils, et ils leur ont mal parl&#233;, moquant leur accent et leurs h&#233;sitations. Et puis il y avait aussi cette personne noire &#224; qui ils ont demand&#233; sa carte d'identit&#233;. Dans l'ensemble, ils s'exprimaient avec toute l'autorit&#233; et le p&#233;dantisme du pauvre gars &#224; qui t'accordes un peu de pouvoir. J'avais envie de leur dire &#8220;Mec t'es chauffeur, pas flic.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Quand vient son tour, la sc&#232;ne dure, tant Jos&#233; insiste, avec cafouillages sur un QR code &#171; illisible &#187; &#224; la cl&#233;, avant qu'il ne l&#226;che l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, quand le bus d&#233;marre, ils sont trois gal&#233;riens livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes sur le parvis de la gare, en pleine nuit. Pour Jos&#233;, c'est double peine, puisqu'il risque de se voir ray&#233; de P&#244;le Emploi et de perdre ses allocations, ne pouvant arriver &#224; temps &#224; un rendez-vous d&#233;terminant pour conserver ses droits. La totale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le virus de la guerre sociale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des histoires de ce genre, truff&#233;es d'absurde et de sourde violence, combien s'en d&#233;roule-t-il chaque jour en France ? Dans le r&#233;cit de Jos&#233;, on retrouve pas mal d'ingr&#233;dients du grand bordel r&#233;pressif contemporain que le passe sanitaire n'a fait qu'aggraver : ambiance pesante de surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, informatisation du monde &#224; marche forc&#233;e, quidams transform&#233;s en flics, d&#233;marches administratives infernales, pauvres et &#233;trangers cibl&#233;s en priorit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, ces deux chauffeurs de bus ne sont pas forc&#233;ment repr&#233;sentatifs. Et beaucoup des personnes amen&#233;es &#224; contr&#244;ler les passes ne sont pas du tout ravies de ce r&#244;le. Une large part refuse m&#234;me de s'y coller. C'est le cas de Julie *, une serveuse bretonne : &#171; &lt;i&gt;Le propre d'un bar, c'est de faire avec qui se pointe et d'int&#233;grer les gens, soit tout l'inverse de ce qu'on me demande en ce moment. L&#224; j'ai l'impression de devoir me transformer en un m&#233;lange entre videur et flic.&lt;/i&gt; &#187; Alors Julie biaise, indiquant &#224; ceux qui n'ont pas le passe sanitaire qu'il y a une sortie derri&#232;re le bar, fort pratique pour s'esquiver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'on voit avec un certain effroi s'intensifier des modes de surveillance et de contr&#244;le banalis&#233;s. Fin avril, Emmanuel Macron l'avait pourtant promis : le passe sanitaire &#171; &lt;i&gt;ne sera jamais un droit d'acc&#232;s qui diff&#233;rencie les Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. Il ajoutait qu'il &#171; &lt;i&gt;ne saurait &#234;tre obligatoire&lt;/i&gt; &#187; dans les restaurants, th&#233;&#226;tres ou cin&#233;mas. Il n'&#233;tait alors m&#234;me pas question des h&#244;pitaux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi que l'on pense de la vaccination, et o&#249; que l'on se situe dans l'&#233;pineux d&#233;bat qu'elle g&#233;n&#232;re entre libert&#233; individuelle et responsabilit&#233; collective, une constatation s'impose : depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, le gouvernement n'a cess&#233; de d&#233;fendre une conception coercitive de la sant&#233; publique, doubl&#233;e d'une persistante propension au mensonge et &#224; l'absurdit&#233;. Le tout reposant, qui plus est, sur une &#171; &lt;i&gt;r&#233;pression &#224; deux vitesses&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que le formulent Michel Lepesant et Aude Vidal dans un r&#233;cent texte&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Covid-19 : pas question de se sauver soi-m&#234;me, c'est ensemble qu'il faut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; rappelant que, d&#232;s le d&#233;but de la crise, les mesures sanitaires &#171; &lt;i&gt;ont &#233;t&#233; impos&#233;es avec plus de violence sur les classes pauvres que sur les classes ais&#233;es (de l'impossibilit&#233; du t&#233;l&#233;travail pour les derniers de cord&#233;e aux contr&#244;les tatillons du couvre-feu dans les &#8220;quartiers&#8221;)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indubitablement, le passe sanitaire s'inscrit dans ce mouvement. &#171; &lt;i&gt;La carte des plus faibles vaccinations recoupe celle de la pauvret&#233;, de la fracture num&#233;rique, de l'acc&#232;s aux services publics,&lt;/i&gt; &#233;crivait la D&#233;fenseure des droits Claire H&#233;don dans son avis du 20 juillet sur l'extension du passe. &lt;i&gt;Les nouvelles mesures comportent ainsi le risque d'&#234;tre &#224; la fois plus dures pour les publics pr&#233;caires et d'engendrer ou accro&#238;tre de nouvelles in&#233;galit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; risque d'accoutumance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cens&#233;e jouer les vigies face au d&#233;veloppement de nouvelles technologies liberticides, la Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s est g&#233;n&#233;ralement une championne du ti&#232;de. Mais le 6 ao&#251;t, elle n'a pu s'emp&#234;cher d'alerter sur &#171; &lt;i&gt;le risque d'accoutumance et de banalisation de tels dispositifs attentatoires &#224; la vie priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Et de craindre &#171; &lt;i&gt;un glissement, &#224; l'avenir, et potentiellement pour d'autres consid&#233;rations, vers une soci&#233;t&#233; o&#249; de tels contr&#244;les deviendraient la norme et non l'exception&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#251;r : le passe sanitaire normalise le contr&#244;le de tous par tous. Mais au vrai, des drones policiers &#224; la reconnaissance faciale en passant par le fichage biom&#233;trique de la population, de nombreux &#171; dispositifs attentatoires &#224; la vie priv&#233;e &#187; sont d&#233;j&#224; &#171; la norme &#187; ou en train de le devenir. En cause : sur fond d'apathie citoyenne, une app&#233;tence politicienne pour le contr&#244;le social et le d&#233;veloppement d'outils technologiques de surveillance bon march&#233;, n&#233;cessitant de moins en moins de main d'&#339;uvre (la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e par exemple). &#171; &lt;i&gt;La garantie des libert&#233;s publiques est aussi une question &#233;conomique&lt;/i&gt;, nous expliquait l'an pass&#233; F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de l'association de d&#233;fense des libert&#233;s num&#233;riques La Quadrature du Net. &lt;i&gt;Combien &#231;a co&#251;te de surveiller une personne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Combien de temps &#231;a prend&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Le fait que la surveillance soit compliqu&#233;e est une garantie en tant que tel&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vid&#233;osurveillance automatis&#233;e : on ne pourra plus faire un pet de travers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du passe sanitaire, la m&#234;me association pointe la responsabilit&#233; du QR code et du smartphone : &#171; &lt;i&gt;Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, &lt;/i&gt;lit-on dans un article&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pass sanitaire, quelle surveillance redouter ? &#187;, LaQuadrature.net (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; publi&#233; sur son site internet, &lt;i&gt;la majorit&#233; de la population fran&#231;aise (84 % en 2020) s'est &#233;quip&#233;e en smartphones munis d'un appareil photo et capables de lire des code-barres en 2D, tels que des codes QR. En parall&#232;le, l'administration s'est largement appropri&#233;e les outils que sont le code-barre en 2D et la cryptographie afin de s&#233;curiser les documents qu'elle d&#233;livre : avis d'imposition, carte d'identit&#233; &#233;lectronique&#8230;&lt;/i&gt; &#187; C'est la concomitance de ces deux ph&#233;nom&#232;nes qui a permis de confier &#224; des centaines de milliers de personnes &#171; &lt;i&gt;non-form&#233;es et non-pay&#233;es par l'&#201;tat [...] la mission de contr&#244;ler l'ensemble de la population &#224; l'entr&#233;e d'innombrables lieux publics, et ce, &#224; un co&#251;t extr&#234;mement faible pour l'&#201;tat puisque l'essentiel de l'infrastructure (les t&#233;l&#233;phones) a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; financ&#233; de mani&#232;re priv&#233;e par les personnes charg&#233;es du