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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Askavusa : un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation. Sa fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/membres" rel="tag"&gt;membres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH373/-1310-6e75f.jpg?1768808765' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;a fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons rouill&#233;s, djellabas, casseroles, bo&#238;tes de conserve, biberons, produits d'hygi&#232;ne, m&#233;dicaments, couvertures de survie, gilets de sauvetage, chaussures, bibles et corans. La grotte qui abrite ce minuscule mus&#233;e a d'abord &#233;t&#233; un atelier de r&#233;paration de bateaux et de filets, puis un bar. Depuis janvier 2015 elle accueille le collectif Askavusa et les objets que ses membres ont ramass&#233;s depuis 2009 dans la d&#233;charge o&#249; &#233;taient entass&#233;es les embarcations des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces objets &lt;/strong&gt;ne sont pas l&#224; pour susciter la piti&#233;, ils sont une partie d'un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re que propose Askavusa et qui invite &#224; consid&#233;rer les personnes migrantes non comme un tout, mais comme autant d'individus. Surtout, il nous invite &#224; penser les migrations dans un contexte plus large que la simple question de l'accueil, sans faire l'impasse sur le contexte g&#233;opolitique, le capitalisme et le n&#233;o-colonialisme. Le projet est toujours en &#233;volution : au d&#233;but, des lettres et des photos avaient &#233;galement &#233;t&#233; expos&#233;es, mais suite &#224; des discussions et des d&#233;bats, ces objets tr&#232;s personnels ont &#233;t&#233; retir&#233;s de l'exposition et sont aujourd'hui simplement conserv&#233;s par Askavusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce collectif &lt;/strong&gt;est n&#233; en 2009, quand le projet de cr&#233;ation d'un CIE&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centro di identificazione e di espulsione, l'&#233;quivalent des Centres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de 10 000 places &#224; Lampedusa avait provoqu&#233; la col&#232;re des habitants, beaucoup craignant ses cons&#233;quences pour le tourisme. Les membres du collectif Askavusa, eux, s'opposaient &#224; la cr&#233;ation du centre en tant que lieu de r&#233;tention, et militaient pour la libre circulation des personnes. Tr&#232;s vite, la n&#233;cessit&#233; d'une vue plus large et politique sur la question migratoire s'est fait sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car Lampedusa, &lt;/strong&gt;avec ses 20 km&#178; et ses 6 000 habitants, sert de d&#233;cor &#224; une mise en sc&#232;ne m&#233;diatique visant &#224; justifier des politiques de militarisation et de d&#233;fense des fronti&#232;res. En 2011, 10 000 Tunisiens ont &#233;t&#233; retenus sur l'&#238;le pendant trois mois, cr&#233;ant une tr&#232;s grande tension. Berlusconi d&#233;clara qu'il allait &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer &#187;&lt;/i&gt; Lampedusa. Quelques jours plus tard, les migrants &#233;taient &#233;vacu&#233;s. Les images tourn&#233;es alors servirent &#224; diffuser dans les m&#233;dias l'id&#233;e d'une Europe &#171; &lt;i&gt;envahie &#187;&lt;/i&gt;. Peu de temps apr&#232;s, le budget de Frontex &#233;tait augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, &lt;/strong&gt;changement de cap avec la visite du pape Fran&#231;ois : les mots d'ordre &#224; pr&#233;sent sont accueil et humanit&#233;. Des VIP d&#233;filent sur l'&#238;le, jusqu'&#224; Richard Gere, qui affirme avoir partag&#233; un d&#233;licieux repas avec les migrants dans le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt;. On pense aussi au film &lt;i&gt;Fuocoammare &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa est un film de Gianfranco Rosi, sorti en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui montre un centre relativement propre, o&#249; se disputent des parties de football. On sait pourtant que loin des cam&#233;ras, la r&#233;alit&#233; est tout autre : les conditions d'hygi&#232;ne sont d&#233;plorables, la nourriture de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;, le centre souvent surpeupl&#233;. Askavusa a mis en ligne des vid&#233;os permettant de voir cette r&#233;alit&#233;-l&#224;, moins glamour que le discours officiel. Le CIE actuel dispose de 240 places, mais la plupart du temps, au moins 500 personnes y sont d&#233;tenues. D&#233;tenues, oui, car th&#233;oriquement, elles ne doivent pas en sortir. Elles devraient aussi n'y rester que quelques jours puis poursuivre leur voyage. En r&#233;alit&#233;, leur permanence se compte en semaines, voire en mois. D&#233;tenir autant de personnes dans un lieu inadapt&#233; pendant si longtemps pourrait cr&#233;er les conditions d'une r&#233;bellion. Mais un trou dans le grillage fait office de soupape de s&#233;curit&#233; : en &#233;t&#233;, pour ne pas trop heurter les touristes qui viennent profiter des plages, on le referme plus ou moins, on le surveille. Le reste de l'ann&#233;e, on ferme les yeux sur les sorties. Bien s&#251;r, on ne peut que se r&#233;jouir de cette possibilit&#233; pour les personnes migrantes de s'&#233;vader pour quelques heures, mais on note l'hypocrisie et l'arbitraire de la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le discours &lt;/strong&gt;a chang&#233;, son but reste le m&#234;me : augmenter le budget de la d&#233;fense. Les images des corps sur le d&#233;barcad&#232;re apr&#232;s le naufrage du 3 octobre 2013 ont permis de lancer Eurosur, syst&#232;me de surveillance qui b&#233;n&#233;ficie d'un budget de 224 millions d'euros pour 2014-2020. Le discours humanitaire est utilis&#233; pour justifier cette course &#224; l'armement. La militarisation est partout visible &#224; Lampedusa : bateaux et h&#233;licopt&#232;res mais surtout six radars, &#224; disposition des diff&#233;rents corps &#8211; de l'a&#233;ronautique militaire &#224; la marine, en passant par les douanes. Askavusa est tr&#232;s mobilis&#233; sur cette question et alerte sur les dangers pour la population et l'environnement. La plupart de ces radars sont situ&#233;s en plein coeur de la r&#233;serve naturelle de l'&#238;le, ce qui perturbe les nombreux oiseaux migrateurs qui y font &#233;tape. &#192; seulement 20 m de la route se trouve un radar dont l'arm&#233;e poss&#232;de 11 mod&#232;les. Sa dangerosit&#233; a &#233;t&#233; prouv&#233;e et il a, depuis, &#233;t&#233; retir&#233; de Sicile et de Sardaigne. Mais &#224; Lampedusa, il fonctionne encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benetton &lt;/strong&gt;a tent&#233; de s'associer au projet. Mais le vendeur de pulls n'avait pas sa place &#224; Porto M : Askavusa ne souhaitait pas &#234;tre utilis&#233; pour redorer le blason d'une entreprise qui exploite sans vergogne les travailleurs. Les membres du collectif pr&#233;f&#232;rent se d&#233;placer pour montrer les objets de leur mus&#233;e dans des espaces publics pour informer, d&#233;cortiquer le discours m&#233;diatique et rappeler les raisons qui poussent des milliers de personnes &#224; l'exil. Quelle est donc la place de ces objets expos&#233;s volontairement sans didascalie dans ce contre-r&#233;cit ? Ils t&#233;moignent, sans mots, des individualit&#233;s, du caract&#232;re unique de chaque histoire. Le collectif revendique un parcours encore en mouvement : &#171; &lt;i&gt;Nous cherchons simplement la route qui nous a men&#233;s &#224; cette d&#233;charge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centro di identificazione e di espulsione&lt;/i&gt;, l'&#233;quivalent des Centres de r&#233;tention administrative).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa &lt;/i&gt;est un film de Gianfranco Rosi, sorti en salle en septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Autant en apporte l'&#201;tat ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Autant-en-apporte-l-Etat</link>
