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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Chers administrateurs d'&#171; Entreprendre &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Disons-le tout net : je suis tristesse. Esprit vif et ouvert, j'attendais beaucoup du 307e num&#233;ro de votre beau mensuel, dont la une pavoise sous forme de maousse publicit&#233; dans divers recoins de mon rieur voisinage. Particuli&#232;rement gratin&#233;e, ladite une. Collector, m&#234;me. Sous le titre &#171; Ambition, la m&#233;thode gagnante &#8211; ils vont jusqu'au bout de leurs id&#233;es ! &#187; s'y &#233;talent les ganaches triomphantes de quatre personnalit&#233;s de haute tenue, &#224; savoir Xavier Niel, Teddy Riner, Emmanuel Macron (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Xavier-Niel" rel="tag"&gt;Xavier Niel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;isons-le tout net : je suis tristesse. Esprit vif et ouvert, j'attendais beaucoup du 307&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; num&#233;ro de votre beau mensuel, dont la une pavoise sous forme de maousse publicit&#233; dans divers recoins de mon rieur voisinage. Particuli&#232;rement gratin&#233;e, ladite une. Collector, m&#234;me. Sous le titre &#171; Ambition, la m&#233;thode gagnante &#8211; ils vont jusqu'au bout de leurs id&#233;es ! &#187; s'y &#233;talent les ganaches triomphantes de quatre personnalit&#233;s de haute tenue, &#224; savoir Xavier Niel, Teddy Riner, Emmanuel Macron et... Donald Trump. Quatuor audacieux, tenant autant de l'inventaire &#224; la Pr&#233;vert que de la revendication des valeurs de votre magazine &#8211; que l'on peut r&#233;sumer ainsi : &lt;i&gt;on kiffe les winners &lt;/i&gt;(et peu importe si ce sont de dangereux psychopathes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;All&#233;ch&#233;&lt;/strong&gt; par l'association folie trumpienne/valeurs patronales ainsi avanc&#233;e, j'ai donc prestement sorti les 4,90 euros demand&#233;s et me suis ru&#233; dans mon plus beau canap&#233; pour d&#233;guster votre prose. Et l&#224;, bim, d&#233;ception ! Je n'ai trouv&#233; dans les pages de votre &#233;pais dossier (&#233;puisant gloubi-boulga motivationnel dont il ressort qu'il faut trouver sa voie) aucune mention de Trump. WTF, comme disent les djeunes. Pire : sur les 170 lloongguueess pages de ce num&#233;ro de f&#233;vrier, son nom est quasiment introuvable. La plus notable apparition se trouve en page 149, o&#249; un certain Francis Dominguez, visiblement sous l'emprise de chatoyantes substances psych&#233;d&#233;liques, livre une chronique d'une page au titre uppercut : &#171; L'&#233;lection de Trump leur a donn&#233; une sacr&#233;e claque &#187;. Bel essai, qu'il m'est malheureusement impossible de r&#233;sumer, sa prose &#233;tant &#224; l'analyse politique ce que le cubisme &#233;tait &#224; la peinture figurative. Extrait : &#171; &lt;i&gt;On dirait que &#231;a les br&#251;le de voir un homme riche, sauf quand ces riches mettent beaucoup d'argent pour qu'ils puissent &#234;tre subventionn&#233;s pour pouvoir continuer leur connerie &#8211; toujours avec l'argent des autres bien s&#251;r &#8211; de ces autres qu'on traite de milliardaires.&lt;/i&gt; &#187; Je n'aurais mieux dit, bonhomme (et si jamais tu peux faire tourner ton plan k&#233;ta, je suis preneur). Plus loin, Mister Dominguez, ci-devant &#171; avocat &#224; la cour &#187;, se prend &#224; r&#234;ver d'un combat de boxe De Niro vs. Trump, imaginant le &#171; petit &#187; Robert &#233;tal&#233; dans la poussi&#232;re par le &#171; grand &#187; Donald. On a les fantasmes qu'on m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc bon&lt;/strong&gt;, ok, LSD Dominguez sauve l'honneur. Mentionnons &#233;galement la fugace apparition dudit Trump dans les glorieuses pages bloc-notes du patron du mensuel, Robert Lafont, qui aligne sous le d&#233;licat intitul&#233; &#171; Cop&#233; &#224; la rescousse des entrepreneurs, sur le mod&#232;le Trump ? &#187; quelques lignes encore une fois profond&#233;ment imbitables (c'est plus un titre de presse, c'est Katmandou-sur-d&#233;fonce). Mais &#231;a s'arr&#234;te l&#224;. Pour le reste, &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt;. Le roi de la &lt;i&gt;Golden Shower&lt;/i&gt; est introuvable, alors m&#234;me qu'il est l'&#233;l&#233;ment dominant de votre couverture (en taille comme en position, il &#233;crase ses trois camarades franchouillards). Publicit&#233; mensong&#232;re, j'&#233;cris ton nom en urine d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est dommage&lt;/strong&gt;, merde. Parce que pour le reste, votre magazine brille clairement au firmament de la presse exigeante. Outre des graphistes accroch&#233;s au bel objectif de d&#233;clencher un maximum de crises d'&#233;pilepsie chez le lecteur, vous endossez fi&#232;rement de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re page vos costumes racornis d'amis du patronat. Citons ainsi cet autre morceau de gloire qu'est l'entretien avec l'&#233;conomiste Christian Saint-Etienne, pensum n&#233;o-lib&#233;ral plus affligeant qu'une soir&#233;e m&#233;choui chez des racistes v&#233;gan, lequel s'orne d'une photo bien laide dudit capitalol&#226;tre en compagnie du boss du journal. Pour l&#233;gende : &#171; &lt;i&gt;Christian Saint-etienne et le patron d'&lt;/i&gt;Entreprendre&lt;i&gt;, Robert Lafont : deux militants de l'esprit d'entreprendre et du redressement &#233;conomique. &lt;/i&gt; &#187; Youka&#239;di youka&#239;da.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le reste est &#224; l'avenant&lt;/strong&gt;, entre pubs d&#233;primantes, publi-reportages sous Prozac, &#171; reportage &#187; galamment titr&#233; &#171; Et si l'Alg&#233;rie devenait l'atelier de l'Europe ? &#187; et double du &#171; cahier pratique du dirigeant &#187; intitul&#233;e &#171; Faire payer un cr&#233;ancier &#187;. Je m'arr&#234;te l&#224; parce qu'en fait je me rends compte que je pourrais citer l'int&#233;gralit&#233; de votre brillant magazine, lequel prouve par A+B ce que l'on sait d&#233;j&#224; tous en notre for int&#233;rieur : non seulement les riches sont emmerdants &#224; mourir, mais ils sont en outre cons comme des balais. &lt;i&gt;Well done, dudes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; pourquoi&lt;/strong&gt;, chers administrateurs d'&lt;i&gt;Entreprendre&lt;/i&gt;, je vous prie d'enfin franchir le Rubicon(d) et d'assumer ce fantasme que vos inconscients d'engraiss&#233;s pathologiques ont semble-t-il d&#233;j&#224; largement int&#233;gr&#233; jusqu'&#224; l'afficher en couverture. Vous r&#234;vez d'un homme fort et liberticide pour bien prot&#233;ger les patrons ? Assumez ! Allez &#171; &lt;i&gt;jusqu'au bout de vos id&#233;es&lt;/i&gt; &#187; ! Et criez-le bien fort : &lt;i&gt;in Trump we trust !