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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Rap et politique, l'idylle impossible</title>
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		<dc:creator>Cerna, Cizif</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cerna et Cizif, ce sont deux rappeurs hors des circuits commerciaux, qui pratiquent leur musique en toute ind&#233;pendance. Cizif est membre du groupe Dialectik Musik et vient de sortir le projet Le Bousier . Cerna a quand &#224; lui sorti son premier album Sur Terre en 2015 . Bref, des passionn&#233;s qui interrogent ici le rapport entre leur pratique et la sph&#232;re politique radicale. *** Cizif : &#171; Le rap, c'est d'la merde, le rap, c'est ma vie... &#187; &#171; &#199;a fait des lustres que je n'ai pas &#233;crit autre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cizif-3848" rel="tag"&gt;Cizif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rap-n-en" rel="tag"&gt;rap n'en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH257/-1222-afc2b.jpg?1782961978' width='500' height='257' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Absolute Negative
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;erna et Cizif, ce sont deux rappeurs hors des circuits commerciaux, qui pratiquent leur musique en toute ind&#233;pendance. Cizif est membre du groupe Dialectik Musik et vient de sortir le projet Le Bousier &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Album disponible, ainsi que toute sa discographie sur Mix-down.net.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cerna a quand &#224; lui sorti son premier album &lt;i&gt;Sur Terre&lt;/i&gt; en 2015 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut guetter ses clips NRBC et Sans rem&#232;de sur YouTube.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Bref, des passionn&#233;s qui interrogent ici le rapport entre leur pratique et la sph&#232;re politique radicale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cizif : &#171; Le rap, c'est d'la merde, le rap, c'est ma vie... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;&#171; &#199;&lt;/petitelettrine&gt;a fait des lustres que je n'ai pas &#233;crit autre chose que des textes de rap. J'ai arr&#234;t&#233; de r&#233;diger des textes politiques au moment o&#249; j'ai d&#233;finitivement d&#233;sesp&#233;r&#233; de l'action militante, aussi radicale soit-elle. Cependant je n'attends plus rien du rap, lequel a &#233;t&#233; dig&#233;r&#233; par l'industrie de la culture. J'aurais m&#234;me tendance &#224; dire qu'il se situe de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant&lt;/strong&gt;, le rap est au centre de ma vie depuis bient&#244;t vingt ans, notamment pour ce qu'il contient de &#8220;subversif&#8221;. Parce qu'il m'a rendu possible une forme d'expression politique qui me &lt;i&gt;touche&lt;/i&gt;. En m&#234;me temps il correspond aussi &#224; ma frustration de ne pas savoir comment changer les choses. Il comble le vide, il est ersatz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ado&lt;/strong&gt;, je pensais qu'on pouvait agir sur le monde dans une perspective r&#233;volutionnaire en faisant du rap. En bon puriste je voulais combattre sa commercialisation et revenir &#224; ses &#8220;vrais valeurs&#8221; hip-hop &#8211; selon le fameux &#171; &lt;i&gt;keep it real&lt;/i&gt; &#187;. Le &#8220;vrai&#8221; rap ne correspondait en r&#233;alit&#233; qu'&#224; ce que j'y projetais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rap est n&#233; mort-vivant&lt;/strong&gt;. D&#232;s le d&#233;part intrins&#232;quement commercialisable, il a toujours servi de soupape et transmis des normes compatibles avec la soci&#233;t&#233; marchande &#8211; &#224; travers l'approche festive et le culte de la comp&#233;tition notamment &#8211; tout en d&#233;gageant des espaces de vie s'articulant dans une certaine opposition &#224; la culture dominante. Le rap pose la question de la contre-culture, qui intervient l&#224; o&#249; la perspective r&#233;volutionnaire se dissout. Elle est simultan&#233;ment le lieu o&#249; r&#233;siste ce qui vit encore et la tombe o&#249; gisent les d&#233;pouilles des mouvements de lutte d&#233;funts. Pour moi, c'est le sensible qui constitue l'aspect subversif du rap, bien plus que le degr&#233; de radicalit&#233; de ses discours. Ce n'est pas juste un genre de musique que l'on pratique, c'est quelque chose qui &lt;i&gt;se vit&lt;/i&gt;. Il y a deux dimensions : l'approche introspective, sorte d'autoth&#233;rapie exutoire, et la cr&#233;ation de communs, d'espaces publics de communication sensible. Sur les deux plans le sujet peut se formuler ainsi : comment trouver du plaisir dans un univers moribond ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rap &lt;/strong&gt; se d&#233;finissant comme r&#233;volutionnaire est, depuis Public Enemy, un ph&#233;nom&#232;ne marginal. Il s'est d'ailleurs r&#233;pandu tardivement dans les milieux radicaux. Quand on a commenc&#233; &#224; faire des concerts dans les squats, on &#233;tait souvent les seuls. Maintenant il y a en France un v&#233;ritable milieu rap militant, sorte de pendant radicalis&#233; du rap conscient, dans lequel je ne me reconnais pas. Je pr&#233;f&#232;re un bon morceau de&lt;i&gt; gangsta rap &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-genre du hip-hop ayant &#233;merg&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980 aux &#201;tats-Unis. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#224; un morceau de rap militant pourri. D'abord parce que la description d'un quotidien affreux m'affecte plus que la juxtaposition rim&#233;e de slogans, d'autre part parce que je trouve le rap militant g&#233;n&#233;ralement fade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Dialectik Muzik&lt;/strong&gt;, il nous semblait &#233;vident de faire du rap gratuit. Nous rappons pour le plaisir, pour nous, pour les copains, pour cracher la merde&#8230; Nous avons m&#234;me arr&#234;t&#233; les concerts &#224; une &#233;poque en voyant que la gratuit&#233; ne suffisait pas &#224; emp&#234;cher que notre musique soit &lt;i&gt;consomm&#233;e&lt;/i&gt;. Nous avons recommenc&#233; puis trouv&#233; des complices autour de la plate forme Mix-Down Production. Une dynamique commune s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; travers des &lt;i&gt;mix-tapes&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;open-mics&lt;/i&gt;, des concerts et autres&lt;i&gt; freestyles&lt;/i&gt;. Nous partageons l'amour d'un rap qui vient des tripes et la haine d'un monde qui nous d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'oscille toujours&lt;/strong&gt; entre le m&#233;pris pour mon r&#244;le de rappeur et le besoin de m'accrocher &#224; ce vieux fusil us&#233; que je me tend &#224; moi-m&#234;me et qui me permet de ne pas couler... Parce qu'il me fait du bien. Le rap est un fruit pourri des &#233;checs r&#233;volutionnaires, un repli sur la contre-culture qui s'est tr&#232;s bien int&#233;gr&#233; &#224; la culture dominante. Il y en a pour tous les go&#251;ts, comme sur Netflix, jusqu'&#224; la marchandise pour les petits rebelles. Le rap ne change rien &lt;i&gt;&#224; la&lt;/i&gt; merditude, mais en m&#234;me temps qu'il la renforce, il offre aussi &#224; d'innombrables personnes un exutoire, un semblant de sens. Ce n'est pas rien &lt;i&gt;dans &lt;/i&gt;la merditude&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cerna : &#171; Toujours &#231;a de pris pour cette voix qu'on n'aurait jamais d&#251; entendre &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;&#171; J&lt;/petitelettrine&gt;'ai beau faire du rap &#233;tiquet&#233; &#8220;conscient&#8221;, je n'en ai jamais attendu grand-chose au niveau politique. Ni en tant qu'auditeur ni en tant que rappeur, je n'ai jamais cru qu'on puisse changer le monde avec de la musique. Encore moins qu'une musique &#8220;alternative&#8221; puisse exister hors le monde, et tout ce qui va avec en termes de domination, marchandisation, idol&#226;trie&#8230; &#192; vrai dire, je n'aime pas le concept d'avant-garde. Les proph&#232;tes et les grands gourous, on en a soup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma rencontre&lt;/strong&gt; avec le hip-hop date de bien avant mes premiers engagements politiques, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; le quartier o&#249; j'ai grandi, St-Blaise (Paris, 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;). Nos textes n'&#233;taient pas moins contestataires que la bande-son de l'&#233;poque, mais notre r&#233;volution &#224; nous &#233;tait avant tout musicale et po&#233;tique. Pour moi, la politisation s'est jou&#233;e apr&#232;s, et dans d'autres espaces (contre-sommets, squats&#8230;), des milieux alors herm&#233;tiques &#224; mon courant musical. Cette indiff&#233;rence, je m'en accommodais tr&#232;s bien : ne pas investir mon rapport au rap de trop de consid&#233;ration politique, c'&#233;tait une fa&#231;on de tenir mon kif &#224; l'abri des jugements d&#233;finitifs que j'entendais dans les milieux politis&#233;s. C'&#233;tait aussi un bras d'honneur &#224; cette injonction qui nous &#233;tait faite partout de r&#233;pondre aux crit&#232;res et exigences des non-initi&#233;s pour se voir accorder un tant soit peu de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt;, pas mal de choses ont chang&#233; dans la fa&#231;on dont s'entrem&#234;lent rap et politique dans ma vie. Apr&#232;s les &#233;meutes de 2005, les questions politiques et sociales li&#233;es aux quartiers populaires se sont petit &#224; petit impos&#233;es &#224; l'ordre du jour, port&#233;es en partie par une g&#233;n&#233;ration qui a grandi avec le rap pour bande-son. Au d&#233;but, on en blaguait en mode &#8220;le milieu fait les yeux doux au rap pour s'acheter une street-cr&#233;dibilit&#233;&#8221;, mais j'ai vite pig&#233; que c'&#233;tait du s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les plan&#232;tes&lt;/strong&gt; s'alignaient enfin. Ces espaces o&#249; nous tenions nos assembl&#233;es pouvaient aussi accueillir ateliers d'&#233;criture, &lt;i&gt;open-mics &lt;/i&gt;et concerts ! Sans &#231;a, je crois que j'aurais arr&#234;t&#233; la musique depuis longtemps. J'ai rencontr&#233; des complices et un auditoire, ce qui m'a donn&#233; une finalit&#233; et plus d'exigence, dans un cadre pas (trop) oppressif, pas (trop) spectaculaire, pas marchand du tout et en soutien &#224; de justes causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &lt;i&gt;blocks parties&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire page III de ce dossier, &#171; Premiers brasiers &#187;, CQFD n&#176;176, mai 2019.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; originelles &#224; nos&lt;i&gt; open-mics&lt;/i&gt; sans fin, une certaine histoire se boucle peut-&#234;tre. Bien que devenu une culture mondiale et un &#233;norme march&#233;, le rap n'en reste pas moins une musique de pirates, avec ses instrumentaux qui agglom&#232;rent des boucles musicales pill&#233;es un peu partout, et sa culture&lt;i&gt; do it yourself&lt;/i&gt;. Pour rapper, il ne faut qu'une voix et une instru, et pour &#233;crire un stylo et du papier. Ni solf&#232;ge ni instrument : difficile d'imaginer une pratique musicale plus partageable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni plus solitaire&lt;/strong&gt;. Un texte de rap s'&#233;crit et s'interpr&#232;te seul, &#224; la premi&#232;re personne la plupart du temps &#8211; &lt;i&gt;dans son d&#233;lire&lt;/i&gt;. On se met plus volontiers &#224; nu quand on est face &#224; soi. Le moment de gr&#226;ce, c'est quand cette subjectivit&#233; rencontre son public. Rapper, &#231;a n'est jamais que tenter de fabriquer du commun &#224; partir de nos solitudes et s&#233;parations et du beau avec nos stigmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est en jeu&lt;/strong&gt;, c'est &#224; la fois le&lt;i&gt; je&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt;concerne et l'alt&#233;rit&#233; qui &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; convoque. Qui parle fort et exige r&#233;paration. Qui en arrache d&#233;j&#224; une, symbolique, en obtenant la parole et l'&#233;coute de l'assembl&#233;e. Toujours &#231;a de pris pour cette voix qu'on n'aurait jamais d&#251; entendre. Quelques complicit&#233;s se tissent, quelques lignes s'ajoutent &#224; notre liste de griefs contre ce monde et quelques poings se l&#232;vent. Le micro tourne, l'&lt;i&gt;open-mic&lt;/i&gt; est mondial. Le rap n'en finit pas d'&#234;tre renouvel&#233; de fond en comble par ses marges, innombrables. Je ne sais pas si c'est politique, mais c'est bouleversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si la grande erreur&lt;/strong&gt; des rappeurs conscients &#233;tait d'avoir voulu mettre la po&#233;sie au service de la r&#233;volution quand il fallait mettre la r&#233;volution au service de la po&#233;sie ?&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hommage, plagiat ou d&#233;tournement d'un certain Guy Debord, je vous laisse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Album disponible, ainsi que toute sa discographie sur &lt;a href=&#034;http://mix-down.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mix-down.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut guetter ses clips &lt;a href=&#034;https://youtu.be/oKaPXklJuog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;NRBC&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/BB2bRAXmarc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sans rem&#232;de&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-genre du hip-hop ayant &#233;merg&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980 aux &#201;tats-Unis. Il fut notamment v&#233;hicul&#233; par des artistes comme Dr. Dre, Tupac et Snoop Dogg, avec des clips souvent remplis d'argent, d'armes et de femmes-objets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire page III de ce dossier, &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-premiers-brasiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Premiers brasiers&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; n&#176;176, mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hommage, plagiat ou d&#233;tournement d'un certain Guy Debord, je vous laisse seul.e.s juges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rap : premiers brasiers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rap-premiers-brasiers</link>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Julien Lo&#239;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>hip-hop</dc:subject>
