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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Askavusa : un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation. Sa fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH373/-1310-6e75f.jpg?1768808765' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;a fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons rouill&#233;s, djellabas, casseroles, bo&#238;tes de conserve, biberons, produits d'hygi&#232;ne, m&#233;dicaments, couvertures de survie, gilets de sauvetage, chaussures, bibles et corans. La grotte qui abrite ce minuscule mus&#233;e a d'abord &#233;t&#233; un atelier de r&#233;paration de bateaux et de filets, puis un bar. Depuis janvier 2015 elle accueille le collectif Askavusa et les objets que ses membres ont ramass&#233;s depuis 2009 dans la d&#233;charge o&#249; &#233;taient entass&#233;es les embarcations des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces objets &lt;/strong&gt;ne sont pas l&#224; pour susciter la piti&#233;, ils sont une partie d'un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re que propose Askavusa et qui invite &#224; consid&#233;rer les personnes migrantes non comme un tout, mais comme autant d'individus. Surtout, il nous invite &#224; penser les migrations dans un contexte plus large que la simple question de l'accueil, sans faire l'impasse sur le contexte g&#233;opolitique, le capitalisme et le n&#233;o-colonialisme. Le projet est toujours en &#233;volution : au d&#233;but, des lettres et des photos avaient &#233;galement &#233;t&#233; expos&#233;es, mais suite &#224; des discussions et des d&#233;bats, ces objets tr&#232;s personnels ont &#233;t&#233; retir&#233;s de l'exposition et sont aujourd'hui simplement conserv&#233;s par Askavusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce collectif &lt;/strong&gt;est n&#233; en 2009, quand le projet de cr&#233;ation d'un CIE&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centro di identificazione e di espulsione, l'&#233;quivalent des Centres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de 10 000 places &#224; Lampedusa avait provoqu&#233; la col&#232;re des habitants, beaucoup craignant ses cons&#233;quences pour le tourisme. Les membres du collectif Askavusa, eux, s'opposaient &#224; la cr&#233;ation du centre en tant que lieu de r&#233;tention, et militaient pour la libre circulation des personnes. Tr&#232;s vite, la n&#233;cessit&#233; d'une vue plus large et politique sur la question migratoire s'est fait sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car Lampedusa, &lt;/strong&gt;avec ses 20 km&#178; et ses 6 000 habitants, sert de d&#233;cor &#224; une mise en sc&#232;ne m&#233;diatique visant &#224; justifier des politiques de militarisation et de d&#233;fense des fronti&#232;res. En 2011, 10 000 Tunisiens ont &#233;t&#233; retenus sur l'&#238;le pendant trois mois, cr&#233;ant une tr&#232;s grande tension. Berlusconi d&#233;clara qu'il allait &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer &#187;&lt;/i&gt; Lampedusa. Quelques jours plus tard, les migrants &#233;taient &#233;vacu&#233;s. Les images tourn&#233;es alors servirent &#224; diffuser dans les m&#233;dias l'id&#233;e d'une Europe &#171; &lt;i&gt;envahie &#187;&lt;/i&gt;. Peu de temps apr&#232;s, le budget de Frontex &#233;tait augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, &lt;/strong&gt;changement de cap avec la visite du pape Fran&#231;ois : les mots d'ordre &#224; pr&#233;sent sont accueil et humanit&#233;. Des VIP d&#233;filent sur l'&#238;le, jusqu'&#224; Richard Gere, qui affirme avoir partag&#233; un d&#233;licieux repas avec les migrants dans le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt;. On pense aussi au film &lt;i&gt;Fuocoammare &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa est un film de Gianfranco Rosi, sorti en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui montre un centre relativement