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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La croisi&#232;re n'amuse plus...</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pollution de l'air et des mers, sp&#233;culation et saturation urbaine, b&#233;tonnage et culture marchandis&#233;e&#8230; de Barcelone &#224; Venise et de Palma de Majorque &#224; (bient&#244;t) Marseille, de plus en plus d'autochtones affichent leur opposition aux nuisances g&#233;n&#233;r&#233;es par la croisi&#232;re industrielle. Vers un r&#233;seau de villes m&#233;diterran&#233;ennes en r&#233;sistance ? Quand, pour rejoindre son chantier, Seb descend de la Viste &#224; l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille, l'envie lui prend parfois de faire demi-tour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pollution de l'air et des mers, sp&#233;culation et saturation urbaine, b&#233;tonnage et culture marchandis&#233;e&#8230; de Barcelone &#224; Venise et de Palma de Majorque &#224; (bient&#244;t) Marseille, de plus en plus d'autochtones affichent leur opposition aux nuisances g&#233;n&#233;r&#233;es par la croisi&#232;re industrielle. Vers un r&#233;seau de villes m&#233;diterran&#233;ennes en r&#233;sistance ?&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note du webmaster &#8211; Un tel r&#233;seau s'est effectivement constitu&#233;, non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH281/-1194-2bf1a.jpg?1782640442' width='400' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Renaud Perrin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uand, pour rejoindre son chantier, Seb descend de la Viste &#224; l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille, l'envie lui prend parfois de faire demi-tour et de s'enfuir vers les collines. Devant lui, un voile jaun&#226;tre trouble l'atmosph&#232;re de la rade. Comme une ombre au tableau de ce paysage poignant, la cause principale de ce brouillard saute aux yeux : une masse m&#233;tallique hors de proportion est amarr&#233;e le long du quai de Cap Janet. Imposante comme quatre barres d'immeubles, une sorte de cit&#233;-forteresse flottante se dresse entre la mer et la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ancrage, le navire de croisi&#232;re ne dort jamais. Une &#233;paisse fum&#233;e noire s'&#233;chappe sans discontinuer de sa chemin&#233;e rouge. De plus en plus de Marseillais souffrent de toux chronique, de maux de cr&#226;ne et de gouttes au nez persistantes. Des allergies au pollen, dira-t-on&#8230; Des r&#233;actions aveugles du corps, surpris par l'instabilit&#233; de la m&#233;t&#233;o, sans doute&#8230; Mais pas que. La contamination de l'air, quand le mistral fait d&#233;faut, devient alarmante. M&#234;me s'il est suppos&#233; utiliser &#224; quai des carburants moins polluants, la bestiasse marine br&#251;le goul&#251;ment du fioul lourd, qui produit 3 500 fois plus de particules fines que le diesel des voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, un paquebot de 4 000 passagers et 1 000 membres d'&#233;quipage g&#233;n&#232;re en une semaine 210 000 gallons de d&#233;chets. De quoi remplir cinq piscines olympiques. Sans compter le million de gallons d'eaux grises et les 25 000 gallons d'eaux huileuses&#8230; &#192; Palma de Majorque, ville d&#233;j&#224; satur&#233;e de pr&#233;sence touristique &#224; terre, cinq ou six m&#233;ga-paquebots de croisi&#232;re jettent l'ancre chaque jour. Ce qui, selon Pedro, militant &#233;colo, &#171; &lt;i&gt;produit autant de dioxyde de carbone que 200 autoroutes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas les bienvenus ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gation radicale de la mer, que ses passagers ne touchent jamais, le mastodonte est &#233;galement une non-ville. Ses entrailles s'apparentent &#224; un vaste &lt;i&gt;shopping mall&lt;/i&gt;, agr&#233;ment&#233; de parcs &#224; th&#232;me et d'attractions inspir&#233;es du kitsch de Las Vegas. Cette prison dor&#233;e promeut un style de vie s&#233;dentaire, livr&#233; &#224; la seule consommation, que ce soit de paysages ou de bouffe pr&#233;fabriqu&#233;e. Dans votre cabine cage &#224; lapin imitant ce qui fut autrefois une vill&#233;giature raffin&#233;e pour aristos oisifs, on vous pose une petite friandise chocolat&#233;e sur l'oreiller pour vous faire croire que vous &#234;tes unique &#8211; alors qu'avec des milliers d'autres gogos, vous &#234;tes entass&#233;s les uns sur les autres comme dans un HLM. Mi-client mi-marchandise, vous &#234;tes rang&#233;s comme dans un porte-conteneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symboliquement, l'image la plus violente reste celle de ces navires &#233;crasant de toute leur masse la d&#233;licate cit&#233; v&#233;nitienne. Ils s'approchent au plus pr&#232;s, jusque dans le bassin de San Marco, face &#224; la c&#233;l&#232;bre place du m&#234;me nom. C'est ici que l'opposition aux &lt;i&gt;grandi navi&lt;/i&gt; a v&#233;cu sa sc&#232;ne la plus embl&#233;matique : mont&#233;s sur de fr&#234;les embarcations, les activistes de Venise se sont courageusement avanc&#233;s vers ces monstres si peu marins en criant dans des m&#233;gaphones &#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas les bienvenus !