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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La r&#233;volte des sans-gants</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole lyonnaise, un conflit de plusieurs semaines vient d'opposer les &#233;boueurs &#224; leurs patrons du public et du priv&#233;. Retour sur une gr&#232;ve en deux temps, qui &#233;claire sur les cons&#233;quences n&#233;fastes des d&#233;l&#233;gations de service public. En mars 2012, les &#233;boueurs employ&#233;s du public se sont mis en gr&#232;ve quand la M&#233;tropole a attribu&#233; le ramassage des ordures de Lyon et Villeurbanne &#224; deux soci&#233;t&#233;s priv&#233;es : Sita et Pizzorno. Les travailleurs craignaient pour leurs conditions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole lyonnaise, un conflit de plusieurs semaines vient d'opposer les &#233;boueurs &#224; leurs patrons du public et du priv&#233;. Retour sur une gr&#232;ve en deux temps, qui &#233;claire sur les cons&#233;quences n&#233;fastes des d&#233;l&#233;gations de service public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n mars 2012, les &#233;boueurs employ&#233;s du public se sont mis en gr&#232;ve quand la M&#233;tropole a attribu&#233; le ramassage des ordures de Lyon et Villeurbanne &#224; deux soci&#233;t&#233;s priv&#233;es : Sita et Pizzorno. Les travailleurs craignaient pour leurs conditions de travail car, comme le souhaitait le maire G&#233;rard Collomb, la d&#233;l&#233;gation partielle de service public devait pousser la r&#233;gie et le priv&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;se challenger mutuellement&lt;/i&gt; &#187;. Mais en fin de compte, cette redistribution a &#233;t&#233; plut&#244;t profitable aux employ&#233;s du public : les zones d&#233;l&#233;gu&#233;es &#233;taient les plus charg&#233;es et les plus p&#233;nibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, les &#233;boueurs de la M&#233;tropole demandent de meilleures conditions de travail. Ils obtiennent deux samedis non travaill&#233;s sur trois. Mais pour compenser cela, la M&#233;tropole l&#226;che encore plus de communes : Vaulx-en-Velin, Bron et Tassin-la-Demi-Lune. Dans l'agglom&#233;ration, 57 % de la collecte sera effectu&#233;e par des entreprises priv&#233;es, r&#233;mun&#233;r&#233;es au poids de d&#233;chets collect&#233;s. Le groupe Pizzorno obtient la plus grosse part du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour augmenter leurs marges, les op&#233;rateurs l&#233;sinent sur les effectifs. Les &#233;boueurs de Pizzorno doivent collecter jusqu'&#224; 28 tonnes par jour, contre 10 pour les agents de la M&#233;tropole, six jours sur sept, avec un mat&#233;riel d&#233;faillant, l'entreprise ne prenant pas m&#234;me la peine de leur fournir des gants. Les cadences sont difficilement tenables, car les d&#233;chets augmentent, comme la population, tandis que les effectifs baissent : on passe de huit &#224; quatre camions pour le 6e arrondissement. Les journ&#233;es s'allongent : &#171; &lt;i&gt;On finit parfois &#224; 17&lt;/i&gt; &lt;i&gt;h&lt;/i&gt; &#187;, confie un employ&#233;. Un ripeur (la personne &#224; l'arri&#232;re du camion) touche moins de 1 200 &#8364; net par mois ; un chauffeur moins de 1 400 &#8364;. Et gare &#224; ceux qui ne se laissent pas faire : pour son engagement, un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, chauffeur, s'est retrouv&#233; avec la mention &#171; ripeur &#187; sur sa fiche de paie, avec la baisse de salaire correspondante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les casseurs de gr&#232;ve mis en &#233;chec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'est d&#233;roul&#233;e entre mars et avril une gr&#232;ve en deux temps. Ce sont d'abord les employ&#233;s de la M&#233;tropole qui se sont mis en gr&#232;ve le 19 mars. Le collectif comprenant &#233;boueurs, chauffeurs et encadrants revendique une augmentation de salaire et une am&#233;lioration des conditions de leur &#233;prouvant travail. Le 2 avril, alors que le conflit s'enlise, les salari&#233;s de Pizzorno rejoignent le mouvement. Soutenus par le syndicat Solidaires, ils r&#233;clament les m&#234;mes conditions de travail et le m&#234;me salaire que les employ&#233;s du public. La M&#233;tropole saisit le tribunal pour faire d&#233;bloquer les incin&#233;rateurs occup&#233;s par les gr&#233;vistes. Finalement, le 5 avril, un accord est trouv&#233; entre la M&#233;tropole et ses salari&#233;s, qui reprennent le travail. Mais Pizzorno refusant de n&#233;gocier, ses &#233;boueurs poursuivent la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression anti-syndicale ne tarde pas : Pizzorno fait appel &#224; la police pour d&#233;loger les gr&#233;vistes et leurs soutiens, et un huissier est mandat&#233; r&#233;guli&#232;rement sur le piquet de gr&#232;ve. Au m&#233;pris du droit de gr&#232;ve, Pizzorno envoie des int&#233;rimaires ou fait appel &#224; ses salari&#233;s d'autres villes. Le 11 avril, les &#233;boueurs sollicitent le soutien de David Kimelfed, pr&#233;sident de la M&#233;tropole (LREM). Cette derni&#232;re menace Pizzorno de sanctions si une solution n'est pas trouv&#233;e rapidement. Plut&#244;t que de s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations, l'entreprise assigne une dizaine de gr&#233;vistes devant le tribunal de grande instance. Le 18 avril, le tribunal donne raison aux gr&#233;vistes et Pizzorno est d&#233;bout&#233;. D&#233;go&#251;t&#233; aussi sans doute : il va bien falloir n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, les repr&#233;sentants des gr&#233;vistes annoncent qu'un accord a &#233;t&#233; trouv&#233; et que la reprise du travail est imminente. L'augmentation de salaire obtenue n'est pas &#224; la hauteur des revendications (65 &#8364; brut au lieu de 300), mais des am&#233;liorations notables ont &#233;t&#233; obtenues sur les conditions de travail (notamment des gants de m&#234;me qualit&#233; que ceux de la M&#233;tropole), ainsi que six jours de gr&#232;ve pay&#233;s. Pizzorno a fait pr&#233;ciser dans le protocole d'accord que ces mesures ne concernent que ses employ&#233;s de la r&#233;gion lyonnaise. Par peur de la contagion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Radio debout : &#171; C'est comme tout mouvement social ! &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Nuits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la M&#233;gacombi &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut, et l'un des animateurs de cette belle exp&#233;rience radiophonique. CQFD : Tu nous racontes l'histoire de Radio Debout, s'te pla&#238;t ? Combi : La radio s'est mont&#233;e tr&#232;s rapidement, en une petite semaine, dans l'effervescence de la Nuit Debout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Radio" rel="tag"&gt;Radio&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/MegaCombines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;gacombi&lt;/a&gt; &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et l'un des animateurs de cette belle exp&#233;rience radiophonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-663-124d8.jpg?1782646360' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Tu nous racontes l'histoire de &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/radiodebout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Debout&lt;/a&gt;, s'te pla&#238;t ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combi :&lt;/strong&gt; La radio s'est mont&#233;e tr&#232;s rapidement, en une petite semaine, dans l'effervescence de la Nuit Debout de la place de la R&#233;publique. Elle &#233;met d&#232;s le 38 mars (7 avril). Au d&#233;but, ce sont des passionn&#233;s de radio, des professionnels, souvent des copains, qui s'en occupent. Certains viennent de radios associatives ou de Radio France. Et moi, j'&#233;coute ce direct, depuis Lyon, tous les soirs. Je trouve &#231;a totalement g&#233;nial ! Pouvoir entendre l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale presque comme si on y &#233;tait. Pour moi, c'est hyper addictif. Je