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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>22, v'l&#224; la COP !</title>
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		<dc:creator>Nicolas Haeringer</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, la 22e Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; ! Le 9 novembre (2016), au petit matin, l'ambiance &#233;tait pesante &#224; Marrakech. Les quelque 20 000 d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s, journalistes et militant.e.s qui arpentaient le site accueillant la 22e Conf&#233;rence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin du foin m&#233;diatique de sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, la 22&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Conf&#233;rence sur le climat (COP) s'est tenue &#224; Marrakech du 7 au 18 novembre dans une &#233;tourdissante discr&#233;tion. 2016, ann&#233;e la plus chaude ? Pas assez pour passer &#224; l'action&#8230; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 9 novembre (2016), au petit matin, l'ambiance &#233;tait pesante &#224; Marrakech. Les quelque 20 000 d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s, journalistes et militant.e.s qui arpentaient le site accueillant la 22&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Conf&#233;rence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) peinaient &#224; se remettre de leur courte nuit, marqu&#233;e par l'&#233;lection de Donald Trump &#224; la Maison Blanche. Chacun.e cherchait des mani&#232;res de se rassurer. Les n&#233;gociatrices et des n&#233;gociateurs affirmaient ainsi volontiers que Trump ne pourrait rien contre la puissance des march&#233;s, dont la main invisible, devenue verte, garantirait la transition vers un futur lib&#233;r&#233; du charbon, du gaz et du p&#233;trole. De notre c&#244;t&#233;, nous, les militant.e.s du mouvement pour la justice climatique, nous nous en remettions &#224; nos mains, visibles et collectives : &#224; condition de construire des mobilisations amples et larges, nous pourrions parvenir &#224; bloquer Trump dans son entreprise funeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restait une question, &lt;/strong&gt;&#224; laquelle nul n'avait de r&#233;ponse &#233;vidente et convaincante : &#224; quoi les COP peuvent-elles encore servir ? quel sens y avait-il &#224; &#234;tre pr&#233;sent.e.s &#224; Marrakech ? La question est loin de se limiter &#224; Trump. La communaut&#233; internationale a en effet engag&#233; le cycle de n&#233;gociations sur le climat il y a presque un quart de si&#232;cle, avec pour objectif de r&#233;duire les &#233;missions de CO2. Sur la m&#234;me p&#233;riode, ces derni&#232;res ont pourtant augment&#233; de plus de 60 % &#8211; soit la plus forte hausse de l'histoire. La COP22 &#233;tait cens&#233;e &#234;tre la COP de l'action : les &#201;tats devaient y prendre des engagements forts, en particulier en termes de financements (pour l'adaptation et soutenir les &#201;tats les plus vuln&#233;rables au changement climatique &#8211; qui sont aussi parmi les plus pauvres). Mais les &#201;tats &#233;taient venus les mains vides : aucun engagement chiffr&#233; concret &#224; la hauteur de l'enjeu n'y a &#233;t&#233; annonc&#233;. Trump fut, &#224; cet &#233;gard, un parfait &#233;cran de fum&#233;e pour masquer l'apathie d'une bonne partie de la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;quence &#233;tait &lt;/strong&gt;pourtant cens&#233;e &#234;tre la suivante : adopter un accord, certes limit&#233; et ambigu &#224; Paris, lors de la COP21. Puis, lors des &#233;ditions suivantes, discuter de sa mise en oeuvre concr&#232;te (c'est-&#224;-dire recommencer &#224; n&#233;gocier, sur des points plus &#233;pineux, volontairement laiss&#233;s de c&#244;t&#233; pour parvenir &#224; l'adoption de dudit accord). L'accord de Paris a en effet volontairement &#233;t&#233; con&#231;u comme un cadre souple &#8211; indiquant une ambition g&#233;n&#233;rale, mais nul m&#233;canisme au service de cette ambition. Marrakech aurait th&#233;oriquement pu servir &#224; cela &#8211; mais la COP22 a plut&#244;t mis en sc&#232;ne une sorte de mise en retrait de la communaut&#233; internationale, qu'il