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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Femmes du jazz</title>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;La lecture, en tant qu'homme, de Femmes du jazz &#8211; Musicalit&#233;s, f&#233;minit&#233;s, marginalisations de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses sur le milieu du jazz fran&#231;ais &#8211; aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barri&#232;res qu'on impose sans y penser, les violences qu'on exerce par habitude. *** &#171; Je l'ai dit souvent et je le r&#233;p&#232;te : &#8220;O&#249; sont mes s&#339;urs ?&#8221; &#187; Jo&#235;lle L&#233;andre, contrebassiste *** Le point de d&#233;part de Marie Buscatto pourrait suffire : dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La lecture, en tant qu'homme, de &lt;i&gt;Femmes du jazz &#8211; Musicalit&#233;s, f&#233;minit&#233;s, marginalisations&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en 2008 aux &#233;ditions CNRS, puis r&#233;&#233;dit&#233; en 2018.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses sur le milieu du jazz fran&#231;ais &#8211; aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barri&#232;res qu'on impose sans y penser, les violences qu'on exerce par habitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-1193-c4baa.jpg?1782641314' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Je l'ai dit souvent et je le r&#233;p&#232;te : &#8220;O&#249; sont mes s&#339;urs ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;Jo&#235;lle L&#233;andre, contrebassiste&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; voix basse, entretiens avec Franck M&#233;dioni, &#233;d. MF, 2013.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e point de d&#233;part de Marie Buscatto pourrait suffire : dans le monde du jazz professionnel, de cette musique que l'on penserait plus libre que d'autres, seulement 8 % de femmes. Avec &#171; une double s&#233;gr&#233;gation &#187;. 1) horizontale &#8211; il y a des emplois masculins et des emplois f&#233;minins : les instrumentistes sont surtout des hommes (96 %), alors que les chanteur.se.s sont surtout des femmes (65 %). 2) verticale &#8211; ce sont les hommes qui font carri&#232;re, les femmes se dirigeant en majorit&#233; vers des emplois subalternes. Quand elles n'abandonnent pas le milieu, elles occupent finalement des r&#244;les de soutien (faire de la communication pour des artistes masculins, g&#233;rer les concerts et la carri&#232;re d'hommes, se charger des enfants). Si elles continuent &#224; jouer en amatrices, elles diversifient leurs revenus, en enseignant la musique ou en jouant dans d'autres registres &#8211; rock, vari&#233;t&#233;s, spectacles pour enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un d&#233;tour&lt;/strong&gt; par la musique classique, Buscatto valide le terme de &#171; s&#233;gr&#233;gation &#187; : des diff&#233;rences fond&#233;es non pas sur la qualit&#233; de la musique jou&#233;e, mais sur le genre. Aux &#201;tats-Unis, le nombre de femmes recrut&#233;es dans les orchestres a augment&#233; de 30 % apr&#232;s les auditions en paravent &#8211; les musicien.ne.s jouent sans &#234;tre vu.e.s, et ne sont donc jug&#233;.e.s que pour leur performance technique et artistique. Dans &lt;i&gt;Femmes du jazz, &lt;/i&gt;ce qu'on apprend des logiques de domination, on le pressent d&#233;j&#224;, ailleurs. Un esprit de corps, bien masculin, qui n'aime pas &#234;tre entrav&#233;, bouscul&#233;. Qui ne fait rien, et qui donc fait tout pour que rien ne change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jazzmen&lt;/strong&gt; reprochent aux chanteuses de rabaisser leur art. Loin de l'image mythologique des (rares) divas du jazz (Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, etc.), le chant reste m&#233;pris&#233; des instrumentistes. Malgr&#233; tout le travail qu'elle demande, malgr&#233; les &#233;tudes qui montrent qu'il s'agit bien d'un &lt;i&gt;&#171; instrument &#224; vents et &#224; cordes &#187;, &lt;/i&gt;d'une &lt;i&gt;&#171; machinerie complexe &#187; &lt;/i&gt;socialement et techniquement construite&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claire Gillie-Gilbert &#171; &#8220;Et la voix s'est faite chair&#8230;&#8221; Naissance, essence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, la