contr&#244;le&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;noncer le contr&#244;le sous tous ses avatars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte en t&#234;te, lutter contre le passe sanitaire &lt;i&gt;et son monde&lt;/i&gt; implique donc de s'attaquer &#233;galement &#224; ses racines, dans nos t&#233;l&#233;phones comme dans nos &lt;i&gt;smart cities&lt;/i&gt; (&#171; villes intelligentes &#187;) pleines de cam&#233;ras et de capteurs cens&#233;s les s&#233;curiser et rationaliser leur gestion. C'est d&#233;celer et d&#233;noncer l'accroissement de la surveillance et du contr&#244;le sous tous ses avatars, dans les entrailles du n&#233;olib&#233;ralisme triomphant et de l'&#201;tat qui le sert, plut&#244;t que chercher les monstres l&#224; o&#249; ils ne sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, ce n'est pas ce qui se d&#233;gage de bon nombre des tr&#232;s diverses manifestations anti-passe sanitaire, loin s'en faut. Cas particulier, mais certainement pas unique, la manifestation marseillaise du 28 ao&#251;t semblait ainsi davantage focalis&#233;e sur des revendications confuses, patriotes ou complotistes que sur une appr&#233;ciation objective de l'&#233;tau s&#233;curitaire. Au milieu des drapeaux fran&#231;ais, des pancartes fustigeant la vaccination, des appels &#224; sauver le soldat Raoult, des d&#233;nonciations du &#171; &lt;i&gt;nouvel ordre mondial satanique&lt;/i&gt; &#187; ou des &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt; prolong&#233;es de sonores &#171; &lt;i&gt;On est pas des moutons&lt;/i&gt; &#187;, les rares pancartes &#171; &lt;i&gt;Pass = surveillance de masse&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Non &#224; la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; paraissaient bien petites.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/La-democratie-sanitaire-c-est-quand&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Covid-19 : pas question de se sauver soi-m&#234;me, c'est ensemble qu'il faut lutter &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (02/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Videosurveillance-automatisee-on' class=&#034;spip_in&#034;&gt; Vid&#233;osurveillance automatis&#233;e : on ne pourra plus faire un pet de travers &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 184 (f&#233;vrier 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2021/08/19/passe-sanitaire-quelle-surveillance-redouter/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pass sanitaire, quelle surveillance redouter ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;LaQuadrature.net&lt;/i&gt; (19/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jos&#233; Mario Branco : plus vivant que jamais</title>
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		<dc:creator>Pedro Fidalgo</dc:creator>


		<dc:subject>Jos&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
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		<dc:subject>militant antifasciste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le chanteur et compositeur portugais Jos&#233; M&#225;rio Branco nous a quitt&#233;s le 19 novembre dernier, laissant une &#339;uvre musicale richissime dans un monde aux antipodes de celui dont il r&#234;vait. N&#233; &#224; Porto en 1942, Jos&#233; M&#225;rio Branco s'affirma, tr&#232;s jeune, comme militant antifasciste. S'opposant au r&#233;gime dictatorial de Salazar et aux guerres coloniales portugaises, il fut contraint de se r&#233;fugier en France. C'est donc en tant qu'exil&#233; qu'il participa aux agitations de Mai-68, avant d'enregistrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le chanteur et compositeur portugais Jos&#233; M&#225;rio Branco nous a quitt&#233;s le 19 novembre dernier, laissant une &#339;uvre musicale richissime dans un monde aux antipodes de celui dont il r&#234;vait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;&#233; &#224; Porto en 1942, Jos&#233; M&#225;rio Branco s'affirma, tr&#232;s jeune, comme militant antifasciste. S'opposant au r&#233;gime dictatorial de Salazar et aux guerres coloniales portugaises, il fut contraint de se r&#233;fugier en France. C'est donc en tant qu'exil&#233; qu'il participa aux agitations de Mai-68, avant d'enregistrer ses premi&#232;res chansons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Jos&#233; M&#225;rio