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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>Foot f&#233;minin : occuper le terrain</title>
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		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


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&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18e arrondissement de Paris. &#171; On est o&#249; ici ? Dans le 18e ou dans le 93 ? &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH391/-1275-94196.jpg?1782638291' width='500' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; O&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n est o&#249; ici ? Dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; ou dans le 93 ?&lt;/i&gt; &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se sont d&#233;plac&#233;s au stade des Poissonniers, coinc&#233; entre Paris et le p&#233;riph'. C'est le tournoi des quarante ans des Enfants de la Goutte-d'Or, association d'&#233;ducation populaire et club de foot historique du quartier. Mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la pelouse synth&#233;tique br&#251;lante, une vingtaine de barri&#232;res de chantier d&#233;limitent un terrain de &#171; &lt;i&gt;five &#187;&lt;/i&gt;, ce foot urbain qui se joue &#224; cinq. Des footballeuses y disputent la toute premi&#232;re Coupe d'Afrique des nations (CAN) f&#233;minine de la Goutte-d'or, organis&#233;e par &#171; &lt;i&gt;les s&#339;urs Slimani&lt;/i&gt; &#187;, comme on les surnomme dans le quartier. La section f&#233;minine du club ayant r&#233;cemment ferm&#233; suite &#224; des probl&#232;mes d'acc&#232;s aux terrains d'entra&#238;nement, Im&#232;ne et Chahira, 25 et 26 ans, esp&#232;rent qu'elle rouvrira bient&#244;t. En attendant, elles ont eu l'id&#233;e de cette comp&#233;tition. &#171; &lt;i&gt;On a vu que plein de CAN des quartiers s'&#233;taient organis&#233;es cette ann&#233;e, on s'est dit : pourquoi on n'en ferait pas une aussi pour nous ? &#187;&lt;/i&gt;, explique Chahira. Un sondage sur Instagram et pas mal de bouche-&#224;-oreille plus tard, l'affaire &#233;tait lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Se r&#233;approprier le foot&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douze &#233;quipes ont r&#233;pondu &#224; l'appel, parmi lesquelles le Mali, l'Alg&#233;rie, le Maroc ou la C&#244;te d'Ivoire, qui comptent de vrai&#8226;es supporters et supportrices dans le quartier. Les joueuses, pour la plupart &#226;g&#233;es d'une vingtaine d'ann&#233;es, d&#233;fendent les couleurs de leur pays d'origine ou de celui qu'elles ont adopt&#233; pour la journ&#233;e. Elles viennent parfois de loin, s'entra&#238;nant dans des clubs r&#233;put&#233;s &#224; l'instar du Racing club de Saint-Denis voire jouant &#224; tr&#232;s haut niveau &#8211; l'une des footballeuses fait m&#234;me partie de la s&#233;lection nationale ivoirienne. D'autres ne sont pas ou plus inscrites en club, mais pratiquent r&#233;guli&#232;rement. Qu'on se le dise : le hijab de sport n'emp&#234;che pas les footballeuses qui le portent de dribbler ni de marquer des buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les filles occupent le terrain, il est difficile de ne pas voir que, justement, le terrain est potentiellement leur seul espace &#224; elles. Car jouer ne suffit pas pour se r&#233;approprier le foot, &#233;ternel bastion de la domination masculine. Les gar&#231;ons viennent regarder, supporter, commenter. Ils sont aussi arbitres et participent &#224; l'organisation. Et d&#232;s que le ton monte un peu entre deux &#233;quipes ou que les joueuses posent pour une photo, les hommes sont rapidement presque aussi nombreux que les filles sur la pelouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il ne faudrait pas croire que c'est uniquement d'une pr&#233;sence masculine excessive que le foot f&#233;minin doit &#234;tre prot&#233;g&#233;. Le football est toujours survol&#233; par les m&#234;mes vautours, qui ont bien compris que la mont&#233;e en puissance du foot f&#233;minin &#233;tait aussi celle d'un juteux business publicitaire. Ici, c'est Nike qui a fourni le mat&#233;riel : ballons, &lt;i&gt;testing&lt;/i&gt; de chaussures, T-shirts floqu&#233;s au nom des pays par un label musical local&#8230; sans oublier le &#171; terrain &#187; et les fameuses barri&#232;res de chantier qui, dixit une joueuse, &#171; &lt;i&gt;font plus mal que les murs du city-stade quand on tombe dessus&lt;/i&gt; &#187;. Au vu de la qualit&#233; du mobilier, la douloureuse, elle, n'a pas d&#251; &#234;tre tr&#232;s violente pour le budget d'un des plus gros &#233;quipementiers sportifs au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Couscous vs. atti&#233;k&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lieu des habituelles angoisses sportives et discussions d'arbitrage, le tournoi est aussi un vrai espace de politisation. Du financement des r&#233;parations apr&#232;s l'incendie de Notre-Dame &#224; Laurent Gbagbo, au bord du terrain, &#231;a parle politique. On l'aura compris, le foot est aussi un terrain de luttes, plus particuli&#232;rement pour les filles et dans les quartiers populaires. C'est aussi ce qu'a soulign&#233; Assa Traor&#233;, venue pour remettre en personne le troph&#233;e et donner rendez-vous pour la prochaine manifestation organis&#233;e par le Comit&#233; justice et v&#233;rit&#233; pour Adama&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tribune &#8211; les gar&#231;ons d'un c&#244;t&#233;, les filles de l'autre &#8211;, chaque &#233;quipe attend son tour &#224; l'ombre. La chanteuse Aya Nakamura se taille la part du lion au milieu d'une &lt;i&gt;playlist&lt;/i&gt; o&#249; Ma&#238;tre Gims, Koba la D (&#171; &lt;i&gt;Niquer les PDG / Vive l'argent du rain-t&#233;&lt;/i&gt; &#187;) ou Naza (&#171; &lt;i&gt;Donnez-moi mon argent / Mon million de dollars &#187;&lt;/i&gt;) sont eux aussi en bonne position. Le moindre but est pr&#233;texte &#224; danser un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finale oppose l'Alg&#233;rie &#224; la C&#244;te d'Ivoire. &#171; &lt;i&gt;C'est couscous-atti&#233;k&#233;, et dans tous les cas c'est l'Afrique qui gagne &#187;&lt;/i&gt;, entend-on au micro. Les hymnes sont diffus&#233;s sans vraiment &#234;tre repris par les joueuses et les buts ne tardent pas &#224; se r&#233;pondre dans l'enthousiasme g&#233;n&#233;ral. Le r&#233;sultat final ? 5-3 pour l'Alg&#233;rie, l'&#233;quipe des organisatrices. L'enjeu &#233;tait double : faire une CAN f&#233;minine et se cr&#233;er un lieu &#224; soi dans le foot des quartiers. Pari r&#233;ussi. Les fumig&#232;nes, oubli&#233;s dans le vestiaire, ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; pour l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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