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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>22, v'l&#224; la COP !</title>
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		<dc:creator>Nicolas Haeringer</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, la 22e Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; ! Le 9 novembre (2016), au petit matin, l'ambiance &#233;tait pesante &#224; Marrakech. Les quelque 20 000 d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s, journalistes et militant.e.s qui arpentaient le site accueillant la 22e Conf&#233;rence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, la 22&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 9 novembre (2016), au petit matin, l'ambiance &#233;tait pesante &#224; Marrakech. Les quelque 20 000 d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s, journalistes et militant.e.s qui arpentaient le site accueillant la 22&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Conf&#233;rence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) peinaient &#224; se remettre de leur courte nuit, marqu&#233;e par l'&#233;lection de Donald Trump &#224; la Maison Blanche. Chacun.e cherchait des mani&#232;res de se rassurer. Les n&#233;gociatrices et des n&#233;gociateurs affirmaient ainsi volontiers que Trump ne pourrait rien contre la puissance des march&#233;s, dont la main invisible, devenue verte, garantirait la transition vers un futur lib&#233;r&#233; du charbon, du gaz et du p&#233;trole. De notre c&#244;t&#233;, nous, les militant.e.s du mouvement pour la justice climatique, nous nous en remettions &#224; nos mains, visibles et collectives : &#224; condition de construire des mobilisations amples et larges, nous pourrions parvenir &#224; bloquer Trump dans son entreprise funeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restait une question, &lt;/strong&gt;&#224; laquelle nul n'avait de r&#233;ponse &#233;vidente et convaincante : &#224; quoi les COP peuvent-elles encore servir ? quel sens y avait-il &#224; &#234;tre pr&#233;sent.e.s &#224; Marrakech ? La question est loin de se limiter &#224; Trump. La communaut&#233; internationale a en effet engag&#233; le cycle de n&#233;gociations sur le climat il y a presque un quart de si&#232;cle, avec pour objectif de r&#233;duire les &#233;missions de CO2. Sur la m&#234;me p&#233;riode, ces derni&#232;res ont pourtant augment&#233; de plus de 60 % &#8211; soit la plus forte hausse de l'histoire. La COP22 &#233;tait cens&#233;e &#234;tre la COP de l'action : les &#201;tats devaient y prendre des engagements forts, en particulier en termes de financements (pour l'adaptation et soutenir les &#201;tats les plus vuln&#233;rables au changement climatique &#8211; qui sont aussi parmi les plus pauvres). Mais les &#201;tats &#233;taient venus les mains vides : aucun engagement chiffr&#233; concret &#224; la hauteur de l'enjeu n'y a &#233;t&#233; annonc&#233;. Trump fut, &#224; cet &#233;gard, un parfait &#233;cran de fum&#233;e pour masquer l'apathie d'une bonne partie de la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;quence &#233;tait &lt;/strong&gt;pourtant cens&#233;e &#234;tre la suivante : adopter un accord, certes limit&#233; et ambigu &#224; Paris, lors de la COP21. Puis, lors des &#233;ditions suivantes, discuter de sa mise en oeuvre concr&#232;te (c'est-&#224;-dire recommencer &#224; n&#233;gocier, sur des points plus &#233;pineux, volontairement laiss&#233;s de c&#244;t&#233; pour parvenir &#224; l'adoption de dudit accord). L'accord de Paris a en effet volontairement &#233;t&#233; con&#231;u comme un cadre souple &#8211; indiquant une ambition g&#233;n&#233;rale, mais nul m&#233;canisme au service de cette ambition. Marrakech aurait th&#233;oriquement pu servir &#224; cela &#8211; mais la COP22 a plut&#244;t mis en sc&#232;ne une sorte de mise en retrait de la communaut&#233; internationale, qu'il s'agisse de s'en remettre &#224; la main invisible des march&#233;s, donc ; ou de laisser des coalitions d'&#201;tats prendre des initiatives que la COP devrait en toute logique impulser collectivement. Bref : une phase de reflux