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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les histoires d'amiante finissent mal</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Avec Amianto, une histoire ouvri&#232;re , Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour. Dans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amianto, une histoire ouvri&#232;re, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH263/-1215-9a07f.jpg?1782659146' width='150' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de quatorze ans. C'est un jeune p&#232;re qui ne m&#233;nage pas sa peine pour subvenir aux besoins de sa famille. C'est le h&#233;ros du petit Alberto. Et pas n'importe quel h&#233;ros : un&lt;i&gt; working class hero&lt;/i&gt;, comme dans la chanson. En guise de cape, une b&#226;che gris sale le prot&#232;ge des &#233;tincelles quand il soude &#224; quelques centim&#232;tres d'une cuve de p&#233;trole. Elle est taill&#233;e dans une mati&#232;re l&#233;g&#232;re qui r&#233;siste aux tr&#232;s hautes temp&#233;ratures : l'amiante. Ce que Renato ne sait pas, ce que personne ne sait alors, c'est que cette b&#226;che cens&#233;e le prot&#233;ger le tue d&#233;j&#224; &#224; petit feu. &#171; &lt;i&gt;Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans vous &#234;tes mort.&lt;/i&gt; &#187; Et puis il y a tous les autres poisons qui s'infiltrent dans le corps de Renato tandis qu'il accomplit ce travail dont il est si fier : l'essence, le plomb, le titane d&#233;truisent lentement son organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une histoire d'h&#233;ritage,&lt;/strong&gt; mais pas de ceux qui se r&#232;glent chez le notaire. Ce qu'Alberto Prunetti re&#231;oit, c'est un statut, presque un titre de noblesse : &#171; fils d'ouvrier &#187;. Soudeur, tuyauteur, m&#233;tallurgiste, Renato est un ouvrier qualifi&#233; toujours en d&#233;placement, dont les comp&#233;tences sont recherch&#233;es et pay&#233;es, croit-il alors, &#224; leur juste valeur : il peut mettre sa famille &#224; l'abri du besoin, devenir propri&#233;taire de sa maison. Il rentre chez lui un week-end sur deux, le sac plein de v&#234;tements &#224; laver et repart presque aussit&#244;t gagner sa cro&#251;te dans une autre usine ou une raffinerie &#224; l'autre bout du pays. &#202;tre un fils d'ouvrier, pour Alberto comme pour ses camarades de classe, &#231;a n'a rien de honteux. Mieux vaut &#234;tre fils d'ouvrier que fils de bourgeois : malheureux gosses de riches soumis &#224; mille conventions sociales, emp&#234;ch&#233;s de jouer dehors et toujours perdants au foot. C'est cet enfant qui, p&#233;tri d'admiration, parle de Renato et de ses exploits, des westerns spaghettis du soir, des bagarres et des matchs de foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et un autre Alberto corrige la copie. &lt;/strong&gt;Celui-l&#224; n'est plus un enfant et il a compris qu'il appartient &#224; la classe de ceux qui se tuent &#224; la t&#226;che, ceux dont la sant&#233; ne vaut rien ou pas grand-chose. Il n'est pas toujours d'accord avec son p&#232;re, il n'adh&#232;re pas &#224; l'id&#233;ologie du travail comme valeur absolue. Comment le pourrait-il, apr&#232;s avoir vu son p&#232;re et ses coll&#232;gues d&#233;j&#224; ab&#238;m&#233;s &#224; 40 ans, morts avant 60 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die,&lt;/strong&gt; que des histoires de rots sonores et de matchs de foot avaient chass&#233;e pendant un temps, revient, plus dure, plus crue. Plus grande aussi : l'histoire de Renato, c'est celle de l'Italie du boom &#233;conomique et de la crise qui lui succ&#232;de dans les ann&#233;es 1980. Ce sont les contrats de travail pr&#233;caires, les ouvriers d&#233;j&#224; pouss&#233;s &#224; l'auto-entrepreneuriat &#8211; comme s'il ne suffisait plus d'&#234;tre exploit&#233; par un patron mais qu'il fallait d&#233;sormais s'exploiter soi-m&#234;me. C'est la fin d'un certain bien-&#234;tre mat&#233;riel pour compenser les sacrifices. La fin aussi de l'espoir d'une vie meilleure pour ses enfants, une vie o&#249; l'on ne se ruine pas la sant&#233; &#224; l'usine. Alberto raconte le combat pour faire reconna&#238;tre la maladie professionnelle de son p&#232;re. L'histoire de Renato, c'est celle de tous les ouvriers dont les vies valent moins que les profits des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et raconter cette histoire&lt;/strong&gt; sans rien oublier de sa force et de sa douceur, de l'amour filial et de la fiert&#233;, des injustices subies, c'est sans doute une compensation bien plus grande que la mis&#233;rable somme &#171; r&#233;paratrice &#187; donn&#233;e &#224; la veuve comme une aum&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de l'italien par Serge Quadruppani et publi&#233; chez Agone (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'une gargotte ath&#233;nienne</title>