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rouges au bar, jaunes dans les verres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierre Doize</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, il fut un temps o&#249; Juliette, &#201;liane, Nicole et Monique se baignaient dans la rivi&#232;re du Jarret &#224; c&#244;t&#233; de l'usine de soufre. Il fut un temps o&#249; l'on ramassait la salade &#224; deux pas de Menpenti, un temps o&#249; le foyer populaire fut rachet&#233; par des communistes pour en faire un dispensaire gratuit, une biblioth&#232;que, un bistrot, un lieu de vie. Marseille, 1936, rue Brandis. Un bar est rachet&#233; par une poign&#233;e de militants communistes apr&#232;s les longues gr&#232;ves du mois de juin. Un bar (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Doize" rel="tag"&gt;Pierre Doize&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, il fut un temps o&#249; Juliette, &#201;liane, Nicole et Monique se baignaient dans la rivi&#232;re du Jarret &#224; c&#244;t&#233; de l'usine de soufre. Il fut un temps o&#249; l'on ramassait la salade &#224; deux pas de Menpenti, un temps o&#249; le foyer populaire fut rachet&#233; par des communistes pour en faire un dispensaire gratuit, une biblioth&#232;que, un bistrot, un lieu de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1779603026' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;arseille, 1936, rue Brandis. Un bar est rachet&#233; par une poign&#233;e de militants communistes apr&#232;s les longues gr&#232;ves du mois de juin. Un bar mais aussi un centre social organis&#233; autour du Parti. En 1948, ce sont pas moins de 39 bars qui seront tenus par les communistes de Marseille. Si l'on est un bon communiste, gare aux tourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;80 ans plus tard, &lt;/strong&gt;nous sommes assis avec Monique et Eliane, deux s&#339;urs qui ont pass&#233; leur vie dans le quartier de Menpenti. La salle s'appelle Robert Perez, je demande &#224; Monique qui &#233;tait le monsieur. Elle s'&#233;crie : &lt;i&gt;&#171; Mais c'est mon mari. &#187; &lt;/i&gt;Robert a tenu le comptoir des ann&#233;es durant avant qu'Alain et Nicole, sa s&#339;ur, ne reprennent le flambeau. D'autres ont suivi : David, Michel, jusqu'&#224; &#201;tienne aujourd'hui. Tous militants. &lt;i&gt;&#171; Robert il fallait pas trop lui parler ! Le matin surtout. Un jour qu'un client venait lui raconter sa vie, il a mis la grille de la pompe &#224; bi&#232;re devant son visage pour singer le confessionnal. &#187; &lt;/i&gt;Monique et Eliane trouvent que c'est p&#233;nible d'&#233;couter tous les jours des confessions : &lt;i&gt;&#171; Que sa femme n'a pas voulu coucher avec lui, etc. &#187; &lt;/i&gt;Eliane ajoute : &lt;i&gt;&#171; Je m'en bats les choses ! &#187; &lt;/i&gt;Monique travaillait comme &#171; tata &#187; dans les &#233;coles puis elle venait remplacer son mari au comptoir. Ici on ne vire pas les gens parce qu'ils ne partagent pas vos opinions. &lt;i&gt;&#171; Un jour entre un bonhomme avec &lt;/i&gt;Le Monde &lt;i&gt;soigneusement pli&#233; sous le bras. Robert lui dit : &#8220;Vous pouvez le montrer. On va pas vous manger&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Dans la salle Robert-Perez, &lt;/strong&gt;on aura tout fait, tout vu. Du ping-pong, des meetings, des soir&#233;es de danse, et m&#234;me une veill&#233;e fun&#232;bre, celle du d&#233;put&#233; Pierre Doize, ancien d&#233;port&#233; qui savait lever le coude. Il se tue en 1979 avec sa femme en revenant d'un congr&#232;s d'anciens d&#233;port&#233;s &#224; Narbonne. &lt;i&gt;&#171; Sa femme Antoinette s'&#233;tait asperg&#233;e de vitriol pour ne pas &#234;tre prise comme fille de vie par les Allemands. On le voyait bien qu'elle avait &#233;t&#233; belle &#187;, &lt;/i&gt;racontent-elles. Pierre Doize travaillait au port de Marseille, avant d'&#234;tre licenci&#233; pour ses opinions politiques. C'&#233;tait un temps o&#249; les ouvriers devenaient des d&#233;put&#233;s tandis que de l'autre c&#244;t&#233; se reproduisaient les m&#233;decins et les profs. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un ma&#231;on qui faisait du judo &#187;, &lt;/i&gt;pr&#233;cise Monique. Pour &#201;liane, c'&#233;tait son &lt;i&gt;&#171; p&#232;re spirituel &#187;. &#171; Alors, quand certaines me disent que les camps de la mort, &#231;a n'a pas exist&#233;&#8230; &#8220;Putain de merde de la connasse !&#8221; &#187;, &lt;/i&gt;s'insurge-t-elle en termes choisis. Pourtant ces militantes ont encore fort &#224; faire au comptoir avec les discours racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durant la guerre d'Alg&#233;rie, &lt;/strong&gt;les camarades montent des tours de garde. &lt;i&gt;&#171; Il s'y tenait des rondes depuis l'Indochine, &#187; &lt;/i&gt;pr&#233;cise Monique. L' OAS canarde la vitrine, une autre fois une grenade blesse des militants. &lt;i&gt;&#171; On montait la garde m&#234;me en 68. J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e lors d'une manif &#224; l'&#233;poque&#8230; &#187;, &lt;/i&gt;se souvient &#201;liane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quartier rouge de Menpenti, &lt;/strong&gt;comme on l'appelait apr&#232;s-guerre, devait aussi sa r&#233;putation &#224; l'implantation de la CGT. Lors de la bataille contre la loi Travail, les militants de tous poils se sont retrouv&#233;s encore ici au comptoir. Mais au Foyer, c'est le Parti qui commande. Il n'en reste pas moins qu'ici c'est encore populaire. Et le prix des consommations est en rapport avec la classe sociale. &#192; c&#244;t&#233; de nous, Louis, Jacques et Jeannot jouent sagement au rami, mais &#224; l'heure de l'ap&#233;ro, &#231;a tourne autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vie du foyer &lt;/strong&gt;ce sont les femmes de la famille qui l'animent : Nicole par exemple qui fait &#224; manger lors des stages syndicaux. D'origine italienne par ses parents, elle appr&#233;cie quand la chorale La Lutte enchant&#233;e, qui a pris ses quartiers au foyer, lui d&#233;dicace &lt;i&gt;&#171; Bella Ciao &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un soir, &lt;/strong&gt;c'est un habitu&#233; qui se r&#233;jouit de la pluie : &lt;i&gt;&#171; Elle fait mon travail. &#187; &lt;/i&gt;Il balaie les rues de Marseille. Puis il proclame : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a plus de bataille politique depuis dix ans. &#187; &lt;/i&gt;&#201;tienne qui tenait la buvette pour le PC n'aurait jamais pens&#233; atterrir derri&#232;re le comptoir. Il est du 1er arrondissement. Au ch&#244;mage il a pris le boulot derri&#232;re un militant lyonnais des JC. Derri&#232;re eux, les autocollants CGT de toutes les