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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; chaque bled son synth&#233;</title>
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		<dc:creator>Margo Chou, Mohamed Kably</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille. D&#232;s l'entr&#233;e, similaire &#224; celle du palais de justice avec ses colonnes ath&#233;niennes en faux stuc, un son aigu de clavier-synth&#233;tiseur nous souhaite la bienvenue. Ambiance feutr&#233;e / enfum&#233;e. Des gens sap&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seul" rel="tag"&gt;seul&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1299.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/-1299-9496a.jpg?1782644492' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;150 de CQFD, illustr&#233;e par Bruno Bartkowiak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#232;s l'entr&#233;e, similaire &#224; celle du palais de justice avec ses colonnes ath&#233;niennes en faux stuc, un son aigu de clavier-synth&#233;tiseur nous souhaite la bienvenue. Ambiance feutr&#233;e / enfum&#233;e. Des gens sap&#233;s sont attabl&#233;s autour d'une piste ronde &#224; moquette rouge sur laquelle on danse d&#233;j&#224;. Au fond, sur une estrade, un homme-orchestre en smoking noir, barbe taill&#233;e au millim&#232;tre, fait tout tout seul. Au synth&#233;tiseur, il chante et sourit fig&#233;, &#224; la fois aux d&#233;hanch&#233;s et &#224; ceux qui jettent du fric sur le plateau pos&#233; devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On s'attendait &#224; voir un orchestre &lt;/strong&gt;et voil&#224; qu'on plonge dans une discussion technique sur l'origine du synth&#233;tiseur et son emploi syst&#233;matique dans la musique orientalo-maghr&#233;bine. Tout &#231;a accompagn&#233; par cet imposteur qui fait bouger l'assembl&#233;e &#224; lui tout seul. Kably d&#233;couvre mon amour immod&#233;r&#233; pour le synth&#233; balkanique et me rencarde sur l'origine du clavier maghr&#233;bin. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi ce d&#233;lire sur le synth&#233;, Margo ? &#187; &lt;/i&gt;Embrayage automatique : &lt;i&gt;&#171; J'ai d&#233;couvert le synth&#233; &#224; travers la musique tzigane il y a une douzaine d'ann&#233;es dans les bidonvilles de Seine-Saint-Denis. J'arrivais l&#224;-bas. Un verre de soda. Taraf-TV, une des trois cha&#238;nes musicales roumaines, &#233;tait allum&#233;e en permanence et des clips de man&#233;l&#233; d&#233;filaient dans les 12 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de baraque. C'est une musique peu connue en France, avec synth&#233;, bo&#238;te &#224; rythmes, reverb' et th&#232;mes traditionnels. Les grands noms sont Nicolas Guca, Florin Salam, Sandu Corba. Des invitations r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; des bapt&#234;mes avec orchestre m'ont rendue accro. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Musique orientale et Maghreb&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les restos et les cabarets, ils ne prennent plus d'orchestre. Le synth&#233; l'a remplac&#233;. Un mec tout seul qui fait tous les sons et d&#233;clenche la bo&#238;te &#224; rythmes, c'est &#233;conomique. Le synth&#233;tiseur pour remplacer la basse, les cordes, les cuivres. La bo&#238;te &#224; rythmes fait les percussions, la batterie. Kably, d'un air nostalgique : &lt;i&gt;&#171; Quand m&#234;me, il y a l&#224; aussi un manque de go&#251;t et de classe g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#187; un &lt;/i&gt;mec assis &#224; ma droite s'en m&#234;le : &lt;i&gt;&#171; Dans les ensembles traditionnels et populaires &#233;gyptiens, en Nubie, on jouait beaucoup d'accord&#233;on avec le quart de ton. Au Maghreb, il n'y avait pas assez d'argent pour en acheter, donc on en a bidouill&#233;. On ouvrait les accord&#233;ons et avec de la cire de bougie, on traficotait les touches pour cr&#233;er ce fameux quart de temps. &#187; un &lt;/i&gt;monde s'ouvre &#224; nous. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le synth&#233; arrive, capable de reproduire tous les sons de tous les instruments et d'y injecter des effets. Quand il s'impose comme instrument novateur dans la musique moderne occidentale, Ammar al-Chere&#239;, auteur-compositeur &#233;gyptien, chanteur, joueur de oud et de clavier, se d&#233;m&#232;ne pour trouver un synth&#233; avec le quart de temps. La marque am&#233;ricaine &#8220;Intercontinental&#8221; lui en fabrique un. Au Caire, on l'appellera &#8220;uni&#8221; ou &#8220;uni-intercontinental&#8221;. &#187; &lt;/i&gt;Comme toute nouveaut&#233; qui d&#233;barque sans pr&#233;venir, ce son amplifi&#233; et modifi&#233; g&#234;nera les puristes. Il faudra que les grands orchestres d'Oum Khaltoum, d'Abdel Halim Hafez et de Farid El Atrache l'int&#232;grent pour que ce son soit valid&#233;. La musique populaire se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; des Balkans, je te dis pas&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est fin 1980 &#8211; d&#233;but 1990, en Serbie, puis en Roumanie et en Bulgarie, que le synth&#233;tiseur d&#233;barque. &#192; chaque fois, &#231;a co&#239;ncide avec l'effondrement des syst&#232;mes politiques en place. Des styles musicaux naissent des r&#233;volutions et sont aujourd'hui des ph&#233;nom&#232;nes sociaux. En Serbie, dans un moment de d&#233;composition et de perte de rep&#232;res, les jeunes trouveront une force lib&#233;ratrice et dans la guerre et dans la musique. Le turbo-folk, synth&#233;tiseur, bo&#238;te &#224; rythmes au go&#251;t de No-Future techno&#239;de, s'installe dans les discoth&#232;ques, interpr&#233;t&#233; par des chanteuses ras le d&#233;collet&#233;. Ceca en sera une ic&#244;ne et Miki Cortan, le clavi&#233;riste le plus sollicit&#233;. Sur Youtube, on peut visionner des centaines de vid&#233;os o&#249; on le voit jouer, des liasses de billets en vrac devant lui. &#192; la mort de Ceaucescu, le man&#233;l&#233; appara&#238;t en Roumanie, influenc&#233; par le turbo-folk . C'est une musique de f&#234;te exub&#233;rante, porteuse d'un imaginaire consum&#233;riste et sexiste, &#233;voquant l'argent, les mafias, le pouvoir. Jeunes et vieux se l'approprient et s'identifient. En Bulgarie, ce sera la chalga, forme de pop folklorique. Ces musiques sont la plupart du temps jou&#233;es par des tziganes. Quand elles ne sont pas enregistr&#233;es ou jou&#233;es dans les discoth&#232;ques, elles se donnent dans des cabarets, salles des f&#234;tes, mariages et bapt&#234;mes, et c'est toute l'assembl&#233;e qui participe &#224; la f&#234;te. &lt;i&gt;&#171; Le ra&#239;, c'est pareil, &lt;/i&gt;acquiesce Kably. &lt;i&gt;M&#234;me style de paroles. M&#234;me d&#233;clinaison du son et m&#234;me succ&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bakchich et fum&#233;e noire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tu sais, Margo, le gars, ce soir, doit &#234;tre pay&#233; aux alentours de cent euros, mais le plateau fait le reste. &#187; une &lt;/i&gt;assiette est pos&#233;e l&#224;, n'importe qui peut y balancer un gros pourboire. Ce sont des musiques &#224; bakchich. En g&#233;n&#233;ral, un cachet est pr&#233;vu par l'organisateur, mais le public commande ses chansons moyennant un billet. &lt;i&gt;&#171; Chez les Tziganes, on les glisse dans l'instrument ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Ici, la culture &lt;/strong&gt;n'est pas sur un pi&#233;destal. On la vit. Elle est imbriqu&#233;e dans le quotidien et ses histoires de fric. Les mariages et les bapt&#234;mes orientaux, maghr&#233;bins ou balkaniques font manger des familles enti&#232;res de musiciens. Comme chaque son a son style vestimentaire, ces rythmes ont leurs lieux secrets, sem&#233;s dans la g&#233;ographie marseillaise depuis les ann&#233;es 1980 et 1990. Certains ont disparu, d'autres sont encore l&#224; malgr&#233; la r&#233;pression, dans la semi-clandestinit&#233; : cabarets, bouibouis, arri&#232;re-cours, portes ferm&#233;es, fonds d'escaliers, caves et sous-sols o&#249; &#231;a suinte. Vers la rue Roger-Salengro, vers le march&#233; aux puces, on a tir&#233; les rideaux. Ciao les convenances !