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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; chaque bled son synth&#233;</title>
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		<dc:creator>Margo Chou, Mohamed Kably</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille. D&#232;s l'entr&#233;e, similaire &#224; celle du palais de justice avec ses colonnes ath&#233;niennes en faux stuc, un son aigu de clavier-synth&#233;tiseur nous souhaite la bienvenue. Ambiance feutr&#233;e / enfum&#233;e. Des gens sap&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seul" rel="tag"&gt;seul&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un samedi soir, nous d&#233;rivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce d&#233;cor sombre, intime et sans esth&#233;tique particuli&#232;re, nous nous lan&#231;ons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c'est Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1299.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/-1299-9496a.jpg?1782644492' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;150 de CQFD, illustr&#233;e par Bruno Bartkowiak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#232;s l'entr&#233;e, similaire &#224; celle du palais de justice avec ses colonnes ath&#233;niennes en faux stuc, un son aigu de clavier-synth&#233;tiseur nous souhaite la bienvenue. Ambiance feutr&#233;e / enfum&#233;e. Des gens sap&#233;s sont attabl&#233;s autour d'une piste ronde &#224; moquette rouge sur laquelle on danse d&#233;j&#224;. Au fond, sur une estrade, un homme-orchestre en smoking noir, barbe taill&#233;e au millim&#232;tre, fait tout tout seul. Au synth&#233;tiseur, il chante et sourit fig&#233;, &#224; la fois aux d&#233;hanch&#233;s et &#224; ceux qui jettent du fric sur le plateau pos&#233; devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On s'attendait &#224; voir un orchestre &lt;/strong&gt;et voil&#224; qu'on plonge dans une discussion technique sur l'origine du synth&#233;tiseur et son emploi syst&#233;matique dans la musique orientalo-maghr&#233;bine. Tout &#231;a accompagn&#233; par cet imposteur qui fait bouger l'assembl&#233;e &#224; lui tout seul. Kably d&#233;couvre mon amour immod&#233;r&#233; pour le synth&#233; balkanique et me rencarde sur l'origine du clavier maghr&#233;bin. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi ce d&#233;lire sur le synth&#233;, Margo ? &#187; &lt;/i&gt;Embrayage automatique : &lt;i&gt;&#171; J'ai d&#233;couvert le synth&#233; &#224; travers la musique tzigane il y a une douzaine d'ann&#233;es dans les bidonvilles de Seine-Saint-Denis. J'arrivais l&#224;-bas. Un verre de soda. Taraf-TV, une des trois cha&#238;nes musicales roumaines, &#233;tait allum&#233;e en permanence et des clips de man&#233;l&#233; d&#233;filaient dans les 12 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de baraque. C'est une musique peu connue en France, avec synth&#233;, bo&#238;te &#224; rythmes, reverb' et th&#232;mes traditionnels. Les grands noms sont Nicolas Guca, Florin Salam, Sandu Corba. Des invitations r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; des bapt&#234;mes avec orchestre m'ont rendue accro. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Musique orientale et Maghreb&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les restos et les cabarets, ils ne prennent plus d'orchestre. Le synth&#233; l'a remplac&#233;. Un mec tout seul qui fait tous les sons et d&#233;clenche la bo&#238;te &#224; rythmes, c'est &#233;conomique. Le synth&#233;tiseur pour remplacer la basse, les cordes, les cuivres. La bo&#238;te &#224; rythmes fait les percussions, la batterie. Kably, d'un air nostalgique : &lt;i&gt;&#171; Quand m&#234;me, il y a l&#224; aussi un manque de go&#251;t et de classe g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#187; un &lt;/i&gt;mec assis &#224; ma droite s'en m&#234;le : &lt;i&gt;&#171; Dans les ensembles traditionnels et populaires &#233;gyptiens, en Nubie, on jouait beaucoup d'accord&#233;on avec le quart de ton. Au Maghreb, il n'y avait pas assez d'argent pour en acheter, donc on en a bidouill&#233;. On ouvrait les accord&#233;ons et avec de la cire de bougie, on traficotait les touches pour cr&#233;er ce fameux quart de temps. &#187; un &lt;/i&gt;monde s'ouvre &#224; nous. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le synth&#233; arrive, capable de reproduire tous les sons de tous les instruments et d'y injecter des effets. Quand il s'impose comme instrument novateur dans la musique moderne occidentale, Ammar al-Chere&#239;, auteur-compositeur &#233;gyptien, chanteur, joueur de oud et de clavier, se d&#233;m&#232;ne pour trouver un synth&#233; avec le quart de temps. La marque am&#233;ricaine &#8220;Intercontinental&#8221; lui en fabrique un. Au Caire, on l'appellera &#8220;uni&#8221; ou &#8220;uni-intercontinental&#8221;. &#187; &lt;/i&gt;Comme toute nouveaut&#233; qui d&#233;barque sans pr&#233;venir, ce son amplifi&#233; et modifi&#233; g&#234;nera les puristes. Il faudra que les grands orchestres d'Oum Khaltoum, d'Abdel Halim Hafez et de Farid El Atrache l'int&#232;grent pour que ce son soit valid&#233;. La musique populaire se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; des Balkans, je te dis pas&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est fin 1980 &#8211; d&#233;but 1990, en Serbie, puis en Roumanie et en Bulgarie, que le synth&#233;tiseur d&#233;barque. &#192; chaque fois, &#231;a co&#239;ncide avec l'effondrement des syst&#232;mes politiques en place. Des styles musicaux naissent des r&#233;volutions et sont aujourd'hui des ph&#233;nom&#232;nes sociaux. En Serbie, dans un moment de d&#233;composition et de perte de rep&#232;res, les jeunes trouveront une force lib&#233;ratrice et dans la guerre et dans la musique. Le turbo-folk, synth&#233;tiseur, bo&#238;te &#224; rythmes au go&#251;t de No-Future techno&#239;de, s'installe dans les discoth&#232;ques, interpr&#233;t&#233; par des chanteuses ras le d&#233;collet&#233;. Ceca en sera une ic&#244;ne et Miki Cortan, le clavi&#233;riste le plus sollicit&#233;. Sur Youtube, on peut visionner des centaines de vid&#233;os o&#249; on le voit jouer, des liasses de billets en vrac devant lui. &#192; la mort de Ceaucescu, le man&#233;l&#233; appara&#238;t en Roumanie, influenc&#233; par le turbo-folk . C'est une musique de f&#234;te exub&#233;rante, porteuse d'un imaginaire consum&#233;riste et sexiste, &#233;voquant l'argent, les mafias, le pouvoir. Jeunes et vieux se l'approprient et s'identifient. En Bulgarie, ce sera la chalga, forme de pop folklorique. Ces musiques sont la plupart du temps jou&#233;es par des tziganes. Quand elles ne sont pas enregistr&#233;es ou jou&#233;es dans les discoth&#232;ques, elles se donnent dans des cabarets, salles des f&#234;tes, mariages et bapt&#234;mes, et c'est toute l'assembl&#233;e qui participe &#224; la f&#234;te. &lt;i&gt;&#171; Le ra&#239;, c'est pareil, &lt;/i&gt;acquiesce Kably. &lt;i&gt;M&#234;me style de paroles. M&#234;me d&#233;clinaison du son et m&#234;me succ&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bakchich et fum&#233;e noire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tu sais, Margo, le gars, ce soir, doit &#234;tre pay&#233; aux alentours de cent euros, mais le plateau fait le reste. &#187; une &lt;/i&gt;assiette est pos&#233;e l&#224;, n'importe qui peut y balancer un gros pourboire. Ce sont des musiques &#224; bakchich. En g&#233;n&#233;ral, un cachet est pr&#233;vu par l'organisateur, mais le public commande ses chansons moyennant un billet. &lt;i&gt;&#171; Chez les Tziganes, on les glisse dans l'instrument ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Ici, la culture &lt;/strong&gt;n'est pas sur un pi&#233;destal. On la vit. Elle est imbriqu&#233;e dans le quotidien et ses histoires de fric. Les mariages et les bapt&#234;mes orientaux, maghr&#233;bins ou balkaniques font manger des familles enti&#232;res de musiciens. Comme chaque son a son style vestimentaire, ces rythmes ont leurs lieux secrets, sem&#233;s dans la g&#233;ographie marseillaise depuis les ann&#233;es 1980 et 1990. Certains ont disparu, d'autres sont encore l&#224; malgr&#233; la r&#233;pression, dans la semi-clandestinit&#233; : cabarets, bouibouis, arri&#232;re-cours, portes ferm&#233;es, fonds d'escaliers, caves et sous-sols o&#249; &#231;a suinte. Vers la rue Roger-Salengro, vers le march&#233; aux puces, on a tir&#233; les rideaux. Ciao les convenances !