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		<dc:subject>Herc</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Poids lourd de l'industrie musicale, le rap est capable de mobiliser la Tour Eiffel pour un clip bling-bling et de faire d&#233;ferler les Unes sur une embrouille minable au duty free d'Orly. Pourtant, bats les couilles l'Himalaya, il fut une p&#233;riode o&#249; le rap s'appelait hip-hop, et o&#249; il concernait une poign&#233;e de passionn&#233;s, de d&#233;fricheurs enrag&#233;s. L'&#226;ge d'or (et de platine). C'est humain, trop humain : on cherche toujours le point de d&#233;part. Le moment o&#249; la routine a accouch&#233; d'un son, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Poids lourd de l'industrie musicale, le rap est capable de mobiliser la Tour Eiffel pour un clip bling-bling et de faire d&#233;ferler les Unes sur une embrouille minable au duty free d'Orly. Pourtant, &lt;i&gt;bats les couilles l'Himalaya&lt;/i&gt;, il fut une p&#233;riode o&#249; le rap s'appelait hip-hop, et o&#249; il concernait une poign&#233;e de passionn&#233;s, de d&#233;fricheurs enrag&#233;s. L'&#226;ge d'or (et de platine).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L481xH400/-1219-f4fcd.jpg?1782641244' width='481' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Lo&#239;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est humain, trop humain : on cherche toujours le point de d&#233;part. Le moment o&#249; la routine a accouch&#233; d'un son, qui deviendra continent. Combien d'opus consacr&#233;s aux premiers pas du blues, du jazz, du rock ou du punk, qui jamais ne s'accordent sur le moment cl&#233; ? Des masses, habit&#233;es d'interrogations lancinantes :&lt;i&gt; Rock around the clock&lt;/i&gt; (1954) de Bill Haley a-t-il vraiment lanc&#233; la com&#232;te rock &amp; roll ? Qu'&#233;cout&#232;rent Mick Jagger et Keith Richards le jour de leur premi&#232;re rencontre ? Si Johnny Rotten ne s'&#233;tait pas teint les cheveux en vert salade avant de rencontrer ses comparses des Sex Pistols, la face du punk en aurait-elle &#233;t&#233; chang&#233;e ? Des questions un peu vaines, tant l'&#233;mergence d'une contre-culture est affaire de t&#226;tonnements, de gesticulations dans l'ombre, d'esprit du temps agitant corps et cerveaux. C'est tout particuli&#232;rement vrai en mati&#232;re de rap, ce qu'illustre parfaitement &lt;i&gt;Can't stop won't stop &lt;/i&gt;(2005 &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en France par Allia en 2006, dans une traduction de H&#233;lo&#239;se Esqui&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;) de Jeff Chang, bible de l'histoire du hip-hop ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tincelles, il y en eut foison, suffisamment pour embraser cent Notre-Dame et leurs poutres vermoulues. Par exemple cette soir&#233;e de 1973 o&#249; DJ Kool Herc se plante derri&#232;re les platines lors d'une f&#234;te de quartier, chez Cindy Campbell &#8211; 1520 Sedwick Avenue, South Bronx, 25 cents l'entr&#233;e &#8211;, et commence &#224; balancer une musique jusqu'ici inconnue, d&#233;form&#233;e, focalis&#233;e sur les breaks, sautant d'une platine &#224; l'autre comme un forcen&#233; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Herc se concentra sur la vibration fondamentale de la boucle au milieu du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ou bien les &#233;meutes new-yorkaises cons&#233;cutives au black-out de 1973, quand la ville perdait la t&#234;te en pleine fournaise, priv&#233;e d'&#233;lectricit&#233; et que les kids vandales galopaient les bras charg&#233;s de mat&#233;riel hi-fi et de platines, pr&#233;lude &#224; mille crews vocif&#233;rants. On peut aussi prendre du champ, englober l'ensemble, et alors ce sont les racines blues ou jama&#239;caines qui ressortent, les premi&#232;res via le &lt;i&gt;holler&lt;/i&gt;, cet appel-contre-appel balanc&#233; dans les champs de coton, presque&lt;i&gt; rapp&#233; &lt;/i&gt; ; les secondes pour la culture reggae du sound-system, ce concours de qui-a-la-plus-grosse-enceinte-et-fera-vibrer-la-ville. Ouaip, les pistes de d&#233;part ne manquent pas. On s'y perdrait presque.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beats qui tuent &amp; m&#233;tissage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que rappelle &lt;i&gt;Can't stop won't stop&lt;/i&gt;, c'est que le fil originel n'a pas beaucoup d'importance. Un truc de puristes qui coupent les cheveux en quatre. Au vrai, la naissance du hip-hop, c'est avant tout un ph&#233;nom&#232;ne social, une d&#233;tonation dans la triste apathie du ghetto et de sa violence syst&#233;mique. Une g&#233;n&#233;ration arrive qui rompt avec les codes des gangs &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans la nouvelle hi&#233;rarchie du cool du Bronx, l'homme aux disques avait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et cherche un &#233;chappatoire, un truc qui lui appartienne vraiment, pas la bouillie disco qu'on lui matraque ou la brute m&#233;lodie des flingues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les fondateurs du genre en tricotent les premiers atours au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le c&#339;ur du hip-hop est concentr&#233; sur une zone g&#233;ographique minuscule, le South Bronx, au nord de Manhattan. Il y a DJ Kool Herc, donc, gaillard aux allures d'Hercule, maestro de la platine. Pour rival, Afrika Bambaataa, le charisme &lt;i&gt;bad boy&lt;/i&gt; fait homme, &#171; &lt;i&gt;roi-guerrier d'une tribu massive en pleine expansion&lt;/i&gt; &#187;. Et puis, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, il y a Grandmaster Flash, virtuose technique, capable de scratcher avec ses orteils, qui secouera le Bronx avec &lt;i&gt;The message&lt;/i&gt; (1982), jalon originel du rap engag&#233;, au refrain sans appel : &#171; &lt;i&gt;Don't push me 'cuz I'm close to the edge.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Me pousse pas parce que je suis au bord du pr&#233;cipice. &#187;&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit monde s'affronte dans des &lt;i&gt;block parties&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement, &#171; f&#234;tes de quartier &#187;.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#233;piques, souvent en plein air, o&#249; le roi se nomme DJ, la pr&#233;&#233;minence du MC (au micro) s'imposant plus tardivement. Des crews les suivent, qui compl&#232;tent l'attirail hip-hop &#224; base de breakdance et de graff, dessinant les contours d'une culture plurielle, faisant feu de tous bois. Ou comment faire fi de l'exclusion sociale en forgeant un nouveau langage de toute pi&#232;ce : &#171; &lt;i&gt;Donnez-leur l'apocalypse et ils se mettent &#224; danser&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Jeff Chang.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au bord du pr&#233;cipice &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les trois pr&#233;curseurs cit&#233;s &#8211; Bambaataa, Herc, Flash &#8211; ont largement pes&#233; dans le game, pos&#233; des bases historiques, ils n'avan&#231;aient pas seuls. Des cohortes de m&#244;mes les portaient, eux-aussi enfants d'un contexte social brutal. Le Bronx d'alors, c'est l'enfer pur et simple, livr&#233; &#224; une mafia de promoteurs immobiliers qui fait place nette en cramant les immeubles avec l'aval de la mairie. Dans ce champ de ruines, les gangs font la loi &#8211; Black Spades, Savage Skulls et cie &#8211; tandis que taux de ch&#244;mage et de criminalit&#233; tutoient les cimes. Alors forc&#233;ment, quand s'invente le hip-hop, et sa galaxie de pratiques, les m&#244;mes se jettent dessus comme des meurt-de-faim. C'est l'ultime &#233;chapp&#233;e, celle qui ne d&#233;samorce pas forc&#233;ment la violence mais permet un temps de la mettre de c&#244;t&#233;. Ancien membre des Black Spades, Afrika Bambaataa, cherche ainsi &#224; f&#233;d&#233;rer autrement avec sa Zulu Nation : &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas un gang. Nous sommes une famille. Ne cherchez pas les emmerdes. Laissez les emmerdes venir &#224; vous, et l&#224; battez-vous comme des beaux diables.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un temps, le hip-hop est rest&#233; cantonn&#233; &#224; cette minuscule zone g&#233;ographique, planqu&#233;e sous le tapis de la Big Apple : &#171; &lt;i&gt;Au milieu des ann&#233;es 70, la plus grande partie de l'&#233;nergie juv&#233;nile qui s'est fait conna&#238;tre sous le nom de hip-hop &#233;tait concentr&#233;e dans un minuscule cercle de 11,5 km de diam&#232;tre.&lt;/i&gt; &#187; Tout se fait dans la rue, dans les&lt;i&gt; block parties &lt;/i&gt;sans fin, dans les couloirs du m&#233;tro &#8211; avec cette ligne 5 devenue &#171; &lt;i&gt;un Moma&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Museum of Modern Art.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt;sur roues&lt;/i&gt; &#187;. Temps de la na&#239;vet&#233;, de la cr&#233;ativit&#233; qui ne pense m&#234;me pas la possibilit&#233; du business. &#171; &lt;i&gt;Pour moi, il n'&#233;tait pas concevable qu'il existe un jour des disques de hip-hop&lt;/i&gt; &#187;, dit Chuck D., l'un des fondateurs de Public Enemy. Viennent ensuite les premiers disques. &lt;i&gt;Rapper Delight&lt;/i&gt; du Sugar Hill Gang (1979), &lt;i&gt;Planet Rock&lt;/i&gt; d'Afrika Bambaataa&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le disque qui a lanc&#233; l'id&#233;e que ce n'&#233;tait pas seulement un ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; (1982), etc. Des hits absolus, qui enclenchent la course aux studios : &#171; &lt;i&gt;Au cours des quinze ann&#233;es suivantes, le hip-hop quitta les parcs, les maisons de quartier et les clubs pour entrer en laboratoire.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le hip-hop fut raffin&#233; comme du sucre. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;La tension entre la culture et le commerce allait devenir l'une des intrigues principales de l'histoire de la g&#233;n&#233;ration hip-hop.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite est connue, entre g&#233;nie explosif (Wu Tang Clan, Public Enemy), exportation vers la West Coast (&lt;i&gt;wesh&lt;/i&gt; Tupac), mercantilisation &#224; outrance, triomphe des dealers de gangsta rap (Snoop Doggy Dog, Dr. Dre et la galaxie Death Row du d&#233;moniaque Suge Knight), internationalisation, MTVisation, matraquage plan&#233;taire... Reste ce moment s&#233;minal o&#249; ce qui allait devenir un monstre &#224; mille t&#234;tes s'&#233;talonne lentement sur un quartier timbre-poste, &#224; coups d'inventions, de voltiges sur la t&#234;te, de poursuites dans le m&#233;tro apr&#232;s un graff, de fraternit&#233;s, d'envol&#233;es du MC au micro. En intro du bouquin, Kool Herc r&#233;sume tout cela en toute simplicit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ce qui compte &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;ce n'est pas la frime et les cha&#238;nes en or. Ce n'est pas la puissance de feu de ton flingue. [&#8230;] Ce qui compte c'est toi et moi &#233;tablissant un rapport d'homme &#224; homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;M.A.R.S, histoires et l&#233;gendes du rap marseillais &lt;/i&gt;(Wildproject, 2013), Julien Valnet dessine les contours de la sc&#232;ne rap marseillaise, et notamment ses d&#233;buts tonitruants, sous l'&#233;gide d'IAM, de la Fonky Family, du Massilia Sound System et d'autres plus oubli&#233;s. Il en ressort la m&#234;me impression : avant que tout cela ne devienne une machine folle lanc&#233;e vers les sommets des hit-parades, le hip-hop &#233;tait un bricolage collectif, chacun apportant sa brique &#224; l'&#233;difice, dans un joyeux bordel faisant la nique &#224; la rel&#233;gation sociale. Rien de tout ceci n'est mort, surtout la cr&#233;ativit&#233;. Mais l'&#226;ge de l'innocence semble &#224; bien des &#233;gards plus que lointain. Mort et enterr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; en France par Allia en 2006, dans une traduction de H&#233;lo&#239;se Esqui&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Herc se concentra sur la vibration fondamentale de la boucle au milieu du disque, le break [&#8230;]. Une fois qu'ils ont entendu &#231;a, c'&#233;tait pli&#233;, [&#8230;] ils voulaient constamment entendre break sur break. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Dans la nouvelle hi&#233;rarchie du cool du Bronx, l'homme aux disques avait remplac&#233; l'homme aux couleurs des gangs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Me pousse pas parce que je suis au bord du pr&#233;cipice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement, &#171; f&#234;tes de quartier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Museum of Modern Art.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le disque qui a lanc&#233; l'id&#233;e que ce n'&#233;tait pas seulement un ph&#233;nom&#232;ne urbain, mais un truc grand ouvert &#224; la diversit&#233; [&#8230;]. C'est l&#224; que le hip-hop a pris sa dimension mondiale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rap : ma nuit avec You Tube</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rap-ma-nuit-avec-You-Tube</link>
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		<dc:date>2019-08-03T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu K.</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mano&#239;&#239;&#239;&#239;</dc:subject>
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		<dc:subject>rap</dc:subject>
		<dc:subject>rap fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>Booba</dc:subject>
		<dc:subject>rappeurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La petite est couch&#233;e et le soleil s'enfonce doucement &#224; l'horizon, comme une grande cuill&#232;re en bois dans un aligot m&#339;lleux. Nous sommes en Aveyron. Tenant Babylone en respect, nich&#233;.es &#224; quelques un.es dans une de ces fermes o&#249; l'on essaie de vivre (diff&#233;remment). Ce soir c'est repos : un peu de weed, une tisane et YouTube. Je range mon corps sur le porte-manteau et convoque mon cerveau pour un entretien en t&#234;te-&#224;-t&#234;te : c'est (re)parti pour une &#171; soir&#233;e rap fran&#231;ais &#187; sur l'Internet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rap-francais" rel="tag"&gt;rap fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Booba" rel="tag"&gt;Booba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rappeurs" rel="tag"&gt;rappeurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La petite est couch&#233;e et le soleil s'enfonce doucement &#224; l'horizon, comme une grande cuill&#232;re en bois dans un aligot m&#339;lleux. Nous sommes en Aveyron. Tenant Babylone en respect, nich&#233;.es &#224; quelques un.es dans une de ces fermes o&#249; l'on essaie de vivre (diff&#233;remment). Ce soir c'est repos : un peu de&lt;i&gt; weed&lt;/i&gt;, une tisane et YouTube. Je range mon corps sur le porte-manteau et convoque mon cerveau pour un entretien en t&#234;te-&#224;-t&#234;te : c'est (re)parti pour une &#171; soir&#233;e rap fran&#231;ais &#187; sur l'Internet mondial.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-1220-9995c.jpg?1782668559' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mano&#239;&#239;&#239;&#239;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;nspiration. Expiration. Les neurones alanguis, YouTube et ses algorithmes roublards me mettent&lt;i&gt; direct&lt;/i&gt; face &#224; la retentissante v&#233;rit&#233; : PNL a sorti un nouveau clip. Le doigt tremblant, je clique. Le missile est arm&#233;. 3, 2, 1. Touch&#233;. Je prends ma dose de m&#233;galomanie m&#233;lancolique : les mots flottent sur des volutes de fum&#233;e, &#224; la crois&#233;e de la mont&#233;e et de la descente, &#233;gar&#233;s dans une perche sans fin. Le foyer incandescent d'un joint en guise de lampe torche, les deux fr&#232;res de PNL auscultent leur succ&#232;s pr&#233;sent, plomb&#233; par le pass&#233; et ses disques ray&#233;s. Coinc&#233;s entre avant et maintenant, ils implorent le dieu Auto-Tune &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Logiciel qui permet de modifier la voix.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de fixer une bonne fois pour toutes leurs reflets dans le miroir. Et quand je regarde autour de moi, cette grande ferme et cette petite fille, les yeux riv&#233;s sur mon &#233;cran, je fais tout pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rap il est venu puis il est reparti, puis il est revenu. D'abord, ado, il s'est agi de s'opposer aux guitares &lt;i&gt;seventies&lt;/i&gt; du daron et de s'&#233;manciper en se mettant dans la roue de Difool et de sa bande. Puis les guitares ont gagn&#233;, les cheveux longs aussi. Mais le rap n'avait pas dit son dernier mot : alors que lunettes de vue et bedaine s'imposaient comme signes ext&#233;rieurs de la trentaine, il a d&#233;finitivement gagn&#233; la bataille. &#192; chaque fois que la vie exige de moi une mue, j'ai besoin de cette cohorte de MCs &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement Master of Ceremony : d&#233;signe les rappeurs et rappeuses.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; accroch&#233;s &#224; leurs micros comme des marins au m&#226;t dans une temp&#234;te plus forte que pr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cramer les &lt;i&gt;wagos&lt;/i&gt; &#224; Booba&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la colonne de droite, YouTube me propose le dernier single de Booba. Vas-y, envoie Internet, je suis chaud. B2Oba &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prononcer &#171; B, deux O, B, A &#187;.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : ses villas, ses bagnoles et ses &lt;i&gt;punchlines&lt;/i&gt; d&#233;vastatrices. Quand je suis au volant de mon Espace II de 1996, la thune de Booba me fait du bien. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. D'autant qu'elle ne me fait pas r&#234;ver pour autant. En r&#233;alit&#233;, &#171; d&#233;cro&#238;tre &#187; gaiement avec mes petits camarades me va tr&#232;s bien. Mais quand je flippe en ouvrant un courrier de la Caf &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caisse des allocations familiales.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, la casquette de Booba &#8211; qui cache pourtant mal son regard vorace d'entrepreneur capitaliste lambda &#8211; me rend plus fort. N&#233;cessaire contrepoint &#224; une pr&#233;carit&#233; choisie mais parfois pesante, le rap &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt; c'est mon &#233;vacuation du trop-plein de simplicit&#233; volontaire, l'arri&#232;re-salle o&#249; vivre OKLM &lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au calme.