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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Du blues au rap, m&#233;pris en boucle</title>
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		<dc:creator>Manu Makak</dc:creator>


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&lt;p&gt;La trap est une d&#233;clinaison du rap, ralentie, tr&#232;s sombre, n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2000 du c&#244;t&#233; d'Atlanta et tr&#232;s populaire aux &#201;tats-Unis. Une musique sulfureuse, jou&#233;e &#224; l'origine dans les bo&#238;tes de strip-tease. Et qui voit s'abattre sur elle le m&#234;me genre de m&#233;pris culturel que d'autres musiques noires &#224; leurs d&#233;buts. Retour historique. &#171; C'est pas de la musique ! &#187; Combien de potes trentenaires, hip-hop addicts de la premi&#232;re heure, a-t-on entendu &#233;ructer cette sentence mortelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La trap est une d&#233;clinaison du rap, ralentie, tr&#232;s sombre, n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2000 du c&#244;t&#233; d'Atlanta et tr&#232;s populaire aux &#201;tats-Unis. Une musique sulfureuse, jou&#233;e &#224; l'origine dans les bo&#238;tes de strip-tease. Et qui voit s'abattre sur elle le m&#234;me genre de m&#233;pris culturel que d'autres musiques noires &#224; leurs d&#233;buts. Retour historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C'&lt;/span&gt;&lt;i&gt;est pas de la musique !&lt;/i&gt; &#187; Combien de potes trentenaires, &lt;i&gt;hip-hop addicts &lt;/i&gt;de la premi&#232;re heure, a-t-on entendu &#233;ructer cette sentence mortelle depuis que la &lt;i&gt;trap generation&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caract&#233;ris&#233;e par une rythmique lente, des phrases r&#233;p&#233;t&#233;es en boucle, des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; venue du sud des &#201;tats-Unis, du &lt;i&gt;Dirty South &lt;/i&gt;si longtemps regard&#233; de haut, a pris le contr&#244;le des &#233;couteurs ? La phrase de vieux con par excellence, qui nous laissait hilares et un peu fi&#233;rots quand les darons tambourinaient &#224; nos portes adolescentes. Darons qui se d&#233;lectaient d'un bon vieux disque de blues, de soul, de rock'n'roll ou de jazz&#8230; oubliant comme les aigris &#224; casquette d'aujourd'hui que ces musiques devenues nobles avec les ans ont toutes &#233;t&#233; frapp&#233;es de la m&#234;me condamnation sans appel lors de leur naissance tapageuse. N&#233;gligeant, surtout, le fait que ce sont les branches du m&#234;me arbre : celui de la musique africaine-am&#233;ricaine, plongeant ses racines dans la souffrance et les luttes de si&#232;cles d'exploitation, de s&#233;gr&#233;gation et de n&#233;gation, une histoire qui b&#233;gaye, des navires n&#233;griers aux ghettos de la Nouvelle-Orl&#233;ans, d'Atlanta, de Houston et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trap, c'est le dernier bourgeon &#233;clos&#8230; Y voir une d&#233;g&#233;n&#233;rescence, c'est vraiment avoir la m&#233;moire courte. Peu importe que les trappeurs &lt;i&gt;Auto-Tun&#233;s&lt;/i&gt; ne montrent pas suffisamment de respect &#224; Biggie ou KRS One au go&#251;t des gardiens du temple poussi&#233;reux du hip-hop. Tant mieux, m&#234;me, parce que la musique qu'ils pratiquent porte en elle la s&#232;ve de celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e. Dans son esth&#233;tique, mais aussi par les violentes attaques qu'elle suscite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des work songs aux spirituals&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premiers esclaves n'avaient pas d'&#226;me, disait-on : c'&#233;taient des outils de chair et de sang, tout au plus du b&#233;tail pour les planteurs du sud qui fond&#232;rent leur puissance sur l'importation &#224; fond de cale de millions de vies, sacrifi&#233;es &#224; la culture du coton, du riz, de la canne. S'ils leur conc&#233;daient le droit de chanter, c'est que &#231;a semblait augmenter le rendement du cheptel ; mais toute m&#233;lancolie ou revendication &#233;tait proscrite &#8211; le ma&#238;tre exigeait des airs gais et des paroles futiles, au tempo contraint par l'effort et la frappe lancinante de l'outil. Ces &lt;i&gt;work songs&lt;/i&gt; furent la premi&#232;re expression des Noirs sur le sol am&#233;ricain. On y trouve d&#233;j&#224; nombre d'&#233;l&#233;ments constitutifs des musiques qui leur succ&#233;deront, du blues &#224; la trap : la litanie incessante du m&#234;me motif m&#233;lodique, la forme du &lt;i&gt;call and response&lt;/i&gt; (le soliste lance une phrase &#224; laquelle le ch&#339;ur r&#233;pond en &#233;cho), un rythme alternant temps fort (le coup de pioche) et temps faible (la respiration)&#8230; et la douleur contenue sous une insouciance de fa&#231;ade. Une musique r&#233;p&#233;titive, et pour cause : elle &#233;pouse ses conditions mat&#233;rielles de production, comme