Branco n'a jamais r&#233;ussi &#224; changer la soci&#233;t&#233;, il a r&#233;volutionn&#233; la musique portugaise en apportant une conception nouvelle des arrangements. Au Portugal, la production de disques se limitait jusque-l&#224; &#224; un enregistrement d'instruments s&#233;par&#233;s qui, une fois mix&#233;s, trouvaient un &#233;quilibre sonore qui d&#233;passait rarement la simple balance de niveaux entre instruments. Jos&#233; M&#225;rio Branco, lui, consid&#233;rera le travail de studio comme une vraie exp&#233;rience, y apportant notamment des ambiances sonores capt&#233;es en ext&#233;rieur. Son premier disque, &lt;i&gt;Mudam-se os Tempos, mudam-se as Vontades&lt;/i&gt; (&#171; Les temps ont chang&#233;, les volont&#233;s aussi &#187;), sorti en 1971, d&#233;bute ainsi par une captation de l'arriv&#233;e d'immigr&#233;s portugais et espagnols &#224; la gare d'Austerlitz &#8211; qui finit par fusionner avec un accord&#233;on m&#233;langeant une m&#233;lodie traditionnelle portugaise &#224; la musette fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois au Portugal, ceux qui ont r&#233;ussi &#224; recevoir clandestinement ses diff&#233;rents disques enregistr&#233;s au ch&#226;teau d'H&#233;rouville&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Val-d'Oise. C'est l&#224; aussi qu'a &#233;t&#233; enregistr&#233; le c&#233;l&#232;bre hymne de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont pu entendre des instruments nouveaux, tels des pioches d'ouvriers immigr&#233;s venant rythmer les paroles du titre &#171; Por terras de Fran&#231;a &#187; (&#171; Par les terres de France &#187;) sur l'album &lt;i&gt;Margem de Certa Maneira&lt;/i&gt; en 1972. Ce disque est un concentr&#233; d'influences diverses : d'une part les recueils de l'ethnomusicologue Michel Giacometti, d'autre part les chants engag&#233;s du compositeur communiste Fernando Lopes-Gra&#231;a, sans oublier des acc&#233;l&#233;rations et distorsions emprunt&#233;es au rock anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Musicalement, Jos&#233; M&#225;rio Branco n'h&#233;sitait pas &#224; d&#233;ranger et &#224; casser les conventions, par exemple en introduisant la contrebasse dans le fado, genre musical populaire de Lisbonne consid&#233;r&#233; comme intouchable par les traditionalistes. S'inspirant &#224; la fois de la culture populaire et de la vari&#233;t&#233;, il a toujours su se renouveler, s'inspirant du compositeur allemand Kurt Weil comme d'Eddy Mitchell, des coups de gueule de L&#233;o Ferr&#233; comme des symphonies de Maurice Ravel&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les plus curieux, on conseille les albums Mudam-se os tempos mudam-se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un semeur de graines&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute sa vie durant, le musicien resta un r&#233;sistant politique. En 1974, il retourna au Portugal en 1974 pour participer activement &#224; la r&#233;volution des &#338;illets en militant dans les milieux mao&#239;stes. Membre fondateur du Groupe d'action culturelle &#8211; Les Voix de la lutte, il rencontra alors la com&#233;dienne Manuela de Freitas via le groupe de th&#233;&#226;tre A Comuna (&#171; La Commune &#187;) et avec qui il mettra en sc&#232;ne plusieurs pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre brechtiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; M&#225;rio Branco ne faisait pas de la musique pour faire de la politique, mais consid&#233;rait son engagement comme une cons&#233;quence de sa condition d'artiste et musicien. Cependant, l'effervescence politique de l'&#233;poque, notamment durant la contre-r&#233;volution lib&#233;rale qui a amen&#233; &#224; l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie parlementaire en novembre 1975 au Portugal, a conduit &#224; beaucoup de ruptures et conflits politiques dont Jos&#233; M&#225;rio n'a pas &#233;t&#233; exon&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il a fini par se distancier de tout parti politique, nombre de formations essayent, depuis sa disparition, de se r&#233;approprier de fa&#231;on d&#233;complex&#233;e &#8211; pour ne pas dire d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#8211; l'importance sociale de son &#339;uvre. Des