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou avec Mohamed Kably&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je vous &#233;cris de l'usine : La derni&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine-La</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#199;a y est, &#231;a se termine. A l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, il me reste &#224; peine 20 jours &#224; tenir. Et apr&#232;s, basta ! Bye bye turbin ! L'usine, c'est fini ! Je dois avouer que depuis quelques jours, je n'en branle plus une. J'en ai vraiment marre. Je m'&#233;couterais, je me mettrais en arr&#234;t maladie, d'autant qu'une fois en retraite, je ne pourrai plus le faire. L'usine me sort par les yeux. Il est temps que je prenne la tangente. Et encore, j'ai de la chance, le placard o&#249; l'on m'a plac&#233; pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no134-juillet-aout-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;134 (juillet-ao&#251;t 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH753/-424-69f03.jpg?1782638370' width='400' height='753' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#199;a y est, &#231;a se termine. A l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, il me reste &#224; peine 20 jours &#224; tenir. Et apr&#232;s, basta ! &lt;i&gt;Bye bye&lt;/i&gt; turbin ! L'usine, c'est fini ! Je dois avouer que depuis quelques jours, je n'en branle plus une. J'en ai vraiment marre. Je m'&#233;couterais, je me mettrais en arr&#234;t maladie, d'autant qu'une fois en retraite, je ne pourrai plus le faire. L'usine me sort par les yeux. Il est temps que je prenne la tangente. Et encore, j'ai de la chance, le placard o&#249; l'on m'a plac&#233; pour ces derniers mois est nettement moins p&#233;nible que devoir continuer &#224; faire les postes, travailler de nuit ou devoir se lever &#224; 4 h du mat', jusqu'&#224; mon d&#233;part, comme cela arrive trop souvent &#224; mes coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe causer avec quelques copains et copines dans les ateliers ou les bureaux. Je bosse pour moi. J'&#233;cris cet article. La hi&#233;rarchie s'en fout, puisque je pars bient&#244;t. Je donne mes heures pour le syndicat en essayant de continuer de sortir le journal mensuel du syndicat, en me demandant qui prendra vraiment la rel&#232;ve. C'est un des probl&#232;mes : si mon syndicat compte pas mal d'adh&#233;rents (en gros, un tiers de l'usine), il n'y a pas beaucoup de militants qui &#233;mergent vraiment. Peut-&#234;tre que face aux probl&#232;mes futurs, des coll&#232;gues s'impliqueront davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si, depuis plus de dix ans, on pense que la bo&#238;te va fermer, la vie continue &#224; l'usine. L'exploitation aussi. On continue de se poser des questions sur le nombre de mois ou d'ann&#233;es pendant lesquels elle va encore tourner. Les usines alentour ferment petit &#224; petit : Petroplus, Schneider, LCI, etc. La Chapelle Darblay voit ses effectifs divis&#233;s par deux&#8230; Quand on monte sur les hauteurs de Rouen, les seules fum&#233;es d'usine que l'on voit sont celles de ma bo&#238;te. C'est &#233;vident que &#231;a va fermer. Mais quand ? Suspendus &#224; cette question, nous sommes rest&#233;s &#224; bosser, croyant qu'elle fermerait et qu'on pourrait partir plus t&#244;t. Mais rien pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois avouer que j'ai h&#226;te de passer du statut de &#171; vieux salari&#233; &#187; &#224; celui de &#171; jeune retrait&#233; &#187;, m&#234;me si le terme de jeune fasse bizarre (faut dire qu'en vieillissant, les petits tracas de sant&#233; s'accumulent quand m&#234;me). Parce que, dans la bo&#238;te, je fais partie des monuments, notamment aupr&#232;s de certains cadres. Tu parles ! 42&#8200;ans que je suis &#224; l'usine, alors qu'eux n'y restent que 5-6 ans. Ils me traitent presque avec condescendance &#171; malgr&#233; tout ce que vous avez pu &#233;crire sur l'usine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois quelques copains qui ont un coup de blues au moment de partir. Ce n'est pas vraiment mon cas. C'est vrai qu'il y a des coll&#232;gues que je ne reverrai pas et que les moments pass&#233;s dans les luttes, ou autour d'un ap&#233;ro au r&#233;fectoire, seront d&#233;finitivement derri&#232;re moi. Mais quitter ces lieux, ces chefs, ces patrons, ces horaires&#8230; Et m&#234;me si c'est toujours jouissif de dire merde au boss, ne plus conna&#238;tre les contraintes du salariat, c'est comme retrouver la libert&#233;. Il est vraiment temps de partir. Il me reste tant de choses &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, du coup, mon d&#233;part signe aussi la fin de cette chronique que j'ai tenue une dizaine d'ann&#233;es. C'est plut&#244;t rare, par les temps qui courent, qu'un prolo puisse donner son point de vue. Et c'est vraiment chouette que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ait accept&#233; de me laisser vous narrer ce qui se passait dans ma bo&#238;te. Renouant ainsi avec une vieille pratique de la presse r&#233;volutionnaire du d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas trop du genre &#224; revenir sur le pass&#233; mais, j'ai essay&#233;, pendant ces ann&#233;es, de vous faire partager des moments d'usine, de croiser des coll&#232;gues plus ou moins convenables. Il y a eu aussi les copains d&#233;c&#233;d&#233;s, l'amiante, les accidents du travail et le proc&#232;s AZF. Il y a eu des bagarres, des r&#233;ussites et des &#233;checs. J'ai aussi essay&#233; de parler d'autres entreprises en lutte ou pas. De plus, ces chroniques m'ont permis de croiser dans d'autres coins, de France, des prolos qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, et de les raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;galement rencontr&#233; des lecteurs de ces chroniques, lors de mes d&#233;placements pour mes bouquins, et re&#231;u pas mal de retours par courrier, &#233;lectronique ou non. C'est toujours agr&#233;able. J'aurais aim&#233; vous causer encore de quelques copains, comme Patrice. Un mec costaud, motard, le c&#339;ur sur la main. Un peu raciste, m&#234;me si ses meilleurs copains s'appellent Djamel et Driss. Il y a quinze jours, au sortir d'une r&#233;union intersyndicale d'information, lui qui a toujours le sens de la formule, m'a dit : &#171; &lt;i&gt;Avec la CFDT, on ne doit pas avoir le m&#234;me code du travail. Moi, dans mon code il n'y a pas le mot &#8220;travail&#8221;, dans celui de la CFDT, il ne doit pas y avoir le mot &#8220;gr&#232;ve&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je sais que vous &#234;tes assez friands d'histoires de prolos, je vous en raconte une petite derni&#232;re qui vient de se d&#233;rouler. Nono semble ne pas avoir invent&#233; l'eau ti&#232;de. Il a le cr&#226;ne d&#233;garni, mais les cheveux longs et filasses sur les c&#244;t&#233;s, une voix &#224; la Daffy Duck et des mains aussi grandes que des gants de base-ball. Son boulot dans l'usine ne demande pas de connaissances techniques tr&#232;s pouss&#233;es. Pourtant c'est primordial, Nono doit surveiller les r&#233;seaux d'eau, les pompages, les traitements et les canalisations. C'est le c&#339;ur m&#234;me de l'usine et &#231;a couvre une tr&#232;s grande superficie. Pour effectuer ces kilom&#232;tres, Nono a d'ailleurs une voiture de fonction quelque peu disloqu&#233;e. C'est un boulot qui lui va bien parce qu'il est assez libre pour organiser son boulot comme il l'entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que Nono est moins b&#234;te qu'il ne le laisse croire, il cherche aussi &#224; faire des petites &#233;conomies sur le dos de la bo&#238;te. Aussi, lorsqu'il va faire le plein de sa voiture de fonction, il en profite pour remplir un jerrican de 10 litres sur le compte du patron. Je l'ai appris parce que certains n'ont pas su tenir leurs langues. Pire, il y en a un qui, cach&#233;, a pris Nono en flagrant d&#233;lit et en photo avec son t&#233;l&#233;phone. Il a ensuite envoy&#233; la photo au chef de service. Sans doute a-t-il pris le terme utilis&#233; par les DRH de &#171; collaborateur &#187; selon les crit&#232;res de 1942. Normalement, un vol est puni par un renvoi du jour au lendemain sans autre forme de proc&#232;s, pour faute grave. Pour Nono, ce serait une catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a me fait tout dr&#244;le de pr&#233;senter (surtout pour une derni&#232;re chronique) un chef de service pas trop con et plut&#244;t sympa, mais ce dernier n'a pas pris de sanction contre Nono. Il lui a simplement dit d'arr&#234;ter son man&#232;ge. Ce que Nono s'est empress&#233; d'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre concernant l'auteur de la photo, je sais que d&#233;sormais, le chef a du mal &#224; lui serrer la main. Nono peut continuer son petit bonhomme de chemin, dans sa voiture aux amortisseurs fatigu&#233;s, sur les chemins de ronde de l'usine. Voil&#224;, elle &#233;tait courte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ici que s'ach&#232;ve ma derni&#232;re chronique &#233;crite &#224; l'usine. C'est un peu tristouille mais c'est ainsi. Pour autant, je sais que je suis du genre &#224; &#233;crire tout le temps et &#224; vouloir continuer &#224; t&#233;moigner et raconter. Alors on risque fort de se retrouver bient&#244;t dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, et sans doute ailleurs, pour des histoires glan&#233;es au fil de rencontres, de combats et de voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; bient&#244;t pour de nouvelles aventures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; R&#234;ver o&#249; personne n'a r&#234;v&#233; ! &#187;</title>
