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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tournez boutique : un dimanche au bal des anciens</title>
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		<dc:creator>Julien Bourdais, Sophie Eustache</dc:creator>


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&lt;p&gt;En Vend&#233;e, plus de mille personnes &#226;g&#233;es se retrouvent chaque dimanche au th&#233; dansant des Herbiers. En coulisses, les notables du coin financent leurs activit&#233;s caritatives avec les b&#233;n&#233;fices. Danseurs et danseuses, eux, viennent avant tout pour l'orchestre et pour compter fleurette. Samedi, 13 h, il pleut des cordes. Nous d&#233;barquons dans un hameau vend&#233;en, &#224; quelques kilom&#232;tres des Herbiers, petite ville de 16 000 habitants. Demain, c'est l&#224;-bas que nous irons au bal. Mais pour l'instant, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Vend&#233;e, plus de mille personnes &#226;g&#233;es se retrouvent chaque dimanche au th&#233; dansant des Herbiers. En coulisses, les notables du coin financent leurs activit&#233;s caritatives avec les b&#233;n&#233;fices. Danseurs et danseuses, eux, viennent avant tout pour l'orchestre et pour compter fleurette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH301/-1216-f133d.jpg?1768816396' width='500' height='301' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi, 13 h, il pleut des cordes. Nous d&#233;barquons dans un hameau vend&#233;en, &#224; quelques kilom&#232;tres des Herbiers, petite ville de 16 000 habitants. Demain, c'est l&#224;-bas que nous irons au bal. Mais pour l'instant, chez Mathilde, il est pile-poil l'heure de mettre les pieds sous la table. L'appareil photo en bandouli&#232;re et des mi&#232;vreries plein la bouche, on est contents de venir enqu&#234;ter sur les amourettes des retrait&#233;s, celles qui naissent sur la piste de danse des Herbiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Julien, sociologue, qui a eu l'id&#233;e. Quelques mois plus t&#244;t, il avait foul&#233; la piste de danse au bras de sa grand-m&#232;re, Mathilde. Deux ans apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de son mari, elle y avait rencontr&#233; son nouveau compagnon. En bon chercheur, Julien &#233;tait tout excit&#233; par sa d&#233;couverte. D'une, il y a encore des bals dominicaux en France qui r&#233;unissent plusieurs centaines de personnes ; de deux, &#231;a dragouille s&#233;v&#232;re sur la piste, m&#234;me &#224; 80 ans pass&#233;s. Dans la voiture, notre sociologue avait pris un air docte : &#171; &lt;i&gt;C'est certain qu'il s'agit d'un march&#233; matrimonial de l'occasion. Mais, pour faire se rencontrer qui ? &#199;a, c'est pas clair. La plupart des gens sont vieux mais leurs corps n'ont pas l'air d'avoir &#233;t&#233; sp&#233;cialement amoch&#233;s par le travail. &#199;a a lieu dans une ancienne usine : on dirait la petite classe moyenne qui danse sur le sang des ouvriers.&lt;/i&gt; &#187; Sophie, en bonne journaliste, avait fait la moue : l'amour, la mort, l'usine, elle connaissait d&#233;j&#224;. Et si on pouvait faire autre chose qu'un &#233;ni&#232;me reportage sur le charme des anciens et les &lt;i&gt;success stories&lt;/i&gt; vend&#233;ennes &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le secret vend&#233;en du plein-emploi &#187;, L'Express, 26/01/2018 ; &#171; Emmanuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle en &#233;tait !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le c&#339;ur ne vieillit pas &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez Mathilde, le vin de p&#234;che est fait maison. Avides d'en savoir plus sur ce &#171; &lt;i&gt;march&#233; matrimonial&lt;/i&gt; &#187; du dimanche, on s'attable pour &#233;couter notre h&#244;te nous raconter son amour, longtemps frustr&#233;, pour la danse. Mathilde est n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1940 dans une famille de paysans, des petits propri&#233;taires terriens aux m&#339;urs conservatrices : &#171; &lt;i&gt;On ne pouvait pas aller danser, on devait aller &#224; la messe plusieurs fois par semaine. C'est pour &#231;a que maintenant je me rattrape.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait qu'&#224; l'occasion des mariages qu'elle pouvait danser un peu. C'est l&#224; que son cousin lui a appris quelques pas et c'est comme &#231;a qu'elle a rencontr&#233; son mari avec qui elle est rest&#233;e quarante ans. Longtemps, son cousin a continu&#233; &#224; &#233;cumer les bals populaires. Fils unique d'une famille de paysans, il a repris la ferme. Mais, quand &#224; 40 ans il s'est &#233;pris d'une femme divorc&#233;e, son p&#232;re s'est oppos&#233; au mariage. Il s'est suicid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel amant de Mathilde a lui aussi d&#251; reprendre la ferme &#224; la suite des parents. Il y a deux ans, sur le bord de la piste des Herbiers, cet ancien paysan est venu vers elle. &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; un coup de foudre&lt;/i&gt; &#187; &#8211; signe pour Mathilde que &#171; &lt;i&gt;le c&#339;ur ne vieillit pas&lt;/i&gt; &#187;. Depuis, ils sortent ensemble. Aucun des deux n'a emm&#233;nag&#233; chez l'autre, mais ils se rendent des visites nocturnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de notre arriv&#233;e, cet homme aux yeux clairs, un peu vo&#251;t&#233; par les ann&#233;es pass&#233;es &#224; travailler la terre, arrive clopin-clopant alors que Mathilde se coiffe. Nous laissons le couple s'appr&#234;ter, et filons au bal.