toutes celles qui suivront &#8211; toutes les musiques noires portent le nom des conditions sociales qui les ont fait &#233;clore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de pr&#233;ciser que les ma&#238;tres n'y ont pas vu de l'art, apanage de l'esp&#232;ce humaine. Il faudra attendre le XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et ce qu'on appelle &#171; le grand r&#233;veil &#187; pour que s'op&#232;re un habile retournement : des &#233;vang&#233;listes venus du Nord am&#232;nent la religion du Blanc aux esclaves ; les Noirs acc&#232;dent alors au statut d'enfants que les Blancs doivent dresser. Si les planteurs finissent par conc&#233;der une &#226;me &#224; leur cheptel, c'est qu'ils y voient le moyen d'apaiser des r&#233;voltes de plus en plus nombreuses, entre &#233;vasions, sabotages et rebellions collectives. La promesse que leur vie de souffrance serait suivie de f&#233;licit&#233; &#233;ternelle dans l'au-del&#224; semblait aider &#224; contenir la col&#232;re des esclaves, &#224; leur faire accepter un sort qui n'&#233;tait apr&#232;s tout que le fruit de la volont&#233; divine. Dans les &#233;glises nouvellement b&#226;ties na&#238;t une version noire des psaumes : les &lt;i&gt;spirituals&lt;/i&gt;. Adress&#233;s &#224; Dieu pour exorciser une peine, nombre d'entre eux &#224; double sens : sous leur inoffensive liturgie se cachent des appels &#224; l'&#233;vasion, au soul&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Blues, jazz, soul...&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1865 que l'&#233;mancipation tant esp&#233;r&#233;e est enfin prononc&#233;e, arrach&#233;e par les capitalistes du Nord &#224; la concurrence d&#233;loyale des planteurs du Sud. L'esclavage est aboli, du moins dans les textes. &#192; leur monstrueuse condition commune succ&#232;de la guerre de tous contre tous : les anciens esclaves se voient contraints de louer leurs corps &#224; prix de mis&#232;re sur les m&#234;mes plantations ou sur des chantiers de construction pharaoniques (digue du Mississippi, chemins de fer, routes). Tr&#232;s vite se mettent en place les lois de s&#233;gr&#233;gation dites &#171; loi de Jim Crow &#187; &#8211; du nom du h&#233;ros des &lt;i&gt;minstrel shows&lt;/i&gt;, ces spectacles itin&#233;rants dans lesquels des Blancs grim&#233;s au charbon singent les Noirs, et leurs chansons, en les d&#233;peignant comme des feignants idiots et lubriques. &#171; L'&#233;mancipation &#187; ne signifie pas la libert&#233;, juste quelques heures de &#171; loisirs &#187; par semaine. Et la solitude. C'est de cette nouvelle condition sociale que va na&#238;tre le &lt;i&gt;blues&lt;/i&gt;, sensation am&#232;re qui s'empare des &#226;mes d&#233;sesp&#233;r&#233;es par cette libert&#233; qui n'en a que le nom. Une musique d'homme seul, qui erre de chantier en plantation, ou bien qui tente sa chance vers le Nord. Ce n'est pas pour autant la fin des &lt;i&gt;work songs&lt;/i&gt;, qui continuent &#224; r&#233;sonner dans tous les lieux de souffrance&#8230; comme les p&#233;nitenciers, vite remplis par les lois contre le vagabondage. Les &lt;i&gt;bluesmen &lt;/i&gt;errent seuls de plantation en plantation, de chantier en camp de travail, de &lt;i&gt;crossroads&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le carrefour, l&#224; ou les routes et les destins se nouent, c&#233;l&#233;br&#233; par le blues.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en gare de marchandises. C'est la musique de ceux que Dieu a abandonn&#233;s apr&#232;s leur avoir si longtemps d&#233;ni&#233; leur humanit&#233;, et qui le r&#233;pudient ; la musique du Diable. Les Blancs et les classes moyennes noires &#233;mergentes &#8211; initialement surtout constitu&#233;es des affranchis d'avant l'&#233;mancipation (les &#171; &lt;i&gt;N&#232;gres de maison&lt;/i&gt; &#187; stigmatis&#233;s par Malcolm X) et des pasteurs noirs venus du Nord &#8211; n'ont pas de mots assez durs pour d&#233;noncer ce mode de vie impie et sa musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le blues soutenait que le destin des personnes noires,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;leurs vies et affres quotidiennes &#8220;triviales&#8221; ainsi que ce qu'elles r&#233;v&#233;laient&#8211; leurs d&#233;sirs, leurs ennuis, leurs probl&#232;mes, leurs frustrations, leurs r&#234;ves &#8211; &#233;taient importants, dignes d'int&#233;r&#234;t et d'&#234;tre partag&#233;s en chanson. En mettant l'accent sur l'exp&#233;rience personnelle et la coh&#233;rence de groupe dans le m&#234;me temps, le blues &#233;tait une musique introspective qui insistait sur le sens profond des vies noires.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blues et f&#233;minisme noir, Angela Davis, &#233;d. Libertalia.