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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Lorsqu'il est trop tard pour avorter : &#171; Je ne viens vous voir que maintenant parce que &#231;a y est, j'ai la S&#233;curit&#233; sociale &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En France, les femmes n'ont le droit d'avorter qu'au cours des douze premi&#232;res semaines de leur grossesse. Ce d&#233;lai insuffisant pousse des milliers d'entre elles &#224; aller l'interrompre &#224; l'&#233;tranger... quand elles en ont les moyens et la possibilit&#233;. Entretien avec Rapha&#235;lle Morel, conseill&#232;re au Planning familial de Marseille. Dix semaines au Portugal, vingt-quatre au Royaume-Uni. En Europe, les &#201;tats qui autorisent l'interruption volontaire de grossesse (IVG) peinent &#224; accorder leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, les femmes n'ont le droit d'avorter qu'au cours des douze premi&#232;res semaines de leur grossesse. Ce d&#233;lai insuffisant pousse des milliers d'entre elles &#224; aller l'interrompre &#224; l'&#233;tranger... quand elles en ont les moyens et la possibilit&#233;. Entretien avec Rapha&#235;lle Morel, conseill&#232;re au Planning familial de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ix semaines au Portugal, vingt-quatre au Royaume-Uni. En Europe, les &#201;tats qui autorisent l'interruption volontaire de grossesse (IVG) peinent &#224; accorder leurs violons quand il s'agit de fixer une limite au-del&#224; de laquelle il n'est plus possible d'avorter. Dans l'Hexagone, des voix s'&#233;l&#232;vent pour demander l'extension de ce d&#233;lai l&#233;gal. Parmi elles, celle de Rapha&#235;lle Morel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que dit la loi au sujet du d&#233;lai d'acc&#232;s &#224; l'IVG ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut avorter en France jusqu'&#224; trois mois, ce qui &#233;quivaut &#224; douze semaines de grossesse&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 7 juin, le S&#233;nat avait vot&#233; un amendement allongeant ce d&#233;lai de douze &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au-del&#224; de ce d&#233;lai, il est interdit pour un m&#233;decin de proposer une IVG : cela s'apparente &#224; de l'exercice ill&#233;gal de la m&#233;decine. En revanche il existe l'IMG, l'interruption m&#233;dicale de grossesse, qui peut se faire jusqu'&#224; terme pour des raisons m&#233;dicales. C'est-&#224;-dire quand la &lt;i&gt;sant&#233; &lt;/i&gt;du f&#339;tus ou celle de la femme est en danger. Le probl&#232;me c'est que la notion de sant&#233;, telle qu'elle est comprise par les &#233;quipes m&#233;dicales qui pratiquent ces IMG, est pens&#233;e de fa&#231;on assez limit&#233;e. C'est g&#233;n&#233;ralement une approche biom&#233;dicale qui ne prend pas en compte la sant&#233; psychologique. Cela va &#224; l'encontre des pr&#233;conisations de l'OMS&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation mondiale de la sant&#233;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui appr&#233;hende la sant&#233; de fa&#231;on plus globale. Il y a cependant quelques h&#244;pitaux dans lesquels le terme est reconnu au sens large et qui, au cas par cas, acceptent de pratiquer des IMG dans des cas de viol ou pour des personnes qui sont psychiatris&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, l'allongement des d&#233;lais fait quasiment figure d'impens&#233;. Pourquoi cette revendication est-elle si peu port&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question des d&#233;lais est souvent oubli&#233;e car on n'a pas conscience du nombre de personnes concern&#233;es. Et aussi parce qu'il existe encore une repr&#233;sentation selon laquelle les femmes qui d&#233;passent ce d&#233;lai sont des irresponsables et que &#8220;&lt;i&gt;c'est bien fait pour leur gueule&lt;/i&gt;&#8221;. Alors que lorsqu'on &#233;coute leurs histoires, on saisit l'importance d'augmenter cette marge de man&#339;uvre. Derni&#232;rement par exemple, j'ai re&#231;u une femme qui souhaitait avorter. La premi&#232;re chose qu'elle a dit en entrant a &#233;t&#233; : &#8220;&lt;i&gt;Je ne viens