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au supermarch&#233; de l'amour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur place, on d&#233;chante un peu. Notre petit diagnostic initial a du plomb dans l'aile : le bal n'a plus lieu dans une ancienne usine mais&#8230; dans un ancien Hyper-U, rachet&#233; en 1990 par la municipalit&#233; des Herbiers pour en faire un espace culturel. En revanche, pour ce qui est du march&#233; matrimonial, on se dit qu'on n'est pas compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque : les corps valsent les uns contre les autres, les hommes vont, les femmes viennent, &#224; la recherche d'un partenaire... Il faudra seulement en rabattre un peu sur &#171; &lt;i&gt;la petite classe moyenne qui danse sur le sang des ouvriers&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bord de la piste, on tombe d'abord sur Claude, 72 ans. Il a &#233;t&#233; ouvrier toute sa vie chez Arima, une usine de chaussures du sud du Maine-et-Loire. Il allumait les machines &#224; quatre heures tous les matins. Lui vient danser depuis le d&#233;c&#232;s de sa femme, il y a quatre ans. On le croisera &#224; plusieurs reprises au bras de diff&#233;rentes danseuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On discute un peu plus longtemps avec Andr&#233;, un grand gaillard de 92 ans qu'on nous a pr&#233;sent&#233; comme le doyen du bal : il vient danser depuis vingt-cinq ans. Bras dessus bras dessous avec Fran&#231;oise, sa compagne, il nous raconte son p&#232;re, mort de la tuberculose au d&#233;but des ann&#233;es 1930. Puis, quelques ann&#233;es plus tard, son service militaire dans l'Allemagne occup&#233;e &#8211; il en profite pour passer le permis bus. De retour aux Herbiers, Andr&#233; conduit le car scolaire, puis termine sa carri&#232;re dans les bureaux de la mairie. C'est quelques ann&#233;es apr&#232;s son d&#233;part en retraite que sa femme meurt d'un cancer. &#171; &lt;i&gt;Elle &#233;tait en phase terminale, c'&#233;tait trop tard quand nous sommes arriv&#233;s &#224; l'h&#244;pital. C'est pour &#231;a : la vie, elle est dure, elle est bizarre, mais il faut en profiter. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est veuf, Andr&#233; fr&#233;quente le bal. C'est l&#224; qu'il a rencontr&#233; Fran&#231;oise qui, elle, ne vient que depuis 2010. Toute sa vie, elle a travaill&#233; dans le coin : d'abord comme cuisini&#232;re, puis comme &#171; concierge &#187; du patron de Defontaine, une usine qui fabrique des pi&#232;ces pour le Rafale. Pendant huit ans, elle a rendu visite &#224; son mari diab&#233;tique &#224; la maison de retraite. Deux ans apr&#232;s sa mort, elle a commenc&#233; &#224; arpenter la piste de danse des Herbiers. Elle y a tr&#232;s vite rencontr&#233; Andr&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait huit ans qu'on est ensemble. Maintenant, il habite chez moi. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH424/-1217-ab328.jpg?1768690550' width='400' height='424' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le nerf de l'argent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On abandonne les tourtereaux pour aller retrouver les organisatrices du jour dans l'arri&#232;re-cuisine. Le d&#233;cor carrel&#233; est nettement plus froid que les lumi&#232;res chaudes et color&#233;es qui &#233;clairent la piste. &#201;liane Liebot, pr&#233;sidente de La Gazelle Berb&#232;re, ainsi que deux autres b&#233;n&#233;voles, nous accueillent. Une &#224; deux fois par an, l'association monte un voyage au Maroc pour installer l'eau courante dans les villages. &#171; &lt;i&gt;On leur dit :&lt;/i&gt; &#8220;On veut bien vous aider mais vous participez.&#8221; &lt;i&gt;Nous on veut aider, mais pas faire de l'assistanat.&lt;/i&gt; &#187; L'argent r&#233;colt&#233; &#224; l'occasion des deux bals que l'association organise annuellement (4 000 &#224; 5 000 &#8364; par bal une fois les frais pay&#233;s) leur a d&#233;j&#224; permis d'&#233;quiper un coll&#232;ge en panneaux solaires et en ordinateurs, de faire construire un mur au bord d'une cour de r&#233;cr&#233; et de payer des lunettes &#224; un enfant qui avait &#171; &lt;i&gt;beaucoup de capacit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de retourner danser avec les &lt;i&gt;D&#233;mons de minuit&lt;/i&gt; qui saturent la sono de l'autre c&#244;t&#233; du mur, on pose les questions de routine. L'une des membres de La Gazelle Berb&#232;re est une ancienne commer&#231;ante. La pr&#233;sidente, &#201;liane, est femme au foyer. Comme on ne la sent pas tr&#232;s &#224; l'aise avec nos interrogations, on la titille un peu : &#171; &lt;i&gt;Ah oui, il &#233;tait agriculteur votre mari ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, mon mari, c'est l'industriel Andr&#233; Li&#233;bot, le fabricant de fen&#234;tres... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Li&#233;bot, un gros poisson ! En 2017, la fortune de sa famille s'&#233;levait &#224; 250 millions d'euros, 321&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus gros patrimoine de France selon le magazine &lt;i&gt;Challenge&lt;/i&gt; (en comparaison, Arnaud Lagard&#232;re occupait la 303&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; position, tandis que la famille de Claude Perdriel, le fameux fabricant de sanibroyeurs et patron de presse, se situait en 365&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; position).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Et du coup la salle Herbauges, si on a bien compris, c'&#233;tait un Hyper U et &#231;a a &#233;t&#233; rachet&#233; par la mairie en 1990 quand Hyper U est parti, c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane : &#8211; &#171; &lt;i&gt; C'est le maire de l'&#233;poque qui a...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille (fondateur historique des bals herbretais) : &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait papa, c'&#233;tait son papa !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane (un peu g&#234;n&#233;e mais quand m&#234;me oblig&#233;e de corriger) : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, c'&#233;tait maman. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ah oui, c'&#233;tait maman.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane : &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait &#8220;Madame Briand&#8221; qui &#233;tait maire &#224; ce moment-l&#224;. Elle a rachet&#233; l'Hyper U pour faire une salle, parce qu'il y avait rien aux Herbiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille ne se trompe pas beaucoup en confondant le papa et la maman. Le papa, c'est Anselme Briand ; c'est lui qui r&#233;cup&#232;re en 1942 la petite forge familiale qui se transmet depuis 1745 de p&#232;re en fils a&#238;n&#233;. En 1942, la bo&#238;te ne compte que deux employ&#233;s ; quarante ans plus tard, ils sont 1 600. Quand Anselme prend sa retraite en 1982, il s'assure que la r&#233;ussite reste une affaire de famille. Son fils cadet, Roger, h&#233;rite du groupe Briand et son beau-fils Andr&#233; Li&#233;bot (le mari d'&#201;liane) r&#233;cup&#232;re l'une des filiales, celle qui s'occupe des fen&#234;tres. Un an apr&#232;s sa retraite, une fois que les affaires sont en ordre, Anselme se lance en politique. Maire des Herbiers de 1983 &#224; 1989, il passe ensuite la mairie &#224; sa femme Jeanne qui la garde jusqu'en 1995. C'est lui qui installe les Briand en politique, c'est elle qui ach&#232;te l'Hyper U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une g&#233;n&#233;ration plus tard, &#201;liane opte pour la voie caritative. Le bal financera les actions de son association. &#171; &lt;i&gt;Le nerf de l'argent&#8230; Euh non, le nerf de la guerre c'est l'argent. Il nous faut de l'argent, on va le chercher o&#249; il y en a et les bals sont tr&#232;s &#224; la mode.