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angela Davis nous fait sentir combien, dans les musiques africaines-am&#233;ricaines, &#171; Je &#187; est un &#171; On &#187;. La l&#233;gende veut qu'un certain Robert Johnson, musicien errant de &lt;i&gt;juke joints&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cabanes de bord de route o&#249; les travailleurs noirs se retrouvaient pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en &lt;i&gt;crossroads&lt;/i&gt;, pass&#226;t, un soir d'ivresse mal ma&#238;tris&#233;e, un pacte avec Papa Legba &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Diable dans la tradition vaudoue.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; : il vendit son &#226;me contre le g&#233;nie qui a fait de lui le p&#232;re du &lt;i&gt;blues&lt;/i&gt;. Il fut &#224; l'&#233;poque fustig&#233; pour son manque de conscience collective (par un Nord ignorant du r&#233;gime de la s&#233;gr&#233;gation), pour sa c&#233;l&#233;bration des &#233;tats seconds provoqu&#233;s par l'abus de substances prohib&#233;es &#8211; &#224; commencer par l'alcool, &#224; l'&#233;poque &#8211;, des femmes de &#171; mauvaise vie &#187; et aussi pour l'obsession de l'argent mal gagn&#233; et si vite d&#233;pens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blues &#233;tait sexiste, individualiste, geignard ; c'&#233;tait toujours la m&#234;me chose, tant dans sa musique que dans ses paroles, toutes deux rudimentaires. Les m&#234;mes accords en boucle, les m&#234;mes th&#232;mes grivois rab&#226;ch&#233;s jusqu'&#224; la naus&#233;e. C'est du moins ce qu'en disaient ceux &#224; qui il ne s'adressait pas. Le &lt;i&gt;jazz&lt;/i&gt; issu du march&#233; aux esclaves de Congo Square (Nouvelle-Orl&#233;ans) subira le m&#234;me d&#233;go&#251;t ; la &lt;i&gt;soul&lt;/i&gt;, mariage impie de la musique du Diable et de celle de Dieu menait tout droit aux enfers ; le &lt;i&gt;funk &lt;/i&gt;(du nom de la sueur qui couvre le corps des amant.e.s) n'&#233;tait qu'ind&#233;cence. Quant au&lt;i&gt; hip-hop&lt;/i&gt;, il volait, effront&#233;ment. Il fallait apposer un avertissement parental sur chaque disque, pour pr&#233;venir les familles pavillonnaires du danger qui guettait les t&#234;tes blondes converties aux symphonies du ghetto. La vie est un &lt;i&gt;sample&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait d'un enregistrement d'un autre musicien copi&#233; et r&#233;utilis&#233;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte de Manu Makak&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;L'histoire en plus long et en musique : &lt;a href=&#034;http://blackmir.blogspot.com)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blackmir.blogspot.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Illustration d'Olivier Monthaye&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://rimrimrim.fr)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rimrimrim.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Caract&#233;ris&#233;e par une rythmique lente, des phrases r&#233;p&#233;t&#233;es en boucle, des &lt;i&gt;ad-libs&lt;/i&gt; (voix en retrait) qui r&#233;pondent &#224; la voix principale, des th&#233;matiques centr&#233;es sur la drogue, l'argent &#171; facile &#187; et le sexe, la trap tient son nom de la &lt;i&gt;trap house&lt;/i&gt;, o&#249; le dealer coffre armes, drogues et argent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le carrefour, l&#224; ou les routes et les destins se nouent, c&#233;l&#233;br&#233; par le blues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Blues et f&#233;minisme noir&lt;/i&gt;, Angela Davis, &#233;d. Libertalia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cabanes de bord de route o&#249; les travailleurs noirs se retrouvaient pour boire, danser et baiser.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Diable dans la tradition vaudoue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait d'un enregistrement d'un autre musicien copi&#233; et r&#233;utilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du blues au dancehall : musiques en r&#233;sistance</title>
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		<dc:subject>tradition musicale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil d'articles &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2016).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-105-3519c.jpg?1768653493' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; : Le terme &#171; musiques noires &#187; n'&#233;chappe pas aux controverses sur l'usage des cat&#233;gories raciales. Votre texte &#171; Musique noire : un pl&#233;onasme ? &#187; est une r&#233;ponse &#224; un article du musicologue britannique Philip Tagg &#171; Lettre ouverte sur les musiques &#8220;noires&#8221;, &#8220;afro-am&#233;ricaines&#8221; et &#8220;europ&#233;ennes&#8221; &#187;, qui, derri&#232;re le refus affirm&#233; de l'essentialisation, dissimule mal, selon vous, un &#171; ethnocentrisme exacerb&#233; &#187;. Comment d&#233;finir les &#171; musiques noires &#187; ? Et pourquoi le fait de les qualifier ainsi peut faire pol&#233;mique ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini :&lt;/strong&gt; Scientifiquement parlant, tout le monde s'accorde &#224; dire que l'utilisation des termes &#171; race &#187;, &#171; Noir &#187; ou &#171; Blanc &#187; est aberrante. La g&#233;n&#233;tique a montr&#233; qu'il n'existe qu'une seule race, la race humaine. Ainsi, il para&#238;t clairement inappropri&#233; pour un chercheur de faire preuve d'ethnocentrisme. Mais pour autant, il doit &#234;tre en mesure, le cas &#233;ch&#233;ant, de reconna&#238;tre et d'accepter les diff&#233;rences socioculturelles des groupes humains. Des principes fondamentaux que Philip Tagg feint d'ignorer, et c'est ce que je lui reproche au fond.