bo&#238;tes de Marseille cernent le plus beau : &#171; Allez L'OM &#187; qui fait le fier face au drapeau de la Paix. Pour s&#251;r, on trouve ici trois marques de pastagas mais c'est toujours un communiste qui le sert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;p&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;M&lt;/petitelettrine&gt;on arri&#232;re-grand-m&#232;re est morte apr&#232;s une cuite en tombant dans le foss&#233; &#224; Abrest, dans l'Allier. Il n'y a pas de plaque mais je le sais. Son fils qu'on appelait le &#171; Marquis de Brages &#187; d&#233;valait de son terrain vague en mobylette, saoul comme un cochon. C'&#233;tait un ivrogne sympathique. Il est mort il y a dix ans lui aussi, au dessus de &lt;i&gt;La Cascade, un &lt;/i&gt;bar que j'affectionne rien que pour son nom. Il &#233;voque l'eau qui descend dans le verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son fr&#232;re, mon grand-p&#232;re&lt;/strong&gt;, est parti mourir &#224; l'h&#244;pital apr&#232;s un cancer contract&#233; &#224; la cigarette et &#224; l'alcool. Peut-&#234;tre aussi &#224; l'amiante vu qu'il &#233;tait plombier de son &#233;tat. Un plombier qui ne refusait jamais un verre. Un plombier qui refusait de se faire payer, ce qui mettait ma grand-m&#232;re dans tous ses &#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partir de troquet en bistrot&lt;/strong&gt; et chalouper sous l'&#233;paule de p&#233;p&#233; vers une autre rive, un autre bar, &#233;tait un plaisir pour moi, quand j'&#233;tais adolescent. Mon grand-p&#232;re connaissait tous les clients des bistrots de son quartier et partout il me pr&#233;sentait. Les cirrhoses me zieutaient, les yeux fatigu&#233;s sur les poches de Ricard me saluaient avec chaleur. &lt;i&gt;&#171; Oh le petit-fils de Roger ! &#187; &lt;/i&gt;Et on nous payait une tourn&#233;e. Partout cette odeur fascinante de Ricard et de sirop m&#234;l&#233;s. Partout ces vieux comptoirs avec leurs machines &#224; cacahou&#232;tes rouges. Tourner la poign&#233;e et les voir descendre pendant que mon oreille guettait le bruit de l'eau qui chutait dans le jaune. La t&#233;l&#233; n'&#233;tait pas encore arriv&#233;e dans nos bars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roger&lt;/strong&gt; fr&#233;quentait tout ce qu'on faisait de mieux en PMU aussi. &lt;i&gt;Le Tilleul &lt;/i&gt;portait mal son nom sauf pour l'arbre qui a d&#251; &#234;tre abattu. L'ambiance y &#233;tait &#224; la clope : la gitane et la goldo. On y poin&#231;onnait le tierc&#233; quand on ne se rendait pas directement au champ de course, o&#249; il avait ses entr&#233;es. C'&#233;tait moins tranquille comme ambiance. Il se jouait des choses graves. On y jouait sa paye en ce temps-l&#224;. Roger m'expliquait les courses dans ces bars : Plac&#233;, Gagnant, les cotes et les &#233;curies, et le c&#233;r&#233;monial des courses, quand les chevaux s'&#233;lancent derri&#232;re la voiture, et encore le cheval qui est disqualifi&#233; quand il galope au lieu de trotter. Tout &#231;a derri&#232;re un comptoir rempli de d&#233;sespoir souvent. De joie aussi au moment du final quand les jockeys cravachent leurs chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois, c'&#233;tait une tourn&#233;e de blanc&lt;/strong&gt; ou de rouge lim&#233;. Le matin avait ses faveurs quand tr&#244;naient sur le comptoir des oeufs durs. Ces oeufs dans leur pr&#233;sentoir, c'&#233;tait une f&#234;te. Comme les grenadines que les tenanciers ne manquaient jamais de nous offrir. Les colorants &#233;taient plus rares. Menthe ou grenadine. Le bonheur &#233;tait complet. Et quand il y avait un baby-foot, alors l&#224;&#8230; c'&#233;tait Luna-park. On ne m'aurait jamais fait d&#233;coller pour Disneyland, moi qui avais fait une cinqui&#232;me option baby-foot. P&#233;p&#233;, lui, redoublait son CAP de comptoir en comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. G.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Priv&#233;s de cri&#233;e</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#199;a chauffe pour les m&#233;dias pas pareils. &#192; Lille, le journal La Brique se voit interdit de cri&#233;e, tandis qu'&#224; Grenoble, c'est Le Postillon qu'on tente de b&#226;illonner. Et Robert Bichet dans tout &#231;a ? Qui se souvient du vieux Bob ? De ce doubiste n&#233; au d&#233;but du si&#232;cle dernier, r&#233;sistant gaulliste pendant la Seconde Guerre mondiale. Comment ? C'est quoi un doubiste ? Un habitant du Doubs, pardi. Bichet, apr&#232;s-guerre, est propuls&#233; sous-secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la pr&#233;sidence du Conseil et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a chauffe pour les m&#233;dias pas pareils. &#192; Lille, le journal &lt;i&gt;La Brique &lt;/i&gt;se voit interdit de cri&#233;e, tandis qu'&#224; Grenoble, c'est &lt;i&gt;Le Postillon &lt;/i&gt;qu'on tente de b&#226;illonner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;t Robert Bichet dans tout &#231;a ? Qui se souvient du vieux Bob ? De ce doubiste n&#233; au d&#233;but du si&#232;cle dernier, r&#233;sistant gaulliste pendant la Seconde Guerre mondiale. Comment ? C'est quoi un doubiste ? Un habitant du Doubs, pardi. Bichet, apr&#232;s-guerre, est propuls&#233; sous-secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la pr&#233;sidence du Conseil et &#224; l'Information. En avril 1947, il donne son imprimatur &#224; la fameuse loi qui porte son nom et traite de la distribution des journaux et publications p&#233;riodiques. Article premier : &lt;i&gt;&#171; La diffusion de la presse imprim&#233;e est libre. Toute entreprise de presse est libre d'assurer elle-m&#234;me la distribution de ses propres journaux et publications p&#233;riodiques par les moyens qu'elle jugera les plus convenables &#224; cet effet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Et &lt;i&gt;La Brique &lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;dans tout &#231;a ? Souvenez-vous, on vous avait caus&#233; de cet irr&#233;v&#233;rencieux canard septentrional&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. CQFD n&#176;107 &#8211; janvier 2013.