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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>Les histoires d'amiante finissent mal</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec Amianto, une histoire ouvri&#232;re , Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour. Dans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amianto, une histoire ouvri&#232;re, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH263/-1215-9a07f.jpg?1768651743' width='150' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de quatorze ans. C'est un jeune p&#232;re qui ne m&#233;nage pas sa peine pour subvenir aux besoins de sa famille. C'est le h&#233;ros du petit Alberto. Et pas n'importe quel h&#233;ros : un&lt;i&gt; working class hero&lt;/i&gt;, comme dans la chanson. En guise de cape, une b&#226;che gris sale le prot&#232;ge des &#233;tincelles quand il soude &#224; quelques centim&#232;tres d'une cuve de p&#233;trole. Elle est taill&#233;e dans une mati&#232;re l&#233;g&#232;re qui r&#233;siste aux tr&#232;s hautes temp&#233;ratures : l'amiante. Ce que Renato ne sait pas, ce que personne ne sait alors, c'est que cette b&#226;che cens&#233;e le prot&#233;ger le tue d&#233;j&#224; &#224; petit feu. &#171; &lt;i&gt;Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans vous &#234;tes mort.&lt;/i&gt; &#187; Et puis il y a tous les autres poisons qui s'infiltrent dans le corps de Renato tandis qu'il accomplit ce travail dont il est si fier : l'essence, le plomb, le titane d&#233;truisent lentement son organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une histoire d'h&#233;ritage,&lt;/strong&gt; mais pas de ceux qui se r&#232;glent chez le notaire. Ce qu'Alberto Prunetti re&#231;oit, c'est un statut, presque un titre de noblesse : &#171; fils d'ouvrier &#187;. Soudeur, tuyauteur, m&#233;tallurgiste, Renato est un ouvrier qualifi&#233; toujours en d&#233;placement, dont les comp&#233;tences sont recherch&#233;es et pay&#233;es, croit-il alors, &#224; leur juste valeur : il peut mettre sa famille &#224; l'abri du besoin, devenir propri&#233;taire de sa maison. Il rentre chez lui un week-end sur deux, le sac plein de v&#234;tements &#224; laver et repart presque aussit&#244;t gagner sa cro&#251;te dans une autre usine ou une raffinerie &#224; l'autre bout du pays. &#202;tre un fils d'ouvrier, pour Alberto comme pour ses camarades de classe, &#231;a n'a rien de honteux. Mieux vaut &#234;tre fils d'ouvrier que fils de bourgeois : malheureux gosses de riches soumis &#224; mille conventions sociales, emp&#234;ch&#233;s de jouer dehors et toujours perdants au foot. C'est cet enfant qui, p&#233;tri d'admiration, parle de Renato et de ses exploits, des westerns spaghettis du soir, des bagarres et des matchs de foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et un autre Alberto corrige la copie. &lt;/strong&gt;Celui-l&#224; n'est plus un enfant et il a compris qu'il appartient &#224; la classe de ceux qui se tuent &#224; la t&#226;che, ceux dont la sant&#233; ne vaut rien ou pas grand-chose. Il n'est pas toujours d'accord avec son p&#232;re, il n'adh&#232;re pas &#224; l'id&#233;ologie du travail comme valeur absolue. Comment le pourrait-il, apr&#232;s avoir vu son p&#232;re et ses coll&#232;gues d&#233;j&#224; ab&#238;m&#233;s &#224; 40 ans, morts avant 60 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die,&lt;/strong&gt; que des histoires de rots sonores et de matchs de foot avaient chass&#233;e pendant un temps, revient, plus dure, plus crue. Plus grande aussi : l'histoire de Renato, c'est celle de l'Italie du boom &#233;conomique et de la crise qui lui succ&#232;de dans les ann&#233;es 1980. Ce sont les contrats de travail pr&#233;caires, les ouvriers d&#233;j&#224; pouss&#233;s &#224; l'auto-entrepreneuriat &#8211; comme s'il ne suffisait plus d'&#234;tre exploit&#233; par un patron mais qu'il fallait d&#233;sormais s'exploiter soi-m&#234;me. C'est la fin d'un certain bien-&#234;tre mat&#233;riel pour compenser les sacrifices. La fin aussi de l'espoir d'une vie meilleure pour ses enfants, une vie o&#249; l'on ne se ruine pas la sant&#233; &#224; l'usine. Alberto raconte le combat pour faire reconna&#238;tre la maladie professionnelle de son p&#232;re. L'histoire de Renato, c'est celle de tous les ouvriers dont les vies valent moins que les profits des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et raconter cette histoire&lt;/strong&gt; sans rien oublier de sa force et de sa douceur, de l'amour filial et de la fiert&#233;, des injustices subies, c'est sans doute une compensation bien plus grande que la mis&#233;rable somme &#171; r&#233;paratrice &#187; donn&#233;e &#224; la veuve comme une aum&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de l'italien par Serge Quadruppani et publi&#233; chez Agone (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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