<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=3682&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>En finir avec les ch&#244;meurs ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-finir-avec-les-chomeurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-finir-avec-les-chomeurs</guid>
		<dc:date>2019-09-23T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mortimer</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>Muriel P&#233;nicaud</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;forme</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;gressivit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>l'emploi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Puisqu'on a tout essay&#233; contre le ch&#244;mage comme l'avouait beno&#238;tement Mitterrand en 1993, il ne reste plus aux gouvernements de tous bords qu'une option : faire baisser la statistique, notamment en contraignant les r&#233;calcitrants &#224; prendre des boulots de merde. Et mieux encore, passer sa r&#233;forme pendant la saison estivale ! Bienvenue dans un nouveau monde irrigu&#233; d'esprit disruptif&#8230; et de vieilles magouilles politicardes. C'est bien connu : les pauvres n'ont pas grand-chose mais ils sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Muriel-Penicaud" rel="tag"&gt;Muriel P&#233;nicaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reforme" rel="tag"&gt;r&#233;forme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/degressivite" rel="tag"&gt;d&#233;gressivit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-emploi" rel="tag"&gt;l'emploi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisqu'on a tout essay&#233; contre le ch&#244;mage comme l'avouait beno&#238;tement Mitterrand en 1993, il ne reste plus aux gouvernements de tous bords qu'une option : faire baisser la statistique, notamment en contraignant les r&#233;calcitrants &#224; prendre des boulots de merde. Et mieux encore, passer sa r&#233;forme pendant la saison estivale ! Bienvenue dans un nouveau monde irrigu&#233; d'esprit disruptif&#8230; et de vieilles magouilles politicardes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-1280-53763.jpg?1783173113' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est bien connu : les pauvres n'ont pas grand-chose mais ils sont tr&#232;s nombreux ! Cette maxime au cynisme consomm&#233; semble avoir inspir&#233; le gouvernement d'&#201;douard Philippe pour concocter sa r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, destin&#233;e &#224; faire pr&#232;s de trois milliards et demi d'euros d'&#233;conomies. D&#233;voil&#233;e le 18 juin dernier, ses principales mesures devraient s'appliquer le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre prochain puis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril 2020 : durcissement dans l'ouverture du droit &#224; l'indemnisation et r&#233;duction du montant de l'allocation pour les plus pr&#233;caires. Son public cible : les abonn&#233;s au CDD, &#224; l'int&#233;rim, au temps partiel subi. C'est-&#224;-dire les plus jeunes, les moins qualifi&#233;s, les femmes et tous ceux qui s'ing&#233;nient &#224; trouver de multiples arrangements pour ne pas perdre leur vie &#224; la gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total 1,2 million de personnes sur 2,6 millions de ch&#244;meurs indemnis&#233;s (avec une allocation m&#233;diane qui plafonne &#224; 950 &#8364;) auront &#224; souffrir d'un ou de plusieurs effets de la r&#233;forme. C'est l'Un&#233;dic, l'organisme paritaire gestionnaire de l'assurance-ch&#244;mage, qui le dit : &#171; &lt;i&gt;Moins de demandeurs d'emploi ouvriront un droit ; pour certains allocataires la dur&#233;e du droit sera plus courte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; l'allocation journali&#232;re sera plus faible pour les personnes ayant travaill&#233; de mani&#232;re discontinue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment justifier une telle ru&#233;e &#233;hont&#233;e sur les poches des ch&#244;meurs ? Par la traditionnelle injonction &#224; r&#233;duire le d&#233;ficit public, pardi ! Ce lancinant leitmotiv dont tous les gouvernements usent et abusent depuis des d&#233;cennies est pourtant encore entonn&#233;, la fleur au fusil, par la ministre du Travail Muriel P&#233;nicaud : &#171; &lt;i&gt;Si on ne fait pas d'&#233;conomies, dans dix ans on n'aura plus de quoi indemniser les ch&#244;meurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BFM-TV (19/06/2019).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe que la m&#234;me ministre se f&#233;licite bruyamment de la baisse continue du ch&#244;mage, impliquant un all&#232;gement de la charge financi&#232;re. Qu'importe les projections de l'Un&#233;dic qui envisagent un retour &#224; l'&#233;quilibre d&#232;s 2020 et un exc&#233;dent cons&#233;quent de&#8230; trois milliards et demi d'euros en 2022 ! Qu'importe les d&#233;clarations d'un Fran&#231;ois Hommeril, pr&#233;sident du syndicat CFE-CGC et peu suspect d'antimacronisme primaire : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;quilibre entre cotisations et allocations est structurellement exc&#233;dentaire depuis vingt ans, donc le fonctionnement assurantiel est parfaitement soutenable, m&#234;me en temps de crise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Tribune (26/02/2019).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; D'autant plus soutenable si l'&#201;tat reprend le financement d'au moins la moiti&#233; du service public de l'emploi. N&#233;anmoins, une autre mesure de la r&#233;forme pourrait expliquer l'irritabilit&#233; du repr&#233;sentant des cadres.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;graisser gr&#226;ce &#224; la d&#233;gressivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Histoire de mieux faire passer la pilule, le texte foment&#233; par Muriel P&#233;nicaud met aussi en place une d&#233;gressivit&#233; pour les allocations associ&#233;es &#224; des r&#233;mun&#233;rations au-dessus de 4 500 &#8364; brut dans un souci affich&#233; de justice sociale. Outre le fait que la d&#233;gressivit&#233; en question s'accompagne d'un plancher de plus de 2 000 &#8364; (rien de tel pour les autres ch&#244;meurs qui basculent dans les minimas sociaux une fois leurs droits &#233;puis&#233;s), elle va &#224; l'encontre de tous les discours pourtant tr&#232;s proches de l'orthodoxie &#233;conomique vantant les m&#233;rites de la fameuse flexis&#233;curit&#233;. La recette d'une sortie rapide du ch&#244;mdu ? une bonne indemnisation assortie d'un bon accompagnement, notamment dans le maquis de la formation professionnelle. Alors que la d&#233;gressivit&#233;, mise en place en France entre 1992 et 1996, aurait &#171; &lt;i&gt;ralenti le retour &#224; l'emploi&lt;/i&gt; &#187; d'apr&#232;s une &#233;tude publi&#233;e par l'Insee en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, comme le leader de la CGT Philippe Martinez, ont eu beau jeu de d&#233;noncer le danger d'opposer les cat&#233;gories de salari&#233;s entre elles : &#171; &lt;i&gt;Une d&#233;gressivit&#233; pourquoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Certains seraient des profiteurs&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mediapart, blog de l'UGICT-CGT (01/10/2018).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une accusation que le sociologue Hadrien Clouet&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Conversation (23/06/2019).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; cloue au pilori en revenant sur le fondement assurantiel du syst&#232;me de protection contre le risque ch&#244;mage en France. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'une institution qui r&#233;colte des fonds aupr&#232;s d'actifs chaque mois, afin d'indemniser ceux qui ont perdu un emploi. &#192; sa t&#234;te, l'Un&#233;dic assure la gestion quotidienne. L'assurance-ch&#244;mage repose sur une logique de risque (chacun participe un peu au cas o&#249; il perdrait son emploi), de mutualisation (les secteurs en expansion aident les secteurs en difficult&#233;), de contribution (le niveau d'indemnisation d&#233;pend des derniers salaires) et de redistribution (les faibles salaires sont mieux indemnis&#233;s que les hauts salaires). L'allocation d'aide au retour &#224; l'emploi n'est pas un secours pay&#233; par la collectivit&#233; aux ch&#244;meurs, mais un droit ouvert aux salari&#233;s une fois qu'ils ont mis une certaine somme au pot commun. En somme, c'est leur argent qui leur revient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'avait rappel&#233; &#224; sa mani&#232;re le chanteur Akh&#233;naton en 1996 alors qu'il voulait &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=CeSo4rwJoq8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;clater un type des Assedic&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un qui me parle mal et qui m'envoie chier / Cinq fois &#224; la maison chercher (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Accepter des boulots de merde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se dessine alors une autre motivation possible de la r&#233;forme. Transformer les ch&#244;meurs indemnis&#233;s (lesquels ne repr&#233;sentent que la moiti&#233; des personnes priv&#233;es d'emploi) en autant de travailleurs pauvres et dociles. &#171; &lt;i&gt;Les cadres, press&#233;s par le temps et la menace d'une baisse de leur allocation, risquent d'accepter un poste pour lequel ils sont surqualifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;vient l'&#233;conomiste &#201;ric Heyer&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Express(28/09/2018).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Ce sera encore pire pour tous ceux et toutes celles qui n'arriveront m&#234;me pas &#224; ouvrir un quelconque droit. Et l'on retrouve l&#224; une vieille pr&#233;occupation des pouvoirs en place : comment obliger les plus &#233;loign&#233;s de l'emploi &#224; prendre n'importe quel boulot m&#234;me dans les pires conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration ? La fameuse antienne des emplois non pourvus, visant &#224; contraindre au travail dans ses formes les plus ali&#233;nantes celles et ceux parmi les classes populaires qui ont r&#233;ussi &#224; mettre en place mille stratag&#232;mes pour en all&#233;ger le poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire de la situation des travailleuses ? Pour la Coordination des associations d'aide aux ch&#244;meurs par l'emploi, elles seront les grandes perdantes de la r&#233;forme, en particulier &#171; &lt;i&gt;les femmes isol&#233;es ne pouvant cumuler des heures de travail &#233;quivalentes &#224; un temps plein&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration (18/07/2019).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'air du pipeau&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a le &#171; en m&#234;me temps &#187; ! L'indemnisation ouverte aux d&#233;missionnaires et aux ind&#233;pendants en cas de liquidation judiciaire, ainsi que l'instauration d'un bonus-malus pour les entreprises shoot&#233;es aux contrats courts. Entendez-vous l'air du pipeau ? La premi&#232;re mesure, comportant des clauses tr&#232;s restrictives, va b&#233;n&#233;ficier &#224; 60 000 personnes au maximum et la seconde ne sera effective qu'en 2021 avec d&#233;j&#224; un secteur cl&#233; de l'ultra-pr&#233;carit&#233;, le b&#226;timent, non assujetti au dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, le plus inqui&#233;tant est sans doute le torpillage du mod&#232;le d'&#201;tat-providence en place depuis 1945 (1958 pour la couverture du risque ch&#244;mage) qui se profile derri&#232;re le texte du gouvernement. Cette r&#233;forme est la premi&#232;re depuis 1982 &#224; &#234;tre int&#233;gralement d&#233;cid&#233;e par l'&#201;tat seul, lequel a peu &#224; peu &#233;vinc&#233; les syndicats de salari&#233;s de la gestion du syst&#232;me de protection sociale. Une &#233;tape suppl&#233;mentaire apr&#232;s la substitution de la Contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (CSG) aux cotisations salari&#233;es (2019), qui a d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; une cogestion de l'assurance-ch&#244;mage entre les employeurs (qui continuent d'acquitter les cotisations patronales) et l'&#201;tat (qui d&#233;cide du montant de la CSG). En ligne de mire, probablement : une &#233;tatisation compl&#232;te du syst&#232;me et sa fusion avec les minimas sociaux existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat dans quelques ann&#233;es : plus d'allocations ch&#244;mage mais une prestation forfaitaire pour toutes les personnes qui perdront leur boulot. Les plus fortun&#233;s pourront toujours souscrire une assurance priv&#233;e. Focalis&#233;s sur les n&#233;gociations autour du futur r&#233;gime de retraite, les syndicats n'ont pas mobilis&#233; des masses autour de la future condition des ch&#244;meurs. L'occasion r&#234;v&#233;e pour relancer des mouvements de base !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;BFM-TV (19/06/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/france/assurance-chomage-faut-il-vraiment-faire-des-economies-808702.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Tribune&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (26/02/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/ugictcgt/blog/011018/la-demagogie-populiste-anti-cadres-fait-flores&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de l'UGICT-CGT&lt;/a&gt; (01/10/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Conversation&lt;/i&gt; (23/06/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Un qui me parle mal et qui m'envoie chier&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/ Cinq fois &#224; la maison chercher des papiers pour me scier / Qui me sort des erreurs plus que louches / Pour ne pas que je touche / Comme si je lui enlevais le pain de sa bouche&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/ Fils, si tu ne veux pas m'&#233;nerver / Raque-moi les francs pour les trois ans o&#249; j'ai cotis&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/vers-la-degressivite-des-allocations-chomage_2034719.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Express&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;(28/09/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france/2019/07/18/les-femmes-premieres-victimes-de-la-reforme-de-l-assurance-chomage_1740502&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (18/07/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Flemme dedans</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Flemme-dedans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Flemme-dedans</guid>
		<dc:date>2018-05-29T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
		<dc:subject>noforum</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>gauche</dc:subject>
		<dc:subject>sais</dc:subject>
		<dc:subject>France insoumise</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>parler</dc:subject>
		<dc:subject>flippant</dc:subject>
		<dc:subject>voulais</dc:subject>
