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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On veut que ces questions soient prises en compte ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il est o&#249; le patron ? &#187; Cette question, de nombreuses paysannes l'ont d&#233;j&#224; entendue. Une phrase sexiste r&#233;currente qui illustre bien les probl&#233;matiques auxquelles elles font face. C'est aussi le titre qu'ont choisi les Paysannes en polaire, cinq agricultrices du Sud-Est qui se sont alli&#233;es &#224; la dessinatrice Maud B&#233;n&#233;zit pour mettre en bande dessin&#233;e ces situations, les d&#233;noncer et se donner de la force pour lutter. Environ un quart des exploitant&#183;es agricoles en France sont des femmes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il est o&#249; le patron ?&lt;/i&gt; &#187; Cette question, de nombreuses paysannes l'ont d&#233;j&#224; entendue. Une phrase sexiste r&#233;currente qui illustre bien les probl&#233;matiques auxquelles elles font face. C'est aussi le titre qu'ont choisi les Paysannes en polaire, cinq agricultrices du Sud-Est qui se sont alli&#233;es &#224; la dessinatrice Maud B&#233;n&#233;zit pour mettre en bande dessin&#233;e ces situations, les d&#233;noncer et se donner de la force pour lutter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-1860-5846e.jpg?1782763053' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Maud B&#233;n&#233;zit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Environ un quart des exploitant&#183;es agricoles en France sont des femmes. Si ces derni&#232;res d&#233;cennies, les agricultrices ont conquis certains droits, comme la cr&#233;ation en 1980 du statut de &#171; co-exploitante &#187; ou encore l'obtention d'un cong&#233; maternit&#233; &#233;quivalent &#224; celui des salari&#233;es en 2008, le tableau est loin d'&#234;tre reluisant&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet le rapport du S&#233;nat intitul&#233; &#171; &#202;tre agricultrice en 2017 &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Par des logiques patriarcales, entre autres, en mati&#232;re d'h&#233;ritage, l'acc&#232;s au foncier, aux ressources en capitaux n&#233;cessaires &#224; l'installation, leur est plus compliqu&#233;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos le rapport du S&#233;nat titr&#233; &#171; Femmes et agriculture : pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Comme dans d'autres secteurs, leurs revenus sont inf&#233;rieurs &#224; ceux des hommes, tant pour les exploitantes que pour les salari&#233;es ou encore les retrait&#233;es. Et dans bien des cas, elles cumulent des t&#226;ches visibles et invisibilis&#233;es, &#224; la fois dans la sph&#232;re priv&#233;e et dans l'activit&#233; agricole &#8211; si tant est qu'il y ait une limite entre les deux. Face &#224; cette situation, des paysannes s'organisent pour rendre visibles leurs r&#233;alit&#233;s et lutter pour les transformer. C'est dans cette dynamique que s'inscrit la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;Il est o&#249; le patron ?&lt;/i&gt;, parue cette ann&#233;e aux &#233;ditions Marabout, co-&#233;crite par cinq Paysannes en polaire et illustr&#233;e par Maud B&#233;n&#233;zit. Discussion &#224; sept voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quelques mots, que raconte votre bande dessin&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Paysannes en polaire (Pep) :&lt;/strong&gt; &#171; On suit trois paysannes au long d'une saison agricole. Jo reprend la ferme d'un chevrier qui part en retraite. Coline fait du fromage de brebis avec son mari sur la ferme de ses parents. Anouk est apicultrice et vit en coloc'. Le r&#233;cit raconte comment ces trois femmes sont confront&#233;es au sexisme ordinaire dans leur vie quotidienne et comment, petit &#224; petit, elles tissent des liens d'amiti&#233; et se donnent de la force les unes aux autres. Si on voulait d&#233;crire des situations &#224; d&#233;noncer, on a aussi eu envie que ce soit une BD qui donne la p&#234;che, l'envie de faire des choses ensemble et des pistes d'&#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travaux agricoles et leurs techniques sont retranscrits de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maud :&lt;/strong&gt; &#171; Les paysannes avaient une exigence de v&#233;racit&#233;, que ce soit techniquement cr&#233;dible. J'ai pass&#233; du temps sur les fermes, vu des plans, eu besoin de conceptualiser. Et c'est leur regard qui a permis d'affiner mes croquis. Elles me disaient par exemple : &#8220;&lt;i&gt;Une brebis ne s'allonge pas comme &#231;a.&lt;/i&gt;&#8221; Ou bien : &#8220;&lt;i&gt;Il n'y a pas de pommes &#224; cette p&#233;riode de l'ann&#233;e&lt;/i&gt;.&#8221; Etc. Ces retours m'ont aiguis&#233; l'&#339;il, me permettant d'ensuite ajouter des choses qui venaient de moi. On avait envie de porter des histoires cr&#233;dibles, qui ne soient pas fantasm&#233;es par une vision urbaine, pour que d'autres s'y reconnaissent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si c'est une fiction, toutes les situations d&#233;crites sont issues de vos v&#233;cus et de t&#233;moignages d'autres paysannes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; On a recueilli des t&#233;moignages autour de nous, dans diff&#233;rents r&#233;seaux : au sein du groupe femmes de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, dans le cadre d'ateliers d'&#233;criture en mixit&#233; choisie avec &lt;i&gt;[le r&#233;seau impliqu&#233; dans les luttes pour la terre]&lt;/i&gt; Reclaim The Fields, dans un groupe au sein des Civam&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et dans le cadre d'un travail de th&#233;&#226;tre-forum&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#226;che pas la ferme ! &#187;, th&#233;&#226;tre-forum mis en place avec