semble s'amorcer &#8211; que l'&#233;lection de Trump ne fera que renforcer et acc&#233;l&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il &lt;/strong&gt;donc comme raisons de suivre le rythme des COP &#8211; si l'on met de c&#244;t&#233; ce qu'elles repr&#233;sentent comme opportunit&#233;s commerciales et/ou pour le d&#233;veloppement du tourisme d'affaires ? Les d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s pouvaient donc admirer les multiples panneaux publicitaires des banques, compagnies a&#233;riennes, et autres soci&#233;t&#233;s de courtage vantant leur action pour le climat depuis les fen&#234;tres d'un des v&#233;hicules de la flotte dite &#171; propre &#187; et flambant neuve d&#233;ploy&#233;e pendant les 15 jours de la COP par l'irr&#233;pressible Uber, qui lan&#231;ait sa nouvelle application &#171; uberGREEN &#187; &#224; l'occasion du sommet climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il reste, &lt;/strong&gt;c'est sans doute les possibilit&#233;s que les COP offrent malgr&#233; tout de d&#233;centrer le regard &#8211; de regarder, en l'occurrence, vers le sud de Marrakech, en direction d'Imider, o&#249; se tenait une &#171; contre-COP &#187; sous la banni&#232;re &#171; 300km au Sud &#187;, o&#249; des communaut&#233;s amazighes luttent contre l'extraction de minerai d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utiliser les COP &lt;/strong&gt;pour relocaliser le climat &#8211; autrement dit pour connecter des luttes (et des territoires en lutte) les unes et les uns avec les autres. &#192; la suite de la sociologue f&#233;ministe Giovanna di Chiro, qui invite &#224; &#171; &lt;i&gt;ramener l'&#233;cologie &#224; la maison &#187;&lt;/i&gt;, les mobilisations organis&#233;es en marge des COP peuvent nous aider &#224; ramener le climat sur des territoires concrets, pour ensuite le ramener &#224; la maison &#8211; l&#224; o&#249; se d&#233;ploient toutes les formes entrelac&#233;es et superpos&#233;es de domination et d'in&#233;galit&#233;s. Les COP pourraient ainsi contribuer &#224; construire un mouvement qui parte des situations concr&#232;tes, et se base sur toutes celles et ceux qui sont affect&#233;.e.s par les causes et les cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, &lt;/strong&gt;en marge de la COP22, plusieurs militant.e.s du monde entier se sont rendu.e.s &#224; Imider. Ils et elles ont pu &#233;changer sur leurs propres luttes, et d&#233;couvrir celle des communaut&#233;s locales. Qui ont envoy&#233; des messages de solidarit&#233; aux Sioux en lutte &#224; Standing Rock, dans le Dakota du Nord contre un projet d'ol&#233;oduc cens&#233; passer sur leur territoire. Au moment o&#249; les Sioux apprenaient que le projet &#233;tait gel&#233;, on pouvait voir, sur le campement de Standing Rock, une banderole exprimant la solidarit&#233; des personnes rassembl&#233;es avec les communaut&#233;s en lutte &#224; Imider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renoncer &lt;/strong&gt;aux abstractions des grandes conf&#233;rences internationales, &#224; l'approche par le haut qu'elles impliquent et &#224; l'uberisation du monde qu'elles induisent, pour faire le choix des solidarit&#233;s translocales : moins de COP, plus de ZAD, plus de Sioux en lutte dans tous les Standing Rock de la terre, plus d'Imider. Penser avec nos pieds, nos mains collectives et bien visibles, pour construire les mobilisations dont nous avons besoin, &#224; &#233;chelle humaine : quitte &#224; ce que ce soit 300 km au sud plut&#244;t qu'au coeur de la COP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moins de COP, &lt;/strong&gt;pour plus d'action : ce n'est pas un hasard que Trump, qui incarne aujourd'hui le mieux les menaces contre une action publique ambitieuse sur le climat, soit un milliardaire climato-sceptique, sexiste, misogyne et raciste. Le tout s'articule tr&#232;s bien. Il faut partir de ce &#171; contre-ensemble &#187; et de cette &#171; intersectionnalit&#233; &#187; invers&#233;e. De ce cumul de tous les privil&#232;ges, qui appelle encore plus de domination et d'exploitation. Et pour ce faire, construire un mouvement