voix reste rel&#233;gu&#233;e &#224; un don, d'une facilit&#233; toute instinctive. &lt;i&gt;&#171; La voix, c'est naturel &#187;&lt;/i&gt;, disent les jazzmen rencontr&#233;s par Marie Buscatto. Il suffirait pourtant d'&#233;couter les gammes d'une artiste jazz comme Youn Sun Nah pour r&#233;viser un tel jugement. Et ces messieurs de reprocher aux chanteuses de leur imposer une transposition des partitions, un changement de tonalit&#233; plus proche de celles de la voix que des vibrations d'un sax t&#233;nor ou d'une trompette. Comme un refus m&#226;le et obstin&#233; de s'adapter aux modalit&#233;s du chant, et donc des chanteuses. Un refus, au final, de c&#233;der sa place : on pourra s'effacer le temps d'un solo de batterie ou de trompette, on rechignera &#224; se caler sur la voix. La cour d'&#233;cole n'est pas si loin : on ne joue pas avec les filles. Le &#171; vrai &#187; jazz se joue ailleurs, entre instrumentistes. Entre mecs. Pour Buscatto, on retrouve ici la prolongation de st&#233;r&#233;otypes sociaux genr&#233;s dans la musique : le chant est du c&#244;t&#233; de la parole, de la relation, de la communication (femmes). L'instrument dans celui de la technique, de la cr&#233;ativit&#233;, de la virtuosit&#233; (hommes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus avant&lt;/strong&gt;, la sociologue r&#233;v&#232;le des motifs ext&#233;rieurs &#224; la musique m&#234;me. Les musiciens ont en effet tendance &#224; imposer une injonction contradictoire aux femmes, comme c'est le cas ailleurs. Ne te mets pas trop en avant comme chanteuse, au centre de la sc&#232;ne, puisque tu n'es pas musicienne. Mais ne sois pas trop effac&#233;e comme chanteuse, sois plus musicienne. Paradoxe incapacitant et r&#233;pressif : elles se retrouvent &#224; &lt;i&gt;&#171; &#234;tre incit&#233;es &#224; s'exprimer de mani&#232;re &#8220;f&#233;minine&#8221; et se voir d&#233;nigr&#233;es professionnellement de ce fait ; se comporter de mani&#232;re &#8220;masculine&#8221; et se voir d&#233;valoris&#233;es pour leur manque de &#8220;f&#233;minit&#233;&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Au final, c'est au moins cela qui se confirme sur la place des femmes dans le monde (du jazz) : elles doivent en permanence se positionner par rapport aux d&#233;finitions fig&#233;es des conventions masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tandis que la musique&lt;/strong&gt; jou&#233;e par des hommes se veut universelle, pr&#233;tendument d&#233;nu&#233;e d'ambigu&#239;t&#233; genr&#233;e, de dimensions subjectives extra-artistiques ou de sensiblerie non technicienne, les notes jou&#233;es par une femme portent en elles le soup&#231;on. Celui de chercher &#224; envo&#251;ter le public, les programmateurs, les critiques &#8211; l'homme &#8211;, celui d'user de leurs charmes non musicaux pour briller. Dans les faits, observe la sociologue, les rapports de s&#233;duction sont tout autres. C'est bien plut&#244;t les hommes qui m&#233;langent pratique artistique et possibilit&#233; de drague, jeux de sc&#232;ne et &#233;rotisation des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les filles saxophonistes&lt;/strong&gt; que j'ai rencontr&#233;es apr&#232;s la lecture de &lt;i&gt;Femmes de jazz &lt;/i&gt;en ont fait l'exp&#233;rience. Camille : &lt;i&gt;&#171; Sans faire de g&#233;n&#233;ralit&#233;s, il arrive que les musiciens soient sympas, en sortant de jam par exemple, ils viennent te dire que tu joues bien. Au d&#233;but, t'es na&#239;ve, merci c'est cool, et puis parfois tu te rends compte que tout ce qui se joue l&#224;, c'est de la drague. Donc en grandissant, sans vraiment t'en rendre compte, tu mets des radars ! Je suis une personne avec un corps comme tout le monde, &#231;a fait partie de qui je suis, mais quand on m'appelle pour jouer, je n'ai pas envie que ce soit pour mes nibards, seulement pour la musique. Quand t'es un gars, il y a moins de doute : on t'appelle pour un concert, tu sais pourquoi t'y vas &#8211; jouer de la musique. &#187; &lt;/i&gt;Cathy : &lt;i&gt;&#171; Dans le programme d'un festival consacr&#233; aux femmes, tu trouvais par exemple des peintures de femmes d&#233;v&#234;tues face aux biographies des musiciennes. Pourquoi ? Quel rapport avec la musique ? Et pourquoi uniquement quand il s'agit de nanas ? &#187; &lt;/i&gt;L&#224; o&#249; les