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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le grand complot de la grande loge du grand chien rouge reptilien</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 1er juillet dernier, &#224; 22 h, dans la derni&#232;re ligne droite du bouclage de notre dernier num&#233;ro, l'ambiance &#233;tait clairement &#252;ber-louche dans notre local de la rue Consolat. Pas de lumi&#232;re, hormis deux cand&#233;labres charg&#233;s de bougies aux senteurs musqu&#233;es. Quelques signaux cabalistiques trac&#233;s &#224; la craie sur le mur l&#233;preux situ&#233; derri&#232;re les bureaux du chef. Et des silhouettes encapuchonn&#233;es assises par terre en demi-cercle, avec un je-ne-sais-quoi de reptilien inscrit sur leurs faci&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernier" rel="tag"&gt;dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniere-ligne" rel="tag"&gt;derni&#232;re ligne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juillet" rel="tag"&gt;juillet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet dernier, &#224; 22 h, dans la derni&#232;re ligne droite du bouclage de notre dernier num&#233;ro, l'ambiance &#233;tait clairement &#252;ber-louche dans notre local de la rue Consolat. Pas de lumi&#232;re, hormis deux cand&#233;labres charg&#233;s de bougies aux senteurs musqu&#233;es. Quelques signaux cabalistiques trac&#233;s &#224; la craie sur le mur l&#233;preux situ&#233; derri&#232;re les bureaux du chef. Et des silhouettes encapuchonn&#233;es assises par terre en demi-cercle, avec un je-ne-sais-quoi de reptilien inscrit sur leurs faci&#232;s blafards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure &#233;tait grave. On le percevait &#224; la mani&#232;re dont tournait fr&#233;n&#233;tiquement entre les inqui&#233;tants participants l'instrument privil&#233;gi&#233; du culte occulte se jouant ici : une feuille comptable recouverte de chiffres obscurs soulign&#233;s de rouge, dont la lecture semblait leur insuffler un surplus de f&#233;brilit&#233; mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perch&#233; sur un tr&#244;ne Ikea rouge sang, le chef ressemblait &#224; un cosaque de l'ancien temps, avec une perfide moustache, des yeux rouge&#226;tres et un maintien de corps trompeusement aristocratique. Se levant d'un bond, comme envo&#251;t&#233;, il r&#233;suma la teneur du probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Camarades de la Soci&#233;t&#233; du Rouge-Chien, nos caisses sont vides, archi-vides. Comment porter au plus grand monde notre propagande anarcho-illuminato-destructrice dans ces conditions ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un haussement d'&#233;paules d&#233;sabus&#233; agita les pr&#233;sents, comme une vague infinie s'&#233;talant sur une plan&#232;te plate. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois que le th&#232;me &#233;tait abord&#233;, oh que non, tant les porteurs de la V&#233;rit&#233; sont rarement b&#233;nis par une opulence financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On allait en rester l&#224;, pi&#232;tres conspirateurs, quand une petite voix s'&#233;leva, comme un miaulement d'alien : &#171; &lt;i&gt;Et si...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une nouvelle recrue, tout juste intronis&#233;e dans le c&#233;nacle supr&#234;me apr&#232;s un passage remarqu&#233; par Radio Grenouille, o&#249; elle avait notamment d&#233;croch&#233; un entretien avec Elvis Presley. Intimid&#233;e par la robustesse des esprits rassembl&#233;s, elle n'osait formuler son id&#233;e. On la tan&#231;a vertement, tant et si bien qu'elle cracha le morceau, d&#233;voilant au passage une langue qui avait tout de celle du l&#233;zard :
&#171; &lt;i&gt;Si on mentait sur le prix en couverture ? Genre on affiche 4 euros alors que le prix d'un num&#233;ro d'&#233;t&#233; est de 5 euros ? Vous imaginez la port&#233;e du truc ? Quand les gens passeront &#224; la caisse, le code-barre affichera 5, cassant le continuum-symbiotique de la couverture. Les lecteurs deviendront fous, tiraill&#233;s entre deux v&#233;rit&#233;s. L'&#233;meute ne sera pas loin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un frisson collectif nous parcourut. Oui, c'&#233;tait diablement bien pens&#233;. &lt;i&gt;Primo&lt;/i&gt;, nos revenus exploseraient au-del&#224; de toute esp&#233;rance. &lt;i&gt;Secundo&lt;/i&gt;, le syst&#232;me marchand risquerait fort d'&#234;tre &#233;branl&#233; jusque dans ses tr&#233;fonds par cet ing&#233;nieux tour de passe-passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques minutes de discussion, nous &#233;tions tous d'accord : notre soci&#233;t&#233; secr&#232;te du Rouge-Chien perp&#233;tuerait cet acte de foi, faussant la v&#233;rit&#233; spectaculaire-marchande sur la couverture m&#234;me de notre cr&#233;ation. Nous avons scell&#233; notre accord en sacrifiant un p&#226;t&#233; de foie qui tra&#238;nait au frigo pendant que notre graphiste commettait l'irr&#233;parable en grignotant des chips saveur &lt;i&gt;spicy&lt;/i&gt;. Puis nous sommes partis imprimer ce num&#233;ro maudit en chantant des psaumes cathares, plus que jamais d&#233;termin&#233;s &#224; faire r&#233;gner la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le complot, y'a que &#231;a de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Ouais bah &#231;a va, hein. &#199;a vous est jamais arriv&#233; de vous planter ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;((Toutes nos excuses aux lecteurs, lectrices, kiosquiers et kiosqui&#232;res importun&#233;s par cet acte de pure malveillance.))&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nippon, ni con</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nippon-ni-con</link>