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'expression &#171; musique noire &#187; n'a rien d'incongru, il s'agit seulement d'un terme g&#233;n&#233;rique englobant l'ensemble des genres musicaux cr&#233;&#233;s et influenc&#233;s par les Afro-Am&#233;ricains, ces descendants d'esclaves africains qui appartiennent &#224; un groupe ethnique important de la population &#233;tasunienne. Il faut rappeler que l'expression &#171; musique noire &#187; est apparue aux &#201;tats-Unis et qu'il convient donc de d&#233;finir les mots &#171; Noir &#187; et &#171; Blanc &#187;, non pas de mani&#232;re &#171; g&#233;n&#233;rale &#187;, comme le fait Philip Tagg dans son article, mais conform&#233;ment &#224; la tradition intellectuelle am&#233;ricaine dans laquelle un &#171; Noir &#187; repr&#233;sente une personne &#224; la peau fonc&#233;e d'ascendance africaine et un &#171; Blanc &#187; une personne &#224; la peau claire d'ascendance europ&#233;enne. Il faut aussi ajouter qu'&#171; &#234;tre noir &#187; aux &#201;tats-Unis ne se r&#233;duit pas au taux de m&#233;lanine, mais c'est aussi le fruit d'un processus historique. C'est un fait social, ancr&#233; dans la traite n&#233;gri&#232;re et g&#233;n&#233;r&#233; par des rapports sociaux discriminants. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour en revenir aux musiques noires, il s'agit des genres musicaux apparus dans les communaut&#233;s afro-am&#233;ricaines et qui puisent dans des traditions musicales issues d'Afrique noire. De la sorte, le blues, le gospel, le jazz, le swing, le bebop, le rhythm and blues, le rock and roll, la soul, le funk et le rap parmi tant d'autres sont consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant des musiques noires puisque, jusqu'&#224; preuve du contraire, ces musiques sont n&#233;es et se sont d&#233;velopp&#233;es au sein des populations afro-am&#233;ricaines. Il semble toutefois maladroit de cantonner l'expression &#171; musiques noires &#187; ou &#171; musiques afro-am&#233;ricaines &#187; aux &#201;tats-Unis. Il est plus judicieux de l'&#233;tendre &#224; toutes les musiques ayant pris corps dans les diasporas africaines telles que la rumba afro-cubaine, la samba afro-br&#233;silienne, le merengue afro-dominicain, le calypso afro-trinidadien, le zouk afro-antillais et le reggae afro-jama&#239;cain pour ne citer qu'elles. Et pourquoi pas m&#234;me &#233;tendre l'expression aux musiques populaires ayant pris directement corps en Afrique comme le zouglou ivoirien ou la rumba congolaise ? En continuant d'&#233;tirer cette formule langagi&#232;re, la musique &#233;lectronique, elle-m&#234;me, pourrait aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une musique noire puisqu'elle d&#233;rive du dub jama&#239;cain. En fait, il semblerait que la tr&#232;s grande majorit&#233; des musiques populaires contemporaines soient des musiques noires et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui semble d&#233;ranger ce cher Philip Tagg !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, ces musiques noires ne sont-elles pas aussi le produit d'hybridations ? Dans une soci&#233;t&#233; s&#233;gr&#233;gationniste comme les &#201;tats-Unis, la musique a &#233;t&#233; l'une des seules possibilit&#233;s d'un &#233;change, par-del&#224; l'interdit social, entre des cultures diverses qui ont emprunt&#233; les unes aux autres. Pour simple exemple : le creuset musical de la Nouvelle-Orl&#233;ans d'o&#249; a &#233;merg&#233; le jazz au d&#233;but du XXe si&#232;cle. &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout &#224; fait, elles sont clairement le fruit d'une hybridit&#233; interculturelle. On retrouve bien entendu des caract&#233;ristiques musicales europ&#233;ennes dans ces genres musicaux, des instruments europ&#233;ens, mais on parle de &#171; musiques noires &#187; tout simplement parce que, quand on &#233;coute ces musiques, ce qui &#171; saute aux oreilles &#187;, ce sont des caract&#233;ristiques musicales issues de la tradition musicale africaine, comme l'appel-r&#233;ponse ou l'improvisation. D'apr&#232;s P. Tagg, la pr&#233;sence de ces traits musicaux dans les musiques &#171; noires &#187; am&#233;ricaines n'est pas forc&#233;ment la cons&#233;quence d'une tradition musicale africaine