		<dc:subject>insoumise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tu sais quoi ? Je sais pas du tout quoi t'&#233;crire. &#199;a fait dix fois que je recommence cette ***** de chronique, et je trouve pas. Je voulais te parler du renforcement du contr&#244;le des ch&#244;meurs par MM. Macron et Philippe &#8211; le gars, tu sais, qui vient de s'adjuger &#224; nos frais un vol priv&#233; &#224; 350 000 boules. Mais c'est trop flippant. Je voulais te parler de la &#171; politique migratoire &#187; des m&#234;mes, qui est d'une si sensationnelle d&#233;gueulasserie qu'elle est ovationn&#233;e par le Front national. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rage-dedans" rel="tag"&gt;Rage dedans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/noforum" rel="tag"&gt;noforum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gauche" rel="tag"&gt;gauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sais" rel="tag"&gt;sais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France-insoumise" rel="tag"&gt;France insoumise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parler" rel="tag"&gt;parler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flippant" rel="tag"&gt;flippant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voulais" rel="tag"&gt;voulais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/insoumise" rel="tag"&gt;insoumise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tu sais quoi ? Je sais pas du tout quoi t'&#233;crire. &#199;a fait dix fois que je recommence cette ***** de chronique, et je trouve pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais te parler du renforcement du contr&#244;le des ch&#244;meurs par MM. Macron et Philippe &#8211; le gars, tu sais, qui vient de s'adjuger &#224; nos frais un vol priv&#233; &#224; 350 000 boules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est trop flippant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais te parler de la &#171; politique migratoire &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme on dit dans la presse et les m&#233;dias comme il faut.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; des m&#234;mes, qui est d'une si sensationnelle d&#233;gueulasserie qu'elle est ovationn&#233;e par le Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est trop flippant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais te parler de la &#171; gauche &#187;, version France insoumise &#8211; qui d&#233;sormais se reconna&#238;t &#224; ce que l'un de ses sous-chefs (&#171; &lt;i&gt;porte-parole d&#233;fense et international de Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/i&gt; &#187;) peut tranquillement balancer un tweet ultra-puant o&#249; il passe en trois lignes de &#171; &lt;i&gt;l'immigration&lt;/i&gt; &#187; &#224; &#171; &lt;i&gt; six millions de ch&#244;meurs&lt;/i&gt; &#187;, cependant qu'un autre, d&#233;put&#233; de la Seine-Saint-Denis, se photographie dans ses pantoufles tricolores pour mieux braire qu'il est patriote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est trop flippant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais te (re)parler de la gauche d'&#224; gauche de la France insoumise, o&#249; l'islamophobie continue de faire des ravages &#8211; et de ce moment terrible o&#249; elle s'est donc amput&#233;e de son &#233;vidence antiraciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est trop flippant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi voulu te raconter comment &#231;a se passe, depuis que j'arr&#234;te de fumer. Mais c'est beaucoup trop flippant, m'&#233;nerve pas, steupla&#238;t &#8211; surtout, m'&#233;nerve pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc je vais faire une petite pause, et m'arr&#234;ter ici &#8211; &#224; m&#234;me pas deux mille signes : bien des bises, bien des v&#339;ux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme on dit dans la presse et les m&#233;dias comme il faut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;caires : le socialisme punitif</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Precaires-le-socialisme-punitif</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Precaires-le-socialisme-punitif</guid>
		<dc:date>2018-04-04T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Guilloteau</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le emploi</dc:subject>
		<dc:subject>emploi</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>L'immoralit&#233; ouvri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>l'ouvrier contourne</dc:subject>
		<dc:subject>capitalisme veut</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>L'immoralit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des d&#233;cennies de pr&#233;carisation l'ont montr&#233; : la gestion capitaliste du ch&#244;mage et des ch&#244;meurs constitue un laboratoire des mutations du salariat. Ou comment le ch&#244;mage est tout simplement devenu un moment du travail. &#171; L'immoralit&#233; ouvri&#232;re est constitu&#233;e par tout ce par quoi l'ouvrier contourne la loi du march&#233; de l'emploi telle que le capitalisme veut la constituer. &#187; Michel Foucault Cette fois, la guerre aux pr&#233;caires a officiellement &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e. Devan&#231;ant les n&#233;gociations (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/emploi" rel="tag"&gt;emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-immoralite-ouvriere" rel="tag"&gt;L'immoralit&#233; ouvri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ouvrier-contourne" rel="tag"&gt;l'ouvrier contourne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/capitalisme-veut" rel="tag"&gt;capitalisme veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomage" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-immoralite" rel="tag"&gt;L'immoralit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des d&#233;cennies de pr&#233;carisation l'ont montr&#233; : la gestion capitaliste du ch&#244;mage et des ch&#244;meurs constitue un laboratoire des mutations du salariat. Ou comment le ch&#244;mage est tout simplement devenu un moment du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'immoralit&#233; ouvri&#232;re est constitu&#233;e par tout ce par quoi l'ouvrier contourne la loi du march&#233; de l'emploi telle que le capitalisme veut la constituer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Foucault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, la guerre aux pr&#233;caires a officiellement &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e. Devan&#231;ant les n&#233;gociations actuelles des partenaires &#171; sociaux &#187; (patronat et syndicats) sur l'assurance ch&#244;mage, Hollande a lanc&#233; les hostilit&#233;s. D&#232;s janvier, il a d&#233;crit l'indemnisation du ch&#244;mage comme &#233;tant des plus &#171; &lt;i&gt;g&#233;n&#233;reuses&lt;/i&gt; &#187; et appel&#233; &#224; de &#171; &lt;i&gt;raisonnables efforts&lt;/i&gt; &#187; pour r&#233;sorber le d&#233;ficit. Le gouvernement s'est en effet engag&#233; aupr&#232;s de Bruxelles &#224; r&#233;duire ses d&#233;ficits publics de 3,8&#8202;% &#224; 3,5&#8202;% et compte r&#233;aliser une part des &#233;conomies sur les faibles garanties conc&#233;d&#233;es aux ch&#244;meurs. Une fois l'offensive lanc&#233;e, les experts de la Cour des comptes ont rempli leur r&#244;le en maquillant les m&#233;canismes d'un d&#233;ficit de l'Unedic dont il s'agissait avant tout de dramatiser l'ampleur. Divers hi&#233;rarques socialistes ont fait chorus, puis la ministre du Travail, sugg&#233;rant d'instaurer la d&#233;gressivit&#233; des allocations ch&#244;mage, a brandi la menace : une r&#233;duction insuffisante du d&#233;ficit conduirait l'&#201;tat &#224; refuser d'agr&#233;er le protocole Unedic et &#224; &#171; &lt;i&gt;reprendre la main&lt;/i&gt; &#187; pour imposer sa convention ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH344/-557-af048.jpg?1782641246' width='400' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une contre-r&#233;forme permanente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Mitterrand, Blair et Schr&#246;der &#224; leurs &#233;pigones, le travaillisme d'&#201;tat a contribu&#233; d'une mani&#232;re d&#233;cisive &#224; la pr&#233;carisation de l'emploi et &#224; la mont&#233;e de l'ins&#233;curit&#233; sociale. Radicalement coup&#233; des salari&#233;s, ce travaillisme-l&#224; n'a plus rien de &#171; social-d&#233;mocrate &#187;. Le PS ne d&#233;roge pas &#224; la r&#232;gle. D&#233;j&#224;, en 1998, face aux exigences port&#233;es par une mobilisation massive des ch&#244;meurs et pr&#233;caires, il avait rompu avec toute notion de solidarit&#233; en d&#233;clarant pr&#233;f&#233;rer &#171; &lt;i&gt;une soci&#233;t&#233; de travail &#224; l'assistance&lt;/i&gt; &#187; (Lionel Jospin). Digne de la droite d&#233;complex&#233;e, cette morgue disait implicitement aux ch&#244;meurs : &#171; &lt;i&gt;Ton revenu est indu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, c'est d&#232;s 1982 qu'une attaque sans pr&#233;c&#233;dent a &#233;t&#233; conduite contre les droits des ch&#244;meurs et pr&#233;caires : la &#171; rigueur &#233;conomique &#187; de gauche a pr&#233;c&#233;d&#233; le blocage des salaires de 1983. Alors que le seuil des deux millions de ch&#244;meurs vient d'&#234;tre franchi, le risque financier est mis en avant. Le gouvernement B&#233;r&#233;govoy entend &#171; &lt;i&gt;sauver l'Unedic&lt;/i&gt; &#187;. Les ch&#244;meurs seront moins indemnis&#233;s, et &#8211; fait nouveau &#8211; ils le seront en fonction de la dur&#233;e de cotisation ant&#233;rieure (cr&#233;ation des &#171; fili&#232;res d'indemnisation &#187;) et de la dur&#233;e d'emploi. Cette r&#233;forme r&#233;duira drastiquement les garanties conc&#233;d&#233;es. Cons&#233;quence : la majorit&#233; des ch&#244;meurs ne sera plus indemnis&#233;e. Les socialistes et une CFDT absorb&#233;e dans l'&#201;tat viennent de mettre en place les conditions d'apparition des &#171; &lt;i&gt;nouveaux pauvres&lt;/i&gt; &#187;, comme on disait durant ces ann&#233;es 1980, lorsque l'extension de la pauvret&#233; de masse dans un pays &#224; la richesse croissante ne s'&#233;tait pas encore banalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indemniser moins de la moiti&#233; des ch&#244;meurs, c'est encore trop ! Le plan d'aust&#233;rit&#233; qui s'annonce impliquerait de diminuer de 800 millions d'euros le montant des allocations. Le minist&#232;re du Budget a donc &#233;tabli des sc&#233;narios de coupes budg&#233;taires : une diminution de 100 jours de la dur&#233;e d'indemnisation toucherait 400 000 personnes ; un jour d'emploi ne vaudrait plus un jour indemnis&#233; mais 0,9, ce qui r&#233;duirait les droits de 947 000 allocataires ; diminuer l'indemnisation de 57 % &#224; 49 % de l'ancien salaire affecterait 1,28 million de ch&#244;meurs. En actionnant les curseurs avec dext&#233;rit&#233;, les &#233;conomies d&#233;passeraient les 800 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, on renouvelle les dispositifs de contr&#244;le. De fait, la contre-r&#233;forme est permanente, une guerre d'usure continue men&#233;e simultan&#233;ment sur de multiples plans afin de d&#233;stabiliser sans tr&#234;ve les pr&#233;caires. Pour ce faire, les rep&#232;res des ayants droit sont modifi&#233;s sans cesse. Il s'agit de rendre caduque l'exp&#233;rience et le savoir acquis des concern&#233;s dans le maquis kafka&#239;en des bureaucraties sociales. Le droit social doit rester un pauvre droit, et le pr&#233;caire sans prise sur sa situation. Ainsi, P&#244;licemploi a-t-il &#233;t&#233; dot&#233; d'agents de contr&#244;le charg&#233;s de v&#233;rifier que les ch&#244;meurs cherchent &#171; activement un emploi &#187;. Les radiations devraient prendre leur envol. Il faut non seulement punir mais aussi r&#233;duire les chiffres du ch&#244;mage. Car il sont la preuve de l'&#233;chec de l'&#233;conomie, d'une politique du capital dont l'&#201;tat est le garant. Par la baisse et la suppression des allocs comme par le renforcement des contr&#244;les, les ch&#244;meurs sont &#233;galement conduits &#224; dispara&#238;tre. D'eux-m&#234;mes. D&#233;j&#224;, nombre de &#171; &lt;i&gt;ch&#244;meurs d&#233;courag&#233;s&lt;/i&gt; &#187; ne s'inscrivent plus ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut activer les ch&#244;meurs !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet gouvernemental de code du travail ne se borne pas &#224; favoriser le droit de l'entreprise contre les droits des travailleurs. Selon une disposition pass&#233;e inaper&#231;ue, il pr&#233;voit d'aligner les pr&#233;rogatives de P&#244;le emploi sur celles de la CAF en mati&#232;re de r&#233;cup&#233;ration d'&#171; indus &#187;. Finie l'obligation d'en passer par des proc&#233;dures judiciaires, P&#244;le emploi se servirait &#224; loisir sur le revenu des indemnis&#233;s, sauf lorsque ces allocataires effectueront des recours. Ce qui n'est pas, et de loin, le plus fr&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi de continuer &#224; faire grimper le nombre des ch&#244;meurs &#171; en activit&#233; &#224; temps r&#233;duit &#187; &#8211; 40 % d'entre eux sont d&#233;j&#224; dans ce cas &#8211;, qui d&#233;pendent &#224; la fois de salaires morcel&#233;s et d'&#233;ventuels subsides publics (allocs ch&#244;mage, RSA, prime d'activit&#233;). Guerre aux &#171; assist&#233;s &#187; et production de travailleurs pauvres vont de pair. Comme lors de l'adoption de la convention pr&#233;c&#233;dente, ces salari&#233;s &#224; l'emploi discontinu ou &#171; atypique &#187;, saisonniers, int&#233;rimaires ou intermittents, seront parmi les premiers vis&#233;s. L&#224; aussi, le terrain a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par le travail de sape des experts. Diverses &#233;tudes ont montr&#233; &#224; quel point les travailleurs pr&#233;caires co&#251;tent cher &#224; l'Unedic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail est avant tout un rapport de pouvoir. Il s'agit de g&#233;rer les flux de main-d'&#339;uvre disponibles vers l'emploi en d&#233;passant la forme classique de subordination salari&#233;/patron. Des &#233;conomistes parlent de &#171; &lt;i&gt;d&#233;salarisation formelle&lt;/i&gt; &#187;. La subordination s'effectue d&#233;sormais vis-&#224;-vis de l'institution (P&#244;le emploi) dont les entreprises ne seraient plus que des &#171; clients &#187;. Autre exemple r&#233;cent de cette dilution du salariat, l'auto-entrepreneuriat s'apparente &#224; une forme de sous-traitance flexible, extr&#234;mement rentable pour les entreprises. La cr&#233;ation de ce statut comme celle de la prime d'activit&#233; montre que, si la vision lib&#233;rale fait du march&#233; l'&#233;l&#233;ment fondateur de la soci&#233;t&#233;, l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral s'en distingue en ce qu'il l'appr&#233;hende, lui, comme une construction sociale dans laquelle son r&#244;le d&#233;cisif est de produire une concurrence sans cesse renouvel&#233;e. La dette et les d&#233;ficits publics sont des instruments de commande utilis&#233;s &#224; fin de produire cette concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En charge de l'&#201;tat, le PS contribue &#224; l'institution d'une soci&#233;t&#233; punitive dans laquelle la forme-salaire est une modalit&#233; de contr&#244;le des usages du temps. Apr&#232;s plus de quarante ans de ch&#244;mage de masse, le mythe du plein emploi, levier efficace pour mettre en concurrence des pans de plus en plus larges de la population sert un objectif : le plein emploi pr&#233;caire. La valeur travail est le support d'une pr&#233;carisation g&#233;n&#233;rale par-del&#224; les statuts juridiques (CDI, CDD, auto-entrepreneur, stagiaire), comme le montre l'ultime tentative de renversement du droit du travail en droit du capital.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du n&#176;161</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no161</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no161</guid>
		<dc:date>2018-01-05T17:47:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>contr&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>David</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>David Dufresne</dc:subject>
		<dc:subject>Balance</dc:subject>
		<dc:subject>chaleureux Bruno</dc:subject>