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un mois apr&#232;s le massacre &#224; &lt;i&gt;Charlie-Hebdo &lt;/i&gt;de janvier 2015, ils sont quelques briqueux &#224; s'&#233;poumoner au march&#233; de Wazemmes de Lille pour &#233;couler leur canard sans pub ni sub. Tandis que la nation continue d'essorer son linceul sur &#171; la libert&#233; de la presse assassin&#233;e &#187;, la poulaille lilloise verbalise les crieurs au pr&#233;texte que toute propagande politique serait proscrite sur le march&#233;. Habitu&#233;s aux averses perfides de la mairie PS, les &#171; militants &#187; brandissent le parapluie l&#233;gal fourbi par Bob Bichet, soixante ans plus t&#244;t. Rien n'y fait. Pr&#233;sent sur les lieux, Xavier Bonnet, en charge des march&#233;s de plein air &#224; la mairie, tricote dans l'urgence un argument &#224; mourir de rire ou de honte (c'est selon) : autoriser les cri&#233;es sur le march&#233;, c'est ouvrir la porte aux propagandistes du FN. &lt;i&gt;&#171; On est dans une situation un peu ubuesque : &#231;a fait partie du canard de faire des cri&#233;es dans les march&#233;s. C'est l&#224; o&#249; on rencontre nos lecteurs et o&#249; on fait une grosse partie de nos ventes &#187;, &lt;/i&gt;t&#233;moigne Julien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2007 d&#233;j&#224;, &lt;/strong&gt;les crieurs de &lt;i&gt;La Brique &lt;/i&gt;s'&#233;taient fait alpaguer par les cogneurs de la Bac. Faut dire qu'ils avaient gueul&#233; leurs slogans sous les fen&#234;tres du quotidien r&#233;gional &lt;i&gt;La Voix du Nord. &lt;/i&gt;En mal d'assise l&#233;gale, les bleus avaient d&#233;cr&#233;t&#233; alors que la cri&#233;e &#233;tait assimil&#233;e &#224; la vente &#224; la sauvette. Quel toupet ces poulets : la presse ind&#233;pendante associ&#233;e &#224; un vulgaire bonneteau ! Si l'affaire s'&#233;tait conclue &#224; l'&#233;poque par un flop des plus minables, ce coup-ci les autorit&#233;s judiciaires d&#233;cidaient de frapper fort et ferme. Le 27 janvier 2016, une ordonnance p&#233;nale enjoignait le journal de s'acquitter d'une amende de&#8230; 61 euros. Mauvais payeur, le directeur de publication &#233;tait dans la foul&#233;e convoqu&#233; devant le juge de proximit&#233;, le 4 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; la loi Bichet, &lt;/strong&gt;elles sont quelques municipalit&#233;s &#224; avoir pris des d&#233;crets bannissant la vente &#224; la cri&#233;e de certains lieux publics. Des d&#233;crets tout &#224; fait ill&#233;gaux, puisque la hi&#233;rarchie des normes impose encore aux maires de se conformer &#224; la loi. Hasard du calendrier, c'est une autre mairie PS qui vient de filer une d&#233;culott&#233;e &#224; nos cousins is&#233;rois. Le 26 septembre, &lt;i&gt;Le Postillon, &lt;/i&gt;journal de Grenoble et sa cuvette, sous-titr&#233; &#171; Amour, glaire et beaut&#233; &#187;, &#233;tait reconnu coupable d'injures et diffamation &#224; l'endroit du maire de Pont-de-Claix (et accessoirement pr&#233;sident de Grenoble-Alpes M&#233;tropole) et de sa directrice de cabinet. L'affaire faisait suite &#224; un article o&#249; &#233;taient d&#233;nonc&#233;es les pratiques d'un &#233;dile m&#233;galo. Entre amendes et dommages-int&#233;r&#234;ts, l'ardoise fr&#244;le les 7 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une histoire&lt;/strong&gt; qui n'est pas sans pr&#233;c&#233;dent, puisqu'en 2011, un postillonneur en pleine cri&#233;e au march&#233; d'&#201;chirolles, banlieue grenobloise, s'&#233;tait fait clore le bec par un agent municipal au motif d'un croquignol arr&#234;t&#233; municipal stipulant que &lt;i&gt;&#171; les marchands &#224; pied (journaux, glaces, gadgets, cireurs&#8230;) ne disposant pas d'un banc de vente autoris&#233; sont interdits dans l'enceinte des march&#233;s, ainsi que les jeux de hasard et d'argent. &#187; &lt;/i&gt;Le coup du bonneteau, d&#233;j&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet acharnement&lt;/strong&gt; &#224; la petite semaine contre des canards engag&#233;s qui n'h&#233;sitent pas &#224; aiguillonner le flanc des potentats locaux ne masque pas la man&#339;uvre : b&#226;illonner ces voix dissidentes toujours g&#234;nantes en p&#233;riode de mobilisation sociale. &#192; Lille, Julien met en garde : &lt;i&gt;&#171; Ils nous pr&#234;tent un pouvoir de nuisance. C'est tout &#224; notre honneur. On est un des rares m&#233;dias &#224; produire de l'info alternative de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re. La cri&#233;e, c'est le moment o&#249; on discute avec les gens, o&#249; on se fait attaquer, o&#249; on se d&#233;fend. O&#249; le canard vit en dehors de la salle de r&#233;dac. Notre id&#233;e c'est de vendre &#224; l'ancienne. C'est pas une amende qui va nous arr&#234;ter, mais faut pas venir nous faire chier l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;107 &#8211; janvier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Th&#233;&#226;tre : &#171; Nous n'avons pas tir&#233; les le&#231;ons d'Auschwitz et de La Kolyma. &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Theatre-Nous-n-avons-pas-tire-les</link>
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		<dc:date>2018-04-26T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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		<dc:subject>l'on assiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Esp&#232;ce humaine est un immense texte publi&#233; en 1947. Monologue int&#233;rieur relatant l'exp&#233;rience concentrationnaire de Robert Antelme (1917-1990), il est interpr&#233;t&#233; avec justesse et &#233;motion par la Compagnie Monsieur Madame. Sur sc&#232;ne, dans un d&#233;cor presque nu, ils sont deux, Maylis Bouffartigue et Diog&#232;ne Ntarindwa. Puis, quand la parole s'&#233;teint, elle laisse place aux mots du d&#233;bat, avec l'historien Olivier Lecour Grandmaison. Rencontre avec les trois protagonistes, au terme d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christiane-Passevant-116" rel="tag"&gt;Christiane Passevant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/texte" rel="tag"&gt;texte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mise" rel="tag"&gt;mise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Robert" rel="tag"&gt;Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/code" rel="tag"&gt;code&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Code-noir" rel="tag"&gt;Code noir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Robert-Antelme" rel="tag"&gt;Robert Antelme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pareil-monument" rel="tag"&gt;pareil monument&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antelme" rel="tag"&gt;Antelme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-Espece-humaine" rel="tag"&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on-assiste" rel="tag"&gt;l'on assiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt; est un immense texte publi&#233; en 1947. Monologue int&#233;rieur relatant l'exp&#233;rience concentrationnaire de Robert Antelme (1917-1990), il est interpr&#233;t&#233; avec justesse et &#233;motion par la Compagnie Monsieur Madame. Sur sc&#232;ne, dans un d&#233;cor presque nu, ils sont deux, Maylis Bouffartigue et Diog&#232;ne Ntarindwa. Puis, quand la parole s'&#233;teint, elle laisse place aux mots du d&#233;bat, avec l'historien Olivier Lecour Grandmaison. Rencontre avec les trois protagonistes, au terme d'une repr&#233;sentation chez Armand Gatti, &#224; Montreuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-550-801c8.jpg?1779602792' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Christiane Passevant.