s'agisse de s'en remettre &#224; la main invisible des march&#233;s, donc ; ou de laisser des coalitions d'&#201;tats prendre des initiatives que la COP devrait en toute logique impulser collectivement. Bref : une phase de reflux semble s'amorcer &#8211; que l'&#233;lection de Trump ne fera que renforcer et acc&#233;l&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il &lt;/strong&gt;donc comme raisons de suivre le rythme des COP &#8211; si l'on met de c&#244;t&#233; ce qu'elles repr&#233;sentent comme opportunit&#233;s commerciales et/ou pour le d&#233;veloppement du tourisme d'affaires ? Les d&#233;l&#233;gu&#233;.e.s pouvaient donc admirer les multiples panneaux publicitaires des banques, compagnies a&#233;riennes, et autres soci&#233;t&#233;s de courtage vantant leur action pour le climat depuis les fen&#234;tres d'un des v&#233;hicules de la flotte dite &#171; propre &#187; et flambant neuve d&#233;ploy&#233;e pendant les 15 jours de la COP par l'irr&#233;pressible Uber, qui lan&#231;ait sa nouvelle application &#171; uberGREEN &#187; &#224; l'occasion du sommet climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il reste, &lt;/strong&gt;c'est sans doute les possibilit&#233;s que les COP offrent malgr&#233; tout de d&#233;centrer le regard &#8211; de regarder, en l'occurrence, vers le sud de Marrakech, en direction d'Imider, o&#249; se tenait une &#171; contre-COP &#187; sous la banni&#232;re &#171; 300km au Sud &#187;, o&#249; des communaut&#233;s amazighes luttent contre l'extraction de minerai d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utiliser les COP &lt;/strong&gt;pour relocaliser le climat &#8211; autrement dit pour connecter des luttes (et des territoires en lutte) les unes et les uns avec les autres. &#192; la suite de la sociologue f&#233;ministe Giovanna di Chiro, qui invite &#224; &#171; &lt;i&gt;ramener l'&#233;cologie &#224; la maison &#187;&lt;/i&gt;, les mobilisations organis&#233;es en marge des COP peuvent nous aider &#224; ramener le climat sur des territoires concrets, pour ensuite le ramener &#224; la maison &#8211; l&#224; o&#249; se d&#233;ploient toutes les formes entrelac&#233;es et superpos&#233;es de domination et d'in&#233;galit&#233;s. Les COP pourraient ainsi contribuer &#224; construire un mouvement qui parte des situations concr&#232;tes, et se base sur toutes celles et ceux qui sont affect&#233;.e.s par les causes et les cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, &lt;/strong&gt;en marge de la COP22, plusieurs militant.e.s du monde entier se sont rendu.e.s &#224; Imider. Ils et elles ont pu &#233;changer sur leurs propres luttes, et d&#233;couvrir celle des communaut&#233;s locales. Qui ont envoy&#233; des messages de solidarit&#233; aux Sioux en lutte &#224; Standing Rock, dans le Dakota du Nord contre un projet d'ol&#233;oduc cens&#233; passer sur leur territoire. Au moment o&#249; les Sioux apprenaient que le projet &#233;tait gel&#233;, on pouvait voir, sur le campement de Standing Rock, une banderole exprimant la solidarit&#233; des personnes rassembl&#233;es avec les communaut&#233;s en lutte &#224; Imider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renoncer &lt;/strong&gt;aux abstractions des grandes conf&#233;rences internationales, &#224; l'approche par le haut qu'elles impliquent et &#224; l'uberisation du monde qu'elles induisent, pour faire le choix des solidarit&#233;s translocales : moins de COP, plus de ZAD, plus de Sioux en lutte dans tous les Standing Rock de la terre, plus d'Imider. Penser avec nos pieds, nos mains collectives et bien visibles, pour construire les mobilisations dont nous avons besoin, &#224; &#233;chelle humaine : quitte &#224; ce que ce soit 300 km au sud plut&#244;t qu'au coeur de la COP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moins de COP, &lt;/strong&gt;pour plus d'action : ce n'est pas un hasard que Trump, qui incarne aujourd'hui le mieux les menaces contre une action publique ambitieuse sur le climat, soit un milliardaire climato-sceptique, sexiste, misogyne et raciste. Le tout s'articule tr&#232;s bien. Il faut partir de ce &#171; contre-ensemble &#187; et de cette &#171; intersectionnalit&#233; &#187; invers&#233;e. De ce cumul de tous les privil&#232;ges, qui appelle encore