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; des versions d&#233;vitalis&#233;es des fantasmes mat&#233;riels les plus absurdes. Pire encore : l'&#233;trange pendant du plaisir &#224; voir ces m&#234;mes symboles de richesses br&#251;ler lors d'un meeting autonome &lt;i&gt;downtown&lt;/i&gt;. Mais n'emp&#234;che : alors que Booba finit son morceau et que moi je le salue en dabbant &lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ex&#233;cuter un dab (mouvement chor&#233;graphique).&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; seul face &#224; mon &#233;cran, je me dis que &#231;a a l'air &lt;i&gt;chanm&#233;&lt;/i&gt; de conduire une grosse bagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rouler un autre. Remettre de l'eau sur la tisane. Et accueillir SCH et son &#171; rap de gangster &#187;. Fascin&#233;, je le regarde me raconter des histoires d'&#233;change de petites coupures sur des parkings mal &#233;clair&#233;s et autres spleens de braqueurs hagards au petit matin. Le deal, les &lt;i&gt;braquos &lt;/i&gt;et l'ill&#233;galit&#233; comme in&#233;vitable rapport au monde, voil&#224; un motif qui irrigue une bonne partie du rap fran&#231;ais actuel. Est-ce r&#233;jouissant ? Pas forc&#233;ment. Et alors ? On ne demande &#224; personne de se justifier au sortir d'une projection du &lt;i&gt;Parrain&lt;/i&gt;. Moi, j'ai besoin de m&#233;chants pour avancer. De grands braqueurs et de petits voleurs. Ceux avec lesquels je ris sous cagoule invisible quand je passe &#224; la caisse de la Biocoop charg&#233; comme une mule. Ceux dont l'imaginaire et les actes d&#233;fient l'&#201;tat, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et le Smic. Tierc&#233; gagnant. Et puis en attendant que le CNC &lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre national du cin&#233;ma et de l'image anim&#233;e.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; et autres tamponneurs d'expression l&#233;gitime consentent &#224; financer des films ambitieux r&#233;alis&#233;s depuis certaines marges de la soci&#233;t&#233;, il fait bon se construire des fictions puissantes en utilisant ce rap de bandit comme un lexique. Des d&#233;cors, des situations, des d&#233;tails quant aux &lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt;, des sensations et surtout : des &#233;motions. De celles qu'on imagine glan&#233;es aupr&#232;s des premiers concern&#233;s, dans une pr&#233;cision quasi documentaire. Ne reste qu'&#224; mettre tout cela en sc&#232;ne dans sa t&#234;te, avec le plaisir immense de voir d&#233;filer un film unique renouvel&#233; &#224; chaque &#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;On dirait que &#231;a te g&#234;ne de marcher dans la boue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui se passe pour que chaque soir, devant mon &#233;cran, je frissonne devant des mecs qui font des roues arri&#232;re en quad alors que par ma fen&#234;tre la cambrousse s'&#233;tend &#224; perte de vue ? De la m&#234;me mani&#232;re que j'ai toujours un peu l'impression de me battre contre le CPE (Contrat premi&#232;re embauche), je crois que je n'ai jamais vraiment oubli&#233; les &#233;meutes de 2005 (et celles depuis). L'impression de r&#233;aliser que le &#171; sujet r&#233;volutionnaire &#187;, c'&#233;tait pas nous, depuis notre classe moyenne ti&#232;de, et qu'&#224; l'inverse le traitement que la France r&#233;servait &#224; ses &#171; quartiers populaires &#187; en disait long sur la clef de vo&#251;te post-coloniale. Je crois que j'avale mes kilos de rap fran&#231;ais quotidien anim&#233; par un m&#233;lange de col&#232;re, de tristesse et d'impuissance concernant ces &#171; quartiers &#187;, enjoints &#224; grand renfort de tonfas &#224; honorer le dieu&lt;i&gt; Charlie&lt;/i&gt; et sa r&#233;publique tout en &#233;tant chaque ann&#233;e un peu plus trahis et m&#233;pris&#233;s par &#171; la gauche &#187; et une la&#239;cit&#233; qui a bon dos. &#192; d&#233;faut de savoir quoi faire de &#231;a, je vibre &#224; distance par la lorgnette de cette &#233;pop&#233;e musicale, qui est un grand et fier majeur dress&#233; face &#224; ceux qui verraient bien les ghettos s'autod&#233;truire. Et un peu &#233;mu, j'y pense devant mon ordi, alors que Sofiane me dit que &#171; &lt;i&gt;Tout l'monde s'en fout&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me pas vrai. Le clip est cool, et &#234;tre un des 81 millions de personnes qui s'en sentent proches en en &#233;tant aussi loin m'interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quoi, je me d&#233;foule &#224; peu de frais en &#233;coutant des gens que je ne c&#244;toie pas me raconter des trucs que je ne vis pas ? N'y a-t-il pas un peu d'appropriation culturelle sous ma planche de surf alors que je &lt;i&gt;ride&lt;/i&gt; l'Internet mondial de clip en clip et de &lt;i&gt;ter-ter en ter-ter&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Territoires, quartiers.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; ? Et puis pourquoi je passe &#224; des bonhommes &lt;i&gt;rebeus&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;renois&lt;/i&gt; certains exc&#232;s violents et autres nivellements par le bas que je n'excuse pas chez Lomepal et Vald quand ils tendent un miroir peu reluisant &#224; ma blanche trentaine de branleur cynique ? Et puis en termes d'imaginaire, une cit&#233; r&#233;duite &#224; Kalashland et 30 millions de pitbulls, pass&#233; le frisson facile d'un ailleurs dangereux, est-ce vraiment une bonne op&#233;ration pour les &#171; quartiers populaires &#187; ? En v&#233;rit&#233;, j'aime le rap fran&#231;ais car il me met dans une situation d'inconfort politique stimulante et fertile. Je me lance &lt;i&gt;Roi des sauvages&lt;/i&gt; de Kalash Criminel pour f&#234;ter &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH355/-1221-49a53.jpg?1782668559' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mano&#239;&#239;&#239;&#239;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il s'est rien pass&#233; depuis La Rumeur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je me fais chier quand j'&#233;coute un certain rap dit &#171; conscient &#187; o&#249; les perles politiques s'enfilent sur un collier un peu ringard, avec dans le d&#233;sordre prison, flics et capital qui ronronnent dans une ambiance ampoul&#233;e, le tout sur des 16 &lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seize lignes de textes correspondant &#224; la taille habituelle d'un couplet.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; pas toujours tr&#232;s cal&#233;s ni novateurs. En r&#233;alit&#233;, on vit une &#233;poque &#233;trange : des musiciens de g&#233;nie produisent des disques majeurs, le rap est l'une des plus grandes industries culturelles au monde mais dans le m&#234;me temps beaucoup ne le reconnaissent plus (ou ne l'ont jamais reconnu). Parce qu'il ne d&#233;nonce pas assez, ou pas comme avant. Parce que le rouleau compresseur &lt;i&gt;trap&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Courant musical venant du sud des &#201;tats-Unis, &#224; la rythmique tr&#232;s lente, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; a tout chang&#233;, et que les vieux jeunes sont perdus. C'est ainsi qu'on d&#233;nie au rap le droit d'&#234;tre simplement une musique. Et non pas l'officielle tribune des quartiers pour se pr&#233;senter comme il faut. Qui plus est, n'attendre que le verbe pour reconna&#238;tre la subversion, c'est passer &#224; c&#244;t&#233; de tout le reste : la d&#233;merde, l'autonomie, le culte du &#171; monter son label &#187;, l'entraide (&lt;i&gt;QLF&lt;/i&gt; !&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que la famille est un morceau du groupe PNL.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;), le nihilisme revanchard, la recherche artistique et l'audace qui caract&#233;risent certains pans du rap fran&#231;ais actuel et le fait qu'il soit encore et toujours un cri de ralliement et un outil d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; &#233;nonc&#233; depuis des zones de rel&#233;gation urbaines... Si on accepte de se d&#233;centrer deux secondes du besoin d'une d&#233;nonciation qui nous brosse dans le sens des pr&#233;con&#231;us de la r&#233;volte, il y a l&#224; un ind&#233;niable c&#244;t&#233; punk. Eh oui : on peut danser (mal), les yeux riv&#233;s sur des rappeurs p&#233;t&#233;s de thune et tatou&#233;s jusque sous le slibard, tout en y mettant une &#233;nergie politique. Il n'y a qu'&#224; voir les banderoles renforc&#233;es qui animent gaiement les cort&#232;ges ces derni&#232;res ann&#233;es. &lt;i&gt;Le monde ou rien&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autre morceau de PNL.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;. Si si.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toutes, sauf ma m&#232;re et ma s&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, il y a une ombre au tableau. De taille. Avec laquelle je gal&#232;re. Entendre mes rappeurs favoris avilir leurs ennemis et plus g&#233;n&#233;ralement les femmes &#224; grand renfort de &#171; cassages de cul &#187; n'est pas vraiment ma tasse de th&#233;. Une industrie d'hommes, taill&#233; pour des hommes par des hommes o&#249; la violence sexiste est massive et in&#233;vitable. Face &#224; tout &#231;a, j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de me positionner, tant minorer l'&#233;cueil aurait fris&#233; la malhonn&#234;tet&#233;. Au vrai, je suis en pleine contradiction quand j'&#233;coute certains de mes rappeurs pr&#233;f&#233;r&#233;s. Et pourtant, &#231;a fait sens malgr&#233; tout. Notamment dans l'espace que &#231;a a ouvert avec mes copines fans de rap, quand il s'est agi de poser des mots sur l'id&#233;e d'un imaginaire sexiste, antichambre du sexisme tout court. &lt;i&gt;Ouep&lt;/i&gt;, je ne suis pas vraiment fier d'&#234;tre un homme et tente quotidiennement de d&#233;construire ce qui doit l'&#234;tre. Or, certains rappeurs me permettent de faire la vidange d'une &#233;nergie masculine toxique qui, m&#234;me si elle n'a pas de place dans le r&#233;el que je tente de changer, ne dispara&#238;t pas pour autant d'un coup de baguette magique. Damso dans la voiture, avec ma fille qui &#233;coute derri&#232;re avec moi, c'est une question en mouvement, un conflit avec quatre roues. Et pour aller plus loin dans l'inconfort : il est des rappeurs &#171; qui font du sale &#187; et qui pourtant ne le font pas gratuitement ou en valorisant simplement la crasse sexiste. Des mecs qui auscultent leurs bassesses avec la pr&#233;cision d'un chirurgien et qui, en creux, m'aident &#224; faire de m&#234;me. Le probl&#232;me est alors que ce soit eux, et leur point de vue d'oppresseur, qui ait massivement acc&#232;s &#224; l'espace de parole en pr&#233;sence. Qu'est-ce qui se vend ? Pourquoi ? Et &#224; qui ? Et force est de constater que le f&#233;minisme ou la lutte contre les violences faites aux femmes n'est ni la priorit&#233; du rap fran&#231;ais ni celle de l'industrie qui le sous-tend. Un peu penaud, je botte en touche quant &#224; mes (d&#233;)go&#251;ts, me r&#233;fugiant derri&#232;re le fait que chaque &#233;poque a ses Gainsbourg. Des connards par moments pertinents, des zones d'ombre bip&#232;des. Sauf que ceux du rap fran&#231;ais, avec leur couleur de peau, sont souvent somm&#233;s d'incarner &#171; toute la violence &#187; faites aux femmes. Des &#171; sauvages &#187; paratonnerres, qui &#233;vitent au joyeux monde de la culture couleur blanc l&#233;gitime l'examen de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 h du mat'. Je me suis perdu. Il commence &#224; y avoir des vid&#233;os d'Alain Soral dans la colonne de droite de YouTube. Au dodo, les algorithmes. Finir sur une bonne note, sur une note simple. Et retrouver les rappeurs avec lesquels je peux mettre le cerveau sur pause, ou bien plut&#244;t l'agiter sans danger. Parce que politiquement, je suis &#224; la maison, sans que les choses tournent en rond pour autant. Parce qu'en termes de sexisme, je suis face &#224; des hommes (et des femmes) qu'ont pas besoin d'&#234;tre des connards pour exister publiquement. Et parce qu'avant toute chose, cette musique et ses r&#233;volutions me font du bien quand elles me font simplement bouger la t&#234;te de mani&#232;re saccad&#233;e au rythme de mots qui transportent &#171; du corps &#187;. Celui des MCs et le mien. Mon d&#233;volu se jettera donc sur Arm. Du rap &#233;l&#233;gant, qu'on ne verra jamais l&#226;cher ses fondements. Des mots qu'on peut tour &#224; tour susurrer &#224; l'oreille d'un amoureux ou d'une amoureuse et gueuler dans l'&#233;meute. Des mots qui donnent foi dans le fait que, quelles que que soient ses m&#233;tamorphoses, le rap reste in&#233;branlable dans sa capacit&#233; &#224; permettre &#224; ceux qui le font et &#224; ceux qui l'&#233;coutent de tenir droit dans leurs godasses. Et c'est d&#233;j&#224; pas mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu K.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Logiciel qui permet de modifier la voix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement &lt;i&gt;Master of Ceremony&lt;/i&gt; : d&#233;signe les rappeurs et rappeuses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Prononcer &#171; B, deux O, B, A &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Caisse des allocations familiales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au calme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ex&#233;cuter un dab (mouvement chor&#233;graphique).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centre national du cin&#233;ma et de l'image anim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Territoires, quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Seize lignes de textes correspondant &#224; la taille habituelle d'un couplet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Courant musical venant du sud des &#201;tats-Unis, &#224; la rythmique tr&#232;s lente, parfois inqui&#233;tante, et aux sonorit&#233;s charleston. Lire aussi p. VII. de ce dossier, &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Du-blues-au-rap-mepris-en-boucle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du blues au rap, m&#233;pris en boucle&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 176, mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Que la famille&lt;/i&gt; est un morceau du groupe PNL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Autre morceau de PNL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire du rap pour &#171; faire monde &#187;</title>