vous voir que maintenant parce que &#231;a y est, j'ai la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/i&gt;&#8221; Elle venait de l'&#233;tranger, &#233;tait &#233;tudiante en France et attendait la finalisation des d&#233;marches pour l'obtention de sa carte Vitale. Elle ne savait pas qu'on aurait pu trouver des solutions avant. Elle est arriv&#233;e deux jours trop tard. J'ai &#233;galement en t&#234;te l'histoire d'une femme, m&#232;re de trois enfants, enceinte d'un 4e et dont la grossesse &#233;tait d&#233;sir&#233;e. Elle et son mari tenaient un commerce et vivaient dans une habitation situ&#233;e au-dessus. Il y a eu un incendie, tout a br&#251;l&#233;. Ils ont perdu leur appartement, leur commerce, leur travail. Face &#224; la situation, elle a d&#233;cid&#233; &#8211; tardivement &#8211; de mettre fin &#224; sa grossesse. Il y a aussi des victimes de viols qui n'ont pas conscientis&#233; leur grossesse &#224; cause du traumatisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles solutions s'offrent aux femmes qui ont d&#233;pass&#233; le d&#233;lai l&#233;gal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque ann&#233;e, on estime qu'entre 3 000 et 5 000 femmes fran&#231;aises ou r&#233;sidentes en France&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces donn&#233;es parcellaires, recueillies aupr&#232;s des cliniques des diff&#233;rents (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; vont avorter &#224; l'&#233;tranger dans des cliniques priv&#233;es, principalement en Espagne, en Angleterre ou aux Pays-Bas o&#249; les d&#233;lais sont plus &#233;tendus. Mais &#231;a ne concerne que les femmes qui en ont les moyens car dans ces cliniques, une IVG co&#251;te en g&#233;n&#233;ral entre 600 et 2 400 euros &#8211; sans compter le co&#251;t du trajet et de l'h&#233;bergement sur place. Cela rel&#232;ve clairement de l'injustice sociale. &#192; Marseille, le Planning familial et le collectif Les Avorteuses&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe politique f&#233;ministe centr&#233; sur les questions li&#233;es &#224; l'avortement.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ont mis en place des caisses de soutien&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est possible de faire un don en ligne sur le site internet du Planning (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, &#224; destination des femmes qui souhaitent avorter dans un autre pays mais qui ne peuvent pas faute de moyens. Ce qui est d'ailleurs &#224; double tranchant car les h&#244;pitaux finissent par se d&#233;charger sur nous et ne se posent plus la question de ce qu'ils font et de ce qu'ils emp&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la question financi&#232;re, il existe aussi des enjeux de confidentialit&#233;. Face &#224; un conjoint violent, partir discr&#232;tement &#224; l'&#233;tranger quand on a des enfants &#224; charge, c'est compliqu&#233;. Je n'ai jamais entendu parler d'avortements clandestins, mais c'est peut-&#234;tre li&#233; au fait que ces actes sont lourdement r&#233;pr&#233;hensibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays europ&#233;ens qui autorisent l'IVG l&#233;gif&#232;rent de fa&#231;on tr&#232;s diff&#233;rente sur la question des d&#233;lais d'acc&#232;s. Quel que soit le nombre de semaines accord&#233;es, la date butoir semble fix&#233;e de fa&#231;on arbitraire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, ce sont des questions &#233;thiques. La loi statue sur le moment o&#249; l'on consid&#232;re qu'il s'agit d'une vie. M&#233;dicalement parlant, une IVG est possible tout au long de la grossesse. Les gestes m&#233;dicaux diff&#232;rent selon le stade, mais restent techniquement simples. Au-del&#224; de &#231;a, on nous pose souvent la question du d&#233;veloppement du syst&#232;me nerveux, qui pose la question de la souffrance f&#339;tale. Je ne suis pas s&#251;re que les sciences soient r&#233;ellement capables de d&#233;terminer ce que ressent le f&#339;tus ; toujours est-il que les derni&#232;res recherches indiquent que jusqu'au sixi&#232;me mois, le f&#339;tus ne ressent pas la douleur. De toute fa&#231;on, si l'IVG