vais rapidement faire des allers-retours &#224; Paris pour vivre &#231;a et pour participer &#224; Radio Debout. Et puis je fais aussi des correspondances depuis les Nuits Debout de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 15 premiers jours, c'est vraiment super chouette : cette spontan&#233;it&#233; avec les passionn&#233;s de radio qui installent ce rendez-vous quotidien, le font vivre et l'ouvrent &#224; tout le monde. Rapidement, des gens qui n'avaient jamais fait de radio, ou tr&#232;s peu, arrivent, d&#233;couvrent le monde de la radio, la technique, prennent la parole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#231;a se passe alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-662-bb93e.jpg?1782648945' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, on s'est dit qu'on tiendrait un direct toutes les Nuits Debout, mais en restant compl&#232;tement autonome. Ce n'est pas un organe m&#233;diatique officiel, mais un petit groupe ind&#233;pendant. D&#232;s le d&#233;but, on s'est dit que Radio Debout serait &#233;ph&#233;m&#232;re et ne durerait que le temps du mouvement&#8230; Et il dure ! Alors forc&#233;ment, la radio aussi, et elle se solidifie, s'organise. On fait des plateaux, on a des invit&#233;s, des soir&#233;es sp&#233;ciales. D'ailleurs, il y a eu une soir&#233;e autour des m&#233;dias ind&#233;pendants avec Lundi Matin, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;. Parfois, le r&#233;sultat c'est qu'on perd en spontan&#233;it&#233; : on a des &#233;missions qui auraient pu &#234;tre enregistr&#233;es en studio ! Mais, comme &#224; Nuit Debout, il y a le plus souvent cette sorte d'&#233;quilibre entre le n'importe quoi, l'humour et la d&#233;conne d'un c&#244;t&#233;, et le s&#233;rieux, voire l'intello de l'autre. Tu vois, l'autre soir, il y avait ce plateau avec des intellos, des &#233;diteurs, et l&#224;, paf ! quelqu'un passe pour dire qu'il y a des gens retenus par la police &#224; l'autre bout de la place. On court avec les micros pour en partager le son avec les auditeurs, puis on revient et la discussion reprend. Une autre fois, Edgard Morin &#233;tait interview&#233;, et l&#224;, il y a un Touareg qui passe sur la place et veut vraiment poser une question au philosophe qu'il appelle &#171; &lt;i&gt; &#201;douard&lt;/i&gt; &#187; ! Et sa question c'est : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous pensez des scarab&#233;es ? Les seuls insectes qui r&#233;sistent aux radiations d'Areva ?&lt;/i&gt; &#187; Derri&#232;re l'anecdote, c'est tout ce plaisir de faire de la radio en direct, en ext&#233;rieur : tout peut arriver du plus cocasse au plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette radio, c'est un vrai &lt;i&gt;melting pot&lt;/i&gt; maintenant, avec des gens tr&#232;s divers, des opinions politiques tr&#232;s diff&#233;rentes. C'est pour &#231;a qu'il n'y a jamais eu de ligne bien pos&#233;e ! Toujours en d&#233;rapage, plus ou moins bien contr&#244;l&#233;. C'est g&#233;nial ! Mais c'est aussi &#233;puisant ! C'est pourquoi, maintenant, Radio Debout ne va plus &#233;mettre que du jeudi au dimanche soir. C'est une exp&#233;rience tellement intense ! Dans mon cas, par exemple, le fait d'&#234;tre entre Lyon et Paris, c'&#233;tait &#224; la fois une tristesse chaque fois que je repartais, mais aussi une sorte de protection, de mise &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et au-del&#224; de l'&#233;mission en tant que telle, qu'est-ce qu'une exp&#233;rience comme Radio Debout produit chez ceux et celles qui la produisent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben, tu vois, c'est comme le mouvement social&#8230; Comme tout mouvement social ! Ce genre de moment dans ta vie o&#249; tu d&#233;couvres plein de choses, tu tisses des liens nouveaux, tu apprends de nouvelles techniques&#8230; En ce qui concerne plus sp&#233;cifiquement Radio Debout, on peut dire d&#233;j&#224; que pas mal de gens ont acquis des savoir-faire. Quoi qu'il arrive par la suite, s'il faut monter une radio ind&#233;pendante pour la prise d'une place publique, ils pourront le refaire hyper rapidement et tr&#232;s efficacement. D'autres veulent continuer &#224; se former ou pensent rejoindre les &#233;quipes des radios locales et libres, comme on en voit &#224; Radio Canut. Et m&#234;me &#224; Radio France ! Tu sais, il y a des techniciens de Radio France qui ont pris le micro pour la premi&#232;re fois pour Radio Debout, et inversement, des journalistes radios qui se sont frott&#233;s aux questions techniques&#8230; Tout cela ouvre des perspectives pour chacun ! C'est un collectif qui se renforce en partageant les t&#226;ches, en se rencontrant dans le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; 18h sur Radio Canut, 102.2 &#224; Lyon, pour les Marseillais sur Radio Grenouille le jeudi &#224; 17h30 ou sur le web &#224; &lt;a href=&#034;http://audioblog.arteradio.com/blog/3012947/megacombi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; J'aurais aim&#233; en gagner autrement, de l'humanit&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Catherine Thumann</dc:creator>


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		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>sommes crois&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivais d&#233;j&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>l'HP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien connu des lecteurs de la presse ind&#233;pendante, Pierre Souchon publie son premier livre Encore Vivant (&#233;d. du Rouergue). Des mythes d&#233;chus de son ascendance paysanne ard&#233;choise &#224; un mariage clinquant en haute bourgeoisie, jusqu'aux atterrissages forc&#233;s dans les sombres couloirs de la psychiatrie, l'auteur, diagnostiqu&#233; bipolaire, entra&#238;ne le lecteur dans l'incroyable intrigue de sa jeunesse. Quand nous nous sommes crois&#233;s &#224; Lyon en 2013, tu &#233;crivais d&#233;j&#224; un livre. Je l'attendais avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien connu des lecteurs de la presse ind&#233;pendante&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Souchon a beaucoup &#233;crit dans Fakir, Article 11, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Pierre Souchon publie son premier livre &lt;i&gt;Encore Vivant&lt;/i&gt; (&#233;d. du Rouergue). Des mythes d&#233;chus de son ascendance paysanne ard&#233;choise &#224; un mariage clinquant en haute bourgeoisie, jusqu'aux atterrissages forc&#233;s dans les sombres couloirs de la psychiatrie, l'auteur, diagnostiqu&#233; bipolaire&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bipolaire de type 1, l'auteur a travers&#233; des phases maniaques et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, entra&#238;ne le lecteur dans l'incroyable intrigue de sa jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH643/-314-ff42b.jpg?1782645702' width='400' height='643' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand nous nous sommes crois&#233;s &#224; Lyon en 2013, tu &#233;crivais d&#233;j&#224; un livre. Je l'attendais avec impatience. Est-ce le m&#234;me sur lequel tu as continu&#233; de b&#251;cher ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, &#224; Lyon, j'avais &#233;crit un premier livre autobiographique que j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas publier. C'&#233;tait tr&#232;s mauvais, j'avais suivi un ordre chronologique : moi petit, moi ado... Un peu les m&#233;moires de Pierre Souchon, alors qu'&#224; l'&#233;poque, je n'avais pas encore lib&#233;r&#233; la France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tout recommenc&#233; en 2016, en faisant table rase de ce premier jet, et en me lan&#231;ant dans un roman. Ma premi&#232;re tentative m'avait quand m&#234;me permis de choper une discipline, de savoir que je pouvais &#233;crire 300 pages. C'&#233;tait un r&#234;ve de gosse, l'&#233;criture. &#192; 10 ans, je racontais &#224; ma prof d'anglais que je voulais devenir &#233;crivain. Mais je ne m'attendais pas &#224; ce que ma vie bascule &#224; 20 ans. Les hasards ont fait que j'ai &#233;t&#233; trimball&#233; chez les bourgeois, en psychiatrie, le tout avec une nostalgie inconsolable d'une Ard&#232;che paysanne d&#233;cim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; trame, j'ai fait comme la plupart des abrutis : ce premier roman parle de moi. Une fois pass&#233;e la trentaine, j'ai eu le sentiment que seul l'&#233;crit pourrait donner une certaine coh&#233;rence &#224; toutes mes ann&#233;es d'errance. Il para&#238;t que la seule vie r&#233;ellement v&#233;cue, c'est la litt&#233;rature... Face &#224; la maladie bipolaire qui m'a an&#233;anti r&#233;guli&#232;rement, j'ai &#233;t&#233; contraint de comprendre ce qui m'arrivait. C'&#233;tait &#231;a ou y rester. Pour autant, j'ai tr&#232;s peur qu'on r&#233;duise ce livre au t&#233;moignage d'un mec &#224; l'HP...