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		<dc:creator>Un ex-tavernier</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Longtemps, Babis alias &#171; Kostas &#187;, a tenu une taverne souterraine dans le quartier de Gazi &#224; Ath&#232;nes. Il &#233;voque ici ce lieu qui &#171; r&#233;alisait la fusion entre le pass&#233; et le pr&#233;sent &#187;. La parole est &#224; l'ex-tavernier. Dans le tr&#232;s renomm&#233; guide touristique am&#233;ricain Frommer's, un fils d'immigr&#233;s grecs nomm&#233; Petros a voulu d&#233;crire l'originalit&#233; de cette taverne ath&#233;nienne dont je voudrais faire ici l'&#233;loge&#8230; par d&#233;tours, para&#238;t-il : &#171; Le secret le mieux gard&#233; d'Ath&#232;nes. Quand mon grand-p&#232;re m'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, Babis alias &#171; Kostas &#187;, a tenu une taverne souterraine dans le quartier de Gazi &#224; Ath&#232;nes. Il &#233;voque ici ce lieu qui &lt;i&gt;&#171; r&#233;alisait la fusion entre le pass&#233; et le pr&#233;sent &#187;&lt;/i&gt;. La parole est &#224; l'ex-tavernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le tr&#232;s renomm&#233; guide touristique am&#233;ricain &lt;i&gt;Frommer's&lt;/i&gt;, un fils d'immigr&#233;s grecs nomm&#233; Petros a voulu d&#233;crire l'originalit&#233; de cette taverne ath&#233;nienne dont je voudrais faire ici l'&#233;loge&#8230; par d&#233;tours, para&#238;t-il : &lt;i&gt;&#171; Le secret le mieux gard&#233; d'Ath&#232;nes. Quand mon grand-p&#232;re m'a parl&#233; de cette petite taverne souterraine &#224; Gazi, ce devait &#234;tre en 1985 ou en 1986, quelques ann&#233;es apr&#232;s la fermeture de la polluante usine &#224; gaz, &#233;v&#233;nement qui a entra&#238;n&#233; Gazi et les quartiers environnants dans un d&#233;labrement consid&#233;rable. Lui et ses amis y venaient pendant la guerre, &#224; l'abri des bombardements, se r&#233;galer de plats chauds et de vin au tonneau. C'&#233;tait au d&#233;but de l'occupation nazie et avant la famine. Dans leurs patrouilles nocturnes, les nazis n'arrivaient m&#234;me pas &#224; trouver l'endroit, malgr&#233; les nombreuses fois o&#249; le reb&#233;tiko y r&#233;sonnait fort. Mon grand-p&#232;re n'a jamais cherch&#233; &#224; retrouver la taverne apr&#232;s la guerre. Je pense qu'il ne se doutait pas qu'elle &#233;tait toujours l&#224;. Alors, imaginez ma surprise&#8230; Il n'y a pas de nom, num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, pas de r&#233;servations et les cartes de cr&#233;dit ne sont pas accept&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je m'appelle Babis. &lt;/strong&gt;Mais aussi &#171; Kostas &#187;, nom emprunt&#233; au d&#233;tour d'un entretien autour de la r&#233;volte de d&#233;cembre 2008 avec un ancien de &lt;i&gt;CQFD, &lt;/i&gt;qui lui aussi dans un pass&#233; lointain a appr&#233;ci&#233; le vin du tonneau de ce refuge souterrain : &lt;i&gt;&#171; Quelle joie de rencontrer mes clients dans la rue, ivres de cette ambiance rebelle, hilares face au spectacle ridicule, &#224; mourir de rire, d'un arbre de No&#235;l plant&#233; par la mairie devant le Parlement, br&#251;l&#233; par les manifestants et le lendemain de nouveau plant&#233; et d&#233;cor&#233;, encercl&#233; et gard&#233; par les forces anti-&#233;meutes ! &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD n&#176; 63, janvier 2009.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En janvier 2009&lt;/strong&gt;, pouss&#233;s par le vent fort de d&#233;cembre, quelques &#171; erroristes &#187;, proches de &lt;i&gt;CQFD, &lt;/i&gt;s'&#233;taient retrouv&#233;s devant notre humble local. Descendant trois m&#232;tres plus bas que le niveau de la rue, ils ne s'attendaient pas &#224; ce que quelqu'un l&#224;-dessous parle fran&#231;ais&#8230; Et apr&#232;s manger, apr&#232;s boire, apr&#232;s l'addition&#8230; enfin, ils eurent quelques explications : &lt;i&gt;&#171; Mais, cet article on l'a lu, alors c'est toi, Kostas ? &#187; &#171; Oui, c'est moi, Babis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la taverne, &lt;/strong&gt;il y a toujours Alexandra. Elle continue &#224; mettre sur le feu les casseroles pour nos clients et &#224; r&#233;chauffer leurs c&#339;urs avec son chant. Si par chance vous l'aviez entendue chanter du reb&#233;tiko en juillet 1999 &#224; Port-de-Bouc, vous ne l'auriez pas oubli&#233;e. Invit&#233;e &#224; Marseille &#8211; gr&#226;ce &#224; un vieil ami, fils authentique de cette ville phoc&#233;enne et grand amateur de notre taverne &#8211; avec une bande d'excellents musiciens, elle a apport&#233; sa contribution pour renouer les fils entre deux villes &#171; universelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Dis donc Kharon, quelle joie aurais-je dans tes t&#233;n&#232;bres ? &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les tavernes&lt;/strong&gt; on parle souvent des destin&#233;es. Un dialogue po&#233;tique dans une chanson traditionnelle suivi d'un fait auquel on accorde une signification li&#233;e &#224; une sorte de