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou avec Mohamed Kably&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Vive la France et les pommes de terre frites ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Henri Blanc</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Po&#232;te surr&#233;aliste invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, militant engag&#233; avec les anarchistes pendant la guerre d'Espagne, Benjamin P&#233;ret a fait l'objet d'une biographie parue chez Libertalia. D&#233;c&#233;d&#233; le 18 juillet 1959 &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 60 ans, le po&#232;te surr&#233;aliste Benjamin P&#233;ret est enterr&#233; quelques jours plus tard au cimeti&#232;re des Batignolles. Sur sa tombe, une plaque proclame : &#171; Je ne mange pas de ce pain-l&#224; &#187; &#8211; titre de l'un de ses recueils de po&#232;mes paru en 1936, invectivant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peret" rel="tag"&gt;P&#233;ret&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Po&#232;te surr&#233;aliste invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, militant engag&#233; avec les anarchistes pendant la guerre d'Espagne, Benjamin P&#233;ret a fait l'objet d'une biographie parue chez Libertalia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L120xH176/-1228-2fd9d.jpg?1782640660' width='120' height='176' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;c&#233;d&#233; le 18 juillet 1959 &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 60 ans, le po&#232;te surr&#233;aliste Benjamin P&#233;ret est enterr&#233; quelques jours plus tard au cimeti&#232;re des Batignolles. Sur sa tombe, une plaque proclame : &#171; &lt;i&gt;Je ne mange pas de ce pain-l&#224;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; titre de l'un de ses recueils de po&#232;mes paru en 1936, invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, et maxime r&#233;sumant le mieux la vie de ce r&#233;volt&#233; permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233; &#224; Rez&#233;&lt;/strong&gt; (Loire-Atlantique) dans une famille modeste, dada&#239;ste criant &#171; &lt;i&gt;Vive la France et les pommes de terre frites !&lt;/i&gt; &#187; pour fustiger le chauvinisme &#224; l'issue de la grande boucherie de 1914-1918, po&#232;te surr&#233;aliste adepte des &#171; sommeils &#187; et de l'&#233;criture automatique, combattant avec les anarchistes en Espagne et exil&#233; au Mexique de 1942 &#224; 1948, Benjamin P&#233;ret (1899-1959) est le seul que Breton n'a jamais os&#233; critiquer. Il est aussi le premier &#224; adh&#233;rer au Parti communiste, le premier aussi &#224; en sortir pour rejoindre l'Opposition trotskiste avant d'&#233;voluer vers l'ultragauche qui refusait, comme Natalia Sedova, la veuve de Trotski, de voir dans l'URSS un socialisme trahi, mais avec plus de clairvoyance, un capitalisme d'&#201;tat stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#226;ce &#224; une large documentation&lt;/strong&gt; et &#224; une utilisation judicieuse des &#233;crits de P&#233;ret lui-m&#234;me &#8211; dont un floril&#232;ge est reproduit en annexe &#8211;, cette biographie intellectuelle et po&#233;tique de l'auteur du &lt;i&gt;Passager du transatlantique &lt;/i&gt;et du &lt;i&gt;D&#233;shonneur des po&#232;tes &lt;/i&gt;lui rend sa place, de premier plan, dans l'histoire des avant-gardes litt&#233;raires et politiques du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cela compensera un peu l'oubli o&#249; l'ont tenu la plupart des historiens du surr&#233;alisme alors m&#234;me que Breton lui-m&#234;me d&#233;finissait celui-ci comme &lt;i&gt;&#171; la beaut&#233; de Benjamin P&#233;ret &#233;coutant prononcer les mots de famille, de religion et de patrie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si P&#233;ret&lt;/strong&gt;, malgr&#233; sa fibre libertaire, ne rompit pas avec le l&#233;ninisme, la raison s'en trouve sans doute dans le distinguo qu'il &#233;tablit entre ses activit&#233;s po&#233;tiques et politiques. Il appartiendra aux situationnistes de d&#233;passer ce clivage dans une d&#233;marche unitaire tout en rendant hommage &#224; celui qui avait &#233;t&#233;, parmi les surr&#233;alistes, &lt;i&gt;&#171; le seul &#224; s'engager dans la r&#233;volution espagnole, le seul &#224; &#234;tre rest&#233; un anticl&#233;rical farouche &#187; &lt;/i&gt;(R. Vaneigem).