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		<dc:date>2012-10-05T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>juillet dernier</dc:subject>
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		<dc:subject>Fukushima</dc:subject>
		<dc:subject>Parlement</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 5 juillet dernier, une commission d'enqu&#234;te mandat&#233;e par le Parlement japonais a fait le point sur la catastrophe de Fukushima. Pour les rapporteurs, &#171; il est clair que cet accident est un d&#233;sastre cr&#233;&#233; par l'homme &#187;. Tout se passe comme si les d&#233;sastres nucl&#233;aires pouvaient &#234;tre &#8211; au-del&#224; des diff&#233;rents degr&#233;s de responsabilit&#233; qui n'int&#233;ressent, in fine, que les assureurs &#8211; autre chose qu'un d&#233;sastre cr&#233;&#233; par l'homme. Bien s&#251;r, ce rapport prend &#224; contre-pied celui mandat&#233; par Tepco, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juillet" rel="tag"&gt;juillet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fukushima" rel="tag"&gt;Fukushima&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parlement-japonais" rel="tag"&gt;Parlement japonais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desastre-cree" rel="tag"&gt;d&#233;sastre cr&#233;&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desastres-nucleaires" rel="tag"&gt;d&#233;sastres nucl&#233;aires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 5 juillet dernier, une commission d'enqu&#234;te mandat&#233;e par le Parlement japonais a fait le point sur la catastrophe de Fukushima. Pour les rapporteurs, &lt;i&gt;&#171; il est clair que cet accident est un d&#233;sastre cr&#233;&#233; par l'homme &#187;&lt;/i&gt;. Tout se passe comme si les d&#233;sastres nucl&#233;aires pouvaient &#234;tre &#8211; au-del&#224; des diff&#233;rents degr&#233;s de responsabilit&#233; qui n'int&#233;ressent, in fine, que les assureurs &#8211; autre chose qu'un d&#233;sastre cr&#233;&#233; par l'homme. Bien s&#251;r, ce rapport prend &#224; contre-pied celui mandat&#233; par Tepco, le propri&#233;taire de la centrale, afin de se disculper. Mais dans un pays se trouvant dans une zone de subduction de quatre plaques tectoniques, vivant dans la crainte du big one &#224; l'ombre des rapports de la gestion du risque, qui pouvait sinc&#232;rement croire &#224; de telles inepties ? Ce rapport a donc cet infime m&#233;rite de dire, par voix d'expert, ce que tout le monde savait : que Tepco et le gouvernement racontaient des bobards et que le nucl&#233;aire est &#233;videmment un des nombreux d&#233;sastres, non seulement cr&#233;&#233;s, mais aussi revendiqu&#233;s, par certains hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre mensonge du gouvernement japonais le prouve. Celui du risque de p&#233;nurie &#233;nerg&#233;tique, qui n&#233;cessite, selon eux, le red&#233;marrage du r&#233;acteur 3 de la centrale nucl&#233;aire d'&#212;i, le 5 juillet, et celui du r&#233;acteur 4, le 18 juillet. Des chiffres douteux ont &#233;t&#233; avanc&#233;s par le gouvernement de Yoshihiko Noda&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://fukushima.over-blog.fr/artic....&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour justifier ce coup de force, avant toute r&#233;flexion publique sur la poursuite du nucl&#233;aire au Japon. Face &#224; ces &#171; bouffonneries &#187; gouvernementales, une occupation de la centrale a &#233;t&#233; tent&#233;e et, chose que l'on n'avait pas vue depuis des lustres au Japon, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent, toutes les semaines, devant la r&#233;sidence du Premier ministre pour protester contre le red&#233;marrage des r&#233;acteurs. Proposant notamment &#224; Noda de laver l'affront fait au peuple par le hara-kiri. Sage proposition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://fukushima.over-blog.fr/article-redemarrage-d-oi-mensonges-et-opacite-generalises-107628434.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://fukushima.over-blog.fr/artic...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Explosion de la dette</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Explosion-de-la-dette</link>
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		<dc:date>2011-11-29T07:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


		<dc:subject>Berth</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 26 juillet, l'agence Moody's a d&#233;grad&#233; Chypre. Cette mauvaise note ravive la crainte que l'&#238;le devienne le quatri&#232;me pays de la zone euro &#224; qu&#233;mander un plan de sauvetage. Pourquoi ? Ses fragiles finances ont re&#231;u le coup de gr&#226;ce apr&#232;s l'exposition au soleil de quelques conteneurs&#8230; Un petit programme d'aust&#233;rit&#233; se mitonnait d&#233;j&#224; dans les bureaux du minist&#232;re de l'&#201;conomie chypriote quand, le 11 juillet dernier, une &#233;norme explosion, qu'on entendit jusqu'&#224; vingt kilom&#232;tres &#224; la ronde, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernement" rel="tag"&gt;gouvernement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juillet" rel="tag"&gt;juillet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enorme-explosion" rel="tag"&gt;&#233;norme explosion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on-entendit" rel="tag"&gt;qu'on entendit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mitonnait-deja" rel="tag"&gt;mitonnait d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Evangelos-Florakis" rel="tag"&gt;Evangelos Florakis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/entendit-jusqu-a" rel="tag"&gt;entendit jusqu'&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Economie-chypriote" rel="tag"&gt;l'&#201;conomie