car, dit-il, on les retrouve &#233;galement dans la tradition musicale europ&#233;enne. D'une certaine mani&#232;re, il n'a pas tort, mais de l&#224; &#224; dire que la pr&#233;sence de l'appel-r&#233;ponse, de l'improvisation, de la syncope ou des &lt;i&gt;blue notes&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La blue note, ou note bleue en fran&#231;ais, est une note interpr&#233;t&#233;e avec une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dans le blues ou le jazz est le fruit du bagage culturel europ&#233;en, je trouve qu'il fait preuve de mauvaise foi. M&#234;me si ces &#233;l&#233;ments existent ci et l&#224; dans la tradition musicale europ&#233;enne, cela ne fait aucun doute qu'ils appartiennent plus que jamais &#224; la tradition musicale africaine, et notamment aux musiques d'Afrique de l'Ouest, d'o&#249; proviennent beaucoup des esclaves d&#233;port&#233;s aux &#201;tats-Unis. Ainsi, bien que m&#233;tiss&#233;es, ces musiques sont qualifi&#233;es de &#171; noires &#187; car les &#233;l&#233;ments musicaux qui dominent sont &#171; noirs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1800 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-107-959ad.jpg?1768653493' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1956, Franz Fanon &#233;voque bri&#232;vement le blues dans sa conf&#233;rence &#171; Racisme et culture &#187; : &#171; &lt;i&gt;Sans oppression et sans racisme pas de blues. La fin du racisme sonnerait le glas de la grande musique noire&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Que pensez-vous de cette affirmation ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans esclavage, sans racisme, sans souffrance, pas de blues et pas de musiques noires en g&#233;n&#233;ral. Toutes ces musiques sont apparues comme des exutoires &#224; la captivit&#233; et aux s&#233;vices dont &#233;taient victimes ces Africains d&#233;port&#233;s. Ces musiques permettaient aux esclaves et descendants d'esclaves d'&#233;chapper &#224; la mis&#232;re de leur quotidien. La souffrance est donc effectivement l'essence m&#234;me du blues et de toutes ces musiques issues des Am&#233;riques cr&#233;&#233;es, il faut bien l'avouer, de mani&#232;re compl&#232;tement impr&#233;visible. Car qui aurait pu pr&#233;voir qu'en quelques d&#233;cennies seulement, ces populations noires r&#233;duites &#224; l'&#233;tat de b&#234;tes, traqu&#233;es, viol&#233;es, pendues et br&#251;l&#233;es vives pendant des si&#232;cles allaient cr&#233;er des musiques joyeuses, dansantes, pertinentes, engag&#233;es, spirituelles, nouvelles, transcendantales et universelles comme le blues, le jazz ou le reggae, devenus finalement patrimoine mondial ? Le titre du livre &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt;, n'a d'ailleurs rien d'anodin, car le d&#233;nominateur commun de toutes ces musiques est la r&#233;sistance, ce refus de capituler m&#234;me encha&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rock'n'roll, le reggae ou le rap se sont d&#233;clin&#233;s sur tous les continents, en toutes les langues. Finalement ces musiques noires se sont elles-m&#234;mes d&#233;tach&#233;es de leur contexte d'origine pour devenir langage universel. Y voyez-vous un rayonnement ou une forme d'&#171; appropriation culturelle &#187; (selon un concept en vogue sur les campus am&#233;ricains) ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Personnellement, je n'ai rien contre ce que certains critiquent comme &#171; appropriation culturelle &#187;. Tout le monde a le droit de jouer de tout type d'instruments ou de musiques, et encore heureux ! Un monde dans lequel les Blancs joueraient de la cithare, les Noirs du djemb&#233; et les Aborig&#232;nes du didgeridoo serait bien triste et plus que caricatural. En revanche, je suis contre le r&#233;visionnisme. Quand P. Tagg dit que le jazz n'est plus une musique noire parce que, je cite, &#171; &lt;i&gt;le jazz traditionnel&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;a eu un auditoire majoritairement blanc depuis la guerre et le &#8220;Motown&#8221;&lt;/i&gt; [une] &lt;i&gt;majorit&#233; d'auditeurs blancs depuis le milieu des ann&#233;es 1960&lt;/i&gt; &#187;, c'est du r&#233;visionnisme ! Le fait qu'une pr&#233;tendue majorit&#233; de &#171; Blancs &#187; &#233;coute ou joue du jazz n'efface pas soudainement les origines de ce genre musical. Quand bien m&#234;me Elvis Presley fut baptis&#233; par la critique blanche &#171; le roi du rock and roll &#187;, le rock and roll reste une musique noire, un point un trait !