r&#233;ellement intersectionnel : inventer des mobilisations qui embrassent d'un m&#234;me mouvement les questions climatiques, sociales de genre, de racisme ; des mobilisations qui font le lien entre les droits des Sioux ou des Amazighs et le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La COP de Marrakech &lt;/strong&gt;s'est achev&#233;e sans surprise et sans &#233;clat. Elle laisse donc ouverte la question de l'utilit&#233; de ces rencontres &#8211; &#224; laquelle la COP23 promet d'offrir des r&#233;ponses in&#233;dites : elle sera pr&#233;sid&#233;e pour la premi&#232;re fois par les Fidji, autrement dit par un des &#201;tats les plus directement affect&#233;s par le changement climatique. Mais comme le territoire des Fidji ne permet pas d'accueillir une conf&#233;rence internationale de cette ampleur, cette COP se tiendra au si&#232;ge de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Autrement dit : &#224; Bonn. Soit 16 000 kilom&#232;tres plus &#224; l'ouest &#8211; et autant d'intersections &#224; construire et &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Haeringer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Patrons-voyous dans la Silicon Valley proven&#231;ale</title>
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		<dc:date>2014-02-20T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;A Rousset, non loin d'Aix-en-Provence, la sarabande infernale des fermetures d'usine a entra&#238;n&#233; la soci&#233;t&#233; LFoundry dans sa danse macabre. Pour le plus grand bonheur d'actionnaires toujours prompts &#224; se pourl&#233;cher les babines d&#232;s qu'ils entendent le mot &#171; restructuration &#187;. Mercredi 18 d&#233;cembre 2013, sous un ciel bleu, se dessine la montagne Sainte-Victoire, qui plie plut&#244;t la t&#234;te ce matin. Les six cent salari&#233;s bloquent les ronds-points de la ville depuis cinq heures du matin, non pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bleu" rel="tag"&gt;bleu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Rousset, non loin d'Aix-en-Provence, la sarabande infernale des fermetures d'usine a entra&#238;n&#233; la soci&#233;t&#233; LFoundry dans sa danse macabre. Pour le plus grand bonheur d'actionnaires toujours prompts &#224; se pourl&#233;cher les babines d&#232;s qu'ils entendent le mot &#171; restructuration &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 18 d&#233;cembre 2013, sous un ciel bleu, se dessine la montagne Sainte-Victoire, qui plie plut&#244;t la t&#234;te ce matin. Les six cent salari&#233;s bloquent les ronds-points de la ville depuis cinq heures du matin, non pas avec l'espoir au c&#339;ur mais comme un baroud d'honneur apr&#232;s des mois de luttes contre la liquidation de leur soci&#233;t&#233; LFoundry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, deux syndiqu&#233;es de Sud avaient encaiss&#233; ce qu'elles craignaient : la liquidation judiciaire de leur entreprise. Les larmes aux yeux, elles &#233;taient prises entre le soulagement, apr&#232;s une longue attente angoissante et l'incertitude de l'avenir, le ch&#244;mage qui d&#233;marrait. La fin, aussi, d'une camaraderie dans les ateliers et parmi les &#233;quipes de nuit. Au petit matin elles ont &#224; peine dormi, &#171; &lt;i&gt;une heure&lt;/i&gt; &#187;, confie Marie-Pierre, qui travaille dans cette bo&#238;te depuis 13 ans, la plupart du temps de nuit, en poste de 12 heures de rang en nocturne pendant trois jours, suivis de deux jours de repos. Tout &#231;a pour s'adapter &#224; la machine. Pendant ce temps-l&#224;, les hommes et les femmes, eux, se plient pour r&#233;sister aux contraintes de l'usine. &#171; &lt;i&gt;Une usine chimique, c'est &#231;a en quelque sorte , les semi-conducteurs&lt;/i&gt; &#187;, explique Alain Botel, technicien &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; qui est l&#224; depuis la cr&#233;ation de l'usine. &#171; &lt;i&gt;On manipule des produits chimiques capables de dissoudre des os&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Carmela, chimiste en poste la journ&#233;e. Tous ces risques pour la sant&#233; permettent de produire des puces, un monde de nanoparticules destin&#233;es &#224; vos portables, tablettes, tout votre attirail &#171; &#233;cologique &#187; et moderne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/p05-foundry-cqfd118-f4c8e.jpg?1782645420' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On utilise de l'arsenic, du bore, du phosphore pour graver des plaques de silicium.