		<dc:subject>Maire tapait</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Gattaz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;L'histoire comme champ de bataille&#034;, photomontage de Mathieu L&#233;onard. Edito : Balance ton pauvre En 2016, le tr&#232;s chaleureux Bruno Le Maire tapait du poing sur la table. Il voulait, disait-il, pouvoir acc&#233;der aux comptes bancaires des b&#233;n&#233;ficiaires du RSA (sans doute pour les gratifier de petits bonus amicaux). Devenu ministre de l'&#201;conomie, il a sembl&#233; mettre de l'eau dans son vain, jugeant &#171; impensable de mettre en place &#187; un &#171; contr&#244;le journalier &#187; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/controle" rel="tag"&gt;contr&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/David" rel="tag"&gt;David&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/David-Dufresne" rel="tag"&gt;David Dufresne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Balance" rel="tag"&gt;Balance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chaleureux-Bruno" rel="tag"&gt;chaleureux Bruno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maire-tapait" rel="tag"&gt;Maire tapait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Gattaz" rel="tag"&gt;Pierre Gattaz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;L'histoire comme champ de bataille&#034;, photomontage de Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Edito : Balance ton pauvre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2016, le tr&#232;s chaleureux Bruno Le Maire tapait du poing sur la table. Il voulait, disait-il, pouvoir acc&#233;der aux comptes bancaires des b&#233;n&#233;ficiaires du RSA (sans doute pour les gratifier de petits bonus amicaux). Devenu ministre de l'&#201;conomie, il a sembl&#233; mettre de l'eau dans son vain, jugeant &#171; &lt;i&gt;impensable de mettre en place&lt;/i&gt; &#187; un &#171; &lt;i&gt;contr&#244;le journalier&lt;/i&gt; &#187; des ch&#244;meurs, comme le r&#233;clamait le boss des suceurs de sueur, Pierre Gattaz. Pris d'une pulsion libertaire irr&#233;pressible, il ajoutait m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas l&#224; pour faire du flicage de ch&#244;meurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur France 3, le 22/10/17.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; On a failli y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que : on sait d&#233;sormais &#224; quelle sauce les ch&#244;meurs vont &#234;tre macronis&#233;s. Une note confidentielle du minist&#232;re du Travail, r&#233;v&#233;l&#233;e par &lt;i&gt;Le Canard&lt;/i&gt; encha&#238;n&#233; du 27 d&#233;cembre, annonce la couleur. Une recherche jug&#233;e insuffisante, un refus de formation ou de deux offres d'emploi &#171; raisonnables &#187; et, paf, sanction : vos allocs seront r&#233;duites de moiti&#233; pendant deux mois. Vous &#234;tes r&#233;cidiviste ? Bingo, elles seront supprim&#233;es pour deux mois. Le ch&#244;meur devra aussi remettre un rapport mensuel sous peine de punition, tel le coll&#233;gien suant sang et eau pour &#233;crire son rapport de stage en milieu professionnel. &lt;i&gt;Le Canard&lt;/i&gt; pr&#233;cise que la note a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par un certain Antoine Foucher&#8230; ancien cadre du Medef. Logique : en ces p&#233;riodes de f&#234;te, il est plus commode de faire la popote en famille, p&#233;pouze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : la chasse aux fain&#233;ants ch&#244;meurs est d&#233;finitivement ouverte. En 2017, les 270 000 contr&#244;les effectu&#233;s aupr&#232;s de demandeurs d'emploi ont abouti &#224; la radiation de 14 % d'entre eux&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres r&#233;v&#233;l&#233;s en novembre par Les &#201;chos.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En novembre, un correspondant de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; du grand Ouest &#233;voquait d&#233;j&#224; &#171; &lt;i&gt;une chasse aux ch&#244;meurs&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;se d&#233;roule p&#233;p&#232;re et sans grand retentissement&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;go&#251;t&#233;, il livrait ce t&#233;moignage : &#171; &lt;i&gt; Les dossiers de contr&#244;le se multiplient. On re&#231;oit un courrier inquisiteur et, si on ne fournit pas de preuve de recherches r&#233;elles et s&#233;rieuses, on subit un contr&#244;le qui peut entra&#238;ner la perte de la moiti&#233; du RSA. Je viens de recevoir une telle lettre (et d'apr&#232;s certains &#233;chos, je ne suis pas un cas isol&#233;). Elle me laissait un d&#233;lai de vingt jours pour renvoyer un pointilleux questionnaire de sept pages. J'ai ainsi pu obtenir la suspension du contr&#244;le, mais &#231;a va me co&#251;ter quinze jours de stage en entreprise.&lt;/i&gt; &#187; Stage non r&#233;mun&#233;r&#233;, bien s&#251;r&#8230; Faire bosser les ch&#244;meurs pour du beurre, l'id&#233;e a de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur l'offensive, Macron a annonc&#233; qu'il allait multiplier par cinq les 12 000 contr&#244;les effectu&#233;s chaque mois par 200 conseillers. Si ce n'est pas du &#171; flicage de ch&#244;meurs &#187;, &#231;a y ressemble beaucoup... Mais &#231;a reste un brin petit bras. On sugg&#232;re donc au gouvernement de munir les contr&#244;leurs de fusils d'assaut. De r&#233;tablir les ch&#226;timents corporels en place de Gr&#232;ve pour les mauvais ch&#244;meurs. Et d'en pendre deux ou trois pour l'exemple en direct chez Hanouna. Au moins, les choses seront claires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : L'histoire est un champ de bataille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas une ann&#233;e, pas un mois, pas une semaine sans que ne s'invite la question du roman national &#224; la Une des m&#233;dias comme dans les champs acad&#233;mique et politique. Cette insistance &#224; vouloir refourguer le r&#233;cit d'une France &#233;ternelle, tout aussi nostalgique que narcissique, semble &#234;tre un legs du calamiteux &#171; d&#233;bat &#187; sur l'identit&#233; nationale &#8211; souffl&#233; en 2009 &#224; Sarkozy par son &#233;minence grise Patrick Buisson. Mais force est de constater que cette basse dispute identitaire, qui opposerait sch&#233;matiquement les partisans du &#171; roman national &#187; aux subversifs de la &#171; &lt;i&gt;fable multiculturaliste&lt;/i&gt; &#187; (dixit &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;), a fini par contaminer les esprits au-del&#224; m&#234;me des sph&#232;res de la droite r&#233;actionnaire (&lt;i&gt;Causeur, Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-251-cb1b1.jpg?1782640217' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il faut pr&#234;ter cas &#224; ce pseudo d&#233;bat tr&#232;s franco-fran&#231;ais, il importe surtout de se pencher sur les r&#233;sistances transversales face aux raisons d'&#201;tat et aux figures d'autorit&#233;. Nous convoquons donc dans nos colonnes : les femmes, ces grandes &#171; invisibilis&#233;es &#187; de l'Histoire, au d&#233;but du mouvement ouvrier ; les souvenirs d'un photographe du mouvement social ; le n&#233;gationnisme d'&#201;tat en Turquie ; les obus enterr&#233;s de la Premi&#232;re Guerre mondiale ; les mythes religieux comme arme coloniale en Isra&#235;l ; la m&#233;moire vive du Mexique indig&#232;ne ; nos anc&#234;tres cro-mignons, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la catastrophe annonc&#233;e de 1940, Walter Benjamin &#233;crivait dans &lt;i&gt;Sur le concept d'histoire&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Tous ceux qui &#224; ce jour ont obtenu la victoire participent &#224; ce cort&#232;ge triomphal o&#249; les ma&#238;tres d'aujourd'hui marchent sur les corps de ceux qui aujourd'hui gisent &#224; terre.&lt;/i&gt; &#187; Pour sortir de ce cercle vicieux, Benjamin pensait &#8211; comme &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=RZEkiugvASQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Daenerys Targaryen&lt;/a&gt; &#8211; qu'il ne s'agissait pas d'inverser la roue de l'Histoire, mais de la briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'aventure sur ce terrain min&#233;. Et pose la n&#233;cessit&#233; d'une histoire v&#233;cue et racont&#233;e &#171; par le bas &#187;, o&#249; chaque r&#233;cit de r&#233;sistance face &#224; l'oppression converge encore et toujours vers une id&#233;e commune : celle de l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; S'ils veulent que les quartiers flambent&#8230; &#187; : Des centres sociaux au pain sec &gt;&lt;/strong&gt; Ils font vivre des quartiers o&#249; il n'y a plus grand-chose. Mais leurs subventions baissent et les contrats aid&#233;s disparaissent : un peu partout en France, les centres sociaux tirent la langue. En Paca, c'est maintenant la R&#233;gion qui se d&#233;sengage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Implantation d'une centrale dans le Finist&#232;re : Gaz &#224; tous les &#233;tages &gt;&lt;/strong&gt; &#192; les croire, la Bretagne aurait besoin d'une &#233;norme centrale &#224; &#233;nergie fossile (le gaz naturel), et Landivisiau serait l'endroit id&#233;al pour l'accueillir. Un projet cens&#233;ment justifi&#233; par la n&#233;cessit&#233; d'&#233;viter des coupures massives d'&#233;lectricit&#233; et d'en finir avec &#171; &lt;i&gt; l'assistanat &#233;nerg&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; de la r&#233;gion. Ce discours martel&#233; par les pouvoirs publics, Gu&#233;nol&#233; le conteste. Entretien avec un opposant &#224; un autre grand projet inutile dans le grand Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les charmes discrets de l'effet waouh en zone shopping : &lt;i&gt;Are you experienced ?&lt;/i&gt; &gt; &lt;/strong&gt; Sonnez trompettes, battez tambours : le Village de marques a ouvert en avril, en p&#233;riph&#233;rie de Miramas. Enfin ! Aussi nomm&#233; McArthurGlen Provence (mais c'est moins sexy), l'endroit se veut &lt;i&gt;nec plus ultra&lt;/i&gt; de &#171; &lt;i&gt;l'exp&#233;rience shopping&lt;/i&gt; &#187;. Et met en sc&#232;ne une fausse authenticit&#233; proven&#231;ale pour convaincre les clients d'acheter les v&#234;tements griff&#233;s de sa centaine d'enseignes. Le tiroir-caisse, lui, est bien r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jours de vote au Kurdistan syrien : Aux urnes au Rojava ! &gt;&lt;/strong&gt; La bagatelle de trois scrutins &#233;chelonn&#233;s de septembre 2017 &#224; janvier 2018 ! Pas mal pour un territoire qui n'avait pas connu d'&#233;lection libre depuis le coup d'&#201;tat de la junte en 1963. Et qui met les bouch&#233;es doubles pour mettre en place une F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique du nord de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH392/-252-f5e3d.jpg?1782640217' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas De La Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures et cultures de partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du rock &#224; Tarnac : &#171; Quelque chose a merd&#233; quelque part &#187; (David Dufresne) &gt;&lt;/strong&gt;
Le rendez-vous a lieu au bistrot Le Sans Souci, rue Pigalle. C'est l&#224; que David Dufresne a &#233;tabli son QG depuis qu'il s'est lanc&#233; dans le montage pour Arte d'un documentaire sur le quartier de Pigalle. L'homme s'est fait un nom dans le journalisme ind&#233;pendant, avec des livres tr&#232;s inform&#233;s et sortant des sentiers battus. Pour derniers ouvrages : &lt;i&gt;Maintien de l'ordre &#8211; Enqu&#234;te&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Tarnac, Magasin g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; et le tr&#232;s r&#233;cent &lt;i&gt;New Moon, Caf&#233; de nuit joyeux&lt;/i&gt;. Multi-usages, David Dufresne commet aussi des webdocumentaires, dont les remarqu&#233;s &lt;i&gt;Prison Valley&lt;/i&gt; en 2010 et &lt;i&gt;Fort McMoney&lt;/i&gt; en 2013. Mais David et moi, c'est aussi une histoire personnelle. Je l'ai rencontr&#233; bien avant qu'il ne sorte son premier livre, au milieu des ann&#233;es 1980, alors que le rock alternatif explosait en France, avec Bondage Records, B&#233;rurier Noir, Les Thugs, Mano Negra, etc. Je m'occupais alors du fanzine et du label &lt;i&gt;On a Faim !&lt;/i&gt;. Et lui nageait dans les m&#234;mes eaux, publiant le fanzine &lt;i&gt;Tant qu'il y aura du roc&lt;/i&gt;k et lan&#231;ant le label Stop it Baby. Une belle histoire partag&#233;e. On s'&#233;tait depuis perdu de vue, mais on avait grande envie de se revoir. La parution de &lt;i&gt;New Moon&lt;/i&gt; en a fourni une parfaite occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Militantisme sous &#233;tat d'urgence : Le film d'une garde &#224; vue de masse &gt;&lt;/strong&gt; Dans&lt;i&gt; 317&lt;/i&gt;, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papy chez les geeks : Vain pays de l'H&#233;ro &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un h&#233;ros&lt;/i&gt; &#187;, chantait Balavoine, avant que &lt;i&gt;Stars Wars&lt;/i&gt;, les s&#233;ries am&#233;ricaines et les jeux vid&#233;os n'infestent l'imaginaire de milliards de spectateurs. Au salon HeroFestival, qui se tenait il y a peu &#224; Marseille, on vend les supports de cet imaginaire pas toujours adolescent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur France 3, le 22/10/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres r&#233;v&#233;l&#233;s en novembre par &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un axe Berlin-Marseille contre la broyeuse &#224; ch&#244;meurs</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-axe-Berlin-Marseille-contre-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-axe-Berlin-Marseille-contre-la</guid>
		<dc:date>2017-11-11T14:38:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>verte ailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>l'herbe n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Hartz</dc:subject>
		<dc:subject>Christoph</dc:subject>
		<dc:subject>Basta</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meur</dc:subject>
		<dc:subject>l'herbe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Invit&#233; par CQFD, un collectif de pr&#233;caires berlinois sera &#224; Marseille le 11 novembre pour partager son exp&#233;rience de lutte contre les dispositifs de flicage et de mise au turbin des ch&#244;meurs. Hartz IV ou Macron 1er, m&#234;me combat ! Non, l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs. En tout cas, pas pour les ch&#244;meurs. Et surtout pas en Allemagne. Le service du boulot de merde obligatoire que Macron s'appr&#234;te &#224; faire peser sur les ch&#244;medus de sa start-up nation a beau &#234;tre un cauchemar, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allemagne" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/verte-ailleurs" rel="tag"&gt;verte ailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-herbe-n-est" rel="tag"&gt;l'herbe n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hartz" rel="tag"&gt;Hartz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christoph" rel="tag"&gt;Christoph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Basta-8451" rel="tag"&gt;Basta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeur" rel="tag"&gt;ch&#244;meur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-herbe" rel="tag"&gt;l'herbe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Invit&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, un collectif de pr&#233;caires berlinois sera &#224; Marseille le 11 novembre pour partager son exp&#233;rience de lutte contre les dispositifs de flicage et de mise au turbin des ch&#244;meurs. Hartz IV ou Macron 1er, m&#234;me combat !