&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les compagnies maritimes, la d&#233;mesure ne doit en aucun cas faire obstacle &#224; la bonne marche des affaires. Le niveau des eaux est trop instable ? On construit une jet&#233;e de plusieurs kilom&#232;tres pour r&#233;guler les mouvements de la mer. Tant pis si ce chantier pharaonique chamboule l'&#233;cosyst&#232;me de la lagune. &lt;i&gt;Business must go on&lt;/i&gt;. Les autorit&#233;s portuaires imaginaient m&#234;me creuser deux nouveaux canaux pour faciliter les man&#339;uvres. Projet heureusement abandonn&#233;. Mais il y en aura d'autres. Alors, les 23 et 24 septembre, une rencontre internationale &#171; &lt;i&gt; pour la d&#233;fense des territoires, la justice environnementale et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187; est organis&#233;e &#224; Venise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, le 7 avril dernier, lors de la venue du&lt;i&gt; Symphony of the Seas&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;le plus grand bateau du monde&lt;/i&gt; &#187;, propri&#233;t&#233; de la Royal Caribbean International, une manifestation a &#233;t&#233; convoqu&#233;e par des collectifs &#233;colos et une Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable. &#171; &lt;i&gt;C'est comme si un incin&#233;rateur g&#233;ant fourrait son nez jusque dans ta chambre&lt;/i&gt; &#187;, fulmine Daniel Pardo, activiste tr&#232;s remont&#233; contre la complicit&#233;, ou l'impuissance, des autorit&#233;s locales. &#192; la pollution s'ajoutent des cons&#233;quences sociales : la vieille ville, d&#233;j&#224; colonis&#233;e par l'activit&#233; touristique, se voit &#233;touff&#233;e par les troupes de croisi&#233;ristes qui provoquent de v&#233;ritables bouchons dans les rues &#233;troites du &lt;i&gt;barrio g&#243;tico&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;&#192; tel point que l'attentat au fourgon-b&#233;lier d'ao&#251;t 2017 a suscit&#233; moins d'&#233;motion que ce qu'escomptait le terroriste,&lt;/i&gt; remarque Arnau, un riverain. &lt;i&gt;Les Ramblas, autrefois haut lieu de la convivialit&#233; locale, ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;es depuis longtemps par les Barcelonais &#224; cause du flot incessant des touristes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Course &#224; l'&#233;chalote&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, alors m&#234;me que les effets pervers de la croisi&#232;re de masse sont largement document&#233;s &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD les &#233;voquait d'ailleurs d&#233;j&#224; dans &#171; Marseille : la croisi&#232;re abuse &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on n'a rien trouv&#233; de mieux que se lancer dans la comp&#233;tition des ports. &#171; &lt;i&gt;La guerre des navires toujours plus beaux, plus hauts et plus grands est loin d'&#234;tre termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouissait le site TourMaG en d&#233;cembre 2017, alors qu'on venait d'inaugurer la Forme 10, plus grande cale s&#232;che de M&#233;diterran&#233;e. Pour Ferdinando Garr&#233;, propri&#233;taire des chantiers navals de Marseille, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;devenir l'un des principaux&lt;/i&gt; hubs &lt;i&gt;de r&#233;paration des bateaux de croisi&#232;re au monde&lt;/i&gt; &#187;. L'actionnaire majoritaire n'est autre que Costa Croisi&#232;res, qui veut asseoir sa domination sur le march&#233; fran&#231;ais, menac&#233; par les app&#233;tits de la concurrence. On fait donc du lobbying pour que les autorit&#233;s ouvrent des lignes directes entre l'a&#233;roport de Marignane et l'Asie, le Moyen-Orient ou Miami. La chambre de commerce met la pression sur l'&#201;tat pour que &#171; les barri&#232;res tombent &#187;. &#171; &lt;i&gt;Marseille&lt;/i&gt; [doit]&lt;i&gt; s'&#233;manciper de son statut de simple escale&lt;/i&gt; &#187; pour devenir &#171; &lt;i&gt;t&#234;te de ligne&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mairie, on vise les deux millions de croisi&#233;ristes pour 2020. Histoire de d&#233;passer, pourquoi pas, Barcelone, Rome et les Bal&#233;ares, qui caracolent en t&#234;te de cette sinistre course &#224; l'&#233;chalote. On fait miroiter 180 millions d'euros de retomb&#233;es &#233;conomiques. Mais dans quelles poches ? Quand un &#233;lu d'opposition a propos&#233; que chaque croisi&#233;riste paie un euro de taxe, la majorit&#233; municipale a refus&#233;. L'adjoint aux finances a alors expliqu&#233; que les compagnies payaient d&#233;j&#224; cinq euros par passager. En oubliant de pr&#233;ciser que cette taxe est vers&#233;e au port et&#8230; au Club de la croisi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On l'a bien m&#233;rit&#233;, va ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les retomb&#233;es pour la ville sont en fait ridicules : la plupart des passagers ne descendent pas &#224; terre, puisque tout est fait pour les garder &#224; bord. Et s'ils descendent, c'est pour d&#233;penser moins de 50 &#8364; (en moyenne) dans les grandes enseignes install&#233;es en embuscade dans le centre commercial des Terrasses du Port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristement, ce sont les classes populaires (et les retrait&#233;s) qui trustent ces non-lieux. Comme les vols &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;, la croisi&#232;re s'est largement d&#233;mocratis&#233;e. Le patron d'un petit bar de prolos estaqu&#233;ens avoue avoir succomb&#233; &#224; ses sir&#232;nes : &#171; &lt;i&gt;Toute l'ann&#233;e, je sers les gens derri&#232;re ce comptoir. Mes journ&#233;es sont longues et ma femme se languit &#224; la maison. Alors une fois l'an, on se paye une croisi&#232;re et on se fait servir, les orteils en &#233;ventail. On l'a bien m&#233;rit&#233;, va ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe m&#234;me des blogs (g&#233;r&#233;s par les compagnies) pour traiter d'une &#233;ventuelle d&#233;pression post-croisi&#232;re (DPC). Apr&#232;s ce paradis artificiel, le blues du retour aux embouteillages, au boulot, aux servitudes de la vie quotidienne, &#231;a se soigne &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, jetez un &#339;il sur aviscroisieres.com, &#171; la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Vous savez comment ? En r&#233;servant d&#232;s aujourd'hui votre prochaine croisi&#232;re ! Le prix de cet opium, c'est le vampirisme des foules anonymes d&#233;vorant sans le savoir les cultures locales et les &#233;cosyst&#232;mes. &#192; Barcelone, les opposants parlent de &#171; monoculture touristique &#187; ou de &#171; tourisme extractif &#187;, pour souligner les dangers de ce &lt;i&gt;fracking&lt;/i&gt; du loisir Kleenex sur un territoire devenu label et produit d'appel plus que cit&#233; habit&#233;e. On parle aussi de &#171; touristification &#187;, barbarisme lucide. Et des banderoles fleurissent aux fen&#234;tres : &#171; &lt;i&gt;Le tourisme tue les quartiers&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;La ville &#224; ceux qui y habitent, pas &#224; ceux qui la visitent&lt;/i&gt; &#187;. Il fallait le dire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1782640442' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Note du webmaster &#8211;&lt;/i&gt; Un tel r&#233;seau s'est effectivement constitu&#233;, non sp&#233;cifiquement contre les navires de croisi&#232;re, mais contre le &#171; surtourisme &#187; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Il s'appelle SET (Sud de l'Europe contre la touristification) : &#224; ce sujet, lire &#171; Le tourisme est une industrie extractiviste &#187;, entretien avec le militant Daniel Pardo, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176, mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; les &#233;voquait d'ailleurs d&#233;j&#224; dans &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-croisiere-abuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille : la croisi&#232;re abuse&lt;/a&gt; &#187;, article paru dans le n&#176; 152 et mis en ligne le 03/04/2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, jetez un &#339;il sur aviscroisieres.com, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re communaut&#233; de confiance croisi&#232;res&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La croisi&#232;re abuse</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-croisiere-abuse</link>