&lt;/i&gt; &#187; Des r&#233;ticules en fabrication, 37 niveaux de marquage, des masques, de la programmation, de l'aluminium, voil&#224; l'univers pour lequel se battent ces ouvriers. Certes, d&#233;sormais ils viennent en voiture, ont un cr&#233;dit, des payes sup&#233;rieures &#224; ceux des bagnes industriels des &#171; pays &#233;mergents &#187;. Certes, ils peuvent aussi croire un instant que c'est moins sale que le charbon qu'on travaillait &#224; Gardanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire qui meurt aujourd'hui s'appelait encore ES2 en 1987, lorsqu'elle fut reprise par le groupe am&#233;ricain Atmel. Mais, en 2010, le groupe allemand LFoundry fit main basse sur ce fleuron technologique pour la modique somme d'un euro symbolique. Tous les ouvriers avec qui l'on peut discuter autour des palettes incendi&#233;es en sont persuad&#233;s : LFoundry a agi comme un pr&#233;dateur de technologie. Il a achet&#233; ce site pour le vider de son poids rempla&#231;able : la main-d'&#339;uvre. Et cela en deux temps : d'abord pillage du &lt;i&gt;cash flow&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire, pour les non anglophones, qu'il a pris la caisse, puis transfert de la technologie vers l'Italie. Carmela confirme : &#171; &lt;i&gt;J'ai arr&#234;t&#233; un Allemand qui piratait nos donn&#233;es dans l'usine.&lt;/i&gt; &#187; Pour ne pas sombrer, elle s'est raccroch&#233;e aux branches de son sapin de No&#235;l enguirland&#233;. A la joie de ses gosses surtout. &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on cela, ils ne l'auront pas.&lt;/i&gt; &#187; Seulement, il y a eu vol : une fois de plus, le savoir accumul&#233; depuis trente ans sur ce site a pu &#234;tre arrach&#233; par le seul pouvoir de l'actionnariat. Ce qui a &#233;t&#233; construit par un collectif a &#233;t&#233; vol&#233; par un groupe. Car ce sont bien les chimistes, le service Recherche et d&#233;veloppement, qui ont depuis des ann&#233;es &#233;labor&#233; et trouv&#233; des solutions techniques. Ce sont bien des op&#233;rateurs de base qui ont exp&#233;riment&#233; des techniques. Tous ces gestes leur sont vol&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 23 d&#233;cembre, le P&#232;re No&#235;l a fait venir chez Montebourg les gars de la CFDT, qui sont majoritaires dans la bo&#238;te, pour les faire tenir un peu. Comme d'habitude, les autorit&#233;s sont l&#224; pour &#233;teindre le feu. Apr&#232;s qu'on a d&#233;bours&#233; 400 millions d'euros pour cr&#233;er de l'emploi, qui lui-m&#234;me produit de la taxe professionnelle, on se demande qui paye pour qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne tergiversons pas trop : aujourd'hui le citoyen paye pour faire employer l'ouvrier. Pendant ce temps, des cravat&#233;s, tels Sergio Galbiati, Gilbert Hughes, Richard Mortorelli, les boss du groupe, passent d'Hitachi &#224; Texas instrument, d'Atmel &#224; LFoundry, en pratiquant du &lt;i&gt;lean management&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;cost reduction&lt;/i&gt;, du &#171; footing of my gueule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un art pratiqu&#233; avec brio par le d&#233;put&#233; de l'Amazon-et-Loire, Arnaud Montebourg et son suppos&#233; sursis, ainsi que par le maire PS de Rousset, Jean-Louis Canal, et sa &#171; gr&#232;ve de la faim &#187; annonc&#233;e. Le 30 d&#233;cembre, les salari&#233;s se sont rendus &#224; l'ambassade allemande, o&#249; le consul n'a pas daign&#233; les recevoir, et ils ont ressenti ce que chaque Grec vit depuis des ann&#233;es : le m&#233;pris d'un capitalisme mondialis&#233; avec un soup&#231;on de pangermanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les salari&#233;s sont lourd&#233;s, ils pourront toujours s'employer dans le nouveau Parc Spirou de Monteux (Vaucluse), qui va &#234;tre financ&#233; lui aussi avec de l'argent public. Cela tombe bien, car son promoteur a d&#233;clar&#233; sans vergogne : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas d'argent, mais je suis confiant.&lt;/i&gt; &#187; Mutualisation des &#171; pertes &#187; et privatisation des profits, tant que la recette permet &#224; certains de se gaver sur le dos de la collectivit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les agit&#233;s du bocage</title>