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		<dc:date>2017-12-29T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Delphine Duprat</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 6 septembre, l'ouragan Irma d&#233;vaste l'&#238;le de Saint&#8209;Martin. Douze jours plus tard, c'est Maria qui frappe la Guadeloupe et les &#238;les voisines. Aude, qui habite depuis 34 ans Petit&#8209;Bourg, &#224; Basse&#8209;Terre, t&#233;moigne des d&#233;g&#226;ts, des lourdeurs administratives et de l'entraide spontan&#233;e des &#238;liens. Nous avions parl&#233; avec Aude quelques jours apr&#232;s le passage d'Irma sur Saint&#8209;Martin &#8211; 95 % de l'&#238;le d&#233;truite. Elle venait de recueillir chez elle deux adolescents du quartier de Sandy&#8209;Ground, ramen&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aude" rel="tag"&gt;Aude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Air-France" rel="tag"&gt;Air France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saint-Martin" rel="tag"&gt;Saint&#8209;Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 septembre, l'ouragan Irma d&#233;vaste l'&#238;le de Saint&#8209;Martin. Douze jours plus tard, c'est Maria qui frappe la Guadeloupe et les &#238;les voisines. Aude, qui habite depuis 34 ans Petit&#8209;Bourg, &#224; Basse&#8209;Terre, t&#233;moigne des d&#233;g&#226;ts, des lourdeurs administratives et de l'entraide spontan&#233;e des &#238;liens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH369/-232-377e7.jpg?1768731513' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Delphine Duprat.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avions parl&#233; avec Aude quelques jours apr&#232;s le passage d'Irma sur Saint&#8209;Martin &#8211; 95 % de l'&#238;le d&#233;truite. Elle venait de recueillir chez elle deux adolescents du quartier de Sandy&#8209;Ground, ramen&#233;s par des p&#234;cheurs guadeloup&#233;ens. &#171; &lt;i&gt;Dix heures de travers&#233;e &#224; cause du gros temps&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cisait Amalek, le plus &#226;g&#233;. Son p&#232;re &#233;tait rest&#233; sur place pour prot&#233;ger le peu qu'il leur restait. &#171; T&lt;i&gt;out s'est envol&#233;, le toit de son atelier de menuiserie, l'&#233;tabli et les outils. La maison n'existe plus.&lt;/i&gt; &#187; Sa m&#232;re, elle, &#233;tait partie quelques jours plus t&#244;t &#224; Paris, avec sa s&#339;ur qui veut y &#233;tudier. &#171; &lt;i&gt;Sur les &#238;les, la nature reprend vite ses droits, gr&#226;ce au climat tropical,&lt;/i&gt; se console Aude. &lt;i&gt;Mais &#224; Saint-Martin, il n'y a que du b&#233;ton. C&#244;t&#233; hollandais, ils ont construit dix casinos face &#224; la mer !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai connu&lt;/i&gt; [l'ouragan] &lt;i&gt;Hugo en 1989, qui a fait date. Mais l&#224;, on est pass&#233; un cran au&#8209;-dessus. Autour de l'&#339;il, il y avait un mur de vent tourbillonnant &#224; 230 km / h. Rien n'y r&#233;siste. Le vacarme est assourdissant.&lt;/i&gt; &#187; Quand nous la rappelons dix jours plus tard, Aude est furax : l'ouragan Maria vient de secouer la Guadeloupe et le gouvernement annonce que l'&#233;tat de catastrophe naturelle ne sera d&#233;cr&#233;t&#233; que pour Les Saintes (spot touristique) et le chef-lieu de Basse&#8209;Terre. De plus, &#171; &lt;i&gt;l'arr&#234;t&#233; minist&#233;riel ne couvre que les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par la pluie et la houle. Pas par le vent ! Alors qu'il ne reste plus un bananier debout sur toute l'&#238;le ! Sans compter les avocatiers, les agrumes, les arbres &#224; pain et tout le mara&#238;chage&lt;/i&gt; &#187;. Cette col&#232;re, tr&#232;s partag&#233;e, a depuis provoqu&#233; une reculade gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Toujours une colonie &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Saint-Martin, une solidarit&#233; extra-officielle s'est mise en place, &#171; &lt;i&gt;gr&#226;ce aux liens familiaux ou amicaux d'une &#238;le &#224; l'autre&lt;/i&gt; &#187;. Aude et les gamins qu'elle h&#233;berge d&#233;crivent la d&#233;solation qui r&#232;gne &#224; Sandy-Ground, quartier de maisons construites de bric et de broc, o&#249; vivent de nombreux Ha&#239;tiens, Jama&#239;cains, Dominicains&#8230; On y estime &#224; 60 % la part des habitants &#233;trangers, dont beaucoup sont sans-papiers, non recens&#233;s, ce qui ne facilite ni le d&#233;compte des morts, ni le calcul des besoins. Aude &#233;voque des gens d&#233;sesp&#233;r&#233;s se servant dans les magasins, parce que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est caduque au c&#339;ur d'une tel d&#233;nuement. Les forces de l'ordre, d&#233;sorient&#233;es, &#171; &lt;i&gt;ont d'abord s&#233;curis&#233; les supermarch&#233;s et les quartiers ais&#233;s. Pendant ce temps, les premiers colis d'aide &#233;taient bloqu&#233;s sur le port, en attente du feu vert pour les distribuer&lt;/i&gt; &#187;. Un couvre&#8209;feu a &#233;t&#233; instaur&#233;, de 19 h jusqu'&#224; 7 h du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que sur la partie hollandaise de l'&#238;le, les rues ont &#233;t&#233; rapidement d&#233;blay&#233;es, gr&#226;ce &#224; une plus grande autonomie politique gagn&#233;e apr&#232;s l'ouragan Luis, en 1995, lors duquel la r&#233;action des Pays-Bas avait &#233;t&#233; en dessous de tout. Les gendarmes ont autoris&#233;s les gens &#224; se servir dans les magasins et des brigades de volontaires se sont vite mises au boulot. &#171; &lt;i&gt;Saint-Martin ne dispose d'aucune source d'eau douce. Les premiers arrivages d'eau potable provenaient de Porto Rico.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; fran&#231;ais, les premiers secours se sont organis&#233;s depuis la Guadeloupe, puis un navire militaire, Le Tonnerre, a appareill&#233; le 12 septembre du port de Toulon. &#171; &lt;i&gt;La France est jalouse de nos liens avec les &#238;les non-fran&#231;aises. Pourtant, ici, on se sent Carib&#233;ens. Les gens savent qu'on est toujours une colonie, m&#234;me si l'intitul&#233; a chang&#233;. On le voit avec le minist&#232;re de tutelle, qui s'occupe de sant&#233;, d'&#233;ducation, d'&#233;nergie, mais sans comp&#233;tence particuli&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Racialisation des pillages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aude a &#233;t&#233; choqu&#233;e par l'angle s&#233;curitaire choisi par les m&#233;dias, prenant le dessus sur l'urgence humanitaire (&#171; &lt;i&gt;Les choses ont plus de valeur que les gens&lt;/i&gt; &#187;, regrette&#8209;t-elle), sans doute pour masquer les rat&#233;s dans l'acheminement des secours. &#171; &lt;i&gt;Les infos sur l'&#238;le &#224; feu et &#224; sang et sur l'&#233;vasion de 250 taulards qui auraient pill&#233; l'armurerie d'une prison c&#244;t&#233; n&#233;erlandais, c'&#233;tait des fake news lanc&#233;es sur la page Facebook d'une capitaine de gendarmerie et d&#233;menties depuis. Mais du coup, les camions qui livraient l'eau potable dans les quartiers comme Sandy&#8209;Ground jetaient les bouteilles aux gens sans s'arr&#234;ter, les obligeant &#224; courir derri&#232;re les v&#233;hicules.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, les JT ont racialis&#233; les pillages. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s qu'un Noir sort d'une sup&#233;rette d&#233;fonc&#233;e, m&#234;me si ce qu'il a en main est un pack d'eau min&#233;rale, c'est un pillard ! Alors que dans ces moments-l&#224;, les gens vont au plus press&#233; et s'entraident sans regarder la couleur de peau. La plupart sont m&#233;tis, de toute fa&#231;on.&lt;/i&gt; &#187; La t&#233;l&#233; a bien montr&#233; un couple de Blancs siphonnant le r&#233;servoir d'une voiture renvers&#233;e, mais l&#224;, la cam&#233;ra s'est approch&#233;e et la journaliste a pris le temps de demander &#224; la dame ce qu'elle faisait. Celle&#8209;ci a pu expliquer qu'elle &#233;tait avocate et que c'&#233;tait les gendarmes, dans l'incapacit&#233; de leur venir en aide, qui les y avaient encourag&#233;s. Ces m&#234;mes gendarmes auraient conseill&#233; aux bons citoyens de s'armer et de tirer &#224; vue sur les pillards&#8230; &#171; &lt;i&gt;Tu sais comment on appelle le journal du coin, France&#8209;-Antilles, en cr&#233;ole ? &#8220; France&#8209;-Menti &#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus tard, France&#8209;Info disqualifie les fausses rumeurs, oubliant de pr&#233;ciser qu'&#224; chaud, ses ondes les avaient largement propag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur priv&#233;, ce n'&#233;tait pas non plus reluisant. &#171; &lt;i&gt;Orange a voulu se faire un coup de pub en mettant gratuitement son r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique &#224; disposition des sinistr&#233;s, mais il n'y avait plus de couverture sur l'&#238;le !&lt;/i&gt; &#187; De son c&#244;t&#233;, Air France a &#233;t&#233; accus&#233;e de sp&#233;culer sur le prix des billets alors que des centaines de &#171; m&#233;tros &#187; voulaient fuir : sur les r&#233;seaux circule une capture d'&#233;cran montrant un vol pour Paris vendu 3 000 &#8364;. La rubrique des D&#233;codeurs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; a vol&#233; au secours de la compagnie en d&#233;non&#231;ant une &lt;i&gt;fake news&lt;/i&gt;, mais celle&#8209;ci s'est content&#233;e de protester mollement : &#171; &lt;i&gt;Air France conc&#232;de qu'il reste possible que des internautes aient effectivement pu tomber sur un prix de 2 970 &#8364; avant l'entr&#233;e en vigueur des conditions tarifaires relatives &#224; la catastrophe, mais r&#233;fute toute hausse des prix.&lt;/i&gt; &#187; Sic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; au quotidien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre rumeur, celle qui annon&#231;ait la fuite en Guadeloupe de la pr&#233;f&#232;te de Saint&#8209;Martin, disparue pendant plusieurs heures. &#171; &lt;i&gt;Je crois qu'elle a paniqu&#233;, elle &#233;tait en poste depuis deux jours.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; Macron de d&#233;clarer, lors de sa m&#233;diatique visite, qu'il n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas possible d'avoir une anticipation sup&#233;rieure&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Ils disent qu'ils anticipent, mais pour ne pas nuire &#224; la saison touristique, ils ont tendance &#224; donner l'alerte le plus tard possible. Du coup, tu l'apprends quand tu es au boulot, tu cours r&#233;cup&#233;rer tes gosses &#224; l'&#233;cole, tu improvises. Mais pour la d&#233;fense de cette dame, il faut reconna&#238;tre que cette fois, le d&#233;lai a &#233;t&#233; correct.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Basse&#8209;Terre a-t-elle r&#233;agi au passage de Maria ? &#171; &lt;i&gt;Les gens ont l'habitude de se d&#233;brouiller. Tout le monde prend des nouvelles de tout le monde. C'est tr&#232;s dans l'esprit, la solidarit&#233;. On mange ce qui est tomb&#233; par terre. Si le manguier du voisin est d&#233;racin&#233;, il distribue ses mangues. Celui qui a de l'eau donne de l'eau. En m&#233;tropole, on fait valoir son statut de victime aupr&#232;s des autorit&#233;s et des assurances, ici il y a plus d'initiatives. Ce qui ne pla&#238;t pas &#224; tout le monde : les douanes interdisent maintenant aux particuliers de ramener des sinistr&#233;s de Saint&#8209;Martin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Ni eau, ni &#233;clairage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant ? &#171; &lt;i&gt;Pour la reconstruction, &#231;a va &#234;tre long : ces derni&#232;res ann&#233;es, les services publics ont beaucoup baiss&#233;. On a pass&#233; six jours sans &#233;lectricit&#233;, une semaine sans eau. Et encore, on a de la chance : comme on est &#224; trois kilom&#232;tres d'une zone commerciale &#8211; l&#224; o&#249; le groupe Bernard Hayot, en situation de monopole, vend les produits de la m&#233;tropole 30 ou 40 % plus cher &#8211;, EDF a fait fissa pour r&#233;tablir le r&#233;seau. Mais beaucoup de villages n'ont encore ni eau, ni &#233;clairage. Les &#233;coles vont reprendre petit &#224; petit, au moins celles qui n'ont pas &#233;t&#233; endommag&#233;es. Mais pour l'instant, ils sont toujours en train de recenser les gamins.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Saint&#8209;Martin, 18 &#233;tablissements scolaires sur 21 ont &#233;t&#233; totalement ou partiellement d&#233;truits, selon le minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aude tient &#224; conclure sur une note positive : &#171; &lt;i&gt;Mon compagnon et moi, on fabrique des petits meubles et on est souvent oblig&#233;s d'acheter du bois d'importation &#224; prix d'or. L&#224;, on court les routes et on r&#233;cup&#232;re des troncs bris&#233;s par Maria. On est contents &#224; l'id&#233;e de travailler des essences autochtones. On vit dans les mornes&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot &#171; morne &#187; d&#233;signe le relief d'une &#238;le ou d'un littoral &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, c'est tr&#232;s bois&#233;. Et puis notre citronnier est toujours sur pied, le fa&#238;te du garage l'a prot&#233;g&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pas de doute, la s&#232;ve remontera.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le mot &#171; morne &#187; d&#233;signe le relief d'une &#238;le ou d'un littoral &#8211; g&#233;n&#233;ralement, une colline.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ils nous ont arrach&#233;s &#224; notre paradis pour nous mettre en enfer ! &#187;</title>
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&lt;p&gt;Un v&#233;ritable hold-up ! D'abord colonis&#233;s par les Fran&#231;ais, puis par les Anglais, les habitants des Chagos, un petit archipel de l'oc&#233;an Indien, en ont finalement &#233;t&#233; expuls&#233;s de 1966 &#224; 1973, pour laisser place &#224; une base militaire &#233;tatsunienne. Ils vivent aujourd'hui en exil, dans le d&#233;nuement. Mais ne d&#233;sesp&#232;rent pas de retourner un jour sur l'archipel. Cela fait d&#233;j&#224; trois fois qu'Ivo Bancoult passe par Paris. Mais il lui a fallu attendre aujourd'hui pour en d&#233;couvrir les monuments. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sebastien-Bonetti-230" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Bonetti&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maurice" rel="tag"&gt;Maurice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ile" rel="tag"&gt;l'&#238;le&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rita-Bancoult" rel="tag"&gt;Rita Bancoult&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-archipel" rel="tag"&gt;l'archipel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un v&#233;ritable hold-up ! D'abord colonis&#233;s par les Fran&#231;ais, puis par les Anglais, les habitants des Chagos, un petit archipel de l'oc&#233;an Indien, en ont finalement &#233;t&#233; expuls&#233;s de 1966 &#224; 1973, pour laisser place &#224; une base militaire &#233;tatsunienne. Ils vivent aujourd'hui en exil, dans le d&#233;nuement. Mais ne d&#233;sesp&#232;rent pas de retourner un jour sur l'archipel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; trois fois qu'Ivo Bancoult passe par Paris. Mais il lui a fallu attendre aujourd'hui pour en d&#233;couvrir les monuments. Lors de ses deux pr&#233;c&#233;dents passages, l'homme n'&#233;tait pas sorti de l'enceinte de l'a&#233;roport : il &#233;tait juste en transit, parti de sa banlieue londonienne pour gagner l'&#238;le Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, Ivo n'est pas un touriste. Il est trop pauvre pour &#231;a. Avec trois enfants &#224; charge et un maigre salaire de 180 livres par semaine, il gal&#232;re. Une trentaine d'heures de travail hebdomadaire dans une sup&#233;rette de Crawley (&#171; &lt;i&gt;un ghetto&lt;/i&gt; &#187;, comme il dit) lui permet tout juste de faire vivre sa famille. Et il utilise le peu de monnaie qu'il r&#233;ussit &#224; mettre de c&#244;t&#233; pour retourner dans l'oc&#233;an Indien, l&#224; o&#249; il est n&#233;, afin de revoir ses proches. Alors, devant la tour Eiffel ou au bord de la Seine, il profite. Ne rate aucun d&#233;tail. Se fait prendre en photo partout. Mais sans oublier que s'il est invit&#233; dans la capitale, c'est d'abord pour parler de la cause qui habite sa famille depuis toujours, celle des Chagossiens. Il milite &#224; sa fa&#231;on, en r&#233;pondant &#224; quelques (rares) interviews et en se faisant filmer pour un (encore plus rare) documentaire&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Steeve Jean-No&#235;l Pierre, Mauricien d'origine aujourd'hui install&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-186-faf40.jpg?1768731486' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de S&#233;bastien Bonetti.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que personne ne se pr&#233;cipite pour lui tendre un micro : sa cause n'attire pas les foules. Une sc&#232;ne, v&#233;cue dans le taxi l'emmenant de l'a&#233;roport au centre-ville, r&#233;sume l'indiff&#233;rence du monde au combat qu'il porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous venez d'o&#249; ?&lt;/i&gt;, demande le chauffeur.
&#8211; &lt;i&gt;Mes parents, mes fr&#232;res et s&#339;urs sont tous n&#233;s dans l'archipel des Chagos. Mais moi, j'ai vu le jour sur l'&#238;le Maurice, &#224; cause d'une trag&#233;die.&lt;/i&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Et c'est o&#249;, Chagos ?&lt;/i&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Dans l'oc&#233;an Indien. Pas tr&#232;s loin de l'&#238;le Maurice, justement.&lt;/i&gt;
&#8211; &lt;i&gt;C'est joli l&#224;-bas ? Il doit y avoir des plages paradisiaques&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Ivo de s'enfoncer dans son si&#232;ge, bless&#233;. Le chauffeur n'a pas r&#233;agi au mot &#171; &lt;i&gt;trag&#233;die&lt;/i&gt; &#187;. En clair : il s'en fout. Tout le monde s'en fout, d'ailleurs. &#192; commencer par les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne, pourtant responsables de la &#171; &lt;i&gt;trag&#233;die&lt;/i&gt; &#187; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Ivo ne se fait plus trop d'illusions. &#171; &lt;i&gt;Tu sais, mon fr&#232;re, ces gens-l&#224;, les Am&#233;ricains et leurs potes, se prennent pour les cr&#233;ateurs de l'univers. &#192; la caisse de la sup&#233;rette, une cliente m'a r&#233;cemment demand&#233; ce que je faisais ici, et pourquoi je n'&#233;tais pas dans mon pays. J'ai senti le racisme dans sa question...&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-il, avant d'empoigner une guitare pour chanter sa douleur. Il ne se fait plus trop d'illusions, mais il y croit quand m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a que la m&#233;diatisation pour nous tirer d'affaire. C'est pour &#231;a que ce documentaire que vous avez d&#233;cid&#233; de tourner est important.&lt;/i&gt; &#187; Pas s&#251;r qu'il suffise &#224; faire plier les grandes puissances, celles qui ont fait la mis&#232;re au peuple des Chagos. Et qui n'ont que m&#233;pris pour son triste sort, qu'elles ont longtemps qualifi&#233; de &#171; &lt;i&gt;d&#233;tail &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot &#171; d&#233;tail &#187; revient dans de nombreux documents officiels am&#233;ricains et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un petit paradis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la trag&#233;die, il faut faire un peu d'histoire. Et revenir sur les diff&#233;rents ma&#238;tres qui ont successivement fait main basse sur cet archipel. Plant&#233; au milieu de l'oc&#233;an Indien, non loin de l'&#201;quateur, il est compos&#233; d'une soixantaine d'&#238;les, situ&#233;es &#224; peu pr&#232;s &#224; &#233;gale distance de Madagascar et de l'Afrique au sud-ouest, et de l'Inde au nord. Longtemps, les Chagos sont rest&#233;es vierges de toute empreinte humaine, avant d'&#234;tre &#171; d&#233;couvertes &#187; au d&#233;but du XVIe si&#232;cle par un navigateur espagnol au service des Portugais &#8211; la plus grande des &#238;les a gard&#233; son nom, Diego Garcia. Ensuite ? Ce petit paradis tropical, convoit&#233; tour &#224; tour par les Fran&#231;ais et les Britanniques, a int&#233;gr&#233; &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle la colonie fran&#231;aise de l'&#206;le-de-France (ancien nom de l'&#238;le Maurice). Les Chagos deviennent alors lieu de rel&#233;gation des l&#233;preux. Puis ce sont des esclaves originaires d'Afrique, ainsi que des hommes libres de couleur, qui y sont envoy&#233;s &#224; partir de 1783. Leur mission : produire de l'huile de coco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mainmise fran&#231;aise n'a qu'un temps. &#192; l'issue des guerres napol&#233;oniennes, l'archipel se trouve rattach&#233; &#224; la colonie britannique des Seychelles, sous le nom d'Oil islands&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit les &#238;les de l'Huile.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Une fois l'esclavage aboli par les Anglais en 1834, les esclaves retrouvent leur libert&#233;, devenant simples travailleurs. Puis au d&#233;but du XXe si&#232;cle, la puissance occupante construit sur l'archipel des fermes, des magasins, un h&#244;pital, des &#233;coles. Et organise des navettes de ravitaillement au d&#233;part de l'&#238;le Maurice &#8211; pour compl&#233;ter l'alimentation des habitants autant que par peur de les voir trop s'autonomiser. C'est ainsi que se d&#233;veloppe ce que les anc&#234;tres d'Ivo appellent un petit paradis, &#171; &lt;i&gt;sans criminalit&#233; ni discrimination, avec une vie en communaut&#233; qui fonctionnait parfaitement&lt;/i&gt; &#187;. Entre 2 000 et 3 000 personnes y habitent alors en paix. &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait heureux. On pouvait r&#233;cup&#233;rer ce que les bateaux de p&#234;che nous donnaient, ou on allait directement p&#234;cher nous-m&#234;mes. On mangeait ce qu'on voulait. L'argent ne jouait aucun r&#244;le dans nos rapports &#8211; on n'en avait pas l'utilit&#233;. Si je voulais un poulet, j'allais chez le voisin. C'&#233;tait simple&lt;/i&gt; &#187;, racontait Rita Bancoult, maman d'Ivo et l'une des figures de la lutte chagossienne, avant son d&#233;c&#232;s fin 2016.