plus de domination et d'exploitation. Et pour ce faire, construire un mouvement r&#233;ellement intersectionnel : inventer des mobilisations qui embrassent d'un m&#234;me mouvement les questions climatiques, sociales de genre, de racisme ; des mobilisations qui font le lien entre les droits des Sioux ou des Amazighs et le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La COP de Marrakech &lt;/strong&gt;s'est achev&#233;e sans surprise et sans &#233;clat. Elle laisse donc ouverte la question de l'utilit&#233; de ces rencontres &#8211; &#224; laquelle la COP23 promet d'offrir des r&#233;ponses in&#233;dites : elle sera pr&#233;sid&#233;e pour la premi&#232;re fois par les Fidji, autrement dit par un des &#201;tats les plus directement affect&#233;s par le changement climatique. Mais comme le territoire des Fidji ne permet pas d'accueillir une conf&#233;rence internationale de cette ampleur, cette COP se tiendra au si&#232;ge de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Autrement dit : &#224; Bonn. Soit 16 000 kilom&#232;tres plus &#224; l'ouest &#8211; et autant d'intersections &#224; construire et &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Haeringer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guerre des terres &#224; la Zad</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Guerre-des-terres-a-la-Zad</link>
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		<dc:date>2018-11-30T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin. C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cumulards" rel="tag"&gt;cumulards&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2430-f8400.jpg?1783032629' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'avenir des terres occup&#233;es. C'est l'un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l'abandon du projet d'a&#233;roport. Focus sur la bataille fonci&#232;re qui vient de s'engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un nouveau front de lutte. Et celui-ci ne se joue pas derri&#232;res les barricades dress&#233;es en avril pour contrer les destructions d'habitations. &#192; Notre-Dame-des-Landes, les autorit&#233;s s'attellent d&#233;sormais &#224; la redistribution des terres anciennement promises &#224; la b&#233;tonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, ces derni&#232;res appartiennent encore &#224; l'&#201;tat qui les avait pr&#233;empt&#233;es pour Vinci en vue de la construction de l'a&#233;roport. Mais depuis que le projet a &#233;t&#233; enterr&#233;, le gouvernement a charg&#233; un comit&#233; de pilotage&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de trancher la question suivante : &#224; qui doit revenir l'usage des terres agricoles ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas tout perdre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La poign&#233;e de paysans r&#233;sistants qui avaient refus&#233; de c&#233;der aux sir&#232;nes financi&#232;res des am&#233;nageurs &#8211; 370 hectares de terres au total &#8211; devraient a priori se voir r&#233;-attribuer l&#233;galement leurs parcelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine phase d'expulsion et d'invasion militaire de la Zad, des occupants ont pour leur part sign&#233; en juin une quinzaine de conventions d'occupation pr&#233;caire (COP) pour un ensemble de terres repr&#233;sentant 170 hectares. &#171; &lt;i&gt;Certains paysans occupants avait d&#233;j&#224; envie d'obtenir un bail rural pour s&#233;curiser leur avenir en cas d'abandon du projet,&lt;/i&gt; explique Camille, un occupant qui a sign&#233; une COP. &lt;i&gt;Mais pour beaucoup d'entre nous, le choix de formes collectives de p&#233;rennisation, incluant une l&#233;galisation partielle, est venu s'ajouter &#224; la r&#233;sistance sur le terrain pour contrer l'attaque frontale de l'&#201;tat au printemps dernier. Il fallait contenir la destruction des lieux de vie pour ne pas tout perdre. Et nous nous battons depuis pour des cadres stables qui permettent de garder des marges de libert&#233; et d'autonomie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie de l&#233;galisation des terres qui a suscit&#233; des d&#233;bats houleux et de vives tensions entre les occupants. Le collectif Radis-Co a ainsi fustig&#233; cette