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		<dc:date>2011-05-13T07:45:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les centaines d'hectares th&#233;oriquement d&#233;di&#233;s &#224; la construction d'un a&#233;roport international sont occup&#233;s depuis fin 2009. Squatteurs et locaux s'opposent aux forages de Vinci, le g&#233;ant du b&#233;tonnage, et &#224; l'enqu&#234;te publique des &#233;lus socialos&#8230; En ce petit matin de f&#233;vrier, un soleil froid se l&#232;ve sur le bocage. Pas un bruit aux alentours, &#224; part celui des oiseaux qui nichent dans les haies&#8230; &#171; Il faudrait qu'on tourne dans les villages du coin en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les centaines d'hectares th&#233;oriquement d&#233;di&#233;s &#224; la construction d'un a&#233;roport international sont occup&#233;s depuis fin 2009. Squatteurs et locaux s'opposent aux forages de Vinci, le g&#233;ant du b&#233;tonnage, et &#224; l'enqu&#234;te publique des &#233;lus socialos&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH592/karine_Bernardou87-6f6c6.png?1782638963' width='400' height='592' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Karine Bernardou
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce petit matin&lt;/strong&gt; de f&#233;vrier, un soleil froid se l&#232;ve sur le bocage. Pas un bruit aux alentours, &#224; part celui des oiseaux qui nichent dans les haies&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il faudrait qu'on tourne dans les villages du coin en balan&#231;ant le vrombissement d'un avion qui d&#233;colle, histoire de comprendre ce qui nous attend ! &#187;&lt;/i&gt;, plaisante l'un des squatteurs de la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, aussi appel&#233;s ZADistes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ZAD, Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, repr&#233;sente 1 225 hectares de terres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile d'imaginer que, depuis le 1er janvier dernier, ce coin de nature pr&#233;serv&#233;e appartient &#224; Vinci, le constructeur du futur a&#233;roport&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis 40 ans, le conseil g&#233;n&#233;ral, ayant un droit de pr&#233;emption, a achet&#233; 80 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les forages et l'enqu&#234;te publique ont d&#233;but&#233; en catimini, entre octobre et d&#233;cembre dernier : &lt;i&gt;&#171; Avec les membres des assos locales&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment l'ACIPA et l'ADECA, deux associations qui luttent contre le projet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les ZADistes et d'autres habitants, nous nous pointons pour emp&#234;cher les forages ou pour interpeller les enqu&#234;teurs. &#192; chaque fois, nous nous retrouvons face aux gendarmes mobiles et, derni&#232;rement, des copains ont &#233;t&#233; interpell&#233;s. Ils doivent &#234;tre jug&#233;s pour &#8220;vol de terre&#8221; [sic] : ils ont barbot&#233; une carotte de forage ! &#187;&lt;/i&gt;, raconte Justine&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Le proc&#232;s des voleurs de terre aura lieu le 28 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la ZAD, la r&#233;sistance s'organise : il y a pr&#232;s de seize lieux squatt&#233;s, tous diff&#233;rents les uns des autres. Ici, un boulanger s'est install&#233; en octobre dernier, et souhaite vendre une partie de son pain en AMAP ; plus loin, des anglophones ont construit leurs cabanes dans les arbres. La ZAD est devenue une v&#233;ritable terre d'exp&#233;rimentation, et des jardins