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils s'en foutent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est fou tout ce par quoi la notori&#233;t&#233; des notables doit en passer pour cro&#238;tre sans cesse. Il aura fallu que la r&#233;ussite industrielle se convertisse sur la sc&#232;ne politique pour qu'&#224; la fin des fins tout se passe comme si c'&#233;tait le peuple qui accordait sa b&#233;n&#233;diction aux &#233;lans humanitaires de ceux qui entendent le repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple, le peuple ? Visiblement c'est bien de &#231;a qu'il s'agit. Dans les yeux des organisatrices, il se r&#233;sume &#224; peu de chose : il y a celui qui &#171; &lt;i&gt;arrive la veille avec son camping-car&lt;/i&gt; &#187;, celle qui apporte ses chaussures &#224; talons dans son sac &#224; main et puis &#171; &lt;i&gt;mamie&lt;/i&gt; &#187;, qui &#224; cette heure est &#171; &lt;i&gt;avec le d&#233;collet&#233; comme &#231;a et des paillettes dans les cheveux &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'on &#233;coute beno&#238;tement cet expos&#233;, Mathilde encha&#238;ne les tours de piste. Quand nous la retrouvons, elle nous raconte qu'elle a eu le temps de rejoindre les danses en ligne qui se font au milieu de la salle, de changer deux ou trois fois de partenaire et de passer voir son mec qui, aujourd'hui comme souvent, reste au bord, sur la rang&#233;e de chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; les entendre et &#224; les voir, les danseurs, on est convaincus qu'une fois les projecteurs allum&#233;s et l'orchestre lanc&#233;, ils se foutent pas mal de ce qui anime ceux de l'arri&#232;re-boutique. Le paternalisme des notables du coin, visiblement, ils en ont soup&#233; : &#171; &lt;i&gt; Ils s'en foutent, ils viennent pour danser &lt;/i&gt; &#187;, comme nous le dit&#8230; &#201;liane Li&#233;bot, qui continue, un peu d&#233;sabus&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La derni&#232;re fois, apr&#232;s la vente de brioche, alors qu'on voulait leur parler de l'association, ils nous ont m&#234;me demand&#233; de nous pousser pour retourner danser... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Bourdais &amp; Sophie Eustache&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/le-secret-vendeen-du-plein-emploi_1978963.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le secret vend&#233;en du plein-emploi&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 26/01/2018 ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/aux-herbiers-ce-soir-emmanuel-macron-rencontre-60-chefs-d-entreprise-5821030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emmanuel Macron a rencontr&#233; 60 chefs d'entreprise mercredi soir aux Herbiers en Vend&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, 14/06/2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si</title>
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&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches. Avant la stupeur, il y a la grimpette. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le site de Malv&#233;si calibre du combustible nucl&#233;aire. Conserv&#233;s sous forme liquide, les d&#233;chets s'accumulent. Trop. Areva a donc concoct&#233; un projet d'incin&#233;rateur. Attention les bronches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/-571-27d73.jpg?1768657912' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la stupeur, il y a la grimpette&lt;/strong&gt;. Oh, rien de bien violent. La pente douce de la colline Montlaur&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; de Narbonne (Aude). Des pins, des oliviers, des amandiers en fleurs. Nous fouettant l'&#233;chine, un vent du nord, le cers, particuli&#232;rement virulent. Pendant la mont&#233;e, Lilian rappelle que le site accueillait jadis un oppidum romain. Le domaine du peuple &#233;lisyque. Lilian est membre d'un collectif de riverains, Col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Tout le mobilier arch&#233;ologique a &#233;t&#233; pill&#233; et d&#233;pos&#233; au mus&#233;e de Narbonne. Il n'y a plus de fouilles. Avant, c'&#233;tait magnifique ; depuis qu'Areva&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;est arriv&#233;e, c'est une autre affaire... On n'a m&#234;me plus le droit de s'y promener, parce qu'il s'agit d'une zone rouge.&lt;/i&gt; &#187; Zone rouge : niveau d'al&#233;a toxique tr&#232;s fort. On cherche d'&#233;ventuels panneaux mettant en garde le promeneur. Rien. &#171; &lt;i&gt;Nous, les riverains, on a r&#226;l&#233;. Pas question de se faire confisquer notre coin de balade. Et les politiques sont mal &#224; cause du tourisme&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Lilian. &#192; nos c&#244;t&#233;s crapahutent Andr&#233;, directeur de recherche &#224; l'Inra et membre de l'association de protection de l'environnement Rebresus, Herv&#233; du r&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, Josette de Rebresus et Annie du collectif Familles papillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La stupeur donc quand on arrive au fa&#238;te&lt;/strong&gt;. Vue sur La Plaine, la cath&#233;drale de Narbonne &#224; deux kilom&#232;tres et son aire urbaine de quelque 90 000 habitants. Au pied de Montlaur&#232;s, l'usine Areva Malv&#233;si. Sur la gauche, six esp&#232;ces de piscines b&#226;ch&#233;es. &#192; droite, une sorte de terril &#224; l'air libre. Plus loin, des b&#226;timents, des chemin&#233;es. Un quart de l'uranium mondial arrive ici en train pour &#234;tre &#233;pur&#233; et transform&#233; en combustible nucl&#233;aire. Andr&#233; explique : &#171; &lt;i&gt;Ce sont six bassins d'&#233;vaporation. Ils contiennent 350 000 m&#232;tres cubes de saumures radioactives.