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		<dc:date>2018-05-10T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Octobre 2017 : Marseille accueille le Salon des entrepreneurs. Le Chien rouge m'a demand&#233; d'y faire un tour, pour voir ce que &#171; la startup nation &#187; ch&#232;re &#224; Macron pensait de la fain&#233;antise. Cerise sur le CAC 40, je devais ramener le t&#233;moignage d'un dirigeant gratin&#233;. Un vrai. &#171; Un cost-killer, mon petit Totof &#187;, a pr&#233;cis&#233; le r&#233;dac-pas-chef. &#171; Affirmatif &#187;, j'ai r&#233;pondu. D&#232;s l'entame, &#231;a d&#233;marre fort. &#171; Les Fran&#231;ais ne sont pas pr&#234;ts &#224; en finir avec les CDI &#187;, regrette Jonathan, jeune (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Fallah" rel="tag"&gt;Michel Fallah&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Octobre 2017 : Marseille accueille le Salon des entrepreneurs. Le Chien rouge m'a demand&#233; d'y faire un tour, pour voir ce que &#171; la startup nation &#187; ch&#232;re &#224; Macron pensait de la fain&#233;antise. Cerise sur le CAC 40, je devais ramener le t&#233;moignage d'un dirigeant gratin&#233;. Un vrai. &#171; &lt;i&gt;Un cost-killer, mon petit Totof&lt;/i&gt; &#187;, a pr&#233;cis&#233; le r&#233;dac-pas-chef. &#171; &lt;i&gt;Affirmatif&lt;/i&gt; &#187;, j'ai r&#233;pondu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'entame, &#231;a d&#233;marre fort. &#171; &lt;i&gt; Les Fran&#231;ais ne sont pas pr&#234;ts &#224; en finir avec les CDI&lt;/i&gt; &#187;, regrette Jonathan, jeune auto-entrepreneur muscl&#233;. Lui, oui. Sept ans de petits boulots et un passage par l'arm&#233;e l'ont convaincu que l'entreprise constituait le bon chemin, la &lt;i&gt;good way&lt;/i&gt;, pour un &lt;i&gt;business plan&lt;/i&gt; de combat. &#201;chaud&#233; par l'entreprise traditionnelle, il est heureux de monter sa bo&#238;te. En plus, s'enthousiasme-t-il, Jupiter &#171; &lt;i&gt;a rehauss&#233; le plafond&lt;/i&gt; &#187; du statut d'auto-entrepreneur. D'ailleurs, lui le dit tout net : il a vot&#233; pour le fringant pr&#233;sident, notamment pour son &#171; &lt;i&gt;c&#244;t&#233; jeune, actif&lt;/i&gt; &#187;. Voire super actif. Sa proposition de faire b&#233;n&#233;ficier du ch&#244;mage les d&#233;missionnaires ? &#171; &lt;i&gt;C'est bien, mais tout le monde va se barrer. Beaucoup de gens ne sont pas heureux au travail.&lt;/i&gt; &#187; Sans d&#233;c' ? Soit dit en passant, ce rejeton d'un p&#232;re fonctionnaire et d'une m&#232;re salari&#233;e trouve Xavier Niel formidable. Et tant pis si le patron de Free r&#233;duit les co&#251;ts (mais pas les coups) sur les salaires. Moins d'espace dans un bureau, &#231;a fait gagner de l'argent, ajoute Jonathan, partisan d'un management agressif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH285/-274-164bf.jpg?1782641024' width='400' height='285' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Place to be&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jonathan est loin d'&#234;tre isol&#233; : ici, les sp&#233;cimens de son esp&#232;ce pullulent, amalgam&#233;s en grappes &#233;parses autour des stands archi-bond&#233;s de Google ou de Facebook, leur enthousiasme en bandouli&#232;re. Les seuls &#224; g&#226;cher l'ambiance sont les commerciaux du journal &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt; (communiste, donc dans la mouise) &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;. Eux font grise mine, pas assez &#171; startup nation &#187; &#224; l'&#233;vidence&#8230; Ne m'attardant pas avec ces losers, je file vers le stand Business France o&#249; je ne vois &#8211; c'est une honte ! &#8211; aucun portrait de la ministre Muriel P&#233;nicaud. Cette bo&#238;te sert pourtant &#224; promotionner la France &lt;i&gt;everywhere&lt;/i&gt;, &#224; Las Vegas comme &#224; Vierzon. Objectif : booster les PME pour qu'elles sortent du cash. &#202;tre &lt;i&gt;on the place to be&lt;/i&gt;, qu'ils proclament. Je dois y &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite, je jette un &#339;il sur le coin des Scops et des bo&#238;tes pour petits capitalistes. Ceux-l&#224; sont des gagne-petit : ils te proposent de v&#233;g&#233;ter dans un capitalisme de seconde zone, d'ouvrir un bar &#224; eau en Bretagne ou un restaurant &#224; hu&#238;tres dans l'Est. L'important consiste &#224; faire croire que tout le monde y croit. Pas gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je progresse dans les all&#233;es avec une &#233;trange sensation de vide. Au Salon des entrepreneurs, on ressent vite l'impression d'un brassage de vent g&#233;n&#233;ralis&#233;, entre les bo&#238;tes qui agissent comme des sangsues et celles qui vendent des services inutiles. Du coup, c'est truff&#233; de jeunes qui se ventilent d'un stand futile &#224; une conf&#233;rence guignolesque. En bon mouton, je les suis. Droit vers une conf&#233;rence qui s'intitule pompeusement : &#171; Management, agilit&#233;, innovation, quels sont les secrets des startups qui explosent ? &#187; P&#244;le emploi ayant canard&#233; l'invit' dans les bo&#238;tes mail des &#233;loign&#233;s de l'emploi, c'est plein &#224; craquer d'esp&#233;rants au travail. Des jeunes Espoirs, comme on dirait aux C&#233;sars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;-rance au sommet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour t&#234;te d'affiche, il devait y avoir l'h&#233;ritier de CMA CGM (une bo&#238;te de containers, &lt;i&gt;Inception&lt;/i&gt; n'est pas loin). Super ! Mais pas de bol : Monsieur est absent. Qu'&#224; cela ne tienne, six entrepreneurs sont bien l&#224;, dont la moiti&#233; conseille les autres. Premi&#232;re conqu&#233;rante : Mathilde de Pouzic, de Hellocare. Un service m&#233;dical, comme son nom l'indique, qui permet de parler &#224; un m&#233;decin en ligne. 29 &#8364; la consultation pour savoir &#224; tout moment comment se perce un bouton sur le nez. G&#233;nial. Si ce n'est pas un service de sangsue, &#231;a y ressemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En seconde pr&#233;tendante, la pimpante Caroline Pailloux, qui sourit comme on lui a appris chez les s&#339;urs. Elle vend gentiment les conseils de ma grand-m&#232;re : dire bonjour, &#234;tre poli, &#171; r&lt;i&gt;egarder dans le r&#233;troviseur&lt;/i&gt; &#187;, ne pas d&#233;penser ce qu'on n'a pas. Passionnant. Et tout le contraire du fonctionnement du grand capital (plus on a de dettes, plus on devient le cr&#233;ancier de nos pr&#234;teurs et, plus on domine). Sa bo&#238;te de recrutement va t'acc&#233;l&#233;rer, c'est le nouveau mot &lt;i&gt;not in english&lt;/i&gt; qui est prononc&#233; environ 200 fois en une heure. Caroline sait se positionner &#224; la &lt;i&gt;place to be&lt;/i&gt;, mais aussi prendre du plaisir, r&#233;ussir et trouver du sens dans son activit&#233;. Dans sa bo&#238;te, ils s&#233;lectionnent des p&#233;quenots entrepreneuriaux, les connectent &#224; des startups sans cash, et leur apprennent le &lt;i&gt;how to&lt;/i&gt;. Apr&#232;s ils les collent sur un &lt;i&gt;rooftop&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toit-terrasse, concept tr&#232;s en vogue.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Paris. Et s'ils ont bien suivi toutes ces &#233;tapes, ils deviennent naturellement pr&#233;sident de la R&#233;publique, avec un sourire Colgate. Pas une paillasse de fain&#233;ant &#224; dormir dans une calanque un apr&#232;s-midi de juin apr&#232;s une cuite au Pernod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me larron s'appelle Michel Fallah, fondateur de Smart Fret. On sent qu'il a d&#233;croch&#233; la timbale, le gonze, et pas qu'une fois. Il sourit de toutes ses dents. Prend des poses. Se pavane comme un possesseur de ticket gagnant. Et pour cause : il a s&#233;duit CMA CGM, le transporteur de containers, lui fourguant une application pour tracer ses grosses bo&#238;tes. Ignare comme tu l'es, tu ne le savais pas, mais c'est super angoissant de ne pas conna&#238;tre l'emplacement de ton container dans ce putain d'oc&#233;an. &#171; O&#249; se trouve ma cargaison ? &#187;, stressent ses clients. Heureusement, ils peuvent consulter Hellocare si leur mental flanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acc&#233;l&#233;ration sans fin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau, un Jean-Michel Apathie de belle prestance saute sur tous les mots-cl&#233;s qu'on lui pr&#233;sente. Une d&#233;licieux concours de perroquets commence : &#171; &lt;i&gt;Il faut r&#234;ver o&#249; personne n'a r&#234;v&#233;&lt;/i&gt; &#187;, lance Patrick Siri, qui lui aussi acc&#233;l&#232;re les startupers. St&#233;phane Soto, de La French Tech, imitant le c&#233;g&#233;tiste Philippe Martinez, appelle &#224; une convergence public-priv&#233; pour acc&#233;l&#233;rer l'&#233;conomie. Et allez donc&#8230; &#224; une telle vitesse, il est conseill&#233; d'enfiler un casque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas dans l'ambiance, J&#233;r&#244;me Allary, ing&#233;nieur conseil (autrement dit, comptable) chez BDO, douche tout le monde avec des bilans et des chiffres. Il ne fait pas r&#234;ver (et surtout pas &#171; o&#249; personne n'a r&#234;v&#233; &#187;). R&#233;sultat, St&#233;phane Soto se r&#233;veille pour expliquer &#171; &lt;i&gt;qu'il faut sortir de sa zone de confort&lt;/i&gt; &#187;. Patrick Siri rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;L'inconstance est une vertu pour l'entrepreneur. Il faut changer d'avis.