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		<dc:date>2017-04-03T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;D&#233;sormais premier port de croisi&#232;re fran&#231;ais, Marseille se frotte les mains &#8211; les immenses navires se bousculent au portillon. Champagne ! Mais si la municipalit&#233; se f&#233;licite des (pr&#233;tendues) retomb&#233;es financi&#232;res, elle ne dit mot des lourdes nuisances qui accompagnent ce tourisme caricatural. Histoire d'un naufrage. Il y a soixante ans, on y d&#233;barquait fruits et l&#233;gumes en provenance du bout du monde. Agrumes, bananes ou f&#232;ves de cacao s'entassaient bri&#232;vement sur le m&#244;le L&#233;on Gourret, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;sormais premier port de croisi&#232;re fran&#231;ais, Marseille se frotte les mains &#8211; les immenses navires se bousculent au portillon. Champagne ! Mais si la municipalit&#233; se f&#233;licite des (pr&#233;tendues) retomb&#233;es financi&#232;res, elle ne dit mot des lourdes nuisances qui accompagnent ce tourisme caricatural. Histoire d'un naufrage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a soixante ans, on y d&#233;barquait fruits et l&#233;gumes en provenance du bout du monde. Agrumes, bananes ou f&#232;ves de cacao s'entassaient bri&#232;vement sur le m&#244;le L&#233;on Gourret, avant de partir pour les primeurs et march&#233;s de toute la France. Depuis, les bateaux ont chang&#233;, les cargos c&#233;dant la place &#224; d'&#233;normes navires de croisi&#232;re. Et leurs entrailles vomissent d&#233;sormais de nouvelles marchandises : touristes am&#233;ricains, p&#233;kins japonais, excursionnistes italiens ou vacanciers fran&#231;ais. Pot-pourri de croisi&#233;ristes d&#233;barquant en masse, perches &#224; selfie dans une main et pr&#233;cieuses devises dans la poche. Avec eux, la promesse d'un nouvel &#226;ge d'or, &#233;ternel espoir de renaissance d'une ville en butte &#224; la pauvret&#233;, au ch&#244;mage et au client&#233;lisme. Marseille sera le paradis de la croisi&#232;re, ou ne sera pas. C'est en tout cas ce qu'ils disent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-142-11820.jpg?1782640442' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De longue haleine&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il a fallu vingt ans. Pour transformer la ville en escale privil&#233;gi&#233;e. Et la faire grimper au premier rang des ports de croisi&#232;re fran&#231;ais, au cinqui&#232;me europ&#233;en et au vingti&#232;me mondial. Cocorico. Ils &#233;taient 18 000 passagers en 1996, ils furent 1,6 million en 2016 &#8211; les deux millions sont annonc&#233;s pour 2020. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions des artisans, nous sommes devenus des industriels&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume l'adjointe au tourisme Dominique Vlasto &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233;e dans &#171; Depuis 20 ans, Marseille surfe sur la croisi&#232;re &#187;, article de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et la m&#234;me de pavoiser : &#171; &lt;i&gt;Il y a vingt ans, la gare maritime &#233;tait une simple tente. Aujourd'hui, il y a plusieurs gares maritimes financ&#233;es par les armateurs&lt;/i&gt;. &#187; Elle ne boude pas son plaisir, cela se comprend ais&#233;ment &#8211; elles sont rares, les &#171; r&#233;ussites &#187; dont peuvent se targuer les &#233;lus marseillais. Celle-ci tient en partie au travail d'un homme, Jacques Truau, missionn&#233; au tout d&#233;but des ann&#233;es 1990 par la Chambre de commerce et d'industrie pour relancer une activit&#233; portuaire qui a rat&#233; le tournant du fret et qui perd sa rente p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bougre a du flair. Tr&#232;s vite, il mise sur le d&#233;veloppement de la croisi&#232;re (132 000 passagers dans le monde en 1973, 25 millions aujourd'hui), d&#233;marche d&#232;s 1993 les op&#233;rateurs internationaux, fonde un Club de la croisi&#232;re, fait l'article dans les salons sp&#233;cialis&#233;s, partout vante Marseille. Et convainc finalement la compagnie italienne Costa de faire escale dans le port en 1996. Le plus dur est fait, les autres vont suivre. Pour les accueillir, d'ambitieux travaux d'am&#233;nagement du port sont lanc&#233;s au fil des ans &#8211; il faut creuser (les bassins), &#233;largir (les passes), agrandir (les quais) afin que des navires de plus en plus gros et nombreux puissent accoster vite, d&#233;charger vite, repartir vite. Le m&#244;le L&#233;on Gourret, au nord de la ville et &#224; quatre kilom&#232;tres du Vieux-Port, espace originellement d&#233;di&#233; au fret et &#224; la r&#233;paration