&lt;/i&gt; &#187; On hoquette. Tout cela est &#224; l'air libre ? Avec des vignes juste &#224; c&#244;t&#233; et la ville un peu plus loin ? &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est un stock historique qui date de 1959. Le gros massif terreux au centre correspond &#224; l'installation nucl&#233;aire de base : 500 000 tonnes de d&#233;chets et de boues radioactives. Depuis, aucun d&#233;chet n'est sorti du site &#8211; sauf lors de fuites accidentelles, bien s&#251;r.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; la faveur d'un de ces petits incidents&lt;/strong&gt; que les habitants des environs apprennent l'existence de l'installation nucl&#233;aire. En mars 2004, suite &#224; de grosses pluies, les digues d'un bassin de lagunage s'effondrent. 30 000 m&#232;tres cubes de boues s'&#233;pandent dans la nature. Les riverains font faire des pr&#233;l&#232;vements. Le pot aux roses s'appelle radium, plutonium, americium. Lilian montre une petite maison, maintenant propri&#233;t&#233; d'Areva : &#171; &lt;i&gt;Quand l'accident est arriv&#233;, la propri&#233;taire f&#234;tait son anniversaire. Des enfants s'amusaient dans la rivi&#232;re alors que la digue, &#224; c&#244;t&#233;, s'&#233;tait compl&#232;tement effondr&#233;e...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On descend aux abords du grillage&lt;/strong&gt;. De l'autre c&#244;t&#233;, dor&#233;navant inaccessibles, une rivi&#232;re et la source de l'&#338;illade, r&#233;surgence de la nappe phr&#233;atique qui alimente six communes du Narbonnais. Il n'y a pas si longtemps, il y avait une guinguette ici. Termin&#233;. Andr&#233; &#233;voque ces pesticides qui se frayent un chemin &#224; travers la terre et que l'on retrouve dans les nappes phr&#233;atiques : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que les &#233;l&#233;ments radioactifs dans les sols ne risquent pas de migrer ? Les bassins qui stockent les d&#233;chets ont &#233;t&#233; construits dans les terrils d'une ancienne mine de soufre. Sans &#233;tanch&#233;it&#233;. C'est Areva qui le dit. &#192; chaque pluie, l'eau traverse le sol. Elle va o&#249; ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Effet papillon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En septembre 2016&lt;/strong&gt;, une enqu&#234;te publique informait le populo que la d&#233;charge de Malv&#233;si &#233;tait &#224; saturation. Areva avait trouv&#233; une solution pour d&#233;stocker et une nouvelle poubelle : l'atmosph&#232;re. Le proc&#233;d&#233; : un four &#224; combustion de charbon &#224; 850&#176; C cens&#233; br&#251;ler les d&#233;chets nucl&#233;aires et les vaporiser dans l'air. Nom du b&#233;b&#233; : TDN-Thor &#8211; traitement des nitrates. On l&#232;ve la t&#234;te vers les futures fum&#233;es potentiellement radioactives, lorsque Andr&#233; rappelle dans quelle direction souffle le cers. Retour de stupeur. Vers la cath&#233;drale ! Malgr&#233; la protestation populaire, malgr&#233; les aberrations &#233;cologiques et sanitaires, le pr&#233;fet de l'Aude a donn&#233; son aval au TDN, en novembre 2017. Andr&#233; s'est paluch&#233; les 90 pages de l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral dont moins de 8 % portent sur l'installation TDN. &#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu noyer le poisson&#8230; dans l'air. En parlant de d&#233;chets nitrat&#233;s, l'enqu&#234;te publique a, d&#232;s le d&#233;part, minimis&#233; les enjeux car l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral porte bien sur des d&#233;chets radioactifs. Ces deux documents sont pleins de contradictions.&lt;/i&gt; &#187; Puis il souligne en s'&#233;tranglant : &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet a &#233;crit : &#8220; Nous allons faire des campagnes de mesures les premi&#232;res ann&#233;es afin de v&#233;rifier si les hypoth&#232;ses du traitement au niveau des &#233;missions radioactives sont confirm&#233;es. &#8221; Hypoth&#232;ses ! On part sur des hypoth&#232;ses !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; donne quelques billes pour d&#233;crypter l'affaire&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Le TDN &#233;vite l'extension du site avec de nouveaux bassins, tout en augmentant la production de l'usine.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, Areva traite sur le site entre 10 000 et 15 000 tonnes d'uranium par an. Mais l'autorisation pr&#233;fectorale lui permet de monter jusqu'&#224; 21 000 tonnes. &#171; &lt;i&gt;Ce TDN, c'est l'arbre qui cache la for&#234;t. L'usine veut se d&#233;velopper. Derri&#232;re, il y a toute une logique de croissance de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise, avec la construction de nouveaux EPR.&lt;/i&gt; &#187; Herv&#233; en conna&#238;t un rayon sur la fili&#232;re, ces trains d'uranium qui arrivent d'Espagne ou bien d'Allemagne. Au port de Hambourg, des militants surveillent les d&#233;chargements puis tracent les trains jusqu'&#224; Metz. Le trajet Metz-Narbonne est plus flou, car l'hexagone manque d'activistes pour suivre les convois. N'emp&#234;che, l'an pass&#233;, Herv&#233; et une poign&#233;e de motiv&#233;s ont bloqu&#233; un tortillard plein de t&#233;trafluorure d'uranium qui quittait Malv&#233;si : &#171; &lt;i&gt;Un samedi matin, on s'est mis sur la voie face &#224; un train de 300 tonnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annie, elle, &#233;voque le collectif Familles papillons&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;On a r&#233;alis&#233; plusieurs fresques humaines en forme de papillon sur la place de la mairie. Lors de la premi&#232;re, on &#233;tait 1 200, puis 1 900 &#224; la deuxi&#232;me et 2 500 &#224; la derni&#232;re &#8211; petit &#224; petit, on fait boule de neige. Ce qu'on r&#233;clame ? De la transparence. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils ont fait ce qu'ils voulaient. Et on sait que les caisses sont vides et qu'ils vont faire des travaux &#224; l'&#233;conomie. C'est l&#224; o&#249; &#231;a devient dangereux.&lt;/i&gt; &#187; L'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral a eu un petit effet coup de massue ; en ce d&#233;but d'ann&#233;e, l'enjeu est d'abord de secouer les r&#233;sign&#233;s.