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah, &#231;a ne risque pas ! L'une des trames de ton ouvrage, justement, c'est la mort de la paysannerie, avec tout ce qu'elle comporte de traumatique dans ta vie, mais de politique, aussi&#8230;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on pense au XXe si&#232;cle, &#224; ses &#233;v&#233;nements monstrueux, on &#233;voque le nazisme, le goulag... La disparition de la paysannerie ? Jamais, ou si peu. C'est pour cette raison que j'ai mis en avant dans mon livre cette phrase d'Eric Hobsbawm : &#171; &lt;i&gt;Le changement social le plus spectaculaire et le plus lourd de cons&#233;quences de la seconde moiti&#233; de ce si&#232;cle, celui qui nous coupe &#224; jamais du monde pass&#233;, c'est la mort de la paysannerie.&lt;/i&gt; &#187; Je trouve ce changement si lourd de cons&#233;quences que j'en suis devenu fou ! En phase maniaque, je voyais m&#234;me des gens me demander de les venger avec des fourches &#224; la main... Oui, ce ph&#233;nom&#232;ne social sans pr&#233;c&#233;dent a &#233;t&#233; traumatique d'un point de vue biographique. Cette histoire m'est revenue dans la gueule, car je me suis pris pour quelqu'un que je n'&#233;tais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Personne n'&#233;chappait &#224; mon statut d'ex-ali&#233;n&#233; que j'exhibais comme un troph&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, &#233;cris-tu page 158. Que cherchais-tu &#224; revendiquer en brandissant que tu &#233;tais pass&#233; par l'HP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, j'en parle sans probl&#232;me, mais ce n'est plus quelque chose de revendiqu&#233;. &#192; l'&#233;poque, je clamais haut et fort mon pass&#233; &#224; l'asile, sans que personne ne me demande rien. Je m'&#233;tais construit l'identit&#233; du fou en sursis qui &#8211; m&#234;me si j'&#233;tais effectivement pass&#233; par l'internement &#8211; relevait en partie d'un fantasme. Non seulement je venais d'un monde paysan &#233;radiqu&#233;, mais en plus on m'enfermait ! Je ne pouvais qu'&#234;tre appel&#233; &#224; lutter contre le capitalisme et la domination...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma vie, je l'ai beaucoup &#233;crite, dirig&#233;e, pas sur des pages, mais en actions. Je cr&#233;ais des l&#233;gendes. Par exemple, avec le recul, dans mon bref mariage avec Garance, une jeune fille issue de la haute bourgeoisie, ce qui m'a plu, entre autres, c'&#233;tait l'image du va-nu-pieds ard&#233;chois avec la privil&#233;gi&#233;e fille Claudel... J'&#233;prouvais des sentiments sinc&#232;res, mais ils ob&#233;issaient aussi &#224; une construction romanc&#233;e de ma propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton livre, les mythes se brisent &#224; mesure que tu transmets, par les mots de ton p&#232;re, l'histoire sans ambages de tes anc&#234;tres, celle qui a r&#233;ellement exist&#233;. C'est tr&#232;s dur pour l'ego, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L250xH352/-315-2bfd0.jpg?1782649024' width='250' height='352' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout fait une peine immense dans cette histoire. Bien s&#251;r, j'agissais avec c&#339;ur, avec force, mais une fois que je me suis retrouv&#233; enferm&#233;, face &#224; moi-m&#234;me, les mythes se sont effondr&#233;s. C'est pour &#231;a que ce livre est un hommage &#224; la sociologie. C'est vertigineux, d'en &#234;tre r&#233;duit &#224; sa v&#233;rit&#233;. Je me pr&#233;sentais comme venant d'une famille de paysans ard&#233;chois, ce qui n'est pas faux en soi, mais en r&#233;alit&#233;, mes parents avaient une baraque avec piscine, &#233;taient abonn&#233;s au &lt;i&gt;Monde.&lt;/i&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'on a flingu&#233; les mythes et la po&#233;sie, qu'est-ce qu'il reste ? Cette exp&#233;rience traumatisante de l'HP m'a men&#233; sur le long chemin toujours en cours de la destruction de l'ego, dans tout ce qu'il peut comporter d'&#233;crasant, de dominateur. Je me serais bien pass&#233; de ces souffrances &#224; l'&#233;tat pur, des d&#233;pressions, des enfermements. J'aurais aim&#233; en gagner autrement, de l'humanit&#233;. Mais il est certain que je n'aurai plus jamais le m&#234;me regard sur la vuln&#233;rabilit&#233;, sur tout ce qui est cass&#233;, ab&#238;m&#233;. Au terme de ce bouquin, je sais qui je suis. Et surtout, j'arr&#234;te de raconter des histoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu fais parler le monde m&#233;dical &#224; travers Mme Ducis, ton m&#233;decin protecteur &#224; l'HP, mais aussi en citant un grand ponte dont tu te moques f&#233;rocement. Il t'explique que tout ce que tu as v&#233;cu est finalement caract&#233;ristique des troubles bipolaires. Qu'en retiens-tu ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'essaie de montrer, c'est que l'approche scientifique d'une maladie peut &#234;tre rassurante. Elle permet de poser des balises, de nommer les choses. Mais il y a toujours une ambivalence, car cela &#233;limine la dimension affective, sensible. Ensuite, et &#231;a j'y tiens, une maladie psy, c'est exactement la m&#234;me chose qu'une maladie organique. Quand on est malade on se soigne, point, qu'on soit schizophr&#232;ne ou qu'on ait une scl&#233;rose en plaques. Pour ce qui me concernait, c'&#233;tait le seul moyen d'&#233;chapper &#224; une mort presque certaine : sauter du cinqui&#232;me &#233;tage pour rigoler, finir tabass&#233; dans un coin de rue, me suicider... Est-ce qu'il viendrait &#224; l'id&#233;e de quelqu'un de demander &#224; un canc&#233;reux s'il se soigne ? Seuls les troubles psy ont droit &#224; ce genre d'interrogations, de remises en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que penses-tu de l'antipsychiatrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai une approche marxiste, mat&#233;rialiste des choses. Bien s&#251;r que je partage l'id&#233;al de la libert&#233; contre l'enfermement. Mais mat&#233;riellement, il y a des personnes, dont je fais partie, qui ont parfois besoin d'&#234;tre enferm&#233;es, simplement parce que leur libert&#233; peut &#234;tre synonyme de mort. Quand on a connu la nuit mentale et tout ce qu'elle comporte comme risques, on ne peut pas avoir de position de principe, id&#233;aliste. Je souhaite &#224; tous mes fr&#232;res de la nuit de tomber parfois sur un pompier, et m&#234;me un flic, pour se faire enfermer. &#199;a peut surprendre, para&#238;tre dur, mais moi &#231;a m'a sauv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton engagement militant a-t-il pris un coup avec ces passages &#224; l'HP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passages &#224; l'HP n'ont pas &#233;t&#233; des d&#233;sillusions ou des renoncements. &#201;videmment, quand &#224; 20 ans, on t'enferme, on te tape dessus, ta vie bascule. L'asile, la folie, la maladie mentale, &#231;a fait peur a priori &#224; tout le monde, il y a un inconscient collectif... C'est terrible de vivre &#231;a, beaucoup de mes camarades ne s'en remettent pas. Eh oui, &#231;a laisse des souvenirs terrifiants de brimades, de privations. Mais dans cette longue nuit de l'internement, il y a aussi la lumi&#232;re des soins. On ne la voit pas au premier abord. Je peux dire aujourd'hui que si je m&#232;ne ma vie &#224; peu pr&#232;s comme je l'entends, c'est gr&#226;ce au traitement. Je prends des m&#233;dicaments chaque jour, mais &#231;a fait huit ans que je n'ai pas &#233;t&#233; hospitalis&#233;. Quand on sait &#224; quel point ces exp&#233;riences sont douloureuses... La psychiatrie me donne les moyens d'avoir la rage. Quand je suis perch&#233; en haut de la statue de Jean Jaur&#232;s &#224; Montpellier, &#224; manger du buis, je doute que je sois utile &#224; une quelconque lutte sociale...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Souchon a beaucoup &#233;crit dans &lt;i&gt;Fakir, Article 11, Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bipolaire de type 1, l'auteur a travers&#233; des phases maniaques et des d&#233;pressions m&#233;lancoliques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karimouche : du stand-up au chant, l'&#233;nergie de la sc&#232;ne</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Karimouche-du-stand-up-au-chant-l</link>