propre, o&#249; se disputent des parties de football. On sait pourtant que loin des cam&#233;ras, la r&#233;alit&#233; est tout autre : les conditions d'hygi&#232;ne sont d&#233;plorables, la nourriture de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;, le centre souvent surpeupl&#233;. Askavusa a mis en ligne des vid&#233;os permettant de voir cette r&#233;alit&#233;-l&#224;, moins glamour que le discours officiel. Le CIE actuel dispose de 240 places, mais la plupart du temps, au moins 500 personnes y sont d&#233;tenues. D&#233;tenues, oui, car th&#233;oriquement, elles ne doivent pas en sortir. Elles devraient aussi n'y rester que quelques jours puis poursuivre leur voyage. En r&#233;alit&#233;, leur permanence se compte en semaines, voire en mois. D&#233;tenir autant de personnes dans un lieu inadapt&#233; pendant si longtemps pourrait cr&#233;er les conditions d'une r&#233;bellion. Mais un trou dans le grillage fait office de soupape de s&#233;curit&#233; : en &#233;t&#233;, pour ne pas trop heurter les touristes qui viennent profiter des plages, on le referme plus ou moins, on le surveille. Le reste de l'ann&#233;e, on ferme les yeux sur les sorties. Bien s&#251;r, on ne peut que se r&#233;jouir de cette possibilit&#233; pour les personnes migrantes de s'&#233;vader pour quelques heures, mais on note l'hypocrisie et l'arbitraire de la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le discours &lt;/strong&gt;a chang&#233;, son but reste le m&#234;me : augmenter le budget de la d&#233;fense. Les images des corps sur le d&#233;barcad&#232;re apr&#232;s le naufrage du 3 octobre 2013 ont permis de lancer Eurosur, syst&#232;me de surveillance qui b&#233;n&#233;ficie d'un budget de 224 millions d'euros pour 2014-2020. Le discours humanitaire est utilis&#233; pour justifier cette course &#224; l'armement. La militarisation est partout visible &#224; Lampedusa : bateaux et h&#233;licopt&#232;res mais surtout six radars, &#224; disposition des diff&#233;rents corps &#8211; de l'a&#233;ronautique militaire &#224; la marine, en passant par les douanes. Askavusa est tr&#232;s mobilis&#233; sur cette question et alerte sur les dangers pour la population et l'environnement. La plupart de ces radars sont situ&#233;s en plein coeur de la r&#233;serve naturelle de l'&#238;le, ce qui perturbe les nombreux oiseaux migrateurs qui y font &#233;tape. &#192; seulement 20 m de la route se trouve un radar dont l'arm&#233;e poss&#232;de 11 mod&#232;les. Sa dangerosit&#233; a &#233;t&#233; prouv&#233;e et il a, depuis, &#233;t&#233; retir&#233; de Sicile et de Sardaigne. Mais &#224; Lampedusa, il fonctionne encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benetton &lt;/strong&gt;a tent&#233; de s'associer au projet. Mais le vendeur de pulls n'avait pas sa place &#224; Porto M : Askavusa ne souhaitait pas &#234;tre utilis&#233; pour redorer le blason d'une entreprise qui exploite sans vergogne les travailleurs. Les membres du collectif pr&#233;f&#232;rent se d&#233;placer pour montrer les objets de leur mus&#233;e dans des espaces publics pour informer, d&#233;cortiquer le discours m&#233;diatique et rappeler les raisons qui poussent des milliers de personnes &#224; l'exil. Quelle est donc la place de ces objets expos&#233;s volontairement sans didascalie dans ce contre-r&#233;cit ? Ils t&#233;moignent, sans mots, des individualit&#233;s, du caract&#232;re unique de chaque histoire. Le collectif revendique un parcours encore en mouvement : &#171; &lt;i&gt;Nous cherchons simplement la route qui nous a men&#233;s &#224; cette d&#233;charge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centro di identificazione e di espulsione&lt;/i&gt;, l'&#233;quivalent des Centres de r&#233;tention administrative).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa &lt;/i&gt;est un film de Gianfranco Rosi, sorti en salle en septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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