Le projet TDN est pr&#233;vu pour fonctionner une quarantaine d'ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Une p&#233;riode pendant laquelle des g&#233;n&#233;rations de Narbonnais vont en respirer les &#233;manations,&lt;/i&gt; pr&#233;dit Andr&#233;. &lt;i&gt;Un million de m&#232;tres cubes de fum&#233;es par jour. Sachant que toute cette industrie &#233;met d&#233;j&#224;, actuellement, des quantit&#233;s d'oxyde d'azote ph&#233;nom&#233;nales. Un gaz dangereux qui attaque les poumons, les voies respiratoires et provoque les pluies acides.&lt;/i&gt; &#187; Une fatalit&#233; ? &#171; &lt;i&gt;Non, il existe d'autres pistes moins polluantes pour r&#233;duire les d&#233;chets. Par exemple, extraire le nitrate au lieu de le br&#251;ler. Mais Areva ne l'utilise pas car elle veut vendre le proc&#233;d&#233; TDN-Thor.&lt;/i&gt; &#187; En janvier 2018, Macron d&#233;croche ainsi un contrat de 10 milliards d'euros avec la Chine pour le traitement des combustibles nucl&#233;aires. Andr&#233; conclut : &#171; &lt;i&gt; Comme l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'&#201;tat prime, on va servir de cobayes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'atome au fil des pages&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L441xH667/-572-0261b.jpg?1768670627' width='441' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Irradiez-les tous !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 140 premi&#232;res pages du livre &lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde comme projet Manhattan, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; diss&#232;quent ce moment o&#249; les &#201;tats-Unis mettent au point, exp&#233;rimentent et larguent la premi&#232;re bombe atomique. Pens&#233;e pour vaincre le nazisme, utilis&#233;e officiellement pour terrasser le Japon, elle est exp&#233;riment&#233;e &lt;i&gt;in vivo&lt;/i&gt; pour sid&#233;rer les Sovi&#233;tiques. La guerre froide commence avec les bombardements de Hiroshima et Nagasaki. La bombe &#171; &lt;i&gt;devait &#234;tre utilis&#233;e dans une zone suffisamment peupl&#233;e pour que les survivants puissent t&#233;moigner de ses terribles effets. En cons&#233;quence, aucune alerte ne serait donn&#233;e aux Japonais avant le bombardement&lt;/i&gt; &#187;. Puis l'auteur fait un bond dans le temps jusqu' en 2011, l'accident de Fukushima. Jean-Marc Royer d&#233;cortique le rapport de la commission d'enqu&#234;te japonaise. Ses conclusions : l'accident nucl&#233;aire &#171; &lt;i&gt;est clairement d'origine humaine&lt;/i&gt; &#187;. Collusions, n&#233;gligences, conflits d'int&#233;r&#234;ts : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire est devenue une force &#233;chappant au contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Royer essaie de cerner cette omerta entretenue par le village nucl&#233;aire mondial. Utilisant les outils de la psychanalyse, il fouille &#224; rebours cette r&#233;volution industrielle vendue comme un grand bond en avant. Une bascule civilisationnelle o&#249; la mort a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt; &#233;rotis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; jusqu'&#224; la rendre d&#233;sirable. Repolitiser la camarde permettrait de rendre au nucl&#233;aire son vrai visage, celui de &#171; &lt;i&gt;figure de proue d'une civilisation fondamentalement morbide, mortif&#232;re et autodestructrice qui s'est violemment impos&#233;e en Occident depuis deux si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187;. Nous n'avons pas d'autre choix que d'en sortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis janvier 2018, Areva s'appelle Orano. Pour des commodit&#233;s de lecture, l'ancien nom a &#233;t&#233; conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde comme projet Manhattan&lt;/i&gt;, Jean-Marc Royer, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>H&#233;l&#233;na, le for&#231;at du noir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Helena-le-forcat-du-noir</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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		<dc:subject>Clark Carrados</dc:subject>
		<dc:subject>Alex Cadourcy</dc:subject>
		<dc:subject>Patricia Wellwood</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Zerbibe</dc:subject>
		<dc:subject>Szolnock Lazslo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Car il n'y a aucune illusion &#224; se faire : Andr&#233; H&#233;l&#233;na est un radical de la r&#233;volte. Pour lui, cette Plan&#232;te des cocus, pour reprendre le titre de l'un de ses plus singuliers ouvrages, [&#8230;] est un lieu de totale iniquit&#233;, une mani&#232;re d'enfer, le trou du cul de la cr&#233;ation &#187; Un enfer qui aura quand m&#234;me inspir&#233; H&#233;l&#233;na, prolifique et m&#233;connu auteur d'environ 200 bouquins. Des polars majoritairement, mais aussi des s&#233;ries polici&#232;res plus classiques, de la po&#233;sie, quelques pornos, &#339;uvres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Andre-Helena" rel="tag"&gt;Andr&#233; H&#233;l&#233;na&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Car il n'y a aucune illusion &#224; se faire : Andr&#233; H&#233;l&#233;na est un radical de la r&#233;volte. Pour lui, cette&lt;/i&gt; Plan&#232;te des cocus&lt;i&gt;, pour reprendre le titre de l'un de ses plus singuliers ouvrages,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;est un lieu de totale iniquit&#233;, une mani&#232;re d'enfer, le trou du cul de la cr&#233;ation&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Deloux, &#171; Je suis un roman noir &#187; (Polar revue n&#176;23 &#8211; 2000)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Un enfer qui aura quand m&#234;me inspir&#233; H&#233;l&#233;na, prolifique et m&#233;connu auteur d'environ 200 bouquins. Des polars majoritairement, mais aussi