chypriote&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militaire-Evangelos" rel="tag"&gt;militaire Evangelos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-programme" rel="tag"&gt;petit programme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 26 juillet, l'agence Moody's a d&#233;grad&#233; Chypre. Cette mauvaise note ravive la crainte que l'&#238;le devienne le quatri&#232;me pays de la zone euro &#224; qu&#233;mander un plan de sauvetage. Pourquoi ? Ses fragiles finances ont re&#231;u le coup de gr&#226;ce apr&#232;s l'exposition au soleil de quelques conteneurs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un petit programme d'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt; se mitonnait d&#233;j&#224; dans les bureaux du minist&#232;re de l'&#201;conomie chypriote quand, le 11 juillet dernier, une &#233;norme explosion, qu'on entendit jusqu'&#224; vingt kilom&#232;tres &#224; la ronde, a &#233;branl&#233; le sud de l'&#238;le. Elle provenait de la base navale militaire Evangelos Florakis, pr&#232;s de la ville de Mari. Depuis le 13 f&#233;vrier 2009, rien moins que quatre-vingt-dix-huit conteneurs d'armement y &#233;taient stock&#233;s, expos&#233;s aux intemp&#233;ries et &#224; la chaleur &#8211; jusqu'&#224; 42&#186;C l'&#233;t&#233;. Des chefs de l'arm&#233;e avaient bien averti qu'un des conteneurs, rempli de poudre &#224; canon, s'&#233;tait d&#233;form&#233; et laissait &#233;chapper des gaz, mais sans &#233;branler quiconque jusqu'&#224; ce qu'un incendie se d&#233;clare ce 11 juillet, &#224; quatre heures du matin. Hors contr&#244;le, le feu fera exploser l'arsenal deux heures plus tard, tuant treize personnes parmi les pompiers et le personnel militaire et blessant soixante autres. Les portes et fen&#234;tres des villages voisins ont vol&#233; en &#233;clats et, au lever du jour, des d&#233;bris m&#233;talliques jonchaient l'autoroute toute proche. Mais parmi les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels, on d&#233;plore surtout ceux dont a souffert la centrale thermique qui fournit 60 % de l'&#233;nergie &#233;lectrique de la partie grecque de l'&#238;le. Voisine de la base navale, elle a &#233;t&#233; presque enti&#232;rement d&#233;truite par la d&#233;flagration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH259/93_berth_Chypre-f5f54.png?1782660030' width='400' height='259' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que l'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; chaud pour les Chypriotes. Il a d'abord fallu r&#233;duire drastiquement la consommation d'&#233;lectricit&#233;, avec des coupures &#224; r&#233;p&#233;tition. Et, par effet domino, arr&#234;ter les usines de d&#233;salinisation d'eau de mer, donnant lieu &#224; des coupures d'eau. Au sein du gouvernement, quelques t&#234;tes sont tomb&#233;es et des manifestations se sont succ&#233;d&#233; devant le palais pr&#233;sidentiel. Le 18 juillet, une fois &#233;tablie l'ardoise du sinistre &#8211; pr&#232;s d'un milliard d'euros sur un PIB de 17,4 &#8211; le directeur de la Banque centrale de Chypre &#233;crit au pr&#233;sident Demetris Christofias que, compte tenu des &lt;i&gt;&#171; derniers &#233;v&#233;nements &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; pour &#233;viter le pire, y compris l'admission au sein d'un m&#233;canisme de soutien [...], de nouvelles mesures drastiques doivent &#234;tre prises imm&#233;diatement &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://fr.reuters.com/article/frEur....&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. D&#232;s le 22 juillet, le gouvernement et l'opposition s'accordent sur un plan d'aust&#233;rit&#233; incluant une r&#233;duction des d&#233;penses publiques et la privatisation de la Bourse de Nicosie&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://fr.reuters.com/article/frEur....&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Mais rien n'y fait, le 27, l'impitoyable Moody's baisse la note de Chypre de &#171; moyenne &#187; &#224; &#171; moyenne inf&#233;rieure &#187;, arguant que les inqui&#233;tudes quant &#224; sa situation budg&#233;taire se voyaient amplifi&#233;es par l'explosion&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.euractiv.fr/degradation-note-ch....&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le lendemain, le gouvernement d&#233;missionne en bloc et, en cadeau, c'est au tour de Standard &amp; Poor's de d&#233;grader la dette souveraine de Chypre le surlendemain. Le nouveau gouvernement, nomm&#233; le 5 ao&#251;t, supplie alors les syndicats du secteur public de se plier au programme d'aust&#233;rit&#233; et augmente illico la TVA. Cela n'emp&#234;chera pas de mendier quelques millions &#224; l'ext&#233;rieur, sauf que, au vu des magnifiques r&#233;sultats de l'aide europ&#233;enne en Gr&#232;ce, le gouvernement chypriote pr&#233;f&#233;rera sans doute solliciter la Russie de Poutine qui, au moins publiquement, n'exige &#171; que &#187; le paiement des int&#233;r&#234;ts&#8230; Le 10 ao&#251;t, l'agence Fitch rattrape son retard et plombe elle aussi la note de l'&#238;le. T&#233;tanis&#233;e par une crainte quasi religieuse, la population attend depuis avec fatalisme les premiers effets concrets de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'o&#249; venaient ces conteneurs d'armement ? Des m&#233;andres et autres sph&#232;res opaques de la g&#233;opolitique mondiale. Le 13 f&#233;vrier 2009, ils &#233;taient d&#233;charg&#233;s du Monchegorsk, bateau russe battant pavillon chypriote, en provenance d'Iran et se dirigeant vers la Syrie. Prises en flagrant d&#233;lit de rupture de l'embargo impos&#233; &#224; l'Iran en mati&#232;re d'exportation d'armes &#8211; d&#233;lit constat&#233; par une inspection de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en mer Rouge &#8211;, les