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/-106-b7d49.jpg?1768653493' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons le cas de la musique jama&#239;caine &#224; laquelle vous avez consacr&#233; votre th&#232;se. Ce que l'on souligne assez peu, c'est l'extraordinaire vitalit&#233; de la production musicale qui irrigue toute la vie sociale et politique d'une &#238;le &#224; peine plus grande que la Corse. Comment expliquez-vous le ph&#233;nom&#232;ne jama&#239;cain ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;On en revient &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sistance culturelle. La musique en Jama&#239;que a plus que jamais jou&#233; un r&#244;le de r&#233;sistance pour ces descendants d'Africains d&#233;port&#233;s. Tous les genres musicaux jama&#239;cains, sans exception, ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par les couches sociales les plus d&#233;favoris&#233;es et, hormis le mento, qui est apparu dans les zones rurales jama&#239;caines &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, sont n&#233;s dans les ghettos de Kingston. Le ska, le rocksteady, le reggae et le dancehall sont des genres musicaux urbains apparus, &#224; l'instar du blues, comme des &#233;chappatoires &#224; la pression sociale. Ils se sont &#233;rig&#233;s comme des sortes d'exutoires &#224; la duret&#233; de la vie, d&#233;non&#231;ant chacun &#224; leur mani&#232;re les maux qui rongent la soci&#233;t&#233; postcoloniale jama&#239;caine. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans mon livre &lt;i&gt;Vibrations jama&#239;caines&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2011), je montre comment l'histoire de la musique jama&#239;caine est ancr&#233;e dans l'histoire sociopolitique de l'&#238;le. Les implications sociales et politiques de la musique jama&#239;caine sont l&#233;gion. Je pourrais citer un tas d'exemples &#224; commencer par le morceau &lt;i&gt;Slavery Days&lt;/i&gt; (1975) de Burning Spear qui d&#233;nonce les horreurs de l'esclavage. Dans un autre registre, le titre &lt;i&gt;Forward March&lt;/i&gt; (1962) de Derrick Morgan symbolise l'ind&#233;pendance de l'&#238;le le 6 ao&#251;t 1962. &lt;i&gt;Socialism is Love&lt;/i&gt; (1974) de Max Romeo &#233;voque l'&#232;re socialiste de Michael Manley dans les ann&#233;es 1970. Quant &#224; &lt;i&gt;Trench Town Rock&lt;/i&gt; (1971) des Wailers, c'est la chanson embl&#233;matique de la &#171; &lt;i&gt;ghetto life&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Jama&#239;que. Les artistes jama&#239;cains sont des sortes de journalistes informels qui s'adressent directement aux laiss&#233;s-pour-compte avec un sens aigu du commentaire social. &lt;br class='manualbr' /&gt;Enfin, pourquoi la musique jama&#239;caine a eu un tel impact dans le monde ? C'est plus un concours de circonstances, je pense. Mais il faut bien avouer aussi que le succ&#232;s plan&#233;taire de Bob Marley a contribu&#233; &#224; mettre en lumi&#232;re cette petite &#238;le des Cara&#239;bes ainsi que son vivier musical dense et vari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; de la musique s'est consid&#233;rablement transform&#233;. Qu'est-ce qui maintient aujourd'hui encore l'esprit de r&#233;sistance des musiques noires ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Le monde &#233;volue tout comme la musique &#233;volue. Peut-&#234;tre que cette notion de &#171; r&#233;sistance &#187; est moins explicite dans la musique noire contemporaine qu'elle ne l'&#233;tait dans le jazz, le blues ou le reggae des ann&#233;es 1970, mais pour autant les musiques noires d'aujourd'hui restent profond&#233;ment subversives. Prenons le cas du dancehall. Avec ses paroles en patois jama&#239;cain &#224; couper au couteau, son rythme fr&#233;n&#233;tique et ses th&#233;matiques ancr&#233;es dans la r&#233;alit&#233; de la rue jama&#239;caine, il se d&#233;marque tr&#232;s clairement des autres genres musicaux urbains comme le rap et r&#233;siste en quelque sorte &#224; l'imp&#233;rialisme culturel anglo-am&#233;ricain. Je pense donc que la r&#233;sistance a simplement chang&#233; de visage, tout comme le monde change continuellement de visage, mais qu'elle reste porteuse de la continuit&#233; et de l'&#233;nergie des musiques noires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La &lt;i&gt;blue note&lt;/i&gt;, ou note bleue en fran&#231;ais, est une note interpr&#233;t&#233;e avec une alt&#233;ration d'un demi-ton au maximum vers le haut ou le bas, qu'on retrouve typiquement dans le blues puis le jazz. On parle aussi de notes tordues, floues ou flottantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;150</title>
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		<dc:date>2017-01-06T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Bartkowiak</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>Silicon Valley</dc:subject>
		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>musiques</dc:subject>