l'association (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; o&#249; plusieurs d'entre nous s'&#233;taient rencontr&#233;es. Il y a aussi des situations issues de nos propres exp&#233;riences ou de celles qui nous entourent et avec qui on travaille. Ce sont des petites histoires, allant des plus banales aux plus graves, mais qui, mises bout &#224; bout, retranscrivent une soci&#233;t&#233; dans son ensemble. Au-del&#224; du c&#244;t&#233; l&#233;ger de la BD, on ne voulait pas juste partager des anecdotes qui arrivent &#224; l'une ou l'autre, mais expliquer que tout &#231;a est le fruit d'une soci&#233;t&#233; patriarcale et de la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne partir que de faits r&#233;els est aussi li&#233; &#224; une question de l&#233;gitimit&#233;. En tant que f&#233;ministes, on a toutes v&#233;cu des situations o&#249; l'on nous reprochait d'exag&#233;rer, d'en rajouter. Sauf que non, on n'a pas besoin d'exag&#233;rer : la r&#233;alit&#233; est suffisamment difficile, &#224; tel point qu'on a d'ailleurs plut&#244;t tendance &#224; l'att&#233;nuer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne s'agit pas de dire que le monde agricole et rural serait plus sexiste, plus patriarcal qu'ailleurs, mais plut&#244;t d&#233;crire les sp&#233;cificit&#233;s que vous vivez...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; En effet, le monde agricole n'est pas plus sexiste que le reste de la soci&#233;t&#233;. Il l'est, comme partout. Simplement, nous, on le conna&#238;t bien. On sait quelles en sont les sp&#233;cificit&#233;s : par exemple le peu de fronti&#232;res entre l'activit&#233; professionnelle et la vie priv&#233;e. &#202;tre son propre patron a des avantages, mais les limites peuvent &#234;tre plus floues. C'est d'autant plus vrai quand il s'agit de travail en couple. Une &#233;tude de la MSA &lt;i&gt;[S&#233;curit&#233; sociale agricole]&lt;/i&gt; sur les couples en agriculture a ainsi fait ressortir qu'une femme r&#233;alisait en moyenne douze fois plus de t&#226;ches diff&#233;rentes dans la journ&#233;e qu'un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi prendre en compte un facteur d&#233;terminant : l'isolement g&#233;ographique. On passe la majeure partie de notre temps sur nos fermes, &#233;loign&#233;es des coll&#232;gues. &#199;a peut avoir des cons&#233;quences graves quand il y a besoin de soutien, notamment en cas de violences conjugales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre particularit&#233; : c'est un m&#233;tier physique. Cons&#233;quence de quoi, une question revient tout le temps : &lt;i&gt;&#8220;Comment tu fais physiquement toute seule ?&#8221;&lt;/i&gt; Parce que subsiste encore cet imaginaire du paysan viril, du tracteur, de la m&#233;canique. Dans le m&#234;me temps, il existe peu de repr&#233;sentations positives des paysannes, alors qu'elles ont toujours &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans l'agriculture. Elles sont renvoy&#233;es aux t&#226;ches domestiques, aux &#8220;petites mains&#8221; et au statut de &#8220;femme de&#8221;. Soit, en gros : femme de chef d'exploitation. C'est pour cela qu'il est important d'ouvrir l'imaginaire et de montrer que si ! &#199;a existe, c'est possible. Qu'une femme peut &#233;videmment &#234;tre paysanne et qu'il n'y a pas besoin de soulever 200 kilos chaque matin pour faire de l'agriculture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-1861-20a26.jpg?1782763053' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Maud B&#233;n&#233;zit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On voit dans la BD la mise en place d'actions collectives f&#233;ministes. Vous arrivez &#224; vous organiser autour de ces questions malgr&#233; l'isolement g&#233;ographique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep : &lt;/strong&gt;&#171; Il existe diff&#233;rents groupes f&#233;ministes actifs dans les endroits o&#249; l'on vit, malgr&#233; les contraintes de distance et d'emploi du temps. Car au-del&#224; de l'isolement g&#233;ographique, on doit aussi faire avec un mode de vie atypique. En &#233;levage, par exemple, il est difficile de s'absenter sans s'organiser en amont : si on garde&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Garder &#187; au sens pastoral : soit les brebis p&#226;turent en parc, soit elles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; les brebis, on n'a pas de week-end. Il y a une grosse contrainte de rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les groupes f&#233;ministes, il y a aussi des r&#233;seaux plus informels : entre copines paysannes, on essaie de se serrer les coudes et de faire attention les unes aux autres. Le processus d'&#233;criture de ce livre a aussi jou&#233; ce r&#244;le entre nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les r&#233;seaux agricoles en rupture avec l'agriculture conventionnelle, de la Conf' &#224; Reclaim The Fields en passant par les Civam ou les Adear &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Associations pour le d&#233;veloppement de l'emploi agricole et rural.