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH463/-4-e1b5f.png?1768731486' width='500' height='463' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mensonges et manipulations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis sont rarement &#233;ternels. Celui des Chagossiens prend fin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec les d&#233;buts de la guerre froide. L'URSS et les &#201;tats-Unis se lancent dans une course &#224; l'armement, notamment nucl&#233;aire. Et vas-y que je te fais p&#233;ter une bombe ici, et vas-y que je te teste mon nouveau missile l&#224;. &#171; &lt;i&gt;Les Am&#233;ricains cr&#233;ent alors le Conseil de s&#233;curit&#233; nationale, qui sert entre autres &#224; g&#233;rer leur expansion militaire. L'&#233;quipe de Kennedy voulait contr&#244;ler le monde, et ce fut un d&#233;sastre pour beaucoup de peuples, dont ceux du Vietnam et des Chagos&lt;/i&gt; &#187;, explique David Vine, auteur d'une th&#232;se sur l'archipel&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;sormais professeur d'anthropologie &#224; l'universit&#233; de Washington DC, David (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque donc, des bases &#233;tatsuniennes voient le jour un peu partout. Et quelques officiels am&#233;ricains ne manquent pas de pointer du doigt ce petit bout de terre de l'oc&#233;an Indien, id&#233;alement plac&#233; sur la route du p&#233;trole et des autres mati&#232;res premi&#232;res du golfe Persique. Int&#233;ressant... En pleine p&#233;riode de d&#233;colonisation mondiale, les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s anglais mettent sur pied une tactique en deux temps, en violation directe avec l'article 73 de la Charte des Nations Unies&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article affirme notamment : &#171; [[ Les Membres des Nations unies qui ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;]]. D'abord affirmer que l'archipel est vide d'habitants. Puis quand le mensonge devient impossible &#224; tenir, pr&#233;tendre que les seuls habitants sont en r&#233;alit&#233; des travailleurs saisonniers, d&#233;pla&#231;ables sans probl&#232;me. Les m&#233;dias sont musel&#233;s ou tenus &#224; l'&#233;cart. N'y voyant que du feu, le congr&#232;s US d&#233;bloque les fonds n&#233;cessaires au rachat de l'archipel. &#171; &lt;i&gt;En septembre 1965, des n&#233;gociations d&#233;butent avec l'&#238;le Maurice&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Jean-Claude de l'Estrac, ancien ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Maurice qui a pr&#233;sid&#233; la Commission parlementaire sur les Chagos. &lt;i&gt;Les Am&#233;ricains et les Anglais proposent un accord aux ind&#233;pendantistes locaux : vendez-nous Chagos, et Maurice obtiendra l'ind&#233;pendance.&lt;/i&gt; &#187; March&#233; conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;vacuation militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste encore aux Anglais et aux Am&#233;ricains &#224; se d&#233;barrasser des habitants. Une v&#233;ritable guerre d'usure s'engage, qui court de 1966 &#224; 1973. Les bateaux de ravitaillement accostent de moins en moins souvent, puis plus du tout. Et les administrations de l'archipel sont progressivement d&#233;peupl&#233;es. &#171; &lt;i&gt;En 1967, je suis partie soigner ma fille &#224; l'&#238;le Maurice. Quand j'ai voulu revenir, on m'en a emp&#234;ch&#233;e en disant : &#8220;Vous ne pouvez pas y retourner, votre &#238;le a &#233;t&#233; vendue aux Am&#233;ricains...&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, racontait Rita Bancoult. Voil&#224; pourquoi Ivo est n&#233; &#224; Maurice au lieu des Chagos, comme le reste de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux des habitants qui vivent encore sur place sont finalement &#233;vacu&#233;s en 1973 &#8211; ou plut&#244;t d&#233;port&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, souligne David Vine. Une &#233;vacuation en mode militaire, conduite par les marines. Tous les chiens sont tu&#233;s, et les derniers Chagossiens sont parqu&#233;s sur un navire qui les jette ensuite sur l'&#238;le Maurice et aux Seychelles. &#171; &lt;i&gt; On n'avait rien, pas d'argent. Tout ce qu'ils nous proposaient, c'est de vivre dans des taudis&lt;/i&gt;. &#187; Sans moyens, illettr&#233;s, perdus au milieu d'une population mauricienne qui ne les accepte pas, Rita Bancoult et les siens ne se laissent pourtant pas faire. Pendant que l'une des plus grandes bases militaires am&#233;ricaines (hors des &#201;tats-Unis) se d&#233;veloppe &#224; Diego Garcia, ils organisent la r&#233;sistance. Participent &#224; des gr&#232;ves de la faim ou &#224; des manifestations. Portent plainte aupr&#232;s de diff&#233;rents tribunaux &#224; Londres et Washington. Et unissent leurs forces au sein du Chagos Refugee Group (men&#233; par Olivier Bancoult, fr&#232;re d'Ivo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Place aux touristes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet activisme ne produit pas grand r&#233;sultat. Les ann&#233;es passent, et les natifs disparaissent les uns apr&#232;s les autres dans le plus complet d&#233;nuement. Ils meurent de tristesse, comme le p&#232;re d'Ivo et Olivier, d'alcoolisme ou de maladie. De lassitude, aussi, &#224; force d'encha&#238;ner les &#233;checs et les victoires qui n'en sont pas &#8211; parce que toujours suivies d'entourloupes juridiques planifi&#233;es par les diff&#233;rentes instances anglaises et am&#233;ricaines. Bref, les Chagossiens ne voient toujours rien venir. Seule (et tr&#232;s maigre) consolation : &#224; partir de 2001, ils peuvent devenir citoyens britanniques, ce qui pousse Ivo &#224; bouger &#224; Crawley. Et en 2006, aum&#244;ne supr&#234;me : pour quelques heures, certains d'entre eux ont le droit de s'approcher de l'archipel en bateau. Et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens habitants des Chagos sont d&#233;sormais les seuls &#224; ne pouvoir se rendre sur place. Les touristes, eux, sont accueillis &#224; bras ouverts (sauf sur Diego Garcia, interdite aux visiteurs). Une v&#233;ritable torture pour Ivo : &#171; &lt;i&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, je tombe parfois sur des photos publi&#233;es par des touristes blancs, en vacances aux Chagos. &#199;a fait d'autant plus mal que nous n'avons pas le droit d'y mettre les pieds. Les autorit&#233;s font m&#234;me tr&#232;s attention &#224; ce qu'aucun Chagossien ne soit embauch&#233; dans les restaurants et bo&#238;tes de nuit de l'archipel. On devient fous. Ils nous ont arrach&#233;s &#224; notre paradis pour nous mettre en enfer.&lt;/i&gt; &#187; Mais pas question d'abandonner : la dizaine de milliers de ces descendants d'esclaves r&#233;partis en Grande-Bretagne, sur l'&#238;le Maurice ou aux Seychelles compte bien continuer la lutte. Des actions plus &#171; nerveuses &#187; sont m&#234;me dans les cartons. Mais chut, la NSA nous &#233;coute...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NB :&lt;/strong&gt; Pour aller plus loin, lire &lt;i&gt;Le Silence des Chagos&lt;/i&gt;, de Shenaz Pattel
(L'Olivier, 2005), et &lt;i&gt;L'An prochain &#224; Diego&lt;/i&gt;, de Jean-Claude de l'Estrac (Le Printemps, 2011).