hommes, souvent n&#233;glig&#233;s, ne r&#233;fl&#233;chissent pas &#224; leur tenue lors de concerts ou des jams, les femmes s'interrogent sur leur fringues, trop, pas assez f&#233;minines&#8230; ? Camille : &lt;i&gt;&#171; Je me suis longtemps habill&#233;e sans mettre de jupe ! Ce n'est pas toujours &#233;vident quand on &#233;volue dans un milieu masculin de grandir et de s'&#233;panouir pleinement en tant que femme. Je voulais qu'on me voit comme saxophoniste, pas comme femme. De mani&#232;re inconsciente, s&#251;rement, tu essaies toujours de te mettre &#224; &#233;galit&#233;, tu veux &#234;tre comme les gars qui jouent &#224; c&#244;t&#233; de toi. M&#234;me si, &#233;videmment, la f&#233;minit&#233; ne se r&#233;sume pas aux jupes, c'est une invisibilisation de son corps de femme. On est oblig&#233;es de bien montrer qu'on &#8220;n'essaie pas&#8221; de s&#233;duire. &#187; &lt;/i&gt;&#192; tel point que pour toute femme qui cherche &#224; continuer son &#233;volution dans la musique, &lt;i&gt;&#171; quel que soit leur capital s&#233;duction et les usages plus ou moins &#8220;f&#233;minins&#8221; de leurs corps, un apprentissage fondamental se r&#233;alise ainsi au cours du temps : fermer la s&#233;duction &#187;&lt;/i&gt;, note Marie Buscatto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que disent ces femmes &lt;/strong&gt;parle au-del&#224; du jazz, r&#233;sonne avec la vie de n'importe quel collectif, n'importe quelle situation sociale. C'est la puissance du travail de Marie Buscatto, et celle des instrumentistes rencontr&#233;es au cours de cette lecture. Camille : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui persistent dans le jazz, homme ou femme, ont men&#233; leur barque, cr&#233;&#233; leur groupe, pouss&#233; leur art avec une passion qui ne fait pas de doute en bossant et en y croyant sans se d&#233;courager. Peut-&#234;tre malgr&#233; tout que, quand tu es une femme, tu dois encore plus prouver de choses pour y arriver ! &#187; &lt;/i&gt;De l&#224;, quelle marge d'action &#8211; ou d'inaction &#8211; pour les hommes ? Cathy : &lt;i&gt;&#171; Il s'agit d'h&#233;ritages. Des choses dont on ne se rend souvent pas compte au moment o&#249; on les vit. Pour aller contre, il faut &#234;tre vigilant tout le temps. Que les mecs apprennent &#224; &#233;couter et &#224; composer, autant entre eux qu'avec des femmes. Nous les femmes, on peut avoir tendance &#224; &#234;tre plus timides, &#224; moins l'ouvrir pour donner du poids &#224; ce qu'on fait. On nous a plus appris &#224; ne pas nous valoriser. Dans les formations que je donne, j'observe que les mecs sont g&#233;n&#233;ralement plus s&#251;rs d'eux, d&#232;s l'enfance. Ce qui m'int&#233;resse alors, c'est le moment o&#249; chacun.e va pouvoir prendre la parole, d&#233;cider d'un geste musical, d'un choix au sein du groupe. Faire que l'ensemble cr&#233;e une musique o&#249; chacun.e a sa place. Moi, je sers de m&#233;diatrice pour trouver une esp&#232;ce d'autor&#233;gulation dans le groupe. Faire &#233;merger l'&#233;coute au del&#224; des r&#233;partitions genr&#233;es, et que cela donne une cr&#233;ation commune. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; en 2008 aux &#233;ditions CNRS, puis &lt;a href=&#034;http://www.cnrseditions.fr/sociologie/7604-femmes-du-jazz.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;&#233;dit&#233;&lt;/a&gt; en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#192; voix basse&lt;/i&gt;, entretiens avec Franck M&#233;dioni, &#233;d. MF, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claire Gillie-Gilbert &#171; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/71&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;Et la voix s'est faite chair&#8230;&#8221; Naissance, essence du geste vocal&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Cahiers de musiques traditionnelles&lt;/i&gt;, 2001, cit&#233;e par Marie Buscatto.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;150</title>