tentative de n&#233;gociation avec l'&#201;tat qui, selon lui, &#171; &lt;i&gt;vide de contenu politique notre pr&#233;sence ici&lt;/i&gt; &#187; et ouvre les portes &#224; la normalisation de la Zad&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zadresist.antirep.net&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH651/-933-58ad9.jpg?1782751931' width='400' height='651' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les revenants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, au-del&#224; du danger inh&#233;rent au fait de discuter avec les autorit&#233;s &#233;tatiques, une autre menace plane sur les terres : la convoitise des anciens cultivateurs du coin. Nombre d'agriculteurs, dont les champs &#233;taient concern&#233;s par le futur a&#233;roport, ont &#233;t&#233; grassement indemnis&#233;s pour avoir accept&#233; de l&#226;cher leurs parcelles aux b&#233;tonneurs. Ils ont par ailleurs &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement prioritaires sur l'octroi de terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad. Certains ont m&#234;me continu&#233; &#224; percevoir des aides agricoles publiques sur les champs qu'ils exploitaient avant le mouvement d'occupation. &#171; &lt;i&gt;Mais aujourd'hui, ces &#8220; cumulards &#8221;, comme on les surnomme par ici, veulent r&#233;cup&#233;rer ces terres, &lt;/i&gt;s'indigne une occupante de la Zad. &lt;i&gt;En quelque sorte, ils veulent le beurre et l'argent du beurre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unis dans une association baptis&#233;e Amelaza, ces agriculteurs, proche de la Chambre d'agriculture et de la FNSEA &#8211; le syndicat agricole majoritaire &#8211;, revendiquent le droit de revenir cultiver plus de 500 hectares de terres arables sur la Zad. Une fa&#231;on pour eux d'agrandir leur exploitation afin de d&#233;clarer plus de surface agricole et&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; toucher plus d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu politique est de taille quand on sait qu'en France, l'installation pour les jeunes est un vrai chemin de croix et que la moiti&#233; des terres agricoles sont concentr&#233;es aux mains de 10 % des exploitants. Pour les habitants de la Zad, &#171; &lt;i&gt;les terres lib&#233;r&#233;es par l'abandon du projet d'a&#233;roport doivent aller en priorit&#233; &#224; de nouvelles installations de jeunes paysans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; &#171; R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Aux antipodes de l'imaginaire paysan port&#233; par les occupants, l'accaparement des terres par les &#171; cumulards &#187; laisse entrevoir le retour sur la Zad du productivisme agricole. Une vision industrielle de l'agriculture dont les pratiques intensives sont n&#233;fastes &#224; la biodiversit&#233; et qui conduit chaque semaine 200 fermes du pays &#224; mettre la cl&#233; sous porte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;nager la ch&#232;vre et le chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 12 octobre dernier, se tenait &#224; Nantes la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; de pilotage apr&#232;s la signature des quinze COP par les occupants. En soutien &#224; la Zad, une soixantaine de tracteurs stationnait sous les fen&#234;tres de la pr&#233;fecture avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Oui &#224; l'installation, non &#224; l'agrandissement&lt;/i&gt; &#187;. Au sortir du comit&#233;, Nicole Klein, la pr&#233;f&#232;te de R&#233;gion, se targuait par communiqu&#233; de presse : &#171; &lt;i&gt; Nous travaillons pour arriver &#224; une r&#233;partition &#233;quilibr&#233;e des terres qui permette &#224; tous d'envisager le plus sereinement possible leur avenir ensemble sur ce territoire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a d&#233;cid&#233; de couper la poire en deux pour tenter de satisfaire tout le monde&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che quant &#224; lui Camille. La pr&#233;fecture s'est en effet engag&#233;e &#224; transformer les quinze COP en baux ruraux. 