des s&#233;ries polici&#232;res plus classiques, de la po&#233;sie, quelques pornos, &#339;uvres choisies ou bien &#233;crites sur commande. H&#233;l&#233;na a pass&#233; sa vie &#224; pisser de l'encre, &#224; intriguer, sur le papier comme dans la vraie vie. Brouilleur de cartes, il aura compil&#233; les pseudos d'une mani&#232;re quasi schizophr&#232;ne. Dans les librairies, on trouvera sa litt&#233;rature sous des blazes aussi exotiques que Szolnock Lazslo, Clark Carrados, Alex Cadourcy, Patricia Wellwood, Jean Zerbibe, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH561/p14-la-planete-des-cocus-1-10d87.jpg?1768658941' width='400' height='561' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Narbonne en 1919, H&#233;l&#233;na fait ses premi&#232;res armes litt&#233;raires en publiant quelques recueils de po&#233;sie. En 1936, apr&#232;s un premier passage &#224; la capitale, l'homme tra&#238;ne ses gu&#234;tres dans l'Espagne r&#233;volutionnaire, un s&#233;jour dont on sait peu de choses sinon qu'il lui inspirera deux romans : &lt;i&gt;J'aurai la peau de Salvador&lt;/i&gt; (1949) et &lt;i&gt;Le cheval d'Espagne&lt;/i&gt; (1959). &#171; &lt;i&gt;8 juillet 1939.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Maintenant c'&#233;tait au tour des Fran&#231;ais d'&#234;tre emmerd&#233;s. M. Hitler, un bon copain &#224; nous, aujourd'hui, leur en faisait voir de toutes les couleurs. Ils en perdaient tout sang-froid. Ils parlaient d'aller se frictionner en Allemagne et de mettre tout en l'air. Moi qui avais vu le baroud, j'&#233;tais un peu moins optimiste. Je savais que &#231;a ne se passait pas tout &#224; fait comme &#231;a et qu'en tout cas, la guerre &#231;a mettait un peuple sur le cul en moins de deux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'aurai la peau de Salvador (1949 &#8211; R&#233;&#233;dition E-dite, 2002)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;form&#233; pendant la guerre, il rejoint le maquis pyr&#233;n&#233;en en 1944. Dans le Paris d'apr&#232;s-guerre, H&#233;l&#233;na &#233;lira ses quartiers &#224; Montparnasse. Commencera alors pour l'auteur une vie de boh&#232;me o&#249; l'homme alternera petits boulots et incessante production litt&#233;raire. Petites frappes, prostitu&#233;es, prolos : H&#233;l&#233;na fera son monde dans les zincs et les milieux canailles desquels il tirera le principal carburant de sa plume. En 1948, c'est un s&#233;jour en taule pour une histoire d'impay&#233;s qui ach&#232;vera de fa&#231;onner son pessimisme radical et son m&#233;pris des repr&#233;sentants de la bonne soci&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a qu'un officier d'artillerie, bien cal&#233; en balistique, qui puisse admirer comment la courbe impeccable de ma vie m'a conduit aux durs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le bon Dieu s'en fout (1949 &#8211; R&#233;&#233;dition Florent-Massot &#8211; 1994).&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Quand il souhaite s'&#233;vader de la capitale, c'est pour retrouver son Sud natal et notamment le village de Leucate dans l'Aude o&#249; il s'est conserv&#233; un pied-&#224;-terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romans r&#233;alistes, romans noirs, la plume d'H&#233;l&#233;na, pas toujours de qualit&#233; &#233;gale, n'a jamais quitt&#233; sa place : celle d'une marge abrupte, celle d'un homme qui a conserv&#233; intact le tranchant d'une langue que nulle corruption n'est parvenue &#224; &#233;mousser. Il s'&#233;teint en 1972 sans le sou ni quelconque honneur. &#171; &lt;i&gt;Il mit son manuscrit sous le bras et sortit&lt;/i&gt; &#187;, furent les derniers mots de son manuscrit. Inachev&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Pierre Deloux, &#171; &lt;i&gt;Je suis un roman noir&lt;/i&gt; &#187; (Polar revue n&#176;23 &#8211; 2000)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;J'aurai la peau de Salvador&lt;/i&gt; (1949 &#8211; R&#233;&#233;dition E-dite, 2002)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le bon Dieu s'en fout&lt;/i&gt; (1949 &#8211; R&#233;&#233;dition Florent-Massot &#8211; 1994).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Carpentras, patatras !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Carpentras-patatras</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Carpentras-patatras</guid>
		<dc:date>2013-01-23T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230; L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corde" rel="tag"&gt;corde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH456/106-remi-lepen-8cd66.png?1768653991' width='400' height='456' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &lt;i&gt;&#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;&lt;/i&gt;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains esprits, mais avec d'autres motivations. Cette cit&#233; en forme de c&#339;ur ne l'a pas toujours eu sur la main, et le proverbe proven&#231;al que l'on pr&#234;te aux Carpentrassiens en dit long : &#171; Aqui, aman mai tout que la mita &#187; &#8211; Ici, on pr&#233;f&#232;re avoir tout plut&#244;t que la moiti&#233;. Richaud rappelait qu'on y avait ras&#233; les fortifications du Moyen-&#226;ge pour de bas motifs politico-financiers locaux, relevant de &lt;i&gt;&#171; toute une bassesse paysanne et bourgeoise &#187;&lt;/i&gt; ; mais il reprochait surtout &#224; la ville d'avoir assassin&#233; sa jeunesse en lui offrant, dans les ann&#233;es 1920, un spectacle &#171; particulier &#187; durant la foire de la Saint-Siffrein. R&#233;cit :&lt;i&gt; &#171; Le long du mur on avait tendu une b&#226;che. &#193; quelques m&#232;tres du mur et parall&#232;lement &#224; lui, entre deux piquets, une corde &#233;tait tendue pour emp&#234;cher la foule d'approcher de trop pr&#232;s. &#193; c&#244;t&#233; de la corde, quelques caisses de