autorit&#233;s chypriotes sont somm&#233;es de retenir le cargo au port de Limassos et d'en saisir la cargaison. Mais tout en obtemp&#233;rant aux diktats des &#201;tats-Unis et de l'ONU, le pr&#233;sident Christofias s'arrange pour ne pas trop froisser l'Iran et la Syrie. Il place l'arsenal sous surveillance de la Garde nationale &#224; l'int&#233;rieur de la base militaire, tout en assurant Damas et T&#233;h&#233;ran que personne n'y touchera. Les offres de prise en charge par des pays tiers sont rejet&#233;es, y compris celle de l'ONU. L'arsenal n'est ni d&#233;truit, ni vendu, ni inspect&#233;. Il croupit sur place pendant deux ans&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces d&#233;tails ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s par l'investigation du juge ind&#233;pendant Polys (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, jusqu'au jour o&#249;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, r&#233;sultat de ces finesses diplomatiques, autant que du capitalisme financiaris&#233;, c'est encore une fois le plus grand nombre qui va se prendre les cons&#233;quences de pareille incurie en pleine poire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE76J0D320110720&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://fr.reuters.com/article/frEur...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE76L10Y20110722&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://fr.reuters.com/article/frEur...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.euractiv.fr/degradation-note-chypre-article#print&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.euractiv.fr/degradation-note-ch...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces d&#233;tails ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s par l'investigation du juge ind&#233;pendant Polys Polyviou, qui m&#233;rite bien cet adjectif. Proche du parti au pouvoir, il conclut dans son rapport de 600 pages &#224; une responsabilit&#233; politique et personnelle du pr&#233;sident lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le temps des Milan</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Il n'y avait pas le choix, il fallait intervenir militairement en Libye pour sauver les civils. C'&#233;tait il y a quatre mois. Depuis, c'est la guerre : les civils, on les bombarde ou on leur fournit des missiles Milan&#8230; C'est marrant : la France en vendait d&#233;j&#224; &#224; Kadhafi. La une de Lib&#233;ration du lundi 21 mars &#233;tait sans appel. En arri&#232;re plan, un avion F16 am&#233;ricain d&#233;collait dans la nuit, des grappes de missiles sous les ailes. En titre : &#171; Avec les insurg&#233;s de Benghazi &#8211; &#8220;Kadhafi allait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/missiles-Milan" rel="tag"&gt;missiles Milan.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y avait pas le choix, il fallait intervenir militairement en Libye pour sauver les civils. C'&#233;tait il y a quatre mois. Depuis, c'est la guerre : les civils, on les bombarde ou on leur fournit des missiles Milan&#8230; C'est marrant : la France en vendait d&#233;j&#224; &#224; Kadhafi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La une&lt;/strong&gt; de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du lundi 21 mars &#233;tait sans appel. En arri&#232;re plan, un avion F16 am&#233;ricain d&#233;collait dans la nuit, des grappes de missiles sous les ailes. En titre : &#171; Avec les insurg&#233;s de Benghazi &#8211; &#8220;Kadhafi allait commettre un massacre&#8221;. &#187; Difficile, apr&#232;s &#231;a, d'&#233;mettre la moindre objection sur le bien-fond&#233; de l'intervention militaire occidentale en Libye. Quatre mois plus tard, l'Organisation du trait&#233; de l'Atlantique Nord (Otan) a toujours l'arme au poing. Au 7 juillet, elle affiche 2 700 cibles militaires bombard&#233;es en Libye, et ne reconna&#238;t qu'une petite bavure sur des civils le 19 juin dernier &#224; Tripoli. Pour participer &#224; la petite sauterie, la France a d&#233;j&#224; mis au pot 160 millions d'euros&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres avanc&#233;s par Val&#233;rie P&#233;cresse, ministre du Budget, dans le JDD du 9 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Quant &#224; la Maison Blanche, elle estime que le co&#251;t de l'op&#233;ration sera, en septembre prochain, de 1,1 milliard de dollars&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon un rapport de la Maison Blanche publi&#233; par le New York Times du 15 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; . Mais, depuis le 19 mars, l'objectif est clair : il faut faire d&#233;guerpir le despote. Co&#251;te que co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;solution 1973&lt;/strong&gt; du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies permettant &lt;i&gt;&#171; toutes les mesures n&#233;cessaires &#187;&lt;/i&gt; (pour prot&#233;ger les populations civiles, mais oublions), pourquoi ne pas utiliser des h&#233;licopt&#232;res de combat (c'est fait, depuis le 4 juin) et profiter d'op&#233;rations humanitaires pour parachuter des armes aux tribus berb&#232;res du Djebel Nefousa, au sud-est de Tripoli (c'est fait, par la France, en mai dernier : lance-roquettes, fusils d'assaut, mitrailleuses et missiles antichar Milan) ? &lt;i&gt;&#171; Se pose la question de la l&#233;gitimit&#233; de [ces] parachutages au regard des r&#233;solutions 1970 et 1973&lt;/i&gt;, fait remarquer le Groupe de recherche et d'information sur la paix (GRIP) dans une note du 4 juillet dernier&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.grip.org.