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		<dc:date>2015-06-01T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Delfim</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>concerts</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle a sign&#233; son premier album, Emballage d'origine, en 2010 (Atmosph&#233;riques), puis a &#233;cum&#233; les sc&#232;nes. La voici de retour avec Action (Pias/Blue Line, dans les bacs depuis le 29 mars), un joli disque de dix titres o&#249; elle d&#233;ploie une nouvelle fois sa voix exceptionnelle. Elle &#233;tait sur sc&#232;ne le 6 mars &#224; Paris, pour un show quasi intimiste tout en beaut&#233;. On en a profit&#233; pour lui poser quelques questions. Chanteuse sensible et danseuse redoutable, Karimouche est une artiste &#224; d&#233;couvrir. Tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/concerts" rel="tag"&gt;concerts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elle a sign&#233; son premier album,&lt;i&gt; Emballage d'origine&lt;/i&gt;, en 2010 (Atmosph&#233;riques), puis a &#233;cum&#233; les sc&#232;nes. La voici de retour avec &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt; (Pias/Blue Line, dans les bacs depuis le 29 mars), un joli disque de dix titres o&#249; elle d&#233;ploie une nouvelle fois sa voix exceptionnelle. Elle &#233;tait sur sc&#232;ne le 6 mars &#224; Paris, pour un show quasi intimiste tout en beaut&#233;. On en a profit&#233; pour lui poser quelques questions. Chanteuse sensible et danseuse redoutable, Karimouche est une artiste &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH360/p13_coverkarimouche-a60b4.png?1782660660' width='400' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu arrives tout juste de Lyon, c'est ta ville d'adoption ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je suis lyonnaise depuis une quinzaine d'ann&#233;es. Je suis n&#233;e &#224; Angoul&#234;me, j'ai fait des &#233;tudes &#224; Montargis puis &#224; Paris, et enfin je me suis install&#233;e &#224; Lyon. J'y suis arriv&#233;e en 2000, je travaillais d&#233;j&#224; avec la compagnie K&#228;fig comme costumi&#232;re et comme danseuse. Dans les faits, je vis la moiti&#233; du temps &#224; Paris, quand je n'ai pas mon fils. Je suis moi aussi en &#171; garde altern&#233;e &#187;. Toute mon &#233;quipe est &#224; Lyon, on r&#233;p&#232;te donc l&#224;-bas, dans le local d'un de mes musiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu soutiens en ce moment &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt;, ton nouvel et deuxi&#232;me album. Pas trop de pression ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le trac. J'ai toujours le trac. M&#234;me &#224; l'&#233;poque o&#249; je faisais du stand-up, tant cette peur est un moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton id&#233;e, c'est de tourner autant que possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on est d&#233;j&#224; partis pour quelque 80 concerts, mais j'aimerais en faire davantage. J'aime la sc&#232;ne. J'ai fait 400 concerts &#224; la suite du premier album, 400 concerts en quatre ans, c'est le bon rythme. Et puis la sc&#232;ne, c'est plus qu'une passion, c'est aussi mon gagne-pain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'avais vu un de tes concerts &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re en 2011, et ce qui m'avait marqu&#233;, c'&#233;tait ton &#233;nergie sur sc&#232;ne. Tu n'avais qu'un musicien &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce concert, il y avait eu une panne ! Il avait fallu redoubler d'&#233;nergie. G&#233;n&#233;ralement, je tourne avec deux musiciens, mais en ce moment, on est cinq. Ce nouvel album, il m'a fallu dix-huit mois pour en venir &#224; bout. J'ai &#224; nouveau collabor&#233; avec Mouss et Hakim, j'ai donc fait pas mal de sessions &#224; Toulouse. Et puis j'ai rencontr&#233; Lionel Suarez (accord&#233;oniste), qui m'a emmen&#233;e dans d'autres contr&#233;es, qui m'a pouss&#233;e &#224; chanter davantage. J'ai travaill&#233; les m&#233;lodies avec une guitare ou un accord&#233;on tandis que pour le premier album, je travaillais d'abord sur la rythmique. Peut-&#234;tre que pour le troisi&#232;me album, je ferai quelque chose de plus minimaliste car ce nouveau disque est tr&#232;s riche musicalement. En musique, je suis autodidacte, je dois donc beaucoup aux propositions de Lionel. On a fait des sessions de travail de 9 heures du matin &#224; minuit, pendant plusieurs jours de suite, puis on rodait les morceaux sur sc&#232;ne en fin de semaine. Je les ai test&#233;s de juin 2014 &#224; aujourd'hui, on a tourn&#233; &#224; Mayotte et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu peux revenir sur ton parcours de com&#233;dienne, puis avec K&#228;fig ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la compagnie de danse K&#228;fig, on a fait des tourn&#233;es magnifiques de plusieurs semaines en Asie et au Moyen-Orient. Mais j'ai d'abord &#233;t&#233; com&#233;dienne, j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre &#224; l'&#226;ge de 12 ans. Puis j'ai fait du stand-up &#224; partir de l'&#226;ge de 18 ans. En parall&#232;le, j'ai suivi une formation dans une &#233;cole de mode. &#192; Lyon, je donnais des cours de th&#233;&#226;tre la journ&#233;e, faisais du stand-up le soir au Nombril du monde, et travaillais parall&#232;lement comme costumi&#232;re pour K&#228;fig. Dans ce m&#233;tier, si tu veux t'en sortir, il vaut mieux avoir plusieurs cordes &#224; ton arc. J'ai fait aussi beaucoup de doublage de jeux vid&#233;o. J'ai toujours chant&#233;, mais chanter mes textes devant des gens, je n'aurais jamais cru que je le ferai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un c&#244;t&#233; court-m&#233;trage pour chaque morceau de ce nouvel album, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Western ou sixties. &#171; Dans la lune &#187;, je l'ai &#233;crit chez moi, dans un &#233;tat un peu m&#233;lancolique. &#171; La Noiraude &#187;, c'est une r&#233;f&#233;rence &#224; la vache du dessin anim&#233;, c'est un morceau qui groove et qui est un peu barr&#233;. &#171; Princes et princesses &#187;, c'est un morceau &#233;crit avec Magyd Cherfi, qui renvoie &#224; mes origines culturelles. Je me suis davantage l&#226;ch&#233;e pour cet album parce que lors du premier, j'avais plut&#244;t tendance &#224; &#233;luder tout lien avec l'orientalit&#233;, &#224; dire : &#171; &lt;i&gt;Oui, je m'appelle Carima, je suis n&#233;e en Charentes, mais je chante de la chanson fran&#231;aise et n'ai pas &#224; &#234;tre cantonn&#233;e dans le rap, le ra&#239; ou le R'n'B.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/p13__c_photo-victor-delfim3-93256.png?1782641990' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Victor Delfim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plus, tu chantes avec une gouaille tr&#232;s marqu&#233;e &#171; titi parisienne &#187;, avec parfois un accent &#224; couper au couteau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; berc&#233;e avec Ferr&#233; et Piaf, &#231;a m'a marqu&#233;e ! Mais aussi Idir (avec lequel j'ai fait quelques duos sur sc&#232;ne), Lounes Matoub, Cheb Khaled, Oum Kalsoum. Sur le premier album, j'ai refus&#233; deux musiques orientales, je ne voulais pas tomber dans le clich&#233;. Un mec m'a dit : &#171; &lt;i&gt;Tu devrais faire quelque chose de chez toi.