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non, l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs. En tout cas, pas pour les ch&#244;meurs. Et surtout pas en Allemagne. Le service du boulot de merde obligatoire que Macron s'appr&#234;te &#224; faire peser sur les ch&#244;medus de sa start-up nation a beau &#234;tre un cauchemar, il y a peu de chances qu'il fasse jeu &#233;gal en f&#233;rocit&#233; avec son mod&#232;le allemand, ce r&#233;gime de mise au travail forc&#233; instaur&#233; il y a treize ans sous le nom de Hartz IV&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hartz IV est la derni&#232;re des quatre lois de mise au pas des ch&#244;meurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas d&#233;raisonnable d'esp&#233;rer &#8211; si l'espoir est une substance qui peut se racornir &#224; d'aussi ch&#233;tives proportions &#8211; qu'en mati&#232;re de surveillance, de coercition et d'usine &#224; gaz bureaucratique mises au service de l'&#171; activation des demandeurs d'emploi &#187; le g&#233;nie tricolore reste pour longtemps &#224; la tra&#238;ne de l'efficacit&#233; germanique. Et qu'&#224; tout prendre, il vaille mieux, pour un ch&#244;meur, t&#226;ter la schlague macronienne que le fouet hartzien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-212-bdd6e.jpg?1782664072' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette cafardeuse consolation nous ferait presque oublier que, face aux garde-chiourmes qui veulent transformer nos abattis en arm&#233;e de r&#233;serve du march&#233; du travail, une option plus stimulante nous tend les bras : l'entraide, l'auto-organisation, la lutte collective. Dans ce domaine, les trimardeurs d'outre-Rhin ont des choses &#224; nous apprendre. En France, le mouvement des ch&#244;meurs de 1997 et la campagne des allumettes, qui a fait flamber une demi-douzaine d'ANPE &#8211; anc&#234;tres des P&#244;les emploi &#8211; en 2006, ne sont qu'un lointain souvenir. En Allemagne, en revanche, les pratiques de r&#233;sistance restent bien vivaces. La preuve ? En juin dernier, alors qu'on enqu&#234;tait sur Hartz IV &#224; Berlin pour un journal un peu moins imp&#233;cunieux que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Cyran, &#171; L'Enfer du miracle allemand &#187;, Le Monde diplomatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on a tap&#233; &#224; la porte de Basta, un collectif de ch&#244;meurs install&#233; depuis six ans dans le quartier populaire de Wedding, le &#171; &lt;i&gt;kleine&lt;/i&gt; Marseille &#187; de la capitale allemande. Pendant qu'un batteur v&#233;n&#232;re cognait sur ses f&#251;ts dans le local de r&#233;p&#233;tition du bar associatif juste &#224; c&#244;t&#233;, Christoph, un des jeunes militants du groupe, nous rodait &#224; la vitalit&#233; du lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapport de forces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours par semaines &#8211; lundi, mardi, jeudi &#8211; Basta tient une permanence de trois heures &#224; destination des gal&#233;riens du quartier et d'ailleurs. &#171; &lt;i&gt;En un an, on re&#231;oit plus d'un millier de ch&#244;meurs, dont beaucoup d'immigr&#233;s, leurs droits &#233;tant encore plus bafou&#233;s que ceux de leurs camarades allemands. Certains nous ont d'ailleurs rejoints&lt;/i&gt; &#187;, explique Christoph. Avec son allocation cr&#232;ve-la-dalle de 409 &#8364; par mois pour un c&#233;libataire, sa gouvernance inquisitoriale du &#171; client &#187; soup&#231;onn&#233; en permanence de tirer au flanc et ses sanctions qui frappent d&#232;s le premier refus d'une proposition de job, g&#233;n&#233;ralement pr&#233;caire et larbinesque, le dispositif Hartz IV a la coh&#233;rence d'un boulet de canon. &#171; &lt;i&gt;Il comporte n&#233;anmoins des failles qu'on peut exploiter, notamment devant les tribunaux&lt;/i&gt;, indique Christoph. &lt;i&gt;&#201;tant ch&#244;meur moi-m&#234;me, je sais par exp&#233;rience que quand tu connais tes droits, on te tape un peu moins dessus. Et quand le soutien juridique ne suffit pas, on accompagne nos camarades de gal&#232;re &#224; leurs convocations dans les Jobcenters. Lesquels se mettent vite &#224; paniquer si on d&#233;barque &#224; trente ou cinquante. Le rapport de forces, &#231;a fonctionne, m&#234;me face un appareil de contr&#244;le aussi verrouill&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militant.e.s de Basta en sont bien conscients : si la lutte paie sur le terrain, elle reste d&#233;pourvue de d&#233;bouch&#233;s politiques, tant les invectives et le reconditionnement manag&#233;rial qui accablent les ch&#244;meurs depuis treize ans ont sem&#233; d&#233;prime et r&#233;signation. &#171; &lt;i&gt;Chez nous,&lt;/i&gt; mettent-ils en garde, &lt;i&gt;les syndicats ont sabot&#233; l'&#233;norme mobilisation populaire de 2004 contre Hartz IV. Une fois que c'est perdu, tu peux toujours ramer pour remonter le courant. C'est pour &#231;a que vous, en France, vous ne devez surtout pas vous laisser faire.&lt;/i&gt; &#187; Un message qu'ils auront bient&#244;t l'occasion d'adresser aux Marseillais : le 11 novembre &#224; 19 h, Christoph et deux de ses acolytes viendront allumer quelques fumig&#232;nes verbaux &#224; Manifesten (59, rue Thiers), &#224; deux pas de l'antre &#224; ch&#244;meurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Histoire de prendre chaud en pr&#233;vision de l'hiver qui menace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hartz IV est la derni&#232;re des quatre lois de mise au pas des ch&#244;meurs adopt&#233;es entre 2003 et 2005 sous la coalition des sociaux-d&#233;mocrates et des &#233;colos dirig&#233;e par le chancelier Gerhard Schr&#246;der. Leur concepteur, Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; deux ans de prison avec sursis et &#224; 500 000 &#8364; d'amende en 2007 pour avoir &#171; &lt;i&gt;achet&#233; la paix sociale&lt;/i&gt; &#187; chez le constructeur en distribuant pots-de-vin, voyages exotiques et prestations de prostitu&#233;es aux membres du comit&#233; d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Cyran, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/CYRAN/57833&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Enfer du miracle allemand&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, septembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ch&#244;mage : l'arnaque des droits rechargeables</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chomage-l-arnaque-des-droits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Chomage-l-arnaque-des-droits</guid>
		<dc:date>2015-05-11T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>droits</dc:subject>
		<dc:subject>euros</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>Hollande</dc:subject>
		<dc:subject>Rebsamen fanfaronnaient</dc:subject>
		<dc:subject>droits rechargeables</dc:subject>
		<dc:subject>fanfaronnaient autour</dc:subject>
		<dc:subject>fameuse inversion</dc:subject>
		<dc:subject>anciens droits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e &#224; l'automne 2014 comme une avanc&#233;e sociale par la CFDT et le Medef, la nouvelle convention Unedic sur les droits rechargeables a surtout eu pour effet de rogner l'indemnisation de 500 000 ch&#244;meurs. Une vraie r&#233;gression tr&#232;s partiellement corrig&#233;e par le nouvel accord du 25 mars dernier. Au d&#233;but de l'ann&#233;e, Hollande, Valls et Rebsamen fanfaronnaient autour de la d&#233;sormais fameuse inversion de la courbe du ch&#244;mage. Patatras ! En f&#233;vrier, la courbe en question repartait &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droits" rel="tag"&gt;droits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/euros" rel="tag"&gt;euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hollande" rel="tag"&gt;Hollande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rebsamen-fanfaronnaient" rel="tag"&gt;Rebsamen fanfaronnaient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droits-rechargeables" rel="tag"&gt;droits rechargeables&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fanfaronnaient-autour" rel="tag"&gt;fanfaronnaient autour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fameuse-inversion" rel="tag"&gt;fameuse inversion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/anciens-droits" rel="tag"&gt;anciens droits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e &#224; l'automne 2014 comme une avanc&#233;e sociale par la CFDT et le Medef, la nouvelle convention Unedic sur les droits rechargeables a surtout eu pour effet de rogner l'indemnisation de 500 000 ch&#244;meurs. Une vraie r&#233;gression tr&#232;s partiellement corrig&#233;e par le nouvel accord du 25 mars dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e, Hollande, Valls et Rebsamen fanfaronnaient autour de la d&#233;sormais fameuse inversion de la courbe du ch&#244;mage. Patatras ! En f&#233;vrier, la courbe en question repartait &#224; la hausse, ce qui s'est logiquement traduit par la d&#233;route &#233;lectorale des d&#233;partementales. Au m&#234;me moment, un rapport de l'Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale (Inserm) faisait &#233;tat d'une surmortalit&#233; au moins trois fois sup&#233;rieure chez les personnes en recherche d'emploi par rapport aux autres cat&#233;gories de la population. Et il n'y est pas seulement question de tendances suicidaires. Selon Pierre Meneton, qui avoue que ces chiffres sont sans doute une &#171; &lt;i&gt;sous-estimation de la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, son &#233;tude ayant &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e avant la crise de 2008, les personnes au ch&#244;mage &#171; &lt;i&gt;consomment plus d'alcool, moins de fruits et l&#233;gumes, et ont un apport calorique, hors alcool, tr&#232;s significativement plus &#233;lev&#233; que la moyenne&lt;/i&gt; &#187;. Outre le fait de jouer avec l'apesanteur ou les allumettes, les ch&#244;meurs ne m&#233;nagent ni leur c&#339;ur ni leur foie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1467 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH475/p02chomage-tue-81021.png?1782639918' width='400' height='475' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; sanitaire et sociale n'a gu&#232;re &#233;branl&#233; l'insensibilit&#233; marmor&#233;enne du Medef. Ce dernier a continuellement essay&#233; de dissimuler les ravages, en termes de baisse d'indemnisation, engendr&#233;s par l'entr&#233;e en vigueur, le 1er octobre 2014, de la nouvelle convention d'assurance ch&#244;mage sur les droits rechargeables. &#171; &lt;i&gt;Nous avions pr&#233;venu d&#232;s le mois de juillet que ce texte constituait une gigantesque arnaque&lt;/i&gt;, l&#226;che Vladimir du comit&#233; CGT ch&#244;meurs rebelles du Morbihan. &lt;i&gt;Et le nouvel accord du 25 mars n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e suppl&#233;mentaire.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, le m&#233;canisme des droits rechargeables avait &#233;t&#233; vendu par le Medef, la CFDT, FO et la CFTC comme tr&#232;s favorable aux personnes contraintes d'encha&#238;ner les p&#233;riodes de labeur et d'oisivet&#233;. Le cumul des heures travaill&#233;es ouvrant droit &#224; indemnisation devaient permettre de prendre en charge les 6 ch&#244;meurs sur 10 qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne percevaient rien. Cela, c'&#233;tait l'objectif g&#233;n&#233;reusement affich&#233;. La r&#233;alit&#233; &#233;tait fort diff&#233;rente puisqu'il s'agissait en priorit&#233; de r&#233;aliser 450 millions d'euros d'&#233;conomie sur le dos de 500 000 ch&#244;meurs, dixit l'Unedic elle-m&#234;me dans plusieurs documents de travail&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allez voir, pour des pr&#233;cisions sur les chiffres et l'historique de cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Depuis le 1er octobre 2014, le droit rechargeable permet &#224; un ch&#244;meur de pr&#233;server des droits &#224; indemnisation en cas de reprise d'emplois, alors qu'il en perdait une partie auparavant. Toutefois, lorsqu'un salari&#233; perd son emploi, il doit &#233;puiser ses anciens droits &#224; indemnisation, s'il lui en reste, avant d'en obtenir de nouveaux. Il peut donc se trouver p&#233;nalis&#233; si ses anciens droits sont inf&#233;rieurs aux nouveaux. Une personne indemnis&#233;e sur la base d'un pr&#233;c&#233;dent salaire de 600 euros mensuel qui aurait trouv&#233; un emploi en CDD pay&#233; 1 500 euros sera donc indemnis&#233;e sur 600 euros au terme de son CDD alors que dans l'ancien mode de calcul, elle aurait pu toucher 1 100 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension du droit d'option entre anciens et nouveaux droits, qui &#233;tait une revendication de la CGT et des associations de d&#233;fense des ch&#244;meurs, accord&#233;e par le Medef lors de la r&#233;union du 25 mars, se fera sous conditions et laissera encore de c&#244;t&#233; une grande partie des recalcul&#233;s. En effet ne seront concern&#233;s par les largesses patronales que ceux dont l'indemnit&#233; journali&#232;re sera tomb&#233;e &#224; moins de 20 euros, ceux pour lesquels le diff&#233;rentiel entre reliquat et droit nouveau sera d'au moins 30%, le droit nouveau devant &#234;tre d'au moins 4 mois. &#171; &lt;i&gt;Quelqu'un qui avait un reliquat de 750 euros par mois et des droits nouveaux de 1 000 euros ne pourra pas b&#233;n&#233;ficier du droit d'option&lt;/i&gt;, reprend Vladimir. &lt;i&gt;250 000 personnes, au moins, devraient donc rester p&#233;nalis&#233;es apr&#232;s la signature de l'accord du 25 mars.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, c'est la logique purement comptable du dispositif qui est en cause. &#171; &lt;i&gt;C'est quand m&#234;me une id&#233;e sacr&#233;ment perverse que de diminuer l'indemnisation de ceux qui augmentent leur revenu tout en amortissant le choc pour ceux qui acceptent un contrat moins bien pay&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Quel peut &#234;tre alors le v&#233;ritable objectif de la r&#233;forme ? Vladimir toujours : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me du gouvernement ce n'est pas la pauvret&#233; mais les statistiques. Il est pr&#234;t &#224; multiplier le nombre de travailleurs pauvres comme en Angleterre ou en Allemagne d&#232;s lors que ceux-ci ne sont plus comptabilis&#233;s dans la cat&#233;gorie A de P&#244;le emploi.&lt;/i&gt; &#187; Tout fonctionne &#233;galement comme si les pouvoirs publics, ayant fait leur deuil des emplois p&#233;rennes, cherchaient les m&#233;canismes les plus tordus pour pousser les gens vers des emplois de mauvaise qualit&#233;, CDD, int&#233;rim, temps partiel subi, quitte &#224; les maintenir dans une pr&#233;carit&#233; et une pauvret&#233; durables. Avec, en premi&#232;re ligne de cette offensive, les jeunes et les femmes. Avec, comme risque majeur, une aggravation de l'&#233;puisement au travail et une augmentation des suicides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lueur d'espoir toutefois ? Vladimir encore : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois, cela va obliger tous ceux qui se battent en faveur des droits des ch&#244;meurs et pr&#233;caires, CGT et CIP-IDF (Coordination des intermittents et pr&#233;caires en &#206;le-de-France) notamment, &#224; se serrer les coudes, &#224; multiplier les mobilisations, &#224; engager un nouveau rapport de force avec le gouvernement et le patronat pour obtenir des conditions de travail dignes.&lt;/i&gt; &#187; Et de pr&#233;venir que la CGT ne l&#226;chera rien sur le dossier des droits rechargeables et qu'elle va monter en puissance sur celui du RSA. Gare !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allez voir, pour des pr&#233;cisions sur les chiffres et l'historique de cette grande manip', le site tr&#232;s complet du comit&#233; CGT ch&#244;meurs rebelles 56. Sur le nombre exact de recalcul&#233;s l&#233;s&#233;s par la r&#233;forme, le MEDEF finira par avouer 380 000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sale boulot des &#171; socialos &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-sale-boulot-des-socialos</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-sale-boulot-des-socialos</guid>
		<dc:date>2014-11-29T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars, S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tanxxx</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>socialiste</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Rebsamen</dc:subject>
		<dc:subject>poison violent</dc:subject>
		<dc:subject>Rebsamen</dc:subject>