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maylis, pourquoi avoir d&#233;cid&#233; de t'attaquer &#224; pareil monument apr&#232;s &lt;i&gt;La Mise en proc&#232;s du Code noir&lt;/i&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; les discriminations raciales, culturelles et cultuelles sont de plus en plus vivaces dans nos d&#233;mocraties europ&#233;ennes ; o&#249; l'antis&#233;mitisme et &#171; l'anti-Tzigane &#187; sont loin d'avoir disparu et o&#249; l'on assiste &#224; un d&#233;veloppement rapide et tr&#232;s inqui&#233;tant de l'islamophobie, et &#224; l'heure o&#249; l'on peut lire ou entendre des prises de positions x&#233;nophobes de plus en plus affirm&#233;es de la part de nombreux intellectuels et responsables politiques, il m'a sembl&#233; n&#233;cessaire de porter &#224; la sc&#232;ne ce texte admirable qui ouvre de nouvelles perspectives humanistes. &lt;i&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt;, l'unique livre de Robert Antelme, est un fondement, un legs pour l'humanit&#233; dans son ensemble, il doit &#234;tre lu dans sa totalit&#233; et mis &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;flexion. Plus que jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diog&#232;ne, ton interpr&#233;tation est admirable. En quoi ce texte te parle particuli&#232;rement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte pareil, malgr&#233; son aspect &#233;minemment subjectif, ne peut qu'avoir un &#233;cho particulier aupr&#232;s d'un acteur ressortissant, comme moi, d'un pays qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par ce qu'il est convenu d'appeler tr&#232;s pudiquement &#171; les caprices de l'histoire &#187;. En effet, l'histoire r&#233;cente du Rwanda a &#233;t&#233; plus d'une fois et par pans entiers &#233;crite &#224; la seule encre rouge de la machette. Parmi la premi&#232;re vague de r&#233;fugi&#233;s, vers 1960, se trouvaient mes parents, qui allaient plus tard s'&#233;tablir au Burundi o&#249; je suis n&#233; en 1977. Assez t&#244;t, les th&#232;mes tels que le d&#233;racinement de communaut&#233;s enti&#232;res, les identit&#233;s et les questions d'appartenance aux peuples, aux nations, sont venus vers moi. Je n'ai eu d'autre choix que de m'y confronter avec des outils qui &#233;taient loin d'&#234;tre &#224; la hauteur, avec l'aide d'adultes dont le silence semblait &#234;tre le ma&#238;tre mot. De ces silences syst&#233;matiques sont n&#233;es une r&#233;flexion et une sur-sensibilit&#233; &#224; chaque fois que j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; travailler sur la purification ethnique, l'extermination, les guerres, les camps de concentration et les camps d'extermination. Je suis particuli&#232;rement reconnaissant &#224; Robert Antelme d'avoir &#233;crit &lt;i&gt;Vengeance ?&lt;/i&gt;, texte qui met en garde tous ceux qui ont &#233;t&#233; victimes d'abus hier, afin de ne pas &#234;tre les bourreaux de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier, tu animes chaque d&#233;bat faisant suite &#224; une repr&#233;sentation. Ce soir, l'invit&#233; &#233;tait Edgar Morin, puis vous accueillerez des intervenants de l'UJFP, du Cran, du monde militant. Quel est ton r&#244;le et en quoi ce texte fait-il pr&#233;cis&#233;ment sens aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#244;le s'est limit&#233; &#224; proposer des extraits de &lt;i&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt;, puis &#224; travailler avec Maylis sur le texte. Ces extraits ont &#233;t&#233; choisis de telle mani&#232;re qu'ils permettent aux spectateurs de suivre pas &#224; pas l'&#233;preuve de la d&#233;portation telle qu'elle est rapport&#233;e par Robert Antelme. Par la gr&#226;ce de cette &#339;uvre exceptionnelle, il s'agit aussi de tenter d'abolir la distance chronologique et factuelle qui nous s&#233;pare de l'univers concentrationnaire national-socialiste o&#249;, comme l'a &#233;crit David Rousset, &#171; &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; &#187; fut &#171; &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt; &#187;. Cela m&#234;me que nous avons beaucoup de mal &#224; admettre aujourd'hui, alors que d'autres g&#233;nocides, en particulier celui perp&#233;tr&#233; par le pouvoir hutu au Rwanda, ont &#233;t&#233; commis dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle. Face &#224; la r&#233;it&#233;ration de tels crimes, notre r&#233;action la plus imm&#233;diate est encore trop souvent : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas possible&lt;/i&gt; &#187;. Et cette incr&#233;dulit&#233; prouve que nous n'avons pas tir&#233; les le&#231;ons d'Auschwitz, de Buchenwald et de La Kolyma.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dehors, la vall&#233;e est noire. Aucun bruit n'en arrive. Les chiens dorment d'un sommeil sain et repu. Les arbres respirent calmement. Les insectes nocturnes se nourrissent dans les pr&#233;s. Les feuilles transpirent, et l'air se gorge d'eau. [&#8230;] Nous sommes au point de ressembler &#224; tout ce qui ne se bat que pour manger et meurt de ne pas manger, au point de nous niveler sur une autre esp&#232;ce, qui ne sera jamais n&#244;tre et vers laquelle on tend [&#8230;]. Mais il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233;, nous restons des hommes, nous ne finirons qu'en hommes. La distance qui nous s&#233;pare d'une autre esp&#232;ce reste intacte, elle n'est pas historique. C'est un r&#234;ve SS de croire que nous avons pour mission historique de changer d'esp&#232;ce, et comme cette mutation se fait trop lentement, ils tuent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robert Antelme, &lt;i&gt;L'Esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt;, Gallimard, 1957.