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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La fabrique des apparences est politique &#187;</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance, le v&#234;tement d&#233;termine les normes des genres : aux filles, les jupettes roses ; aux gar&#231;ons, les shorts bleus. Il est donc un reflet id&#233;al des rapports de domination &#224; diverses &#233;poques, ainsi qu'un enjeu majeur des luttes f&#233;ministes. L'historienne Christine Bard, professeure d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233; d'Angers et pr&#233;sidente de l'association Archives du f&#233;minisme, a ainsi publi&#233; en 2010 une histoire politique du pantalon et Ce que soul&#232;ve la jupe : identit&#233;s, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/phenomene-relativement" rel="tag"&gt;ph&#233;nom&#232;ne relativement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance, le v&#234;tement d&#233;termine les normes des genres : aux filles, les jupettes roses ; aux gar&#231;ons, les shorts bleus. Il est donc un reflet id&#233;al des rapports de domination &#224; diverses &#233;poques, ainsi qu'un enjeu majeur des luttes f&#233;ministes. L'historienne Christine Bard, professeure d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233; d'Angers et pr&#233;sidente de l'association Archives du f&#233;minisme, a ainsi publi&#233; en 2010 une &lt;i&gt;histoire politique du pantalon&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe : identit&#233;s, transgressions, r&#233;sistances&lt;/i&gt;, qui prolongeaient son essai sur &lt;i&gt;Les Gar&#231;onnes &#8212; mode et fantasmes des Ann&#233;es folles&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;dit&#233; cet automne chez Autrement. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les femmes portent des robes &#224; fleurs roses, les mecs se fringuent comme des croque-morts : les normes vestimentaires en vigueur jusqu'aux ann&#233;es 1960, et les assignations de genre qu'elles supportent et prolongent jusqu'&#224; nos jours, sont un ph&#233;nom&#232;ne relativement r&#233;cent &#224; l'&#233;chelle de l'histoire, reflet des bouleversements politiques et sociaux de la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tel est du moins ce que montre l'historienne Christine Bard dans une &lt;i&gt;histoire politique du pantalon &lt;/i&gt;(Seuil) et &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe&lt;/i&gt; (Autrement), tous deux parus en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement est un &#171; Ancien R&#233;gime &#187; vestimentaire o&#249;, si les hommes sont commis au v&#234;tement ferm&#233; &#224; l'entrejambe, plus pratique, et les femmes aux robes et jupons ouverts, moins moulants, les unes comme les autres sont autoris&#233;s &#224; rechercher le plaisir et la fantaisie des couleurs, des formes et des textures. Avec la R&#233;volution fran&#231;aise, fini de rigoler, m&#234;me un peu : la figure du &#171; sans-culotte &#187;, c'est-&#224;-dire de l'ouvrier en pantalon, symbolise la citoyennet&#233; nouvellement acquise ; en m&#234;me temps que les femmes sont priv&#233;es de droits politiques, la loi leur interdit le port du pantalon. C'est que le citoyen respectable &#8211; prolo comme bourgeois &#8211; bosse au lieu de zoner dans les boutiques. D&#232;s lors, le moindre &#233;cart &#224; la norme est une transgression : rares sont les femmes qui se risquent &#224; porter le pantalon, avec ou sans l'autorisation des cond&#233;s, et encore plus rares, les hommes qui empruntent au vestiaire f&#233;minin. Le v&#234;tement illustre donc &#224; la perfection les rapports de domination en vigueur &#224; diff&#233;rentes &#233;poques &#8211; raison pour laquelle nous avons demand&#233; &#224; Christine Bard&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui revient sur l'ensemble de sa trajectoire dans un recueil d'entretiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de nous en dire un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les diff&#233;rentes vagues f&#233;ministes co&#239;ncident, &#224; chaque &#233;poque, avec des modes vestimentaires tr&#232;s diff&#233;rentes. Quel regard portent les mouvements f&#233;ministes sur le v&#234;tement ? Le port du pantalon, par exemple, fait-il consensus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les