hommages qu'il aurait refus&#233;s s'il &#233;tait toujours en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus joyeux : les nouvelles g&#233;n&#233;rations musicales rock, kuduro et hip-hop portugaises s'inspirent aujourd'hui de Jos&#233; M&#225;rio Branco et le citent comme mod&#232;le, notamment pour un rap-fleuve compos&#233; en 1979 et qui s'intitule &#171; FMI &#187;. Mort, Jos&#233; M&#225;rio Branco ? Plus vivant que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pedro Fidalgo *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; * Cin&#233;aste et cor&#233;alisateur du documentaire &lt;i&gt;Changer de vie, la vie et l'&#339;uvre de Jos&#233; M&#225;rio Branco&lt;/i&gt; (2014, disponible en DVD sous-titr&#233; en fran&#231;ais ; pour se le procurer, &#233;crire &#224; l'adresse &lt;i&gt;mudardevidafilm[at]gmail[point]com&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le Val-d'Oise. C'est l&#224; aussi qu'a &#233;t&#233; enregistr&#233; le c&#233;l&#232;bre hymne de contestation portugais &#171; Gr&#226;ndola Vila Morena &#187; de Zeca Afonso.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour les plus curieux, on conseille les albums &lt;i&gt;Mudam-se os tempos mudam-se as vontades&lt;/i&gt; (1971), &lt;i&gt;Margem de Certa Maneira &lt;/i&gt;(1972), &lt;i&gt;A M&#227;e &lt;/i&gt;(1978), &lt;i&gt;Ser Solid&#225;rio&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Correspond&#234;ncias&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Resistir &#233; vencer &lt;/i&gt;(2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les oiseaux de mauvais augure</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-oiseaux-de-mauvais-augure</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-oiseaux-de-mauvais-augure</guid>
		<dc:date>2018-10-13T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Jos&#233; Vieira</dc:subject>
		<dc:subject>Jos&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>portugais</dc:subject>
		<dc:subject>Jos&#233; Vieira</dc:subject>
		<dc:subject>Roms</dc:subject>
		<dc:subject>Vieira</dc:subject>
		<dc:subject>Caddie</dc:subject>
		<dc:subject>Roms d'aujourd'hui</dc:subject>
		<dc:subject>d'o&#249; &#233;merge</dc:subject>
		<dc:subject>seconde zone</dc:subject>
		<dc:subject>Souvenirs d'un</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Souvenirs d'un futur radieux, le documentariste Jos&#233; Vieira esquisse une histoire commune des migrants et des bidonvilles en croisant son exp&#233;rience d'immigr&#233; portugais des ann&#233;es 1960 avec celle, actuelle, des Roms. Un &#233;tang de seconde zone d'o&#249; &#233;merge un Caddie. Non loin, un panneau rappelle na&#239;vement qu'il est interdit de s'y baigner. Des gamins Roms plongent dans l'eau vaseuse et font les zouaves devant la cam&#233;ra. Jos&#233; Vieira se rem&#233;more que lui aussi s'&#233;tait baign&#233; dans ce m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Souvenirs d'un futur radieux&lt;/i&gt;, le documentariste Jos&#233; Vieira esquisse une histoire
commune des migrants et des bidonvilles en croisant son exp&#233;rience d'immigr&#233; portugais
des ann&#233;es 1960 avec celle, actuelle, des Roms.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un &#233;tang de seconde zone d'o&#249; &#233;merge un Caddie. Non loin, un panneau rappelle na&#239;vement qu'il est interdit de s'y baigner. Des gamins Roms plongent dans l'eau vaseuse et font les zouaves devant la cam&#233;ra. Jos&#233; Vieira se rem&#233;more que lui aussi s'&#233;tait baign&#233; dans ce m&#234;me &#233;tang pourri dans les ann&#233;es 1960, alors qu'il n'&#233;tait qu'un gamin portugais immigr&#233; de fra&#238;che date.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L271xH200/-858-a2909.jpg?1782642184' width='271' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait de &#171; Souvenirs d'un futur radieux &#187;, par Jos&#233; Vieira