navale, devient lieu touristique strat&#233;gique. Il est renomm&#233; &#171; Marseille-Provence Cruise Terminal &#187; et vendu aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &#8211; trois compagnies de croisi&#232;re remportent l'appel d'offres en 2007 &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Cruises Line, Costa Croisi&#232;res et MSC Croisi&#232;res allongent huit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il se voit pourvu de deux, puis trois gares maritimes. Et agrandi pour que des navires de plus de 300 m&#232;tres puissent y accoster. &#192; lui seul, il est d&#233;sormais capable d'accueillir en m&#234;me temps six de ces mastodontes. L'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'image pour obsession&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais une usine n'est rentable que si elle est convenablement aliment&#233;e en mati&#232;re premi&#232;re. Ici, les croisi&#233;ristes : il en faut plus, toujours plus, pour rentabiliser de lourds investissements et l&#233;gitimer les orientations choisies. C'est le r&#244;le de la politique d'image conduite au cours des ann&#233;es 2000 par la municipalit&#233; et visant &#224; faire tomber les pr&#233;ventions des touristes, plus ou moins convaincus que la cit&#233; phoc&#233;enne est un coupe-gorge sale et inhospitalier. Un patient et co&#251;teux travail de promotion territoriale qui trouve son aboutissement avec les festivit&#233;s de &#171; Marseille-Provence 2013, capitale europ&#233;enne de la culture &#187;. Ou encore, de fa&#231;on plus anecdotique, avec le ch&#232;que de 165 000 euros sign&#233; en 2014 &#224; la cha&#238;ne am&#233;ricaine ABC, pour qu'elle fasse de La Canebi&#232;re et du Panier le cadre d'une saison de son &#233;mission de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; &#171; La Bachelorette &#187;. So &lt;i&gt;glamour&lt;/i&gt;. Et peu importe aux 13,5 millions de Ricains qui la regardent que les &#233;coles, h&#244;pitaux et infrastructures publiques tombent en ruines et que le taux d'endettement de la ville atteigne des sommets. La substance n'est rien, seule compte l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfait symbole international de ce pr&#233;tendu renouveau : le b&#226;timent du Mus&#233;e des civilisations de l'Europe et de la M&#233;diterran&#233;e (Mucem), con&#231;u en front de mer par l'&lt;i&gt;archistar&lt;/i&gt; Rudy Ricciotti. C'est chic. Classe. Beau. Bref, c'est vendeur &#8211; dans les salons comme sur catalogue. &#171; &lt;i&gt;Pour les op&#233;rateurs des croisi&#232;res, la culture est d&#233;sormais un &#233;l&#233;ment d'excursion&lt;/i&gt;, vante en mai 2016 le pr&#233;sident du Club de la croisi&#232;re &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; Le Mucem, une forte attractivit&#233; touristique &#187;, article mis en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Sur les brochures, il y a d&#233;sormais le Mucem &#224; c&#244;t&#233; des Calanques et du Vieux-Port.&lt;/i&gt; &#187; Foin de na&#239;vet&#233; : il ne s'agit pas de visiter le mus&#233;e, les croisi&#233;ristes n'en ayant ni le temps ni l'envie. La plupart se contentent juste d'en admirer l'ext&#233;rieur : &#171; &lt;i&gt;On s'arr&#234;te devant cinq minutes, puis on encha&#238;ne. On n'a que trois heures pour effectuer en bus un tour de la ville, il n'est pas question de rentrer &#224; l'int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, rigole un guide de la compagnie Viking Sea, gardant un &#339;il sur le petit troupeau amerloque dont il a la charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caricature patrimoniale&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les passagers les plus fortun&#233;s n'ont m&#234;me pas besoin de descendre &#224; terre pour photographier le b&#226;timent : ils peuvent le faire depuis leur navire stationn&#233; quai de la Joliette, &#224; quelques centaines de m&#232;tres. Un site privil&#233;gi&#233;, r&#233;am&#233;nag&#233; dans le cadre du projet Eurom&#233;diterran&#233;e &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lanc&#233;e en 1995, cette op&#233;ration (dit) de r&#233;novation urbaine s'&#233;tend sur 480 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et destin&#233; &#224; accueillir les seules croisi&#232;res haut de gamme. Jalousement gard&#233;, l'acc&#232;s au quai s'op&#232;re en rez-de-chauss&#233;e d'un clinquant centre commercial inaugur&#233; en 2014, Les Terrasses du Port. Direct, du chic &#224; l'esbroufe... Quant aux Marseillais, ils peuvent toujours observer les luxueux bateaux depuis le vaste