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;, quel espace existe pour discuter les questions du sexisme et du patriarcat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; :&lt;/strong&gt; &#171; &#199;a a clairement &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Les Adear ou les Civam sont maintenant plut&#244;t sensibles &#224; ces questions. Il y a par exemple des groupes techniques en mixit&#233; choisie&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos &#171; Contre le sexisme, des agricultrices s'organisent &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. &#192; Reclaim The Fields par exemple, le f&#233;minisme a longtemps &#233;t&#233; vu comme un sujet secondaire et plut&#244;t rel&#233;gu&#233; &#224; des r&#233;unions &#224; la marge. On proclamait qu'il fallait lutter contre le patriarcat, mais ce n'&#233;tait pas vraiment incarn&#233;. Aujourd'hui, par contre, c'est une &#233;vidence, d'autant qu'on voit arriver des personnes pour qui ce sont des bases d&#233;j&#224; acquises. Si, par le pass&#233;, on a vu le cas de r&#233;unions libertaires o&#249; les gars sortaient tous fumer des clopes au moment d'aborder les questions f&#233;ministes, ce n'est plus trop le cas ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a huit ans, je me souviens avoir lanc&#233; &lt;i&gt;&#8220;Je suis f&#233;ministe&#8221;&lt;/i&gt; dans un tour de table d'une rencontre entre paysannes et que c'&#233;tait tr&#232;s mal pass&#233;. Ce jour-l&#224;, un formateur mec devait nous apprendre &#224; nous servir d'un enregistreur &#8211; c'est-&#224;-dire, dans ce cas pr&#233;cis, juste appuyer sur le bouton &#8220;Enregistrer&#8221;. Aujourd'hui, on n'aurait plus id&#233;e de faire appel &#224; un homme dans ce type de situation. Des fronti&#232;res bougent et les bases communes sont plus claires. Avec ce constat : il y a des mots qui ne font plus peur. On a l'impression d'&#234;tre pass&#233;es de &#8220;on se retrouve entre femmes&#8221; &#224; &#8220;on se retrouve entre f&#233;ministes&#8221;. Et puis la mixit&#233; choisie est devenue une &#233;vidence, alors que ce n'&#233;tait pas le cas avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, c'est un processus classique, qui commence par des groupes de femmes qui s'organisent en divers endroit avant de lancer des ultimatums : &lt;i&gt;&#8220;On veut que ces questions soient prises en compte !&#8221;&lt;/i&gt; On est oblig&#233;es d'imposer &#231;a parce qu'en face il y a des personnes qui freinent, car elles vont perdre des privil&#232;ges. Il y a aussi toujours le risque de se reposer sur nos acquis, de se dire &#8220;Nous on est cool, on a d&#233;construit&#8221;, alors m&#234;me qu'il reste des r&#233;actions et comportements &lt;i&gt;craignos&lt;/i&gt;, y compris dans ces organisations. On ne doit pas proclamer &#8220;On en est sorti&#8221;, parce que ce n'est pas du tout le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des moments de d&#233;pit, notamment quand on nous sort un discours de type : &#8220;&lt;i&gt;On aimerait aborder &#231;a, mais il n'y a pas de femmes dans nos orgas&lt;/i&gt;&#8221;. Or c'est &#233;videmment l'une des premi&#232;res questions &#224; se poser : pourquoi il n'y a pas de femmes ? Il y a de multiples raisons pour que m&#234;me les plus motiv&#233;es se d&#233;sinvestissent : la mani&#232;re de g&#233;rer les r&#233;unions, les horaires, la fa&#231;on de prendre et couper la parole... En clair, il y a beaucoup de choses &#224; questionner et &#224; travailler, partout. On n'a pas forc&#233;ment les outils, on exp&#233;rimente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les mobilisations collectives, il y avait aussi l'id&#233;e que cette BD serve de support pour impulser des dynamiques...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; Il y a d&#233;j&#224; plein de paysannes et de non-paysannes qui s'y sont reconnues, dont des personnes qui ne sont pas proches de r&#233;seaux f&#233;ministes. La BD est un support populaire et facile d'acc&#232;s, qui peut permettre de toucher un public plus large, n'ayant pas forc&#233;ment l'&#233;nergie de se lancer dans un grand bouquin avec plein de concepts, mais qui peut se trouver pris dans la petite histoire et s'attacher aux personnages. D&#233;j&#224;, on esp&#232;re que le fait qu'elle soit lue et qu'elle circule fera son petit effet. Notre envie : casser l'isolement et cr&#233;er de la sororit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'autodidactes et d&#233;butantes, on a montr&#233; que c'&#233;tait possible de mener ce genre de projet, donc si &#231;a peut donner envie &#224; d'autres de s'exprimer autour d'oppressions subies, ce serait &#233;videmment positif. On a envie de dire que ce que l'on vit au quotidien a de l'int&#233;r&#234;t, m&#233;rite d'&#234;tre transmis. Et on commence aussi &#224; avoir des retours de paysannes qui se sont rencontr&#233;es lors de sessions de pr&#233;sentation d'&lt;i&gt;Il est o&#249; le patron&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, et qui se disent qu'elles veulent rester en contact pour se soutenir, s'entraider. &#199;a fait vraiment chaud au c&#339;ur de savoir que cette BD permet aussi cela, qu'elle nous d&#233;passe ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sc&#232;ne de la BD, o&#249; les paysannes lisent un article de magazine sur les femmes dans l'agriculture, d&#233;crit un processus de r&#233;assignation : en m&#234;me temps que les femmes cessent d'&#234;tre invisibles dans l'agriculture, elles restent cantonn&#233;es &#224; des r&#244;les tr&#232;s sp&#233;cifiques et souvent esth&#233;tis&#233;s comme la transformation et la vente directe...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; Ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est devenu politiquement correct de reconna&#238;tre que les paysannes existent. Mais d&#232;s qu'on gratte un peu, on voit bien qu'on tient &#224; ce qu'elles restent &#224; une certaine place : soutenir l'homme, &#233;videmment, mais aussi apporter de la diversit&#233; sur les fermes, y amener des pratiques &#233;cologiques ou encore prendre en charge l'accueil. Certes on fait une place aux femmes, mais une place qui ne bouleverse pas le mod&#232;le dominant. Et on ne sort pas des attentes d&#233;testables li&#233;es &#224; notre genre : c'est toujours d'abord sur des crit&#232;res physiques, esth&#233;tiques, que les femmes sont visibles, comme le montre cette sc&#232;ne de la BD sur le magazine. C'est aussi cela qu'on a voulu aborder dans la BD, en montrant des femmes qui sortent des normes de la &#8220;beaut&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les