f&#233;minismes ont toujours &#233;t&#233; diversifi&#233;s. Plus ils sont radicaux, plus ils sont attir&#233;s par la critique de la norme vestimentaire et cr&#233;ateurs de propositions nouvelles. Pour la premi&#232;re vague &lt;i&gt;[fin XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, d&#233;but XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle]&lt;/i&gt;, on peut penser &#224; Hubertine Auclert, Asti&#233; de Valsayre ou Madeleine Pelletier qui va, la premi&#232;re, th&#233;oriser la n&#233;cessit&#233; politique de la virilisation des femmes. Ces f&#233;ministes s'approprient &#224; des degr&#233;s divers la masculinit&#233; vestimentaire, jusqu'au pantalon, symbole le plus &#233;clatant de la virilit&#233; et du pouvoir. Mais cela ne va pas de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait d&#233;bat, c'est ce que le psychologue anglais John Carl Fl&#252;gel a appel&#233; dans les ann&#233;es 1930 &lt;i&gt;&#8220;la grande renonciation des hommes &#224; la parure&#8221;&lt;/i&gt;. Les femmes doivent-elles les &#8220;imiter&#8221;, alors que la plupart ressentent la norme vestimentaire f&#233;minine comme un privil&#232;ge esth&#233;tique, source d'un certain pouvoir et pourvoyeur de leur identit&#233; de genre ? La f&#233;ministe r&#233;publicaine Maria Deraismes dit pr&#233;f&#233;rer les couleurs des femmes &#224; l'allure triste des &#8220;hommes en noir&#8221; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me : d&#233;jouer le pi&#232;ge patriarcal qui d&#233;finit le f&#233;minisme comme une pathologie de l'inversion des genres (masculinisation des femmes et f&#233;minisation des hommes). Une fa&#231;on d'ignorer que la demande f&#233;ministe porte, surtout lors de la premi&#232;re vague, avant tout sur l'&#233;galit&#233; des droits. Aussi, de nombreuses f&#233;ministes semblent jouer le jeu de la f&#233;minit&#233; tout en r&#233;clamant un autre statut pour les femmes. Elles veulent montrer que l'on peut &#234;tre f&#233;ministe et f&#233;minine. J'&#233;voque l&#224; un temps dans l'histoire du f&#233;minisme o&#249; la notion de genre est encore peu pr&#233;sente. Pour beaucoup d'entre elles, le pantalon pour les femmes est une excentricit&#233; qui nuit &#224; la cause. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le pantalon chez les femmes reste l'apanage de personnalit&#233;s marginales, souvent issues des classes sup&#233;rieures, qui transgressaient volontairement les codes. Comment ce choix s'est-il g&#233;n&#233;ralis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par de nombreuses voies : le sport, la visibilit&#233; de l'homosexualit&#233; f&#233;minine, le travail f&#233;minin dans les usines, l'usine &#224; r&#234;ves qu'est le cin&#233;ma (avec ses stars androgynes des ann&#233;es 1930), la mode cool du jean venue des &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1950, la d&#233;contraction baln&#233;aire avec ses pantalons fluides de plage &#224; la fin des ann&#233;es 1920, ses corsaires moulants dans les ann&#233;es 1950&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frappant, c'est la subite g&#233;n&#233;ralisation du port du pantalon dans les ann&#233;es 1960, car elle d&#233;montre &#224; elle seule la dimension profond&#233;ment politique de la fabrique des apparences. Dans le contexte de l'effervescence culturelle et politique des &lt;i&gt;sixties&lt;/i&gt;, l'av&#232;nement du pantalon co&#239;ncide notamment avec le droit &#224; la contraception (la pilule, entre autres). Mais aussi avec le port de la minijupe, et l&#224;, cela devient encore plus int&#233;ressant. C'est pourquoi, dans &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe&lt;/i&gt;, j'ai voulu analyser l'attachement d'une majorit&#233; de femmes &#224; la libert&#233; de choisir, le pantalon ou la jupe, le ferm&#233; ou l'ouvert, le long ou le court, couvrir ou montrer&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement aux apparences, la libert&#233; vestimentaire reste limit&#233;e aujourd'hui...