tomates trop m&#251;res&#8230; Le jeu consistait &#224; enlever la pipe de la bouche de la Gramuse (une pauvre femme) avec une tomate. On y gagnait ainsi un paquet de tabac. Son homme vendait cinq tomates pour 20 sous. Vous n'allez pas me dire que ce n'&#233;tait pas une belle invention et une belle affaire. Le mat&#233;riel &#233;tait r&#233;duit &#224; rien : une corde, une b&#226;che, cinquante kilos de tomates et une femme&#8230; Le succ&#232;s &#233;tait immense et toutes les demi-heures, le patron allait d&#233;verser le contenu de ses poches dans une grande bo&#238;te de conserve&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Part du diable, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que ce jeu de massacre marqua au fer rouge les esprits du cru. En 1990, la profanation du cimeti&#232;re juif rajouta &#224; la mauvaise r&#233;putation de la ville, mais le Front national saura retourner localement la situation : selon le discours frontiste, celui qui devrait avoir honte de ce qu'il est, ce n'est pas le carpentrassien &#171; de souche &#187;, c'est l'Arabe, &#171; l'envahisseur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans les ann&#233;es 1970-1980, au temps o&#249; la production de primeurs &#233;tait florissante et les serres entouraient Carpentras. D&#232;s l'aube, le long du boulevard de ceinture, venaient s'aligner des centaines de travailleurs immigr&#233;s en attente d'une embauche ; chaque matin, dans leurs camionnettes, les paysans faisaient leur &#171; march&#233; aux esclaves &#187;, comme on osait le qualifier dans le secteur, embarquant les hommes pour la journ&#233;e, sans quasiment jamais les d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population autochtone, profitant des retomb&#233;es de ce fructueux commerce, eut le d&#233;sir de prendre ses aises : elle quitta peu &#224; peu les quartiers populaires v&#233;tustes du centre-ville pour se faire construire des villas en p&#233;riph&#233;rie. Comme la nature a horreur du vide, les immigr&#233;s, pouvant enfin se loger convenablement, s'y install&#232;rent et firent venir leurs familles du Maroc. Dans le m&#234;me temps, les meilleures terres agricoles, irrigu&#233;es, furent envahies par les villas et leurs jardins privatifs, puis par les zones artisanales et commerciales. All&#233;ch&#233;s par l'app&#226;t du gain, les propri&#233;taires gel&#232;rent les derni&#232;res terres cultivables et attendirent le plan d'occupation des sols qui leur assurerait le jackpot. L'agriculture, fragilis&#233;e par la concurrence europ&#233;enne, s'effondra ; les enfants des familles marocaines n'eurent plus de d&#233;bouch&#233;s. D'autant que, dans les communes voisines, les mara&#238;chers ayant surv&#233;cu avaient remplac&#233; le &#171; march&#233; aux esclaves &#187; par d'avantageux contrats OMI &#8211; contrats au rabais et exempt&#233;s de charges permettant d'embaucher des saisonniers &#233;trangers pour une dur&#233;e de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, aujourd'hui, les nouveaux habitants du centre-ville glandouillent, quelques-uns traficotent pour survivre, d'autres affichent leurs &#171; revendications identitaires &#187; ; leur &#171; visibilit&#233; &#187; s'accroit au point de servir de repoussoir aux autochtones qui les accusent de tous les maux. La nouvelle municipalit&#233; PS a rachet&#233; des immeubles anciens pour les r&#233;habiliter, mais les appartements ne trouvent pas preneurs. Dans le m&#234;me temps, on ne laisse rien passer aux jeunes Arabes, accus&#233;s par exemple de d&#233;voyer la &#171; tradition &#187; du mariage du samedi o&#249; l'on d&#233;file en bagnole dans un concert de klaxons, pour la transformer en rod&#233;o dangereux. Derni&#232;re saine croisade en date : le d&#233;put&#233; UMP Julien Aubert, d&#233;cid&#233; &#224; galoper sur les plates-bandes du FN, lance une p&#233;tition pour l'interdiction d'une mosqu&#233;e &#171; clandestine &#187; r&#233;put&#233;e salafiste. Et l&#224; o&#249; leurs p&#232;res ouvriers agricoles &#233;taient m&#233;pris&#233;s, les fils et petits-fils d&#233;couvrent qu'ils peuvent aussi faire peur. Tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour que triomphent les crispations identitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20titres%20A-Z/Titres%20P.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Part du diable&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le bureaucrate enguirland&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-bureaucrate-enguirlande</link>
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		<dc:date>2007-10-22T08:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>dernier</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>coll&#232;gues</dc:subject>
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		<dc:subject>c'est fini</dc:subject>
		<dc:subject>fini</dc:subject>
		<dc:subject>heures suppl&#233;mentaires</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#199;A Y EST, C'EST FINI, oubli&#233;s les vacances, la plage, le soleil ( ?). Retour au travail, au turbin, au chagrin. J'allais &#233;crire qu'il ne s'est rien pass&#233; d'extraordinaire &#224; l'usine au cours des deux mois d'&#233;t&#233;. Juste les trucs habituels : heures suppl&#233;mentaires et jours de cong&#233;s qui sautent &#224; cause du manque de personnel. La seule nouvelle digne d'int&#233;r&#234;t a &#233;t&#233; l'annonce par le directeur g&#233;n&#233;ral du groupe qu'il allait sans doute &#234;tre le prochain &#224; sauter, vu que les r&#233;sultats &#233;conomiques ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;A Y EST, C'EST FINI, oubli&#233;s les vacances, la plage, le soleil ( ?). Retour au travail, au turbin, au chagrin. J'allais &#233;crire qu'il ne s'est rien pass&#233; d'extraordinaire &#224; l'usine au cours des deux mois