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		<dc:subject>p&#232;re Peinard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;Quand la musique cogne&#034; de Bruno Bartkowiak. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... 2017, jusqu'&#224; quand ? Pour notre prospective 2017, nous avons convoqu&#233; le vieux p&#232;re Peinard et l'avons bombard&#233; expert en g&#233;opolitique : &#171; Trump, Erdogan, Al-Sissi, Poutine, Assad, Duterte, Netanyahu, etc. Les aminches, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pere-Peinard" rel="tag"&gt;p&#232;re Peinard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton1776-d593a.jpg?1782649144' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Quand la musique cogne&#034; de Bruno Bartkowiak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2017, jusqu'&#224; quand ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour notre prospective 2017, nous avons convoqu&#233;
le vieux p&#232;re Peinard et l'avons bombard&#233; expert en g&#233;opolitique :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &lt;i&gt;Trump, Erdogan, Al-Sissi, Poutine, Assad, Duterte, Netanyahu, etc. Les aminches, v'l&#224; la flop&#233;e de patibulaires testost&#233;ron&#233;s qui va r&#233;gner en 2017, fa&#231;on j'te pose les&lt;/i&gt; alibofis &lt;i&gt;sur la table.&lt;br class='manualbr' /&gt;En Syrie, avec l'aide des Russkofs et des milices chiites, le boucher de Damas a pu reprendre le dessus dans la douleur. &#199;a fait chialer dru, c'est fatal&#8230; Cela dit, y a une dose de tartufferie dans l'indignation de la derni&#232;re heure : &#231;a fait combien de piges que les Syriens se prennent des barils de TNT sur la tronche ? En 2012, la ville de Homs &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;duite &#224; un tas de gravats, non ? &lt;br class='manualbr' /&gt;La grande hypocrisie, on la doit aux jeux des alliances et surtout au retournement de veste du sultan d'Ankara qu'est all&#233; taper dans la main du tsar du Kremlin, genre : &#8220;Je l&#226;che mes petits copains rebelles d'Alep et tu me laisses dessouder du Kurdos p&#233;p&#232;rement&#8221;. In fine, ces bons bougres de Kurdes risquent d'avoir les uns sur le rable et se faire trahir par les autres, rapport &#224; ce que degun n'entrave leur volont&#233; de vivre &#224; leur sauce. Va encore y avoir de la bolognaise sur les murs !&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur le front anti-&#201;tat islamique, &#231;a patine dans la semoule dans la prise de Mossoul. M&#234;me si ces tar&#233;s de daechiens voient leur d&#233;lire de Califat r&#233;duit en cendres, comme d'hab', ce sont aussi les civils qui morflent&#8230; en Irak, comme &#224; Berlin ou &#224; Istanbul !
De l'autre c&#244;t&#233; de la grande mare, la moumoute orange qui va prendre ses fonctions &#224; Washington a fini de nous faire gondoler avec ses airs de pitre. &#8220;Impr&#233;visible&#8221;, disent en ch&#339;ur les cornichons des plateaux t&#233;l&#233;, mais vu le casting de hautes canailles &#8211; p&#233;troliers, cagoulards, militaros et autres banquiers &#8211; qu'il a mis aux affaires, on est avertis que &#231;a s'ra pas Woodstock. &lt;br class='manualbr' /&gt;On est trop serr&#233;s niveau place pour bien causer de Netanyahu et de l'autre atrabilaire de Liberman, pr&#234;ts &#224; faire du barouf rapport &#224; la d&#233;cision des nationzunies de temporiser la conqu&#234;te des visages-p&#226;les &#224; kippa dans les territoires de peaux-rouges &#224; keffieh. Une engatse vieille comme mes robes, celle-l&#224; aussi ! Pas le temps non plus, de trop jacter sur l'autocrate Poutine, qui sort en grand cador du bazar g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Basta cosi &lt;i&gt;les ami.es, on a pig&#233;, il fait un temps de chiottes sur la plan&#232;te&#8230; Mais jusqu'&#224; quand les bourr&#233;s d'oseille, les fouteurs de guerre et les ratichons de tout poil feront-ils la m&#233;t&#233;o, foutredieu ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1784 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-97-cafb1.jpg?1782649144' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#034;Quand la musique cogne... Quand elle ne triche pas...