balcon qui donne son nom &#224; l'endroit. Les pauvres contemplent les riches qui contemplent le Mucem et l'entr&#233;e du Vieux-Port &#8211; la boucle est boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va ici comme dans le reste de la ville : deux mondes se croisent, mais ne se parlent pas. Il n'en a jamais &#233;t&#233; question, d'ailleurs. Ceux des croisi&#233;ristes qui mettent le pied &#224; Marseille le font la plupart du temps dans le cadre d'excursions en bus tr&#232;s minut&#233;es. Une visite de quelques lieux embl&#233;matiques men&#233;e tambour battant &#8211; il s'agit d'&#234;tre revenu &#224; bord pour le repas suivant, pension compl&#232;te oblige. &#171; &lt;i&gt;Le circuit est presque toujours le m&#234;me. On s'arr&#234;te devant le Palais Longchamp ou le Mucem, on monte &#224; Notre-Dame-de-la Garde pour une visite guid&#233;e d'une demie-heure, puis on fait un tour en car sur la corniche, avant un petit temps libre sur le Vieux-Port. C'est tr&#232;s r&#233;ducteur&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t Jacqueline &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; &#224; sa demande.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, guide crois&#233;e devant la Bonne M&#232;re. Une limitation du champ des possibles touristiques qui r&#233;duit la ville &#224; sa caricature patrimoniale et en nie la principale richesse &#8211; la vie, partout foisonnante, jusqu'&#224; l'exc&#232;s. Rien d'un hasard, souligne le sociologue Rodolphe Christin &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans L'Usure du monde &#8211; Critique de la d&#233;raison touristique, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;La logique de circuit, le maillage des itin&#233;raires en un r&#233;seau &#233;tudi&#233;, est une modalit&#233; du contr&#244;le de l'intentionnalit&#233; touristique. Une mani&#232;re de r&#233;guler la tendance &#224; la dispersion des visiteurs. En les acheminant vers des passages oblig&#233;s, les ing&#233;nieurs de l'espace &#233;laborent autant de &#034; hauts lieux &#034;&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;o&#249; passer son temps et d&#233;penser son argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consommation mondialis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'argent ? Quel argent ? C'est bien le pire : le croisi&#233;riste ne d&#233;pense pas grand-chose &#224; terre. La municipalit&#233; matraque certes depuis des ann&#233;es un chiffre de 150 euros par jour et passager, mais sans prendre la peine de d&#233;tailler. Le grand manitou du Club de la croisi&#232;re tente &#8211; lui &#8211; de le justifier, mais se prend les pieds dans le tapis : &#171; &lt;i&gt;Les chiffres utilis&#233;s sont les m&#234;mes &#224; Barcelone ou &#224; Miami.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Sachez que dans le monde entier, quand on parle de croisi&#232;re, on est entre 120 et 150 dollars par passager, mais les deux tiers sont dans l'espace industriel maritime.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; 150 euros par croisi&#233;riste ? Une &#233;tude command&#233;e pour le prouver (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; Comprendre : il s'agit d'une moyenne internationale (sans aucun sens, donc), et elle inclut toutes les d&#233;penses du navire, du droit de port &#224; l'approvisionnement. Bref, du gros bidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, selon le charg&#233; de mission du Plan Bleu &lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet de d&#233;veloppement et de protection de l'environnement en M&#233;diterran&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, un croisi&#233;riste mettant le pied dans la cit&#233;e phoc&#233;enne ne claquerait pas plus de 30 euros par jour. Non dans les bars, restaurants ou petits commerces de la ville, mais dans les boutiques &#224; souvenirs et enseignes mondialis&#233;es situ&#233;s aux abords des hauts lieux touristiques. &#171; &lt;i&gt;Ma client&#232;le est surtout compos&#233;e de locaux. Les touristes anglo-saxons ou asiatiques ne m'ach&#232;tent presque jamais de savon, ils ont trop peur de se faire arnaquer..