potagers collectifs &#233;closent aux quatre coins du bocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des liens avec d'autres collectifs, comme Reclaim the fields, se sont tiss&#233;s depuis peu. &lt;i&gt;&#171; En d&#233;cembre dernier, nous avons vadrouill&#233; dans tout le pays pour faire conna&#238;tre notre lutte. Nous organisons des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales r&#233;guli&#232;rement, et avons cr&#233;&#233; un &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site Internet&lt;/a&gt; et un journal, L&#232;se-B&#233;ton&lt;/i&gt; 5, explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais ce n'est pas toujours facile d'&#234;tre en lien avec les paysans du coin, qui nous prennent parfois pour des hurluberlus, ou avec les associations locales, qui n'ont pas du tout la m&#234;me culture militante que la n&#244;tre, et nous voient comme des radicaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, le conseil g&#233;n&#233;ral a sem&#233; la zizanie en rachetant des terres, bien au-del&#224; du prix du march&#233;, &#224; des propri&#233;taires qui ont voulu sauver leur peau&#8230; &lt;i&gt;&#171; Ces gars-l&#224;, c'est des vendus, il ne faut plus leur parler ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;nerve un paysan de la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul, 77 ans, agriculteur et ancien militant des Paysans-Travailleurs&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire dans la Revue Z n&#176; 4 un excellent portrait de Paul.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, tente de faire le lien entre les locaux et les ZADistes : &lt;i&gt;&#171; Il y avait pourtant une culture de lutte, ici. Dans les ann&#233;es 1970, nous allions soutenir les ouvriers en gr&#232;ve &#224; Nantes. Nous avons aussi lutt&#233; pour le foncier, avec des occupations de terre&#8230; Mais avec l'arriv&#233;e de Mitterrand, en 1981, tout le monde s'est rang&#233; derri&#232;re le Parti socialiste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ironie de l'histoire&lt;/strong&gt; : aujourd'hui, c'est le PS local, men&#233; par le d&#233;put&#233;-maire Jean-Marc Ayrault, qui s'acoquine avec Vinci et les promoteurs pour s'emparer du bocage. Car, au-del&#224; d'un a&#233;roport international Haute qualit&#233; environnementale, c'est un v&#233;ritable projet d'urbanisation qui s'annonce, et les b&#233;tonni&#232;res sont pr&#234;tes &#224; d&#233;gueuler h&#244;tels, autoroutes et ligne de TGV. L'objectif ? Cr&#233;er une m&#233;galopole &#171; Grand Ouest &#187; allant de St-Nazaire &#224; Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mi-f&#233;vrier, les engins de forages creusent de plus belle, prot&#233;g&#233;s par une armada de gendarmes mobiles. Les ZADistes, eux, ont lanc&#233; un je&#251;ne itin&#233;rant. Et en mai, une journ&#233;e d'action aura lieu sur la zone, histoire de mettre un peu de plomb dans l'aile de cette machine &#224; b&#233;tonner nos vies&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La ZAD, Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, repr&#233;sente 1 225 hectares de terres agricoles sur lesquelles est pr&#233;vue la construction de l'a&#233;roport &#8211; mais il est estim&#233; que 3 000 hectares seraient n&#233;cessaires. Pour les opposants, la ZAD est devenue la Zone &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis 40 ans, le conseil g&#233;n&#233;ral, ayant un droit de pr&#233;emption, a achet&#233; 80 % des terres agricoles de la zone. Le 1er janvier, il a remis ces terres &#224; la soci&#233;t&#233; Vinci.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notamment l'ACIPA et l'ADECA, deux associations qui luttent contre le projet d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Le proc&#232;s des voleurs de terre aura lieu le 28 mars &#224; Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire dans la &lt;a href=&#034;https://www.zite.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue Z&lt;/a&gt; n&#176; 4 un excellent portrait de Paul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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