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Henri Blanc&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Barth&#233;lemy Schwartz, &lt;i&gt;Benjamin P&#233;ret, l'astre noir du surr&#233;alisme&lt;/i&gt;, Libertalia, 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#212; capitaine, mon capitaine...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/O-capitaine-mon-capitaine</link>
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		<dc:date>2017-06-09T10:40:41Z</dc:date>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un seul &#234;tre vous manque et&#8230; c'est tout CQFD qui est d&#233;peupl&#233;. Et d&#233;sorganis&#233;. Normal, au fond : &#231;a fait plus de deux ans que Momo tenait bon la barre du secr&#233;tariat de r&#233;daction. Qu'il &#233;tait l&#224;, fid&#232;le au poste, tout sourire malgr&#233; la lourde responsabilit&#233; pesant sur ses &#233;paules &#8211; organiser la sortie de chaque num&#233;ro du canard. &#199;a n'a l'air de rien, mais c'est un vrai taf. Surtout avec les loustics qui remplissent ces pages. Faut les relancer, les encourager. Voire les gourmander quand ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un seul &#234;tre vous manque et&#8230; c'est tout &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; qui est d&#233;peupl&#233;. Et d&#233;sorganis&#233;. Normal, au fond : &#231;a fait plus de deux ans que Momo tenait bon la barre du secr&#233;tariat de r&#233;daction. Qu'il &#233;tait l&#224;, fid&#232;le au poste, tout sourire malgr&#233; la lourde responsabilit&#233; pesant sur ses &#233;paules &#8211; organiser la sortie de chaque num&#233;ro du canard. &#199;a n'a l'air de rien, mais c'est un vrai taf. Surtout avec les loustics qui remplissent ces pages. Faut les relancer, les encourager. Voire les gourmander quand ils pr&#233;f&#232;rent descendre des pastis au soleil plut&#244;t que suer sur l'article qu'ils auraient d&#251; rendre il y a dix jours &#8211; mais promis, je te l'envoie demain sans faute... Et puis, il faut parfois reprendre les papiers, les calibrer et corriger. Faire le lien avec celles et ceux participant &#224; distance, avec le graphiste en charge de la mise en page, avec l'imprimeur et le distributeur. S'assurer que le chemin de fer, cette organisation du canard page &#224; page, se tient. Animer les conf&#233;rences de r&#233;dac. &#201;crire &#224; l'occasion des articles. Et trouver des solutions de derni&#232;re minute quand un papier manque &#224; l'appel &#8211; je n'ai pas pu l'envoyer, j'avais piscine&#8230; Bref, tout faire pour que la citrouille &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; soit un joli carrosse. Et une fois le canard sorti en kiosques, boum &#231;a recommence. Sisyphe &#233;tait un petit joueur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-161.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH578/-161-ac184.jpg?1783152017' width='500' height='578' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Sisyphe&#034; par Van Stuck
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Momo faisait tout &#231;a, &lt;i&gt;fingers in the nose&lt;/i&gt;. Et plus : il portait beaucoup de l'&#226;me de ce que vous tenez entre ses mains. Son d&#233;part (pour cause de fin de ch&#244;mage) laisse un grand vide, on est comme orphelins. Enfin, &#224; moiti&#233; : le bougre continue de participer au journal et passe le relais &#224; un nouveau SR (Sisyphe de r&#233;daction). Ouf.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand on veut noyer son chien&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-on-veut-noyer-son-chien</link>
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		<dc:date>2015-05-08T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