d'&#233;t&#233;. Juste les trucs habituels : heures suppl&#233;mentaires et jours de cong&#233;s qui sautent &#224; cause du manque de personnel. La seule nouvelle digne d'int&#233;r&#234;t a &#233;t&#233; l'annonce par le directeur g&#233;n&#233;ral du groupe qu'il allait sans doute &#234;tre le prochain &#224; sauter, vu que les r&#233;sultats &#233;conomiques ne sont pas bons du tout. Mais de son d&#233;part on se fiche, on ne le regrettera pas et on sait tous que son rempla&#231;ant ne sera qu'un copi&#233;-coll&#233;. Et voil&#224; que le dernier week-end d'ao&#251;t, dans mon atelier, arrive l'incident qu'on pressentait tous. Le compresseur d'air qui casse, l'arbre de transmission qui se met en banane, le carter qui se retrouve projet&#233; &#224; une dizaine de m&#232;tres&#8230; Coup de pot, il n'y avait personne &#224; c&#244;t&#233;. L'atelier qui d&#233;clenche, la course (de nuit) dans l'atelier pour le s&#233;curiser. Une soupape qui ne se referme pas et qui crache du gaz pendant une heure. Alerte sur la r&#233;gion, pompiers, pr&#233;fet r&#233;veill&#233; en pleine nuit&#8230; Et tout qui rentre dans l'ordre apr&#232;s quelques heures d'efforts pour arr&#234;ter l'installation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, on n'est pas pass&#233; loin&#8230; Pourtant, ce compresseur d&#233;fectueux, &#231;a fait bient&#244;t deux ans qu'on dit qu'il faut le r&#233;parer, sinon on risque la casse. La direction a attendu le dernier moment et voil&#224; ce qui arrive. La situation se d&#233;grade et un jour la machine l&#226;che. C'est toujours le m&#234;me sc&#233;nario. Apr&#232;s, il faut r&#233;parer. Cette fois, pour fabriquer la pi&#232;ce de rechange, c'est au minimum un d&#233;lai de quatre mois. Si tel &#233;tait le cas, &#231;a voudrait dire la fermeture (peut-&#234;tre d&#233;finitive) de la bo&#238;te. Du coup, les r&#233;parations sont faites a minima. On reprend le m&#234;me arbre, on le polit et, malgr&#233; un manque de dents (je vous passe les d&#233;tails), la machine repart au bout de quinze jours. Le r&#233;gime de l'atelier passe de 1 100 tonnes par jour &#224; 800 : pour la direction, c'est la bonne solution. Voil&#224; pour les derni&#232;res nouvelles du front. Parce qu'en fait je voulais vous parler d'Andr&#233;, un coll&#232;gue que j'aime bien. Un ouvrier comme on en fait de moins en moins. R&#226;leur, bien s&#251;r, dr&#244;le, souvent, et conscient de sa place. Andr&#233; travaille aux exp&#233;ditions d'engrais. C'est le dernier endroit de l'usine o&#249; il n'y a pas besoin d'une grande technicit&#233;. C'est l&#224; o&#249; on trouve les derniers vrais prolos de l'usine, avec leurs bons et leurs mauvais c&#244;t&#233;s : ceux qui font le plus souvent gr&#232;ve, ceux qui savent dire&lt;i&gt; &#171; non, chef &#187;&lt;/i&gt;, mais aussi, parfois, racistes ou courant apr&#232;s les heures suppl&#233;mentaires. Andr&#233;, lui, ne court pas apr&#232;s les heures. Il a m&#234;me un mal de chien &#224; arriver &#224; l'heure le matin. On ne peut commencer &#224; lui parler que lorsqu'il a aval&#233; son premier caf&#233;. &#192; le voir arriver, bourru, un v&#233;ritable ours, on a du mal &#224; penser qu'il va ensuite passer ses temps de pause &#224; faire des pitreries pour amuser ses coll&#232;gues. Donc, apr&#232;s avoir bu son caf&#233; et fum&#233; sa troisi&#232;me clope, Andr&#233; devient op&#233;rationnel. Il coiffe sa casquette rouge r&#233;glementaire, &#224; laquelle il a accroch&#233; un morceau de guirlande de No&#235;l dor&#233;e, et il monte sur son Klark ou sur son chouleur, pour charger l'engrais, en sacs de 600 kg ou en vrac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sans doute l'un des seuls &#224; &#233;couter Radio Classique ou France Musique dans l'habitacle de son engin. C'est pas qu'il soit v&#233;ritablement fan de Mahler ou de Chostakovitch, c'est plut&#244;t son c&#244;t&#233; punk, comme pour dire merde &#224; ceux qui pensent que les prolos ne peuvent s'&#233;clater que sur Bigard ou sur Rires &amp; chansons. Au r&#233;fectoire, le midi, avant de partir, c'est lui qui lance toujours la premi&#232;re vanne pour que les autres rebondissent et que le climat soit &#224; la b&#234;tise. Il m'a fait visiter le petit potager que ses copains et lui entretiennent aux abords des hangars : &lt;i&gt;&#171; L&#224; on fait pousser des tomates cerises&#8230; Pour l'ap&#233;ro &#187;&lt;/i&gt;, dit-il en souriant. Mais Andr&#233; ce n'est pas que &#231;a. Ce qui l'int&#233;resse, c'est l'hygi&#232;ne et la s&#233;curit&#233; et il est souvent sur le terrain, &#224; chercher le probl&#232;me, la faille qui pourrait &#234;tre pr&#233;judiciable, dangereuse pour les coll&#232;gues. Parce qu'il n'a pas appris &#224; parler en public, il a parfois du mal &#224; trouver ses mots devant le directeur, mais d&#232;s qu'il l'ouvre, il est &#233;cout&#233; et il adore mettre le patron en difficult&#233;. Derni&#232;rement, sa vie au travail a chang&#233;. Dans l'usine, le syndicat CGT est pour la rotation des t&#226;ches, pour qu'il n'y ait pas de bureaucratisation qui s'installe. Mais personne ne voulait prendre le poste de secr&#233;taire du syndicat, laiss&#233; vacant. Ploum-ploum. C'est tomb&#233; sur Andr&#233;, qui n'en demandait pas tant. Il a accept&#233; parce que pendant deux ans, &#231;a allait le changer du quotidien. Pourtant, &#231;a ne lui va pas trop. Il fait son boulot syndical, mais ce n'est pas son truc. Andr&#233; pr&#233;f&#232;re &#234;tre avec les copains. Alors, d&#232;s qu'il peut, il retourne tra&#238;ner ses grolles aux exp&#233;ditions. Et l&#224;, autour du caf&#233; partag&#233; avec ses coll&#232;gues, c'est lui qui se fait vanner, vu qu'il est &#171; un bureaucrate &#187; pour deux ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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