&lt;/i&gt; &#187; Pas en reste, Mathilde de Pouzic ne peut s'emp&#234;cher de filer la m&#233;taphore : &#171; &lt;i&gt;Il faut changer de route en pilote virtuose des courses.&lt;/i&gt; &#187; Puis Caroline, probable &#233;pouse d'un dentiste, parle de pivots : &#171; &lt;i&gt;Savoir pivoter est essentiel. Pourquoi se lever le matin alors que le march&#233; ne nous suit plus ?&lt;/i&gt; &#187; Navigateur d'&#233;lite, Michel Fallah estime &#224; son tour &#171; &lt;i&gt;qu'il faut un cap, une vision, un besoin de marins qui vont prendre tous les vents.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Je vis des aventures passionnantes avec des vents violents&lt;/i&gt; &#187;, insiste le patron de la seule startup florissante du plateau. Ce n'est plus le salon des Entrepreneurs, c'est le Vend&#233;e Globe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224; sont fascinants : porteurs d'une &#233;nergie d&#233;mente, ils empilent des monceaux de fadaises absconses sans jamais se d&#233;monter. Et le cirque continue : &#171; &lt;i&gt;Time to market&lt;/i&gt; &#187;, lance l'animateur avec une &#339;illade &#224; Mathilde. Caroline rappelle le r&#244;le des Early Adopters, tes premiers clients (en g&#233;n&#233;ral, des amis p&#233;t&#233;s de thunes ou qui ont le r&#233;seau). Ici, tout est affaire de r&#233;seau. On vient y chercher un carnet d'adresses qu'on va rappeler au &lt;i&gt;phone&lt;/i&gt; apr&#232;s. Le b.a.-ba du commerce se revend toujours deux fois. Si ce n'est pas cynique, c'est au moins fain&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;puis&#233; par toute cette agitation entrepreneuriale, je tombe sur le salari&#233; d'un site de r&#233;f&#233;rencement. Lui d&#233;plore le manque d'&#233;nergie du cru phoc&#233;en : &#171; &lt;i&gt;&#192; Marseille, les gens sont peinards, ils ne se jettent pas sur notre questionnaire en ligne. Alors qu'&#224; Paris, c'&#233;tait la foire d'empoigne.&lt;/i&gt; &#187; Faut dire que Marseille, c'est bien connu, est terre d'incurables fain&#233;ants pr&#233;f&#233;rant jouer &#224; la p&#233;tanque en citant Pagnol que remplir des questionnaires. Et au sortir de ce Salon des patrons neuneus, ce bon vieux pr&#233;jug&#233; des familles a quelque chose de profond&#233;ment rassurant...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toit-terrasse, concept tr&#232;s en vogue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Envies de meurtres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Envies-de-meurtres</link>
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		<dc:date>2013-02-07T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>CFDT</dc:subject>
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		<dc:subject>si&#232;ge social</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil d'administration</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et voil&#224; que je me retrouve une fois de plus &#224; la D&#233;fense, au si&#232;ge social de la bo&#238;te, pour un exercice de style impos&#233; que j'appr&#233;cie tout particuli&#232;rement. Personne ne voulant assister &#224; ce type de r&#233;union, mon c&#244;t&#233; cur&#233; a fait que je me suis propos&#233; : &#234;tre repr&#233;sentant syndical au Conseil d'administration (CA) de l'entreprise. D&#233;j&#224; que je d&#233;teste toutes ces r&#233;unions paritaires au si&#232;ge qui ne servent pas &#224; grand-chose, si ce n'est &#224; nous &#233;loigner du lieu d'exploitation et des coll&#232;gues, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deja" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFDT" rel="tag"&gt;CFDT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions" rel="tag"&gt;r&#233;unions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/style-impose" rel="tag"&gt;style impos&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/siege-social" rel="tag"&gt;si&#232;ge social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil-d-administration" rel="tag"&gt;Conseil d'administration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et voil&#224; que je me retrouve une fois de plus &#224; la D&#233;fense, au si&#232;ge social de la bo&#238;te, pour un exercice de style impos&#233; que j'appr&#233;cie tout particuli&#232;rement. Personne ne voulant assister &#224; ce type de r&#233;union, mon c&#244;t&#233; cur&#233; a fait que je me suis propos&#233; : &#234;tre repr&#233;sentant syndical au Conseil d'administration (CA) de l'entreprise. D&#233;j&#224; que je d&#233;teste toutes ces r&#233;unions paritaires au si&#232;ge qui ne servent pas &#224; grand-chose, si ce n'est &#224; nous &#233;loigner du lieu d'exploitation et des coll&#232;gues, les r&#233;unions de CA, c'est pire que tout. Ce sont juste des &#233;tapes oblig&#233;es de la part de la direction g&#233;n&#233;rale vis-&#224;-vis de l'administration et de l'actionnaire principal. Tout est d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; &#224; l'avance, les d&#233;cisions sont prises en amont, dans les bureaux feutr&#233;s ou dans les couloirs. Ceux qui participent sont tous des cadres dirigeants, habitu&#233;s des CA, avec costards sur mesure ou tailleurs de couturiers pour les rares &#233;l&#233;ments f&#233;minins. On y sent une connivence, un entre-soi, un autre monde. Il y a deux ou trois r&#233;unions par an et pour moi c'est d&#233;j&#224; trop. Notez que cela m'aura permis de trouver mati&#232;re pour &#233;crire &lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/Tue-ton-patron.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tue Ton Patron&lt;/a&gt; 1&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;2&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu leur tronche et leur fa&#231;on d'&#234;tre, on a plus envie de leur envoyer un pain plut&#244;t que de leur serrer la main, mais il faut faire bonne figure. Parfois, j'ai m&#234;me des envies de Kalaschnikov ou de P.38.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, je me retrouve, avec des repr&#233;sentants syndicaux de chacun des syndicats de la bo&#238;te. Nous faisons de la figuration, puisque nous sommes l&#224; uniquement, en tant que &#171; repr&#233;sentants des salari&#233;s &#187;, pour &#233;couter et observer. Si l'un de nous pose une question, il se fait renvoyer dans les cordes sans m&#233;nagement. Il va sans dire que nous ne b&#233;n&#233;ficions pas de jeton de pr&#233;sence. Heureusement. Il suffit d'attendre que ce soit fini pour retourner &#224; nos activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'est que depuis que nous avons ce nouveau DG, celui-ci en profite toujours&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/106efix-6c6b8.png?1782651692' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;pour recadrer les organisations syndicales. Histoire de faire passer un message. De montrer &#224; ses confr&#232;res qu'il tient ses troupes et qu'il sait manager. Ce CA se tient &#224; peine deux semaines apr&#232;s la journ&#233;e de gr&#232;ve du 9 octobre (cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Pays-de-merde'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; du mois dernier&lt;/a&gt;) et l'arr&#234;t de notre usine lui est encore rest&#233; en travers de la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le DG entame avec moi, repr&#233;sentant de la CGT, une assidue bataille de regards. Exercice pas simple mais dont je me fiche carr&#233;ment. Et puis, une fois que le directeur de la comptabilit&#233; a donn&#233; des chiffres, pour nous inv&#233;rifiables, mais approuv&#233;s par le commissaire aux comptes, voil&#224; que le DG se lance et m'attaque sur les pratiques gauchistes des ouvriers de la bo&#238;te o&#249; je bosse. Il me cherche mais ne me trouve pas. J'affiche juste un sourire &#171; narquois &#187;, comme il dit, n'ayant pas envie de lui r&#233;pondre. Si je vais sur son terrain, je risque de ne pas avoir le dernier mot. Je lui dis juste qu'on n'est pas du m&#234;me c&#244;t&#233; et qu'on n'a pas les m&#234;mes objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, pour &#233;viter de perdre la face, il s'en prend au repr&#233;sentant de la CFDT qui ne s'y attendait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous ne me servez &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;, crache le directeur.