productions agricoles sont tr&#232;s genr&#233;es : en plantes aromatiques et m&#233;dicinales, en &#233;levage de petits ruminants, dans la transformation fermi&#232;re, il y a beaucoup de femmes visibles. Mais elles le sont beaucoup moins d&#232;s qu'on va vers des exploitations avec de plus gros investissements, plus de capital, des grosses machines. En m&#234;me temps, ces grosses structures, nous, ce n'est pas ce qui nous fait r&#234;ver. &#199;a soul&#232;ve des questions d'articulation complexe entre f&#233;minisme et critique des mod&#232;les agricoles actuels. Lorsque des copines s'installent avec des petits troupeaux, peu de mat&#233;riel et en gal&#233;rant parfois financi&#232;rement, on peut se dire qu'elles ont plus de freins, de contraintes, qu'elles n'osent pas investir. Et en m&#234;me temps, c'est chouette de tenter de cr&#233;er un autre rapport &#224; la production et aux animaux ou encore de choisir de ne pas faire que &#231;a. La socialisation diff&#233;renci&#233;e qu'on a eue est peut-&#234;tre aussi une force pour remettre en cause le mod&#232;le agricole dominant. Globalement, on n'a pas envie de hi&#233;rarchiser, entre luttes f&#233;ministes et anticapitalistes : les deux sont &#233;videmment li&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Alexandre Hyacinthe&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet le rapport du S&#233;nat intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-579-notice.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#202;tre agricultrice en 2017 &#187;&lt;/a&gt; (13/06/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos le rapport du S&#233;nat titr&#233; &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-615-notice.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Femmes et agriculture : pour l'&#233;galit&#233; dans les territoires &#187;&lt;/a&gt; (05/07/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L&#226;che pas la ferme ! &#187;, th&#233;&#226;tre-forum mis en place avec l'association d'&#233;ducation populaire &#201;bullition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Garder &#187; au sens pastoral : soit les brebis p&#226;turent en parc, soit elles sont &lt;i&gt;gard&#233;es&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'une personne passe la journ&#233;e avec elles dans les zones de p&#226;ture, non cl&#244;tur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Associations pour le d&#233;veloppement de l'emploi agricole et rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Agricultrices-elles-s-organisent-contre-le-sexisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Contre le sexisme, des agricultrices s'organisent &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Reporterre &lt;/i&gt;(15/07/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reclaim the fields : &#171; Renouer avec un imaginaire d'autonomie &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reclaim-the-fields-Renouer-avec-un</link>
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		<dc:date>2015-09-02T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>Reclaim The</dc:subject>
		<dc:subject>The Fields</dc:subject>
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		<dc:subject>lutte</dc:subject>
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		<dc:subject>Conf&#233;d&#233;ration paysanne</dc:subject>
		<dc:subject>Reclaim</dc:subject>
		<dc:subject>fields</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Clin d'&#339;il &#224; Reclaim the streets, mouvement anglais des ann&#233;es 1990, Reclaim the fields a men&#233; des actions d'occupations face &#224; divers projets d'am&#233;nagement. Retour avec une &#233;toile de cette &#171; constellation &#187; sur cinq ans de luttes et de rencontres. CQFD : Quand et pourquoi est n&#233; Reclaim the fields ? Comment s'organise ce &#171; r&#233;seau &#187; ? Nous nous d&#233;finissons comme un collectif r&#233;unissant des jeunes paysan-ne-s, des sans-terre, des paysan-ne-s en devenir, qui voulons simplement nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Reclaim-The" rel="tag"&gt;Reclaim The&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Confederation-paysanne" rel="tag"&gt;Conf&#233;d&#233;ration paysanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Reclaim" rel="tag"&gt;Reclaim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fields" rel="tag"&gt;fields&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Clin d'&#339;il &#224; Reclaim the streets, mouvement anglais des ann&#233;es 1990, Reclaim the fields a men&#233; des actions d'occupations face &#224; divers projets d'am&#233;nagement. Retour avec une &#233;toile de cette &#171; constellation &#187; sur cinq ans de luttes et de rencontres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH265/rtf-2-05-2015-04eaf.jpg?1782791789' width='500' height='265' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quand et pourquoi est n&#233; Reclaim the fields ? Comment s'organise ce &#171; r&#233;seau &#187; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous d&#233;finissons comme un collectif r&#233;unissant des jeunes paysan-ne-s, des sans-terre, des paysan-ne-s en devenir, qui voulons simplement nous r&#233;approprier la production alimentaire. Reclaim the fields r&#233;unit des individus qui ne se retrouvent pas forc&#233;ment dans les structures paysannes classiques, que ce soit en termes de valeurs mais aussi d'organisation : tout est n&#233; de quelques jeunes militants de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou de la Via Campesina, r&#233;unis vers 2007-2008 autour de la question de l'installation agricole notamment, et qui avaient envie de s'organiser de fa&#231;on plus horizontale. Nous avions aussi la volont&#233; de ne pas reproduire des mentalit&#233;s pr&#233;&#233;tablies : nous ne voulions pas par