&lt;/i&gt;. &#187;, confie Raf, qui vend du &#171; &lt;i&gt;vrai savon de Marseille&lt;/i&gt; &#187; depuis une barquette situ&#233;e sur le Vieux-Port. &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, les croisi&#233;ristes semblent toujours press&#233;s. Ils se contentent de passer chez Starbucks, Hard Rock Caf&#233; ou H&amp;M, ils ne voient rien de Marseille&lt;/i&gt;. &#187; Rien sinon les douillets standards de la consommation mondialis&#233;e. Tristes topiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-143-aa857.jpg?1782643807' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'objet du d&#233;sir&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et encore : il s'agit des passagers qui quittent le navire &#8211; &#244; bouillants aventuriers. Mais ils sont nombreux &#224; n'en rien faire, pr&#233;f&#233;rant rester dans leur cocon flottant. Et pourquoi non ? Tout a &#233;t&#233; pens&#233; pour les garder &#224; bord. Ces immenses navires, bateaux de tous les superlatifs, veillent jalousement sur leurs croisi&#233;ristes (et leurs porte-monnaies), jusqu'&#224; les &#233;tourdir de nourriture, d'activit&#233;s, d'enseignes commerciales. &lt;i&gt;L'Harmony of the Seas&lt;/i&gt;, actuel recordman de la cat&#233;gorie, haut comme un immeuble de 18 &#233;tages et pouvant embarquer 8 500 passagers et hommes d'&#233;quipage, multiplie ainsi jusqu'&#224; l'obsc&#232;ne les lieux de consommation et de divertissement. En vrac : 25 restaurants, quatre piscines, une patinoire, un mini-golf, deux modules de surf, un casino, une promenade arbor&#233;e de 10 000 plantes et arbustes (avec diffusion de chants d'oiseau) et une rue commer&#231;ante de trois &#233;tages et 130 m&#232;tres de long. Le monde est l&#224;, tout entier contenu dans une barre flottante de 70 m&#232;tres de haut. Et Marseille n'est plus qu'un vague &#233;crin qu'on observe de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le cadre se suffit &#224; lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, constate Rodolphe Christin &lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;L'objectif est de retenir le touriste. Ses d&#233;penses ne doivent pas sortir et s'&#233;parpiller aux alentours mais rester cantonn&#233;es sur son lieu de s&#233;jour&lt;/i&gt;. &#187; Les acteurs de l'industrie de la croisi&#232;re pr&#233;tendent le contraire, bien s&#251;r, clamant &#224; qui mieux-mieux qu'entre 70 et 90 % de leurs passagers descendent &#224; terre. Sans jamais le prouver - il faudrait les croire sur parole. Une &#233;tude du Plan Bleu &lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Croisi&#232;re et plaisance en M&#233;diterran&#233;e &#187;, mars 2011.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; avance, de son c&#244;t&#233;, un pourcentage de 50 %. Optimiste, encore. Au d&#233;tour d'un entretien &lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mis en ligne le 27/03/2013 sur le site Econostrum.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;, &#201;tienne Pauchant, pr&#233;sident de Mediterranean travel association, outil de lobbying du secteur, l&#226;che une v&#233;rit&#233; en forme d'&#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;Le paquebot devient l'objet m&#234;me du d&#233;sir. Les escales, elles, sont moins recherch&#233;es&lt;/i&gt;. [&#8230;] &lt;i&gt;G&#233;n&#233;ralement, les croisi&#233;ristes ne descendent pas du bateau&lt;/i&gt;. &#187; Plouf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La croisi&#232;re tue&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si les passagers restent (majoritairement) &#224; bord, ce n'est pas le cas de la pollution qu'ils drainent. Voici la vraie retomb&#233;e, majeure, massive, que l'industrie de la croisi&#232;re offre &#224; Marseille : des oxydes de soufre et des particules fines. C'est que les moteurs de ces monstres des mers ne s'arr&#234;tent jamais. En mer, ils tournent au fioul lourd, un immonde r&#233;sidu p&#233;trolier si polluant et peu co&#251;teux qu'il est surnomm&#233; &#171; &lt;i&gt;le sang impur de la globalisation&lt;/i&gt; &#187;. Selon les associations environnementales Nabu et FNE, un navire croisant au large pollue autant que cinq millions de v&#233;hicules. &#192; quai, les moteurs continuent &#224; fonctionner, pour satisfaire les besoins en &#233;nergie du bateau, de ses commerces et des croisi&#233;ristes. Ils br&#251;lent alors du diesel marin, moins n&#233;faste que le fioul lourd mais quand m&#234;me cinq fois plus charg&#233; en soufre que celui d'une automobile. Et ils rejettent autant de particules fines qu'un million de v&#233;hicules. En clair, ils enfument la ville. L'empoisonnent (l'exposition aux particules fines est mise en cause dans l'apparition de cancers et de maladies cardio-vasculaires). Selon l'ONG Transport and Environment, la pollution atmosph&#233;rique maritime serait ainsi responsable chaque ann&#233;e de 50 000 morts pr&#233;matur&#233;es en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boum, la croisi&#232;re tue. Et pas