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Steeve Jean-No&#235;l Pierre, Mauricien d'origine aujourd'hui install&#233; en Lorraine, r&#233;alise des documentaires depuis quelques ann&#233;es. Son p&#232;re &#233;tait engag&#233; dans la cause chagossienne &#224; l'&#238;le Maurice. &#192; son d&#233;c&#232;s, Steeve Jean-No&#235;l Pierre a commenc&#233; &#224; s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; cette histoire, avant de d&#233;cider d'en faire un film. Et il m'a emmen&#233; avec lui dans cette aventure (pas par hasard, on a d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; ensemble le docu &lt;i&gt;&#192; Bure pour l'&#233;ternit&#233;&lt;/i&gt;). Le film sur Chagos doit sortir l'an prochain, &#224; l'occasion du cinquantenaire de l'ind&#233;pendance de l'&#238;le Maurice. Histoire de rappeler que celle-ci rec&#232;le une grosse part d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le mot &#171; d&#233;tail &#187; revient dans de nombreux documents officiels am&#233;ricains et anglais des ann&#233;es 1960 pour parler des Chagos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soit les &#238;les de l'Huile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;sormais professeur d'anthropologie &#224; l'universit&#233; de Washington DC, David Vine a v&#233;cu un an et demi &#224; l'&#238;le Maurice pour r&#233;diger sa th&#232;se sur les Chagos, publi&#233;e sous le titre d'&lt;i&gt;Island of Shame&lt;/i&gt; aux &#201;tats-Unis. &#171; &lt;i&gt;J'ai beaucoup gal&#233;r&#233; &#224; me procurer les documents officiels, quand j'ai pu les obtenir. La strat&#233;gie du gouvernement am&#233;ricain a toujours &#233;t&#233; l'indiff&#233;rence&lt;/i&gt; &#187;, assure le chercheur, rappelant que Noam Chomsky, dans son dernier livre &lt;i&gt;Hopes and prospects&lt;/i&gt;, voit dans le sort fait aux Chagos l'un des plus grands scandales de la politique &#233;trang&#232;re de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cet article affirme notamment : &#171; [[ Les Membres des Nations unies qui ont ou qui assument la responsabilit&#233; d'administrer des territoires dont les populations ne s'administrent pas encore compl&#232;tement elles-m&#234;mes reconnaissent le principe de la primaut&#233; des int&#233;r&#234;ts des habitants de ces territoires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; D&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Desormais-le-Mahorais-sera</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Desormais-le-Mahorais-sera</guid>
		<dc:date>2012-01-31T06:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Alric</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre. Au fil des jours &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH442/95_camille_mayotte-0a76b.jpg?1768658576' width='400' height='442' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fil des jours&lt;/strong&gt; &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont tenu un jour de moins. Apr&#232;s quarante-trois jours d'une mobilisation sociale &#171; contre la vie ch&#232;re &#187; sans pr&#233;c&#233;dent dans cette &#238;le de l'archipel des Comores qui est devenue le 101e d&#233;partement fran&#231;ais en avril dernier, les syndicalistes ont d&#233;cr&#233;t&#233; la suspension du mouvement avant m&#234;me qu'un accord ne soit trouv&#233; entre l'intersyndicale et les associations de consommateurs d'un c&#244;t&#233;, le patronat de l'autre. Ce dernier a bien consenti &#224; baisser le prix d'une dizaine de produits dits &#171; de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#187;, mais les leaders du mouvement attendaient plus. Les manifestants les plus radicaux aussi. &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; se d&#233;solait l'un d'eux le 9 novembre, au lendemain de la &#171; capitulation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 27 septembre, jour de la premi&#232;re manifestation qui a vite d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en bataille de rue avec les forces de l'ordre venues en masse, les trois principales centrales syndicales de l'&#238;le et plusieurs associations de consommateurs, soutenues par une grande majorit&#233; de la population et des &#233;lus, revendiquaient la baisse des prix de produits tels que le riz, les ailes de poulet (ce qu'on appelle sur l'&#238;le des mabawas), l'huile, les sardines, le gaz, le sable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en Guadeloupe et en Martinique, le conflit a &#233;t&#233; dur. Pendant plusieurs semaines, les entreprises et les administrations ont tourn&#233; au ralenti, les routes ont &#233;t&#233; barr&#233;es, des carcasses de voitures incendi&#233;es, des vols annul&#233;s, des magasins pill&#233;s. Un manifestant, vite qualifi&#233; de &#171; martyr &#187;, est mort dans des conditions qui restent &#224; &#233;lucider. Alors que l'Administration parle d'un arr&#234;t cardiaque, des &#233;lus locaux ont accus&#233; les forces de l'ordre. Plusieurs autres ont &#233;t&#233; bless&#233;s et un enfant de neuf ans, touch&#233; au visage par un tir de Flash-Ball, a perdu un &#339;il. Plusieurs &#233;lus ont d&#233;nonc&#233; cette r&#233;pression aveugle de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec les Antilles s'arr&#234;te l&#224;. Un des leaders du mouvement, Ansoir Abdou, &#224; la t&#234;te du Collectif des citoyens perdus cr&#233;&#233; en 2009 pour protester contre la vie ch&#232;re, a bien invit&#233; le porte-parole du LKP, &#201;lie Domota. Mais ce dernier a d&#233;clin&#233;. Il a eu beau d&#233;clarer, dans L'Humanit&#233;, que &lt;i&gt;&#171; les similitudes [entre les deux conflits] sont r&#233;elles &#187;&lt;/i&gt;, il a aussi rappel&#233; que &lt;i&gt;&#171; les probl&#232;mes ne sont pas tout &#224; fait identiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale diff&#233;rence ? Les revendications. Celles du LKP (cent quarante-neuf en tout) devaient aboutir &#224; une r&#233;volution &#233;conomique &#8211; et peut-&#234;tre politique. &#192; Mayotte, il s'agissait avant tout d'obtenir, &#224; force de n&#233;gociations d'&#233;piciers, des baisses de prix. Jamais il n'a &#233;t&#233; question de remettre en cause la soci&#233;t&#233; de consommation dans laquelle l'&#238;le a &#233;t&#233; engag&#233;e il y a une quinzaine d'ann&#233;es, ou de mettre fin &#224; la d&#233;pendance de l'&#238;le vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole. Encore moins de mettre &#224; bas les dogmes politiques et &#233;conomiques (&lt;i&gt;&#171; Seul le statut de d&#233;partement pourra permettre le d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;) rab&#226;ch&#233;s depuis cinq d&#233;cennies par les &#233;lites locales. &lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, nous n'en sommes pas l&#224;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Boinali Sa&#239;d Toumbou, le porte-parole du mouvement. &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; mahoraise n'est pas encore pr&#234;te &#224; affronter l'inconnu. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Aux Antilles, ils avaient un vrai programme de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, ajoute Mla&#239;li Condro, un linguiste et fin observateur de ses contemporains. &lt;i&gt;Ils proposaient quelque chose de nouveau. Nous, nous ne r&#233;clamons que de nouvelles aides, sans imaginer un avenir dans lequel nous serions les acteurs de notre propre vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les germes de la r&#233;volte sont bien l&#224;. Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, Mayotte subit des mutations socio-&#233;conomiques destructrices. En sept ans, le salaire minimum a doubl&#233; &#8211; il repr&#233;sente aujourd'hui 80 % du Smig m&#233;tropolitain &#8211; mais les besoins ont, eux, d&#233;cupl&#233;. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, celui qui n'a pas sa voiture et ses deux t&#233;l&#233;phones portables est un rat&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ironise Ibrahim, un enseignant. L'activit&#233; &#233;conomique ne suit pas. Sur deux cent mille habitants, on compte &#224; peine trente-cinq mille actifs. L'administration n'embauche plus et le priv&#233;, domin&#233; par une caste venue de l'ext&#233;rieur et qui n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; redistribuer les richesses, cr&#233;e peu d'emplois. Les in&#233;galit&#233;s sont de plus en plus criantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec la d&#233;partementalisation, on a cass&#233; le lien de solidarit&#233; qui permettait aux plus d&#233;munis de s'en sortir &lt;/i&gt;, explique Sa&#239;d Omar Oili, l'ancien pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral. &lt;i&gt;Et on attend toujours que la solidarit&#233; nationale entre en vigueur. &#187;&lt;/i&gt; Seuls quatre revenus sociaux ont &#233;t&#233; mis en place ces derni&#232;res ann&#233;es (sur vingt-deux). L'indemnisation des ch&#244;meurs est quasi inexistante. Et le RSA, qui entrera en vigueur le 1er janvier, ne repr&#233;sentera que 25 % du niveau m&#233;tropolitain&#8230;