v&#233;rit&#233; incluse dans l'image po&#233;tique, suffit &#224; se r&#233;clamer du destin. L&#224; o&#249; le vieux f&#234;tard se r&#233;jouissait au milieu d'une joyeuse bande de musiciens &#233;pirotes aux clarinettes, en dansant avec un verre de vin sur sa t&#234;te aux cheveux blancs, il a re&#231;u le coup. Le fil de sa vie a &#233;t&#233; coup&#233;. Son c&#339;ur a craqu&#233;, le verre non ! Sa fille se jeta sur son corps effondr&#233;, en larmes et en criant : &lt;i&gt;&#171; Mon amour, mon c&#339;ur ! &#187; &lt;/i&gt;Tout autour, nous, une cinquantaine de personnes, le choros antique. On a murmur&#233; : &lt;i&gt;&#171; Une mort heureuse. &#187;&lt;/i&gt; J'ai vers&#233; du vin rouge sur le plancher. Quelques heures plus tard, une autre joyeuse bande mangeait, buvait et faisait r&#233;sonner le bouzouki : &lt;i&gt;&#171; Pente ellines ston Adi. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinq Grecs chez Had&#232;s, chant reb&#233;tiko.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Sans s'apercevoir de son &#171; d&#233;part &#187;. Sans l'avoir jamais connu. Je l'ai ressenti comme un hommage pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec une vie pass&#233;e &lt;/strong&gt;&#224; la taverne, tout peut arriver ! Le vieil ami, sorti d'une prison fran&#231;aise et arriv&#233; dans la nuit pour &#234;tre accueilli comme un fr&#232;re ; un cur&#233; en noir jouant du violon &#224; c&#244;t&#233; de joueurs de bouzouki demi-nus, bourr&#233;s au vin ; quelques coups de poing ; de longues, tr&#232;s longues discussions ; superbes danses de femmes ; le flic, joueur de bouzouki et danseur habile de zeibekiko ; l'aventurier, immigr&#233; depuis des ann&#233;es en Allemagne et aux &#201;tats-Unis pour tout gagner et tout perdre ; des charognes de d&#233;put&#233;s ; des prolos fiers d'eux-m&#234;mes ; des r&#234;ves exalt&#233;s &#8211; &#171; &lt;i&gt;mariage avec une princesse marocaine poss&#233;dant 15 wagons pleins de livres sterling, des tonnes de coca&#239;ne et 500 dervishes qui pr&#233;parent les narguil&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ; des amours &#233;ph&#233;m&#232;res ; des crises diverses ; Th&#233;o, l'ami, acteur, serveur, avec son humour vitriolesque, qui r&#233;cite des po&#232;mes ; Ilias, musicien gr&#233;co-albanais, capable de ressusciter des morts en frappant son tambourin ; des Grecs musulmans du quartier d&#233;vorant le d&#233;licieux tas-kebab ; des clochards assoiff&#233;s de vin ; des r&#233;volutionnaires, h&#233;las, futurs d&#233;tenus ; ce couple venu du Chili &#224; l'aide du guide am&#233;ricain ; moi, descendant &#224; l'a&#233;roport de Londres pour entendre derri&#232;re moi une voix f&#233;minine, en grec : &lt;i&gt;&#171; Toi, ici ?! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne suis plus l&#224;, &lt;/strong&gt;&#224; la taverne. Je viens de prendre un autre chemin. Pourtant, parfois, j'y vais comme client. Alors, vous me suivez ? Sur la place Omonia, allez chercher un gros mec, brun, moustachu, grec musulman, assis sur un petit tabouret, &#224; l'abri du soleil et de la pluie, cireur de chaussures. Lui, il nous conna&#238;t. Au temps jadis, il habitait le quartier de Gazi. Il vous indiquera le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un ex-tavernier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 63, janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cinq Grecs chez Had&#232;s&lt;/i&gt;, chant reb&#233;tiko.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Revenir &#224; Noailles</title>
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		<dc:creator>Dominique Carpentier</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Biscarrat</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne causa huit morts, comme autant de marques ind&#233;l&#233;biles sur le quartier de Noailles. Mais la secousse n'en finit pas de toucher les habitants du Marseille populaire, expuls&#233;s comme des fautifs de leur logement insalubre, apr&#232;s des ann&#233;es d'inertie municipale. T&#233;moignage d'un habitant nostalgique du foisonnement de son immeuble, Tour de Babel d&#233;cr&#233;pite. Mars 2019. Voil&#224; deux mois d&#233;j&#224; que nous avons &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s. Un matin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Biscarrat" rel="tag"&gt;Caroline Biscarrat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble" rel="tag"&gt;l'immeuble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne causa huit morts, comme autant de marques ind&#233;l&#233;biles sur le quartier de Noailles. Mais la secousse n'en finit pas de toucher les habitants du Marseille populaire, expuls&#233;s comme des fautifs de leur logement insalubre, apr&#232;s des ann&#233;es d'inertie municipale. T&#233;moignage d'un habitant nostalgique du foisonnement de son immeuble, Tour de Babel d&#233;cr&#233;pite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;82&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/-1183-cdc3d.jpg?1782962110' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dans l'immeuble en question. Noailles, Marseille, 2019. Photo Caroline Biscarrat