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		<dc:subject>centaines d'hommes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;700, 800 ou 900&#8200;morts en un seul naufrage. &#192; la louche. Quelques centaines d'hommes, de femmes, d'enfants ont sombr&#233; en silence, aux portes de l'Europe. Ils ne nous raconteront pas leurs histoires. Ici, on pr&#233;f&#232;re les cantonner dans le champ de la pure statistique, au mieux victimes, au pire d&#233;linquants. &#192; croire que l'on n'a pas envie de les &#233;couter. Ou que l'on pense d&#233;j&#224; tout savoir quant &#224; leur odyss&#233;e. La parole est aux experts et aux politiques, eux savent de quoi ils causent. &#171; Quand (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centaines-d-hommes" rel="tag"&gt;centaines d'hommes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;700, 800 ou 900&#8200;morts en un seul naufrage. &#192; la louche. Quelques centaines d'hommes, de femmes, d'enfants ont sombr&#233; en silence, aux portes de l'Europe. Ils ne nous raconteront pas leurs histoires. Ici, on pr&#233;f&#232;re les cantonner dans le champ de la pure statistique, au mieux victimes, au pire d&#233;linquants. &#192; croire que l'on n'a pas envie de les &#233;couter. Ou que l'on pense d&#233;j&#224; tout savoir quant &#224; leur odyss&#233;e&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut toujours lire l'ouvrage de nos amis Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La parole est aux experts et aux politiques, eux savent de quoi ils causent. &#171; &lt;i&gt;Quand quelqu'un se noie, on ne lui demande pas ses papiers&lt;/i&gt; &#187;, s'indignait Nathalie Kosciusko-Morizet. &#171; &lt;i&gt; Nous ne pouvons accepter que des centaines de personnes meurent en essayant de traverser la mer pour venir en Europe&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tranglait le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, Donald Tusk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les larmes de crocodile s&#232;chent vite. &#171; &lt;i&gt;Parce qu'il faut savoir que ceux qui font les trafics, qui mettent des personnes sur des bateaux pourris, des vaisseaux qui sont faits pour dispara&#238;tre en mer&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;sont des terroristes&lt;/i&gt; &#187;, gronda Fran&#231;ois Hollande, toujours aussi matamore quand son regard se tourne vers l'Afrique. Il oublie que l'Occident est &#224; l'origine de nombreux d&#233;s&#233;quilibres alimentant cet exode. Il oublie que l'Europe aura besoin de vingt millions d'immigr&#233;s pour compenser une trop faible natalit&#233;. Il oublie que toute prohibition cr&#233;e la mafia qui s'enrichit en la contournant. La guerre aux migrants s'externalise le plus loin possible de nos c&#244;tes. L'Union europ&#233;enne envisage, &#224; l'instar de ce qui se pratique contre les pirates somaliens, la destruction&#8200;&#8211; par des drones ?&#8200;&#8211; des embarcations susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;es par les trafiquants d'&#234;tres humains. On imagine les bavures : Oh, pardon, vous &#233;tiez de vrais p&#234;cheurs ! On sait que des gardes-c&#244;tes grecs ont d&#233;j&#224; sabord&#233; des bateaux bond&#233;s de r&#233;fugi&#233;s syriens. On se souvient de la guardia civil espagnole tirant des balles en caoutchouc sur des clandestins qui tentaient d'atteindre une plage de Ceuta &#224; la nage, le 6&#8200;f&#233;vrier 2014 : quinze noy&#233;s. Si l'op&#233;ration Mare Nostrum, lanc&#233;e apr&#232;s le drame de Lampedusa d'octobre 2013, co&#251;tait neuf millions d'euros par mois &#224; l'Italie et que l'op&#233;ration Triton, g&#233;r&#233;e par l'UE, n'en co&#251;te que trois, c'est parce que l'agence Frontex n'a pas vocation &#224; sauver des vies, mais &#224; surveiller et &#224; refouler, ainsi qu'&#224; sous-traiter son r&#244;le de Cerb&#232;re aux pays de d&#233;part. Ces transferts de comp&#233;tence sont responsables de la trag&#233;die du dimanche 19&#8200;avril 