se fait sous anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale, c'est l'ensemble du corps, et donc aussi le f&#339;tus qui est endormi. Il n'y a aucune raison scientifique au fait de limiter le d&#233;lai fran&#231;ais &#224; douze semaines. &#199;a freine pour des raisons morales ou religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que le rapport &#224; la vie est tr&#232;s diff&#233;rent d'une culture &#224; l'autre. Pour certains, il faut avoir v&#233;cu un certain temps apr&#232;s l'accouchement pour &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#234;tre humain. Pour d'autres, d&#232;s qu'il y a conception il y a une &#226;me &#8211; donc une vie. Pour les femmes qui avortent, la question de savoir s'il y a une vie ou pas ne se pose pas forc&#233;ment. Si elle se pose, elle peut certes jouer sur la culpabilit&#233; ressentie (ou non), mais elle n'aura pas forc&#233;ment d'incidence sur le choix d'avorter (ou non). Selon moi, ce n'est donc pas un crit&#232;re pour l&#233;gif&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Planning, pour une &#233;quit&#233; de droits avec les pays europ&#233;ens les plus progressistes, nous d&#233;fendons dans un premier temps l'&#233;largissement du d&#233;lai &#224; cinq mois et demi de grossesse. Ce d&#233;lai avait probablement &#233;t&#233; choisi par les Pays-Bas parce qu'il correspond au moment &#224; partir duquel un f&#339;tus est viable en cas d'accouchement pr&#233;matur&#233;. Mais dans la mesure o&#249; nous revendiquons la d&#233;p&#233;nalisation totale de l'avortement, l'essentiel reste pour nous d'&#233;couter la parole des femmes : tant que c'est leur corps qui est impliqu&#233;, c'est &#224; elles de d&#233;cider. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'&#233;largir ce d&#233;lai, ce n'est pas finalement permettre &#224; l'&#201;tat de se d&#233;sengager de ses responsabilit&#233;s ? Il pourrait en effet consid&#233;rer qu'il n'est pas n&#233;cessaire de simplifier l'acc&#232;s &#224; l'IVG en y consacrant des moyens suffisants si les femmes ont un laps de temps plus long pour engager cette d&#233;marche...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peut-&#234;tre, si on est dans l'id&#233;e que les avortements pratiqu&#233;s au-del&#224; des douze semaines de grossesse sont li&#233;s &#224; des probl&#232;mes d'acc&#232;s. Mais en r&#233;alit&#233;, ces situations sont souvent dues &#224; des accidents de la vie. Cela dit, bien s&#251;r, des efforts doivent &#234;tre faits. Normalement, le premier rendez-vous pour une IVG doit &#234;tre donn&#233; dans les cinq jours apr&#232;s le premier contact avec la structure choisie. &#192; l'heure actuelle, il est tr&#232;s rare que cette prescription soit respect&#233;e. Les h&#244;pitaux sont satur&#233;s ou peu accessibles en zone rurale : on a des zones de vide absolu o&#249; on est oblig&#233;es de faire des kilom&#232;tres et des kilom&#232;tres pour avorter. Ce qui peut vite nous faire d&#233;passer les d&#233;lais alors qu'on &#233;tait dans les clous. Heureusement il y a aussi des endroits o&#249; quand on est proche du d&#233;lai, les &#233;quipes soignantes se d&#233;brouillent pour que cela se fasse dans les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la question de la clause de conscience qui se mat&#233;rialise par le fait que, sur certains territoires, presque aucun m&#233;decin n'accepte de pratiquer une IVG. L'autre gros souci concerne les personnes dont les droits &#224; la S&#233;curit&#233; sociale ne sont pas ouvrables. Par exemple, des femmes qui ont un visa touristique ou des ressortissantes de l'Union europ&#233;enne qui ont une S&#233;curit&#233; sociale dans leur pays d'origine. Normalement, l'IVG &#233;tant reconnue l&#233;galement comme un soin urgent, les h&#244;pitaux sont tenus de pratiquer l'acte m&#234;me sans paiement ou sans pr&#233;sentation de la carte Vitale, mais dans les faits ils refusent souvent. On serait en droit de le leur reprocher, mais en m&#234;me temps, leurs probl&#232;mes financiers sont tels qu'il faut aussi se poser la question de l'&#233;tat de nos h&#244;pitaux publics, quand ces difficult&#233;s financi&#232;res