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		<dc:date>2019-07-27T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>port&#233;e politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, aucun courant musical n'a g&#233;n&#233;r&#233; autant d'espoir et de d&#233;ception en mati&#232;re de port&#233;e politique que le rap. Aucun courant musical, en France, n'aura autant d&#233;clench&#233; d'espoir et de d&#233;ception en mati&#232;re de port&#233;e politique. Sans cesse somm&#233;s de prendre position ou de s'exprimer sur une situation, les rappeurs ont &#233;t&#233; compar&#233;s &#224; des leaders, &#224; des penseurs. Des militants, en somme. Cette erreur d'analyse qui veut que le rap soit intrins&#232;quement politique vient sans doute d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/programme" rel="tag"&gt;programme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-aura-autant" rel="tag"&gt;n'aura autant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/autant-declenche" rel="tag"&gt;autant d&#233;clench&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/declenche-d-espoir" rel="tag"&gt;d&#233;clench&#233; d'espoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/programme-politique" rel="tag"&gt;programme politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/portee-politique" rel="tag"&gt;port&#233;e politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, aucun courant musical n'a g&#233;n&#233;r&#233; autant d'espoir et de d&#233;ception en mati&#232;re de port&#233;e politique que le rap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;ucun courant musical, en France, n'aura autant d&#233;clench&#233; d'espoir et de d&#233;ception en mati&#232;re de port&#233;e politique. Sans cesse somm&#233;s de prendre position ou de s'exprimer sur une situation, les rappeurs ont &#233;t&#233; compar&#233;s &#224; des leaders, &#224; des penseurs. Des militants, en somme. Cette erreur d'analyse qui veut que le rap soit intrins&#232;quement politique vient sans doute d'une lecture socio-politique d'un ph&#233;nom&#232;ne culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sujet r&#233;volutionnaire moderne&lt;/strong&gt; vers lequel les regards et les espoirs se tournent &#8211; d&#233;laissant celle de l'ouvrier sp&#233;cialis&#233; &#8211; a peu &#224; peu rev&#234;tu les habits du jeune discrimin&#233;, du nouveau pauvre. En France, celui du descendant d'immigr&#233;. On a ainsi sur-investi la figure du banlieusard, en la pla&#231;ant comme centrale dans le discours politique d'opposition. Avec cette id&#233;e sous-jacente : si eux ne sont pas r&#233;volt&#233;s, comment les Blancs de classe moyenne pourraient-ils l'&#234;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois construite&lt;/strong&gt; cette figure de la r&#233;volte l&#233;gitime, on a propuls&#233; le rappeur &#8211; l'&#233;quivalent du &#171; bon banlieusard &#187; &#8211; dans le r&#244;le de m&#233;diateur. Puisque c'&#233;tait un artiste, au m&#234;me titre qu'un Brel ou un Brassens, il devenait un interlocuteur, un messager. Pour la gauche des ann&#233;es 1980, il fallait r&#233;ussir &#224; lui faire dire ce qu'elle d&#233;sirait tant : la confirmation de la justesse de son programme politique. Mais une fois les cam&#233;ras braqu&#233;es sur les rappeurs, la d&#233;sillusion a &#233;t&#233; &#233;norme. En r&#233;alit&#233;, ils n'avaient pas de programme politique particulier, tandis que leur message s'av&#233;rait parfois banal ou peu inspir&#233; une fois aval&#233; et dig&#233;r&#233; par les m&#233;dias et le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a ici un n&#339;ud logique&lt;/strong&gt; sur lequel bon nombre d'intellectuels ont but&#233; : comment parler de l'aspect politique du rap ? Leur erreur : ils esp&#232;rent en permanence trouver du discours l&#224; o&#249; il n'y a en fait que de la culture. La force de cette musique ne vient pas de sa vis&#233;e, mais de sa r&#233;sonance. Et c'est ce qui a frapp&#233; les g&#233;n&#233;rations successives d'auditeurs ne cherchant pas &#224; discerner &#171; une parole rap &#187;, ou un genre de programme politique &#224; travers des chansons. M&#234;me en se creusant la t&#234;te, pas moyen de faire se r&#233;pondre de mani&#232;re intelligible, sous la forme d'un discours, un texte de Lalcko, une chanson de LIM ou un clip de Koba LaD. Le premier, &#224; l'&#233;criture &#224; tiroir et au parcours complexe (&#224; cheval entre le Cameroun et la France, puis entre Cr&#233;teil et Rouen), interpelle tour &#224; tour chacun des cinq sens. Le deuxi&#232;me, rappeur embl&#233;matique des Hauts-de-Seine, a marqu&#233; la d&#233;cennie 2000-2010 avec une musique estampill&#233;e &#171; rap de rue &#187;, sans concession et minimaliste dans la production. Enfin, Koba LaD est un jeune rappeur d'&#201;vry, remarqu&#233; pour sa voix atypique et ses textes tr&#232;s premier degr&#233;, et aussit&#244;t sign&#233; en major. Non, ce qui unit les morceaux de rap et permet de ressentir l'aspect profond&#233;ment politique de cette musique, c'est la force irr&#233;pressible de &#171; faire communaut&#233; &#187;. De &#171; faire monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le rap a affol&#233; les m&#233;dias&lt;/strong&gt;, inqui&#233;t&#233; les politiques et terrifi&#233; les t&#233;l&#233;spectateurs, c'est parce qu'il est un genre musical capable de d&#233;ployer une puissance exemplaire dans la cr&#233;ation d'un monde de r&#233;f&#233;rence, d'&#233;coute mutuelle et d'autor&#233;f&#233;rence permanente. Il est fondamentalement spatial, bien plus que temporel : il fait puissance car il fait lieu. Et cela, se voit &#224; travers les r&#233;f&#233;rences tir&#233;es du quotidien, qu'elles soient sp&#233;cifiques (RER C, Tarterets Zoo &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; la cit&#233; des Tarter&#234;ts.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, La Canebi&#232;re ou les Champs-Elys&#233;es, &lt;i&gt;Boulbi&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diminutif de Boulogne-Billancourt dont est originaire le rappeur Booba.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;) ou g&#233;n&#233;rales (cage d'escalier et hall, tour et barre, &lt;i&gt;rraint&#233;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terrain.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, p&#233;riph' et centre-ville).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le rapport subjectif&lt;/strong&gt; de la tension entre richesse et pauvret&#233;, dans l'exclusion puis l'irruption au sein du monde de la s&#233;duction, dans les codes moraux pervertis par la soci&#233;t&#233; capitaliste et sauv&#233;s de justesse par la solidarit&#233; populaire, il n'y a pas de s&#233;duisant programme. Il y a simplement la reconnaissance mutuelle de situations semblables et le sentiment de force qui na&#238;t de cette d&#233;couverte, celle d'une culture commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le rap est aussi fascinant&lt;/strong&gt;, c'est d'abord parce qu'il est &#8211; plus que beaucoup d'autres mouvements artistiques &#8211; cr&#233;ateur d'un commun, d'un r&#233;seau de r&#233;f&#233;rences partag&#233;es. Ainsi, il est profond&#233;ment politique dans la forme qu'il prend, bien plus que dans le fond du discours qu'il porte face au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nemo&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; la cit&#233; des Tarter&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diminutif de Boulogne-Billancourt dont est originaire le rappeur Booba.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Terrain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le rap, c'&#233;tait pas mieux avant</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-rap-c-etait-pas-mieux-avant</link>
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		<dc:date>2019-07-12T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Mathieu Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Arthur Plateau</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
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		<dc:subject>parfois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le magasine en ligne L'Abcdr du son, v&#233;ritable bible du monde du rap, avec ses entretiens, ses playlists, ses chroniques et ses &#233;missions radios est un t&#233;moin majeur des &#233;volutions de la sc&#232;ne rap depuis plus de vingt ans. Entretien avec l'un de ses r&#233;dacteurs. Que pensez-vous de l'apparente d&#233;politisation des rappeurs mainstream par rapport aux succ&#232;s pass&#233;s de groupes qui se positionnaient davantage politiquement ? &#171; Avant de parler &#8220;d'apparente d&#233;politisation&#8221;, il faudrait d&#233;j&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rappeurs" rel="tag"&gt;rappeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/discours-politique" rel="tag"&gt;discours politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/succes" rel="tag"&gt;succ&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parfois" rel="tag"&gt;parfois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le magasine en ligne &lt;a href=&#034;http://www.abcdrduson.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Abcdr du son&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, v&#233;ritable bible du monde du rap, avec ses entretiens, ses playlists, ses chroniques et ses &#233;missions radios est un t&#233;moin majeur des &#233;volutions de la sc&#232;ne rap depuis plus de vingt ans. Entretien avec l'un de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L410xH400/-1218-1ec51.jpg?1782647962' width='410' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Arthur Plateau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'apparente d&#233;politisation des rappeurs mainstream par rapport aux succ&#232;s pass&#233;s de groupes qui se positionnaient davantage politiquement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant de parler &#8220;d'apparente d&#233;politisation&#8221;, il faudrait d&#233;j&#224; r&#233;pondre &#224; cette question : &#8220;Qu'est-ce qui est politique ?&#8221; Et l&#224; on s'aventure plut&#244;t vers la philosophie. Certains pensent que tout est politique, y compris simplement t&#233;moigner publiquement d'une r&#233;alit&#233;. D'autres pensent que la prise de parole politique doit respecter certaines th&#233;matiques, certains codes et surtout toujours servir une finalit&#233;, une action, voire une conqu&#234;te, qu'il faut d&#233;passer la description et le t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est souvent le reflet d'une &#233;poque et le rap n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. L'action politique aujourd'hui, qu'elle soit port&#233;e au pouvoir ou alternative, s'&#233;chappe de plus en plus des partis, des structures politiques et des corps interm&#233;diaires. C'est une &#233;volution de la sph&#232;re politique au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, et le rap &#233;tant tout sauf d&#233;connect&#233; de la soci&#233;t&#233;, il est &#224; mettre en parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, appeler au vote ou &#224; l'antiracisme universaliste &#233;tait la norme chez les rappeurs des ann&#233;es 1990. Leur discours sonnait &#8220;conscient&#8221;, adjectif qui en est finalement venu &#224; caract&#233;riser tout un pan de la sc&#232;ne rap hexagonale. Les codes &#233;taient ceux d'une lutte politique contre la mont&#233;e du Front national mais aussi contre les lois Debr&#233; ou Pasqua &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lois anti-immigration vot&#233;es entre 1986 et 1997.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Si on veut sch&#233;matiser, aujourd'hui encore plus qu'hier, le rap est abstentionniste, dans le sens o&#249; il ne croit plus &#224; la politique &#8220;structurelle&#8221;. La d&#233;sillusion s'est accentu&#233;e ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Les personnes qui prennent la parole &#224; travers le rap ne comptent plus que sur elles-m&#234;mes et leur entourage. Mais est-ce qu'&#234;tre abstentionniste et d&#233;sabus&#233; tout en &#233;tant proche des siens revient &#224; &#234;tre d&#233;politis&#233; ? S&#251;rement pas. Est-ce que chanter une r&#233;alit&#233; froide, clinique, en voulant parfois faire danser les gens, emp&#234;che de lire un constat social entre les lignes, sous pr&#233;texte que les a&#238;n&#233;s ont eu des mots et des th&#232;mes tr&#232;s formalis&#233;s, parfois digne de la culture &#8220;tract&#8221; de la politique fa&#231;on ann&#233;es 1980 et 1990 ? Je ne crois pas. C'est simplement &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; : se recentrer autour des siens et contourner les barri&#232;res de plus en plus nombreuses en refusant les chemins &#233;tablis, en renvoyant la d&#233;sillusion sociale et politique dans la figure de ceux qui tiennent de grands discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a aussi toute une sc&#232;ne ind&#233;pendante, et pas forc&#233;ment &#226;g&#233;e, qui est tout autant la parole des sans-voix que les rappeurs &lt;i&gt;mainstream &lt;/i&gt;d'aujourd'hui. Voil&#224; pourquoi je suis g&#234;n&#233; par cette question : parce qu'elle semble partir du postulat que pour &#234;tre politique en 2019, il faudrait r&#233;p&#233;ter les codes du discours politique de 1997. On n'est plus en 1997, le monde a chang&#233; et la fa&#231;on d'exprimer sa politisation a chang&#233; avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un petit rappel historique : n'id&#233;alisez pas trop le rap d'il y a vingt ou trente ans. Qu'est-ce qui &#233;tait &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; en 1995 ou 1998 ? Les v&#233;ritables hits des deux derniers albums de NTM sont respectivement &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/kp1QxuX1nPI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Fi&#232;vre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/0sqNqbfCGIo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ma Benz&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui ne parlent pas de grand-chose. Le titre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/0N1kpukwybg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Voix du Mellow&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Mellowman &#233;tait tabass&#233; &#224; la radio pour faire danser. Le seul tube d'IAM, au sens multi-diffus&#233;, est &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/7ceNf9qJjgc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Je danse le MIA&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, le seul succ&#232;s public de Fabe est &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/6TTmVnm-HJ4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;a fait partie de mon pass&#233;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Certes, ces morceaux ne parlent pas de&lt;i&gt; success stories&lt;/i&gt;, mais il ne faut pas faire croire que le rap qui a un jour march&#233; de fa&#231;on massive &#233;tait politis&#233;. M&#234;me si Fabe, NTM ou IAM ont d&#233;fendu une v&#233;ritable conscience politique dans leur &#339;uvre, il n'a jamais &#233;t&#233; question d'avoir un rap politis&#233;, revendicatif et vindicatif qui soit diffus&#233; par les m&#233;dias de masse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a pourtant l'impression que le culte de sa propre &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; s'inscrit en plein dans une certaine vanit&#233; de l'&#233;poque et acte des impasses politiques profondes li&#233;es &#224; l'abandon des quartiers...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ego trip &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exercice de style o&#249; le rappeur d&#233;clame ses propres louanges.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a toujours fait partie de cette musique. C'est juste sa forme qui a chang&#233;, et avec elle son objectif. De l'&#233;mulation entre rappeurs, on est pass&#233; en partie &#224; une comp&#233;tition contre la soci&#233;t&#233;, une envie de revanche sociale, &#224; mon sens bien l&#233;gitime. Pour beaucoup de gens, on na&#238;t dans une classe sociale et on y reste assign&#233; &#224; vie. D&#233;construire cela &#224; travers son propre succ&#232;s me semble tout &#224; fait normal, m&#234;me si esth&#233;tiquement, &#231;a manque parfois un peu d'exigence. Apr&#232;s, ce qui peut sembler vain est ce d&#233;sir d'argent, de mat&#233;rialit&#233;, peut-&#234;tre plus pr&#233;sent aujourd'hui qu'il y a quinze ans ou vingt-cinq ans. Mais on ne peut pas d&#233;cr&#233;ter qu'&#234;tre politique revient &#224; &#234;tre altermondialiste et faire du rap &#224; la Keny Arkana, aussi appr&#233;ciable soit-il. Enfin, les rappeurs ne sont pas tous dupes quant au succ&#232;s. Aujourd'hui, la plupart de ceux qui ont connu la gloire ces derni&#232;res ann&#233;es en rappent aussi les mauvais c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je regrette la perte de la culture du &lt;i&gt;freestyle &lt;/i&gt;et de la joute verbale, il faut reconna&#238;tre aux rappeurs la facult&#233; &#224; en dire plus en quelques mots que certains longs tracts politiques ou discours militants. On est aujourd'hui simplement dans quelque chose de plus &#8220;sensible&#8221;, au sens de l'&#233;motion directe, du regard froid et clinique sur certaines r&#233;alit&#233;s, un peu comme une photo sans commentaire. Tr&#232;s peu de rappeurs ressentent aujourd'hui le besoin de th&#233;oriser formellement leur discours politique. &#192; leur sens, leur r&#233;alit&#233; en dit d&#233;j&#224; assez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tandis que sur les plateaux t&#233;l&#233; on continue &#224; globalement m&#233;priser les rappeurs, leur musique s'impose comme le courant musical le plus actif, rentable et novateur aujourd'hui en France...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une culture qui appartient &#224; ceux qui la vivent et la font vivre, pas &#224; des gens qui la commentent juste parce qu'elle marche et qui y voient en plus un moyen d'illustrer des th&#233;ories souvent naus&#233;abondes. Beaucoup de confr&#232;res ont refus&#233; les invitations m&#233;dias lors de la bagarre entre Kaaris et Booba &#224; Orly et, &#224; mon sens, c'est une r&#233;action tr&#232;s saine. Le rap, d'o&#249; qu'il vienne, n'a jamais attendu personne pour exister et produire, ni institution, ni radio, ni plateau t&#233;l&#233;. Il en a profit&#233; &#224; certains moments et tant mieux pour lui. Il les a subis plus souvent et c'est malheureux. Mais le &lt;i&gt;by us and for us&lt;/i&gt; ainsi que le&lt;i&gt; do it yourself&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement &#171; Par nous et pour nous &#187; et &#171; Fais le toi-m&#234;me &#187;.