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a l'impression que Mai 68 a d&#233;r&#233;gul&#233; le syst&#232;me vestimentaire et ce n'est pas compl&#232;tement faux. Les contraintes sont moins fortes, comme le montre la disparition du v&#234;tement du dimanche, du v&#234;tement de deuil, du v&#234;tement pour femmes &#226;g&#233;es. Mais les femmes paient cher cette &#8220;libert&#233;&#8221; vestimentaire qu'elles ch&#233;rissent et qui fut si difficilement acquise. Leurs choix sont toujours risqu&#233;s, le plus souvent critiqu&#233;s et limit&#233;s par un fort contr&#244;le social. Car derri&#232;re le v&#234;tement : la sexualit&#233;. L'appropriation sociale du corps des femmes se fait selon des modalit&#233;s diverses, directes ou indirectes, dans la famille ou dans la rue, ou encore dans les m&#233;dias bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travail aussi : je suis frapp&#233;e par la persistance de l'uniforme jupe et talons que pas mal d'entreprises imposent &#224; leurs employ&#233;es. Bien qu'elles en aient le droit, c'est choquant, excluant, p&#233;nible et tr&#232;s sexiste. Les hommes salari&#233;s sont &#233;galement soumis &#224; des contraintes, dont je ne ferai pas l'&#233;quivalent de l'obligation du port d'un v&#234;tement plus ou moins &#233;rotisant. Mais tout de m&#234;me, l'interdiction des bermudas estivaux est, par exemple, &#224; l'origine de plaintes aux prud'hommes et de plusieurs mouvements sociaux allant jusqu'&#224; la gr&#232;ve ou &#224; la protestation par le port de jupes&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juin 2017, en pleine canicule, des chauffeurs de bus nantais se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour certains de ces protestataires, c'est une mani&#232;re de dire que les femmes seraient privil&#233;gi&#233;es par une possibilit&#233; de choisir que les hommes n'ont pas. On a vu que ce n'est pas toujours le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la jupe masculine est d'ailleurs un r&#233;v&#233;lateur int&#233;ressant des rapports de genre et sans doute annonciateur de transformations &#224; venir. Dans les r&#233;cits des porteurs de jupes, on voit par ordre croissant de difficult&#233; quels sont les espaces sociaux dans lesquels ils &#233;voluent : l'espace intime, en solo, puis en couple, en famille, puis le cercle amical, enfin les sorties dans la rue. Ce qui r&#233;siste, le bastion le plus normatif, c'est le monde du travail. D&#233;fendre le droit des hommes &#224; porter la jupe est pour moi compl&#232;tement dans la logique du combat f&#233;ministe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une interview, Virginie Despentes disait que &#171; &lt;i&gt;les mecs sont vachement lents sur des trucs extr&#234;mement simples : ils sont extr&#234;mement lents &#224; porter des jupes, extr&#234;mement lents &#224; se maquiller, extr&#234;mement lents &#224; se vernir les ongles... &#187;&lt;/i&gt; Partagez-vous ce constat ? Comment l'expliquer ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je le dis avec mes mots d'historienne depuis longtemps : les hommes, avec leur costume, sont englu&#233;s dans un XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle bourgeois qui semble interminable. Ils ont renonc&#233;, sauf dans certaines marges et&lt;i&gt; subcultures&lt;/i&gt;, &#224; des formes d'&#233;rotisation du corps jug&#233;es f&#233;minines et f&#233;minisantes. C'est bien s&#251;r la d&#233;virilisation en tant que perte de pouvoir symbolique qui les retient. Une certaine peur aussi dans une soci&#233;t&#233; qui demeure tr&#232;s normative sur le genre et la sexualit&#233;. Pourtant, l'&#233;galit&#233; passe par le partage du travail de la s&#233;duction et de l'&#233;rotisation des apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des essayistes f&#233;ministes, comme Mona Chollet dans &lt;i&gt;Beaut&#233; fatale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; &#171; Les nouveaux visages d'une ali&#233;nation f&#233;minine &#187; et paru en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, insistent &#8211; &#224; juste titre &#8211; sur les aspects oppressifs de nos pratiques. Moi, ce que je veux souligner, aussi, c'est le besoin humain de parure. On s'accorde &#224; dire que le v&#234;tement a trois fonctions : parure, pudeur et protection. Nous en avons tous besoin, mais sous quelles formes ? Les ann&#233;es 1960- 1970 &#233;taient riches d'utopies qui se voulaient lib&#233;ratrices ; elles ont en partie repens&#233; les dosages, contest&#233; l'injonction &#224; la pudeur&#8230; Qu'allons-nous &#234;tre capables d'inventer aujourd'hui, en int&#233;grant par exemple la dimension &#233;cologique ? Pour concr&#233;tiser la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; sur le plan vestimentaire, sans mod&#232;le unique, mais au contraire, en d&#233;fendant l'amour de la diversit&#233; ? Quelle sera la politique vestimentaire des personnes se d&#233;finissant comme non binaires ? La mode non genr&#233;e semble progresser, mais il me semble qu'elle rel&#232;ve surtout pour le moment de l'&#233;tiquetage commercial. Sur le plan formel, rien de nouveau. Mais cela viendra, forc&#233;ment, puisque le syst&#232;me vestimentaire de genre est l'expression de notre syst&#232;me de genre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis plus de dix ans, chaque &lt;i&gt;fashion week&lt;/i&gt; voit annoncer l'adoption prochaine du vestiaire f&#233;minin par les hommes, &#224; commencer par la jupe. Dans les faits, &#224; part un fr&#233;missement en faveur du &lt;i&gt;crop top&lt;/i&gt; masculin, les &#233;volutions sont lentes. La haute couture a-t-elle un r&#244;le &#224; jouer dans la transformation des pratiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les d&#233;fil&#233;s, les mannequins, les couturiers et couturi&#232;res, les magazines de mode jouent un r&#244;le dans le changement. Le syst&#232;me de la mode est tr&#232;s puissant et prescripteur. Il est aussi attentif &#224; de nouvelles tendances et n'est pas totalement indiff&#233;rent aux enjeux de transformation politique tels que le f&#233;minisme, la d&#233;fense des minorit&#233;s de genre, l'&#233;cologie. Il repr&#233;sente un pouvoir consid&#233;rable affectant nos vies et il est bien l&#233;gitime de lui adresser des critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les forces du changement sont aussi du c&#244;t&#233; des marges et des jeunes, depuis le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Un changement vestimentaire majeur ne se produit jamais seul. Une nouvelle configuration des rapports de genre produira forc&#233;ment de nouvelles mani&#232;res de s'habiller. Cela se fera dans un cadre mondialis&#233; tr&#232;s diff&#233;rent du cadre ancien de production des normes. Mais on ne pourra pas faire table rase du pass&#233; pour autant : il est inscrit en nous, pour le meilleur et pour le pire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui revient sur l'ensemble de sa trajectoire dans un recueil d'entretiens paru ce printemps aux Puf, &lt;i&gt;Mon genre d'histoire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En juin 2017, en pleine canicule, des chauffeurs de bus nantais se pr&#233;sentent &#224; l'embauche en jupe pour protester contre l'interdiction du port du bermuda. Ils obtiennent gain de cause, de m&#234;me que les deux chauffeurs de Forbach (Moselle) qui les imitent quelques jours plus tard. Leur exemple est r&#233;guli&#232;rement imit&#233; depuis, en p&#233;riode de forte chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &#171; Les nouveaux visages d'une ali&#233;nation f&#233;minine &#187; et paru en 2012 chez Zones.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les habits de la r&#233;volte</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>militante</dc:subject>

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&lt;p&gt;Politique, l'art de la sape ? Oui. Et pas qu'un peu. Outil d'affirmation de soi et de construction identitaire, symbole d'appartenance communautaire, marqueur social, objet de domination et sujet de luttes &#233;mancipatrices, le v&#234;tement est tout &#231;a &#224; la fois et plus encore. Dans son dossier de septembre, CQFD explore quelques liens unissant les fringues aux mouvements qui contestent le pouvoir en place et/ou l'ordre &#233;tabli. Des pompes de luxe peuvent-elles servir une cause ? Fondatrice du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militante" rel="tag"&gt;militante&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Politique, l'art de la sape ? Oui. Et pas qu'un peu. Outil d'affirmation de soi et de construction identitaire, symbole d'appartenance communautaire, marqueur social, objet de domination et sujet de luttes &#233;mancipatrices, le v&#234;tement est tout &#231;a &#224; la fois et plus encore. Dans son dossier de septembre, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; explore quelques liens unissant les fringues aux mouvements qui contestent le pouvoir en place et/ou