impactent &#224; ce point les usag&#232;res. Il y a aussi la question de l'information. S'il y a des baisses de subventions, est-ce que le chemin d'acc&#232;s &#224; l'IVG restera toujours aussi bien balis&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 7 juin, le S&#233;nat avait vot&#233; un amendement allongeant ce d&#233;lai de douze &#224; quatorze semaines. Las : &#224; l'occasion d'un second vote le 11 juin, cette extension a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Organisation mondiale de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces donn&#233;es parcellaires, recueillies aupr&#232;s des cliniques des diff&#233;rents pays, ne permettent pas de savoir avec pr&#233;cision si c'est la nationalit&#233; ou le lieu de r&#233;sidence qui est pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe politique f&#233;ministe centr&#233; sur les questions li&#233;es &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est possible de faire un don en ligne sur le site internet du Planning familial 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e</title>
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines... Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/92_tanxxx-75e8d.png?1782649432' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et un peu assomm&#233;e. Elle a d&#233;j&#224; eu des gosses, elle ne comprend pas comment elle a pu d&#233;couvrir cette grossesse si tard. Elle a eu ses r&#232;gles normalement. Peut-&#234;tre &#233;taient-elles un peu plus courtes, un peu plus l&#233;g&#232;res&#8230; Elle se dit qu'elle aurait d&#251; le sentir, le savoir. Elle prend la pilule, se rappelle de l&#233;gers d&#233;calages dans ses prises, mais pas d'oubli. Elle ne comprend pas. Une autre pensait avoir &lt;i&gt;&#171; fait suffisamment attention &#187; &lt;/i&gt; et se demande, inqui&#232;te, comment elle va pouvoir avorter &#224; dix-huit semaines de grossesse. On rassure tout le monde et on attrape le classeur &#171; Espagne &#187; et celui des &#171; Pays-Bas &#187;, pour leur parler du voyage que 5 000 femmes fran&#231;aises font chaque ann&#233;e. On leur pr&#233;sente deux solutions : le Centro m&#233;dico Aragon, la &lt;i&gt;&#171; clinica de siempre &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; plus de vingt ans d'exp&#233;rience en interruption l&#233;gale de la grossesse, vasectomie, ligature des trompes&#8230; &#187; &lt;/i&gt; &#8211; qui pratique l'avortement jusqu'&#224; vingt-deux semaines de grossesse ; et la &lt;i&gt;&#171; clinique de l'interruption de grossesse &#187;&lt;/i&gt; de Het Vrelinghuis, &#224; Utrecht. Aux Pays-Bas, l'intervention est gratuite pour les r&#233;sidentes. Pour les Fran&#231;aises, selon l'avanc&#233;e de la grossesse et le prix du trajet, il faudra d&#233;bourser entre 800 et 1 600 euros environ. Parfois plus. Bus, train, voiture, on propose diff&#233;rents modes de transport. &lt;i&gt;&#171; Vous serez accompagn&#233;e ? Vous avez de quoi payer ? Il vous reste deux ou trois jours pour r&#233;unir la somme&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On liste les m&#233;dicaments qu'elles doivent emporter, on fait des photocopies : plan de la ville, transports en commun, h&#244;tels. Elles empilent leurs papiers, l'air pr&#233;occup&#233;. &lt;i&gt;&#171; En Espagne, ils demandent combien pour dix-sept semaines ? &#187;, &#171; 780 euros. &#187; &#171; Et pour vingt semaines ? &#187; &#171; 1 200 euros. &#187; &#171; C'est d&#233;gueulasse&lt;/i&gt;, soupire une nana, &lt;i&gt;il va falloir que je trouve une excuse pour emprunter du fric &#224; mes parents. &#187;&lt;/i&gt; On esp&#232;re qu'elle ne sera pas oblig&#233;e d'&#233;lever un m&#244;me qu'elle n'a pas voulu parce que, dix jours plus t&#244;t, elle a d&#251; remplacer la courroie de distribution de sa bagnole, et qu'elle n'a plus de fric de c&#244;t&#233;. Toutes vont finalement trouver une solution, cette fois-ci. Toutes vont r&#233;ussir &#224; trouver une excuse pour faire garder les m&#244;mes, s'absenter du boulot et r&#233;unir la somme demand&#233;e. Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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