exemple dissocier notre v&#233;cu et notre vie quotidienne de la question agricole &#8211; ce qui nous a ainsi permis d'aborder des questions de vie collective et de genre, ou encore de nous engager pleinement aupr&#232;s d'autres luttes. La paysannerie doit entrer en r&#233;sonance avec les diff&#233;rents mouvements sociaux et s'int&#233;grer dans une critique plus globale du capitalisme, de notre soci&#233;t&#233; de contr&#244;le, des politiques gestionnaires &#224; l'&#339;uvre autant dans le milieu agricole que dans d'autres sph&#232;res sociales : on n'a surtout pas envie de rester cantonn&#233;s au champ agricole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela &#233;galement que nous nous pr&#233;sentons comme une n&#233;buleuse, tout d'abord parce qu'il y a des &#171; constellations &#187; et des &#171; &#233;toiles &#187; Reclaim the fields diss&#233;min&#233;es un peu partout en Europe. Mais surtout parce que nous sommes avant tout un ensemble d'individus qui nous retrouvons collectivement sur des luttes. &#199;a vient d'un refus de trop nous formaliser en tant que r&#233;seau : nous privil&#233;gions les interactions entre personnes, la bienveillance et les complicit&#233;s qui se tissent avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reclaim the fields a particip&#233; &#224; de nombreuses occupations de terres face &#224; divers projets d'am&#233;nagements : une pratique de lutte qu'on n'avait pas vue &#224; l'&#339;uvre depuis longtemps...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de terres est d'abord une r&#233;ponse concr&#232;te face au parcours du combattant permanent que doivent affronter les jeunes pour trouver des terres et r&#233;aliser leur projet de vie. La premi&#232;re action de Reclaim a &#233;t&#233; en 2009 de s'encha&#238;ner &#224; l'entr&#233;e de la Safer (Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural) du Langedoc-Roussillon. Ces &#233;tablissements publics g&#232;rent les terres agricoles en France, mais perp&#233;tuent la concentration des terres aux mains des plus grands propri&#233;taires. L'ann&#233;e suivante, &#224; Dijon, avec divers collectifs et associations, nous avons occup&#233; une friche mara&#238;ch&#232;re pour en faire un potager collectif, le &#171; Po'Col'Le &#187;, point de d&#233;part de l'occupation des terres du quartier des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Occupation-maraichere-contre-eco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lentill&#232;res&lt;/a&gt;. Aujourd'hui, maisons occup&#233;es et microferme mara&#238;ch&#232;re c&#244;toient petits jardins, vergers, march&#233; &#224; prix libre, espaces collectifs... Bref, les derni&#232;res terres mara&#238;ch&#232;res de la ville sont remises en culture, au grand dam des &#233;diles dijonnais qui voudraient bien les b&#233;tonner pour y construire des &#233;coquartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, suite &#224; une rencontre et des liens cr&#233;&#233;s avec des occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en mai 2011, &#224; l'appel de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Une-lutte-decolle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reclaim the Fields et des zadistes&lt;/a&gt;, 1 000 personnes sont venues d&#233;filer sur la ZAD fourches et faux &#224; la main, pour d&#233;fricher une parcelle d'un hectare en vue de l'installation de mara&#238;chers sur les terres menac&#233;es par l'a&#233;roport. Cela a marqu&#233; la naissance du lieu-dit &#171; Le Sabot &#187;, tenu par un collectif qui s'est adonn&#233; au mara&#238;chage dans le but de produire sur place, pour nourrir &#8211; entre autres &#8211; la ZAD. Il y avait aussi l'envie de cr&#233;er des solidarit&#233;s avec les paysans du coin, de renouer avec un certain imaginaire d'autonomie paysanne en lien avec la lutte contre l'a&#233;roport. Cela nous a permis par la suite de penser et de participer &#224; l'organisation de la manif de r&#233;occupation de la ZAD de novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il y a eu &#224; Avignon, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/ZAD-a-venir-au-pays-des-santons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une manif d'occupation&lt;/a&gt; en avril 2013 pour tenter de bloquer un projet autoroutier en cultivant et redonnant vie aux multiples friches. Derni&#232;rement, dans les Chambarans, nous nous retrouvons &#224; plusieurs dans la lutte contre le Center Parcs de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/ZAD-en-Chambaran&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Roybon&lt;/a&gt;. D'autres occupations ont eu lieu en Europe, plus ou moins intimement li&#233;es &#224; la n&#233;buleuse Reclaim the fields : &#224; Gen&#232;ve contre un projet de zone industrielle, &#224; Vienne, en occupant des jardins urbains, en connexion avec des r&#233;seaux de soutien aux sans-papiers et avec des antifascistes. &#192; Rosa Montana, en Roumanie, nous avons organis&#233; en 2011 une de nos rencontres annuelles europ&#233;ennes, pour participer &#224; une lutte locale contre un projet de mine d'or qui expulserait les paysans du coin &#8211; projet qui a depuis &#233;t&#233; annul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, oui, si on peut dire que les occupations de terres avaient effectivement disparu du champ des pratiques de luttes, nous nous sommes aper&#231;us que, d&#233;sormais, m&#234;me la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou d'autres structures s'y remettaient. C'est une r&#233;sistance en actes, tr&#232;s concr&#232;te, puisqu'on se r&#233;approprie une terre, on la travaille, on la s&#232;me et on vit dessus. C'est une formidable fa&#231;on de rencontrer d'autres personnes, notamment plus &#226;g&#233;es, qui se rem&#233;morent les temps o&#249; l'on parlait sans ambages de collectivisation