l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/-1852-c7dbd.jpg?1782940358' width='500' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des pompes de luxe peuvent-elles servir une cause ? Fondatrice du comit&#233; Adama, du nom de son fr&#232;re mort en 2016 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interpell&#233; par des gendarmes, Assa Traor&#233; consid&#232;re vraisemblablement que oui. En juin 2021, la militante antiraciste poste sur Facebook une photo d'elle posant poing lev&#233; et paire de Louboutin aux pieds. Le contexte ? Dans le cadre d'une collection &#171; capsule&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire provisoire, en s&#233;rie limit&#233;e.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; intitul&#233;e &#171; Walk a Mile in My Shoes &#187; (traduisible par &#171; Mets-toi un instant &#224; ma place &#187;), le chausseur de luxe a sollicit&#233; 200 personnalit&#233;s &#171; &lt;i&gt;sensibles aux probl&#233;matiques de justice sociale&lt;/i&gt; &#187; pour faire la pub de sa collection dont les recettes doivent &#234;tre revers&#233;es &#171; &lt;i&gt;&#224; cinq organisations &#224; but non lucratif luttant contre les discriminations&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Assa Traor&#233; et Louboutin : ce que l'on sait de l'&#8220;association&#8221; entre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Il n'en faut pas plus pour embraser la Toile, l'affaire suscitant de vives r&#233;actions dans le camp des d&#233;tracteurs de la militante, perfus&#233;s au m&#233;pris de classe. Pour eux, &#171; &lt;i&gt;il est insupportable qu'une femme des quartiers populaires soit associ&#233;e au luxe&lt;/i&gt; &#187;, analyse la militante antiraciste Rokhaya Diallo. Mais la pol&#233;mique enfle aussi parmi les soutiens historiques du combat d'Assa Traor&#233; qui ne souscrivent pas &#224; cette collusion entre industrie du luxe et lutte antiraciste, estimant (&#224; juste titre) qu'il serait de bon ton d'articuler cette derni&#232;re avec une critique f&#233;roce du capitalisme. Capitalisme dans lequel Christian Louboutin, avec ses chaussures &#224; plus de 600 &#8364;, se vautre sans complexe aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'une figure des luttes s'associe au monde de la mode dans l'id&#233;e de jeter un peu de lumi&#232;re sur le combat qu'elle m&#232;ne. Fin 2020, le philosophe trans Paul B. Preciado pr&#234;tait son image au g&#233;ant du luxe Gucci dans un ersatz de spot publicitaire faisant la part belle aux corps non binaires. L'argument de Preciado ? &#171; &lt;i&gt;C'est parce que les v&#234;tements sont un lieu central de la construction du genre et de la sexualit&#233; qu'il me semble important d'&#234;tre en dialogue avec l'industrie de la mode.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Paul B. Preciado : &#8220;La production d'images est un espace d'action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Certes, mais des questions se posent, estiment les auteurs d'un article publi&#233; sur&lt;i&gt; Lundi matin&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Sans nier la sinc&#232;re tentative de Preciado d'accro&#238;tre la visibilit&#233; des corps trans et non binaires, et des discours et pratiques subjectives dissidentes, on peut douter de la port&#233;e qu'une telle intervention peut avoir alors qu'elle s'enracine dans un &#8220;d&#233;cor agenc&#233; pour la jouissance des &#233;lites&#8221; qui a pour conditions mat&#233;rielles l'appropriation, l'exploitation et la destruction&lt;/i&gt; &#187;.&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; quel monde nous lions-nous ? &#187; (11/01/2021).&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un tout autre terrain, celui de la rue, les sapes se muent parfois en de convaincantes armes politiques. L'un des exemples les plus &#233;loquents ? En f&#233;vrier dernier, les Birmanes se mobilisent en masse contre un coup d'&#201;tat militaire. Se saisissant d'un mythe patriarcal professant que passer sous les v&#234;tements d'une femme risque de faire perdre de la puissance virile &#224; un homme, les manifestantes accrochent leurs jupes traditionnelles sur des cordes &#224; linge au milieu de la rue pour ralentir l'avanc&#233;e des tanks. Et &#231;a marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, si derni&#232;rement