		<dc:subject>jazz</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re Peinard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;Quand la musique cogne&#034; de Bruno Bartkowiak. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... 2017, jusqu'&#224; quand ? Pour notre prospective 2017, nous avons convoqu&#233; le vieux p&#232;re Peinard et l'avons bombard&#233; expert en g&#233;opolitique : &#171; Trump, Erdogan, Al-Sissi, Poutine, Assad, Duterte, Netanyahu, etc. Les aminches, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pere-Peinard" rel="tag"&gt;p&#232;re Peinard&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton1776-d593a.jpg?1768679474' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Quand la musique cogne&#034; de Bruno Bartkowiak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2017, jusqu'&#224; quand ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour notre prospective 2017, nous avons convoqu&#233;
le vieux p&#232;re Peinard et l'avons bombard&#233; expert en g&#233;opolitique :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &lt;i&gt;Trump, Erdogan, Al-Sissi, Poutine, Assad, Duterte, Netanyahu, etc. Les aminches, v'l&#224; la flop&#233;e de patibulaires testost&#233;ron&#233;s qui va r&#233;gner en 2017, fa&#231;on j'te pose les&lt;/i&gt; alibofis &lt;i&gt;sur la table.&lt;br class='manualbr' /&gt;En Syrie, avec l'aide des Russkofs et des milices chiites, le boucher de Damas a pu reprendre le dessus dans la douleur. &#199;a fait chialer dru, c'est fatal&#8230; Cela dit, y a une dose de tartufferie dans l'indignation de la derni&#232;re heure : &#231;a fait combien de piges que les Syriens se prennent des barils de TNT sur la tronche ? En 2012, la ville de Homs &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;duite &#224; un tas de gravats, non ? &lt;br class='manualbr' /&gt;La grande hypocrisie, on la doit aux jeux des alliances et surtout au retournement de veste du sultan d'Ankara qu'est all&#233; taper dans la main du tsar du Kremlin, genre : &#8220;Je l&#226;che mes petits copains rebelles d'Alep et tu me laisses dessouder du Kurdos p&#233;p&#232;rement&#8221;. In fine, ces bons bougres de Kurdes risquent d'avoir les uns sur le rable et se faire trahir par les autres, rapport &#224; ce que degun n'entrave leur volont&#233; de vivre &#224; leur sauce. Va encore y avoir de la bolognaise sur les murs !&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur le front anti-&#201;tat islamique, &#231;a patine dans la semoule dans la prise de Mossoul. M&#234;me si ces tar&#233;s de daechiens voient leur d&#233;lire de Califat r&#233;duit en cendres, comme d'hab', ce sont aussi les civils qui morflent&#8230; en Irak, comme &#224; Berlin ou &#224; Istanbul !
De l'autre c&#244;t&#233; de la grande mare, la moumoute orange qui va prendre ses fonctions &#224; Washington a fini de nous faire gondoler avec ses airs de pitre. &#8220;Impr&#233;visible&#8221;, disent en ch&#339;ur les cornichons des plateaux t&#233;l&#233;, mais vu le casting de hautes canailles &#8211; p&#233;troliers, cagoulards, militaros et autres banquiers &#8211; qu'il a mis aux affaires, on est avertis que &#231;a s'ra pas Woodstock. &lt;br class='manualbr' /&gt;On est trop serr&#233;s niveau place pour bien causer de Netanyahu et de l'autre atrabilaire de Liberman, pr&#234;ts &#224; faire du barouf rapport &#224; la d&#233;cision des nationzunies de temporiser la conqu&#234;te des visages-p&#226;les &#224; kippa dans les territoires de peaux-rouges &#224; keffieh. Une engatse vieille comme mes robes, celle-l&#224; aussi ! Pas le temps non plus, de trop jacter sur l'autocrate Poutine, qui sort en grand cador du bazar g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Basta cosi &lt;i&gt;les ami.es, on a pig&#233;, il fait un temps de chiottes sur la plan&#232;te&#8230; Mais jusqu'&#224; quand les bourr&#233;s d'oseille, les fouteurs de guerre et les ratichons de tout poil feront-ils la m&#233;t&#233;o, foutredieu ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1784 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-97-cafb1.jpg?1768679474' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#034;Quand la musique cogne... Quand elle ne triche pas...&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La musique sur la cha&#238;ne de montage &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Hits ! Enqu&#234;te sur la fabrique des tubes plan&#233;taires&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte/La Rue musicale, 2016) du journaliste John Seabrook sonne comme un long mix soigneusement articul&#233; qui nous prom&#232;ne de Su&#232;de en Cor&#233;e, des ann&#233;es 1990 jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le DIY est une r&#233;volution &#224; mener aussi envers soi-m&#234;me &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le DIY (Do It Yourself), l'autoproduction totale, est un dur combat qui peut parfois casser des briques. D&#233;marche militante ou loisir de riches ? Fred Alpi, chanteur et guitariste de The Angry Cats, nous fait part de son regard avis&#233; sur une sc&#232;ne qu'il fr&#233;quente depuis plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui veut la peau des skins ? &gt;&lt;/strong&gt; Entretien avec Gildas Lescop, sociologue, auteur d'une th&#232;se sur le mouvement skinhead, qui