		<dc:subject>Bourquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Rebsamen, un poison violent En louced&#233;, ce gouvernement &#171; socialiste &#187; nous a mithridatis&#233;s. Jour apr&#232;s jour, vilenie apr&#232;s vilenie, il nous a immunis&#233;s contre le poison de tous ses renoncements par une accoutumance progressive. Enfin, presque. Le mardi 2&#8200;septembre au matin, quand on a entendu que Fran&#231;ois Rebsamen demandait de &#171; renforcer les contr&#244;les &#187; pour v&#233;rifier que les ch&#244;meurs &#171; cherchent bien un emploi &#187;, on a cru s'&#233;touffer avec not' tartoche au beurre sal&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tanxxx" rel="tag"&gt;Tanxxx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francois" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/socialiste" rel="tag"&gt;socialiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomage" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francois-Rebsamen" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Rebsamen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/poison-violent" rel="tag"&gt;poison violent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rebsamen" rel="tag"&gt;Rebsamen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bourquin" rel="tag"&gt;Bourquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;ois Rebsamen, un poison violent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En louced&#233;, ce gouvernement &#171; socialiste &#187; nous a mithridatis&#233;s. Jour apr&#232;s jour, vilenie apr&#232;s vilenie, il nous a immunis&#233;s contre le poison de tous ses renoncements par une accoutumance progressive. Enfin, presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 2&#8200;septembre au matin, quand on a entendu que Fran&#231;ois Rebsamen demandait de &#171; &lt;i&gt;renforcer les contr&#244;les&lt;/i&gt; &#187; pour v&#233;rifier que les ch&#244;meurs &#171; &lt;i&gt;cherchent bien un emploi&lt;/i&gt; &#187;, on a cru s'&#233;touffer avec not' tartoche au beurre sal&#233; hard-discount. Le ch&#244;mage ? C'est simple, c'est la faute aux 5 386 600 feignants &#8211;&#8200;chiffre de juillet 2014, toutes cat&#233;gories de ch&#244;meurs confondues &#8211;&#8200;qui ne daignent aller au chagrin. Sans vergogne, le ministre du Travail &#171; socialiste &#187; nous injecte l&#224; une bonne grosse dose de politique de droite dure. Politique que son parti condamnait pourtant &#224; l'&#233;poque, comme en atteste ce communiqu&#233; r&#233;dig&#233; en d&#233;cembre 2005 et &lt;a href=&#034;http://www.parti-socialiste.fr/communiques/pour-le-gouvernement-la-lutte-contre-le-chomage-est-une-lutte-contre-les-chomeurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;toujours visible&lt;/a&gt; sur le site du P&#171; S &#187; : &#171; &lt;i&gt; En adoptant un nouveau d&#233;cret visant &#224; renforcer le contr&#244;le des demandeurs d'emploi, le gouvernement confirme que pour lui, la lutte contre le ch&#244;mage est d'abord une lutte contre les ch&#244;meurs&lt;/i&gt; &#187;. Alors que pour Rebsamen, pas du tout : la lutte contre le ch&#244;mage, ben, heu&#8230; c'est d'abord une lutte contre les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 septembre, la Cour des comptes publiait son rapport annuel sur la S&#233;curit&#233; sociale. Surprise, on y apprenait que la fraude aux cotisations sociales &#171; &lt;i&gt;s'est &#233;tablie &#224; un niveau record en 2012 avec un montant estim&#233; entre 20,1 et 24,9&#8200;milliards d'euros&lt;/i&gt; &#187;. Autrement dit : les patrons, ne reversant pas leur d&#251; &#224; l'assurance ch&#244;mage et &#224; la s&#233;cu, se sont mis en toute ill&#233;galit&#233; un gros paquet de fra&#238;che de c&#244;t&#233;. Hmmm&#8230; N'y aurait-il pas l&#224; quelques &#171; contr&#244;les &#187; &#224; &#171; renforcer &#187; ? H&#233;, Fran&#231;ois, tu voudrais pas cracher ton venin sur les nantis, au lieu d'empoisonner la vie des gueux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Baptiste Legars&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH508/p07-10-tanxxx02-8daef.jpg?1782643508' width='400' height='508' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tanxxx.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ph&#233;m&#232;re revival du STO en Roussillon &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 26 ao&#251;t dernier, Christian Bourquin, pr&#233;sident PS de la r&#233;gion Languedoc-Roussillon, d&#233;c&#233;dait des suites d'un cancer. Pass&#233; le concert de louanges saluant la pugnacit&#233; de l'&#171; animal politique &#187;, pas grand monde cependant pour rappeler &#224; quel point ce &#171; socialiste &#187; pur jus fut un pr&#233;curseur en mati&#232;re de gestion sociale du travail. Arriv&#233; &#224; la t&#234;te du d&#233;partement des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales en 1998, Bourquin eut l'id&#233;e d'imposer des heures de travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral aux 16 000 Rmistes du Roussillon en &#233;change de leur affolante allocation de 2 429,42&#8200;francs&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit environ 370&#8200;euros.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Dans une R&#233;publique, il y a les droits et les devoirs des citoyens. Le droit des Rmistes, c'est d'&#234;tre aid&#233;s par la soci&#233;t&#233;, pas laiss&#233;s pour compte. Leur devoir, c'est qu'en retour, ils apportent leur contribution &#224; cette soci&#233;t&#233;. Ce n'est pas un emploi que nous sommes en mesure de proposer mais une activit&#233;. Il faut donner un sens &#224; la vie de ces personnes qui sont dans la pr&#233;carit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, justifia sans rire l'&#233;dile, soutenu alors par le premier secr&#233;taire du PS, un certain Fran&#231;ois Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mal compris de ces oisifs qu'il voulait simplement remettre sur les bons rails, Bourquin dut en rabattre lorsqu'un millier de manifestants irrigu&#232;rent les rues de Perpignan aux cris de : &#171; &lt;i&gt; Socialos collabos ! Non au STO !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service du travail obligatoire : r&#233;quisition de travailleurs fran&#231;ais par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Lacrymos, bousculades devant la gu&#233;rite du Conseil g&#233;n&#233;ral, arrestations, la confrontation secoua la cit&#233; catalane. &#171; &lt;i&gt;La manifestation de Perpignan a innov&#233; en ce qu'elle fut l'une des premi&#232;res mobilisations collectives oppos&#233;es &#224; l'emploi comme norme d'insertion dans la survie. Car le projet Bourquin n'est malheureusement pas issu des d&#233;lires isol&#233;s d'un chefaillon local. Les notables du Parti socialiste&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ont depuis longtemps adopt&#233; avec enthousiasme la doctrine des instances financi&#232;res internationales (OCDE, FMI, Banque mondiale, etc.) &#8220;d'activation des d&#233;penses passives&#8221; (utiliser l'argent des allocataires et autres salari&#233;s pour financer l'emploi)&lt;/i&gt; &#187;, commentait par la suite le r&#233;seau &lt;a href=&#034;http://www.ac.eu.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AC !&lt;/a&gt;&#8200;-&#8200;Agir ensemble contre le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soit environ 370&#8200;euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Service du travail obligatoire : r&#233;quisition de travailleurs fran&#231;ais par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la radiation devient une fonctionnalit&#233; du logiciel</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-la-radiation-devient-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Quand-la-radiation-devient-une</guid>
		<dc:date>2013-11-16T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le emploi</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>emploi</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent</dc:subject>
		<dc:subject>d'emploi</dc:subject>
		<dc:subject>offres d'emploi</dc:subject>
		<dc:subject>conseiller P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>sert P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>emploi sert</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent quinquennat ne les a pas &#233;pargn&#233;s. Et si les trois millions de ch&#244;meurs ont cru souffler avec le d&#233;but de l'&#232;re hollandaise, les derni&#232;res &#233;volutions de P&#244;le emploi en mati&#232;re de num&#233;rique d&#233;multiplient les possibilit&#233;s du flicage. Au nom bien s&#251;r de la lutte contre le ch&#244;mage. &#10146;	P&#244;le emploi 2015 Sur la porte d'entr&#233;e de l'agence P&#244;le-emploi de Toulouges (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), une affiche informe que Disneyland recrute. Dedans, une dizaine de ch&#244;meurs font la queue. Pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole" rel="tag"&gt;P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/emploi" rel="tag"&gt;emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vincent" rel="tag"&gt;Vincent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-emploi" rel="tag"&gt;d'emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/offres-d-emploi" rel="tag"&gt;offres d'emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseiller-Pole" rel="tag"&gt;conseiller P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sert-Pole" rel="tag"&gt;sert P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/emploi-sert" rel="tag"&gt;emploi sert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent quinquennat ne les a pas &#233;pargn&#233;s. Et si les trois millions de ch&#244;meurs ont cru souffler avec le d&#233;but de l'&#232;re hollandaise, les derni&#232;res &#233;volutions de P&#244;le emploi en mati&#232;re de num&#233;rique d&#233;multiplient les possibilit&#233;s du flicage. Au nom bien s&#251;r de la lutte contre le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#10146;	P&#244;le emploi 2015
Sur la porte d'entr&#233;e de l'agence P&#244;le-emploi de Toulouges (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), une affiche informe que Disneyland recrute. Dedans, une dizaine de ch&#244;meurs font la queue. Pas d'oreilles de Mickey ni de ricanement &#224; la Picsou, les mines sont plut&#244;t sinistres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un par un, les conseillers surgissent d'un espace feutr&#233; pour venir chercher les convoqu&#233;s. Les gens attendent leur tour avec une patience qui confine au fatalisme. Dans un recoin, le panneau r&#233;serv&#233; aux offres d'emploi ne contient aucune offre d'emploi. &#224; la place, un avis de concours de la fonction publique territoriale et un article des pages &#233;conomie du Figaro du 17 septembre qui annonce le chiffre faramineux de 170 000 projets d'embauches pour 2013. En t&#234;te des 140 recruteurs, McDonald's et la force de frappe de ses 1 228 restaurants. A quoi sert P&#244;le emploi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent, conseiller P&#244;le emploi &#224; Lorient (Morbihan) depuis 2005, a un d&#233;but de r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;P&#244;le emploi sert &#224; trois choses : primo, il sert &#224; indemniser les gens qui ont leurs droits ouverts &#224; l'assurance ch&#244;mage. On peut consid&#233;rer que, bon gr&#233; mal gr&#233;, ce service-l&#224; est &#224; peu pr&#232;s rendu. Secundo, et plus politiquement, P&#244;le emploi sert &#224; culpabiliser les ch&#244;meurs et &#231;a, &#231;a marche impeccablement. C'est m&#234;me l'objectif num&#233;ro un. Quand tu fais culpabiliser les gens, tu arrives &#224; ce que des offres d'emploi de merde soient pourvues : des temps partiels, CDD, contrats d'apprentissage et de professionnalisation. Sachant que la moiti&#233; des gamins en contrat d'apprentissage ne vont jamais jusqu'au dipl&#244;me, que l'employeur les paie en dessous du Smic et touche une montagne d'aides. Un r&#234;ve de patrons. Enfin dernier aspect : P&#244;le emploi est l&#224; pour faire baisser les chiffres du ch&#244;mage. Non seulement avec les radiations, mais en misant aussi sur cette masse de gens compl&#232;tement d&#233;courag&#233;s de trouver un emploi d&#233;cent et qui ne s'inscrivent plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cent imbroglio m&#233;diatique impliquant l'op&#233;rateur SFR au sujet de la &#171; vraie-fausse &#187; baisse spectaculaire des demandeurs d'emploi pour le mois d'ao&#251;t t&#233;moigne parfaitement de cette obsession statistique chez nos gouvernants. L'emploi, celui-l&#224; m&#234;me que l'on d&#233;truit, d&#233;localise ou pr&#233;carise, reste ce r&#233;f&#233;rent ultime, ce moule unique dans lequel chacun est somm&#233; de glisser sa couenne de peur de rejoindre la cohorte grandissante des parias. Les stigmates du ch&#244;meur &#171; canap&#233; &#187;, mis &#224; vif par le quinquennat sarkozyste, sont toujours d'actualit&#233;. C&#233;cile, tour &#224; tour pigiste et ch&#244;meuse, membre du blog &#171; &lt;a href=&#034;http://www.chomage.gouv.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Minisph&#232;re du ch&#244;mage et des id&#233;es re&#231;ues&lt;/a&gt; &#187; t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;On l'entend peut-&#234;tre un peu moins maintenant qu'on a chang&#233; de pr&#233;sidence mais les gens au ch&#244;mage souffrent toujours des id&#233;es re&#231;ues, de cette image du gars qui n'en branle pas une et qu'on d&#233;nonce comme un profiteur du syst&#232;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la douloureuse fusion de l'ANPE et des Assedic, P&#244;le emploi a sign&#233; en 2012 une nouvelle convention tripartite avec l'&#233;tat et l'Unedic nomm&#233;e P&#244;le emploi 2015. Dans cette novlangue creuse o&#249; la premi&#232;re qualit&#233; des mots employ&#233;s est leur interchangeabilit&#233;, Jean Bass&#232;res, directeur g&#233;n&#233;ral, annon&#231;ait la couleur : &#171; &lt;i&gt;P&#244;le emploi &lt;/i&gt; [doit devenir] &lt;i&gt;un service public de r&#233;f&#233;rence, capable de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin ; d'innover, d'agir en plus grande proximit&#233; encore avec nos partenaires ; de simplifier son organisation et d'&#234;tre plus attentif aux r&#233;sultats de son action.&lt;/i&gt; &#187; Au titre des innovations apport&#233;es par le dispositif, il faut noter une attention particuli&#232;re au d&#233;veloppement du num&#233;rique dans l'&#171; accompagnement &#187; des ch&#244;meurs, avec son pr&#233;alable : la suppression du suivi mensuel. Ouf ! pourrait-on dire, voil&#224; un progr&#232;s qu'on ne peut que mettre au cr&#233;dit de la gauche hollandaise. C&#233;cile de s'&#233;touffer : &#171; &lt;i&gt;La suppression du suivi mensuel ? Mais il n'a jamais exist&#233; dans les faits ! Je peux en t&#233;moigner &#224; titre personnel. &#199;a fait deux ans que je suis inscrite &#224; P&#244;le emploi et je n'ai vu qu'une fois mon conseiller. J'ai &#233;t&#233; convoqu&#233;e une autre fois pour une esp&#232;ce de truc collectif o&#249; on nous a dit de signer un papier, histoire de dire youpi c'est cool on est venus&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Assertion confirm&#233;e par Vincent : &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait notoire que personne n'&#233;tait suivi de fa&#231;on mensuelle &#224; part quelques personnes &#224; la marge ; il y avait une souplesse malgr&#233; tout qui s'&#233;tait install&#233;e. Avec l'abandon du suivi mensuel personnalis&#233; physique, tout va se passer &#224; distance &#224; travers les spams sur t&#233;l&#233;phone portable, &#224; travers les plates-formes de traitement de contr&#244;le des ch&#244;meurs qui se sont implant&#233;es de fa&#231;on exp&#233;rimentale sur plusieurs r&#233;gions. L'avenir, c'est de ne plus recevoir les gens dans les agences, &#224; part la premi&#232;re fois pour leur expliquer leur droit &#224; indemnisation. Apr&#232;s on les bascule sur le flicage num&#233;rique. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre sa casquette de conseiller P&#244;le emploi, Vincent fait partie de la CGT &#171; &lt;a href=&#034;http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ch&#244;meurs rebelles&lt;/a&gt; &#187; du Morbihan. D&#233;but juillet 2013, le site publie un d&#233;cryptage kafka&#239;en du nouveau site Internet pole-emploi.fr. Outre le casse-t&#234;te concernant les crit&#232;res &#224; renseigner, le bridage de la machine dont les r&#233;ponses sont limit&#233;es &#224; 150 offres, l'analyse met en exergue cette obligation faite au ch&#244;meur de se connecter une fois par mois et de mettre r&#233;guli&#232;rement ses donn&#233;es &#224; jour afin de rester en &#171; &lt;i&gt; &#8220;t&#234;te de liste&#8221; de la consultation des patrons, comme sur &#8220;leboncoin.fr&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que de l'autre c&#244;t&#233; de l'&#233;cran, les &#171; &lt;a href=&#034;http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.fr/2013/06/pole-emploifr-quand-la-recherche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;flics de l'emploi&lt;/a&gt; &#187;, install&#233;s dans le QG de leur plate-forme de contr&#244;le num&#233;rique, veillent au grain et n'h&#233;siteront pas &#224; intervenir si les d&#233;marches virtuelles du ch&#244;meur r&#233;el ne font pas montre d'une volont&#233; active de retrouver du taf. Une tra&#231;abilit&#233; qui fait basculer le contr&#244;le du ch&#244;meur en mode &#171; industriel &#187; selon les termes de Vincent. &#171; &lt;i&gt;Si le demandeur d'emploi ne va jamais aux r&#233;unions d'informations collectives, ne r&#233;pond jamais aux offres d'emploi qu'on lui envoie sur son portable par SMS, le conseiller qui a directement acc&#232;s &#224; son dossier lui demandera des comptes. Et m&#234;me s'il ne le re&#231;oit pas, quelqu'un sur une plate-forme de traitement des ch&#244;meurs aura acc&#232;s &#224; son dossier de fa&#231;on al&#233;atoire et pourra lui demander pourquoi il n'a pas r&#233;pondu &#224; toutes les &#8220;magnifiques&#8221; propositions qu'on lui a faites. Avec ce nouveau dispositif de spams num&#233;riques, on intensifie plus encore le potentiel de radiations ou, a minima, la pression sur les ch&#244;meurs pour qu'ils acceptent des emplois que j'appelle &#8220;d&#233;grad&#233;s&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Rappelons au passage que la radiation pour un allocataire &#233;quivaut &#224; la suppression de deux mois d'indemnisation ch&#244;mage. &#171; &lt;i&gt;P&#244;le emploi 2015 ? C'est de l'humain dans la merde face &#224; la machine&lt;/i&gt;, r&#233;sume C&#233;cile. &lt;i&gt;On d&#233;personnalise encore plus les rapports entre le service et les demandeurs d'emploi. Ils ont d&#233;j&#224; fait quelques tests, comme d'installer des bornes dans des agences.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi sert P&#244;le emploi ? C&#233;cile encore : &#171; &lt;i&gt; Un jour, un communiquant de P&#244;le emploi m'a dit clairement que son r&#244;le n'est pas d'aider les gens &#224; trouver du travail. &lt;/i&gt; &#187; Forc&#233;ment puisque le susdit travail n'existe plus. Le r&#244;le de P&#244;le emploi est d'obliger les demandeurs d'emploi &#224; justifier en permanence leurs &#171; actes positifs de recherche d'emploi &#187;. A ce petit jeu du sadisme de masse, la d&#233;ferlante num&#233;rique ouvre des perspectives insoup&#231;onn&#233;es. Reste un moyen d'&#233;chapper &#224; ce flicage num&#233;rique, Vincent l&#226;che la combine : &#171; &lt;i&gt;Il faut indiquer d&#232;s le d&#233;part lors du premier entretien qu'on ne souhaite recevoir aucune proposition de P&#244;le emploi ni par mail ni par SMS. Mais combien de gens sont au courant ?&lt;/i&gt; &#187; D&#233;sormais toi, camarade lecteur, et bient&#244;t la terre enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/p03-pole-emploi-cqfd-0d516.jpg?1782651134' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#192; quoi sert P&#244;le emploi ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-quoi-sert-Pole-emploi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-quoi-sert-Pole-emploi</guid>