2015 et les pleurs officiels tentent de voiler cette sourde &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/couv_traore_ldedantec_hd-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH745/couv_traore_ldedantec_hd-2-15ef4.jpg?1783407198' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A relire : Boat people : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Boat-people-Une-vigie-sur-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une vigie sur la M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut toujours lire l'ouvrage de nos amis Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le Dantec, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/DEM-AK-XABAAR-PARTIR-ET-RACONTER.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dem ak xabaar, Partir et raconter&lt;/a&gt; &#8211; R&#233;cit d'un clandestin en route vers l'Europe&lt;/i&gt;, &#233;ditions Lignes, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du martini dans le molotov</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Du-martini-dans-le-molotov</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Du-martini-dans-le-molotov</guid>
		<dc:date>2006-05-22T11:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
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		<dc:subject>CPE</dc:subject>
		<dc:subject>zonzon voyez-vous</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chez les taulards &#224; perpette de Lannemezan, la d&#233;ferlante anti-CPE a &#233;t&#233; suivie d'un oeil plus rigolard que passionn&#233;. La pr&#233;carit&#233; ? En zonzon, elle a depuis toujours quelques longueurs d'avance. Le plus beau, c'est que pour b&#233;n&#233;ficier d'une lib&#233;ration conditionnelle, le d&#233;tenu doit n&#233;cessairement avoir un CDI en b&#233;ton. Mais pour notre correspondant, les images de la lutte &#233;voquent aussi quelques bons souvenirs&#8230; LA VOIX AU BOUT DU FIL me questionne : &#171; Comment en zonzon voyez-vous la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no33-avril-2006" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;33 (avril 2006)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-carcerale" rel="tag"&gt;Chronique carc&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voix" rel="tag"&gt;voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/batiment" rel="tag"&gt;b&#226;timent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seul" rel="tag"&gt;seul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mieux" rel="tag"&gt;Mieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bout" rel="tag"&gt;bout&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-seul" rel="tag"&gt;d'un seul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CPE" rel="tag"&gt;CPE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zonzon-voyez-vous" rel="tag"&gt;zonzon voyez-vous&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chez les taulards &#224; perpette de Lannemezan, la d&#233;ferlante anti-CPE a &#233;t&#233; suivie d'un oeil plus rigolard que passionn&#233;. La pr&#233;carit&#233; ? En zonzon, elle a depuis toujours quelques longueurs d'avance. Le plus beau, c'est que pour b&#233;n&#233;ficier d'une lib&#233;ration conditionnelle, le d&#233;tenu doit n&#233;cessairement avoir un CDI en b&#233;ton. Mais pour notre correspondant, les images de la lutte &#233;voquent aussi quelques bons souvenirs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA VOIX AU BOUT DU FIL me questionne : &lt;i&gt;&#171; Comment en zonzon voyez-vous la mobilisation contre le CPE ? &#187;&lt;/i&gt; Je suis surpris et je n'ai pas grand-chose &#224; dire. Bien s&#251;r je regarde la t&#233;l&#233; et je lis les journaux, mais je ne vis pas la situation. Je me sens d'ailleurs d'un autre temps, d'un autre pays. &#201;videmment, en suivant la cha&#238;ne info am&#233;ricaine en direct, je fr&#233;mis aux cavalcades des jeunes traqu&#233;s par les hordes de scarab&#233;es noirs. Quelques souvenirs soixante-huitards remontent &#224; ma m&#233;moire. L'&#233;clairage public se refl&#232;te sur les casques et les boucliers comme sur une carapace d'insecte&#8230; Le silence se prolonge. Mon interlocuteur l'interrompt brusquement, comme s'il se rendait compte. &lt;i&gt;&#171; Je comprends, je comprends&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le camarade est un ancien prisonnier politique marseillais. Pour mieux visualiser sa t&#234;te, je me raccroche &#224; un reportage de FR3-Provence, l'instant o&#249; il entre dans le box des accus&#233;s en roulant des &#233;paules dans son blouson de teddy-boy. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s l'hommage &#224; Jo&#235;lle devant le mur des F&#233;d&#233;r&#233;s, nous sommes all&#233;s aux bastons de Nation. &#187;&lt;/i&gt; &#192; son enthousiasme, je crois entendre exploser les grenades offensives. Il suffirait de si peu pour que les lacrymog&#232;nes me br&#251;lent les yeux. Je me dis que j'irais bien faire l'apr&#232;s-dissolution d'une manif. &lt;i&gt;&#171; Mais le JAP [juge d'application des peines] ne voudra pas&#8230; c'est certain ! &#187;&lt;/i&gt; Pourtant j'aimerais tant leur balancer un pav&#233; sur la gueule ou, mieux, un Molotov, bien alcoolis&#233; ! &lt;i&gt;&#171; Dans ton cocktail Molotov, il faut mettre du Martini mon petit&#8230; &#187;&lt;/i&gt; De notre temps, les rengaines du p&#232;re Ferr&#233; rythmaient l'anarchique d&#233;sinvolture des rues en p&#233;tard. Jusqu'au dernier moment, j'aurais serr&#233; la bouteille brune contre moi. Puis mon regard aurait suivi son voyage dans le ciel orang&#233; des r&#233;verb&#232;res. Avant qu'un geyser de flammes rousses illumine les godillots du mille-pattes&#8230; Sur l'&#233;cran de t&#233;l&#233; d&#233;filent les images d'une assembl&#233;e dans une fac occup&#233;e. Un jeune arbore sur la poitrine le visage du Che, il prend la parole : &lt;i&gt;&#171; Je demande le vote d'une motion condamnant la violence. &#187;&lt;/i&gt; Les os du pauvre Guevara doivent faire des loopings dans sa tombe de Santa Clara. Originaire de Limoux, Mahmoud porte lui aussi un T-shirt du Che, il s'&#233;nerve : &lt;i&gt;&#171; Regarde-le ce couillon ! &#187;&lt;/i&gt; Il est le seul &#233;tudiant encart&#233; du b&#226;timent, finalement il est l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; lui tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En croisant un groupe de matons dans l'escalier, nous avons entendu : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas que le gouvernement c&#232;de&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Ils croient si fort au parti de l'ordre. Une v&#233;ritable religion. Mais dans la centrale, aucun prisonnier n'a &#233;voqu&#233; publiquement le CPE. Seul Max s'est adress&#233; aux coll&#232;gues de l'atelier &#224; la veille de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale : &lt;i&gt;&#171; Oh les mecs, comment fait-on demain pour aller au boulot, para&#238;t qu'il y a pas de m&#233;tro ! &lt;/i&gt; &#187; Regroup&#233;s autour de la table de b&#233;ton, les gros costauds ont rigol&#233; dans leur barbe. CPE ou pas, ici la vie sans vie suit son cours. Hier, Ren&#233;, dit &#171; Canette &#187; (parce qu'il peut d&#233;vorer six parts de canard aux olives, du moins c'est ce que pr&#233;tend l'Albanais) et St&#233;phane le jardinier se sont trait&#233;s d'encul&#233;s &#224; la suite d'une histoire balourde de ramassage de pissenlits. Depuis plusieurs week-ends, ils bataillaient ferme pour nous d&#233;montrer qui des deux &#233;tait le meilleur p&#226;tissier. &#192; l'&#233;tage, nous ne demandions pas mieux qu'&#224; d&#233;jouer les go&#251;teurs de ce concours enrag&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le con, il met pas assez de beurre dans les beignets ! &#187;&lt;/i&gt; Avec le retour d'un beau soleil, les boulistes ont r&#233;apparu dans la seconde cour. Lundi en fin d'apr&#232;s-midi, le pr&#233;fet nous a rendu visite. Quant aux deux aum&#244;niers, d&#233;sormais ils &#233;vitent un &#233;tage. Ils ont appris que plusieurs adeptes d'une secte sataniste s'y &#233;taient regroup&#233;s. Plus g&#233;n&#233;ralement, la