une fringue a r&#233;ussi &#224; donner des sueurs froides &#224; l'&#201;tat, c'est bien le gilet jaune. &#192; l'origine obligatoire dans chaque voiture, il est devenu &#224; l'automne 2018 le signe de ralliement d'une certaine France d'&#171; en bas &#187;, contribuant &#224; fa&#231;onner la coh&#233;sion du mouvement ainsi qu'&#224; accentuer cette impression de d&#233;ferlement d'une vague fluo. Preuve de sa force de frappe, le v&#234;tement a inqui&#233;t&#233; jusqu'aux directions des usines : dans certaines d'entre elles, craignant que la contestation atteigne leurs rangs, les patrons ont remplac&#233; l'obligation du port du gilet jaune par celui du chasuble orange ou vert fluorescent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me terrain de jeu, autre fringue : la cagoule, incontournable de la panoplie des black blocs dont l'utilit&#233; en manifestation a fait ses preuves. &#192; tel point que son usage a fait l'objet, en 2019, d'une loi &#171; anticasseurs &#187; stipulant que &#171; &lt;i&gt;le fait pour une personne, au sein ou aux abords imm&#233;diats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement, totalement ou partiellement, son visage afin de ne pas &#234;tre identifi&#233;e, est consid&#233;r&#233; comme un d&#233;lit puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 &#8364; d'amende&lt;/i&gt; &#187;. L'obligation du port du masque pendant les mobilisations des mois suivant le premier confinement aura, &#224; cet &#233;gard, fait sourire. Dans le m&#234;me temps, il fallait s'y attendre, la pand&#233;mie s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une aubaine pour les entreprises cherchant &#224; d&#233;velopper des syst&#232;mes de reconnaissance faciale permettant d'identifier un individu cagoul&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre style mais tout aussi int&#233;ressant dans la fa&#231;on dont il inqui&#232;te le pouvoir, le triptyque surv&#234;t'/casquette/capuche fait son petit effet. Intimement li&#233; dans l'imaginaire &#224; une jeunesse des banlieues que l'&#201;tat peine &#224; tenir en laisse, il jouerait un certain r&#244;le dans les contr&#244;les au faci&#232;s : selon une &#233;tude de 2012, parmi les v&#234;tements provoquant &#171; &lt;i&gt;le plus de contr&#244;les, la palme [revient] &#8211; dans l'ordre &#8211; &#224; la casquette, au jogging et &#224; la fameuse capuche. La combinaison gagnante de ces trois &#233;l&#233;ments [&#8230;] multiplie par cinq la probabilit&#233; d'avoir &#233;t&#233; contr&#244;l&#233; au cours des douze derniers mois&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;le au faci&#232;s : couleur de peau et v&#234;tements sont des d&#233;clencheurs &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cr&#233;puscule des ann&#233;es 1950, une autre jeunesse d&#233;sh&#233;rit&#233;e faisait d&#233;j&#224; trembler les partisans de l'ordre : les Blousons noirs. L'expression fut &#171; &lt;i&gt;lanc&#233;e par la presse &#224; l'&#233;t&#233; 1959 pour d&#233;signer quelques bandes de jeunes soudain devenus un ph&#233;nom&#232;ne de soci&#233;t&#233; et un grand sujet d'anxi&#233;t&#233;. [&#8230;] une fois d&#233;sign&#233;s, ces jeunes &#8211; ouvriers le plus souvent &#8211; finissent par accepter la formule qui leur conf&#232;re une symbolique identitaire et se rev&#234;tent des attributs vestimentaires qu'elle tend &#224; leur assigner&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; P&#233;ril jeune, peur des jeunes. Des &#8220;Apaches&#8221; &#224; la &#8220;racaille&#8221;, Ludivine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;. Un retournement du stigmate n&#233;goci&#233; en beaut&#233; par ces jeunes prolos priv&#233;s de leur juste part du g&#226;teau des Trente Glorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de parler de la dimension contestataire du v&#234;tement sans &#233;voquer celui port&#233; par les femmes. Trop couvrant ou pas assez, le v&#234;tement &#171; f&#233;minin &#187; fait jaser dans l'Hexagone jusqu'aux plus hautes sph&#232;res du pouvoir. &#171; &lt;i&gt;&#192; l'&#233;cole, je suis plut&#244;t &#8220;tenue d&#233;cente exig&#233;e&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le pr&#233;sident de la R&#233;publique dans une interview au magazine &lt;i&gt;Elle &lt;/i&gt;en juillet dernier. Pour lui, &#171; &lt;i&gt;tout