		<dc:date>2011-12-21T07:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Flow</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le emploi</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>emploi</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il n'avait</dc:subject>
		<dc:subject>Critiquer P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>reconnu qu'il</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 26 septembre, un ch&#244;meur breton &#233;tait menac&#233; de poursuites pour &#171; propos d&#233;sobligeants envers le travail des conseillers de P&#244;le emploi &#187; &#8211; en l'occurrence, pour avoir dit r&#233;pondre aux convocations juste parce que &#171; c'est une obligation l&#233;gale pour percevoir le RSA &#187;. Le 22 novembre, c'est Maxime, membre de la Coordination des intermittents et pr&#233;caires d'&#206;le-de-France (CIP-IDF), qui comparaissait pour &#171; outrage &#224; P&#244;le emploi &#187; : on lui reproche d'avoir, lors d'une action collective dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Flow" rel="tag"&gt;Flow&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proces" rel="tag"&gt;proc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole" rel="tag"&gt;P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/emploi" rel="tag"&gt;emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il-n-avait" rel="tag"&gt;qu'il n'avait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Critiquer-Pole" rel="tag"&gt;Critiquer P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnu-qu-il" rel="tag"&gt;reconnu qu'il&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 26 septembre, un ch&#244;meur breton &#233;tait menac&#233; de poursuites pour &lt;i&gt;&#171; propos d&#233;sobligeants envers le travail des conseillers de P&#244;le emploi &#187;&lt;/i&gt; &#8211; en l'occurrence, pour avoir dit r&#233;pondre aux convocations juste parce que &lt;i&gt;&#171; c'est une obligation l&#233;gale pour percevoir le RSA &#187;&lt;/i&gt;. Le 22 novembre, c'est Maxime&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, membre de la Coordination des intermittents et pr&#233;caires d'&#206;le-de-France (CIP-IDF), qui comparaissait pour &#171; outrage &#224; P&#244;le emploi &#187; : on lui reproche d'avoir, lors d'une action collective dans une agence parisienne fin 2009, qualifi&#233; lesdits conseillers d'&lt;i&gt;&#171; incomp&#233;tents, fain&#233;ants et bons &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;. Les t&#233;moins appel&#233;s &#224; la barre ont d&#233;montr&#233;, &#224; travers moult exemples, que &lt;i&gt;&#171; P&#244;le emploi est effectivement incomp&#233;tent, ne fait rien et se r&#233;v&#232;le le plus souvent bon &#224; rien en ce qui concerne les droits des ch&#244;meurs &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation extraite du site www.cip-idf.org, qui publie des infos sur ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Rencontre avec l'outrageur, qui a depuis &lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;t&#233; relax&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &#192; ton proc&#232;s, m&#234;me le procureur a reconnu qu'il n'avait pas grand-chose &#224; requ&#233;rir contre toi. Le proc&#232;s a surtout &#233;t&#233; l'occasion de pointer ce qui ne tourne pas rond &#224; P&#244;le emploi&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime&lt;/strong&gt; : Critiquer P&#244;le emploi, c'est rompre le pacte social, mais de l&#224; &#224; en faire un d&#233;lit&#8230; D'autant que, pr&#233;cis&#233;ment, cette institution triche, nous suspend sans proc&#233;dure contradictoire, agit dans l'ill&#233;galit&#233;. Le discours contre la fraude est aussi une mani&#232;re de distraire l'attention. La phrase qui m'&#233;tait reproch&#233;e renvoyait &#224; ce qui nous est dit en permanence pour nous stigmatiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#244;le emploi, c'est la fusion entre une bo&#238;te priv&#233;e, l'Assedic, qui a toujours eu une culture de garde du coffre-fort face aux allocataires, et l'ANPE, en crise parce qu'elle avait une culture de service public et pensait, autrefois, qu'il &#233;tait de son r&#244;le de donner aux ch&#244;meurs des informations sur leurs droits. Tout &#231;a est remplac&#233; par une logique manag&#233;riale : P&#244;le emploi recrute aujourd'hui de pr&#233;f&#233;rence des gens qui ont une formation de commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; P&#244;le emploi comme &#224; la CAF, les agents font un travail tayloris&#233;, ils ne ma&#238;trisent pas le processus dans lequel ils s'inscrivent, donc ils peuvent rejeter un dossier parce que sur le formulaire qu'ils doivent viser, il y a une case non coch&#233;e. On a fait des tables rondes avec des agents de P&#244;le emploi, et c'est s&#251;r qu'ils souffrent : dire aux gens qu'ils n'ont droit &#224; rien, ce n'est pas un r&#244;le &#233;vident. Mais cela ne justifie pas ces agents qui, depuis le guichet, se vengent sur les allocataires de la mis&#232;re sociale dans laquelle ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH343/95_flow_qui-4506b.jpg?1782642081' width='400' height='343' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Flow
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il semble y avoir la volont&#233;, &#224; travers ce proc&#232;s, de punir les actions collectives d'accompagnement que m&#232;ne la CIP. Est-ce que tu pourrais parler de ces actions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s est arriv&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; on allait deux fois par semaine en agences pour faire d&#233;bloquer des dossiers collectivement. On a oblig&#233; la direction et le m&#233;diateur national &#224; se d&#233;placer. On a obtenu des mesures g&#233;n&#233;rales, par exemple sur des trop-per&#231;us r&#233;clam&#233;s &#224; des intermittentes en cong&#233; maternit&#233;, ce qui a provoqu&#233; une crise &#224; P&#244;le emploi. Ils n'ont pourtant octroy&#233; ce d&#233;gr&#232;vement qu'aux personnes qui ont particip&#233; &#224; la lutte ou qui l'ont explicitement r&#233;clam&#233;. Et, comme souvent, ils n'ont d&#233;livr&#233; aucune information sur les droits, ce qui permet d'annoncer des mesures fracassantes et de ne les appliquer qu'&#224; 10 % des personnes concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait moins d'actions de ce type aujourd'hui, parce que les directeurs donnent la consigne aux agents d'exercer leur droit de retrait quand il y a une action collective : on s'est parfois retrouv&#233;s seuls &#224; l'accueil. Et les possibilit&#233;s semblent se restreindre : les mouvements de ch&#244;meurs et pr&#233;caires des ann&#233;es 1990 pouvaient se traduire par des occupations de plusieurs jours. Ce n'est pas envisageable actuellement, on est tr&#232;s vite vir&#233;s par les flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir r&#233;soudre le ch&#244;mage, l'&#201;tat tente d'imposer la soumission, d'assener que le travail reste le socle de la soci&#233;t&#233; et que les ch&#244;meurs sont ill&#233;gitimes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on est dans un discours moral, qui vaut pour les ch&#244;meurs comme pour les retrait&#233;s ou les autres allocataires : les droits sont d&#233;crits comme une dette dont sont redevables des assist&#233;s. On nous dit partout qu'on est une petite Gr&#232;ce &#224; nous tout seuls. Mais Sarkozy n'a fait que reprendre un terrain pr&#233;par&#233; par la gauche. En janvier 1998, Jospin disait : &lt;i&gt;&#171; Je pr&#233;f&#232;re une soci&#233;t&#233; de travail &#224; l'assistance. &#187;&lt;/i&gt; Ce discours de restauration lib&#233;rale et de destruction de toutes les formes de solidarit&#233; est depuis tout &#224; fait dominant, avec l'aval de la gauche. Or la d&#233;finition industrielle du ch&#244;mage ne marche plus, parce qu'il y a un halo de situations qui ne sont ni de l'emploi classique, ni du ch&#244;mage total : c'est le cas de centaines de milliers de &#171; ch&#244;meurs en activit&#233; &#224; temps r&#233;duit &#187;, mais aussi des stagiaires en entreprises ou des gens qui touchent le RSA et qui travaillent au noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citation extraite du site &lt;a href=&#034;https://www.cip-idf.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cip-idf.org&lt;/a&gt;, qui publie des infos sur ces questions (et bien d'autres), ainsi que des conseils pour &#233;viter les radiations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le manifeste des ch&#244;meurs heureux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-manifeste-des-chomeurs-heureux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-manifeste-des-chomeurs-heureux</guid>
		<dc:date>2004-10-19T14:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meurs</dc:subject>
		<dc:subject>heureux</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;meur</dc:subject>
		<dc:subject>Ch&#244;meurs Heureux</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#244;mage heureux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lecture publique &#224; trois voix, en chaise-longue et agr&#233;ment&#233;e de diapositives, donn&#233;e pour la premi&#232;re fois le 14 ao&#251;t 1996 au &#171; March&#233; aux Esclaves &#187; du Prater (Berlin-Est) devant une assembl&#233;e mi-enthousiaste, mi-dubitative. Ce qui suit est une entorse aux principes que les Ch&#244;meurs Heureux s'&#233;taient donn&#233;s jusqu'ici, eux qui ne prennent pas volontiers les choses par la th&#233;orie. Ils lui pr&#233;f&#232;rent de beaucoup la propagande par le fait, le m&#233;fait et surtout le non-fait. D'ailleurs, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no15-septembre-2004" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;15 (septembre 2004)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeurs" rel="tag"&gt;ch&#244;meurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heureux" rel="tag"&gt;heureux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomage" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomeur" rel="tag"&gt;ch&#244;meur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chomeurs-Heureux" rel="tag"&gt;Ch&#244;meurs Heureux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chomage-heureux" rel="tag"&gt;ch&#244;mage heureux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lecture publique &#224; trois voix, en chaise-longue et agr&#233;ment&#233;e de diapositives, donn&#233;e pour la premi&#232;re fois le 14 ao&#251;t 1996 au &#171; March&#233; aux Esclaves &#187; du Prater (Berlin-Est) devant une assembl&#233;e mi-enthousiaste, mi-dubitative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui suit est une entorse aux principes que les Ch&#244;meurs Heureux s'&#233;taient donn&#233;s jusqu'ici, eux qui ne prennent pas volontiers les choses par la th&#233;orie. Ils lui pr&#233;f&#232;rent de beaucoup la propagande par le fait, le m&#233;fait et surtout le non-fait. D'ailleurs, la recherche dans le domaine du ch&#244;mage heureux n'a pas encore abouti &#224; des r&#233;sultats d&#233;cisifs et susceptibles d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s ici. Mais quelques explications sont pourtant n&#233;cessaires, car la rumeur, qui a d&#233;j&#224; assur&#233; aux Ch&#244;meurs Heureux une sorte de notori&#233;t&#233; secr&#232;te, n'est pas exempte de malentendus. Et ceci sur des points d'importance, &#224; savoir le bonheur, et aussi le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; parce qu'il est question de bonheur, la chose devient imm&#233;diatement suspecte. Le bonheur est irresponsable. Le bonheur est bourgeois. Le bonheur est antiallemand . Et d'ailleurs, comment peut-on se dire heureux, en pr&#233;sence de la mis&#232;re, de la violence, et des petits pains qui co&#251;tent 67 Pfennigs alors que ce ne sont plus que d'insipides poches gonfl&#233;es d'air ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Watzlawick a d&#233;j&#224; trait&#233; de ce genre d'arguments dans &lt;i&gt;Faites vous-m&#234;mes votre malheur&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Et si nous &#233;tions absolument innocents de l'&#233;v&#233;nement originel ? Si personne ne pouvait nous reprocher d'y avoir contribu&#233; ? Il ne fait aucun doute dans ce cas que je demeure une pure et innocente victime. Qu'on ose alors remettre en cause mon statut de sacrifi&#233; ! Qu'on ose m&#234;me me demander de rem&#233;dier &#224; mon malheur ! Ce qui fut inflig&#233; par Dieu, les chromosomes et les hormones, la soci&#233;t&#233;, les parents, la police, les ma&#238;tres et les m&#233;decins, les patrons et, pire que tout, par les amis, est si injuste et cause une telle douleur qu'insinuer seulement que je pourrais peut-&#234;tre y faire quelque chose, c'est ajouter l'insulte &#224; l'outrage. Sans compter que ce n'est pas une attitude scientifique, non mais ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;tendre sur ce sujet, il aurait fallu nous enfoncer dans les mar&#233;cages de la psychologie, ce dont nous nous garderons bien. Mais on peut trouver encore d'autres arguments contre la poursuite du bonheur. Il se dit par exemple que le totalitarisme, c'est vouloir faire le bonheur des gens contre leur gr&#233;. A ce sujet, les travailleurs et demandeurs d'emplois malheureux n'ont pas de souci suppl&#233;mentaire &#224; se faire : les Ch&#244;meurs Heureux n'ont pas l'intention de leur imposer quelque forme de bonheur que ce soit. Il est certain que le bonheur est un argument de vente typique pour toutes sortes de charlatans qui cherchent &#224; fourguer leur rem&#232;de miracle. Mais les Ch&#244;meurs Heureux n'ont pas de rem&#232;de miracle &#224; vendre. Sur le plan program-matique, nous voyons la chose telle que Lautr&#233;amont l'avait formul&#233;e pour lui-m&#234;me en 1869 : &lt;i&gt;&#171; Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'on a d&#233;crit le malheur pour inspirer la terreur et la piti&#233;, je d&#233;crirai le bonheur pour inspirer leurs contraires &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant venons-en au fait.