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;ars 2019. Voil&#224; deux mois d&#233;j&#224; que nous avons &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s. Un matin de janvier, pompiers, policiers, experts, membres du syndic, agents municipaux ainsi qu'une poign&#233;e de propri&#233;taires nous ont donn&#233; une heure pour ramasser nos effets personnels et quitter l'immeuble &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but avril 2019, plus de 2 400 personnes avaient ainsi &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une panique savamment orchestr&#233;e, nous nous croisions dans les escaliers mena&#231;ants. Les minibus du Samu social nous attendaient pour nous conduire dans diff&#233;rents h&#244;tels. Nous enfournions sacs mal ficel&#233;s, cabas et valises dans les coffres. Le fils de ma voisine du dessus, autiste, avait perdu de vue sa m&#232;re. Il se pr&#233;cipita dans le v&#233;hicule o&#249; j'avais pris place. Il s'accrochait &#224; moi en hurlant. J'&#233;tais son seul rep&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vie suspendue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux mois se sont &#233;coul&#233;s et je retrouve l'immeuble dans lequel j'ai v&#233;cu durant quinze ans, qu'une poign&#233;e d'ouvriers sont charg&#233;s de remettre en &#233;tat. Les gravats des plafonds d&#233;fonc&#233;s se sont r&#233;pandus sur les meubles. Le plus choquant, c'est cette impression que tout s'est arr&#234;t&#233;, fig&#233; par cet exil forc&#233;. Certains ont fui sans m&#234;me avoir eu le temps de faire la vaisselle. Il y a plein d'objets du quotidien, des traces d'une vie soudain suspendue. Et pourtant avant cette glaciation d&#233;cid&#233;e par arr&#234;t&#233; municipal, les lumi&#232;res faisaient de ce lieu une sorte de foisonnement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier &#233;tage, une femme originaire du Cap-Vert vivait seule avec son fils handicap&#233;. Mais il y avait toujours du monde chez elle. Maria me h&#233;lait pour l'aider &#224; remplir des papiers auxquels elle ne comprenait rien. En &#233;change, elle m'offrait un verre de ce rhum arrang&#233; qui me fracassait la t&#234;te d&#232;s dix heures du matin. Elle m'invitait souvent &#224; des f&#234;tes o&#249; je me retrouvais le seul Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face de chez elle, une succession de locataires a d&#233;fil&#233;. Il y eut d'abord cette famille mouride, une confr&#233;rie musulmane du S&#233;n&#233;gal, tr&#232;s ax&#233;e sur le commerce et qui ach&#232;te &#224; vil prix des gadgets en Italie, qu'elle revend &#224; la sauvette. Et puis, venues du Portugal, des ni&#232;ces de Maria prirent leur place, jusqu'&#224; cette famille qui donna au lieu des allures de bonbonni&#232;re. Elle n'&#233;chappa pas &#224; l'expulsion ni au marteau piqueur, qui martyrisera la d&#233;coration joyeuse qui faisait &#233;clater les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marchands de pain et de sommeil&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au deuxi&#232;me &#233;tage, les familles qui se sont succ&#233;d&#233; &#233;taient toutes originaires du Maghreb. Le moment du ramadan &#233;tait une f&#234;te. En &#233;change de quelques services, d'&#233;changes et d'informations, la porte &#233;tait toujours ouverte et la table garnie. Dora, une petite fille aux yeux p&#233;tillants, ses deux fr&#232;res et sa maman furent les derniers occupants de cet appartement dont le propri&#233;taire poss&#233;dait des dizaines de taudis dans le quartier. Le boulanger ! Outre le fait que son pain est infect, il m&#232;ne son personnel &#224; la baguette (d&#233;formation professionnelle ?). Surtout, il devient facilement mena&#231;ant quand ses locataires rechignent &#224; payer leur loyer &#8211; &lt;i&gt;sous pr&#233;texte&lt;/i&gt; d'une fuite d'eau, d'un plancher qui s'effondre, d'un plafond dont les plaques de pl&#226;tre viennent s'&#233;craser sur le mobilier, de moisissures sur les murs ou encore du saturnisme dont souffre le petit dernier, en raison des peintures au plomb jamais remplac&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le palier d'en face, une famille de trois g&#233;n&#233;rations, compos&#233;e de six personnes, occupait un espace minuscule. Le p&#232;re quittait le domicile t&#244;t le matin. Je ne le rencontrais qu'occasionnellement, mais depuis l'effondrement du 5 novembre, il &#233;tait inquiet. &#171; &lt;i&gt;S'ils ne font rien, nous subirons bient&#244;t le m&#234;me sort. Je travaille dans le b&#226;timent et je ne suis pas tranquille dans cet immeuble. &lt;/i&gt; &#187; D&#233;sormais un immense poste de t&#233;l&#233;vision tr&#244;ne esseul&#233; dans ce qui fut &#224; la fois le salon, la salle &#224; manger et une