L'autre est surpris.
&lt;i&gt;&#171; Non, je n'ai plus besoin de vous. Vous ne me servez &#224; rien. Vous n'avez m&#234;me pas emp&#234;ch&#233; que la gr&#232;ve ait lieu. Vous n'avez m&#234;me pas sorti un tract pour critiquer la gr&#232;ve et l'arr&#234;t des ateliers. &#224; quoi servez-vous ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, il a attaqu&#233; le syndicaliste complaisant o&#249; &#231;a fait mal. Pendant le mouvement des retraites, la CFDT avait appel&#233; &#224; ne pas arr&#234;ter les ateliers, placards d'affiches sur le risque de fermeture de l'usine &#224; l'appui. R&#233;sultat : d&#233;missions et renvois de cartes dans la figure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Directeur, en pointant son inutilit&#233;, sait qu'il touche le fondement de ce syndicat qui se vante d'aider &#224; la gestion de la bo&#238;te de fa&#231;on responsable, c'est-&#224;-dire tr&#232;s &#224; l'aise dans les tractations de couloir. Et puis c'est attaquer leur statut : dans l'usine, &#234;tre &#224; la CFDT a permis &#224; la plupart de ses adh&#233;rents de pouvoir monter dans la hi&#233;rarchie et de se retrouver contrema&#238;tre ou chef d'&#233;quipe. Alors s'ils ne servent &#224; rien, finies les accessions &#224; des postes plus &#233;lev&#233;s, finies les primes exceptionnelles.
Le c&#233;d&#233;tiste ne r&#233;pond pas. Physiquement, c'est m&#234;me visible : il fait le dos rond. De mon c&#244;t&#233;, je pr&#233;f&#232;re quitter la salle, entra&#238;nant les autres syndicalistes, ce qui met fin &#224; la r&#233;union et &#224; la mise &#224; mort du coll&#232;gue. D'autant que si c'est un adversaire dans certains cas et dans certaines luttes, ce n'est pas lui l'ennemi principal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dix ans plus tard&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard</guid>
		<dc:date>2011-12-08T07:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>Total</dc:subject>
		<dc:subject>Toulouse</dc:subject>
		<dc:subject>lieu</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Septembre</dc:subject>
		<dc:subject>victimes</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
		<dc:subject>bunker</dc:subject>
		<dc:subject>accompagn&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe d'AZF</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Total" rel="tag"&gt;Total&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toulouse" rel="tag"&gt;Toulouse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Septembre" rel="tag"&gt;Septembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/victimes" rel="tag"&gt;victimes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bunker" rel="tag"&gt;bunker&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/accompagne" rel="tag"&gt;accompagn&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/catastrophe-d-AZF" rel="tag"&gt;catastrophe d'AZF&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. Impressionnant de voir ces gens, de Dunkerque ou de Marseille, venus dire que les salari&#233;s &#233;taient avec les victimes, puisque lorsqu'une usine saute, ils sont aux premi&#232;res loges. C'&#233;tait aussi pour dire que Total devait payer et que nous nous d&#233;marquions des propos de l'association des anciens d'AZF, ouvertement pro-patronale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH501/93_efix-05082.png?1782642929' width='400' height='501' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, la mairie de Toulouse organisait un autre rassemblement, beaucoup plus m&#233;diatis&#233;, qui proposait de r&#233;concilier tout le monde, victimes, anciens salari&#233;s, et direction de Total dans le m&#234;me sac. Ce qui, pour nous, &#233;tait inconcevable. Comme l'avan&#231;ait l'Association des sinistr&#233;s du 21 septembre dans un tract : &#171; Il n'y aura pas d'arrangement &#187;, et l'on esp&#232;re que le proc&#232;s en appel pr&#233;vu en novembre rendra, enfin, justice &#224; toutes les victimes. Ce fut un grand moment de rencontres, d'explications, mais aussi de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus tard, en ce matin du 29 septembre, vers 8 h 45, St&#233;phane m'appelle au t&#233;l&#233;phone de l'usine : &lt;i&gt;&#171; Il y a le feu sur le compresseur de synth&#232;se ! &#187;&lt;/i&gt;. Dans cette situation, la consigne est de rejoindre la zone de repli, le temps que les premi&#232;res man&#339;uvres de s&#233;curit&#233; soient faites et que les pompiers interviennent. Je ne travaille plus directement sur ce lieu, mais je le connais bien pour y avoir boss&#233; plus de vingt ans. Donc je quitte mon cagibi et je me rends rapidement vers le bunker o&#249; se trouvent la salle de contr&#244;le et les bureaux. Sur le chemin, tout en surveillant sans cesse le lieu de l'incendie, j'entends une explosion et vois un &#233;norme panache de fum&#233;e noire&#8230; Vite ! Entrer dans le bunker ! Auparavant, j'aper&#231;ois des salari&#233;s d'entreprises sous-traitantes qui s'enfuient en courant vers leurs voitures, peut-&#234;tre avec raison. Un type, en haut d'une grue situ&#233;e pr&#232;s des lieux de l'explosion, bat le record de vitesse de descente. Par contre, d'autres, inconscients, restent dehors, les bras crois&#233;s, &#224; regarder &#231;a comme un feu d'artifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bunker, plus d'une cinquantaine de personnes s'entassent. Il y a beaucoup de stress, d'autant que cet atelier a connu des accidents graves, dont un que j'avais v&#233;cu de tr&#232;s pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine, L'Insomniaque, 2002.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que, derni&#232;rement, plusieurs incidents sur d'autres mat&#233;riels ont fichu la frousse &#224; plus d'un.
Les copains de la production en poste ce matin font les man&#339;uvres sur leurs &#233;crans. En regardant dehors par les baies vitr&#233;es, on voit de hautes flammes et diff&#233;rents panaches de fum&#233;e. On entend une deuxi&#232;me explosion, moins forte. Le probl&#232;me, dans cet atelier, c'est qu'on ignore si &#231;a va progresser ou pas, d'autant qu'il y a des caisses d'huile pas loin ainsi que des bidons charg&#233;s d'hydrog&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les coll&#232;gues ont les choses bien en main et r&#233;ussissent &#224; baisser les pressions et arr&#234;ter les machines. De m&#234;me, l'&#233;quipe de s&#233;curit&#233; de l'usine vient &#224; bout de l'incendie avant m&#234;me que les soixante-dix pompiers de l'agglom&#233;ration n'interviennent. Par contre comme ils &#233;taient en premi&#232;re ligne, ils ont eu la peur de leur vie. Pendant un temps, il est question de salari&#233;s rest&#233;s sur les lieux. Il n'en est rien, tout le monde est sain et sauf. Lorsque tout se calme, on compte quatre personnes qui ont fait des malaises. Dont une qui, &#224; une minute pr&#232;s, se trouvait &#224; l'endroit exact de l'explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, on n'est pas pass&#233; loin. &#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, on n'a toujours pas les d&#233;tails exacts &#8211; sans doute une tuyauterie d'hydrog&#232;ne qui a l&#226;ch&#233; &#8211;, mais on sait que les d&#233;g&#226;ts sont tr&#232;s importants et qu'il y aura pour plusieurs mois de travaux. On se pose, une nouvelle fois, des questions sur l'avenir de l'atelier et du site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Pierre Levaray, &lt;a href=&#034;http://insomniaqueediteur.org/spip/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Putain d'usine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, L'Insomniaque, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est pas &#231;a</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/C-est-pas-ca</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/C-est-pas-ca</guid>
		<dc:date>2011-01-03T14:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;videmment</dc:subject>
		<dc:subject>beau fixe</dc:subject>
		<dc:subject>jeune DRH</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;videmment, je ne vais pas vous dire que l'ambiance &#224; l'usine est au beau fixe. Il y a l'apr&#232;s mouvement des retraites, mais c'est pas &#231;a ; il y a les r&#233;sultats et le fonctionnement catastrophiques de la bo&#238;te, mais c'est pas &#231;a ; il y a le chantage de la direction g&#233;n&#233;rale qui veut que tous les syndicats la suivent dans ses d&#233;marches pour faire baisser les quotas de CO2 (pour l'instant seule la CGT refuse), mais c'est pas &#231;a non plus. Depuis quelques mois, un climat r&#233;pressif s'est install&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune" rel="tag"&gt;jeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction-generale" rel="tag"&gt;Direction g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Evidemment" rel="tag"&gt;&#201;videmment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/beau-fixe" rel="tag"&gt;beau fixe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-DRH" rel="tag"&gt;jeune DRH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L333xH500/Efix-Levaray-77658.png?1782641211' width='333' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;videmment&lt;/strong&gt;, je ne vais pas vous dire que l'ambiance &#224; l'usine est au beau fixe. Il y a l'apr&#232;s mouvement des retraites, mais c'est pas &#231;a ; il y a les r&#233;sultats et le fonctionnement catastrophiques de la bo&#238;te, mais c'est pas &#231;a ; il y a le chantage de la direction g&#233;n&#233;rale qui veut que tous les syndicats la suivent dans ses d&#233;marches pour faire baisser les quotas de CO2 (pour l'instant seule la CGT refuse), mais c'est pas &#231;a non plus.