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;La premi&#232;re r&#233;solution fixe clairement un embargo sur tous les types d'armes pour tout le territoire. &#187;&lt;/i&gt; Oui, mais maintenant que c'est la guerre, on ne va pas la faire &#224; main nue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un envoy&#233; sp&#233;cial&lt;/strong&gt; de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; (&#233;dition du 6 juillet 2011) a recueilli le t&#233;moignage de rebelles utilisant les fameux missiles parachut&#233;s, missiles produits par la soci&#233;t&#233; MBDA, une filiale du groupe europ&#233;en EADS (Lagard&#232;re and co). Mais, stupeur, les rebelles, &#171; en examinant les caisses de munitions laiss&#233;es une heure plus t&#244;t par les forces kadhafistes [&#8230;] ont d&#233;couvert trois lanceurs de missiles Milan. &#187; Voil&#224; qui n'est point &#233;tonnant, puisqu'il s'av&#232;re que MBDA a livr&#233; &#224; Tripoli, entre 2008 et 2010, mille missiles de ce type ainsi que cent postes de tirs. Un des fils Kadhafi, Seif el-Islam, a fi&#232;rement pr&#233;sent&#233; cette commande de 168 millions d'euros paraph&#233;e en 2007 &#8211; juste apr&#232;s la lib&#233;ration des infirmi&#232;res bulgares &#8211; de la sorte :&lt;i&gt; &#171; Vous savez que c'est le premier accord de fourniture d'armes par un pays occidental &#224; la Libye ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Guisnel, Armes de corruption massive, secrets et combines des marchands (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Rappelons toutefois que &lt;i&gt;&#171; certaines sources &#187;&lt;/i&gt; &#8211; a priori proches de MBDA &#8211; affirmaient au magazine &lt;i&gt;L'Usine nouvelle&lt;/i&gt; le 3 mars dernier qu'&#171; &lt;i&gt; il n'est pas certain que l'arm&#233;e libyenne soit en mesure d'utiliser ces armements &#187;&lt;/i&gt; puisque &lt;i&gt;&#171; les formateurs de MBDA &#233;taient en cours de mission lorsque la r&#233;volution a d&#233;marr&#233;. Ces formateurs ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement exfiltr&#233;s vers la France. &#187;&lt;/i&gt; On n'en doute pas. Mais, manque de bol, le rebelle rencontr&#233; par le journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; confie : &lt;i&gt;&#171; On a l'habitude d'utiliser diff&#233;rents types de roquettes, on a rapidement compris comment fonctionnaient les Milan. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc&lt;/strong&gt;, tout le monde sait s'en servir. Voil&#224; une belle victoire de la d&#233;mocratie : anti- comme pro-Kadhafi s'&#233;charpent avec du mat&#233;riel sorti de nos usines d'armement. Mat&#233;riel qui pourrait encore faire des heureux puisque le bruit court qu'Al Qa&#239;da au Maghreb islamique (Aqmi) profiterait du foutoir ambiant pour s'approvisionner en armes. Mais qu'importe : si cela s'av&#232;re &#234;tre le cas, on lancera une guerre contre le terrorisme &#8211; et pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/nardo_maliet-6353e.png?1782653442' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres avanc&#233;s par Val&#233;rie P&#233;cresse, ministre du Budget, dans le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; du 9 juillet 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon un rapport de la Maison Blanche publi&#233; par le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; du 15 juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.grip.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.grip.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean Guisnel, &lt;i&gt;Armes de corruption massive, secrets et combines des marchands de canon&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#232;ves du 91</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-91</link>
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		<dc:date>2011-08-19T06:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>juin</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline</dc:subject>
		<dc:subject>juillet</dc:subject>
		<dc:subject>James</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;rone</dc:subject>
		<dc:subject>Couverture sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Gaston</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Couverture sociale &gt; Le 9 juin 2011, James R. Verone a sollicit&#233; une banque de la ville de Gaston, en Caroline du Sud. Apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'il &#233;tait arm&#233;, il a exig&#233; qu'on lui donne un dollar, puis s'est assis en attendant la police. Apr&#232;s dix-sept ans pass&#233;s comme livreur chez Coca-Cola, d'o&#249; il a &#233;t&#233; licenci&#233;, il a surtout besoin de soins : il souffre de maux de dos, d'arthrite et d'un syndrome du canal carpien. Son petit boulot dans une &#233;picerie du coin ne lui permet pas de se les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Couverture sociale &gt;&lt;/strong&gt; Le 9 juin 2011, James R. Verone a sollicit&#233; une banque de la ville de Gaston, en Caroline du Sud. Apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'il &#233;tait arm&#233;, il a exig&#233; qu'on lui donne un dollar, puis s'est assis en attendant la police. Apr&#232;s dix-sept ans pass&#233;s comme livreur chez Coca-Cola, d'o&#249; il a &#233;t&#233; licenci&#233;, il a surtout besoin de soins : il souffre de maux de dos, d'arthrite et d'un syndrome du canal carpien. Son petit boulot dans une &#233;picerie du coin ne lui permet pas de se les offrir. Imm&#233;diatement incarc&#233;r&#233;, il devrait &#234;tre condamn&#233; &#224; une peine inf&#233;rieure &#224; trois ans de prison : le temps, esp&#232;re-t-il, d'&#234;tre soign&#233;. Depuis la r&#233;forme de la S&#233;cu d'Obama, le non-paiement des th&#233;rapies est enfin accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas qu'en Gr&#232;ce &gt;&lt;/strong&gt; Le 30 juin, les fonctionnaires anglais manifestent en masse. L'&#226;ge de la retraite passant &#224; 