d&#233;tention grogne &#224; propos du prix du t&#233;l&#233;phone. Au moins un tiers d'augmentation d'un seul coup, alors que, selon les infos de la t&#233;l&#233;con, les appels &#224; partir d'un fixe ont baiss&#233; d'autant. &lt;i&gt;&#171; Encore une affaire de racket ! &#187;&lt;/i&gt;, conclut la vox populi des coursives. Mais ce n'est pas tout car les discussions tournent en boucle sur la nouvelle application des peines. La centrale de s&#233;curit&#233; est au r&#233;gime sec. Plus de condi. Plus de perm. Plus de gr&#226;ce. Ou alors au comptes gouttes&#8230; Inutile de vous en dire davantage, nous avons d'autres sujets de conversation que les questions de l'heure pour les p&#233;kins du dehors. Et puis, CNE, CPE, CDD ou int&#233;rim, qu'importe si &#224; l'ext&#233;rieur les contrats de pr&#233;carit&#233; se multiplient : notre JAP est tr&#232;s conservateur, il r&#233;clame dans chaque dossier de lib&#233;ration un CDI en b&#233;ton, m&#234;me pour les gars ayant d&#233;pass&#233; l'&#226;ge de la retraite. Il se fout que la loi ait &#233;t&#233; vot&#233;e au temps b&#233;ni du plein emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'allez pas croire que dans les zonzons nous ne r&#233;agissons pas aux probl&#232;mes politiques. Bien au contraire, mais instinctivement nous nous sentons plus proches de nos cong&#233;n&#232;res taulards du monde entier. L'opprim&#233; est solidaire de l'opprim&#233; o&#249; qu'il se trouve. Et la d&#233;tention enti&#232;re a &#233;t&#233; particuli&#232;rement sensible aux images d'Abou Ghra&#239;b et de Guantanamo. Comme elle ronchonne au silence orchestr&#233; dans les affaires de torture et des prisons clandestines de la CIA. Ces probl&#232;mes font partie de notre probl&#232;me. Et nous nous en pr&#233;occupons sans doute beaucoup plus que les &#233;tudiants gr&#233;vistes et incommensurablement plus que les b&#233;ni-oui-oui m&#226;chouillant le mot de d&#233;mocratie &#224; longueur de journ&#233;e. L'apr&#232;s-midi o&#249; l'arm&#233;e isra&#233;lienne a attaqu&#233; la prison de J&#233;richo, d'un coup la tension dans la taule a grimp&#233; d'un cran. Chaque coup de pelleteuse contre le b&#226;timent o&#249; s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s les membres du FPLP &#233;tait ponctu&#233; d'un &lt;i&gt;&#171; fils de pute ! &#187;&lt;/i&gt; ou d'un &lt;i&gt;&#171; b&#226;tard ! &#187;&lt;/i&gt; Les taulards, quelles que soient leurs opinions, ont pris parti. Au rez-de-chauss&#233;e, un camarade a lanc&#233; un mot d'ordre de gr&#232;ve de plateau si les prisonniers &#233;taient assassin&#233;s. Il faut rappeler que le seul bombage du b&#226;timent a &#233;t&#233; longtemps : &lt;i&gt;&#171; Gaza = Varsovie, Tsahal = Waffen SS. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'&#233;poque du si&#232;ge de J&#233;nine, un gars, &#224; l'abri des cam&#233;ras, l'a &#233;crit en lettres b&#226;tons sur le mur en face de la buanderie. Le slogan a tenu plus d'un an avant d'&#234;tre effac&#233; la semaine pass&#233;e. Globalement, la Palestine est le centre de la politisation en prison. En cela les taules sont plus proches de l'&#233;tat d'esprit des quartiers. Pourquoi en serait-il autrement, la composition cosmopolite de classe y est la m&#234;me, comme l'&#233;tat d'oppression&#8230; Pour en revenir au CPE, le 28 mars dernier, &#224; l'heure de la manif g&#233;n&#233;rale &#224; Paris, un bricard fait irruption dans ma cellote : &lt;i&gt;&#171; Fouille sp&#233;ciale ! &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s la fouille &#224; corps, je me rhabille et me glisse en promenade. &#192; peine arriv&#233; sur le terrain de sport, le talkie-walkie du surveillant crachote un ordre : &lt;i&gt;&#171; Tous les agents du b&#226;timent A doivent se rendre dans la cellule de Rouillan. &#187;&lt;/i&gt; &#192; mes c&#244;t&#233;s, Georges rigole : &lt;i&gt;&#171; Au moins, maintenant, on sait o&#249; va se d&#233;rouler la contre-manif pro-CPE ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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