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bouquin : C. L. R. James, un radical noir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec l'ouvrage C. L. R. James &#8211; La vie r&#233;volutionnaire d'un &#171; Platon noir &#187;, paru aux &#233;ditions La D&#233;couverte, Matthieu Renault nous invite &#224; d&#233;couvrir le parcours et l'&#339;uvre de cet historien et anticolonialiste carib&#233;en, marxiste h&#233;t&#233;rodoxe, quasiment inconnu en France. N&#233; en 1901 &#224; Trinidad, alors colonie britannique, Cyril Lionel Robert James est berc&#233; de culture anglaise, de cricket et de litt&#233;rature. Il prend t&#244;t conscience du paradoxe de la position de l'intellectuel anticolonialiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'ouvrage &lt;i&gt;C. L. R. James &#8211; La vie r&#233;volutionnaire d'un &#171; Platon noir &#187;&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions La D&#233;couverte, Matthieu Renault nous invite &#224; d&#233;couvrir le parcours et l'&#339;uvre de cet historien et anticolonialiste carib&#233;en, marxiste h&#233;t&#233;rodoxe, quasiment inconnu en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; en 1901 &#224; Trinidad, alors colonie britannique, Cyril Lionel Robert James est berc&#233; de culture anglaise, de cricket et de litt&#233;rature. Il prend t&#244;t conscience du paradoxe de la position de l'intellectuel anticolonialiste nourri de la culture du colonisateur : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est la plus grande vertu chez eux devient le plus grand crime dans les colonies.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH573/-420-0118e.jpg?1779603207' width='400' height='573' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, en Angleterre, il devient journaliste sportif, puis se lie aux courants marxistes antistaliniens et anarchistes. Il rencontre notamment le th&#233;oricien conseilliste allemand Karl Korsch, en 1936. Il traduit le &lt;i&gt;Staline&lt;/i&gt; de Boris Souvarine en 1939. Ses travaux le poussent &#224; devenir un acteur de premier plan du mouvement panafricain londonien. C'est son ouvrage majeur &lt;i&gt;Les Jacobins noirs &#8211; Toussaint Louverture et la r&#233;volution de Saint-Domingue&lt;/i&gt; (1938, r&#233;&#233;d. Amsterdam, 2008) qui lui vaut sa post&#233;rit&#233; de penseur anticolonialiste. D&#233;crivant la &#171; &lt;i&gt;seule r&#233;volte d'esclaves dont l'histoire ait enregistr&#233; le succ&#232;s&lt;/i&gt; &#187;, ferment des luttes anticoloniales et symbole de la lib&#233;ration des Noirs, James y livrait, tel un vulcanologue, une analyse en profondeur de l'&#233;ruption r&#233;volutionnaire, &#171; &lt;i&gt;l'un des rares moments o&#249; la soci&#233;t&#233; atteint son point d'&#233;bullition et se fait alors fluide&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;battant avec Trotski &#224; Mexico en 1939, James se d&#233;clare favorable &#224; une organisation noire de masse aux &#201;tats-Unis et sceptique vis-&#224;-vis du s&#233;paratisme : &#171; &lt;i&gt;Je consid&#232;re l'id&#233;e de s&#233;parer comme un pas en arri&#232;re quand c'est d'une soci&#233;t&#233; socialiste qu'il s'agit. Si les ouvriers blancs tendent la main au N&#232;gre, ce dernier ne voudra pas de l'autod&#233;termination&lt;/i&gt;. &#187; De son c&#244;t&#233;, Trotski, qui croyait que les descendants d'esclaves poss&#233;daient une langue secr&#232;te commune, s'enthousiasme pour le projet d'un &#201;tat ind&#233;pendant noir dans le cadre d'une f&#233;d&#233;ration des &#201;tats-Unis socialistes. Soutenant l'autonomie des luttes noires, James se fait taxer de &#171; &lt;i&gt;racisme invers&#233; qui romantise les mouvements noirs et fait passer au second plan la lutte des classes&lt;/i&gt; &#187; par le journaliste noir, Ernest McKinney. Dans les ann&#233;es 1960, James d&#233;fend encore une position socialiste au sein du Black Power. Il critique notamment la focalisation sur la &#171; race &#187;. Il refuse d'abandonner la question de l'&#233;mancipation des Noirs am&#233;ricains &#171; &lt;i&gt;aux lib&#233;raux qui ne voient que l'extension des Droits&lt;/i&gt; &#187; ou aux Blacks Muslims arqu&#233;s sur une posture identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James s'&#233;loigne &#233;galement du trotskisme pour se d&#233;tacher radicalement de la notion d'avant-garde. Il voit dans le centralisme &#171; &lt;i&gt;un outil dangereux&lt;/i&gt; &#187; et pr&#244;ne l'auto-organisation du prol&#233;tariat. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il fraye un temps avec le courant fran&#231;ais Socialisme ou Barbarie, qu'il rejoint dans son analyse de l'URSS comme &#171; &lt;i&gt;capitalisme d'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, et cosigne avec Castoriadis un essai sur la r&#233;volution hongroise de 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James s'int&#233;resse aussi bien &#224; Melville, &#224; Shakespeare, au pr&#233;jug&#233; racial dans la culture am&#233;ricaine, aux arts populaires, au calypso ou &#224; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne. Invit&#233; par le pr&#233;sident Kwame Nkrumah &#224; soutenir le processus de d&#233;colonisation du Ghana, il constate comment un parti r&#233;volutionnaire peut se transformer soudainement en parti bureaucratique coup&#233; des aspirations des masses &#8211; ph&#233;nom&#232;ne d&#233;j&#224; constat&#233; avec la r&#233;volution de Saint-Domingue. &#192; 80 ans, il s'enthousiasme encore pour les &#233;meutes de Brixton, quartier jama&#239;cain de Londres, o&#249; il meurt en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son biographe Matthieu Renault rel&#232;ve cette tension qui traverse son &#339;uvre : &#171; &lt;i&gt;D'une part, un James marxiste, th&#233;oricien d'une &#233;mancipation universelle puisant ses sources dans le monde occidental ; d'autre part, un James panafricaniste et postcolonial avant l'heure, h&#233;raut d'une th&#233;orie de la diff&#233;rence historique et de la &#8220;provincialisation de l'Europe&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Il faut d&#233;couvrir C. L. R. James et toute la richesse de la pens&#233;e de ce dialecticien finalement inclassable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ma radio, c'est du b&#233;ton !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


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&lt;p&gt;CQFD &#233;tait l&#224; pour trinquer aux vingt-cinq ans de Radio B&#233;ton, une radio associative de Tours. Des d&#233;buts ill&#233;gaux &#224; la reconnaissance actuelle, en passant par une scission et l'interdiction d'&#233;mettre, retour sur un quart de si&#232;cle d'ondes libres. Reportage. &#171; On avait des plans pour trouver des &#233;metteurs &#224; Paris. &#187; Pascal Robert, aujourd'hui militant Vert, raconte les d&#233;buts &#233;piques de Radio Transistours en 1978-1979, la premi&#232;re radio libre tourangelle. &#171; Il y avait &#224; l'&#233;poque des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no86-fevrier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;86 (f&#233;vrier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vert" rel="tag"&gt;vert&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Radio-Beton" rel="tag"&gt;Radio B&#233;ton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre-tourangelle" rel="tag"&gt;libre tourangelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris-16007" rel="tag"&gt;Paris.