66 ans comme dans le secteur priv&#233;, 20 % de coupes budg&#233;taires et le licenciement programm&#233; de 400 000 d'entre eux leur donne l'impression de payer les d&#233;g&#226;ts d'une crise provoqu&#233;e par les banquiers. Leur syndicat, fort de plus d'un million de membres, menace le gouvernement d'arr&#234;ts de travail &#224; r&#233;p&#233;tition et &#233;voque la grande gr&#232;ve de 1926, qui avait dur&#233; huit mois. Apr&#232;s les &#233;meutes de l'automne 2010 et de mars 2011, le retour de l'agitation dans ce pays massacr&#233; devrait donner l'occasion au vice-premier ministre Nick Clegg de sortir sa cagoule, en bon libertaire &#8211; et lib&#233;ral &#8211; qu'il affirme &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas tr&#232;s sport &gt;&lt;/strong&gt; 5 juillet 2011, Annecy est priv&#233;e de JO ! Avec sept voix contre soixante-trois pour Pyeongchang &#8211; Cor&#233;e du Sud &#8211;, Annecy a pris une &lt;i&gt;&#171; douche tr&#232;s tr&#232;s froide &#187;&lt;/i&gt;, selon Guy Drut, membre du Comit&#233; international olympique. Un beau succ&#232;s pour notre confr&#232;re &lt;i&gt;Le Postillon&lt;/i&gt;, journal de contre-information bas&#233; &#224; Grenoble et sa cuvette, dont la campagne de d&#233;nigrement a visiblement port&#233; ses fruits. F&#233;licitations, camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;v&#232;re mais juste &gt;&lt;/strong&gt; Le 16 juin, une nouvelle loi anti-bonneteau est entr&#233;e en vigueur dans le canton de Gen&#232;ve. Ce jeu de rue qui consiste &#224; faire croire au quidam qu'il pourra facilement localiser un objet dissimul&#233; sous de petites bo&#238;tes manipul&#233;es avec dext&#233;rit&#233;, est dor&#233;navant interdit sur le domaine public, ainsi que tout autre jeu d'argent. La police a d'ores et d&#233;j&#224; op&#233;r&#233; de somptueux coups de filet dans le milieu des bonimenteurs, presque tous originaires de Mac&#233;doine, Moldavie, Serbie et Roumanie. La rigueur de la loi s'&#233;tendra-t-elle aussi aux agents de change, sp&#233;culateurs et autres financiers, qui sont l&#233;gions sous ces latitudes et sont connus pour faire tourner l'argent &#224; grande vitesse, masquant avec adresse leurs profits et falsifiant prestement leurs bilans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peaux-rouges &gt;&lt;/strong&gt; Le 7 juillet, des obstacles ing&#233;nieusement d&#233;pos&#233;s sur les voies contraignent un TER &#224; s'arr&#234;ter &#224; la hauteur de la cit&#233; du Ruisseau Mirabeau, dans le xve arrondissement de Marseille. Aux dires des t&#233;moins, une vingtaine d'assaillants masqu&#233;s se pr&#233;cipitent vers un train de marchandises bloqu&#233; &#224; son tour par le premier convoi. Ouverture des wagons, &#233;vaporation des marchandises et retrait en bon ordre des outlaws. Les syndicats de police protestent vigoureusement et r&#233;clament une augmentation d'effectifs afin de mettre fin au plus t&#244;t &#224; ce genre d'actes r&#233;pr&#233;hensibles. Ils risqueraient de nourrir, dans les bars, des conversations pleines de tendresse &#224; l'&#233;gard de cette belle jeunesse qui a su conserver la tradition et, aussi, du respect pour les anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mono-m&#233;pris &gt;&lt;/strong&gt; Pour six melons et trois laitues ramass&#233;s dans un conteneur &#224; ordures, Kader, r&#233;-assortisseur de rayons &#224; Monoprix, est mis &#224; pied le 4 juillet. Arriv&#233; &#224; Marseille en 1974, ce p&#232;re de six enfants, aujourd'hui &#224; deux ans de la retraite, a les bras qui lui en tombent. Depuis, il passe ses journ&#233;es au caf&#233;, il a honte, il ne veut pas que sa femme sache. La direction va-t-elle le licencier pour cette faute gravissime ? Samira, d&#233;l&#233;gu&#233;e CGT, n'est pas optimiste : &lt;i&gt;&#171; Monsieur Kader est un ouvrier &#224; l'ancienne, il dit toujours oui, il baisse les yeux, mais les chefs veulent faire un exemple : en septembre 2010, il a fait un jour de gr&#232;ve en solidarit&#233; avec les caissi&#232;res en lutte. On le punit pour &#231;a, pour faire peur aux autres. &#187; &#171; Acharnement moyen&#226;geux &#187;&lt;/i&gt;, clame un tract distribu&#233; aux clients. Craignant la mauvaise publicit&#233;, Monoprix se contentera finalement d'un bl&#226;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand le peuple s'y mettra&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Peu connue, la r&#233;volution de Juillet 1830 ! Pourtant, c'est bien lors de ces journ&#233;es que le peuple de Paris pose les premiers jalons d'une classe ouvri&#232;re en devenir. Contexte : cela fait maintenant plus d'une dizaine d'ann&#233;es que la France &#8211; avec l'Angleterre &#8211; est parcourue par des mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation. Les typographes parisiens sont en premi&#232;re ligne et ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur col&#232;re en 1827. Pour tenter de regonfler sa cote de popularit&#233; et le moral de la nation, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peu connue&lt;/strong&gt;, la r&#233;volution de Juillet 1830 ! Pourtant, c'est bien lors de ces journ&#233;es que le peuple de Paris pose les premiers jalons d'une classe ouvri&#232;re en devenir. Contexte : cela fait maintenant plus d'une dizaine d'ann&#233;es que la France &#8211; avec l'Angleterre &#8211; est parcourue par des mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation. Les typographes parisiens sont en premi&#232;re ligne et ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur col&#232;re en 1827. Pour tenter de regonfler sa cote de popularit&#233; et le moral de la nation, Charles X vient de lancer les troupes fran&#231;aises &#224; la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie. Rat&#233; : en