toujours de mort lente. Le 13 septembre dernier, un exercice de s&#233;curit&#233; r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;quipage a lieu sur le &lt;i&gt;Harmony of the Seas&lt;/i&gt;, &#224; l'occasion de son escale marseillaise. Un canot de s&#233;curit&#233; se d&#233;tache, tombe de dix m&#232;tres de haut. L'accident fait un mort (un Philippin) et quatre bless&#233;s graves (trois Philippins et un Indien). De parfaits repr&#233;sentants de ce prol&#233;tariat sous-pay&#233; qui souque dans les soutes des navires de croisi&#232;re, travaillant plus de 70 heures par semaine pendant plusieurs mois, sans aucun jour de cong&#233;. Sur l'&lt;i&gt;Harmony of the Seas&lt;/i&gt;, ils d&#233;pendent du droit du travail des Bahamas, o&#249; est immatricul&#233; le bateau - pavillon de complaisance. Pour faire valoir leurs droits, les bless&#233;s devront passer par un tribunal d'arbitrage situ&#233; dans ce paradis fiscal. La Royal Caribbean Cruise Line, propri&#233;taire du navire, n'a pas trop &#224; s'en faire : c'est elle qui est charg&#233;e de r&#233;mun&#233;rer le juge &lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Croisi&#232;re, le prix du r&#234;ve &#187;, &#233;mission de Thalassa diffus&#233;e le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas bloquer les flux&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Suite au drame, l'&lt;i&gt;Harmony of the Seas&lt;/i&gt; est retenu dans le port de Marseille. Oh, pas longtemps : il repart finalement le lendemain. Pas question de bloquer les flux outre-mesure - l'industrie a trop &#224; y perdre. &#171; &lt;i&gt;Toute interruption ou perturbation des flux est un facteur d'asphyxie, ce qui montre les dangers de ressources trop exclusivement fond&#233;es sur le tourisme&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Rodolphe Christin &lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;. Comme pour lui faire &#233;cho, l'exemple de ce conflit social d'une dizaine de jours qui a touch&#233; le port de Marseille en juillet 2014. Les marins CGT de la SNCM, remont&#233;s comme des coucous, bloquent alors les infrastructures portuaires. Angoisse des compagnies, qui annulent leurs escales et d&#233;routent les navires sur Toulon. Col&#232;re du Club de la croisi&#232;re, qui s'indigne de la &#171; &lt;i&gt;perte de 37 100 passagers et 6,2 millions d'euros&lt;/i&gt; &#187;. Et menaces du directeur d'une des compagnies, MSC Croisi&#232;res : &#171; &lt;i&gt;Ces situations de blocage commencent &#224; devenir pesantes. Les armateurs sont des gens pragmatiques, et le risque &#224; moyen ou court terme, c'est que les compagnies &#233;vitent Marseille&lt;/i&gt;. &#187; Si seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233;e dans &#171; Depuis 20 ans, Marseille surfe sur la croisi&#232;re &#187;, article de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; mis en ligne le 22/10/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Louis Cruises Line, Costa Croisi&#232;res et MSC Croisi&#232;res allongent huit millions d'euros pour disposer du lieu pendant 25 ans. La premi&#232;re revend ses parts aux deux autres en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &#171; Le Mucem, une forte attractivit&#233; touristique &#187;, article mis en ligne sur 20Minutes.fr le 12/05/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lanc&#233;e en 1995, cette op&#233;ration (dit) de r&#233;novation urbaine s'&#233;tend sur 480 hectares de front de mer et a vu la cr&#233;ation de 600 000 m&#178; de bureaux, dont beaucoup restent inoccup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; &#224; sa demande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;L'Usure du monde &#8211; Critique de la d&#233;raison touristique&lt;/i&gt;, &#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &#171; 150 euros par croisi&#233;riste ? Une &#233;tude command&#233;e pour le prouver &#187;, percutant article mis en ligne sur le site Marsactu le 21/06/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Projet de d&#233;veloppement et de protection de l'environnement en M&#233;diterran&#233;e chapeaut&#233; par l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Croisi&#232;re et plaisance en M&#233;diterran&#233;e &#187;, mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mis en ligne le 27/03/2013 sur le site Econostrum.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; Croisi&#232;re, le prix du r&#234;ve &#187;, &#233;mission de Thalassa diffus&#233;e le 20/01/2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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