&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La musique sur la cha&#238;ne de montage &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Hits ! Enqu&#234;te sur la fabrique des tubes plan&#233;taires&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte/La Rue musicale, 2016) du journaliste John Seabrook sonne comme un long mix soigneusement articul&#233; qui nous prom&#232;ne de Su&#232;de en Cor&#233;e, des ann&#233;es 1990 jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le DIY est une r&#233;volution &#224; mener aussi envers soi-m&#234;me &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le DIY (Do It Yourself), l'autoproduction totale, est un dur combat qui peut parfois casser des briques. D&#233;marche militante ou loisir de riches ? Fred Alpi, chanteur et guitariste de The Angry Cats, nous fait part de son regard avis&#233; sur une sc&#232;ne qu'il fr&#233;quente depuis plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui veut la peau des skins ? &gt;&lt;/strong&gt; Entretien avec Gildas Lescop, sociologue, auteur d'une th&#232;se sur le mouvement skinhead, qui d&#233;cortique comment a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le clich&#233; skins=nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du blues au dancehall : musiques en r&#233;sistance &gt;&lt;/strong&gt; Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil d'articles &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Femmes du jazz &gt;&lt;/strong&gt; La lecture, en tant qu'homme, de Femmes du jazz. &lt;i&gt;Musicalit&#233;s, f&#233;minit&#233;s, marginalisations&lt;/i&gt; de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses le milieu du jazz fran&#231;ais &#8211; aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barri&#232;res qu'on impose sans y penser, les violences qu'on exerce par habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan&#232;te Mars &gt;&lt;/strong&gt; Marseille a &#233;t&#233; l'un des fers de lance du mouvement hip-hop en France. L'envie de faire le point nous a pris. Rencontre au bistrot avec Pak'Dj Een, Labo Klandestino et K-M&#233;l&#233;on, de &lt;i&gt;La M&#233;thode&lt;/i&gt;, groupe phoc&#233;en arpentant les sc&#232;nes depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'esprit du flamenco &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Quand je chante bien, j'ai un go&#251;t de sang dans la bouche.&lt;/i&gt; &#187; T&#237;a Anica la Piri&#241;aca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; chaque bled son synth&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trop de teufeurs tuent la teuf &gt;&lt;/strong&gt; Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt; sont victimes de leur succ&#232;s. Les grands rassemblements attirent des dizaines de milliers de personnes, rendant caduques les valeurs du mouvement &#8211; autogestion et autonomie. Une triste p&#233;riode pour les teufeurs, pourtant riche d'enseignements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi, Fr&#233;hel, du punk, des musiques occitanes, de la wah-wah et de la musique kurde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le feu &#224; La Plaine &gt;&lt;/strong&gt; Par deux fois, en d&#233;cembre, les forains de La Plaine ont paralys&#233; une partie du centre de Marseille pour protester contre un projet de r&#233;novation de la place qui condamne le plus populaire des march&#233;s de la ville.
La bataille, qui s'annonce rude, ne fait que commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Hommes du progr&#232;s &gt;&lt;/strong&gt; Versant oriental de la Silicon Valley, Boston se d&#233;voue tout enti&#232;re au culte de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187;. Douce utopie d'une mar&#233;e &#171; d'innovations disruptives &#187; et de &#171; travail cr&#233;atif &#187; qui soul&#232;verait tous les bateaux&#8230; &#224; l'exception des moins qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Silicon Valley est le cimeti&#232;re du vivant &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s &lt;i&gt;La Vie algorithmique&lt;/i&gt; paru en 2015, le philosophe &#201;ric Sadin poursuit son travail d'analyse de la d&#233;ferlante num&#233;rique. Dans &lt;i&gt;La Siliconisation du monde&lt;/i&gt;, c'est le tableau d'une colonisation du vivant qu'il dresse. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papier d'Arm&#233;nie &gt;&lt;/strong&gt; Juillet dernier, Erevan, capitale de l'Arm&#233;nie. Une &#171; bande de Tordus &#187;, aux allures de vieux soldats d&#233;pareill&#233;s, prend d'assaut la plus importante caserne de police du pays et tient un si&#232;ge de quinze jours. Un &#233;pisode &#233;clips&#233; dans nos m&#233;dias par l'actualit&#233; du massacre ni&#231;ois et du coup d'&#201;tat en Turquie. Qui &#233;taient ces &#171; Tordus du Sassoun &#187; (&lt;i&gt;Sasna Tzrer&lt;/i&gt;) ? Que voulaient-ils ? Pourquoi des milliers de personnes sont-elles venues les soutenir quotidiennement dans la rue ? Simple pouss&#233;e nationaliste ? En voyage dans cette ex-r&#233;publique sovi&#233;tique du Caucase au moment de la reddition des &#171; Tordus &#187;, des correspondants de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pour l'occasion ont pu approcher d'un peu plus pr&#232;s la r&#233;alit&#233; compliqu&#233;e qui ronge l'Arm&#233;nie actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22, v'l&#224; la COP ! &gt;&lt;/strong&gt; Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition,