chambre am&#233;nag&#233;e. Quelques sacs &#233;normes reposent &#224; m&#234;me le plancher : ce qu'on n'a pas pu r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me &#233;tage, Setti &#233;tait l'historique de l'immeuble. Elle habitait ici depuis plus d'un quart de si&#232;cle. Elle a vu les locataires se succ&#233;der, les fuites d'eau lui pourrir la vie, l'habitat se d&#233;grader... Volontaire, elle n'a jamais cess&#233; de r&#233;clamer ses droits aupr&#232;s des autorit&#233;s, rest&#233;es sourdes malgr&#233; ses nombreuses relances. Lorsqu'elle s'absentait pour l'Alg&#233;rie, je lui rendais de menus services. &#192; son retour, elle me faisait toujours des cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'appartement de l'autre c&#244;t&#233; de mon palier, il y eut toujours une sorte de myst&#232;re. Il appartenait au pizzaiolo officiant au rez-de-chauss&#233;e. Si le pain du boulanger &#233;tait particuli&#232;rement mauvais, les pizzas de son voisin lui faisaient concurrence. La p&#226;te &#233;tait molle et la garniture sortait d'&#233;normes bo&#238;tes de conserve peu rago&#251;tantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a jamais vraiment eu de locataire fixe. Plut&#244;t un d&#233;fil&#233; d'hommes c&#233;libataires, souvent jeunes, qui n'occupaient les lieux que quelques nuits. Il en fut ainsi d'un colosse blond que je pris pour un travailleur d&#233;tach&#233; venu des pays de l'Est. On se saluait sans autre forme de politesse. Un soir un &#233;norme vacarme se produisit. L'homme martelait la porte de grands coups de pieds. Le mur de la cage d'escalier tremblait. La porte ne c&#233;da pas, mais son chambranle vola en &#233;clat. Les briques et le pl&#226;tre form&#232;rent un trou b&#233;ant. Le g&#233;ant p&#233;n&#233;tra dans ce qui fut un moment son refuge. &#171; &lt;i&gt;Ce salaud m'a confisqu&#233; la cl&#233; et j'ai toutes mes affaires &#224; l'int&#233;rieur ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne revis jamais cet homme, pas plus qu'aucun autre locataire. Mais &#224; partir de cet incident, le pizzaiolo entreprit des travaux qui fragilis&#232;rent un peu plus &#224; la fois mon appartement &#8211; mitoyen &#8211; et celui de Setti, situ&#233; juste en dessous.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;g&#226;ts &#224; tous les &#233;tages&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me et dernier &#233;tage est sans doute celui qui fourmille le plus d'anecdotes. Au moment de mon installation, il &#233;tait occup&#233; par une famille comorienne. Le p&#232;re travaillait dans la cuisine d'un restaurant touristique du Vieux-Port. Ses conditions de travail &#233;taient indignes, ses heures &#233;lastiques et son salaire d&#233;risoire. La m&#232;re restait souvent seule &#224; la maison pour s'occuper des quatre enfants en bas &#226;ge. Seul l'a&#238;n&#233;, Issac, &#233;tait scolaris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un midi, je croisai Issac qui pleurait dans les escaliers. Sa maman avait oubli&#233; d'aller le chercher &#224; l'&#233;cole. Petit bout d'&#224; peine plus de six ans, il ne savait pas quoi faire ni o&#249; aller alors que l'&#233;cole ne reprenait qu'&#224; 13 h 30. Issac, mon fils L&#233;o et moi avons partag&#233; le repas. Les larmes avaient s&#233;ch&#233; et une grande complicit&#233; &#233;tait n&#233;e entre nous. C'est donc avec une sorte de d&#233;chirement que j'assistai &#224; leur d&#233;m&#233;nagement dans un appartement plus grand &#224; un saut de puce de l&#224;, rue du Mus&#233;e. On se revoit de loin en loin. Issac est devenu un grand jeune homme au sourire toujours charmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une famille s&#233;n&#233;galaise s'installa &#224; leur place. Il n'y avait pas de p&#232;re. Juste une femme et ses deux filles. Je croisais souvent cette voisine pour remplir des constats &#8211; les inondations du plafond de ma cuisine se faisant r&#233;currentes au point que mon assurance se lassa de devoir payer les d&#233;g&#226;ts des eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles partirent &#224; la fin de 2016, rapidement remplac&#233;es par une autre famille venue d'Alg&#233;rie. En janvier 2017, j'entendis les cris de la m&#232;re au-dessus de ma t&#234;te. Son fils, autiste, venait de traverser le plancher de la cuisine. On appela les pompiers qui assur&#232;rent le relogement de la famille, le temps que le propri&#233;taire fasse les r&#233;parations. Ce fut le d&#233;but de notre longue descente aux enfers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 mai 2018, un premier arr&#234;t&#233; constatant l'insalubrit&#233; de l'immeuble fut pris par la mairie, mettant en demeure le syndic de proc&#233;der &#224; des travaux dans les parties communes dans un d&#233;lai de deux mois. Il resta sans r&#233;ponse jusqu'au drame de la rue d'Aubagne, le 5 novembre. On assista alors au d&#233;fil&#233; des sp&#233;cialistes, et m&#234;me du syndic sur lequel on put enfin mettre un visage. Le 27 d&#233;cembre, un message des pompiers m'intimait l'ordre d'ouvrir mon logement. En voyage, loin de Marseille, je ne r&#233;pondis pas &#224; cette injonction... Ce fut le dernier message avant notre &#233;vacuation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dominique Carpentier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La police tue, la justice tra&#238;ne : Zineb Redouane, notre d(r)ame&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, jour de manifestation contre le logement indigne &#224; Marseille, Zineb Redouane s'est &#233;teinte le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l'ind&#233;cent d&#233;ni politique autour des causes de sa mort.