&lt;/i&gt; &#187; J'ai r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Quoi, une bourr&#233;e charentaise ?&lt;/i&gt; &#187; Tout &#231;a est plus apais&#233; d&#233;sormais. J'&#233;voque la vie des sans-papiers dans &#171; Mon nom est personne &#187;. J'aborde la question des maisons closes dans &#171; Ma place au soleil &#187;. &#171; Ki cki mm &#187; (&#171; Qui c'est qui m'aime ? &#187;), c'est &#224; la fois l'acceptation de la diff&#233;rence et le reflet de la superficialit&#233; d'une soci&#233;t&#233; contemporaine. Pour r&#233;sumer, dans cet album, je me livre davantage, mais avec des cl&#233;s. En revanche, je chante presque exclusivement en fran&#231;ais. Je n'ai pas trop envie de me risquer &#224; l'anglais, ou &#224; l'arabe, m&#234;me si dans ce dernier cas, je pense que cela viendra. Quand je vois la fa&#231;on dont les choses se d&#233;gradent, je me dis qu'il faut que j'affirme aussi mes origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karimouche, c'est un nom que tu utilises depuis que tu es chanteuse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#233;j&#224; mon nom de sc&#232;ne dans mes vies artistiques d'antan. Je l'ai conserv&#233;. C'est court et renvoie &#224; un imaginaire ludique, circassien. C'est un peu comme cette grande affiche de moi dans le m&#233;tro, elle est belle et signifiante, mais on ne me reconna&#238;t pas. C'est une photo qui me ferait plut&#244;t penser &#224; ma grand-m&#232;re, qui &#233;tait tatou&#233;e et arborait plein de bijoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es distribu&#233;e par Pias, tu travailles avec Blue Line qui s'occupe aussi du management et du booking d'HK, de ZEP et de Zebda. Une grande famille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre dans un cocon ! Je suis tr&#232;s prot&#233;g&#233;e et puis on travaille en petite &#233;quipe. Je suis vraiment contente. Cela permet des rencontres et des &#233;changes, des duos sur sc&#232;ne comme sur disques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeu de massacre au TGI de Lyon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Jeu-de-massacre-au-TGI-de-Lyon</link>
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		<dc:date>2014-01-27T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis : Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juges" rel="tag"&gt;juges&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce qu'elle lui refuse la garde de leur fille depuis plusieurs mois ; le juge des affaires familiales qui est &#224; m&#234;me de trancher n'a &#233;t&#233; saisi ni par l'un ni par l'autre. Le parler des quartiers de Damien ne pla&#238;t visiblement pas au juge qui commente ses phrases par des &#171; &lt;i&gt;ah bon&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;on est content de l'apprendre &lt;/i&gt; &#187; et lui envoie 12 mois de prison dont 6 ferme dans les dents. Avec mandat de d&#233;p&#244;t. Et sur le sort de la fillette dans l'embrouille ? Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakim, 30 ans, une femme et deux enfants, est vendeur de pizzas &#224; son compte ; un soir de semaine, paniqu&#233; par la vue d'un homme arm&#233; qui le vise, il fait demi-tour et prend la fuite en voiture. Pas de bol, le braqueur est un policier en civil qui d&#233;clenche une chasse qui finira en tonneau pour Hakim, pouss&#233; dans un muret par la voiture de la BAC. Le juge qui n'&#233;coute pas les paroles du pr&#233;venu et lui envoie des &#171; &lt;i&gt;oui oui&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;d'accord d'accord &lt;/i&gt; &#187; ironiques n'&#233;coute pas non plus l'avocate (&#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas entendu vos conclusions&lt;/i&gt; &#187;), suit les r&#233;quisitions du procureur et condamne Hakim &#224; neuf mois de prison et &#224; verser 1 400 euros aux deux policiers pleurnichards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lasha, 30 ans, h&#233;ro&#239;nomane g&#233;orgien, SDF et sans emploi, vole des bonbons, 20 euros par-ci, 3 flacons de parfum par-l&#224;, avec un peu de chance un PC, pour les revendre et acheter de la came. Son avocate tente la nullit&#233; de proc&#233;dure en invoquant un interrogatoire et la lecture des droits traduits par&#8230; un inconnu au t&#233;l&#233;phone. Cela ne d&#233;range ni le procureur qui demande 13 mois de prison pour ce primo-d&#233;linquant jouant la carte de la sinc&#233;rit&#233; ni les juges qui rejettent la nullit&#233; et lui balancent 10 mois de prison dans la face. Pour lui apprendre &#224; mod&#233;rer son addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billy, 22 ans et SDF, est suspect&#233; d'avoir vol&#233; un t&#233;l&#233;phone portable et une carte de cr&#233;dit. Le casier judiciaire du pr&#233;venu permet au juge &#171; &lt;i&gt;de faire sa connaissance&lt;/i&gt; &#187;. Habitu&#233; des h&#244;pitaux psychiatriques, Billy est envoy&#233; en prison provisoirement pour un mois, en attendant une expertise psychiatrique qui dira s'il est apte &#224; la prison. Comprenne qui pourra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h25, c'est au tour de Kamel, 40 ans, toxicomane et sans emploi, p&#232;re de trois enfants dont un en mauvaise sant&#233;, de faire son entr&#233;e dans le box des accus&#233;s ; il aurait bris&#233; la vitre de trois voitures sans rien voler. En r&#233;alit&#233; son avocat explique qu'il y a un seul flagrant d&#233;lit de tentative de vol ; les policiers ont fait pression sur Kamel durant la garde &#224; vue en l'emp&#234;chant de voir un m&#233;decin et d'acc&#233;der &#224; de la m&#233;thadone. En &#233;change d'une hypoth&#233;tique cl&#233;mence du procureur, ils lui ont coll&#233; sur le dos toutes les tentatives de vols qui tra&#238;naient. &#171; &lt;i&gt;Le deal propos&#233; par la police &#224; Kamel n'est pas surprenant, j'en ai d&#233;j&#224; &#233;t&#233; t&#233;moin&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise l'avocat. Trois mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t, s'&#233;meuvent les juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e avan&#231;ant, les temps d'audience se raccourcissent, une heure pour juger Damien en d&#233;but de s&#233;ance, 40 minutes pour juger Kamel &#224; 19 h 25 et seulement 17 minutes pour juger Ahmed &#224; 20 h 10. Son infraction routi&#232;re lui co&#251;tera deux mois de prison ferme et un aller sans retour vers la Tunisie. Ah ! L'hospitalit&#233; fran&#231;aise, quand m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la ministre de la Justice entend diminuer les emprisonnements et supprimer les peines plancher, dans le m&#234;me temps, les pr&#233;fets, accompagn&#233;s par la presse locale, font pression sur les magistrats pour qu'ils tapent toujours plus fort sur la mis&#232;re. Avec pour seul r&#233;sultat d'aiguiser la haine et la ranc&#339;ur de tout le monde, histoire de rendre cette soci&#233;t&#233; d&#233;finitivement invivable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cellule, sweet cellule &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p10-berth-sweetcellule46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH142/p10-berth-sweetcellule46-28cec.jpg?1783306280' width='500' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CQFD au pr&#233;toire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/CQFD-au-pretoire</link>