juin 1830, l'opposition lib&#233;rale gagne les &#233;lections. Le roi, d&#233;pit&#233;, r&#233;plique par une s&#233;rie d'ordonnances qui suppriment la libert&#233; de presse, dissolvent la Chambre et augmentent le cens. Pour m&#233;moire, c'est une &#233;poque o&#249; les minots triment jusqu'&#224; quatorze heures par jour pour un salaire de 45 centimes. Femmes et hommes bossent des journ&#233;es de 18 heures et touchent respectivement 1 et 2 francs. Les effets du krach de la bourse de Londres en d&#233;cembre 1825 ont encore aggrav&#233; les conditions de vie des classes populaires. Le pain est hors de prix. On mange de la mauvaise farine, les &#233;pid&#233;mies pullulent. Quand le populo ouvre sa gueule, des cours pr&#233;v&#244;tales, v&#233;ritables juridictions d'exception, l'assomment de peines d&#233;lirantes de travaux forc&#233;s ou de prison. Aussi, quand tombent les ordonnances, le peuple devient tout col&#232;re. Le 26 juillet, des &#233;tudiants et des ouvriers regroup&#233;s dans l'Association des patriotes, rassemblant environ 10 000 membres&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette soci&#233;t&#233; secr&#232;te cr&#233;&#233;e en janvier 1830 va dans les mois pr&#233;c&#233;dant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, clament les textes royaux dans les rues de la capitale. Au soir, certains vont casser les t&#233;l&#233;graphes Chiappe assurant le lien entre Paris et la province, pendant que d'autres d&#233;truisent l'&#233;clairage public. Au matin du 27, quatre journaux sortent malgr&#233; l'interdiction. Intervention de la police. Premiers affrontements. Dans le Faubourg Saint-Antoine, plus de 5 000 artisans pillent les armureries. Une colonne d'insurg&#233;s file vers le centre-ville. &#192; onze heures, le tocsin appelle &#224; l'insurrection qui va durer trois jours. Dans les quartiers populaires, sur les deux rives du fleuve, on dresse des barricades. Il y en aura plus de 4 000. Tout est bon pour monter sa redoute : pav&#233;s, charrettes, charpentes, omnibus, cadavres de chevaux. Claquemur&#233;s dans leur logis, les bourgeois observent avec frayeur les &#233;v&#232;nements, pendant que, lanc&#233;s du haut des immeubles, pav&#233;s, tuiles et meubles font des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables dans les rangs de la garde royale. Tout le monde prend part &#224; l'&#233;meute : artisans, ouvriers, anciens des campagnes napol&#233;oniennes, femmes, enfants. Dans sa chronique de juillet 1830, Rozet relatera : &lt;i&gt;&#171; Un homme du peuple qui combattait avait pour lui tout le monde ; un soldat avait contre lui tout le monde. D&#232;s qu'un homme du peuple avait tir&#233; son coup de fusil, une porte s'ouvrait pour le recevoir, et se refermait sur-le-champ, pour qu'il p&#251;t recharger son arme en s&#251;ret&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Laurent Louessard, La R&#233;volution de Juillet 1830, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Le 29 juillet, le ch&#226;teau des Tuileries tombe. La famille r&#233;gnante a mis les bouts et la garde royale s'est repli&#233;e sur Saint-Cloud. On pose son cul sur le tr&#244;ne. On f&#234;te ! On a gagn&#233;, apr&#232;s tout ! Mais pas pour longtemps : les d&#233;put&#233;s lib&#233;raux font leur retour. Une commission, rapidement &#233;lue, s'installe &#224; l'h&#244;tel de ville. On f&#233;licite le peuple, bien s&#251;r, mais, maintenant, il doit passer la main aux professionnels. Car en fait de r&#233;publique appel&#233;e de ses v&#339;ux par la populace, les &#233;lus n'en veulent pas vraiment. Pas du tout m&#234;me. Alors, on trouve un palliatif qui devra contenter son monde dans cette &#233;poque o&#249; les id&#233;aux de la R&#233;volution fran&#231;aise sont encore dans les esprits : on va remplacer Charles X, membre de cette caste des Bourbons d&#233;test&#233;e par tous, par un Valois, le duc d'Orl&#233;ans, futur Louis-Philippe, qui sous les traits d'un opposant mod&#233;r&#233; aux ultras royalistes va sans tarder favoriser la bourgeoisie manufacturi&#232;re et plonger dans la mis&#232;re les ouvriers. Infecte embrouille qui ne fera que retarder de peu les prochains embrasements populaires&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette soci&#233;t&#233; secr&#232;te cr&#233;&#233;e en janvier 1830 va dans les mois pr&#233;c&#233;dant l'insurrection se consacrer au recrutement et &#224; l'entra&#238;nement de plusieurs milliers de personnes de tous &#226;ges et de toutes professions. Son projet : &lt;i&gt;&#171; faire tourner au profit du peuple les tentatives qu'on pourrait oser contre lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Laurent Louessard, &lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/spartacus/livres/larevolutiondejuillet1830/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution de Juillet 1830&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Spartacus, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Roms &#224; ranger</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile F&#233;vrier</dc:creator>