Depuis quelques mois, un climat r&#233;pressif s'est install&#233; dans mon usine (mais &#231;a se durcit partout). Outre les attaques contre les syndicats qui se bougent, il y a aussi les coups de b&#226;tons qui tombent sur les coll&#232;gues. Derniers faits dans la bo&#238;te : deux copains se sont coltin&#233;s trois jours de mise &#224; pied pour avoir pris leur douche sur le temps de travail, en fin de poste et avant que leurs rel&#232;ves ne soient arriv&#233;es. Ce que tout le monde, ou presque, pratique (surtout le samedi soir lorsque l'on quitte &#224; 21 heures). Mais ils se sont fait prendre. Le probl&#232;me, c'est que personne n'a boug&#233; pour les soutenir. Les gens pr&#233;f&#233;rant se planquer et compter les coups qui tombent &#224; c&#244;t&#233;. Ils ont beau s'&#234;tre mis en gr&#232;ve en nombre contre la r&#233;forme des retraites, de retour au quotidien de l'usine, la combativit&#233; s'est essouffl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres copains&lt;/strong&gt;, parce qu'ils sont rest&#233;s &#224; discuter dans le r&#233;fectoire plut&#244;t que d'aller faire une man&#339;uvre, ont re&#231;u une lettre d'avertissement. Auparavant, une engueulade du contrema&#238;tre aurait suffi. Et tout est bon pour nous &#233;pingler. Ne pas mettre la ceinture de s&#233;curit&#233; lorsqu'on circule en voiture de service dans l'enceinte de l'usine ? Trois jours. Ne pas porter les EPI&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quipement personnel d'intervention : masque &#224; gaz, casque, gants.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Jusqu'&#224; la mise &#224; la porte. Bient&#244;t, si la voiture n'est pas gar&#233;e dans le bon sens et pr&#234;te &#224; partir, ce sera pareil.
Bref, &#224; l'image de la soci&#233;t&#233;, le tout s&#233;curitaire se met en branle dans les usines. Plus la bo&#238;te annonce de mauvais r&#233;sultats, plus le mat&#233;riel est vieillissant et trop souvent en panne, plus les coups pleuvent sur les prolos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'une des armes de la direction&lt;/strong&gt;, ce fut le recrutement d'une jeune DRH. La direction g&#233;n&#233;rale en a sans doute eu marre des pr&#233;c&#233;dents en fin de carri&#232;re qui pensaient avoir leur mot &#224; dire ou qui louvoyaient pour garantir un semblant de paix sociale. D&#233;sormais les patrons veulent faire appliquer leurs directives, et vite. Et, dans ces cas-l&#224;, nommer une jeune femme dans un univers masculin &#224; un premier poste de commandement est s&#251;rement le plus efficace : elle voudra prouver qu'elle peut faire mieux qu'un mec.
Donc, une jeune DRH est arriv&#233;e il y a trois ans. Au d&#233;but, on n'osait pas trop la chambouler d'autant que cette trentenaire est petite et plut&#244;t mignonne. Mais on s'est habitu&#233;s. Elle s'en sortait en rougissant, voire en esquissant une larme, s'excusant de ses erreurs dues &#224; son manque d'exp&#233;rience. Mais on a vu qui elle &#233;tait vraiment quand elle a compt&#233; sur sa force de persuasion (mais peut-&#234;tre aussi sur ses beaux yeux, va savoir ?) pour faire passer une directive particuli&#232;rement mauvaise, en rencontrant personnellement chaque salari&#233; concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une jeune femme&lt;/strong&gt; qui en veut, le doigt sur la couture de la jupe, appliquant ce qu'elle a appris &#224; l'&#233;cole, mais qui n'a pas vraiment le niveau (dixit son pr&#233;d&#233;cesseur). Pendant les conflits dans l'usine, ex&#233;cutant &#224; la lettre les consignes de la direction g&#233;n&#233;rale, elle ne s'est pas gard&#233;e de portes de sortie, ce qui a augment&#233; les tensions et, ensuite, le ressentiment.
Depuis qu'elle est l&#224;, c'est la premi&#232;re fois qu'&#224; l'usine, deux copains se sont retrouv&#233;s licenci&#233;s pour inaptitude et c'est la premi&#232;re fois que deux autres ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour faute grave sans autre forme de proc&#232;s. C'est bien simple, depuis son arriv&#233;e, il y a cinq affaires en cours devant les prud'hommes.
En ce moment, elle a &#233;t&#233; envoy&#233;e au charbon par le PDG pour d&#233;gommer la CGT. On lui en souhaite. Au moins, on peut penser qu'on contribue &#224; sa formation professionnelle et qu'elle sera meilleure dans la prochaine bo&#238;te o&#249; elle s&#233;vira. C'est la p&#233;riode de No&#235;l, on peut peut-&#234;tre y croire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quipement personnel d'intervention : masque &#224; gaz, casque, gants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;mocratie patronale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Democratie-patronale</link>
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		<dc:date>2009-06-15T09:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-juste" rel="tag"&gt;c'est juste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble croire que lui seul d&#233;tient la v&#233;rit&#233; et que nous ne sommes que des boeufs. Le &#171; dialogue social &#187;, pour lui, c'est juste assener ses v&#233;rit&#233;s et que nous appliquions sans broncher. Une s&#233;ance de &#171; n&#233;gociations &#187; consiste &#224; ce qu'il entende les revendications et dise ensuite : &lt;i&gt;&#171; Bon, maintenant, voil&#224; ce que vous devrez dire aux salari&#233;s : c'est ma volont&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et il n'y a aucune r&#233;ponse concr&#232;te, juste des infos pseudo-&#233;conomiques &#226;nonn&#233;es. On sait qu'au jeu des n&#233;gociations, on est toujours un peu perdant, mais l&#224;, c'est le bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un type &#171; droit dans ses bottes &#187; qui applique sans r&#233;fl&#233;chir les directives de la direction g&#233;n&#233;rale. Je ne sais pas si c'est comme &#231;a que sont form&#233;s les nouveaux directeurs dans les stages de management, si c'est parce que la DG veut nous casser (le site de Rouen &#233;tant plus revendicatif que les autres), ou si c'est une fa&#231;on d'&#234;tre naturelle chez Total, dont notre groupe est une fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur, le doigt sur la couture du pantalon, applique sans se pr&#233;occuper du comment et du pourquoi, ni de comment nous, prolos, acceptons ou pas. &lt;i&gt;&#171; C'est comme &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, semble &#234;tre sa philosophie. Il n'est plus qu'une bo&#238;te aux lettres qui n'a aucun pouvoir. &#201;videmment, pour un cadre de ce niveau, ne plus &#234;tre qu'un appliquant cr&#233;e des probl&#232;mes d'ordre psychologique qui le rendent encore plus rigide. Cette fa&#231;on d'&#234;tre s'est impos&#233;e petit &#224; petit, avec une direction g&#233;n&#233;rale parisienne particuli&#232;rement r&#233;ac. Le PDG disant quasiment &#224; chaque r&#233;union :&lt;i&gt; &#171; La d&#233;mocratie s'arr&#234;te aux bornes de l'entreprise &#187;&lt;/i&gt;, ce qui n'est pas une information, mais qui, &#224; force d'&#234;tre assen&#233;, donne une id&#233;e des gens qui nous dirigent. Les autres patrons la jouent un peu plus hypocrites et pousseraient des cris d'orfraie si on leur disait qu'ils ne sont pas d&#233;mocrates. L&#224;, au moins, les choses sont claires et &#231;a met dans l'ambiance. Du coup,le climat dans la bo&#238;te est &#224; la col&#232;re. Partout, dans tous les secteurs, &#231;a grogne et il y a quasi quotidiennement des mouvements sporadiques de gr&#232;ve ou de refus de travail. M&#234;me les cadres et les contrema&#238;tres s'en m&#234;lent et s'&#233;nervent face au directeur, sentant bien que &#231;a va devenir de plus en plus difficile de tenir les gars et de se faire respecter. &#199;a grogne d'autant plus que le dernier conflit de d&#233;cembre (voir les num&#233;ros de CQFD de d&#233;cembre et janvier dernier) a &#233;t&#233; mat&#233; durement et qu'aujourd'hui la direction se trouve avec trois proc&#232;s devant les prud'hommes sur le dos, ainsi qu'une plainte de l'inspection du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de calmer le jeu, le directeur a instaur&#233; une politique de primes octroy&#233;es suivant de tels crit&#232;res qu'elles aggravent encore davantage les choses.Il a voulu pousser au bout la logique du lib&#233;ralisme,mais,c'est b&#234;te pour lui, il s'est encore fourvoy&#233; et ce n'est pas tendance actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, vous passez dans n'importe quel secteur, bureau et atelier de l'usine et vous tombez sur des gens qui veulent faire la peau du dirlo.Il y en a qui parlent de coup de boule,d'autres qui sont plus radicaux. On parle aussi de goudron et de plumes.