ce qui vous renvoie &#224; une identit&#233;, une volont&#233; de choquer ou d'exister, n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole&lt;/i&gt; &#187;. Si, d'apr&#232;s Emmanuel Macron, cela vaudrait &#171; &lt;i&gt;aussi bien pour les filles que pour les gar&#231;ons&lt;/i&gt; &#187;, force est de constater que seules les tenues des premi&#232;res sont scrut&#233;es &#224; la loupe. Une saillie &#233;quivalente du ministre de l'&#201;ducation nationale Jean-Michel Blanquer parlant de &#171; &lt;i&gt;tenue r&#233;publicaine&lt;/i&gt; &#187; exig&#233;e &#224; l'&#233;cole avait, en septembre 2020, donn&#233; lieu &#224; une journ&#233;e de mobilisation dans les &#233;tablissements scolaires : rassembl&#233;es derri&#232;re le hashtag #14septembre, de nombreuses lyc&#233;ennes et coll&#233;giennes s'&#233;taient point&#233;es au bahut v&#234;tues comme &#231;a leur chantait. Reste qu'on se demande en quoi un nombril d'adolescente de 14 ans en &lt;i&gt;crop top&lt;/i&gt; peut repr&#233;senter une quelconque menace pour &#171; &lt;i&gt;l'ordre r&#233;publicain&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, difficile de penser &#224; transformer les fringues en arsenal de lutte, sans se pencher un instant sur les conditions dans lesquelles elles sont fabriqu&#233;es, des ateliers de mis&#232;re asiatiques aux camps d'internement d'Ou&#239;ghours en passant par les prisons&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; La mode, l'industrie textile et la prison &#187;, CQFD n&#176; 199 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; dans lesquelles les d&#233;tenus charbonnent pour trois fois rien au profit d'une industrie de la mode qui elle, se gave. Si beaucoup de ces for&#231;ats sont r&#233;duits au silence, d'autres parviennent parfois &#224; faire entendre leur voix : en janvier 2019, des milliers d'ouvriers et ouvri&#232;res des ateliers de textile du Bangladesh &#8211; qui fournissent la came des plus grandes enseignes mondiales &#8211; avaient d&#233;bray&#233; pour r&#233;clamer de meilleurs salaires. Car si les modes passent, l'exploitation reste. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire provisoire, en s&#233;rie limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/societe/assa-traore-et-louboutin-ce-que-lon-sait-de-lassociation-entre-la-militante-et-la-marque-de-luxe-18-06-2021-2NNIKB7GRNAZ7GMGGYGVVC7FFE.php#:~:text=La%20militante%20antiraciste%20a%20indiqu%C3%A9,de%20la%20marque%20de%20luxe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assa Traor&#233; et Louboutin : ce que l'on sait de l'&#8220;association&#8221; entre la militante et la marque de luxe&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Parisien &lt;/i&gt;(18/06/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesinrocks.com/actu/paul-b-preciado-la-production-dimages-est-un-espace-daction-politique-190965-07-12-2020/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul B. Preciado : &#8220;La production d'images est un espace d'action politique&#8221;&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Les Inrocks&lt;/i&gt; (7/12/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/A-quel-monde-nous-lions-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; quel monde nous lions-nous ?&lt;/a&gt; &#187; (11/01/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/010415/controle-au-facies-couleur-de-peau-et-vetements-sont-des-declencheurs?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contr&#244;le au faci&#232;s : couleur de peau et v&#234;tements sont des d&#233;clencheurs&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (01/04/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/140214/peril-jeune-peur-des-jeunes-des-apaches-la-racaille-ludivine-bantigny&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#233;ril jeune, peur des jeunes. Des &#8220;Apaches&#8221; &#224; la &#8220;racaille&#8221;, Ludivine Bantigny&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs Mediapart &lt;/i&gt;(14/02/2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-mode-l-industrie-textile-et-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La mode, l'industrie textile et la prison&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 199 (juin 2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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