d&#233;cortique comment a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le clich&#233; skins=nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du blues au dancehall : musiques en r&#233;sistance &gt;&lt;/strong&gt; Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil d'articles &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Femmes du jazz &gt;&lt;/strong&gt; La lecture, en tant qu'homme, de Femmes du jazz. &lt;i&gt;Musicalit&#233;s, f&#233;minit&#233;s, marginalisations&lt;/i&gt; de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses le milieu du jazz fran&#231;ais &#8211; aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barri&#232;res qu'on impose sans y penser, les violences qu'on exerce par habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan&#232;te Mars &gt;&lt;/strong&gt; Marseille a &#233;t&#233; l'un des fers de lance du mouvement hip-hop en France. L'envie de faire le point nous a pris. Rencontre au bistrot avec Pak'Dj Een, Labo Klandestino et K-M&#233;l&#233;on, de &lt;i&gt;La M&#233;thode&lt;/i&gt;, groupe phoc&#233;en arpentant les sc&#232;nes depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'esprit du flamenco &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Quand je chante bien, j'ai un go&#251;t de sang dans la bouche.&lt;/i&gt; &#187; T&#237;a Anica la Piri&#241;aca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; chaque bled son synth&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trop de teufeurs tuent la teuf &gt;&lt;/strong&gt; Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt; sont victimes de leur succ&#232;s. Les grands rassemblements attirent des dizaines de milliers de personnes, rendant caduques les valeurs du mouvement &#8211; autogestion et autonomie. Une triste p&#233;riode pour les teufeurs, pourtant riche d'enseignements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi, Fr&#233;hel, du punk, des musiques occitanes, de la wah-wah et de la musique kurde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le feu &#224; La Plaine &gt;&lt;/strong&gt; Par deux fois, en d&#233;cembre, les forains de La Plaine ont paralys&#233; une partie du centre de Marseille pour protester contre un projet de r&#233;novation de la place qui condamne le plus populaire des march&#233;s de la ville.
La bataille, qui s'annonce rude, ne fait que commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Hommes du progr&#232;s &gt;&lt;/strong&gt; Versant oriental de la Silicon Valley, Boston se d&#233;voue tout enti&#232;re au culte de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187;. Douce utopie d'une mar&#233;e &#171; d'innovations disruptives &#187; et de &#171; travail cr&#233;atif &#187; qui soul&#232;verait tous les bateaux&#8230; &#224; l'exception des moins qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Silicon Valley est le cimeti&#232;re du vivant &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s &lt;i&gt;La Vie algorithmique&lt;/i&gt; paru en 2015, le philosophe &#201;ric Sadin poursuit son travail d'analyse de la d&#233;ferlante num&#233;rique. Dans &lt;i&gt;La Siliconisation du monde&lt;/i&gt;, c'est le tableau d'une colonisation du vivant qu'il dresse. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papier d'Arm&#233;nie &gt;&lt;/strong&gt; Juillet dernier, Erevan, capitale de l'Arm&#233;nie. Une &#171; bande de Tordus &#187;, aux allures de vieux soldats d&#233;pareill&#233;s, prend d'assaut la plus importante caserne de police du pays et tient un si&#232;ge de quinze jours. Un &#233;pisode &#233;clips&#233; dans nos m&#233;dias par l'actualit&#233; du massacre ni&#231;ois et du coup d'&#201;tat en Turquie. Qui &#233;taient ces &#171; Tordus du Sassoun &#187; (&lt;i&gt;Sasna Tzrer&lt;/i&gt;) ? Que voulaient-ils ? Pourquoi des milliers de personnes sont-elles venues les soutenir quotidiennement dans la rue ? Simple pouss&#233;e nationaliste ? En voyage dans cette ex-r&#233;publique sovi&#233;tique du Caucase au moment de la reddition des &#171; Tordus &#187;, des correspondants de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pour l'occasion ont pu approcher d'un peu plus pr&#232;s la r&#233;alit&#233; compliqu&#233;e qui ronge l'Arm&#233;nie actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22, v'l&#224; la COP ! &gt;&lt;/strong&gt; Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition,
la 22e Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Askavusa :un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Sidi Bel-Abb&#232;s &#224; Marseille, itin&#233;raire d'un ap&#244;tre du ra&#239; &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s son reportage au 3 rue Socrate, dans le nid du Marabout, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; y refait un tour en mode portrait. Rencontre avec Momo, naufrag&#233; dans l'une des anciennes capitales du ra&#239;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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