&lt;i&gt; &#171; Comment se d&#233;barrasser de son patron ? &#187;&lt;/i&gt; est devenu le questionnement r&#233;current. Reste &#224; franchir le pas. C'&#233;tait l'ambiance dans l'usine ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le cadre se rebiffe</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-cadre-se-rebiffe-782</link>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no65-mars-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;65 (mars 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/DRH" rel="tag"&gt;DRH&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-aurais" rel="tag"&gt;j'aurais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi des trois proc&#232;s aux prud'hommes intent&#233;s par des coll&#232;gues et par la CGT de la bo&#238;te contre le patron, mais tout cela c'est du quotidien. Actuellement,l'usine est sous le coup d'une affaire beaucoup plus &#171; people &#187;, tout le monde en parle dans les ateliers et les bureaux et pendant ce temps-l&#224;, on ne pense pas &#224; autre chose. Tout le monde est &#224; l'aff&#251;t des moindres ragots sur cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis rentr&#233; &#224; l'usine, un des premiers conseils qu'on m'a donn&#233;s c'est : &lt;i&gt;&#171; Ne m&#233;lange pas le cul avec le travail. &#187;&lt;/i&gt; Recommandation facile &#224; tenir dans une bo&#238;te o&#249; ne travaillent que des hommes et o&#249; les rares femmes se trouvent dans les bureaux. Les quelques coll&#232;gues homos ne draguent pas non plus au boulot. Du coup, les &#171; histoires &#187; ont toujours concern&#233; des cadres, jadis avec leur secr&#233;taire,aujourd'hui avec d'autres cadres, car ici l'encadrement s'est nettement f&#233;minis&#233;. Les cadres, avec leurs horaires, avec leur univers qui s'arr&#234;te aux bornes de la bo&#238;te et avec leurs relations de pouvoir sont souvent sujet &#224; ce genre de liaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires d'adult&#232;re de nos cadres &#233;maillent donc notre quotidien,mais l&#224;, avec la mode des reality-shows, o&#249; tout le monde se confie &#224; tout le monde, et avec l'outil Internet, cela a pris une tout autre ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. a &#233;t&#233; DRH de l'usine jusqu'en juin2008. Il a quitt&#233; ses fonctions assez rapidement et &#231;a a &#233;tonn&#233; tout le monde, d'autant qu'il disait partout qu'il voulait rester jusqu'en 2010. En partant, il a expliqu&#233; qu'il avait trouv&#233; mieux dans une autre filiale de Total. Seulement six mois apr&#232;s, nous apprenons qu'il a &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233; du jour au lendemain de son nouveau poste, ce qui nous a fait nous poser quelques questions sur le parcours du bonhomme. P. &#233;tait un DRH qui ne voulait pas de conflit et qui savait embobiner pour faire comprendre &#224; tous ceux qui souhaitaient une augmentation comment ils pouvaient s'en passer. Il n'y avait pas eu de gros conflits pendant qu'il &#233;tait l&#224;, mais on s'est rattrap&#233;s depuis (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pr&#233;c&#233;dents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, par le biais de l'Intranet, un message est parvenu dans les bureaux, les syndicats et quelques ateliers, tout le monde a &#233;t&#233; surpris. Le DRH cachait bien son jeu. Petit, bedonnant, maniaque, cinquante piges, il &#233;tait tout le temps &#224; nous vanter les valeurs chr&#233;tiennes et familiales. L&#224;, par mail, il nous a appris ses aventures sexuelles avec la charg&#233;e de la communication (une jeune cadre qui en veut, envoy&#233;e sp&#233;cialement par Total pour redorer l'image de la bo&#238;te, mais qui n'en fiche pas lourd). Il ne donne pas beaucoup de d&#233;tails, mais tout est lourd de sous-entendus. Rien de tel qu'un catho traditionaliste qui se l&#226;che. Pire que tout, il descend le cadre (devenu chef de service) qui l'a remplac&#233; dans les bras de sa belle. Il accuse, il vide son sac. N'ayant plus rien &#224; perdre, il d&#233;verse sa bile et veut entra&#238;ner le nouveau couple dans sa chute. A priori,il semblerait qu'il soit accus&#233; de harc&#232;lement par voie de mails,et surtout d'avoir colport&#233; des bruits sur le nouvel amant aupr&#232;s d'autres DRH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, vous voyez le topo. Du sordide chez les cadres. Et dans les ateliers, o&#249; le nouveau galant est devenu le responsable, les mails sont accroch&#233;s en &#233;vidence, histoire de montrer que tout le monde sait. Les salari&#233;s se sont empar&#233;s de l'histoire pour se moquer de leur chef et pour relativiser tous les discours qu'il pourrait tenir afin que les gars restent tranquilles &#224; bien lui ob&#233;ir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marre d'engraisser l'actionnaire !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marre-d-engraisser-l-actionnaire</link>
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		<dc:date>2009-02-13T12:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>gr&#233;vistes</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>COUTUME</dc:subject>
		<dc:subject>groupe Total,et</dc:subject>

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&lt;p&gt;AUJOURD'HUI, UNE FOIS N'EST PAS COUTUME, je vous &#233;cris de l'usine en gr&#232;ve. Une gr&#232;ve qui tombe presque par hasard en m&#234;me temps qu'une journ&#233;e d'action sur tout le groupe Total,et surtout, en m&#234;me temps que des r&#233;unions paritaires qui se tiennent &#224; la D&#233;fense. Sur l'usine de Rouen, il s'agit d'un soutien &#224; des gr&#233;vistes d'un secteur de l'usine ainsi que de leurs revendications qui sont devenues communes &#224; l'ensemble des salari&#233;s de la bo&#238;te. Suite aux multiples restructurations que nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;AUJOURD'HUI, UNE FOIS N'EST PAS COUTUME, je vous &#233;cris de l'usine en gr&#232;ve. Une gr&#232;ve qui tombe presque par hasard en m&#234;me temps qu'une journ&#233;e d'action sur tout le groupe Total,et surtout, en m&#234;me temps que des r&#233;unions paritaires qui se tiennent &#224; la D&#233;fense. Sur l'usine de Rouen, il s'agit d'un soutien &#224; des gr&#233;vistes d'un secteur de l'usine ainsi que de leurs revendications qui sont devenues communes &#224; l'ensemble des salari&#233;s de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux multiples restructurations que nous avons connues et dont je vous ai maintes fois parl&#233; dans ces pages, le travail s'est accru ; il manque du personnel ; le stress est devenu une nouvelle fa&#231;on de vivre le travail pour beaucoup ; il y a un v&#233;ritable poids de la hi&#233;rarchie ; un manque de reconnaissance ;une direction hyperrigide ; j'en passe et des meilleures. En m&#234;me temps, des investissements tr&#232;s lourds sont faits sur l'usine en ce moment, pour construire un nouvel atelier de fabrication d'acide nitrique et fiabiliser (th&#233;oriquement) les autres. L'usine est transform&#233;e en un immense chantier o&#249; interviennent pr&#232;s de 1000 salari&#233;s d'entreprises ext&#233;rieures. C'est dire l'impression de fourmili&#232;re dans une bo&#238;te qui ne compte plus que 330 personnes. Reste que ces travaux vont entra&#238;ner un surcro&#238;t de travail et de nouvelles suppressions d'emplois. Tout cela se passe dans un contexte o&#249; la soci&#233;t&#233; engrange des b&#233;nefs comme elle n'en avait jamais connus (110 millions d'euros pour l'ann&#233;e 2008). Dans une bo&#238;te qui, nous disait-on, &#233;tait toujours dans le rouge, &#231;a change les perspectives et les coll&#232;gues ont vite compris que &#231;a ne pouvait plus durer et qu'il &#233;tait normal de recevoir aussi du fric (pas que pour les actionnaires, quoi !). Du coup, la col&#232;re a mont&#233; dans tous les secteurs petit &#224; petit. Il y a eu des p&#233;titions, des cahiers de