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Ch&#244;mage : pas un probl&#232;me - peut-&#234;tre une solution.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous savons tous que le ch&#244;mage ne sera jamais supprim&#233;. La boite va mal ? On licencie. La boite va bien ? On investit dans l'automation, et on licencie. Jadis, il fallait des travailleurs parce qu'il y avait du travail, aujourd'hui, il faut du travail parce qu'il y a des travailleurs, et nul ne sait qu'en faire, parce que les machines travaillent plus vite, mieux et pour moins cher. L'automatisation avait toujours &#233;t&#233; un r&#234;ve de l'humanit&#233;. Le Ch&#244;meur Heureux Aristote, il y a 2300 ans : &lt;i&gt;&#171; Si chaque outil pouvait ex&#233;cuter de lui-m&#234;me sa fonction propre, si par exemple les navettes des tisserands tissaient d'elles-m&#234;mes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ni le ma&#238;tre d'esclaves. &#187;&lt;/i&gt; Aujourd'hui le r&#234;ve s'est r&#233;alis&#233;, mais en cauchemar pour tous, parce que les relations sociales n'ont pas &#233;volu&#233; aussi vite que la technique. Et ce processus est irr&#233;versible : jamais plus des travailleurs ne viendront remplacer les robots et automates. De plus, l&#224; o&#249; du travail &#171; humain &#187; est encore indispensable, on le d&#233;localise vers les pays aux bas salaires, ou on importe des immigr&#233;s sous-pay&#233;s pour le faire, dans une spirale descendante que seul le r&#233;tablissement de l'esclavage pourrait arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde sait cela, mais personne ne peut le dire. Officiellement, c'est toujours &#171; la lutte contre le ch&#244;mage &#187;, en fait contre les ch&#244;meurs. On trafique les statistiques, on &#171; occupe &#187; les ch&#244;meurs au sens militaire du mot, on multiplie les contr&#244;les tracassiers. Et comme malgr&#233; tout, de telles mesures ne peuvent suffire, on rajoute une louche de morale, en affirmant que les ch&#244;meurs seraient responsables de leur sort, en exigeant des preuves de &#171; recherche active d'un emploi &#187;. Le tout pour forcer la r&#233;alit&#233; &#224; rentrer dans le moule de la propagande. Le Ch&#244;meur Heureux ne fait que dire tout haut ce que tout le monde sait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ch&#244;mage &#187; est un mauvais mot, une id&#233;e n&#233;gative, le revers de la m&#233;daille du travail. Un ch&#244;meur n'est qu'un travailleur sans travail. Ce qui ne dit rien de la personne comme po&#232;te, comme fl&#226;neur, comme chercheur, comme respirateur. En public, on n'a le droit de parler que du manque de travail. Ce n'est qu'en priv&#233;, &#224; l'abri des journalistes, sociologues et autres renifle-merde, que l'on se permet de dire ce qu'on a sur le c&#339;ur : je viens d'&#234;tre licenci&#233;, super ! Enfin je vais pouvoir faire la f&#234;te tous les soirs, bouffer autre chose que du micro-ondes, c&#226;liner sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il abolir cette s&#233;paration entre vertus priv&#233;es et vices publics ? On nous dit que ce n'est pas le moment, que &#231;a tournerait &#224; la provocation, que &#231;a ferait le jeu des beaufs. Il y a encore vingt ans, les travailleurs pouvaient mettre leur travail, et le travail en question. Aujourd'hui, ils doivent se dire heureux pour la seule raison qu'ils ne sont pas au ch&#244;mage, et les ch&#244;meurs doivent se dire malheureux pour la seule raison qu'ils n'ont pas de travail. Le Ch&#244;meur Heureux se rit d'un tel chantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'&#233;thique du travail s'est perdue, la peur du ch&#244;mage reste le meilleur fouet pour augmenter la servilit&#233;. Un certain Schmilinsky, conseiller d'entreprises pour l'&#233;limination des tireurs au flanc le dit on ne peut plus clairement : &lt;i&gt;&#171; Dans une &#233;curie, vous d&#233;cidez aussi quel cheval doit avoir une r&#233;compense et lequel ne re&#231;oit rien. Les entreprises qui veulent survivre aujourd'hui doivent &#234;tre par moments impitoyables. Trop de bont&#233; peut leur casser les reins. Je conseille &#224; mes clients d'agir avec une poigne de fer dans un gant de velours. A notre &#233;poque, les travailleurs regardent autour d'eux et voient partout des postes de travail supprim&#233;s. Nul n'a vraiment envie de se faire remarquer par un comportement d&#233;sagr&#233;able. Les entreprises tendent &#224; utiliser toujours plus ce sentiment d'ins&#233;curit&#233;, afin de r&#233;duire notablement les heures de travail perdues. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Der Spiegel&lt;/i&gt;, 32/1996)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un biotope propice aux Ch&#244;meurs Heureux pourrait &#233;galement am&#233;liorer la condition des travailleurs : leur peur de se retrouver au ch&#244;mage diminuerait, en m&#234;me temps que le courage de dire non pourrait plus librement s'exprimer. Un jour peut-&#234;tre, le rapport de forces serait &#224; nouveau retourn&#233; au profit des salari&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Quoi ? Vous pr&#233;tendez contr&#244;ler si je suis vraiment malade ou non ? Si c'est comme &#231;a, je pr&#233;f&#232;re encore &#234;tre Ch&#244;meur Heureux ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail est une question de survie. On ne peut qu'&#234;tre d'accord avec cet avis. Voici ce qu'en &#233;crit des USA Bob Black :&lt;i&gt; &#171; Le travail est un meurtre en s&#233;rie, un g&#233;nocide. Le travail tuera, directement ou indirectement, tous ceux qui lisent ces lignes. Dans ce pays, le travail fait chaque ann&#233;e entre 14000 et 25000 morts, plus de deux millions de handicap&#233;s. 20 &#224; 25 millions de bless&#233;s. Et encore, ce chiffre ne prend-il pas en compte le demi-million de maladies professionnelles. Il ne gratte que la superficie. Ce que les statistiques ne montrent pas, ce sont tous les gens dont la dur&#233;e de vie sera raccourcie par le travail. C'est bien ce qui s'appelle du meurtre ! Pensez &#224; tous ces toubibs qui cr&#232;vent &#224; 50 ans, pensez &#224; tous les &#8220;workaholics&#8221; ! Et m&#234;me si vous ne mourrez pas pendant votre travail, vous pourrez mourir en vous rendant au travail, ou en en revenant, ou en en cherchant, ou en cherchant &#224; ne plus y penser. Naturellement, il ne faut pas oublier de compter les victimes de la pollution, de l'alcoolisme et de la consommation de drogue li&#233;es au travail. L&#224;, on atteint un nombre de victimes multipli&#233; par 6, seulement pour pouvoir vendre des big macs et des cadillacs aux survivants ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bottier ou l'&#233;b&#233;niste &#233;taient fiers de leur art. Et nagu&#232;re encore, les travailleurs des chantiers navals &#233;crasaient une larme au coin de l'oeil en voyant partir au loin le navire qu'ils avaient construits. Mais ce sentiment d'&#234;tre utile &#224; la communaut&#233; a disparu de 95% des jobs. Le secteurs des &#171; services &#187; n'emploie que des domestiques et des appendices d'ordinateurs qui n'ont aucune raison d'&#234;tre fiers. Du vigile au technicien des syst&#232;mes d'alarme, une foule de chiens de garde ne sont pay&#233;s que pour surveiller que l'on paye ce qui sans eux pourrait &#234;tre gratuit. Et m&#234;me un m&#233;decin n'est plus en v&#233;rit&#233; qu'un repr&#233;sentant de commerce des trusts pharmaceutiques. Qui peut encore se dire utile aux autres ? La question n'est plus : &#224; quoi &#231;a sert, mais : combien &#231;a rapporte. Le seul but de chaque travail particulier est d'augmenter les b&#233;n&#233;fices de l'entreprise, et de m&#234;me le seul rapport du travailleur &#224; son travail est son salaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'argent est le probl&#232;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est justement parce que l'argent, et non l'utilit&#233; sociale, est le but, que le ch&#244;mage existe. Le plein emploi c'est la crise &#233;conomique, le ch&#244;mage c'est la sant&#233; du march&#233;. Que se passe t-il, d&#232;s qu'une entreprise annonce une charrette de licenciements ? Les actionnaires sautent de joie, les sp&#233;culateurs la f&#233;licitent pour sa strat&#233;gie d'assainissement, les actions grimpent, et le prochain bilan t&#233;moignera des b&#233;n&#233;fices ainsi engrang&#233;s. De la sorte, on peut dire que les ch&#244;meurs cr&#233;ent plus de profits que leurs ex-coll&#232;gues. Il serait donc logique de les r&#233;compenser pour leur contribution sans &#233;gale &#224; la croissance. Au lieu de cela, ils n'en touchent pas un rogaton. Le Ch&#244;meur Heureux veut &#234;tre r&#233;tribu&#233; pour son non-travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons ici nous en r&#233;f&#233;rer &#224; Kasimir Malevitch, le courageux cr&#233;ateur du &lt;i&gt;Carr&#233; noir sur fond blanc&lt;/i&gt;. En 1921, il &#233;crivit dans un livre qui n'a &#233;t&#233; publi&#233; que voici deux ans en Russie, La paresse : v&#233;ritable but de l'humanit&#233; :&lt;i&gt; &#171; L'argent n'est rien d'autre qu'un petit morceau de paresse. Plus on en a, plus on peut go&#251;ter en abondance aux d&#233;lices de la paresse. (&#8230;) Le capitalisme organise le travail de telle sorte, que l'acc&#232;s &#224; la paresse n'est pas le m&#234;me pour tous. Seul peut y go&#251;ter celui qui d&#233;tient du capital. Ainsi, la classe des capitalistes s'est-elle lib&#233;r&#233;e de ce travail dont toute l'humanit&#233; doit maintenant se lib&#233;rer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le ch&#244;meur est malheureux, ce n'est pas parce qu'il n'a pas de travail, mais parce qu'il n'a pas d'argent. Ne disons donc plus : &#171; demandeur d'emploi &#187; mais : &#171; demandeur d'argent &#187;, plus : &#171; recherche active d'un emploi &#187;, mais : &#171; recherche active d'argent &#187;. Les choses seront plus claires. Comme on va le voir, le Ch&#244;meur Heureux cherche &#224; combler ce manque par la recherche de ressources obscures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comptez au total combien d'argent les contribuables et les entreprises consacrent officiellement &#171; au ch&#244;mage &#187;, et divisez par le nombre de ch&#244;meurs : Hein ? &#231;a fait sacr&#233;ment plus que nos ch&#232;ques de fin de mois, pas vrai ? Cet argent n'est pas principalement investi dans le bien-&#234;tre des ch&#244;meurs, mais dans leur contr&#244;le chicanier, au moyen de convocations sans objet, de soi-disant stages de formation-insertion-perectionnement qui viennent d'on ne sait o&#249; et ne m&#232;nent nulle part, de pseudo-travaux pour de pseudo-salaires, simplement afin de baisser artificiellement le taux de ch&#244;mage. Simplement, donc, pour maintenir l'apparence d'une chim&#232;re &#233;conomique. Notre premi&#232;re proposition est imm&#233;diatement applicable : suppression de toutes les mesures de contr&#244;le contre les ch&#244;meurs, fermeture de toutes les agences et officines de flicage, manipulation statis-tique et propagande (ce serait notre contribution aux restrictions budg&#233;taires en cours), et versement automatique et inconditionnel des allocations augment&#233;es des sommes ainsi &#233;pargn&#233;es. Le nouveau d&#233;lire conservateur reproche aux ch&#244;meurs de se complaire dans l'assistance, de vivre aux crochets de l'Etat et patati et patata. Bon, pour autant que l'on sache, l'Etat existe toujours, et encaisse des imp&#244;ts, c'est pourquoi nous ne voyons pas en quel honneur nous devrions renoncer &#224; son soutien financier. Mais nous ne sommes pas polaris&#233;s sur l'Etat. Nous ne verrions aucun inconv&#233;nient &#224; un finan-cement venant du secteur priv&#233;, que ce soit sous la forme du sponsoring, de l'adoption, d'une taxe sur les revenus du capital, ou du racket. On n'est pas regardants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le ch&#244;meur est malheureux, c'est aussi parce que le travail est la seule valeur sociale qu'il connaisse. Il n'a plus rien &#224; faire, il s'ennuie, il ne conna&#238;t plus personne, parce que le travail est souvent le seul lien social disponible. La chose vaut aussi pour les retrait&#233;s d'ailleurs. Il est bien clair que la cause d'une telle mis&#232;re existentielle est &#224; chercher dans le travail, et non dans le ch&#244;mage en lui-m&#234;me. M&#234;me lorsqu'il ne fait rien de sp&#233;cial, le Ch&#244;meur Heureux cr&#233;e de nouvelles valeurs sociales. Il d&#233;veloppe des contacts avec tout un tas de gens sympathiques. Il est m&#234;me pr&#234;t &#224; animer des stages de resocialisation pour travailleurs licenci&#233;s. Car tous les ch&#244;meurs disposent en tout cas d'une chose inestimable : du temps. Voil&#224; qui pourrait constituer une chance historique, la possibilit&#233; de mener une vie pleine de sens, de joie et de raison. On peut d&#233;finir notre but comme une reconqu&#234;te du temps. Nous sommes donc tout sauf inactifs, alors que la soi-disant &#171; population active &#187; ne peut qu'ob&#233;ir passivement au destin et aux ordres de ses sup&#233;rieurs hi&#233;rar-chiques. Et c'est bien parce que nous sommes actifs que nous n'avons pas le temps de travailler.&lt;i&gt; &#171; Je ne voulais pas que ma vie soit r&#233;gl&#233;e d'avance ou d&#233;cid&#233;e par d'autres. Si, &#224; six heures du matin, j'avais envie de faire l'amour, je voulais prendre le temps de le faire sans regarder ma montre. Je voulais vivre sans heure, consid&#233;rant que la premi&#232;re contrainte de l'homme a vu le jour &#224; l'instant o&#249; il s'est mis &#224; calculer le temps. Toutes les phrases usuelles de la vie courante me r&#233;sonnaient dans la t&#234;te : Pas le temps de&#8230; ! Arriver &#224; temps&#8230; ! Gagner du temps&#8230; ! Perdre son temps&#8230; ! Moi, je voulais avoir &#8220;le temps de vivre&#8221; et la seule fa&#231;on d'y arriver &#233;tait de ne pas en &#234;tre l'esclave. Je savais l'irrationalisme de ma th&#233;orie, qui &#233;tait inapplicable pour fonder une soci&#233;t&#233;. Mais qu'&#233;tait-elle, cette soci&#233;t&#233;, avec ses beaux principes et ses lois ? &#187;&lt;/i&gt; Ces mots sont de Jacques Mesrine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cimeti&#232;re de la morale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On nous a aussi r&#233;torqu&#233; que le Ch&#244;meur Heureux n'est sans-travail qu'au sens actuel du mot &#171; travail &#187;, c'est &#224; dire &#171; travail salari&#233; &#187;. Il nous faut ici express&#233;ment indiquer que si le Ch&#244;meur Heureux ne cherche pas de travail salari&#233;, il ne cherche pas non plus de travail d'esclave. Et pour autant que l'on sache, il n'existe que deux modes de travail : le salariat et l'esclavage. Certes, il existe aussi des &#233;tudiants, des artistes et autres fanfarons qui ne peuvent &#233;crire le moindre papier ou lapper la moindre &#233;cuelle sans pr&#233;tendre se livrer l&#224; &#224; un important &#171; travail &#187;. M&#234;me les soi-disant &#171; autonomes &#187; ne peuvent organiser de &#171; s&#233;minaires &#187; anticapitalistes sans mener des &#171; d&#233;bats productifs &#187; au sein de &#171; groupes de travail &#187;. Mis&#233;rables mots, mis&#233;rables pens&#233;es. Ce n'est pas d'aujourd'hui que &#171; travail &#187; est un mot empreint de malheur. &#171; Arbeit &#187; est probablement form&#233; sur un verbe germanique disparu qui avait pour sens &#171; &#234;tre orphelin, &#234;tre un enfant utilis&#233; pour une t&#226;che corporelle rude &#187;, verbe lui-m&#234;me issu de l'Indo-Europ&#233;en &#171; Orbhos &#187;, orphelin. Jusqu'au Haut-Allemand moderne, &#171; Arbeit &#187; signifiait &#171; peine, tourment, activit&#233; indigne &#187; (dans ce sens, Ch&#244;meur Heureux est donc un pl&#233;onasme). Dans les langues romanes, la chose est encore plus claire, puisque &#171; travail &#187;, &#171; trabajo &#187; etc. vient du latin &#171; tripalium &#187; un instrument de torture &#224; trois piques qui &#233;tait utilis&#233; contre les esclaves. C'est Luther qui le premier a