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Beton" rel="tag"&gt;B&#233;ton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait l&#224; pour trinquer aux vingt-cinq ans de &lt;a href=&#034;http://www.radiobeton.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio B&#233;ton&lt;/a&gt;, une radio associative de Tours. Des d&#233;buts ill&#233;gaux &#224; la reconnaissance actuelle, en passant par une scission et l'interdiction d'&#233;mettre, retour sur un quart de si&#232;cle d'ondes libres. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On avait des plans pour trouver des &#233;metteurs &#224; Paris. &#187;&lt;/i&gt; Pascal Robert, aujourd'hui militant Vert, raconte les d&#233;buts &#233;piques de Radio Transistours en 1978-1979, la premi&#232;re radio libre tourangelle. &lt;i&gt;&#171; Il y avait &#224; l'&#233;poque des techniciens fous qui faisaient des &#233;metteurs pour un prix d&#233;risoire. &#187;&lt;/i&gt; Face &#224; la r&#233;pression qui entoure l'explosion du nombre de radios libres, &lt;i&gt;&#171; on a &#233;t&#233; plus malins que les flics, on ne s'est jamais fait piquer le mat&#233;riel, mais on n'a jamais &#233;mis en direct non plus. On avait des &#233;missions enregistr&#233;es qu'on diffusait une heure par semaine. On &#233;mettait depuis les hauteurs de Tours. L &#8216;&#233;metteur &#233;tait dans une belle voiture, avec un gentil petit couple, et autour, il y avait des vieilles bagnoles, des 403 et des 404, couvertes d'autocollants, avec des chevelus aux volants. D&#232;s que les flics se pointaient, tout le monde se barrait. Et, dans la jolie petite voiture neuve, le gentil petit couple coupait brusquement l'&#233;metteur en filant peinard. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radio B&#233;ton est n&#233;e en 1984-1985 d'une scission de l'&#233;quipe de Radio Transistours. Autoris&#233;e &#224; &#233;mettre seulement &#224; partir d'octobre 1990&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s une interdiction d'&#233;mettre en 1986 suivie d'une saisie de son mat&#233;riel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle est aujourd'hui une institution locale. &#192; Tours, le 15 janvier dernier, impossible de louper son camion qui ouvre le cort&#232;ge de la manif contre le congr&#232;s du Front national&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compte-rendu en images de cette manif sur http://paris.indymedia.org/spip.php...&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Au micro, l'&#233;quipe de &#171; Pol&#233;mix et la voix off &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;mission connue pour ses montages de discours politiques, reprise un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; promettent &lt;i&gt;&#171; de la viande halal pour le Front national &#187;&lt;/i&gt;. Plus tard, alors que pav&#233;s et lacrymos volent en tout sens, un reporter coiff&#233; d'un casque de chantier se rend au chevet d'un quidam allong&#233; sur le sol face aux CRS, pour l'interviewer. C'est JBD, de Pol&#233;mix, qui utilise son t&#233;l&#233;phone portable pour faire des directs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 12 au 16 janvier derniers, pour ses vingt-cinq ans, la radio a install&#233; son quartier g&#233;n&#233;ral dans une caserne d&#233;saffect&#233;e. Au premier &#233;tage se trouve une salle d'exposition et, dans un petit espace d&#233;di&#233; au blind-test, se concentrent une vingtaine de curieux s'amusant &#224; &#233;couter des extraits de la playlist de Radio Nostalgie. Mais l'essentiel est au rez-de-chauss&#233;e : le bar &#8211; o&#249; se tient le direct &#8211; et, en face, la salle de concert. Dans l'escalier, juste au-dessus, sur une immense affiche, une grand-m&#232;re acari&#226;tre, bigoudis sur la t&#234;te et balais mena&#231;ant, hurle : &lt;i&gt;&#171; Au secours ! Ma fille &#233;coute Radio B&#233;ton ! &#187;&lt;/i&gt; Au sous-sol, l'on tombe sur un ministudio d'enregistrement, rose &#224; l'ext&#233;rieur, bleu nuit &#224; l'int&#233;rieur, et cette mention : &lt;i&gt;&#171; Vingt-cinq secondes pour se la raconter. &#187;&lt;/i&gt; Qu&#233;zaco ? Une des animatrices nous explique : &lt;i&gt;&#171; Les gens sont tout seuls face &#224; un micro, et ont vingt-cinq secondes pour se raconter. Parfois, on les aide en leur posant des questions&#8230; Vous voulez essayer ? &#187;&lt;/i&gt; Les s&#233;quences enregistr&#233;es sont diffus&#233;es dans les toilettes. Au sous-sol &#233;galement se trouve la cuisine, o&#249; l'on rencontre un autre Pascal, tout aussi cuistot que fondateur de la radio : &lt;i&gt;&#171; C'est une radio engag&#233;e. On n'est pas neutres, on ne l'a jamais &#233;t&#233;, et l'on ne veut pas l'&#234;tre. &#187;&lt;/i&gt; Un engagement qui est &#224; la fois musical et politique. Radio B&#233;ton a en effet, depuis ses d&#233;buts, vocation &#224; soutenir les sc&#232;nes &#233;mergeantes, qu'elles soient rock, hip-hop ou &#233;lectro. C&#244;t&#233; politique, on y &#233;coute deux &#233;missions phares :&lt;i&gt; &#171; Demain le grand soir &#187;&lt;/i&gt;, de tendance libertaire, et &lt;i&gt;&#171; Des &#244; et d&#233;bats &#187;&lt;/i&gt;, d'orientation plus mainstream, qui n'h&#233;site pas, au moment des &#233;lections, &#224; organiser des d&#233;bats entre des candidats de droite comme de gauche. N&#233;anmoins, chacun s'accorde sur le &#171; respect mutuel &#187; et &#171; l'esprit de libert&#233; &#187; qui r&#232;gnent toujours &#224; B&#233;ton, tant dans son fonctionnement que dans l'expression des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fait, d'o&#249; vient ce nom ? C'est JBD qui r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; C'est l'histoire d'une horrible scission. Radio Transistours &#233;tait une radio de gauchistes qui &#233;coutaient du jazz et qui se sont sentis d&#233;bord&#233;s par des rockeurs sans foi ni loi. Les jazzeux ont donc vir&#233; les intrus qui se sont retrouv&#233;s dans un garage o&#249; ils ont d&#233;cid&#233; de faire une autre radio. L'un d'eux a dit : &#8220;Il faut lui trouver un nom b&#233;ton !&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s une interdiction d'&#233;mettre en 1986 suivie d'une saisie de son mat&#233;riel en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Compte-rendu en images de cette manif sur &lt;a href=&#034;http://paris.indymedia.org/spip.php?article5233&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://paris.indymedia.org/spip.php...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;mission connue pour ses montages de discours politiques, reprise un temps par Radio Nova, &lt;a href=&#034;https://www.polemixetlavoixoff.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.polemixetlavoixoff.