Malgr&#233; tout, ce mouvement est &#224; graver dans les m&#233;moires. &lt;i&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois que les Mahorais osent &#224; ce point affronter l'autorit&#233; de l'&#201;tat et des patrons &#187;&lt;/i&gt;, analyse Mla&#239;li Condro. Pour Boinali Sa&#239;d Toumbou, &lt;i&gt;&#171; d&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; &#187;&lt;/i&gt;. C'est un d&#233;but.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#234;te tes morts !</title>
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		<dc:date>2011-12-23T06:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristide Bostan</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>f&#234;te</dc:subject>
		<dc:subject>morts</dc:subject>
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		<dc:subject>blanc coll&#233;es</dc:subject>
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&lt;p&gt;On n'allait pas laisser les morts au petit J&#233;sus, si ? Sur l'&#238;le des Pendus, au &#171; large &#187; de Marseille, une bande de zigues vendus au diable a d&#233;barqu&#233; en cano&#235; pour br&#251;ler l'ennui, le rance, et un totem mortuaire. Au son de l'orgue de barbarie. Avant m&#234;me que la f&#234;te ne commence, les quelques mots &#233;chang&#233;s avec une passante avaient donn&#233; le ton : &#171; Mais c'est le diable que vous c&#233;l&#233;brez ! Pourquoi ne f&#234;tez-vous pas plut&#244;t J&#233;sus, le prince de la vie ? &#187; Intrigu&#233;e par les masques pendus au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On n'allait pas laisser les morts au petit J&#233;sus, si ? Sur l'&#238;le des Pendus, au &#171; large &#187; de Marseille, une bande de zigues vendus au diable a d&#233;barqu&#233; en cano&#235; pour br&#251;ler l'ennui, le rance, et un totem mortuaire. Au son de l'orgue de barbarie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant m&#234;me que la f&#234;te ne commence, les quelques mots &#233;chang&#233;s avec une passante avaient donn&#233; le ton : &lt;i&gt;&#171; Mais c'est le diable que vous c&#233;l&#233;brez ! Pourquoi ne f&#234;tez-vous pas plut&#244;t J&#233;sus, le prince de la vie ? &#187;&lt;/i&gt; Intrigu&#233;e par les masques pendus au fil &#224; linge, par les fl&#232;ches de scotch blanc coll&#233;es avec parcimonie dans les rues du quartier pour s'assurer que les curieux arrivent &#224; bon port, et peut-&#234;tre aussi par les dizaines de morceaux de bois peints en blanc accumul&#233;s sur les rochers, elle avait commenc&#233; par s'enqu&#233;rir poliment du motif de ce qui se tramait ici. &lt;i&gt;&#171; C'est la f&#234;te des morts, madame ! &#187;&lt;/i&gt;, lui avait-on r&#233;pondu avec entrain, sans se douter un instant de la tournure que la conversation allait prendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix heures plus tard, malgr&#233; la fatigue, personne ne regrettait vraiment d'avoir d&#233;fi&#233; le diable. La c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te des morts eut lieu sur la bien-nomm&#233;e &#238;le des Pendus, au large de l'ancien village de p&#234;cheurs de Malmousque, &#224; Marseille. Au large, c'est beaucoup dire : &#224; tout le mieux, une grosse centaine de m&#232;tres s&#233;parent l'&#238;le de la c&#244;te &#8211; juste assez pour une travers&#233;e du Styx. Les f&#234;tards masqu&#233;s &#233;taient invit&#233;s &#224; choisir un morceau de bois et &#224; l'associer &#224; un mort de leur connaissance, avant de rejoindre l'&#238;le pour l'ajouter aux autres et faire ainsi grossir une sculpture-totem improvis&#233;e. Du milieu de l'apr&#232;s-midi jusqu'&#224; minuit, les passages r&#233;guliers du cano&#235; rythm&#232;rent la f&#234;te en d&#233;posant au compte-goutte de nouveaux participants sur l'&#238;le. La nuit tombant, les explosions orageuses se mirent &#224; &#233;clairer la mer. Il fallait voir l'ambiance qui s'installait petit &#224; petit sur notre bout de rocher, &#224; la lumi&#232;re des torches artisanales et au fil des &lt;i&gt;&#171; Accostaaage ! &#187;&lt;/i&gt;, lanc&#233;s par les valeureux rameurs-passeurs&#8230; qui lutt&#232;rent de leur mieux contre l'obscurit&#233; marine &#224; grand renfort de lampes frontales. Lorsque le totem finit par s'enflammer, au son de l'orgue de barbarie ou de la scie musicale, les sourires et les regards disaient bien le plaisir d'&#234;tre l&#224;, &#224; la pirate, sans enjeu ni cadre formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joyeuse bande &#224; l'origine de la f&#234;te avait en effet d&#233;cid&#233; de ne pas s'encombrer de demandes de financements ou d'autorisations. Peut-&#234;tre pour se d&#233;tendre un peu en ces temps de rigidit&#233; marseillaise ; certainement, aussi, pour vivre la situation sans en anticiper le d&#233;roulement, sans se fixer d'objectifs et sans attendre de r&#233;sultats. Qu'importe &#8211; ou tant mieux &#8211; qu'il n'y e&#251;t pas grand chose de pr&#233;vu pour cette f&#234;te des morts : inventer des rituels incongrus au fur et &#224; mesure d'une vraie fausse c&#233;r&#233;monie, et se prendre &#224; y croire sans trop de s&#233;rieux, voil&#224; ce qui comptait aux yeux des participants. Personne, d'ailleurs, ne songea &#224; poser la question du pourquoi de tout &#231;a&#8230;
Alors oui, la chaleur tranquille de ce premier novembre orageux mais toujours propice &#224; la baignade sentait le bonheur simple et le d&#233;fi rigolard. Et le sentiment &#233;tait largement partag&#233; d'avoir fait, en bons pa&#239;ens, un joyeux pied de nez aux bigots et aux &#233;triqu&#233;s de tous bords.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>We hold The Rock !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/We-hold-The-Rock</link>
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		<dc:date>2010-12-14T08:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>novembre</dc:subject>
		<dc:subject>Rocher</dc:subject>
		<dc:subject>n'y</dc:subject>
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		<dc:subject>Nixon</dc:subject>
		<dc:subject>Oakes</dc:subject>
		<dc:subject>Indiens d&#233;barquent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;VINGT NOVEMBRE 1969, 2 heures du matin, baie de San Francisco. 80 Indiens d&#233;barquent sur l'&#238;le d'Alcatraz. Hommes, femmes, enfants. Les adultes sont &#233;tudiants &#224; l'UCLA, l'universit&#233; de Los Angeles. Une fois install&#233;s sur le rocher, ils proc&#232;dent &#224; l'&#233;lection d'un conseil charg&#233; de g&#233;rer les affaires de l'&#238;le. Les d&#233;cisions sont prises &#224; la majorit&#233; absolue. Chacun a un job : cuisine, enseignement, entretien, s&#233;curit&#233;. Un mois apr&#232;s, ils seront &#224; peu pr&#232;s 600 &#224; occuper l'&#238;le, repr&#233;sentant une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ile" rel="tag"&gt;l'&#238;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Indiens" rel="tag"&gt;Indiens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Los-Angeles" rel="tag"&gt;Los Angeles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nixon" rel="tag"&gt;Nixon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Oakes" rel="tag"&gt;Oakes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Indiens-debarquent" rel="tag"&gt;Indiens d&#233;barquent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VINGT NOVEMBRE 1969&lt;/strong&gt;, 2 heures du matin, baie de San
Francisco. 80 Indiens d&#233;barquent sur l'&#238;le d'Alcatraz.