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est toujours la m&#234;me histoire. L&#224;-bas, d'o&#249; l'on vient, l'esp&#233;rance s'est fait la malle, et les gens n'ont pas d'avenir &#224; offrir &#224; leurs enfants &lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne-t-il. En filmant les habitants roms d'un bidonville de Massy, en banlieue parisienne, il rassemble, cam&#233;ra au poing, des fragments de son enfance pass&#233;e dans un bidonville construit sur la m&#234;me zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fuir et survivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Souvenirs d'un futur radieux&lt;/i&gt;, photos familiales de Portugais des &lt;i&gt;sixties &lt;/i&gt;et de Roms d'aujourd'hui entrent vertigineusement en &#233;cho. Les m&#234;mes trois barres d'immeubles servent d'horizon commun. Comme des tours de ch&#226;teau fort, elles repr&#233;sentent &#224; la fois un monde inatteignable et les temps f&#233;odaux. En Roumanie aujourd'hui comme au Portugal dans les ann&#233;es 1960, les immigr&#233;s des deux communaut&#233;s t&#233;moignent du manque quotidien de nourriture et du travail d'esclave pour le compte de gros seigneurs terriens. Tous ont quitt&#233; &#171; &lt;i&gt;un pays aux abois o&#249; seul le pass&#233; semblait pr&#233;sent &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix off des Portugais illustre par un parall&#232;le troublant le quotidien des Roms d'aujourd'hui. La d&#233;ception en arrivant en France, la construction d'une baraque en r&#233;cup', la corv&#233;e d'eau, les tr&#233;sors d'ing&#233;niosit&#233; et de bricole, la peur des incendies de baraquement. Et puis la boue. Envahissante, collante et froide. Jos&#233; Vieira se rappelle : &#171; &lt;i&gt;Lors des premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, je m'&#233;tais dit que l&#224;-haut il n'y avait pas de boue. &lt;/i&gt; &#187; Les Roms ressemblent ici &#224; de maladroits astronautes, arpentant clopin-clopant l'entrelacs bourbeux des baraques de t&#244;le. L'auteur cite alors les migrants sur les routes de Californie durant la Grande D&#233;pression. Il aurait pu tout aussi bien mentionner la &#171; jungle &#187; de Calais. &#171; &lt;i&gt;Toujours la m&#234;me histoire... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chercheurs de vie meilleure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Vieira trace ainsi une m&#233;moire commune des bidonvilles, qui se tisse depuis les conditions de vie mis&#233;rables au pays &#8211; obligeant de simples familles &#224; devenir des &#171; &lt;i&gt;chercheurs de vie meilleure &lt;/i&gt; &#187; &#8211; jusqu'aux pratiques de survie en marge des villes. Cette histoire souterraine prend &#233;galement forme gr&#226;ce &#224; des portraits de Roms. Des plans fixes d'habitants du bidonville agissent comme des miroirs face aux photos de famille de Jos&#233; Vieira prises &#224; l'&#233;poque devant leur baraquement de fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le rappelle le documentariste, &#171; &lt;i&gt;les immigr&#233;s sont des oiseaux de mauvais augure : ils apportent des mauvaises nouvelles du monde &lt;/i&gt; &#187;. Cette m&#233;moire partag&#233;e des migrants est &#233;galement &#233;maill&#233;e par les m&#234;mes expulsions muscl&#233;es, les m&#234;mes discours naus&#233;abonds des politiciens locaux et le m&#234;me m&#233;pris, entre racisme ordinaire, rackets et petites humiliations. Mais, pour le r&#233;alisateur, l'accord&#233;on du folklore portugais entre aussi en r&#233;sonance avec celui des chansons populaires roms. Car les f&#234;tes improvis&#233;es du dimanche, la joie d'&#234;tre malgr&#233; tout ensemble et l'humour sont autant de bou&#233;es de sauvetage pour s'&#233;chapper de ce marasme tout en boue et en t&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la cam&#233;ra, un jeune Rom joue ainsi au faux reporter. Avec un micro de fortune, il interroge son pote, hilare, qui se pr&#233;sente comme le directeur de l'usine de ferraille toute proche. Un autre se met dans la peau du maire du village. Le journaliste potache conclut : &#171; &lt;i&gt;C'est tout pour aujourd'hui. On fera un autre film quand les jours seront meilleurs ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Souvenirs d'un futur radieux &#187;, de Jos&#233; Vieira, 78 minutes, 2014.
Production &amp; distribution : Zeugma Film.
En DVD &#224; 17 euros.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e, voir un &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/131004075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;extrait du documentaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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