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La censure libre de s'exprimer</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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&lt;p&gt;Richard Malka d&#233;fend Charlie Hebdo contre les barbus et Clearstream contre Denis Robert. Aucun lien, jur&#233; ! Sauf quand un nervi de la banque d'affaires invite l'avocat &#224; parler &#171; libert&#233;-d'expression &#187;&#8230; au pays du journaliste censur&#233;. MA&#206;TRE RICHARD MALKA est le genre de Janus &#224; brandir sa carte de la ligue antialcoolique d'une main tout en vous remettant un jaunet de l'autre : &#171; Bin Denis, tu vas pas repartir sur une patte ! Bascule, j't'remets &#231;a ! &#187; Avocat de Charlie Hebdo dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Richard Malka d&#233;fend &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; contre les barbus et Clearstream contre Denis Robert. Aucun lien, jur&#233; ! Sauf quand un nervi de la banque d'affaires invite l'avocat &#224; parler &#171; libert&#233;-d'expression &#187;&#8230; au pays du journaliste censur&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MA&#206;TRE RICHARD MALKA est le genre de Janus &#224; brandir sa carte de la ligue antialcoolique d'une main tout en vous remettant un jaunet de l'autre : &lt;i&gt;&#171; Bin Denis, tu vas pas repartir sur une patte ! Bascule, j't'remets &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; Avocat de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; dans l'affaire des caricatures, son sourire de satisfaction t&#233;l&#233;g&#233;nique symbolise pour beaucoup la libert&#233; d'expression. Avocat de Clearstream dans les affaires &#233;ponymes, son rictus incarne le b&#226;illon de Denis Robert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Robert, c'est ce journaliste qui enqu&#234;te depuis des ann&#233;es sur les obscures transactions financi&#232;res de la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre banque de banques&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;v&#233;lation$ (2001) et La Bo&#238;te noire (2002), &#233;ditions Les Ar&#232;nes.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Noble mais redoutable activit&#233; qui lui vaut une multitude de proc&#232;s intent&#233;s par plusieurs &#233;tablissements bancaires, dont Clearstream, engendrant quantit&#233; de frais de justice et de visites d'huissiers. Si depuis sept ans les bouquins et les films de Denis Robert sont r&#233;guli&#232;rement attaqu&#233;s en diffamation, leur auteur est rarement condamn&#233;. Quand il subit les foudres judiciaires, c'est &#224; la hauteur des pr&#233;judices subis, soit l'euro symbolique. C'est dire&#8230; Mais l'histoire se corse depuis deux ans avec deux proc&#232;s perdus suite &#224; des interviews publi&#233;es dans &lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;. Dans ce dernier cas, d&#233;but juin, le tribunal de Bordeaux a somm&#233; le journaliste de s'all&#233;ger de 12500 euros ! C'est la douloureuse de trop, et Denis Robert a d&#233;cid&#233; de ne pl us l'ouvrir. D&#233;finitivement. Le mot &#171; Clearstream &#187; ne sortira plus de sa bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juin, soit quelques jours apr&#232;s la sentence, Richard Malka est invit&#233; &#224; Metz &#224; la librairie Geronimo par le groupe local de la Ligue internationale contre le racisme et l'antis&#233;mitisme (Licra), afin de disserter sur la libert&#233; d'expression. Denis Robert habitant dans le coin et y comptant pas mal de coll&#232;gues, des membres de son &lt;a href=&#034;http://www.lesoutien.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comit&#233; de soutien&lt;/a&gt; &#233;taient au fond de la salle&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; de soutien &#224; Denis Robert, BP 93602, 54016 Nancy Cedex.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Yan Lindingre, qui en fait partie, interrogea l'avocat sur son engagement aupr&#232;s de Clearstream. &lt;i&gt;&#171; Il m'a r&#233;pondu &#187;&lt;/i&gt;, rapporte notre dessinateur taquin, &lt;i&gt;&#171; que ce n'&#233;tait pas pour l'argent, qu'il vivait simplement, qu'il n'avait pas de voiture et qu'il s'habillait avec pas grand-chose. &#187;&lt;/i&gt; C'est effectivement un cas tr&#232;s courant, et nombreux sont ceux, dans le milieu de la finance, qui d&#233;testent l'argent et les sapes de luxe. Lindingre poursuit, s'&#233;tonnant de l'audacieux m&#233;lange des genres que sont la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts d'une multinationale et de la libert&#233; d'expression : &lt;i&gt;&#171; Malka m'a fait une r&#233;ponse tr&#232;s technique, expliquant qu'un avocat d&#233;fend qui il veut. Et qu'on peut d&#233;fendre une multinationale au nom de la libert&#233; d'expression ! &#187;&lt;/i&gt; Ainsi qu'au nom des galettes-saucisse, des escarres de grand-p&#232;re et de mon cul sur la commode.
S'il fallait une preuve tangible de cette confusion des genres, la voici : le gus qui a souffl&#233; le nom de Richard Malka aux organisateurs de cette soir&#233;e n'est autre que Bruno Rossignol, l'attach&#233; de presse de&#8230; Clearstream ! Contact&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, ce dernier confirme sans vergogne : &lt;i&gt;&#171; Je suis membre de la Licra et j'ai propos&#233; [Richard Malka], comme j'ai propos&#233; d'autres noms&#8230; Et l&#224; c'&#233;tait plus facile puisque j'avais un contact direct. &#187;&lt;/i&gt; Il ne faut donc y voir aucune malice. Il est dans l'ordre des choses qu'un salari&#233; de la c&#233;l&#232;bre banque s'int&#233;resse &#224; la libert&#233; d'expression puisque &lt;i&gt;&#171; jamais Denis Robert n'a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233; d'&#233;crire. Personne ne l'emp&#234;che, et surtout pas nous, d'&#233;crire des ouvrages sur Clearstream &#187;&lt;/i&gt;. Il aurait donc tort de se priver. Surtout que, comme le pr&#233;cise Bruno Rossignol, &lt;i&gt;&#171; il y a certainement du blanchiment dans la plan&#232;te financi&#232;re, cela m'&#233;tonnerait qu'il n'y en ait pas &#187;&lt;/i&gt;. Tu crois ? Denis, tu nous ferais pas une petite enqu&#234;te l&#224;-dessus ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH261/img_art_1786-7136a.jpg?1779645244' width='500' height='261' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lefred-Thouron
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;v&#233;lation$&lt;/i&gt; (2001) et &lt;i&gt;La Bo&#238;te noire&lt;/i&gt; (2002), &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://www.arenes.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Ar&#232;nes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; de soutien &#224; Denis Robert, BP 93602, 54016 Nancy Cedex.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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