promu le mot &#171; Arbeit &#187; comme valeur spirituelle, pr&#233;destination de l'homme dans le monde. Citation : &lt;i&gt;&#171; L'homme est n&#233; pour travailler comme l'oiseau pour voler &#187;&lt;/i&gt; On pourrait nous r&#233;pondre que cette querelle de mots est sans importance. Mais le fait de confondre &#171; boisson &#187; avec &#171; coca-cola &#187;, &#171; culture &#187; avec &#171; Bernard Henry Gluckskraut &#187; ou &#171; activit&#233; &#187; avec &#171; travail &#187; ne saurait rester sans cons&#233;quences graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il est question de travail ou de ch&#244;mage, on a affaire &#224; des cat&#233;gories morales. Et la tendance va en s'accentuant, il suffit d'ouvrir un journal pour s'en rendre compte : &lt;i&gt;&#171; Une conception du monde l'a emport&#233; sur une autre &#187;&lt;/i&gt; d&#233;clare un expert de Washington. &#171; Au lieu de consid&#233;rer que la pauvret&#233; a des causes &#233;conomiques, la nouvelle &#233;cole de pens&#233;e qui domine &#224; pr&#233;sent voit dans la pauvret&#233; le r&#233;sultat d'un comportement moral mauvais &#187; Comme du temps o&#249; les cur&#233;s voyaient leurs monopole sur les &#226;mes en danger, la morale est ici une tentative de combler la fissure grandissante entre la r&#233;alit&#233; et son image id&#233;ologique. Qui dit au ch&#244;meur : &lt;i&gt;&#171; tu as p&#233;ch&#233; &#187;&lt;/i&gt; attend de celui-ci, ou bien qu'il fasse p&#233;nitence, ou bien qu'il se justifie de sa vertu. Dans les deux cas, il aura reconnu l'existence du p&#233;ch&#233;. Les tentatives pleurnichardes de certains ch&#244;meurs pour provoquer la piti&#233; de ce monde ne peuvent aboutir, au mieux, qu'&#224; provoquer la piti&#233;. Ce n'est que le rire sublime qui peut d&#233;sar&#231;onner la morale pour de bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que Paul Lafargue, l'auteur du &lt;i&gt;Droit &#224; la paresse&lt;/i&gt;, est un des inspirateurs historiques des Ch&#244;meurs Heureux : &lt;i&gt;&#171; Les &#233;conomistes s'en vont r&#233;p&#233;ter aux ouvriers : travaillez, pour augmenter la richesse nationale ! Et cependant un &#233;conomiste, Destutt de Tracy, r&#233;pond : 'les nations pauvres, c'est l&#224; o&#249; le peuple est &#224; son aise ; les nations riches, c'est l&#224; o&#249; il est ordinairement pauvre'. Mais assourdis et idiotis&#233;s par leurs propres hurlements, les &#233;conomistes de r&#233;pondre : 'Travaillez, travaillez toujours pour cr&#233;er votre bien-&#234;tre ! (&#8230;) Travaillez pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d'&#234;tre mis&#233;rables ! &#187;&lt;/i&gt; Pourtant, nous ne faisons pas n&#244;tre la revendication d'un droit &#224; la paresse. La paresse n'est que le contraire de l'assiduit&#233;. L&#224; o&#249; le travail n'est pas reconnu, la paresse ne peut l'&#234;tre non plus. Pas de vice sans vertu (et vice versa). Depuis l'&#233;poque de Lafargue, il est devenu clair que le soi-disant &#171; temps libre &#187; accord&#233; aux travailleurs est la plupart du temps plus ennuyeux encore que le travail lui-m&#234;me. Qui voudrait vivre de t&#233;l&#233;, de jeux interpassifs et de Club Merd ? La question n'est donc pas simplement, comme pouvait encore le croire Lafargue, de r&#233;duire le temps de travail pour aug-menter le &#171; temps libre &#187;. Ceci dit, nous nous solidarisons totalement avec ces travailleurs espagnols &#224; qui l'on avait voulu interdire la sieste sous pr&#233;texte d'adaptation au march&#233; europ&#233;en, et qui avaient r&#233;pondu qu'au contraire, c'&#233;tait &#224; l'Union Europ&#233;enne d'adopter &#171; l'Euro-Sieste &#187;. Que ceci soit clair : le Ch&#244;meur Heureux ne soutient pas les partisans du partage du temps de travail, pour lesquels tout serait pour le mieux si chacun travaillait, mais 5, 3 ou m&#234;me 2 heures par jour. Qu'est-ce que c'est que ce saucissonnage ? Est-ce que je regarde le temps que je mets &#224; pr&#233;parer un repas pour mes amis ? Est-ce que je limite le temps que je passe &#224; &#233;crire ce maudit texte ? Est-ce que l'on compte, quand on aime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Ch&#244;mage Heureux ne repr&#233;sente pas pour autant une nouvelle utopie. Utopie veut dire : &#171; lieu qui n'existe pas &#187;. L'utopiste dresse au millim&#232;tre les plans d'une construction suppos&#233;e id&#233;ale, et attend que le monde vienne se couler dans ce moule. Le Ch&#244;meur Heureux, lui, serait plut&#244;t un &#171; topiste &#187;, il bricole et exp&#233;rimente &#224; partir de lieux et d'objets qui sont &#224; port&#233;e de main. Il ne construit pas de syst&#232;me, mais cherche toutes les occasions et possibilit&#233;s d'am&#233;liorer son environnement. Un honorable correspondant nous &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; S'agit-il pour les Ch&#244;meurs Heureux de gagner une reconnaissance sociale avec le financement sans conditions qui va avec, ou bien est-il question de subvertir le syst&#232;me au moyen d'action ill&#233;gales, comme ne pas payer l'&#233;lectricit&#233; ? Le lien entre ces deux strat&#233;gies ne parait pas vraiment logique. Je peux difficilement chercher &#224; &#234;tre accept&#233; socialement et en m&#234;me temps pr&#244;ner l'ill&#233;galit&#233; : &#187; &lt;/i&gt; Bon. Le Ch&#244;meur Heureux n'est pas un fanatique de l'ill&#233;galit&#233;. Dans ses efforts pour faire le Bien, il est m&#234;me pr&#234;t, s'il le faut, &#224; recourir &#224; des moyens l&#233;gaux. D'ailleurs, les crimes de jadis sont les droits d'aujourd'hui (que l'on pense au droit de gr&#232;ve), et peuvent toujours redevenir des crimes. Mais surtout : nous cherchons la reconnaissance sociale. Nous ne nous adressons pas &#224; l'Etat ni aux organismes officiels, mais &#224; Monsieur Tout-le-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendons d'ici le ch&#339;ur des th&#233;oriciens de la lutte des classes : &lt;i&gt;&#171; Ceci n'est qu'une soupape pour le syst&#232;me, par laquelle des s&#233;diments prol&#233;tariens sans travail sont maintenus dans une niche illusoire afin d'utiliser les fonctions vitales qui leur restent pour att&#233;nuer les contradictions du capitalisme. Les Ch&#244;meurs Heureux s'amusent, et pendant ce temps la bourgeoisie extrait la plus-value sans rencontrer de r&#233;sistances. Trahison ! Trahison ! &#187;&lt;/i&gt; Chaque pas concret, et m&#234;me le simple fait de respirer, peut &#234;tre d&#233;nigr&#233; comme tentative d'adaptation &#224; ce monde (et c'est bien de la possibilit&#233; de respirer dont il est question ici). La critique sociale la plus acerbe ne peut &#234;tre d'un grand secours, tant que sa conclusion pratique se limite &#224; un wait and see. Nous savons bien que notre tentative peut &#233;chouer de diverses fa&#231;ons. &#199;a peut par exemple tourner &#224; la gaudriole, une plaisanterie sans cons&#233;quences. L'id&#233;e de d&#233;part peut aussi se trouver ensevelie sous des tonnes de s&#233;rieux b&#233;tonn&#233; Il pourrait aussi arriver qu'un groupe de Ch&#244;meurs Heureux rencontre tant de succ&#232;s qu'ils se trouveraient transform&#233;s en Businessmen Heureux, sans plus de liens avec leur milieu d'origine. Ce sont des risques, ce n'est pas une fatalit&#233;. Nous nous chargeons du coup d'envoi, il ne d&#233;pend pas que de nous que la balle arrive au but.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'avantage d'&#234;tre exclu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe en ce moment divers mouvements et initiatives contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;, contre le ch&#244;mage, contre le n&#233;o-lib&#233;ralisme etc. Mais la aussi : pour quoi doit-on se prononcer ? En tout cas, pas pour l'Etat Providence et le plein-emploi de nagu&#232;re, qui ont de toute fa&#231;on autant de chance d'&#234;tre r&#233;introduits que la locomotive &#224; vapeur. Mais ce qui nous pend au nez pourrait &#234;tre bien pire encore. Il n'est pas inimaginable que soit conc&#233;d&#233;e aux ch&#244;meurs la possibilit&#233; de cultiver leurs l&#233;gumes et d'improviser leurs relations sociales sur les terrains vagues et d&#233;potoirs de la postmodernit&#233;, surveill&#233;s &#224; distance par la police &#233;lectronique et livr&#233;s &#224; quelque mafia, pendant que la minorit&#233; ais&#233;e pourrait continuer de fonctionner sans ennuis. Les Ch&#244;meurs Heureux cherchent un passage pour sortir de cette alternative de la terreur. C'est une question de principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre mot galvaud&#233; par la propagande est le mot &#171; exclusion &#187;. Les ch&#244;meurs seraient exclus de la soci&#233;t&#233;, et les bonnes &#226;mes plaident pour leur r&#233;int&#233;gration. Exclus de quoi exactement ? Un humaniste de l'UNESCO en donna la r&#233;ponse sans &#233;quivoque au &#171; sommet social &#187; de Copenhague : &lt;i&gt;&#171; Le premier pas de l'int&#233;gration sociale consiste &#224; se faire exploiter &#187;.&lt;/i&gt; Merci pour l'invitation ! Il y a trois si&#232;cles, les croquants levaient les yeux avec envie vers le ch&#226;teau du seigneur ; c'est avec raison qu'ils se sentaient exclus de ses richesses, ses nobles loisirs, ses artistes de cour et courtisanes. Mais qui aujourd'hui voudrait vivre comme un cadre sup stress&#233;, qui aurait envie de se bourrer le cr&#226;ne de ses rang&#233;es de chiffres sans esprit, de baiser ses secr&#233;taires blondasses, de boire son bordeaux falsifi&#233;, de crever de son infarctus ? C'est de bon c&#339;ur que nous nous excluons de l'abstraction dominante ; c'est une autre sorte d'int&#233;gration que nous recherchons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays pauvres, des millions de gens vivent en marge des circuits de l'&#233;conomie de march&#233;. Chaque jour, les journaux rapportent la mis&#232;re du dit &#171; tiers-monde &#187;, une s&#233;rie d&#233;primante de guerres, famines, dictatures et &#233;pid&#233;mies. Il ne faut pas perdre de vue pour autant que, conjointement &#224; cette mis&#232;re (essentiellement import&#233;e), existe une autre r&#233;alit&#233; : une vie sociale intense soutenue par des traditions et coutumes pr&#233;capitalistes, en comparaison de laquelle les soci&#233;t&#233;s riches ont l'air moribondes. Dans ces pays, le travail de l'homme blanc est m&#233;pris&#233; &lt;i&gt;&#171; parce qu'il ne finit jamais &#187;&lt;/i&gt;, &#224; la diff&#233;rence, par exemple, de ces artisans somalis qui claquent les b&#233;n&#233;fices de leur activit&#233; d'un coup, dans une grande f&#234;te annuelle. C'est une formule connue : L'aptitude des gens &#224; la f&#234;te est inversement proportionnelle au Produit National Brut par t&#234;te. &lt;i&gt;&#171; L'informel fait d&#233;j&#224; la preuve que la solidarit&#233; est une forme de la richesse authentique. Mettre sa pauvret&#233; en commun dans l'espoir d'obtenir l'abondance n'est pas irr&#233;aliste (&#8230;) Les pauvres sont beaucoup plus riches qu'on ne le dit, et qu'ils ne le croient eux-m&#234;mes. L'incroyable joie de vivre qui frappe beaucoup d'observateurs des banlieues africaines trompe moins que les d&#233;primantes &#233;valuations objectives des appareils statistiques, qui ne cernent que la part occidentalis&#233;e de la richesse et de la pauvret&#233; &#187;&lt;/i&gt; (S.Latouche, &lt;i&gt;La plan&#232;te des naufrag&#233;s&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; bien s&#251;r le danger, pour un Europ&#233;en, de verser dans un exotisme facile. Toutefois, il suffit d'&#233;couter ce que disent des immigr&#233;s eux-m&#234;mes de la question, eux qui connaissent d'exp&#233;rience les deux mon-des, pour se convaincre de l'avantage qu'a le Sud pauvre en mati&#232;re de liens sociaux. Citons encore l'Egyptien Albert Cossery : &lt;i&gt;&#171; Il avait l'air en ce moment de porter tous les chagrins de la terre. Mais ce n'&#233;tait qu'un &#233;tat qu'il s'imposait de temps en temps pour croire &#224; sa dignit&#233;. Car El Kordi croyait que la dignit&#233; &#233;tait seulement l'apanage du malheur et du d&#233;sespoir. C'&#233;taient ses lectures occidentales qui lui avaient ainsi troubl&#233; l'esprit. &#187; &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Mendiants et orgueilleux&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ch&#244;meurs Heureux ont beaucoup &#224; apprendre et &#224; d&#233;sapprendre de l'Afrique et des autres cultures non-occidentales. Il ne s'agit &#233;videmment pas de singer ces pratiques ancestrales, comme les hippies de jadis, mais bien, sans vouloir copier l'original, d'y trouver une source d'inspiration rafra&#238;chissante, un peu &#224; la mani&#232;re dont Picasso et les dadaistes s'&#233;taient inspir&#233;s en leur temps de l'Art n&#232;gre. Nous ne mentionnerons ici qu'un exemple. Il y a quelques ann&#233;es, des sociologues s'&#233;taient pench&#233;s sur la mani&#232;re de vivre des habitants du Grand Yoff, une des banlieues les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;es de Dakar. Ils &#233;tablirent que les revenus d'une famille moyenne de douze personnes &#233;taient sept fois sup&#233;rieurs &#224; leurs ressources officielles. Non que ces gens aient trouv&#233; la formule miracle pour multiplier les billets de banques, mais ils savent augmenter l'effectivit&#233; des finances pr&#233;caires, en en organisant la circulation intensive. Il est impossible de vivre en Afrique sans appartenir &#224; une ethnie, un clan, une famille &#233;largie, un cercle d'amis. A l'int&#233;rieur de chacun de ces r&#233;seaux, l'argent circule m&#233;thodiquement par un syst&#232;me pr&#233;cis, &#233;labor&#233; et imp&#233;ratif de cadeaux, dons, emprunts, remboursements, place-ments, droits &#224; diverses tontines. Le fait que ces possibilit&#233;s de tirage soient accumul&#233;es au sein de chaque famille permet &#224; celle-ci d'avoir &#224; tout moment acc&#232;s &#224; une somme d'argent sans commune mesure avec ses ressources officielles. Encore ces flux mon&#233;taires ne sont-ils qu'un aspect de &#171; l'&#233;conomie de la r&#233;ciprocit&#233; &#187;, laquelle consiste aussi en &#233;changes de services de r&#233;paration, entretien et installation, fabrication de chaussures et v&#234;tements, pr&#233;paration collective de repas, travail des m&#233;taux et d'&#233;b&#233;nisterie, services de sant&#233; et d'&#233;ducation, sans oublier l'organisation de f&#234;tes qui maintiennent la coh&#233;sion du groupe, toutes choses dans lesquelles l'argent ne joue aucun r&#244;le. C'est la raison pour laquelle il est impossible de mesurer le &#171; niveau de vie &#187; de ces populations avec les crit&#232;res et instruments de l'occident. Imaginons un instant que ce syst&#232;me soit transposable ici : un RMIste disposerait alors de 11000 francs par mois, ce qui certes ne r&#233;soudrait pas tous les probl&#232;mes, mais mettrait du beurre dans les &#233;pinards ! Sans compter toutes les choses dont il profiterait, que l'argent ne peut acheter. La question classique, combien d'argent me faudrait-il pour bien vivre, est mal pos&#233;e. Qui vit compl&#232;tement isol&#233;, en &#233;tat d'apesanteur sociale, n'aura jamais assez de fric pour combler sa mis&#232;re existentielle. Les RMIstes ici ont bien s&#251;r ce gros handicap, qu'ils ne peuvent s'appuyer sur aucun clan, aucune coutume qui seraient d&#233;j&#224; l&#224;. Il nous faut partir de z&#233;ro. Mais nous avons tout de m&#234;me cet avantage, que nos conditions de vie ne sont pas (encore) si dramatiques et rudes qu'en Afrique. Pour les Ch&#244;meurs Heureux s'ouvre ici un vaste champ exp&#233;rimental, ce que nous nommons : la recherche de ressources obscures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous l'aurez maintenant peut-&#234;tre compris, notre loisir est ambitieux, th&#233;orique et pratique, s&#233;rieux et ludique, local et international (rien qu'en Europe, il y a d&#233;j&#224; plus de 20 millions de Ch&#244;meurs Heureux virtuels !). Un jour, vous pourrez dire avec fiert&#233; : j'&#233;tais l&#224; d&#232;s le d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.DieGluecklichenArbeitslosen.de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.DieGluecklichenArbeitslosen.de&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