des terres. Occuper une terre, c'est &#224; la fois lutter, mais aussi exp&#233;rimenter et se projeter vers une installation future. Ainsi &#224; Avignon, apr&#232;s la lutte contre l'autoroute, certains des occupants ont-ils mont&#233; un projet collectif. &#192; Notre-Dame-des-Landes, beaucoup se sont install&#233;s dans le Grand Ouest, apr&#232;s avoir pass&#233; du temps ensemble dans les jardins collectifs. Ils se sont forg&#233;, les mains dans la terre, une vision commune d'une paysannerie et d'une autonomie retrouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agissent les individus du collectif face au rouleau compresseur des politiques publiques qui favorisent l'accaparement des terres ? Au-del&#224; des occupations, quelles solutions concr&#232;tes sont construites par Reclaim the fields pour r&#233;pondre &#224; cette situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour caricaturer, il y a tout d'abord ceux qui sont clairement d&#233;courag&#233;s : ceux qui sont d&#233;j&#224; pleinement dans le monde agricole, mais dans une situation pr&#233;caire qui les conduit &#224; consid&#233;rer que l'alternative et les perspectives de luttes qu'on porte sont trop fragiles. D'autres n'ont clairement pas de connaissance en la mati&#232;re et viennent &#224; Reclaim chercher des r&#233;ponses. Et puis il y a ceux qui se foutent de ces pinaillages politiques et qui s'engagent &#224; fond dans les luttes qu'on m&#232;ne. Sans compter les autres structures agricoles alternatives comme la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou Terre de Liens, &#224; qui nous servons plut&#244;t de &#171; r&#233;f&#233;rentiel radical &#187;. Ceux-l&#224; viennent un peu vers nous pour nous questionner, sur les questions d'installation collective notamment &#8211; surtout que certains d'entre nous font partie de ces structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces actions, nous avons un groupe qui travaille sur l'installation agricole hors cadre, plus marginale, et qui permet de contourner la machine administrative de contr&#244;le permanent. Il y a peu, nous avons organis&#233; plusieurs jours de rencontres uniquement centr&#233;s sur l'installation et la transmission des fermes, et on va s&#251;rement r&#233;it&#233;rer ce type de rencontres d'ici l'automne. Nous avons &#233;galement cr&#233;&#233; &#171; Fourche et Champ libre &#187;, un r&#233;seau d'une trentaine de fermes collectives, dans une sorte de compagnonnage pour se former, &#224; la fois politiquement et concr&#232;tement, &#224; la vie collective et aux pratiques agricoles. Cela permet indirectement de cr&#233;er un r&#233;seau d'entraide entre ces fermes, &#224; travers des &#233;changes de matos ou de semences, gr&#226;ce aux personnes qui tournent parmi des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes d&#233;j&#224; trop sollicit&#233;s par rapport &#224; notre capacit&#233; de r&#233;ponse : celles et ceux qui re&#231;oivent les demandes, et qui les accompagnent &#171; b&#233;n&#233;volement &#187;, sont d&#233;bord&#233;-e-s et jonglent entre les champs, les rencontres et les mails.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;France : Le sel de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/France-Le-sel-de-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terre accapar&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'accaparement des terres&lt;/a&gt; est un nouveau visage du colonialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiques de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Politiques-de-terres-volees&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terres vol&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Le-nerf-de-l-agraire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le nerf de l'agraire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Des-ZAP-pour-zapper-la-speculation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des ZAP&lt;/a&gt; pour zapper la sp&#233;culation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;clame le champ !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reclame-le-champ</link>
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		<dc:date>2011-12-19T07:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


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		<dc:subject>L'association agricole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Oh, le beau monde ! Y en a qui potagent collectivement entre Grenoble et Chamb&#233;ry avec des habitants d'une cit&#233; du coin et font m&#234;me leur miel. D'autres cultivent une terre coinc&#233;e entre deux bretelles d'autoroute &#224; Marseille&#8230; Reclaim the fields is back again in la France profonde ! R&#233;seau ou constellation europ&#233;enne informelle, Reclaim the fields (RTF) r&#233;unit des &#171; jeunes paysan-ne-s, des sans-terre et des paysan-ne-s en devenir, ainsi que des personnes qui veulent trouver le contr&#244;le de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricole" rel="tag"&gt;agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Reclaim-The" rel="tag"&gt;Reclaim The&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/The-Fields" rel="tag"&gt;The Fields&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/production-alimentaire" rel="tag"&gt;production alimentaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Reclaim" rel="tag"&gt;Reclaim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/constellation-europeenne" rel="tag"&gt;constellation europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-association-agricole" rel="tag"&gt;L'association agricole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Oh, le beau monde ! Y en a qui potagent collectivement entre Grenoble et Chamb&#233;ry avec des habitants d'une cit&#233; du coin et font m&#234;me leur miel. D'autres cultivent une terre coinc&#233;e entre deux bretelles d'autoroute &#224; Marseille&#8230; Reclaim the fields is back again in la France profonde !