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; restent totalement dans son ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, les gens qui ont grandi avec le rap arrivent dans la population active. Pour eux, c'est un genre musical comme un autre. Le jour o&#249; la t&#233;l&#233;vision apprendra &#224; ne plus inviter les quinze m&#234;me analystes sur tous les plateaux, qu'elle int&#233;grera dans ses r&#233;dactions des gens qui ont grandi sans fantasmes autour de ce genre musical, ce sera un grand pas. Aujourd'hui, le rap attire car il est extr&#234;mement visible et que des rappeurs cassant les codes propres aux genres suscitent la curiosit&#233;, souvent malsaine ou d&#233;plac&#233;e quand il s'agit de la t&#233;l&#233;vision ou de m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes. Cette musique fait encore partie des &#233;pouvantails dans une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise qui a des comptes &#224; r&#233;gler avec elle-m&#234;me. Et encore, je n'&#233;voque m&#234;me pas son exotisation. Mais le jour o&#249; des rappeurs seront interrog&#233;s sur leur musique avant d'&#234;tre interrog&#233;s sur les fantasmes sociaux qu'ils sont suppos&#233;s incarner, on aura avanc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des r&#233;seaux ind&#233;pendants et autres productions moins visibles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ind&#233;pendants savent se rencontrer entre eux, &#233;changer, monter des choses, m&#234;me si c'est parfois un peu rock'n'roll et artisanal. Ils n'en vivent pas dans leur immense majorit&#233;. C'est un public de niche, une sc&#232;ne vivante et plurielle avec de l'audace et de l'innovation. Il y a de super initiatives, notamment &lt;i&gt;live&lt;/i&gt;, comme le Scred Festival ou Le Demi Festival, qui connaissent un r&#233;el succ&#232;s. Quant &#224; la politisation, elle est parfois plus formelle que chez les t&#234;tes d'affiches actuelles, mais il y a aussi tout un pan de ce rap ind&#233;pendant qui fait des chansons pour se sentir bien ou simplement raconter des gal&#232;res ou des fa&#231;ons de faire la f&#234;te. Je retiens de ces productions moins visibles une v&#233;ritable envie de rester fid&#232;le &#224; des lignes de conduite, m&#234;me si pour certains, le peu d'&#233;cho est parfois tr&#232;s d&#233;courageant. Enfin, on assiste aussi &#224; des succ&#232;s ind&#233;pendants d'une ampleur &#233;norme. Jul ou PNL le sont, sans major, sans label. Que &#231;a plaise ou non, c'est une r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par C&#233;cile et Mathieu Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lois anti-immigration vot&#233;es entre 1986 et 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Exercice de style o&#249; le rappeur d&#233;clame ses propres louanges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement &#171; Par nous et pour nous &#187; et &#171; Fais le toi-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rap's not dead</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, &#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Wesh, le crew du Chien rouge, avouez que &#231;a vous coupe la chique, hein ? Un dossier rap dans CQFD, c'est pas exactement ce &#224; quoi on vous a habitu&#233;s. D'habitude on cause plus mouvements sociaux. Ou r&#233;pression. Ou cavaliers de l'apocalypse. Et puis, la bande-son du Chien rouge, &#224; la base, ce serait plus le punk, le garage, voire le blues ou le reggae. Mais faut pas croire : on garde aussi le doigt pos&#233; sur le pouls musical de l'&#233;poque. Et certain(e) s d'entre nous ont les oreilles emplies de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;W&lt;/span&gt;esh, le &lt;i&gt;crew&lt;/i&gt; du Chien rouge, avouez que &#231;a vous coupe la chique, hein ? Un dossier rap dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, c'est pas exactement ce &#224; quoi on vous a habitu&#233;s. D'habitude on cause plus mouvements sociaux. Ou r&#233;pression. Ou cavaliers de l'apocalypse. Et puis, la bande-son du Chien rouge, &#224; la base, ce serait plus le punk, le garage, voire le blues ou le reggae. Mais faut pas croire : on garde aussi le doigt pos&#233; sur le pouls musical de l'&#233;poque. Et certain(e) s d'entre nous ont les oreilles emplies de hip-hop &lt;i&gt;old-school&lt;/i&gt; ou de d&#233;tonations rap contemporaines. L'id&#233;e d'un dossier sur la musique qui a envahi la plan&#232;te fa&#231;on Panzer, &#231;a nous trottait donc dans la t&#234;te depuis un moment. Fallait juste le faire &#224; notre sauce.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2929 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH520/-1172-4869a.jpg?1782641244' width='400' height='520' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Lo&#239;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'on questionne&lt;/strong&gt; dans les pages qui suivent, c'est d'abord notre rapport ambivalent &#224; une culture pleine de paradoxes, &#224; la fois plus vivante que jamais et mus&#233;ifi&#233;e, sociale-tra&#238;tre et &#233;mancipatrice, capable de nous arracher aussi bien des soupirs exasp&#233;r&#233;s (Ma&#238;tre Gims, cette plaie) que des enthousiasmes primaires, de ceux qui te font hocher la t&#234;te comme un adolescent quand tu d&#233;couvres un son qui tue &#8211; une envol&#233;e chelou du daron Disiz La Peste, un &lt;i&gt;flow&lt;/i&gt; anti-syst&#232;me du chantre des PMU parigots Hugo TSR, un vieil album retrouv&#233; du Wu-Tang Clan ou le tube absolu de Soolking, Gu&#233;rilla, au refrain chair de poule &#8211; &#171; &lt;i&gt;Je chante l'amour au milieu de cette gu&#233;rilla, parce que je t'aimerai pour toujours mon Alg&#233;ria&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et comme on clapote &#224; Marseille&lt;/strong&gt;, entre ciment et belle &#233;toile, on conna&#238;t les pouvoirs magiques du rap en mati&#232;re de r&#233;veil de l'apathie. Ici ont pouss&#233; les mauvaises herbes IAM et Fonky Family, jalons essentiels du rap hexagonal, engag&#233;s, remuants, d&#233;rangeants, agissants. Puis d'autres qui l'ont perp&#233;tu&#233;, frontalement, avec Keny Arkana en premi&#232;re ligne, m&#244;me star du coin qui ne refuse jamais un coup de main aux jeunes rappeurs de La Plaine ou de Noailles&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a d'ailleurs gracieusement particip&#233; &#224; un concert de soutien organis&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, qui a brocard&#233; d'un flow rageur les magouilles des promoteurs gaudin&#233;s du coin (&lt;i&gt;Marseille, capitale de la rupture&lt;/i&gt;) et a r&#233;cemment produit un documentaire uppercut consacr&#233; &#224; l'effondrement des immeubles rue d'Aubagne le 5 novembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, il reste quelque chose ici&lt;/strong&gt;, un relent tenace, baign&#233; de mauvais shit, qu'on retrouve m&#234;me dans la geste de Jul. Couronn&#233; roi des quartiers populaires, le blondinet fait la nique au &lt;i&gt;star-system&lt;/i&gt; et &#224; l'industrie du disque, enregistrant ses albums dans son coin, avec ses potes, en ind&#233;pendance absolue. Respect. Surtout quand le mec encha&#238;ne les disques d'or et de platine avec la r&#233;gularit&#233; d'un forcen&#233;. Pas ouvertement politique, s&#251;r &#8211; il y est beaucoup question de motos, de shit, de Capri-Sun&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boisson phare de la jeunesse marseillaise des quartiers, sorte de jus de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et apr&#232;s ? Lui a triomph&#233; sans rien l&#226;cher, pour sa &#171; team &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;J'suis rest&#233; le m&#234;me depuis le d&#233;part / J'suis dans ma bulle / Rien &#224; foutre des stars&lt;/i&gt; &#187; (Coup de genoux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas si &#233;vident&lt;/strong&gt; de garder une forme d'int&#233;grit&#233; dans ce milieu. Parce qu'on parle bien s&#251;r d'une industrie surpuissante, monstrueuse. Logique : plus de quarante ans apr&#232;s ses premiers pas dans le South Bronx &#224; la fin des ann&#233;es 1970 (voir p. III), ce qu'on d&#233;signait alors comme hip-hop n'a plus de concurrent en France. Le rap, c'est l'immense majorit&#233; des ventes de disque hexagonales. Ce qui &#233;videmment inclut un nombre de bouses sur-produites, de nullit&#233;s Skyrock, de matraquages m&#233;diatiques bourr&#233;s d'Auto-Tune&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Effet vocal omnipr&#233;sent, d&#233;formant la voix au point de la rendre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Se cantonner &#224; &#231;a, c'est louper un coche. Tu peux le prendre dans tous les sens, le rap, c'est ce que tu en fais, ce que tu en gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Facile&lt;/strong&gt;, et m&#234;me &#233;vident, de railler Booba et Kaaris se foutant sur la gueule &#224; Orly pour mieux vendre leurs disques, d'ironiser devant la puissance de feu marketing mobilis&#233;e par PNL pour son dernier clip &#224; la Tour Eiffel (Au DD), de d&#233;plorer les outrances consum&#233;ristes des descendants du gangsta rap ou de d&#233;noncer le sexisme outrancier habitant certains textes. Mais ce n'est qu'une partie de la galaxie, celle qui ma&#238;trise les codes du game capitaliste. Des entrepreneurs, il y en a partout. Des vautours aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais m&#234;me chez les &#171; gros &#187;&lt;/strong&gt;, la ligne n'est jamais claire, il y a des ouvertures : Sofiane qui bloque le p&#233;riph' parisien avec ses potes en mode pirate pour tourner le clip de sa chanson Toka. M&#233;dine, le Havrais qui fait enrager l'extr&#234;me-droite avec ses textes cisel&#233;s au diamant. Youssoupha s'attaquant bien violemment &#224; &#171; &lt;i&gt;ce con d'Eric Zemmour&lt;/i&gt; &#187; et r&#233;coltant un proc&#232;s guignolesque, digne descendant de NTM, La Rumeur ou Assassin, tous emmerd&#233;s en leur temps par une justice rance, fid&#232;le &#224; ellem&#234;me &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le dernier juge que j'ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue.&lt;/i&gt; &#187; (Assassin, Je glisse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224;&lt;/strong&gt; donc dans quoi on met les pieds avec ce dossier, en catimini. Pas en pros ni en sp&#233;cialistes, avec pleins d'interrogations. P&#234;le-m&#234;le : le rap, c'&#233;tait vraiment mieux avant ? (p. II) Quid de ses racines blues ? (p. VII) Et si le politique se glissait dans la forme plus que dans le fond ? (p. V) Ou m&#234;me : que disent nos incursions nocturnes sur Youtube, notre qu&#234;te num&#233;rique de rap de lascars (p. IV) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En premi&#232;re ligne&lt;/strong&gt;, il y a aussi cette envie : scruter ce que le rap peut encore porter d'&#233;mancipateur. On le trouve dans les espaces autres, les zones d'ouvertures. Oui, il y a du rap f&#233;ministe (p. VI). Oui, le rap est soluble dans les squats anars (p. VIII).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, le rap vit, proteste, gueule&lt;/strong&gt;. On le voit en Alg&#233;rie, o&#249; la sc&#232;ne locale a &#233;t&#233; centrale dans l'insurrection contre Bouteflika. Et m&#234;me chez les Gilets jaunes, de nombreux rappeurs ayant affich&#233; leur soutien au mouvement. &#171; J'enfile mon gilet pare-balle apr&#232;s mon gilet jaune &#187;, a balanc&#233; Kalash Criminel lors d'un freestyle sur Skyrock, v&#234;tu dudit v&#234;tement criard. Pour Paco, rappeur ind&#233;, c'est pass&#233; par un titre clamant : &#171; C'est la crise, on brasse de l'air en gilet jaune, je n'ai qu'une seule devise, battre le fer tant qu'il est chaud. &#187; Quant au rappeur toulousain D1ST1, il a envahi le net avec le clip de son morceau &lt;i&gt;Acte 1&lt;/i&gt;, tourn&#233; au milieu d'une manif toulousaine et dot&#233; d'un refrain imparable : &#171; &lt;i&gt;C'est la r&#233;volution, on devient tous d&#233;traqu&#233;s, Macron est comme une allumette, il est &#224; deux doigts de craquer. Ahaou ahaou ! Gilets jaunes quel est votre m&#233;tier ? Ahou Ahou, Ahou Ahou Ahou. Macron est &#224; deux doigts de craquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, le rap est encore l&#224;&lt;/strong&gt;. Et m&#234;me si tout le monde n'est pas &#171; ccord-d'a &#187;, le repousser d'un geste m&#233;prisant, c'est perp&#233;tuer une d&#233;connexion avec ce qui anime les m&#244;mes de France et de Navarre : une grosse envie de flow qui tabasse la rel&#233;gation sociale (et de Capri-Sun).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par C&#233;cile Kiefer et &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a d'ailleurs gracieusement particip&#233; &#224; un concert de soutien organis&#233; pour la survie de ce canard, il y a quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Boisson phare de la jeunesse marseillaise des quartiers, sorte de jus de fruit synth&#233;tique au go&#251;t du futur, vendu en petites pochettes molles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Effet vocal omnipr&#233;sent, d&#233;formant la voix au point de la rendre m&#233;connaissable et irritant toute personne ayant d&#233;pass&#233; la vingtaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nique le patriaRAPcat</title>
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		<dc:date>2019-05-21T01:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>K. Pils</dc:creator>


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&lt;p&gt;Rien d'un scoop : le sexisme et l'homophobie sont partout. Et le rap est tr&#232;s loin d'y &#233;chapper, ce que nous rappellent &#224; longueur de journ&#233;e des m&#233;dias ravis de d&#233;fourailler contre les banlieues. Alors plut&#244;t que de ressasser des punchlines sexistes de rappeurs, on voudrait donner la parole &#224; celles et ceux qui proposent un autre son de cloche. C'est pos&#233; comme une &#233;vidence : ouais, le rap est une musique &#224; part. C'est comme &#231;a. C'est violent. C'est provoc'. Donc c'est sexiste. Par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cle" rel="tag"&gt;Cl&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feminin" rel="tag"&gt;f&#233;minin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rien d'un scoop : le sexisme et l'homophobie sont partout. Et le rap est tr&#232;s loin d'y &#233;chapper, ce que nous rappellent &#224; longueur de journ&#233;e des m&#233;dias ravis de d&#233;fourailler contre les banlieues. Alors plut&#244;t que de ressasser des &lt;i&gt;punchlines&lt;/i&gt; sexistes de rappeurs, on voudrait donner la parole &#224; celles et ceux qui proposent un autre son de cloche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L446xH400/-1176-d008d.jpg?1782647258' width='446' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Cl&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C'&lt;/span&gt;est pos&#233; comme une &#233;vidence : ouais, le rap est une musique &#224; part. C'est comme &#231;a. C'est violent. C'est provoc'. Donc c'est sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier &#224; Marseille, &#224; la &lt;i&gt;Dar Lamifa &lt;/i&gt;(bar associatif), un groupe de rap local a &#233;t&#233; sorti de sc&#232;ne apr&#232;s avoir tenu des propos sexistes et homophobes. Et &#231;a n'a pas manqu&#233; : certain.es ont d&#233;fendu les rappeurs avec les sempiternels arguments &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ok, c'est trash, donc macho, mais c'est du second degr&#233;&#233;&#233;&#233;&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; expliquant qu'on n'aurait rien compris au d&#233;lire du rap. Les meufs de la &lt;i&gt;Dar &lt;/i&gt;ont r&#233;pliqu&#233; &lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Marseille Infos Autonomes, dans un article intitul&#233; &#171; &#192; toutes celles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;&#192; celles et ceux qui nous disent&lt;/i&gt; &#8220;Mais ouais mais c'est du rap, c'est pas pareil, culture du viol, homophobie, &#231;a fait partie du &lt;i&gt;rapgame&lt;/i&gt; !&#8221;, &lt;i&gt;on r&#233;pond que ces mod&#232;les d'oppression sont syst&#233;miques, et que le rap a bon dos.