30 &#224; 40 hectares de champs d&#233;j&#224; occup&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es mais toujours revendiqu&#233;s par les &#171; cumulards &#187; devraient finalement revenir au mouvement&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Enfin, &#224; la suite de d&#233;parts en retraite d'agriculteurs d'ici fin 2019, des nouvelles installations &#8211; &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; d'occupants &#8211; seront privil&#233;gi&#233;es sur 152 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui indigne l'ensemble du mouvement, ce sont plus de 300 hectares de terres agricoles qui reviendraient &#224; l'Amelaza. Les habitants de la Zad r&#233;clament en amont un diagnostic foncier clair pour chacun des &#171; cumulards &#187;, afin de savoir dans quelle mesure ils se sont agrandis et gav&#233;s de primes agricoles. Le consultant qui a r&#233;alis&#233; l'&#233;tat des lieux agricoles pour le comit&#233; de pilotage est en effet salari&#233; par la Chambre d'agriculture &#8211; qui s'est toujours positionn&#233;e contre l'occupation de la Zad &#8211; et a m&#234;me conseill&#233; les &#171; cumulards &#187; lors de la cr&#233;ation de leur association Amelaza !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il reste aussi 188 hectares &#224; voir au cas par cas et sur une partie desquels des projets li&#233;s au mouvement pourraient s'installer&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Camille. Quant &#224; la for&#234;t de Rohanne, en plein c&#339;ur de la Zad, la pr&#233;fecture a annonc&#233; de mani&#232;re floue que sa gestion serait partag&#233;e entre l'Office national des for&#234;ts (ONF) et Abracadabois, un collectif d'occupants et artisans qui a pris soin de ce bois avec une vision de l'arbre &#224; la charpente. L'objectif est que les usagers de la for&#234;t gardent le plus d'autonomie possible sur la gestion et qu'Abracadabois ne devienne pas un simple prestataire de service pour l'ONF.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre racine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s les premiers rendus de ce comit&#233; de pilotage, des habitants de la Zad ont resem&#233; un m&#233;lange c&#233;r&#233;alier &#224; la No&#235; Verte, sur une parcelle de 6 hectares revendiqu&#233;e par un &#171; cumulard &#187;. Et une cinquantaine de trous ont &#233;t&#233; creus&#233;s pour accueillir les nouveaux arbres fruitiers d'un verger mis en place l'an dernier avec un r&#233;seau d'&#233;piceries autog&#233;r&#233;es du pays nantais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous continuons de nous projeter vers l'avenir. Nous r&#233;fl&#233;chissons d&#233;j&#224; &#224; comment reconstruire sur les sites des anciens habitats d&#233;truits dans le cadre du projet d'a&#233;roport,&lt;/i&gt; souligne Camille. &lt;i&gt;L'&#201;tat a cherch&#233; &#224; nous isoler, en nous faisant signer des conventions individuelles. Mais nous persistons dans notre volont&#233; d'avoir une gestion collective des terres par l'ensemble du mouvement, avec un bail, voire m&#234;me un rachat des parcelles. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de pilotage se r&#233;unira &#224; nouveau mi-f&#233;vrier, entre autres pour prendre position de nouveau sur la r&#233;partition de l'usage des terres. D'ici l&#224; les arbres du verger de la No&#235; Verte auront d&#233;j&#224; pris racine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce comit&#233; de pilotage, pr&#233;sid&#233; par la pr&#233;fecture, rassemble la Chambre d'agriculture, les syndicats agricoles, les associations des agriculteurs historiques, la communaut&#233; de communes, le D&#233;partement et les services de l'&#201;tat. Les occupants, Copain 44, l'Acipa et les Naturalistes en luttes ont refus&#233; d'y si&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://zadresist.antirep.net/HomePage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zadresist.antirep.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;partition des terres de la Zad : pour sortir de l'opacit&#233;, il faut un vrai diagnostic foncier !&lt;/i&gt; &#187;, 12 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En contrepartie, ces agriculteurs recevront des terres &#224; l'ext&#233;rieur de la Zad.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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