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Marseille-la-mairie-s-effondre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Urbanisme et catastrophe : &#224; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le m&#233;pris. &#192; l'effroi a succ&#233;d&#233; la col&#232;re. Et un constat qui se propage : l'injustice n'a que trop dur&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vent-de-panique-effet-d-aubaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vent de panique, effet d'aubaine&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Et si la catastrophe de Noailles permettait &#224; la mairie de Marseille de r&#233;aliser enfin la gentrification massive dont elle r&#234;ve ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;but avril 2019, plus de 2 400 personnes avaient ainsi &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es &#224; la va-vite depuis le 5 novembre 2018. Leur prise en charge s'est ensuite souvent r&#233;v&#233;l&#233;e d&#233;faillante [&lt;i&gt;NDLR&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#171; canulars &#187; d'Ulcan</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;Rencontre avec Pierre Stambul, victime d'une d&#233;nonciation calomnieuse du hacker Gr&#233;gory Chelli, alias Ulcan, et de l'intervention du Raid &#224; son domicile. Dans la nuit du 8 au 9 juin 2015, Pierre, pris de remords apr&#232;s le succ&#232;s de la campagne Boycott-D&#233;sinvestissement-Sanctions (BDS), aurait tu&#233; sa compagne et appel&#233; la police&#8230; &#171; Allo, c'est Gr&#233;gory Chelli. J'attends des excuses publiques dans le m&#234;me nombre de m&#233;dias o&#249; vous &#234;tes partis chouiner comme une petite salope, je vais m'occuper (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no134-juillet-aout-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;134 (juillet-ao&#251;t 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephane-Hessel" rel="tag"&gt;St&#233;phane Hessel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Pierre Stambul, victime d'une d&#233;nonciation calomnieuse du hacker Gr&#233;gory Chelli, alias Ulcan, et de l'intervention du Raid &#224; son domicile. Dans la nuit du 8 au 9 juin 2015, Pierre, pris de remords apr&#232;s le succ&#232;s de la campagne Boycott-D&#233;sinvestissement-Sanctions (BDS), aurait tu&#233; sa compagne et appel&#233; la police&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH498/-422-b8e92.jpg?1782649245' width='400' height='498' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Allo, c'est Gr&#233;gory Chelli. J'attends des excuses publiques dans le m&#234;me nombre de m&#233;dias o&#249; vous &#234;tes partis chouiner comme une petite salope, je vais m'occuper de ta s&#339;ur, elle est amie avec toi donc&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;petite salope de Juif honteux, enfant de putain, je vais te gifler de gauche &#224; droite, fils de porc, tu t'excuses, tu es une putain de kapo, suceur d'Allemands de mes couilles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ces propos fleuris sont arriv&#233;s sur la bo&#238;te vocale du copain marseillais Pierre Stambul, co-pr&#233;sident de l'UJFP (Union juive fran&#231;aise pour la Paix), une association militant pour la paix en Palestine, &#224; laquelle avait adh&#233;r&#233; St&#233;phane Hessel. Dans ce message t&#233;l&#233;phonique o&#249; l'on sent l'exaltation mal contr&#244;l&#233;e aller crescendo dans le d&#233;bit du hacker franco-isra&#233;lien, ce dernier nie &#234;tre l'auteur du canular qui a valu &#224; Pierre Stambul la visite du Raid chez lui dans les quartiers sud de Marseille, dans la nuit du 8 au 9&#8200;juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup de fil, indiquant provenir de son propre domicile&#8200;&#8211; la ligne avait &#233;t&#233; pirat&#233;e&#8200;&#8211;, annonce au 17 l'assassinat de sa femme. &#171; &lt;i&gt;Ils ont cass&#233; toutes les portes, terroris&#233; jusqu'&#224; la petite famille tha&#239;landaise et le fils du propri&#233;taire !