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&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille. Expuls&#233;s le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juillet" rel="tag"&gt;juillet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roms" rel="tag"&gt;Roms&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/la-bas" rel="tag"&gt;l&#224;-bas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte-d-Aix" rel="tag"&gt;porte d'Aix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blancarde" rel="tag"&gt;Blancarde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Expulses" rel="tag"&gt;Expuls&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Expuls&#233;s&lt;/strong&gt; le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, ils campent sous des toiles de fortune dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Pire encore, ils continuent de d&#233;ranger et d'attirer certains regards hostiles, avec leurs matelas trou&#233;s et leurs enfants qui jouent comme si tout continuait normalement. Et ces poussettes ! Charg&#233;es de &#171; bordilles &#187; r&#233;cup&#233;r&#233;es, qu'ils gardent soigneusement, ils sont pr&#234;ts &#224; les embarquer &#224; tout moment avec eux dans un avion, &#224; moins qu'un sympathique camion poubelle commandit&#233; et escort&#233; ne les balance entre temps, comme souvent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Excusez-nous on n'a pas pass&#233; l'aspirateur pour vous recevoir &#187;&lt;/i&gt;, annonce en roumain une jeune m&#232;re de sept enfants. Ouf ! Il reste l'humour. &#199;a rassure un peu. En m&#234;me temps, on peut se dire que la place est jolie. De l'herbe, des pins, des fleurs encore ouvertes. Le probl&#232;me c'est l'autoroute en haut, et la route tout autour, enfin, le probl&#232;me c'est que cette tache de verdure n'est qu'un gros rond-point noy&#233; dans les embouteillages &#224; l'entr&#233;e de la ville. Mais il fait encore soleil, alors dormir sous les tentes, qu'ils nomment &#171; villas &#187;, m&#234;me d&#233;chir&#233;es, ou &#224; la belle &#233;toile, &#231;a pourrait donner un air de prolongation de vacances. En fait, tout irait presque bien. Sans cette faim au ventre, sans cette soif aussi. Et sans ce r&#233;veil &#224; l'aube du 26 ao&#251;t, que tous racontent, encore sous le choc. Quatre cond&#233;s propres et bien nourris sont sortis de leur voiture en fanfare, le poste &#224; fond, dansant et riant sous les regards apeur&#233;s des enfants somnolents, une matraque dans une main, une lacrymo dans l'autre, un sourire complice sur les l&#232;vres, et qui s'esclaff&#232;rent en chantant : &lt;i&gt;&#171; Il faut partir, allez, on va partir en Roumanie, lalala ! &#187;&lt;/i&gt; Extrait d'&#171; humour policier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux descentes, les femmes peuvent courir vendre en face les trois &#171; estrasses &#187; rep&#234;ch&#233;es des poubelles par les maris partis &#233;changer leurs kilos de cuivre et de fer contre quelques pi&#232;ces&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Vite, vite, on traverse, vite on d&#233;balle, l&#224;, sur ce qui reste du &#171; march&#233; aux voleurs &#187;, vite, 50 centimes, y a pas les flics, faut acheter du pain, du lait pour les b&#233;b&#233;s, du jus pour les grands, de l'eau&#8230; Mais les cond&#233;s sont d&#233;j&#224; l&#224;-bas, tout pr&#232;s des tentes&#8230; trop tard&#8230; encercl&#233;s, les enfants qui dormaient dedans, r&#233;veill&#233;s par des grosses chaussures qui tapent au hasard. &#171; Pschhiiiit &#187;, fait la gazeuse&#8230; Les enfants hurlent, toussent, pleurent, et sortent. Les m&#232;res courent en criant, affol&#233;es. Alors on d&#233;m&#233;nage. Quelques m&#232;tres plus loin. Et tout le monde se resserre. Mais profil bas. Ils sont en tort. Ils sont roms, de Roumanie. Tziganes. Et dans toute leur histoire finalement, toujours en tort. Face &#224; la peur d'&#234;tre s&#233;par&#233;s, jet&#233;s en prison, &#233;loign&#233;s des enfants, ils se taisent et passent leur journ&#233;e sur la pointe des pieds, et pourtant tellement visibles. Ils demeurent ces figures de mis&#232;re inassimilables &#224; la soci&#233;t&#233; moderne de 2010 ; comme &#224; celle de 1940 o&#249; les nomades fran&#231;ais furent assign&#233;s &#224; r&#233;sidence &#171; par mesure de s&#233;curit&#233; nationale &#187; puis, pour certains, intern&#233;s dans des camps jusqu'en 1946 ; ou encore celle de 1666 quand Louis XIV d&#233;cida de les envoyer sans autre forme de proc&#232;s aux gal&#232;res &#224; perp&#233;tuit&#233;, de raser les cheveux de leurs femmes et de placer leurs enfants dans des hospices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'avion vient lundi &#187;&lt;/i&gt; (le 6 septembre), leur a-t-on dit. Et l&#224;, ils ne savent plus trop ce qui est mieux. Rentrer au milieu des Roumains et avoir faim : &lt;i&gt;&#171; L&#224;-bas, y a rien&lt;/i&gt;, dit Costel, 28 ans, qui multiplie les allers et retours Marseille/Blaj depuis 7 ans et parle fran&#231;ais. &lt;i&gt;Aucun travail pour nous. Tous les patrons, ils pr&#233;f&#232;rent pas les Roms. Et puis il faut donner un cochon, ou une poule au patron, et nous on peut pas. &#199;a marche comme &#231;a l&#224;-bas. Alors on vit de l'allocation enfant. 35 euros par mois. Mais c'est rien 35 euros par mois pour une famille. &#187;&lt;/i&gt; D'un autre c&#244;t&#233;, rester en France cela signifie veiller jour et nuit sur les enfants, sous des regards m&#233;prisants, avec ces acc&#232;s de violence x&#233;nophobe et polici&#232;re. Andr&#233;, la quarantaine, explique en d&#233;sossant des fils de cuivre r&#233;cup&#233;r&#233;s sur un appareil &#233;lectrom&#233;nager : &lt;i&gt;&#171; Nous les Tziganes, on reste jamais au m&#234;me endroit, on change toujours de lieu, tous les 3 ans, comme &#231;a&#8230; on est un peu comme des touristes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Des campeurs loqueteux, qui ne passent pas l'aspirateur sur le rond-point de la Porte d'Aix, et sur qui les flics vident leurs stocks de lacrymo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est fran&#231;ais ou roumain. Ainsi le taux d'&#233;change du fer est de 8 centimes le kilo si le vendeur est roumain (soit 80 euros pour une tonne de ferraille, ce qui veut dire un sacr&#233; tas de poubelles !), et de 1,60 euro pour un Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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