revendications, des mouvements de grogne.La direction n'a su que donner des primes &#224; certains, a cherch&#233; &#224; diviser en arrosant certains chefs d'&#233;quipe et agents de ma&#238;trise. Et rien de plus. Elle a surtout fait des pressions et du chantage au lock-out pour que ceux et celles qui voulaient se mettre en action calment leurs ardeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension a donc mont&#233; tr&#232;s vite. Dans toute l'usine, les salari&#233;s sont &#233;nerv&#233;s,&#233;coeur&#233;s. Il suffit de parler avec n'importe qui pour voir que &#231;a ne passe plus. Aussi, quand les salari&#233;s de l'atelier fabriquant de l'acide nitrique (&#231;a entre dans la composition d'engrais azot&#233;s) ont d&#251; d&#233;marrer les machines le 21 novembre, ils ont mis bas les marteaux. Et depuis, ce sont les pressions, la venue d'un huissier chaque jour, le chantage au ch&#244;mage technique. La haute hi&#233;rarchie fait de la contre-information pour mettre sur le dos des gr&#233;vistes les possibles m&#233;ventes futures ou ce ch&#244;mage qui viendrait &#224; poindre son nez. Parce qu'on n'est pas dupes, s'il y a d'&#233;normes b&#233;n&#233;fices cette ann&#233;e, on se doute bien que c'est juste une embellie. Les coop&#233;ratives agricoles ne vont pas remplir leurs cases d'engrais 107 ans, le march&#233; est d&#233;j&#224; satur&#233; et les cours des fertilisants et de l'ammoniac s'effondrent, ce qui signifie que, bient&#244;t, il ne sera plus rentable de fabriquer de l'engrais en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref. Suite aux menaces sur les gr&#233;vistes et sur l'emploi, le 25,une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale regroupant un tiers de l'usine (un chiffre historique !) a pris fait et cause pour les gr&#233;vistes en reprenant les m&#234;mes revendications (150 euros d'augmentation de salaire pour tous, maintien des emplois et embauches suppl&#233;mentaires) et en appelant &#224; faire gr&#232;ve le 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que la direction (je vous en parlerai s&#251;rement dans un autre article) demeure intransigeante, ne sait aucunement n&#233;gocier et ne fait que provoquer des CE extraordinaires pour menacer &#224; tire-larigot. Comme il y a encore des lois, la direction ne peut pas mettre au ch&#244;mage technique, car tel est son bon plaisir, mais &#231;a vous donne un peu une id&#233;e de l'atmosph&#232;re qui r&#232;gne dans l'usine apr&#232;s plus de huit jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un jaune, patron !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-jaune-patron</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-jaune-patron</guid>
		<dc:date>2008-11-03T09:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;CERTAINS LECTEURS me disent : &#171; Tu &#233;cris souvent sur des mecs de la CGT, jamais sur des militants d'autres syndicats. Il n'y a que la CGT dans ta bo&#238;te ? &#187; Effectivement, il existe d'autres syndicats dans mon usine, mais la CGT y est tellement majoritaire que les autres font figure de marginaux. La CFTC n'est constitu&#233;e que d'un seul militant, repr&#233;sentant dans tout un tas d'instances et donc quasiment jamais au boulot (quoique, avec la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale, il va devoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-autres" rel="tag"&gt;d'autres&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-autres-syndicats" rel="tag"&gt;d'autres syndicats&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CERTAINS LECTEURS me disent : &lt;i&gt;&#171; Tu &#233;cris souvent sur des mecs de la CGT, jamais sur des militants d'autres syndicats. Il n'y a que la CGT dans ta bo&#238;te ? &#187;&lt;/i&gt; Effectivement, il existe d'autres syndicats dans mon usine, mais la CGT y est tellement majoritaire que les autres font figure de marginaux. La CFTC n'est constitu&#233;e que d'un seul militant, repr&#233;sentant dans tout un tas d'instances et donc quasiment jamais au boulot (quoique, avec la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale, il va devoir remettre ses bleus de temps &#224; autre). Il y a la CGC dont les r&#233;unions sont encore convoqu&#233;es directement par la direction. Reste, pour ma bo&#238;te, la CFDT, et l&#224;, j'ai vraiment du mal avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT de l'usine est une ancienne section de FO qui a pr&#233;f&#233;r&#233; se tourner vers Edmond Maire dans les ann&#233;es 70. Pendant une p&#233;riode, ce syndicat a fait illusion aupr&#232;s d'ouvriers de la chimie qui se prenaient plus pour des techniciens que pour des prolos. Surtout, elle pouvait proposer une alternative face &#224; une CGT t&#233;l&#233;guid&#233;e, &#224; l'&#233;poque, par le PC et &#224; ses pratiques d'&#233;viction des &#233;l&#233;ments les plus ouverts. Dans les ann&#233;es 80, la CFDT a &#233;t&#233; majoritaire un moment et a contr&#244;l&#233; le Comit&#233; d'&#233;tablissement pendant deux mandats. &#199;a s'est traduit par un certain client&#233;lisme, l'aide &#224; quelques structures proches du PS, ainsi que par l'emprise de pseudo-militants qui se servaient du CE pour en tirer des avantages personnels. Cela s'ajoutait &#224; un changement de personnel dans la CFDT o&#249; il ne restait plus que des contrema&#238;tres, et quelques mecs qui imaginaient se servir du passeport CFDT pour le devenir. Bref, l'embellie CFDT ne dura gu&#232;re, d'autant que ce syndicat signait (et signe toujours) tous les accords de merde et que &#231;a ne plaisait pas. D'ailleurs, il fallait voir comment ils justifiaient leurs signatures : que c'&#233;tait pour la survie de la bo&#238;te, que de toute fa&#231;on, &#231;a ne changerait rien et, surtout, que la CFDT resterait &#171; vigilante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect qui a &#233;t&#233; r&#233;dhibitoire, c'est la gestion des conflits. La CFDT a toujours tout fait pour arr&#234;ter le mouvement d&#232;s la premi&#232;re heure de gr&#232;ve. &#192; croire qu'ils voulaient la gr&#232;ve mais qu'ils avaient peur, peur de fermer la bo&#238;te (leitmotiv), ou qu'ils pensaient que les choses pourraient s'arranger d&#232;s qu'ils seraient re&#231;us par le patron. Les interventions de la CFDT dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont toujours &#233;t&#233; de faire peur et de casser le mouvement. Au point de se demander si, petit &#224; petit, le ver que ce syndicat a mis dans le fruit ne prend pas toute la place quand on voit le manque de combativit&#233; actuel. Une autre sp&#233;cialit&#233; des militants de la CFDT, c'est la rumeur. Se targuant d'&#234;tre toujours dans les bureaux de la direction, ils sortent les plans de restructuration avant qu'ils n'aient lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les mesures catastrophiques annonc&#233;es d&#233;samorcent les r&#233;actions possibles, car, apprendre qu'il n'y a &#171; que &#187; cent suppressions d'emplois plut&#244;t que les deux cents diffus&#233;es par la rumeur, &#231;a peut para&#238;tre une victoire. Voil&#224; o&#249; en est la CFDT, syndicat d&#233;clinant doucement, mais qui, par les fonctions d'encadrement de ses quelques adh&#233;rents, garde une grande capacit&#233; de nuisance. Je suis dans leur collimateur depuis la sortie de Putain d'usine, pour laquelle ils ont engag&#233; une vraie cabale contre moi,comme quoi je disais du mal des ouvriers. Ce qui a &#233;t&#233; dur &#224; vivre dans un premier temps, c'est &#224;- dire avant que les coll&#232;gues n'ach&#232;tent et ne lisent mon bouquin. Parce que la CFDT n'aime pas qu'on dise &#224; l'ext&#233;rieur ce qui ne devrait pas sortir de l'enceinte de l'usine. Tout comme ils n'avaient pas support&#233; que la CGT de la bo&#238;te, apr&#232;s la catastrophe d'AZF, d&#233;nonce, par voie de presse, les mauvaises conditions de s&#233;curit&#233; dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;. Je pourrais encore &#233;crire des pages sur les m&#233;faits de ce syndicat, mais il y a d'autres choses &#224; faire. Quand le secr&#233;taire de la CGT dit qu'il faut travailler de concert avec la CFDT, je ne vous dis pas comment on re&#231;oit ce message dans la bo&#238;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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