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;seau ou constellation europ&#233;enne informelle&lt;/strong&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.reclaimthefields.org/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reclaim the fields&lt;/a&gt; (RTF) r&#233;unit des &lt;i&gt;&#171; jeunes paysan-ne-s, des sans-terre et des paysan-ne-s en devenir, ainsi que des personnes qui veulent trouver le contr&#244;le de la production alimentaire &#187;&lt;/i&gt;. &#201;manation ind&#233;pendante de Via Campesina&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement international de paysans et de petits et moyens producteurs qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, sa premi&#232;re grande rencontre a eu lieu &#224; Cravirola (Aude) en 2009 (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Paysans-hors-champ'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 71&lt;/a&gt;). C'est l&#224; qu'est n&#233;e la branche francophone de Reclaim the fields, qui se r&#233;unissait fin octobre &#224; cinquante kilom&#232;tres au sud de Grenoble. Outre les joyeux mara&#238;chages collectifs, on a vu venir des gugusses qui taillent la route en camion ou se verraient reprendre la ferme parentale en Basse-Normandie, ou bien &#233;tudient l'agronomie &#224; Montpellier avant d'&#233;lever des b&#234;tes dans les Alpes. D'autres encore qui cherchent ensemble o&#249; poser leurs valises et leurs projets de Batotopie (de &#171; batologie &#187;, &#233;tude des ronces). &lt;i&gt;&#171; La premi&#232;re plante qui repousse sur une terre en friche, et qui sert de nid aux autres plantes &#187;&lt;/i&gt;, expliquent-ils dans un sourire. Et tous les autres, danseuse, fl&#226;neurs, nomades, qui ne savent pas encore tr&#232;s bien si, o&#249;, quand et comment ils s'installeront, mais ont bien conscience qu'alors il faudra trouver un bout de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thode la plus radicale et la plus pr&#233;caire, le squat de terrain est au centre des attentions. Depuis les rencontres de 2009, quelques lopins ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s sur le mode de l'occupation directe. D'abord le 28 mars 2010, &#224; Dijon. Un terrain en friche promis &#224; un &#171; &#233;coquartier &#187; a &#233;t&#233; d&#233;frich&#233; et sem&#233; par deux cents personnes, vite baptis&#233; &lt;a href=&#034;http://lentilleres.potager.org.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Potager collectif des lentill&#232;res&lt;/a&gt;, lieu de mara&#238;chage, formation et rencontres. Puis, le 7 avril 2011, l'envie de prendre la terre traverse les fronti&#232;res et parvient jusqu'au canton de Gen&#232;ve. L&#224;-bas, les derni&#232;res bonnes terres agricoles de la ville se r&#233;duisent &#224; trois hectares en pleine zone industrielle et ont failli accueillir une usine de nanotechnologie. S'y trouve d&#233;j&#224; le jardin des Charrotons, structure de mara&#238;chage coop&#233;ratif. Ce jour-l&#224;, &lt;i&gt;&#171; &#224; coup de cha&#238;nes humaines, de sueur et d'un vaillant tracteur &#187;&lt;/i&gt;, une centaine de personnes transforment la friche en un potager festif, ouvert &#224; tous. Un militant (&#233;clair&#233;) de Greenpeace aurait m&#234;me d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Quand on voit ce que vous faites ici, on se dit que ce qu'on fait nous, c'est vraiment de la merde.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://switzerland.indymedia.org/fr...&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt; Finalement, le 7 mai 2011, &#224; l'appel du r&#233;seau Reclaim the fields et des occupants de la ZAD oppos&#233;s au projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la revue Z n&#176;4 et CQFD n&#176; 81 et 87.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, quelque 1 000 personnes se mobilisent pour occuper une nouvelle parcelle en friche, et cr&#233;ent la ferme du Sabot&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176; 92.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH319/94_nardo_reclaim_the_fields-df8b5.png?1782645188' width='400' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais occuper la terre au sens large passe plus souvent par la location ou la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re que par la r&#233;appropriation informelle. Se pose alors la question juridique. Les formes pr&#233;vues par le droit (GAEC, EARL, SCEA, GFA, SCA&#8230;) se basent sur des parts de capital ou de participations ne permettant pas &#224; un collectif de devenir propri&#233;taire ou exploitant agricole. Si pr&#233;f&#233;rer la propri&#233;t&#233; collective est d'abord une option politique, elle &#233;vite aussi le risque de voir les parts prendre de la valeur et &#234;tre g&#233;r&#233;es individuellement. Ce qui d&#233;samorce pas mal d'embrouilles li&#233;es &#224; la propri&#233;t&#233; individuelle : d&#233;c&#232;s d'un associ&#233;, h&#233;ritage, sp&#233;culation sur la valeur du terrain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des jours, le statut associatif est apparu comme une solution possible, m&#234;me si cela ne r&#233;duit pas pour autant le casse-t&#234;te r&#233;glementaire. En effet, rien n'emp&#234;che une association de loi 1901 de devenir titulaire d'une exploitation agricole ou propri&#233;taire d'une ferme : c'est le cas du lieu, dans des montagnes au sud de Grenoble, o&#249; se sont tenues les rencontres. Mais c'est souvent le parcours du combattant : &lt;i&gt;&#171; On a d&#251; faire une r&#233;clamation pour ne pas remplir une case du logiciel qui &#233;tait marqu&#233;e comme obligatoire&lt;/i&gt;, raconte une membre du collectif. &lt;i&gt;Il faut mieux conna&#238;tre la l&#233;gislation que ceux que tu as en face pour surmonter tous les &#8220;&#231;a n'est pas possible&#8221;. &#187;&lt;/i&gt; L'association agricole est propri&#233;taire des b&#226;timents achet&#233;s il y a trois ans et le lieu abrite une dizaine de ses membres. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, quinze personnes ont mis&#233; de z&#233;ro &#224; vingt mille euros selon leurs moyens&lt;/i&gt;, poursuit-elle. &lt;i&gt;Les statuts pr&#233;cisent qu'en cas de dissolution de l'association, le lieu devra &#234;tre c&#233;d&#233; &#224; un collectif de m&#234;me nature. En cas de vente, chaque membre fondateur repartirait avec sept mille euros, le reste &#233;tant vers&#233; au secteur associatif. &#187;&lt;/i&gt; Si les verrous sont aussi dissuasifs, ce n'est pas par hasard : &lt;i&gt;&#171; Nous venons de r&#233;seaux activistes urbains pas mal engag&#233;s, entre autres, dans la lutte contre la sp&#233;culation fonci&#232;re&lt;/i&gt;, pr&#233;cise une autre. &lt;i&gt;Nous avons forc&#233;ment beaucoup r&#233;fl&#233;chi aux modes d'organisation et beaucoup travaill&#233; sur la r&#233;novation du b&#226;ti. Pour le collectif f&#233;ministe que nous sommes, cela pose la question de l'acc&#232;s au savoir-faire et l'acc&#232;s au monde agricole en tant que femmes. &#187;&lt;/i&gt; L'id&#233;e de s'installer dans la campagne &lt;i&gt;&#171; faisait partie des GPPPT &#8211; Grands Projets Pour Plus Tard. H&#233;las, une opportunit&#233; s'est pr&#233;sent&#233;e. On n'&#233;tait pas pr&#234;tes, et il fallait tout faire &#224; l'arrache, mais on y est all&#233;es. Mis &#224; part le renouvellement du b&#226;ti et l'installation dans les lieux, nos activit&#233;s sont diverses : accueil de r&#233;seaux militants, d&#233;marrage de potagers et vergers, investissement dans les luttes locales&#8230; &#187; &lt;/i&gt; &#192; ce stade, l'activit&#233; agricole reste anecdotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode associatif s'y pr&#234;te n&#233;anmoins, comme dans cette ferme des C&#233;vennes, qui regroupe des personnes venant de diff&#233;rentes exp&#233;riences collectives plut&#244;t urbaines. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, il n'&#233;tait pas pr&#233;vu de faire de l'&#233;levage, pourtant c'est ce que nous faisons maintenant avec trente ch&#232;vres &#187;&lt;/i&gt;, explique Pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nouveau, c'est l'occasion qui a fait le larron : &#171; Nous sommes tomb&#233;s sur un terrain de trente hectares qui nous plaisait beaucoup. Parmi ceux-ci, cinq &#233;taient des prairies et quatre de la for&#234;t. Il &#233;tait impossible de les entretenir sans les animaux, on a donc gard&#233; une partie des ch&#232;vres de l'&#233;leveur pr&#233;c&#233;dent et commenc&#233; &#224; faire du fromage. Pour le reste, on a un grand potager et des ch&#226;taigniers, pour l'autosubsistance et l'&#233;change. &#187; L'association agricole &#233;tait le meilleur moyen d'avoir un statut de collectif agricole, m&#234;me si cela implique qu'un des membres soit d&#233;clar&#233; en tant qu'agriculteur. &lt;i&gt;&#171; Nous avons eu acc&#232;s au foncier gr&#226;ce &#224; Terre de liens&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association qui a pour but de collecter de l'&#233;pargne &#224; l'&#233;chelle nationale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;,&lt;i&gt; qui a acquis les terres et avec qui on a sign&#233; un bail emphyt&#233;otique&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les droits sur la chose lou&#233;e sont comparables &#224; ceux d'un propri&#233;taire.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt;bon march&#233; de trente ans, en &#233;change de la r&#233;novation des b&#226;timents. Pour l'instant on dort dans des caravanes. &#187;&lt;/i&gt; &#192; la dure ! Le premier soir, on nous causait de Bernard Lambert, fondateur du mouvement des Paysans travailleurs dans les ann&#233;es 1970, et paysan sans terre enrag&#233; depuis l'enfance &#8211; quand son m&#233;tayer de p&#232;re r&#233;pondait &lt;i&gt;&#171; M'sieur not' bon ma&#238;tre &#187;&lt;/i&gt; au ch&#226;telain qui lui donnait, lui, du &lt;i&gt;&#171; Mon brave Joseph &#187;&lt;/i&gt;. Les paysans sans terre de RTF n'ont pas forc&#233;ment le m&#234;me arbre g&#233;n&#233;alogique, mais la rage, oui bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Reseau-de-fermes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;seau de fermes &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Reclaim-the-seeds&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Reclaim the seeds &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement international de paysans et de petits et moyens producteurs qui pr&#233;conise l'agriculture durable de petite &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://switzerland.indymedia.org/fr/2011/05/81896.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://switzerland.indymedia.org/fr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir la revue &lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/-Numero-4Nantes-Automne-2010176-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; n&#176;4&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/L-ombre-de-Vinci-plane-sur-Notre'&gt;81&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-agites-du-bocage'&gt;87&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zone-de-turbulences'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 92&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association qui a pour but de collecter de l'&#233;pargne &#224; l'&#233;chelle nationale pour acheter des terres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les droits sur la chose lou&#233;e sont comparables &#224; ceux d'un propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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