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rap a bon dos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De longue date, le rap a &#233;t&#233; associ&#233; &#224; une musique de banlieue et stigmatis&#233; pour cette raison. La chercheuse Marion Dalibert et ses &#233;l&#232;ves ont ainsi &#233;tudi&#233; 523 articles de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; entre 2000 et 2015, concluant que les rappeurs &#233;taient souvent renvoy&#233;s &#224; leur race et leur origine sociale. Quand ils sont blancs, et/ou de classes sociales moyennes ou sup&#233;rieures, les journalistes soulignent leur originalit&#233;, notamment parce qu'ils seraient plus respectueux des femmes. En face, on leur oppose les rappeurs racis&#233;s, souvent banlieusards, suppos&#233;ment plus virilistes. Ceux qui sont racis&#233;s &#171; mais &#187; pas machos sont pr&#233;sent&#233;s comme des exceptions qui confirment la r&#232;gle. Tandis que les rappeurs blancs virilistes viennent forc&#233;ment de classes populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parfait exemple, la d&#233;fense d'Orelsan par Natacha Polony, &#224; l'&#233;poque o&#249; ce rappeur blanc se voyait reprocher le sexisme de ses chansons : &#171; &lt;i&gt;Il suffit d'allumer MTV pour voir des clips avec des filles en bikini qui se trimballent face &#224; des gros mecs du Bronx, c'est insupportable, alors que&lt;/i&gt; [la musique d'Orelsan] &lt;i&gt;n'a rien &#224; voir.&lt;/i&gt; &#187; Eh oui, les mecs du Bronx, de banlieue, de ghetto, sont forc&#233;ment plus machistes que le rappeur blanc de classe moyenne. Lors de la m&#234;me &#233;mission, Laurent Ruquier en rajoutait une couche : &#171; &lt;i&gt;On n'imagine pas qu'un rappeur qui dise&lt;/i&gt; &#8220;Suce ma bite pour la Saint-Valentin'' &lt;i&gt;soit fils de directeur d'&#233;cole et de professeur des &#233;coles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un discours de dominants, renvoyant le probl&#232;me aux seuls mecs racis&#233;s issus de classes populaire. Et faisant fi de cette &#233;vidence : le sexisme est pr&#233;sent dans tous les genres musicaux. Dans la musique classique, 6 % des chef.fes d'orchestres au monde sont des femmes. En ce sens, ressasser le probl&#232;me du sexisme dans le rap plus qu'ailleurs, c'est r&#233;investir des clich&#233;s postcoloniaux et faire du m&#233;pris de classe. C'est aussi invisibiliser celles et ceux qui ont un discours diff&#233;rent dans le hip-hop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les meufs ont toujours &#233;t&#233; dans le rap ! &lt;i&gt;Djettes&lt;/i&gt;, programmatrices, rappeuses, &lt;i&gt;backeuses&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premier soutien vocal et sc&#233;nique du rappeur principal.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&#8230; Si elles sont minoritaires, elles ont aussi (et surtout !) &#233;t&#233; &#233;loign&#233;es des projecteurs. Alors m&#234;me que des ann&#233;es 1990 &#224; aujourd'hui, elles ont r&#233;gn&#233; &#224; diff&#233;rents niveaux, dans diff&#233;rents styles : les Ladies Night, Saliha, Princess Ani&#232;s, St&#233; Strausz, Roll K, Diam's, Ryaam, Liza Monet, Sianna, Fanny Polly, K's Khaldi ? LaMaDame, Holy G, Illustre, Waka, Leys, Tracy de S&#225;, Suka, Z, Grace et Volupt&#233; Van Van, Moon'A et tant d'autres&#8230; Oui, les meufs sont l&#224; ! Sans oublier toutes les zoulettes qui rappent dans leurs chambres, dans la rue, dans les &lt;i&gt;open-mics&lt;/i&gt;, celles qui soutiennent, celles qui sont dans l'ombre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cat&#233;gorie &#171; rap f&#233;minin &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre vecteur de domination : les rappeuses sont souvent cantonn&#233;es &#224; la cat&#233;gorie &#171; rap f&#233;minin &#187;. Une mani&#232;re de dire qu'il y aurait en premier plan &#171; le rap &#187;, neutre, donc forc&#233;ment masculin, et puis &#224; l'int&#233;rieur, une sous-cat&#233;gorie, &#171; la &#187; femme dans le rap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si elles &#233;taient une exception. Passons sur le&lt;i&gt; girl washing &lt;/i&gt;de certains concepts (albums ou soir&#233;es), souvent organis&#233;s et dirig&#233;s par des mecs, avec des pochettes et affiches en rose paillettes, bien&lt;i&gt; girly&lt;/i&gt;. L&#224;, la cat&#233;gorie &#171; rap f&#233;minin &#187; est mobilis&#233;e pour son c&#244;t&#233; sexy, qui fait vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, cette tendance mobilise des clich&#233;s sur ce que devrait &#234;tre une meuf qui fait du rap : une fille &#171; bien &#187;, respectable, ni trop vulgaire ni trop gar&#231;on manqu&#233;. De quoi imposer des images h&#233;t&#233;ronorm&#233;es, excluant toutes les personnes trans, &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, qui ne rentrent pas dans la binarit&#233; des cat&#233;gories &#171; f&#233;minin &#187; ou &#171; masculin &#187;, ou qui n'ont pas envie de se d&#233;finir comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre une meuf dans le rap, c'est aussi faire face &#224; l'injonction de devoir se d&#233;finir comme d&#233;nonciatrice de ce milieu suppos&#233;ment ultra-machiste. Au nom de quoi ? Certaines veulent juste faire du rap sans &#234;tre instrumentalis&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Petite zoulette r&#234;vait d'&#234;tre &#233;crivaine comme Zola&lt;/i&gt; &#187;, rappe Fanny Polly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, il y a mille et une fa&#231;ons de reprendre, reformuler, d&#233;jouer et rejouer ces assignations et ces &#233;tiquetages. C'est ce que fait par exemple le site Madame Rap, qui r&#233;pertorie un grand nombre de rappeuses. Ou bien l'&#233;mission de radio toulousaine &#171; No girls in the cypher &#187;, sur Canal Sud. Des approches qui mettent en lumi&#232;re la pluralit&#233; des d&#233;marches et nous rappellent, si on ne l'avait pas encore compris, que le rap n'est pas l'apanage d'hommes sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une seule solution : l'auto-organisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'on est somm&#233;.&#8202;es de se d&#233;finir de telle ou telle fa&#231;on, c'est &#224; cause d'un contexte de dominations syst&#233;miques de race, de classe et de genre, qui s&#233;vissent non seulement dans les industries musicales, mais aussi dans les milieux alternatifs. C'est aussi parce qu'on est souvent d&#233;pendant.es de ceux qui ont acc&#232;s aux lieux, ont un r&#233;seau, dirigent des labels ; et ce sont la plupart du temps des hommes. Oblig&#233;.es de se faire valider par les mecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse, certain.e.s ont d&#233;cid&#233; qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de s'auto-organiser, de prendre la place qu'on ne nous laisse pas. Depuis quelques ann&#233;es, de nombreux projets et de nouvelles sc&#232;nes fleurissent, que la d&#233;marche soit f&#233;minine, f&#233;ministe ou &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; : le festival FemceesFest &#224; Saint-&#201;tienne, les festivals Umoja et Intersection &#224; Marseille, les soir&#233;es du collectif &#171; Hip Hop f&#233;minin &#187; &#224; Lyon ou celles de Support Your Local Girl Gang &#224; Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les femmes ont toujours &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans le hip-hop, ces initiatives apportent un socle sur lequel s'appuyer pour lutter contre l'invisibilisation et sortir de cette d&#233;pendance &#224; des r&#233;seaux masculins. C'est le point de vue de K's Khaldi ? La MaDaMe, rappeuse st&#233;phanoise qui a mont&#233; Bruit2KaleKhulture, association visant &#224; mettre en lumi&#232;re les femmes et les personnes racis&#233;.es sur les sc&#232;nes musicales. Selon elle, il faut &#171; &lt;i&gt;faire et dire les choses, pour qu'on puisse ne pas les dire &#224; notre place ! On est dans un monde patriarcal, mais&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;maintenant qu'est ce qu'il faut faire&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ben faire les choses soi-m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me vision concernant Intersection, qui a eu lieu &#224; Marseille le week-end du 26 avril. Organis&#233; par BahamArts, le festival a pour &#171; &lt;i&gt;projet de visibiliser les personnes minoris&#233;es sur les sc&#232;nes musicales&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : femmes, personnes trans, &lt;/i&gt;queers&lt;i&gt;, lesbiennes, pr&#233;caires, racis&#233;.&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;es, afro-descendantes et afro-carib&#233;ennes&lt;/i&gt; &#187;. De quoi donner des possibilit&#233;s d'expression plus larges pour celles et ceux qui n'ont pas acc&#232;s aux sc&#232;nes d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'Intersection, les modes d'expression foisonnent : concerts, ateliers, projections, d&#233;bats autour de la place des femmes et personnes transgenres racis&#233;.es sur les sc&#232;nes culturelles, atelier danse th&#233;rapie pour les personnes racis&#233;.es, stand-up, performances&#8230; Quant &#224; la programmation, elle n'est pas cantonn&#233;e au seul hip-hop &#224; l'ancienne, laissant la place &#224; des approches vari&#233;es. De quoi rappeler que les cat&#233;gorisations, qu'elles soient musicales ou genr&#233;es, sont construites tout autant qu'elles sont destructibles. De quoi rappeler aussi que le hip-hop &#171; vener &#187; et trash, c'est pas toujours du hip-hop sexiste. Un constat bien r&#233;sum&#233; par Grace et Volupt&#233; Van Van : &#171; &lt;i&gt;You'd better run, &#8216;cause I've got my pussy gang&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus ou moins : &#171; Tu ferais mieux de courir, parce que j'ai ma bande de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;K. Pils&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur &lt;i&gt;Marseille Infos Autonomes&lt;/i&gt;, dans un article intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://mars-infos.org/a-toutes-celles-qui-frequentent-la-3978&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; toutes celles qui fr&#233;quentent la Dar, on pr&#233;sente nos excuses&lt;/a&gt; &#187; (26/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Premier soutien vocal et sc&#233;nique du rappeur principal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus ou moins : &#171; Tu ferais mieux de courir, parce que j'ai ma bande de chattes &#187; (dans la version en fran&#231;ais parfois interpr&#233;t&#233;e en concert !)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;176</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Les Gilets jaunes : &#8220;On est encore l&#224; !&#8221; &#187; (illustr&#233; par C&#233;cile K.). Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui te laisse tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... Actualit&#233;s Gilets jaunes : d&#233;bat et des hauts &#8211; Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe &gt; Cela aurait pu &#234;tre un beau bordel. Un condens&#233; de parlotte et d'envol&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samuel-Hayat" rel="tag"&gt;Samuel Hayat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2703-e6415.jpg?1783749223' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Les Gilets jaunes : &#8220;On est encore l&#224; !&#8221; &#187; (illustr&#233; par C&#233;cile K.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019'&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui te laisse tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-livres'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilets jaunes : d&#233;bat et des hauts &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Saint-Nazaire-l-assemblee-en-herbe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Cela aurait pu &#234;tre un beau bordel. Un condens&#233; de parlotte et d'envol&#233;es, d'objections furibardes, de retraits sur son pr&#233; carr&#233;. Il y avait tout pour &#231;a : 800 personnes r&#233;unies sur trois jours, plus de 200 d&#233;l&#233;gations venues de toute la France, le spectre des Europ&#233;ennes et d'une possible liste Gilets jaunes... Mais les GJ mobilis&#233;s &#224; Saint-Nazaire d&#233;but avril pour la deuxi&#232;me &#171; Assembl&#233;e des Assembl&#233;es &#187; ont accord&#233; leurs violons et leurs &#233;nergies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Catalogne, des Gilets jaunes debout &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-route-pour-la-secession' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En route pour la s&#233;cession&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; On attribue &#224; tonton Nietzsche cet aphorisme martial : &#171; &lt;i&gt;Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s plus de cinq mois d'une jupit&#233;rienne r&#233;pression, les Gilets jaunes qui pers&#233;v&#232;rent sont en train de prouver que leur cuir vaut bien le kevlar des robocops asserment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2930 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH475/-1173-36285.jpg?1782656414' width='400' height='475' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La police tue, la justice tra&#238;ne &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Zineb Redouane, notre d(r)ame&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, Zineb Redouane s'est &#233;teinte le lendemain &#224; l'h&#244;pital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l'ind&#233;cent d&#233;ni politique autour des causes de sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire sur le ring &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Samuel-Hayat-Quand-le-peuple-se' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Samuel Hayat : &#171; Quand le peuple se soul&#232;ve, les dominants ne voient qu'une foule haineuse&lt;/a&gt; &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Il y a les historiens de garde, qui s'agrippent &#224; une vision rance du pass&#233;, grouillant de Gaulois belliqueux et de M&#233;rovingiens bon teint, servant ainsi un pouvoir fig&#233;, conservateur. Et il y a ceux qui cherchent dans les chapitres pr&#233;c&#233;dents des possibilit&#233;s &#233;mancipatrices, &#224; m&#234;me de nourrir les luttes sociales. Samuel Hayat est de ceux-l&#224;, lui qui a fourni sur les Gilets jaunes des textes bigrement &#233;clairants. Sp&#233;cialiste des r&#233;volutions du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il trace ici quelques pistes d'analyse, entre pass&#233; br&#251;lant et pr&#233;sent jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un fonctionnaire, &#231;a fonctionne &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Loi-Blanquer-Pour-une-ecole-de-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Loi Blanquer : pour une &#233;cole de la rupture&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; D&#233;bat confisqu&#233;, communication enfum&#233;e, d&#233;magogie &#233;hont&#233;e : dans la droite ligne de sa r&#233;forme des lyc&#233;es, le ministre Jean-Michel Blanquer tente un passage en force de sa loi &#171; Pour une &#233;cole de la confiance &#187;. Syndicats et professionnels s'alarment des dangers de ce texte aux contours mal d&#233;finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gr&#232;ve peut en cacher une autre &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-revolte-des-sans-gants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La r&#233;volte des sans-gants&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Dans la m&#233;tropole lyonnaise, un conflit de plusieurs semaines a oppos&#233; les &#233;boueurs &#224; leurs patrons du public et du priv&#233;. Retour sur une gr&#232;ve en deux temps, qui &#233;claire sur les cons&#233;quences n&#233;fastes des d&#233;l&#233;gations de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le moment ou jamais ? &#187; &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Algerie-la-revolution-patiente' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En Alg&#233;rie, la r&#233;volution patiente&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Quelques grandes t&#234;tes sont tomb&#233;es, mais le &#171; syst&#232;me &#187; alg&#233;rien s'accroche. Alors, malgr&#233; le d&#233;part de Bouteflika et l'annonce d'&#233;lections en juillet, les rues ne d&#233;semplissent pas, port&#233;es par l'espoir que le surgissement du 22 f&#233;vrier m&#232;ne &#224; de v&#233;ritables changements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Rap &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-s-not-dead' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rap's not dead&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Oui, quarante ans apr&#232;s, le rap est encore l&#224;. Et m&#234;me si tout le monde n'est pas &#171; ccord-d'a &#187;, le repousser d'un geste m&#233;prisant, c'est perp&#233;tuer une d&#233;connexion avec ce qui anime les m&#244;mes de France et de Navarre : une grosse envie de &lt;i&gt;flow&lt;/i&gt; qui tabasse la rel&#233;gation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NTN (Nique ta nostalgie) &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-rap-c-etait-pas-mieux-avant' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le rap, c'&#233;tait pas mieux avant&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Le magasine en ligne L'Abcdr du son, v&#233;ritable bible du monde du rap, avec ses entretiens, ses playlists, ses chroniques et ses &#233;mis&#172;sions radios est un t&#233;moin majeur des &#233;volutions de la sc&#232;ne rap depuis plus de vingt ans. Entretien avec l'un de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'origine du monde (ou rien) &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-premiers-brasiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Premiers brasiers&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Poids lourd de l'industrie musicale, le rap est capable de mobiliser la Tour Eiffel pour un clip &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt; et de faire d&#233;ferler les Unes sur une embrouille minable au &lt;i&gt;duty free&lt;/i&gt; d'Orly. Pourtant, &lt;i&gt;bats les couilles l'Himalaya&lt;/i&gt;, il fut une p&#233;riode o&#249; le rap s'appelait hip-hop, et o&#249; il concernait une poign&#233;e de passionn&#233;s, de d&#233;fricheurs enrag&#233;s. L'&#226;ge d'or (et de platine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un inconfort politique addictif &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-ma-nuit-avec-You-Tube' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ma nuit avec YouTube&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La petite est couch&#233;e et le soleil s'enfonce doucement &#224; l'horizon, comme une grande cuill&#232;re en bois dans un aligot moelleux. Nous sommes en Aveyron. Tenant Babylone en respect, nich&#233;.es &#224; quelques un.es dans une de ces fermes o&#249; l'on essaie de vivre (diff&#233;remment). Ce soir c'est repos : un peu de weed, une tisane et YouTube. Je range mon corps sur le porte-manteau et convoque mon cerveau pour un entretien en t&#234;te-&#224;-t&#234;te : c'est (re)parti pour une &#171; soir&#233;e rap fran&#231;ais &#187; sur l'Internet mondial.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2929 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH520/-1172-4869a.jpg?1782641244' width='400' height='520' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Lo&#239;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la forme aussi est politique &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Faire-du-rap-pour-faire-monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Faire du rap pour &#171; faire monde &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Aucun courant musical, en France, n'aura autant d&#233;clench&#233; d'espoir et de d&#233;ception en mati&#232;re de port&#233;e politique. Sans cesse somm&#233;s de prendre position ou de s'exprimer sur une situation, les rappeurs ont &#233;t&#233; compar&#233;s &#224; des leaders, &#224; des penseurs. Des militants, en somme. Cette erreur d'analyse qui veut que le rap soit intrins&#232;quement politique vient sans doute d'une lecture socio-politique d'un ph&#233;nom&#232;ne culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre le sexisme et l'homophobie dans le rap, un combat de fond &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Nique-le-patriaRAPcat' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nique le patriRAPcat&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Rien d'un scoop : le sexisme et l'homophobie sont partout. Et le rap est tr&#232;s loin d'y &#233;chapper, ce que nous rappellent &#224; longueur de journ&#233;e des m&#233;dias ravis de d&#233;fourailler contre les banlieues. Alors plut&#244;t que de ressasser des punchlines sexistes de rappeurs, on voudrait donner la parole &#224; celles et ceux qui proposent un autre son de cloche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; C'est pas de la musique &#187; &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Du-blues-au-rap-mepris-en-boucle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du blues au rap, m&#233;pris en boucle&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La trap est une d&#233;clinaison du rap, ralentie, tr&#232;s sombre, n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2000 du c&#244;t&#233; d'Atlanta et tr&#232;s populaire aux &#201;tats-Unis. Une musique sulfureuse, jou&#233;e &#224; l'origine dans les bo&#238;tes de strip-tease. Et qui voit s'abattre sur elle le m&#234;me genre de m&#233;pris culturel que d'autres musiques noires &#224; leurs d&#233;buts. Retour historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Regards sur une pratique &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-et-politique-l-idylle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rap et politique, l'idylle impossible&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Cerna et Cizif, ce sont deux rappeurs hors des circuits commerciaux, qui pratiquent leur musique en toute ind&#233;pendance. Cizif est membre du groupe Dialectik Musik et vient de sortir le projet &lt;i&gt;Le Bousier&lt;/i&gt;. Cerna a quand &#224; lui sorti son premier album, &lt;i&gt;Sur Terre&lt;/i&gt;, en 2015. Bref, des passionn&#233;s qui interrogent ici le rapport entre leur pratique et la sph&#232;re politique radicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Reportage, analyse, entretien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colonisation &#224; la mode marocaine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sahara-occidental-voir-Laayoune-et' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sahara occidental : voir La&#226;youne et repartir (de force)&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Depuis 1975, le Maroc occupe le Sahara occidental au m&#233;pris du droit international. Pour avoir tent&#233; d'y rencontrer des ind&#233;pendantistes, Nicolas Marvey en a &#233;t&#233; expuls&#233; illico. De la Courneuve &#224; La&#226;youne, r&#233;cit d'une incursion &#233;court&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;olib&#233;ralisme en crise ? &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-ver-etait-dans-le-fruit-deja' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le ver &#233;tait dans le fruit (d&#233;j&#224; bien pourri)&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Dans son dernier bouquin &lt;i&gt;Tout va basculer !&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Lenglet, l'&#233;ditocrate boule &#224; Z de France T&#233;l&#233;, a abjur&#233; sa foi n&#233;olib&#233;rale tout en proph&#233;tisant le retour d'un &#201;tat interventionniste et protectionniste potentiellement autoritaire. Vaste fumisterie si l'on lit les ouvrages r&#233;cents de trois auteurs sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour la &#171; d&#233;touristification &#187; &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le tourisme est une industrie extractiviste &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Barcelone, la surfr&#233;quentation touristique d&#233;truit chaque ann&#233;e davantage les &#233;quilibres socio-urbains. Un rouleau compresseur &#233;conomique contre lequel s'&#233;l&#232;ve l'ABTS (Assemblea de barris per un turisme sostenible), un regroupement de diverses associations et assembl&#233;es de quartiers. Dans un petit bar de la vieille ville, entretien avec le militant Daniel Pardo.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moires de Tian'anmen &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-route-du-sang-de-la-classe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La route du sang de la classe dirigeante chinoise&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; En 1989, les manifestations anti-r&#233;gime de la place Tian'anmen furent &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e chinoise. Trente ans plus tard, un livre, &lt;i&gt;Le Grand Massacre du 4 juin&lt;/i&gt;, raconte l'histoire de 202 des nombreuses victimes de cette r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lu &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Syrie-memoire-vive' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Syrie : m&#233;moire vive&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Que reste-t-il du 2011 syrien, de cet &#233;lan vital qui a jet&#233; tant de r&#233;volt&#233;s dans les rues ? Une montagne de cendres, si vertigineuse que son ombre menace d'en effacer le souvenir, les vainqueurs ayant r&#233;&#233;crit l'histoire au lance-flamme. C'est contre cette amn&#233;sie que se dressent les auteurs de &lt;i&gt;Burning country&lt;/i&gt;, tableau vertigineux d'une r&#233;volution confisqu&#233;e de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sueur, le sang et la mort dans votre portable &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Terres-rares-et-guerres-durables' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Terres rares et guerres durables&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La rapacit&#233; pour les terres &#224; minerais rares (n&#233;cessaires aux technologies actuelles et &#224; la transition &#233;nerg&#233;tique &#171; d&#233;carbon&#233;e &#187;) promet surtout de nouvelles &#171; routes de la soie ensanglant&#233;es &#187; et une spirale d'exploitation des &#234;tres humains et de leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Place-au-socialisme-sexuel' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Place au socialisme sexuel libertaire&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Les livres dangereux pour les valeurs &#233;tablies ne courent pas les Fnac. Et c'est net comme torchette, &lt;i&gt;Sexe, cosmos et utopie&lt;/i&gt; de Patrick Samzun, en est un, &#224; la puissance de feu s&#233;ditieuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;dito &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Crocs-contre-crocs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Crocs contre crocs&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet de police de Paris a r&#233;quisitionn&#233; une dizaine de cl&#233;bards dress&#233;s pour l'attaque, ordonnant de les d&#233;museler.&lt;/i&gt; &#187; Quand on a lu cette phrase dans le &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 24 avril, notre sang de Chien rouge n'a fait qu'un tour. D'abord parce qu'on d&#233;plore qu'on utilise nos cong&#233;n&#232;res canins pour de viles t&#226;ches polici&#232;res. Ensuite parce que l'irruption de cabots &#224; k&#233;pi dans le paysage confirme que le fond de l'air est &#224; la r&#233;pression d&#233;complex&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le ! &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-attend' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'est-ce qu'on attend ?&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; On vous le dit tout net : on est un peu jaloux. Nous qu'on gal&#232;re comme des &lt;i&gt;oufs&lt;/i&gt; &#224; maintenir l'&#233;quilibre financier de ce journal alors qu'on fonctionne essentiellement &#224; l'huile de coude, on aimerait bien un grand raz-de-mar&#233;e financier pour nous soutenir. Mais rien, &lt;i&gt;que tchi&lt;/i&gt;, tout le monde s'en bat la breloque du Chien rouge. Et l&#224;, t'as trois poutres qui flambent, une fl&#232;che gothique qui tombe, St&#233;phane Bern qui chiale, et le monde entier balance du flouze. Et pas qu'un peu : les promesses de dons pour reconstruire la cath&#233;drale de Paris ont all&#232;grement d&#233;pass&#233; le PIB des Comores...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L250xH355/-1171-4e86f.jpg?1782683390' width='250' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;176 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le num&#233;ro 176 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait en kiosque du 4 mai au 6 juin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2928 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-8.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 905.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1786527710' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;176 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La solitude du rappeur de fond</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-solitude-du-rappeur-de-fond</link>
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		<dc:date>2013-10-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard, Sidi Gaston</dc:creator>


		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
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		<dc:subject>Shepp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Roc&#233; est un rappeur singulier. Discret mais d&#233;termin&#233;, il conna&#238;t la force du long terme sur le buzz m&#233;diatique, &#224; l'instar de son p&#232;re, Adolfo Kaminsky, faussaire au service de la lutte contre le nazisme puis contre le colonialisme. Rencontre avec une des plus fines lames de la sc&#232;ne rap. CQFD : Peux-tu nous r&#233;sumer ton parcours dans le rap ? Roc&#233; : J'ai commenc&#233; &#224; rapper au d&#233;but des ann&#233;es 1990 en d&#233;couvrant les premiers rappeurs fran&#231;ais sur radio Nova. Le c&#244;t&#233; assez sportif de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peux-tu" rel="tag"&gt;Peux-tu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Shepp" rel="tag"&gt;Shepp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Roc&#233; est un rappeur singulier. Discret mais d&#233;termin&#233;, il conna&#238;t la force du long terme sur le buzz m&#233;diatique, &#224; l'instar de son p&#232;re, Adolfo Kaminsky, faussaire au service de la lutte contre le nazisme puis contre le colonialisme. Rencontre avec une des plus fines lames de la sc&#232;ne rap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Peux-tu nous r&#233;sumer ton parcours dans le rap ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roc&#233; :&lt;/strong&gt; J'ai commenc&#233; &#224; rapper au d&#233;but des ann&#233;es 1990 en d&#233;couvrant les premiers rappeurs fran&#231;ais sur radio Nova. Le c&#244;t&#233; assez sportif de faire des rimes et de s'exprimer avec l'argot de notre g&#233;n&#233;ration m'a donn&#233; envie de faire la m&#234;me chose. J'ai fait &#231;a comme une activit&#233; extrascolaire, comme du basket ou du foot. Mes influences initiales viennent des NTM ou Minist&#232;re Amer et un peu du rap am&#233;ricain avec Public Enemy, Gangstarr ou Krs One. J'ai grandi dans le 94 (Val-de-Marne), c'est de l&#224; qu'est sorti mon premier morceau sur l'album des Different Teep (Mafia K'1 Fry) en 1997, puis j'ai continu&#233; mon parcours de mani&#232;re beaucoup plus solitaire en sortant un 1er album, &lt;i&gt;Top d&#233;part&lt;/i&gt;, en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p13-roce_-d6f92.jpg?1782970535' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yann L&#233;vy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton dernier opus, &lt;i&gt;Gunz N'Roc&#233;&lt;/i&gt;, sonne r&#233;solument hip hop et rappelle ton premier disque. En clair, le triptyque grosse caisse, charley, caisse claire est clairement mis en avant et l'&#233;nergie du texte rapp&#233; arrive l&#224;-dessus pour nous entrainer comme dans un combat de boxe. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#238;t un bon rappeur lorsqu'il sait rapper sans artifice ext&#233;rieur. C'est comme pour la nourriture, un bon plat n'est pas forc&#233;ment celui qui a le plus d'ingr&#233;dients. Le rap c'est surtout des phrases bien plac&#233;es et des jeux rythmiques. Je reviendrai toujours &#224; la base, parce que c'est l&#224; que les vrais enjeux artistiques se passent. En France, paradoxalement, le rap, qui est la musique qui se vend le plus, n'est toujours pas accept&#233; et assum&#233; comme tel. Les m&#233;dias auront toujours envie de dire &#171; &lt;i&gt;cet artiste fait du rap, mais ce n'est pas comme les autres&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; il fait du rap mais il aime la chanson&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;il fait du rap mais il a &#233;crit un livre sur la banlieue&lt;/i&gt; &#187;, etc. Donc &#224; un moment, dans cette ambiance de justifications constantes et de repentance des rappeurs, &#234;tre original c'est faire un album de rap, tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auparavant, tu avais aussi explor&#233; d'autres horizons en invitant Archie Shepp, saxophoniste l&#233;gendaire de freejazz, sur deux morceaux du sublime album &lt;i&gt;Identit&#233; en crescendo&lt;/i&gt; (2006).