&lt;/i&gt; &#187; Les Huns ? Que nenni, les autres, &#224; savoir les troupes d'&#233;lite de la police qui n'ont pas v&#233;rifi&#233; leurs informations. A quoi bon ? Depuis Tarnac, on fait ce qu'on veut, non ? Et puis le &#171; i &#187; dans Raid est bien plus marrant que le &#171; r &#187; ou le &#171; a &#187;. &#171; &lt;i&gt;A quatre heures du matin, ils ont vraiment tout pour savoir que c'est bidonn&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne m&#232;ne l'enqu&#234;te depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Stambul boite l&#233;g&#232;rement. Un h&#233;matome recouvre son pied droit. Il me fait &#233;couter le flot d'injures d'Ulcan, apr&#232;s m'avoir montr&#233; la porte d'entr&#233;e d&#233;fonc&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Je suis le seul &#224; avoir connu la violence.&lt;/i&gt; &#187; La police, aimable comme elle sait l'&#234;tre avec la canaille, avait r&#233;torqu&#233; &#224; ses protestations par un &#171; &lt;i&gt;Tais toi ! Ta gueule !&lt;/i&gt; &#187;. Paroles de circonstances, face &#224; quelqu'un qui p&#233;rore en slip face contre terre dans sa cour, &#224; deux heures du matin, une botte de police lourdement appuy&#233;e entre les omoplates. A c&#244;t&#233; le &#171; cadavre &#187;, pourtant manifestement bien vivant, de sa compagne. Les bottes du Raid sont lourdes mais sont justes. Sarah Katz, sa compagne et ex-correspondante de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#224; Gaza, est alors tenue &#224; l'&#233;cart par deux policiers dans sa chambre, &#224; un m&#232;tre au moins. Mais, devant cette grand-m&#232;re, les deux grands m&#233;chants loups &#224; cagoule des Raideurs n'en m&#232;nent pas large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce fut extr&#234;mement violent, les menottes qui serrent, tandis que ma compagne que j'avais donc &#8220;tu&#233;e&#8221; &#233;tait enferm&#233;e avec deux policiers du Raid.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; l'&#233;vidence,&#8200;&#8211;&#8200;une compagne en parfaite sant&#233;&#8200;&#8211; Pierre est alors transf&#233;r&#233; boulevard d'Ha&#239;fa au commissariat du 8e arrondissement de Marseille, o&#249; il va rester encore plusieurs heures. Il s'interroge depuis sur la &#171; bienveillance &#187; du commissariat. Sa compagne, toujours &#171; assassin&#233;e &#187;, sort &#224; cinq heures du matin et alerte leurs amis. Du monde entier, on proteste. D'Isra&#235;l notamment, o&#249;, entre autres, le journaliste Gideon Levy du journal &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt; manifeste son indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai qu'au premier coup d'&#339;il, Pierre Stambul a tout le portrait d'un assassin : il est d'abord le fils d'un des membres du &#171; gang terroriste &#187; de l'Affiche rouge, le fameux groupe Manouchian. Ancien prof de math&#233;matiques, il s'est engag&#233; du c&#244;t&#233; de l'&#201;mancipation, tendance intersyndicale de la FSU appelant &#224; l'av&#232;nement d'une &#233;cole anti-autoritaire. C'est dire le d&#233;fi&#8230; et d&#233;sormais il &#233;met des critiques face &#224; la politique de &#171; l'&#201;tat le plus d&#233;mocratique du monde &#187;&#8230; ce petit pays coinc&#233; entre des r&#233;gimes f&#233;roces d'un Moyen-Orient hostile. &#171; &lt;i&gt;J'aurais &#233;t&#233; le premier Mohammed du coin, j'aurais eu vingt ans, je serais mort&lt;/i&gt; &#187;, estime Pierre Stambul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il revient sur la campagne qu'il m&#232;ne depuis des ann&#233;es avec l'&lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UJFP&lt;/a&gt; pour le boycott des produits venant d'Isra&#235;l. &#171; &lt;i&gt;Isra&#235;l ne supporte plus la campagne BDS qui marche tr&#232;s bien. Des artistes refusent d'aller l&#224;-bas. Nous faisons pression sur la Fifa en ce moment&lt;/i&gt;. &#187; Outre les retomb&#233;es &#233;conomiques, en termes d'image c'est la catastrophe. Qui aurait envie d'aller dans une chambre d'h&#244;te tenue par Ulcan ? L'affaire St&#233;phane Richard, le patron d'Orange, a couronn&#233; tout cela r&#233;cemment. Lors d'un voyage en &#201;gypte, il avait dit vouloir se d&#233;sengager&#8200;&#8211; avant de faire machine arri&#232;re &#8211; de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;phonie Partner, qui avait fourni l'arm&#233;e isra&#233;lienne durant ses op&#233;rations &#171; humanitaires &#187; &#224; Gaza. Fort heureusement, le gouvernement fran&#231;ais avait pr&#233;sent&#233; ses plates excuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, sur son site Web, Violvocal, Gr&#233;gory Chelli se r&#233;pand sur lui-m&#234;me dans un egotrip permanent, rythm&#233; par des &#171; &lt;i&gt;fils de pute&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;esp&#232;ce de salope&lt;/i&gt; &#187; et autres &#171; &lt;i&gt;grosses couilles&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;La m&#234;me man&#339;uvre a march&#233; plusieurs fois&lt;/i&gt; &#187;, commente Pierre Stambul : Pierre Haski du site Rue 89, Daniel Schneidermann du site Arr&#234;ts sur image, ou Denis Sieffert de Politis ont &#233;t&#233; aussi victimes du m&#234;me sc&#233;nario du hacker monomaniaque qui vit &#224; Ashdod en Isra&#235;l. L'activiste a choisi de nier les faits et d'insulter en r&#233;ponse&#8230; tout en revendiquant avec insistance ce qu'il appelle &#171; &lt;i&gt;ses canulars&lt;/i&gt; &#187;. Derri&#232;re son ordinateur et apparemment confiant d'un sentiment d'invuln&#233;rabilit&#233;, il s'est donn&#233; une mission : harceler les ennemis du grand Isra&#235;l. Les &#171; &lt;i&gt;ennemis d'Isra&#235;l&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;Juifs honteu&lt;/i&gt;x &#187; pour la plupart, tuent leurs femmes symboliquement, d&#233;cline-t-il dans une obsession morbide. En revanche, Ulcan porte une part de responsabilit&#233; dans la mort bien r&#233;elle du p&#232;re de Beno&#238;t Le Corre, journaliste de Rue 89. En ao&#251;t 2014, il lui avait annonc&#233; la mort de son fils, puis, suite &#224; un appel calomnieux, il avait fait intervenir la police chez le vieil homme. Sous le coup du stress, Thierry Le Corre avait succomb&#233; &#224; un infarctus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu de ses &#233;motions, Pierre Stambul, lui, se demande si l'&#233;tat &#171; &lt;i&gt;n'est pas un peu complice&lt;/i&gt; &#187; ou si &#171; &lt;i&gt;la police n'est pas manipul&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Un cas ant&#233;rieur l'a conduit &#224; cette question angoissante : en octobre 2014, Sihem Souid, ancienne flic qui avait d&#233;nonc&#233; les manquements &#224; l'&#233;thique au sein de la maison poulaga, depuis charg&#233;e de mission aupr&#232;s du minist&#232;re de la Justice, avait &#233;t&#233; victime elle aussi du harc&#232;lement t&#233;l&#233;phonique de Chelli. Elle d&#233;couvrait que le policier en charge de l'enqu&#234;te, Michel Thooris, se r&#233;v&#232;lait &#234;tre un pr&#233;cieux soutien de la Ligue de d&#233;fense juive &#8211; les nervis de l'extr&#234;me droite ultrasioniste tout simplement &#8211; et tout aussi naturellement, le conseiller police de Marine Le Pen. Il avait aussi accompagn&#233; Louis Aliot, num&#233;ro 2 du FN, dont il a &#233;t&#233; candidat dans le Val-d'Oise, lors d'un voyage de s&#233;duction en Isra&#235;l. &#171; &lt;i&gt;Je crois &#234;tre dans un film d'horreur&lt;/i&gt; &#187;, avait confi&#233; alors Sihem Souid au site Arr&#234;ts sur image. Alors, pas &#233;tonnant que Bernard Cazeneuve se sente &#171; merdeux&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sans dissimuler un certain agacement devant une question qui nous semblait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; quand les trois journalistes hack&#233;s&#8200;&#8211;&#8200;Haski, Schneidermann et Sieffert&#8200;&#8211;&#8200;lui demandent, lors d'une rencontre au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur le mardi 23 juin, s'il est normal que Pierre Stambul ait subi un tel traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir longtemps temporis&#233;, les autorit&#233;s semblent commencer &#224; mesurer les capacit&#233;s de nuisances des d&#233;nonciations calomnieuses d'Ulcan &#8211; sans doute apr&#232;s que le patron d'Orange a lui-m&#234;me subi l'acharnement d'Ulcan &#8211; et ont annonc&#233; ouvrir une enqu&#234;te pr&#233;liminaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juin, au sortir de sept heures de garde &#224; vue injustifi&#233;e, Pierre Stambul, toujours d'humeur militante, s'est tout de m&#234;me rendu &#224; Toulouse pour y parler des amalgames entre antis&#233;mitisme et antisionisme. La conf&#233;rence a rassembl&#233; trois cents personnes tandis qu'&#224; l'ext&#233;rieur la Ligue de d&#233;fense juive tentait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de saboter cette r&#233;union&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A &#233;couter sur le &#171; Front du lundi &#187;, Canal Sud.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Isra&#235;l aujourd'hui pour les Palestiniens, c'est un peu comme si l'OAS avait gagn&#233; la guerre d'Alg&#233;rie et c'est un suicide pour les Isra&#233;liens&lt;/i&gt; &#187;, conclut Pierre Stambul.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A lire, sur &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Noel-en-Palestine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;No&#235;l en Palestine&lt;/a&gt; : le reportage de Pierre Stambul pour le Chien rouge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Sans dissimuler un certain agacement devant une question qui nous semblait pourtant naturelle &#187;, article de Daniel Schneidermann sur le site Rue 89/L'Obs, le 23 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A &#233;couter sur le &#171; &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?-Le-front-du-lundi-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Front du lundi&lt;/a&gt; &#187;, Canal Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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