Hommes, femmes, enfants. Les adultes sont &#233;tudiants &#224;
l'UCLA, l'universit&#233; de Los Angeles. Une fois install&#233;s sur le
rocher, ils proc&#232;dent &#224; l'&#233;lection d'un conseil charg&#233; de g&#233;rer les
affaires de l'&#238;le. Les d&#233;cisions sont prises &#224; la majorit&#233; absolue.
Chacun a un job : cuisine, enseignement, entretien, s&#233;curit&#233;. Un
mois apr&#232;s, ils seront &#224; peu pr&#232;s 600 &#224; occuper l'&#238;le, repr&#233;sentant une cinquantaine de tribus. D'o&#249; leur nom : Indians of All
Tribes (Indiens de toutes les tribus). But de l'occupation ? En
vertu d'un trait&#233; de 1868 conclu avec les Sioux qui leur donne le
droit de r&#233;clamer une terre f&#233;d&#233;rale inutilis&#233;e, les Indiens ont
l'intention de racheter le rocher d'Alcatraz... contre de la verrerie
et quelques chiffons rouge. Souvenir teint&#233; d'ironie de leurs
&#233;changes commerciaux pass&#233;s avec les visages p&#226;les. L'id&#233;e est
de faire de ce site tristement c&#233;l&#232;bre un centre culturel et une
universit&#233; pour les Indiens. Un programme de d&#233;pollution de la
baie est m&#234;me envisag&#233; ! &#192; cet &#233;gard, ils ont r&#233;dig&#233; un manifeste intitul&#233; &lt;i&gt;We hold The Rock&lt;/i&gt; (Nous tenons Le Rocher) dans
lequel les Peaux-Rouges d&#233;clinent les qualit&#233;s d'Alcatraz, v&#233;ritable r&#233;serve indienne :
&lt;i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 1. Elle est &#233;loign&#233;e de tous services et n'est desservie par aucun
moyen de transport appropri&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 2. Il n'y a pas d'eau courante.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 3. Les services d'hygi&#232;ne sont d&#233;fectueux.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 4. Il n'y a ni p&#233;trole ni minerai.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 5. Il n'y a pas d'industrie, donc un ch&#244;mage &#233;lev&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 6. Aucun service de sant&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 7. Le sol est rocheux, impropre &#224; toute culture et il n'y a pas de gibier.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 8. Il n'y a pas d'&#233;quipements scolaires.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 9. Il y a toujours eu surpopulation dans l'&#238;le.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; 10. La population a toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme prisonni&#232;re
et tenue dans une totale d&#233;pendance des autres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1963, date de la fermeture du c&#233;l&#232;bre p&#233;nitencier, le
rocher avait d&#233;j&#224; fait l'objet de deux tentatives de revendication territoriale par des Indiens. En 1964, une poign&#233;e de Sioux
avait tenu quatre heures sur le rocher avant de se faire d&#233;loger
par les gardes-c&#244;tes. Le 9 novembre 1969, Richard Oakes, militant mowak et 75 activistes occup&#232;rent l'&#238;le l'espace d'une nuit
avant de se retirer sous des pressions politiques.
Mais le 20 novembre 1969, ce fut la bonne ! L'occupation, toujours emmen&#233;e par Oakes, allait durer 19 mois et voir d&#233;filer
plus de 5 000 Indiens. Dans l'&#233;cole improvis&#233;e, on enseignait
les arts traditionnels : travail du cuir, sculpture, danse, confection de v&#234;tements. Le rocher avait sa radio, Alcatraz libre, incarn&#233;e par John Trudell, jeune v&#233;t&#233;ran du Vi&#234;t-Nam et futur pr&#233;sident de l'American Indian Mouvement (AIM). Nixon, emp&#234;tr&#233;
dans le bourbier vietnamien, dut jouer la montre et se refusa &#224;
toute intervention violente. C'est que l'occupation indienne
jouissait d'un fort &#233;lan de soutien et de sympathie au sein de la
population. Brando et Jane Fonda vinrent m&#234;me faire un tour
sur l'&#238;le. D&#233;but 70, les choses commenc&#232;rent &#224; se g&#226;ter. Les &#233;tudiants retournant dans leur fac, de nouvelles personnes d&#233;barqu&#232;rent sur l'&#238;le, des Indiens des r&#233;serves f&#233;d&#233;rales et des hippies venus fumer autre chose que le calumet de la paix. Suite
au d&#233;c&#232;s accidentel de sa fille, Oakes quitta l'&#238;le, ce qui favorisa
les querelles pour le leadership de l'occupation. Quelques mois
plus tard, l'administration Nixon fit couper l'alimentation en
&#233;lectricit&#233; et en eau potable. Un incendie &#233;clata sur l'&#238;le, d&#233;truisant plusieurs b&#226;timents historiques. Nixon accusa les Indiens
d'incurie, en retour ces derniers l'accus&#232;rent d'avoir infiltr&#233; leur
mouvement. La came et les dissensions commen&#231;aient &#224; pourrir le mouvement. D&#233;but 71, deux tankers se percut&#232;rent de
nuit dans la baie de San Francisco. On fit porter le chapeau aux
occupants de l'&#238;le dont le phare ne fonctionnait pas.
Fumisterie. Nixon cherchait un pr&#233;texte pour d&#233;gager le
rocher. Le 10 juin 1971, il fit donner l'assaut. Quand les troupes
d&#233;barqu&#232;rent, il ne restait plus qu'une quinzaine de personnes
sur l'&#238;le. Apr&#232;s cette occupation s'ouvrira une p&#233;riode de r&#233;pression f&#233;roce contre l'AIM avec le si&#232;ge de Wounded Knee et surtout l'affaire de Pine Ridge en 1975 pour laquelle Leonard Peltier
entame sa 34e ann&#233;e de taule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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