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu rencontr&#233; Archie Shepp lorsque je construisais &lt;i&gt;Identit&#233; en crescendo&lt;/i&gt; car je d&#233;couvrais le monde du free jazz, monde dans lequel la posture est aussi importante que la musique. Monde dans lequel l'engagement est au c&#339;ur du d&#233;bat musical. Musique qui a accompagn&#233; les luttes de lib&#233;ration, j'y ai trouv&#233; beaucoup de similitudes avec mes pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je savais qu'Archie Shepp avait un pied-&#224;-terre en France. Lorsque je l'ai rencontr&#233;, nous avons beaucoup parl&#233; musique et politique. Tout ce que le rap a subi, le sch&#233;ma de r&#233;cup&#233;ration m&#233;diatique, le contr&#244;le des artistes par les grosses radios, etc., je sais que le jazz aussi est pass&#233; par l&#224;. Certains comme Archie Shepp ont choisi de faire une musique qu'on ne peut pas r&#233;cup&#233;rer parce qu'elle n'est pas plaisante au plus grand nombre. Aujourd'hui, c'est un ami et je fais partie de sa formation Born Free avec laquelle on a pu jouer dans beaucoup de pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Si peu comprennent &#187; (2010) est un de tes titres phares, qui d&#233;tonne par son c&#244;t&#233; conscient et &#171; adulte &#187;. Comment a-t-il &#233;t&#233; accueilli ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens l'ont compris au final. C'est un morceau que j'avais besoin d'&#233;crire pour balayer les &#233;tiquettes qu'on a souvent voulu coller au rap et dans lesquelles certains rappeurs eux-m&#234;mes commen&#231;aient &#224; se complaire pour avoir acc&#232;s aux grosses radios. Cette industrie ne te laisse que deux choix : faire le gangster ou faire le gentil clown qui acquiesce sans broncher. Faire le voyou d&#233;c&#233;r&#233;br&#233; ou bien faire le jeune repenti qui remercie la R&#233;publique d'avoir fait de lui un citoyen ali&#233;n&#233;. Quoi qu'il arrive, tu existes pour eux, ni pour toi ni pour les tiens. Tu amuses leur galerie. Tu ne d&#233;ranges pas. Dans ce morceau, il y a une phrase qui a marqu&#233; beaucoup de gens &#171; &lt;i&gt;Le prenez pas pour une insulte mais je suis l'un des seuls trentenaires &#224; rapper comme un adulte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur ton dernier album, il y a un morceau qui s'appelle &#171; Habitus &#187; et qui aborde la question du d&#233;terminisme social.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela part d'un concept sociologique, qu'on trouve chez Durkheim et repris par Bourdieu, qui d&#233;crit le fait de transporter avec soi son environnement social. Ce que je traduis dans ma vie et dans ce rap par : je transporte avec moi mon quartier, les gens per&#231;oivent mon quartier dans ma fa&#231;on de m'habiller, ma d&#233;marche, mon argot. Or, tout le monde transporte son environnement &#224; travers sa mani&#232;re d'&#234;tre, les riches aussi. L'in&#233;galit&#233; commence lorsque l'on d&#233;cide de faire une hi&#233;rarchie des mani&#232;res d'&#234;tre et la mani&#232;re avec laquelle les institutions vont se permettre de traiter les citoyens qui sont en bas de leur hi&#233;rarchie (tutoiement, fouille, interpellations abusives). Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes pour le pays des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre auteur-compositeur de rap permet-il de vivre de son travail sans avoir recours &#224; la fausse monnaie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part oui, m&#234;me si je n'ai jamais pu m'emp&#234;cher de multiplier les plans B, &#224; cause d'un temp&#233;rament hyperactif. Aussi, &#224; notre &#233;poque, vivoter gr&#226;ce aux avances de la maison de disque, ce n'est plus le mod&#232;le standard. Aujourd'hui c'est la d&#233;brouille, tu dois savoir tout faire, le r&#244;le du directeur artistique, le r&#244;le du manageur, tout &#231;a d&#233;pend de toi. Et si y a pas d'argent pour promouvoir le projet ? Bah, tu vas bosser. Et c'est tr&#232;s bien comme &#231;a. Il ne faut pas confondre la musique et l'industrie du disque. Je choque des gens quand je dis &#231;a, mais pour moi, plus l'industrie du disque va mal, plus la musique va bien. Quand l'industrie cesse de tout ficeler, c'est l&#224; que les vieux r&#233;seaux se brisent et que se cr&#233;ent de nouvelles &#233;nergies. C'est l&#224; que l'objectivit&#233; artistique reprend la place qu'elle avait laiss&#233;e au consensus, au piston, au copinage incestueux des majors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on pense &#224; ton engagement dans le rap, on ne peut s'emp&#234;cher de le relier &#224; ton histoire familiale : en quoi le parcours extraordinaire de ton p&#232;re, Adolfo Kaminsky&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sa biographie &#233;crite par Sarah Kaminsky, Une Vie de faussaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, qui a &#233;t&#233; en quelque sorte dans l'underground de la grande histoire des r&#233;sistants &#224; l'oppression, est-il une source d'inspiration ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parcours de mon p&#232;re est un exemple. &#199;a m'a donn&#233; la conscience du &#171; long terme &#187;. Il a sauv&#233; des milliers de vie, il a form&#233; des r&#233;seaux de faussaires, il a pass&#233; la majeure partie de sa vie dans la clandestinit&#233;, si bien que beaucoup de ses proches pensaient qu'il &#233;tait mort jusqu'il n'y a pas tr&#232;s longtemps. C'est seulement aujourd'hui qu'il peut observer le r&#233;sultat du combat de toute une vie. Combat qui pour lui est la &#171; moindre des choses &#187; vu qu'il consid&#232;re qu'il a agi en tant qu'humaniste. Trop humaniste pour cette humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup dans ma vie de tous les jours, je ne suis pas impressionn&#233; par grand-chose. Les Mesrine ou les Che, les r&#233;volutionnaires de la cause du bout de leur nez, pleins de testost&#233;rone et de belles phrases hyst&#233;riques, ne me touchent pas. Je ne suis sensible qu'aux combats discrets construits sur le long terme, et o&#249; la lumi&#232;re est pos&#233;e sur une id&#233;e plut&#244;t que sur la personne qui en parle. Un jour, j'esp&#232;re pouvoir &#233;crire un texte sur mon p&#232;re, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re est all&#233; &#224; contre-courant des discours dominants en faisant ce qu'il faisait. Je ne pense pas qu'on puisse s'imaginer la force de son courage solitaire, surtout &#224; notre &#233;poque o&#249; l'on a besoin de publier sur les r&#233;seaux sociaux la moindre bonne action, avec le besoin imm&#233;diat d'&#234;tre applaudi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard portes-tu sur la parole des rappeurs&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On &#233;voque ici le rappeur marocain El Haqed qui a pass&#233; des mois en prison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui cherche &#224; se lib&#233;rer outre-M&#233;diterran&#233;e et aux emb&#251;ches qu'elle rencontre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se battent pour changer le monde et ils sont courageux. Je trouve que la libert&#233; d'expression est un bon barom&#232;tre pour avoir une id&#233;e des dirigeants du pays dont on parle. Pourtant quelque chose me d&#233;range dans la mani&#232;re bien &#171; fran&#231;aise &#187; de d&#233;crypter ce qui se passe ailleurs, sous un angle tr&#232;s ethnocentr&#233;. En France, j'ai l'impression que les gens se disent &#171; &lt;i&gt;T'as vu ? &#231;a y est, ils vont &#234;tre comme nous !&lt;/i&gt; &#187;. Heu&#8230; j'esp&#232;re pas pour eux. Ils sont peut-&#234;tre en avance sur nous, la preuve, ils se r&#233;voltent. Et je n'esp&#232;re qu'une chose, c'est que quand un pays se r&#233;volte, il avance dans la coh&#233;rence de sa propre culture, plut&#244;t que dans l'ali&#233;nation postcoloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs si nous prenons comme barom&#232;tre la libert&#233; d'expression, la France, vue de l'ext&#233;rieur comme de l'int&#233;rieur, ne se porte pas tr&#232;s bien non plus. Si je me cantonne au rap, je pense &#224; NTM avec &#171; &lt;i&gt;J'appuie sur la g&#226;chette&lt;/i&gt; &#187;, &#224; Minist&#232;re AMER, &#224; Mr R, &#224; Youssoupha, &#224; Sniper, M&#233;dine, La Rumeur, Orelsan et la liste est encore longue, je pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Sidi Gaston et Mathieu L&#233;onard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir sa biographie &#233;crite par Sarah Kaminsky, &lt;i&gt;Une Vie de faussaire&lt;/i&gt;, Calmann-L&#233;vy, 2009. Et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;72 : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-vraie-vie-d-un-faussaire'&gt;La vraie vie d'un faussaire&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On &#233;voque ici le rappeur marocain &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Haqed&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Haqed&lt;/a&gt; qui a pass&#233; des mois en prison pour son insolence envers le roi, ou encore le Tunisien &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=6owW_Jv5ng4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Weld El 15&lt;/a&gt; qui avait &#233;cop&#233; d'une sentence de deux ans de prison ferme, commu&#233;e, le 2 juillet, &#224; 4 mois avec sursis, pour avoir trait&#233; les policiers de &#171; &lt;i&gt;klebs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rap against the machine</title>
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		<dc:date>2012-11-08T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entre flicage permanent et &#233;ruptions intermittentes de fi&#232;vre m&#233;diatique, la banlieue cherche des failles pour dealer ses col&#232;res en contrebande. Et si cr&#233;er c'est r&#233;sister, l'adage gagne en force quand on ma&#238;trise la cha&#238;ne menant de la fabrication &#224; la diffusion de son art dissident. Un badaud : &#171; Et vous, vous faites quoi ? &#187; &#171; Nous, on fait du rap militant et libertaire. &#187; &#171; Ah bon ? &#199;a existe &#231;a ? &#187;, fait le type, dubitatif. Skalpel sourit. Derri&#232;re lui, une affiche en noir et blanc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libertaire-13635" rel="tag"&gt;libertaire.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre flicage permanent et &#233;ruptions intermittentes de fi&#232;vre m&#233;diatique, la banlieue cherche des failles pour dealer ses col&#232;res en contrebande. Et si cr&#233;er c'est r&#233;sister, l'adage gagne en force quand on ma&#238;trise la cha&#238;ne menant de la fabrication &#224; la diffusion de son art dissident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_462 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH292/103cattelain-75541.jpg?1782665475' width='400' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un badaud : &lt;i&gt;&#171; Et vous, vous faites quoi ? &#187; &#171; Nous, on fait du rap militant et libertaire. &#187; &#171; Ah bon ? &#199;a existe &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt;, fait le type, dubitatif. Skalpel sourit. Derri&#232;re lui, une affiche en noir et blanc annonce la couleur : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes en guerre pas pour la paix mais la victoire ! &#187;&lt;/i&gt; Au-dessus, le nom de sa nouvelle formation musicale : Premi&#232;re ligne&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La prochaine galette, &#233;ponyme, est attendue pour d&#233;cembre.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;mantique proche du jargon insurrectionnel et de la guerre civile qui, selon certains, se tisse et se trame dans les banlieues. On s'en doutait, Premi&#232;re ligne est un trio qui donne dans le rap hardcore. Aux manettes, on trouve DJ Akye, tandis qu'ils sont deux &#224; se partager le micro : E.One (ancien du groupe Eskicit) et Skalpel (ancien de la K-Bine). &lt;i&gt;&#171; On fait un rap fran&#231;ais engag&#233;, histoire de montrer que le cr&#233;neau n'est pas seulement occup&#233; par le rock ou le punk. On revendique une musique ind&#233;pendante et alternative, dans laquelle on essaie de mixer nos aspirations libertaires aux revendications des banlieues &#187;&lt;/i&gt;, explique Skalpel. Les textes plongent donc leurs racines dans le b&#233;ton de ces grands ensembles urbains qui bouchent l'horizon outre p&#233;riph'. Sauf que l&#224; o&#249; certains se bornent &#224; des descriptions sans fin d'un quotidien mis&#233;rable (ch&#244;mage, racisme, harc&#232;lement policier), le trio est d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; l'&#233;tape suivante : la contre-offensive sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fournir l'artillerie lourde, les lascars ont mis en place une structure, &lt;a href=&#034;http://www.bboykonsian.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BBoyKonsian&lt;/a&gt;, un m&#233;dia alternatif prot&#233;iforme. Skalpel : &lt;i&gt;&#171; Sur internet, la plateforme BBoyKonsian est l&#224; pour essayer de f&#233;d&#233;rer la sc&#232;ne rap militante et alternative. &#187;&lt;/i&gt; P&#234;le-m&#234;le, on y trouve des news, des sons, des forums mais aussi des textes critiques et des brochures &#224; t&#233;l&#233;charger. Parall&#232;lement, le site prend en charge une partie de la distribution musicale avec son espace r&#233;serv&#233; &#224; la vente en ligne. L'id&#233;e &#233;tant de ma&#238;triser les processus de cr&#233;ation, production et diffusion en faisant la nique aux circuits commerciaux traditionnels. Enfin, depuis peu, BBoyKonsian s'est lanc&#233; dans l'&#233;dition. Trois livres sont d&#233;j&#224; publi&#233;s dans la collection &lt;a href=&#034;http://www.bboykonsian.com/betonarmee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; B&#233;ton Arm&#233;E &#187;&lt;/a&gt;, des bouquins secs et nerveux, entre fiction et chronique sociale, avec toujours la banlieue en toile de fond&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2030 : Nouvelles d'un monde qui tombe (Collectif), Le Th&#233;or&#232;me de la Hoggra (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Des livres pas chers, &lt;i&gt;&#171; car le public qu'on vise n'a pas forc&#233;ment la thune &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre soir&#233;es de soutien aux fr&#232;res Kamara de Villiers-le-Bel, concerts pour les sans-paps et une f&#234;te de la musique &#233;dition 2012 c&#233;l&#233;br&#233;e&#8230; &#224; 500 m&#232;tres de la prison de la Sant&#233;, les animateurs de BBoyKonsian ont &#224; c&#339;ur de garder un maximum de lucidit&#233; sur les id&#233;es qu'ils portent et les personnes &#224; qui ils s'adressent. &lt;i&gt;&#171; La d&#233;politisation dans les quartiers, tu la ressens &#233;videmment. Lorsqu'on tient des tables de presse, on vend des keffiehs parce que les jeunes qui nous &#233;coutent s'identifieront plus facilement &#224; la cause palestinienne qu'&#224; la r&#233;volution espagnole de 36 &#187;&lt;/i&gt;, analyse Skalpel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils d'immigr&#233;s uruguayens anciens Tupamaros, notre rappeur n'est pas dupe des soubassements racistes sur lesquels se basent les r&#233;cents soubresauts la&#239;cards : &lt;i&gt;&#171; Regarde ces activistes pr&#234;ts &#224; faire 5 000 km pour aller soutenir les Indiens du Chiapas &#8211; qui ont leur propre spiritualit&#233; chamanique &#8211; et qui font la grimace lorsqu'il s'agit de donner un coup de main aux musulmans des banlieues parisiennes. On peut avoir une critique politique de la religion, mais &#231;a ne nous emp&#234;che pas de lutter au c&#244;t&#233; de gens qui ont une certaine spiritualit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La prochaine galette, &#233;ponyme, est attendue pour d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2030 : Nouvelles d'un monde qui tombe (Collectif), Le Th&#233;or&#232;me de la Hoggra (M. Rigouste) et Fables de la m&#233;lancolie (Skalpel).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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