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		<dc:date>2013-10-15T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 17 septembre dernier s'est tenue &#224; Lyon l'audience du proc&#232;s que nous a intent&#233; la soci&#233;t&#233; Eurochallenges. Rappelons seulement qu'il s'agit d'une agence matrimoniale sp&#233;cialis&#233;e dans la mise en relation de filles de l'Est avec des Fran&#231;ais d&#233;sireux de conclure une union stable. Dans la petite salle baign&#233;e de lumi&#232;re artificielle o&#249; l'on a l'impression que les murs se rapprochent un peu plus &#224; chaque minute qui passe, l'avocat de la partie adverse, apr&#232;s avoir ferraill&#233; sur la forme, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/septembre-dernier" rel="tag"&gt;septembre dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-est-tenue" rel="tag"&gt;s'est tenue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/societe-Eurochallenges" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233; Eurochallenges&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eurochallenges" rel="tag"&gt;Eurochallenges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francais-desireux" rel="tag"&gt;Fran&#231;ais d&#233;sireux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rappelons-seulement" rel="tag"&gt;Rappelons seulement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 septembre dernier s'est tenue &#224; Lyon l'audience du proc&#232;s que nous a intent&#233; la soci&#233;t&#233; Eurochallenges. Rappelons seulement qu'il s'agit d'une agence matrimoniale sp&#233;cialis&#233;e dans la mise en relation de filles de l'Est avec des Fran&#231;ais d&#233;sireux de conclure une union stable. Dans la petite salle baign&#233;e de lumi&#232;re artificielle o&#249; l'on a l'impression que les murs se rapprochent un peu plus &#224; chaque minute qui passe, l'avocat de la partie adverse, apr&#232;s avoir ferraill&#233; sur la forme, s'est lanc&#233; dans une attaque en r&#232;gle contre les propos &#171; &lt;i&gt;diffamatoires&lt;/i&gt; &#187; de notre ex-chroniqueuse f&#233;ministe. L&#224; o&#249; Mademoiselle, l'auteure de l'article incrimin&#233; [&#171; Une Laf&#226;me russe sous le sapin &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;84], brocardait la pr&#233;sentation publicitaire de ces femmes soumises sur le site de l'agence, le repr&#233;sentant de celle-ci y a lu une accusation de trafic d'&#234;tres humains et de mise en place d'un r&#233;seau de prostitution. C'est lui qui le dit ! Pas nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L468xH622/avocclient-fc962.jpg?1782647483' width='468' height='622' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il cite une affaire opposant Bedos &#224; Le Pen o&#249; l'humour n'a pu &#234;tre invoqu&#233; comme &#233;l&#233;ment d'exon&#233;ration de toute responsabilit&#233; par le comique de gauche. Sauf que ce dernier avait clairement accus&#233; l'ex-pr&#233;dident du Front national d'&#234;tre financ&#233; par feu Saddam Hussein ! Enfin, on peut imaginer qu'il lui fallait envoyer du mortier lourd pour justifier et ses honoraires et les 14 000 euros de pr&#233;judice qu'il nous r&#233;clame. D&#233;lib&#233;r&#233; au 19 novembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Un salut amical et un prompt r&#233;tablissement &#224; notre camarade Jean-Claude Leyraud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pas de &#171; coup de rabot &#187; sur les condamnations</title>
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		<dc:date>2013-08-22T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>passe</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>juge</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
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		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
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		<dc:subject>J'ai jamais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir. &#171; J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une pr&#233;c&#233;dente affaire. &#171; &lt;i&gt;Le Spip&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;note que vous n'avez plus r&#233;pondu &#224; ses convocations apr&#232;s le quatri&#232;me rendez-vous, pourquoi ?&lt;/i&gt; &#187; interroge la juge. La maman de Nadjib, assise dans la salle, prend la parole d'une voix fatigu&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Depuis notre d&#233;m&#233;nagement les convocations sont envoy&#233;es &#224; une mauvaise adresse.&lt;/i&gt; &#187; La juge mentionne que Nadjib est atteint de schizophr&#233;nie et interroge sa m&#232;re sur la vie quotidienne &#224; la maison et la raison pour laquelle il ne va pas aux rendez-vous du Spip : &#171; &lt;i&gt;Il est normal, il est pas normal, un jour &#231;a va, un jour &#231;a va pas, ce jour-l&#224;, &#231;a ne va pas et il ne fait pas le rendez-vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le tribunal interroge directement Nadjib : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes schizophr&#232;ne, comment &#231;a se passe ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je prends des m&#233;dicaments et des injections au Vinatier 2, deux fois par mois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Non une fois par semaine, madame&lt;/i&gt;, coupe sa m&#232;re, &lt;i&gt;le lundi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Sauf ce lundi&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Nadjib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Pourquoi ?&lt;/i&gt; demande la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Euh&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Il n'a pas envie de sortir, je vous dis la v&#233;rit&#233; madame. &#193; la maison, il parle avec personne, il n'aime personne, ne supporte pas qu'on passe devant lui&lt;/i&gt; &#187;, se lamente sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La juge note que le m&#233;decin du Vinatier trouve Nadjib &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s d&#233;sorganis&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Nadjib tente de glisser : &#171; &lt;i&gt;Me mettre en prison c'est pas une bonne id&#233;e, pour quelqu'un de malade c'est pas un endroit o&#249; aller.&lt;/i&gt; &#187; La juge feint ne pas entendre sa remarque et lit quelques bribes de l'expertise psychiatrique : &#171; &lt;i&gt;Schizophr&#233;nie&#8230; alt&#233;ration du discernement mais pas abolition&#8230; sympt&#244;me stabilis&#233; quand le suivi est r&#233;gulier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Et elle passe &#224; l'interpr&#233;tation : &#171; &lt;i&gt;Votre conscience est un peu alt&#233;r&#233;e mais pour autant vous &#234;tes responsable, tous les schizophr&#232;nes ne commettent pas d'infraction. Vous souvenez-vous avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; ici, dans cette salle ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, pour quelque chose que j'ai pas fait. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Le tribunal vous a tout de m&#234;me condamn&#233; &#224; un mois de prison ferme&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se replonge ensuite dans les proc&#232;s-verbaux : &#171; &lt;i&gt;&#8230; a restitu&#233; le portefeuille aux employ&#233;s pr&#233;sents puis s'est enfui&#8230; Les battants de la porte incendie ont &#233;t&#233; forc&#233;s, l'entreprise demande 8 000 euros au titre du pr&#233;judice subi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est pas moi, j'ai jamais mis les pieds l&#224;-bas, j'ai jamais &#233;t&#233; l&#224;-bas !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour du procureur de prendre la parole et il l&#226;che d'une voix monocorde : &#171; &lt;i&gt;Il a quelques probl&#232;mes psychologiques mais &#231;a n'excuse pas tout. Il est dangereux, tr&#232;s dangereux s'il ne prend pas son traitement. Il doit &#234;tre &#233;cart&#233; de la soci&#233;t&#233; de fa&#231;on durable. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ment, il nie l'&#233;vidence, ce qui montre une certaine astuce car un vrai malade reconna&#238;t tout de suite.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La peine plancher est de deux ans pour ces faits, je requiers 24 mois de prison dont 12 mois avec sursis mise &#224; l'&#233;preuve, avec obligation de soin, assorti d'un mandat de d&#233;p&#244;t, pour &#233;viter le renouvellement des faits. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadjib intervient &#224; de nombreuses reprises lors des r&#233;quisitions du procureur pour demander une expertise psychiatrique. &#171; &lt;i&gt;Je vous donnerai la parole apr&#232;s la plaidoirie de votre avocat &lt;/i&gt; &#187;, lui lance la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son avocat est un habitu&#233; des comparutions imm&#233;diates et des mauvais r&#233;sultats : &#171; &lt;i&gt;J'assiste depuis deux ans Monsieur dans des affaires similaires.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On est d&#233;sarm&#233; devant une telle situation, il n'a aucune protection, il est abandonn&#233; par le p&#232;re et ses trois fr&#232;res et s&#339;urs sont quasiment livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Quelle est la solution ? Il peut &#234;tre victime d'abus, dans son quartier comme en d&#233;tention, comme cela s'est d&#233;j&#224; produit. Il a besoin d'un suivi m&#233;dical s&#233;rieux. Le procureur demande 24 mois ? Je ne sais pas quelle est la solution, il faut qu'il s'en sorte, je ne suis pas l&#224; pour plaider la prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'elle a annonc&#233; la juge ne redonne pas la parole &#224; Nadjib. Jug&#233; en 36 minutes, le jeune homme est renvoy&#233; en prison pour six mois ferme avec mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#199;a fait cher la canette</title>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<dc:subject>ans d'interdiction</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau. Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &#224; proximit&#233; des CRS &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans-d-interdiction" rel="tag"&gt;ans d'interdiction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &lt;i&gt;&#224; proximit&#233; des CRS&lt;/i&gt; &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les policiers charg&#233;s de surveiller les agit&#233;s du stade les avaient rep&#233;r&#233;s. Jug&#233;s s&#233;par&#233;ment &#171; &lt;i&gt;pour jets de pierre et de verre sur les forces de l'ordre aux abords d'un lieu sportif&lt;/i&gt; &#187;, les deux St&#233;phanois r&#233;pondent aux questions concernant leur travail, leur famille, leur &#233;ventuelle consommation de drogue et les motivations de leur geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat des deux policiers qui se sont port&#233;s parties civiles charge les pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des faits insupportables pour les policiers et la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le procureur enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des actes gravissimes et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;intol&#233;rables !&lt;/i&gt; &#187; Il r&#233;clame deux mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade pour chaque pr&#233;venu. Vincent explique qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; une canette &#224; un CRS sans l'atteindre, il est all&#233; s'excuser aupr&#232;s de lui. &#171; &lt;i&gt;La police m'int&#233;resse, je respecte ce m&#233;tier que je ferai peut-&#234;tre un jour.&lt;/i&gt; &#187; Son avocat plaide la cl&#233;mence : &#171; &lt;i&gt;Mouvement de foule, r&#233;action face au jet du canon &#224; eau&#8230; L'erreur est humaine.&lt;/i&gt; &#187; Mathieu est condamn&#233; &#224; quatre mois de prison avec sursis et Vincent &#224; soixante jours-amendes de quarante euros. Tous deux sont interdits de stade pendant cinq ans. Le tribunal les condamne &#224; payer 300 euros d'indemnit&#233; aux deux CRS, bien qu'aucune ITT n'ait &#233;t&#233; attribu&#233;e. Ils doivent en outre acquitter 300 euros aux avocats de ces deux policiers sans doute victimes d'un insondable traumatisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience suivante convoque un supporter lyonnais, David. Ce m&#234;me jour de match, en attendant d'entrer dans le stade, il est assis sur une place. Soudain, des gens se font courser par des CRS et un de ses amis se fait matraquer. Il r&#233;agit en lan&#231;ant une canette : &#171; &lt;i&gt;Mon ami s'&#233;loignait et j'ai eu l'impression que&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, tente d'expliquer David, aussit&#244;t interrompu par le juge : &#171; &lt;i&gt;Les cam&#233;ras de surveillance montrent un jeune homme reculer, puis ramasser une canette avant de la jeter sur les CRS.&lt;/i&gt; &#187; Un policier partie civile d&#233;clare &#224; la barre avoir senti &#171; &lt;i&gt;une douleur sur le coup&lt;/i&gt; &#187;, mais ne pr&#233;sente ni certificat m&#233;dical, ni ITT. &#171; &lt;i&gt;Les cons&#233;quences auraient pu &#234;tre plus graves&lt;/i&gt; &#187;, plaide l'avocat de la police. Le procureur, qui r&#233;clame un mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade, d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Une canette &#224; moiti&#233; pleine est aussi dangereuse qu'une bouteille en verre. Dans son geste, il y a manifestement la volont&#233; de faire mal.&lt;/i&gt; &#187; L'avocat de David rappelle que les vid&#233;os montrent que &#171; &lt;i&gt;sur cette place, les CRS avancent plus vite que les gens ne reculent&lt;/i&gt; &#187; et la canette que son client &#171; &lt;i&gt;jette dans un geste irr&#233;fl&#233;chi atterrit sur un bouclier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal va plus loin que les r&#233;quisitions du procureur et condamne David &#224; quatre mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade. Il doit verser 300 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts au CRS au titre du pr&#233;judice moral, ainsi que&#8230; 300 euros de frais d'avocat du policier ! &#201;trange coutume judiciaire, puisque ces proc&#233;dures, qui finissent la plupart du temps par arrondir les fins de mois des fonctionnaires, sont prises en charge par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le train-train de la justice industrielle au TGI de Lyon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-train-train-de-la-justice-879</link>
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		<dc:date>2013-03-26T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<dc:subject>euros</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Rachid</dc:subject>
		<dc:subject>Yacine</dc:subject>
		<dc:subject>cigarettes</dc:subject>
		<dc:subject>vendu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue. &#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur. Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no108-fevrier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;108 (f&#233;vrier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sursis" rel="tag"&gt;sursis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/euros" rel="tag"&gt;euros&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rachid" rel="tag"&gt;Rachid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yacine" rel="tag"&gt;Yacine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cigarettes" rel="tag"&gt;cigarettes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vendu" rel="tag"&gt;vendu&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les faits, soit treize &#224; quatorze cartouches &#233;coul&#233;es chaque jour. Achet&#233;es trente euros l'unit&#233;, elles sont stock&#233;es chez des commer&#231;ants du quartier ou dans la voiture de Yacine avant d'&#234;tre revendues entre trente-cinq et quarante euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier est s&#233;par&#233; de sa femme et vit avec les 760 euros de son allocation Adulte handicap&#233;. Quant &#224; Rachid, qui dit au juge ne pas savoir qu'il est interdit de vendre du tabac dans la rue, il travaille parfois en int&#233;rim dans le b&#226;timent ou la restauration. Il dort chez des amis, souvent &#224; l'h&#244;tel et pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt; C'est pour &#231;a que je vends des cigarettes, le logement co&#251;te tr&#232;s cher.