la 22e Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Askavusa :un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Sidi Bel-Abb&#232;s &#224; Marseille, itin&#233;raire d'un ap&#244;tre du ra&#239; &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s son reportage au 3 rue Socrate, dans le nid du Marabout, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; y refait un tour en mode portrait. Rencontre avec Momo, naufrag&#233; dans l'une des anciennes capitales du ra&#239;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Encore une louche de manouche ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anatole Istria</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;GRAND FLAMBEUR, grand vivant, grand joueur de billard et de poker, peintre et accessoirement guitariste g&#233;nial, Django Reinhardt aurait 100 ans (en 2010). &#171; Et alors ? Ma grand-m&#232;re aussi ! &#187;, nous direz-vous ? C'est quand m&#234;me l'occasion d'en causer avec Fran&#231;ois Billard, dit &#171; le r&#233;gisseur &#187;, un gonze qui conna&#238;t la musique. Peut-on dire de Django qu'il est le vrai inventeur du jazz manouche ? C'est le g&#233;nie en tout cas. Mais lui-m&#234;me insistait sur le fait qu'il n'&#233;tait pas seul et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;GRAND FLAMBEUR, grand vivant, grand joueur de billard et de poker, peintre et accessoirement guitariste g&#233;nial, Django Reinhardt aurait 100 ans (en 2010). &lt;i&gt;&#171; Et alors ? Ma grand-m&#232;re aussi ! &#187;,&lt;/i&gt; nous direz-vous ? C'est quand m&#234;me l'occasion d'en causer avec Fran&#231;ois Billard&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Billard est l'auteur de Django Reinhardt (Fayard, 2004), avec Alain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, dit &lt;i&gt;&#171; le r&#233;gisseur &#187;&lt;/i&gt;, un gonze qui conna&#238;t la musique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L319xH372/aurel76-451fd.jpg?1782659407' width='319' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire de Django qu'il est le vrai inventeur du jazz manouche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le g&#233;nie en tout cas. Mais lui-m&#234;me insistait sur le fait qu'il n'&#233;tait pas seul et qu'il &#233;tait aussi l'h&#233;ritier d'une tradition manouche et gitane &#8211; Django savait jouer le flamenco, par exemple. Il cite l'influence de gens comme Poulette Castro, qui sont devenus l&#233;gendaires car on n'a que de tr&#232;s rares enregistrements. Des virtuoses jouent aux c&#244;t&#233;s de Django,notamment Barro Ferret et son fr&#232;re Matelot Ferret. Si on conna&#238;t aujourd'hui les valses de Django, c'est gr&#226;ce &#224; Matelot qui les a recueillies pieusement et qui les a enregistr&#233;es en 1956. Au d&#233;part, c'&#233;taient surtout des musiciens de musette, ils gagnaient leur vie dans les bals. C'&#233;taient les meilleurs guitaristes et ils accompagnaient les grands accord&#233;onistes comme Gus Viseur ou Tony Murena. Le grand bouleversement, c'est quand Django d&#233;couvre le jazz en 1930. Ils vont faire le pont avec le musette et lui donner une impulsion swing. L'accord&#233;oniste Jo Privat disait : &lt;i&gt;&#171; On jouait avec ces guitaristes et on leur prenait leur technique, c'est ce qui nous a permis de faire du musette g&#233;nial qui sort des traits des guitaristes. &#187;&lt;/i&gt; Il y avait aussi cette tradition complexe des &#171; musiques tziganes &#187; de l'Est. L'influence des Sintis d'Allemagne est extr&#234;mement importante chez leurs homologues fran&#231;ais qu'on appelle les Manouches dans le Nord, en Belgique &#8211;o&#249; est n&#233; Django&#8211; et en Alsace. Citons &#233;galement l'apport de