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur affirme que le plus &#226;g&#233; des deux est l'organisateur du trafic puisqu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; poursuivi pour des faits similaires. Il requiert six mois de prison avec sursis pour Rachid et une peine qui &#171; &lt;i&gt;ne devra pas &#234;tre inf&#233;rieure &#224; douze mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t&lt;/i&gt; &#187;pour son ami.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH330/p07-ll_chro_jud-aa000.jpg?1782641877' width='400' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur avocat explique que le tabac est devenu un produit de luxe et que lui-m&#234;me, lorsqu'il part &#224; l'&#233;tranger, se fait syst&#233;matiquement harceler par ses amis pour qu'il leur ram&#232;ne des clopes. &#171; &lt;i&gt;Lorsque l'on habite &#224; proximit&#233; d'une fronti&#232;re, on la traverse pour acheter des cigarettes : &#224; Lyon on va &#224; &#8220;la place&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il avant de faire remarquer que les douanes ne se sont pas manifest&#233;es, preuve s'il en est qu'il s'agit bien d'un trafic d&#233;risoire. Il plaide pour une sanction du type jour-amende et rappelle que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement a r&#233;cemment encourag&#233; les magistrats &#224; ne pas surcharger les prisons&lt;/i&gt;. &#187;
Le tribunal en d&#233;cide autrement. Rachid prend six mois de prison avec sursis et Yacine est envoy&#233; en prison pour une dur&#233;e similaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La menace de la prison et le travail gratuit comme rem&#232;de &#224; la mis&#232;re.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ginette a 62 ans. Elle habite Givors, petite ville industrielle sinistr&#233;e, &#224; 25 km au sud de Lyon. Apr&#232;s 24 heures de garde &#224; vue, elle passe en comparution imm&#233;diate, en ce 23 janvier 2013. Elle est accus&#233;e d'avoir retir&#233; 100 euros avec sa carte bleue puis de l'avoir d&#233;clar&#233;e vol&#233;e. Elle vit seule, touche 777 euros de retraite et doit payer 300 euros par mois d'indemnit&#233; judiciaire pour une pr&#233;c&#233;dente affaire. Elle fait le m&#233;nage dans les &#233;coles et les cantines aux aurores, en int&#233;rim. Ses enfants sont grands, elle ne les voit plus. Elle parle parfois au t&#233;l&#233;phone avec sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 d&#233;cembre, elle ach&#232;te deux paires de chaussons et un peu de nourriture avec les 100 euros qu'elle a retir&#233;s au distributeur automatique. Devant un tel gaspillage, un ami la r&#233;primande s&#233;v&#232;rement. Pour ne pas perdre sa consid&#233;ration, elle lui raconte qu'elle s'est fait voler sa carte bleue et va aussit&#244;t au commissariat d&#233;poser une plainte. La cam&#233;ra de surveillance du distributeur automatique la d&#233;noncera.
Le tribunal la condamne &#224; un mois de prison avec sursis et &#224; quarante-huit heures de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au TGI de Lyon le handicap mental est un d&#233;lit r&#233;prim&#233; d'une peine de prison</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental</guid>
		<dc:date>2013-03-11T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>juge</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;venu</dc:subject>
		<dc:subject>tribunal</dc:subject>
		<dc:subject>psychiatrique</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>pris</dc:subject>
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		<dc:subject>Abdelatif</dc:subject>

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&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012. Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdelatif" rel="tag"&gt;Abdelatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et poursuit la lecture des proc&#232;s-verbaux des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai pas pris mes m&#233;dicaments depuis 4 jours&#8230; tout &#224; l'heure je suis tomb&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Abdelatif d&#232;s que le juge l'interroge. Il pleure : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quatre jours que je suis encastr&#233; [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n'en peux plus. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident propose alors qu'on reporte la s&#233;ance en attendant que les m&#233;dicaments aient fait leur effet, mais le pr&#233;venu refuse et son avocat intervient : &lt;i&gt;&#171; Mon client a &#233;t&#233; hospitalis&#233; r&#233;cemment &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un d&#233;lai pour qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge prend note et reprend la lecture des proc&#232;s-verbaux. Abdelatif est accus&#233; d'avoir tent&#233; de cambrioler une voiture le 8 d&#233;cembre, puis d'avoir bris&#233; la vitre d'une autre sans rien prendre, de s'en &#234;tre pris finalement &#224; une derni&#232;re et d'y avoir d&#233;rob&#233; un coussin, un sac poubelle et une cordelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat du pr&#233;venu demande un d&#233;lai afin de rassembler des informations pour permettre un proc&#232;s &#233;quitable et dresse un bref descriptif de l'existence de son client qui cumule prises d'antid&#233;presseurs, crises d'&#233;pilepsie, tentatives de suicide, rendez-vous r&#233;guliers chez un psychiatre et classement &#171; Adulte Handicap&#233; &#187; &#224; 95 % pris en charge par la Cotorep depuis ses 18 ans. Il explique que &lt;i&gt;&#171; son traitement m&#233;dicamenteux ne lui permet pas de boire de l'alcool et malgr&#233; cela, samedi, le jour du d&#233;lit, il a bu. C'est ce qui a d&#233;clench&#233; le passage &#224; l'acte. Aujourd'hui, ayant repris ses esprits, il ne se souvient plus de rien. &#187;&lt;/i&gt; Et pr&#233;cise qu'Abdelatif n'est pas abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me et que ses fr&#232;res, ses s&#339;urs et sa m&#232;re &#8211; qui ont chacun pris une journ&#233;e sur leur temps de travail pour assister &#224; l'audience &#8211; font bloc au quotidien pour l'aider et l'entourer. Le pr&#233;sident &#233;num&#232;re alors la douzaine d'annotations sur le casier judicaire d'Abdelatif concernant des petits vols et des tentatives. &lt;i&gt;&#171; Je suis seul, j'ai envie de parler, alors je bois&#8230; Je n'ai pas le droit mais je me sens bien apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdelatif. &lt;i&gt;&#171; Vous souvenez vous de votre pr&#233;c&#233;dente condamnation qui remonte au 11 novembre ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le juge. &lt;i&gt;&#171; Je ne sais plus, je perds beaucoup la m&#233;moire, excusez-moi, Mademoiselle &#187;&lt;/i&gt;, bredouille le pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion ne trouble pas le procureur qui avance qu'Abdelatif joue de ses difficult&#233;s devant le tribunal et risque de renouveler les faits d'ici le prochain proc&#232;s. Il r&#233;clame la mise sous &#233;crou dans l'attente d'une nouvelle audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat prend la parole une derni&#232;re fois, &#233;voque la famille de son client pr&#233;sente &#224; l'audience et assure qu'elle est la garantie du non renouvellement des faits. Il demande qu'Abdelatif ne soit pas incarc&#233;r&#233; mais plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire stricte avec obligation de soins psychiatriques plus fr&#233;quente qu'au moment des faits, et ceci jusqu'&#224; la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;lib&#233;ration &#224; huis clos, les juges d&#233;cident d'un d&#233;lai pour juger l'affaire, ordonnent qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e et fixent la date du proc&#232;s au 9 janvier 2013. Abdelatif est envoy&#233; en prison jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que j'ai fait ou pas fait, je ne comprends rien &#187;&lt;/i&gt;, dit le pr&#233;venu. &lt;i&gt;&#171; Il est handicap&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;crie sa famille depuis les bancs de la salle d'audience&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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