la musique italienne, la plupart des grands accord&#233;onistes venaient d'Italie. Il y a l&#224; un creuset extraordinaire o&#249; l'on retrouve toujours des gens du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Django accompagne tout le monde. Avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration tr&#232;s cr&#233;ative de jazzmen fran&#231;ais qui se calquent sur ce que font les Am&#233;ricains (Alix Combelle, Philippe Brun) ; avec les Am&#233;ricains eux-m&#234;mes, Duke Ellington, Bill Coleman ou Coleman Hawkins, le Napol&#233;on du sax t&#233;nor. Dans le m&#234;me temps, la chanson fran&#231;aise conna&#238;t une v&#233;ritable r&#233;volution avec l'arriv&#233;e de Charles Trenet, Jean Tranchant, Jean Sablon, qui comprennent la modernit&#233; du jazz. Tous ces musiciens s'impr&#232;gnent tr&#232;s vite les uns les autres. Il faut aussi &#233;voquer St&#233;phane Grappelli, la v&#233;ritable conscience professionnelle de Django, sans qui celui-ci n'aurait peut-&#234;tre jamais d&#233;marr&#233; sa carri&#232;re. Grappelli, prix de conservatoire de la rue de Madrid &#224; Paris, a retranscrit la musique de Django, qui ne savait pas lire la musique, ni le reste d'ailleurs. Django &#233;tait un r&#234;veur d&#233;tach&#233; des choses mat&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On conna&#238;t un peu le r&#244;le des gangsters dans le financement de la sc&#232;ne jazz aux USA. En France &#224; la m&#234;me &#233;poque, quel est le rapport des musiciens jazz-musette avec la p&#232;gre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris et alentour, les bo&#238;tes sont tenues par les Auverpins (Auvergnats) ; ce n'est pas la mafia stricto sensu, mais ce sont des gens qui contr&#244;lent strictement le business. Tout le Milieu vient dans ces endroits : les p&#233;griots, Pierrot-le-fou et compagnie, tous ces gens se c&#244;toient. Jo Privat, qui en connaissait un rayon, le disait lui-m&#234;me : les truands ont &#233;t&#233; &#171; les grands financeurs de la belle musique &#187;. La p&#232;gre a beaucoup financ&#233; le jazz mais sans jamais s'attendre &#224; un retour sur investissement. Il y avait beaucoup d'amour l&#224;-dedans. Les guitaristes comme Django &#233;taient moins inclus dans le Milieu que les accord&#233;onistes. Bien s&#251;r, il y avait de vrais truands, des vrais maquereaux chez les musiciens manouches ou gitans,mais l&#224; je ne me permettrais pas de citer de noms. Django lui-m&#234;me n'avait pas cette fibre-l&#224;, il s'en foutait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puis arrivent l'Occupation allemande et Vichy. Comment les Manouches traversent-ils cette p&#233;riode ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, pendant l'Occupation le jazz devient un ph&#233;nom&#232;ne important. &#192; travers les Hot clubs de France se cr&#233;e toute une structure d'&#233;coute de disques, de concerts. Sans l'appellation jazz, les rythmes swing passent finalement pas mal &#224; la radio. Symboliquement, &#233;couter du jazz c'est une forme de r&#233;sistance douce &#224; P&#233;tain. La propagande anti-swing d&#233;nonce une musique &#171; jud&#233;o-n&#232;gre &#187;. Pendant ce temps, Django, encha&#238;ne les tubes : &#171; Nuages &#187;, &#171; Swing42 &#187;&#8230; et devient vraiment connu. Il traverse la guerre &#171; prot&#233;g&#233; &#187;, sans vraiment s'en rendre compte ni rien faire pour, presque malgr&#233; lui. &#192; ce moment, les gens qui pouvaient se payer une place de concert, c'&#233;taient les Allemands et aussi des pourritures, une partie des truands fran&#231;ais qui se retrouvaient du c&#244;t&#233; du pognon, donc du pouvoir. Django commence &#224; avoir des doutes quand on lui propose de jouer en Allemagne pour les prisonniers ; il refuse, il a peur que &#231;a l'implique dans un truc politique. Il essaye alors de passer en Suisse et se fait attraper : le commandant de la place tout pr&#232;s de la fronti&#232;re lui dit gentiment qu'il est inutile de prendre ce genre de risques. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les musiciens manouches les plus connus n'ont pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s. Cela ne les a pas emp&#234;ch&#233;s parfois de crever de trouille, comme Matelot Ferret qui se planque un soir dans les chiottes d'une bo&#238;te en r&#233;alisant qu'il va devoir jouer devant des dignitaires nazis. Georges Effrosse, fabuleux violoniste membre de l'orchestre de Sarane Ferret, va mourir dans le camp de Dora parce qu'il est juif. Dans le m&#234;me temps, des centaines de milliers de Roms d'Europe de l'Est connaissent le m&#234;me sort que les Juifs&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du fait de leur internement forc&#233; d&#232;s 1940 &#171; par mesure de s&#233;curit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une anecdote un peu plus l&#233;g&#232;re sur Michel Warlop, un violoniste qui a jou&#233; avec Django (&#171; Taj Mahal &#187;) et qui aurait pu &#234;tre le plus grand (&lt;i&gt;&#171; Quand tu &#233;coutes Grappelli, tu es admiratif, mais quand tu &#233;coutes Warlop, tu chiales &#187;&lt;/i&gt;), s'il n'avait pas &#233;t&#233; un poivrot fini, bien que fort &#233;l&#233;gant. Or pendant la guerre, il est envoy&#233; en Allemagne pour le STO. Pendant plusieurs mois, il est contraint &#224; un sevrage alcoolique. Il s'&#233;vade, retourne &#224; Paris et quand il va toquer &#224; la porte de Matelot Ferret, celui-ci ne reconna&#238;t pas son pote tellement il a meilleure mine. Son bon teint durera trois jours, le temps de reprendre les mauvaises habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la guerre, Django part en tourn&#233;e aux &#201;tats-Unis, invit&#233; par Duke Ellington, mais c'est un fiasco&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie l'attitude de Django qui explique cet &#233;chec. Par exemple, le soir du grand concert annonc&#233; au prestigieux Carnegie Hall &#224; NewYork, Django rencontre le boxeur Marcel Cerdan avec qui il va boire des coups. R&#233;sultat : il arrive en retard au concert, ce qui consterne le public et l'orchestre am&#233;ricains, &#231;a ne se fait pas. En tout cas pas aux &#201;tats-Unis. Du coup, Django pr&#233;f&#232;re rester &#224; son h&#244;tel &#224; peindre des nu(e)s, il joue au billard, il se produit un peu &#224; GreenwichVillage ; mais globalement il est d&#233;&#231;u, en plus il ne parle pas un mot d'anglais et il n'arrive pas &#224; rencontrer les boppers, Charlie Parker ou Dizzy Gillespie, qui hantent des milieux plus marginaux que celui dans lequel il est invit&#233;. Django s'inspirait sans distinguo de ses contemporains : Stravinsky, Olivier Messiaen ou Parker. Il exp&#233;rimente la saturation et la distorsion sur sc&#232;ne, quinze ans avant Jimi Hendrix ; des morceaux enregistr&#233;s en public en 1953, l'ann&#233;e de sa mort, laissent ais&#233;ment deviner cette tendance. Sa qu&#234;te d'innovation le mettait en porte&#224;- faux avec la musique commerciale de l'&#233;poque. On pourrait m&#234;me penser qu'il aurait connu une sacr&#233;e travers&#233;e du d&#233;sert, si la mort ne l'avait pas fauch&#233; pr&#233;matur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vois-tu un renouveau du jazz manouche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que durant toute une p&#233;riode, le jazz manouche &#8211;&#224; la diff&#233;rence du musette qui s'est ringardis&#233; &#8211; a &#233;t&#233; conserv&#233; intact par de v&#233;ritables prolos de la musique, il a &#233;t&#233; &#171; folkloris&#233; &#187; dans le bon sens du terme. Dans la sc&#232;ne post-punk, Les N&#233;gresses Vertes, Pigalle ou Les T&#234;tes Raides (qui ont jou&#233; avec Jean Corti, ancien accord&#233;oniste de Brel) ont fait de belles choses sans tricherie. Je suis plus partag&#233; vis-&#224;-vis du renouveau manouche par des artistes de vari&#233;t&#233;s comme Sanseverino ou Thomas Dutronc, qui ne sont pas de mauvais musiciens et certainement des individus charmants, mais de l&#224; &#224; en faire &#171; les &#187; h&#233;ritiers, on peut tout de m&#234;me sourire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Billard est l'auteur de &lt;i&gt;Django Reinhardt&lt;/i&gt; (Fayard, 2004), avec Alain Antonietto, et d'&lt;i&gt;Histoires de l'accord&#233;on&lt;/i&gt; (Climats/INA, 1991), avec Didier Roussin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Du fait de leur internement forc&#233; d&#232;s 1940 &#171; par mesure de s&#233;curit&#233; nationale &#187;, les nomades fran&#231;ais ne seront pas d&#233;port&#233;s vers la Pologne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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